15 février 2016

Décès de Philibert-Hélie de Pompadour, gouverneur du Périgord

Acte : Messire Philibert-Hélie de Pompadour, marquis de Laurière et du Bourdeix, comte de Puymillon et Soumensac, baron de Nontron, seigneur de Piégut, Augignac, St-Estèphe et autres places, conseiller du Roi en tous ses conseils, maréchal de camp dans ses armées, gouverneur et sénéchal de Périgord, décédé à l'âge de 70 ans, dans son château de Nontron, le 26 juin 1683 ; on fit l'office dans l'église du Moustier de Nontron et on transporta le corps dans celle du Bourdeix, le lendemain 27 juin, en grande solennité, accompagné de plusieurs prêtres et de plusieurs personnes de qualité ; le surlendemain on fit un service solennel avec plusieurs messes pour le repos de son âme.

FRAD024

Source : Archives départementales de la Dordogne.

Posté par ID348347 à 22:23 - Permalien [#]


La chapelle Notre-Dame des Clercs de Nontron

La chapelle de Notre-Dame des Clercs devint église paroissiale à partir de 1781, ainsi qu'il appert de l'acte précédent et de cette mention, transcrite sur les registres des actes de l'état civil :

« Le 27 février 1781, nous avons, conformément à l'ordonnance de Monseigneur l'illustrissime et révérendissime évêque de Limoges, en date du 20 du même mois, à cause du défaut de confection des réparations par lui ordonnées en son cours de visites du 28 août 1779, transporté dans l'église de Notre-Dame le Très-Saint Sacrement et les fonds baptismaux de l'église paroissiale, pour être la dite église prieuriale tombée, par le défaut susdit, dans l'interdiction le dit transport fait par nous soussigné, vicaire, accompagné de la justice en corps et foule de personnes. M. le curé, détenu en chambre par intirmités, et qui nous a lui-même dicté et écrit sur un registre le dit acte de translation, et l'a signé avec nous Turcat, curé de Nontron Ratineau, vicaire. »

La confrérie de Notre-Dame des Clercs fut fondée, bien qu'il y en eut déjà quatre dans la paroisse, et fut adoptée avec enthousiasme par des fidèles de toutes conditions et placée bientôt au premier rang, ainsi qu'il résulte des actes ci-dessus et des deux suivants :

« Du 21 mai 1747.... Pardevant Me Grolhier, notaire... dans la chapelle de Saint-Joseph de Notre-Dame des Clercs, ont été présents les principaux confrères de la confrérie de l'Assomption de Notre-Dame des Clercs et de celles de la ville... Lesquels ont nommé M. Me Jean Forien, sieur des Chapoulies, avocat en la cour, et Pierre Allemand, sieur de La Boneyge, procureur d'office, pour et au nom de toutes les confrairies et paroisses de la ville, transiger avec Me Jean de Labrousse, sieur Dubosfrand, juge de la dite ville, comme héritier bénéficiaire de Léonard Roy, par suite de légat réglant à quinze cents livres ce qui se!'ait dit, dont cinq cents livres seraient attribuées à la subsistance des pauvres et le surplus placé convenablement... Ont signé : Clédat de Laborie, curé; Patoureau, Forien des Chapoulies, Boyer de Laborderie, Allemand, le chevalier de Masfrand, Labrousse du Peyrat, Pastoureau du Coutirant, ParcelIier, de Mazerat, Labrousse de Lagrange, Feuilhade, Pastoureau de la Serve, Labrousse du Dosfrand, Grolhier du Reclaud, Pierre Feuilhade, Ribadeau, P. Astelet, G. Dumas, Jalanihat, Arbonneau, N. Houmeaux, C. Martin, Noël Ristineaux, F. Mercier, Pierre Delapouraille, Jean Péry, François Dudouble, P. David, F. Mazière, F. Lavaud, Grolhier, not. roy. »

Voici maintenant le dernier acte de nomination de syndics par les confrères

« Le 15 juillet 1781, pardevant Me Lapouge, notaire royal... Après midy et issue de vépres, dans la chapelle de St-Joseph, dépendant de la chapelle de Notre-Dame des Clercs... nomination de sindics en remplacement de MM. Villedary et Feuillade, en la personne de MM. François-Thibaud Fourien de Villopré, avocat, et Guy Tamagnon, procureur en la juridiction de cette ville... Ont signé : Turcat, curé; de Mazerat, avocat et juge de Nontron; Pastoureau du Coutirant, procureur d'office; de Mazerat fils, avocat; Couvrat-Desvergnes, Couvrat, Pastoureau de Labesse, Ribadeau du Mas, Mazière du Reclaud, Cholet de Labrousse, Allemand de La Boige, F. Chabaneau, meunier; F. Dudouble, sergetier; Viclor Yonet; tapissier Jean Delapouge; tailleur; Etienne Ribadeau, sieur du Maine, bourgeois; J. Deribieras, tisserant F. Bernard, coutelier; J. Lapouge, charron. »

Si, maintenant, et en dehors des membres de la confrérie, nous recherchons quels furent les bienfaiteurs de la chapelle de Nutre-Dame des Clercs, nous en trouvons de deux sortes :

1° Les familles qui tinrent à l'honneur d'y être ensevelies de 1627 à 1704, époque à laquelle la permission dut en être retirée, et parmi lesquelles on distingue celles des de Labrousse, Cholet, de Mazerat, Eyriaud, de Laubière: Pourtem, Peyrot, Forien, de Marandat, Faure, Laud, Pecon, Pastoureau, Agard, Rastineau, de Roufignac, du Reclus, de Masfrand, Basset, Favard, Texier, Feuillade, Delapousge, etc.

2° Les donations par testament, dont nous ne rappellerons que celles relatives aux réparations et constructions desdites chapelle et église, à l'ameublement et à l'ornementation :

Du 28 octobre 1663, devant Vielhemart, notaire royal, testament de Pierre Madagon, bourgeois, qui veut être enseveli dans la chapelle de Notre-Dame des Clercs, il laquelle il lègue dix livres, outre les trente léguées par Anne Laud, sa femme, pour .être employées à la réparation de ladite chapelle.

Du 8 juillet 1670, même notaire, testament par lequel Pierre Eyriaud, curé d'Hautefaye, veut qu'il soit donné à la chapelle de Notre-Dame de Nontron uu ciboire et un calice d'argent, le tout de la valeur de cinquante écus et entend que ledit calice et ciboire servent journellement dans ladite chapelle, sans qu'il soit permis à qui que ce soit de les transporter ailleurs.

Du 3 mars 1678, devant Laud, notaire royal, testament de Jeanne de La Brousse, femme de Joseph de Mazerat, laquelle lègue « à la réparation de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres, pareille somme à l'esglize des dames religieuses de Sainte-Claire, et pareille somme aux dames de la Charité. »

Le 2-1 septembre 1693, dev ant Delapousge, notaire royal, Henry Dupeyroux, bourgeois, lègue « aux réparations de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres. »

Du 26 rovembre 1712, devant Boyer, notaire royal, François Agard, clerc, lègue cinquante livres « à la chapelle de Nuatre-Dame des Clercs, partie pour les réparations et partie pour les messes à faire dire pour les eonfra:res.

Le 14 aoùt 1721, décès de François de Mazerat, lequel avait légué trente livres à Notre-Dame des Clercs, suivant quittance du 18 août 1726, donnée à dame Marie Eyriaud, sa veuve, par MM. de La Brousse et Forien, syndics, pour, y est-il dit : « vingt livres ait moyen des pierres que nous avons pris pour la lutissc de Nostre-Dame, et la somme de dix livres en argent. »

Le 31 septembre 1743, Bertrande Pastoureau, épouse Feuillade, lègue à la chapelle de Notre-Dame des Clercs trente livres pour la décoration du principal autel de la Sainte-Vierge.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

Posté par ID348347 à 19:20 - - Permalien [#]

Les volontaires de la Charente pendant la Révolution

Le nombre des volontaires que la Charente envoya aux frontières de juillet à décembre 1792, et dont la formation et le départ occupèrent l'attention des autorités constituées, est une preuve évidente du patriotisme que montra ce pays à cette heure terrible. La Charente avait d'abord donné 225 hommes pour les bataillons de fédérés, 150 pour les compagnies franches, 200 environ pour les légions, et le 20 août elle avait enrôlé 4,000 volontaires au lieu de 900 qu'on lui demandait. Ce chiffre devait être encore dépassé, puisque, ultérieurement, d'autres compagnies s'organisèrent, d'abord celles qui se formèrent avec les excédents des premières, puis celles d'artillerie et de cavalerie. Pour arriver à une exacte évaluation, il est à remarquer en premier lieu que plusieurs cantons donnent deux compagnies et que tous en fournissent au moins une. Ainsi les cantons d'Angoulême, Vars, Champniers, Barbezieux, Aubeterre, Cognac, Rouillac, Jarnac, Salles, Ruffec, donnent, le premier 3 compagnies, les autres 2 compagnies, soit un total de 23 compagnies formées par 11 cantons sur 45. Les 34 autres cantons organisent une compagnie, ce qui donne un total de 57 compagnies environ, organisées du 8 août au 30. Il faut encore y joindre la compagnie des chasseurs d'Angoulême composée de 130 hommes, et peut-être d'autres compagnies semblables formées à Cognac, Ruffec et Confolens, et dont on ne peut tenir compte, faute de renseignements positifs. Enfin la compagnie Gallais, la dernière organisée à Ruffec, a un effectif de 70 hommes. L'ensemble des compagnies de volontaires serait donc au moins de 59. Chacune d'entre elles est composée de 100 hommes en moyenne ; celles de chasseurs peuvent en avoir davantage, 130 à 200. Les 59 compagnies de la Charente ont probablement atteint le chiffre de 5.900 hommes et, en y joignant les hommes enrôlés parmi les fédérés et les légionnaires, 6.460, près de 6.500 hommes. Ainsi se réalisait la promesse que Bellegarde, député à la Législative, avait faite à l'Assemblée dans la séance du 8 mars 1792 : « On m'écrit de la Charente, disait-il, que si la France a besoin de 600.000 hommes, ce département est prêt à fournir son contingent ». Si les 83 départements avaient en effet donné une proportion semblable, c'est une réserve de plus de 500.000 hommes qui se serait organisée. Un grand nombre de documents conservés aux Archives permettent de reconstituer le tableau partiel des compagnies que les Charentais formèrent avec une spontanéité aussi louable, et d'indiquer la composition de leurs états-majors. Aussi sec qu'il puisse paraître, ce tableau a sa place marquée dans un travail d'histoire locale. La ville d'Angoulême doit être signalée au premier rang parmi celles qui donnèrent le plus de volontaires : elle organise 3 compagnies, dont l'une (106 hommes) a pour capitaine Simner et pour lieutenants Trémeau et Paulet ; la troisième porte le nom de compagnie de l'Houmeau, et son capitaine s'appelle Callaud, ses lieutenants se nomment Gouguet et Marchais. Une quatrième, celle des chasseurs d'Angoulême, est formée de 56 hommes qui élisent, le 14 septembre, pour capitaine Brun, et pour officiers Dubois, Bachelier et Glavaud dit Va-de-Bon-Cœur. A Blanzac se forme une compagnie de chasseurs, elle compte 138 hommes, et elle choisit comme capitaine un chirurgien, Pierre-Adam Guimberteau-Boismilord, parent du conventionnel Guimberteau ; son capitaine en second est Rivaud, devenu plus tard général de division, et ses lieutenants se nomment Picard et Bernard-Duclos. La compagnie de Roullet, qui renferme 100 hommes, met à sa tête le capitaine Thomas Lacroisade et les lieutenants Meslier et Rabouin. A Champniers, les enrôlements donnent 119 volontaires qui s'organisent en compagnie et désignent Maigret comme capitaine, Mayeux et Barraud comme lieutenant et sous-lieutenant. La 1re compagnie de Vars, qui renferme 106 hommes, a pour capitaine Poutier, pour lieutenants Geoffroy et Chapron. Dans le canton de Garat, 132 volontaires se forment en compagnie ; leur capitaine est Jouve dit Lamotte ; leurs lieutenants, Cablet et Laguerre, élus le 16 août dans une réunion à l'ancien couvent des Cordeliers d'Angoulême. La compagnie d'Hiersac a pour chef Maulde ; l'une de celles d'Aubeterre, Roche. Dans le district de Barbezieux, la compagnie du canton de Barbezieux se compose de 104 volontaires, et le 10 août elle élit dans le cloître des Cordeliers d'Angoulême son capitaine Jean Fougeret, et ses officiers Durand et Nauzais. Plus tard, le même canton donne encore une compagnie de cavalerie. A Montmoreau, du 10 au 17 août, on enrôle 123 volontaires qui élisent pour capitaine Joyeux. A Deviat, on a réuni 158 enrôlés, et, des deux compagnies primitivement organisées, on en forme une qui élit ses officiers le 24 août à Angoulême : ce sont Landry, capitaine, ancien commandant en second de la garde nationale de Deviat Matrat et Moreau, lieutenant et sous-lieutenant. A Chalais est constituée une compagnie de 100 hommes, dite compagnie de Monboyer, et dont le chef est Desgraviers-Bertelot, plus tard général. Une autre est formée à Saint-Séverin, et son capitaine est Dauphin Desgraviers. Dans le district de Cognac, le canton de Cognac organise 2 compagnies, dont l'une, la 1re, compte 125 hommes, et à sa tête pour capitaine Pierre Déjarnac. Dans le canton de Châteauneuf, on enregistre 11 enrôlements ; la compagnie des volontaires élit capitaine Joseph Doreille. A Segonzac, on organise deux compagnies, dont l'une, la 2e, commandée par le capitaine Philibert, renferme chacune 80 hommes. A Lignères, on signale 2 autres compagnies, chacune de 100 volontaires ; la 2e élit comme capitaine Fournier, et comme sous-lieutenant Boulanger. A Saint-Genis, la compagnie, également de 100 hommes, nomme ses chefs le 7 août ; elle a pour capitaine Gaschet. Le canton de Rouillac fournit deux compagnies chacune de 100 hommes ; le capitaine de la 1re est Joseph Thomas, celui de la 2e Hay. Le canton de. Salles enrôle 143 hommes ; parmi les chefs de la compagnie élus le 17 août, figure le capitaine Sauvaget. Parmi les compagnies de Jarnac, Tune, composée de 128 hommes, nomme pour chef, le 8 août, René Laurent. Le district de la Rochefoucauld ne présente pas moins d'enrôlements sans doute ; mais les renseignements relatifs à ce district sont plus incomplets. Les compagnies de Saint-Amant-de-Boixe et de Jauldes, formées de 103 hommes, élisent, le 14 août, Jean Congé capitaine, Quillard et Bouyer lieutenant et sous-lieutenant. La compagnie de Montemboeuf, formée de 90 hommes, les officiers non compris, nomme le 21 août, en présence du commissaire Villemandy, aux grades de capitaine, de lieutenant et sous-lieutenant, Dubournais, Dupuy et Beaufort. La compagnie de Marthon et Montbron, formée de 121 volontaires, élit aux mêmes grades Blanchard-Puymartin, Coquet et Bernard-Lajartre. La compagnie de Chasseneuil et Cellefrouin, composée de 120 enrôlés, élit Gadillon, Faure-Morand et Prat. Dans le district de Confolens, la compagnie de Saînt-Claud compte 106 hommes ; elle élit le 28 août Laplante-Doche comme capitaine, Poumeau et Laporte, lieutenant et sous-lieutenant. La compagnie de Brigueil, forte de 166 hommes, a pour chefs Paul Nexon capitaine, J.-B. Deguerry lieutenant, Vaslet et Bérigaud sous-lieutenants. La 1re compagnie de Confolens, formée de 100 volontaires, s'organise le 16 août avec Brunet comme capitaine et Desbordes comme lieutenant. La 2e compagnie, composée de 100 volontaires environ, a pour capitaine, élu le 18 août, Regondeau, et pour lieutenant Bonneau. Dans le canton de Chabanais, une compagnie s'organise aussi avec 106 hommes. A Champagne-Mouton et à la Péruse, le nombre des enrôlements et la force des compagnies ne sont pas connus. Le dossier relatif au district de Ruffec manque en grande partie ; on sait seulement que le canton de Mansle a pu former probablement 2 compagnies. Dès le 13 août, le commissaire y annonce l'enrôlement de 122 hommes. A Verteuil, une compagnie est organisée dès le 14, et il est très probable que le canton de Ruffec en donna deux ; celui d'Aigre, d'après un état déposé aux Archives, iournit une compagnie, et Marcillac-Lanville, une autre. Quant aux deux compagnies d'artillerie formées en août dans la Charente, la 1re, composée de 55 artilleurs, élut au grade de capitaine Aubert, et à ceux de lieutenant et sous-lieutenant, Puymoyen et Jamain (le 27 août) ; la 2e un peu plus tard nomme comme capitaine Georges Warin le 6 septembre, et compte 5i enrôlés ; elle élit comme lieutenant Normandin, et comme sous-lieutenant Augier. La dernière des compagnies formées, celle de Gallais, enrôlée à Ruffec, compte 65 volontaires, puis est portée à 80 ; elle reste à Ruffec du 25 octobre au 4 novembre, et le 6 elle se rend à Angoulême, où elle est casernée au couvent des Ursulines ; elle part le 23 décembre, conduite par son capitaine Gallais et réduite à 70 hommes.

Source : Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, de Prosper Boissonnade.

Posté par ID348347 à 15:15 - Permalien [#]

11 février 2016

Lettres de la comtesse de Verteillac

Adepte des nouvelles idées agronomiques, la comtesse de Verteillac souhaite, pour sa part, leur application sur ses terres périgourdines (1). En 1746, elle change de mode d'exploitation, délaissant « des fermiers [qui] sont des sangsues qui énervent tout au lieu de mettre en valeur » (2), pour un régisseur qui touche un revenu fixe et lui envoie plusieurs fois par an l'argent tiré de la vente des céréales (froment, seigle, avoine et maïs) et du vin issus de la réserve ou de parcelles en métayage. Dans sa première lettre à Allafort, la comtesse suggère un plan d'amélioration du domaine comprenant le renouvellement des pieds de vigne, la création d'une pépinière avec « glands, noyers, châtaigniers, ormes, tilleuls » et des labours fréquents car, écrit-elle, « [je] suis pérsuadée que plus on remue la terre, plus elle rapporte. Si vous voulez, pour satisfaire ma curiosité, essayer sur un journal de faire labourer quatre fois avant qu'on y sème du froment, je serai bien aise de voir comment cela réussira [...] » (3). Quelques mois plus tard, elle ajoute à une lettre de son mari une notice explicative pour épierrer les jachères, avec schéma à l'appui et précise en post-scriptum : « J'aime beaucoup les expériences et vous m'obligeriez infiniment en donnant vos soins à celle qui est expliquée par le papier ci-joint [...] (4). » Son vocabulaire révèle sa passion pour ces nouveautés qu'elle voit comme un jeu : « Amusez-vous à faire au plus tôt cette expérience » écrivait-elle déjà à l'automne précédent (5). Un net partage s'opère entre les époux ; à elle les innovations, à lui la gestion des intempéries, des prix et des litiges avec le régisseur. Ainsi, lors de la crise de 1747, le comte est soucieux — « je ne doute point que la misère soit grande et madame de Verteillac et moi, consentons volontiers que vous distribuiez aux pauvres les fèves qui vous restent » (6) — et la comtesse rêve encore de nouveautés : « je juge que les métayers peuvent exécuter cela aisément avec leurs familles et que si on les aide quand ils sont dans la disette, ils doivent, sans me rançonner, se prêter à cette experience que je veux faire » (7).

Notes

1. Combet (Michel), « Agronomes et agromanes en Périgord 1750-1850. Des amateurs aux pédagogues », dans La modernisation du monde rural en Aquitaine, FSHO, 1999, p. 111-131.

2. ADD, op. cit. Lettre de la comtesse de Verteillac au curé de Saint-Martin, 19/05/1746.

3. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

4. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

5. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

6. Ibid., Lettre du comte, 10/03/1747.

7. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

Source : Les élites et la terre du XVIe siècle aux années 1930, de Caroline Le Mao.

Posté par ID348347 à 21:22 - Permalien [#]

04 février 2016

La compagnie des gendarmes de la garde ordinaire du roi en 1738

Instituée par Henri IV, en 1590 & en 1610. Louis XIII devenu roi, conserva cette compagnie pour sa garde ordinaire.

Uniforme, habit écarlate, doublure rouge, parement coupé de velours noir, & poche sen travers, galons & brandebourgs d'or en plein, boutons, boutonnières & ceinturons galonnés d'or sur le tout, veste couleur de chamois galonnée & bordée d'or, culotte & bas rouges, chapeau bordé d'or & plumet blanc; l'équipage du cheval, de drap écarlate, galonné & bordé d'or.

Capitaine, le roy.

M. le prince de Rohan, lieutenant général, commandant, ci-devant capitaine-lieutenant, en 1704. M. le prince de Soubise, son petit-fils, capitaine-lieutenant en 1734. Rang de mestre de camp.

Premier & second capitaines sous-lieutenants.

M. le chevalier d'Apcher, maréchal de camp.
M. le marquis de Morangiers, rang de mestre de camp.

Enseignes.

M. le marquis de Wargemont, rang de mestre de camp.
M. le marquis de Fieubet de Sivry, idem.
M. le comte de Gadaigne, idem.

Guidons.

M. le Comte de Lignerac, rang de mestre de camp.
M. le marquis de la Salle, idem.
M. le marquis de Poyanne, idem.

Maréchaux des logis aides-major en chef

M. de Valendré, brigadier.
M. du Chambon, brigadier.

Maréchaux des logis.

M. de la Ziroule, rang de mestre de camp.
M. de Virmont, idem.
M. de Pompry, idem.
M. de Warel, idem.
M. des Mauguins, idem.
M. de Borthon.
M. du Mousseaux.
M. de Cossé.

Brigadiers.

M. de Rochemont.
M. de Marigny.
M. du Cousset.
M. du Cassel.
M. de Vaumor.
M. des Vigneries.
M. de Greboval.
M. de Préfontaine.

Sous-brigadiers.

M. de Boisvillard.
M. le chevalier d'Aulnay.
M. de Coulmont.
M. de la Brousse.
M. d'Houdan.
M. de Monval.
M. de Semerpon.
M. de Vallaunay.

Porte-étendarts.

M. dle chevalier de Bonneval.
M. de Plaigne, père.
M. de Maltart.
M. le Clerc des Esserts.

Cette compagnie est composée d'un commandant, d'un capitaine-leutenant, de 2 capitaines sous-lieutenants, de 3 enseignes, & de 3 guidons, faisant 10 officiers supérieurs; de 10 maréchaux des logis, dont 1 aides-major en chef; de 4 brigades, & d'un escadron; monte à 210 gendarmes de la garde, compris 8 brigadiers, 8 sous-brigadiers, 4 porte-étendarts, 4 aides-major de brigade, qui font arbitraires, & non compris 2 fouriers ordinaires & extraordinaires, plus, 10 anciens gendarmes de la garde, dispensés du service, qui jouissent des privilèges & appointements chez eux, avec 4 trompettes & un timbalier. Les 4 enseignes ou guidons, sont de soie blanche, avec des foudres qui tombent du ciel, & ces mots pour devise, Quo jubet iratus Jupiter, brodés & frangés d'or & d'argent.

M. Legrand de Beauregard, commissaire á la conduite.

M. l'Abbé Bigot, aumônier. M. Barcot, contrôleur, M. Bagieu, chirurgien major; un apothicaire , un sellier, & un maréchal ferrant.

II y a une des 4 brigades ci-dessus détachée sur le guet, composée de 50 gendarmes de la garde, compris 2 brigadiers & 2 sous-brigadiers, qui sert toujours à la garde ordinaire du roi, avec messieurs les officiers.

Quartier ordinaire, à l'hôtel de la compagnie à Versailles.

Cette compagnie est payée par les deux trésoriers généraux des troupes de la maison du roi, année pair & impair.

Source : Carte générale du militaire de France, sur terre et sur mer, depuis novembre 1737 jusqu'en décembre 1738.

Posté par ID348347 à 15:10 - Permalien [#]

Marendat du Cousset

Marendat du Cousset, avec Généalogie Charente Périgord
D'or à une croix d'azur.

Filiation suivie

I. — Martin de Marendat, avocat en parlement et juge de Javerlhac, marié avec Marguerite de Camain, fille de François de Camain, sieur de Puymoger, et Jeanne Chambon, d'où Jacques de Marendat, qui suit.

II. — Jacques de Marendat, sieur du Cousset (Varaignes), marié d'après acte du 27 février 1650, avec Sybille Forien, fille de Étienne Forien, sieur des Salles, et Bertrande Eyriaud, d'où : 1° Étienne de Marendat, qui suit ; 2° Marie-Bertrande de Marendat, mariée avec Charles Martin, sieur des Chaufies.

III. — Étienne de Marendat, sieur de Bellevue, capitaine du château de Varaignes, marié d'après acte du 16 novembre 1676, avec Marie Eyriaud, fille de Hélie Eyriaud, sieur de Bechemore, et Sybille Dumas, d'où : 1° Jean-Baptiste de Marendat, qui suit ; 2° Marie de Marendat, née en 1684, décédée en 1764, mariée 1) d'après acte du 12 mars 1707, avec Jean de Pindray, sieur des Granges 2) d'après acte du 6 février 1710, avec Élie-François de Labrousse, brigadier des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis.

IV. — Jean-Baptiste de Marendat, né en 1679, décédé en 1759, maréchal des logis des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis, marié avec Anne de Labrousse, fille de Hélie de Labrousse, bourgeois de Bussière-Badil, et Elisabeth Giraudon, d'où Jean-Joseph de Marendat, qui suit.

V. — Jean-Joseph de Marendat, né en 1711, décédé en 1776, chevalier, seigneur du Cousset, marié d'après acte du 4 mars 1763, avec Marie de Labrousse, fille de Joseph de Labrousse, officier au régiment de Bretagne, et Catherine Valleteau, d'où : 1° Joseph de Marendat, né en 1764, décédé en 1829, propriétaire, célibataire ; 2° Antoine de Marendat, né en 1774, décédé en 1855, propriétaire, célibataire ; 3° Marie-Elisabeth de Marendat, née en 1771, décédée en 1824, mariée d'après acte du 8 juillet 1801, avec Charles-Henri Guillemin de Chaumont, propriétaire. ; 4° Jeanne de Marendat, née en 1766, décédée en 1844, mariée d'après acte du 23 février 1808, avec Annet-François de Coustin, marquis du Mas-Nadaud, lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis.

Archives départementales

1714. — Vente double par Pierre Dereix, sieur du Temple, demeurant au bourg de Feuillade, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, sieur du Cousset, y demeurant, paroisse de Varaigne.

1729. — Quittance de 2,955 livres 14 sous 6 deniers, donnée par messire Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, porte-étendard de la compagnie des gendarmes de la garde du Roi, chevalier de St-Louis, demeurant au bourg de Varaignes, à messire Pierre-Hubert de Devezeau, chevalier, seigneur de Chasseneuil, Les Pins, Mestric et autres lieux, ladite somme payée du consentement de messire Armand du Lau, chevalier, seigneur de Savignac.

1754. — Le 15 août 1764. Procès-verbaux de la seigneurie du Cousset, paroisse de Varaigne, destinés à établir les comptes que doit rendre François de la Brousse, écuyer, chevalier de Saint-Louis, ancien brigadier des gendarmes de la garde, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, chevalier de St-Louis, ancien maréchal-de-logis des gendarmes de la garde, tant pour lui que pour Jean de Marandat, écuyer, seigneur de Bellevue, son fils. Marie Des Ruaux était demeurée veuve d'Etienne de Marandat, avec deux enfants, ledit Jean-Baptiste et Marie-Bertrande ; elle se remaria, après la mort de son beau-père, Jacques de Marandat, avec Élie de la Brousse, sieur de Chaban, lui-même veuf en premières noces d'Elisabeth Giraudon, mère dudit François ; celui-ci se déclare prêt à donner des comptes depuis le second mariage de son père, le 30 novembre 1693, (contrat passé le 19 août), jusqu'à la majorité dudit seigneur du Cousset. Le môme acte nous apprend que François Giraudon, docteur en médecine, décéda en 1685, laissant 3 enfants : Joseph, archiprêtre du Vieux-Mareuil, Elisabeth, épouse de Élie de la Brousse, sieur de Chaban, Anne, qui épousa Antoine de Gorce.

Bibliothèque généalogique

• Le Bulletin héraldique de France, 1890.

1735. Lettres de noblesse en faveur de Jean-Baptiste de Marandat du Cousset, brigadier de la compagnie des gendarmes de la garde. Lequel nous y sert sans y discontinuer, depuis 1704, et que les preuves qu'il a donné de bravoure et de prudence dans toutes les expéditions de guerre où cette compagnie s'est trouvée, lui ont mérité le grade qu'il remplit actuellement et la croix de notre ordre militaire de Saint-Louis ; qu'il était aux batailles de Ramillies, d'Audenarde et de Malplaquet ; qu'à la première son cheval eût une jambe emportée d'un coup de canon et qu'il fut l'un des seize de la compagnie qui firent l'arrière-garde ; qu'il ne se signala pas moins aux sièges de Quesnoy, des Marchiennes, de Denain, de Landau et de Fribourg ; que, pendant la durée de la paix, son exactitude à remplir auprès de nous les devoirs de son état lui a tenu lieu d'actions brillantes ; mais que depuis l'ouverture de la guerre en Allemagne, il s'est trouvé au siège de Philisbourg et qu'il ne cesse de nous donner de nouvelles preuves de son zèle ; que d'ailleurs il est issu d'une famille de Périgord, connue pour avoir toujours vécu noblement. Armes réglées par d'Hozier.

• Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1909.

28 octobre 1741. — Raymond de Grandlac, écuyer, sr de Rioupeiroux, de la province du Bas-Limousin, présenté par M. de Cousset, brigadier. Adresse : à Beaulieu, en Bas-Limousin. 11 décembre 1741. — Guillaume de Loménie, de Château, de la province du Limousin, présenté par M. de Mandat, ancien brigadier de la Compagnie. Adresse : à lui-même, à Bourganeuf. 11 juin 1744. — Sébastien-Raymond Ceyrac, écuyer, sr de Bouchetel, de la province du Limousin, présenté par M. du Cousset, ancien maréchal des logis. Adresse : à Tulle en Bas-Limousin.

• Notice historique sur l'ancien Carmel d'Angoulême, 1888.

Anne-Marie-Céleste (Anne-Marie de Marandat du Cousset), née à Varaignes, en Périgord, le 3 juillet 1744, fille de Jean-Joseph de Marandat du Cousset, et de Marguerite de Mafrant (?) de la Domaise, reçue à la vêture le 15 janvier 1764, et à la profession le 18 avril 1766, à l'âge de 21 ans 9 mois 14 jours.

Liens web

- Le Cousset : un fief noble de Varaignes.

- La compagnie des gendarmes de la garde ordinaire du roi en 1738.

Posté par ID348347 à 12:25 - - Permalien [#]