23 mai 2016

Les seigneurs du Nontronnais

Par acte du 18 décembre 1751, reçu par Gervais, notaire à Paris, ratifié le 27 juin suivant, les créanciers et syndics de la dite dame Egon de Courcillon vendirent la terre et baronnie de Nontron à messire Jean-Charles de Lavie, président au Parlement de Bordeaux, pour la somme de vingt-cinq mille livres. Il ne s'agissait d'ailleurs, dans cette vente, que du chef-lieu de la baronnie et de la seule paroisse de Nontron, les trente-cinq, sur soixante-douze qui la composaient en 1553, ayant été successivement et irrévocablement aliénées du XVIIe au XVIIIe siècle. Voici à cet égard le tableau que nous avons relevé dans les Archives de la Charente, en rectifiant l'orthographe des noms : « 1° Nontron, à M. de Lavie; 2° Javerlhac, à M. Texier de Javerlhac; 3° Abjat, à M. d'Aydie; 4° Savignac, au même; 5° Saint-Martial-de-Valette, à M. Moreau de Villejalet; 6° St-Pardoux-la-Rivière; à M. d'Abzac de Villars, à Mme d'Allonis et à Mme la prieure; 7° Augignac, à M. de Pompadour, à M. du Lau d'Allemans; 8° Milhac, à M. de La Marthonie; 9° Quinsac, à M. le comte d'Aydie; 10° St-Front-de-Champniers, à M. de Labrousse de Verteillac; il y a d autres fiefs; 11° Pluviers, à M. du Lau d'Allemans à M. de La Ramière; 12° St-Martin-le-Peint, à M. de Labrousse de Verteillac; 13° Marval, à M. de Saint-Auvent, la justice: à M. de Lambertie, le fief; 14° Champagnac, à M. d'Aydie de Saint-Laurent; 15° Saint-Pancrace, à M. de La Garde de Saint-Angel; 16° l'enclave de Champeaux, à M. de Ribérac, à M. le marquis de Laxion, son beau-frère; 17° le bourg de Bussière-Badil, à M. de La Vauguyon, comme prieur de Malte; 18° Nontronneau, à M. de Labrousse de Verteillac; 19° Champniers, à M. du Lau d'Allemans, à M. de La Ramière; 20° St-Front-la-Rivière, ou La Renaudie, à la famille du Barry, à M. le comte des Cars; 21° St-Etienne-le-Droux, à M. de Pompadour, à M. de Lavie, à M. de La Ramière; 22° Villars, M. de Rastignac; 23° Varaignes, à M. Stuart de Quélen de Caussade, à M. Delay; 24° Bondazeau, à M. d'Hastelet; 25° Les Graulges, au même; 26° Saint-Saud, à M. d'Arlot de Frugie; 27° Beaussac, à plusieurs seigneurs de Bellussières, Fayard des Combes, Maillard; 28° Romain, à M. de Vigneras; M. de Roux y a un fief; 29° Saint-Martin-la-Rivière, M. Moreau de Villejalet; 30° Reilhac, M. de Roux de Reilhac; 31° Lussas, à la famille du Faure, à M. d'Aydie; 32° Champeaux, au même; 33° le bourg de Feuillade, à la famille Vigier, à M. de Javerlhac; 34° le bourg de Miallet, à divers seigneurs de Lambertie, d'Aydie, de Rastignac et Grant de Bellussière; 35° I'enclave de Bellussière et de La Beausse, dont le seigneur des Combes s'est emparé. »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

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22 mai 2016

Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants

Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1968

Jean Allafort, député de la Dordogne à la Convention nationale et membre du Conseil des Anciens, est né au Bourdeix, en 1740. Issu d'une ancienne et riche famille bourgeoise, qui possédait des terres dans le Nontronnais, à Bussière-Badil, Jean Allafort, revêtu du titre de licencié en droit, entre très jeune dans la magistrature. Tout d'abord, il témoigne d'une grande âpreté à défendre les justes causes et d'une même indépendance à l'égard des autorités ou de la tyrannie de l'opinion. Avocat talentueux, il sait qu'il peut se sauver par l'esprit et sauver les autres par sa présence d'esprit, mais sa « scrupuleuse conscience l'effraye sur l'étendue des devoirs imposés à la profession d'avocat et il se croit obligé de réparer à ses dépens la perte des causes qu'il ne fait pas triompher... » C'est, du moins, ce qu'affirme Frédéric Dumas-Ribadeau dans l'Eloge funèbre de son oncle Allafort, paru à Limoges, chez Chapoulaud, en 1838.

En réalité, Jean Allafort possède au plus haut point le goût de l'indépendance, l'amour de la terre et le sens des affaires. Il renonce donc à plaider, mais donne des consultations à tous les habitants du Nontronnais. Y a-t-il un compte à régler, un litige à vider, on se soumet, de part et d'autre, au jugement du légiste. Ses activités sont variées : en 1779, c'est en qualité de maître de forge qu'Allafort s'engage envers Mgr. de Sartine, ministre et secrétaire d'Etat au département de la Marine, à « surveiller les fondages qui seront exécutés à la forge de la Chapelle-Saint-Robert par le sr. de Versanne, en conséquence de son marché passé avec M. le comte de Roffignac le 12 août 1777 et de son adhésion à la cession qui a été faite de ce marché à Sa Majesté le 22 mars 1779. Dont il me sera délivré ampliation... ». Jean Allafort promet, aussi, de « présider au choix et au mélange des mines, de veiller à ce que la fabriquation soit bien faite, et à ce que les bouches à feu qui seront coulées le soient sur les proportions et d'après les plans qui lui seront fournis... ». II s'engage, enfin, à faire les avances nécessaires pour acquitter les frais de transport de toutes les pièces d'artillerie provenant des-dits fondages depuis la forge de la Chapelle jusqu'à Rochefort, ainsi que celles pour le payement du droit de la marque des fers auquel lesdites pièces seront sujettes. Moyennant quoi, il sera payé au sr. Allafort par le Trésorier général de la Marine, tant pour le remboursement de ses avances que pour ses peines et soins, la somme de quatre livres par quintal de toutes les pièces d'artillerie qui, après avoir été visitées et éprouvées, seront admises en recette par les officiers du port de Rochefort. Le sr. Allafort se soumettra, au surplus, « à la retenue de quatre deniers pour livre attribués aux Invalides de la Marine, ainsy qu'aux frais de quittance et de controlle... ». L'acte, qui porte la signature d'Allafort et celle du ministre Sartine, est daté de Chènedières, paroisse de Bussière-Badil, le 16 octobre 1779. La bonté officielle d'Allafort — encore que l'usage y soit pour beaucoup dans l'octroi de ces 4 deniers par livre — ne fait aucun tort à sa bonté domestique. C'est — en partie — pour cette raison qu'il accepte, quelques années plus tard, de représenter sa région à la Convention nationale. Il cède, alors, aux sollicitations réitérées des électeurs périgourdins, et « va défendre en face de l'Europe les droits de tout un peuple... ». Le 16 janvier 1793, Jean Allafort vote en ces termes la mort de Louis XVI : « Louis, en conscience, tu as mérité la mort. Je la prononce. » Logé à Paris, à l'hôtel de Cambrai, rue Pagevin, près de la place des Victoires, il vit au milieu des agitations avec « sa frugalité et sa simplicité de mœurs habituelles ». Sa mission civique qui, certes, n'exclut pas en lui l'amour paternel, lui a imposé un dur sacrifice : dès 1792, quand la patrie a été déclarée en danger, il a autorisé son fils, un enfant de moins de 15 ans, à s'engager : « Va, mon fils », lui a-t-il dit au milieu de ses larmes, « Va et sois digne de ta patrie et de ton père... ». Le jeune garçon, volontaire dans la 7e compagnie du 1er bataillon de la 14e demi-brigade d'infanterie légère, armée du Bas-Rhin, envoie à son père, de Belfort, le 5 novembre 1792, cette missive touchante et truffée de savoureuses fautes d'orthographe :

« Mon très cher père, je vous écris celle ci pour m'informer de l'état de votre santé et en même temps pour vous donner de mes nouvelles. Quand à moi, je me porte bien. Je vous assure que j'ai été bien maurtifié de ne pas avoir pu vous donner de mes nouvelles aussitôt que nous sommes arrivés à Belfort. Mais les occupations que nous avons tous les jours m'en on empêché. Vous devès avoir reçu une de mes lettres que je vous ai écrit de Fontainebleau. Je vous disais que nos assignats de 5 livres ne valent que trois livres et ceux de cinquante ne valent que 30 livres et pressisément je me trouve avoir acheté une montre à Fontainebleau. Comme vous savès que l'or ne valet pas plus pour nous que les assignais, j'ai mieux aimmé la payer en or parce que en la payan en or, cela fit que je la paya moins chère de 80 livres que çi je l'avè payé en assignats. Je vous prie de bien vouloir me faire passer un louis d'or, comme je n'en u pas assé pour payer ma montre, je pria Vilardou de m'en prêter un. Il u la complaisance de me le prêter, ainsi par consaiquand il faut le luy remettre. Et pour cela il faut que vous ayé la bontai de me le faire passer... Je crois fort que nous passons notre ivert à Belfort, ci non nous passerons tout de suite le Rins et nous irons dans l'armée de monsieur Laférière. Je vous prie de vouloir bien donner de mes nouvelles à ma sœur, car il ne m'est pas paussible de lui écrire : nous montons la garde le matin à 8 heures, il faut alé à l'ordre à midit, il faut aller à l'exercice jusqu'à 2 heures et le soir à quatres heures jusqu'à sis heures, ainsi vous voyé ci nous avons le tems de reste... Je finis en vous embrassant de tout cœur, votre très humble et très obéissant fils. Allafort fils. »

Jean Allafort pourvoit aux besoins de son fils, pour qui il tremble sans cesse. Le 18 thermidor an 3 (3 août 1795), il écrit au directeur de l'hôpital de Belfort : « Citoyen, permettès que je m'adresse à vous pour avoir quelques renseignemens sur la situation de mon fils... Le sergent major de sa compagnie me dit dans sa lettre du 23 Messidor que mon fils est parti pour l'hôpital le 9 pluviôse et qu'on n'a pu savoir de ses nouvelles depuis cette époque. Comme on présume que d'hôpital en hôpital, il a été transféré dans celui de Besançon, veuillez bien vérifier et me marquer s'il y est encore ou s'il en est sorti, où il a passé, enfin ce qu'il est devenu. Je vous prie, de grâce, de ne pas me refuser une prompte réponse car je suis vivement inquiet sur le sort de cet enfant. Il était dans l'usage de m'écrire tous les quinze jours et cependant je n'ai rien reçu de lui depuis la fin de nivose. Soyez sensible, bon citoyen, à ma sollicitude en me donnant le plus promptement possible les renseignements que je vous demande. Pardon de la peine que je vous donne. Rceevès d'avance toute ma reconnaissance. Salut et fraternité. Allafort. »

La réponse arrive bientôt : à la première bataille, la mort a fait tomber des mains encore sans expérience du jeune Allafort l'arme qu'elles pouvaient à peine porter. Le malheureux père en éprouve un cruel chagrin. Il ne peut trouver de réconfort que dans la correspondance qu'il échange presque quotidiennement avec sa fille Marie — gardienne de la propriété périgourdine de Bussière-Badil — sa fille qu'il chérit doublement à présent, puisqu'il n'a pas d'autre enfant et que sa femme, Marie Monsalard, n'est plus. Le 16 germinal an 2 (5 avril 1794), il lui avait écrit : « ...Chaque député à la Convention, ma chère fille, est obligé de rendre compte à la nation de la fortune qu'il possédait à l'époque de la Révolution et de celle qu'il possède actuellement affin de faire connaître ceux qui se sont enrichis aux dépens du peuple dans les places qu'ils ont occupées. Tu sais bien que je n'ai jamais été un fripon mais il faut que je le prouve. Il est donc nécessaire que tu déclares la somme que tu as entre (les) mains et ce qui t'es dû... »

Sans doute — et nous en aurons plus tard la confirmation — Jean Allafort n'est-il pas toujours aussi désintéressé qu'il le prétend. Du moins, peut-on certifier qu'à maintes reprises il ouvrit sa bourse pour arracher aux fureurs révolutionnaires la fortune ou la vie des proscrits. Il protégea efficacement un de ses « pays », François-Xavier de Lamberterie, qui, émigré à la suite d'une querelle d'amour-propre avec sa prolifique parentèle, souhaitait rentrer en France.

Les autres lettres d'Allafort à sa fille s'échelonnent du 4 brumaire an 5 (25 octobre 1796) au 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Elles nous apprennent que le conventionnel est un paysan qui adhère à sa terre comme un arbre, par ses racines les plus profondes. Pour lui, le paysage n'est que le « pays », et, seuls, comptent les êtres qui l'habitent.

« 4 brumaire : J'ai reçu, ma chère fille, ta lettre du 15 vendémiaire dont l'adresse est écrite par une main étrangère. Je suis étonné de ce retard et encore plus d'une écriture qui peut me faire soupçonner que la lettre a pu être décachetée. Ce n'est point la défiance dans les biens nationaux d'émigrés qui m'ont engagé à te proposer de chercher des acquéreurs pour le domaine de Lessard; mais la crainte de ne pouvoir payer la somme que je dois pour cet objet dans le temps et aux époques fixés par la loi. Et il est impossible que les biens nationaux vendus puissent éprouver la moindre atteinte contre les acquéreurs, à moins que la contre-révolution ne s'opère et que la République ne périsse, mais comme elle se soutiendra malgré les efforts et la rage des émigrés, j'espère conserver le bien de Lessard pourvu que je puisse le payer. Je ne veux pas me voir privé d'un bien aussi précieux et aussi productif... C'est sur les moyens de pouvoir payer que je t'ay fait part de ma sollicitude. Je t'ay dit ce que je puis faire de mon côté à force de privations et lu ne me dis rien des efforts que tu peux faire de ton côté. D'après ce que tu m'écris, tu es sans doute en ce moment en possession du ci-devant presbytère de Souffraignac. Je suis bien aise que cela se soit passé sans secousse. Il est vraisemblable que tu en jouiras paisiblement et que la malveillance s'appaisera peu à peu... Je n'ai point écrit au capitaine du fils des métayers de Souffraignac parce que je ne sais où le prendre. Il se peut faire qu'il soit en ce moment dans l'armée aux ordres du général Bonaparte, mais j'ignore dans quelle partie du territoire occupée par cette armée ce bataillon se trouve en ce moment. Si je puis découvrir où il est, j'écrirai au conseil d'administration pour savoir s'il existe ou non. D'ailleurs ses père et mère ne doivent point être inquiets sur ses besoins parce que nos troupes ne manquent de rien dans un païs où tout est abondant. Je t'envoie par le courrier de ce jour un paquet chargé que tu retireras au bureau de la poste de Nontron, le contrat d'acquisition du bien de Lessard avec les quittances du receveur des domaines nationaux de Périgueux. Tu produiras le tout au receveur de Nontron pour lui prouver que je persiste dans cette acquisition. Comme il pourrait se faire qu'il te demande ce qui revient à la Nation sur le prix de ton contrat de ferme depuis le jour de ce contrat jusqu'à celui de ton acquisition, tu lui observeras que tu ne dois que depuis le dit jour de ton contrat ferme jusqu'au 6 messidor, que tu as consigné le second quart et même plus, de ta soumission suivant la quittance finale du receveur de Périgueux du 19e du même mois, attendu que, suivant l'article 3 de la loi du 22 prairial additionnelle à celles du 28 ventôse et 6 floréal concernant les mandats territoriaux, tu devrais entrer en jouissance dudit domaine dès l'instant que tu as consigné le second quart et que par conséquent les revenus de ce bien nous appartenaient à commencer du dit jour six messidor. Comme il me semble que tu m'as marqué que ton contrat de ferme a été passé le 21 prairial, il s'en suit qu'à toute rigueur tu ne dois payer à la Nation que pour 12 jours, ce qui serait si modique que je ne peux croire que le receveur de Nontron exige la moindre chose... Comme tu as vraisemblablement un temps affreux pour faire tes vendanges, tu ne pourras pas faire d'aussi bon vin que tu me l'as annoncé. Tant pis, car il me faudrait du bon vin pour ma vieillesse... Adieu, ma chère fille, je t'embrasse de tout cœur... »

Pour l'ex-conventionnel, devenu membre du Conseil des Anciens, un homme de bien, c'est, avant tout, un homme qui soigne son bien ! C'est, aussi, un être capable de satisfaire à la confiance de ses compatriotes, ainsi que le prouvent ces lignes : « ...Quant au militaire dont tu me parles, ma chère fille, et qui désire obtenir un congé absolu, ne pouvant pas continuer son service à cause d'une blessure qu'il a reçue, il doit, pour parvenir à obtenir ce congé, se faire visiter par deux officiers de santé devant l'administration de son canton et devant la commission du pouvoir exécutif de ce canton. Des officiers de santé lui donneront un certificat qui constatera que sa blessure ne lui permet plus de porter les armes. Ce certificat sera visé par celle administration et par le commissaire. Il fera en conséquence une pétition au ministre de la guerre à l'effet d'obtenir ce congé. Il peut me la confier. Je l'appuieyrai de tout mon pouvoir sans cependant promettre aucun succès parce que, suivant ta lettre, il s'est retiré chez lui sans permission de son corps, et qu'il peut bien être poursuivi comme déserteur... »

Le 22 brumaire an 5 (12 novembre 1796), Jean Allafort constate, avec soulagement, que les « dangers qui semblaient menacer sa tille, à présent en possession de la maison cy-devant curiale de Souffraignac ont disparu, grâce au savoir-faire de Marie Allafort, à sa prudence, à sa douceur... Il est vraisemblable que les vignes sont si vieilles qu'elles ne peuvent plus produire. Si cela est ainsi, ne serait-il pas utile, et même nécessaire de faire faire d'autres plantations soit par les métayers soit par des vignerons ? Si les champs incultes sont proprès à la vigne, il faudrait les y employer et les préparer de bonne heure. Concertes toi pour cela avec les métayers... Adieu, le courrier va partir. Je t'embrasse de tout mon coeur. Ecris moi souvent et cherche à vendre ton vin de bonne heure pour payer, hélas, quand nous serons sortis de nos dettes... »

Il semble que, ses revenus étant devenus insuffisants, Allafort ait dû vendre une partie de ses biens. Vers 1794, on a dit qu'il « ne consentit pas à violer la loi qu'il avait votée en refusant de recevoir pour sa valeur nominale un papier-monnaie frappé d'un discrédit général... » Avec l'hiver de 1795, survient l'habituel cortège des maladies et des inquiétudes qu'elles soulèvent :

« Le citoyen Labrousse Lagrange, ma chère fille, m'a remis les six bonnets de coton dont tu m'as chargé ainsi que la lettre que tu lui as confiée. Elle est datée de la Ronchie ainsi que plusieurs autres que tu m'as écrites depuis que tu as un autre azile et que le cy-devant curé a évacué son ancien presbytère. Je puis t'assurer que je n'ai pas été sans inquiétude sur ce que tu n'habitais pas encore cette maison. J'attribuais, à la vérité, cela à des causes bien différentes de celles qui t'en ont empêchée, parce que je ne soupçonnais pas qu'après une maladie aussi longue et aussi grave à laquelle tu as échappée, j'aurais la cruelle douleur d'apprendre que tu en éprouves une autre qui est peut-être aussi dangeureuse. Ton commissionnaire en aurait gardé le secret si je n'eusse été averti par une des lettres qu'il m'a remises. Je lui ai donc fait avouer qu'il t'a vue avec une maladie telle qu'elle t'a empêchée de déménager. Grand Dieu ! Quel est mon sort ? Je suis donc condamné à te voir sans cesse dans les maux et dans les souffrances et ta vie en danger. Ecris moi promptement si tu veux que je puisse résister au chagrin qui me dévore. Je viens d'envoyer au receveur des Domaines nationaux d'Angoulême le montant de ce qui restait sur la maison cy devant curiale de Souffraignac. J'attends ma quittance finale. Ainsi je n'aurai plus à m'occuper de cet objet... Mais, je crains bien qu'en achetant la maison curiale, nous n'ayons, en même temps, acheté une pomme de discorde, à cause de la terre qui est devant la cour. Ou bien tu ne tiendras ni poules ni dindes car la volaille en sortant de la cour ne manquera pas d'aller gratter cette terre et y causer du dommage. Si elle était à vendre, et que nous puissions avoir la commodité de la payer, il serait bien essentiel d'éloigner un voisin qui peut violemment nous incommoder... Je dois encore 3 428 l. mais il me sera impossible de pouvoir faire, par mes économies, plus de 1 428, en suposant même qu'il ne m'arrive aucun accident. Aussi, il faudra trouver 2.000 dans notre médiocre revenu pour finir ce payement sans compter les impositions de cette année... J'ai cessé depuis le commencement de ce mois de l'envoyer le Rédacteur parce que depuis ce temps-là je ne le reçois plus. Il faut bien que je fasse la dépense pour un abonnement. En vérité, je ne sais à quel journal donner la préférence, tellement les journalistes sont puans d'aristocrates, désorganisateurs et dangereux... »

L'état de Marie Allafort s'aggrave en novembre 1796.

« Je viens de recevoir, ma chère fille, ta lettre du 25 Frimaire. Les détails qu'elle me donne me jettent dans la plus affreuse mélancolie. En vérité, je ne sais plus où j'en suis, car dans le moment où je crois du moins pouvoir espérer que tu le portes bien, c'est alors que tu es presque dans la tombe... » Après avoir échappé à une maladie dont le ressouvenir me fait frissonner, tu viens d'en supporter une autre non moins dangeureuse et qui rouvre la plaie que la première avait faite dans mon âme. Je vois bien que tu n'as jamais été bien rétablie de la première parce que la peine, les fatigues et les injures du temps auxquelles nos affaires sont constamment exposées étaient autant d'obstacles à une heureuse convalescence. Il te faut absolument du calme et du repos. Heureusement, le moment approche où je pourrai partager tes embarras et adoucir le poids qui t'accable si souvent... Je te charge de faire agréer toute ma reconnaissance à l'officier de santé qui t'a conservé la vie... »

Allafort parle, ensuite, de la mort du « pauvre Pierre » (son métayer de Souffrignac) :

« Il était laborieux, honnête, et il nous était si attaché. Je le regrette infiniement. Je désire que son frère ait un meilleur sort et que la Providence nous le conserve. Quant à son fils, il n'est que trop évident qu'il aurait besoin de son secours, mais il est impossible qu'il puisse l'avoir auprès de lui qu'après la paix, attendu que le Directoire n'accorde point de congé aux volontaires qui sont en présence de l'ennemi. Et, précisémment, il est dans l'armée d'Italie qui combat tous les jours les Autrichiens. Je fus hier dans les bureaux de la guerre pour tâcher d'en savoir quelques nouvelles. J'ai trouvé dans les extraits mortuaires un Jean Borderon, mort à l'hôpital de Strasbourg. Mais, il était natif de Saint-Tron, dépt de la Charente, ce ne doit pas être le fils du métayer, puisqu'il s'appelle Nicolas Borderon. Je vais écrire au conseil d'administration de son bataillon qu'on m'a dit être à Crémone en Italie, pour savoir s'il est vif ou mort. Ne parle pas de tout cela aux métayers. Dis leur simplement que je fais tous les efforts possibles, pour les tranquiliser... »

La convalescence de la jeune fille s'annonce bientôt satisfaisante :

« J'ai reçu, ma chère enfant, ta lettre du 28 Nivôse dernier. Je suis donc tranquille sur ta santé, puisque tu m'assures que tu te portes bien. Je suis content, pourvu que cela soit bien vrai. Je viens d'apprendre que tu as d'excellent vin blanc, cela par un de mes bons amis. C'est d'autant plus remarquable que les vins blancs, sont, en général très faibles. Je lui ai annoncé, il y a deux jours, que je ne manquerai pas de te donner des applaudissements de ce que tu as su l'engager à en boire. J'espère que dans trois mois et quelques jours je serai à portée de juger de la qualité de ce vin. Mais, je ne réponds pas de lui trouver quelques défauts. S'il en a je ne dissimulerai pas. S'il n'en a pas, je prépare un gros volume d'éloges pour celle qui a si bien réussi en le faisant... J'ai été chez un libraire pour acheter les deux grands- maires (sic) et les dictionnaires que tu me demandes. On n'a pas voulu me les donner à moins de 56, comme cette somme et le prix du port m'ont paru trop fort, je n'ai pas fait cette emplette. Il faut bien que je puisse accumuler avant de partir d'ici une somme de 1.800 pour payer deux dixièmes du bien de Lessart, et il faut bien que je conserve quelque argent pour payer les frais de mon voyage. Sans ces deux motifs, je n'aurais pas hésité à satisfaire sur le champ ton goût pour ces deux langues étrangères... Les métayers de Souffrignac font très bien de marier leur fille ; le nouveau venu remplacera le pauvre Pierre que je regrette. Hélas ! ma fille, si mes vœux avaient été exaucés, tu ne serais pas aujourd'hui dans le cas de plaisanter sur le mariage d'une fille qui a six ans de moins que toi... »

Cette missive est datée du 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Un mois plus tard, Jean Allafort, qui avait été appelé au Conseil des Anciens alors qu'il siégeait encore à la Convention, refuse de renouveler ce second et plus honorable mandat, et retourne à la vie privée. Cet exil parisien pèse trop lourd au père qui souhaite marier sa fille et à l'homme des champs qui brûle de gérer à nouveau ses propriétés. Le registre d'état-civil de Souffrignac mentionne, à la date du 20 brumaire an 6 (10 novembre 1797) qu'il y a « promesse de mariage entre Jean-Baptiste-Michel Grolhier, fils de Pierre Grolhier, ancien notaire, et de Marie Mazeau, et Marie Allafort, demeurant à Souffrignac, canton de Montbron, dépt de la Charente, fille de Jean Allafort, représentant du peuple, et de feue Marie Monsalard. »

Ce mariage comble les vœux de Jean Allafort qui reprend, aux côtés du jeune ménage, sa douce vie familiale. Il accepte, pourtant, sa nomination de commissaire du Directoire dans son département.

Tant que durent le Consulat et l'Empire, il refuse, en jacobin impénitent, toutes les charges et tous les honneurs. Frappé par la loi du 12 janvier 1816, qui exclut à perpétuité du royaume les conventionnels qui ont voté la mort de Louis XVI et leur accorde un délai d'un mois pour sortir de France, Jean Allafort trouve assez de courage pour consoler ceux qui l'entourent :

« Mes amis, dit-il, laissez-moi subir ma destinée, moi seul l'ai encourue ! Je m'en irais trop malheureux si j'emportais avec moi la pensée qu'elle pourrait rejaillir sur quelqu'un de vous... »

Pourtant, à 76 ans, abandonner sa patrie, sa famille, ses amis, ses champs, pour aller quémander une hospitalité précaire en Hongrie ou en Silésie, pour Jean Allafort, c'est pire que la mort !

Des personnes influentes s'entremettent pour obtenir la grâce du proscrit. Celui-ci obtient un certificat de prolongation : « Le Préfet de la Charente, assuré de l'état d'infirmité où se trouve le sr Allafort compris dans la loi du 12 janvier, lui accorde une prorogation jusqu'au 15 avril prochain pour se conformer aux dispositions de l'article 7 de cette loi. Fait à Angoulême, le 8 mars 1816. Signé : Creuze de Lesser. »

Le comte Decazes, ministre de la Police, qui est un ancien obligé de Jean Allafort, l'autorise à résider à Paris. Pour lui faire accepter cette faveur accordée en dehors de la loi, Marie Grolhier trompe son père et lui fait croire que le gouvernement de Louis XVIII a ordonné un sursis de départ, et qu'on ne tardera pas à rapporter la loi.

Deux ans s'écoulent dans le provisoire. L'incognito qu'il est tenu de garder et l'éloignement du sol natal altèrent gravement la santé du vieillard, qui meurt le 5 mai 1818, à 2 heures du malin, après une agonie de trois jours. Ses restes, d'abord ensevelis au cimetière du Père Lachaise, sont transférés dans un enclos de son jardin de Souffrignac, puis au cimetière de Souffrignac. On peut lire sur la tombe de Jean Allafort et sur celle de sa fille, deux inscriptions respectivement gravées sur stèle de bronze et sur marbre :

« Ici repose Jean Allafort, né au Bourdeix (Dordogne) en 1740, mort à Paris le 5 mai 1818, ancien député à la Convention nationale, membre du Conseil des Anciens. En 1838, sa fille a fait rapporter ses cendres dans cette retraite d'où il avait été arraché en 1816. Vous qui l'avez connu, redites à vos enfants ses vertus modestes, son patriotisme et son malheur. Faites que ce monument comme sa mémoire soient ici à jamais un objet de respect. Marie Allafort, veuve Grolhier, aux mânes de son malheureux et excellent père. Marie Allafort, veuve Grolhier, décédée le 22 mai 1847. »

Christian de Sèze

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26 mars 2016

Origines de la famille de Las Escuras

Maintenant et pour continuer la filiation de la famille Fourichon et la liste des possesseurs du fief de Beynac jusqu'à nos jours, nous allons donner le sommaire de quelques actes venus jusqu'à nous. Ainsi : en 1687 et le 23 janvier, devant Dubut, notaire royal, au château de La Mothe d'Agonac, maison du seigneur de Montardy, en Périgord, contrat de mariage entre demoiselle Louise de Lagut de Montardy et Pierre-François Fourichon, écuyer, sr de Losterie, des Merles, demeurant en sa maison noble de Beynac, desquels provinrent Elie et Antoinette. Le 27 septembre 1710, devant Degrandcoing, notaire royal, au lieu de Beynac, et dans la maison d'Hélie Fourichon, écuyer, sr de Beynac, mariage de ladite Antoinette avec Eymard de Lame, sr de La Flamenchie, desquels provint Léonarde. Du 30 janvier 1741, devant le même notaire, acte de mariage de cette dernière avec Pierre de Las Escuras, sr de Lestang, fils de Jean sr de Leyssard et de Michelle Château, lesquels devinrent par héritage et par acquisition d'autre Hélie Fourichon, sr de Chapelas, du 18 avril 1742, propriétaires dudit fief de Beynac, dont les enfants prirent le nom, selon l'usage d'alors. Ledit Pierre Las Escuras de Lestang était, d'ailleurs, avocat au Parlement de Bordeaux et avait été nommé conseiller du roi et son procureur au siège royal de Thiviers par brevet du 15 septembre 1730. En outre et par décret du Saint-Père le pape Clément, daté d'Avignon, le 15 juin 1749, il fut élevé à la dignité de comte palatin et de chevalier de Saint-Jean-de-Latran dans les termes suivants : Dilecto nobis in Christo Petro de Lasescuras de Laytan, equiti consilierio régis, procuratori in prepositura regia oppidi de Thiviers, Petragoricensis diocesis et domino nobilis domus de Bainac, dicti diocesis... te sacri palatii apostolici et aulse Lateranensis militem et equitem aureatum ac comitem palatinum apostolica auctoritate... facintus creamus, etc. Pierre décéda le 2 février 1755 et fut inhumé dans l'église Notre-Dame de l'abbaye de Peyrouse, ès tombeaux de la famille, laissant quatre fils dont les deux plusjeunes firent les branches de Pouzol et de Lamaque; le cadet celle de Las Escuras de Lépine résidant à Thiviers, et l'aîné, Jean-Baptiste, celle de Las Escuras de Beynac. Ce dernier se maria, suivant contrat passé au village de Larret, en la maison noble de messire Aubin Deforge, écuyer, seigneur de Nozet, devant Martin, notaire royal, le 19 juin 1770, avec demoiselle Marie-Charlotte Deforge, fille dudit Aubin et de dame Anne Fourichon. Cette dernière était fille d'Elie Fourichon, seigneur de Croze, et sœur d'Elie-Noël-Jean Fourichon, sr de La Bardonnie, gendarme de la garde du roi. De ce mariage provinrent trois fils, dont le cadet fut officier de cavalerie et le plus jeune entra dans les ordres, tandis que l'aîné, JeanBaptisle-Antoine-Aubin de Las Escuras de Beynac a continué la descendance, par son mariage du 12 mai 1862 avec demoiselle Madeleine-Isabelle Pabot du Chatelard, de laquelle il a eu un fils et une fille.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1880)

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15 février 2016

La chapelle Notre-Dame des Clercs de Nontron

La chapelle de Notre-Dame des Clercs devint église paroissiale à partir de 1781, ainsi qu'il appert de l'acte précédent et de cette mention, transcrite sur les registres des actes de l'état civil :

« Le 27 février 1781, nous avons, conformément à l'ordonnance de Monseigneur l'illustrissime et révérendissime évêque de Limoges, en date du 20 du même mois, à cause du défaut de confection des réparations par lui ordonnées en son cours de visites du 28 août 1779, transporté dans l'église de Notre-Dame le Très-Saint Sacrement et les fonds baptismaux de l'église paroissiale, pour être la dite église prieuriale tombée, par le défaut susdit, dans l'interdiction le dit transport fait par nous soussigné, vicaire, accompagné de la justice en corps et foule de personnes. M. le curé, détenu en chambre par intirmités, et qui nous a lui-même dicté et écrit sur un registre le dit acte de translation, et l'a signé avec nous Turcat, curé de Nontron Ratineau, vicaire. »

La confrérie de Notre-Dame des Clercs fut fondée, bien qu'il y en eut déjà quatre dans la paroisse, et fut adoptée avec enthousiasme par des fidèles de toutes conditions et placée bientôt au premier rang, ainsi qu'il résulte des actes ci-dessus et des deux suivants :

« Du 21 mai 1747.... Pardevant Me Grolhier, notaire... dans la chapelle de Saint-Joseph de Notre-Dame des Clercs, ont été présents les principaux confrères de la confrérie de l'Assomption de Notre-Dame des Clercs et de celles de la ville... Lesquels ont nommé M. Me Jean Forien, sieur des Chapoulies, avocat en la cour, et Pierre Allemand, sieur de La Boneyge, procureur d'office, pour et au nom de toutes les confrairies et paroisses de la ville, transiger avec Me Jean de Labrousse, sieur Dubosfrand, juge de la dite ville, comme héritier bénéficiaire de Léonard Roy, par suite de légat réglant à quinze cents livres ce qui se!'ait dit, dont cinq cents livres seraient attribuées à la subsistance des pauvres et le surplus placé convenablement... Ont signé : Clédat de Laborie, curé; Patoureau, Forien des Chapoulies, Boyer de Laborderie, Allemand, le chevalier de Masfrand, Labrousse du Peyrat, Pastoureau du Coutirant, ParcelIier, de Mazerat, Labrousse de Lagrange, Feuilhade, Pastoureau de la Serve, Labrousse du Dosfrand, Grolhier du Reclaud, Pierre Feuilhade, Ribadeau, P. Astelet, G. Dumas, Jalanihat, Arbonneau, N. Houmeaux, C. Martin, Noël Ristineaux, F. Mercier, Pierre Delapouraille, Jean Péry, François Dudouble, P. David, F. Mazière, F. Lavaud, Grolhier, not. roy. »

Voici maintenant le dernier acte de nomination de syndics par les confrères

« Le 15 juillet 1781, pardevant Me Lapouge, notaire royal... Après midy et issue de vépres, dans la chapelle de St-Joseph, dépendant de la chapelle de Notre-Dame des Clercs... nomination de sindics en remplacement de MM. Villedary et Feuillade, en la personne de MM. François-Thibaud Fourien de Villopré, avocat, et Guy Tamagnon, procureur en la juridiction de cette ville... Ont signé : Turcat, curé; de Mazerat, avocat et juge de Nontron; Pastoureau du Coutirant, procureur d'office; de Mazerat fils, avocat; Couvrat-Desvergnes, Couvrat, Pastoureau de Labesse, Ribadeau du Mas, Mazière du Reclaud, Cholet de Labrousse, Allemand de La Boige, F. Chabaneau, meunier; F. Dudouble, sergetier; Viclor Yonet; tapissier Jean Delapouge; tailleur; Etienne Ribadeau, sieur du Maine, bourgeois; J. Deribieras, tisserant F. Bernard, coutelier; J. Lapouge, charron. »

Si, maintenant, et en dehors des membres de la confrérie, nous recherchons quels furent les bienfaiteurs de la chapelle de Nutre-Dame des Clercs, nous en trouvons de deux sortes :

1° Les familles qui tinrent à l'honneur d'y être ensevelies de 1627 à 1704, époque à laquelle la permission dut en être retirée, et parmi lesquelles on distingue celles des de Labrousse, Cholet, de Mazerat, Eyriaud, de Laubière: Pourtem, Peyrot, Forien, de Marandat, Faure, Laud, Pecon, Pastoureau, Agard, Rastineau, de Roufignac, du Reclus, de Masfrand, Basset, Favard, Texier, Feuillade, Delapousge, etc.

2° Les donations par testament, dont nous ne rappellerons que celles relatives aux réparations et constructions desdites chapelle et église, à l'ameublement et à l'ornementation :

Du 28 octobre 1663, devant Vielhemart, notaire royal, testament de Pierre Madagon, bourgeois, qui veut être enseveli dans la chapelle de Notre-Dame des Clercs, il laquelle il lègue dix livres, outre les trente léguées par Anne Laud, sa femme, pour .être employées à la réparation de ladite chapelle.

Du 8 juillet 1670, même notaire, testament par lequel Pierre Eyriaud, curé d'Hautefaye, veut qu'il soit donné à la chapelle de Notre-Dame de Nontron un ciboire et un calice d'argent, le tout de la valeur de cinquante écus et entend que ledit calice et ciboire servent journellement dans ladite chapelle, sans qu'il soit permis à qui que ce soit de les transporter ailleurs.

Du 3 mars 1678, devant Laud, notaire royal, testament de Jeanne de La Brousse, femme de Joseph de Mazerat, laquelle lègue « à la réparation de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres, pareille somme à l'esglize des dames religieuses de Sainte-Claire, et pareille somme aux dames de la Charité. »

Le 2-1 septembre 1693, devant Delapousge, notaire royal, Henry Dupeyroux, bourgeois, lègue « aux réparations de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres. »

Du 26 rovembre 1712, devant Boyer, notaire royal, François Agard, clerc, lègue cinquante livres « à la chapelle de Nuatre-Dame des Clercs, partie pour les réparations et partie pour les messes à faire dire pour les eonfra:res.

Le 14 aoùt 1721, décès de François de Mazerat, lequel avait légué trente livres à Notre-Dame des Clercs, suivant quittance du 18 août 1726, donnée à dame Marie Eyriaud, sa veuve, par MM. de La Brousse et Forien, syndics, pour, y est-il dit : « vingt livres ait moyen des pierres que nous avons pris pour la lutissc de Nostre-Dame, et la somme de dix livres en argent. »

Le 31 septembre 1743, Bertrande Pastoureau, épouse Feuillade, lègue à la chapelle de Notre-Dame des Clercs trente livres pour la décoration du principal autel de la Sainte-Vierge.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

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13 janvier 2016

Le château féodal de Nontron

Si la vue de Neuvic est faite pour tenter la curiosité des antiquaires et leur inspirer, suivant notre conseil, le désir de s'y arrêter quelques heures, elle ne leur ménage pas du moins de désenchantement; car ils trouveront le château, à bien peu de chose près, tel que nous le dessinames jadis. Nous ne saurions, pour Nontron, leur promettre même fortune. Depuis 1822, date de la lithographie de M. Delanoue, que nous avons reproduite en tâchant de l'améliorer, il s'est produit sur le plateau où se dressait la forteresse des vicorntes de Limoges de tels changements, des démolitions et reconstructions si radicales, qu'on y chercherait en vain les ruines qui lui donnaient une si belle tournure féodale. S'il faut l'avouer, c'est précisément parce qu'il ne reste pour ainsi dire rien de ce que représente le dessin, qu'il nous a paru utile de le publier, comme un précieux document rétrospectif.

En 1866, m'adressant à une réunion de la Société d'agriculture de la Dordogne qui, en dehors de ses travaux habituels, tenait une séance littéraire et scientifique à Nontron, je m'exprimais en ces tel'mes, que je demande la permission de reproduire : «... Le château occupait le plateau triangulaire qui domine et commande le cours du Bandiat, fort resserré en cet endroit. Défendu de presque tous les côtés par des pentes abruptes et par une double enceinte de remparts et de tours carrées à contreforts plats, du XIIe siècle, il était protégé sur le seul point accessible par uno profonde coupure aeusée dans le roc, sur laquelle s'abattait le pont-levis et s'ouvrait la porte principale flanquée de tours rondes. Un peu en arrière de cette entrée, se dressait un énorme donjon cylindrique; et, sur l'esplanade du château, une église romane assez vaste, dédiée à saint Etienne, terminée au levant par un pignon à contreforts de peu de saillie, et au couchant par un clocher octogonal, servait de chapelle à la garnison et de paroisse à la partie de la ville qu'on désigne encore sous le nom de fort. Placé en avant du promontoire occupé par la forteresse, entouré comme elle d'escarpements naturels et de robustes murailles, séparé de la grand'rue par un fossé, ce fort ajoutait ses défenses à celles du château proprement dit, dont il était toutefois indépendant. C'est dans cette partie de la ville, dans cette annexe du château, que se trouvaient les logis des chevaliers préposés, en quelque sorte héréditairement, à sa défense, ainsi que cela se pratiquait dans la plupart des grandes terres féodales, et dont M. de Laugardière a retrouvé et fait connaître les noms. Le plus important de ces logis, celui dit des Poitevins ou Peytavis, reconstruit au XVIIIe siècle, dans de vastes proportions, par M. de Lavie, président au parlement de Bordeaux, achevé et embelli par la famille de Mazerat, est devenu le château actuel. »

De tout cet ensemble de fortifications, il reste, hélas peu de chose. On peut cependant juger, par les soubassements, des énormes dimensions du donjon, et apprécier son appareil en moëllons de granit, interrompu de distance en distance par des cordons sans saillie de pierre calcaire. Système qui rappelle les tours dit château d'Angers, cerclées, comme la tour de Nontron, par des bandeaux d'ardoise à cela près qu'à Angers les cercles sont noirs et blancs à Nontron. Ce donjon est probablement du commencement du XIIIe siècle et a dü remplacer celui que les troupes de Richard Cœur-de-Lion avaient détruit à la tin du XIIe. Il est d'ailleurs, quoique plus important, de même forme et de même style que ceux de Châlus et de Piégut, reconstruits, selon toute apparence, au même moment et dans des circonstances analogues. On retrouve en avant les tours du pont-levis, en pierres de taille, mais grossierement appareillées et très inférieure." comme construction, aux quelques débris de l'enceinte romane qui sont encore debout. Du côté des basses rues, un fragment considérable de la seconde enceinte est facilement reconnaissable sous le manteau de lierre qui l'enveloppe, et, du côté du Bandiat, un petit bastion avancé, flanqué de tourelles, s'accroche au rocher et produit dans le paysage le plus charmant effet.

« Il y a une quarantaine d'années, nous aurions eu un champ plus riche à offrir à vos explorations. Le donjon s'élevait à une hauteur de 60 à 80 pieds, deux ou trois des tours carrées de l'enceinte étaient à peu près intactes, et enfin l'église Saint-Etienne, notre plus beau monument et le mieux situé, était presque entièrement conservée. »

C'est précisément cet état de conservation relative, auquel nous faisions allusion, que constate la lithographie de 1822. Comme on le voit, ces ruines avaient sur leur piédestal escarpé une fort noble tournure. Le piédestal est toujours le même sans doute; mais il semble qu'il rappetisse lamesquine maison d'école qui a remplacé la vieille église romane, à une époque où les écoles n'avaient pas encore, comme de nos jours, des apparences de châteaux.

La baronnie de Nontron et son donjon ont une histoire plus intéressante que les ruines dont nous venons de parler. C'est à sa situation essentiellement militaire qu'ils doivent leur fondation. Le promontoire formé par la réunion du Bandiat et du petit ruisseau que recouvrent les basses rues a dù ètre utilisé de tout temps comme un lieu de défense, et la supposition qu'un camp retranché, gaulois ou romain, a été remplacé par le château carlovingien, n'aurait rien de téméraire. Quoi qu'il en soit, la première mention qui en est faite se trouve dans un testament de Roger, comte de Limoges, et de sa femme Euphrasie, qui donnent le 19 mai 785 le château de Nontron (castrum Netronense in Lemovicensi pago) aux moines de l'abbaye de Charroux, en Poitou. Dix-neuf ans plus tard, ils y fondèrent un monastére sous le nom de Saint-Sauveur. Nous datons donc très authentiquement de Charlemagne, et c'est déjà assez respectable.

Vers l'an 1200, les abbés de Charroux cédèrent à leur tour la châtellenie de Nontron aux vicomtes de Limoges, auxquels elle était plus utile qu'aux moines poitevins et qui étaient mieux en état de garder un domaine de ce genre. Il est, en effet, dans la destinée des places fortes d'être attaquées souvent, et le château de Nontron échappa moins qu'un autre à cette loi fatale. Nous pensons même, sans faire tort à Neuvic et aux différents sièges que cette belle demeure eut à subir, à ce qu'affirme la notice du général de Mellet, sans plus de détails circonstanciés, que notre forteresse vit ses murailles battues en brèche par des assaillants plus authentiques et de plus haute volée. Ainsi, pour nous en tenir à une simple nomenclature qui suffit après les développements importants donnés déjà dans ce recueil à l'histoire de Nontron par notre érudit collègue et ami M. de Laugardière, développements qui rendraient indiscrète toute incursion sur son domaine, nous avions l'honneur d'être assiégés en 1199 par l'armée du roi Richard Cceur-de-Lion, si nous n'avions pas celui, plus problématique, de lui lancer la flèche dont il mourut. Bien avant, nous avions été ravagés par les Normands. En 1426, pendant la guerre de Cent-Ans, les Anglais s'emparèrent de Nontron. Comment en furentils débusqués à leur tour ? Par un autre siège qui n'a pas laissé, que nous sachions, de traces historiques. En 1460 ou 1470, Françoise de Bretagne, vicomtesse de Limoges, était à ce titre dame de Nontron, qu'elle apporta en dot à Alain d'Albret, avec ses autres possessions. La baronnie se composait alors de 22 châtellenies et de 72 paroisses. Alain d'Albre, en guerre avec le roi de France Charles VIII, s'était retiré au château de Nontron, ainsi que nous l'apprend le long et curieux traité, mieux vaudrait dire les lettres d'abolition, publié dans le numéro d'avril 1886 de notre Bulletin, et dont nous extrayons ce passage intéressant pour notre histoire locale : «... Et lors icellui, nostre cousin Delbret, s'en partit dud. Chastelgeloux et passa avec sad. armée les rivières de Garonne, Dordogne et autres, et marcha oultre, jusques au pays de Périgord, en une sienne ville nommée Nontron, en intencion de marcher plus avant et soy joindre avec feu nostre cousin, le duc François de Bretaigne, pour certaine alience que nostred. frère d'Orléans et lui avaient à icelluy duc de Bretaigne mais obstant certaine armée » que envoyâmes contre et au devant de lui, il fut empesché tellement qu'il fut par nos gens de guerre assiégé en lad. ville de Nontron, en laquelle aucuns nos lieustenans et chiefs de guerre qui lors y étaient en nostred. armée » reçurent icelluy iostre cousin Delbret, à certain traité, accord et appointement... etc. » Ce qui veut dire que le sire d'Albret, vaincu, sollicita et obtint son pardon.

Plus tard, Alain d'Albret démembra plusieurs fiefs de la baronnie et vendit, à pacte de réméré, la seigneurie dominante à Dauphin Pastoureau, par contrat du 10 janvier 1499 et pour la somme dérisoire de 4,025 livres tournois mais le rachat en fut exercé en 1501, et Nontron revint aux sires d'Albret, dont Henri IV devint l'héritier et joignit à la couronne le Périgord et le Limousin à son avènement au trône. Mais, pour en finir avec les faits de guerre qui eurent Nontron pour théàtre, et avec cette notice déjà trop longue, disons que pendant les guerres de religion, les protestants et les ligueurs furent tour à tour débusqués de notre donjon, notamment par le duc d'Epernon, et que, en 1569, Antoine de La Rochefoucauld-Chaumont, chef d'un parti de protestants, le prit d'assaut et passa au fil de l'épée sa garnison, composée de 80 hommes. On voit que les événements tragiques n'ont pas manqué à notre petite ville, si paisible aujourd'hui.

Faut-il rappeler à nos lecteurs que la terre de Nontron, qui faisait partie de l'apanage de Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV, fut vendue par ue prince par acte du 18 aoùt 1600, à Elie de Colonges, seigneur du Bourdeix et de Piégut, d'une branche de la maison de Pompadour. De cette famille, éteinte aujourd'hui, elle passa par succession aux marquis de Pompadour-Laurière, dont la dernière héritière épousa le marquis de Courcillon, fils unique du célèbre Dangeau, l'ami et le minutieux historiographe de Louis XIV. Et enfin, des Courcillon, des ventes successives la firent passer au président de Lavie, et ensuite au comte de Laramière, qui fut le dernier baron de Nontron, peu de temps avant la Révolution. Bien que fort abrégée et incomplète, cette chronologie montre que notre histoire est en parfaite harmonie avec ce qui reste de nos ruines féodales, et que nos remparts ont honorablement joué leur rôle dans les siècles écoulés.

6k342185 Illustration : dessin de Jules de Verneilh, d'après une lithographie de 1822.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

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08 juillet 2015

Condamnation à mort à Varaignes

« Entre Léonard Bernard, sieur de Lajarte, substitut du procureur d'office de la présente juridiction, demandeur en réparation de crime, d'homicide commis sur la personne de Jacques Trasleprat, contre Françoise Rousseau, prisonnière ès prisons de la présente jurisdiction, défenderesse et accusée. Veu... etc... Nous, assisté du conseil soussigné, ayons déclaré et déclarons la dite Françoise Rousseau duement atteinte et convaincue d'avoir homicidé le dit Jacques Trasleprat, son mari, à coup de pistolet ; en réparation de quoi la condemnons à faire amende honorable, nue, en chemise, la corde au cou, tenant en ses mains une torche de cire ardente du poids de deux livres, au-devant la principale porte et entrée de l'église paroissiale du bourg de Varaignes, où elle sera emmenée et conduite par l'exécuteur de la haute justice, ayant un écriteau devant et derrière, avec les mots : Homicide de son mari ; et là étant, nue-tête et à genoux, déclarer que, méchamment, elle a homicidé le dit Trasleprat, son mari, dont elle s'en repent et en demande pardon à Dieu, au Roy et à la Justice ; ce fait, aura le poing de la main droite coupé, sur un poteau qui sera placé audevant de la dite église après quoi sera conduite, par le dit exécuteur, en la place publique du présent bourg de Varaignes ; où elle sera à une potence, dressée à cet effet, pendue et étranglée jusqu'à ce que mort s'ensuive et, cela fait, son corps jeté sur un bûcher ; pour y être brûlé jusques à entière consommation, et ses cendres jetées au vent par le dit exécuteur. Condamnons ladite Rousseau à une amende de cent livres, envers le seigneur de la présente jurisdiction, et aux dépens de la procédure, que nous avons liquidés à quatre-vingt-quinze livres dix sols onze deniers, sans y comprendre nos épices et assistance des gradués. Ainsi signés : Gros-Delage, gradué assistant ; de Mazerat, gradué assistant ; Lajarte Bernard, juge, et Depeyris, greffier. A été la présente sentence, prononcée et remise au greffe de la châtellenie de Varaignes, par nous Thomas Bernard, sieur de Lajarte, juge-sénéchal civil et criminel de ladite jurisdiction, avec la procédure... »

Cette sentence, du 23 novembre 1751, fut confirmée, sur appel, par arrêt de la cour du Parlement de Bordeaux, du 20 décembre suivant.

(Société historique et archéologique du Périgord, 1892)

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28 mars 2015

Pastoureau de Nontron

D'après une tradition conservée dans cette famille, un cadet de maison noble du Poitou, fourvoyé dans l'une des bandes de Pastoureaux de 1251, fut blessé dons une rencontre et laissé à Nontron, où il se fixa en prenant et gardant le nom de Pastoureau. Si, à l'appui de cette tradition, nous consultons les documents écrits, nous y trouvons que deux Pastoureau étaient propriétaires à Nontron en 1357, d'après les titres suivants, mentionnés par Doat, vol. 241 :

« 1357... Instrument mentionnant que certaine maison assise au bourc de Nontron, entre le four d'Aixe et la maison de Jacques Peytoureau, est de la fondalité du vicomte die dominica post festum beati Marcialis anno Domini M° CCC° quinquagesimo septimo. — 1857... Acte de la rente due au vicomte sur certain solar portal et autres biens sis à Nontron et appartenant à Jehan Pestorele et Pierre Savenya. Die lune post hiemale festum beati Martini anno Domini millesimo trecemtesimo quinquagesimo septimo. »

Ce Jehan Pastoureau (Pastorelli) serait-il fils ou frère de Jacques, et celui mentionné dans le Dictionnaire de jurisprudence de Guyot, v° ministère public, en ces termes :

« Il n'y eut pas au Parlement d'avocats ou de procureurs du roi avant 1300, Jean Le Bossu et Jean Pastoureau sont cités dans toutes nos annales comme les premiers officiers qui furent appelés avocats du roi. »

Après eux, dans le cours des XIVe et XVe siècles, apparaissent Eymeric, Pierre et Jehan Pastoureau qui descendent probablement du Jacques ou du Jehan Pastoureau de 1357. Il est question des trois frères dans des titres de rente de 1430, 1438, 1439, déjà cités, de Pierre et de Jehan dans une autre du 26 mai 1472 et de Pierre, seul dans deux autres des 24 août 1474 et 3 juin 1476, dans lesquelles ledit Pierre est qualifié de : Prudente et honesto viro petro Pastourelli mercatore et burgeni ville de Nontronii.

Les descendants de Jehan et de Pierre Pastoureau formèrent deux branches : 1° Jehan, qui dut avoir pour fils Dauphin Pastoureau, marié avec sa cousine, Marion Pastourelle, qui ne lui donna que quatre filles et laissa tomber cette branche en quenouille, ainsi que nous l'avons suffisamment démontré plus haut. Jehan Pastoureau eut aussi une fille, Marguerite. 2° De Pierre Pastoureau provinrent Jehan, dit le Vieux, et une fille, Marion, unie à Dauphin. Jehan dit le Vieux se maria avec sa cousine, Marguerite Pastourelle, ainsi qu'il appert du testament dudit Dauphin et de divers titres de rente, notamment d'un acte du 15 avril 1495 consenti par lui et Marguerite Pastourelle, sa femme, Prudente viro Johannes Pastourelli senore mercatore et proba muliere Margarite Pastourelle sua uxore, et portant cession de six sous de rente sur un jardin joignant les prés de Janot, de maître Gérald et de maître Pierre Pastoureau frères, prati Janoti, magistri Geraldi et magistri Petri Pastourelli fratribus.

Ce dernier acte nous révèle l'existence dune troisième branche qui doit provenir d'Eymeric Pastoureau, de 1430, qui dut avoir aussi pour fils Daniel marchand, qui, le 6 août 1480, consentit au seigneur de Nontron une reconnaissance de rente sur une maison dans la ville vieille de Nontron. Nous trouvons encore sur cette branche les renseignements suivants :

« Le 20 avril 1486, noble Pierre de Beaulieu vendit à Jeannot et Gérald Pastoureau diverses rentes sur le tènement de Lascouts, paroisse de la Chapelle-Pommier. Par testament du 33 juin 1503, reçu Blois, notaire, maistre Gérald Pastoureau, licencié ès-lois de la ville de Nontron, fonda dans l'église du monastère de St-Pardoux-la-Riviere quatre anniversaires à célébrer après quatre festes de Noël, Toussaints, Pasques et la Pentecoste, pour un sestier froment, huit sols argent et une poule sur le mainement de Cossevigne, paroisse d'Abjat, plus quatorze boisseaux froment, quinze seigle, dix advoine et dix sols argent sur le village de Lascouts, paroisse de la Chapelle-Pommier. Avant sa mort, et le 2 octobre 1505, ledit Gérald fonda à Nontron une vicairie dite Nostre-Dame-de-Pitié, à laquelle ses descendants nommèrent le titulaire en 1514. Jeannot dut se marier avec Louise Pastoureau qui, dit Nadaud dans ses mémoires manuscrits I, p. 114, fut femme de Jean, marchand de Nontron, testa le 22 mars 1523 et veut trois cents prêtres à son enterrement, autant à la septaine et autant au bout de l'an. Ils durent avoir pour fille Jeanne, veuve de Mathurin Poisson, avocat au présidial de Périgueux, d'après deux reconnaissances de rentes à elle consenties le 9 décembre 1535 et où elle est ainsi dénommée : Nobilia Johanna Pastoureau vidua honorabili et seneschali viri magistri Pissis cum vivebat advocati in curia presidiali et seneschali petrocorensis. Quant à Pierre Pastoureau, licencié ès-lois, nous ne trouvons sur lui aucun document écrit, à moins de supposer qu'il devint le chef de la branche des Pastoureau, seigneurs d'Ordière en Poitou et à lui rattacher, ou à ses descendants, les alliances suivantes, indiquées par Nadaud : Louise Pastoureau éponsa N. Paulte, dont la fille, Antoinette, épousa François de Bousiers, écuyer, le 29 novembre 1579. Le 27 mai 1515, Françoise ou Antoinette Pastoureau épousa Martial Audier, conseiller au parlement de Bordeaux, seigneur de Montcheuil. Le 1er août 1594, Josias de Livron, écuyer, épousa Esther Pastoureau, fille de Jean Pastoureau, escuyer, seigneur d'Ordières, et de Jeanne Travers. Le 5 décembre 1512, Hélie Couradin, sr du Vignaud, épousa Anne Pastoureau. Le 14 mai 1623, Jeanne Pastoureau épousa Jean des Hoches, fils de Jonathan, sr de Douzat, et de Marguerite du Sault. Le 23 avril 1628, Pierre de Moneys, chevalier, épousa Esther Pastoureau. En 1650, Jean de Montfrebœuf, sr de La Nadalie, épousa Marie Pastoureau.

Mais revenons aux Pastoureau de Nontron et à la branche de Jehan dit le Vieux, qui, de son mariage avec Marguerite Pastourelle, eut : l° Jean, qui suit; 2° François, d'après le testament, en 1505, de son oncle Dauphin Pastoureau.

Dauphin, dit le Jeune, Prudente viro Pastourelli junior burgeni et mercator ville Nontronii, d'après des titres de rentes de 1487 et de 1508. De son mariage avec Marguerite Régis ou Roy, il eut trois enfants, ainsi qu'il appert d'une reconnaissance du 9 janvier 1514 consentie en faveur de sa veuve, honesta muliere Regina vidua Pastourelli junior, comme légitime administratrice de François, Jean et Estienne, leurs fils François, entré dans les ordres, devint abbé de Blanzac, et Etienne paraît être décédé sans postérité, car ses deux frères figurent seuls dans divers titres de rente des années 1519, 29, 30, 31, 32 et 1535 en ces termes : « Au profit de saige homme Jehan Pastoureau, marchan, fils de Jehan Pastoureau, dict Capduc, par le temps qu'il vivoit, marchand de Nontron, tant pour luy que pour vénérable personne mestre François Pastoureau, prestre, abbé de Blanzac. »

Jehan Pastoureau est aussi qualifié de Toutbon dans une reconnaissance du 4 janvier 1524, consentie au seigneur de Nontron par lui et François Pastoureau, son frère.

Jehan Pastoureau, dit Toutbon, se maria avec N..., dont il eut Thibeaud et, probablement : 1° Louise, à laquelle fut consentie le 10 janvier 1542, par Anne Goulard, veuve de maistre Jehan de Puisillon, seigneur de La Faye, une reconnaissance mentionnée dans le terrier de la famille Pastoureau. Elle se maria, d'après Nadaud, avec N... Paulte et en eut Marguerite, qui épousa, le 29 novembre 1579, François de Hougier, écuyer; 2° et Charlotte, qui se maria, vers 1564, avec noble Martial Guyot.

Thibeau Pastoureau, seigneur de La Grange, qualifié de lieutenant des Roy et Reyne de Navarre dans leur ville et baronnie de Nontron, dans divers actes de rentes de 1550, 77, 82, 84, 86, 88 et 1597. Il se maria avec Marguerite de Labrousse, de laquelle il eut : 1° Florence, mariée le 4 janvier 1617 avec Annet de Pindray, écuyer, sr de La Neulhie, dont 1° Pierre, marié le 28 août 1647 à Charlotte de Saint-Laurent, de laquelle Jacquette, mariée le 3 juin 1692 à Claude de Conan, dans les archives duquel nous avons recueilli une partie des terriers et des titres de la famille Pastoureau; 2° François de Pindray, décédé sans enfants, et 3° Isabeau, mariée à Hereuillais de Massougnes, escuyer, seigneur du lieu noble de Chamfaron, suivant contrat de mariage du 20 janvier 1649 par lequel le père de la future lui constitue :

« Tant dans la succession de deffuncte damoiselle Florence Pastoureau, sa mère, que de deffunct Pierre Pastoureau, escuyer, sr de La Grange, son oncle maternel, de demoiselle Marguerite de Labrousse, son ayeule maternelle, que de feu François de Pindray, escuyer, son frère germain, la moityé de certaine maison noble sittuée en la place appelée de La Cayo, en la ville de Nontron, commune et indivise avec Pierre de Pindray. escuyer, sr de Lacau, son frère germain, avecq la moityé de toutes les rentes aussy indivises par moityé entre sondit frère... et tout ainsi que lesdites maisons et rentes leur sera escheus par la succession dudit Pierre Pastoureau... par le contrat de transaction partage du 26 mars 1630, devant Amblard et Lenoble, notaires royaux ».

III° Ledit Pierre Pastoureau, décédé au repaire noble de La Grange, paroisse de Nontron le 27 août 1627 et sans enfants de son mariage du 25 septembre 1623 avec Jehanne Védrenne fille de Léonard Védrenne, juge des juridictions d'Augignac et Savignac.

IV° Autre Pierre Pastoureau, marié avant 1596 avec Florence de Lacroix, d'après l'acte de baptême d'Honorette, leur premier enfant, du 20 octobre 1596, et décédé avant 1603, suivant acte du 14 avril de cette année, portant vente de certains fonds à M. Pierre Maillard, seigneur de Lafaye, par Florence de Lacroix, veuve de Pierre Pastoureau. De ce mariage : 1° Honorette, baptisée en 1596, ayant pour parrain Thibeaud Pastoureau, son grand-père, se maria le 17 janvier 1617 avec François Texier, docteur en médecine; 2° et François, marié avec Marguerite de Labrousse, dont Helie, baptisé le 30 novembre 1636.

V° François Pastoureau, sr de La Serve, marié, le 29 novembre 1626, à Bertrande de Labrousse, fille d'Helie de Labrousse, sr des Chapoulies, et de Jehanne de Camain, de laquelle provinrent : 1° Helie, baptisé le 6 janvier 1628, ayant pour marraine Marguerite de Labrousse, sa grand-mère, marié à Marie Villariaud, dont François et Anne, d'après le testament de leur tante, Honorette, du 20 janvier 1697 ; ledit François marié avec Marie Pastoureau, dont Pierre qui, de son mariage, eut une fille, Françoise, mariée le 16 février 1749 à Léonard Bouthinon, sr de Beaumont ; et un fils, François, baptisé le 18 septembre 1721, ayant pour parrain François Pastoureau, son bisayeul. Ledit François, sr du Buisson, se maria avec Marie Bouthinon des Essards, dont il eut une fille, Marie, qui, suivant contrat du 8 février 1776, avec Pierre Grolhier, assistée de ses père et mère, et de Pierre Pastoureau, sr de Lasserve, son ayeul, habitant tous, y est-il dit, au fief noble du Buisson, paroisse de Javerlhac, et deux fils, Pierre, sr du Buisson, et autre Pierre, sr du Coutirand, d'après une assignation du 18 janvier 1787, à la requête de Léonard Grolhier, contre ces derniers, et Marie Bouthinon, leur mère, veuve de François Pastoureau. Ledit Pierre Pastoureau, sieur du Coutiran, se maria avec Marie Bernard, dont Martial, marié le 10 août 1831, avec Catherine Pastoureau-Lannet, représentés de nos jours par leurs quatre fils, parmi lesquels Pierre-Henri Lorenzo Pastoureau, actuellement chef de bataillon au 61e régiment de ligne et chevalier de la Légion d'honneur ; 2°  Thoynette, baptisée le 4 novembre 1629, ayant pour parrain Charles Pastoureau, frère de son père ; 3° Honorette, le 13 novembre 1633 ; 4° François, le 19 janvier 1635, marié avant 1671 à Catherine Chaperon et en 1675 avec Anne Laud, dont plusieurs enfants; 5° Antoinette, mariée en août 1653 avec Jean Dubarry ; 6° et Estienne, baptisé le 2 août 1642, et dont les descendants se divisèrent en plusieurs branches, dont deux sont encore représentées de nos jours, savoir :

Du mariage d'Etienne Pastoureau, sr du Coutiran, avec Sibille Desages, du 22 novembre 1695, provinrent trois enfants qui partagèrent leurs successions le 12 mai 1730 : François, Helie et autre François.

1° François Pastoureau, baptisé le 29 août 1699, fut avocat et juge de St-Martial et de Bernardière, et se maria avant 1734 avec Marie de Labrousse, dont il eut, de 1734 à 1754, onze enfants, parmi lesquels François, baptisé le 21 juin 1753 et marié le 19 mai 1787 avec Marguerite de Jalanihat, habitant à Javerlhac, suivant contrat où il est qualifié d'ancien sergent-major du régiment de la marine, fils de feu François Pastoureau du Coutiran et de Marie de Labrousse.

2° Helie Pastoureau, sr de La Besse, second fils d'Etienne, se maria avec Anne Reynier avant 1742. Leur premier ne, Mathurin, ayant été baptisé le 24 avril de cette année ; leur second fils, Pierre, le fut le 1er août 1750. Ce dernier fut avocat en parlement, juge d'Abjat et Savignac de 1770 à 1789, maire de Nontron, puis juge de paix de 1823 à 1830. Il eut de son mariage avec Marguerite Marcillaud du Genest deux filles, dont l'une représentée aujourd'hui par M. le marquis de La Garde, son petit-fils, et l'autre par les familles Marcillaud de Goursac, de Gandillac et de Jaurias. Il en eut aussi deux fils, l'un, lieutenant-colonel d'artillerie, officier de la Légion-d'Honneur, marié à demoiselle Lapeyre de Bellair, dont un fils, ancien officier des eaux et forêts, et deux filles entrées dans les familles de Teyssière et Baignol, enfin, Jean, fils aîné, marié à demoiselle Marguerite de Labrousse, fille de Pierre de Labrousse, sr du Bosfrand, avocat et subdélégué de l'intendance de Bordeaux, et de demoiselle Françoise de Reix. De ce mariage provinrent quatre enfants, dont celui qui représente actuellement cette branche de la famille Pastoureau, Jean-Baptiste, ingénieur en chef de la marine en retraite, officier de la Légion-d'Honneur, résidant à Bordeaux, a épousé demoiselle Henriette Perrier, fille de sir Anthony Perrier, chevalier, consul de Sa Majesté Britannique, de laquelle sont provenus trois filles et un fils, André William-Paul, capitaine, en premier, d'artillerie.

3° Autre François, sr du Coutiran, qui, de son mariage avec Marie de Labrousse, en eut François, baptisé le 6 août 1731, lequel se maria avec Marie Pourteyrou, laquelle lui apporta le fief noble de La Meynardie, paroisse de Siorac-de-Ribérac, dont il prit le nom. Le 26 mai 1757, il fut nommé contrôleur ordinaire des guerres, et décéda célibataire, après avoir légué tous ses biens au susdit Pierre Pastoureau, son cousin-germain.

VI° Le sixième enfant de Thibaud Pastoureau et de Marguerite de Labrousse fut Charles, qui fit les branches du Tallet, de La Grange et de Lannet. Le 31 décembre 1609, ledit Charles, sr du Tallet, donna à bail à rente le moulin Vicomteau, près de Nontron. Il se maria en 1615 avec Marguerite Cholet, de laquelle il eut huits enfants, parmi lesquels : Dauphin, né le 7 juin 1620, sr de La Grange et de Lannet, qualifié de « capitaine de Nontron » dans l'acte de baptême du 4 décembre 1651 d'autre Dauphin Pastoureau. Il se maria en 1642 avec Anne Dufaure, décédée en 1652, se remaria en 1655 avec Jeanne-Zélie Dohet et décéda le 11 janvier 1690 à La Grange-de-Lannet, paroisse de la Chapelle-Nontronneau, lieu de sa résidence. Il fut inhumé dans la chapelle St-Jean-des-Cordeliers, dans les tombeaux de la famille et selon les prescriptions de son testament de 1689, mentionnées dans notre chapitre des institutions religieuses. Du second mariage provint Jean Pastoureau, marié en 1695 avec Françoise Feuillade, de laquelle il eut autre Jean, marié à Jeanne Pourten, de Magnac, et dont la descendance est aujourd'hui représentée par le commandant Pastoureau, fils de Catherine Pastoureau-Lannet, mariée en 1831 avec Martial Pastoureau, de la branche Coutiran du Buisson.

Un autre des enfants de Charles fut François Pastoureau, né en 1626, lequel devint avocat, conseiller du roi, écuyer, conseiller enquêteur et examinateur en l'élection de Périgueux. De son mariage avec Marguerite Roy, il eut Pierre, qui fut aussi avocat et conseiller du roi en ladite élection. Ledit Pierre Pastoureau, sr de Goulières, se maria en 1699 avec Marguerite Eyriaud, dont il eut dix enfants, réduits à quatre d'après le partage de sa succession du 2 février 1737, suivant acte reçu Grolhier, notaire, savoir : 1° Suzanne, épouse de Michel Martin, écuyer, seigneur de Jaillac, demeurant au château des Landes, paroisse de Merlande, et dont un oncle avait été prieur de Nontron ; 2° Jean de Labrousse, sr du Bosfrand, avocat et juge du marquisat du Bourdeix et de la baronnie de Champniers, subdélégué, comme administrateur légal des enfants issus de son mariage avec demoiselle Bertrande Pastoureau ; 3° autre Bertrande Pastoureau, épouse de Jean Feuillade, sr de Laterrière ; 4° et Pierre Pastoureau, sr de La Serve, comme mari de demoiselle Marie Pastoureau. Cette branche, tombée en quenouille, est représentée, du côté des Feuillade, par les familles Ribeyrol et Roussilles Laforet, et, du côté des Labrousse, par les familles Nadaud, Devars et par M. l'ingénieur Pastoureau.

Telles ont été les principales branches de cette famille Pastoureau, dont le nom se retrouve à chacune des époques et des phases de notre histoire locale, ainsi que de la majeure partie du Nontronnais.

Ribault de Laugardière

(Société historique et archéologique du Périgord, 1888)

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02 octobre 2014

Rapports du subdélégué de Nontron

Voici maintenant, et au point de vue général, copies de de deux rapports du subdélégué de Nontron, que nous avons recueillis aux archives de la Gironde :

« Du 22 octobre 1750, état de tous les marchands et artisans de la ville et faubourgs de Nontron, où il n'y a ni maîtrise ni jurande : Marchands : marchands drapiers, 5 ; marchands de fer, 13 ; marchands merciers, 22. — Arts et métiers : arquebusiers, 2 ; barbiers, 3 ; bouchers, 13 ; boulangers, 10 ; bonnetier, 1 ; cuisiniers-traiteurs, 4 ; cabaretiers, 15 ; chirurgiens, 4 ; cordonniers, 13 ; couvreurs, 5 ; charrons, 2 ; couturiers, 2 ; corroyeurs-pelletiers, 3 ; cordiers-criniers, 5 ; chapeliers, 7 ; cardeurs, 4 ; couteliers, 3 ; fabricants d'étoffes en laine, 15 ;  filassiers, 5 ; forgerons, 9 ; fourbisseur, 1 ; fourniers ou mitrons, 5 ; fruitières, 5 ; maçons, 4 ; maréchaux, 5 ; menuisiers 4 ; meuniers, 12  ; perruquier, 1 ; poissonniers d'eau douce, 3 ; savetiers, 4 ; selliers, 3 ; serruriers, 3 ; souffletiers, 3 ; sculpteur, 1 ; sages-femmes, 2 ; tapissier, 1 ; tonnelier, 1 ; taillandier, 1 ; tailleurs, 15 ; tanneurs, 3 ; teinturiers, 4 ; foulonnier, 1 ; tisserans, 11 ; vitrier, 1. »

Du 23 mars 1759, enquête agricole et industrielle faite par le subdélégué et de laquelle ressort la situation suivante :

« Onze paroisses de la subdélégation, telles que Saint-Martial-de-Valette, Feuillade, Nontronneau, Saint-Martin-le-Peint, Teyjat, Souffreignac, Hautefaye, La Chapelle-Saint-Robert, Javerlhac, Lussas et Fontroubade, Connezac, sont abondantes en mines de fer. Les forges sont au nombre de 29, savoir : Miallet, 1 ; Lacoussière-Saint-Saud, 2 ; Saint-Front-la-Rivière, 1 ; Nontron, 2 ; Feuillade, 1 ; Savignac-de-Nontron, 4 ; Augignac, 1 ; Bourdeix, 1 ; Saint-Etienne-le-Droux, 1 ; Saint-Barthélemy-de-Pluviers, 1 ; Champniers, 1 ; Busseroles, 7 ; Bussière-Badil, 1 ; La Chapelle-Saint-Robert, 1 ; Javerlhac, 2 ; Saint-Sulpice-de-Mareuil, 2. Neuf desquelles sont à haut-fourneau, dont les uns fondent les matières premières et les autres les canons, mortiers, boulets pour le service du Roy. Les vingt restantes convertissent les guises en teste de canon, les unes en fer dur et mol, les autres en poêles, casses ou lèchefrites. Deux moulins à papier le plus commun dans les paroisses de Quinsac et de Champniers. Quatorze à Nontron pour peaux de bœuf et de vache et des péléteries pour blanchir les peaux de moutons. Fours a chaux, a tuiles, briques et carreaux. Plusieurs fabriques d'étoffes de laine et de toile la plus commune. Il n'y a point d'entrepreneur ni fabricant qui ayent obtenu des lettres patentes du Roy, ni règlement, ni les privilèges accordés aux maîtres de forges, fournisseurs de canons et leurs ouvriers. Il n'y a ni rivière navigable, ni flottable. En outre des récoltes ordinaires en blé froment, froment, maïs ou blé d'Espagne, blé noir, châtaignes, fourrages, etc., le pays ne produit ni soyes, ni drogues. Bestiaux en nombre. Le tout s'écoule dans les provinces d'Angoumois, Saintonge, Poitou, Limousin et Périgord, moins les recoltes à peine suffisantes pour la nourriture des habitants. »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1887)

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