14 juillet 2016

Lettre de Goursaud de Merlis

Lettre de Jean-Baptiste Goursaud de Merlis à sa femme, à la veille de son exécution à Paris.

27 ventôse, onze h. du soir, l'an II de la république.

Voici bientôt le moment où mon sort sera décidé ; demain est le jour de notre jugement. Si j’en crois ma conscience ct même les apparences, il ne doit pas être sinistre. Cependant, en pareille circonstance, on ne peut assurer le résultat. Quel qu’il puisse être, je serais en état d’en raisonner froidement si c’était avec tout autre qu’avec mon amie. Mes trop fréquents retours vers elle ou mes enfants diminueraient de mon sang-froid, mais ne l’anéantiraient pas. Tout sera décidé lorsque tu recevras cette lettre. Si c’était la dernière... je te plaindrais bien plus que moi... Et mes enfants, mes chers enfants ! Dans tout autre temps si, cédant à une maladie, il fallait nous séparer, tu aurais au moins la perspective de trouver des secours, des sentiments ; actuellement, tous fuiraient les malheureux, tous s’isoleraient de toi. Que ferais-tu ? que pourrais-tu faire au travers des suites de cet évènement ? Oh ! pour le coup, ce serait alors que la plus forte comme la plus difficile preuve que tu puisses me donner de ton attachement, ce serait de prendre le dessus avec force, de sentir que tu restes seule avec des êtres perdus sur la surface de la république. Si je venais à leur manquer ! ce serait alors qu’il faudrait m’oublier, si je puis m’exprimer ainsi, pour songerà ces malheureux enfants, pourvoir à leur éducation, et à leur conserver une bien faible subsistance. Après avoir vécu pour moi, il faudrait vivre pour eux, et rendre à ma mémoire le seul souvenir auquel elle puisse être sensible..... Mais j'ai bien tort de te suggérer ce que tu devrais faire alors ; ton attachement pour eux ne m’est-il pas connu, et ne dois-je pas m’en rapporter à tout ce que t'inspire ce sentiment. Je me laisse entraîner à une idée qui vous identifie tous ensemble, et n’ai pas pensé que mes exhortations ne sont pas nécessaires.

Dis à cet aîné, que j’aimai, que j’aime toujours, combien il a besoin d’acquérir, combien il lui manque de connaissances, et qu’il sache qu‘il ne pourra jamais mieux honorer ma mémoire qu‘en respectant sa mère, qu’en lui étant toujours soumis. — Dis à Adrien que ses dispositions lui imposent de plus grandes obligations qu’aux autres ; qu’il aura plus que jamais besoin d’en tirer parti ; qu’il te le doit, qu’il le doit à lui-même, qu’il le doit à son père qui l’a toujours chéri. — Dis à Charles que l’annonce de ses succès me présage que s’il veut, il te donnera autant de satisfaction que les autres ; que je l’y exhorte, l’embrasse et l’aime bien tendrement. — Quant à mes deux aînées, dont les caractères quoique constants me faisaient un égal plaisir, dis-leur, mais tu n’as pas besoin de le leur dire, que c’est à elles principalement, puisqu’elles sont plus souvent avec toi, que je m’adresse pour te prévenir en tout, te secourir, et ne se conduire jamais que d’après les conseils et tes instructions ; leurs exemples, leurs avis y porteront les deux plus jeunes, et si mes désirs à cet égard succèdent suivant mes espérances, tu seras au moins heureuse mère !..... Embrasse-les pour moi, ou du moins qu’elles t’embrassent chaque jour pour leur père. Si les uns savent combien je les chéris, les autres sauront un jour qu’elles ne m’étaient pas moins chères.

Dis à ma sœur que si les circonstances ne m’ont pas mis à même de la voir longtemps, cela ajoute à mes autres privations. Elle s’affligera avec toi, je le sens, et ne pourra de longtempsjeter dans ton cœur le baume de la consolation. Je vous plains l’une et l’autre en proportion de mon affection ; juge donc jusqu’à quel degré ! Dis à mon oncle, et à sa maison à chacun en détail, ce que mon cœur dicte pour chacun ; ils le sentiront mieux que tu ne pourrais l’exprimer et que je ne pourrais le rendre moi-même.

Dis à tous mes amis que je ne fus jamais indigne des sentiments qu’ils m‘accordèrent ; qu’ils me le devaient à titre de retour, et que jamais je ne ressentis plus vivement la peine qu’en songeant à celle qu’ils ont éprouvée et qu’ils éprouvent à mon sujet. — Dis à Marguy, à Françoise et Jean, que jamais le souvenir de leurs bons services ne s’effacera de mon âme.

N‘oublie pas surtout ces pauvres malheureux qui m’ont si souvent souhaité la prospérité ; c’est sûrement leurs prières que je dois le calme parfait dans lequel je suis et serai jusqu’à la fin : Dis-leur que si dans d’autres temps je me trouvais heureux de pouvoir venir à leur secours, la plus grande privation que j’aie éprouvée lors du revers, a été de ne pouvoir me livrer aux sentiments de mon cœur pour eux.

N’oublie pas mes métayers ; dis-leur que s’ils me trouvèrent bon maître, je leur étais et leur suis tendrement attaché par d’autres sentiments que ceux d’ordinaire, les croyant de bien honnêtes gens. Dis en un mot à tous ceux qui prennent quelque intérêt à mon sort, que j’avais des droits à ces sentiments de leur part, attendu la vive sensibilité que m’ont toujours fait les malheurs d’autrui..... Enfin recommande à mes enfants que, comme j’ai oublié et pardonné depuis longtemps les traverses qu’on a pu me faire éprouver, je demande et j’exige qu’ils n’en aient, non plus que moi, aucun souvenir. Au surplus, les causes de mon arrestation et de mon jugement n‘y ont aucun trait ; mon défenseur à mon défaut en donnera par la suite les détails.

Voilà bien des commissions et bien des choses, ma chère amie ; tu ne seras pas en état peut-être d’y faire attention de longtemps ; mais après un certain terme tu retrouveras avec un plaisir réel, quoique mêlé de douleur, les sentiments qui m’ont animé et qui m’animent encore. Mon âme se peint avec plaisir à tes yeux, quoique tu la connaisses mieux que personne, et je ne finirais pas si je me livrais à mon penchant. Je te quitte pour travailler à ma défense ; tu me le pardonneras..... Adieu donc !..... adieu ! Puissé-je te le dire encore une fois, ô la plus accomplie des femmes, comme la plus chérie de ton trop affectionné.

Merlis.

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19 mars 2016

Les belles maisons de Rochechouart

A Rochechouart en 1788, pour une population inférieure à 2.000 habitants, il y a 14 avocats, 10 notaires subalternes, 3 notaires royaux, 3 huissiers, 3 sergents subalternes, sans compter les procureurs et les postulants.

De grosses fortunes se sont édifiées, aux mains de quelques familles qui sont de véritables tribus, dont chaque clan est désigné du nom d'un domaine qui lui est échu en dot ou en héritage.

Citons les Simon (de la Gardette, de Fontgrenier, du Rivaud, de la Barde, du Breuil, de la Razide), les Chemison (du Bois, du Mas, de la Lande, de Lassaigne, de Villemery, de Laserve, de Recouvert) ; les Périgord (de la Guinandie, de Beaulieu, de la Contie, des Borderies, de Villechenon) ; les Goursaud (de Laumont et de Laumond-Chandos, de la Jousselenie, de Bonnefond, du Belhomme, du Mazet, de Boischevet, de Merlis, du Maine).

Ce sont eux qui au XVIIe et XVIIIe siècles, ont construit dans les faubourgs, les belles maisons que nous avons mentionnées plus haut.

Source : Histoire de Rochechouart, d'Adrien Grézillier.

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14 février 2016

Le district de Saint-Junien

Afin de détruire le particularisme des provinces, l'Assemblée nationale Constituante avait décidé, par le décret du 22 décembre 1789, de diviser le royaume en départements, districts, cantons et communes.

Limoges, capitale du Haut-Limousin, ne pouvait se voir contester ses titres, et le chef-lieu du département de la Haute-Vienne y fut établi. Mais, pour le district, la lutte fut très vive entre Saint-Junien et Rochechouart.

La ville de Rochechouart réclamait le chef-lieu du district parce que c'était un avantage qui lui avait été promis lors de la formation du département, comme contrepartie de sa réunion au département de la Haute-Vienne alors qu'elle appartenait au Poitou. Les officiers municipaux, les membres du Comité patriotique de Saint-Junien entreprirent de faire modifier cette décision et adressèrent une pétition à l'Assemblée nationale. Les deux villes dépêchèrent des députés extraordinaires à l'Assemblée : Chabaudie, Dupeyrat et S. Pouliot pour Saint-Junien, Goneau et Simon pour Rochechouart, qui participèrent à des réunions avec les députés du Haut-Limousin.

L'argumentation des envoyés de Saint-Junien fut convaincante, et ils obtinrent gain de cause. Ils avaient fait valoir qu'à supposer que Rochechouart fût plus central, les routes et chemins qui aboutissaient à Saint-Junien étaient plus praticables que ceux qui desservaient Rochechouart, qu'il n'y avait à Rochechouart aucune facilité de logement, ni pour les étrangers, ni pour les Assemblées administratives, alors qu'à Saint-Junien, toutes les facilités étaient réunies : route de Limoges à Angoulême, palais des évêques de Limoges, hospice, etc.

La décision s'explique sans doute par les arguments présentés, mais aussi par le fait que la thèse de la ville de Saint-Junien, ancien fief des évêques de Limoges, fut probablement soutenue par les députés du Haut-Limousin, et en particulier par l'évêque.

Rochechouart ne se tint pas pour battu et réclama l'arbitrage du Comité de Constitution qui écouta les parties en présence. Une discussion très vive s'engagea et finalement le chef-lieu du district fut laissé à Saint-Junien ; mais Rochechouart obtint l'assurance d'être le siège de la justice du District.

A la tête de chaque district, se trouvaient :

1° Un Conseil général de douze membres ;

2° Un Directoire de quatre membres pris dans le Conseil général ;

3° Un procureur-syndic.

Le district était divisé en communes réparties en cantons. Celui de Saint-Junien comptait trente-trois communes et six cantons : Saint-Junien, Saint-Victurnien, Rochechouart, Oradour-sur-Vayres, Saint-Mathieu et Saint-Laurent-sur-Gorre.

Le canton de Saint-Junien comprenait les communes de Saint-Junien, Chaillac, Saint-Martin-de-Jussac et Javerdat.

Les délégués des communes, au nombre de cinquante-six, se réunirent dans l'église des ci-devant Cordeliers, les 19, 20 et 21 août 1790, et, à bulletins secrets, composèrent ainsi le district :

Administrateurs (12) : Léonard Rayet, notaire à Oradour-sur-Vayres ; 2. Pierre Nénert, notaire à Saint-Laurent ; 3. Léonard Rebeyrol, médecin à Gorre ; 4. Jean Gros de Puisseguy, bourgeois de Saint-Mathieu ; 5. Jean Hugonneau de Sauvau, chirurgien de Saint-Mathieu ; 6. Jean Pouliot, avocat à Saint-Junien ; 7. Léonard Rateau-Devaux, chevalier de Saint- Louis, à Oradour-sur-Glane ; 8. Simon, médecin à Rochechouart ; 9. Dupuy des Boëges, de Saint-Brice ; 10. Simon de Beaujeu, médecin à Saint- Junien ; 11. Jean-Jacques Benoît Gonneau, maire de Rochechouart ; 12. Anne-Marie Berthelot fils, avocat à Vayres.

Procureur-syndic : Pierre Duvoisin de La Serve.

Président du District : J.-B. Simon de Beaujeu, docteur en médecine.

Secrétaire : Pierre-Léonard Périgord fils, avocat à Saint-Junien.

Membres du Directoire (4) : les citoyens Léonard Rebeyrol, Jean Pouliot, Benoît Gonnaud et Léonard Rayet.

Substitut du procureur-syndic : le citoyen J. Pouliot

Receveur du District : Léonard Périgord père.

L'Administration du District était composée, comme on le voit, uniquement de bourgeois, notaires, avocats, médecins.

Il y avait aussi un Tribunal du District composé de dix-sept membres.

M. Pouliot père fut nommé directeur de la Poste aux lettres.

Plus tard, le 10 avril 1793, l'Administration du District forma un Comité de Salut public chargé de tout ce qui avait rapport à la sûreté générale du District. Il eut comme premier président le citoyen Rateau-Devaux. Il fut dissous par la loi du 14 frimaire an II. Elle créa également, en vertu de cette dernière loi, un Comité de Surveillance dont les membres furent nommés par la Société populaire. Ce Comité eut pour premier président le citoyen Chavaud et fut supprimé par la loi du 2 ventôse an III.

Source : Petite histoire de Saint-Junien, d'Albert Hivernaud.

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27 août 2015

Boubon

Le voyageur, qui descend du train pour venir à Rochechouart et sort sur l'esplanade de la gare, trouve, devant ses yeux étonnés, un très bel et vaste horizon. La vue, à l'est et au midi, s'étend à 15 ou 20 kilomètres à la ronde et est bornée par une ceinture de collines de 4 à 500 mètres d'altitude.

A quelques centaines de mètres en deça de ces collines qui séparent le Limousin du Périgord, sur leur flanc septentrional, au milieu de taillis de châtaigniers, auprès d'un étang, se trouve un modeste village. Ce village n'attire point l'attention du voyageur hâtif. Cependant il mérite particulièrement d'attirer celle de l'homme toujours prêt à recueillir ce qui a fait autrefois la gloire du Limousin, sa petite patrie, je veux parler du village de Boubon, actuellement paroisse et commune de Cussac. Pour pouvoir ressusciter l'histoire du passé, je m'inspirerai largement de l'ouvrage de MM. Etienne Rayet et l'abbé A. Lecler : Boubon, Monographie d'un monastère de Fontevrault au Diocèse de Limoges (1106 à 1792). Pour parler du piésent, je m'inspirerai seulement de mes observations personnelles.

I. Boubon autrefois

(Locus Bobonis. — Monasterium Beatœ Mariœ de Bulbonio) Le monastère de Boubon était un des plus anciens de l'ordre de Fontevrault (département du Maine-et-Loire, près de Saumur.) Le fondateur de cet ordre, Robert d'Arbrissel, passant par le Limousin, reçut en 1106 de Pierre de Montfrebœuf, de Itier de Bernard et de Aimeric de Brun (Montbrun) « une foret distante de six à sept lieues de Limoges, dans laquelle il jeta les fondements du couvent de Boubon, où il fit venir bientôt après des religieuses. » (1).

Les noms des religieuses à cette époque de la vie monacale à Boubon, nous sont complètement inconnus. C'est seulement en 1257, plus de 150 ans après la fondation, que nous trouvons le sceau d'une prieure, sur un acte de donation. Ce sceau porte une croix autour de laquelle on lit : « Sigillum Petronille priorisse de Bobonis. »

La communauté, en effet, avait à sa tête une prieure élue par toutes les religieuses et dont le choix devait. être approuvé par l'abbesse générale de Fontevrault. Cette prieure était élue pour trois ans, mais pouvait être nommée de nouveau. Voici les noms de celles que nous avons pu recueillir, après celui de Pétronilio.

En 1644, Marie Dupuisgasty ; en 1660, Henriette de Lambertie, de la branche de Marval ; en 1660, Henriette de Lambertie, nièce de la précédente. De 1692 à 1697, Charlotte de Coustin du Masnadaud. fille d'un subdélégué des maréchaux de France dans toute l'étendue de la justice de Limoges et la vicomté de Rochechouart. En 1698, Marie de Villoutreix ; de 1704 à 1708, N... de Lavaud. En 1714, de 1719 à 1721 et de 1724 à 1725, Marie de la Cropte de Chassaigne. De 1715 à 1719, de 1722 à 1723, de 1727 à 1730. de 1735 à 1736, Renée de Lambertie, de la branche de Marval. De 1732 à 1734 et de 1737 à 1738 N... de Séchères. En 1738, passagèrement, Marie de Croizant, remplacée bientôt par Henriette d'Asnières de Saint-Palais. En 1744-1746-1747, Marie Perry de Saint-Auvent dont la famille était alliée aux Rochechouart. En 1748-1758 et en 1765, Gabrielle d'Asnières de la Gélisant. De 1759 à 1762, et de 1769 à 1775 Catherine de la Breuille de Chantrezat ; de 1775 à 1778, Marie de Masfranc de la Domaise ; de 1779 à 1781, Henriette de Rocquart de Lage ; de 1787 à 1788, Anne Julie de Sainton, grande dame qui se cachait sous ce nom modeste, mais qui en réalité se nommait Julie Bouillon de la Tour d'Auvergne. De 1788 à 1791, Anne Julie Saunier. Enfin, en 1791 le 13 mars, sous la présidence de M. Glénisson, maire de la commune et conformément à l'article 26 du titre II du décret de l'Assemblée Nationale, était élue la dernière prieure Jeanne Françoise Catherine de Coustin de Masnadaud.

Mais reprenons l'histoire du monastère. Celui-ci était bâti sur le grand chemin qui conduisait du Limousin dans le Nontronais en passant tout près du château de Montbrun. Sous le régne de Charles VI, il fut détruit par les Anglais. Fut-il brûlé comme Montbrun ? Nous n'avons aucun renseignement à ce sujet. On sait seulement que les religieuses furent obligées d'abandonner leur couvent pendant près d'un siècle. Cependant un religieux du même ordre et dont le monastère se trouvait à 200 pas environ de celui des religieuses, parait y être toujours resté, avec le titre de prieur, pour veiller aux intérêts matériels et administrer les biens.

Le couvent « fut rebâti par les seigneurs de Pompadour et de Lastours, qui en sont aujourd'hui reconnus fondateurs; et ceux de Peyrusse des Cars, de Saint-Auvent et de Champagnac-sur-Gorre, de Maumont, de Montbrun, de Gramaud en sont insignes bienfaiteurs... » (2).

Le 18 septembre 1528, la mère abbesse générale de l'ordre de Fontevrault, princesse royale Renée de Bourbon (3), envoya sept religieuses qui reprirent possession de Boubon. Jean de Bermondet, chanoine et chantre de l'église de Limoges, en percevait alors les revenus. Un arrêt du Grand Conseil, le 26 mars 1539, l'obligea à délaisser ce bénéfice dont les revenus appartinrent de nouveau à la communauté de Boubon.

Déjà ce lieu n'était plus un endroit retiré et sauvage comme au moment de sa fondation. Les ruisseaux avaient été arrêtés par des digues, formant ainsi deux étangs dont le plus considérable faisait marcher un moulin. Des étrangers vinrent s'établir tout autour et formèrent bientôt un village et le monastère en fut bientôt la providence visible. Les religieuses ouvrirent un pensionnat où les familles nobles du pays envoyèrent bientôt leurs filles, pour y faire de fortes études ou même pour s'y consacrer à Dieu.

La bourgeoisie suivit bientôt l'exemple, et au milieu du XVIIIe siècle, Boubon était le rendez-vous de toutes les familles riches du pays. « Malgré l'éloignement des grands centres studieux où se trouvent bien plus facilement tous les moyens d'instruction, disent MM. Rayet et Lecler, page 13, les jeunes filles faisaient dans ces solitudes de très bonnes études. Les souvenirs des vieillards qui en parlaient encore 50 ans après la catastrophe en ont rendu le témoignage. Ceci ne peut surprendre lorsque l'on voit le Frère Soriz louer en 1707 « les mères maîtresses qui élèvent les pensionnaires », leur dire « qu'elles ont toute l'habileté qu'on peut souhaiter, qu'à peine trouverait-on dans les monastères des grandes villes des personnes plus capables. »

Boubon faisait alors partie de la paroisse de Cussac et était à une distance de 5 kilomètres de l'église. A cause des difficultés du chemin, les habitants, les religieuses et le curé de Cussac luimême demandèrent que leur territoire fût érigé en paroisse. C'est ce qui fut fait en 1692, et le vocable de l'église fut SS. Côme et Damien, que l'on fêtait le 27 septembre.

Cette paroisse ne fut jamais bien importante. Elle comprenait les villages des Champs, de Négrelat, de Graffeuil, de Vergnolas et de Parade. En 1762, par conséquent 70 ans après sa fondation, sa population était seulement de 115 habitants avec 80 communiants; en 1785, elle était de I5° habitants. Cependant le Pouillé de Nadaud (je ne sais à quelle date) indique 227 habitants et 170 communiants.

Au commencement, les cérémonies eurent lieu dans la chapelle Saint-Jean, l'ancienne église des religieux. Peu de temps après, pour des raisons que nous ne connaissons pas, elles se firent dans celle des religieuses.

En 1785, l'intendant de la généralité de Poitiers fit dresser une statistique détaillée des paroisses de son ressort. On sait que la vicomté de Rochechouart, comprise dans l'élection de Confolens, bien que du diocèse de Limoges, était poitevine au point de vue féodal et administratif. Ce fut M. Dalesme, vicaire-régent de Boubon, qui répondit au questionnaire qui lui fut adressé et que nous allons donner en le résumant. « Il y a dans la paroisse, y compris les Dames de Font-Evraud, vingt-huit feux. Y compris la communauté, il y a cent cinquante habitants. - Le pays est très mauvais, pays de montagne, aride, marécageux, pays de bruyère, pays de bocage, mais seulement de châteniers, où il n'y a que quelques petits ruisseaux. - Le plus prochain bureau de poste est à Châlus, distant de trois lieues environ. - Le seigneur, haut justicier de la paroisse, est M. de Permangle, et les Dames religieuses sont seigneurs fonciers. - Il y a une juridiction subalterne dépendant des Dames religieuses, relevant du siège royal de Montmorillon, élection de Confolent, cour consulaire de Poitiers, subdélégation de Rochechouart. - La distance de Montmorillon 17 lieues, de Poitiers 22 lieues, de Rochechouart, 3 lieues... »

II. — Boubon aujourd'hui

La Révolution est passée à Boubon et a fait d'une paroisse et commune du canton de Saint-Mathieu un tout petit village appartenant maintenant à la paroisse et à la commune de Cussac. Du beau monastère qui faisait la richesse et l'honneur de la contrée, il ne reste plus que des ruines, difficiles à reconstituer.

Le Icr octobre 1892, les religieuses furent chassées de ieur couvent qui fut fermé en attendant .la vente et la destruction prochaines. Une première vente avait eu lieu le 20 décembre 1791 avant l'expulsion des religieuses, mais elle fut annulée à cause de certaines irrégularités de la procédure. Une seconde adjudication eut lieu le 26 floréal, an II (13 mai 1794). L'un des lots comprenant « une église, cour, la maison servant ci-devant de couvent, parloir, haut et bas cloître, un petit jardin au milieu, halle, un jardin à côté de la dite maison contenant trois bosselées, un réservoir, un autre jardin au-delà se tenant à l'étang, le parc composé de deux pâturaux avec une pêcherie et un lavoir dans le milieu, deux terres à chaque côté des dits pâturaux, et une allée en chênes ou fayans dont les arbres sont considérables, portion du parc contenant 16 séterées (une séterée == 30 ares 79 centiares à Rochechouart et 34 ares 19 centiares à Châlus), fut adjugé pour 5.200 livres à Fr. F. L. et à Martial Duvoisin. Nous ne savons à qui les autres lots furent adjugés.

« Les linges consistant en aubes, nappes d'autel, serviettes et autres menus linges » furent déposés au magasin militaire de Saint-Junien le 12 germinal, an II. Quelques-uns de ces ornements furent distribués plus tard aux paroisses des Salles et de La Chapelle-Montbrandeix.

Les fantaisies des nouveaux propriétaires ont accumulé ruines sur ruines, si bien qu'il est à peu près impossible de reconstituer l'état des lieux. « On peut cependant dire, sans crainte de se tromper, que le monastère se composait de quatre corps de hûtiments formant un parallélogramme, avec un préau dans le milieu, entouré de cloîtres intérieurs. » (3)

Le bâtiment formant le côté du midi est seul resté à peu pris debout. Il avait, parait-il, une cinquantaine de mètres de longueur. En 1923, un nouveau propriétaire n'en a gardé qu'une toute petite partie, pour en faire une habitation. Le reste a été débarrassé de sa charpente, de l'étage comprenant les cellules des religieuses, et voué à l'abandon et à la destruction. Au rez-dechaussée, se trouve un cloître dont les arceaux ont été murés, laissant cependant une ouverture pour une fenêtre ou une porte. Sept de ces arceaux existent encore, mais il y en a trois voués à une destruction prochaine puisqu'ils sont dans la partie abandonnée.

Au premier étage se trouve une grande chambre, pourvue d'une énorme cheminée en granit. Faisant suite à la chambre, se trouvaient les cellules. Il y a quelques années, j'avais pu les visiter ; maintenant, il n'en reste plus qu'une qu'il serait désirable de conserver comme témoin du passé. C'est une chambre très étroite de 2 mètres 20 de largeur et de 4 mètres 40 de longueur, ayant une croisée sur le jardin au midi. Un étroit corridor, le long du mur, au nord, y donne accès. Dans ce mur, et en face de chaque cellule, se trouve une petite niche carrée de 50 centimètres d'ouverture et de 60 centimètres de profondeur. C'était un placard ; pour l'utiliser la religieuse devait ainsi sortir de sa chambre.

Les autres bâtiments formant autrefois les trois autres côtés du parallélogramme n'existent plus. La chapelle elle-même, qui pouvait contenir 7 à 800 personnes, a disparu complètement.

Le pare, très grand, était entouré de murs de deux mètres de hauteur, comme on peut s'en rendre compte par les morceaux qui sont encore debout. Au milieu de ce parc se trouvait et se trouve une petite pêcherie.

Au nord et à 50 mètres du couvent, se trouve la maison du Prieur, bâtie en 1682, et, de nos jours, très bien conservée, car elle a été toujours habitée. Au rez-de-chaussée se trouvent deux grandes pièces : une cuisine à gauche, et à droite une salle avec une grande cheminée en granit. Un escalier, également tout en granit, conduit au premier étage où sont deux chambres avec deux grandes cheminées. Le jardin, s'étendant vers l'étang, a été conservé. On y accède par une petite terrasse qui le domine et on y descend par un escalier. Le jardin lui-même se termine en terrasse sur le bord de l'étang.

Encore plus au nord, mais à deux ou trois cents pas de la maison du Prieur, sur le bord du chemin venant de l'étang, se dressait au moyen-âge le monastère des religieux de Fontevrault, détruit par les Anglais. C'était un prieuré appelé Saint-Jean-de-l'Habit, comme à Fontevrault. Lorsque, en 1672, Boubon fut érigé en paroisse, c'est dans l'église Saint-Jean que se firent les fonctions curiales. Plus tard, elles se firent dans la chapelle des Dames, mais l'église Saint-Jean ne fut pas abandonnée complètement ; on continua à y enterrer les notables du lieu.

A la restauration du monastère, au commencement du XVIe siècle, le couvent des hommes ne fut pas rebâti. Il n'y eut plus à Boubon qu'un seul religieux de l'ordre faisant les fonctions de confesseur des Dames et de curé de la paroisse. On l'appelait le Père Prieur, et il habitait la maison du Prieur dont nous avons parlé plus haut.

A la place du couvent de Saint-Jean-de-l'Habit, se trouve une métairie appelée par les religieuses la métairie de la Porte A côté, mais séparée par le chemin, est une grange de 17 mètres de long sur 5 mètres 20 de large, qui n'est autre que l'ancienne chapelle des religieux et qui a gardé jusqu'à la Révolution le titre d'église paroissiale.

On y accède par un vaste portail percé là où se trouvait l'autel principal et flanqué d'un contrefort extérieur. A l'intérieur, plus rien de ce qui, à première vue, peut rappeler une église. Cependant, dans le mur du nord, il existe encore une baie de vitrail qui a été murée. Au plafond, aucune trace de voûte, mais la charpente toute nue. A signaler une particularité de cette église : on n'y a jamais vu de toiles d'araignées. Les gens de la contrée l'ont bien remarqué et le signalent aux visiteurs.

Enfin, dans la prairie, se trouvait le cimetière ; quatre ou cinq pierres tombales, perdues dans le gazon, en marquent l'emplacement.

Boubon, fille de la grande abbaye de Fontevrault, devenue comme elle un centre d'attraction, un rendez-vous pour la haute société de la région, n'existe plus à l'heure actuelle : les fils de la Révolution sont passés par là.

Notes :

1. Vie du B. Robert d'Arbrissel, par M. B. Pavillon, aumônier du roi, 1665.

2. L'Etat du clergé du diocèse en 1702, par Gilles Le Duc. Ce passage cité plus haut est reproduit au tome XLVI du Bulletin de la Société Archéologique du Limousin.

3. Parmi les 37 abbesses qui ont gouverné l'ordre aristocratique de Fontevrault, on trouve 15 princesses de sang royal, notamment une fille d'Henri IV. Qu'il nous soit permis aussi de signaler qu'à la mort de l'abbesse Jeanne de Bourbon, survenue en 1670, ce fut Madame Marie-Madeleme-Gabrielle de Rochechouart-Mortemart qui lui succéda.

4. Rayet et Lecler, page 84.

Source : Max Berret.

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Le prieuré de Boubon

L'histoire du prieuré de Boubon (1) n'est plus à faire, elle a été contée par M. l'abbé Le Cler et M. Etienne Rayret et je n'ai l'intention d'en donner ici qu'un court résumé.

C'est en 1106 que Robert d'Arbrissel, « ce prêcheur ambulant ». que l'on trouve partout, « toujours prêt à communiquer le feu qui l'anime » (2), fonda le prieuré de Boubon avec le secours de Pierre de Montfrebœuf, Itier de Bernard et Aimeric Bruni ou Brun. La lamille de Montfrebœuf habitait non loin de Boubon, le château dé Montfrebœuf (3), dont on ne trouve plus aujourd'hui que des traces; nous avons déjà parlé des Montbrun et nous en parlerons encore lorsque nous essaierons de faire l'histoire d'Altavaux ; quant à Itier de Bernard, M. l'abbé Le Cler et M. Etienne Rayet pensent qu'il était originaire de Solignac. Parmi les bienfaiteurs de Boubon, on cite Itier de Magnac. qui habitait probablement le Châtelard (4), près de Saint-Junien ; Aimeric de la Serre, évêque de Limoges ; Almodie, veuve de Guy Paute, seigneur du Boucheron (5).

Sous Charles vu, Boubon fut ruiné par les Anglais, et ce n'est qu'au XVIe siècle qu'il fut reconstruit, grâce aux libéralités des Pompadour seigneurs de Cromières, des Lastours, des Peyrusse des Cars, des Montbrun, Maumont, etc. En 1528, Jean de Bermondet, chanoine et chantre de l'Eglise de Limoges, possède en commande le prieuré de Bonbon, en 1692, Boubon devint paroisse. Parmi, les religieuses de Boubon, il faut citer : Marie de Peyrusse des Cars, les Lambertie, de Coustin du Mas-Nadaud, de Seychères, de Croizant, d'Asnières, de Perry de Saint-Auvant, de Brie, de Ribeyreix, Guillot du Dousset, de Châteauneuf, etc., tous noms que nous retrouverons dans l'histoire du plateau de Châlus.

Dans l'Histoire de Bonbon ou Monographie d'un monastère de Fontevrault dans la Diocèse de Limoges, (6), on lit la mention suivante : « Marie de Peyrusse des Cars, fille de François des Cars, seigneur de la Tour de Bar, baron de Saint-Germain-sur-Vienne (branche de la Vauguyon) et de Isabeau de Bourbon, princesse de Carency. Elle était religieuse à Boubon, lorsque Françoise de Bourdeille, soeur du chroniqueur Brantôme, » se démit en sa faveur de l'abbaye de Ligueux, en 1565. Dix ans plus tard, elle se démit à son tour en faveur de sa nièce et vint mourir à Boubon, en 1589 ». Voici dans quelles circonstances Françoise de Bourdeille, fille de Anne de Vivonne et de François II, vicomte de Bourdeille, eut à se démettre de l'abbaye de Ligueux. A 13 ans, elle fut religieuse malgré elle et l'official de Poitiers et le pape Paul IV durent la relever de ses voeux. Elle avait 9 ans lorsqu'on l'amena au monastère de Sainte-Croix de Poitiers, et trois ans après on lui persuada qu'il fallait prendre l'habit monastique; à 18 ans, elle devient abbesse de Ligueux en Périgord, y reste 19 ans, 1546-1565 ; mais le temps passé dans le cloître lui apprend qu'elle n'a pas la vocation, elle y souffre et ne songe plus qu'à en sortir, prétextant qu'elle y est entré malgré elle, et qu'à 13 ans, elle n'était pas en état de savoir si elle avait la vocation. L'autorité ecclésiastique s'émeut et l'abbesse de Ligueux se démet en faveur de Marie de Peyrusse des Cars, prieure de Boubon. Françoise de Bourdeille était la plus jeune soeur de Brantôme, elle avait été la compagne de jeux de Jeanne d'Albret, dont elle était « la souffre-douleur » (7).

Le prieuré de Boubon a certainement eu dans le plateau de Châlus une influence considérable : ses historiographes, en nous donnant les noms des religieuses et des élèves, nous montrent que bourgeoisie et aristocratie vivaient là dans la meilleure intelligence. L'éducation chrétienne donnée et reçue à Boubon, a dû marquer son empreinte dans la vie familiale des gens aisés de notre pays, car l'influence d'une mère chrétienne dans un foyer ne s'exerce pas seulement sur une génération, on en retrouve l'écho affaibli dans les générations qui suivent.

Pendant la Révolution 1789-1793, le prieuré de Boubon ne fut pas épargné et les historiens du monastère nous montrent que là aussi l'humilité et la vertu des religieuses ne furent pas à l'abri des passions et des scènes révolutionnaires : le 15 mai 1794, Boubon était vendu comme bien national, les religieuses chassées et dispersées. Depuis, Boubon n'est plus paroisse, c'est un village pauvre où l'on regrette les temps passés, parce que la tradition rapporte que du temps des religieuses, il n'y avait pas de pauvres à Boubon (8).

Notes :

1. Boubon, ancienne paroisse réunie aujourd'hui à Cussac.

2. Histoire de France, de Lavisse.

3. Montfrebœuf, entre la Chapelle-Montbrandeix et Marval.

4. Appartient aujourd'hui à M. Surin.

5. Le Boucheron, paroisse d'Oradour sur-Vayres, a appartenu aux Paute, aux de Bermondet, aux de Coustin du Mas-Nadaud et aux Desbregères, il appartient aujourd'hui à M. Roche.

6. Abbé Le Cler et Etienne Rayet. — Ducourtieux, imprimeur et éditeur, à Limoges.

7. Une soeur de Brantôme, religieuse à l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers, par Alfred Barbier. — Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, T. XVI, 1893.

8. Pour plus de détails, voir le livre de MM. l'abbé Le Cler et Etienne Rayet.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1908)

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26 août 2015

Cussac pendant la Révolution

La Révolution laissa dans le paysage rural des marques visibles. En abolissant la féodalité, elle avait institué une nouvelle administration locale dont l'élément le plus visible fut la création des départements, les districts n'ayant duré qu'un temps (ils devinrent les arrondissements, puis les sous-préfectures). Sur le plan social, elle assura la montée de la bourgeoisie ou des paysans les plus fortunés, aux dépens des anciennes familles nobles qui souffrirent des répercutions de la Terreur dans leur chair et dans leurs biens.

La création des départements bria l'unité provinciale. Le but était de multiplier les foyers de vie politique et administrative en décentralisant les nouvelles institutions et en les rendant plus proches du cadre de vie des citoyens. La nouvelle division administrative abandonna la région de Rochechouart au Limousin en l'intégrant à la Haute-Vienne. Cussac et ses environs furent assimilés au destin de ce département au point que, de nos jours, rares sont ceux qui se souviennent de la longue appartenance poitevine de cette région.

Autour de Cussac, les biens du clergé ayant été mis à la disposition de la nation par le décret du 3 novembre 1789, il fut procédé à la vente des propriétés des bénédictions de la Beille et des religieuses de Boubon. Les nouveaux riches se rendirent acquéreurs des terres vendues respectivement le 19 mai et 20 décembre 1791.

Déjà, en 1747, Léonard Deloustaud, fermier des métairies de Madame de la Reille, avait fait une acquisition importante au Mas. Etabli en 1760 à la Braulie, il acheta à sa soeur une propriété située au côté du chemin dit La Pouge, qui va de la Rivière de Champagnac à Boubon et entra ainsi en possession d'une partie des anciennes terres du monastère et des seigneurs de Cromières. En 1793, il devint aussi propriétaire d'une métairie à Vergnolas avec réserve, taillis et maison de maître et de métayer.

Les acquisitions de la famille Duvoisin, dont nous avons déjà parlé lors de la vente de la propriété de la Berthussie, furent plus considérables encore. Pierre Duvoisin, petit-fils du notaire de Piégut, et administrateur pour l'Etat des terres des Champs, qu'il habitait depuis la faillite des Chouly Permangle, eut trois enfants : Madeleine qui habita la grande maison adjacente au chemin du Breuil achetée par les Duvoisin, Martial qui acheta un lot très important des propriétés de Boubon, et Minette. Martial, qui habita Vergnolas fut fermier au Breuil et maire de Cussac en 1793. Il eut, de son mariage avec Anne Dureissex, plusieurs enfants, dont deux fils : Duvoisin dit la Serve et Duvoisin dit Gipoulou. Le premier marié à Madame de la Serve fut député à l'assemblée législative et membre du district. Inquiété, un temps, pendant la Révolution, il se cacha à Chambinaud, à la Reille et dans la forêt de Cromières. Son frère, Gipoulou, fermier des du Dousset au Moulin Paute, régisseur du Puy, fermier à Soumagnac, où il habita, fit l'achat d'une grande partie de Boubon et de ses dépendances, d'une propriété appelée Monthibus, près des Trois-Cerisiers, et fut propriétaire à la Reille où il habita également. Mort sans enfant, une partie de ses biens revint à ses neveux, les Frugier-Puyboyer.

La famille des notaires de Piégut parvint, en assez peu de temps, par ses branches multiples, à entrer en possession de terres très importantes aux alentours de Cussac. Une partie des propriétés du Puy, La Reille, la Berthussie, la Fontanelle lui appartinrent.

L'ascension des familles bourgeoises se fit aux dépens des nobles. A Marval, le 5 février 1794, Emmanuel de Lambertie vendit à Etienne Auvray de Saint-Rémy la terre de Marval et tout ce qu'il possédait dans la commune. La terre de Puydemaud fut affermée par arrêté du 13 nivôse an VI, puis, par la suite, rendue à son propriétaire. La même procédure fut adoptée à Cussac.

En mars 1794, la gendarmerie d'Oradour-sur-Vayres se présenta au château du Puy pour y arrêter Joseph Lavergne qui, par la verdeur de son langage, avait tenu des propos peu révolutionnaires dénoncés par la société d'Oradour. S'étant enfui à la première heure, il fut arrêté plus tard et mourut sur l'échafaud, payant cher ses erreurs de langage.

Source : Cussac et sa région, de Pierre Macaire.

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Vente de blé

« Le 26 mars 1509, noble homme Louis de Leyrisse, écuyer, Sgr de Las Coux, paroisse de Saint-Cire en Limousin, noble Dlle Marguerite de La Lourencie, veuve de feu noble Seguyn de Leyrisse, et noble Dlle Catherine de Giron, femme dud. Louis, ont vendu aud. Costi dit Corti et à feu Pierre de La Rebeyrie, son procureur et aux autres tenanciers : — 13 setiers de blé- seigle, 4 setiers de froment, 2 setiers et 2 boisseaux d'avoine, mesure de Bré, 25 s. t. en deniers et 2 gellines, de cens et rente annuelle et perpétuelle en tout droit de fondalité et directité, investir, dévêtir, en et sur le Mas, village et tènement de Mespiaulx, de lad. paroisse de Beyssac et ses appartenances, cft. les appartenances du Mas de Las Meymie, du Mas de La Bouvie, de Las Farges, avec l'étang et pêche, aud. Mas, pour le prix de 130 L. t., avec reçu par Me Jean Solier, notaire, de Saint-Lourens-de-Guore, avec pacte de rachat. »

Mots-clés : Louis de Leyrisse, seigneur de Lascaux, paroisse de Saint-Cyr, Marguerite de La Laurencie, Seguin de Leyrisse, Catherine de Giron, acte, vente, blé, féodalité, Du Soulier, notaire, Saint-Laurent-sur-Gorre.

(Archives départementales de la Corrèze)

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Preuves de noblesse

1. Françoise Catherine Coustin de Masnadeau née et baptisée le 18 juillet 1762 au château de Masnadeau paroisse de Pageas.

2. Messire Alexandre de Coustin de Masnadeau, comte d'Oradour et marquis de Masnadeau, né le 21 octobre 1726, accordé le 11 septembre 1746 à dame Louise de Ravard, fille de messire Philippes Ravard, chevalier, seigneur de Mezieud, et Marie Desarnaud.

3. Messire Annet François de Coustin, chevalier, seigneur comte d'Oradour, seigneur de Masnadeau, La Vallade, Saint-Bazille, né le 1er septembre 1698, accordé le 7 janvier 1721 à Jeanne de Beynac, fille d'Armand de Beynac, baron de La Vallade, etc., et dame Marie de Vertamon.

4. Messire François de Coustin de Masnadeau, marquis de Masnadeau, comte d'Oradour, seigneur de Blanac et autres places, né le 4 novembre 1656, accordé le 12 avril 1687 à Marie Anne de Bermondet, delie d'Aubanie, fille de feu haut et puissant seigneur messire George de Bermondet, chevalier, seigneur comte d'Oradour, Saint-Bazille, etc., et haute et puissante dame Françoise Garnier.

5. Messire Antoine Charles de Coustin de Masnadeau, accordé le 9 décembre 1655 à Charlotte Marie de Reillac (elle testa le 1er mai 1662), fille de feu messire Charles de Reilhac et dame Louise de Tournemire.

6. Messire François de Coustin de Masnadeau, chevalier, seigneur marquis de Masnadeau, Plaux, Blanac et comte d'Oradour, testa le 10 octobre 1628, accordé le 22 novembre 1623 à Renée de Perrière Sauveboeuf.

7. Messire Jean de Coustin de Masnadeau, écuyer, seigneur de Masnadeau, Dumas, Chalard, accordé le 11 novembre 1591 à Françoise de Jussac, fille de feu puissant seigneur messire Raymond de Jussac et dame Magdeleine Jourdain.

8. Noble Louis de Coustin de Masnadeau, écuyer, seigneur de Masnadeau en Limousin testa à Paris le 16 avril 1551, accordé le 6 juillet 1533 à Louise de Lambertie, fille de noble François de Lambertie; elle testa le 28 avril 1581.

9. Foucault de Coustin de Masnadeau, seigneur de Masnadeau et du Mas. Actes de 1526 et du 4 août 1505, fils de noble Pierre et Isabeau de Fougeyrat de Masnadeau.

Certificat du 26 juin 1771.

Source : Preuves de noblesse pour l'entrée à la Maison royale de l'Enfant-Jésus, d'Anne-Marie Armelin.

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La baronnie de Saint-Cyr

Jean Léonard, trésorier de France à Limoges, était seigneur de Saint-Cyr, de Fressanges, et de Puydeau en 1700. Cette famille, qui habitait le château de Puydeau, avait été précédée par les Descubes qui, eux-mêmes, avaient succédé aux de Saint-Fief. Les de Saint-Fief et les Descubes seront également seigneurs de La Laurencie et de Lascaux. Annet de Saint-Fief possédait La Laurencie en 1604. Ses armes sont : d'azur au chevron d'argent, accompagné de trois croisettes de même, 2 et 1. Noble François de Saint-Fief était seigneur de La Laurencie et de Puydeau en 1612. Par son mariage avec Anne de Saint-Fief, Léonard Descubes possède ces lieux en 1628. Léonard Descubes, écuyer, seigneur de La Laurencie en 1650, épousa Anne de Chauveron, dont il eut Anne, mariée en 1671, à Pierre Fornel, écuyer, seigneur de La Faucherie, paroisse de Pluviers, à qui elle porta La Laurencie. Cette terre appartenait encore aux Fornel en 1858, année où mourait Jean de Fornel, qui fut maire de Saint-Auvent. Jean Descubes était seigneur de Lascaux et du Repaire en 1741, et Charles-Joseph Des Cubes, époux de Marie-Thérèse-Rosalie Marcillaud en 1772. Les Armes de cette famille sont : d'azur à trois cubes d'or, 2 et 1. François Descubes était seigneur de Puydeau et de Ferrand en 1670 ; Jean de Saint-Fief, en 1633 ; Jacques de Saint-Fief, en 1578. Les de Saint-Fief sont aussi seigneurs d'Essenat : Jean de Saint-Fief avait épousé en 1445 Agathe de Meillars. Leur fils, François, épousa en 1522, Renée du Breuil, dame de Royère. Le fils de ces derniers, Roland de St-Fief, Ecuyer, seigneur d'Essenat, épousa en 1587 Françoise de La Roumazière. La fille de François de Saint-Fief avait épousé Jean de Leyrisse, écuyer, sieur de La Motte-de-Saint-Cyr. Annet de Leyrisse, sieur de Lascaux, épousa en 1542 Marguerite de Lambertie. Antoine de Léonard, écuyer, président-trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Limoges, était seigneur de Saint-Cyr en 1726 ; cette année-là, il acquit la terre de Saint-Laurent-sur-Gorre. Son fils, Jacques- Martial de Léonard, est dit seigneur de Saint-Laurent, de Puydeau, baron de Saint-Cyr en 1772. Anne-Josephe Léonard, fille de feu Antoine Léonard et d'Angélique-Josephe Morin, épousa, le 7 avril 1783, Claude-Etienne-Annet, comte des Roys, sénéchal du Limousin, qui devint par ce mariage, Baron de Saint-Cyr, seigneur de Saint-Laurent-sur-Gorre et de Puydeau.

Source : Au fil des ans, de Jean Aupetit.

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Le baillage de Rochechouart

Anciennement Rochechouart était le siège d’un baillage, espèce de tribunal d‘appel pour toutes les justices seigneuriales de la vicomté. Ce baillage, peu étendu, fut réuni par la suite à la sénéchaussée de Montmorillon, au présidial de Poitiers et au parlement de Paris.

Il existait dans la vicomté de Rochechouart un grand nombre de justices seigneuriales. Presque tous les châteaux avaient la leur. Ceux qui n’en possédaient pas en avaient été privés par le vicomte, qui, en concédant les châteaux, s‘était réservé le droit de justice. Dans tous ces prétoires les lois étaient de nature différente : les unes, de droit écrit, ressortissaient de Limoges, en appel à Bordeaux ; les autres (Rochechouart était du nombre) suivaient la coutume du Poitou et allaient à Montmorillon, Poitiers, et en appel à Paris. Chaque seigneur avait sa loi, son plaids, son banc et son fisc ; il était souverain législateur, juge, greffier, archer même. Il vendait aux uns leur sûreté et attaquait celle des autres ; souvent il tirait profil des accusations et des crimes, par l’emprisonnement, les amendes, la confiscation.

Dès longtemps Rochechourt avait un baillage : c‘était une justice exercée par un bailli et des juges ; plus tard ce baillage pritle nom de sénéchaussée. Avant 1551 les justices des baillis et des sénéchaux se nommaient présidiaux. Les grandes justices avaient un sénéchal et un lieutenant sénéchal. Le sénéchal était l‘autorité et l‘homme d’honneur ; il rendait la justice ou la faisait rendre sous ses yeux par son lieutenant.

Toute la France était ainsi couverte de justices seigneuriales. Pour l’ordinaire, lesjuges exerçaient plusieurs chargesà la fois ; souvent ils étaient juges de plusieurs justices en même temps ; ils étaient encore juges et notaires, ou juges et procureurs, ou greffiers, en la même justice. Pendant longtemps l’ignorance la plus crasse fut l’apanage de tous ces juges. Comme leurs maîtres ils savaient à peine lire et écrire ; la plupart étaient pris parmi les hommes d’affaires, les domestiques cules familiers du château. Aussi Loiseau et autres ont-ils eu beau jeu de ridiculiser ces praticiens ignorants. Combien ces temps sont loin de nous !

Voici les noms des derniers sénéchaux des justices renfermées dans la circonscription de l‘arrondissement actuel de Rochechouart.

Rochechouart, M. Gourseaud de Laumond-Chandos. (Le dernier lieutenant-sénéchal était M. Goursaud du Mazé, frère du précédent, qui était en même temps sénéchal des justices des Bâtiments et de Saillac.)

Saint-Junien, M. Périgord, de Saint-Junien.

Saint-Brice, M. Codet-Boisse, de Saint-Junien.

Saint-Victurnien, M. de Verdillac.

Une partie d’0radour-sur-Glane et autres lieux, M. Merlin de Chabant.

Autre partie de ce même Oradour et autres lieux, M. Maisondieu, de Mortemar.

Saint-Auvent, Champagnat, Brie et une partie de Saint-Mathieu, M. Berthelot.

Gorre et Saint-Cyr, M. Descubes-de-Saint-Désir.

Oradour-sur-Vayres, Saint-Bazile, Cussac et Cromières, M. Ribière des Bordes.

Montbron, M. Fleurat.

Pensol et La Chapelle-Montbraudeix, M. Profit, de Miallet.

Autre partie de Saint-Mathieu et Maisonnais, M. Chazeau, des Salles.

Lavauguyon, M. Rougier, des Salles.

Champsac relevait de Châlus.

Les intendants étaient des magistrats que le roi envoyait dans les provinces pour y veiller à tout ce qui pouvait intéresser l’administration de la justice, de la police et des finances. Ils étaient en général chargés de maintenir le bon ordre dans les provinces qu’ils administraient. Ils avaient sous eux des magistrats inférieurs, nommés délégués et sous-délégués. L’intendant de Poitiers avait à Rochechouart un sous-délégué ; le dernier fut M. Périgord de Beaulieu, grand-père de M. Hippolyte Périgord de Beaulieu, qui pendant longtemps fut maire de Rochechouart et membre du conseil général.

Louis XI avait établi en France des bureaux de poste aux lettres. Rochechouart en possédait un. Avant la révolution, le courrier qui portait les dépêches à Rochechouart n’y venait qu’une fois par semaine, le samedi. Il faisait ce service à cheval ; venait de Poitiers par Montmorillon, Saint-Junien et Rochechouart, et s’en retournait par Chabanais, Confolens et Poitiers. On ne portait point les lettres à domicile ; chacun venait les chercher à la poste, même des communes voisines. Combien nos pères seraient étonnés de voir arriver à leur porte, tous les jours, un facteur chargé de leur remettre des lettres, des journaux, partis de Paris depuis moins de vingt-quatre heures ! Le dernier directeur de la poste au moment de la première révolution, et qui n’avait pour tout traitement que cent cinquante livres, était M. Chemison-Dubois.

Depuis la fameuse charte d’affranchissement jusqu’à la révolution, la ville de Rochechouart, imitant le gouvernement de l‘ancienne Rome, était administrée par des consuls ; ils étaient au nombre de quatre. Le titre de consul a particulièrement désigné les officiers gouverneurs de la commune ; ils étaient les chefs de la cité, les premiers magistrats de la ville, avaient un nombre de conseillers qu’ils devaient consulter ; mais, au prévôt du seigneur seul il appartenait de sanctionner les décisions de ces fonctionnaires.

Les consuls sortants nommaient eux-mêmes, en présence du peuple convoqué à cet effet et qui devait approuver, les consuls rentrants. Ils étaient nommés pour deux ou pour cinq ans ; quelques-uns se sont maintenus en charge plus longtemps. Ces magistrats étaient toujours choisis parmi les personnes les plus honorables de la ville. Lors de l’institution des maires, sous Louis XIV, le consulat fut censé aboli ; mais il s’est maintenu à Rochechouart, sans doute par l’autorité du vicomte. En sorte que. les consuls, les maires, les échevins, exerçaient ensemble à peu près les mêmes fonctions.

Les familles qui ont le plus fourni de consuls sont :les Gourseaud, les Chemison, les Lacroix, les Boudeau, les de Lavaud, les Desvergnes, les Maron, les Trouillaud, les Maisondieu, les Boulesteix, les Lachaumette, les Labrunie, les Duchesne, les Pailler, les Rayet, les Leylavoie, les Simon, les Bourdeau, les Soury, les Beaudequin, les Périgord.

Dans l’organisation municipale, le maire était le principal agent de la commune ; il était chargé de l’administration locale et de la gestion des affaires, sous la surveillance des consuls et sous la direction des chefs de province. Le nom de maire vient du latin : m’ai0r ou major, parce que, dans les anciennes communes, ceux qui remplissaient ces fonctions étaient les plus âgés des membres du corps municipal.

Les maires ont aujourd’hui une juridiction bien plus étendue. Au moment de leur création, presque tous furent nommés à vie ; ce qui explique pourquoi, en 1708, on trouve sur les registres de la mairie de Rochechouart, un M. Gourseaud de la Jousseline, conseiller du roi, signant maire perpétuel. Le dernier maire de la ville, sous l’ancien régime, fut M. Gourseaud-Laumond.

Comme de nos jours, les magistrats municipaux ne recevaient aucune rétribution.

Avant 1721, lorsque avaient lieu les élections municipales, ou se réunissait à la maison de ville, vulgairement appelée le Communal ; elle était située près de la place, au-dessous de chez M. Marquet-Lavergne ; son petit jardin occupait l’emplacement du temple des protestants.

Les échevins furent institués en 1769 ; ils ont subsisté jusqu’à la révolution. Rochechouart était administré par un maire, deux échevins, six conseillers et quelques notables. Les échevins se nommaient aussi scabins, mot celtique qui signifie ceux qui siègent, les juges, les assesseurs. Nommés par le peuple, ils faisaient la police et avaient droit de requérir la force armée.

Les lieutenants de la séhéchaussée s’occupaient aussi d‘administration, de police, et en général de tout ce qui regardait l’ordre et la tranquillité publique.

La police de Rochechouart appartenait au vicomte, dont les prisons se trouvaient dans le donjon seigneurial. La ville avait aussi les siennes ; elles étaient au-dessus de la porte Bereau ; on y montait par un escalier en pierres. Cet édifice, très élevé, garni de fer, surmonté d’une girouette, indiquait une juridiction municipale. L’on voit, en effet, par un acte de 1475, que les consuls affermaient les amendes de la justice au profil de la commune ; qu’ils faisaient emprisonner pour crimes et fautes contre la police. Dans un procès-verbal de 1768, il est dit : « La tradition nous apprend que la ville avait une juridiction de police ; le nom d’amende, celui de sergent de ville, que nous trouvons employés dans des actes, comme aussi celui de greffier, la prison de ville, sur la porte Bereau ayant une girouette, la maison ou hôtel-de-ville, tout cela indique une juridiction, au moins de police, à l’instar de plusieurs autres villes. »

L’association municipale de Rochechouart n’avait point le pouvoir militaire ; il appartenait exclusivement au vicomte, auquel la châtellenie devait en temps de paix soixante hommes armés pour sa suite et sa garde. En temps de guerre, il levait des soldats selon les besoins.

Source : Rochechouart, histoire, légendes, archéologie.

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