04 novembre 2020

La garde-robe d'un seigneur angoumoisin au XVIIIe siècle

Le glas résonnait au clocher de l'église de Saint-Ciers-sur-Bonnieure, ce 8 octobre 1766. Mais déjà, de Vilars au Chenêt et du Breuil à Esnord, chaque manant de la paroisse connaissait la nouvelle : Messire Jean-Jacques de Salomon venait de mourir en son logis.

Pourtant elle avait fait de son mieux, Françoise de la Cour, elle n'avait rien négligé et surtout pas lésiné pour soigner son époux dont la santé, à trente-sept ans seulement, donnait les plus vives inquiétudes.

Monsieur Valier, docteur en médecine, le sieur Sirier, chirurgien à Angoulême ainsi que Fayoux, son associé s'étaient succédés au chevet du malade appliquant des « traitements » et ordonnant des « médicaments » malheureusement aussi inefficaces que ceux du sieur Moreau, chirurgien à Saint-Angeau à qui l'on devait encore la somme de 111 livres 13 sols.

Avec six enfants mineurs à élever (dont l'aîné n'avait que onze ans) et bientôt sept, lorsque celui qu'elle portait naîtrait au printemps prochain, Françoise de la Cour n'avait pas le droit de se laisser aller à son chagrin.

Aussi moins d'un mois plus tard réunissait-elle un conseil de famille et convoquait-elle à Saint-Ciers le sieur Quillard, notaire, afin de faire dresser l'inventaire détaillé des biens appartenant à la communauté, dans le souci « d'éviter tous les reproches qui pourraient lui être faits ».

Heureusement elle n'était pas dans le besoin. Du grandpère, négociant en vins à Rochefort, Jean-Jacques de Salomon avait gardé le sens des affaires ainsi qu'une confortable aisance. De son père, Jacques de Salomon, écuyer, conseiller secrétaire du Roy près la Cour du Parlement de Bordeaux, il tenait la seigneurie du Chastenet en Saint-Amant-de-Bonnieure, dans laquelle il avait placé un fermier efficace, et la seigneurie de Saint-Ciers dont il occupait le logis près de l'église paroissiale.

Pendant trois semaines, d'environ 8 heures du matin à midi et de 2 heures de l'après-midi à la nuit tombante, le notaire inventoria les meubles et les objets, la vaisselle et les outils, le linge et les papiers.

Au total, c'est à la somme de 14.522 livres 18 sols et 7 deniers qu'il évalua la succession.

Les vêtements du « feu seigneur de Saint-Ciers » furent aussi estimés à l'exception de certains — plus faciles à transformer sans doute — gardés pour l'usage des mineurs.

Ainsi nous apprenons quelle pouvait être la garde-robe d'un gentilhomme angoumoisin qui, bien que d'une famille fraîchement anoblie n'en portait pas moins des armoiries « d'argent à une bande d'azur chargée de trois étoiles d'or accompagnée de six torteaux de gueules posés en orle, trois en chef et trois en pointe ».

Les vêtements de Jean-Jacques de Salomon étaient pour la plupart rangés dans les meubles de la grande salle du logis. Ainsi, dans « un armoire à deux battants et un tiroir dans le bas, de bois de noyer presque neuf et fermant de clef » étaient empilées pas moins de cent trente deux chemises de différentes toiles, « la majeure partie usées, les autres assez bonnes ».

Il ne faut pas s'étonner de trouver cette armoire lingère dans la grande salle puisque là était le lit du seigneur (bois de lit à la duchesse avec literie confortable, garni de rideaux de ras vert et taffetas ornés de rubans jaunes, estimé 200 livres).

Lit et armoire ne représentant qu'une partie du mobilier de la pièce, lequel se composait également de huit fauteuils et de dix-sept chaises, de quatre tables et d'un guéridon, d'une autre grande armoire en noyer et d'une commode en bois d'ébène dont les trois tiroirs regorgeaient de vêtements.

M. de Salomon, en effet possédait dix habits, dix-huit culottes et vingt-quatre vestes de différents tissus et de valeurs fort variables. Les trois plus belles de ces vestes sont estimées 30 livres chacune malgré une usure évidente.

La première : en satin couleur de feu « galonnée à la Bourgogne d'un galon d'or brillanté large de trois doigts, ayant les derrières et les manches de callemande ».

Fragment d'un tableau de Boily, 1787 : « La famille Gohin ».

(Musée des Arts Décoratifs. Paris.)

La seconde : avec des devants en écarlate brodés d'or.

Et la troisième, toute de velours cramoisi doublée d'une peluche de même couleur.

Aussi raffinées sont les vestes de soie : l'une verte galonnée d'or et doublée d'une peau jaune, une autre brodée de fleurs d'or, la troisième aux devants de péruvienne doublée d'une sergette de soie et les deux dernières en droguet de soie dont une « hors service parce que toute percée ».

Cinq autres vestes de drap chamois, or ou noir, doublées de ras blanc paraissent plus rustiques.

Une veste de flanelle fort usée, une de velours dont les galons ont été décousus, une de ratine d'Angleterre pourpre, une de lainage rayé d'Agen, deux d'écarlate, deux de basin doublées d'une toile de brin blanchie, une de « bergopsom » fort usée et deux de camelot dont l'une est du même gris que l'habit qu'elle accompagne, viennent compléter cette garderobe aux couleurs chatoyantes.

Les mêmes tissus se retrouvent dans les habits qui sont de soie, de « bergopsom », de camelot, de ratine, mais surtout de drap garni parfois de parements et collets en peluche.

Les culottes sont serrées au-dessus du genou par un ruban ou une agrafe. Parfois assorties à la veste et de couleur vive (rouge ou verte), elles sont plus souvent noires mais toujours doublées de peau jaune excepté deux doublées de toile de coton. Les boutons en font la garniture : bouton de jais, de poil, de soie ou d'or, assortis à la jarretière.

Et à la taille, ceintures de soie noire ou ceinturons — de soie également — dont l'un est couleur de feu et l'autre jaune citron.

M. de Salomon possédait aussi dans ses armoires deux douzaines de mouchoirs de poche assez bons, quatre bonnets de coton et quatre robes de chambre : une en « gros de Tours » doublée de toile grise, une de siamoise brodée et deux de flanelle fort usée.

Les neuf paires de bas de soie noire bien qu'usés et troués seront estimées 4 livres, mais les trois gilets de basin sans manches, les jarretières de laine rouge et la « mauvaise paire de canessons d'espagnolette » gardés pour l'usage des enfants mineurs.

Peu valeureuses semblent être les chaussures du seigneur puisqu'on note une paire de bottes molles tellement usées qu'elles valent tout juste 30 sols, deux paires de gros et vieux souliers, deux paires d'escarpins de veau ciré, quatre « socqs » de peau blanche et trois paires de « chossettes » de cuir jaune jugées de maigre valeur par le notaire. Seules sont appréciées les bottes récemment remontées estimées à 4 livres.

Peut-être les jours de fête, le seigneur de Saint-Ciers remplaçait-il les boucles noires de ses chaussures et celles de ses jarretières par les boucles d'argent à brillants évaluées trente livres et soigneusement gardées dans le tiroir d'une table en bois d'ébène.

En même temps il devait porter son chapeau presque neuf « mi-castor » orné d'un bouton de poil et d'un cordon de soie et choisir sa meilleure paire de gants blancs, ses autres chapeaux bordés d'or — mais en mauvais état — ainsi que ses autres gants restant rangés dans la grande armoire. Et ce jour-là probablement ceignait-il la plus valeureuse de ses deux épées, celle à la poignée d'argent mastiquée d'or.

Rien ne nous dit si M. de Salomon portait perruque ; peut-être la lui a-t-on laissée lors de sa toilette funèbre, il ne reste dans les armoires que deux mauvaises bourses à cheveux.

* * *

Avec les vêtements du seigneur ou dans les armoires voisines étaient rangées les robes et les jupes de la dame Françoise de la Cour ainsi que ses bijoux et de nombreuses coiffures. Mais ceux-ci, comme les « hardes des mineurs » n'ont point été inventoriés.

Le linge de maison par contre fait l'objet d'une estimation : les linceux de brin de lin ou de chanvre, au nombre de 48, valent de 3 à 5 livres le drap de six aunes tandis que 21 linceux d'étoupe, de quatre aunes seulement sont réservés aux domestiques. Pour les usages quotidiens on trouve deux douzaines de torchons de cuisine, 34 douzaines de serviettes tant de toile d'étoupe que de toile de lin et 46 nappes dont certaines sont de gros brin, de réparonne et d'autres de toile fine ourlée et ouvrée.

Tout ce linge de maison, qu'il soit de chanvre ou de lin est sans aucun doute d'origine locale, filé et tissé sur place comme les textiles utilisés par les paysans.

Ce qui fait l'originalité de la garde-robe du seigneur, ce sont bien les fibres nobles comme la soie, l'éclat des coloris, la richesse des galons et broderies, les passementeries aux fils d'or, les boucles d'argent à brillants. et par les chemins de Saint-Ciers on devait de loin reconnaître notre gentilhomme tant à sa silhouette qu'à l'éclat de son costume.

Références : Arch. Dép. Chte 2 E 12453 ; Arch. privées des descendants de J.-J. de Salomon ; « Histoire de St-Ciers » de M. Reible (non publié).

Glossaire des noms de tissus cités

Basin : Etoffe croisée à chaîne de lin et trame de coton.
Bergopsom : Peut-être de Berg-op-Zoom, ville des Pays-Bas.
Callemande : ?
Ecarlate : Tissu d'un rouge éclatant obtenu par un colorant tiré de la cochenille.
Flanelle : Tissu de laine peignée ou cardée, peu serré, doux et pelucheux.
Lainage rayé d'Agen : Probablement une serge.
Peluche : Genre de velours à poils longs.
Péruvienne : Etoffe du Pérou (lainage sergé ?).
Ratine d'Angleterre : Drap croisé au poil tiré en dehors et frisé.
Réparonne : Tissu de chanvre utilisant la fibre de 2° qualité (la lrc servant à faire le « brin »).
Satin : Serge mince et légère.
Taffetas : Tissu de soie mince façon toile.
Velours : Etoffe de coton, soie, laine, etc., dont l'endroit offre un poil court et serré et dont l'envers est ras.

* * *

Pour les autres termes consulter le glossaire de l'article de Pierre Boulanger, Tome XII, lre livr., pp. 34-35.

Source : La garde-robe d'un seigneur angoumoisin au XVIIIe siècle, de Michel Renaud.

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03 novembre 2020

Comment on équipait un lieutenant au début du XVIIIe siècle

Comment on équipait un lieutenant au début du XVIIIe siècle
Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 1918

Une étude fort documentée de M. George (« De l'obtention d'un brevet de capitaine, en 1693 », dans Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente, 1915) nous édifiait, naguère, sur ce qu'il en coûtait, à tous égards, pour parvenir au grade de capitaine, à la fin du XVIIIe siècle. Le postulant à cet emploi, qui constituait une propriété tacite, avait, en principe, la charge unique de lever le contingent de sa compagnie de ses propres deniers, avec tout ce que comportait de rétributions diverses, de primes d'engagement et de rasades, le recrutement de volontaires souvent hésitants. Dans la pratique, on achetait lé plus communément l'unité toute constituée, comme nous voyons procéder le jeune Pelluchon des Touches, dans le travail de M. George, quitte à en combler les lacunes par les moyens ordinaires. Mais auparavant, il fallait découvrir un résignataire, puis obtenir la commission, ce qui n'allait généralement pas sans recourir plus ou moins à de besogneux et coûteux intermédiaires. Enfin, on devait pourvoir à son équipage personnel, dont le faste était jusqu'à un certain point imposé par le rang qu'on avait à tenir et l'idée qu'on se faisait alors du prestige de la fonction.

On conçoit sans peine que celle-ci ne fût guère accessible qu'aux jeunes gens riches, en dehors de quelques vieux officiers de carrière dont le Roi se réservait toujours d'utiliser les mérites en les aidant de sa cassette personnelle. Mais pour les grades inférieurs, l'écart avec notre conception moderne des fonctions publiques était bien moindre. Les brevets de sous-lieutenant et de lieutenant ne comportaient d'autre obligation que celle de s'équiper décemment. Et cependant, nous allons voir qu'en raison de la médiocrité des ressources des classes moyennes d'alors, cette simple condition à l'obtention d'un emploi qui, comme de nos jours, ne suffisait pas à faire'vivre son titulaire, décourageait les vocations. Aussi n'était-il pas rare que des cadets de familles même nobles, passionnés malgré tout de l'honneur de « servir », se contentassent de l'état de simple soldat, sans jamais tenter de sortir du rang.

Les éléments de ce qui va suivre ont été entièrement puisés dans les Archives Départementales de la Charente, au fonds des Notaires, et dans les minutes de Ch. Gervais, notaire à Agris (E. 720-726).

Là vivait, au début du XVIIIe siècle, un apothicaire, issu d'une ancienne famille bourgeoise de la région, Hélie Boissier, sieur de La Fayolle, que nous trouvons habitant d'abord le bourg même d'Agris, puis une maison isolée qui existe encore, au moins en partie, au lieu dit Les Barrières, dans la même paroisse. Marié en premières noces à une demoiselle Gesmond (1), d'une famille locale de condition analogue, il en avait eu au moins un fils, Roch, mineur en 1711, et était remarié, à cette date, avec Marie Lériget (2), aussi d'Agris, dont il ne paraît pas avoir eu d'enfant. Par sa première femme, il était le beau-frère de Jean Demarginière (3), de Jean Barraud, sr des Meules, et de François Renaud (4), chirurgien, qui avait épousé la plus jeune des quatre sœurs, Catherine Gesmond. Parmi ses proches parents paternels, peut-être ses frères, il comptait un garde des eaux et forêts d'Angoumois, Jean Boissier, sr des Combes (5) — dont il semble que la descendance soit encore représentée de nos jours, — Jean Boissier, sr de l'Esbaupin, et François Boissier, sr de La Motte (6). Tous ces noms appartiennent essentiellement à la bonne bourgeoisie rurale du duché de La Rochefoucauld.

Les transactions au nom d'Hélie Boissier sont rares, dans le fonds des notaires d'Agris. Cependant, le 16 août 1702, nous le voyons acheter (7), à réméré et pour la somme de 60 livres, une pièce de terre d'un demi-journal appelée La Loupe, mouvante de la seigneurie de Ribérolle et sise aux Barrières, dans la tenue des Noailles. Le 30 juin de l'année suivante, le vendeur lui abandonnait son droit de rachat pour 30 sols.

Mais au début de 1711, Hélie Boissier décida que son fils essaierait « sa fortune », comme on disait alors. Le jeune homme postulait un emploi de lieutenant d'infanterie et songeait à s'équiper. Où trouver l'argent nécessaire ? D'un commun accord, le père et le fils eurent recours au prêt sur gage, sous la forme euphémique d'une vente à réméré. Et ils s'adressèrent au prêteur qui offrait sans doute le plus de garanties de désintéressement, puisqu'il était, nous l'avons vu, le propre oncle du jeune homme. Le 22 février, Rocq Boixier (8), procédant sous l'autorité d'Hélie Boissier, sieur de La Faiolle, son père, vend à François Renaud qui, pour la circonstance, se qualifie « marchand », trois pièces de terre labourables sises dans la paroisse d'Agris, aux alentours du village de La Grange. appelées La Terre Noire, Les Grand'Vignes et Les Chamas, en tout environ deux journaux, confrontant par divers côtés aux terres de l'acquéreur, « moyennant le prix et Somme de Cents quatre Vingt seize Livres pour le payement de laquelle le dit Renaud a présentement délivré au dit Rocq Boixier Vendeur Un cheval de laage de six ans de poil Bay en tous les crains Bien marqué de moyenne taille Estimé avec son arnois la Somme de six Vingts Livres Et un paire de pistollets Estimés Cinqte livres et le surplus revenant à la Somme de Ving six Livres a esté Payée aussy presentement manuelle et Comptant Par le dit acquéreur au dit Vendeur...; et a ledit Vendeur declaré qu'il entend ce Servir dudit Cheval et armes pour le Service de sa maiesté ou II doit aller la Campagne prochaine en qualité de lieutenant d'Infantrie du Regt de ponthieux Et les Vingt six Livres d'argent seront employées pour aider au surplus de son Equipage auquel Il luy auroit Esté impossible de fournir sans Ce secours. Et par ces mesmes presentes ledit renaud acquereur a acordé de grace Specialle audit rocq Boixier vendeur faculté de Rentrer pendant Cinq ans dans lesd lieux vendus en par le dit Vendeur le Ramboursant a une Seulle fois en deniers Effectifs de la ditte Somme de Cents quatre Vings seize livres, prix de Ia ditte Venthe fraits et loyaux Cousts (9) ».

Aucune trace ne subsiste de l'usage que Roch Boissier aurait pu faire de son droit de rachat dans le délai prescrit, et ce que nous savons de François Renaud dans l'art d'arrondir son bien donne à penser que le gage demeura définitivement entre ses mains.

Mais, sur ces entrefaites, la commission étant arrivée, il devient urgent de vêtir convenablement le nouveau lieutenant, partant, de se procurer du numéraire. Le 4 mars 1711, Rocq Boissier, Lt de la Compaignie du sr Dumesny dans le Regiment de Ponthieux, procédant sous l'autorité de Hélie Boissier, sr de La Fayolle, son père, vend à Jean Forgeaud, fils d'Anthoine, laboureur à bœufs, demeurant à « Asgrix », quatre pièces de terre d'une contenance totale de trois journaux et quart, sises aux environs du village de La Grange, et appelées La Pierrière, l'Esbaupin (10), Unze Ven, — la quatrième, sur le village des Foucauds, étant innomée (11), — moyennant la somme de quatre vingt seize livres payée comptant, laquelle le vendeur déclare vouloir « Employer à l'achapt Dun habit Justacort Vezte Culottes Et autres fournitures necessaires a son esquipage pour le service De sa maiesté ou Il doibt aller La campaigne prochene en qualité De lieutenan Dinfanterie Dud Regiment De ponthieux Et auql esquipage Il luy auroit esté Impossibe De fournir sans ce secours.... »

La même faculté de rachat que précédemment, sous les mêmes conditions, lui est accordée pendant 5 ans, « de grasse specialle » (12). A noter la mention en post-scriptum, que la qualité de l'acquéreur n'avait pas permis d'ajouter à l'acte précédent, mais que nous retrouverons tout-à-l'heure « En accordant ces pntes a este paye En depanse Par lacqr Du Commandemt du Vandr trente cinq solz », — façon de faire supporter les frais du contrat par l'acheteur.

Mais plus approchait la date du départ, plus il était clair pour le jeune officier et pour son père que l'aventure était plus onéreuse, sans doute, qu'ils ne l'avaient prévu. Bien que la destination de la troisième somme réalisée ne soit plus mentionnée, cette fois, on peut avec vraisemblance admettre que l'acte passé quelques jours plus tard, à la date du 13 mars, n'avait pas d'autre objet que de munir Roch Boissier d'un peu d'argent de poche et de couvrir les frais du voyage. Ce jour-là, « Rocq Boixier, lieutenant de la Companie du sieur dumesnye dans le Regiment de ponthieux, procedant sous l'autorité de helie boixier sieur de la faiolle mre appre son pere », accense et arrente à Jean Feuillade, d'Agris, laboureur à bœufs, deux pièces de terre labourables « estant de present en Champois », sises dans les appartenances du village de La Grange, comme les précédentes. Ce sont la pièce « des Longs Seillons », d'une contenance d'environ 2 journaux, et celle appelée « au Chiron, dans les Conbes » (10), pour lesquelles sera servie une rente annuelle seconde, « hutille et amortissable de 40 sols, payable à la St Michel l'amortissement devant s'en faire jusqu'à concurrence d'une somme de 40 livres, en trois ans à partir de la date de l'acte. La clause ordinaire de réméré, pendant cinq ans, est accordée, « de grâce specialle », au vendeur (13).

Enfin, voilà le jeune homme parti pour la gloire, — et la fortune, peut-être.... Combien de temps durèrent les illusions de sa famille ? Quels furent ses propres déboires ? A défaut d'une correspondance jaunie dont on peut présumer l'échange et le sens avec certitude, nous pouvons entrevoir la vérité à travers ces froids grimoires notariés le désenchantement a été complet en moins de cinq ans. Nous verrons plus loin, en effet, que Roch Boissier avait dû se marier vers le milieu de 1715 et avait fixé peu après sa demeure dans la paroisse d'Agris, chez son beau-père.

L'acte du 17 novembre de cette année, au surplus, ne prouve pas qu'il fût au service, ni même absent, mais simplement que, pour rémunérer son père, sans doute, des sacrifices que celui-ci avait faits en sa faveur, il lui avait abandonné ses droits sur certaines bribes de son bien propre, où nous voyons figurer cette pièce des « Longs Seillons » qu'il avait arrentée, avant son départ, à Jean Feuillade. Celui-ci l'avait trouvée en si mauvais état, mangée de mauvaises herbes, remplie de pierres et obstruée de « chirons que, cinq semaines plus tard, il faisait avec amertume constater le fait par un procès-verbal de notaire, le 27 avril 1711. Sans doute la mauvaise humeur de Feuillade était-elle exagérée, puisqu'il semble bien que le droit de rachat ait été exercé par les Boissier. Mais pas pour longtemps. Car après un accord sous seing privé survenu entre le père et le fils, le 8 novembre 1715, le 17 « Helie Boissier mre appre comme Cessionnere Et estant aux droits de Rocq boissier sr de La Fayolle (14), son filz », vend à Jean Marthonneau, pour 75 la pièce des « Longs Seillons », en même temps que celle du Roc, d'environ un journal et demi, au lieu de celle des Combes.

Tout cela ne semble pas indiquer que les affaires de la famille fussent en brillant état, et il est permis de supposer que le point de départ en ait été l'équipée militaire du fils. La dot de la seconde femme de l'apothicaire se trouvait probablement compromise, à telle enseigne que, le 1er janvier 1716, il doit assigner « sur tous et chacuns ses biens presents et avenir » tous les meubles de Marie Lériget et certaine somme de 250 # qu'il déclare avoir employée à ses affaires propres et particulières (15).

Il n'est désormais plus question d'Hélie Boissier. Mais les relations entre le père et le fils ne semblent pas avoir jamais cessé d'être bonnes. Même, la seconde femme du père semble être devenue la tante du fils, car il est à croire que Madeleine Lériget, que Roch avait épousée en 1715, comme nous l'avons dit, était la fille d'un frère de Marie. Son père, en tout cas, était Pierre Lériget. demeurant aux Camus de Moussac (16), paroisse d'Agris, et sa mère feue Madeleine Degaroste.

Toujours à court d'argent, l'ex-officier réalise tout ce qu'il peut. Le 29 novembre 1717, « Rocq boissier, sr de la fayolle demeurant De pnt au Village des Camus de Moussac, parroisse d'Agrix », en sa qualité d'héritier « bénéfisier », pour un tiers, de feu François Gesmond, sr de Cussac, son aïeul maternel, vend à François Pétis (17), marchand, demeurant au bourg de Villejoubert, sa tierce part dans la métairie de Cussac, située au bourg de Villejoubert et sur les territoires de Saint-Amant-de-Boixe, Montignac-Charente et Saint-Estienne dudit Montignac, sans qu'il soit besoin dé la spécifier davantage, ledit Pétis ayant déclaré bien connaître les lieux (18). Le prix est de 666# 13~ 4* sur laquelle l'acquéreur a payé comptant 300# 10~ 4* les 300 livres restantes devant être versées dans un délai de dix ans, en servant une rente annuelle d'un sol pour livre.

Enfin, un motif d'intérêt, sans doute justifié, porte encore Roch à un acte assez douloureux. Le 29 novembre 1717, sur les huit heures du matin, à la requête de Rocq Boissier, sieur de La Fayolle, et de damelle Madeleine Lériget, son épouse, tous deux demeurant au village des Camus de Moussac, en vertu d'une autorisation qui leur a été donnée quelques jours auparavant par le juge sénéchal du duché de La Rochefoucauld, — le notaire Ch. Gervais se transporte avec eux audit village, en la demeure du sieur Pierre Lériget. Là, ayant rencontré ledit Lériget, ils le somment de leur délivrer la moitié des biens dotaux et conventions matrimoniales de feue damoiselle Magdeleine Degaroste, leur mère et belle-mère, tant en principal qu'intérêts de « souffrir » que soit fait un inventaire des membres et « effaiz » qui se trouvent dans sa maison, et de choisir un arbitre qui en fasse l'estimation pour sa part, faute de quoi il en sera désigné un 'd'office. De leur côté, les demandeurs ont fait choix du leur, en la personne de Me Jean Demarginière(19), qui les accompagne. Mais Pierre Lériget s'oppose énergiquement à tout inventaire, consentant seulement à payer à son gendre et à sa fille la moitié des deniers dotaux qu'il peut avoir touchés de sa femme, leur belle-mère et mère, e en par eux justifiant de leurs droits et Vuidant la maison Dud sr Leriget qu'ils occupent presentement » représentant qu'au surplus, « led boissier a demeuré dans sa maison plus de deux ans en sa, attandeu que le bien De sa femme nest suffizant ny capable de les nourir ny entretenir tous deux. »

A quoi Roch Boissier rétorque que, s'il a demeuré dans la maison de son beau-père, « c'est pour le soubstien et maintien De la maizon dud Lériget ou il a esté contrain De faire plusieurs Voyages pour les affaires particulières Dud Lériget tant a La Rochett que angme et ailleurs, ou Il a mesme employé pluzieurs sommes et Deniers de son argent propre Pour Lesafaires Dud Leriget ainsy qu'il sera Prest de Justifier en venan à compter, putre qu'il a mené et conduit Dans la maizon dud Leriget du bled vin et autre choze pour sa nouriture et entretien De sa maizon Venant De son bien ainsy qu'il sera prest de Justifier en temps et lieu. » Là-dessus, le notaire se retire en dressant un procès-verbal que signent : « Leriget, sans approuver rien de prejudiciable a mes droits attandu que je suis despourveu de conseil — Boissier — magdelene leriget — J. Marginiere — f. Brousse — Ch. Gervais nore roïal hereditaire. »

C'est sur cette pénible scène de famille que nous tournerons cette page de la vie de Roch Boissier. Cela n'est pas de la grande Histoire; c'est à peine de l'Histoire locale, — de l'Histoire de mœurs. Mais c'est un aperçu de plus sur les conditions d'existence des classes moyennes rurales, aux deux derniers siècles de la Monarchie, dans notre région de petites propriétés où, le paysan étant aisé, le bourgeois et le gentilhomme étaient nécessairement pauvres. On ne se fait une idée juste de leur détresse qu'en parcourant, dans les archives particulières, les correspondances de cette époque. Un moment, le salut parut leur venir, de très loin, dans le magnifique essor colonial qui s'élargit tant vers le milieu du XVIIIe siècle et auquel notre Angoumois et les provinces voisines apportèrent un concours si enthousiaste. Mais la Révolution survint, et le mouvement fut enrayé net avant même que la perte de nos colonies fût un fait accompli. Le mouvement migratoire continua mais s'il mena les familles moins loin, ce fut sans esprit de retour. Elles se sont, pour la plupart, éteintes, hors du sol natal, comme si la sève s'était tarie dans ces vieux troncs déracinés.... Quelques-unes sont restées, heureusement, et c'est le cas de celle qui vient de nous occuper.

Georges de Massougnes des Fontaines

Notes :

1. Fille de Me François Gesmond, sr de Cussac, garde des eaux et forêts d'Angoumois, et de dame Jeanne Gervais, tout deux déjà décédés en 1697. Ce nom, uni à celui de Bouniceau, était encore représenté naguère dans le département.

2. Fille de jean Lériget, sr de Larchier, et de Marie Alanore, décédés avant 1716.

3. Jean Demarginière, seul de sa famille, signait « J. Marginière ». Ce nom, sous cette dernière forme, a subsisté presque jusqu'à nos jours.

4. Par contrat du 8 mai 1697. François Renaud, issu de la paroisse de la Rochette, où il habitait le village des Aillards, vint après son mariage, demeurer à celui de La Grange, en Agris. D'abord qualifié « sieur du Mineur » dans les minutes de Dubournais, — après 1713 il habite, à Agris même, le logis noble de La Michenie, dont il s'intitule sieur, par suite de l'acquisition qu'il en avait faite, à cette date, d'un marchand de biens d'Angoulême, Jean Pétis, se disant « blanchier » (E. 694, Dubournais jeune, not. à Agris). Possesseur d'une certaine fortune, qui semble s'être accrue longtemps, François Renaud était fils de Jean et de Marie Gounin, veuve en secondes noces (1697) de Me Jean Gervais, garde des eaux et forêts d'Angoumois. Son fils, Clément Renaud, sr de la Michenie, acheta une charge de notaire royal à Agris, où il exerça ses fonctions de 1742 à 1763 (Arch. Char. E. 777-794).

5. Demeurant au village des Massés, — auj. Chez Masset, ou mieux: Chez Macé, — paroisse de Brie-de-La Rochefoucauld. Toute cette région, voisine de la Braconne, fourmillait alors de forestiers.

6. Demeurant à Chez-Caille, — ou mieux: Chez Cail — en la paroisse d'Agris.

7. De Noël Bezaud, sr du Parc et de Marie Dubournais, sa femme, demeurant au village de Puysaguet, paroisse d'Agris.

8. Remarquer, en passant, que ce nom, qui veut dire forestier, est écrit indifféremment sous la même plume, par deux s ou un x, ce qui sert une fois de plus à prouver que cette dernière lettre n'était utilisée, jadis, que comme un double, et que des noms comme Texier, Boixier, La Boixe, Luxé, Xambes ou Bruxelles, ne doivent pas se prononcer autrement que Tessier, Boissier, La Boisse, Lussé, Sambes ou Brusselles (en flamand Brussels). Rien de plus fâcheux, pour la conservation de la prononciation française, que la vulgarisation de la « science » de l'orthographe !

9. L'acte, passé au village de la Grange, dans la maison de l'acquéreur, est signé « Boissier — F. Renaud — h Boyssier, sanrien aprouver à mais autres droitz de préjudisiable — J. Couprie — L. ferrand ». Le notaire a oublié de signer.

10. L'Esbaupin, Les Combes, etc. autant de lopins de terres, de simples champs appartenant à la même famille, dont nous voyons les noms portés par divers de ses membres, selon la coutume devenue générale à cette époque dans les familles nobles ou bourgeoises, à défaut de terres importantes, et à l'imitation des possesseurs de plusieurs fiefs.

11. Ces pièces sont mouvantes, la 3e, à rente, du sgr de Coulgeant, et les trois autres, l'agrier et terrage, de Mgr le Duc de La Rochefoucauld et des hoirs du sr Fureau de Villemalet, « comme les ayant acquises du Roy nostre sire ».

12. L'acte, passé « au lieu des Barrières parre dud Agrix maison et demeure dud helie Boissier et dud Vendeur en pnce de Jean Boissier, sr de Lesbaupin et René Martin clerq d' au village des Mauberards et de Pussecq pare dud Agrix est signé « Boissier — J. Fourgaud — h. Boyssier — J. Boyssier — rené martinet (sic) — Ch. Gervais, nore Roial héréditaire ».

13. « Fait et passé au lieu des Barrières parroisse susd en la maison et demeure dud hélie boixier et dud sieur bailleur, le treize mars mit sept Cens Onze avant Midy, es présence de jean de guilard escuyer Chevalier du quesroy et René martin, Clerc, demeurans scavoir led sieur de Guitard Escuyer au bourgt de st Constant Et ledit martin au village de puisse paroisse dudit agrix » Signé : « h. Boyssier — Boissier — Jean de Guitard — J. Fouillade — rené martine — Ch. Gervais note Roial héréditaire — En acordant ces pntes a esté payée En dépance Par Le Preneur Du Commandemt Dudt sr bailleur qnarante solz — Boissier ».

14. C'est probablement par suite d'une cession réelle que la qualification de sieur de la Fayolle avait passé du père au fils, du vivant du premier.

15. Parmi les meubles figurent un peu de vaiselle d'étain et quelques couverts de même métal, et la somme de 250 # est dite provenir en partie du don fait à Marie Lériget par feu Monsr de Gourville, et en partie du partage fait centre ladite « Lérigette » et ses frères, sœurs et beaux-frères, des biens de feus Jean Lériget, sr de Larchier, et Marie Alanore, ses père et mère. Monsieur de Gourvillle désigne sans doute, ici, Jean Hérauld, sgr de Gourville, né à La Rochefoucauld en 1625, mort en 1703, le célèbre financier frondeur et l'auteur des Mémoires.

16. Les Camus de Moussac, aujourd'hui : Les Camus, village, commune d'Agris.

17. Le nom de ce François Pétis,qui exerçait probablement la profession inavouée de « marchand de biens », doit être rapproché de celui de Jean Pétis, autre trafiquant de la même catégorie, dont il a été question ci-dessus, note 4.

18. La métairie de Cussac est tenue et mouvante « aveq autres lieux Tant à Ranthe que agrier, Du chasteau De Montignac, abaie de st amant de boixe, Prieuré dud. st estienne Et chastelard dud. st amant de boixe ». — Me François Mallet, notaire et procureur de la chastellenie de Montignac-Charente, demeurant au bourg de St Amant de Boixe, assiste à la vente. Cette métairie de Cussac doit être recherchée parmi les maisons du bourg de Villejoubert, car le nom n'en figure aujourd'hui en aucun point isolé des trois paroisses dont elle dépendait.

19. Nous avons vu qu'il était l'oncle maternel par alliance de Roch Boissier.

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Boissier des Combes

Boissier, avec Généalogie Charente Périgord
Origine très ancienne, nom provenant de boissière, lieu couvert de bois, clairière, d'après le dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle.

Filiation suivie

I. — Blaise Boissier, né en 1574, décédé en 1624, sieur de Maubras, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié avec Louise Leclerc, d'où : 1° Pierre Boissier, qui suit ; 2° Léonarde Boissier, mariée avec Imbert Ferrand, praticien ; 3° Louise Boissier, mariée avec Jean Broussard, marchand, d'où Pierre Broussard, notaire royal ;  Autre Louise Boissier, mariée avec Michel Poumeau, bourgeois ; 5° François Boissier, sieur de Grand-Champ, marié d'après acte du 29 janvier 1647, avec Louise Benoist ; 6° Roch Boissier, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié d'après acte du 11 janvier 1634, avec Catherine Frotier.

II. — Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, marié d'après acte du 14 février 1638, avec Marie Fureau, fille de François Fureau, garde des eaux et forêts d'Angoumois, et Jeanne de Rouffignac, d'où : 1° Roch Boissier, qui suit ; 2° François Boissier, sieur de La Mothe, marié d'après acte du 11 novembre 1682, avec Jeanne Malterre ; 3° Hélie Boissier, maître-apothicaire, marié d'après acte du 3 novembre 1685 avec Jeanne Gesmond, fille de François Gesmond, garde des eaux et forêts d'Angoumois, et Jeanne Gervais, d'où Roch Boissier, lieutenant d'infanterie ; 4° Jean Boissier, bourgeois, marié d'après acte du 17 novembre 1688, avec Marguerite Lériget.

III. — Roch Boissier, sieur de La Fayolle, marié d'après acte du 14 mai 1675, avec Françoise Riffaud, fille de Gilet Riffaud, marchand, et Marie Dumousseau, d'où : 1° Jean Boissier, qui suit ; 2° Catherine Boissier, mariée d'après acte du 27 janvier 1701, avec Jean Grassin, maître-chirurgien, d'où Louis Grassin, né en 1717, décédé en 1791, sieur des Combes, père de Jean Grassin, né en 1752, décédé en 1833, notaire, maire de la commune de Coulgens.

IV. — Jean Boissier, sieur des Combes, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié d'après acte du 18 septembre 1702 avec Marie-Anne Béchamil, fille de Pierre Béchamil, maître-chirurgien, et Elisabeth Benoist, d'où : 1° Jean Boissier, qui suit ; 2° Elisabeth Boissier, mariée d'après acte du 21 août 1725, avec Philippe Constantin, notaire royal, d'où :  Jean-Jacques Constantin de Villars, né en 1728, décédé en 1814, lieutenant-général de police à Angoulême ; 2° Elisabeth Constantin, mère de Pierre Fureau de Villemalet, né en 1760, décédé en 1795, général de division ; 3° Louise Constantin, femme de Alexis Lavialle, né en 1735, décédé en 1796, président de l'administration du district d'Angoulême.

V. — Jean Boissier, sieur des Combes, fermier de l'abbaye Saint-Ausone d'Angoulême, marié d'après acte du 27 octobre 1734, avec Louise Benoist, fille de Roch Benoist, sieur du Châtelard, et Marie Valleteau, d'où : 1° Roch Boissier-Descombes, qui suit ; 2° Louise Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 8 novembre 1761, avec Philippe Héraud, avocat, d'où Marie-Anne Héraud, belle-sœur de Pierre-Armand Pinoteau, né en 1769, décédé en 1834, général de brigade ; 3° Marie-Anne Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 3 février 1756, avec Laurent Delisle, maître-chirurgien, oncle par alliance de René Doche, né en 1760, décédé en 1834, député de la Charente à l'assemblée législative ; 4° Anne Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 8 mai 1757, avec Charles-Joseph Ducluzeau, greffier des eaux et forêts d'Angoumois ; 5° Marie Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 5 février 1782, avec Jean Lhoumeau, marchand ; 6° Jean Boissier-Descombes, bourgeois, propriétaire du logis du Châtelard à Puyréaux, marié d'après acte du 9 février 1766, avec Marie-Catherine Plaignaud ; 7° Laurent Boissier-Descombes, né en 1759, décédé en 1829, bourgeois, propriétaire, député aux États provinciaux, capitaine de la garde nationale, maire de la commune d'Agris, marié d'après acte du 23 février 1784, avec Marie Arondeau ; 8° Marie Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 5 novembre 1776, avec Jacques Meslier, avocat ; 9° Anne Boissier-Combes, mariée d'après acte du 11 juillet 1780, avec François Pantet, bourgeois.

VI. — Roch Boissier-Descombes, né en 1749, décédé en 1807, lieutenant des chasses du comte d'Artois, député/maire/procureur/commissaire pendant la Révolution, marié 1) avec Marthe Orillac, décédée en 1777, d'où Marie-Denise Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 12 janvier 1790, avec Jean Rivaud, né en 1765, décédé en 1803, général de division et propriétaire de l'hôtel de Bardines à Angoulême 2) avec Marie Boissier, d'où Alexandre Boissier-Descombes, né en 1782, décédé en 1813, chef de la bande responsable de l'attaque de la diligence de Churet.

Archives départementales

1626. — Vente par Louise Clerc, veuve de Blaise Boissier, vivant garde des eaux et forêts, d'une pièce de terre appelée Le Parc, paroisse de La Rochette.

Vente par Héliot Ferrand à Jacques Boissier, d'une pièce de vigne au lieu dit La Terrière, paroisse de La Rochette.

1638. — Transaction entre Jacques Lemercier, écuyer, sieur de La Borde et de La Trimouille, demeurant audit lieu noble de La Borde, et Pierre Boissier, praticien, au sujet de la ferme de la métairie dudit lieu de La Borde.

1644. — Partage par dame Louise Le Clerc, veuve Blaise Boissier, vivant garde des eaux et forêts, entre Roch Boissier, aussi garde des eaux et forêts, Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, et François Boissier, sieur de Grand-Champ, ses enfants, de tous ses biens meubles et immeubles, sous certaines conditions et réserves spécifiées dans l'acte.

1649 — Transport par Roch Frotier­ Tizon, écuyer, sieur de La Rochette, tant pour lui que pour Clément Frotier-Tizon, son fils, à Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, de toutes les rentes leur appar­tenant à cause de leurs seigneuries de Terrebourre, Chez-Pouillac et Villards.

1656-1657. — Vente par François Gervais, avocat, maître particulier des eaux et forêts d'Angoumois, à Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, d'une pièce de terre près le village des Barrières.

Vente par Pierre Dufouilloux à François Boissier, notaire à La Rochette, d'une grange sise au village des Foucauds, paroisse d'Agris.

1708-1713. — Vente par Jean Saulnier, laboureur, à Jean Boissier, sieur des Combes, garde des eaux et forêts d'Angoumois, de trois lopins de terre près le village des Chabrouleaux.

1720-1722. — Procès-verbal à la requête de Jean Boissier, sieur de L'Aubépin, des dégâts commis dans un champ de blé d'Espagne lui appartenant.

1731-1734. — Donation par Élizabeth Béchemilh, fille majeure, demeurant au village de La Motte, paroisse de Jaudes, à maître Philippe Constantin, notaire royal, et demoiselle Élizabeth Boissier, sa femme, nièce et filleule de ladite Béchemilh, en reconnaissance des bons services à elle.

Vente par Pierre Ferrand, marchand, à François Boissier, sergent royal, demeurant en la paroisse d'Agris, d'une pièce de terre labourable sise en ladite paroisse.
 
1738-1739. — Bail à ferme par Hélie Boissier, praticien, de présent engagé au service de Sa Majesté avec monsieur de Guitard, capitaine d'infanterie, à maître François Boissier, sergent royal, de tous les biens-fonds et héritages appartenant audit Hélie Boissier, du chef de Roch Boissier, son père, dans les paroisses d'Agris et de La Rochette.

Cheptel à moitié croît, pour un an, de 2 vaches de six ans estimées 120 livres, et de 2 boeufs de tire estimés 160 livres, consenti à un laboureur de la paroisse de Brie et à sa femme par Jean Boissier, sieur des Combes, garde en la maîtrise des eaux-et-forèts d'Angoumois.

1759. — Arrentement par Clément Boissier, sieur de Beaumont, soldat, à François Boissier, sergent royal, d'une maison tombant en ruines, au lieu des Barrières, paroisse d'Agris.

1769. — Bail à ferme de la moitié des dîmes de la paroisse de Brie, consenti moyennant 1,200 livres, chacun an, à Jean Boissier, sieur des Combes, bourgeois, et à Robert Machenaud, sieur des Plantes, aussi bourgeois, par ladite abbesse.


Bibliothèque généalogique

• Pierre Dubourg-Noves, Châteaux, manoirs et logis : La Charente, 1993.

Maison Boissier-Descombes. Cette demeure, qui ne fut pas noble, est située au village de « Chez Masset ». Elle appartenait, en 1752, à Jean Boissier, sieur Descombes, garde des Eaux et Forêts. C'est une belle demeure du XVIIIe siècle, avec une aile principale et une autre, plus courte, en retour. Elle possède deux niveaux sur cave, et un en surcroît. Les fenêtres sur rez-de-chaussée sont en arc bombé, celle de l'étage, rectangulaires ; au-dessus, se voient de petites lucarnes. Une belle porte avec imposte sous arc bombé, dans un avant-corps à angles arrondis sous un entablement à moulures saillantes, occupe le centre de la façade. Le logis a été pour moitié modernisé tristement, et reste pour l'autre dans son état ancien, avec plusieurs cheminées Louis XV à trumeau peint. La margelle du puits est datée de 1744. Cette maison avoisinait le cimetière des chiens de la meute des la Rochefoucauld, qui y étaient enterrés avec une plaque de cuivre mentionnant leur nom et leur pédigrée. Tout vestige de cette intéressante sépulture semble avoir malheureusement disparu.

• Jane-Marcelle Delahaye, Notes historiques sur Agris, paroisse d'Angoumois, 1975.

La famille Boissier (le nom de Boissier est l'équivalent de Forestier) est à l'origine une famille de gardes des Eaux et Forêts. On remonte dans la généalogie de cette famille jusqu'à la fin du XVIe siècle où vit Blaise Boissier, garde, époux de Louise Clerc (ou Le Clerc) dont la fille Léonarde Boissier est baptisée le 12 octobre 1614 dans l'église d'Agris. Elle a pour marraine Léonarde Laisné, femme de Roch Frotier Tison, escuyer, sieur de La Rochette et de Sigougnes. Blaise Boissier fait un échange d'héritage en 1622 et meurt peu après puisque Louise Clerc est déclarée veuve dans un bail à ferme qu'elle fait en 1624 à Georges Saulnier clerc de plusieurs rentes dont une seigneuriale et foncière due à la seigneurie de Ribérolles et que ledit Boissier avait affermée de la demoiselle Marsay. En 1644, Louise Le Clerc partage ses biens avec ses enfants : Roch Boissier, aussi garde des Eaux et Forêts ; Pierre Boissier, sieur de La Fayolle ; François Boissier, sieur de Grand-Champ.

Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, époux de dame Marie Furaud de Villemalet, habite aux Cailles, paroisse d'Agris, en 1656 puis aux Maubras en 1661. Le 26 novembre 1670, il lui est fait par Jean de Guitard, écuyer, sieur de La Borie et de Ribérolles autorisé de maître Pierre de Saunières « son tuteur onéraire », un bail à ferme « de la maison noble de Ribérolles avec les métairies du Logis, du Gainard (?), de La Moussière, de Chez Gaillou, autrement Chez Micheau, et généralement de toutes les dépendances de la seigneurie de Ribérolles sauf le corps de logis qui est au-dessus du portail et entrée de ladite maison de Ribérolles, dans lequel ledit seigneur entend faire son habitation, en allant et venant, et y loger ses meubles, ledit bail moyennant 1 400 livres par an, payables savoir, une moitié à la fête de Saint-Jean, l'autre moitié à la fête de Noël ».

Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, et Marie Furaud vivent encore lors du mariage de leur plus jeune fils, François Boissier, sieur de La Mothe, domicilié chez Caille, paroisse d'Agris, avec Jeanne Malterre, en 1682.

Au début du XVIIIe siècle, s'élevait, au village des Barrières, paroisse d'Agris, la maison du maître-apothicaire Hélie Boissier, fils aîné de feu Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, époux de Jeanne Gesmon. Il avait acheté cette maison en 1702, ainsi qu'une terre au lieu-dit La Loupe, de Bezaud Noël, sieur du Parc, et de Marie Dubournais, son épouse, du Puyssaguet, le tout relevant de la seigneurie de Ribérolles. La porte de la maison de l'apothicaire était surmontée d'une inscription latine servant d'enseigne. En voici le texte qui fut communiqué à la Société Archéologique et Historique de la Charente (1936, p. XXXIII) :

ECCE DOMUS PHARMACOPOLÆ
MEDICAMENTA SUNT
DEORUM MANUS

(Ici la maison du pharmacien. Les médicaments sont la maison des dieux.)

La maison existe toujours, du moins en partie, au lieu-dit Les Barrières, et l'inscription est encore lisible sur une pierre en forme de demi-cercle encastrée dans le mur au-dessus d'une petite porte donnant dans la cour.

Veuf de Jeanne Gesmon, décédée à l'âge de trente-sept ans et enterrée le 29 juin 1697 dans la chapelle Saint-Paul de l'église d'Agris, Hélie Boissier épouse en secondes noces Marie Lériget, fille de Jean Lériget, sieur de La Taillandière et de Larchier (mort ainsi que sa femme avant 1705). Son frère, Jean Boissier, sieur de Laubespin (terre en agris), a épousé Marguerite Lériget, sœur aînée de Marie, tandis que Jean Lériget, fils, s'unit en 1716 à Françoise Boissier, sœur des précédents.

De son premier mariage, Hélie Boissier, maître-apothicaire, a un fils, Roch Boissier, sieur de La Fayolle (parfois dit René), qui épouse le 28 novembre 1715 Madeleine Lériget, fille de Pierre Lériget, sieur de Beaumont. La sœur de Madeleine Lériget, Anne Lériget, est mariée à Barthélemi Gadon, praticien en 1718, puis juge assesseur de la châtellenie de Saint-Mary en 1724 et procureur au siège de La Rochefoucauld en 1725. Les deux sœurs, Madeleine et Anne, et leurs époux, Roch Boissier, sieur de La Fayolle, et Barthélemi Gadon, se partagent en 1718 les biens de la succession de dame Madeleine de Garoste, leur mère et belle-mère, femme (ou veuve) de Pierre Lériget. En 1727, Hélie Boissier et Marie Lériget partagent avec Roch Boissier, fils de Jeanne Gesmon, première femme d'Hélie, plusieurs fonds dépendant de la succession de celle-ci. A sa mort, Hélie Boissier, âgé d'environ quatre-vingts ans, est enterré dans l'église d'Agris le 10 juillet 1736. Roch Boissier meurt avant 1741, date à laquelle Madeleine Lériget est dite veuve dans un acte de vente. Décédée à Villemalet dans la maison de son fils Hélie, elle est inhumée le 11 février 1756 dans la chapelle Saint-Paul de l'église d'Agris, âgée d'environ soixante-dix ans.

La famille Boissier se perpétue avec Jean Boissier, sieur des Combes, garde des Eaux et Forêts, dont on retrouve le nom entre 1720 et 1748 dans plusieurs actes d'achat de terres. Sans doute est-ce lui qui, en 1761, est dit fermier général de l'abbaye de Saint-Ausone d'Angoulême quand il fait avec le prieur-curé de la paroisse de Brie, un bail à ferme à Pierre Rossignol, laboureur, des dîmes de la paroisse de Brie. En 1789 le nom de Boissier, sieur des Combes, sera soudé en Boissier-Descombes. A Agris, le sieur Laurent Boissier, de La Brousse, est alors le plus riche propriétaire terrien de la paroisse.

• Stéphane Calvet, Les grandes affaires criminelles de la Charente, 2011.

« Le sieur Descombes père, sans état avant la révolution et retiré à la campagne, vivait de ses rentes, sa fortune personnelle était de 130 000 à 140 000 francs. S'étant prononcé pour les principes de la Révolution, il fut appelé à la place de procureur syndic du District de La Rochefoucauld à celle de maire de sa commune et depuis à celle de percepteur des contributions. Ses opinions politiques et ses relations ont toujours été bonnes. Quant à sa probité on ne saurait lui faire le moindre reproche. »

Une étude dans les différentes registres paroissiaux et dans l'état civil montre, en outre, qu'il dispose d'un solide réseau de parentèle et de clientèle à travers tout le département de la Charente. Possédant plusieurs propriétés, il est lié aux Fureau de Villemalet, ainsi qu'à la famille Frottier de La Rochette. Son mariage, célébré à Saint-Projet-Saint-Constant le 7 décembre 1790, permet également de voir qu'il compte parmi ses amis un certain Constantin-Villars, lieutenant général de police à Angoulême. Enfin il a été, par sa sœur Marie Denise, le beau-frère du général de division Rivaud, l'une des plus grandes gloires locales de cette époque. Honnête et raisonnable, Boissier-Descombes père est cependant mis à l'index dès qu'on évoque sa conduite privée. Rudler affirme ainsi : « Le mauvais exemple qu'il a donné à ses enfants par ses mœurs dissolues et l'attachement aveugle qu'il avait pour son fils sont les sources de ses malheurs (...). Sa fortune se trouve réduite à 50 000 ou 60 000 francs. Outre son fils et une fille mariée, il est encore chargé de cinq enfants ». Il est vrai que ces derniers sont tous issus d'un mariage contracté en 1790 avec sa cousine germaine Marie Boissier avec laquelle il a vécu un long moment en concubinage. Né le 22 octobre 1783, Antoine est donc le fruit d'une union illégitime. Marcel Reible certifie même que la première épouse du père Boissier-Descombes se serait suicidée en raison des frasques amoureuses de son époux. Mais une fois de plus, aucun document d'époque ne nous permet d'infirmer ou de confirmer cette hypothèse. Il est certain néammoins que l'homme a eu des enfants illégitimes avec sa cousine germaine, ce qui peut paraître scandaleux dans le monde de la notabilité de l'époque. Quoi qu'il en soit, le préfet de la Charente estime que cette immoralité serait à l'origine de la mauvaise conduite du fils dont il dresse un portrait peu flatteur.

• Revue de Saintonge & d'Aunis, 1938.

Ce titre pourrait faire croire à un roman ; pas du tout, c'est un récit d'histoire locale, une histoire de brigands. L'affaire se passe sous Napoléon Ier, en 1807. Une diligence transportant une somme très importante à l'adresse de la Banque de France, part d'Angoulême pour Paris, et se trouve attaquée près du pont de Churet, non loin de son lieu de départ, par plusieurs individus conduits par un nommé Boissier-Descombes, fils d'un gros propriétaire de la région. C'est une affaire banale. Mais elle devient intéressante lorsqu'on s'aperçoit des ménagements dont bénéficient Boissier et ses acolytes. Le chef de la bande, condamné à 24 ans de bagne, ne subit pas la flétrissure de la marque ; on essaie de le faire évader du fort du Hâ, on se résout enfin à l'envoyer au bagne de Rochefort où il mourut en 1813.

M. Reible s'est demandé quelle pouvait être la cause de tant de mansuétude à l'égard d'un voleur de grand chemin. Il en trouva l'explication aux Archives de la Charente et aux Archives nationales. Des documents irréfragables lui permirent de constater que parmi les nombreux fonctionnaires mêlés au procès, certains d'entre eux étaient affiliés à la Franc-Maçonnerie, de même qu'un nommé Boissier-Descombes, sans prénom, le père du condamné sans doute ou même celui-ci.

Ce petit livre, plein de détails intéressants, est précieux pour l'histoire locale. Il donne, en un style expressif et coloré, un aperçu sérieux de la vie sociale, politique et judiciaire au début du XIXe siècle.

• Mémoires de l'Académie celtique, 1807.

Tout est ici encore une fois celtique, et les choses et les mois; c'est donc dans le celtique qu'il faut chercher à retrouver ces derniers, qui n'ont de latin et de grec que la finale, encore pas toujours; car le breton et le gallois ont, comme le latin, beaucoup d'adjectifs en us. Or la langue celtique m'offre trois élymologies du nom d'Esus, plus ou moins vraisemblables, entre lesquelles je vous laisse à choisir, Messieurs. Celle qui s'accorde le mieux peut-être avec notre bas-relief, dans lequel on voit un Dieu au milieu d'un bois, qui émonde un arbre comme un bûcheron, c'est celle de Gwez, Goez, en construction wez ou oez, qui se contractent facilement en ez, lequel devient Esus, en ajoutant la finale latine us, et signifie sauvage, rustique, farouche, féroce, sylvestris, ferus, adjectif formé du substantif gwez, arbres, bois, comme l'adjectif latin sylvestris ou sylvester, et le français sauvage, sont formés du substantif latin sylva; comme encore nos mots français forestier, boisier, d'où le nom propre boissier, homme qui travaille et vit dans les bois, et bûcheron, ont été dérivés, l'un du mot forest, l'autre du mot bois, et le troisième des mots bûcher, bûche, bosc ou bois. L'Esus des Celtes serait donc alors le Silvanus, ou le dieu Silvain des Romains, mot dérivé, comme on sait, de Sylva, forêt. Ce qui le confirme, outre l'analogie du nom, c'est que ce dieu est représenté sur plusieurs monumens comme l'Esus de nos autels druidiques, une serpe à la main, un habit rustique qui lui descend jusqu'aux genoux, et des arbres à ses côtés. Nonnus le représente comme un renverseur d'arbres et un perce-forêts, nom d'un héros de la mythologie druidique. Sur une pierre de la chaussée, il est placé entre deux arbres, et tient d'une main une serpe. Sur une médaille il est nu, tient d'une main le pedum, et de l'autre la serpe, avec le mot Silvain; on le voit sur un jaspe de Stosch debout sous deux arbres, tenant de la main droite une serpe; enfin sur un bas-relief de Beger, il tient dans la droite une serpe, dans la gauche une branche de pin, et auprès sont d'autres pins, dont cette branche paraît détachée. Silvestris et Silvanus étaient aussi les épithètes de Mars, et Rusticus d'Hercule. On offrait, selon Caton, des vœux dans la forêt à Mars Silvanus; les Romains et les autres peuples latins appelaient Mars Silvestris.


Liens web

Le procès de l'attaque de la diligence.

Comment on équipait un lieutenant au début du XVIIIe siècle.

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02 novembre 2020

La Saint-Hubert en Braconne (1865)

Mon cher Directeur, Les Sociétaires d'Hallali-Charente viennent de faire une magnifique chasse en Braconne, en l'honneur du divin patron des chasseurs. Seulement le dénouement de ce magnifique laisser-courre a failli devenir tragique. Vous en jugerez par ce compte rendu que je vous adresse à la hâte.

Le 14 dernier, à neuf heures du matin, le piqueur de M. Lassée brisait à vue, dans les enceintes de Jauvigières, sur un vieux dix-cors qui, dès le lancer, avait manifesté des intentions hostiles, en faisant mine de charger ce jeune homme, qui n'avait échappé à ce danger imprévu qu'en saluant l'animal des deux fanfares de circonstances : la Vue et la Royale.

Une demi-heure après, les chiens réunis de MM. Lassée, baron Des Graviers et Roux de Reilhac, étaient découplés sur la brisée et partaient à fond de train sur cette voie saignaale.

L'animal, vigoureusement poussé, contourne la maison forestière de la Jauvigière, prend l'eau à la mare du même nom; traverse les tailles du Logis de la Fosse, celle des Guille-Douc et s'engage, en plaine, dans la direction du bourg de Brie; se fait relancer dans un petit bois et rentre en forêt par son contre; retourne à son lancer, traverse les enceintes de la Jauvigières, de la Grande-Fosse, saute la route d'Angoulême à Chasseneuil, prend l'eau au lac du Rossignol, traverse l'immense quartier de Glanges, le village du même nom, situé au milieu des bois, et débuche dans les vignes, jusque dans les douves du château de Fayolle, dont nous ad

mirons, en passant au galop, les imposantes ruines et la magnifique position, qui domine au loin toute la contrée. Puis, toujours courant à une allure que nous avons peine à suivre, le cerf obliqué un peu sur la gauche, traverse deux ou trois villages dont le nom m'échappe; bientôt il est aperçu sur une éminence, majestueusement campé, attendant la mèute de pied ferme. Au bruit des trompes il se décide à courir encore quelques centaines de mètres; mais il est bien vitè rejoint par les chiens qui lui mordent les jarrets. C'est alors que commence un hallali des plus émouvants. Le cerf, en furie, charge les chiens à outrance; plusieurs sont foulés et blessés; mon fils, qui aime ses chiens plus que lui-même, se précipite, le couteau de chasse au poing, à l'aide des braves toutous, mais il est chargé, renversé par le cerf, qui le foule aux pieds et lui passe sur le corps, heureusement sans le blessér. Mon piqueur Buisson, résolument accouru au secours de son jeune maître, a le même sort; moins heureux, il reçoit un coup d'andouiller qui lui laboure la cuisse; mais le brave garçon, en tombant, a pu frapper d'un vigoureux coup de dague ce terrible animal qui s'affaissé pour ne plus se relever, à la grande satisfaction des témoins justement inquiets de cette scène, qui, bien que grandiose, pouvait devenir désastreuse.

Nul doute que, du haut des cieux le grand saint Hubert veille sur ses disciples; il n'a pas permis qu'un malheur vint attrister une journée qui lui était consacrée par bon nombre des plus fervents. Grâces donc lui soient rendues au plus haut des cieux. J'espère que le blessé en sera quitte pour une quinzaine de jours de repos forcé.

Cette superbe chasse a duré deux heures; le cerf était énorme de taille et portait un bois magnifique. Il avait été si durement mené, sur ce terrain couvert de pierres, qu'il était complètement dessolé. Étaient présents à l'hallali, Sociétaires : MM. A. Lassée, L. Lassée, baron Des Graviers, de Ferrières, de Lavigerie, E. Machenaud, de Reilhac (père et fils). Invités : MM. S. Auguis, L. Duquérois, G. Callaud, Bernard, G. de Nieuil, de Magnac, G. de Saluces. Je saisis cette occasion, mon cher Directeur, pour · vous renouveler mes sentiments de gratitude pour les deux fox-hounds que vous avez eu la bonté de me procurer, ils se sont vaillamment comportés à cette chasse. J'espère bien en tirer excellente et nombreuse lignée.

Victor Roux de Reilhac.

(Journal des chasseurs, de Léon Bertrand)

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La Grisarde-Terrible (1835)

Le 20 mai à cinq heures du soir, le garde à cheval Treilhes, résidant à La Rochefoucauld (Charente), tua, dans la forêt royale de la Braconne, la fameuse louve qui avait exercé dans la contrée des ravages si grands que les habitans la surnommèrent la Grisarde-Terrible. Depuis dix ans elle habitait la forêt, et chaque année elle y déposait sa portée de louvetaux. Averti par un pâtre qui l'avait vue le matin sur le canton du Chien-du-Loup deux jours auparavant elle avait dévoré deux ânes, le garde s'empressa de s'adjoindre son brigadier avec lequel il se rendit au lieu où elle avait l'habitude de déposer ses petits, et là, ils l'attaquèrent avec trois chiens qui la chassèrent vigoureusement. Après trois heures d'une chasse fatigante, le garde parvint à la tirer et l'atteignit d'une balle au défaut de l'épaule. Cet animal, à en juger par sa forme était issu selon toute probabilité, de l'accouplement d'un loup et d'une hyène car elle avait comme cette dernière les oreilles longues, droites et unies, la tête plus carrée que celle du loup, et la queue plus courte et plus touffue le poil du corps et de la crinière d'une couleur gris obscur mêlée d'un peu de fauve et de noir; mais elle était d'une grosseur peu commune.

(Journal Le Figaro, 31 mai 1835)

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Benoist du Châtelard

Benoist du Châtelard, avec Généalogie Charente Périgord
D'or à deux chevrons ondés de sable.

Filiation suivie

I. — Michel Benoist, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié avec Anne Ferrand, d'où Pierre Benoist, qui suit.

II. — Pierre Benoist, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié avec Marie de Lubersac, d'où : 1° Jean Benoist, qui suit ; 2° Léonet Benoist, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié avec Guyonne de Singarreau, d'où François Benoist, sieur de La Pontille ; 3° Clavienne Benoist, mariée avec Vallier Gounin, marchand.

III. — Jean Benoist, né en 1588, décédé en 1631, notaire royal, marié 1) avec Catherine Gallois, d'où Léonet Benoist, notaire royal 2) avec Catherine Frotier, décédée en 1671, fille de Jean Frotier, sieur de La Rochette, et Françoise Petitaud, d'où : 1° Roch Benoist, qui suit ; 2° Louise Benoist, mariée d'après acte du 25 février 1647, avec François Boissier, sieur de Grand-Champ.

IV. — Roch Benoist, né en 1627, décédé en 1690, sieur de Saint-Ciers et du Châtelard, juge de Saint-Saturnin, procureur au siège présidial d'Angoulême, conseiller de l'hôtel-de-ville.

1) Marié en 1652 avec Françoise Jolly, fille de Michel Jolly, procureur au siège présidial d'Angoulême, et Marie Baillon, décédée en 1659, d'où : 1° Catherine Benoist, mariée d'après acte du 28 août 1672, avec Jean Aultier, sieur du Châlard, avocat à la cour et colonel de la ville d'Angoulême, d'où Philippe Aultier, né en 1682, décédé en 1756, juge-magistrat au siège présidial d'Angoumois ; 2° Roch Benoist, sieur de Saint-Ciers, juge-magistrat au siège présidial d'Angoumois, marié d'après acte du 13 janvier 1675, avec Catherine Palissière, d'où Roch Benoist, né en 1681, décédé en 1721, sieur de Saint-Ciers, marié d'après acte du 21 février 1708, avec Marie Valleteau, d'où Louise Benoist, mariée d'après acte du 27 octobre 1734, avec Jean Boissier, sieur des Combes.

2) Marié en 1660 avec Françoise Salesse, fille de Pierre Salesse, huissier au présidial, et Romaine Vallette, d'où : 2° Marie Benoist, mariée d'après acte du 1er août 1678, avec Martial Gauthier, sieur de Sauveroche, avocat à la cour, d'où Antoinette Gauthier, marié avec Jean-Ignace de Verneuil, sieur de Saint-Paul ; 3° Anne Benoist, mariée d'après acte du 22 novembre 1678, avec François Guimbelot, né en 1645, décédé en 1710, sieur de Monplaisir, avocat à la cour ; 3° Marie Benoist, mariée d'après acte du 1er août 1678, avec Martial Gauthier, sieur de Sauveroche, avocat à la cour, d'où Antoinette Gauthier, marié avec Jean-Ignace de Verneuil, sieur de Saint-Paul ; 4° Anne Benoist, mariée d'après acte du 22 novembre 1678, avec François Guimbelot, né en 1645, décédé en 1710, sieur de Monplaisir, avocat à la cour ; 5° Philippe Benoist, qui suit ; 6° Roch Benoist, chevalier de Malte ; 7° François Benoist, sieur de Lavergnette, marié d'après acte du 4 novembre 1698, avec Marie Jabouin, fille de Pierre Jabouin, sieur des Fontanes, et Anne Sauvo.

V. — Philippe Benoist, sieur du Châtelard, avocat à la cour, marié d'après acte du 14 février 1695, avec Catherine Chenevière, fille de Pierre Chenevière, marchand et lieutenant de la ville d'Angoulême, et Anne Bellabre, d'où : 1° Roch Benoist, qui suit ; 2° Barbe Benoist, née en 1720, décédée en 1752, mariée d'après acte du 25 novembre 1741, avec Charles Préveraud, sieur de La Boissière, cavalier de la maréchaussée, fils de Pierre Préveraud, juge-magistrat au siège présidial d'Angoumois, et Marie Maulde ; 3° Elisabeth Benoist, mariée d'après acte du 6 février 1745, avec Jean François Prévost, sieur du Maine-Dupuy, cavalier de la maréchaussée.

VI. — Roch Benoist, né en 1719, décédé en 1791, sieur du Châtelard, lieutenant de la ville d'Angoulême, commandant de la garde nationale, marié d'après acte du 26 février 1753, avec Marie Chesnaud, fille de François Chesnaud, sieur de L'Houmeau, et Marie Anne Renon.

Archives départementales

1631-1632 — Ratification par maître Jean Benoît, notaire à La Rochette, d’un accord intervenu entre mes­sire Jean Casimir d’Orquoy, chevalier, seigneur de Cour­celles, Saint-Trojan et autres places, comme ayant charge de messire François de Bourgon, d'une part, et Jean Be­noît, marchand, d’autre part.

1672. — Contrat de mariage entre Jean Autier, avocat en la Cour, demeurant à Angoulême, fils de feu Jean Autier, vivant procureur audit siège, et de demoiselle Jacquette Desbordes, d'une part; et demoiselle Catherine Benoît, fille de Roch Benoît, procureur au présidial, et de feue dame Françoise Jolly, d'autre part.

1683. — Sommation de maître Roch Benoît, sieur de Saint-Ciers, avocat en la cour, à demoiselle Marie Leclerc, veuve d'Hélie Leviste, vivant sieur des Barrières, conseiller au présidial d'Angoumois, d'avoir à mettre ledit sieur de Saint-Ciers en possession de l'office de conseiller au présidial qu'elle lui a vendu par contrat du 5 avril dernier, reçu par Desprez, notaire royal.

1686. — Révocation par maîtres Charles Ferrand, écuyer, sieur des Roches, conseiller du Roi, lieutenant particulier assesseur criminel en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoumois, Annet de la Charlonie, écuyer, sieur d'Auteroche, Jean Thomas, écuyer, sieur des Bretonnières, Pierre Des Forges, écuyer, sieur du Châtelard, Jean Dubois, sieur de La Vergne, Jean Sauvo, sieur du Bousquet, Jean Thomas, écuyer, sieur de Bardines, Roch Benoist, sieur de Saint-Ciers, Jean de Paris, écuyer, sieur du Courret, et François Maulde, sieur de Marsat, tous conseillers audit siège, demeurant à Angoulême, de la procuration par eux donnée à Daniel Tourre, procureur au Parlement, aux fins de les représenter dans leur procès contre messire Marc-René de Voyer d'Argenson, lieutenant général audit siège.

Reconnaissances rendues à Roch Benoist, seigneur du Châtelard et de Saint-Ciers, l'un des conseillers de l'hôtel-de-ville d'Angoulême, pour des terres relevant de sa seigneurie du Châtelard.

1705. — Transaction entre Pierre Chenevière, bourgeois d'Angoulême, ayeul et tuteur naturel des enfants mineurs de feu Philippe Benoît, sieur du Châtelard, et de Catherine Chenevière, sa femme, d'une part ; et François Moreau, maître ès-arts, d'autre, au sujet d'un bâtiment élevé par ce dernier derrière sa maison sise dans la rue Froide et touchant à la maison desdits mineurs.

1715. — Contrat de mariage entre Roch Benoist, sieur du Châtelars, fils de défunts Philippe, sieur dudit lieu, et Catherine Chenevière; et Anne Dulac, fille de François, sieur du Maine-Brie, procureur fiscal de St-Cybard, et d'Elisabeth Vinsonneau, demeurant au Maine-Brie, paroisse de St-Yrieix, qui reçoit 10.000 livres de dot.

1718. — Transaction entre Jean Valleteau, sieur de Chabrefy, conseiller en l'élection d'Angoulême, Roch Benoît, sieur de Saint-Ciers, et demoiselle Marie Valleteau, sa femme, demeurant au lieu noble du Châtelars, paroisse de Saint-Ciers, Jean Valleteau, sieur du Maine-Touchard, demeurant à La Plègerie, paroisse de Champmillon, comme légal administrateur d'André Valleteau, son fils, François Valleteau, sieur de Chambourg, y demeurant, Jean Prévéraud, sieur de Pontbreton, et demoiselle Louise Valleteau, sa femme, Jérôme Valleteau, sieur de La Plègerie, demeurant à Chabrefy, et Pierre Valleteau, demeurant à Angoulême, au sujet du partage des successions de demoiselle Louise Valleteau, sœur dudit sieur de Chabrefy, et demoiselle Marie Valleteau, sa sœur, en son vivant femme de François Dussieux, sieur de La Moradie.

1749. — Cession par Charles Prévéraud, sieur de La Boissière, procureur fiscal de la baronnie de Montignac, cessionnaire de Pierre Birot, sieur de Servolle, qui l'était de Josué Birot, son beau-frère, qui l'était lui-même de feu Pascal Mathieu, sieur du Roc, d'une part, à demoiselle Marie Valleteau, veuve de Roch Benoît, sieur de Saint-Ciers, demeurant au logis du Châtelard, paroisse dudit Saint-Ciers, d'autre part, d'une rente seconde de 18 livres, de 360 livres au capital.

1756. — Cession par messire Marc Barbot de La Trésorière, écuyer, seigneur de Peudry et autres lieux, ancien conseiller du Roi, juge-prévôt royal de la ville et châtellenie d'Angoulême, à Roch Benoît du Châtelard, de toutes les sommes dues audit sieur de La Trésorière par ledit Benoît, comme héritier de demoiselle Barbe Chenevière, sa tante

1757. — Transport par Roch Benoît, sieur du Chàtelard, et Marie Chesnaud, sa femme, demeurant en la ville de Verteuil, ledit sieur du Chàtelard en qualité de seul héritier de demoiselle Barbe Chenevière, sa grand-tante, d’une part ; à demoiselle Jeanne Dulac, fille de défunt Pierre Dulac, en son vivant commissaire des poudres et salpêtres de la province d’Angoumois, et de Françoise Estève, sa femme, demeurant à Angoulême, d’autre part, de 51 livres 11 sous de rente constituée, dues par les héritiers de François Vigier, écuyer, sieur de La Pille, avocat au présidial d’Angoumois.

1761. — Vente par Roch Benoît, sieur du Châtelard, lieutenant de milice bourgeoise de la compagnie de la paroisse St-André d’Angoulême, dont le sieur Sazerac est actuellement capitaine, à Antoine Dussouchet, négociant, dudit office de lieutenant de milice bourgeoise, ladite vente faite moyennant la somme de 264 livres payées comptant.

Bibliothèque généalogique

• Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 1876.

Procès-verbal pour l'établissement des religieuses carmélites à Angoulême

L'an 1677, le 30 juillet, a comparu pardevant nous Hélie Houlier, escuier, sr de La Pouyade, conseiller du Roy, lieutenant général en la Seneschaussée et siège présidial d'Angoulême, en la chambre du conseil dud. siège, Me Roc Benoist, procureur aud. siège et des dames Carmélites de cette ville, lequel nous a dit qu'elles ont obtenu de S. M. lettres-patentes pour leur établissement, lesquelles ayant été présentées à Nosseigneurs de la Cour de Parlement pour la vérification d'icelles, est intervenu arrest le 7 de 7bre 1654, par lequel il est ordonné avant procéder à la vérification et enregistrement desd. lettres que, à la requeste de Monseigneur le procureur général, il sera informé d'office par l'un de nosdits seigneurs trouvé sur les lieux ou par nous de la commodité ou incommodité que peut apporter led. establissement, en quel fonds lesd. religieuses prétendent bastir un monastaire, et en quel lieu, quelles rentes ou revenu elles ont pour faire subsister lad. maison quand elle sera bastie, quel nombre de monastaires y a en cette ville et de quels ordres nous a représenté lesd. lettres-patentes, datées du 10 Xbre 1653, scellées du grand sceau, signées : Par le Roy, De Loménie, et à costé, visa : Molé, avec ledict arrest ; requis qu'il nous plaise en exécution dud. arrest informer des faits y contenus. — Signé : benoist, procureur desd. dames.

Sur quoy nous avons acte de la présentation des lettres-patentes et de l'arrest de Nosseigneurs de la Cour, ordonné que le tout sera communiqué au procureur du Roy. Fait à Angoulesme les jour et an susd. — H. Houlier.

• Châteaux, manoirs et logis : La Charente, 1993.

Le logis du Châtelard

Le premier propriétaire connu de la seigneurie fut Roch Benoist, écuyer, seigneur de La Grenouillère, de Saint-Ciers et de La Boissière. Vivant au XVIIe siècle, il fut conseiller du Roi, juge magistrat en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoulême. Jean Boissier, seigneur des Combes, prit possession du logis en 1734, lors de son mariage avec Marie-Laure Benoist, petite-fille de Roch. Sous la Monarchie de Juillet, le logis appartenait à Jean-Charles de Chevreuse, capitaine de gendarmerie, qui fut aussi maire de Puyréaux de 1846 à 1848. En 1857, Jean Malloire fit l'acquisition du domaine. En 1895, la propriété était au nom de Pierre-Édouard de Thinon. L'ancienne entrée du logis, encore en place actuellement, était formée par un grand porche comprenant une porte cochère et une porte piétonnière. Le corps d'habitation comprend deux bâtiments. Le plus élevé, très restauré et sans grand caractère, est accolé à une tour carrée qui semble plus ancienne. Celle-ci possède sur trois de ses faces une bretèche soutenue par deux consoles.

• Les coutumes du pais et duché d'Angoumois, Aunis et gouvernement de La Rochelle, 1720.

Arrêt du conseil de la sénéchaussé d'Angoumois

Ce jour les officiers de la sénéchaussée et siège présidial d'Angoumois assemblés en la chambre du conseil, en la manière accoutumée pour le jugement des procès, ayant veu et examiné la requête présentée par dame Françoise de Montaud de Beynac de Navaille, duchesse douairière d'Elbœuf, veuve du seigneur duc d'Elbœuf pair de France, à ce qu'il luy fut delivré acte de notorieté de l'usage qui se pratique au présent siège, pour disposer par un père et une mère de leurs acquêts situés en cette province d'Angoumois en faveur d'un de leurs enfants, ou d'un estranger, et s'il est nécessaire qu'ils ayent des propres dans la même province, l'avis des avocats et procureurs du présent siège, avec celuy du procureur du roy : la matière mise en déliberation, certifient et attestent véritable par acte de notoriété, que l'usage observé en Angoumois est, que pour disposer par un père et une mère de leurs acquêts situés en ladite Province en faveur de l'un de leurs enfants, ou d'un estranger, il n'est pas nécessaire qu'il ayent des propres dans la même coûtume et province, puisqu'il est constant, que pour la validité du don il suffit, qu'ils ayent des propres dans d'autres coûtumes, qui comme celle d'Angoumois assignent les propres, ou les réservent en tout ; ou en partie pour la légitime coûtumière des héritiers ; ce qui a principalement lieu, lorsqu'il y a dans une coûtume voisine, comme est celle de Poitou des propres considérables, et suffisans pour fournir la légitime des enfants, qui y sont réduits ; en telle sorte que tous les acquêts d'Angoumois doivent tomber dans le don, et qu'il n'y a pas lieu au cumul, ny au retranchement du don ou legs desdits acquêts, sous prétexte qu'il n'y a pas de propres en Angoumois, puisqu'il suffit qu'il y en ait dans d'autres coûtumes de suffisans, ce qui produit le même effet, et est conforme au véritable esprit de l'art. 49. de ladite coûtume d'Angoumois. Fait et arrêté en la chambre du conseil de ladite sénéchaussée d'Angoumois, à Angoulême le 14. Mars 1701. Signé, Chérade, Arnauld, Gervais, J. Thomas, H. Desruaux, Pasquet, J. Thomas de Bardines, R. Benoist, J. de Paris, Arnauld, E. Dumontet, Bareau de Beauregard, de la Vergne, de Villeneuve, Dubois, & Desruaux.

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29 octobre 2020

Un témoin de la bataille de Malplaquet

Au Camp du Quesnoy, le 13 Septembre 1709.

Monsieur et très cher Père,

J'ai reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, en datte du dernier aout, laquelle me fut rendue par M. Barrault au camp de Denaing, la citadelle de Tournay ayant été obligée de se rendre faute de vivres et de munitions ; nous avons quitté ce camp le 7 de ce mois pour nous retirer du coté de Mons et tacher de rompre les desseins des ennemis qui en voulaient à cette place ; nous fûmes camper ce jour-là à Kieuvrin, trois lieues par de là Valenciennes. Le 8, les Ennemis ayant passé la Haine, M. le Chevalier de Luxembourg ne l'attaqua pas à leur passage à cause de l'infériorité de son détachement ; ils entrèrent dans nos lignes et vinrent camper à Gerriel pour investir Mons. M. le Maréchal de Villars, pour mettre à couvert tout le pays de Bavay et Maubeuge et reppousser les ennemis de manière qu'ils ne puissent faire leurs courses en deçà de Mons, résolut d'avancer et de passer la rivière d'Hosneau pour s'emparer de la trouée de Bavay ou d'Aulnois dans laquelle nous entrâmes le lundi 9, après avoir fait faire à une armée la plus belle marche, et la plus forte et la plus déterminée qui se soit encore vue. Le Dimanche, la veille, il nous passa en revue avec M. le Maréchal de Boufflers, et gratieusa chaque troupe en particulier de manière que chacun fut content. Lorsqu'il vint à passer devant les gendarmes de la garde, M. le Maréchal de Boufflers, pour nous faire honneur et nous rendre justice, dit tout haut : « Voilà une troupe invincible ». A quoi M. le Maréchal de Villars ajouta : « Et invaincue ». Ce jour là on fit marcher tous nos équipages du coté de Valenciennes et chacun se disposa à voir l'Ennemi de moment en moment ; nous restâmes couchés en bataille, et la nuit le pain fut distribué à toute l'armée. Le Lundi 9 nous marchâmes aux Ennemis, passâmes l'Hosneau et entrâmes dans la trouée d'Aulnois, qui devient à présent fameuse par la grande bataille qui s'y est donnée et dont on parlera dans tous les siècles, Dès notre arrivée, nous nous rangeâmes aussitôt en bataille, nous dressâmes nos batteries de canons au nombre de 80 pièces et reçumes la bénédiction de nos aumôniers, tout prêts à recevoir les Ennemis qui marchaient à nous en grande diligence du côté d'Aulnois, mais nous ne fîmes ce jour-là que nous canoner de part et d'autre ; les ennemis avaient 150 pièces en batteries, avec plusieurs mortiers qui faisaient un carrillon terrible et qui nous ont abîmé une infinité de braves gens et de chevaux. Le matin nous fîmes 4 à 500 maraudeurs prisonniers. Le 10 mardi au lever du soleil on recommença à se canoner jusqu'au soir. Toute la nuit on avait travaillé à faire des retranchements au haut de la trouée du côté d'Aulnois, et le soir on dressa des fascines. M. le Marquis de Coatquin, maréchal de camp, eut la jambe emportée d'un boulet de canon. M. d'Albergothy, lieutenant général, eut une conférence d'une demi-heure avec quelques officiers des ennemis qui purent profiter de ce moment pour reconnaître nos retranchements. Nous perdîmes quinze chevaux dans l'Escadron, avec un de tué et 5 de blessés ; il y eut deux coups de canon sur l'Escadron arrêté près de nous, un boulet vint donner dans le poitrail du cheval de M. de Frontigny, un de nos brigadiers qui est près de Saint-Quentin, qui sortit par le fondement et vint percer le poitrail d'un autre cheval qui le suivait. L'autre coup est plus surprenant et si je ne l'avais vu je ne le croirais pas, un boulet vint directement mourir au pied d'un cheval, lui emporte le fer sans le blesser.

Le Mercredi 11, jour qui fut jour de la bataille d'Oudenarde qui se donna l'année dernière au 11 juillet qui était aussi un mercredi, toute la Maison du Roy, et la Gendarmerie portèrent la fascine aux retranchements et vers nos batteries pour y faire des épaulements. Un brouillard épais qui suivit l'aurore. favorisa nos travailleurs et donna le temps à toute la cavalerie de faire plusieurs mouvements sans que les ennemis aient pu nous inquiéter par leur canon, qui de leur côté se disposaient à venir nous forcer dans nos retranchements. Sur les huit heures du matin, le brouillard étant dissipé par le soleil, qui m'a paru cette journée luire plus que jamais, nous nous vîmes en présence des Ennemis qui marchaient à nous tout de bon ; nous commençâmes à les saluer de toute une artillerie qui sur la droite et sur la gauche fut pendant trois bonnes heures des mieux tirée ; ensuite le combat commença, ils nous attaquèrent tout d'un coup par la droite, la gauche et le centre avec 20.000 grenadiers. Nous les repoussâmes sur la droite fort vigoureusement, mais sur la gauche ils nous forcèrent après cinq heures de résistance, et le centre ne tenant presque plus a rien, les gardes françaises et les gardes suisses ayant plié – sans quoi nous aurions gagné la bataille – M. le Maréchal de Villars qui était déjà blessé assez dangereusement au jaret d'un coup de balle, après avoir eu son cheval tué sous lui, pour donner le temps à toute notre infanterie de se retirer, fit amener toute la Maison du Roy qui chargea les ennemis sur la droite, pendant que la gendarmerie chargeait sur la gauche. Ce combat de cavalerie fut aussi violent et aussi opiniâtre que celui d'infanterie ; pendant trois grandes heures nous les chargeâmes d'une manière qui, si la cavalerie blanche qui était derrière nous avait voulu nous suivre, il ne serait pas revenu un seul de leurs cavaliers; dès que nous paraissions, il se rampaient et se sauvaient ; mais la Maison du Roy s'affaiblissant à force de combattre et de perdre du monde, après voir chargé des 6 et 7 fois et même par pelotons, et se voyant abandonnée du reste de notre cavalerie, pour ne pas tomber entre deux feux, l'infanterie des ennemis étant toute avancée à droite et à gauche dans les bois, qui commençaient déjà à nous canarder, nous nous retirâmes de cette maudite trouée pour revenir sur la hauteur entre Taisnières et Bavay, mais en si bon ordre et avec une contenance si hardie et si fière qu'ils n'osèrent nous poursuivre ni charger notre arrière garde ; de l'aveu des ennemis mêmes, on n'a jamais fait une plus belle retraite, Nous leur avons bien abandonné le champ de bataille, que nous ne pouvions garder, notre infanterie ayant été repoussée et la leur s'étant emparée des bois ; mais nous leur avons tué deux fois plus de monde, pris plus de drapeaux et d'étendards, fait presque autant de prisonniers et leur ayant pris autant de canons. Jamais bataille n'a été plus sanglante que celle-ci, et de mémoire d'homme on n'a jamais essuyé une si terrible canonade et qui ait duré plus longtemps. Ils jettaient jusqu'à des bombes (au milieu de nos escadrons qui nous enlevèrent des douzaines de chevaux à la fois avec plusieurs hommes.

M. Beudiac (?) qui est dans la gendarmerie, frère de M. Reise (?), a eu son cheval tué d'un éclat de bombe, on l'a cru mort, mais il est revenu en bonne santé. La Maison du Roy a le plus souffert de cette canonade ; nous étions juste derrière l'infanterie et nos batteries, dont quelques-unes ayant cessé de tirer, faute de munitions, furent démontées par les leurs et d'autres nouvelles qu'ils dressèrent directement vis-à- vis les mousquetaires et nous, gendarmes, dont plus de 80 furent en un instant tués ; ils nous choisissaient et nous tiraient , comme avec le fusil. Notre cavalerie a beaucoup souffert aussi de cette canonade. Je ne compte pas à moins de 50.000 hommes, de part et d'autre, qui sont hors de service Les ennemis, de leur propre aveu, perdent vingt-cinq mille hommes, mais ils en perdent bien davantage. Nos prisonniers qui viennent de leur armée rapportent que sur le champ de bataille, à l'endroit où étaient nos retranchements, il y a des monceaux de corps morts de la hauteur d'un homme ; ils s'en étaient même trouvés dans le milieu du combat pour faire des retranchements. On doit demain envoyer un détachement sur le champ de bataille pour enterrer les corps morts, de concert avec les ennemis, qui en enverront aussi un, et pour retirer les pauvres blessés qui languissent depuis deux jours.

Nous ne perdons pas plus de 500 prisonniers, et 1.500 hommes hors de combat ; beaucoup d'officiers de distinction tués ou blessés, dont on ne peut pas encore donner une liste exacte. Voici les noms de quelques-uns que je sais et que vous pouvez connaître :

Blessés

M. le Maréchal de Villars.
M. d'Albergothy, Lieutenant général.
M. le Comte de Tournemines, Brigadier.
M. le Duc de Guiche.
M. le P. Charles, prisonnier.

M. de Massé, Maréchal des Logis des Mousquetaires noirs.
M. des Vignaux, Maréchal des Logis, jarret emporté.
M. Keringnart (?), cuisse emportée.
M. Dauzat, sous-Brigadier.

(Officiers des Mousquetaires noirs.)

M. du Codiou, des Grenadiers à cheval.
M. de Taville, gendarme de Soissons.
M. le Marquis de Gaulnier (?).
M. le Marquis d’Equevilliers, officier des gendarmes de la Garde.

Tués

M. de Tournefort, Maréchal de brigade dans les Gardes du Roy.
M. du Clozel, garde du corps, d'un boulet de canon à la tête.
M. Vaubripiat (?), garde du corps, d'un boulet de canon dans l'estomac.
M. de la Fosse, sergent des Grenadiers à cheval.
M. Viart, Maréchal des Logis des Mousquetaires.
M. le Chevalier de Crouy, Brigadier d'armée.
M. le Baron de Palavicini, Lieutenant général.
M. de Chemerault, Lieutenant général.
M. de Canly (?), sous-Brigadier des Mousquetaires noirs.
M. Degrainbert, Commandant des Mousquetaires gris.

Plus de 500 gardes du Roy sont tués ou blessés. Plus de 120 mousquetaires, 20 à 30 cheveaux légers. Plus de 60 gendarmes de la Garde. Trente grenadiers ou environ hors de combat. M. de Champagnac a eu un cheval de tué sous lui ; nous perdons une infinité de chevaux ; nous avons des Régiments tout défaits, surtout celui de Bretagne où il ne reste pas 150 hommes ; je n'ai encore pas eu de nouvelles du cousin et du fils de M. Redon qui y étaient ; ni de M. Barault, frère de Mademoiselle de la Haye.

Pour moy, grâce au Seigneur, je suis revenu de cette cruelle bataille en très bonne santé et mes chevaux en bon état ; je n'ai pas monté mon limousin dans l'action, mais ma jument qui m'a tiré d'affaire on ne peut pas mieux. Si je n'avais pas eu cette précaution, je n'en serais jamais revenu ; mon limousin m'aurait emporté avec sa trop grande ardeur au milieu des ennemis. Je l'ai échappé belle plus de mille fois et il me semble aujourd'hui que je suis ressuscité ; il ne devait pas revenir un seul du combat qui a duré jusqu'à 4 et 5 heures du soir. Les ennemis couchèrent sur le champ de bataille, et nous nous sommes retirés au Quesnoy. Le lendemain ils sont rentrés dans leur camp à Geuvixf, pour se disposer à faire : le siège de Mons, d'où nous entendons déjà le canon. Ils sont fâchés d'avoir donné cette bataille qui leur est beaucoup préjudiciable par la perte considérable qu'ils ont fait à leurs troupes; ils n'ont que l'honneur du champ de bataille dont le Prince Eugène et Mylord Malborough profitent seuls et non les alliés ; le Prince Eugène a été blessé d'un coup de balle qui lui a effleuré la joue ; c'est lui seul qui a voulu que l'on nous attaque. M. de Malbarough et les Etats de Hollande s'y étaient opposés ; pour 3 drapeaux et 4 ou 5 étendards qu'ils nous ont pris, nous en avons plus de 30 à eux et huit pièces de leurs canons ; ils n'en ont que sept des nôtres. Nous ne savons pas encore le nom qu'elle portera, notre grand bataille. Si c'est celui du lieu où était le quartier général, c'est la bataille de Taisnières ; si c'est celui du champ de bataille, c'est la bataille de Malplaquet. C'est M. de Boufflers qui commande à présent, il a combattu le roi d'Angleterre à la tête de la Maison du Roy comme un lion. Nous allons travailler à couvrir Maubeuge et , ce pays-ci par des lignes que l'on va tirer.

Les ennemis ont perdu une infinité d'officiers, près de 70 colonels et 7 généraux ; ils se sont servis dans leur artillerie de pierriers pour abîmer une infanterle qui en a beaucoup souffert ; il y eut de leurs bombes qui ont tué quelques quinze chevaux à la fois. Par cette bataille, les Français ont recouvré leur ancienne gloire et de l'aveu des ennemis, on ne peut combattre avec plus d'intrépidité et de bravoure que nous n'avons combattu, surtout la Maison du Roy, dont M. de Malborough, le Comte de Tilly et autres généraux des Ennemis ont fait tout publiquement l'éloge.

Nous espérons que les Ennemis ne pourront faire le siège de Mons, leur arméé étant toute délabrée, et nous pensons bien nous cantonner vers la fin de ce mois.

Vous excuserez mon griffonage, je n'ai pas eu le temps de peindre ni de polir.

J'assure de mes respects très humbles, ma très chère Mère, salue avec votre permission mes frères et sœurs et Mademoiselle de Belleville, sans oublier tous nos bons amis ; c'est avec soumission que je me dis, Monsieur et très cher Père,

Votre très humble et très obéissant fils,

Dehagues de Belleville.

(Bulletin de la Société historique de Compiègne, 1938)

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Le Cousset, un fief noble de Varaignes

Le Cousset — L'abbé Nadaud s'exprime ainsi à ce sujet :

« Couslet, ou Cousset, fief dans les paroisses de Teijat et de Varaignes, en Périgord, diocèse de Limoges, et dans celle de Bussière-Badil, même diocèse, généralité de Limoges et élection d'Angoulême. Le seigneur en porte le nom. Il a sa chapelle avec sa litre et ses tombeaux dans l'église de Bussière-Badil. »

Le fief du Cousset appartenait, à partir au moins du XVe ou XVIe siècle, à la famille de Marendat, d'après un inventaire dressé à la requête de Jacques de Marendat, seigneur du Cousset, le 15 février 1684, par Me Jalanihat, notaire à Javerihac, après le décès d'Étienne de Marendat, et dans lequel il est fait mention de la reconnaissance du repaire noble du Cousset du 6 août 1548 et d'un dénombrement de 1480. Cette reconnaissance dut être faite par le père de Martin de Marendat, avocat au Parlement de Bordeaux, d'après le même inventaire qui relate encore le contrat d'acquisition faite par feu Martin de Marendat père, des rentes directes et seigneuriales du Cousset de Diane Descars, dame comtesse de Lavauguyon et de Varaignes, du 29 décembre 1606 plus du dénombrement qui fut fait après son décès, du fief noble du Cousset à la dame de Lavauguyon et de Varaignes en 1636.

1592. — Lettres de bachelier en droit civil, données le 10 décembre de l'an 1592, par René Fabre, de l'ordre des Frères prêcheurs, régent de théologie et vice-chancelier de l'université de Bordeaux, à honorable et discret homme Me Martin de Marendat, natif du lieu de Varaignes, au diocèse du Périgord.

Ces lettres en latin, signées Faber et plus bas Bernage, bedeau de ladite université.

Du 14 mai 1650, baptême à Nontron d'Etienne de Marendat, fils de Jacques, sieur du Cousset, et.de Sibille Forien.

Reprenant l'inventaire de 1684, nous y voyons le contrat de mariage du sieur du Cousset avec Sibille Forien du 6 février 1650 devant Mazière, notaire royal à Nontron; plus : Hommage rendu par le sieur du Cousset à haut et puissant seigneur Jacques Stouard, seigneur de Varaignes plus : Contrat de mariage d'autre Etienne de Marendat, sieur de Bellevue, et damoiselle Deyriaud, du 16 novembre 1676, signé Fogères, notaire royal à Nontron; plus Hommage rendu par feu du Cousset a haut et puissant seigneur Berthoumet (Béthoulat) de Caussade comte de Lavoyon, et à Marie Stuard de Caussade, son épouse, du fief noble du Cousset, du 14 juin 1680; plus : Donation et acceptation des 13 juillet et 4 aoùt 1680 des rentes du Cousset sous l'hommage d'une paire de gants blancs, par le seigneur comte de Varaigne audit feu sieur de Bellevue; plus : Dénombrement dudit fief noble du 14 août 1480; plus enfin : Lettres données en faveur de Marenda, écuyer, seigneur de Bellevue, et à Etienne de Marendat, son fils, par Nicolas Estouard de Caussade de Quélin. prince de Carency, comte de Lavoyon et autres places, portant que ledit seigneur fait lesdits sieurs de Bellevue, capitaine et lieutenant représentant sa personne dans son château et châtellenie de Varaignes, des bois et forets d'icelles et leur aurait aussi donné les rentes étant sur la maison et village du Cousset vendues par Diane des Cars à feu Martin de Marendat et autres droits portés par lesdites lettres datées du 27 novembre 1682.

Du 8 août 1684, baptême de Jean de Marendat, fils d'Etienne et de Jeanne d'Eyriaud mariés en 1676.

Le 2 octobre 1681, par lettres datées d'Arras, Barthélemy Stuard de Caussade de Quélen, prince de Carency, seigneur de la chàtellenie de Varaignes, etc., héritier sous bénéfice d'inventaire de Barthélemy de Quélen, son père, adjudicataire, par arrêt du 6 septembre 1671 de tous les biens de Jacques Stuard du Caussade, son aïeul maternel, celui-ci héritier bénéficiaire de Diane d'Escars, sa mère, femme de Louis Stuard du Caussade, donne commission de maître des eaux et forèts de la chàtellenie de Varaignes à Etienne de Marendat, écuyer, seigneur de Bellevue.

Du 3 mai 1705, devant Jalanihat, notaire, cession par Louis de Labrousse, sieur de Vaubrunet, à Jean-Baptiste de Marendat, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de la garde du roi, habitant sa maison noble du Cousset, paroisse de Varaignes.

Du 26 octobre 1705, devant le même, au lieu noble du Cousset, donation par Marie Deyriaud en faveur de Jean-Baptiste Cousset de Marendat, son fils, écuyer, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de la garde du roi. Le 1709, mariage dudit Jean-Baptiste avec Anne de Labrousse.

Du 6 février 1710, même notaire, au repaire noble du Cousset, contrat de mariage entre François de Labrousse sieur des Granges, l'un des gendarmes de la garde du roi, et Marie de Marendat, damoiselle, veuve de Jean de Pindray, sieur de la Grange, fille d'Etienne de Marendat et de dumoiselle Marie Deyriaud.

Du 8 mai 1710, baptême de Joseph de Marendat, fils de Jean-Baptiste de Marendat, écuyer, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de ta garde ordinaire de Sa Majesté; et de Anne de Labrousse.

Du 30 août 1711, baptême de Jean-Joseph de Marendat, fils des mêmes.

Du 11 septembre 1741, mariage de Jean-Joseph de Marendat, écuyer, seigneur de Bellevue, fils de Jean-Baptiste de Marendat, écuyer; seigneur du Cousset, officier des gendarmes de la garde du roi, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, et de feu Anne de Labrousse, avec Marguerite de Masfrand, fille de Jean de Masfrand, écuyer, sieur de Longchamp, et de Marguerite Pabot.

D'après Nadaud Jean-Baptiste de Marendat, écuyer, sieur du Cousset, épousa, en 1747, Marie-Marguerite-Ursule de Masvaleix fille de Jean, écuyer, sieur dudit lieu et de l'Isle, paroisse de Busserolles, et de Françoise de Meilhac. Du 30 novembre 1759, acte de décès de messire Jean-Baptiste de Marendat, écuyer; sieur du Cousset, chevalier de Saint-Louis, ancien maréchal-des-logis de la garde du roi et mestre de camp de cavalerie, âgé de 80 ans. Du 14 mars 1763, mariage de Jean-Joseph de Marendat, chevalier, seigneur du Cousset, veuf de Marguerite de Masfrand, avec Marie de Labrousse; fille de Joseph de Labrousse, seigneur de Vaubrunet, ancien officier d'infanterie. Jean-Joseph de Marendat laissa un fils, Antoine, émigré en 1793 et mort audit lieu du Cousset, en 1855. En lui s'est éteinte la branche aînée de la famille.

Nous trouvons encore dans les archives particulières des Marendat du Cousset les pièces suivantes :

1708. — Il n'y a aucun changement, Monsieur mon compagnon, aux ordres du Roy qui vous ont estés lus au licentiement au retour de la campagne dernière. La compagnie s'assemblera le 1er avril prochain; ayez à vous rendre ledit jour à l'hôtel Soubize, à dix heures du matin, à cheval, pour passer en revue. Les marques que j'ai eu de vostre zèle et de vostre exactitude au service, me donne lieu d'estre persuadé que vous prendrez des mesures justes pour vous rendre régulièrement le jour fixé en bon équipage, afin que je puisse rendre compte à Sa Majesté, le lendemain de vostre arrivée, et de l'estat de sa compagnie, et faire connoistre vostre attachement et vostre attention à luy plaire.

Je suis, Monsieur mon compagnon, parfaitement à vous.

Signé : Le P. de Rohan.

Ce 21 janvier 1708.

1714. — Nous, Hercules Mereadec, prince de Rohan et de Maubuisson, marquis d'Annonay et de Sainte-Marie-du-Mont, comte de La Voulte, Tournon, Alban et Saint-Géran, baron de Préaux, Vigny, Longuesse et autres terres, capitaine-lieutenant de la compagnie de gendarmes de la garde du Roy, lieutenant-général de ses armées, gouverneur et lieutenantgénéral pour Sa Majesté des provinces de Champagne et Brie, Certifions à tous qu'il appartiendra que le sieur du Cousset est l'un des gendarmes de ladite compagnie.

En foy de quoy, nous luy avons fait expédier le présent certificat signé de notre main, scellé du cachet de nos armes et contresigné par notre secrétaire.

Donné à Paris, le vingt septembre mil sept cent quatorze.

Hercules de Rohan.

Par Monseigneur : Jonchera.

1725. — Nous Hercutes (voir ci-dessus), certifions à tous qu'il appartiendra que le sieur du Cousset est l'un des gendarmes de ladite compagnie dès le 25 mars mil sept cent quatre y a toujours servi sans discontinuation et y sert actuellement et s'est trouvé à toutes les actions de la compagnie, et a eu part à la gloire qu'elle s'y est acquise. En foy de quoy, nous lui avons fait expédier le présent certificat signê de notre main, scetté du cachet de nos armes et contresigné par notre secrétaire.

Donné à Paris, le septième février mil sept cens vingt-cinq.

Hercules de Rohan.

Par Monseigueur : René.

1726. — Monsieur du Cousset, la satisfaction que j'ay des services que v ous avez rendus au feu Roy, mon très honoré seigneur et bisayeul de glorieuse mémoire, et ceux que vous continuez de me rendre, m'ont convié à vous associer à l'ordre militaire de Saint-Louis mais comme votre éloignement ne vous permet pas de faire le voyage qui serait nécessaire pour estre par moy reçu audit ordre, je vous écris cette lettre pour vous dire que j'ay commis le sieur de Chateaumorand, lieutenant-général en mes armées et commandeur dudit ordre, pour en mon nom vous recevoir et admettre à la dignité de chevalier de Saint-Louis, et mon intention est que vous vous adressiez à luy pour prêter en ses mains le serment que vous este tenu de faire en ladite qualité de chevalier et recevoir de luy l'accolade et la croix que vous devrez d'oresnavant porter sur l'estomac, attachée d'un petit ruban couleur de feu. Voulant qu'après cette réception faite, vous teniez rang entre les autres chevaliers dudit ordre et jouissiez des honneurs qui y sont attachés. Et la présente n'estant pour autres fins, je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsieur du Cousset, en sa sainte garde.

Ecrit à Versailles, le vingt-deuxième décembre 1726.

Louis.

Plus bas : Le Blanc.

1736. — Provision de chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis en faveur du sieur Ducousset, l'un des porte étendards de la compagnie des deux cents hommes d'armes des ordonnances servant à la garde ordinaire de notre personne..., ayant eu pour agréable de t'admettre dans ledit ordre le vingt-huitième jour du mois de novembre de l'année mit sept cent trente-six..., etc.

Donné à Versailles, le sixième jour du mois de mars l'an de grâce mil sept cent trente-six et de notre règne le vingtième.

Louis.

Enregistré au greffe de l'ordre militaire de Saint-Louis par nous, écuyer, garde des archives dudit ordre, le 21 avril 1736.

Le Vasseur.

1742. — Aujourd'huy onzième du mois de may 1742, étant à Fontainebleau, prenant une entière confiance en la valeur, courage expérience en la guerre, vigilance et bonne conduite du sieur du Cousset brigadier en la compagnie des deux cents hommes d'armes de ses ordonnances, servant à la garde ordinaire de sa personne et en sa fidélité et affection à son service, Sa Majesté l'a retenu, ordonné et établi en la charge de maréchat-des-logis dans lad. compagnie, vacante par la retraite du sieur de Valandré, pour dorénavant en faire les fonctions et en jouir aux honneurs, autorités, prérogatives, droits, états et apointements qui y appartiennent, tels et semblables dont jouissent ceux qui sont pourvus de pareilles charges... etc.

Signé : Louis.

Plus bas : De Breteuil.

Armoiries : A un écu d'or, chargé d'une croix d'azur, et surmonté d'une couronne de comte. Supports : Deux nègres armés d'arcs.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1892)

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Marendat du Cousset

Marendat du Cousset, avec Généalogie Charente Périgord
D'or à une croix d'azur.

Filiation suivie

I. — Martin de Marendat, avocat en parlement et juge de Javerlhac, marié avec Marguerite de Camain, fille de François de Camain, sieur de Puymoger, et Jeanne Chambon, d'où Jacques de Marendat, qui suit.

II. — Jacques de Marendat, sieur du Cousset (Varaignes), marié d'après acte du 27 février 1650, avec Sybille Forien, fille de Étienne Forien, sieur des Salles, et Bertrande Eyriaud, d'où : 1° Étienne de Marendat, qui suit ; 2° Marie-Bertrande de Marendat, mariée avec Charles Martin, sieur des Chaufies.

III. — Étienne de Marendat, sieur de Bellevue, capitaine du château de Varaignes, marié d'après acte du 16 novembre 1676, avec Marie Eyriaud, fille de Hélie Eyriaud, sieur de Bechemore, et Sybille Dumas, d'où : 1° Jean-Baptiste de Marendat, qui suit ; 2° Marie de Marendat, née en 1684, décédée en 1764, mariée 1) d'après acte du 12 mars 1707, avec Jean de Pindray, sieur des Granges 2) d'après acte du 6 février 1710, avec Élie-François de Labrousse, brigadier des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis. 

IV. — Jean-Baptiste de Marendat, né en 1679, décédé en 1759, maréchal des logis des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis, marié avec Anne de Labrousse, fille de Hélie de Labrousse, bourgeois de Bussière-Badil, et Elisabeth Giraudon, d'où Jean-Joseph de Marendat, qui suit.

V. — Jean-Joseph de Marendat, né en 1711, décédé en 1776, chevalier, seigneur du Cousset, marié d'après acte du 4 mars 1763, avec Marie de Labrousse, fille de Joseph de Labrousse, officier au régiment de Bretagne, et Catherine Valleteau, d'où : 1° Joseph de Marendat, né en 1764, décédé en 1829, propriétaire, célibataire ; 2° Antoine de Marendat, né en 1774, décédé en 1855, propriétaire, célibataire ; 3° Marie-Elisabeth de Marendat, née en 1771, décédée en 1824, mariée d'après acte du 8 juillet 1801, avec Charles-Henri Guillemin de Chaumont, propriétaire. ; 4° Jeanne de Marendat, née en 1766, décédée en 1844, mariée d'après acte du 23 février 1808, avec Annet-François de Coustin, marquis du Mas-Nadaud, lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis.

Archives départementales

1714. — Vente double par Pierre Dereix, sieur du Temple, demeurant au bourg de Feuillade, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, sieur du Cousset, y demeurant, paroisse de Varaigne.

1729. — Quittance de 2,955 livres 14 sous 6 deniers, donnée par messire Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, porte-étendard de la compagnie des gendarmes de la garde du Roi, chevalier de St-Louis, demeurant au bourg de Varaignes, à messire Pierre-Hubert de Devezeau, chevalier, seigneur de Chasseneuil, Les Pins, Mestric et autres lieux, ladite somme payée du consentement de messire Armand du Lau, chevalier, seigneur de Savignac.

1754. — Le 15 août 1764. Procès-verbaux de la seigneurie du Cousset, paroisse de Varaigne, destinés à établir les comptes que doit rendre François de la Brousse, écuyer, chevalier de Saint-Louis, ancien brigadier des gendarmes de la garde, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, chevalier de St-Louis, ancien maréchal-de-logis des gendarmes de la garde, tant pour lui que pour Jean de Marandat, écuyer, seigneur de Bellevue, son fils. Marie Des Ruaux était demeurée veuve d'Etienne de Marandat, avec deux enfants, ledit Jean-Baptiste et Marie-Bertrande ; elle se remaria, après la mort de son beau-père, Jacques de Marandat, avec Élie de la Brousse, sieur de Chaban, lui-même veuf en premières noces d'Elisabeth Giraudon, mère dudit François ; celui-ci se déclare prêt à donner des comptes depuis le second mariage de son père, le 30 novembre 1693, (contrat passé le 19 août), jusqu'à la majorité dudit seigneur du Cousset. Le môme acte nous apprend que François Giraudon, docteur en médecine, décéda en 1685, laissant 3 enfants : Joseph, archiprêtre du Vieux-Mareuil, Elisabeth, épouse de Élie de la Brousse, sieur de Chaban, Anne, qui épousa Antoine de Gorce.

Bibliothèque généalogique

• Le Bulletin héraldique de France, 1890.

1735. Lettres de noblesse en faveur de Jean-Baptiste de Marandat du Cousset, brigadier de la compagnie des gendarmes de la garde. Lequel nous y sert sans y discontinuer, depuis 1704, et que les preuves qu'il a donné de bravoure et de prudence dans toutes les expéditions de guerre où cette compagnie s'est trouvée, lui ont mérité le grade qu'il remplit actuellement et la croix de notre ordre militaire de Saint-Louis ; qu'il était aux batailles de Ramillies, d'Audenarde et de Malplaquet ; qu'à la première son cheval eût une jambe emportée d'un coup de canon et qu'il fut l'un des seize de la compagnie qui firent l'arrière-garde ; qu'il ne se signala pas moins aux sièges de Quesnoy, des Marchiennes, de Denain, de Landau et de Fribourg ; que, pendant la durée de la paix, son exactitude à remplir auprès de nous les devoirs de son état lui a tenu lieu d'actions brillantes ; mais que depuis l'ouverture de la guerre en Allemagne, il s'est trouvé au siège de Philisbourg et qu'il ne cesse de nous donner de nouvelles preuves de son zèle ; que d'ailleurs il est issu d'une famille de Périgord, connue pour avoir toujours vécu noblement. Armes réglées par d'Hozier.

• Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1909.

28 octobre 1741. — Raymond de Grandlac, écuyer, sr de Rioupeiroux, de la province du Bas-Limousin, présenté par M. de Cousset, brigadier. Adresse : à Beaulieu, en Bas-Limousin. 11 décembre 1741. — Guillaume de Loménie, de Château, de la province du Limousin, présenté par M. de Mandat, ancien brigadier de la Compagnie. Adresse : à lui-même, à Bourganeuf. 11 juin 1744. — Sébastien-Raymond Ceyrac, écuyer, sr de Bouchetel, de la province du Limousin, présenté par M. du Cousset, ancien maréchal des logis. Adresse : à Tulle en Bas-Limousin.

• Notice historique sur l'ancien Carmel d'Angoulême, 1888.

Anne-Marie-Céleste (Anne-Marie de Marandat du Cousset), née à Varaignes, en Périgord, le 3 juillet 1744, fille de Jean-Joseph de Marandat du Cousset, et de Marguerite de Mafrant (?) de la Domaise, reçue à la vêture le 15 janvier 1764, et à la profession le 18 avril 1766, à l'âge de 21 ans 9 mois 14 jours.

Liens web

Le Cousset, un fief noble de Varaignes.

La compagnie des gendarmes de la garde ordinaire du roi en 1738.

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Deux frères dans la gendarmerie du Roi

Charles d'Escravayat de La Barrière : fils d'Elie, seigneur de La Barrière, gendarme de la Garde du Roi, et de Marguerite du Barry - né à Busserolles, 5 janvier 1750 - Gendarme de la Garde du Roi, 8 avril 1765 - capitaine de cavalerie, 6 janvier 1779 - servit jusqu'à la réforme du corps, 1787 - Chevalier de Saint-Louis, 24 septembre 1787.

Emigré - entré dans la 1re compagnie noble d'ordonnance (Gendarmes de la Garde et Chevau-légers) en décembre 1791 - campagne de 1792, armée des Princes, comme brigadier; avec brevet de lieutenant-colonel, rang du 22 novembre 1791 - domicilié et propriétaire à Busserolles (Dordogne) - inscrit le 30 messidor an III au 5e supplément de la liste des émigrés - se trouvait à Potsdam en janvier 1798.

Rentré en France - fait promesse de fidélité devant le commissaire délégué à Strasbourg, 3 messidor an X - amnistié, 1er brumaire an XII - colonel par brevet du 20 avril 1814 - retraite de lieutenant-colonel de 1.000 F, 25 février 1816.

A. G. : 350(1) - Pensions - A. N. : F(7) 5897 - O(3) 2561, 2641 - Beauchet-Filleau.

Augustin d'Escravayat de La Barrière : frère du précédent - né au château de La Barrière, paroisse de Busserolles en Périgord (alias de Montbron), Gendarme de la Garde, 31 décembre 1772 - présenté par son père - en congé du 29 mars 1778 pour entrer au régiment de Royal vaisseaux - cadet gentilhomme, 28 avril 1778 - sous-lieutenant, 13 juillet 1779 - lieutenant en second, 27 mai 1785 - lieutenant en premier, 8 mars 1788 - abandonne, 15 septembre 1791.

Emigra - se rendit à Ath - entré le 27 septembre 1791 dans la compagnie des officiers du régiment de Royal vaisseaux où il fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes en qualité de chef d'escouade - demandait la Croix de Saint-Louis, 21 janvier 1798.

Rentré en France - fait promesse de fidélité devant le commissaire délégué à Strasbourg, 9 prairial an X - amnistié, 20 vendémiaire an XI.

Il mourut sans alliance.

A. G. : YB 67, 352, 408 - 350(1) - A. N. : F(7) 5978 - 0(3) 2561, 2634, 2635, 2637, 2640.

Source : Les émigrés de Saintonge, Augoumois, et Aunis dans les corps de troupe de l'émigration française, 1791-1814, de Jean Pinasseau.

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