01 janvier 2016

Du sang, de la volupté et... une cloche

Il y a, dans le clocher de Milhac, deux cloches : une petite et une grosse. La petite a été faite en 1847. Elle pèse de « 4 à 500 livres ». Elle porte sur ses flancs les inscriptions suivantes : « Sit nomen Domini bene- dictum. Parrain : M. Jean-Jules Puibareau. Marraine : Mme Desgorces Dugenet, veuve Astier. Jacques-Augustin Laurique, curé de Milhac. »

La grosse a été faite en 1733. Elle pèse « environ 1 500 livres ». Elle porte comme inscriptions : « Je suis à S. Martin de Milhac, faite par les soins de M. Théophile Ventou Lasserve, prêtre et curé de la présente paroisse. A été mon parrain M. Pierre-Louis Chapt de Rastignac, comte de Puyguilhem, seigneur de Villars, de Milhac et de Firbeix ; marraine dame Anne Suzanne Dulos Dalement, son épouse. » « Santa Maria, Sante Martine, orate pro nobis. » « Hélie Dupuy, sindic fabricien. » « Fecit Louis Bareau. »

Cette grosse cloche a évidemment été fondue pour le clocher de Milhac. Malgré la légende, elle est donc différente de celle — à peu près du même poids : 1,800 livres — qui avait d'abord appartenu à Abjat, puis avait été transférée, en 1641, et par arrêt de justice, d' Abjat à Thiviers. La cloche d'Abjat était encore à Thiviers en 1735, puisqu'elle fut vendue le 24 juillet de cette même année au syndic fabricien de Milhac, Hélie Dupuy, pour la somme de 1,035 livres. On ignore d'ailleurs ce que cette cloche est devenue par la suite. Peut-être a-t-elle été vendue à Dupuy fêlée ou brisée. Le motif de sa vente par les Thibériens fut en effet que le prix en serait « employé aux réparations de la chapelle dont son poids a causé la ruine... ».

Notre Milhacois Dupuy l'aurait alors revendue au poids du bronze en 1735 pour finir de payer celle qui avait été installée deux ans plus tôt dans le clocher de Milhac. C'est de cette manière, par procuration pourrait-on dire, que la cloche arrachée au clocher d'Abjat serait venue, après quelque cent ans de service à Thiviers, sonner à Milhac.

Mais on n'a jamais trop de respect pour les légendes. Elles sont toujours le déguisement d'une vérité. Vers 1730, les Milhacois désiraient une cloche. A la même époque, les Thibériens songeaient à se défaire de la leur. Mais d'abord, à Thiviers, tous n'étaient pas du même avis. Des contestations au sujet de cette cloche y duraient déjà depuis une dizaine d'années entre « les seigneurs de Vaucocour » et « les habitants » de la ville de Thiviers. Devant cet état de fait, il est normal que les habitants d'Abjat aient songé à réclamer une cloche qu'ils n'avaient jamais cessé de considérer comme leur légitime propriété. Les circonstances amenèrent ainsi Milhac à jouer, pour ainsi dire, le rôle d'arbitre entre Thiviers et Abjat. Et comme les circonstances sont l'expression de la volonté du Ciel... toute l'affaire se traduisit en fin de compte par ce pieux apologue, qu'on racontait à Milhac, le soir au coin de la cheminée :

« Autrefois on transportait la cloche d'Abjat à Thiviers. Arrivés à Milhac, les bœufs qui la traînaient s'arrêtèrent et refusèrent obstinément d'avancer. Croyant à une intervention divine, les conducteurs interpellèrent ainsi la cloche : « Sonne pour Thiviers » ; l'airain resta muet. « Sonne pour Abjat » ; il ne s'ébranla pas davantage. « Sonne pour Milhac » ; la cloche cette fois retentit et se fit entendre au loin. Alors un paysan, témoin du fait, s'écria : « La volonté de Dieu est manifeste, il faut que cette cloche soit montée au clocher de Milhac » ; ce qui fut exécuté. »

Voici maintenant dans quelles dramatiques circonstances la cloche d'Abjat avait été amenée à Thiviers.

Pour comprendre les événements qui vont se dérouler, il faut se rappeler que nous sommes en 1640. Les derniers soulèvements des « Croquants du Périgord » et les sévères répressions qui s'en suivirent sont encore tout chauds (1637). Dans un autre contexte historique, aucun des deux partis n'en serait venu à de telles extrémités.

Bref, en ce temps-là vivait au village de Fargeas, sur la paroisse d'Abjat, une jeune fille d'une beauté extraordinaire. « Tout son corps, disent les chroniqueurs, était d'une harmonie parfaite, et la chair de son cou était si diaphane qu'on pouvait distinguer, à travers, le vin ou l'eau qu'elle buvait ».

La réputation d'une telle beauté parvint aux oreilles du Gouverneur de Thiviers, qui avait Abjat dans sa mouvance. François de Vaucocour était capitaine de chevau-légers, et gouverneur de Thiviers depuis 1624. Au mois de mai 1640, il arrivait avec sa troupe dans le bourg d'Abjat. Les habitants, prévenus qu'il se rendait au village de Fargeas pour enlever la fille merveilleuse, « se rassemblèrent indignés sous la halle et l'invitèrent à rebrousser chemin. Il passa outre, traversa brutalement le bourg, et courut vers Fargeas et le Bandiat, où il fut poursuivi par une bande enfiévrée de colère qui, de nouveau, l'arrêta au passage du ruisseau. Un engagement sanglant s'y produisit ». Il y eut « des blessés et un mort de chaque côté ». Du côté d'Abjat, la lutte était menée par Jean Masfranc, le propre fiancé de la Belle convoitée. Un de ses frères, Simon Masfranc, fut tué. Du côté de Thiviers, François de Vaucocour, frappé par Jean, son rival amoureux, tomba raide mort. Suprême injure : « le corps du capitaine fut enterré sous le pont de la Chapelle, dans le lit du ruisseau. »

D'après le nombre des condamnations à mort « par contumace » qui s'ensuivirent, cette bagarre a dû avoir pour acteurs quelque deux douzaines de paysans d'Abjat contre environ une dizaine d'hommes d'armes. On juge de l'ampleur de ce que certains appellent, d'un ton pathétique, un « soulèvement ».

Car il y eut procès. La famille de Vaucocour demanda réparation. Ses avocats, comparant l'affaire aux récentes jacqueries qui avaient ébranlé le Périgord, présentèrent l'événement comme « un acte de félonie et de révolte contre le service du Roi ».

Officiellement, cette thèse prévalut d'autant plus facilement que les inculpés de la partie adverse avaient jugé prudent de s'éclipser dans les bois. Ils firent bien. La plupart auraient été probablement pendus ou roués vifs, avant que la vérité sur le fond ait été établie.

La cour de Nérac rendit son verdict un an après, le 8 mai 1641. Verdict d'autant plus sévère qu'il accablait des gens en fuite, et qu'on n'avait pas l'intention de les pourchasser. Trois ans après, en août 1644, le Roi signera des lettres d'abolition de la sentence de Nérac, et les fugitifs rentreront chez eux sans être autrement inquiétés. Ainsi les Vaucocour étaient-ils apaisés, et les « brigands » d'Abjat s'en tiraient-ils à bon compte. Preuve que la justice royale avait estimé que les torts étaient partagés.

Autre preuve qu'on ne désirait pas traquer les « contumaces » : cette pénalisation collective infligée au bourg d'Abjat. Amende de 5 000 livres « applicables à la réparation du château de Nérac », autre amende de 3000 livres destinées à des messes « pour l'âme du défunt », à Nérac et à Thiviers. Démolition de la halle d'Abjat avec suppression des foires et marchés. Enfin enlèvement des cloches d'Abjat, les plus petites allant à Limoges et la plus grosse à Thiviers, où le corps du Gouverneur avait été transféré.

Les noces de Jean Masfranc, fils de chirurgien, avec la Demoiselle « diaphane » furent certainement, même sans cloches, des plus joyeuses.

Source : Milhac-de-Nontron, de Marc Chassaing.

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23 décembre 2015

Les boulangeries de Nontron en 1817

Les boulangers de Nontron demandent que la taxe au kilogramme soit fixée à 57 centimes 1/2 pour le pain blanc, 47 1/2 pour le pain second, 35 pour le pain noir de seigle et méteil. Cette taxe est acceptée par le maire et le sous-préfet mais, pour la compenser, une souscription permettra de distribuer aux pauvres environ 160 livres de pain gratuit. La nouvelle majoration de 1 liard par livre, prise le 7 avril 1817 et nécessitée par une hausse successive des grains pendant plusieurs marchés, met Nontron en effervescence. D'abord plainte est portée pour défaut de cuisson. Pendant que le maire Bussac escorté de son adjoint, du juge de paix, des gendarmes, saisit des tourtes de pain litigieuses dans les boulangeries, la foule que les femmes surexcitent l'injurie. Le pain confisqué est distribué séance tenante, aux indigents — il était donc comestible ! — et une accalmie se produit de courte durée. Des énergumènes envahissent la mairie et exigent une baisse immédiate de 2 liards jusqu'à la Saint-Jean. Le rétablissement de la taxe de la veille n'est pas agréé par les meneurs. Le maire se retire. Les ouvriers de la ville et quelques paysans des environs l'escortent, le menacent et assiègent sa maison, tandis que le tocsin sonne. Bussac fils serait décidé à frapper d'un sabre les émeutiers qui réussiraient à enfoncer la porte que les coups ébranlent. Il est désarmé par Tourny qui, vu du dehors l'épée en mains, détourne sur lui la fureur. La foule se précipite chez lui, pille les provisions de bouche, monte de la cave une barrique de vin qu'elle n'a pas le temps de vider en entier, chassée qu'elle est par le sous-préfet et le juge de paix. Le conseil municipal consent aux réductions imposées. L'émeute s'apaise dans les cris de joie. La taxe de la veille néanmoins est maintenue pour les étrangers de la commune ; « elle est réduite de 3 liards et ramenée à 4 sols 1 /2 en pain second pour la classe la moins aisée qui se munira de bons à la mairie et la commune paiera la différence des 3 liards ». Un mandat d'amener n'en est pas moins signé le 16 avril contre 13 accusés dont Martial Groslhier. Une agitation larvée se prolonge et proteste contre la fabrication du pain de troisième qualité, « préparé avec du son », affirme-t-on. La mairie se soumet aux injonctions et saisit douze sacs de son chez deux boulangers, pour qu'ils soient employés « au profit de la classe indigente », qui alors n'aurait plus protesté de manger gratuitement du son ! Cependant les boulangers rentrent en possession de leurs sacs, sur preuves que le son était réservé à leurs cochons. La répression de l'émeute du 7 avril par la justice est rapide. Le tribunal exceptionnel de la cour prévôtale, en vigueur en ce temps, se réunit le 16 mai suivant, sous la présidence du colonel de Montille. Neuf prévenus sont relaxés pour charges insuffisamment prouvées ; Marmiton, de la Maladrerie, est condamné aux travaux forcés à perpétuité ; Guérin dit Bourguignon, à dix ans de réclusion ; Jean Fargeas à six ans et Péry à cinq ans de la même peine. Le 17 mai tous les quatre sont exposés au carcan, devant une foule immense venue même des communes les plus éloignées de l'arrondissement.

Source : La seconde restauration en Périgord, de Georges Rocal.

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17 novembre 2015

Fastes civils de la Charente

20e Division militaire (Périgueux). Cour royale de Bordeaux. Évêché à Angoulême. Église du culte réformé à Jarnac. Cinq députés.

La département de la Charente, formé de l’Angoumois, d’une partie de la Saintonge, du Poitou, du Limousin et de la Marche, fut d’abord divisé en six districts : Ruffec, Confolens, la Rochefoucault, Angoulême, Barbezieux, Cognac; quarante-quatre cantons. Aujourd’hui il se compose de cinq sous-préfectures : Angoulême, chef-lieu, Barbezieux, Cognac, Confolens, Ruffec; vingt-neuf cantons; quatre cent cinquante-cinq communes. Son étendue territoriale est de 588,803 hectares, environ 286 lieues carrées. Sa population était, en 1792, de 339,789 individus, elle est aujourd’hui de 347,541, ce qui fait 1,215 par lieue carrée. Ses contributions furent, en 1792, de 3,276,300 liv., en l’an XI de 2,978,069 fr., en 1822 de 3,054,831 fr. 9 c., ce qui fait 8 fr. 78 c. par tête.

L’Angoumois, qui ne formait qu’un gouvernement avec la Saintonge, dépendait en partie de la généralité de Limoges, en partie de celle de la Rochelle. Mais, malgré l’éloignement, cette province était tout entière dans le ressort du parlement de Paris. Angoulême était le siège du gouvernement, avait un présidial, une sénéchaussée, une élection, un bureau des cinq grosses fermes, un évêché de 22,000 liv. de rentes, deux abbayes, dont l’une sous le nom de Saint-Cybar, de l’ordre de Saint-Benoît, était de 20,000 liv. de revenu, et servait de sépulture aux anciens comtes d’Angoulême; un collége, dix couvens de l’un et de l’autre sexe, douze paroisses et un hôpital général.

L'évêque se qualifiait d’archichapelain du roi, et les maires d’Angoulême étaient anoblis.

Barbezieux, avec le titre de marquisat, avait un prieuré de l’ordre de Clugny, un couvent de cordeliers et deux paroisses.

Cognac, patrie de François Ier, avait un siége royal, une élection et un gouverneur particulier, un beau couvent de bénédictins et plusieurs autres de cordeliers et de récollets. Confolens était aussi le siége d’une élection.

La Rochefoucault, qui a donné son nom à une famille célèbre, avait le titre de duché-pairie; quatre baronnies en dépendaient. Cette petite ville avait une église collégiale et un couvent de cannes.

La Charente est un pays de petite culture; le sol crayeux était cultivé avec très-peu de soin avant la révolution. Depuis, l'agriculture s’est constamment perfectionnée. « Le travail, qui double les produits, a augmenté en proportion de la liberté qu'a eue le cultivateur, et de l'aisance qu'il a éprouvée. » La disette qui régna pendant 1793 et 1794 servit beaucoup aux progrès de l’agriculture; elle força le cultivateur à quitter sa routine pour essayer de nouvelles cultures. La division des propriétés et la vente des domaines nationaux ont aussi beaucoup contribué aux améliorations des procédés ruraux; et c’est dans ce département qu’on peut juger combien cette division des propriétés est favorable. Près des villes on ne connaît plus le nom de jachères. Dans les campagnes on a formé des prairies artificielles qui servent à faire des élèves en bestiaux, une des branches du commerce du département.

La principale richesse de la Charente consiste en mines de fer et en papeteries. Les premières fournissent la fonderie de Ruelle, qui fabrique la plus grande partie des canons de la marine. D’autres forges fournissent aux colonies des chaudières et des poteries de fonte pour les raffineries.

Les papeteries de l’Angoumois étaient florissantes avant la révocation de l’édit de Nantes. On comptait alors soixante-dix cuves sur les différentes rivières. Les protestans persécutés furent porter leur industrie en Hollande; ils y trouvèrent protection et encouragement, et bientôt les fabriques d’Angoulême ne purent soutenir la concurrence. En vain Desmarets et Turgot encouragèrent les papeteries, elles furent toujours en décroissant, et dans l’an IX on ne comptait plus que vingt-huit cuves. Depuis cette époque les papeteries d'Angoulême ont repris leur ancienne splendeur. Parmi les plus beaux établissemens il faut citer ceux de M. Laroche, qui reçut une médaille d’argent en 1806. M. Tremeau-Rochebrune en avait obtenu une dès 1802, et en mérita une autre en 1806. MM. Henri La Courade et Georgeon ont reçu une médaille de bronze en 1819.

Les eaux-de-vie sont aussi une branche importante ducommerce de la Charente : celles de Cognac sont connues de réputation dans toute l’Europe.

En 1793, le département de la Charente fournit aux armées un contingent de 12,000 hommes. Nous citerons, les généraux Dupont-Chaumont, Saint-Martin, Rivaud, Dupont de l’Étang, le général de brigade Chancel, le capitaine de vaisseau Huguet, le lieutenant Piet, le capitaine Laroche, le caporal Macé, le sergent Moineaux, et les soldats Lamoureuse et Miolet.

Députés aux assemblées législatives

États généraux. Assemblée nationale constituante (1789).

Bailliage d'Angoulême : D'Albignac de Castelnau, évêque d'Angoulême; l'abbé Joubert, curé de Saint-Martin; le marquis de Saint-Simon; le comte de Culant; Augier, négociant à Cognac; Roy, avocat à Angoulême; Marchais, assesseur du duché de la Rochefoucault; Pougeard du Limbert, avocat à Confolens.

Assemblée législative (1791).

Martin, juge au tribunal du district de Cognac; Chedaneau, administrateur de l'hôpital de Ruffec; Dumas-Champvallier, homme de loi et juge de paix de Champagne-Mouton; Guimberteau, juge au tribunal du district d’Angoulême; Chazaud, administrateur du district de Confolens; Dubois de Bellegarde, chevalier de Saint-Louis, commandant de la garde nationale d’Angoulême; Lafaye des Rabiers, procureur syndic du district de Barbezieux; Lechelle, commissaire du roi au tribunal du district de la Rochefoucault; Blanchon, homme de loi, et administrateur du département.

Convention nationale (1792).

Dubois de Bellegarde; Guimberteau; Chazaud; Chedaneau; Devars; Brin; Crevelier; Maulde; Ribereau.

Conseil des anciens.

An IV, 1796 : Devars, sorti le 1° prairial an V; Pougeard de Limbert; Rouhaud.
An VI, 1798 : Dubois de Bellegarde; Lassée, administrateur du département.
An VII, 1799 : Lassée.

Conseil des cinq cents.

An IV, 1796 : Dubois de Bellegarde, sorti le 1 ° prairial an VI; Guimberteau, idem; Maulde, sorti le 1° prairial an V; Ribereau, sorti le 1° prairial an VI.
An V, 1797 : Descordes, nomination annulée le 19 fructidor an V; Thorel, idem.
An VI, 1798 : Doche de Lille, commissaire près l’administration municipale du canton de Mausle; Crevelier, depuis administrateur du département; Marvaud, commissaire près l’administration centrale du département; Guimberteau.
An VII, 1799 : Desprez, ex-administrateur du département.

Corps législatif.

An VIII, 1800 : Crevelier.
An IX, 1801 : Crevelier; Boreau la Genadie.
An X, 1802 : Boreau la Genadie; Chancel (Ausone).
An XI, 1803 : Poujaud; Labbé; Chancel (Ausone).
1808 : Barbier de Landrevie; Bouteleau; Chancel.
1814 : Barbier de Landrevie; Bouteleau; Chancel.

Administrateurs du département.

1790 : Valleteau de Chabrefy, président; Dufresne-Chassaigne; Le Ridon; Mémineau; Mignot; Pelluchon, sorti en 1791; Piet, idem; Rouanet, substitut du procureur généralrsyndic, sorti en 1791 : Trion-Montalembert, vice-procureur général, sorti en 1791; Trémeau, procureur général, syndic; Ducluzeau, secrétaire général.
1791 : Maulde; tous les autres ont été réélus.
1792 : Dumas-Champvallier, président; Trémeau, procureur général, syndic.
An III, 1795 : Thorel, président; Maulde; Bordet; Perrin aîné; la Bernade; Boreau la Genadie, commissaire du pouvoir exécutif.
An IV, 1796 : Thorel, président; Maulde; Bordel; Perrin aîné; Dubois; Marvaux, commissaire du pouvoir exécutif.
An V, 1797 : Maulde, président; Bordet; Perrin aîné, Dubois; Caminade; Marvaux, commissaire du pouvoir exécutif.
An VI, 1798 : Latreille; Albert aîné; Desprez; Richard; Russier; Mouron, commissaire du pouvoir exécutif; Mioulle, secretaire general.
An VII, 1799 : Albert aîné; Russier; Richard; Lautrète; Bourdin; Mouzon-Dumas, commissaire du pouvoir exécutif; Sicard, secrétaire général.
An VIII, 1800 : Delaistre, préfet; Lavauzelle, secrétaire général; Dubois la Bernade, Albert, Paujeaud père, Caminade, conseillers.
An X, 1802 : De Bonnaire, préfet.
An XII, 1804 : Marchadier, Duportail, conseillers.
An XIII, 1805 : Rudler, préfet.
1806 : Frichon-Lamorine, conseiller.
1810 : Le baron Boissy-d’Anglas, préfet.

Source : Fastes civils de la France, depuis l'ouverture de l'Assemblée des notables, de Jacques-Charles Dupont de L'Eure.

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09 novembre 2015

Liste des trente contribuables les plus imposés

Charente sous le Premier Empire : liste des trente contribuables les plus imposés

1) Marchais-Laberge, fils aîné, domicilié à Angoulême, 5.433 francs de contributions.
2) Arnaud-Ronsenac, père, domicilié à Angoulême, 5.130 F de contributions.
3) Dassier, domicilié à Luxé, 5.000 francs de contributions.
4) Tryon-Montalembert, domicilié à Angoulême, 4.792 francs de contributions.
5) Peyroche Léonard, domicilié à Saint-Quentin, 3.985 francs de contributions.
6) Dupont-Chaumont Pierre-Antoine, domicilié à Paris, 3.506 francs de contributions.
7) Martel Jean (aîné), domicilié à Cognac, 3.496 francs de contributions.
8) Frétard-Descoyeux, domicilié à Cherves-Richemont, 2.971 francs de contributions.
9) Duverrier-Boulzat, domicilié à Pleuville, 2.674 francs de contributions.
10) Rocquard des Dauges Jérôme, domicilié à Chassenon, 2.535 francs de contributions.
11) Roy François, domicilié à Segonzac, 2.512 francs de contributions.
12) Guimard-Puyfrançais Élie, domicilié à Angoulême, 2.451 francs de contributions.
13) Lépinière, domicilié à Empuré, 2.441 francs de contributions.
14) Prevost-Touchimbert, domicilié à Ruffec, 2.321 francs de contributions.
15) Dulau Philippe, domicilié à Saint-Projet, 2.242 francs de contributions.
16) Guillet Louis, domicilié à Julienne, 2.235 francs de contributions.
17) Maulde-L'Oisellerie, domicilié à La Couronne, 2.137 francs de contributions.
18) Le Musnier-Deraix, domicilié à Angoulême, 2.102 francs de contributions.
19) Rondaud Daniel, domicilié à Segonzac, 2.095 francs de contributions.
20) Larapidie-Tisseuil Étienne, domicilié à Chirac, 2.072 francs de contributions.
21) Pougeard-Dulimbert, domicilié à Confolens, 2.039 francs de contributions.
22) Delage Jean-François, domicilié à Brossac, 1.883 francs de contributions.
23) Garnier-Laboissière, domicilié à Ruffec, 1.864 francs de contributions.
24) Martel Frédéric, domicilié â Cognac, 1.832 francs de contributions.
25) Mérigeau Pierre, domicilié à Champagne-Mouton, 1.829 francs de contributions.
26) Prevost-Maisonnais, domicilié à Abzac, 1.773 francs de contributions.
27) Dansays Paul, domicilié à Esse, 1.749 francs de contributions.
28) Babaud-Lacroze Pierre, domicilié à Confolens, 1.705 francs de contributions.
29) Otard Jean-Baptiste-Antoine, domicilié à Cognac, 1.700 francs de contributions.
30) Gaboriaud Pierre, domicilié à Saint-Médard, 1.679 francs de contributions.

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04 novembre 2015

Histoire de Maisonnais (Haute-Vienne)

Maisonnais. — Etait autrefois une paroisse dont l'église était, comme aujourd'hui encore, sous le patronnage de saint Pierre-ès-Liens ; l'évêque de Limoges y nommait les titulaires, au moins depuis 1509. C'est actuellement le chef-lieu d'une commune et d'une paroisse de 1,677 habitants, ayant une étendue de 3,189 hectares. Ce nom lui est commun avec d'autres localités ; telles sont : Maisonnais, canton et arrondissement de Melle (Deux-Sèvres) ; Maisonnais, canton du Chatelet, arrondissement de Saint-Amand (Cher).

L'église est en style roman du XIe siècle. Le choeur actuel, voûté en coupole, était autrefois surmonté d'un clocher, que la foudre a détruit en partie vers 1820. Ce qui en resteest assez remarquable, mais en mauvais état : trois arcs romans ornent chaque face. Les contreforts plats, les chapiteaux historiés, les colonnes demiengagées, indiquent suffisamment l'ancienneté de cette partie de l'église.

Lès deux travées de la nef sont voûtées en berceau ; leurs contreforts sont plus massifs que ceux du choeur, et ont été ajoutés . postérieurement à la construction primitive. Les différences qu'on observe dans l'architecture de la nef annoncent une moins grande ancienneté. Le portail est placé au nord.

Du côté du midi, un large collatéral, composé de trois travées, s'étend parallèlement au choeur et à la nef, avec lesquels il communique par trois arcades ogivales légèrement surbaissées. Ce collatéral, dont les voûtes sont à nervures, porte tous les caractères du XVe siècle. Le mur extérieur, percé de trois fenêtres ogivales, a été reconstruit en 1855. Ces trois fenêtres sont ornées de vitraux sortant des ateliers de M. Lobin, de Tours.

L'autel principal, de construction récente, est en pierre calcaire et-en style roman. Au milieu est sculpté en relief un Christ byzantin, la tête ornée d'un nimbe crucifère, tenant l'Evangile de la main gauche et bénissant de la droite. La fenêtre qui le surmonte est garnie d'un vitrail représentant le patron, saint Pierre-ès-Liens : c'est l'oeuvre de M. Gesta, de Toulouse.

L'autel de la Sainte-Vierge, placé à l'extrémité du collatéral, est en marbre blanc, et date seulement de quelques années.

Cette église, comme toutes celles de cette époque, qui sont très nombreuses dans cette contrée, avait autrefois un choeur en forme d'abside ; on peut s'en convaincre en examinant les détails de la maçonnerie et les fondations qui existent encore. Nous ne connaissons ni l'époque ni la cause de sa destruction. Toutefois, lorsqu'on construisit le mur qui la termine aujourd'hui au levant, on mit de chaque côté, au haut d'un contrefort placé derrière le choeur, deux sculptures anciennes en relief, représentant l'une saint Pierre, tenant les clefs symboliques, l'autre, un évêque en chasuble, portant le bâton pastoral, qui doit représenter saint Martial, que le prince des apôtres envoya en Limousin.

En 1736, elle fut réparée, car à cette époque une imposition de 1,000 livres à répartir sur tous les propriétaires de la paroisse était portée au rôle des contributions pour cela. Après l'accident causé par la foudre au commencement de ce siècle, on construisit sur l'extrémité ouest de la nef un simple clocher en bois,: où nous trouvons aujourd'hui une cloche portant l'inscription suivante : MRE JEAN HIVER, CURÉ DE MAISONNAIS ; MRE JEAN DELAGE, CHEVALIER DE L'ORDRE DU ROI, SCR. DU COMTE DE LA VAUGUYON, ET DAME THÉRÈSE DEMOURAT, SON ÉPOUSE, PARRAIN ET MARRAINE, ET A LEUR PLACE, SIEUR CHARLES GARREAU, AGENT DE LEURS AFFAIRES, ET DEMLLE MARIE DUSSOULIER, ÉPOUSE DE MICHEL GROS, SIEUR DE L'AGE, JUGE SÉNÉCHAL DUDIT COMTE ; SIEUR J.-B. GARRIGOU, FABRICIEN. — FAITE PAR LE SIEUR LE BRVN, 1733. Un écusson termine cette inscription : il porte trois besans ou trop tourteaux.

Il y avait dans cette église une vicairie, qui avait été fondée par maître Jean Gandois, originaire du lieu de Panhae, paroisse de Verneuil, près Limoges ; elle était pour un prêtre de'sa race, ou autre, au choix de ses héritiers. En 1513, ces derniers demandaient que le service fût fait dans l'église de Verneuil. Voici les curés dont nous avons retrouvé le nom : Pierre Duval, 1634-1638 ; — P. Raymond, 1657, décembre 1674. (Antoine) ; — De Douhet, 1674-1681 ; — L. Graud, 1689-1697 ; — Yver, 1697, qui cessa de signer les registres en 1740, et fut enterré dans le sanctuaire de l'église le 24 novembre 1742, étant âgé de soixante-dix-sept ans ; — Dalinays, 1740 ; — Chadenier, 1742-1744 ; — Bignot, 1744-1751 ; — Delavaud, originaire de Rochechouart, 1752, se démit en janvier 1757, et fut nommé à la cure de Mouzon, en Angoumois, diocèse de Limoges ; vivait en 1784 ; — Jean Périgord, originaire de Brigueil-l'Aîné, nommé en janvier 1767, qui y mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, le 2 août 1780 ; — Simon, natif de Rochechouart, nommé le 7 août 1780, qui y mourut à l'âge de cinquante-huit ans, le 6 septembre 1785 ; — Jupile-Lagrange (Jean-Jacques), 1785, né à Limoges, refusa le serment schismatique à la constitution civile du clergé ; était porté sur la liste des prêtres qui, d'après leur âge et leurs infirmités, étaient exempts delà déportation ; était âgé de cinquante-cinq ans, lorsque, le 3 ventôse an IV, il fut enfermé à la Visitation ; en 1802, il fut d'abord nommé curé de Saint-Laurent-sur-Gorre, puis revint curé de Maisonnais en 1803 ; — Damet...., mort à l'âge de soixante-deux ans, le 9 octobre 1822 ; — Dubranle ; — Combebessous, mort à Séreilhac ; — Rigaud, finit de signer le 25 novembre 1830 ; — Deschamps (Léonard), 1830-1835, fut ensuite curé de Cussac, où il mourut ; — Jacques Thomas, 1835, mort à l'âge de cinquante-deux ans, le 27 octobre 1856 ; — Pinchaud, 1856-1873 ; — Moreau, 1873.

Le cimetière conserve dans sa partie centrale les restes d'une chapelle dont on ne retrouve plus que les fondations.

Une pierre tombale en calcaire, de 2m 25e de longueur, représentant un chevalier avec son armure, sert aujourd'hui de linteau à la porte d'entrée.

Une famille du nom de Maisonnais habitait dès le XIVe siècle le pays qui forme aujourd'hui l'arrondissement de Rochechouart. Plusieurs de ses membres sont inscrits au Nobiliaire du Limousin, mais le plus illustre est Bertrand de Maisonnais, célèbre par sa science et sa longue expérience dans les affaires. Il fut élevé sur le siège archiépiscopal de l'église de Naples en 1359. Il obtint du pape Innocent VI, son compatriote, le pouvoir d'absoudre, à l'article de la mort, Louis, roi de Naples, qui été lié par des censures. Il se trouva à une assemblée générale tenue, devant le roi et les seigneurs, le 4 avril 1361, et y prononça un fort beau discours. Il mourut le 30 octobre 1362, et fut enseveli dans la grande, église, dans un tombeau de marbre de la chapelle de Saint-Asprenat. En 1370, on transféra son corps et son cercueil près du grand-autel, où est cette inscription :

Ilie jacet corpus Reverendi in Christo patris et Domini domini Bertrandi de Meyshonesio Dei gratta archiepiscopi Neapolitani, qui obiit annb Domini M CCC LXII, Die XXX octob. Primae indict. Cujus anima réquiescat in pace.

« Ici repose le corps de Révérend en Jésus-Christ, père et seigneur Monseignenr Bertrand de Maisonnais, par la grâce de Dieu archevêque de Naples, qui mourut l'an du Seigneur 1362, le 30e jour d'octobre, indiction première. Que son âme repose en paix !»

La seigneurie de Maisonnais, appelée aussi du Domphon, relevait de la Coussière ou de la Vauguyon. Voici la, suite des seigneurs qui l'ont possédée :

Laure de Chabanais, dame de la Coussière, épousa, vers l'an 1200, Louis Pérusse des Cars, seigneur de La Vauguyon, et porta dans cette maison les fiefs du Domphon, paroisse de Maisonnais ; de Mouton, paroisse de Saint-Mathieu ; des Sauvages, paroisse de Dournazac, etc. Gérard de Lambertie, qui vivait en 1280, épousa, d'après les archives de Pompadour, Marie-Anne Pérusse des Cars, dame du Domphon, alias de Moncomo (qu'il faut apparemment lire de Maiçonio), et posséda ces trois fiefs, pour lesquels la famille de Lambertie rendit plusieurs fois hommage aux seigneurs de la Coussière.

On trouve ensuite Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, 1301, fils de Gérald Ricos, chevalier, et de Florence de Campnhac. En 1319 il partagea avec Hélie, son frère, la succession de leur père.

Gérald Ricos, seigneur de Maisonnais, épousa, par acte passé au château de la Vauguyon, le mardi après la Purification 1331, Hélène Relhiera ;

Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, fit un codicille, le jeudi après sainte Quitterie 1364, contenant des legs pour les églises de Maisonnais et de Saint-Barthélémy.

Noble et puissant seigneur Jean de Pontville, vicomte de Rochechouart, etc., et noble et puissante dame Anne, vicomtesse de Rochechouart, sa femme, comme ayants-cause et successeurs de feu Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, font un accord, par acte du 22 juin 1473, avec le curé de ce lieu, touchant les dixmes de cette paroisse, que feu Pierre Ricos avait léguées audit curé. Son fils fut François de Rochechouart, né en 1474, qui fut père de Claude, vicomte de Rochechouart, baron d'Aixe, seigneur de Maisonnais, etc., qui vivait en 1538.

Jean Hélie de Colonges, fils d'Antoine Hélie de Pompadour et d'Elisabeth de la Goublaye, dame du Bourdeix, prieur de Bussière-Badil, et, en 1482, premier abbé commendataire de Dalon, acheta le fief de Maisonnais vers 1514. Aussi des membres de sa famille prirent le nom de Hélie de Domphon. Les armes de la famille Hélie sont : d'azur à trois tours d'argent, posées deux et une, maçonnées de sable.

Pierre Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé et de Maisonnais, époux de Françoise Rousseau de Ponthieu, fut maintenu dans sa noblesse en 1667 ; il eut pour fils : 1° Achille Jourdain, qui suit ; 2° Hélie Jourdain, écuyer, seigneur de Maisonnais, etc.

Achille Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé, la Cour-des-Adjots, Maisonnais, la Cour-des-Fontaines, fut maintenu dans sa noblesse en 1699 ; il eut pour fils : 1° Achille Jourdain, qui a continué la postérité; 2° René Jourdain, chevalier de Maisonnais, qui épousa, le 9 janvier 1709, Marie Pricault, de Verneuil.

Mathieu Jourdain, seigneur de la Pouyade et de Maisonnais en partie, et Catherine Autier, son épouse, firent baptiser à Maisonnais leur fille Marie, née le 17 septembre 1701.

Les armes de la famille Jourdain sont : d'argent au tau de gueules.

Robert d'Asnières, écuyer, seigneur de Maisonnais et du Moulin-Paute, qui épousa Marie de Crozant-Paute, vers 1695 [Nobiliaire, I, p. 56].

Nous trouvons encore François de Villedon, écuyer, seigneur de Maisonnais, fils d'Antoine de Villedon et d'Anne de la Rye, qui fut maintenu dans sa noblesse par M. d'Aguesseau, intendant du Limousin, le 2 septembre 1666, et qui avait épousé, le 16 juin 1661, Marie Le Mercier. Les registres paroissiaux nous font voir que la famille Jourdain avait seulement en partie la seigneurie : de Maisonnais à la fin du XVIIe siècle : il est alors à supposer que l'autre co-seigneur était François Villedon. Cette famille, qui s'était répandue dans l'élection d'Angoulême, portait pour armes : d'argent fascé de gueules en ondes à sept piles.

Dans les landes de Maisonnais, on retrouvait encore il y a peu de temps des morceaux d'une voie romaine allant de Périgueux à Poitiers. Aidé des indications de Nadaud, qui habita longtemps la paroisse de Teyjac, nous en avons signalé des traces dans la - vigne de l'Orme, près de Chaufour, commune de Teyjac ; près du bourg d'Etouars ; à la Croix-de-Gondat, commune de Saint-Estèphe ; nous l'avons vue dans le bois de Chareyroux, à travers l'étang Gaulier et à Cluzence, commune de Busserolles ; à Bel-Air, commune de Reilhac-Champniers, où elle est marquée sur, la carte de l'état-major, et d'où elle entre dans la commune de Maisonnais.

Les villages qui composent cette commune sont :

L'Age, — Une branche de la famille Gros, porte le nom de Gros de l'Age.

L'Age (Moulin de), sur le Nauzon, ruisseau qui se jette dans la Tardoire.

L'Allée.

La Besse. — Jacques Roux, écuyer, sieur de la Besse, était mort avant sa femme, Jeanne Hugon, qui fut enterrée, à Saint-Maurice de Limoges, le 26 décembre 1715.

La Borderie.

Chadeleix.

Chadeleix (Moulin de), sur la Tardoire.

Chapelat.

Châteaurocher. — est pittoresquement situé sur un étang, et près le bord du Nauzon. Le château, construit par la famille de Bonneval, est un corps de bâtiments pourvu de quatre tours rondes aux angles, et d'une tour carrée centrale, renfermant l'escalier. La toiture de cette dernière a disparu depuis peu de temps pour faire place à un belvédère.

Une famille portant le nom même de ce lieu l'habitait primitivement, avant qu'il passât dans la famille Guyot, puisque nous voyons, en 1556, Michelle de Châteaurocher qui épouse Clément Guyot, fils de Martial Guyot et d'Anne Milly. Les armes de la maison Guyot sont : d'or à trois perroquets de sinople, deux et un. [Nobiliaire, I, p. 249.]

Au siècle suivant, il était possédé par la famille Vigier de Saint-Mathieu : Charles, vicomte de Saint-Mathieu, qui avait épousé Isabeau Doyneau, ne laissa qu'une fille unique, Elisabeth Vigier, qui le porta à Henri de Bonneval, en l'épousant, en 1623. Leur fils, Pierre de Bonneval, chevalier, était vicomte de Bonneval et seigneur de Châteaurocher, lorsqu'il épousa, par contratdu 9 février 1652, Catherine des Cars, Dlle de Ségur, puis comtesse de Beauvais, Lussac, Fontroubade. Les armes de la famille de Bonneval sont : d'azur au lion d'or armé et lampassé de gueules. [Nobiliaire, I, 225, 369.]

La maison du Mas ne tarda pas à le posséder : Laurent du Mas épousa avant 1658 Pétronille de Bonneval. Puis nous voyons encore François du Mas, chevalier, fils de Perrot du Mas et de Gabrielle Hauteclaire, qui était seigneur de la Serre, de Peyrat, et de Châteaurocher, et qui épousa : 1° Honorée de Langlade, dont naquit Sibille du Mas, et 2°, en 1676, Thérèse Roux, fille de Jean et de Jacquette de Pressac. La familledu Mas porte : de gueules, coupé, aupremier, à une tour d'argent maçonnée de sable ; au deuxième, à la croix d'argent, cantonnée de quatre fleurs de lis d'or. [Nobiliaire, III, 199.]

Châteaurocher passa ensuite dans la famille du Lau : Gabriel du Lau, seigneur de Savignac, épousa, en 1688, Sibille du Mas, fille de François, sieur de Châteaurocher.

Philippe du Lau, écuyer, sieur de Châteaurocher, épousa Elisabeth d'Hautefaye, dont Suzanne, née, à Champniers, le 19 juillet 1719. Les armes de la famille du Lau sont : d'or,àun arbre tige et feuille de sinople, à un lion passant de gueules, à l'orle d'argent chargé de dix-huit tourteaux d'azur. [Nobiliaire, III, p. 58.]

Enfin il est entré dans la famille Roux de Lusson. Le 15 janvier 1722, Jean Roux de Lusson, écuyer, seigneur de Reilhac et autres places, épousa DUo Suzanne du Lau de Châteaurocher, fille de Philippe et d'Elisabeth d'Hautefaye (registres paroissiaux de Maisonnais). Cette famille porte : d'azur à trois fasces d'argent, la première accompagnée en chef de trois fleurs de lis d'or.

Les Dognons.

L'Ecanie. — Parmi les propriétaires de ce fief nous trouvons : noble Pierre Chazaud, sieur de Bois-Bertrand et de l'Ecanie, avocat au Parlement, juge sénéchal de la Vauguyon, qui se maria, en 1662, avec Marguerite de la Ramière. [Nobiliaire, I, p. 437.] — Jean François d'Asnière, écuyer, sieur de Villechenonet l'Ecanie, épousa vers 1695, Marie-Thérèse Chazaud. [Nobiliaire, I, p. 56.] — François de l'Ecanie épousa, le 18 septembre 1714, Elisabeth Roux, fille de Gabriel Roux de Lusson, seigneur de Reilhac. — Robert d'Asnière, sieur de l'Ecanie, 1723. [Registres Paroissiaux.]

L'Ecanie (Moulin de), sur la Tardoire.

Fontfroide (Moulin de), sur la Tardoire.

Gouenaix.

Grandcamp. — Village près duquel passait l'ancienne voie romaine de Périgueux à Poitiers.

La Grange.

La Guérite.

Labraud.

Chez-Levrault.

Maisonnais (Moulin de), sur la Tardoire.

La Maisonnette.

Mauron.

Mas-Veyraud (Grand-). — Le 17 août 1743, Maximilien de Crozant, écuyer, sieur des Rivières, le Bois, etc., et sa femme, Jeanne de la Verg-ne, demeurant au bourg de Vilhonnour, vendirent la métairie du Mas-Veyraud à Jean-Baptiste Garrigou, sieur du Mas-Veyraud, et à Jean Garrigou, sieur de la Nègrerie. Elle est encore de nos jours dans cette famille.

Mas-Veyraud (Petit-).

Ménagerie.

Le Puy. — Le château du Puy était composé d'un corps de bâtiments accompagné de tours qui ont été démolies de nos jours. — Sallique de Fontlebon était seigneur du Puy et de la ChapelleSaint-Robert ; il épousa Marie de la Boissière le 10 juillet 1583. Ce fief était encore dans la même famille en 1727, lorsque Louise de Fontlebon, veuve de Mre Charles Bertrand, épousa Mre Armand-François du Lau, chevalier, seigneur de Châteaurocher. La famille de Fontlebon porte : d'argent à trois aigles de sable, deux en chef et mie en pointe.

Raux.

Chez-Reveillou.

Sableronne. — Sablanoze en 1483, et Salanoza. — C'était un prieuré-cure en 1310, qualifié cure régulière en 1483. Le prieur des Salles-la-Vauguyon y faisait les nominations de 1475 à 1727. En 1612, cette paroisse avait encore le titre de prieuré, ayant pour patron la sainte Vierge. Elle fut unie au prieuré de la Nouzille, paroisse.de Saint-Auvent, avant l'année 1745. François de Rochechouart-Pontville y fonda en 1514 une messe à dire chaque semaine [Nobiliaire, IV, p. 67]. Son église ou chapelle était en ruine dès 1620. Aujourd'hui ses restes sont à peine visibles au sommet d'une prairie à l'ouest du village. On a extrait du cimetière qui l'entourait des pierres tombales en calcaire que l'on voit encore à plusieurs portes du village.

Talonnât.

Tramer. — Une branche de la famille Gros porte le nom de Gros-Tramer.

La Vauguyon. — Les ruines de ce château, sur la rive droite de la.Tardoire, dominent à mi-côte le lit encaissé de cette petite rivière. L'enceinte principale est un grand quadrilatère de 40 mètres de côté, flanqué aux angles de fortes tours rondes extérieurement et carrées à l'intérieur. Ces tours forment, à chaque étage, des appartements carrés de 6 mètres de côté. Lorsqu'on se place dans la large embrasure de leursfenêtres, la vue s'étend agréablement sur un riche paysage, qu'embellissent la forêt et la Tardoire. La porte, privée de sa herse, regarde le nord. Elle était surmontée d'un majestueux donjon carré, que précédait un pontlevis. Un fossé large et profond, qu'on remplissait d'eau bu qu'on desséchait à volonté, l'entourait complètement. Le terre-plein, qui sur trois côtés servait de chaussée à ce lac, formait encore une ligne de défense difficile à enlever, surtout à l'est et au midi, où ses murailles ressemblent aux remparts d'une ville fortifiée.

L'intérieur se compose de deux vastes corps de bâtiments. Celui de la façade forme au centre une grande salle, dont la voûte gothique à nervures prismatiques et un beau pendantif central existent encore, quoique en bien mauvais état. Elle occupe toute la grandeur du donjon, qui surmonte la porte, et mesure intérieurement 6m50 de côté. A gauche sont les habitations ; à droite, une chapelle, composée de deux travées mesurant ensemble 12m60 de longueur sur 6m30 de largeur. L'arrachement des voûtes nous montre des nervures rondes recouvertes d'une baguette, qui font connaître approximativement la date de cette construction : elle doit être de la fin du XIVe siècle ou du commencement du xve.

Le second corps de bâtiment occupe tout le côté de l'est. Il recouvre de vastes caves, encore accessibles aujourd'hui. Au midi et au couchant, deux courtines, portant des galeries intérieures, relient la tour d'angle aux autres constructions. Une promenade crénelée, complètement démolie aujourd'hui, surmontait ce vaste ensemble de bâtiments.

Le préau, ou cour intérieure, est d'une remarquable grandeur. C'est sur ses murailles qu'on trouvait des peintures à la fresque dont les inscriptions étaient en caractères du XVIe siècle. Elles représentaient « une série de grands portraits de famille, avec les noms, les titres et les armoiries des nobles damés et des seigneurs alliés à la maison des Cars de la Vauguyon ». Le temps les efface avec rapidité ; bientôt il n'en restera pas la moindre trace. Quelques-uns ont lu au bas de ces peintures le nom de Champigny, d'autres celui du comte d'Artois ; actuellement on ne les y retrouve plus.

Nous trouvons pour la première fois le nom de la Vauguyon en 1188. A cette époque, Charles, seigneur de Pérusse, épousa Anne de Malassac, dame de la Vauguyon. On peut suivre dans le Nobiliaire, aux articles Pérusse des Cars, Stuer de Caussade et de Quèlin, la série des propriétaires de ce château depuis ce moment jusqu'au jour où il fut vendu, en 1719. Le premier acquéreur semble être Vincent Le Blanc, grand-audiencier de France. Mais tout ne lui réussit pas, car à sa mort, en 1729, nous voyons une saisie faite sur la terre de la Vauguyon, formant sa succession, pour défaut d'un payement de 200,000 livres, reste du prix avec intérêts, pour M. Pierre-Jacques de Law, président de la Cour des comptes, aydes et finances de Normandie. En 1789, la terre de la Vauguyon était possédée par MM. Lafordie et de Confolens (3).

Le château de la Vauguyon fut pris par les Anglais ; mais, en 1381, ils en furent chassés par Bertrand du Guesclin et autres capitaines, auxquels la ville de Limoges avait fourni des hommes et de l'argent pour débarrasser la province de ses ennemis. A la prise de ce château par les Anglais, et lorsque du Guesclin le reprit, les murailles et les tours-eurent beaucoup à souffrir. Une partie fut même détruite par l'incendie. Aussi remarque-t-on, surtout vers le sud-est, un bon nombre de pierres rougies par le feu, qui ont été employées dans la reconstruction qui suivit ces événements. C'est probablement de 1450 à 1460 que ces réparations furent faites par Gautier de Pérusse, seigneur des Cars, la Vauguyon, etc., sénéchal du Limousin.

Nous voyons qu'en 1586 le duc de Mayenne, un des chefs de la Ligue, fut accueilli au château de la Vauguyon.

Par lettres-patentes du mois de juillet 1586, Henri III érigea la terre de la Vauguyon en comté, et il fit cette érection, non-seulement en faveur de Jean des Cars, seigneur de la Vauguyon, et de ses enfants, mais encore avec dérogation à l'édit de 1566, qui réunissait à la couronne tous les duchés, comtés et marquisats, lorsqu'il n'y avait pas d'enfants mâles.

Ce château n'a pas été détruit sous Richelieu, comme l'ont assuré plusieurs auteurs (4). Richelieu est mort en 1642, et nous voyons assez longtemps après lui cette habitation féodale conserver toute sa splendeur : en 1694, on y transporta avec beaucoup de pompe, dans la chapelle dont j'ai parlé plus haut, les restes de Marie Stuer de Caussade, comtesse de la Vauguyon, marquise de Saint-Mégrin, dame de Varagne, etc., qui était morte au mois d'octobre 1693, au château de Saint-Mégrin, en Saintonge. Pour les années suivantes, les registres paroissiaux de Maisonnais constatent la présence de « très haut et très puissant messire Nicolas Estuer de Caussade, prince de Carency, comte de la Vauguyon », et de tous les officiers et serviteurs attachés à sa maison.

Ce ne fut qu'après la vente de 1719 que la splendeur de cette habitation diminua, mais le château ne fut pas démoli. La Révolution ne respecta pas ce monument : là, comme à Montbrun, il y eut des actes de vandalisme indignes d'une nation civilisée. Le peuple pilla et démolit tout. Mais le plus coupable dans ces actes de sauvagerie n'était peut-être pas le peuple, car, peu de jours avant, l'autorité avait fait afficher l'arrêté suivant, dont on trouve un exemplaire, imprimé en placard, à la Bibliothèque Nationale, sous le n° 957 de la série L. 41 :

a Arrêté des Représentants du peuple dans les départements de la Corrèze et de la Haute- Vienne :

» Les Représentants du peuple dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, considérant que les troubles excités par l'aristocratie expirante et le fanatisme aux abois n'avaient d'autre but que de rétablir l'ancien régime, les dixmes, les rentes, les corvées, et qu'il est essentiel de détruire les anciens châteaux, qui dans ces circonstances deviendraient autant de repaires pour ces scélérats, sans cependant que. sous ce prétexte, les bâtiments nécessaires à l'agriculture puissent être détruits ni dégradés,

» Arrêtent ce qui suit :

» 1° Les propriétaires des ci-devant châteaux-forts, dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, seront tenus de les faire détruire dans le courant de la seconde décade du mois nivôse, et seront réputés châteaux-forts tous ceux qui sont défendus par des tours, des mascoulies, des fossés ou ponts-levis ;

» 2° Dans le cas où ladite démolition ne serait pas effectuée dans ledit délai, tous les citoyens sont invités à les démolir, chacun dans leur commune respective, sans que cependant sous ce prétexte les habitants desdites communes puissent sortir de leur territoire, pour se prêter secours ;

» 3° Tous les citoyens desdites communes qui ne sont point logés, ou dont les bâtiments ont besoin de réparations urgentes, prendront parmi ces matériaux tout ce qui leur sera nécessaire, et le partage en sera fait entr'eux par les officiers municipaux, en raison de leurs besoins respectifs ;

» 4° Les officiers municipaux veilleront de tout leur pouvoir à ce qu'il ne soit commis aucun pillage, ni détruit d'autres bâtiments que les châteaux, les bâtiments nécessaires à l'agriculture devant être conservés en entier ;

» 5° Les citoyens sont tous invités à célébrer les décades par là démolition desdits châteaux, en y mettant le plus grand ordre pour éviter tout accident ; s '

» 6° Les agents nationaux, tant des districts que des communes, veilleront de tout leur pouvoir à l'entière exécution du présent arrêté.

» Tulle, le 8 nivôse, l'an second de la république française une et indivisible.

» NOTA. — Il ne faut pas confondre les maisons de campagne qui ont des petites tours faites en cul-de-lampe, ou dont l'escalier est placé dans une tour : ces maisons ne doivent pas être détruites.

(Signé) : » Brival.

» BORIE, secrétaire. »

A Tulle, chez P.-J.-M. Vachet, imprimeur du département.

Depuis ce jour, les ruines de cet intéressant château forment une carrière où sont allés puiser, comme le permettait l'arrêté cidessus, tous ceux qui ont eu besoin de bâtir. Les pierres de taille, enlevées les premières, ont occasionné la chute des plus beaux morceaux de cette riche construction.

Près du château de la Vauguyon existait une chapelle portant le nom de Notre-Dame-de-Lorette. Les derniers vestiges de ce petit édifice ont disparu de nos jours. Sa fête patronale était la Nativité de la sainte Vierge. Les seigneurs de la Vauguyon, qui l'avaient bâtie, y fondèrent deux vicairies. Ils y firent les nominations jusqu'en 1709, époque après laquelle le château fut vendu ; ce fut ensuite l'évêque de Limoges qui posséda ce droit, et nous le lui voyons exercer en 1757.

Je suis porté à croire que cette chapelle a été construite par Arnoul de Pérusse, seigneur de la Vauguyon, grand-maréchal d'Eglise, à qui le pape Innocent VI, son compatriote, avait confié le soin de bâtir les murs d'Avignon. En effet, le célèbre miracle par lequel la maison de la Bienheureuse Vierge Marie avait quitté la Palestine le 10 mai 1291, et s'était en dernier lieu fixée sur le rivage de l'Adriatique, à Lorette, le 10 décembre 1294, venait de s'acomplir lorsque naquit Arnoul. C'est en mémoire de cet événement qu'il voulut donner le nom de Lorette à cette modeste chapelle, probablement la première qui ait été élevée en France sous ce vocable. Il la plaça à 500 mètres de son château, sur un monticule de la forêt, imitant de loin la montagne de lauriers des bords de l'Adriatique.

Le pont au-dessous du château de la Vauguyon porte l'inscription suivante : 1865, BOBY DE LA CHAPELLE, PRÉFET.

Vaud. — Une branche de la famille Gros porte le nom de Grosde-Vaud. Verinelles. Vieux-Château.

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1883)

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10 octobre 2015

Pasquet émigrés

Pasquet du Bousquet de Laurière Clair Mathieu, lieutenant d'infanterie, fils de Pierre, écuyer, sr du Bousquet, et de Suzanne Maret - né 18-7-1767, bapt. même jour à St-Cybard de La Rochefoucauld - + audit La Rochefoucauld le 5-1-1832 - ép. 1° à St-Vincent (Vitrac-Saint-Vincent) le 13 fructidor an XI, Anne Eulalie de James, fille de Charles Philippe, chevalier, sgr de St-Vincent, et de Marie Madeleine de Livron - née 7, bapt. 10-12-1780 à St-Constant (St-Projet-St-Constant) - + La Rochefoucauld 17 brumaire an XIV - 2° à Angoulême, le 20-2-1811, Marie Victoire de Jean de Jovelle, fille de François Antoine, sgr de Jovelle et de Jaubertie, capitaine au régiment de Beaujolais infanterie, et de Marie Anne Jeanne Arnauld de Viville - née La Tour-Blanche (Dordogne) le 26-4-1782, bapt. au même lieu le 29 avril suivant - + La Rochefoucauld 19-7-1847 - dont postérité des deux lits.

Dans une pétition non datée, ledit Pasquet déclare qu'en 1791 il servait comme officier au régiment de Lyonnais ; par la suite, il se retira à Toulouse, à cause de l'état d'insubordination existant dans son régiment. Par manque de ressources pour subsister, il se mit au service de la dame Trouard, dt à Sarrebruck, pour l'aider dans son négoce. Rentré avec elle en France, le 16-10-1792, ils furent tous les deux arrêtés à Metz, le 4-11-1792, comme soupçonnés d'émigration. Ils furent remis en liberté le 30-11 suivant. C'est alors qu'il s'engagea en qualité de chasseur dans la légion commandée par le général Kellermann (depuis président du Sénat conservateur). Il produit un certificat de lieutenant-colonel dela cavalerie de la légion de la Moselle, ci-devant Kellermann, commandant le dépôt de Nancy, certificat daté du 8-2-1793, attestant que ledit Pasquet est bien engagé dans ladite légion, comme chasseur à cheval, depuis le 6-12-1792, et que son congé pour se rendre chez lui est légal ; que, de plus, à son arrivée au corps, il était muni d'un passeport de la municipalité de Metz.

Le Tribunal criminel de la Charente le condamna, le 1-6-1793, en temps qu'émigré rentré, à être transféré hors du territoire de la République. Par son jugement du 16 pluviôse an III, le Tribunal révolutionnnaire de Paris décida qu'il n'y avait pas lieu à accusation contre Pasquet, mais ordonna néanmoins qu'il demeurerait dans la maison de justice jusqu'à l'envoi au tribunal du jugement de déportation rendu par le Tribunal criminel de la Charente, mais, par son arrêté du 24 pluviôse an III, le comité de sûreté générale de la Convention Nationale mit ledit Pasquet, détenu à l'hospice nationale de Paris, en liberté sur-le-champ. Par la suite, il fut rayé provisoirement, le 6 vendémiaire an V, de la liste des émigrés par l'administration du département de la Charente. Le 14 brumaire de la même année, sa réclamation pour être définitivement radié fut enregistrée au ministère de la Police générale, sous le n° 5001. Les pièces justificatives de sa non émigration passèrent dans le deuxième supplément du premier envoi, carton 249, à l'examen du 4e bureau de la commission qui donna son avis pour la radiation définitive. Pasquet, n'ayant pu se croire atteint par la loi du 19 fructidor an V, fut arrêté et condamné, le 22 frimaire an VI, à la peine de déportation par la commission militaire séant à Nancy. Depuis ce jugement, il fut détenu à l'île de Ré. Ayant demandé sa mise en liberté provisoire pour se rendre à La Rochefoucald, sa demande fut acceptée (non datée). Il fit sa déclaration devant le préfet de la Charente, le 2 prairial an X, et fut amnistié le 12 (alias 18) thermidor an V (Q X/8 - Q XVII/43 - Q XX/1 - K 3/3 f° 116 - K 21/1 f° 49 - F7/4987 - F7/6047).

Pasquet Henri, écuyer, sr de St-Projet, garde du corps du roi, compagnie de Villeroi, fils de Pierre, écuyer, sr du Bousquet et de la Garde, capitaine des grenadiers royaux au régiment de la Tresne, chevalier de St Louis, et de Suzanne Maret - né 23, bapt. 24-10-1746 à St-Cybard de La Rochefoucauld - + à Paris le 17 floréal an X - ép. à Rivières, le 15-5-1772, Valérie Marentin, fille de Jean Baptiste, écuyer, sgr des Denis, la Rivière et Pierre Levée, conseiller du roi, commissaire des guerres, subdélégué de l'intendant de Limoges, et de Catherine Thérèse Huimon de Bailleul, née 23, bapt. 26-8-1753 à Rivières, condamnée à mort, le 14 prairial an II par le Tribunal révolutionnaire de Paris - dont postérité actuellement éteinte.

La réclamation déposée devant le préfet de la Seine pour obtenir l'amnistie pour ledit Henri Pasquet, le 24 floréal an X, ne fut pas suivie d'effet; il fut cependant amnistié le 18 frimaire XI.

Il semblerait, à en croire son dossier en Q XII/43, que son fils ait aussi émigré. Q XIII/18 n'apporte rien à ce sujet.

Jean Baptiste Pasquet, né le 4, bapt. le 5-4-1773 à St-Cybard de La Rochefoucauld, + à Paris le 14-12-1850, marié par contrat du 9-8-1814, reçu Moisant, nre à Paris, avec Geneviève Sophie Paris, veuve en premières noces de Louis Chédeville. Il eut pour héritier son fils adoptif, Jules Jacques Chédeville de la Maurie Pasquet de St-Projet. (Q X/8 - Q X/9 - Q XII/43 - Q XIII/18 - Q XX/1 - Q 4647 f° 24 - F7/6047 - Minutier central, étude XLVI - Pin. IV/227).

Pasquet Jean Mathieu, écuyer, d'abord sr de la Garde, puis de la Revanchère, garde du corps du roi, compagnie de Villeroy, troisième fils de Pierre, écuyer, sr du Bousquet et de la Garde, et de Suzanne Maret - né 5-10-1748, ondoyé le même jour, bapt. supplée le 19-12 suivant à St-Cybard de La Rochefoucauld - + à Versailles le 14-1-1821 - ép. 1° à St-Cybard de La Rochefoucauld, par acte filiatif du 14-7-1771, Jacquette Gounin, fille de Pierre, sr de Jardrenat, et de Madeleine Gautier - 2° par contrat du 3 vendémiaire an XI, reçu Badenier, nre à Paris (Minutier centrale étude C liasse 1016), Marie Madeleine Leroy, veuve Pontet - postérité du premier lit.

D'après F7/4991A, il aurait résidé à Jallais (Maine-et-Loire) du 20-3-1792 au 6 nivôse an VIII, et réclamé la radiation de son nom de la liste des émigrés dès le 13 germinal an IV. Le 3 messidor an VIII, le préfet de la Charente fut d'avis que son nom fût rayé de la Liste des émigrés (Q XII/43). Agé de 54 ans, natif de La Rochefoucauld, il fit sa déclaration devant le préfet de la Seine, le 18 floréal an X, et fut amnistié le 9 prairial an X.

Jean Baptiste Julien Pasquet de la Revanchère, fils du précédent, né le 5-9-1779, bapt. le même jour à St-Cybard de La Rochefoucauld. Julie Gounin, sa mère, exposa aux administrateurs du district de La Rochefoucauld, le 4-12-1792 (Q XII/43), que le receveur du même district lui avait fait demander la somme de mille livres pour son fils absent; elle affirmait que sondit fils résidait à Vendôme, pensionnaire au collège dudit lieu, à preuve les lettres qu'elle avait reçues de lui. La municipalité de La Rochefoucauld, le 9-12-1792, rejeta ce genre de preuves et en exigea d'autres (Q XVII/43 - Q XX/1 - F7/4991A  - F7/6047).

Pasquet Mathieu, dit Pasquet de la Garde, colonel de cavalerie, chevalier de St Louis, officier de la Légion d'honneur, fils de Pierre, écuyer, sr du Bousquet et de la Garde, et de Suzanne Maret - né 2-2-1757, bapt. même jour à St-Cybard de La Rochefoucauld - + à La Rochefoucauld le 5-4-1831 - ép. au même lieu, le 12-3-1806, Anne Henriette Juzaud, veuve de Louis du Gallois de Cussac, fille d'Antoine et de Marie Albert, + à La Rochefoucauld le 30-1-1828 - sans postérité.

Il fit sa déclaration le 20-8-1804 devant le ministre de France en Basse-Saxe, et fut amnistié le 21-3-1808 (Q XII/43 - Q XIII/18 - Q XX/1 - F7/6047).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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10 septembre 2015

Des rives de la Charente à celles de l'Artibonite

L'émigration angoumoisine, qui se dirigeait presque exclusivement vers le Canada (6) depuis 1650, s'en détourna au milieu du XVIIIe siècle, sitôt que s'y précisa la menace anglaise. Dès lors, le flot des colons charentais s'écoula vers les Antilles, avec une nette préférence pour Saint-Domingue.

Certes, les Angoumoisins n'avaient point attendu la guerre de Sept ans pour fréquenter cette île, mais la période s'étendant de 1753 à 1774 marque vraiment l'apogée de leur immigration. Durant ces vingt années, on partit pour les Isles d'Amérique comme, cent ans plus tard, on allait s'embarquer pour la Californie ou le Klondike. Mais, dans cette préfiguration de la ruée vers l'or, celui-ci était représenté à Saint-Domingue par la canne à sucre, le pétun, le café, la cacao et l'indigo.

Les archives notariales de la Charente nous ont permis de suivre l'évolution de cet exode et d'en mesurer l'ampleur.

Dans les dernières années du règne de Louis XIV, quelques précurseurs avaient pris passage pour les Antilles, après avoir minutieusement réglé leurs affaires en France, pour le cas, toujours possible, d'une disparition prématurée, car les mers étaient peu sûres et le climat torride des îles passablement meurtrier. Plusieurs de ces pionniers y avaient effectivement trouvé une mort obscure. D'autres, plus heureux, après y avoir édifié leur fortune, étaient revenus en France pour y acquérir de bonnes terres, comme ce capitaine Gabriel Delavigne, commandant du Cul-de-sac-François, à la Martinique, qui s'était offert, vers 1700, pour 65.000 livres, la belle seigneurie de la Mothe- Charente, en Angoumois.

D'aucuns, désireux d'étendre leur exploitation, avaient chargé quelque correspondant de la Métropole de leur recruter de la main-d'œuvre spécialisée. Ainsi, s'était conduit Alexandre Cazeau de Roumillac, gendre de François Benoit des Essards, riche marchand de soie et banquier d'Angoulême. Installé dans l'île de Grenade, sur la côte de Saint-Domingue, il avait confié à son beau-père la mission de lui procurer des ouvriers.

Les colons se recrutaient dans toutes les classes de la société, mais à leur tête venait naturellement la noblesse, plus soucieuse généralement de rétablir une fortune dangereusement ébranlée par le système Law ou le faste de Versailles, que véritablement tentée par le risque de l'aventure.

Ces gentilshommes, qui fournissaient les cadres du gouvernement, de l'armée et du clergé coloniaux, constituaient l'élite de cette société policée, frivole et aimable qui s'était organisée au Cap-Français, à l'image de la Cour.

L'aristocratie de l'Angoumois y était très honorablement représentée, si l'on en juge par ceux de ses membres que nous connaissons.

Charles de Devezeau, chevalier, seigneur de Rancogne, était lieutenant de marine à Saint-Domingue lorsqu'il s'engageait, le 24 avril 1701, à y transporter, sur les vaisseaux du Roi, les 6.074 livres de marchandises acquises par Louis Guiton, écuyer, seigneur du Tranchard et de Fleurac (en Angoumois), et à les écouler dans cette île, moyennant participation aux bénéfices réalisés.

Charles de Devezeau se maria en 1702, à Saint-Domingue, avec Marie-Charlotte de La Place, que nous présumons apparentée à l'ancien gouverneur de la Tortue, Frédéric de La Place. Il avait eu un fils, François-Louis de Devezeau, né et mort à la colonie (1704-1750).

Charles Guyot, chevalier, seigneur de la Mirande, gouvernait pour le Roi au Port-de- Paix, en 1710.

Pierre de Mons commandait au quartier du Port-au-Prince. Sa fille Marie-Louise- Jeanne, qu'il avait fait élever aux Tiercelettes d'Angoulême, se maria en 1765 avec Charles-Henry David, comte de Lastour, officier au régiment de Boulonnais.

Jacques de Conan, seigneur de Fontenille (en Champniers, Charente), épouse Catherine-Pantaléon de La Flèche-de-Grandpré, dont la famille richissime résidait, en 1772, au quartier Morin, paroisse Saint-Louis à Saint-Domingue.

Joseph-Alexis-Jérôme Robuste, écuyer, seigneur de Frédilly, chevalier de Saint- Louis, fut capitaine du détachement de la marine à Saint-Domingue. Il mourut à Angoulême en 1744. Son épouse, Catherine-Rose Thomin de la Ville-Laroche lui avait donné un fils, Jean-Louis-Joseph, qui demeurait à Saint-Domingue, en 1772, auprès de sa tante une demoiselle Robuste, mariée au sieur Lecomte, frère du curé de Tourriers (Charente).

Louis-Honoré de Froger, chevalier de Saint-Louis, lieutenant du Roi à Saint-Domingue, se maria en 1765 à Louise Achard-Joumard-Tizon d'Argence.

Le chevalier Alexandre de Culant, né en 1726, officier de marine, mourut aux Iles d'Amérique, célibataire.

François Vidaud du Dognon, dit l'abbé du Carrier (1764-1845), vicaire apostolique à Saint-Domingue pendant la Révolution, finit son existence à Angoulême, étant chanoine de la cathédrale depuis 1828.

Jean-Bernard Desmier d'Olbreuse était lieutenant de la marine du Roi d'Espagne lorsqu'il tomba aux mains des Barbaresques. Captif à Alger, il fut racheté par Charles IV et passa à Saint-Domingue vers 1792, où il décéda en 1800. De Jeanne-Marie de Fieux, il avait eu un fils, Jean-Eugène-Bernard, qui se réfugia en Charente après le soulèvement de la colonie. Sa sœur, Félicité-Eléonore, avait épousé Jean- Jacques de la Martellière, sous-commissaire de la marine et secrétaire général du gouvernement de Saint-Domingue.

(Les Cahiers de l'Ouest, 1954)

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08 septembre 2015

Le chapitre collégial de Notre-Dame de La Rochefoucauld en 1791

Philippe Fouchier, doyen, et, en cette qualité, curé d'Olérat.
Charles Gautier-Duménieux, grand chantre.
Jean Albert aîné, dit Péruzet, prêtre. — Sec.
Mathieu Grassin, prêtre. — Sec.
Pierre Jaulin, prêtre.
Pierre-André Rambaud, prêtre.
Roch Dulac, prêtre, curé de S.-Cybard de La Rochefoucauld. — Sec.
Pierre Sibilet aîné, dit de Labrousse, prêtre.
Mathieu Sibilet puîné, dit de l'Isle, prêtre.
Pierre Thibaud, prêtre.
Jean-Baptiste Veyret-Laîaye, prêtre.
Pierre Albert puîné, dit du Vignaud, minoré.

(Le clergé charentais pendant la Révolution, 1898)

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03 septembre 2015

Gardes du corps du roi et des princes

La dénomination de gardes du corps, en anglais lifeguard, en allemand Leibgarde, se confond dans ces langues, en russe, etc., avec ce qu'on appelle chez nous et ailleurs garde royale ou garde impériale. En Autriche, on se sert de celle de gardes-nobles, trabans, etc., etc. En France, c'était un corps de gentilshommes montés, organisés en compagnies et faisant le service dans l'intérieur des châteaux royaux près de la personne du roi et des princes, qu'ils devaient en outre escorter à leurs sorties, suivre et accompagner dans tous leurs voyages ou déplacements. Les gardes du corps tenaient le premier rang dans la brillante maison militaire de nos rois. A la guerre, ils servaient comme corps de cavalerie, et ils se sont illustrés en plus d'une occasion, surtout pendant les guerres du règne de Louis XIV.

Charles VII institua la première compagnie des gardes du corps : il la composa d'Ecossais d'une bravoure et d'une fidélité éprouvées, choisis parmi ceux que les comtes de Buchan et de Douglas avaient amenés en France pour aider le roi à chasser les Anglais de son royaume. Cette compagnie s'appelait la compagnie écossaise des gardes du corps du roi. Louis XI créa la 1re et la 2e compagnie française des gardes du corps, et François Ier la 3e compagnie. La compagnie écossaise, comme la plus ancienne, a toujours eu la droite sur les compagnies françaises, et le rang de celles-ci était déterminé par l'ancienneté de réception de leur capitaine. La compagnie écossaise fournissait en outre le premier homme d'armes de France et les 24 archers ou gardes de la manche, chargés d'accompagner le roi et de veiller plus particulièrement sur sa personne dans les grandes cérémonies publiques.

Les compagnies de gardes du corps faisaient le service par quartier. Le capitaine des gardes qui était de quartier ne quittait pas le roi depuis son lever ou sa sortie de sa chambre jusqu'à ce qu'il fût couché, et marchait toujours immédiatement après le roi et proche de sa personne, quelque part qu'il fût, à table, à cheval, en carrosse ou partout ailleurs. Brillantes prérogatives ! aussi les plus grandes illustrations militaires de tous les temps ont-elles ambitionné ce poste, qui leur donnait l'oreille du souverain.

Sous François Ier, chaque compagnie comptait cent gardes ; sous Charles IX, la compagnie écossaise n'était plus composée que de gentilshommes français ; sous Louis XIV, la reine-mère et le duc d'Orléans eurent chacun une compagnie de gardes du corps. L'effectif des gardes, sous ce prince, s'éleva à 1,600 hommes ; ce chiffre, en 1715, était réduit à 1,440, et ce nombre de gardes parait s'être maintenu jusqu'à la révolution de 1789. L'histoire des gardes du corps se rattache essentiellement à l'histoire intime de la cour de France. On ne peut nier que ce corps n'ait rendu de grands services à la couronne ; il se distingua en toute occasion par une fidélité à toute épreuve envers la famille royale, et en beaucoup de circonstances il a scellé cette fidélité de son sang.

Supprimés par larévolution, les gardes du corps reparurent avec la Restauration ; leur organisation définitive fut déterminée par une ordonnance du 30 décembre 1818. Par cette ordonnance, les gardes du corps du roi se composaient, en outre de l'état-major, de 4 compagnies, fortes chacune de 287 hommes, officiers et gardes. La compagnie formait quatre brigades représentant deux escadrons.

Les gardes étaient divisés en trois classes et avaient le grade de lieutenant en 1er ou de lieutenant en second, ou enfin de sous-lieutenant. Les gardes de 3e classe étaient choisis parmi les élèves des écoles militaires et les sous-officiers de la ligne remplissant les conditions voulues pour devenir officiers. Presque tous les autres emplois étaient donnés un tiers au choix, deux tiers à l'ancienneté ; les grades supérieurs étaient tous laissés au choix du roi. Enfin une ordonnance du 22 mai 1822 donnait jusqu'au grade de colonel, le grade supérieur à tout officier employé dans les gardes du corps du jour où il avait accompli huit années dans l'emploi du grade inférieur.

L'uniforme des gardes du corps était vraiment magnifique : il se composait d'un habit bleu de roi, avec collet, parements et retroussis écarlate ; la poitrine, le collet, les parements, les poches, étaient couverts de brandebourgs et de boutonnières en galon d'argent ; le pantalon était en drap bleu ou en casimir blanc ; le casque était formé d'une bombe droite, en plaqué d'argent, entouré d'une peau de veau marin ainsi que la visière et le couvrenuque ; la banderole tenant la giberne était en galon d'argent. Les gardes portaient des épaulettes et des aiguillettes en argent ; ils étaient armés d'un mousqueton avec sa baïonnette, d'un sabre de cavalerie et d'une paire de pistolets.

Monsieur, comte d'Artois, eut, à la Restauration, deux compagnies de gardes du corps dont l'uniforme vert était d'ailleurs en tout semblable à celui des gardes du corps du roi. Par ordonnance du 21 avril 1819, ces deux compagnies n'en formèrent qu'une seule, et cette compagnie, à la mort de Louis XVIII, devint la 5e des gardes du corps du roi.

Les cinq compagnies des gardes du corps furent licenciées par ordonnance du 11 août 1830, sans doute pour ne plus reparaître. Ce corps tout de luxe, malgré les services qu'il a rendus, n'était plus de notre époque.

Il en était de même des gardes à pied ordinaires du roi dont on a fait connaître l'état au mot Cent-suisses.

Source : Encyclopédie des gens du monde, d'Artaud de Montor.

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26 août 2015

État des cens et rentes dus aux seigneuries de Montbron, Manteresse et La Grelière

État des cens et rentes dus aux seigneuries de Montbron, Manteresse et La Grelière, pour maisons, jardins et terres, par : Pierre Sauvo, marchand, Josué Marvaud, notaire, Jean Perret, tailleur d'habits, Isabeau Trufandier, veuve de Jean Barraud, marchand, Arnaud Grand, marchand, Abraham Allafort, Antoine Terrade, notaire, François Du Rousseau, écuyer, seigneur de Coulgens et de La Pouge, Raimond Redon, laboureur à bras, Junien, Jean et Jacques Du Rousseau, écuyers, sieurs de Marendat, de Ferrières et de La Vue, François Berthoumé, Jean Vallantin, marchand, Isaac Couraudin, écuyer, sieur de Chabrot, Pierre Bradents, receveur de la châtellenie, dans la paroisse de Saint-Maurice de Montbron ; Noël de La Garde, écuyer, François Caperier, notaire, Thévenot Dumas, Jean de La Vallade, Bonaventure Renouard, écuyer, sieur de La Rochebertier, Georges Jourdot, dans la paroisse de Saint-Sornin ; Pierre Bertrade, Guillaume Barrière, Jean et Martin Joubert, Jean Prévereaud, sieur de La Lizière, Micheau Constantin, dans la paroisse de Marillac-le-Franc ; Pierre Abbon, Pierre Demay, Antoine Lériget, marchand, paroisse d'Orgedeuil ; Guillaume Ripe, Léonard Pouvereaud, Jean Sauvo, juge de la juridiction de Manteresse, paroisse du Peyroux ; Bermard Mesnard, Jean Bastier, Giraud et Pierre Thibaud, écuyers, sieur des Joubertières et de Germanas, Joachim Julliem, écuyer, sieur de Chevallerie, paroisse d'Ivrac ; Hélie Dauphin, écuyer, sieur de La Vacherie, Léonard Peychère, Pierre Devaux, paroisse de Saint-Adjutory ; Hugue Fauchier, maréchal, Jacob de Mascureau, écuyer, sieur de Puyravaud, paroisse de Vitrac ; Guillaume Deschamps, Pierre Barjallot, paroisse de Florignac ; Martial de Chevreuse, écuyer, sieur du Champ-Tony, paroisse d'Écuras, etc.

(Archives départementales de la Charente)

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