26 juin 2015

L'inspecteur Latapie en visite à Nontron

Du mardi 12 jusqu'au samedi 16 mai 1778.

Cette espèce de ville, toute méchante et toute vilaine qu'elle est, se trouve toujours sur mon itinéraire, parce que ma sœur de Constantin y est établie. Cette fois-ci, j'avais un motif de plus pour y passer. Il y a un subdélégué, le pire de tous ceux de la généralité, comme M. Bouriot, de Bazas, en est le premier. Il s'appelle M. Dubosfrand. Son âge de quatre-vingts ans a achevé de lui ôter le peu d'esprit et de sens qu'il avait reçu en naissant.

Pour établir une filature à l'hôpital de Nontron sous la direction de la sœur Bussac, supérieure, il m'a fallu bien de la peine pour persuader cet imbécile de subdélégué de l'utilité de l'établissement, et flatter sa petite vanité en engageant les habitants les plus distingués de la ville à s'assembler chez lui, quoiqu'il en soit détesté. Après bien des débats, bien des objections plus bêtes les unes que les autres, messieurs de Nontron ont bien voulu souffrir qu'on prenne des mesures pour faire travaller et nourrir leurs pauvres sans qu'il leur en coûte rien. MM. Mazerat, surtout le fils aîné, se sont montrés du beau côté dans cette circonstance-ci; et c'était important, parce que, tout jalousés qu'ils sont, ils ont beaucoup d'influence dans les assemblées.

J'écris à M. l'Intendant pour qu'il veuille bien envoyer de Bordeaux les fonds nécessaires pour le coton, les rouets, cardes, etc. J'espère que l'établissement réussira, malgré les criailleries de quelques mauvais sujets. Un acte capitulaire, signé des principaux habitants, a constaté le vœu général, et MM. Savignac et Boyer ont été nommés administrateurs.

Il y a dans Nontron sept tanneurs, dont quatre seulement en plein commerce. Les eaux du Bandiat noircissent les cuirs forts, aussi les fait-on venir de La Rochefoucauld; mais elles sont excellentes pour les autres genres de tannerie, car elle ramollissent singulièrement les cuirs, au point qu'en quatre jours elles opèrent davantage que celles de La Rochefoucauld en douze; aussi ajoute-t-on du son à celles-ci pour les rendre plus douces.

Il y a trois foulons pour les serges, cadis et étamines, qui se fabriquent soit dans le pays, soit à Brantôme et à Bourdeilles. Le sieur Nouran est le marchand le plus accrédité.

Il y a quelques sergeurs, mais qui ne travaillent pas pour leur compte. Il peut se fabriquer dans Nontron environ 200 pièces par an. Les étamines ne valent pas celles de Bourdeilles. Cependant tant celles de Nontron que [celles] de Bourdeilles et de Brantôme sont forts recherchées à Bordeaux, et l'on ne peut assez en fabriquer dans le pays pour les demandes.

Il y a beaucoup de moulins à huile de noix sur le Bandiat. On écrase, sous une meule très épaisse et verticale, les noix dépouillés de leur écaille. Ces noix écrasées, moulues, sont portées dans une chaudière établie sur un petit four échauffé; lorsqu'elles sont très échauffées, on les porte sous le pressor, et l'huile découle dans un case par un canal de fer.

La coutellerie est l'art le plus cultivé à Nonton. Elle n'est à la vérité que fort commune, mais c'est une branche d'industrie lucrative, à cause du voisinage des forges.

Il n'en manque pas dans le pays, puisqu'il y en a 27 dans la seule subdélégation de Nontron. La plus belle est celle de la Jommelière, à une lieue de Nontron, en descendant le Bandiat. Quand l'aspect du pays ne l'annoncerait pas aux voyageurs, il est aisé d'en conclure que la mine de fer doit y être abondante.

A une lieue de Nontron, au lieu appelé Saint-Estèphe, est un rochet immense posé sur un autre, tellement en équlibre que le mondre mouvement de la main le fait balancer. On l'appelle Casse-noisette. Je ne l'ai pas vu, mais le fait est sûr. (Je l'ai vu depuis, plusieurs fois.)

Il y a environ 1,500 personnes dans Nontron.

Deux couvents, l'un de Cordeliers, et l'autre de Clarisses.

La paroisse est fort ancienne; c'était autrefois un couvent de Bénédictins.

La ville doit aussi être d'une grande antiquité, puisqu'elle était considérable en 769 lorsque Roger, neveu de Charlemagne, et sa femme en firent cession à l'abbé de Charou. La terre de Nontron passa depuis aux vicomtes de Limoges, ensuite à la maison d'Albret, d'où à la couronne de France. Le président de Lavie en est actuellement seigneur engagiste.

La ville de Nontron obtint en 1654 un arrêt du Conseil, très honorable, par lequel le roi lui remet la moitié des impositions pour avoir fourni un bon nombre de vaillants hommes qui contribuèrent infiniment à la prise de Brantôme, de Bourdeilles et d'autres petites villes des environs.

C'est à Nontron (c'est-à-dire immédiatement au delà du Bandiat) que commencent les granites, car, à Saint-Martial, village qui est en deça, finit la pierre calcaire. Les cailloux roulés qui tapissent le fond de la rivière à ce passage, offrent le mélange des deux genres de pierres. Ce ne sont d'abord que des couches immenses et assez irrégulières de schistes d'un brun verdâtre, et remplies de mica. Le quartz et surtout le spath s'y mêlent peu à peu en montant vers Nontron.

Il y a des vignes sur ces coteaux schisteux et graniteux, mais elles produisent peu, et le vin n'y vaut rien. Le châtaignier et le chêne y réussissent le mieux.

Source : Journal de tournée de François-de-Paule Latapie, inspecteur des manufactures de Guyenne.

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Biographie impartiale des représentants du peuple à l'Assemblée nationale

Dussolier.

Avocat, ex-député, né à Nontron en 1799.

C'est en 1830 que M. Dussolier fut envoyé à la Chambre. Sa nomination fut un beau triomphe pour le parti radical auquel il appartient. Il avait fait échouer la candidature du général Lamy, qui passait pour tin des membres les plus compromis du parti de la cour, et qui, jusqu'alors, avait disposé de Nontron comme d'un bourg-pourri.

En 1842, il ne fut point réélu, et c'est M. de Saint-Aulaire fils qui le remplaça.

Il retourna à la Chambre en 1846, et reprit sa place sur les bancs de la gauche.

Après la Révolution de Février, il ne demanda pas, il accepta seulement le commissariat de la Dordogne qui lui était offert par M. Ledru-Rollin. Comme on le trouva trop modéré, il lui fut adjoint deux commissaires, que le département refusa de recevoir. Force fut donc au Gouvernement de les rappeler. Trois nouveaux commissaires furent envoyés à Périgueux vers la fin de mars. Un commissaire général les accompagnait. Quant a M. Dussolier, il fui révoqué et remplacé dans la Dordogne par quatre commissaires, total 7, au moyen desquels les choses marchèrent comme elles purent.

Les concitoyens de l'honorable M. Dussolier réparèrent avec éclat cette injustice en le nommant représentant à l'Assemblée nationale par plus de 103,000 suffrages, c'est-à-dire à la presque unanimité.

Grolhier-Desbrousses.

Avocat, né a Nontron (Dordogne) le 4 octobre 1796. Son père, également avocat, fut maire de Nontron, de 1791 à 1794, c'est-à-dire dans les années difficiles de la Révolution. Il quitta les fonctions de maire pour exercer, peu de temps après celles de procureur de la République.

Le jeune Grolhier commença par la carrière militaire : en 1815, an début des Cent Jours, plein d'un noble enthousiasme, admirateur fervent de Napoléon, il s'enrôla volontairement et quitta le service à la seconde Restauration. Il se retira alors dans ses foyers. Dès ce moment commença, pour lui la vie politique : les Bourbons lui étant profondément antipathiques, il s'associa à toutes les tentatives que l'on fit pour les renverser; il fut affilié aux sociétés secrètes qui s'organisèrent alors. Les persécutions, loin de refroidir son zèle, l'enflammèrent encore; la Restauration et ses hommes n'eurent pas d'ennemi plus déclare. En 1817, il se bat avec un officier de la garde royale, essuie un coups de feu et le laisse pour mort.

Reçu avocat en 1823, les causes politiques sont celles qu'il préfère. En 1830, il est nommé par acclamation capitaine de la garde nationale de Nontron, puis vice-président de la Société Aide-toi le ciel t'aidera. L'élection confirma ces deux nominations. Plus tard, on le nomma commandant de cette garde. Il l'était encore en 1848, après l'avénement de la République. Inutile de dire qu'on le maintint dans ce poste.

On voit que M. Grolhier-Desbrousses n'était guère ami de la monarchie, déchue; garda-t-il bien d'en solliciter la moindre faveur. Le département le regardait comme l'un des chefs de l'opposition. On le savait, du reste, en relation avec Armand Carrel, Odilon Barrot, Ledru-Hollin, etc.

M. Grolhier-Desbrousses paraît appartenir a la ligne du National. Il a obtenu 64,555 voix.

Source : Biographie impartiale des représentants du peuple à l'Assemblée nationale.

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Mme Alfred Agard (née Françoise-Marie-Louise Garreau-Lafaurie)

Philanthrope, née à Nontron (Dordogne). Elle est veuve de Pierre-Alfred Agard, né à la Feuillade (Charente) le 1er mars 1835, qui, après de lointains voyages, où il s'employa très activement et intelligemment à développer l'expansion commerciale française et à faire connaître et aimer notre pays, revint se fixer à Nontron. Là, il consacra son temps et sa fortune aux intérêts généraux : travaux publics, mesure hygiéniques, plantations et mise en valeur de terrains agricoles, etc. Il fut conseiller municipal de Nontron et chevalier du mérite agricole.

Cruellement atteint par le décès de son fils unique, Alfred Agard mourut, le 10 décembre 1916, léguant, dans une dernière et générause pensée d'altruisme, aux malheureux de la ville de Nontron, toute sa fortune pour que soit édifié, dans sa propriété de Talivaud, un hôpital civil et militaire portant son nom et celui de son fils.

Mme Agard s'est associée aux initiativex bienfaisantes de son mari. Elle s'est aussi toute particulièrement employée à l'œuvre si noble de la Croix-Rouge. Membre de la Société française de Secours aux Blessés militaires et choisie comme présidente du comité de Nontron dès le temps de paix, le début des hostilités la trouva à ce poste, en août 1914. Elle s'empressa d'organiser, dans cette ville, un hôpital auxiliaire (le nr 6), où, durant toute la guerre contre les empires centraux, de nombreux blessés ou malades ont trouvé les soins les plus empressés et les plus éclairés. Inébranlablement fidèle au devoir qu'elle s'était imposé, Mme Agard n'a jamais abandonné son poste, malgré les terribles épreuves qu'elle eut à subir, telles que la mort de son fils et celle de son mari ; et elle est constamment demeurée à la tête de son œuvre, en même temps qu'elle participait à toutes les autres initiatives suscitées par la guerre : Œuvre du Tricot du Soldat, dont elle fut l'âme, Secours aux Prisonniers de guerre et à leurs familles, organisation de ventes de charité, etc.

Le fils de la présidente de la Croix-Rouge de Nontron, Jean-Baptiste-Pierre Agard, né dans cette ville le 27 février 1889, mérite, lui aussi, d'être honoré ici comme un héros et une victime de la guerre.

Après de bonnes études au lycée d'Angoulême, à la Faculté de Droit de Paris et à l'Ecole des Sciences politiques, il prit la licence et le doctorat en droit et se fit inscrire comme stagiaire au tableau des avocats de la Cour d'appel de Paris. Il accomplissait son service militaire au 50e régiment d'infanterie à Périgueux quand s'ouvrirent les hostilités et il partit, le 2 août 1914, comme brancardier. Fait prisonnnier le 23 août à Saint-Médard, en Belgique, il faillit être fusillé en servant courageusement d'interprète à son ambulance. Emmené au camp d'Ordruf (Saxe), il y collabora à la Gazette d'Ordruf, journal des prisonniers ; puis il fut enovyé dans un camp de représailles en Courlande, où, pendant huit mois, il souffit de privation de nourriture, travail excessif, punitions barbares, sous un climat rigoureux. Rendu, avec un corps sanitaire, à la liberté, le 11 octobre 1916, il rejoignait son dépôt douze jours après son retour dans sa famille ; mais, épuisé par les souffrances physiques et morales endrées pendant sa captivité, ses forces trahirent bientôt son courage et il mourut, le 25 du même mois, à l'hôpital mixte de Périgueux.

Source : Dictionnaire national des contemporains, de Curinier.

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25 juin 2015

Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République

Mazerat
Louis, François
(1817-1881)

L'avocat Louis François Mazerat est issu de vieilles familles de notables du Nontronnais, comptant plusieurs robins. Quand il naît dans la petite ville de Nontron, le 22 septembre 1817, il est le troisième enfant de François Marie « aîné » Mazerat (1776-1825), substitut du procureur du roi près du tribunal civil de Nontron (lui-même fils d'un avocat, juge sénéchal de Nontron, décédé en 1791) et de Thérèse Zoë Charles de Peyssard, décédée deux ans après la naissance de son fils, en 1819. Son frère aîné, François Antoine dit Hylas, né en 1809, fit aussi des études de droit et sa sœur, Marie-Antoinette épousa Jean-François Adolphe Sclafert Lagorsse, substitut du roi près du tribunal de Sarlat au moment de son mariage. La famille vit au château de Nontron où l'enfance de Louis François est assombrie par la mort de ses parents qui le fait orphelin à l'âge de huit ans.

Après l'école communale de Nontron, Mazerat fréquente le lycée de la ville puis la faculté de droit de Paris, ce qui lui permet de devenir avocat au barreau de Nontron et d'y être inscrit jusqu'à sa mort, même si cet « avocat-propriétaire » n'a, comme beaucoup de ses contemporains, pas toujours plaidé.

Le goût de la chose publique lui a certainement été transmis par son métier mais aussi par tradition familiale : ses deux oncles paternels ont exercé les fonctions de maire de Nontron, l'un en l'an II, l'autre — son tuteur, Jean-Baptiste Joseph Mazerat d'Azat — en 1827. Aussi, dès juin 1848, Louis François Mazerat exerce-t-il les fonctions de conseiller municipal de Saint-Martial-de-Valette, aux portes de Nontron. Le 30 juillet 1852, il est nommé maire de sa ville natale, et occupe ce fauteuil jusqu'a 13 juillet 1859. L'homme a donc une belle expérience locale quand il est élu sur la liste du Comité libéral représentant de la Dordogne à l'Assemblée nationale, le 8 février 1871. Il siège alors au centre-droit où il se fait remarquer par ses opinions libérales. La même année, le 8 octobre, il est élu conseiller général de Nontron. Le 11 février 1874, il est à nouveau nommé maire de la sous-préfecture du nord de la Dordogne. Mazerat atteint alors l'apogée de sa puissance politique. En 1875, il vote contre l'adoption des lois constitutionnelles. Mais l'affirmation progressive de la République met fin rapidement à la carrière de cet élu : en 1876 s'achève son mandat de parlementaire ; en 1878, il perd la mairie de Nontron et en 1880, il renonce à son dernier mandat, celui de conseiller général, abandonnant ainsi la présidence de l'assemblée départementale, officiellement pour des raisons de santé. Il est vrai que Mazerat meurt un an plus tard à Périgueux : après des obsèques religieuses, ce célibataire est alors enterré à Nontron dans le caveau familial.

Dusolier
François, Alexis, Alcide
(1836-1918)

Alcide Dusolier appartient à une famille de notables du Nontronnais dont plusieurs membres ont siégé dans une assemblée parlementaire au milieu du XIXe siècle : son père, Thomas (1799-1877) fut député de la Dordogne sous la Monarchie de Juillet, de 1839 à 1842, puis de 1846 à 1849 et enfin, sous le Second Empire, de 1852 à 1863 ; son beau-frère, Eugène Barailler, siégea à l'Assemblée constituante de 1848 à 1849 et son cousin, P. Tesnière, fut député de la Charente sous Napoléon III. Alcide est le dernier des cinq enfants de Thomas Dusolier, fils d'Antoine (1768-1838), officier de gendarmerie et de Léonarde Martin, et de Françoise Marie Ribeyrol (1798-1851), fille d'un propriétaire, maître des forges et de la fonderie de Jommelière à Javerlhac, et de Françoise Vallade. La mort prématuré de deux frères, Thomas Armand (1832-1850) et Thomas Léon (1839) réduit très vite la famille. Né à Nontron le 21 septembre 1836, il fait, après des études secondaires dans un établissement privé à Pons, son droit à Paris. Cela ne le conduit pas vers un métier juridique, tel qu'avocat, comme son père, son frère aîné Jean Louis Émile (1829-1865) ou son beau-frère, Barailler, le mari de sa sœur aînée Marie Henriette Angéla (1828-1892) ou juge de paix comme son autre beau-frère Alcide Pontou, époux de son autre sœur, Marie Henriette Clara (1835-1927), mais vers le journalisme et la littérature. Les nombreux articles de critique artistique parus dans la presse parisienne dans les années 1860 et les divers ouvrages littératires publiés à la même époque n'annoncent pas une carrière politique, même si le jeune publiciste, initié à la franc-maçonnerie en Dordogne en 1868, est connu pour ses idées républicaines.

C'est l'année 1870 qui constitue un tournant dans la vie d'Alcide Dusolier : élu conseiller municipal de Nontron en août, dans les dernières semaines de l'Empire il est nommé sous-préfet de la ville, dès la proclamation de la République, le 4 septembre et devient le secrétaire de l'homme plus en vue du nouveau régime, Gambetta, à partir du 17. Pourtant, l'entrée définitive en politique ne s'effectue que dix ansplus tard. Entre temps, Dusolier a consolidé son assise locale en devenant vénérable de la loge « L'Avenir » à Nontron en 1876, en présidant la Société de secours mutuels de Nontron à partir de 1877, en se battant trois fois en duel avec ses adversaires et se faisant nommer chevalier de la légion d'honneur... Élu conseiller général de Nontron, en 1880, puis député de Nontron en 1881, constamment réélu ensuite, Dusolier a abandonné ces mandats volontairement après trente ans dans l'assemblée départementale et trente-et-un de vie parlementaire, d'abord à la Chambre (1881-1885) puis au Sénat. Devenu un des chefs du parti républicain en Dordogne, Dusolier s'impose aussi au Parlement, dans le groupe de l'Union républicaine dont il est, à plusieurs reprises, président, à la Chambre (1881) comme au Sénat (1894). Secrétaire du Sénat de 1891 à 1894, il en devient questeur de 1897 à 1907. Mais la disparition de celle qu'il avait épousée le 26 août 1872 à Maisonnais-sur-Tardoire, Marie Marguerite Roux de Reilhac de Chateaurocher (1850-1899) puis de sa fille Claire Angèle (1880-1906) ramènent de plus en plus Alcide Dusolier vers son Périgord natal et en particulier son château de Bonrecueil, à Saint-Sulpice-de-Mareuil, où il achève sa vie le 10 mai 1918. Il laisse un fils, Maurice (1879-1943) et le souvenir d'un homme qui, s'il consacra une partie de sa vie à la politique, n'en fut pas moins un homme de plume, fin lettré, très engagé dans le mouvement du Félibrige et en particulier, dans le Bournat, l'école félibréenne du Périgord.

Source : Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République, de Bernard Lachaise.

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La saline Galliot

La saline Galliot

En 1645, Christophe Galliot avait eu des sacs de sel saisis à l'initiative du maire François Normand. Il habitait alors dans sa maison située entre la fontaine du dizier, l'église saint Jacques et les cimetières de l'Houmeau. Le sel avait été saisi devant son écurie.

(A cette époque, le pré du dizier, vaste espace entre la maison Galliot et le fleuve Charente servait de port de décharge pour le sel. De plus, il n'existait aucune « muraille » délimitant cet espace ce qui ne sera plus le cas dans les années suivantes).

A partir de 1675, et le décès de Mathieu Galliot, le domaine de la famille Galliot sera morcelé.

Le 7 juin 1682 (2 E 314) Guillemine de La Salmonie, veuve de Christophe Galliot, frère de Mathieu, affermait à Pierre Lambert, maître de gabarre, sa saline, proche de la fontaine du dizier.

« A loué et affermé par ses présentes au dit Lambert stipulant et acceptant une saison à elle appartenant située au dit l'Houmeau consistant en deux chambres basses, deux chambres hautes, deux greniers au dessus deux écuries et deux greniers à foin et la cave qui est au dessous les écuries, le chai dans lequel la dite dame De La Salmonie a fait sa saline dans laquelle il y a une séparation de tables (planches) qui sépare le dit chaix et la dite saline comme ainsi l'atelier qui est proche et joignant le jardin de la dite De La Salmonie, le jardin dépendant de la dite maison ».

En effet, tout l'espace situé entre le fleuve Charente et la Grande traverse de l'Houmeau (rue de Paris actuelle), avec d'un côté l'Eglise paroissiale et de l'autre la rue du village du Gond avait été arrenté le 15 novembre 1648 (2 E 886) par Daniel Galliot le père de Mathieu et de Christophe Galliot et constitua pendant longtemps le patrimoine Galliot et c'est donc Guillemine De La Salmonie qui émietta ce patrimoine renfermant des locaux, des salines et le pré du dizier (1682) puis 1686.

Le 15 janvier 1686, le saline passa aux mains de Hélie Peynet, nouveau fermier (2 E 315).

Il y restera quelques années puisque le 25 juin 1690 (2 E 317) le pré du dizier sera dissocié de la saline, Hélie Peynet devant alors maintenir le pré en culture, ce qui ne devait pas faciliter le travail des gabarriers.

La saline Galliot poursuivait sa fonction, et le chai sera longtemps un haut lieu commercial dans le faubourg, où l'on trouvait du sel, mais aussi du papier, des barriques et des cercles de barriques, des raies (roues de charrettes). en 1702, le pré, affermé par le sieur Respinges était encombré de bois bordage, de pierres, de canons. Sa mise en culture n'avait pas été couronné de succès.

La saline Galliot a totalement disparu de nos jours, car comme elle se trouvait proche de la fontaine du dizier, elle donnait sur le chemin qui « conduisait de la fontaine au cimetière ». Celui-ci constituait la limite avec le pré et c'est à partir de lui que fut édifié après 1757, un mur qui matérialisera la propriété achetée aux héritiers Galliot par la famille Marchaix (1732) et ensuite par Jean Armand Dervaud (marié Marie Thérèse Henry) le 9 août 1757 (2 E 266).

Dès lors il ne sera plus fait de distinction : le pré du dizier enclos de murailles, constituera pour sa plus grande superficie, le parc du logis que nous pouvons apercevoir encore aujourd'hui (entreprise Barouilhet : comptoir du pneu).

Source : Le commerce du sel dans la seconde moitié du XVIIe siècle entre Tonnay-Charente et port de l'Houmeau, de Jacques Combeau.

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Succession du seigneur de Champniers

Inventaire des meubles et effets dudit Louis-François Arnauld, écuyer, seigneur de Champniers, le Breuil, Puyrobert, Argence, Viville, Ferrière, Puydenelle et autres lieux, décédé en son château du Breuil, paroisse de Champniers, le 21 mai, à la requête de ses exécuteurs testamentaires, en présence de Louis-Arnauld de Viville, chevalier, agissant pour lui et sa sœur Jeanne, comme neveux et héritiers naturels du défunt, avec protestation contre les enlèvements qui paraissent avoir été faits depuis qu'une attaque d'apoplexie le rendit incapable du soin de ses affaires. A signaler audit inventaire : quatre fauteuils à bras en bois de noyer, deux en sculpture et deux tournés, couverts de damas satiné gris perle à petites fleurs, demi-usés, estimés quarante-huit livres; — douze chaises à l'antique couvertes de damas cramoisi, bordés d'un galon et doux dorés, estimées soixante livres; — une tapisserie de Flandre, à personnages, représentant l'histoire d'Alexandre, tirant seize aunes, en six pièces, très usée, estimée trois cent vingt livres; — un paravent à quatre feuilles de bois de peuplier, gami de toile peinte, représentant les armes dudit feu, et un paysage avec des figures, estimé vingt-quatre livres; — un grand miroir à huit glaces de soixante-dix pouces de hauteur et vingt - huit de largeur, estimé cent livres; — une tapisserie haute lisse représentant, Jupiter, contenant treize aunes en cinq pièces, sur la hauteur d'une aune et demie, estimée deux cent soixante livres; — une poire à poudre, façon chagrin, un petit fusil à manche de nacre, trois petites lorgnettes; — une redingote de frise d'Angleterre, écarlate, ses parements et cols de velours noir, estimée quinze livres; — trois tableaux à cadre doré : l'un, représentant Louis XV; un autre, la reine, et le troisième. Monsieur de Breteuil, ancien intendant de la province, estimés vingt-quatre livres; — deux autres tableaux à cadre doré, ovales, représentant le défunt président Arnauld et madame Birot, son épouse; — six laisses sur satin, dont trois à cadre dorées et les autres à baguettes dorées, estimées douze livres; — un pet-en-Tair de satin cramoisi, doublé de taffetas .citron, estimé trois livres; — un habit d'écarlate à boutons fil d'or; une veste dont les devants sont couleur rose à boutons et boutonnières d'or, et le derrière d'écarlate; l'habit doublé de satin blanc et les devants de la veste d'une peluche; une calotte de calinande rouge, estimés vingt-quatre livres; — un fusil garni en argent avec quatre boucles aussi en argent et sa poche de cuir, estimé soixante livres; — une vieille mauvaise berline à deux glaces et un châssis à verre par le devant, le dedans garni d'un velours ciselé violet à fleurs, l'impériale avec sa frange couleur d'or, le dessus garni de gros et petits clous dorés avec quatre vases de potin aussi dorés, les portières à coulisses tirantes de toile cirée, le siège rempli de plumes, couvert d'un menu velours avec une couverture du siège de postillon, d'une panne veloutée couleur citron, estimés ensemble cent cinquante livres; — dans la bibliothèque, considérable : les œuvres de théâtre de M. de Boissi, en 9 in-8; l'histoire de Tome Jones, en 4 in-12; les mémoires de M. de Gourville, en 2 in-12, de l'édition de 1724; 4 almanachs des spectacles de Paris; deux volumes de la coutume d'Angoumois, l'un de l'ancienne et l'autre de la nouvelle édition; les tableaux des philosophes, in-f, enrichi de gravures de l'édition de 1715; le code de Pologne sous Henri III; les mémoires de François de Paul de Clermont, en brochure in-12; les chansons choisies de M. de Coulange; pensées diverses sur la comète de 1680, en 2 in-12; les œuvres diverses du sieur de Balzac, en 1 in-16; l'enterrement du dictionnaire, in-12; les œuvres de « Sirano » de Bergerac; — parmi les papiers, dont une partie entre les mains du sieur Geoffroy, sergent royal à Champniers, fut réintégré dans le trésor du château : les lettres de provision de la charge de président au présidial dudit défunt; — divers dossiers de procédure de la juridiction de Champniers; — deux expéditions des contrats de mariage de François Arnauld avec Marie-Louise Birot, du 28 août 1700, et de Louis-François Arnauld de Champniers avec Marie-Elisabeth Guillot de Goulard, du 2 septembre 1739; — un dossier composé de titres des droits seigneuriaux, honorifiques, établissements de foires et marchés, four banal, justice haute, moyenne et basse dans l'étendue de la paroisse de Champniers, avec un contrat d'acquisition de ce qui relevait du domaine dans la même paroisse, des hommages, des transactions passées avec l'abbesse de St-Ausone; — un dossier concernant la gruerie de la paroisse de Champniers; — deux fermes d'agrier de safran qui se recueille dans ladite paroisse, des 20 août 1742 et 17 décembre 1748; — le bail à ferme de la halle de ladite paroisse du 24 décembree 1701, reçu Flageolle, notaire; — le contrat d'acquisition par François Arnauld à Marie Talleyrand de Grignaud, veuve de Grassian Jousset, écuyer, seigneur de Puydenelle, de la seigneurie de Puydenelle, des fiefs de Sigogne et Flageolle, moyennant vingt-six mille quatre cents livres, du 8 avril 1736, reçu Decoux, notaire royal; — le contrat de mariage de Daniel Birot, avocat au parlement, avec Rachel Roger, du 2 février 1677; — le contrat d'acquisition de la terre et seigneurie de Champniers, par François Arnauld à François Guy, chevalier, seigneur de Champniers, et Marie de Massacré, son épouse, du 21 avril 1717, reçu Decoux, notaire royal; — le contrat d'acquisition des droits d'échange de la paroisse de Champniers, du 6 novembre 1700, reçu Le Plin, notaire au Châtelet; — un dossier de titres, arrêts du conseil et autres pièces concernant l'ancienne noblesse du président Arnauld, au nombre de dix-huit pièces; — un arrêt rendu à la table de marbre qui reçoit le sieur André, dit Dumaine, garde des bois et chasse de la terre de Champniers, du 11 juillet 1724; — quarante-sept registres concernant les cens et rentes dues aux seigneuries et fiefs de Champniers, Puyrobert, Puidenelle, Sigogne, Flageolle, Argence, Ferrière, Viville, la Tremblade; — les hommages et dénombrements fournis par les seigneurs desdits fiefs, tant au roi qu'à l'évèque d'Angoulême. (Sommaire - AD16, Babinet de Rencogne, 1906)

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Succession du seigneur de Maumont

Inventaire des meubles et effets de Jean de la Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Maumont, décédé le 21 juin, commencé sans attendre l'arrivée de M. Du Vivier, chevalier de Magnac, fils puîné du défunt, en mer; ce requérant François-Jean-Charles de la Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Maumont, Magnac, Le Vivier et autres places, capitaine au régiment de Provence-Infanterie, Louise, Catherine-Hippolyte et Marguerite de la Rochefoucauld, ses enfants majeurs, demeurant au château de Maumont, paroisse de Magnac-sur-Touvre, Marie de la Rochefoucauld de Magnac, Louise-Anne de la Rochefoucauld de Chaumont, François-Alexandre, chevalier de la Rochefoucauld, François-Joseph et Pierre-Louis de la Rochefoucauld, étudiants au collège d'Harcourt, Marie-Charlotte de la Rochefoucauld du Vivier, pensionnaire à l'abbaye de St-Ausone, ses enfants mineurs émancipés, agissant sous l'autorité de Jacques Descordes, leur curateur, intervenant le 18 janvier 1757; et en présence de François Victorien de la Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Magnac, oncle paternel desdits enfants, et de Gabriel Decescaud, chevalier, seigneur du Vivier, leur grand-oncle maternel. A signaler : 2 chauffe-Iits de cuivre jaune; — un fusil avec les armes des la Rochefoucauld gravées sur argent; — un habit de drap avec une veste et une culotte de velours noir, à boutons d'or, l'habit doublé de gros de Naple cramoisi et la veste de serge blanche, estimés 72 livres; — une robe et une jupe de damas des Indes couleur bleue avec une bavaroise à dentelle d'or et chenilles, estimées 72 livres; — 7 pièces de tapisserie de Flandre, avec verdures et représentations d'animaux, « faisant 18 aulnes 3/4 de tour sur 2 aulnes 1/4 de hauteur», estimées 468 livres; — une garniture de lit à bandes de velours violet, avec points de tapisserie, doublée de satin jonquille, garnie de chenilles en bordure « daussiel, impérialle, bonnes grâces, courte-pointe, pantés du haut et du bas, sa housse d'une serge d'Aumale couleur bleue bordée d'un ruban blanc, et les petits bras de satin lesquels sont pour tenir la housse », le tout estimé, avec le lit de noyer, 500 livres; — dans la salle : 6 tableaux dont un représentant la descente de croix, un autre St-Jérôme, estimés 70 livres; — une pendule et son boîtier avec son pied de bois doré estimée 100 livres; — 2 cachets d'argent aux armes de M. Decescaud de Cursac; — un chapeau de castor bordé en or, avec bouton et ganse d'or, estimé 15 livres; — la garniture de 11 fauteuils, d'un écran, et d'un tabouret de point à l'aiguille estimée 300 livres; — un diamant avec 6 pierres, et un petit jonc d'or; — un tableau donnant le plan du château; — dans la brûlerie : une chaudière à eaux-de-vie maçonnée, non estimée comme étant attachée au fonds; — dans la bibliothèque : Le testament politique de Richelieu, Mémoire de deux des campagnes de M. de Turenne, Arioste, Les amours de Psychée, Les amours de Molière, Les religieuses esclaves, Don Quichotte, La pierre philosophale des Dames, Les contes et fables de la Fontaine, Les essais de Montaigne, Les délices de la poésie galante, Rousseau, Le cuisinier bourgeois, etc.; — le contrat de mariage du défunt avec Mlle Decescaud, reçu par Ladeil le 27 juin 1722; — le congé donné par le Roi au défunt comme garde de la marine, le 1er mai 1703; — les lettres de réception du môme dans les ordres du Mont-Garmel et de St-Lazare, le 6 février 1705; — l'acte de profession de Marie-Rose-Charlotte de la Rochefoucauld, fille du même, chez les Ursulines de La Valette, le 3 septembre 1741; — les vidimus de contrais de mariage de François de la Rochefoucauld, baron des Baux, seigneur de Bayers, avec Isabeau « Delane », du 22 avril 1543; et de Louis de la Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Bayers, avec Angélique Gillier, du 30 novembre 1572; — l'inventaire des meubles de François de la Rochefoucauld, père du défunt, du 30 juin 1716; — le contrat de partage entre François de la Rochefoucauld et ses frères cadets, du 17 novembre 1687; — une liasse de contrats de mariage parmi lesquels est une transaction passée entre MM. Des Ages et de St-Gelais, le 10 août 1471, à l'occasion de la dot de la dame de St-Gelais; — 14 hommages et dénombrements des seigneurs de Maumont aux comtes d'Angoulême; — les reconnaissances des rentes seigneuriales dues à François Des Ages, écuyer, seigneur de Macqueville, comme seigneur de Maumont, la plus ancienne datée du 7 janvier 1593; — autres reconnaissances données à Arthur Des Ages, écuyer, seigneur de Maumont et de Magnac, du 2 octobre 1536 au 6 avril 1538; — autres reconnaissances données à François de la Rochefoucauld, écuyer, seigneur d'Orbé, du Châtenet, de Maumont et de Magnac, reçues Tallut, notaire royal, du 8 avril 1609 au 12 novembre 1616; — autres reconnaissances données a Pierre de la Rochefoucauld, chevalier, seigneur de Maumont, Magnac et Barro, du 1 avril au 29 mai 1648; — L'aliénation faite par les commissaires généraux députés par le Roi pour la vente de ses domaines, le 28 mars 1657, au profit de François-Joseph de la Rochefoucauld, de la justice haute, moyenne et basse de la paroisse de Magnac, et de la rivière de Touvre le long de cette paroisse; — L'hommage et dénombrement de La Védellerie fourni au roi le 10 novembre 1606 par François Des Ages, écuyer, seigneur de Macqueville, de Maumont et de Magnac, tant pour lui que pour Bertrande, sa fille; ledit acte passé devant Tallut; — le dénombrement rendu le 1 août 1553 par Arthur et Antoine Des Ages, frères, seigneurs de Maumont et de Magnac, entre les mains du maire d'Angoulême, au nom du Roi; — une liasse de reconnaissances fournies à Geoffroy Des Ages, écuyer, seigneur de Maumont et Magnac, la plus ancienne datée du 12 mars 1580; — 2 pièces concernant les dîmes inféodées dépendant de la seigneurie de Maumont dans la rivière d'Anguienne; — 2 partages entre François-Pierre et François-Joseph de la Rochefoucauld des 4 avril 1688 et 10 septembre 1687; — la reconnaissance donnée à Jean Des Ages, seigneur de Maumont, par Girard Bodin, marchand, du 14 avril 1581; — le testament de Louis de la Rochefoucauld, religieux de Grandmont, du 23 février 1697; — un partage entre François Joubert, écuyer, seigneur de « Chaptermat », et Louis Joubert, écuyer, seigneur de Puyrambaud, du 3 décembre 1588; — le dénombrement fourni par Hélie de la Croix à Itier de Chanmont, seigneur de Chaumont, le 1 février 1478, de 2 pièces de bois et une pièce de terre; — la suppression de l'hommage de l'arrière fief de La Faye, relevant de Chaumont; il est remplacé par une rente d'un boisseau d'avoine et de 2 chapons, le 6 octobre 1676; — l'échange des terres et seigneuries de Château-Gaillard, Couture et autres entre Jean de Pesnel, écuyer, seigneur de Barro, et Jean Pascaud, sieur de Villars, juge-sénéchal du comté de La Rochefoucauld, du 23 juin 1603; — diverses pièces concernant les seigneuries du Vivier, de Chaumont, de « Chaptermat »; — des hommages et dénombrements rendus à l'abbaye de Charroux, par les seigneurs de Barro, en raison du fief des Limouzines; — des hommages du fief de Barro relevant du château de Verteuil; — l'arrêt du parlement qui confirme au seigneur de Barro le droit de pêche en ce lieu prétendu par le commandeur de Villegats, du 21 mai 1729; — l'adjudication du fief de Barro à Pierre Prévéraud, sieur de La Chaluzière, moyennant 24.000 livres, le 9 septembre 1623. — L'inventaire se clôt, le 9 septembre 1774, en présence de Louise de la Rochefoucauld de Maumont, religieuse de l'Union-Chrétienne, agissant tant pour elle que pour Catherine-Hippolyte de la Rochefoucauld, sa sœur, épouse de M. de Corlieu; et de Pierre Roche, comme procureur de François-Jean-Charles de la Rochefoucauld, marquis de la Rochefoucauld-Bayers, de François-Joseph de la Rochefoucauld de Maumont, docteur en Sorbonne, prieur commandataire de Lanville, vicaire général et grand archidiacre de l'archevêque de Rouen, de Pierre-Louis de la Rochefoucauld-Bayers, bachelier en théologie, prieur commandataire de Notre-Dame de Nanteuil-le-Houdouire, de Marie delà Rochefoucauld de Magnac, et de François-Alexandre, comte de la Rochefoucauld. (Sommaire - AD16, Babinet de Rencogne, 1906)

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Succession du comte de Galard

Inventaire des meubles et effets dépendant de la succession de feu messire Alexandre de Béarn, comte de Galard (sic), chevalier, seigneur du Repaire, Saint-Hermine, Le Fa, Sireuil et autres lieux, ce requérant dame Marie-Élisabeth Chesnel, sa veuve, lesdits meubles situés tant en l'hôtel dudit seigneur à Angoulême que dans les maisons de la forge de Rougnac, le Repaire de Rougnac, Château-Chesnel, Saint-Hermine, et dans les domaines en dépendant. A remarquer audit inventaire; douze fauteuils en tapisserie au petit et au gros point, mi-neufs, estimés ensemble 360 livres; — un tableau de moyenne grandeur, peint sur toile, représentant un paysage, estimé 3 livres; treize autres tapisseries en toile peinte, représentant des paysages et des fontaines, estimées 66 livres; — un assortiment d'argenterie comprenant neuf couverts, quatre grandes cuillers, quatre petites, pour sel, six autres petites à café, une à moutarde, deux salières avec leurs couvertures, six flambeaux, deux mouchettes avec leurs porte-mouchettes, un plat à soupe, deux plats à entrées, quatre plats à rôt, ovales, un gobelet avec sa couverture, une écuelle à bouillon avec sa couverture, le tout pesant 61 marcs 5 onces, valant, suivant le cours du change, 66 livres 18 sous le marc, soit pour le tout 2,860 livres 18 sous; — un assortiment de vaisselle d'étain comprenant troisgrands plats, deux moyens et un petit, trois autres petits, trente-huit assiettes, une écuelle à bouillon avec sa couverture, deux « cartes » (quartes), une grande et une petite, cinq tiers, un porte-diner avec sa couverture, une bouilloire avec sa garniture, deux flambeaux, trois gobelets, deux poi....., une soucoupe et seize cuillers, le tout pesant 108 livres, à 15 sous la livre, estimé ensemble 81 livres; — deux lits jumeaux, garnis, composés de leurs bois de noyer, à colonnes, foncés dessus et dessous, avec leur literie, estimés 320 livres; — cinq pends de tapisserie de Flandre, à bestiaux et verdure, mesurant douze aunes, estimés 180 livres; — deux tableaux, l'un de bonne grandeur, représentant Moïse exposé sur les eaux, et l'autre, plus petit, représentant la Ste-Vierge avec l'enfant Jésus, les cadres dorés et gâtés, estimés ensemble 36 livres; — un autre tableau de bonne grandeur, représentant les Égyptiens (sic) adorant le veau d'or y ledit tableau attaché au-dessus de la porte d'un placard et employé ici pour mémoire; — un autre grand tableau, dans un cadre en bois sculpté, représentant Louis XIV, fixé comme le précédent, aussi employé pour mémoire; — un gros calibre de mousquet ou petit canon en fonte de fer, très vieux et troué, de quatre pieds et demi de long ou environ, estimé 4 sous; — deux coffres remplis d'anciens papiers, mémoires, lettres, titres, le tout très ancien, concernant la famille dudit comte de Galard; — une petite couleuvrine de fonte verte, pesant environ cinquante livres, estimée 23 livres; — cinq pentes de tapisseries ancienne à personnages, tirant environ dix aunes , estimées 60 livres; — un fusil de maître, proprement fait, le canon bronzé et incrusté en or, avec sa poche de cuir, estimé 50 livres; — dans la bibliothèque, environ 200 volumes de divers formats, dont l'Histoire ancienne, de Rollin, la Recherche de la vérité, de Malebranche, les Annales d'Aquitaine, la Nouvelle coutume d'Angoumois, le tout estimé 150 livres; — au château de Saint-Hermine : une table à pièces rapportées et dessinées, très antique, estimée 2 livres; — huit estampes de l'Histoire de don Quichotte, avec leurs baguettes, employées ici pour méipoire; — un petit tableau peint sur toile, représentant le Christ avec la Madeleine à ses pieds, dans son cadre doré, écaillé, estimé 2 livres; — dix estampes de l'Histoire de don Quichotte, estimées, avec les huit employées ci-dessus, la somme de 10 livres; — au château de Chesnel , appartenant au seigneur d'Orvilliers, capitaine commandant des vaisseaux du Roi, les meubles appartenant à ladite dame de Galard, renfermés dans une chambre dudit château; — en l'hôtel de ladite dame, divers papiers dont le testament de Marie de St-Hermine, veuve de François de Pindray, écuyer, sieur de Montesgon, du 10 décembre 1750, reçu par Bourbeau, notaire â Poitiers, et divers autres titres de famille. (Sommaire - AD16, Babinet de Rencogne, 1906)

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22 juin 2015

Maintenue de noblesse d'extraction

Poitiers.

• Gabrielle de Nesmond, veuve de Jean Du Rousseau, chev., sgr de Séchère, de Ferrière et de Chabrot.

• Jacques Du Rousseau, sgr de Séchère et de Ferrière, son fils.

Pièces justificatives : Arrêt du Conseil en faveur de Jean Du Rousseau, sgr de Séchère, et Jacques Du Rousseau, sgr de Fayolle, contre Barthélémy Paris, substitué au lieu et place de Jean Pinet, par lequel ils sont maintenus dans tous les privilèges de la noblesse, en date du 27 juillet 1671, signé Ranchin.

Contrat de mariage de Jean Du Rousseau, sgr de Séchère, compris dans l'arrêt ci-dessus, avec dlle Gabrielle de Nesmond, par lequel il paraît qu'il est fils de Gabriel Du Rousseau et de dame Léonarde Rempenoux, en date du 19 janvier 1670, signé Baruscand, notaire royal en Angoumois.

Contrat de mariage de Jacques Du Rousseau, sgr de Séchère et de Ferrière, avec dame Agnès Poute, par lequel il paraît qu'il est fils de Jean Du Rousseau ci-dessus et de dlle Gabrielle de Nesmond, en date du 12 février 1714, signé Heudebourg, notaire à Pons en Saintonge.

Ordonnance : Maintenus comme noble, écuyer, veuve de noble, le 16 février 1715, signé : de Richebourg.

(Société des archives historiques du Poitou, 1872)

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Lapouge de La Francherie, maître de forges originaire de Savignac en Périgord

Autre gros propriétaire foncier fut de même l'ami de Blanchard, le maître de forges de Bonrecueil, Rudeau, Sous-Puyrigard et Jommelières, « François Delapousge, sieur de La Francherie ». ll était vraisemblablement originaire de Savignac-de-Nontron ; nous avons retrouvé, en effet, de nombreux Delapouge, maîtres de forges ou maîtres poêliers, dans les registres paroissiaux de Savignac- de-Nontron, depuis le XVlle siècle. On peut se demander si ce François Delapousge qui se maria, en 1744, à Savignac, avec « Demoiselle Marie Puybareaux », n'était pas le futur maître de forges. On était maître de forges de père en fils dans la famille Delapousge ; il est vrai qu'il s'agissait de forges à battre et non de fonderies de canons !

Quoi qu'il en fût, François Delapousge était qualifié, dès 1750, de « Juge de la juridiction de Feuillade » (en Charente). Ainsi, voilà un deuxième officier de justice devenu maître de forges, au service de Montalembert tout d'abord. De même que Blanchard de Sainte-Catherine, François Delapousge fut un propriétaire foncier important, et qui veilla toujours à arrondir son patrimoine. Nous avons réussi à reconstituer l'étendue de sa fortune foncière. En une dizaine d'années, de 1751 à 1761, Delapousge acheta le fief de La Francherie (commune de Nontron) qui lui coûta 31 667 livres 10 sols ; il se borna ensuite à arrondir ce gros patrimoine. En même temps il voulut avoir pignon sur rue à Nontron. Pour cela, il acheta 3 maisons, « place de la Cahue », c'est-à-dire au coeur de la petite ville, l'actuelle place de l'Hôtel-de-Ville, où habitaient les principaux bourgeois de Nontron. ll acquit même la petite forge de Sous-Puyrigard avec les domaines qui s'y rattachaient. En somme, Delaspouge était à la tête d'un patrimoine foncier de 50 000 livres environ.

Mais il faut ajouter plusieurs autres métairies, louées à divers propriétaires nobles dans le voisinage de Nontron ou des forges qu'il avait louées. En l 758, la liste était la suivante : François Delapousge exploitait une métairie de La Mothe (près de Nontron) ; le domaine de La Francherie représentait 4 métairies. Dans la province d'Abjat, il exploitait les deux domaines de la Vijonie et de Chez Gouyou. ll occupait le château de Bonrecueil, meublé à ses frais ; il exploitait à titre de ferme les deux métairies voisines de Cornau et de Faucherias, à proximité de la forge de la forge de Rudeau (Saint-Sulpice-de-Mareuil) qu'il exploitait. ll tenait, en outre, comme fermier, cinq domaines agricoles : 3 dans le village de Bemadières, l'autre au Grand Sicaire, et le dernier au village de Petit-Sicaire.

Ainsi, François Delapousge était à la tête de 4 forges et d'une quinzaine de métairies. ll est évident que ce maître de forges était, comme Blanchard et d'autres, avant tout un gros propriétaire foncier. Ses nombreux domaines étaient pour lui la meilleure source de revenus ; ses forges ne constituaient qu'un complément de ressources. Ainsi, cet exemple signale-t-il clairement que la sidérurgie nontronnaise se situait dans le milieu rural sans lequel elle n'aurait pas pu vivre tant était profond son enracinement dans la vie paysanne régionale. Toutefois, si Delapousge était un rural riche, il dépassait largement la situation ordinaire des exploitants agricoles de la région. Sa qualité de maître de forges lui donna un certain prestige, et aussi la possibilité d'acquérir un fief noble, acheté au comte de Roffignac le 21 mai 1751, celui de La Francherie. ll avait le droit de lever des rentes et de percevoir des revenus féodaux. ll s'intitulait toujours « sieur de La Francherie, fournisseur pour Sa Majesté». Delapousge orna sa « maison noble » de la Francherie de « 6 petits canons de fonte de fer de trois quarts de livres de balles, .peints en vert et montés sur leurs affûts » : vanité de parvenu fournisseur d'artillerie royale, titre qu'il ne manquait jamais de rappeler. [...]

Le marquis, flairant le danger, avait passé un contrat ferme de fabrication avec trois sous-traitants de la vallée du Bandiat, le 30 août 1755. En voici un extrait significatif : « Nous soussignés, Marc René de Montalembert, d'une part, et Jacques Dereix, sieur des Rivières ; François Delapousge, sieur de La Francherie et Louis Blanchard de Sainte-Catherine, d'autre part, consentons et soumettons à exécuter tous les articles qui suivent : Article l : « Nous, dits associés, ferons couler et fabriquer dans les forges de Bonrecueil, la Chapelle (Saint-Robert), Jommelières et Montizon, la quantité de 12 000 quintaux de fonte de fer en canons, par chacun an et, ce, pendant l'espace de trois ans, faisant un total pendant le dit temps la quantité de 36 000 quintaux, à commencer les dites trois années au premier de novembre prochain ». Ce traité ne fut point exécuté ; il fut résilié par Maritz qui passa avec les trois maîtres de forges ci-dessus, trois autres contrats, les 6 décembre 1766, 8 octobre 1756 et 9 octobre 1756. Maritz voulait achever « l'entreprise Montalembert pour la fourniture des canons de Marine ». Les contractants recevaient l'assurance qu'ils étaient « déchargés des engagements avec Montalembert ». Ce dernier ne l'entendait pas ainsi ; en effet, le 27 juillet 1763, il engagea une longue procédure contre Maritz, Blanchard de Sainte-Catherine et Lapouge de La Francherie. L'affaire, connue sous le nom de « litige avec la marine », eut son dénouement en 1768, après l'intervention du Roi. En fait, Montalembert ne remboursa rien et vendit ses deux forges de Ruelle et de Forgeneuve au comte d'Artois, en 1774, lequel les rétrocéda à son frère, Louis XVl. [...]

Turgot signalait, en particulier, le cas « d'un nommé La P. (il faut dire Lapouge à l'évidence), maître de forges à Bourumil (?) près de Nontron, petite ville du Périgord ». Lapouge était accusé d'abus de confiance, n'hésitant pas à faire de « l'usage de faux pour soutirer de l'argent aux prêteurs accusés d'usure ». Et Turgot de préciser : « J'ai sous les yeux des lettres écrites par La P... qui prouvent qu'il a cherché jusqu'au fond du Limousin des particuliers qui pouvaient avoir payé de gros intérêts aux prêteurs d'Angoulême, et qu'il offrait de conduire leurs affaires... Ce même La P..., poursuivait Turgot, qui, ayant fait de grandes entreprises pour la Marine, avait été plus qu'un autre dans le cas d'emprunter à gros intérêts, a écrit plusieurs lettres à différents particuliers , par lesquelles il exige d'eux des sommes considérables , en les menaçant de les dénoncer... Il avait écrit entre autres à un nommé R..., en lui mandant qu'il lui fallait six sacs de mille francs, et qu'on lui remit un billet de 622 livres qu'il avait négocié avec ce R... J'ai été mis sur le grabat, parce que j'étais maître de forges et honnête homme ; il faut que je tâche de me relever ». ll semble que le fils du sieur R. alla trouver Lapouge et le menaça de voies de fait. Lapouge déposa une « plainte au criminel ».

L'affaire de chantage se retourna finalement contre le sieur de La Francherie. Turgot, devenu « principal ministre », ne fut sans doute point étranger à la condamnation des « cabalistes» en 1776. Lapousge de La Francherie, convaincu de faillite frauduleuse, déchu et déshonoré publiquement, dut s'enfuir « hors de la province ». C'est Abraham Robin qui l'affirmait. Son témoignage n'était-il point suspect de partialité, car Robin fut une des victimes de Lapouge ? ll semble bien que non ; nous avons découvert une preuve tangible de la « fuite » de Lapouge, dans le minutier Boyer. Le 8 juillet 1778, le notaire procéda, nous dit-il, « au procès-verbal du fief de La Francherie au requis de Jean Nadaud, dit Joubert, marchand demeurant ci-devant au village de Montageneix", paroisse de Saint-Martial-de-Valette.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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