26 mars 2016

Origines de la famille de Las Escuras

Maintenant et pour continuer la filiation de la famille Fourichon et la liste des possesseurs du fief de Beynac jusqu'à nos jours, nous allons donner le sommaire de quelques actes venus jusqu'à nous. Ainsi : en 1687 et le 23 janvier, devant Dubut, notaire royal, au château de La Mothe d'Agonac, maison du seigneur de Montardy, en Périgord, contrat de mariage entre demoiselle Louise de Lagut de Montardy et Pierre-François Fourichon, écuyer, sr de Losterie, des Merles, demeurant en sa maison noble de Beynac, desquels provinrent Elie et Antoinette. Le 27 septembre 1710, devant Degrandcoing, notaire royal, au lieu de Beynac, et dans la maison d'Hélie Fourichon, écuyer, sr de Beynac, mariage de ladite Antoinette avec Eymard de Lame, sr de La Flamenchie, desquels provint Léonarde. Du 30 janvier 1741, devant le même notaire, acte de mariage de cette dernière avec Pierre de Las Escuras, sr de Lestang, fils de Jean sr de Leyssard et de Michelle Château, lesquels devinrent par héritage et par acquisition d'autre Hélie Fourichon, sr de Chapelas, du 18 avril 1742, propriétaires dudit fief de Beynac, dont les enfants prirent le nom, selon l'usage d'alors. Ledit Pierre Las Escuras de Lestang était, d'ailleurs, avocat au Parlement de Bordeaux et avait été nommé conseiller du roi et son procureur au siège royal de Thiviers par brevet du 15 septembre 1730. En outre et par décret du Saint-Père le pape Clément, daté d'Avignon, le 15 juin 1749, il fut élevé à la dignité de comte palatin et de chevalier de Saint-Jean-de-Latran dans les termes suivants : Dilecto nobis in Christo Petro de Lasescuras de Laytan, equiti consilierio régis, procuratori in prepositura regia oppidi de Thiviers, Petragoricensis diocesis et domino nobilis domus de Bainac, dicti diocesis... te sacri palatii apostolici et aulse Lateranensis militem et equitem aureatum ac comitem palatinum apostolica auctoritate... facintus creamus, etc. Pierre décéda le 2 février 1755 et fut inhumé dans l'église Notre-Dame de l'abbaye de Peyrouse, ès tombeaux de la famille, laissant quatre fils dont les deux plusjeunes firent les branches de Pouzol et de Lamaque; le cadet celle de Las Escuras de Lépine résidant à Thiviers, et l'aîné, Jean-Baptiste, celle de Las Escuras de Beynac. Ce dernier se maria, suivant contrat passé au village de Larret, en la maison noble de messire Aubin Deforge, écuyer, seigneur de Nozet, devant Martin, notaire royal, le 19 juin 1770, avec demoiselle Marie-Charlotte Deforge, fille dudit Aubin et de dame Anne Fourichon. Cette dernière était fille d'Elie Fourichon, seigneur de Croze, et sœur d'Elie-Noël-Jean Fourichon, sr de La Bardonnie, gendarme de la garde du roi. De ce mariage provinrent trois fils, dont le cadet fut officier de cavalerie et le plus jeune entra dans les ordres, tandis que l'aîné, JeanBaptisle-Antoine-Aubin de Las Escuras de Beynac a continué la descendance, par son mariage du 12 mai 1862 avec demoiselle Madeleine-Isabelle Pabot du Chatelard, de laquelle il a eu un fils et une fille.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1880)

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18 mars 2016

L'administration municipale de Montbron

L'administration municipale est chargée de la police d'un canton, de faire connaître les lois à leurs concitoyens et de les faire exécuter dans les communes de leur arrondissement.

Son président est élu par l'assemblée primaire pour deux années.

Ci-dessous, les présidents successifs de l'administration municipale de Montbron :

Jean-Gédéon Durousseau-Chabrot, maire de Montbron (an V).
Élie Durousseau-Dugontier, maire de Montbron (an VI).
Mathieu Marvaud, maire d'Orgedeuil (an VII).
Jean-Maurice Lautrète, administrateur du département (an VII).
François Guimbelot, maire d'Eymouthiers (an VIII).

Source : Généalogie Charente Périgord.

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08 mars 2016

Le corps-de-ville d'Angoulême en 1572

État nominatif des cent membres du corps-de-ville à la date de la mézée.

Maire.

François de Voyon, sieur des Rivaulx.

Soubz-maire.

Nicolas Ythier, sieur de La Boissiere.

Eschevins.

1. Maistre Loys Estivalle, sieur de Chassors.
2. François Couillaud, sieur de Heurtebise.
3. François Calluau.
4. Maistre Michel Constantin, sieur du Lugeat.
5. Mathurin Martin, conseiller, garde des sceaux au Présidial d'Angoulesme, sr d'Andreville.
6. Maistre Pierre Janvier, lieutenant particulier d'Angoumois.
7. Maistre François Nesmond, lieutenant général au Présidial.
8. Maistre Pierre Chappiteau.
9. Mtre Nicolles Ythier.
10. Maistre François Nesmond, conseiller au grand Conseil, depuis président en la cour de Parlement de Bourdeaux.
11. François de Lage.
12. Maistre Jehan Girard.

Conseilliers.

1. Maistre Jehan de Paris.
2. Pierre Montgeon.
3. François de La Combe.
4. Jacques Nogerée.
5. François de Livenne, escuier, seigneur de Neuilhac.
6. Maistre François de Corlieu.
7. Pierre Boutin.
8. Maistre François Vabre.
9. Messire Cybard Tizon, chevalier, seigr d'Argence.
10. Guillaume Le Conte.
11. Maistre Estienne Maquelilan.
12. Jehan Ruffier.

Pers.

1. Jehan Robin.
2. Martial Juilhard.
3. Jehan Paulte.
4. René de Prahet.
5. Jehan Vergnault.
6. Hector Robin.
7. Jehan de La Combe.
8. Maistre Jehan de Rouffignac.
9. Aymard de Terrasson.
10. Maistre Merlin du Port.
11. Maistre Estienne Pontenier.
12. Mtre Gérosme de Voyon.
13. Raymond Mallat.
14. Maistre Pierre Estivalle.
15. Maistre Guillaume Le Coq.
16. Maistre Jehan Lesné.
17. Maistre Jehan Chadenne.
18. Jehan de Lage.
19. Hannibal Moreau.
20. Loys de Lesmerie.
21. Estienne de Villautreys.
22. Maistre Gabriel Pigornet.
23. Maistre François Boessot.
24. Maistre François du Foussé.
25. Maistre Jehan Préverault.
26. Maistre Pierre Gandillaud.
27. Jehan Brugier.
28. Maistre Michel Le Roy.
29. Maistre Robert Blanchet.
30. Jacques Debresme.
31. Maistre François Redont.
32. Maistre François Rochier.
33. Maistre Anthoine Gilibert.
34. Maistre Marc Girault.
35. Pierre de Marcilhac.
36. François des Moulins.
37. Jehan Poumaret (aliàs Pommaret), sieur de La Valade.
38. Maistre Jehan Mousnier.
39. Jehan Prévost.
40. Maistre Pierre Terrasson.
41. Maistre Jehan Levesque.
42. Denis Chappiteau.
43. Hélies Boutin.
44. Gabriel Martin.
45. Maistre Aimery de La Coste.
46. Toussainctz Martin.
47. Guillaume de La Tousche.
48. Guillaume Dexmier.
49. Maxias (aliàs Mathias) Benoist.
50. Jehan Rousseau.
51. Maistre Jehan Gaignier.
52. Maistre François du Mas.
53. Maistre Jehan Vigier.
54. Hélies Greleau.
55. Guyon Girard.
56. Maistre Jehan Menagut.
57. Jehan Ruffier.
58. Geoffroy Ythier.
59. Maistre Guillaume de Paris.
60. Maistre François Le Musnier.
61. Maistre Bertrand Caillon.
62. Phelippes Joyeulx.
63. Guillaume De Lousmelet.
64. Maistre François Bernardeau.
65. Maistre François Ythier.
66. Jacques Girard.
67. Maistre François Lizsée.
68. Pierre de Corlieu, sieur de Lussault.
69. Maistre Pierre Juilhard.
70. Pierre Ruspide.
71. Mtre Geoffroy Montgeon.
72. Maistre Cybard de Corlieu.
73. Maistre Michel de La Tousche.
74. François de La Vallade.
75. François Ballue.

Arch. de l'hôtel de ville, registre des délibérations, coté B, f° 128, et mémorial B, f° 2, v°, et 3.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1870)

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07 mars 2016

La noblesse de robe dans l'Angoumois

M. Jean Jézéquel présente à l'Assemblée des aperçus nouveaux sur la noblesse de robe dans l'Angoumois au XVIIe et XVIIIe siècles, d'après le fonds Mazière des Archives Départementales. (Série J/537-J/715). 70 liasses environ de cet ensemble épars et varié concernent les familles Arnaud de Ronsenac, Gervais et Sarlandie auxquelles est consacré le présent exposé (sans oublier d'autres documents du fonds qui concernent exclusivement l'Angoumois et essentiellement sous l'Ancien Régime).

3 familles distinctes :

— les Arnaud de Ronsenac, issus de Pierre Arnaud par son dernier fils Jacques, né d'un deuxième mariage, et dont les générations suivantes ont été : Pierre Arnaud né en 1668, André puis Pierre Arnaud (1731-1813). Tous membres du présidial d'Angoulême, soit comme Conseillers, soit comme Procureur du Roi (le dernier), le deuxième Pierre Arnaud est maire d'Angoulême entre 1721 et 1723... c'est la fonction municipale qui anoblit à deux reprises la famille, entre temps un édit royal de 1667 ayant révoqué le privilège attaché à l'Hotel-de-Ville.

— La famille Gervais et plus particulièrement Jean Gervais 1668-1733, lieutenant criminel de la Sénéchaussée et auteur du « Mémoire sur l'Angoumois » de 1725-1726. Il achète des lettres d'anoblissement en 1696 (6000 livres) noblesse ensuite révoquée, mais retrouvée par la mairie d'Angoulême de 1718 à 1721.

— Pierre de Sarlandie, autre officier, maître particulier des eaux et forêts de l'Angoumois, exerce lui aussi la fonction de maire entre 1744 et 1747, ce qui lui confère la noblesse.

La valeur de ces offices varie entre 26.000 I. procureur du Roi en 1752 et 40.000 I. (estimation de celui de lieutenant criminel en 1733) et 40.000 I. (vente de celui de maître particulier des eaux et forêts en 1773). Mais l'essentiel de l'activité n'est pas dans l'exercice de ces charges, plutôt dans l'exploitation de la fortune foncière, seigneuriale ou mobilière. Trois niveaux de fortune :

— Jean Gervais : l'ensemble de la succession estimée à près de 200.000 livres partagée entre le fils et la fille Marie Gervais, épouse de Sarlandie. Mais une succession grevée de fortes dettes et il faut réaliser deux seigneuries pour 70.000 I. au total. Meilleur observateur de la réalité géographique, économique et juridique de l'Angoumois que bon administrateur de ses propres biens, semble-t-il.

— Pierre de Sarlandie, plus un homme d'affaires qu'un officier de judicature, il tranche avec son beau-père : dans l'inventaire de ses biens, « des effets actifs » de l'ordre de 270.000 I. s'ajoutent aux 43.000 I. de deniers trouvés. La part mobilière prend ici des proportions inhabituelles par rapport au reste et il a des ennemis sur la place d'Angoulême « cet homme insatiable... près de 600.000 I. trouvées lui appartenant après sa mort... Cette fortune immense est le fruit des vexations et des concussions qu'il a toujours pratiquées dans l'exercice de sa charge... et des intérêts doublement usuraires qu'il percevait dans ses différents prêts d'argent... »

— La famille de Ronsenac : un 3e tableau de fortune considérablement développée au XVIIIe siècle sous André Arnaud † en 1782 et Pierre Arnaud mort en 1813, ce dernier ayant épousé la fille de Sarlandie. De nombreux domaines tant à l'Ouest qu'à l'Est d'Angoulême, de nombreux achats sur plusieurs décennies et en particulier un domaine en Périgord acheté 195.000 I. en 1776-78, d'un rapport de 15.000 I. vers 1786, sur 17 métairies, une seigneurie qui hisse cette famille au niveau des plus fortunées de l'Angoumois, surtout si l'on y ajoute de nombreux domaines spécifiquement seigneuriaux avec une gestion très bien menée qui évite le plus souvent la ferme habituelle.

Au total des exemples de fortune qu'il faut se garder de généraliser et qui représentent dans le cas de Sarlandie et des Ronsenac des réussites personnelle ou familiale. Les générations suivantes ne maintiendront pas ce niveau.

Une noblesse d'affaires ou sens du prêt, doublant dans certains cas (Sarlandie) la banque.

Une bonne gestion accompagnée de l'exploitation au maximum des possibilités du droit seigneurial, un train de vie plus calculé et moins dispendieux que dans la noblesse traditionnelle d'un même niveau de fortune.

Un mode de vie qui partage l'existence entre la maison de la paroisse Saint-André en ville et les demeures à la campagne, sans oublier des voyages d'affaires à Paris.

M. le Professeur Brunet, assistant à la faculté de droit de Poitiers, fait une intéressante intervention sur l'évaluation des rentes nobiliaires dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1975)

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04 mars 2016

Lettre d'un maître de forges au procureur du Roi

Lettre de Blanchard de Sainte-Catherine à Arnaud de Ronsenac, procureur du Roi

Je m'adresse à vous comme à un magistrat éclairé, sage et bon, et j'espère que ce que je vous demande est si raisonnable que vous me ferez l'honneur de me t'accorder. Il a plu à Madame Sarlandie, sans me prévenir en aucune manière, moi qui étais ami de cœur de M. Sarlandie, de me faire actionner, le 24 avril, à comparaître devant MM. les juges-consuls le 27. Une telle accélénté me fait penser qu'on l'a mal prévenue en ma faveur; doutant que je peux vous certifier que je suis encore au.dessus de mes affaires de plus de 50 mille écus, malgré les attaques vives qu'on m'a faites pendant ma maladie, qu'on a jugée mortelle trois mois; vous pouvez y compter, Monsieur, parce que je ne suis pas capable, d'en imposer à un magistrat de votre mérite.

Voici donc mes propositions. Actuellement je suis gêné et je ne peux point faire sans dérangement; d'ailleurs, je ne dois point ce que Madame me demande par son exploit. Je conviens devoir justement les deux billets au porteur et la moitié de celui de M. Lapouge mais il m'est bien dur de payer pour lui environ 2.500#. Il est parti, il y a trois jours, pour Paris, et comment l'appeler à ma garantie ?

A l'égard des 6.300 dont M. de Sarlandie me fit donner une espèce de reconnaissance, je le lui donnai pour t'obliger, après qu'il m'eut tourmenté iongtems dans mon lit. Il en avoit été question souvent auparavant et voilà sur quoi fondé :

M. Lapouge, ayant commencé à tomber en discrédit, me devoit lors 30.000#. Il vint me trouver et me proposa, pour me rendre taisant, de prendre un effet qui va aujourd'hui à 40.000 et qu'il avoit entièrement retiré avec subrogation. M. Sarlandie me voyant tranquille sur le compte de Lapouge, me dit « Lapouge vous a donc payé! » Et comme je n'avois rien de secret pour M. SarIandie, je lui donnai connoissance de tout ce qui en étoit. Je gardai donc et je garde encore cet effet qui porte hypothèque depuis 1758, et comme tel, premier créancier sur les biens dud. sieur Lapouge, qui a déjà détaché pour 45.000 de fonds de chez lui.

M. de Sarlandie me dit, il y a environ trois ans « Mon ami, il faut que vous m'aidiez à finir de sortir d'avec Lapouge; il ne vous doit que 30 000 dont il vous sert t'intérêt, à ce qu'il m'a dit, ot l'effet qu'il vous a déposé, sans compter un autre arlicle de 6.000# qui date de 1762, vont a près de 45.000#. » Je lui répondis que je ferois tout ce que l'honneur et la conscience me permettront dans cette occasion. Tous tes ans depuis il m'en a parlé, et finalement le 28 janvier dernier, je lui donnai par écrit, et même aussitôt que ma santé me Ie permettra, j'attaqueroi tes acquéreurs de M. Lapouge en dénonciation d'hypothèque. Je ne vous y oublierai pas mais ce n'est pas un argent sitôt prêt. Lapouge même a consenti que sur ces objets M. Sarlandie fut payé.

Revenons, Monsieur, aux neuf mille et quelques livres dont j'avais promis de payer l'intérêt à Pâques, et M. de Sarlandie promit de m'àtermoye un an. Je vous répète .que je ne suis point en état de payer actuellement, devant compter au 18 prochain 22.500# quoi je compte ne pas manquer mais je vous prie Monsieur, de m'accorder un an de terme, tems où je serai sûr de satisfaire, et même plus tôt, surtout si l'Espagne me paye 120.000# qu'elle me doit; sur laquelle somme les ministres de la marine tant d'Espagne que de France me donnent de grandes espérances. Après tous ces éclaircissements, s'il vous reste quelque doute je suis prêt a vous déposer entre mains tes rentes seigneuriales que j'acquis sous signature privée de M. le comte de Montbron, votre ami, situées sur la paroisse de Vilhonneur, où j'ai pour tenanciers M. de La Batud, Mesdames Jourdain et plusieurs bourgeois. Elles consistent en trois pipes et demie environ, mesure d'Angoulême, et 7# d'argent et suites. J'y joindrais aussi trois contrats par devant notaire qui me produisent annuellement 200#, le tout sous condition que je vous en feriez la ferme à un homme que je vous indiquerois, et ce sur le pied de 450#, la moitié payable à la St-Michel et l'autre à Noël.

Et comme je me trouve deux neveux à Angoulême, M. Marvaud du Brandeau, gendre de M. CaIluaud, le procureur, qui a pour 40.000# de bien au soleil, et M l'abbé Sauvo, chanoine de votre Chapitre, je vous Ies offre pour caution pour un an. Ils le feront sûrement quoique je ne leur en aie pas parlé.

Je crois, Monsieur, que voilà assez de précautions pour arrêter de suite Madame Sarlandie et que vous me ferez l'amitié d'empêcher de porter la cause à l'audience de lundi. Que voulez-vous davantage? Les billets sont signifiés, l'intérêt au cours dud. jour; mais je vous demande en.grâce qu'il n'y ait point de jugement. J'aurais une autre infinité d'effets à vous proposer; mais la plupart m'ont demandé des délais que mon bon cœur n'a pu leur refuser. Le sieur Janet, huissier de votre ville, en a à moi appartenant pour plus de 20.000#. Marvaud, mon procureur, aura l'honneur de prendre votre réponse, ainsi que je lui marque, lundi matin avant l'audience.

J'ai l'honneur d'être, avec un très parfait respect,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Blanchard de Sainte-Catherine,

A Ste-Catherine, le 25 avril 1773.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1918)

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02 mars 2016

Un Angoumoisin à Saint-Domingue

Le Président donne connaissance d'un premier extrait d'une étude de notre collègue, M. Marcel Reible, « Les esclaves et leurs travaux sur la sucrerie Lugé à Saint-Domingue, 1788-1791 ».

L'extrait dont il est donné lecture campe la personnalité de Jean Pasquet de Lugé, né le 8 mai 1711 à Roumazières, troisième fils de Jean Pasquet, écuyer, seigneur de Luget, et de Jeanne-Marie Martin, mariés en 1690. Le père de Jean Pasquet, Aimery Pasquet, procureur au présidial d'Angoulême, après avoir acquis la seigneurie de Lâge-Baton, entra comme conseiller dans la Maison de Ville d'Angoulême et fut anobli par cette charge en vertu des privilèges accordés par par Louis XII.

Jean Pasquet de Lugé, entré dans la carrière militaire, était capitaine à 28 ans, en 1739, en service à Saint-Domingue. Il abandonna l'armée pour devenir colon. Le 21 lévrier 1753, il épousa Anne-Perrine Chevalier de Saint-Servan (diocèse de Rennes), fille de Jean-Charles Chevalier de Beauvoir et de Perrine Martin. Le contrat de mariage indique qu'à cette époque il possédait 60.000 livres de billets ou obligations, 100.000 livres d'argent comptant, 150 nègres et négresses. De 1755 à 1782, il réalisa plusieurs acquisitions foncières, de sorte qu'à son décès il se trouvait à la tête d'une exploitation de 1.383 hectares avec 345 nègres, plusieurs centaines d'animaux de trait, de bât, d'élevage, d'une valeur totale de 2.392.800 livres.

En 1768, le Prince de Rohan confia, à ses soins et à sa vigilance, le quartier du Montrouis en tant que capitaine, grade qui lui fut officiellement confirmé, en 1771, par brevet du Roi. Le 6 juin 1777, il recevait la croix de Saint-Louis et, l'année suivante, le comte d'Argout, gouverneur de Saint-Domingue, lui confiait le commandement de la milice de la paroisse de Saint-Marc...

M. Reible nous donne alors quelques détails savoureux sur la vie privée de celui qu'on appelait « le baron de Luget » et sur les moeurs de l'époque où il était d'usage de remplacer les épouses absentes par des mulâtresses auxquelles on donnait le titre — bien peu mérité — de ménagères. Pasquet de Lugé, dont la femme résidait le plus souvent en France, n'avait pas failli à cette coutume. Il avait eu de nombreuses concubines. Dans les dernières années de son existence, il était devenu quasiment gâteux. La mésaventure dont fut victime l'un de ses hôtes, A. de Laujon est significative à cet égard : le baron de Lugé « était à table lorsque j'arrivai : un domestique m'annonce comme venant de chez Madame de Saint-Ard et recommandé par elle ; je suis introduit, j'en reçois les honnêtetés d'usage, et il me fait apporter un couvert. Une femme assise auprès de M. le baron, mais que je n'avais pas remarquée, avait disparu. Or il faut savoir que cette femme était une jeune carterone que le vieux baron idolâtrait. »

« Je ne me rends pas compte de sa disparition, et je ne voyais pas pour quel motif j'aurais dû m'en occuper. Mais le vieux baron était blessé au vif ; il avait perdu sa colombe, et ses quatre-vingts ans lui donnaient l'air d'en avoir cent. Il était triste, ne me répondait pas, et je me serais mille fois retourné le cerveau que je n'aurais pas su pourquoi. Enfin, on sort de table, il disparaît et je ne vois plus que le gérant de l'habitation, auquel je m'adresse pour lui dire que je comptais sur la bienveillance de M. le baron pour me faire conduire à Saint-Marc. Cet homme avait le mot d'ordre. Il me répondit que je pouvais y compter. »

En fait, au lieu d'une voiture, M. de Laujon dut se contenter d'un mauvais cheval, fourbu par l'âge et fut obligé de faire la route au pas.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1970)

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Une liste électorale censitaire

C'est moins sa force ou sa vitalité qu'une circonstance fortuite — la découverte d'une liste électorale censitaire sur laquelle la préfecture avait « pointé » les opinions de tous les électeurs  — qui nous amène à nous arrêter plus longuement sur le cas du légitimisme en Charente, et plus précisément à Angoulême. Dans l'arrondissement de Confolens, les légitimistes, bien que nombreux, étaient peu actifs; ce que confirme l'importance des abstentions aux élections (28 % des inscrits en 1839 et un nombre plus réduit ensuite, sans que le candidat légitimiste présenté ne dépasse les 40 voix); à Cognac, les légitimistes considéraient le député Hennessy comme un des leurs, tandis que le préfet écrivait à son sujet : « le trône et la charte n'ont pas de partisan plus dévoué » toutefois, le conseiller général qui lui succéda à sa mort était un avocat légitimiste, Guillet de Planteroche (1 217 francs de cens), lui-même remplacé au conseil d'arrondissement par un négociant légitimiste, Dupuy (1 082 francs de cens). Dans l'arrondissement électoral d'Angoulême, la lutte électorale se déroulait entre le centre gauche, très modéré, que représentait le président du tribunal Albert, avec l'appui intermittent des conservateurs. Sur les 60 imposés de plus de 1 000 francs dans l'arrondissement, il y a — non compris dans le tableau — 1 opposant de gauche (un propriétaire d'un canton rural) et 2 électeurs fonctionnaires, décédés au moment des notations du préfet. Nous pouvons constater la nette prépondérance des grands propriétaires chez les légitimistes, surtout dans les cantons ruraux; mais on trouve aussi parmi les plus riches milieux d'affaires des représentants de cette opinion : c'est ainsi que les Callaud-Beslile, des fabricants de papier d'Angonlème, ainsi que Laroche, sont considérés comme douteux, que le banquier Cordova est noté « Gillibert ou opposant de droite ». Les fonctionnaires légitimistes sont principalement des officiers, plusieurs en retraite. Une dernière indication enfin, fournie par ce document, c'est l'opinion des gros censitaires nobles ou pseudo-nobles. Sur les 60 plus imposés, 14 des 15 légitimistes ont une particule nobiliaire; 4 sur 20 des partisans du conservateur, parmi lesquels le comte Galard de Béarn, le plus gros censitaire du département (8 661 francs), tandis que son fils est noté comme légitimiste; 3 sur les 12 douteux, 1 seul des 9 électeurs d'Albert, encore s'agit-il du maire Norman de Latranchade, conseiller général conservateur, un ancien officier de cavalerie, noté par ailleurs comme attaché à tout régime d'ordre, et, pour cette raison, ayant plus de sympathie pour l'Empire et la Restauration. Parmi les électeurs de 200 à 1 000 francs. 29 des 65 légitimistes et seulement 7 des 196 conservateurs ont une particule ou un titre ajouté à leur nom. II est à noter enfin, si l'on considère l'Age des légitimistes, qu'il y en a très peu nés entre 1790-1799, 9 seulement, alors qu'il y en a 27 nés entre 1780-1789 et 24 entre 1800 et 1809. Il ne s'agit là encore que d'un exemple particulier à confronter avec les autres éléments de ce chapitre entrouvert des générations.

Source : Les grands notables en France (1840-1849), d'André-Jean Tudesq.

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29 février 2016

La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire

Dans le canton de Confolens-Nord : Antoine-Sylvain Prévost-Dumarais (1747/1829), occupa pendant près de 40 ans de multiples mandats. Avocat avant 1789, affilié à la franc-maçonnerie, administrateur du district de Confolens en 1790- 91, il devint un grand propriétaire terrien au début du XIXe siècle, après avoir acheté de nombreux biens nationaux. Maire de Lessac de 1800 à 1822, président du canton électoral de Confolens-Nord du début du Consulat jusqu'en 1816, il était noté en ces termes par le préfet en 1812 : « Recommandable par son zèle, mérite d'être conservé ». Beau-frère du sous-préfet Mémineau, A.S. Prévost-Dumarais est l'exemple même de ces bourgeois hommes d'affaires qui doivent leur ascension sociale et leur enrichissement à la Révolution. Père de sept enfants, il laissait à son décès une fortune estimée à 241 210 F, dont le principal domaine était le château de Boisbûchet de Lessac avec ses dépendances. Jean Babaud-Marcillac (1768/1827), avocat avant 1789, grand propriétaire, exerça de nombreux mandats dans l'arrondissement à partir de 1800 : maire d'Oradour-Fanais (jusqu'en 1811), membre du conseil d'arrondissement de l'an XII à 1818, président du collège électoral de l'arrondissement sous le Consulat et l'Empire ; juge au tribunal de première instance (1812/1815), il fut le président du canton électoral de Confolens-Sud et, lors du renouvellement de 1812, le préfet écrivait à son sujet : « A de l'esprit, de la fortune, de la probité; ces titres sont bien suffisants pour exercer avec distinction les devoirs de la présidence du canton ». Il perdit tous ses mandats et fonctions sous la Restauration. Marié, père d'un enfant, sa fortune après décès était estimée à 147 450 F. Léonard Peyroche (1737/1815), fils d'un bourgeois et marchand de Limoges, avait la plus grosse fortune du département. En l'an XI, le total de ses contributions se montait à 6 175 F. Même si ce notable a acheté des biens nationaux, sa fortune était antérieure à la Révolution, faite à Limoges dans l'immobilier. Classé négociant avant 1789, propriétaire après 1789, ce notable de l'Empire fut maire de Saint-Quentin (près de Chabanais) de 1800 à 1813, et de 1803 à 1815, le président du canton électoral de Chabanais et membre du collège départemental. Marié et divorcé en l'an VII, à la demande de son épouse, il est resté sans héritier direct. L'inventaire de sa succession, faite au château de Pressac à Saint-Quentin, révélait une fortune de l'ordre de 1 600 000 F.

Source : La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire, de Maurice de Poitevin.

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28 février 2016

Les généraux charentais de la Révolution

Liste des généraux de la Révolution et de l'Empire nés dans le département de la Charente :

• André Guillaume Resnier de Goué, 1729-1811, natif d'Angoulême.
• Pierre Marie Joseph Salomon, 1739-1803, natif d'Angoulême.
• Jacques Chazeau-Duteil, 1748-1812, natif de Saint-Maurice-des-Lions.
• Cybard Florimond Gouguet, 1752-1831, natif d'Angoulême.
• Jean Nestor de Chancel, 1753-1794, natif d'Angoulême.
• Pierre Garnier de Laboissière, 1755-1809, natif de Chassiecq.
• Jean Guiot du Repaire, 1755-1819, natif d'Alloue.
• Laurent Deviau de Saint-Sauveur, 1756-1836, natif de Chazelles.
• Jean André Valletaux, 1757-1811, natif de Hiersac.
• Pierre Antoine Dupont-Chaumont, 1759-1838, natif de Chabanais.
• Pierre Fureau de Villemalet, 1760-1795, natif de La Rochette.
• Jean Léchelle, 1760-1793, natif de Puyréaux.
• Mathieu Lacroix, 1761-1822, natif de La Rochefoucauld.
• Pierre Dupont de l'Étang, 1765-1840, natif de Chabanais.
• François Ganivet Desgraviers-Berthelot, 1768-1812, natif de Montboyer.
• Pierre Armand Pinoteau, 1769-1834, natif de Ruffec.
• François Laroche, 1775-1823, natif de Ruffec.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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26 février 2016

Babaud-Laribière, un notable franc-maçon

Babaud-Laribière (François Saturnin dit Léonide)

Né le 5 avril 1819 à Confolens (Charente).
Mort le 26 avril 1873 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) à l'hôtel de la préfecture après une très longue malade.

Préfet : Charente.
Date de nomination : 5 septembre 1870.
Date de rémission ou de révocation : (non avenue le 26 septembre 1870), 9 février 1871.

Famille : issu d'une ancienne famille de noblesse de robe, originaire de Mirebeau (ville du Poitou). Sa propre famille s'établit à Confolens au XVe siècle. Elle est composée de propriétaires et de commerçants de la bourgeoisie aisée. Elle compte plusieurs maires perpétuels de Confolens au XVIIIe siècle.

Père : Jean-Baptiste Babaud-Laribière (1783-1850).
Profession du père : propriétaire.
Mère : Françoise Bélore de Lagrange-Labeaudie (1783-1847).

Grand-père paternel : Pierre Babaud-Laroze (1743-1821), sieur de Praisnaud, avocat, puis juge au tribunal civil de première instance de Confolens, époux de Marguerite de Lagrange, fille d'un marchand bourgeois, anobli par l'achat d'une charge de sécrétaire du roi. Pierre Babaud est le fils de Piere Babaud (1699-1749) et de Magdelaine Parrat.

Grand-père maternel : Igance de Lagrange-Labeaudie, propriétaire à Exideuil (Charente), époux de Françoise Verneuil Bourdier de La Maillerie.

Oncles paternels : (1) Guillaume babaud (1774-?), propriétaire à Confolens.
(2) Pierre Babaud-La Belgique (1776-?), propriétaire à Confolens.
(3) Jean-Baptiste Babaud-Praisnaud (1783-1851), avocat à Confolens, sous-préfet de Confolens de 1830 à 1848.

Oncles maternels : (1) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1785-?), propriétaire, commandant de la garde nationale de Confolens, époux de Marie-Louise Boucheul dont (a) Marie-Antoinette de Lagrange-Labeaudie, (b) Armand de Lagrange-Labeaudie (1812-1848) et (c) Paul de Lagrange-Labeaudie.
(2) François Némorin de Lagrange-Labeaudie (1796-1867), magistrat à Confolens, époux d'Ursule-Lucile Rangier (1804-1880), dont (a) Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), épouse de François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), frère du préfet, et (b) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1841-?).
(3) François-Emmanuel de Lagrange-Labeaudie (1785-1870), propriétaire, maire d'Exideuil, époux de Marie-Victorine Dupont-Lasserve (1797-1879), dont postérité.
Tante maternelle : Marguerite-Estelle de Lagrange-Labeaudie (1794-1881), épouse de Jean-Baptiste Lagrange-Videaud, propriétaire.

Frères : (1) François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), propriétaire, époux de Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), fille de François Lagrange-Labeaudie (voir plus bas), dont (a) Magdeleine-Anne Babaud-Laribière (1856-1924), épouse de Victor Corderoy-Labussière (1851-1910), propriétaire, conseiller général de la Charente, dont Marie-Anne Corderoy-Labussière (1878-1933), épouse de Charles de Vexiau et (b) Lucile Babaud-Laribière (1859-1943), épouse de Frank Maury, propriétaire dans la Dordogne, dont Marguerite Maury (1881-1943), et Pierre Maury-Laribière (1883-1956), dont postérité.
(2) François-Bélisaire Babaud-Laribière (1811-1841), propriétaire, docteur en médecine, médecin chef de l'hôpital de Confolens, sans alliance.

Sœurs : (1) l'épouse de De La Laurentie, dont Marthe de La Laurentie.
(2) Catherine-Adèle Babaud-Laribière (1812-1813), morte à six mois.
(3) Marie-Julie Babaud-Laribière (1816-1819), morte à trois ans.

Parents : (1) Dominique Babaud-Lacroze (1807-1864), propriétaire, époux de Antoinette Flavier, dont (a) Marthe Babaud-Lacroze (1843-1885) et (b) Pierre-Alfred-François dit Antoine Babaud-Lacroze (1846-1924), homme politique (voir plus bas), époux de Marie-Louis Morichon, dont Léonide Babaud-Lacroze (1876-1949), docteur en droit, commissaire du gouvernement près le conseil de préfecture de la Seine, époux de Yvonne Marchal, (2) Vincent de Lagrange-Labajourderie, avocat, maire de Confolens sous le Second Empire, chevalier de la Légion d'honneur, époux de Marie-Louise Meaudre-Dassit dont Marie-Martin-Octave de Lagrange-Labajourderie (1831-1866), magistrat à Châteauroux puis à Limoges, (3) Jean Lavallée (1806-?), avocat, conseiller général de la Charente, sous-commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848, représentant du peuple en avril 1848, (4) Édouard-Pasquet Labrosse (1833-?), juge de paix à Charroux (Vienne) et (5) Antoine-Jean-Baptiste Babaud-Lafordie, avocat, maire de Confolens sous la Restauration.

Épouse : épouse le 17 avril 1871 à Saint-Maurice-des-Lions (Charente), Magdelaine-Marie-Angéla Duval-Papius (1836-?), fille de Joseph-Cyprien Duval-Papius (1800-1863) et de Marguerite-Célestine Bordier-Lanauve. Angéla Duval-Papius a épousé en premières nonces Clément Janet, et, en secondes noces, Camille-Léonard-Jean-Jacques Codet (1831-?), médecin à Saint-Junien (Haute-Vienne), dont deux enfants.
Descendance : sans postérité.

Opinions ou activités politiques de la famille : La famille domine la vie politique de Confolens depuis plusieurs générations. Elle est d'opinions politiques diverses. Elle a été très divisée au moment de la Révolution. Son grand-père paternel a été député d'Angoumois à l'Assemblée des États Généraux puis président du tribunal de première instance de Confolens en 1792. Son grand-père maternel a été maire d'Excideuil. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud (1783-1851) a été sous-préfet de la monarchie de Juillet et orléaniste militant. Son frère, Charles Babaud-Laribière est un républicain actif, conseiller d'arrondissement et maire de Confolens sous la Troisième République. Son parent, Vincent de Lagrange-Labajourderie a été maire de Confolens sous le Second Empire. Son oncle maternel, Jean Lavallée, « républicain dévoué », a été commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848 et élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante. Un autre oncle maternel, François de Lagrange-Labeaudie, un des chefs de l'opposition libérale sous la monarchie de Juillet, a été nommé magistrat en mars 1848, et « depuis sa nomination a été un obstacle constant à la bonne administration de la justice répressive dans son arrondissement » [A.N. BB6 II 233, lettre, Proc. Gén. 8 juillet 1852]. Son « neveu » Antoine Babaud-Lacroze devient maire de Confolens, conseiller général de la Charente et député de la Charente (1890-1919) et le fils de celui-ci, Léonide Babaud-Lacroze devient sénateur de la Charente (1929-1945), et conseiller général de la Charente.

Opinions ou activités religieuses de la famille : famille d'origine protestante — de nombreux Babaud s'exilent à Genève après la révocation de l'édit de Nantes. Sa propre famille est catholique, de tradition gallicane.

Éducation : collège de Confolens, petit séminaire du Dorat, près Poitiers 1836-1837, École de droit à Poitiers, licencié en droit, le 27 septembre 1839.

Carrière professionnelle et politique avant 1870 : octobre 1839-1848 : inscrit au barreau de Limoges, secrétaire de Théodore Bac, puis avocat à Confolens, journaliste à L'École du Peuple à Poitiers, au Progressif de la Haute-Vienne à Limoges, à L'Écho de la Charente, à l'Indépendant et à La Liberté de Pensée ; 1847 : actif dans la campagne des banquets ; février 1848 : commissaire de la République en Charente ; 1848-1852 : conseiller général de la Charente (Confolens) ; avril 1848 : élu représentant à la Constituante pour la Charente. Il vote avec la gauche et combat l'Élysée ; mai 1849 : candidat non élu à l'Assemblée législative ; 1849-1852 : journaliste dans la Charente ; 3 février 1850 : candidat lors d'une élection partielle, non élu ; janvier 1852 : jugé par la commission mixte de la Charente : « un des chefs du parti démocratique ; plutôt théoricien qu'homme d'action », acquitté [A.D. Charente 1 M 156] ; 1852-1870 : devient rédacteur de La Gironde et fonde Les Lettres Charentaises ; mai 1870 : fait une campagne très active contre le plébiscite ; 1870 : élu conseiller d'arrondissement (Confolens) ; 9 juin 1870 : élu Grand-Maître du Grand Orient de France contre Hippolyte Carnot, père de Sadi Carnot (voir notice).

Opinions politiques : « idées avancées » dans sa jeunesse. De plus en plus modéré surtout après 1860. Il soutient Thiers après 1871 et se montre très hostile à la Commune
Amitiés politiques : Théodore Bac (chef de file des républicains limousins), Ernest Picard, Adolphe Thiers.

Position de fortune : de milieu très aisé : « par le jeu des héritages, des dots, des mariages, ils [les Babaud] arrivent à rassembler entre leurs mains une grande fortune en terres et en immeubles. Au début du XIXe siècle, ils sont à la tête d'une des plus grandes fortunes en terres de Confolens ». La famille est parmi les plus grandes acheteuses de biens nationaux dans le département [Pierre Boulanger et al., p. 166-172]. Onze membres de la famille sont électeurs censitaires sous la monarchie de Juillet [Annuaire administratif, judiciaire, comercial, agricole et industriel du département de la Charente, Angoulême, 1846]. Son grand-père paternel paie 1 705 francs de contributions en l'an XIII et acquiert des biens nationaux. Sa fortune est évaluée en l'an XI à 150 000 francs. Lui-même jouit toujours d'une assez grande aisance.

Père : Contrat de mariage (1811) : lui-même apporte 800 francs en biens, une maisn et un jardin ainsi qu'une rente de 650 francs. Son épouse apporte « la promesse d'une succession ». Cens : 564 francs en cens en 1824 et 834 francs en 1846 [A.D. Charente 3 M 24]. Succession (1850) : laisse un mobilier évalué à 8 500 francs et des immeubles produisant des revenus de 500 francs. Son épouse, morte en 1847, laisse un mobilier évalué à 850 francs et des immeubles évalués à 35 000 francs.

Lui-même : Revenus : 20 000 francs en 1871 [A.D. Charente M (1871à et A.N. F3b 1 156 (1)] ; en tant que préfet il reçoit des revenus professionnels. Contrat de mariage (1871) : lui-même apporte une dot évaluée à 50 000 francs et une propriété non évaluée. Son épouse à 352 132 francs à Confolens et à 900 francs en effets mobiliers à l'hôtel de la préfecture de Perpignan où il est mort. Beau-père : Succession (1858) : laisse un actif d'une valeur totale de 38 962 francs. Cens : 402 francs en cens en 1841 [Annuaire administratif de la Charente, Angoulême, 1841 ; 307 Mi2]. Autres détails : il laisse un legs de 3 000 francs à l'hospice de Confolens, de 1 000 francs à l'hospice de Chabanais et de 500 francs au bureau de bienfaisances de Saint-Maurice-ès-Lions. L'actif de la communauté laissé par son frère. Charles Babaud-Laribière, en 1890, s'élève à 93 619 francs.

Opinions religieuses : déiste, anti-clérical, un des collaborateurs de La Liberté de Penser. Néanmoins, il est enterré à Confolens après des obsèques religieuses.

Liens maçonniques : 14 septembre 1838 : apprenti à La Vraie Harmonie à Poitiers ; 30 août 1839 : compagnon et maître à la même loge ; 1840 : membre des Artistes Réunis à Limoges ; 29 novembre 1862 : membre fondateur de la loge La Parfaite Union à Confolens ; 1868-1870 : vénérable de cette loge ; 1868 : membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient ; 1870 : élu Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France ; septembre 1871 : président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient [B.B. FM2 698]. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud, est un des fondateurs en 1870 de la loge La Parfaite Union à Confolens. Son neveu, Antoine Babaud-Lacroze, est également franc-maçon.

Carrière postérieure : février 1871 : rentre à Confolens et appuie la politique de Thiers. Il condamne la Commune, « la criminelle sédition qui a épouvanté l'univers en couvrant Paris de cendres et de ruines » ; 10 août 1872 : nommé préfet des Pyrénées-Orientales. Il garde ce poste jusqu'à sa mort en avril 1873.

Légion d'honneur : aucune décoration.

Ouvrages publiés par lui :

• Position et besoins de l'arrondissement de Confolens, Confolens, 1837.
• Ludovic, Paris, 1838.
• De l'extinction de la mendicité, projet lu à la loge de la Vraie Harmonie de Poitiers dans sa séance du 10 mai 1839, Poitiers, 1839.
• Rapport sur un livre de M. de Montalembert, Paris, 1839.
• Du droit de l'autorité municipale en matière de sépulture, Limoges, 1840.
• Histoire de l'Assemblée Nationale Constituante, Paris, 1850, 2 vol.
• Utilité d'un chemin de fer direct de Nantes à Limoges, Paris, 1860.
• Mémoire sur l'établissement d'une halle aux grains à Confolens, Paris, 1861.
• Notes d'histoire charentaise, Paris, 1862.
• Études historiques et administratives, Confolens, 1863, 2 vol.
• Lettres charentaises, Angoulême, 1865-1866, 2 vol.
• Mémoire à l'appui de la protestation de M. A. Duclaud, Bordeaux, 1866.
• Questions de chemins de fer, Paris, 1867.
• Lettres charentaises (Journal), Confolens, 1868-1872.
• Une polémique (M. Babaud-Laribière contre Le Charentais), Angoulême, 1869.
• Circulaire du F. Babaud-Laribière, Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France sur la suppression de la grande maîtrise, Nîmes, 1871.

Sources :

• A.N. F1b 1 156 (1) (dossier préfectoral), BB6 II 233 (dossier de magistrat de son oncle François de Lagrange-Labeaudie).
• A.D. Charente, 1 M 156 (victimes du coup d'État du 2 décembre 1851). J 1781 (divers documents concernant Babaud-Laribière), Q 4017, Chabanais, déclaration de mutation par décès, 19 août 1863, n° 111 (son beau-père), Q 4233, Confolens, déclaration de mutation par décès, 6 septembre 1847, n° 305 (sa mère). Q 4234, COnfolens, déclaration de mutation par décès, 22 juillet 1850, n° 363 (son père), série Q, déficit pour le bureau de Confolens pour 1873 (pour lui-même), U 3368, jugements sur enquête, tribunal de Confolens, 1873, (exemplaire du testament olographe de Babaud-Laribière du 24 septembre 1872), 2 E 17/337, étude Guilhaud, notaire à Chabanais, contrat de mariage Babaud-Laribière-Duval-Papius, 13 avril 1871, 2 E 18/483, étude Pignier, notaire à Confolens, contrat de mariage Babaud-Laribière-Lagrange-Labeaudie, 23 janvier 1811 (ses parents).
• A.D. Pyrénées-Orientales, 124 Q 410, Perpignan, déclaration de mutation par décès, 24 octobre 1873, n° 283 (lui-même).
• Le Charivari, 19 octobre 1848.
• La Charente, 28-29 avril, 1-2 mars 1873.
• Gustave Léony, Notice biographique sur Babaud Laribière, ancien membre de l'Assemblée constituante, Paris, 1851.
• Claude Gigon, Les Victimes de la terreur du département de la Charente : récits historiques, Angoulême, 1866, tome II, p. 9-48 (sur sa famille).
• E. Chassin, O. de Bordeaux, 9 juin 1873, tenue funèbre en mémoire du très regretté F. Babaud-Laribière, Bordeaux, 1873.
• P. Ducourtieux, « Notice biographique sur Babaud-Laribière », Bulletin de la société du Limousin, 1873, tome XXII, p. 156-160.
• Le Monde maçonnique, vol. 15, 1873-1874, p. 42-45.
• Polybiblion, tome IX, janvier-juin 1873, p. 33.
• H. Beauchet-Filleau et B. H. Paul, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Poitiers, 1889, tome I, p. 226-229 (sur sa famille).
• Louis Amiable, Grand Orient de France, Assemblée générale de 1894, Discours commémoratif, Paris, 1894, p. 37-40.
• Léonide Babaud-Lacroze, Les Quarante-huitards, Argenton, 1948.
• Martine Giguet, Léonide Babaud-Laribière 1819-1873, Université de Paris I, Mémoire de maîtrise, 1975, A.D. Charente, J 1693.
• Jean Jézéquel, Grands notables du Premier Empire : la Charente, Paris, 1986, p. 41-45
• Pierre Boulanger, Maurice de Poitevin, Joël Giraud, La Révolution Française à Confolens, 1789-1799, Poitiers, 1988.

Remerciements : La famille Maury-Laribière, de Confolens.

(Les préfets de Gambetta, de Vincent Wright)

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