22 mai 2016

Le château Trompette

De La Brousse (Thibault), seigneur de Puyrigard, enseigne des gardes du corps du Roy, gentilhomme ordinaire de sa maison, gouverneur de la ville de Nontron en Périgord, et capitaine de cent hommes de guerre à pied français au régiment du comte de Ribérac qu'il commanda dans le château Trompette à Bordeaux dont le baron d'Athis son frère était gouverneur, avait servi dans sa jeunesse sous les ordres du seigneur de Strozzi qui commandait pour lors une armée navale, et aussi dans la compagnie des gendarmes du Dauphin, il fut nommé chevalier de l'ordre de Saint-Michel le 23 avril 1623, et reçu le 15 janvier 1624 par le comte de Bourdeilles chevalier des ordres du Roy, il fallait cependant que cette décoration lui eut été promise quelques temps auparavant puisqu'on le trouve qualifié de chevalier de l'un des ordres du Roy (qui était celui de Saint-Michel) dans son acte de réception au nombre des bourgeois de Bordeaux du 12 octobre 1622, qualité que la noblesse recherchait alors, et qui était une distinction, il mourut âgé d'environ 85 ans.

Source : Recueil historique de l'Ordre de Saint-Michel.

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Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants

Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1968

Jean Allafort, député de la Dordogne à la Convention nationale et membre du Conseil des Anciens, est né au Bourdeix, en 1740. Issu d'une ancienne et riche famille bourgeoise, qui possédait des terres dans le Nontronnais, à Bussière-Badil, Jean Allafort, revêtu du titre de licencié en droit, entre très jeune dans la magistrature. Tout d'abord, il témoigne d'une grande âpreté à défendre les justes causes et d'une même indépendance à l'égard des autorités ou de la tyrannie de l'opinion. Avocat talentueux, il sait qu'il peut se sauver par l'esprit et sauver les autres par sa présence d'esprit, mais sa « scrupuleuse conscience l'effraye sur l'étendue des devoirs imposés à la profession d'avocat et il se croit obligé de réparer à ses dépens la perte des causes qu'il ne fait pas triompher... » C'est, du moins, ce qu'affirme Frédéric Dumas-Ribadeau dans l'Eloge funèbre de son oncle Allafort, paru à Limoges, chez Chapoulaud, en 1838.

En réalité, Jean Allafort possède au plus haut point le goût de l'indépendance, l'amour de la terre et le sens des affaires. Il renonce donc à plaider, mais donne des consultations à tous les habitants du Nontronnais. Y a-t-il un compte à régler, un litige à vider, on se soumet, de part et d'autre, au jugement du légiste. Ses activités sont variées : en 1779, c'est en qualité de maître de forge qu'Allafort s'engage envers Mgr. de Sartine, ministre et secrétaire d'Etat au département de la Marine, à « surveiller les fondages qui seront exécutés à la forge de la Chapelle-Saint-Robert par le sr. de Versanne, en conséquence de son marché passé avec M. le comte de Roffignac le 12 août 1777 et de son adhésion à la cession qui a été faite de ce marché à Sa Majesté le 22 mars 1779. Dont il me sera délivré ampliation... ». Jean Allafort promet, aussi, de « présider au choix et au mélange des mines, de veiller à ce que la fabriquation soit bien faite, et à ce que les bouches à feu qui seront coulées le soient sur les proportions et d'après les plans qui lui seront fournis... ». II s'engage, enfin, à faire les avances nécessaires pour acquitter les frais de transport de toutes les pièces d'artillerie provenant des-dits fondages depuis la forge de la Chapelle jusqu'à Rochefort, ainsi que celles pour le payement du droit de la marque des fers auquel lesdites pièces seront sujettes. Moyennant quoi, il sera payé au sr. Allafort par le Trésorier général de la Marine, tant pour le remboursement de ses avances que pour ses peines et soins, la somme de quatre livres par quintal de toutes les pièces d'artillerie qui, après avoir été visitées et éprouvées, seront admises en recette par les officiers du port de Rochefort. Le sr. Allafort se soumettra, au surplus, « à la retenue de quatre deniers pour livre attribués aux Invalides de la Marine, ainsy qu'aux frais de quittance et de controlle... ». L'acte, qui porte la signature d'Allafort et celle du ministre Sartine, est daté de Chènedières, paroisse de Bussière-Badil, le 16 octobre 1779. La bonté officielle d'Allafort — encore que l'usage y soit pour beaucoup dans l'octroi de ces 4 deniers par livre — ne fait aucun tort à sa bonté domestique. C'est — en partie — pour cette raison qu'il accepte, quelques années plus tard, de représenter sa région à la Convention nationale. Il cède, alors, aux sollicitations réitérées des électeurs périgourdins, et « va défendre en face de l'Europe les droits de tout un peuple... ». Le 16 janvier 1793, Jean Allafort vote en ces termes la mort de Louis XVI : « Louis, en conscience, tu as mérité la mort. Je la prononce. » Logé à Paris, à l'hôtel de Cambrai, rue Pagevin, près de la place des Victoires, il vit au milieu des agitations avec « sa frugalité et sa simplicité de mœurs habituelles ». Sa mission civique qui, certes, n'exclut pas en lui l'amour paternel, lui a imposé un dur sacrifice : dès 1792, quand la patrie a été déclarée en danger, il a autorisé son fils, un enfant de moins de 15 ans, à s'engager : « Va, mon fils », lui a-t-il dit au milieu de ses larmes, « Va et sois digne de ta patrie et de ton père... ». Le jeune garçon, volontaire dans la 7e compagnie du 1er bataillon de la 14e demi-brigade d'infanterie légère, armée du Bas-Rhin, envoie à son père, de Belfort, le 5 novembre 1792, cette missive touchante et truffée de savoureuses fautes d'orthographe :

« Mon très cher père, je vous écris celle ci pour m'informer de l'état de votre santé et en même temps pour vous donner de mes nouvelles. Quand à moi, je me porte bien. Je vous assure que j'ai été bien maurtifié de ne pas avoir pu vous donner de mes nouvelles aussitôt que nous sommes arrivés à Belfort. Mais les occupations que nous avons tous les jours m'en on empêché. Vous devès avoir reçu une de mes lettres que je vous ai écrit de Fontainebleau. Je vous disais que nos assignats de 5 livres ne valent que trois livres et ceux de cinquante ne valent que 30 livres et pressisément je me trouve avoir acheté une montre à Fontainebleau. Comme vous savès que l'or ne valet pas plus pour nous que les assignais, j'ai mieux aimmé la payer en or parce que en la payan en or, cela fit que je la paya moins chère de 80 livres que çi je l'avè payé en assignats. Je vous prie de bien vouloir me faire passer un louis d'or, comme je n'en u pas assé pour payer ma montre, je pria Vilardou de m'en prêter un. Il u la complaisance de me le prêter, ainsi par consaiquand il faut le luy remettre. Et pour cela il faut que vous ayé la bontai de me le faire passer... Je crois fort que nous passons notre ivert à Belfort, ci non nous passerons tout de suite le Rins et nous irons dans l'armée de monsieur Laférière. Je vous prie de vouloir bien donner de mes nouvelles à ma sœur, car il ne m'est pas paussible de lui écrire : nous montons la garde le matin à 8 heures, il faut alé à l'ordre à midit, il faut aller à l'exercice jusqu'à 2 heures et le soir à quatres heures jusqu'à sis heures, ainsi vous voyé ci nous avons le tems de reste... Je finis en vous embrassant de tout cœur, votre très humble et très obéissant fils. Allafort fils. »

Jean Allafort pourvoit aux besoins de son fils, pour qui il tremble sans cesse. Le 18 thermidor an 3 (3 août 1795), il écrit au directeur de l'hôpital de Belfort : « Citoyen, permettès que je m'adresse à vous pour avoir quelques renseignemens sur la situation de mon fils... Le sergent major de sa compagnie me dit dans sa lettre du 23 Messidor que mon fils est parti pour l'hôpital le 9 pluviôse et qu'on n'a pu savoir de ses nouvelles depuis cette époque. Comme on présume que d'hôpital en hôpital, il a été transféré dans celui de Besançon, veuillez bien vérifier et me marquer s'il y est encore ou s'il en est sorti, où il a passé, enfin ce qu'il est devenu. Je vous prie, de grâce, de ne pas me refuser une prompte réponse car je suis vivement inquiet sur le sort de cet enfant. Il était dans l'usage de m'écrire tous les quinze jours et cependant je n'ai rien reçu de lui depuis la fin de nivose. Soyez sensible, bon citoyen, à ma sollicitude en me donnant le plus promptement possible les renseignements que je vous demande. Pardon de la peine que je vous donne. Rceevès d'avance toute ma reconnaissance. Salut et fraternité. Allafort. »

La réponse arrive bientôt : à la première bataille, la mort a fait tomber des mains encore sans expérience du jeune Allafort l'arme qu'elles pouvaient à peine porter. Le malheureux père en éprouve un cruel chagrin. Il ne peut trouver de réconfort que dans la correspondance qu'il échange presque quotidiennement avec sa fille Marie — gardienne de la propriété périgourdine de Bussière-Badil — sa fille qu'il chérit doublement à présent, puisqu'il n'a pas d'autre enfant et que sa femme, Marie Monsalard, n'est plus. Le 16 germinal an 2 (5 avril 1794), il lui avait écrit : « ...Chaque député à la Convention, ma chère fille, est obligé de rendre compte à la nation de la fortune qu'il possédait à l'époque de la Révolution et de celle qu'il possède actuellement affin de faire connaître ceux qui se sont enrichis aux dépens du peuple dans les places qu'ils ont occupées. Tu sais bien que je n'ai jamais été un fripon mais il faut que je le prouve. Il est donc nécessaire que tu déclares la somme que tu as entre (les) mains et ce qui t'es dû... »

Sans doute — et nous en aurons plus tard la confirmation — Jean Allafort n'est-il pas toujours aussi désintéressé qu'il le prétend. Du moins, peut-on certifier qu'à maintes reprises il ouvrit sa bourse pour arracher aux fureurs révolutionnaires la fortune ou la vie des proscrits. Il protégea efficacement un de ses « pays », François-Xavier de Lamberterie, qui, émigré à la suite d'une querelle d'amour-propre avec sa prolifique parentèle, souhaitait rentrer en France.

Les autres lettres d'Allafort à sa fille s'échelonnent du 4 brumaire an 5 (25 octobre 1796) au 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Elles nous apprennent que le conventionnel est un paysan qui adhère à sa terre comme un arbre, par ses racines les plus profondes. Pour lui, le paysage n'est que le « pays », et, seuls, comptent les êtres qui l'habitent.

« 4 brumaire : J'ai reçu, ma chère fille, ta lettre du 15 vendémiaire dont l'adresse est écrite par une main étrangère. Je suis étonné de ce retard et encore plus d'une écriture qui peut me faire soupçonner que la lettre a pu être décachetée. Ce n'est point la défiance dans les biens nationaux d'émigrés qui m'ont engagé à te proposer de chercher des acquéreurs pour le domaine de Lessard; mais la crainte de ne pouvoir payer la somme que je dois pour cet objet dans le temps et aux époques fixés par la loi. Et il est impossible que les biens nationaux vendus puissent éprouver la moindre atteinte contre les acquéreurs, à moins que la contre-révolution ne s'opère et que la République ne périsse, mais comme elle se soutiendra malgré les efforts et la rage des émigrés, j'espère conserver le bien de Lessard pourvu que je puisse le payer. Je ne veux pas me voir privé d'un bien aussi précieux et aussi productif... C'est sur les moyens de pouvoir payer que je t'ay fait part de ma sollicitude. Je t'ay dit ce que je puis faire de mon côté à force de privations et lu ne me dis rien des efforts que tu peux faire de ton côté. D'après ce que tu m'écris, tu es sans doute en ce moment en possession du ci-devant presbytère de Souffraignac. Je suis bien aise que cela se soit passé sans secousse. Il est vraisemblable que tu en jouiras paisiblement et que la malveillance s'appaisera peu à peu... Je n'ai point écrit au capitaine du fils des métayers de Souffraignac parce que je ne sais où le prendre. Il se peut faire qu'il soit en ce moment dans l'armée aux ordres du général Bonaparte, mais j'ignore dans quelle partie du territoire occupée par cette armée ce bataillon se trouve en ce moment. Si je puis découvrir où il est, j'écrirai au conseil d'administration pour savoir s'il existe ou non. D'ailleurs ses père et mère ne doivent point être inquiets sur ses besoins parce que nos troupes ne manquent de rien dans un païs où tout est abondant. Je t'envoie par le courrier de ce jour un paquet chargé que tu retireras au bureau de la poste de Nontron, le contrat d'acquisition du bien de Lessard avec les quittances du receveur des domaines nationaux de Périgueux. Tu produiras le tout au receveur de Nontron pour lui prouver que je persiste dans cette acquisition. Comme il pourrait se faire qu'il te demande ce qui revient à la Nation sur le prix de ton contrat de ferme depuis le jour de ce contrat jusqu'à celui de ton acquisition, tu lui observeras que tu ne dois que depuis le dit jour de ton contrat ferme jusqu'au 6 messidor, que tu as consigné le second quart et même plus, de ta soumission suivant la quittance finale du receveur de Périgueux du 19e du même mois, attendu que, suivant l'article 3 de la loi du 22 prairial additionnelle à celles du 28 ventôse et 6 floréal concernant les mandats territoriaux, tu devrais entrer en jouissance dudit domaine dès l'instant que tu as consigné le second quart et que par conséquent les revenus de ce bien nous appartenaient à commencer du dit jour six messidor. Comme il me semble que tu m'as marqué que ton contrat de ferme a été passé le 21 prairial, il s'en suit qu'à toute rigueur tu ne dois payer à la Nation que pour 12 jours, ce qui serait si modique que je ne peux croire que le receveur de Nontron exige la moindre chose... Comme tu as vraisemblablement un temps affreux pour faire tes vendanges, tu ne pourras pas faire d'aussi bon vin que tu me l'as annoncé. Tant pis, car il me faudrait du bon vin pour ma vieillesse... Adieu, ma chère fille, je t'embrasse de tout cœur... »

Pour l'ex-conventionnel, devenu membre du Conseil des Anciens, un homme de bien, c'est, avant tout, un homme qui soigne son bien ! C'est, aussi, un être capable de satisfaire à la confiance de ses compatriotes, ainsi que le prouvent ces lignes : « ...Quant au militaire dont tu me parles, ma chère fille, et qui désire obtenir un congé absolu, ne pouvant pas continuer son service à cause d'une blessure qu'il a reçue, il doit, pour parvenir à obtenir ce congé, se faire visiter par deux officiers de santé devant l'administration de son canton et devant la commission du pouvoir exécutif de ce canton. Des officiers de santé lui donneront un certificat qui constatera que sa blessure ne lui permet plus de porter les armes. Ce certificat sera visé par celle administration et par le commissaire. Il fera en conséquence une pétition au ministre de la guerre à l'effet d'obtenir ce congé. Il peut me la confier. Je l'appuieyrai de tout mon pouvoir sans cependant promettre aucun succès parce que, suivant ta lettre, il s'est retiré chez lui sans permission de son corps, et qu'il peut bien être poursuivi comme déserteur... »

Le 22 brumaire an 5 (12 novembre 1796), Jean Allafort constate, avec soulagement, que les « dangers qui semblaient menacer sa tille, à présent en possession de la maison cy-devant curiale de Souffraignac ont disparu, grâce au savoir-faire de Marie Allafort, à sa prudence, à sa douceur... Il est vraisemblable que les vignes sont si vieilles qu'elles ne peuvent plus produire. Si cela est ainsi, ne serait-il pas utile, et même nécessaire de faire faire d'autres plantations soit par les métayers soit par des vignerons ? Si les champs incultes sont proprès à la vigne, il faudrait les y employer et les préparer de bonne heure. Concertes toi pour cela avec les métayers... Adieu, le courrier va partir. Je t'embrasse de tout mon coeur. Ecris moi souvent et cherche à vendre ton vin de bonne heure pour payer, hélas, quand nous serons sortis de nos dettes... »

Il semble que, ses revenus étant devenus insuffisants, Allafort ait dû vendre une partie de ses biens. Vers 1794, on a dit qu'il « ne consentit pas à violer la loi qu'il avait votée en refusant de recevoir pour sa valeur nominale un papier-monnaie frappé d'un discrédit général... » Avec l'hiver de 1795, survient l'habituel cortège des maladies et des inquiétudes qu'elles soulèvent :

« Le citoyen Labrousse Lagrange, ma chère fille, m'a remis les six bonnets de coton dont tu m'as chargé ainsi que la lettre que tu lui as confiée. Elle est datée de la Ronchie ainsi que plusieurs autres que tu m'as écrites depuis que tu as un autre azile et que le cy-devant curé a évacué son ancien presbytère. Je puis t'assurer que je n'ai pas été sans inquiétude sur ce que tu n'habitais pas encore cette maison. J'attribuais, à la vérité, cela à des causes bien différentes de celles qui t'en ont empêchée, parce que je ne soupçonnais pas qu'après une maladie aussi longue et aussi grave à laquelle tu as échappée, j'aurais la cruelle douleur d'apprendre que tu en éprouves une autre qui est peut-être aussi dangeureuse. Ton commissionnaire en aurait gardé le secret si je n'eusse été averti par une des lettres qu'il m'a remises. Je lui ai donc fait avouer qu'il t'a vue avec une maladie telle qu'elle t'a empêchée de déménager. Grand Dieu ! Quel est mon sort ? Je suis donc condamné à te voir sans cesse dans les maux et dans les souffrances et ta vie en danger. Ecris moi promptement si tu veux que je puisse résister au chagrin qui me dévore. Je viens d'envoyer au receveur des Domaines nationaux d'Angoulême le montant de ce qui restait sur la maison cy devant curiale de Souffraignac. J'attends ma quittance finale. Ainsi je n'aurai plus à m'occuper de cet objet... Mais, je crains bien qu'en achetant la maison curiale, nous n'ayons, en même temps, acheté une pomme de discorde, à cause de la terre qui est devant la cour. Ou bien tu ne tiendras ni poules ni dindes car la volaille en sortant de la cour ne manquera pas d'aller gratter cette terre et y causer du dommage. Si elle était à vendre, et que nous puissions avoir la commodité de la payer, il serait bien essentiel d'éloigner un voisin qui peut violemment nous incommoder... Je dois encore 3 428 l. mais il me sera impossible de pouvoir faire, par mes économies, plus de 1 428, en suposant même qu'il ne m'arrive aucun accident. Aussi, il faudra trouver 2.000 dans notre médiocre revenu pour finir ce payement sans compter les impositions de cette année... J'ai cessé depuis le commencement de ce mois de l'envoyer le Rédacteur parce que depuis ce temps-là je ne le reçois plus. Il faut bien que je fasse la dépense pour un abonnement. En vérité, je ne sais à quel journal donner la préférence, tellement les journalistes sont puans d'aristocrates, désorganisateurs et dangereux... »

L'état de Marie Allafort s'aggrave en novembre 1796.

« Je viens de recevoir, ma chère fille, ta lettre du 25 Frimaire. Les détails qu'elle me donne me jettent dans la plus affreuse mélancolie. En vérité, je ne sais plus où j'en suis, car dans le moment où je crois du moins pouvoir espérer que tu le portes bien, c'est alors que tu es presque dans la tombe... » Après avoir échappé à une maladie dont le ressouvenir me fait frissonner, tu viens d'en supporter une autre non moins dangeureuse et qui rouvre la plaie que la première avait faite dans mon âme. Je vois bien que tu n'as jamais été bien rétablie de la première parce que la peine, les fatigues et les injures du temps auxquelles nos affaires sont constamment exposées étaient autant d'obstacles à une heureuse convalescence. Il te faut absolument du calme et du repos. Heureusement, le moment approche où je pourrai partager tes embarras et adoucir le poids qui t'accable si souvent... Je te charge de faire agréer toute ma reconnaissance à l'officier de santé qui t'a conservé la vie... »

Allafort parle, ensuite, de la mort du « pauvre Pierre » (son métayer de Souffrignac) :

« Il était laborieux, honnête, et il nous était si attaché. Je le regrette infiniement. Je désire que son frère ait un meilleur sort et que la Providence nous le conserve. Quant à son fils, il n'est que trop évident qu'il aurait besoin de son secours, mais il est impossible qu'il puisse l'avoir auprès de lui qu'après la paix, attendu que le Directoire n'accorde point de congé aux volontaires qui sont en présence de l'ennemi. Et, précisémment, il est dans l'armée d'Italie qui combat tous les jours les Autrichiens. Je fus hier dans les bureaux de la guerre pour tâcher d'en savoir quelques nouvelles. J'ai trouvé dans les extraits mortuaires un Jean Borderon, mort à l'hôpital de Strasbourg. Mais, il était natif de Saint-Tron, dépt de la Charente, ce ne doit pas être le fils du métayer, puisqu'il s'appelle Nicolas Borderon. Je vais écrire au conseil d'administration de son bataillon qu'on m'a dit être à Crémone en Italie, pour savoir s'il est vif ou mort. Ne parle pas de tout cela aux métayers. Dis leur simplement que je fais tous les efforts possibles, pour les tranquiliser... »

La convalescence de la jeune fille s'annonce bientôt satisfaisante :

« J'ai reçu, ma chère enfant, ta lettre du 28 Nivôse dernier. Je suis donc tranquille sur ta santé, puisque tu m'assures que tu te portes bien. Je suis content, pourvu que cela soit bien vrai. Je viens d'apprendre que tu as d'excellent vin blanc, cela par un de mes bons amis. C'est d'autant plus remarquable que les vins blancs, sont, en général très faibles. Je lui ai annoncé, il y a deux jours, que je ne manquerai pas de te donner des applaudissements de ce que tu as su l'engager à en boire. J'espère que dans trois mois et quelques jours je serai à portée de juger de la qualité de ce vin. Mais, je ne réponds pas de lui trouver quelques défauts. S'il en a je ne dissimulerai pas. S'il n'en a pas, je prépare un gros volume d'éloges pour celle qui a si bien réussi en le faisant... J'ai été chez un libraire pour acheter les deux grands- maires (sic) et les dictionnaires que tu me demandes. On n'a pas voulu me les donner à moins de 56, comme cette somme et le prix du port m'ont paru trop fort, je n'ai pas fait cette emplette. Il faut bien que je puisse accumuler avant de partir d'ici une somme de 1.800 pour payer deux dixièmes du bien de Lessart, et il faut bien que je conserve quelque argent pour payer les frais de mon voyage. Sans ces deux motifs, je n'aurais pas hésité à satisfaire sur le champ ton goût pour ces deux langues étrangères... Les métayers de Souffrignac font très bien de marier leur fille ; le nouveau venu remplacera le pauvre Pierre que je regrette. Hélas ! ma fille, si mes vœux avaient été exaucés, tu ne serais pas aujourd'hui dans le cas de plaisanter sur le mariage d'une fille qui a six ans de moins que toi... »

Cette missive est datée du 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Un mois plus tard, Jean Allafort, qui avait été appelé au Conseil des Anciens alors qu'il siégeait encore à la Convention, refuse de renouveler ce second et plus honorable mandat, et retourne à la vie privée. Cet exil parisien pèse trop lourd au père qui souhaite marier sa fille et à l'homme des champs qui brûle de gérer à nouveau ses propriétés. Le registre d'état-civil de Souffrignac mentionne, à la date du 20 brumaire an 6 (10 novembre 1797) qu'il y a « promesse de mariage entre Jean-Baptiste-Michel Grolhier, fils de Pierre Grolhier, ancien notaire, et de Marie Mazeau, et Marie Allafort, demeurant à Souffrignac, canton de Montbron, dépt de la Charente, fille de Jean Allafort, représentant du peuple, et de feue Marie Monsalard. »

Ce mariage comble les vœux de Jean Allafort qui reprend, aux côtés du jeune ménage, sa douce vie familiale. Il accepte, pourtant, sa nomination de commissaire du Directoire dans son département.

Tant que durent le Consulat et l'Empire, il refuse, en jacobin impénitent, toutes les charges et tous les honneurs. Frappé par la loi du 12 janvier 1816, qui exclut à perpétuité du royaume les conventionnels qui ont voté la mort de Louis XVI et leur accorde un délai d'un mois pour sortir de France, Jean Allafort trouve assez de courage pour consoler ceux qui l'entourent :

« Mes amis, dit-il, laissez-moi subir ma destinée, moi seul l'ai encourue ! Je m'en irais trop malheureux si j'emportais avec moi la pensée qu'elle pourrait rejaillir sur quelqu'un de vous... »

Pourtant, à 76 ans, abandonner sa patrie, sa famille, ses amis, ses champs, pour aller quémander une hospitalité précaire en Hongrie ou en Silésie, pour Jean Allafort, c'est pire que la mort !

Des personnes influentes s'entremettent pour obtenir la grâce du proscrit. Celui-ci obtient un certificat de prolongation : « Le Préfet de la Charente, assuré de l'état d'infirmité où se trouve le sr Allafort compris dans la loi du 12 janvier, lui accorde une prorogation jusqu'au 15 avril prochain pour se conformer aux dispositions de l'article 7 de cette loi. Fait à Angoulême, le 8 mars 1816. Signé : Creuze de Lesser. »

Le comte Decazes, ministre de la Police, qui est un ancien obligé de Jean Allafort, l'autorise à résider à Paris. Pour lui faire accepter cette faveur accordée en dehors de la loi, Marie Grolhier trompe son père et lui fait croire que le gouvernement de Louis XVIII a ordonné un sursis de départ, et qu'on ne tardera pas à rapporter la loi.

Deux ans s'écoulent dans le provisoire. L'incognito qu'il est tenu de garder et l'éloignement du sol natal altèrent gravement la santé du vieillard, qui meurt le 5 mai 1818, à 2 heures du malin, après une agonie de trois jours. Ses restes, d'abord ensevelis au cimetière du Père Lachaise, sont transférés dans un enclos de son jardin de Souffrignac, puis au cimetière de Souffrignac. On peut lire sur la tombe de Jean Allafort et sur celle de sa fille, deux inscriptions respectivement gravées sur stèle de bronze et sur marbre :

« Ici repose Jean Allafort, né au Bourdeix (Dordogne) en 1740, mort à Paris le 5 mai 1818, ancien député à la Convention nationale, membre du Conseil des Anciens. En 1838, sa fille a fait rapporter ses cendres dans cette retraite d'où il avait été arraché en 1816. Vous qui l'avez connu, redites à vos enfants ses vertus modestes, son patriotisme et son malheur. Faites que ce monument comme sa mémoire soient ici à jamais un objet de respect. Marie Allafort, veuve Grolhier, aux mânes de son malheureux et excellent père. Marie Allafort, veuve Grolhier, décédée le 22 mai 1847. »

Christian de Sèze

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18 mai 2016

Liste des sous-préfets de Nontron

Liste des sous-préfets de Nontron entre le Premier Empire et la Seconde Guerre mondiale.

• Boyer (Geoffroi) 5 floréal an VIII
• Trompéo (Charles) 26 décembre 1811
• Boyer (Jean-Baptiste) mars 1815
• Courssou (Jean-Jacques de) 12 août 1815
• Durand-Durepaire (Michel) 22 septembre 1824
• Boyer (Jean-Baptiste) 27 août 1830
• Lucas-Lagane 7 août 1833
• Boisjolin (Constant de) 29 septembre 1833
• Boullay 5 janv. 1835 (non installé)
• Poret de Morvan (Abel) 29 mars 1835
• Amothe-Disaut (Edouard) 3 février 1838
• Bost (Alexandre) 24 août 1840
• Calvimont (Albert de) 24 janvier 1841
• Monfanges (Désiré) 13 mars 1848
• Gautier-Laguionie (Pierre) 15 juillet 1848
• Castaing (G.) 21 février 1849
• Rivaud 27 mars 1851
• Desaix 23 septembre 1858
• Laborie de Labatut (de) 26 avril 1865
• Dusolier (Alcide) 8 septembre 1870
• Duteuil 17 septembre 1870
• Du Grosriez (Fernand) 7 mai 1871
• Bouquerel (Gabriel) 30 mai 1873
• Blanche (Raymond) 18 juin 1873
• Célières (Eugène) 24 mai 1876
• Du Bled (Victor) 7 juillet 1876
• Tinseau (Antoine de) 21 février 1877
• Pabot-Chatelard (Juste) 30 décembre 1877
• Gélinet 4 avril 1883
• Beaune de Beaurie (de) 7 décembre 1883
• Eyguière (Jean-Fernand) 21 février 1885
• Hermann (Guillaume) 24 mai 1889
• Bois (Jean-Eugène) 19 janvier 1893
• Itam (Gabriel) 10 juin 1899
• Guillemaut (Pierre) 26 septembre 1899
• Zimmermann (Joseph) 30 décembre 1905
• Gouzy (Pierre) 4 janvier 1906
• Fourcade (Jean-Raymond) 3 août 1909
• Veisset (Justin) 16 janvier 1915
• Peroni (Paul) 24 octobre 1919
• Graux (Henri) 22 octobre 1920
• Borderie (Georges) 8 septembre 1924
• Rochefort (Louis) 6 juillet 1930
• Lalanne (Jean) 16 novembre 1932
• Andrieu (Robert) 17 janvier 1936
• Barbier (Jacques) 29 octobre 1936
• Bonneau (Albert) 19 septembre 1939

Source : Archives départementales de la Dordogne.

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15 mai 2016

Le chevalier servant de Gabrielle Chanel

Adrienne (1) avait un chevalier servant.

Le comte de Beynac (2) était de ces aristocrates aux solides attaches terriennes, aux vigoureuses moustaches, passionné de chasse à courre, et pourvu de cette pointe d'extravagance qui, tout en faisant de lui un personnage, constituait, aux yeux de ses familiers, l'essentiel de son prestige. Jamais on n'entendait parler des mots, des collections ni même des châteaux du comte de Beynac, moins encore de sa fortune, mais toujours de son, accent et de son originalité. Et si l'on se répétait quelque anecdote le concernant, c'était pour mieux mettre en valeur son pittoresque : M. de Beynac était ce Nemrod qui venait avec sa meute de forcer non point un cerf mais un loup, le dernier que l'on ait vu en Limousin; M. de Beynac était ce joueur qui, d'un seul coup de dés, avait gagné quatre danseuses du Casino de Paris à quatre de ses camarades, et qui, pour fêter sa victoire avait embarqué les demoiselles dans son break, puis, chantant à tuetête et en patois, avait fait remonter les Champs-Elysées à tout son monde, au grand galop de ses quatre anglo-normands; M. de Beynac, enfin, était ce gaillard qui, à quelque temps de là, ayant aussi joué ses chevaux et les ayant perdus, s'était vu contraint de regagner sa province à pied... ce qu'il avait fait comme en se jouant.

Tel était l'homme qui s'était épris d'Adrienne.

Plus qu'au trois quarts ruiné, il avait trouvé en la personne de son meilleur ami – le marquis de Jumilhac – une sorte de mécène, toujours prêt à lui faciliter ses frasques à condition d'y être associé. L'un et l'autre, tout en courtisant Adrienne, servaient de mentors au fils d'un châtelain de la région. Fort joli garçon, le jeune homme était déjà bon chasseur et excellent cavalier. En ce domaine ils n'eurent rien à lui apprendre. Mais ils s'attachèrent à le guérir du sérieux provincial. Sachant faire son profit de l'expérience de ses mentors, le jeune homme était devenu en peu de temps un club-man d'une élégance ébouriffante.

C'était donc un trio d'admirateurs qui se disputaient la compagnie d'Adrienne.

S'il ne faisait nul doute qu'en sa qualité d'aîné, c'était au comte de Beynac qui revenait le rôle de protecteur en titre, il ne semblait pas aussi évident qu'il fût le seul favori.

Notes :

1. Adrienne Chanel (1882-1955), tante de Coco Chanel.

2. Joseph de Las Escuras de Beynac, né le 8 octobre 1863 au château du Châtelard à Teyjat (Dordogne), décédé en 1951.

Source : L'irrégulière ou mon itinéraire Chanel, d'Edmonde Charles-Roux.

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12 mai 2016

Sénéchaux d'Angoumois

1. Guy de la Roche sgr de Montendre, a 1441 aut antea, ad 1459 aut brevi postea : — A. usque ad 1445, comite Johanne apud Anglos vincto : « Guy de la Roche, conseiller et chambellan du duc d'Orleans, ayant la garde du conte d'Angoul. et son seneschal en Engolmois, » P. 1405*1 322, 3 aug. 1441 ; 12 jun. 1443, Bab. de Rencogne, Bullet. Soc. arch. Charente, 1868-9, p. 662-3; 15jan. 1443-4, P. 1405, I, 348. — B. Post receptam comitis libertatem, « Guy de la Roche conseiller... de mgr le conte d'Engol. et son senechal en Ang. », 20 mart. 1446-7, P. 1406*1, vj*c 1*10 ; 30 mart. 1446-7, P.1404*1 167 bis ; 8 jun. 1449, B. nat., N. acq. fr., 3642, Coll. Bastard, 825 ; 1 mart. 1451-2, Add. Chart. 4071, British Museum ; « chevalier », 19 mai. 1455, B. nat., fr. 26083, n° 6841 ; 3 febr. 1456-7, P. 1403*2, CXVIJ ; « chevalier, sgr de Verteuil et de Montandre », Arch. Charente, fonds S. Ausone, 13e liasse, Fleac ; forsan decesserat ante 1 jan. 1462-3 : « Mad. de la Roche, [vidua, ut videtur], dame de Vertueil, senechalle d'Angoulmois », jussa 30 libras t. curari, ut semi-annuam mercedem, B. nat., P. Orig., vol. 68, dossier Angouleme, n° 13, 1 jan. 1462-3-1 jul. 1463.

2. Guillaume de la Roche, « sgr de Nouhans..., conseiller et chambellan... du conte d'Angolesme et son seneschal en Angoulmoys... » 1464 et 1466, aut diutius : 14 apr. 1464, Arch. Charente, abb. S. Auson., liasse n° 12 ; 26 jul. 1465, « escuier », B. nat., fr. 26090, n° 409, 1 ; 24 jan. 1465-6, « sgr de Nouhans, Corpoutram, Gyeureet Meslerain, conseiller et chambellan de mgr le conte d'Engolesme », P. 1405*1 352*3 et *6.

3. « Bauld de S. Gelays, sgr d'Entigny et de la Tronchade, escuier d'escuierie du roy n. s. », a 1473 ad 1476, aut diutius : 22 febr. 1472-3, P. 1404*1 137*b ; 27 febr. 1474-5, K 71, n° 42 ; 1 jan. 1475-6, Ec. des Chartes, fac simile lithogr., n° 382, anc. serie.

4. « Françoys, sgr d'Aubeterre et de Pauleon, chevalier, conseiller et chambellan du roy n. s. et de... mgr le conte d'Angolesme et son seneschal en Angoumois », 1479-1496 aut diutius : 18 febr. 1478-9, P. 513*1 9 ; 21 apr. 1479, Arch. Charente, fonds S. Ausone, liasse 14, S. Ausone ; 20 mart. 1480, n. st. P. Orig., vol. 124, Aubeterre, n° 1 2 ; 28 apr. 1481 , P. 1404*2, n° 282 et 221 ; 6 jun. 1481, P. 514*2 426 ; 24 mai. 1484, P. 1403*2 CIIJ ; 10 dec. 1486, P. 513*3, n° 224 ; 28 jan. 1486-7, P. 1404*1, n° 151 ; 22jan. 1488-9, P. 1405% n° 317 ; 17 nov. 1489, P. 520*2 1550 ; 26 nov. 1489, P. 520*2 1666 ; 29 jan. 1495-6, P. 1410*1 917*2, f° 9 r°.

5. Guy de Mareuil, sgr et baron dud. lieu, de Villebois, de Bourzac et de Vibrac, senechal ; a 1499 aut 1500-1501, usque ad 1517 aut diutius : initio statim anni 1496 « voiaige ... pour garder que le sgr de Mareuil ne print possession de la seneschaucee d'Angoulmois » ; B. nat., fr. 8815, f° 9 v° ; 11 jan. 1500-1 : « avis de Louise de Savoie a la ville d'Angoulesme qu'elle vient de nommer le sgr de Mareuil, seneschal d'Angoumois » , Arch. Angouleme AA 5, f° 31 r° ; 13 oct. 1505, P. 515*2 582 ; 14 oct. 1505, P. 516*1 601 bis, 1507-1508, P. 1403*2, n° 82, f° 4r° ; 1 jan.-31 dec. 1514, « escuier, conseiller et chambellan du comte d'Ang. » Fr. 21478, f° 39 r° ; 1517, Ib., f° 49 r°.

Source : Quae fuerint tam a regibus quam a comitibus in Engolismensi, de Gustave Dupont-Ferrier.

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Notaires de Nontron

Liste des notaires de la ville de Nontron et du Périgord vert au XIXe siècle.

Ordre chronologique.

Résidence : Nontron

Boyer (Jean) • 1736-1737
Boyer (Pierre) • 1737-1807
Lapouge (Léonard) • 1779-1814
Ratineau (Pierre-Marc-Antoine) • 1788-1790
Lapouge (Guy) • 1815-1843
Ducluzeau (Denis-Léonard) • 1829-1836
Danède (Jean) • 1834-1872
Fonreau (Adrien) • 1836-1856
Excousseau (Jules-Pierre) • 1843-1869
Parat (Camille) • 1856-1873
Fraignaud (Léon-Frédéric) • 1858-1867
Lathière-Lavergne (Jean-Baptiste-Armand) • 1826-1888
Lathière-Lavergne (Armand) • 1867-1879
Petit (Pierre-Charles) • 1869-1872
Judet-Lacombe (Eugène) • 1872-1881
Courtey (Léon) • 1881-1902
Prévost (Noël-Achille) • 1872-1908
Villepontoux (François-Olivier) • 1888-1926
Prévost (Pierre) • 1888-1932

Résidence : Bussière-Badil

Janet Lasfond (Raymond) • 1772-1813
Janet-Lasfond (Bernard) • 1814-1840
Dumas-Champvallier (Louis-Michel-Armand) • 1840-1847
Janet-Lasfond (Bernard jeune) • 1847-1855
Coquet-Desplaces (François) • 1855-1877
Durtelle de Saint-Sauveur (Noël-Émilien) • 1877-1879
Coussy (Thomas) • 1879-1902

Résidence : Saint-Pardoux-la-Rivière

Dubreuilh (Élie) •1811-1820
Dubreuilh (François-Casimir) • 1821-1834
Dubut (Martial) • 1834-1860
Marquet (Jacques-Jules) • 1860-1880
Durand de Ramefort (Georges) • 1893-1899

Résidence : Varaignes

Bourrinet-Laplante (Guy-François) • 1765-1839
Mandon-Forgeas (Abel-Gabriel) • 1839-1847
Desbordes (Jacques) • 1847-1852
Macary (Charles-Joseph) • 1852-1863
Delage (Antoine) • 1863-1887

Résidence : Abjat

Danède (Jean-Augustin) • 1818-1842
Labrousse-Brognac (Jacques) • 1842-1866
Gros-Devaud (Justin) • 1867-1882
Treuil (Henri-Léonard) • 1882-1887
Villepontoux (François-Alban) • 1890-1895

Résidence : Javerlhac

Lapeyre-Mensignac (Thibault) • 1783-1820
Desaix-Nadaud (Étienne) • 1824-1849
Bourdineau (François Gustave) • 1850-1862
Gauthier (Guillaume) • 1862-1874
Bridet (Pierre) • 1875-1890

Résidence : Saint-Saud

Duroy (Élie) • 1785-1815
Duroy (Jean) • 1830-1848
Desport (Léonard) • 1853-1872
Duroy (Marcel) • 1873-1896

Résidence : Piégut

Delavallade (François) • 1760-1809
Puybaraud (Louis) • 1838-1863
Bonnithon (Gilles-Martial) • 1864-1890

Résidence : Busserolles

Eyriaud (Pierre) • 1779-1818

Source : Minutier des notaires du département de la Dordogne.

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29 avril 2016

Chevaliers de la Restauration

Liste de membres de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, nommés par Louis XVIII, classés par ordre chronologique :

• Pastoureau (Jean-Baptiste-Marie) (°1780-†1839). Nommé le 31 janvier 1815. Né et décédé à Nontron (24). Fils de Pierre, et Marguerite Marcillaud.

• Arondeau de Chareyroux (Élie-Alexandre) (°1774-†1837). Nommé le 2 novembre 1815. Né à Busserolles (24) et décédé à La Rochefoucauld (16). Fils de Jean-Baptiste, et Françoise d'Escravayat.

• Texier (Adrien-Bertrand) (°1765-†1852). Nommé le 8 novembre 1815. Né et décédé à Augignac (24). Fils de Adrien-Sicaire, et Françoise Périgord.

• Sauvo des Versannes (Jean-Baptiste) (°1767-†1839). Nommé le 25 décembre 1815, né et décédé à Bussière-Badil (24). Fils de Jean, et Anne Légier.

• Sardain de La Soutière (Léon-Aubin) (°1752-†1822). Nommé le 31 janvier 1816, né et à décédé à Chabanais (16). Fils de Joseph, et Catherine-Renée Naulin.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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27 avril 2016

Labrousse-Brognac et la garde napoléonienne

brognac

NB : Pierre Labrousse-Brognac est un jeune soldat de la garde napoléonienne, né le 28 septembre 1785 à Firbeix (Dordogne), fils de Jean-Baptiste Labrousse-Brognac, maître de forge et maire de Dournazac (Haute-Vienne). Il est admis le 14 germinal an XII dans les vélites à pied, avec le matricule n° 9. Le 1er septembre 1806, il est nommé sous-lieutenant dans l'infanterie de ligne et sert en Italie. Son sort est inconnu. D'après son signalement, il mesurait 1 mètre 75, avec des cheveux et des sourcils châtains clairs, les yeux gris, le visage long, le front et le menton ronds, et le nez épaté.

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Assemblée provinciale du clergé en 1789

Vingt-quatre paroisses de l'ancien diocèse de Limoges, archiprêtré de Nontron, étant situées en Périgord, furent convoquées à Périgueux pour l'assemblée du clergé; elles sont aujourd'hui du département de la Dordogne :

Abjat, dont était curé Etienne Auvray-de-Saint-Remy. —- Augignac, Pierre Rousset. — Saint-Barthélemy, Jean-Baptiste-Joseph Bourdeau. — Le Bourdeix, Jean-Baptiste Gauthier, docteur en théologie. — Busserolles, Symphorien Arondeau, docteur en théologie. — Bussière-Badil, Antoine Salignac, docteur en théologie — Champniers, François Charron. — Chapelle-Saint-Robert, Elie Lapouge. — Saint-Estèphe, François-Charles Chamblet. —Etouars, Pierre Tamaignon, docteur en théologie. — Hautefaye, François Fargeas. — Javerlhac, Pierre du Roux, docteur en théologie. — Lussas, Annet-Jean du Reclus, docteur en théologie. — Saint-Martial-de-Valette, Thibeau Faurien de Villaupré. — Saint-Martin-le-Peint, Vaincque. — Moutier-Ferrier, Guillaume Boyer, docteur en théologie.— Nontron, Jean-Baptiste Turcat, licencié en droit. — Nontronneau, [Dussoubs]. — Pluviers. Jean Basset des Rivailles. — Reilhac, Léonard Germain.— Savignac, Barthélemy Bardonneau.— Soudas, Jean Marcillaud [Pastoureau]. — Teyjat, Lacroix. — Varaignes, François du Coux, docteur en théologie. (Procès-verbal de l'Assemblée des trois Etats, le 16 mars 1789).

Source : Martyrs et confesseurs de la foi du diocèse de Limoges pendant la Révolution française, d'André Lecler.

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17 avril 2016

Vélites français

Il ne faut pas confondre les pupilles de l'ancienne garde impériale, qu'on appelait primitivement vélites hollandais, avec les vélites français, dont l'origine remonte aux premiers moments de la création de la garde impériale. En effet, ces vélites n'avaient nulle analogie avec les pupilles. Le but de leur organisation était de donner des sous-officiers et par la suite des officiers instruits aux divers corps de la garde et même de la ligne. C'était une école militaire sur une base plus démocratique. Le vélite pouvait se considérer en quelque sorte comme un futur officier; le pupille comme un futur soldat. L'un et l'autre cependant, il faut le dire, avaient droit de prétendre aux premiers grades de la hiérarchie militaire, parce qu'en France, il n'y a pas de limite, il n'y a pas de bornes à l'avancement dans l'armée pour qui est instruit, brave et méritant.

C'est en l'an XII que les premiers corps des vélites furent triés. On en forma deux de 800 hommes chacun : l'un fut attaché aux grenadiers, l'autre aux chasseurs de la garde impériale. On les établit à Saint-Germain, puis à Ecouen et Fontainebleau. N'était pas admis qui voulait dans les vélites. Il fallait d'abord justifier d'un revenu de 800 francs, payable sous forme de pension par trimestre et d'avance au conseil d'administration. On donnait aux jeunes gens des professeurs de dessin, de mathématiques. C'étaient, comme on voit, des écoles militaires au petit pied. Bientôt après, en l'an XIII, les grenadiers à cheval et les chasseurs de la garde eurent également leurs vélites.

Deux corps de 800 chacun furent formés. En 1806, on ajouta 2,000 vélites à ceux des grenadiers et chasseurs à pied et à cheval, ou les répartit dans tous les régiments de la garde impériale. Mais bientôt ces jeunes yens ne furent plus destinés qu'à entrer dans la cavalerie, les vélites de l'infanterie ayant été formés en un seul régiment, le 2e des fusiliers-grenadiers.

Après irois années de service ou de campagne, le vélite obtenait souvent une sous-lieutenance dans la ligne, infanterie ou cavalerie. On conçoit qu'à une époque où il se faisait une si grande consommation d'officiers, les écoles militaires ne suffisant pas à verser dans les cadres des jeunes gens instruits, il était bon d'avoir, outre Fontainebleau, une espèce d'école de cadets. C'est ce qui avait déterminé l'empereur à organiser les vélites.

Sous le premier empire, la jeunesse militaire pouvait donc être considérée comme répartie en trois classes distinctes : les élèves des écoles militaires, destinés aux plus hauts grades de l'armée; les vélites de la garde, propres à faire en peu de temps des officiers capables de remplir les vides dus au canon; les pupilles, appelés à donner des soldais énergiques et dévoués, des sous-officiers instruits, et par la suite, enfin, des officiers n'ayant d'autre famille que l'armée, d'autre clocher que le drapeau du régiment.

Source : Jacques-Paul Migne.

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