13 mai 2016

Lettre de Crévelier

Paris, le 2 prairial, l'an 6e de la République françoise, une et indivisible.

Citoyens administrateurs,

Je m'empare, ainsi que je l'avois promis, du premier instant disponible pour vous annoncer que je suis à mon poste. Hier, j'ai eu l'honneur de siéger au Conseil avec les députés de l'an 6, et nous avons prêté ce serment qui sera toujours fatal et aux vils partisans des rois et aux sectaires immoraux de l'anarchie. L'organisation de notre bureau et de celui des Anciens est selon moi d'un heureux présage : il paroit qu'on fait ici quelque cas de ces exconventionnels tant déchirés, tant calomniés depuis trois ans. Le Directoire s'avise même de donner des fonctions très importantes à ceux qui ne sont pas réélus au Corps législatif; et de tout cela, mes amis, vous en conclurez ce qu'il appartiendra. Bellegarde qui s'avise aussi d'avoir quelque confiance en ces mêmes conventionnels, va beaucoup mieux, et avec du ménagement sa santé sera bientôt rétablie.

On attend l'ex conventionnel Threillard qu'on s'est encore avisé de porter au Directoriat et l'ex conventionnel Syeis est aussi envoyé à Berlin, de manière que cette race au lieu de s'éteindre semble pulluler plus que jamais. Elle a dans les deux Conseils des ramifications très étendues. Comment voulez vous donc que les incroyables et les exclusifs puissent parvenir à leur but ? Non, ils n'y parviendront pas, j'en jure par le génie de la liberté. La Constitution de l'an 3 résistera à toutes les attaques. Je n'ai point encore assez examiné la phisionomie du nouveau Corps législatif pour en porter un jugement solide, mais les amis de la République ont beaucoup d'espoir.

La loi relative aux élections vous donne quelque idée des principes qui ont dirigé les Conseils et le gouvernement, et qui vraisemblablement seront à l'ordre du jour pendant cette session; au surplus, vous en verrez les développemens et l'applications. Il est temps que les factions disparoissent et que le peuple françois ne soit plus dupe et victime de ses adulateurs royaux, ou démaguogues. La Constitution de l'an 3, voilà l'unique but et l'unique objet des désirs républicains.

Continuez, administrateurs patriotes, à faire aimer la République par une administration sage; et de l'énergie et de la prudence, justice égale pour tous, et vous trouverez dans la tranquillité commune et le bonheur de vos administrés la seule récompense qu'il vous soit permis de désirer et glorieux d'obtenir.

Salut et fraternité.

Crévelier.

Mon adresse : Au représentant du peuple Crévelier, député par le département de la Charante au Conseil des Cinq Cents, Rue Honnoré, n° 52.

Source : Revue des bibliophiles.

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Le sr du Condour contre le sr des Pendants

Les 28 et 29 septembre 1768, procès-verbal des obstacles apportés a la jouissance du privilège possédé par Simon Héraud, sieur du Condour, bourgeois, demeurant en la maison du Condour, paroisse de Vouzan, de faire « tirer des mines ». Il dit « qu'il a présenté requête à M. le juge de la juridiction royalle de la marque des ferts d'Angoumois et du Haut-Poitou expositive entr'autres choses qu'il auroit été chargé par le sieur Beinaud, qui fait fabriquer des canons à la forge de Ruelle pour le service de Sa Majesté, de faire tirer des mines pendant 2 années à raison de 120 livres pour chacune fondue dans les domaines dud. sieur Héraud et dans ceux de son voisinage, relativement au double passé à ce sujet le 20 mars de la présente année duement en forme, par lequel led. sieur Héraud est autorisé à jouir aiinsy que led. sieur Beinaud du privilège qui lui est accordé par les traités qu'il a passés pour raison des fournitures qui y sont énoncées ; qu'en conséquence, il avoit fait ouvrir la terre tant dans ses domaines particuliers que dans d'autres dépendants des villages de La Rochette et de Jard, en la paroisse de Vouzan, qui avoisinent les siens, qu'il y a établi plusieurs atelliers auxquels des ouvriers travaillent depuis plus de 3 mois, au veu et seu des propriétaires des fonds qui, non seullement né peuvent l'empêcher, mais qui ont été préalablement avertis et prévenus, qu'ils y ont consenti expressément et formellement ; qu'au préjudice du tout, le sieur Durand, du village des Pendants, même paroisse de Vouzan, sans aucun droit et de sa propre autorité, s'est ingéré depuis quelques jours de troubler les ouvriers employés par led. sieur Héraud en leur déffendant avec menaces de continuer, et en employant au même travail d'autres ouvriers qu'il avoit lui-même conduit sur les endroits auxquels il avoit fait placer des atelliers auprès de ceux dud. sieur Héraud ». Durand répond que Héraud a fait creuser des trous dans des terres sur lesquels il a droit de rente, sans le consentement des propriétaires, et sans le sien qui est nécessaire en ce que les trous de mines diminuent la valeur de ces terrés et, par suite, la facilité pour les tenanciers de payer leurs rentes ; il a, il est vrai, creusé plusieurs trous lui-même, mais dans des terrains qui lui appartiennent, et il se réserve d'en vendre la mine à qui bon lui semblera. Le procès-verbal constate l'existence de nombreux trous avec ateliers en bois de chêne et tous garnis de cordes : l'un d'eux a 3 pieds de largeur, 7 pieds 2 pouces de profondeur : il a été pratiqué « au rez ou sol de sa profondeur une ouverture en forme de cave, ce que l'on nomme communément chambrer, cette ouverture a 4 pieds d'hauteur sur 9 de circonférence en largeur et longueur ».

Source : Archives départementales de la Charente.

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Une famille de Vouzan

Filiation suivie :

I) François Durand, notaire à Vouzan.
Il épousa Martiale Texier, dans l'église de Vouzan, le 10 février 1622.
Il fit son testament en 1660.
De cette union naquit au moins :

1) Léonard Durand, qui suit.

II) Léonard Durand, notaire royal.
Il épousa Marie Texier, fille de François Texier, notaire à Champniers, et Marguerite Noyon.
Il fit son testament en 1720.
Elle se remaria le 17 août 1723, avec Pierre Audouin, marchand à Angoulême.

1) Marie Durand, décédé en 1789, âgée de 75 ans ~, épouse de François Rivaud, huissier à Magnac-sur-Touvre.
2) Françoise Durand, épouse de Pierre Blanchier, chirurgien à Vouzan.
3) Autre Françoise Durand, épouse de Jean Garive, praticien à Saint-Yrieix.
4) Jacques Durand, qui suit.

III) Jacques Durand, décédé en 1784, âgé de 70 ans ~, juge de Chazelles.
Il épousa (1) Elisabeth Devoisin, fille de Jean Devoisin, sieur de La Bouille, et Françoise Gabillaud. (2) Marie Penot, fille de Guillaume Penot, bourgeois de Chazelles, et Marie de La Quintinie.

De la première union naquirent :

1) Jean Durand, décédé en 1822, âgé de 87 ans ~, archiprêtre de Grassac.
2) Marie Durand, décédée dans le presbytère de son frère, en 1766, âgée de 21 ans ~.

De la seconde union naquirent :

1) Étienne Durand, décédé en 1835, âgé de 66 ans ~, propriétaire à Chazelles, époux de Marie-Rose de Chambes.
2) Jean Durand, qui suit.

IV) Jean Durand, décédé en 1832, âgé de 64 ans ~, agent municipal de Chazelles.
Il épousa Marie Poitevin, fille de Pierre Poitevin, notaire à La Rochefoucauld, et Marie Vidaud.
De cette union naquirent :

1) Marie-Magdelaine Durand, décédée en 1817, âgée de 25 ans ~, épouse de Pierre Lagarde, propriétaire à La Rochefoucauld.
2) Marie-Minette Durand, décédée en 1859, âgée de 58 ans ~, épouse de Jacques Guimbelot, maire d'Eymouthiers.

Notes isolées :

- La famille Durand habita le domaine des Pendants au XVIIe siècle, cédé aux Rivaud, puis celui de L'Héraudie à Chazelles, sur la route de Vouzan, après la Révolution.
- En 1796, sous le Directoire, l'agent municipal et officier public de la commune de Chazelles était Jean Durand, élu à l'âge de 28 ans ~. Il mourut dans la ville de La Rochefoucauld.
- Marie Durand, décédée l'année de la Révolution, était la grand-mère de Siméon Pautier, propriétaire aux Pendants, et le père de François Nelson-Pautier, notaire à Sers, maire de Vouzan.

Archives départementales :

- Compte de tutelle rendu par Pierre Audouin, bourgeois, ancien juge consul en la juridiction d'Angoulême, et Marie Texier, sa femme, à Jacques Durand, sieur des Pendants, y demeurant, paroisse du Vouzan, fils mineur émancipé de ladite Texier. (1740)

- Vente par Jacques Durand, notaire et procureur en la baronnie de Marthon, demeurant au lieu des Pendants, paroisse de Vouzan, d'une part; à Jacques Jamain fils, aussi notaire et procureur de la baronnie de Marthon, demeurant à Bouex, d'autre part, de l'office de notaire royal que ledit Durand avait acquis de Jacques Gignac par contrat du 9 janvier précédent reçu par Marginière et Blanchon, notaires royaux. (1745)

- Renonciation à la succession de François Dumont, curé de Villars, par François Jamain, praticien, du consentement de Jacques Durand, sieur des Pendans, sénéchal des juridictions de Feuillade, Chazelle, la Tour-du-Luc et Pontroy, et procureur de la baronnie de Marthon, son tuteur. (1765)

Transcriptions :

- Le dix sept octobre mil sept cent quatre vingt neuf a été inhumée marie durand veuve du sr francois rivaud huissié décédée du jour précédent au village des pendans agée de soixante quainze ans munie des sacrements l'enterrement fait en présence de francois pautiée et du sr simon rivaud qui ont signes naud curé de vouzan.

- Aujourd'hui quatorze avril mil huit cent trente deux à onze heures du matin, pardevant nous simon chadeau maire et officier public de l'état civil de la ville de larochefoucauld, arrondissement communal d'angoulême, département de la charente, est comparu le sieur françois martonnaud greffier de la justice de paix du canton de larochefoucauld, demeurant rue de liancourt de cette ville lequel nous a déclaré que le sieur jean durand propriétaire époux de marie poitevain, est décédé dans sa demeure sise faubourg de la souche de cette ville, n° 3, hier à onze heures, du matin, il était âgé de soixante ans après nous être assuré de ce décès, par notre transport au dit lieu, nous avons dressé acte en présence des sieurs jean fouchier, adjoint municipal de cette commune et jean reynaud, marchand, tous les deux majeurs, et demeurant séparément en cette dite ville, qui ont signé avec nous et le comparant après lecture faite du présente acte.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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12 mai 2016

Les Pendants

silos

Les silos des Pendants, près de Vouzan, furent indiqués par un éboulement de terrain au milieu d'un champ en labour. Des fouilles faites avec intelligence, par les soins de la Société archéologique et historique de la Charente, ont déblayé quelques-unes de ces chambres souterraines.

Elles sont taillées dans un roc calcaire assez dur. On y descend par un puits A, ouvert à l'ouest.

On se trouve aussitôt dans une salle allongée, irrégulière, de 8m 82c de plus grande longueur, et de 2m 33c de largeur. La voûte se trouve soutenue par un pilier D, taillé dans le roc, de 1m 35c de circonférence sur 2m 76c de hauteur. Une croix assez mal dessinée se trouve gravée sur ce pilier. Comme elle pourrait être le travail de quelque pauvre esclave chrétien, toute grossière qu'elle est, elle mérite d'être mentionnée.

A côté du pilier central est un trou B, en forme de cloche, destiné à recevoir des grains, et creusé dans le roc vif. On soupçonne dans le recoin C un autre trou semblable au premier.

Deux salles sont jointes à celle-ci. On pénètre facilement dans l'une E, dont la voûte est en plafond, et dans laquelle le jour tombait par un petit soupirail F. On ne pénètre dans la seconde G, que par un trou très-étroit. Celle-ci est beaucoup plus régulière que les autres. Elle a 5m de longueur sur 1m 84c de largeur. On y pénétrait par un puits de 1m 15 de diamètre, qui a de hauteur jusqu'au sol 4m. Cette chambre, toute taillée dans le roc, a 2m de hauteur. Son sol renferme trois trous semblables à celui de la première salle. Ils ont de profondeur 1m 75c.

Leur diamètre est :

Au fond, 1m 17c
Dans le centre, 1m 30c
A l'orifice, 45c

On remarque quatre rainures de 5m de profondeur dans la paroi verticale du rocher, et qui se correspondent. Elles paraîtraient avoir reçu des cloisons en planches, destinées à séparer les diverses espèces de céréales renfermées dans ces silos.

Source : Statistique monumentale de la Charente, de Jean-Hippolyte Michon.

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Sénéchaux d'Angoumois

1. Guy de la Roche sgr de Montendre, a 1441 aut antea, ad 1459 aut brevi postea : — A. usque ad 1445, comite Johanne apud Anglos vincto : « Guy de la Roche, conseiller et chambellan du duc d'Orleans, ayant la garde du conte d'Angoul. et son seneschal en Engolmois, » P. 1405*1 322, 3 aug. 1441 ; 12 jun. 1443, Bab. de Rencogne, Bullet. Soc. arch. Charente, 1868-9, p. 662-3; 15jan. 1443-4, P. 1405, I, 348. — B. Post receptam comitis libertatem, « Guy de la Roche conseiller... de mgr le conte d'Engol. et son senechal en Ang. », 20 mart. 1446-7, P. 1406*1, vj*c 1*10 ; 30 mart. 1446-7, P.1404*1 167 bis ; 8 jun. 1449, B. nat., N. acq. fr., 3642, Coll. Bastard, 825 ; 1 mart. 1451-2, Add. Chart. 4071, British Museum ; « chevalier », 19 mai. 1455, B. nat., fr. 26083, n° 6841 ; 3 febr. 1456-7, P. 1403*2, CXVIJ ; « chevalier, sgr de Verteuil et de Montandre », Arch. Charente, fonds S. Ausone, 13e liasse, Fleac ; forsan decesserat ante 1 jan. 1462-3 : « Mad. de la Roche, [vidua, ut videtur], dame de Vertueil, senechalle d'Angoulmois », jussa 30 libras t. curari, ut semi-annuam mercedem, B. nat., P. Orig., vol. 68, dossier Angouleme, n° 13, 1 jan. 1462-3-1 jul. 1463.

2. Guillaume de la Roche, « sgr de Nouhans..., conseiller et chambellan... du conte d'Angolesme et son seneschal en Angoulmoys... » 1464 et 1466, aut diutius : 14 apr. 1464, Arch. Charente, abb. S. Auson., liasse n° 12 ; 26 jul. 1465, « escuier », B. nat., fr. 26090, n° 409, 1 ; 24 jan. 1465-6, « sgr de Nouhans, Corpoutram, Gyeureet Meslerain, conseiller et chambellan de mgr le conte d'Engolesme », P. 1405*1 352*3 et *6.

3. « Bauld de S. Gelays, sgr d'Entigny et de la Tronchade, escuier d'escuierie du roy n. s. », a 1473 ad 1476, aut diutius : 22 febr. 1472-3, P. 1404*1 137*b ; 27 febr. 1474-5, K 71, n° 42 ; 1 jan. 1475-6, Ec. des Chartes, fac simile lithogr., n° 382, anc. serie.

4. « Françoys, sgr d'Aubeterre et de Pauleon, chevalier, conseiller et chambellan du roy n. s. et de... mgr le conte d'Angolesme et son seneschal en Angoumois », 1479-1496 aut diutius : 18 febr. 1478-9, P. 513*1 9 ; 21 apr. 1479, Arch. Charente, fonds S. Ausone, liasse 14, S. Ausone ; 20 mart. 1480, n. st. P. Orig., vol. 124, Aubeterre, n° 1 2 ; 28 apr. 1481 , P. 1404*2, n° 282 et 221 ; 6 jun. 1481, P. 514*2 426 ; 24 mai. 1484, P. 1403*2 CIIJ ; 10 dec. 1486, P. 513*3, n° 224 ; 28 jan. 1486-7, P. 1404*1, n° 151 ; 22jan. 1488-9, P. 1405% n° 317 ; 17 nov. 1489, P. 520*2 1550 ; 26 nov. 1489, P. 520*2 1666 ; 29 jan. 1495-6, P. 1410*1 917*2, f° 9 r°.

5. Guy de Mareuil, sgr et baron dud. lieu, de Villebois, de Bourzac et de Vibrac, senechal ; a 1499 aut 1500-1501, usque ad 1517 aut diutius : initio statim anni 1496 « voiaige ... pour garder que le sgr de Mareuil ne print possession de la seneschaucee d'Angoulmois » ; B. nat., fr. 8815, f° 9 v° ; 11 jan. 1500-1 : « avis de Louise de Savoie a la ville d'Angoulesme qu'elle vient de nommer le sgr de Mareuil, seneschal d'Angoumois » , Arch. Angouleme AA 5, f° 31 r° ; 13 oct. 1505, P. 515*2 582 ; 14 oct. 1505, P. 516*1 601 bis, 1507-1508, P. 1403*2, n° 82, f° 4r° ; 1 jan.-31 dec. 1514, « escuier, conseiller et chambellan du comte d'Ang. » Fr. 21478, f° 39 r° ; 1517, Ib., f° 49 r°.

Source : Quae fuerint tam a regibus quam a comitibus in Engolismensi, de Gustave Dupont-Ferrier.

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Notaires de Nontron

Liste des notaires de la ville de Nontron et du Périgord vert au XIXe siècle.

Ordre chronologique.

Résidence : Nontron

Boyer (Jean) • 1736-1737
Boyer (Pierre) • 1737-1807
Lapouge (Léonard) • 1779-1814
Ratineau (Pierre-Marc-Antoine) • 1788-1790
Lapouge (Guy) • 1815-1843
Ducluzeau (Denis-Léonard) • 1829-1836
Danède (Jean) • 1834-1872
Fonreau (Adrien) • 1836-1856
Excousseau (Jules-Pierre) • 1843-1869
Parat (Camille) • 1856-1873
Fraignaud (Léon-Frédéric) • 1858-1867
Lathière-Lavergne (Jean-Baptiste-Armand) • 1826-1888
Lathière-Lavergne (Armand) • 1867-1879
Petit (Pierre-Charles) • 1869-1872
Judet-Lacombe (Eugène) • 1872-1881
Courtey (Léon) • 1881-1902
Prévost (Noël-Achille) • 1872-1908
Villepontoux (François-Olivier) • 1888-1926
Prévost (Pierre) • 1888-1932

Résidence : Bussière-Badil

Janet Lasfond (Raymond) • 1772-1813
Janet-Lasfond (Bernard) • 1814-1840
Dumas-Champvallier (Louis-Michel-Armand) • 1840-1847
Janet-Lasfond (Bernard jeune) • 1847-1855
Coquet-Desplaces (François) • 1855-1877
Durtelle de Saint-Sauveur (Noël-Émilien) • 1877-1879
Coussy (Thomas) • 1879-1902

Résidence : Saint-Pardoux-la-Rivière

Dubreuilh (Élie) •1811-1820
Dubreuilh (François-Casimir) • 1821-1834
Dubut (Martial) • 1834-1860
Marquet (Jacques-Jules) • 1860-1880
Durand de Ramefort (Georges) • 1893-1899

Résidence : Varaignes

Bourrinet-Laplante (Guy-François) • 1765-1839
Mandon-Forgeas (Abel-Gabriel) • 1839-1847
Desbordes (Jacques) • 1847-1852
Macary (Charles-Joseph) • 1852-1863
Delage (Antoine) • 1863-1887

Résidence : Abjat

Danède (Jean-Augustin) • 1818-1842
Labrousse-Brognac (Jacques) • 1842-1866
Gros-Devaud (Justin) • 1867-1882
Treuil (Henri-Léonard) • 1882-1887
Villepontoux (François-Alban) • 1890-1895

Résidence : Javerlhac

Lapeyre-Mensignac (Thibault) • 1783-1820
Desaix-Nadaud (Étienne) • 1824-1849
Bourdineau (François Gustave) • 1850-1862
Gauthier (Guillaume) • 1862-1874
Bridet (Pierre) • 1875-1890

Résidence : Saint-Saud

Duroy (Élie) • 1785-1815
Duroy (Jean) • 1830-1848
Desport (Léonard) • 1853-1872
Duroy (Marcel) • 1873-1896

Résidence : Piégut

Delavallade (François) • 1760-1809
Puybaraud (Louis) • 1838-1863
Bonnithon (Gilles-Martial) • 1864-1890

Résidence : Busserolles

Eyriaud (Pierre) • 1779-1818

Source : Minutier des notaires du département de la Dordogne.

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06 mai 2016

Maires de Bussière-Badil

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

Raymond Janet-Lasfond, maire de Bussière-Badil en 1792 et 1799
Jean Lajamme de Belleville, maire provisoire en 1800
Jean-Baptiste Durtelle de Saint-Sauveur, maire en 1804 et 1810
Pierre Masfrand-Panivol, id. en 1812 et 1825
Pierre Agard de Roumejoux, id. en 1829
Bernard Janet-Lasfond, id. en 1832 et 1842
Eugène Masfrand-Panivol, id. en 1850
Thibaud Reitier-Lagrange, id. en 1860
Audebert Coquet-Desplaces, id. en 1868
Jean-Baptiste Sauvo-Desversannes, id. en 1871 et 1882
Guillaume Vidal, id. en 1886 et 1890
Louis Sauvo-Desversannes, id. en 1895 et 1900

Source : Généalogie Charente Périgord.

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03 mai 2016

Registre protestant de La Rochefoucauld

Registre protestant de La Rochefoucauld (1679-1680) - transcription - Julien Roland, AGC 2901.

Le 25e decembre 1679 a esté enterré sur les cinq heures du soir le corps de... juzaud fille de jacob juzaud et de marthe barraud, aagée de trois ans ou environ auquel enterrement ont assisté pierre noblet, & jacques pintaud escoliers qui ont signé... PIERRE NOBLET, JACQUE PAINTAUD.

Le 28 decembre 1679 a esté enterré sur les cinq heures du soir le corps de anne peyret de feu jean devillemandy marchant aagée de soixante ans ou environ auquel enterrement on assisté pierre barraud et abraham desaunieres qui ont signé... DELAGE, BARRAUD, A. DESAUNIERES.

Le neuf janvier 1680 a esté enterré sur les six heures du matin le corps de damlle anne pasque aagée de quarante cinq ans ou environ femme dabraham pasquet escuyer sr de luget, auquel enterrement ont assiste charles odet escuyer sr des ombrais et olivier daillon qui ont signé... OLIVIER DE DAILLON, DELAGE, CHARLE ODET.

Le 19e jour du mois de janvier 1680 a esté enterré sur les six heures du matin le corps de daniel thibaud, vivant marchant taneur, aagé de soixante dix ans ou environ, auquel enterrement ont assisté daniel bertrand, marchant taneur, & jozeph ducoux & aussy taneur qui ont signe... BERTRAND, JOSEPH DUCOUX, DELAGE.

Le 28e jour du mois de janvier 1680 a esté baptizee par monsr daillon nostre ministre renee col fille de jean col marchant & marie deschamps presentée par jean pintaud marchant et, anne col qui ont dit lenfant estre né le vingt neuf decembre dernier qui ont signé... PINTAUD, MARIE COL, J. COL.

Le 13e jour du mois de fevrier 1680 a esté baptizé par monsr daillon nostre ministre jean reignaud fils de daniel reignaud marchant et de marthe marvaud presenté par jean pintaud marchant et jeanne raignaud qui ont dit lenfant estre né le dixieme jour du pnt mois sur les onze heures du soir, et ont signé... PINTAUD, REGNAUD, JANE RENARD, DELAGE.

Le 18e jour du mois de fevrier 1680 ont esté baptizés par monsr daillon nostre ministre pierre & jozué du rousseau fil de izaac du rousseau marchant et de jeanne dulignon presentez par pierre pasquet sr de clouslas et anne marvaud, et jozué brissaud sr de la michelie, et marie lousmeau qui ont dit les enfans estre nez le quinze du pnt mois et ont signé... DUROUSSEAU, P. PASQUET, BRISSAUD, ANNE MARVAUD, MARIE LOUSMEAU, DELAGE.

Le mesme jour a lissue de la priere ont estez baptizez par monsr daillon notre ministre marie delage fille de jean delage regent et de marie mazat presentee par paul mongin commis aux aydes, et marie delage qui ont dit lenfent estre né le seze du pnt mois sur les onze heures du soir, et jean saury fils de izaac saury advocat et marie trufandier presenté par jean trufandier sr de la peladie et madelaine saury qui ont dit lenfent estre né le vingt cinq du mois de janvier dernier et ont tous signé... J. TRUFANDIER, M. SAURY, MONGIN, SAURY, MARIE DELAGE, DELAGE.

Le mesme jour que dessous a esté enterré sur les cinq heures du soir le corps de suzanne pasquet aagée de quatre ans ou environ fille de abraham pasquet escuyer sieur de luget et de damoislle anne pasquet auquel enterrement ont assisté theodore mayou docteur en medecine, et daniel mayou me appoticaire qui ont signe... MAYOU.

Le 17e jour de mars 1680 a esté enterré le corps de jacque lurat, sur les six heure du matin aage de quarante ans ou environ, marchant du dauphiné, auquel enterrement ont assisté henry albert marchant et jean durousseau pintier qui ont signé... DUROUSSEAUX, H. ALBERT.

Le 25e jour du mois de mars 1680 a esté enterré sur les six heures du soir le corps de pierre guillemetaud aagé de quatre ans ou environ fils de francois guillemetaud me chaussetier et de marie lazare auquel enterrement ont assisté jozeph ducous taneur, et samuel delage qui ont signé... JOSEPH DUCOUX, DELAGE, SAMUEL DELAGE.

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29 avril 2016

Horoscope d'un enfant en 1769

Du petit-fils de M. le comte de Conan, baron de Montbrun, né au château de Conezac, en Périgord, à deux lieues de Nontron, le 27 mars 1769.

D'un astre fortuné la bénigne influence
Versera sur l'enfant les dons les plus heureux
L'éclatante Vénus éclaira sa naissance
Et, dans son cours rapide, lumineux
Elle éclipsa tout aspect dangereux
Qui pût nuire à sa bienfaisance
En ce moment, je contemplois des cieux
L'ordre sublime et la magnificence
Portant alors un œil audacieux
Vers ces signes mystérieux
Qui du sombre avenir renferment la science
J'osai combiner leur puissance
Et par le secours précieux
Du sybillique télescope
De ce cher fils, l'objet de tant de vœux
J'y lus le brillant horoscope
Que je vais tracer à vos yeux
De l'esprit et du corps il acquerra les grâces
La vertu seule entrera dans son coeur
Et de ses passions exact modérateur
Il bravera du fort les diverses disgraces
Pour guide il choisira la vérité, l'honneur
Pour conseil l'équité, la gloire et la valeur
Il haïra ce goût frivole
Du persiflage si vanté
Enfant de l'ignorance et de la vanité
Goût, dont tant d'élégans ont ouvert une école
Et qui conduit à l'imbécillité
Il fuira cette ardeur, ou plutôt cette rage
Des jeux proscrits qu'évite l'homme sage
Et qui mènent souvent le joueur entêté
Du malheur à l'improbité
Prudent, discret, humain, affable
Sur son front sans nuage on verra la candeur
Et quelquefois une rougeur aimable
Sera témoin de sa pudeur
De la divinité le culte respectable
Formera sa première loi
Et, citoyen courageux, estimable
Ses jours seront ensuite à l'Etat, à son Roi
Au mérite dans l'infortune
Sans attendre qu'on l'importune
Il donnera de généreux secours
Et la sagesse, en ce tems peu commune
Filera constamment le tissu de ses jours
Il chérira les arts, et surtout la musique
(Malheur à qui l'ignore ou qui ne l'aime pas)
L'étude à son esprit offrira mille appas
Sans altérer l'amour patriotique
Et le bonheur marchera sur ses pas
A ses vassaux il servira de Père
Jamais l'accablante misère
Ne désolera son canton
Et sa famille antique, en vertus si féconde
Fera bientôt les délices du monde
En dispersant les fleurs de son noble écusson
Avec tant de dons en partage
Il sera digne de son nom
Eh ! que peut-il désirer davantage ?

Source : Opuscules poétiques et philologiques, d'Aimé Feutry.

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La mort des frères Sardain (Chabanais 1791)

Les deux frères « héros » de cette histoire sont fils de Pierre Sardain, sieur de Saint-Michel, seigneur de Beauregard, et de Marguerite Dereix des Rivières. De ce ménage, uni le 10/X/1763 à Chabanais, sont issus neuf enfants dont trois interviennent dans cette histoire : Louis, sieur de Saint-Michel, le quatrième enfant et le premier fils du couple, né le 27/11/1768 ; Luc, sieur de Beauregard, le sixième enfant et le deuxième fils. Il est aussi question d'une fille, Françoise, née le 22/IX/1766, qui au moment des faits réside à Saint-Junien.

Le décor de cette histoire, c'est la petite ville de Chabanais et surtout le logis dit de Saint-Michel, sis paroisse Saint-Pierre-Saint-Michel, à côté de l'église Saint-Michel dont ne subsiste plus actuellement que le clocher fortement remanié d'ailleurs à la fin du XIXe siècle.

C'est là que résident les deux frères Sardain, deux petits nobles, apparentés à une autre famille Sardain, celle dite des Sardain de la Soutière.

L'un des deux a laissé un « livre de la marchandise que j'ay pris chez Crouzit de l'année 1790 », écrit d'une grosse écriture de quasi illettré, ce qui montre que l'éducation intellectuelle de ces deux personnages paraît avoir été assez déficiente.

Depuis le huit mai de cette année 1791, Luc, le plus jeune, vit maritalement avec Jeanne Rougier, épouse de Biaise Gabry, « ...marchand-orlogier... » de la ville d'Angoulême, laquelle après « ... s'être dérobée nuitament de la maison de son mary... » avait rejoint son amant.

Leur père est mort depuis 1781 et la situation de Louis et de Luc paraît financièrement assez critique. Le dossier qui contient le récit des faits parle de la visite d'un commis des aides venu contrôler leur réserve de vin et qui semble les avoir menacés d'une saisie. Cherchant désespérément de l'argent, les deux frères ont d'abord recours au procédé classique dans ce milieu : acheter sans payer. Puis ils essayent d'emprunter à des gens de leur milieu, ce qui ne semble pas avoir eu de résultats tangibles sinon d'occasionner un conflit avec François-Gilbert de Saingareau à qui un des frères, Luc, avait écrit pour solliciter un prêt. La nouvelle de cette demande se répand dans tout Chabanais et Louis, l'autre frère, menace verbalement Saingareau lors d'une partie de billard.

Ces procédés ne donnant pas les résultats escomptés, les deux frères passent à l'extorsion de fonds à main armée, purement et simplement. Un des témoins entendu par la justice après la mort des deux frères, Pierre Terracher, maréchal, explique comment les deux frères lui ont extorqué sous la menace 72 livres : « ... le dix-sept avril dernier, le Sr de Saint-Michel l'ainé l'envoya chercher... ledit Sr de Saint-Michel luy demanda à emprunter soixante-douze livres, que le déposant ayant dit qu'il n'avoit point d'argent ledit Sr de Saint-Michel s'emporta, luy fit des menaces, luy dit qu'il le payeroit et qu'il fesoit de l'argent à ses dépens. Led. exposant, craignant pour sa vie, dit aud. Sr de Saint-Michel : « M., ne crioit pas tant, je m'en vais trouver un de mes amis qui me prestera ». Le déposant parti et revint porter aud. Saint-Michel lad. somme de soixante-douze livres qui luy est encore düe.

Qu'au commencement de janvier précédent, Le Sr de Saint-Michel le plus jeune avoit aussi envoyé chercher le déposant ; que celuy-ci s'étant rendu dans la salle de la maison dud. Saint-Michel, celui-ci ferma les portes et fit un grand feu, qu'il y avoit sur la table un fusil à deux coups et deux pistolets, que ledit Sr de Saint-Michel luy dit qu'il avoit fait les quatre (cents) coups... que ledit sieur de Saint-Michel demanda audit exposant cent livres à emprunter, qu'iceluy déposant répondit qu'il n'avoit point d'argent, qu'alors ledit Sr de Saint-Michel le traita de Jean-F. et de F.-gueux ; que le déposant, craignant pour sa vie, s'en alla sous la promesse de raporter les cent livres. Que le neuf may dernier, ledit Sr de Saint-Michel vint dans la vigne du déposant qui y fesoit travailler des ouvriers, qu'il luy dit : « Adieu, mon B. ! » que le déposant luy ayant souhaité le bonjour s'apperçut qu'il avoit deux pistolets dans ses poches de veste et un gros bâton à la main, qu'au même instant ledit Sr de Saint-Michel dit au déposant : « Il faut que je te donne une rincée (?) et ces deux B. là ferons le trou pour t'enterrer ! » ; que le déposant répondit : « En voulés-vous à ma vie, monsieur ? Tué moi, qu'en auroit vous davantage ?

Qu'alors led. Sr de Saint-Michel luy donna de son gros baton dans la poitrine et se retira environ quatre pas de lui et luy dit que s'il n'avoit pas parlé si poliment, sa vie n'auroit pas duré une minute ; ajoutant qu'il pouvoit labourer sa vigne, qu'il ne lèveroit pas la récolte, que c'en étoit pas fini encore... »

Ce n'est que le début d'un processus qui va amener les deux frères à passer des paroles aux actes.

Le 19 mai, ils agressent Bernard Goursaud, aubergiste et beau-frère du témoin précédent.

Les blessures sont sérieuses puisque le chirurgien qui dresse le procès-verbal de l'état du blessé lors du dépôt de la plainte estime qu'il faudra quinze jours à trois semaines pour qu'elles guérissent.

C'est cette agression qui va déclencher le drame que les dépositions des différents témoins permet de reconstituer.

C'est donc le jeudi 19 mai que les frères Sardain passent à l'attaque.

« ... en passant sur le pont de Vienne de ladite ville de Chabanois, il (le déposant, Bernard Goursaud, l'agressé) rencontra les nommés Louis et Luc Sardain, que ce dernier, en lui adressant la parole : « Hé bien, Goursaud, ne veux-tu pas me remettre ce livre de rente ! » ; qu'à cela le déclarant luy répondit que volontiers mais qu'il luy faloit une décharge. Aussitôt, ledit Luc Sardain s'approcha dudit déclarant, luy porta le poing sous le manton en le luy relevant très fortement ; que bientôt après ledit Luc Sardain, en ayant répété ces mots : « Tu demande une décharge, te la voilà !» et en même tems son frère et luy tombèrent sur le déclarant à coups de bâtons dont ils étoient armés tous deux et luy firent deux blessures à la tête et luy cassèrent le poulce de la main gauche ; que ces coups qui renversèrent le déclarant luy firent perdre connoissance... »

Le dossier ne contient aucun autre détail sur le fameux livre de rentes auquel il est fait allusion. On peut supposer que ces rentes étaient dues par les frères Sardain non à B. Goursaud lui-même mais à un crédirentier dont il était le représentant et qu'ils espéraient, en récupérant ce document et peut-être en le détruisant annuler leurs dettes.

Les deux frères Sardain ne s'arrêtent pas en chemin et continuent, après cette agression, à parcourir Chabanais avec trois compagnons et à terroriser la population. Ils entrent chez François Bouyat, aubergiste, boivent de l'eau-de-vie en se vantant de leur exploit. Rencontrant après Jean Autier, marchand, ils s'en prennent également à lui. A Noël de l'an 1790, ils avaient demandé à lui emprunter de l'argent et ce dernier avait refusé, il est frappé à coups de bâtons et c'est la plainte qu'il dépose devant la municipalité qui va déclencher toute l'affaire. B. Goursaud et J. Autier ne sont pas les seules victimes des deux excités ; Pierre Rivet, aubergiste, est lui aussi bastonné par les deux frères qui rejoignent leur logis pendant que la population entre en ébullition.

La municipalité, réunie sous la direction du maire Pierre-Isaac Dupont demande aux quatre gendarmes de la brigade de la maréchaussée d'intervenir. Ces derniers se rendent devant le logis des deux frères et les trouvent barricadés, armés et prêts à résister à toute intervention des forces de l'ordre.

Les gendarmes demandent au maire l'appui de la garde nationale de la localité et le maire délivre à Pierre-Joseph Dupont de Chaumont, le commandant de cette troupe, un ordre écrit de réquisition. Les gendarmes et les gardes nationaux se réunissent sous les halles : une troupe de seize hommes dont l'armement — en ce qui regarde les gardes nationaux — est assez hétéroclite : l'un n'a qu'un pistolet, un autre est muni en tout et pour tout d'une simple fourche. Par les petites rues de l'ancien Chabanais disparu lors de l'incendie de 1944, cette troupe gagna la place du Pau (actuelle place du quatorze-juillet) puis monte en direction de l'église Saint-Michel et de la demeure des deux frères Sardain. Comme toujours, en temps d'émeute, le réflexe des riverains est le même : on ferme précipitamment les boutiques, referme les volets des fenêtres et on se barricade chez soi ; ce qui assure non seulement une relative sécurité mais permet ensuite, s'il y a enquête, de dire que l'on a rien vu (c'est ce que feront certains voisins lors de leurs dépositions).

Juste au moment où les forces de l'ordre arrivent devant le logis de Saint-Michel, elles en voient sortir un petit domestique qui est immédiatement arrêté et qui révèle que les deux frères l'avaient chargé d'aller chez Crouzit acheter de la poudre ; ce qui montre bien qu'ils avaient l'intention de résister. Avant de passer à l'attaque du logis, François-Guillaume Duval-Papius, major de la garde nationale, essaie de parlementer, il ne s'attire que cette réponse :

— Comment toi, Duval, toi qui est mon ami, tu es assés coquin pour te mettre à la tête de cette canaille, de ses coquins, de ses geusards pour tourner les armes contre moi ! » ; que led. déposant luy répondit :

— Je ne viens point tourner mes armes contre toi mais je viens pour te sauver et tu sçais ce que j'ai fait pour toi. Rend-toi, je t'en prie et je te répond d'arranger tout ! ».

Les témoignages ensuite divergent sur ce qui s'est exactement passé. D'après F.G. Duval-Papuis, son intervention, ainsi que celle du sieur de Rocquard, ami des Sardain, se serait soldée par un échec et que, loin de calmer les deux frères ivres de fureur et d'alcool, elle leur aurait plutôt semblé être un signe de faiblesse. Luc Sardain,  vite las de parlementer, menace de faire parler la poudre :

« ... il (Luc) se déboutonna et montra à ce déposant (Duval-Papius) deux pistolets qu'il avoit sous sa redingotte, qu'il les arracha et les porta sur la poitrine du déposant ; que led. déposant ne perdît pas courage et continua toujours ses suplications amicales aud. Sr de Saint-Michel ; que celui-ci rentra de quelques pas dans sa cuisine, qu'il s'y arma d'un fusil à deux coups et paru avec ledit fusil et deux pistolets dont un à la main et toujours tenu vers ledit Sr Duval qui dépose ; que le déposant, craignant pour sa vie menacée tant par led. Sr de Saint-Michel le jeune que par son frère aîné qui se tenoit à costé aussi armé d'un fusil à deux coups et qui injurioit luy déposant, se retira vers la porte en réitérant ses instances et ses prières aud. Sr de Saint-Michel... »

Pendant cet épisode, le reste de la troupe, gendarmes et gardes nationaux confondus, est resté un peu à l'écart, en contrebas du côté de l'église proche. C'est peut-être ce qui explique les quelques divergences entre les témoignages et le fait que cette première partie ne soit pas rapportée par tous les témoins (à moins que F.G. Duval-Papius n'ait voulu par la suite se donner le beau rôle et légèrement « arrangé » la situation).

Jean-Baptiste Desbordes, garde national, lui, n'a pas vu cette scène. Il n'a qu'entendu Luc Sardain crier à l'adresser de ses assaillants :

— Où sont-ils ces B. là, où sont-ils ? Les voilà ! », en même tems led. Sr Michel (sic) et son frère ainé tirèrent chacun un coup de fusil sur la troupe où étoit le déposant, que personne ne fut blessé, qu'alors le détachement fit feu sur lesd. Sr de Saint-Michel, que le plus jeune d'entreux tomba sur la place presque mort et que l'ainé reçu plusieurs blessures mortelles et que, n'étant pas tombé, il prit la fuite, qu'il fut poursuivi par plusieurs gardes nationales (sic), cavaliers de la maréchaussée ; que l'un d'eux, le Sr Grellier le jeune, luy porta un coup de bayonnette dans le flanc et qu'à ce coup led. Sr de Saint-Michel laissa tomber le fusil qu'il portoit et, pendant qu'il s'enfuyoit, il luy fut tiré plusieurs coups de fusil par les nommés Felon l'ainé et d'autres dont il ne se souvient pas ; que ceux qui étoient à sa poursuite l'ayant atteint, l'un d'eux, François Brunet, qui luy avait tiré un coup de fusil, luy porta sur la tête plusieurs coups de la crosse ; que led. Sr de Saint-Michel en se rendant et conduit par un cavalier de maréchaussée et des gardes national reçu encore un coup de sabre à la tête qui luy fut porté par le nommé Pineau en luy disant :

— Je ne t'ai pas encore donné ce que je te dois ! »...

On a donc affaire à une véritable scène de lynchage qui entraîne la mort de Luc Sardain.

Quant à son frère, il ne survivra que quelques heures et décédera le lendemain.

Leurs actes de décès ne mentionnent pas les circonstances de leur mort : « Le vingt mai mil sept cent quatre-vingt onze, a été inhumé Luc Sardain, décédé d'hyer, fils légitime de feu Pierre Sardain, sieur de Saint-Michel, et de demoiselle Marguerite Dereix... »

« Le vingt-un mai a été inhumé Louis Sardain, décédé d'hyer, âgé d'environ vingt-quatre ans, fils légitime de feu Pierre Sardain, sieur de Saint-Michel, et de demoiselle Marguerite Dereix... »

L'affaire n'en reste pas là. Saisie, la justice du tribunal du district de Confolens décide, à l'audition des événements, d'ouvrir une enquête. Le 24 mai, elle ordonne l'exhumation des cadavres et leur examen auquel procède Goursaud-Verniolet, chirurgien à Chabanais. Le 1er juin, les témoins sont appelés à la barre. Certains sont manifestement gênés et Jean Crouzit, celui qui fournissait les deux frères en poudre et munitions, fournit un certificat médical comme quoi il est malade et ne peut se déplacer pour apporter son témoignage. Vingt-six témoins sont entendus et c'est l'ensemble de ces dépositions, plus ou moins cohérentes, qui a permis de reconstituer cette histoire. Déposent les responsables municipaux ; Dupré, le procureur de la commune, Jean-Duval-Papius-Serbuisson, officier municipal ; par contre le maire ne dépose pas ; le témoignage de Dupon, juge de paix de la ville de Chabanais ; les victimes des exactions des deux frères dont les noms ont déjà été cités ; aucun gendarme mais une partie de la garde nationale : Pierre-Joseph Dupont de Chaumont, le commandant ; François-Guillaume Duval-Papius, le major ; François-Gilbert de Saingaraud et Daniel-Pierre de Rempnoulx, les capitaines ; Duval-Rochemont, officier dont le grade n'est pas autrement précisé ; Pinaud fils, sergent major de la garde nationale et Junien Pinier, sergent ; Jean Desbordes, simple garde national.

Si l'effectif de la garde nationale était au complet, on aurait donc eu sept gradés sur douze hommes ! Les conclusions rendues par le tribunal de Confolens ne sont pas connues et il est impossible de connaître la suite de cette affaire.

Source : Pierre Boulanger.

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