03 décembre 2019

Un martyr de la foi

Pierre Agard de Roumejoux est originaire d'Eymoutiers-Ferrier, paroisse de l'ancien diocèse de Limoges, réunie aujourd'hui à celui d'Angoulême. D'après M. l'abbé Denise, il serait né à Bussière-Badil, paroisse limitrophe de la précédente et qui était aussi du diocèse de Limoges.

Lorsqu'il fut prêtre, il exerça le ministère en qualité de vicaire à Ecuras, puis, le 28 janvier 1749, il fut installé curé-archiprêtre de Rouillac, diocèse d'Angoulême.

En 1789, il assistait à l'assemblée du clergé de la sénéchaussée d'Angoulême, étant aussi chargé d’y représenter le curé d’Echallat et celui de Genac.

Au moment de la Révolution, il crut pouvoir prêter le serment de la Constitution civile du clergé, ce qu’il fit le 30 janvier 1791. Mais plus tard, comprenant toutes les conséquences de cet acte de faiblesse, il le rétracta le 2 juillet 1792. Dès lors, il tombait sous le coup de la loi de déportation; comme il était sexagénaire, cette peine fut remplacée par la prison.

Il fut enfermé a Angoulême, avec les autres prêtres non assermentés sexagénaires, dans l’ancien couvent des Carmélites, où on les laissait manquer de tout. Malgré les plaintes qu'ils adressèrent à différentes reprises, et en particulier en octobre 1794, au directoire du district, ils ne recevaient rien. Cependant, le froid sévissait avec rigueur dans le couvent des Carmélites, exposé en plein au vent du Nord. Alors ces malheureux prêtres, demi-nus, accablés par la vieillesse, les infirmités, les maladies, prirent le parti de pétitionner encore en s’adressant au département. Voici le texte de leur pétition :

Des Carmélites, le 13 nivôse an III (2 janvier 1795).

Aux citoyens administrateurs du département de la Charente.

Citoyens, les détenus de la maison commune, dépouillés de tout, conséquemment dans l’impossibilité de pourvoir à leurs besoins les plus urgents, sollicitent, depuis plus de trois mois, sans aucun succès, près des autorités constituées, quelque petite provision de bois à brûler et de la lumière pour s’éclairer. Ils ont répété si souvent leurs instances prés de l’administration du district que celle-ci, fatiguée de leurs plaintes, pour réponse leur a renvoyé leur dernière pétition ci-annexée. Les pétitionnaires, à ce rebut, ont jugé que sans doute elle n’était pas chargée de cette sollicitude. Ils s’adressent donc au département pour en obtenir où leur liberté et la remise des objets dont ils ont été dépouillés, ou des secours proportionnés à leurs besoins, notamment du bois à brûler, que l'humanité ne peut leur refuser dans la rigueur continuelle du temps. Ils espèrent tout de sa justice. — Pierre Agard, curé de Rouillac; François Barbier, curé de Saint-Germain de Confolens; Jean-Baptiste Dessain, curé de Saint-Christophe de Confolens; Jean Fonréaux, curé de Saint-Clément de Nantes.

Je reproduis ici seulement la signature des quatre prêtres prisonniers qui intéressent le diocèse de Limoges. A la fin du mois de mai 1795, Pierre Agard fut mis provisoirement en liberté. En 1800, il revint à Rouillac, mais ne dut pas y continuer longtemps son ministère vu son âge avancé.

Source : Martyrs et confesseurs de la foi du diocèse de Limoges pendant la Révolution française, d'André Lecler.

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Charles François Durousseau-Lagrange, un officier napoléonien

Charles François Durousseau-Lagrange (1781-1857)

Il est né le 26 juin 1781 à Montbron. Il est le fils de Jean, sieur de Lagrange, docteur en médecine, et de Rose Thérèse Glace. Il est incorporé dans le 3e régiment d'infanterie de ligne en novembre 1801. Son avancement dans la hiérarchie est peu rapide : caporal-fourrier (1803), sergent-major (1804). Ce n'est que le 28 mars 1807 (24 ans) qu'il obtient le grade de sous-lieutenant après avoir participé aux campagnes d'Allemagne (1805), de Prusse (1806) et de Pologne (1807) à la Grande Armée. Le 10 juin, à la bataille d'Heilsberg, il est blessé d'un biscaïen au bras droit et au coté. Quatorze jours plus tard, l'Empereur le nomme lieutenant. En 1809, il fait encore partie de la Grande Armée et combat en Allemagne. Le 22 avril 1809, à la bataille d'Eckmühl, il est blessé d'une balle au bras. Il sert ensuite en Espagne où il gagne son épaulette de capitaine (17 septembre 1810). En 1813-1814, il fait partie de la garnison d'Hambourg. Il est blessé à la Göhrde, le 16 septembre 1813, par un coup de pied de cheval lorsqu'il subit une charge de cavalerie. Il reçoit alors la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Pendant les Cent-Jours, il sert de nouveau l'Empereur. Il est blessé le 16 juin 1815 à la bataille des Quatre-Bras d'une forte contusion à l'épaule droite. Au cours de cet engagement, il se distingue en s'emparant d'un obusier ennemi. Deux jours plus tard, à la bataille de Waterloo, il est blessé d'un coup de feu qui lui traverse le corps. Le préfet Creuzé de Lesser reconnaît ses talents militaires et son éducation mais doute de son attachement aux Bourbons. Il est alors admis à la retraite (600 francs) le 30 aout 1816. Cependant, soucieux de conserver un rang honorable dans la société et d'améliorer sa condition matérielle, il demande un emploi réservé. Le Roi lui accorde une perception difficile à Brossac. Mais son autorité et sa rigueur de travail contentent les autorités départementales. Le 17 juillet 1830, il demande au Roi la croix de Saint-Louis. Mais en raison de la révolution de Juillet, il ne peut l'obtenir. En 1833, il sollicite alors la croix d'officier de la Légion d'honneur en rappelant ses services à Waterloo. Le grand chancelier de la Légion d'honneur lui refuse parce qu'il n'est pas officier supérieur. En 1838, il est percepteur à Saint-Amant-de-Boixe. Célibataire, il décède le 11 décembre 1857 (76 ans) à Angoulême. Ses héritiers sont ses neveux et nièces, Jean-Baptiste Adolphe Mongin, négociant à Civray, Richard Mongin, homme de lettres à Paris, Jeanne Élisabeth Gabrielle Mongin, Thérèse Charlotte Mongin, rentières à Paris. Ils reçoivent 480 francs en mobilier et 9 800 francs en immobilier (terres et bâtiments à Montbron).

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.

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La villa Pradignac

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Léonard-Nicolas-Aristide Pradignac (1824-1898), né à Roussines, domicilié à la villa Pradignac au lieu-dit Saint-Romain, agriculteur, juge de paix du canton de Montbron, maire d'Eymouthiers au milieu du XIXe siècle, décédé à l'âge de 73 ans, le 23 juillet 1898 à Eymouthiers. Fils de Léonard-Liberté-Nicolas Pradignac, propriétaire, et Anne Cambois. Marié avec Marguerite-Rosalie-Méloé Lageon, d'où Pierre-Prosper-Xavier-Paul Pradignac, né le 31 mars 1855 à Eymouthiers, médecin à Montbron.

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Les maires au XIXe siècle

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

François Guimbelot, maire d'Eymouthiers de 1800 à 1815
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1815 à 1826
Nicolas Guimbelot, id. 1826 à 1830
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1830 à 1840
Jacques Guimbelot-Monplaisir, id. 1840 à 1845
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1845 à 1854
Léonard Nicolas Pradignac, id. 1854 à 1864
Aristide Léonard Pradignac, id. 1864 à 1872
Etienne Guimbelot, id. 1872 à 1880
Annet Besson, id. 1880 à 1886
Jacques Némorin Guimbelot, id. 1886 à 1898
Léonard Brethenoux, id. 1898 à 1900

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Armand-Joseph du Lau (1733-1818), un général d'Ancien Régime

Armand-Joseph du Lau, chev., sgr de Chambon, Bourzac, Sintrac et (du chef de sa femme) de Célettes, appelé le marquis du Lau de (du) Chambon ; né et ondoyé à Bourzac (paroisse de Nanteuil) en Périgord, le 22 juillet 1733, mort à Paris l'an 1818, à 85 ans ; capitaine au régt de Normandie, infanterie ; chev. de St-Louis en 1761 ; lieutenant-colonel du même régt en 1776, brigadier des armées le 1er mars 1780, mestre de camp du régt provincial d'État-Major de Lyon, maréchal des camps et armées du Roi en 1784 ; épousa : a) étant lieutenant au régt de Normandie, à Célettes le 4 (14) déc. 1754, Marie-Madeleine-Marguehite-Suzanne-Charlotte de Lesmerie, delle d'Eschoisy, dame de Cellettes (paroisse et actuellement commune du canton de Mansle, arrdt de Ruffec, Charente), en Angoumois, morte le 7 avril 1767 ; fille de Jean-Jacques de Lesmerie, chev., comte puis sgr marquis d'Eschoisy, sgr de Luxé, Juillé, Vandé, Fontenille, Champron, Cursan, Le Bois-Chapelan, etc., en Angoumois, lieutenant de Roy commandant la en province d'Angoumois, chev. de St-Louis, — et de Françoise-Suzanne-Louise de Vandée (mariés fin novembre 1729) ; b) l'an 1770, Augustine-Jeanne Lhoste de Beaulieu, présentée à S. M. à Versailles sous la qualification de « la marquise Dulau du Chambon » au mois de septembre 1777 (Gazette du 20) ; sœur du vicomte de Versigny (père de la marquise de Junquières), de Mmes Berthelot de Versigny et Durant de Bellenglise ; fille de Marie-Antoine-Léonor L'Hoste, éc, sgr de Beaulieu, maître des comptes à Paris le 20 mai 1756, — et de Jeanne-Marguerite Le Cointe.

Il eut : du premier lit :

1. Jean-Jacques, né le 26 août 1755, sous-lieutenant au régt de Normandie, infanterie, en 1779 ; mort sans postérité.

2. Claudine-Césarine-Marie, née à Eymoutiers-Ferrier (Charente), diocèse de Limoges, le 28 sept. 1756 ; reçue, sur preuves du 12 sept. 1769, au nombre des 250 demoiselles que S. M. fait élever en la Maison royale de St-Louis, établie à Saint-Cyr, grand parc de Versailles ; — dont elle eut billet de sortie le 16 juillet 1776, et dot le 2 juin 1778 ; présentée à L. M. le 21 août 1785 (Gazette du 26) ; — son portrait existe chez son arrière-petit-fils le comte Olivier d'Elva ; — épousa, p. c, signé de L. M. à Versailles le 2 juin 1782 (Gazette du 21) Jean-Baptiste d'Aliney, comte d'Elva (au diocèse de Saluces-Comte, en Savoie, 1620), seigneur piémontais établi en France à la suite de Marianne-Victoire, princesse de Savoie-Carignan ; ci-devant colonel à la suite du régt Royal-Italien, blessé au siège de Mahon (Gazette du 29 mai 1756), maréchal des camps et années du Roi, chev. de St-Louis, commandant à St-Domingue et à la Martinique ; dont postérité. Il était veuf, sans postérité, de Marie, comtesse des Nos de La Feuillée, veuve elle-même, en premières noces, le 27 avril 1754, de son cousin Gilles-Marie, comte des Nos de Champmeslin, capitaine des vaisseaux du Roi, chev. de St-Louis, épousé en 1742, — et en secondes noces, sans postérité, avant 1773, de Jacques-François-Alexandre Dyel du Parquet, chev., marquis de Marcilly-sur-Eure, major au régt des gardes-françaises, chev. de St-Louis, né vers 1722.

3. Jean-Joseph-Philippe-Jacques, né le 11 sept. 1757, mort jeune.

4. François-Armand, né le 20 juillet 1758, mort à Paris (St-Sulpice) le 30 déc. 1788, à 30 ans.

5. Jean-Armand-François, né le 31 août 1759, mort jeune.

6. Jean, né le 6 février 1762, mort jeune.

7. Jean-Henri-Gaston, né le 17 juillet 1764 ; fit ses preuves pour le service le 18 sept. 1871 ; officier de cavalerie.

8. Jean-Gaston-Joseph, né et mort en 1766.

Du second lit :

9. Antoine-Charles, né à Paris (St-Sulpice) le 27 mai 1771.

10. Adélaïde-Jeanne, née en 1772, chanoinesse et comtesse du chapitre noble de Coyze-en-L'Argentière, en Forez.

11. Adélaïde-Anne-Philippine, née en 1774, aussi chanoinesse de L'Argentière ; mariée en 1796 à Jean, vicomte du Lau de Célettes, rapporté plus bas.

12. Antoinette-Jeanne-Pauline, née à Paris (St-Sulpice) le 25 nov. 1776 ; — présumée la même que Mme du Lau de La Trille, chanoinesse de l'ordre de Malte en l'abbaye de St-Antoine de Viennois (1789).

13. Et Agathe-Émilie, née à Paris (St-Sulpice) le 20 déc. 1779 (1774), chanoinesse de L'Argentière (1789).

Source : Henry de Woelmont.

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Fontbrune

Nous avions alors, près de la font de Marsac, un petit pré bossu, à demi renversé, au bord du chemin, contre un vieux mur moussu qui s'éventrait par places sous la poussée des terres. Nous l'appelions le Chèneveau, parce que nos anciens, qui tenaient à dormir, vivants et morts, dans le fil de leur chanvre, en avaient fait, pour sa terre noire et chaude, une chènevière maintenant abolie. Je l'aimais pour l'ombre de ses grands noyers tordus et la douceur de ses deux cerisiers plantés dans une haie profonde où pendaient des grappes de raisin de chien parmi les guirlandes amères du houblon sauvage.

Chaque année, depuis que je pouvais marcher, mon père m'y emmenait ce matin-là. Nous partions à la pique du jour et il en profitait pour cueillir avant le lever du soleil, comme il convient, les fleurs de mille-pertuis qu'on fait macérer dans l'huile pour les blessures, les feuilles de noyer dont l'infusion dissipe, au printemps, les tournements de tête et soulage les maux d'yeux. Puis il montait au cerisier, sans échelle, à la force des bras et des genoux et, tout petit, là-haut, dans les feuilles, à côté de son fin panier de bois suspendu par un crochet à une branche, il me contait des histoires lointaines et, de temps à autre, me jetait un rameau lourd de fruits qui tombait à mes pieds comme un perdreau blessé.

Il voulut m'y emmener encore cette année-là, et ce fut la dernière...

De retour à la maison, il planta sur le fumier, comme de coutume, un pied d'aubépine enguirlandé d'une poignée d'épis, tandis que ma mère suspendait en ex-voto aux contrevents de la maison et aux portes des étables des bouquets de roses rouges et des branches de groseillier. Ensuite il chaula le froment de semence et marqua d'une croix le portail de la grange, comme cela se fait encore aujourd'hui.

En prévision de la nuit suivante que nous devions passer sur les routes, nous nous mîmes au lit avec le soleil, à l'heure où les jeunes gens, pour célébrer la fête de l'été, font sonner les cornes à plein souffle et où les jeunes filles s'assemblent pour la danse autour des feux de joie.

Le lendemain matin, ma mère me fit mettre mes meilleurs habits et, par des sentiers détournés où je sentais bien qu'elle voulait cacher sa honte, elle m'emmena à l'église d'Eymouthiers pour y entendre la messe, y brûler une chandelle devant l'image de saint Pierre et faire lire sur ma tête l'évangile du jour.

Toute la clarté du plus beau jour de l'été ne pouvait dissiper la tristesse de ce vallon où se tient encore le même village et qui a peu changé depuis. Des fonds humides où croît le jonc, où fleurit la reine-des-prés, montait une buée chaude, endormante, lourde et chargée d'inquiétude, imprégnée de fièvre comme un air de maladie. Le vert sombre des châtaigniers, qui commençaient tout juste à fleurir, mais dont les fleurs ont cette teinte grise qui est comme la nuance propre de cette terre sans joie; l'air farouche des côtes de Fontbrune que nous laissions derrière nous et qui, dans le lointain, semblaient plus escarpées, plus rocheuses, moins amènes ; enfin la pauvre mine de ce village auquel faisait vis-à-vis, sur l'autre versant, un frère tout pareil, Puyservaud, tout cela donnait une impression de misère, presque de désolation, qui s'accordait à notre ennui et que notre ignorance de toute poésie ne nous privait point de sentir.

L'église, aujourd'hui disparue, était petite, basse et sombre, ne prenant jour que par de chiches fenêtres dont l'embrasure, évasée en dedans, allait mourir au ras des murs épais en d'étroites meurtrières. On y éprouvait la crainte d'un dieu plus sévère que juste, et froid comme ces ténèbres où il se tenait invisible et muet. Partout les maisons de Dieu ressemblent aux maisons de l'homme. Une église claire et gaie se pouvait-elle imaginer parmi ces sombres masures ? Une dévotion où la pensée du malheur et de la mort est toujours présente s'accommoderait-elle de clarté ?

Nous étions seuls, ma mère et moi, et nous eûmes pour nous deux toutes les bénédictions du vieux prêtre qui, les mains écartées à hauteur du visage, se tournait de temps en temps vers nous. De l'autel pauvrement éclairé, ses mains blanches et son visage pâle semblaient rayonner sur nous une tendre pitié. Il nous parlait, seuls avec lui, un langage incompréhensible et magnifique dont le murmure endormait notre douleur; puis il se tournait vers l'autel et semblait, détaché de nous qui ne pouvions lui répondre, s'entretenir avec soi-même ou causer avec son Dieu.

La messe finie, ma mère me prit par la main et me fit agenouiller tout près d'elle devant le chœur, sur la pierre froide et luisante. Le prêtre revint vers nous, pauvres pécheurs, sans avoir l'air de nous reconnaître. Il nous posa sur la tête les deux pans crucifères de son étole blanche et dit : Dominus vobiscum, vieille parole usée dont nous sentîmes l'invocation sans la bien comprendre. Notre petit cierge qui achevait de se consumer dans les tremblements de la fin, jeta une dernière flamme et nous fûmes dans la nuit.

(Noël Sabord, 1943)

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01 mars 2019

La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire

Dans le canton de Confolens-Nord : Antoine-Sylvain Prévost-Dumarais (1747/1829), occupa pendant près de 40 ans de multiples mandats. Avocat avant 1789, affilié à la franc-maçonnerie, administrateur du district de Confolens en 1790- 91, il devint un grand propriétaire terrien au début du XIXe siècle, après avoir acheté de nombreux biens nationaux. Maire de Lessac de 1800 à 1822, président du canton électoral de Confolens-Nord du début du Consulat jusqu'en 1816, il était noté en ces termes par le préfet en 1812 : « Recommandable par son zèle, mérite d'être conservé ». Beau-frère du sous-préfet Mémineau, A.S. Prévost-Dumarais est l'exemple même de ces bourgeois hommes d'affaires qui doivent leur ascension sociale et leur enrichissement à la Révolution. Père de sept enfants, il laissait à son décès une fortune estimée à 241 210 F, dont le principal domaine était le château de Boisbûchet de Lessac avec ses dépendances. Jean Babaud-Marcillac (1768/1827), avocat avant 1789, grand propriétaire, exerça de nombreux mandats dans l'arrondissement à partir de 1800 : maire d'Oradour-Fanais (jusqu'en 1811), membre du conseil d'arrondissement de l'an XII à 1818, président du collège électoral de l'arrondissement sous le Consulat et l'Empire ; juge au tribunal de première instance (1812/1815), il fut le président du canton électoral de Confolens-Sud et, lors du renouvellement de 1812, le préfet écrivait à son sujet : « A de l'esprit, de la fortune, de la probité; ces titres sont bien suffisants pour exercer avec distinction les devoirs de la présidence du canton ». Il perdit tous ses mandats et fonctions sous la Restauration. Marié, père d'un enfant, sa fortune après décès était estimée à 147 450 F. Léonard Peyroche (1737/1815), fils d'un bourgeois et marchand de Limoges, avait la plus grosse fortune du département. En l'an XI, le total de ses contributions se montait à 6 175 F. Même si ce notable a acheté des biens nationaux, sa fortune était antérieure à la Révolution, faite à Limoges dans l'immobilier. Classé négociant avant 1789, propriétaire après 1789, ce notable de l'Empire fut maire de Saint-Quentin (près de Chabanais) de 1800 à 1813, et de 1803 à 1815, le président du canton électoral de Chabanais et membre du collège départemental. Marié et divorcé en l'an VII, à la demande de son épouse, il est resté sans héritier direct. L'inventaire de sa succession, faite au château de Pressac à Saint-Quentin, révélait une fortune de l'ordre de 1 600 000 F.

Source : La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire, de Maurice de Poitevin.

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28 février 2019

Les généraux charentais de la Révolution

Liste des généraux de la Révolution et de l'Empire nés dans le département de la Charente :

• André Guillaume Resnier de Goué, 1729-1811, natif d'Angoulême.
• Pierre Marie Joseph Salomon, 1739-1803, natif d'Angoulême.
• Jacques Chazeau-Duteil, 1748-1812, natif de Saint-Maurice-des-Lions.
• Cybard Florimond Gouguet, 1752-1831, natif d'Angoulême.
• Jean Nestor de Chancel, 1753-1794, natif d'Angoulême.
• Pierre Garnier de Laboissière, 1755-1809, natif de Chassiecq.
• Jean Guiot du Repaire, 1755-1819, natif d'Alloue.
• Laurent Deviau de Saint-Sauveur, 1756-1836, natif de Chazelles.
• Jean André Valletaux, 1757-1811, natif de Hiersac.
• Pierre Antoine Dupont-Chaumont, 1759-1838, natif de Chabanais.
• Pierre Fureau de Villemalet, 1760-1795, natif de La Rochette.
• Jean Léchelle, 1760-1793, natif de Puyréaux.
• Mathieu Lacroix, 1761-1822, natif de La Rochefoucauld.
• Pierre Dupont de l'Étang, 1765-1840, natif de Chabanais.
• François Ganivet Desgraviers-Berthelot, 1768-1812, natif de Montboyer.
• Pierre Armand Pinoteau, 1769-1834, natif de Ruffec.
• François Laroche, 1775-1823, natif de Ruffec.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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26 février 2019

Babaud-Laribière, un notable franc-maçon

Babaud-Laribière (François Saturnin dit Léonide)

Né le 5 avril 1819 à Confolens (Charente).
Mort le 26 avril 1873 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) à l'hôtel de la préfecture après une très longue malade.

Préfet : Charente.
Date de nomination : 5 septembre 1870.
Date de rémission ou de révocation : (non avenue le 26 septembre 1870), 9 février 1871.

Famille : issu d'une ancienne famille de noblesse de robe, originaire de Mirebeau (ville du Poitou). Sa propre famille s'établit à Confolens au XVe siècle. Elle est composée de propriétaires et de commerçants de la bourgeoisie aisée. Elle compte plusieurs maires perpétuels de Confolens au XVIIIe siècle.

Père : Jean-Baptiste Babaud-Laribière (1783-1850).
Profession du père : propriétaire.
Mère : Françoise Bélore de Lagrange-Labeaudie (1783-1847).

Grand-père paternel : Pierre Babaud-Laroze (1743-1821), sieur de Praisnaud, avocat, puis juge au tribunal civil de première instance de Confolens, époux de Marguerite de Lagrange, fille d'un marchand bourgeois, anobli par l'achat d'une charge de sécrétaire du roi. Pierre Babaud est le fils de Piere Babaud (1699-1749) et de Magdelaine Parrat.

Grand-père maternel : Igance de Lagrange-Labeaudie, propriétaire à Exideuil (Charente), époux de Françoise Verneuil Bourdier de La Maillerie.

Oncles paternels : (1) Guillaume babaud (1774-?), propriétaire à Confolens.
(2) Pierre Babaud-La Belgique (1776-?), propriétaire à Confolens.
(3) Jean-Baptiste Babaud-Praisnaud (1783-1851), avocat à Confolens, sous-préfet de Confolens de 1830 à 1848.

Oncles maternels : (1) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1785-?), propriétaire, commandant de la garde nationale de Confolens, époux de Marie-Louise Boucheul dont (a) Marie-Antoinette de Lagrange-Labeaudie, (b) Armand de Lagrange-Labeaudie (1812-1848) et (c) Paul de Lagrange-Labeaudie.
(2) François Némorin de Lagrange-Labeaudie (1796-1867), magistrat à Confolens, époux d'Ursule-Lucile Rangier (1804-1880), dont (a) Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), épouse de François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), frère du préfet, et (b) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1841-?).
(3) François-Emmanuel de Lagrange-Labeaudie (1785-1870), propriétaire, maire d'Exideuil, époux de Marie-Victorine Dupont-Lasserve (1797-1879), dont postérité.
Tante maternelle : Marguerite-Estelle de Lagrange-Labeaudie (1794-1881), épouse de Jean-Baptiste Lagrange-Videaud, propriétaire.

Frères : (1) François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), propriétaire, époux de Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), fille de François Lagrange-Labeaudie (voir plus bas), dont (a) Magdeleine-Anne Babaud-Laribière (1856-1924), épouse de Victor Corderoy-Labussière (1851-1910), propriétaire, conseiller général de la Charente, dont Marie-Anne Corderoy-Labussière (1878-1933), épouse de Charles de Vexiau et (b) Lucile Babaud-Laribière (1859-1943), épouse de Frank Maury, propriétaire dans la Dordogne, dont Marguerite Maury (1881-1943), et Pierre Maury-Laribière (1883-1956), dont postérité.
(2) François-Bélisaire Babaud-Laribière (1811-1841), propriétaire, docteur en médecine, médecin chef de l'hôpital de Confolens, sans alliance.

Sœurs : (1) l'épouse de De La Laurentie, dont Marthe de La Laurentie.
(2) Catherine-Adèle Babaud-Laribière (1812-1813), morte à six mois.
(3) Marie-Julie Babaud-Laribière (1816-1819), morte à trois ans.

Parents : (1) Dominique Babaud-Lacroze (1807-1864), propriétaire, époux de Antoinette Flavier, dont (a) Marthe Babaud-Lacroze (1843-1885) et (b) Pierre-Alfred-François dit Antoine Babaud-Lacroze (1846-1924), homme politique (voir plus bas), époux de Marie-Louis Morichon, dont Léonide Babaud-Lacroze (1876-1949), docteur en droit, commissaire du gouvernement près le conseil de préfecture de la Seine, époux de Yvonne Marchal, (2) Vincent de Lagrange-Labajourderie, avocat, maire de Confolens sous le Second Empire, chevalier de la Légion d'honneur, époux de Marie-Louise Meaudre-Dassit dont Marie-Martin-Octave de Lagrange-Labajourderie (1831-1866), magistrat à Châteauroux puis à Limoges, (3) Jean Lavallée (1806-?), avocat, conseiller général de la Charente, sous-commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848, représentant du peuple en avril 1848, (4) Édouard-Pasquet Labrosse (1833-?), juge de paix à Charroux (Vienne) et (5) Antoine-Jean-Baptiste Babaud-Lafordie, avocat, maire de Confolens sous la Restauration.

Épouse : épouse le 17 avril 1871 à Saint-Maurice-des-Lions (Charente), Magdelaine-Marie-Angéla Duval-Papius (1836-?), fille de Joseph-Cyprien Duval-Papius (1800-1863) et de Marguerite-Célestine Bordier-Lanauve. Angéla Duval-Papius a épousé en premières nonces Clément Janet, et, en secondes noces, Camille-Léonard-Jean-Jacques Codet (1831-?), médecin à Saint-Junien (Haute-Vienne), dont deux enfants.
Descendance : sans postérité.

Opinions ou activités politiques de la famille : La famille domine la vie politique de Confolens depuis plusieurs générations. Elle est d'opinions politiques diverses. Elle a été très divisée au moment de la Révolution. Son grand-père paternel a été député d'Angoumois à l'Assemblée des États Généraux puis président du tribunal de première instance de Confolens en 1792. Son grand-père maternel a été maire d'Excideuil. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud (1783-1851) a été sous-préfet de la monarchie de Juillet et orléaniste militant. Son frère, Charles Babaud-Laribière est un républicain actif, conseiller d'arrondissement et maire de Confolens sous la Troisième République. Son parent, Vincent de Lagrange-Labajourderie a été maire de Confolens sous le Second Empire. Son oncle maternel, Jean Lavallée, « républicain dévoué », a été commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848 et élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante. Un autre oncle maternel, François de Lagrange-Labeaudie, un des chefs de l'opposition libérale sous la monarchie de Juillet, a été nommé magistrat en mars 1848, et « depuis sa nomination a été un obstacle constant à la bonne administration de la justice répressive dans son arrondissement » [A.N. BB6 II 233, lettre, Proc. Gén. 8 juillet 1852]. Son « neveu » Antoine Babaud-Lacroze devient maire de Confolens, conseiller général de la Charente et député de la Charente (1890-1919) et le fils de celui-ci, Léonide Babaud-Lacroze devient sénateur de la Charente (1929-1945), et conseiller général de la Charente.

Opinions ou activités religieuses de la famille : famille d'origine protestante — de nombreux Babaud s'exilent à Genève après la révocation de l'édit de Nantes. Sa propre famille est catholique, de tradition gallicane.

Éducation : collège de Confolens, petit séminaire du Dorat, près Poitiers 1836-1837, École de droit à Poitiers, licencié en droit, le 27 septembre 1839.

Carrière professionnelle et politique avant 1870 : octobre 1839-1848 : inscrit au barreau de Limoges, secrétaire de Théodore Bac, puis avocat à Confolens, journaliste à L'École du Peuple à Poitiers, au Progressif de la Haute-Vienne à Limoges, à L'Écho de la Charente, à l'Indépendant et à La Liberté de Pensée ; 1847 : actif dans la campagne des banquets ; février 1848 : commissaire de la République en Charente ; 1848-1852 : conseiller général de la Charente (Confolens) ; avril 1848 : élu représentant à la Constituante pour la Charente. Il vote avec la gauche et combat l'Élysée ; mai 1849 : candidat non élu à l'Assemblée législative ; 1849-1852 : journaliste dans la Charente ; 3 février 1850 : candidat lors d'une élection partielle, non élu ; janvier 1852 : jugé par la commission mixte de la Charente : « un des chefs du parti démocratique ; plutôt théoricien qu'homme d'action », acquitté [A.D. Charente 1 M 156] ; 1852-1870 : devient rédacteur de La Gironde et fonde Les Lettres Charentaises ; mai 1870 : fait une campagne très active contre le plébiscite ; 1870 : élu conseiller d'arrondissement (Confolens) ; 9 juin 1870 : élu Grand-Maître du Grand Orient de France contre Hippolyte Carnot, père de Sadi Carnot (voir notice).

Opinions politiques : « idées avancées » dans sa jeunesse. De plus en plus modéré surtout après 1860. Il soutient Thiers après 1871 et se montre très hostile à la Commune
Amitiés politiques : Théodore Bac (chef de file des républicains limousins), Ernest Picard, Adolphe Thiers.

Position de fortune : de milieu très aisé : « par le jeu des héritages, des dots, des mariages, ils [les Babaud] arrivent à rassembler entre leurs mains une grande fortune en terres et en immeubles. Au début du XIXe siècle, ils sont à la tête d'une des plus grandes fortunes en terres de Confolens ». La famille est parmi les plus grandes acheteuses de biens nationaux dans le département [Pierre Boulanger et al., p. 166-172]. Onze membres de la famille sont électeurs censitaires sous la monarchie de Juillet [Annuaire administratif, judiciaire, comercial, agricole et industriel du département de la Charente, Angoulême, 1846]. Son grand-père paternel paie 1 705 francs de contributions en l'an XIII et acquiert des biens nationaux. Sa fortune est évaluée en l'an XI à 150 000 francs. Lui-même jouit toujours d'une assez grande aisance.

Père : Contrat de mariage (1811) : lui-même apporte 800 francs en biens, une maisn et un jardin ainsi qu'une rente de 650 francs. Son épouse apporte « la promesse d'une succession ». Cens : 564 francs en cens en 1824 et 834 francs en 1846 [A.D. Charente 3 M 24]. Succession (1850) : laisse un mobilier évalué à 8 500 francs et des immeubles produisant des revenus de 500 francs. Son épouse, morte en 1847, laisse un mobilier évalué à 850 francs et des immeubles évalués à 35 000 francs.

Lui-même : Revenus : 20 000 francs en 1871 [A.D. Charente M (1871à et A.N. F3b 1 156 (1)] ; en tant que préfet il reçoit des revenus professionnels. Contrat de mariage (1871) : lui-même apporte une dot évaluée à 50 000 francs et une propriété non évaluée. Son épouse à 352 132 francs à Confolens et à 900 francs en effets mobiliers à l'hôtel de la préfecture de Perpignan où il est mort. Beau-père : Succession (1858) : laisse un actif d'une valeur totale de 38 962 francs. Cens : 402 francs en cens en 1841 [Annuaire administratif de la Charente, Angoulême, 1841 ; 307 Mi2]. Autres détails : il laisse un legs de 3 000 francs à l'hospice de Confolens, de 1 000 francs à l'hospice de Chabanais et de 500 francs au bureau de bienfaisances de Saint-Maurice-ès-Lions. L'actif de la communauté laissé par son frère. Charles Babaud-Laribière, en 1890, s'élève à 93 619 francs.

Opinions religieuses : déiste, anti-clérical, un des collaborateurs de La Liberté de Penser. Néanmoins, il est enterré à Confolens après des obsèques religieuses.

Liens maçonniques : 14 septembre 1838 : apprenti à La Vraie Harmonie à Poitiers ; 30 août 1839 : compagnon et maître à la même loge ; 1840 : membre des Artistes Réunis à Limoges ; 29 novembre 1862 : membre fondateur de la loge La Parfaite Union à Confolens ; 1868-1870 : vénérable de cette loge ; 1868 : membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient ; 1870 : élu Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France ; septembre 1871 : président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient [B.B. FM2 698]. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud, est un des fondateurs en 1870 de la loge La Parfaite Union à Confolens. Son neveu, Antoine Babaud-Lacroze, est également franc-maçon.

Carrière postérieure : février 1871 : rentre à Confolens et appuie la politique de Thiers. Il condamne la Commune, « la criminelle sédition qui a épouvanté l'univers en couvrant Paris de cendres et de ruines » ; 10 août 1872 : nommé préfet des Pyrénées-Orientales. Il garde ce poste jusqu'à sa mort en avril 1873.

Légion d'honneur : aucune décoration.

Ouvrages publiés par lui :

• Position et besoins de l'arrondissement de Confolens, Confolens, 1837.
• Ludovic, Paris, 1838.
• De l'extinction de la mendicité, projet lu à la loge de la Vraie Harmonie de Poitiers dans sa séance du 10 mai 1839, Poitiers, 1839.
• Rapport sur un livre de M. de Montalembert, Paris, 1839.
• Du droit de l'autorité municipale en matière de sépulture, Limoges, 1840.
• Histoire de l'Assemblée Nationale Constituante, Paris, 1850, 2 vol.
• Utilité d'un chemin de fer direct de Nantes à Limoges, Paris, 1860.
• Mémoire sur l'établissement d'une halle aux grains à Confolens, Paris, 1861.
• Notes d'histoire charentaise, Paris, 1862.
• Études historiques et administratives, Confolens, 1863, 2 vol.
• Lettres charentaises, Angoulême, 1865-1866, 2 vol.
• Mémoire à l'appui de la protestation de M. A. Duclaud, Bordeaux, 1866.
• Questions de chemins de fer, Paris, 1867.
• Lettres charentaises (Journal), Confolens, 1868-1872.
• Une polémique (M. Babaud-Laribière contre Le Charentais), Angoulême, 1869.
• Circulaire du F. Babaud-Laribière, Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France sur la suppression de la grande maîtrise, Nîmes, 1871.

Sources :

• A.N. F1b 1 156 (1) (dossier préfectoral), BB6 II 233 (dossier de magistrat de son oncle François de Lagrange-Labeaudie).
• A.D. Charente, 1 M 156 (victimes du coup d'État du 2 décembre 1851). J 1781 (divers documents concernant Babaud-Laribière), Q 4017, Chabanais, déclaration de mutation par décès, 19 août 1863, n° 111 (son beau-père), Q 4233, Confolens, déclaration de mutation par décès, 6 septembre 1847, n° 305 (sa mère). Q 4234, COnfolens, déclaration de mutation par décès, 22 juillet 1850, n° 363 (son père), série Q, déficit pour le bureau de Confolens pour 1873 (pour lui-même), U 3368, jugements sur enquête, tribunal de Confolens, 1873, (exemplaire du testament olographe de Babaud-Laribière du 24 septembre 1872), 2 E 17/337, étude Guilhaud, notaire à Chabanais, contrat de mariage Babaud-Laribière-Duval-Papius, 13 avril 1871, 2 E 18/483, étude Pignier, notaire à Confolens, contrat de mariage Babaud-Laribière-Lagrange-Labeaudie, 23 janvier 1811 (ses parents).
• A.D. Pyrénées-Orientales, 124 Q 410, Perpignan, déclaration de mutation par décès, 24 octobre 1873, n° 283 (lui-même).
• Le Charivari, 19 octobre 1848.
• La Charente, 28-29 avril, 1-2 mars 1873.
• Gustave Léony, Notice biographique sur Babaud Laribière, ancien membre de l'Assemblée constituante, Paris, 1851.
• Claude Gigon, Les Victimes de la terreur du département de la Charente : récits historiques, Angoulême, 1866, tome II, p. 9-48 (sur sa famille).
• E. Chassin, O. de Bordeaux, 9 juin 1873, tenue funèbre en mémoire du très regretté F. Babaud-Laribière, Bordeaux, 1873.
• P. Ducourtieux, « Notice biographique sur Babaud-Laribière », Bulletin de la société du Limousin, 1873, tome XXII, p. 156-160.
• Le Monde maçonnique, vol. 15, 1873-1874, p. 42-45.
• Polybiblion, tome IX, janvier-juin 1873, p. 33.
• H. Beauchet-Filleau et B. H. Paul, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Poitiers, 1889, tome I, p. 226-229 (sur sa famille).
• Louis Amiable, Grand Orient de France, Assemblée générale de 1894, Discours commémoratif, Paris, 1894, p. 37-40.
• Léonide Babaud-Lacroze, Les Quarante-huitards, Argenton, 1948.
• Martine Giguet, Léonide Babaud-Laribière 1819-1873, Université de Paris I, Mémoire de maîtrise, 1975, A.D. Charente, J 1693.
• Jean Jézéquel, Grands notables du Premier Empire : la Charente, Paris, 1986, p. 41-45
• Pierre Boulanger, Maurice de Poitevin, Joël Giraud, La Révolution Française à Confolens, 1789-1799, Poitiers, 1988.

Remerciements : La famille Maury-Laribière, de Confolens.

(Les préfets de Gambetta, de Vincent Wright)

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23 février 2019

Arrêté du 18 prairial an II, district de Nontron

Arrêté du représentant du peuple G. Rome, en séance, à Périgueux, le 18 prairial an II (6 juin 1793), tendant à l'administration des biens des détenus, pourvoir à leur nourriture ainsi qu'à celle de leurs families, et établir un régime uniforme dans chacune des maisons d'arrêt, ou une foule de pétitions et réclamations à nous adressées de la part des pères, mères, et enfans des Emigrés détenus.

L'administration du District de Nontron et ce requérant l'agent national.

Arrêté :

Article Premier. — L'arrêté sus-énoncé sera transcrit sur les registres de l'administration et aux formes ordinaires.

Art. II. — II sera incessamment procédé (si fait n'a été) à la ferme pour un an des biens immeubles ayant appartenu aux détenus. Les baux seront faits conformément à la loi du 16 brumaire dernier.

Art. III. — Les effets, d'après la recherche faite des inventaires, qui paroitroient être sujets à dépérir, seront vendus ainsi et de la manière que les meubles provenant des Emigrés, d'après l'arrêté de l'administration sur le rapport du bureau des Domaines nationaux.

Art. IV. — Les détenus des deux sexes seront separés. En conséquence les hommes seront transferés dans la maison de réclusion à Nontron, et les femmes et les filles dans celle des Sables-sur-Dronne, ou étant, ils ou elles seront sous la surveillance des municipalités.

Art. V. — Pour l'exécution de l'article ci-dessus, il sera donné un ordre au Lieutenant de la gendarmerie qui, de concert avec les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne, prendront les moyens qui sont en leur pouvoir pour faire les dites translations qui doivent être effectuées dans le courant de cette décade.

Art. VI. — En conformité de la Loi du 26 brumaire dernier, la nourriture des detenus sera frugale. Ils recevront chacun vingt-cinq sols par jour, pour tenir lieu de nourriture, chauffage, blanchissage et autres choses dont ils peuvent avoir besoin.

Art. VII. — Les détenus ou détenues sitôt rendus dans les maisons qui leur seront assignées, nommeront entre eux, ou entre elles, un économe chargé de préparer les repas et auquel il sera payé de décade en décade, à commencer du Ier Thermidor prochain, le montant des vingt-cinq sols par jour à revenir aux détenus existants dans la maison d'arrêt dont il sera l'économe et laquelle somme leur servira pour tous les objets énoncés à l'art. VI.

Art. VIII. — Les détenus des deux sexes ne pourront, sous aucun prétexte, avoir des domestiques. En conséquence les municipalités sont chargées d'expulser ceux ou celles qui existent actuellement dans les dites maisons.

Art. IX. — Les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne désigneront une personne stire et recommandable par son civisme, qui sera chargée de faire les provisions nécessaires aux detenus, et d'après l'invitation que lui en fera l'économe de la maison. Les dites provisions, qui ne seront aucunement préparées ou cuites, seront remises au gardien de la maison d'arrêt pour les faire passer à l'économe de la dite maison d'arrêt, et il n'y aura aucune communication entre ledit pourvoyeur et les detenus. Ceux-ci seront seulement obligés de remettre au gardien, pour le faire passer au pourvoyeur, la somme qu'ils croiront nécessaire pour l'achat des dites provisions, soit en viande, pain, vin, bois et autres choses quelconques, ainsi que pour le blanchissage de leur linge. Le pourvoyeur, dont il est parlé cy-dessus, recevra pour ses salaires une indemnite de trente sols par jour qui lui seront payés par ordre de l'administration, par les receveurs de la Régie.

Art. X. — Les dites municipalités fourniront, dans la même proportion des citoyens de leur commune, audit pourvoyeur qui en payera le montant, la quantité de grains, farines ou pain nécessaires aux detenus.

Art. XI. — Les repas seront pris en commun, et sur la même table, à moins qu'il ne se trouvât pas de local assez vaste pour y réunir les détenus, ce qui sera constaté par des commissaires des municipalités qui, dans ce cas, feront former le nombre de tables, bancs ou chèzes qu'ils jugeront nécessaires ; les expenses à faire pour cet objet, ainsi que pour l'exécution des art. 4 et 5 cy-dessus, seront payées ou remboursées aux dites municipalités de Nontron et Sables-sur-Dronne sur les états par elles fournis et certifies.

Art. XII. — Les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne déffendront aux gardiens de la maison d'arrêt de laisser entrer dans icelle aucun comestible préparé, de laisser communiquer les dits detenus avec qui que ce soit, si non de la manure indiquée par la loi.

Art. XIII. — II sera incessamment fait compte exact des dépenses payées pour les détenus, lesquelles seront réparties pour chacun d'eux, afin que le remboursement soit fait par les receveurs de la Régie des mains de celui du district qui en a fait les avences.

Art. XIV. — Les receveurs de la Régie ne pourront, sous aucun prétexte, pas même celui de n'avoir aucun fonds provenant du détenu, s'empêcher d'acquitter les mandats qui seront tirés sur eux par I'administration, tant pour le remboursement des avances, nourritures faites ou a faire, et autres objets quelconques enoncés aux art. 15 et 19 de l'arrêt du G. Rome.

Art. XV. — Les municipalités du district sont invitées à exécuter ponctuellement, en ce qui les concerne, les articles de l'arrêté de Rome énoncés et dattés cy-dessus, et de faire connoitre a l'administration, dans la decade qui suivra la réception du présent, le résultat de leurs opérations, et afin de les faciliter, il sera mis au bas d'iceluy les noms et demeures de tous les détenus, même de ceux qui sont encore dans leur domicile à cause de maladie.

Art. XVI. — Coppies du présent arrêté seront incessamment adressées aux municipalités de Nontron, Sables-sur-Dronne, et Comité révolutionnaire à Nontron.

Noms et demeures des détenus tant du district qu'autres.

Sicaire-Adrien Texier, Nontron.
Emery Fonreau, Nontron.
Mazerat Delor, Nontron.
Jean Labrousse-Boffrand ainé, Nontron.
Leonard Faye, Nontron.
Jean Moreau-St-Martial, Valle-des-Eaux.
La femme dudit Moreau, Valle-des-Eaux.
Chaminade, Augignac.
Auvrai St-Remi, ex-curé, Abjat.
La Auvrai, St-Remi, Abjat.
Lagarde, cy-devant vicomte, Boislizonne.
Lagarde, cy-devant chevalier, Nontron.
Roussarie, Sables-s.-Dr.
Pintou, Sables-s.-Dr.
Larret, gd pré, Sables-s.-Dr.
Lapeyronie père, Sables-s.-Dr.
Lapeyronie mère, Sables-s.-Dr.
La veuve Labardonnie, Milhac.
La Royères fille, Les Landes.
Thibeau Lagarde ainé, Les Landes.
Roux Luçon père, Front-sur-Dronne.
La Roux Luçon mère, Front-sur-Dronne.
Roux Luçon grand-père, Front-sur-Dronne.
Dupin St-Cyr père, Coussière-sur-Dronne.
Dupin St-Cyr fils, Coussière-sur-Dronne.
Les quatre filles Dupin St-Cyr, Coussière-sur-Dronne.
Lapeyronie fils, Coussière-sur-Dronne.
Lajear Grézignac jeune, Mareuil.
Lajear Grézignac, fille puinée, Mareuil.
Lajear Grézignac, sceur de la précédente, Mareuil.
Lajear Grézignac ainé, St-Pardoux-de-Mareuil.
Laroussie, femme Lambertie, Vieux-Mareuil.
Camain St-Sulpice et La Bretonneau, sa femme, Lanion-sur-Lizonne.
La Boistillé Desgrosges, St-Pardoux-de-Mareuil, Angoulême.
Marie Moreau St-Martial, Varagnes.
Lamaranda Ducousset, son fils et ses filles, Varagnes.
Moreau St-Martin, Varagnes.
Jean Peyronni, Varagnes.
Labrousse Vaubrunet Teyjat, Angouteme, sa femme et sa fille, Angoulême.
Chaban père, Chapelle-Faucher, Nontron.
Chaban frère, Chapelle-Faucher, Nontron.
Chaban fils, Chapelle-Faucher, Nontron.
Autre Chaban fils, Chapelle-Faucher, Nontron, cy-devant comte de Lion.
La Chaban, ex-religieuse, Chapelle-Faucher, Nontron.
Conan d'Aucors, Beaussac.
Les deux soeurs Conan d'Aucors, Beaussac.
Maillard Lafaye, chevalier, Beaussac.
Vilars Pontignac, Beaussac.
Les Vilars Pontignac tantes, Beaussac.
Jean Duhaumont prêtre, Beaussac.
Raynaud père, Puyrinier.
Raynaud fils, Puyrinier.
Galar Béar et la Dutillé sa femme, Angoumois.
Camain Lacotencie, Felix-Nontron.
Leymarie, sa femme et leurs quatre filles, Cottes-s.-Boulou.
Les trois filles Saulnier, Gottes-s.-Boulou.
La Vaucoucourt, Laiguilhac-s.-Boulou.
Martin Ribeyreix, Monsec.
La veuve Boulouneix, Boulouneix.
Desrivailles et sa femme, Teyjat.
La veuve Moreau Maillard, Puyrinier.
Odet Chapt Rastignac Paris, Paris.
La Roussie, ex-religieuse, Les Landes, Nontron.
Labram Chaumont, Busseroles.
Labram fils ainé, Busseroles.
Lagirou Demaret, Bussières.
La Royère, ex-noble, Bussières.
Escravayat Labarrière, sa femme et ses deux filles, Busseroles.
Charon, ex-curé, Champniers.
La d'Abjat St-Viance, Quinsac.
Desport-Lagrange, Quinsac.
Arlot-Frugie, ex-prêtre, Coussière-sur-Dronne.
Les quatre filles Lacroix-Durepaire, Mareuil, Nontron.
Dereix et la Faure sa femme, Angoulême.
Thomas Mahou, Le Bourdeix, Nontron.
Suzanne Valade, ex-religieuse, Larochebeaucourt.
Lapouraille Belicot, ex-moine, Nontron, Nontron.

Signé Vieillemard.

Source : Une commune rurale du Périgord sous la Première République.

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