14 juillet 2016

La fontaine de la Cahue

L'autorisation de l'intendant était nécessaire pour « faire travailler aux fontaines », comme pour tous travaux de quelque importance engagés dans les villes. On retrouve partout le même processus : à la demande en général des habitants soucieux de ne pas manquer d'eau, les jurats, jugeant comme ceux de Blaye « la choze des plus nécessaires et l'on peut même dire indispensable », délibéraient pour décider des travaux à faire ; le subdélégué transmettait à l'intendant avec un avis généralement favorable ; l'intendant demandait le plus souvent des précisions sur le devis, sur les moyens de financement, et donnait ou non l'autorisation d'entreprendre les travaux après leur mise en adjudication. La procédure pouvait être relativement rapide, quelques mois, ou traîner beaucoup plus : le cas limite étant celui de Nontron où elle n'aboutit qu'après plus de vingt ans. Dans cette petite ville, la fontaine de la Cahue était restée totalement sans entretien, au point que cette négligence surprenait le subdélégué, pourtant averti du « peu de zèle des habitants pour le bien public ». Une première demande d'autorisation de réparations, dont le devis, approuvé par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, s'élevait à 1 631 livres, est adressée à l'intendant Tourny par le subdélégué Labrousse du Boffrand en 1754. Malgré les réponses précises de ce dernier sur la nature du terrain, entre la source et la fontaine, la construction des conduites, les matériaux utilisés, après six ans d'aller-retour du dossier, l'intendant, considérant la « difficulté des temps » refuse son accord. Les officiers municipaux renouvellent leur demande en 1765 : cette fois la mise en adjudication des travaux est autorisée, mais il ne se trouve aucun entrepreneur intéressé. Il en est de même en 1773, et il faut attendre 1777 pour qu'un nouveau devis, chiffré cette fois à 3 118 livres, trouve preneur. Les travaux peuvent commencer en 1778 : jusque-là les deux tiers de la ville qu'alimente cette fontaine avaient connu, sinon la pénurie d'eau, du moins une réelle incommodité.

Source : L'Eau et la ville, de Raymond Regrain.

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Mémoires de la comtesse de Vassoigne

Il avait l'imagination bouillante, exaltée, qu'il était plein de cet ancien esprit d'honneur, de bravoure chevaleresque, d'ambition et de prodigalité, j'ai goûté dans les premières années de ma vie toutes les jouissances que procure l'opulence lorsque surtout elle est jointe à la naissance, à la fortune et au talent de la répandre avec goût. Ces qualités précieuses pour le grand monde, d'autres plus estimables pour quelques-uns, un extérieur séduisant, des manières affables, distinguées et polies, un courage à toute épreuve, mille occasions où il l'avait prouvé avec évidence, des protections brillantes connues et nombreuses, tout concourait à en faire l'homme de son pays le plus recherché, le plus aimé et le plus goûté.

D'ailleurs ces avantages étaient accompagnés d'une épouse charmante, belle, bonne, sensible et ferme, vertueuse, spirituelle, réunissant à tous égards les esprits et les cœurs. Ma mère, mon aimable et tendre mère ornait un salon, faisait l'ornement d'un cercle et conduisait à bien une affaire épineuse avec la même grâce et la même facilité. Aussi sa mémoire et la reconnaissance dues à ses bienfaits seront éternelles. On ne parle de l'une et de l'autre qu'avec vénération et les regrets qu'a occasionnés sa perte précipitée se font encore sentir et seront pour sa fille un sujet perpétuel de chagrins et de douleurs qui pourra peut-être un peu s'affaiblir mais jamais s'effacer.

Tels étaient les êtres à qui je devais la vie; le reste de la famille, sans se trouver aussi bien partagé par la nature, n'avait pas à s'en plaindre. Tous jouissaient d'une extrême aisance et d'une considération, suite de leur conduite ou de leurs lumières et de leurs places. C'est dans cette situation heureuse pour les miens que je vins au monde, aînée de plusieurs enfants qui suivirent peu après. Ma naissance attendue et désirée aurait été un jour de fête, si elle n'eût failli coûter la vie à ma mère. Cet événement malheureux changea tous les projets, et peu s'en fallut que je fusse privée sans le connaître du plus grand avantage que j'ai possédé et à qui j'ai dû ensuite le petit nombre de qualités que j'ai possédées et que l'on m'a accordées. Heureusement qu'un Destin moins contraire la rendit aux vœux que l'on formait pour elle; sa santé se rétablit, mais elle perdit la faculté de marcher. Tout ce que l'on peut ordonner fut employé sans succès, elle n'en recueillit qu'un peu moins de difficulté à se mouvoir et rien de plus. Cet accident imprévu en contraignant ma mère à rester chez elle habituellement y faisait rassembler sans cesse la Société en général et surtout celle qu'elle avait su distinguer et choisir.

Sa maison était ouverte aux gens honnêtes qui savaient la préférer et sa table offerte à ceux qu'elle estimait. Attentive et indulgente sans affectation, elle se rendait chère à tous ceux qui l'entouraient. C'est à cette école, c'est avec ses exemples et sous ses yeux que je me formais. J'atteignis ainsi ma 8e année et commençais déjà à répondre à sa tendresse et à ses soins lorsqu'une affaire d'honneur et une blessure que reçut mon père à 150 lieues du pays que nous habitions nous obligea sur le champ à le quitter et à nous rendre près de lui au mois de janvier 178... Il désirait revoir sa femme et ses enfants avant de mourir. Ce désir pour ma mère devint une loi et sans consulter l'embarras d'une route semblable, avec deux de mes frères et moi, elle nous fit partir au milieu de la nuit et voyager sans nous reposer autrement que sur les bras de nos gouvernantes jusqu'à Paris où, nous voyant si harassés, elle résolut de nous laisser sans m'emmener peu d'heures après qu'elle m'eut fait mettre au lit. C'était la première fois que j'en étais séparée; aussi à mon réveil lorsqu'on vint me préparer et m'instruire de ce départ, je versai tant de larmes que les personnes de l'hôtel, émues par ces témoignages non équivoques d'un attachement sincère, s'empressèrent de me prodiguer leurs caresses. J'en étais flattée mais non consolée, et jamais il ne leur fut possible de me décider à sortir de la maison avant d'avoir reçu des nouvelles de ma mère.

Cette conduite si extraordinaire pour une enfant excita l'intérêt, on en parla aux personnes qui venaient s'informer de ma famille et qui savaient les motifs de l'absence de ma mère. Alors on voulut nous voir... Les Barons de Pla... de Lam... de Ch... les maréchaux de T... de B... de N... intéressés d'abord par les narrations de leurs valets de chambre le furent ensuite par eux-mêmes. Un d'eux surtout, comblé d'honneur, d'estime et de gloire, et n'appréciant que celle de se distinguer par ses vertus, fut encore plus que les autres touché du naturel heureux que nous montrions. Il se plaisait à voir nos petites manières naïves, douces, gaies, caressantes, à nous faire raconter mille riens dont le seul mérite était l'ingénuité et puis à jouir du plaisir que nous faisait sa présence. Chaque jour lorsque nous reconnaissions sa voiture, nous courions au devant de lui; l'un voulait lui donner la main, l'autre portait son chapeau, le plus jeune qui avait 4 ans croyait lui rendre un très grand service en soutenant la pointe de son épée.

Il riait de notre empressement et nous faisait apercevoir par tant de caresses qu'il y était sensible que nous ne pouvions jamais assez lui prodiguer les nôtres. Cette manière d'être singulière pour nous tous excita l'étonnement. Quelques-uns à l'exemple de notre ami voulurent le copier, mais inutilement; ils n'avaient point son âme et ignoraient l'art de l'attendrir. Aussi sans savoir pourquoi, malgré les bonbons dont leurs mains étaient remplies, malgré l'attrait assez puissant de leurs galons, boutons, breloques, on voyait une extrême différence dans les soins que nous rendions; nos réponses étaient plus courtes, nos révérences plus fréquentes et nous étions beaucoup plus circonspects et gênés. Dès qu'ils étaient ensemble nous allions vite nous placer à côté de notre ami ou sur ses genoux, et là nous acquérions moins de crainte et plus de liberté. Il était pour nous un refuge et un appui. Il voulut user de ces dispositions et nous amener passer des journées chez lui, il ne put y parvenir. Sa maison préférée par tout ce qu'il y avait de grand et fréquentée par eux était insipide; la morgue, la fausseté, les prétentions dont la plupart étaient remplis lui étaient insupportables et il m'a dit depuis qu'il ne le trouvait jamais autant qu'en sortant d'avec nous. D'ailleurs il aimait les enfants et n'en avait point.

Source : La Révolution française vue et vécue par une aristocrate charentaise.

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21 juin 2016

Famille Maître du Chambon

Vieille famille bourgeoise qui avait pris pour armoiries : "D'argent au créquier de Sinople". Elle est issue de Thomas Maistre qui vivait à St-Ciers à la fin du XVIème siècle. De lui descendent les branches de Courpaillet, des Brangeries, des Angelières (implantée à Mouton) et du Chambon, demeurée à St-Ciers.

Cette famille d'où sont sortis des hommes de loi, des prêtres, des écrivains, des militaires de carrière, a contracté de brillantes alliances avec les meilleures avec les meilleures familles de la région, notamment les Barraud de Lagerie, les Deschamps de Romefort, les Fradin du Cluzeau, les Touzaud, les Fougerat, les Desmier d'Olbreuse. Nous nous bornerons à donner une généalogie succincte de la branche "Du Chambon", la seule qui intéresse directement Saint-Ciers.
 
I - Thomas Maistre, décédé avant 1629, à Saint-Ciers. Avait épousé Marie Gaudon. Trois enfants dont :

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II - Pierre Maistre, sieur de la Combe, notaire, tabellion royal et garde-notes héréditaire. Marié à Anne Girard, et mort avant 1662, laissant :

1. Jean Maistre, sieur de Ravellot.

2. Jacques Maistre, sieur de la Courrière.

3. Pierre qui suit...

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III - Pierre Maistre, sieur de Courpaillier (1632-2 Janvier 1702). Inhumé dans l'église de St-Ciers. Marié à Jacquette Greaud, dont :

1. Jean, sieur de Saint-Michel, avocat au parlement.

2. Jacques, qui suit...

3. François, sieur des Brangeries, dont postérité (de cette branche est sortie celle des Angelières).

4-5. Et deux filles.

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IV - Jacques Maistre, sieur de la Combe (1657-16 février 1710). Inhumé dans l'église de St-Ciers. Marié le 16 février 1700, en l'église St-Cybard de la Rochefoucauld, avec Anne Fournier (1659 - St-Ciers le 6 juin 1734). Huit enfants, dont :

1. Pierre, curé de Bayers de 1730 à 1758.

2. Antoine, prieur de St-Michel de Nanclars (1735), curé de Juillé en 1738 et démissionnaire en 1772. Mort le 22 septembre 1781.

3. Anne (1704-1779) marié en 1737 à Jean Deschamps, écuyer seigneur de Romefort.

4. André, qui suit...

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V - André Maistre, sieur du Chambon (1703 - † St-Ciers le 29 mars 1774). Marié à St-Ciers, le 6 mai 1739, à sa cousine germaine Madeleine Maistre (des Brangeries) qui lui donnera 13 enfants dont :

1. Jean (1740-1820), qui fut maire de Juillé en 1790. Deux fois mariés, il fut père d'un fils : Antoine (1772), mort sous les drapeaux en 1795, et de trois filles.

2. Jean, sieur de la Combe, né et mort à St-Ciers (1751-1810). Marié à Marguerite Mourou-Dumas qui lui donna 8 enfants.

3. Autre Jean, né à St-Ciers en 1754, mort à Angoulême en 1814. Prieur de Nanclars en 1775, puis curé de Fontclaireau (1783). Prêtre jureur, il rétracta son serment et fut réinvesti dans sa cure en 1803. Vicaire de St-Jacques de Lhoumeau en 1805, il en démissionna en 1810 et fut affecté comme aumônier à l'Hôpital général d'Angoulême.

VI - François Maistre du Chambon, sieur de St-Michel, né et mort à St-Ciers (1756-1833). Marié à Chassiecq le 3 novembre 1779 avec Françoise Fradin du Cluseau (1760-1832). Adjoint au maire de St-Ciers sous la Restauration, il fut révoqué le 21 septembre 1830 à cause de ses opinions politiques. Ce fut lui qui se rendit propriétaire du logis de St-Ciers. De son mariage, naquirent 7 enfants, dont :

1. Marie (1784-1826). religieuse de la congrégation des filles de Ste Marthe d'Angoulême.

2. Pierre (1785-1810), officier de santé de la marine sur "L'algésiras", puis chirurgien en chef
sur la flûte "La Loire" coulée par les Anglais le 15 novembre 1809 au large de Basse-Terre
(Guadeloupe); il se sauvât à la nage mais décéda le 10 février 1810, des suites de ce naufrage.

3. Autre Pierre, qui suit...

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VII - Pierre Maître du Chambon. Né à St-Ciers le 11 septembre 1824 et y décéda le 15 août 1900. Longtemps, maire cette commune. Marié le 1er août 1848, à Bessé, avec Marie Touzaud, dont 4 enfants :

1. Anatole, qui suit...

2-3. Edith (1849-1922) et Valérie (1855-1922) restées célibataires.

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VIII - Jean-Charles Anatole Maître du Chambon, né à St-Ciers le 20 octobre 1849, mort à la Chaudellerie (en St-Amant de Bonnieure) le 10 juin 1918. Avocat à Ruffec, puis avoué au tribunal d'Angoulême. Conservateur, il collabora à de nombreuses feuilles monarchistes. De 1894 à 1896, il anima le "balai" journal satirique qui lui valut de solides inimitiés. De 1910 à 1913, il dirigea "Le Franc Parler", autre pamphlet plus modéré. Anatole du Chambon avait épousé à Poitiers, le 19 février 1883, Claire-Joséphine-Alix Marie Brault (1857-1921). Cinq enfants, dont :

1. Charlotte (1885-1948). Mariée à St-Ciers le 8 janvier 1906 à Ernest Fougerat, tombé au champ d'Honneur à Cappy (Somme), le 19 février 1906, laissant 5 enfants.

2. Marie-Daniel-Joseph André, né le 25 juin 1887. Marié à Bordeaux à Anita Champion (1894-1939), qui lui donna une fille et deux fils : Jacques (1920) et Henri (1922) qui sont mariés. Il avait séjourné au Sénégal puis au Dahomey pendant plusieurs années.

Source : Histoire de Saint-Ciers-sur-Bonnieure, de Marcel Reible.

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15 juin 2016

Citoyens de Périgueux dans l'armée en 1775

MM.

Le comte d'Abzac de Ladouze, brigadier des mousquetaires le vicomte d'Abzac de Ladouze, lieutenant de carabiniers; le comte de Saint-Astier des Bories, lieutenant dans le régiment du roi, dragons; d'Alesme de Lableynie, garde du corps; d'Alesme de Meycourbi, lieutenant dans le régiment de...; d'Aubarbier de Manègre, capitaine dans le régiment de Royal-Cravate; d'Aubarbier de Manégre, lieutenant dans le régiment d'Eu; d'Aubarbier de Manégre, officier dans les troupes des colonies, à Saint-Domingue; d'Aubarbier de Manégre, officier dans le même corps à Saint-Domingue;

Le marquis de Beaupoil de Saint-Aulaire de Fontenilles, page du roi; le Blanc de Saint-Just, chevau-Iéger; le Blanc, son fils, chevau-léger; de Beaupuy du Genest, garde du corps; de Brugière,de la Barrière, lieutenant dans le régiment provincial de Périgueux; de Banaston, brigadier des armées du roi; de Banaston, capitaine aide-major dans les grenadiers provinciaux; de Bonhore de Lage, capitaine dans le régiment de Boulonnais de Brochard de Puymorin, major du'bataillon de l'Inde; de Brochard, ofncier dans le même corps; de Brochard, mousquetaire; de Brochard de Lagourdonnie, lieutenant dans le régiment d'Eu; de Brochard de Puyjoly, lieutenant dans le régiment d'Eu; de Brochard, lieutenant dans le régiment d'Eu; de Belcier, gendarme de la garde; de Beaumont de Beauregard, lieutenant dans le régiment de...; de Boisset de Tamarelle, capitaine de grenadiers dans le régiment de Penthièvre; de Boisset de Tamarelle, capitaine dans le même régiment; de Bouchier de Nouaillac, gendarme de la garde; de Benoit de Laubressec, chevau-léger; de Bodin de Saint-Laurens, sous-aide-major des gardes, du corps; de Bodin de Saint-Laurens, mousquetaire dans la première compagnie;

Du Cheyron de la Loubarie, ancien capitaine dans le régiment de Xaintonge, actuellement omcier des suisses de M. le comte d'Artois; du Cheyron, lieutenant de vaisseau; du Cheyron de Beaumont, lieutenant dans le génie; du Cheyron de Rebeyrolles, garde du corps; du Cheyron du Pavillon, lieutenant de vaisseau de Chalup, aide-major de la gendarmerie; de Chalup, lieutenant d'artillerie; de Chalup, capitaine dans le régiment d'Aunis; de Chalup, lieutenant dans le même régiment; de Chalup, mousquetaire; de Chaudru de Trélissac, lieutenant dans le régiment de Boulonnais; de Chaudru, sous-lieutenant dans le même régiment; de Castilhon de la Jaumarie, sous-brigadier des gendarmes de la garde; de Castilhon de la Jaumarie, gendarme de la garde; de Cremoux, sous-lieutenant dans le régiment de Touraine; de Cremoux, son frère, souslieutenant dans le même régiment; du Chassaing de Ratavoule, garde du corps; du Chassaing de Fonbressein, garde du corps; du Chassaing de Fonbressein, gendarme de la garde; de Charles de Peyssard, garde du corps; de Ctergeaud de Bonnamour, lieutenant dans le régiment provincial de Périgueux; de Chevalier de Saint-Maime, capitaine dans le régiment de Damas dragons de Chevalier de Cablans, lieutenant dans le régiment de la Sarre; de Cœuille, capitaine d'artillerie; de Chaignon de la Faucherie, lieutenant dans le régiment de la marine; de Chancel de Lagrange, garde du corps; de Chancel de Nisor, garde du corps; de Chancel d'Antoniac, garde du corps de Chastard, garde du corps; de Chabrier des Elles, officier des Invalides; de Captal de Saint-Jory, lieutenant dans le régiment de Poitou;

Du Rieu de la Couture, maréchal-des-logis des chevaux-léger mestre de camp de cavalerie Du Rieu de Marsaguet, chevau-léger; Du Rieu de la Couture, chevau-léger de Durant de Fanlac, brigadier des gardes du corps; de Durant d'Auberoche, chevau-Iéger de Devaux, garde du corps; De Jehan de Borie-Porte, brigadier des gardes du corps De Jehan de Borie-Porte, garde du corps; Drapeyroux de Monbeler, capitaine de grenadiers dans te régiment de la Sarre; Du Cluzel de la Chabrerie, lieutenant aux gardes; Du Cluzel de la Chabrerie, enseigne aux gardes; Du Cluzel, enseigne de vaisseau; Du Cluzel de Brouillaud, mousquetaire; Delpy de Saint-Gérac, lieutenant dans le régiment de Béarn; Delpy, lieutenant dans le régiment de la Ferté; Delpy de la Roche, lieutenant de vaisseau; de Benoux de Freyssines, lieutenant dans le régiment de Tournaisis; du Reclus de Cablans, ouicier dans le régiment d'Aunis infanterie;

De Froidefond de Boulazac, brigadier des gardes du corps; de Froidefond des Farges, garde du corps; de Faure de Gardonne, gendarme de la garde de la Farge d'Artensé, gendarme de la garde;

De Gontaud de Monferrand, chevau-léger; de Gontaud de Monferrand, lieutenant dans le régiment d'Orléans cavalerie; de Gontaud de Monferrand, lieutenant dans le régiment de Tournaisis; de Gaumondie, gardé du corps;

De Jay de Beaufort, exempt des gardes du corps, mestre de camp de cavalerie de Jay de Barrière, chevau-léger;

De Lasalle du Change, garde du corps; de Lascout de Puyberhard, garde du corps; de la Bastide, maréchai-des-logis-des gendarmes de la garde, mestre de camp de cavalerie; de la Bastide, gendarme de la garde; de Labat de Maisonneuve, capitaine de grenadiers dans le régiment provincial de Périgueux; de Langlade, lieutenant dans le régiment de Piémont de Langlade, lieutenant dans le régiment de Damas dragons de Langlade d'Autresalle, chef de brigade des gardes du corps du roi d'Espagne; de Lidonne, lieutenant dans le régiment d'Eu; de Ladoire de Chamisac, lieutenant dans le régiment de Piémont; de Langlade de Labeletie, garde du corps; de la Chauzedie, garde du corps; le comte de Larochaimon de la Roussie, page du roi le chevalier de Larochaimon, garde du corps de Larochaimon, lieutenant dans le régiment de Gustinë dragons; de Larochaimon, lieutenant dans le régiment de l'Isle-de-France; de Larochaimon Dubreuil, capitaine dans le régiment de Camille de Larochaimon de la Meynardie, capitaine dans le régiment de Poitou; de Loqueyssie, garde du corps du roi d'Espagne; l'Ayraud de Pressillaé, ancien lieutenant de milice, officier d'Invalides de Leymarie de Laroche, page du roi;

Le comte de Melet, lieutenant des gardes du corps, brigadier des armées du roi de Mèredieu d'Ambois, ancien chevau-léger, conseiller d'ambassade à Vienne; de Mèredieu de Saint-Gérac, garde du corps; de Manen de la Plansonnie, garde du corps; Manen de la Plansonnie, gendarme de la garde; de Merveilles, lieutenant dans ie régiment de !'ile de Corse; de Montozon de la Senédie, garde du corps; de Montozon de la Faye, garde du corps; de Montozon de Moncouche, garde du corps; de Montozon, garde du corps; de Montozon de Puy-Contaud, lieutenant dans le régiment d'Aunis; de Montozon de l'Aiguillat, garde du corps; de Montozon de Rimolas, chevau-Iéger; de Montozon, chevauléger de Montaigu, gendarme de la garde; de Montozon de Lauterie, lieutenant dans le régiment de Montecler Dragons.; de Martin de Jaillac, mousquetaire avec brevet de capitaine de cavalerie;

De Pendriguie Dumontet, lieutenant dans le régiment provincial de Périgueux; de Périer de Bosvieux, garde du corps; de Privat du Maine, ancien garde du corps, actuellement officier d'Invalides

De Rastouil de Chaillac, garde du corps; de Roche de la Veyssière, chevau-léger; Roche de Cavilhac, lieutenant d'artillerie; de Roche- de Puyroger, lieutenant dans le régiment de Xaintonge; de Roumy de la Pelletie, garde du corps; de Roumy de la Juberie, garde du corps; de Roumy de Valpapie, garde du corps; de Roumy du Repaire, garde du corps;

De Salleton de Saint-Michel, ofncier dans le régiment de...; de Salleton de Saint-Michet, son frère, onicier dans le même régiment; de Salleton, capitaine dans le régiment de Condé infanterie; de Salleton de Jameau capitaine dans le même régiment; de Salleton de Jameau, officier dans le régiment de...; de Saunier de la Chaumardie, ancien lieutenant dans Boulonnais, aujourd'hui dans l'un des régiments des colonies;

De Tamarelle de la Grave, lieutenant dans le génie; de Testard, capitaine dans le régiment de la Fère;

De Vidal des Vergnes, lieutenant dans le régiment d'Eu; de Vidal de Laforest, garde du corps; de Vidal de Boisset, garde du corps; de Vidal de la Borderie, garde du corps; de Valbrune, garde du corps.

(Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1853)

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30 mai 2016

Fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République

« Nontron, le 3 septembre 1793, l'an II de la République.

Citoyen Président,

Nous vous adressons ci-joint copie du procès-verbal de la fête du 10 août qui a eu lieu à Nontron. Comme il est le récit fidèle des témoignages de l'attachement des citoyens de ce district aux bons principes et aux sentiments de liberté, d'égalité, d'unité et d'amour pour la Constitution qui les animent, nous n'avons pas cru indifférent de le faire connaître à la Convention par l'organe de son Président.

Les administrateurs du directoire et procureur syndic du district de Nontron.

Signé : Jean-Baptiste Boyer, procureur syndic; Vieillemard; Lombard, vice-président. »

« Procès-verbal de la fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République, célébrée le 10 août dans le chef-lieu du district de Nontron, département de la Dordogne.

Les envoyés des municipalités comprises dans l'étendue du district et tous les habitants de la commune de Nontron, se sont réunis le 10 août à 8 heures du matin dans le lieu qu'occupe l'Administration du district. C'est là que s'est formé le cortège, il était ainsi composé :

La garde nationale a ouvert la marche sur six de front, la musique en tête; à côté de son drapeau était portée une bannière blanche ornée de rubans tricolores et de guirlandes de feuilles de chêne; on y lisait ces mots : Résistance à l'oppression.

A peu de distance suivait un groupe composé des envoyés des communes du district, armé chacun d'une pique ornée de rubans tricolores; au centre de ce groupe, 8 d'entre eux portaient sur leurs épaules un brancard surmonté d'un piédestal sur lequel reposait l'Acte constitutionnel assujetti par des guirlandes de feuilles de chêne et des rubans tricolores.

Après ce groupe, on voyait celui des mères qui ont donné des défenseurs à la patrie, elles portaient une bannière civique où était l'inscription: Aux bonnes mères, la patrie reconnaissante.

A la suite marchaient les jeunes enfants trop faibles encore pour servir la Répubhque; leur bannière portait ces mots : L'espoir de la patrie.

Le groupes des enfants était suivi de celui des vierges. Celui-ci était très nombreux; les filles qui le composaient étaient vêtues de blanc, et l'on voyait s'élever au milieu d'elles une bannière civique où était cette inscription : Par la vertu plus que par la beauté.

Enfin le cortège était fermé par le peuple en masse qui formait le dernier groupe, on y voyait confondus les hommes de tous les états, de toutes les professions avec les fonctionnaires pubhcs décorés de leurs attributs distinctifs. En tête de ce groupe, 8 laboureurs portaient sur leurs épaules une charrue surmontée d'une gerbe de blé qui y était fixée par des guirlandes de chêne. Peu de distance après suivait un trophée porté sur les épaules de 8 citoyens, composé des outils et instruments des arts et métiers et orné de guirlandes de chêne et de rubans tricolores; la bannière civique qui paraissait ensuite au milieu de ce groupe portait : Majesté au peuple, et plus bas, Union, liberté, égalité. A la suite de ce groupe étaient portés les titres de l'ancienne féodalité, monuments antiques de l'ignorance et de la sottise, ils étaient encore traînés par des ânes.

Tous les citoyens généralement avaient un bouquet d'épis de blé et marchaient sur six de front.

C'est dans cet ordre que le cortège s'est rendu sur la place de la hberté, où était élevé un autel à ce génie tutélaire de la France. Cet autel était simple, drapé de blanc ainsi que les gradins qui y conduisaient, et orné de guirlandes de chêne.

Le cortège ayant environné dans l'ordre ci-dessus et à une certaine distance l'autel de la liberté, une salve d'artillerie ayant donné le signal de l'entière réunion, on a adressé des vœux à l'Éternel, après quoi l'Acte constitutionnel a été déposé sur l'autel. Le procureur syndic du district a prononcé un diseours dans lequel il a développé toute l'importance du serment qu'on, allait prêter, et il a invité le peuple à s'approcher pour remplir cette douce obligation; alors ehaque groupe s'est avancé par ordre jusque sur les gradins correspondant aux quatre faces de l'autel et a prêté, entre les mains du Président du district, le serment d'être fidèle à la nation, de maintenir la liberté, l'égalité et la Constitution républicaine que le peuple français a acceptée. Une salve d'artillerie donnait le signal à chaque groupe, et pendant tout le temps qu'a exigé la prestation de ce serment, la musique militaire faisait entendre l'air sentimental : Où peut-on être mieux.

La prestation du serment finie, le cortège s'est rendu, toujours dans le même ordre, sur la place des Ormeaux, où l'on avait élevé une pyramide à la mémoire de nos frères morts pour la défense de la liberté. Cette pyramide était décorée de guirlandes de chêne, de tous les attributs de la guerre, et surmontée d'une pique portant une banderole où étaient écrits ces mots : A la postérité. En face de la pyramide, à quelque distance, était dressé un bûcher, du centre duquel s'élevait un drapeau rouge qui portait cette inscription en grosses lettres : Us s'en vont en fumée.

Le cortège étant parvenu sur cette place et s'y étant formé dans l'ordre ci-dessus, avec le plus grand silence, les tambours battant le deuil, une salve d'artillerie a donné le signal. Aussitôt un membre du premier groupe s'est avancé et est allé attacher une couronne de chêne à la pyramide; les autres en ont fait autant successivement, tandis qu'on entendait les sons d'une musique plaintive et majestueuse qui partait du sein même de la pyramide.

Pendant que d'un côté on rendait cet hommage aux mânes des défenseurs de la liberté, de l'autre on disposait sur le bûcher l'offrande expiatoire qui allait leur être faite des restes encore palpitants de l'hydre qu'ils ont abattu; tout était déjà prêt. Alors 6 républicains détachés de chacun des groupes du cortège et armés de la torche destructive, ont entouré le bûcher et livré aux flammes et à l'oubli cet amas monstrueux des débris de la tyrannie. Des airs militaires et des salves répétées d'artillerie annonçaient la joie qu'un pareil spectacle répandait dans l'âme de ceux qui y étaient présents.

Le sacrifice étant fini, le cortège est revenu sur la place de la liberté, où un membre du directoire du district a prononcé un discours tendant à faire chérir la liberté en développant avec énergie les avantages qu'elle procure aussi bien que les devoirs qu'elle impose et sans lesquels elle ne peut exister. Après ce discours, les citoyens se sont tous approchés de l'autel et y ont fait l'offrande des divers attributs de tous les états; en un instant l'autel a été couvert d'épis de blé, d'armes, d'instruments et d'outils de toutes les espèces. Immédiatement un chœur de citoyens et de citoyennes a chanté un hymne à la liberté et relatif à la circonstance, sur l'air fameux : Allons enfants de la patrie.

La fin de cette belle journée a été célébrée par un banquet civique qui a eu lieu sur la pelouse au nord de la ville, et par des danses autour de l'autel de la liberté. Le plus grand ordre a régné dans cette fête qui a vraiment été pour nous celle de l'égalité et de la fraternité.

Lecture faite du procès-verbal ci-dessus, le directoire, ouï le procureur syndic, arrête qu'il sera transcrit au long sur ses registres, et copie d'icelui adressé tant à la Convention nationale qu'au directoire du département.

Délibéré en séance publique, au directoire du district de Nontron, le deux septembre mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an II de la République française.

Collationné :

Signé : Lombard, vice-président. »

Source : Archives parlementaires, tome 73, du 25 août au 11 septembre 1793.

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Un citoyen au Tribunal révolutionnaire

Mazerat de Lort (François-Sicaire), né à Nontron (Dordogne) en 1753 ; mort à Paris le 7 septembre 1806 ; fils d'un ancien magistrat de la Dordogne.

Avocat au Parlement de Guyenne à Bordeaux (1778) ; — avoué à Nontron ; — commissaire du Roi près le Tribunal du district de Nontron (1790 à 1792) ; — maire de Nontron (1792) ; — destitué comme suspect, incarcéré, remis en liberté au bout de huit mois ; — s'établit à Paris ; — juge au Tribunal révolutionnaire de Paris (8 nivôse an III, 28 décembre 1794) ; — juge au Tribunal central des directeurs du jury de Paris en vertu de la loi du 6 messidor an III ; — juge suppléant au Tribunal civil de la Seine, titulaire en 1796 (pluviôse an IV) ; — non réélu en avril 1797 (germinal an V) ; — employé au bureau de liquidation des émigrés (1806).

Arch. nat. BB, 167, 169, 172.

Il est sans doute parent de Louis-François Mazerat, né à Nontron le 22 septembre 1817, qui fut député de la Dordogne à l'Assemblée nationale de 1871 et mourut à Périgueux, le 2 mai 1881.

Source : Les tribunaux civils de Paris pendant la Révolution (1791-1800).

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29 mai 2016

Une route entre Montbron et Nontron

« Ce jourd'huy premier du mois de may 1785 après midy sous la halle publique de la ville et paroisse de Nontron où ont accoutumé de s'assembler les habitants de la dite ville pour les affaires de la communauté, pardevant le notaire royal est comparu Guillaume Lapouraille, maître en chirurgie, en qualité de principal sindic collecteur des tailles en exercice de la présente année, en absence du sindic général, lequel a dit à l'assemblée qu'ayant été informé par la voie publique et par des instructions particulières et certaines que Mme la duchesse de Larochefoucauld ayant demandé l'établissement d'une grande route de communication de Montbron à Nontron, il a été donné des ordres pour prendre les renseignements nécessaires pour en fixer la direction. Mais, en même temps, il a été dit au comparant qu'il était à craindre que l'embranchement s'exécutât en allant de Montbron à Forgeneuve par le bourg de Varaignes, ou à peu près, et de Forgeneuve à Nontron, en passant par le bourg de Saint-Martial-de-Valette. Il a cru de son devoir de convoquer les principaux et notables habitants de cette ville, afin qu'ils soient à même de prendre les mesures qui leur paraîtraient les plus convenables dans l'intérêt du public et de la communauté. Surquoy les notables et principaux habitants de cette ville ont unanimement dit qu'animés par l'intérêt public et celui de la vérité ils doivent observer que par sa position la ville de Nontron la troisième l'une des plus considérables du Périgord sert d'entrepôt aux provinces du Limousin, du Poitou et de l'Angoumois qui l'avoisinent de très près et qu'on ne saurait donner trop d'attention aux moyens propres à donner trop d'attention aux moyens propres à donner de l'activité à cette ville et faciliter le commerce avec les provinces limitrophes ; que l'établissement des routes est de faciliter l'abord des villes. Que les circonstances présentes offrant à Nontron la perspective des routes qui lui manquent il lui est permis de se considérer comme le point central auquel devraient aboutir celles d'Angoulême, de Limoges et de Périgueux. De là, protestation contre le circuit par Saint-Martial au sud de Nontron et réclamations en faveur de la ligne au nord, par Javerlhac, Puymauger et Oradour, assurant les communications avec le Poitou et le Limousin pour le commerce de Nontron, qui se trouverait délaissé au profit de St-Martial, lequel, ajoutent les habitants : Existerait seul et Nontron délaissé tendant à sa destraction n'offrirait dans peu que des ruines, de la misère et des tailles à payer plus difficilement. Qu'enfin ils osent espérer que la bienfaisance de la Cour, qui veille également sur tous les lieux où elle peut compter des cœurs, des bras et des vies pour la défendre, jettera un regard favorable sur une de ses villes du Périgord et permettra à MM. les ingénieurs de prendre le parti le plus conforme à l'amour paternel de notre glorieux monarque pour tous ses fidèles sujets. » Les habitants offrent ensuite une subvention de trois mille livres pour la ligne qu'ils préfèrent, et ils nomment pour commissaires MM. Augustin Forien Sr des Places, et Pierre Pastoureau Sr de Labesse, pour veiller à l'étude de cette ligne et pour envoyer copie de la délibération à l'intendant de Guienne, à Mme la duchesse de Larochefoucauld, à M. le président de Lavie, seigr de Nontron ; à M. le comte de La Ramière, à M. le marquis de Verteillac, à M. le comte de Montbron et à M. le marquis de Javerlhac. Suivent ensuite les signatures des habitants présents, savoir : « Fourien, Forien des Places, Pastoureau de Labesse, Bussac, ancien officier de cavalerie ; Mazière, Couvrat, Feuilhade, Vieillemard, Verneuil de Puybegout, Fonreau, Bosselut, Ribadeau, Dufraisse, Martel, de Grandcoin, maitre chirurgien ; Francois Feulhade, sieur de La Terrière. »

(Congrés scientifiques de France, 1878)

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27 mai 2016

La famille de Guy Tachard

Guy Tachard est le premier enfant de Léonard Tachard et Françoise Clergeon, que Léonard a épousée en secondes noces en 1647. Le couple est installé à Marthon même, modeste bourgade de cent vingt feux et six cents habitants. La baronnie dans son ensemble comprend plusieurs autres paroisses dans un périmètre d'une dizaine de lieues. Elle est attachée depuis ses origines à la prestigieuse famille des La Rochefoucauld, et c'est sans doute ce qu'elle a de plus remarquable. Dans ce contexte paisible et banal, Léonard Tachard, maître apothicaire, appartient de par son métier à la bourgeoisie locale. Celle- ci doit à la sénéchaussée une certaine consistance. Ici s'arrêtent déjà les certitudes. Nous ne connaissons guère en effet les activités de Léonard Tachard en dehors de son officine. Père de huit enfants dont des jumeaux, il a dû face à d'importantes responsabilités familiales. Il est probable néanmoins que nombre de ses enfants moururent en bas âge. Nous n'avons trace après leur baptême que de Guy et de sa sœur Paule. Léonard Tachard n'a pas exercé de rôle public comme en témoigne le silence des archives. Cependant le jeu des alliances laisse à penser qu'il jouissait d'une position sociale tout à fait honorable. Il avait épousé en premières noces, en 1646, Françoise Delagarde, sans doute apparentée à la grande famille locale des Delagarde, sénéchaux de père en fils avec Jean et Guy, et détenteurs immuables de la cure avec Elie, curé de Marthon de 1638 à 1684. Le second mariage de Léonard est également intéressant, puisque Françoise Clergeon pourrait être la fille de Guy Clergeon, maître apothicaire lui aussi. Léonard Tachard se serait donc contenté de prendre la succession de son beau-père. Il reprend le prénom de ce dernier — suivant une pratique courante — pour baptiser son premier fils. Ces hypothèses ancrent assez solidement Guy Tachard dans le terroir de Marthon, aux confins de l'Angoumois et du Périgord. La seule fille de Léonard Tachard que nous pouvons suivre jusqu'à son mariage confirme cette impression. Paule Tachard, quatrième enfant de la famille, se marie très honorablement à Nicolas Mesnard, avocat à Marthon. Elle y demeure jusqu'à sa mort à l'âge de cinquante-sept ans, en 1710.

Source : Un Jésuite à la Cour de Siam, de Raphaël Vongsuravatana.

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25 mai 2016

Les émeutes de Javerlhac

Après les très mauvaises conditions climatiques de l'hiver 1788/1789 jusqu'à l'été 1791 : gelées, grêle, pluies diluviennes, orages puis sécheresse qui avaient ramené les récoltes de 1789 au 1/20e de la normale, celles de 1790 aux trois quarts et celle de 1791 à un tiers ; il n'y avait plus de réserves en 1792.

Par crainte du manque de nécessaire et par spéculation, beaucoup de propriétaires ne portaient pas leurs blés sur les marchés d'où rareté et flambée des prix ; le septier de froment était passé de 15 livres en 1790 à 22 livres en 1792. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 mars 1792, Guillaume Vallade, maître de forges à Jomelières, avait été averti que le nommé Léonard Julien dit Tapon, recouvreur, tireur de mines, avait annoncé que le lendemain, un nombre considérable de particuliers de Varaignes et de Javerlhac iraient chez lui pour manger et boire à discrétion, sinon ils briseraient tout.

Vallade dénonça Tapon à la municipalité de Javerlhac qui l'envoya chercher mais 150 personnes environ le firent libérer de la maison commune. Le lendemain dimanche, ces mêmes particuliers s'attroupèrent devant la porte de l'église à la sortie de la messe.

Là, Jean Aupuy dit Jacquillou, voiturier, les haranguait, disant qu'il fallait aller visiter les greniers et taxer le blé ; pendant ce temps Tapon faisait la quête. Puis tout le monde partit chez le sieur Chaperon, manger et boire à discrétion, visiter les greniers et prendre quelques montres de blé taxé à 16 livres le septier avec défense de le vendre au-dessus sous peine d'une amende de 50 livres.

Ensuite direction Jomelières chez Vallade mais là les manifestants constatèrent qu'il n'y avait dans les greniers qu'à peine ce qu'il fallait pour la maison et la forge ; ils se contentèrent de boire et de manger à discrétion. La tournée se termine à Pys chez le sieur Puymartin pour boire et manger de nouveau et demander de respecter la taxe.

Le lundi 26, Jacquillou accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un voiturier de Saint-Martin-le-Pin vint demander du blé au prix de la taxe à Chaperon ; celui-ci accepta de vendre six septiers mais à 22 livres comme au marché de Nontron.

Ce même jour, Jean Baylet dit Saint-Jean garde-chasse de M. de Javerlhac rencontra François Pastoureau et lui dit : que c'étaient les bourgeois qui trompaient les paysans et les artisans puisqu'ils occupaient toutes les places, que c'étaient même les bourgeois qui retenaient le roi en prison, qui avaient fait empoisonner l'empereur (Léopold II empereur d'Autriche, frère de Marie Antoinette) et qui faisaient sécher les princes sur pied ; que quant à la taxe, elle se ferait tous les ans pour l'achat des habitants de la paroisse, seul le surplus pourrait être amené au minage de Nontron.

Le mardi 27 mars, Jacquillou, accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un habitant de Bourdeix vint à nouveau chercher du blé chez Chaperon qui était absent et sa fille refusa de lui en fournir.

ll se rendit alors chez Pierre Soury Lafond qui lui fit le froment à 20 sous de moins que le prix du minage 22 livres. Jacquillou lui dit que s'il ne voulait pas le laisser à 16 livres ce jour, il serait forcé de le livrer le dimanche d'après à 15 livres.

Un autre incident s'était produit le 25 mars. La femme d'un cabaretier de Javerlhac, rencontrant avant la messe, le receveur de la commune, Jacques Pabot dit Chatelard lui demande le remboursement de sa patente car cinquante personnes avaient été chez elle la veille pour lui ordonner de se faire remettre son argent et que si elle n'obéissait pas à l'instant, ils la rosseraient de coups.

Chatelard accepta dès qu'elle lui eut remis le reçu qu'il lui avait délivré mais il se vit entouré d'une multitude de paysans qui lui défendirent absolument de donner ni faire prendre de patente à qui que ce fût, parce que cela faisait augmenter trop considérablement les denrées.

Les principaux meneurs et participants (treize personnes) dénoncés par le maire de Javerlhac, François Eyriaud Bechemore étaient : Jean Aupy dit Jacquillou et Bellair cordonnier habitant le bourg, Léonard Julien dit Tapon, le fils du nommé Limousin et Jeammet Bordier habitant La Cour, Jean Baylet dit Saint Jean garde-chasse de M. de Javerlhac et le fils aîné de Mathieu Bonithon dit Bernassou habitant Le Petit Gilou, le fils aîné de Marguillier, métayer de Mme Desvergnes habitant Taxat, le fils aîné de Solle, métayer de Mme Desvergnes et le fils aîné de Lois, métayer du sieur Fonreau habitant Pys, Jean Mercier dit Bonnet, maçon aux Chenauds, Gros tailleur d'habits à La Meynardie et Nicolas Doucet laboureur.

Avec l'aide des gardes nationaux, les gendarmes réussirent à en arrêter quatre : Jean Aupy, Léonard Julien, Jean Baylet et Nicolas Doucet, lesquels furent conduits à la maison d'arrêt de Nontron alors que leurs partisans s'attroupaient pour tenter de les libérer. Le directoire fit même venir de La Rochebeaucourt, deux canons et de vingt-cinq à trente hommes pour parer à toute éventualité, mais il ne se passa rien. Les quatre hommes, inculpés d'attroupements séditieux furent écroués le 16 avril à Périgueux et jugés le 15 juin par le tribunal criminel.

Jean Aupy, principal accusé, meneur des attroupements, initiateur de la taxe et qui, de plus, prétendait former dans sa troupe une municipalité, une Garde nationale et aller chercher le seigneur de Javerlhac pour le rétablir dans son château fut condamné à six ans de fers. Léonard Julien fut condamné à trois ans de détention, Baylet et Doucet furent acquittés.

Aupy et Doucet déposèrent le 17 juin un recours en cassation ; nous ne connaissons pas la suite. Les émeutes de Javerlhac avaient finalement fait plus de peur que de mal, pas d'armes et pas de violence, mais elles étaient révélatrices de causes profondes du conflit : opposition à la patente des commerçants et artisans mais surtout opposition des bourgeois propriétaires et des artisans et métayers, gens sans propriété.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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24 mai 2016

La Franc-maçonnerie à Nontron

La Loge de Nontron

A Nontron, une première Loge, l'Avenir de Nontron, avait été fondée en 1869 par treize frères parmi lesquels Antoine Debidour, le sénateur Alcide Dusolier, les frères Jean et Emile Millet-Lacombe. En sommeil depuis 1884, l'atelier fut remplacé par la Loge La Solidarité Nontronnaise dont la constitution fut accordée le 7 mars 1904 et qui eut pour Vénérables Joseph-Augustin Castaud, Commissaire de Police et Eugène Lainé, instituteur à Champs-Romain.

Les Archives du Grand Orient permettent de recenser cinquante-quatre frères ou profanes présentés à l'initiation, dont le tiers seulement résident à Nontron, quatre habitent Jumilhac-le-Grand, trois, Piégut-Pluviers et Thiviers, deux, Abjat ; il n'y a qu'un seul franc-maçon à Augignac, Beaussac, Le Bourdeix, Brantôme, Champs-Romain, La Coquille, Léguillac-de-Cercles, Lussas-et-Nontronneau, Mareuil, Miallet, Milhac-de-Nontron, Saint-Front-de-Champniers, Saint-Jory-de-Chalais, Saint-Martial-de-Valette, Saint-Martin-de-Fressengeas, Saint-Pierre-de-Côle, Saint-Saud, Teyjat et Villars. Dans ce petit atelier travaillent le député Sireyjol, Apprenti, le 5 août 1906, Maître, le 25 mai 1911, Vénérable, le 9 juillet 1919, les Inspecteurs primaires Minot, en 1904 et Chaumont en 1906, l'imprimeur du Nontronnais, Jolivet et celui de l'Indépendant de Thiviers, Fargeot, le percepteur de Nontron, le Commissaire de Police et quatorze instituteurs, près du tiers de l'effectif de la Loge. Guillaume Gustave Hermann, Sous-Préfet en 1890, était maître à l'Orient de Périgueux à la même date.

Source : La séparation de l'Église et de l'État en Périgord, de Pierre Pommarède.

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