04 décembre 2019

Un ballet en Espagne

L'an 1644, nos cavaliers qui estoient en garnison dans Barcelone, pour se divertir au milieu de l'hiver dansèrent un ballet dont le sujet estoit, La Révolution du Siècle, où ils représentèrent les prospérités de la France & ses conquêtes en divers endroits de l'Europe. Les principaux acteurs estoient le comte de Revel, le baron de Fontaraille, le baron de Sainte Colombe, le baron de S. Germain, le baron de Launay, le baron de Lindois, le baron de Beaufort, le baron de Serillach, les sieurs Foucaut, Talon, du Mans, S. Clair, Rivedieu, du Perier, des Andrieux, de Mons, & d'Orneson. Les Catalans donnèrent à ce ballet le nom de Dança momeria hecha por los cavalleros franceses que oy assisten en la ciudad de Barcelona.

Source : Histoire du roy Louis le Grand, de Claude-François Menestrier.

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Les chevau-légers du sieur de Lindois

Sur ces entrefaites, le 26 avril au soir (1642), arrive à Lavaur la compagnie des chevau-légers de M. de Lindois, se rendant à Viviers. Mais, peu soucieux de faire double course, de Lavaur à Viviers et de Viviers à Lavaur, — l'histoire du régiment de la Couronne avait fait du chemin, — ces gendarmes refusèrent de passer outre. On consentit à lesloger en ville, pour le soir seulement. Il fut convenu que la compagnie se rendrait à Viviers le lendemain et que si, comme tout le faisait craindre, elle trouvait Viviers désert, les vivres lui seraient apportés de Lavaur. Il est probable que l'accueil fait par les gens de Viviers aux chevau-légers du sieur de Lindois fut celui dont ils avaient honoré le régiment de la Couronne, puisque, un mois après, le régiment des vaisseaux du roi arrivé à Lavaur se refusa obstinément de se rendre, à Viviers. Cette situation était intolérable et, au mois d'août, la décision des Etats, relative à l'établissement de l'étape à Viviers, fut rapportée.

(Revue historique, scientifique et littéraire du département du Tarn, 1883)

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Transaction et partage

Transaction entre noble Guy du Chastaigner, baron des Étangs, seigneur de Lindois, et M. Jean Guischard. prêtre et curé de Massignac, par laquelle ils conviennent de jouir par indivis des rentes du bourg et tenure de Massignac, réserve faite au dit curé du droit de vigerie et de dîme, 1479.

Partage du domaine de Lindois fait entre René Chastaigner, sieur de Lindois, écuyer, et Pierre Chastaigner, sieur des Étangs, écuyer. Le premier conserve la terre et seigneurie de Lindois avec droit de justice haute, moyenne et basse et diverses redevances ; le second, la terre et seigneurie des Étangs avec mêmes prérogatives, 1564.

(Archives départementales de la Haute-Vienne, 1882)

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Rôle des vingtièmes du Lindois

La dame veuve du sieur Chasteigner de La Roche-Posay, propriétaire de rentes, deux domaines, maison, préclôtures, héritages, un moulin, moitié d'un autre moulin et un domaine dans ladite paroisse, le tout du revenu de 1,206 livres, payera cent trente-deux livres treize sols.

Le sieur Chasteigner, baron du Lindois, propriétaire de château, préclôtures, rentes, deux étangs, trois domaines et un tiers des dixmes dans la susdite paroisse ; plus, propriétaire de maison, préclôtures, rentes et un domaine dans la paroisse de Pranzac ; rentes, trois domaines, prés et héritages dans...; le tout du revenu de 3,209 livres, payera trois cent cinquante-trois livres.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1866)

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Le logis de Saint-Pierre

Le 6 mai 1695, Suzanne de Lamberterie, de Saint-Pierre, épousait à Cherves, Charles Chasteigner de la Rochepozay, écuyer, seigneur du Lindois. A l'acte de leur mariage signèrent : Suzanne de Lamberterie, Suzanne de Mascureau, Charlotte de la Rochepozay, de Nesmond, Charles de Lamberterie, Marguerite Dauphin, Marianne de Chasteigner de Mirabel, Madeleine Chasteigner de la Coste, Catherine d'Arlot de Frugie, Gabriel Chasteigner de la Rochepozay, de Viroulaud de la Bergerie, J. Le Chevalier, de Rougnac, Jean de Trion, P. Grellier, Quichaud. Ce ménage habita Saint-Pierre où naquirent : 1° Charles, baptisé le 9 avril 1696; 2° Marguerite, baptisée le 18 mars 1697; 3° Henriette, baptisée le 15 avril 1698; 4° Léonard, baptisé le 15 décembre 1699; 5° François, baptisé le 3 février 1701; 6° Suzanne, baptisée le 25 janvier 1702.

Les Chasteigner portent : "D'or à un lion passant (ou posé) de sinople, armé et lampassé de gueules". Au bourg du Lindois subsiste encore le château bâti par Guy de Chasteigner, chambellan des rois Louis XI et Charles VIII. Guy de Chasteigner y mourut en 1547. A la Révolution, le 22 septembre 1790, Eutrope-Alexis de Chsateigner abandonnait à la municipalité du Lindois l'usage de la salle des audiences du château du Lindois, en face de l'église, pour servir de salle de délibérations, et la prison du château située vers les fossés, sous un pavillon du château et la chambre du garde. Au siècle dernier cette habitation, acquise parla municipalité, a été aménagée pour servir d'écoles communales.

François Chasteigner de la Rochepozay, remplaça ses parents à Saint-Pierre, alors que ses frères moururent jeunes ou quittèrent la paroisse.

Ce François Chasteigner avait parfois querelle avec ses voisins, car on trouve un procès-verbal dressé par notaire, le 2 décembre 1722, où il est constaté que Chasteigner de la Rochepozay, demeurant à Saint-Pierre, a tué dans ses bois de Saint-Pierre d'un coup de fusil un porc appartenant à Jean Crouzeau, fermier de la Faurie, et qu'il refuse de le payer. Il épousa Thérèse Desbordes, dont naquirent à Saint-Pierre : 1° François-Joseph, baptisé le 26 août 1748, qui eut pour parrain François-Joseph Chasteigner, seigneur du Lindois et pour marraine Anne de Montemboeuf, dame de Gensay; 2° François, baptisé le 18 février 1750, qui eut pour parrain François Desbordes, seigneur de Gensay, et pour marraine Jeanne Rocquard, dame de Chasteigner; 3° François-Joseph, baptisé le 25 juillet 1754, épousa plus tard Marguerite Esther de Rocquard, qu'on trouve veuve le 1er germinal an III, demeurant à la Courrière du Lindois; 4° Pierre, baptisé le 16 janvier 1756, qui eut pour parrain Pierre Desbordes, sieur de Verdille, et pour marraine Anne de Couhé.

François Chasteigner de la Rochepozay, (seigneur de Fontenay, du chef de sa femme probablement), demeurant à Saint-Pierre, avait (avant son mariage), le 5 mars 1735, affermé pour cinq ans sa part de biens, bâtiments, domaines et héritages, situés à Chez-Pautier, paroisse de Vitrac; et le 19 octobre 1739, sa métairie située paroisse Saint-Vincent.

Le 8 janvier 1740, il vendait à Michaud, maître de forges à Puyravaud, soixante-six cordes de bois, à cinquante-cinq sols la corde, pour faire du charbon, ces bois situés près du bourg de Cherves. Sur le prix, soixante livres seront payables au curé de Cherves et soixante livres au comte de Montbron pour arrérages de rentes.

A la date du 4 mai 1744, dans les minutes Veyret, on trouve une transaction entre Catherine Dupradeau, veuve d'Antoine Jourdes, sieur du Chenaud, demeurant à Chevallerie, Léonard Chasteigner, seigneur du Lindois, La Grolle et la Courrière, demeurant à la Courrière, et François Chasteigner de la Rochepozay, écuyer, sieur de Fontenay et de Saint-Pierre, demeurant au logis de Saint-Pierre, paroisse de Cherves, frères, et héritiers sous bénéfice d'inventaire, de leur père : Charles Chasteigner de la Rochepozay.

Thérèse Desbordes, épouse de François Chasteigner, décédée à Saint-Pierre, fut enterrée dans l'église de Cherves (âgée de 30 ans), le 16 janvier 1756; son mari ne lui survécut guère et décéda aussi à Saint-Pierre, le 18 janvier 1761.

De leurs enfants, au moins deux : François-Joseph et François, probablement les deux plus âgés, entrèrent dans l'armée; l'un était capitaine au régiment de Foix quand, le 12 février 1774, traitant à Barusseau pour lui et ses frères, il accepte cession de 78 livres, à prendre sur une plus forte somme, due à lui et à ses enfants, pour dot de feue Marie de Chevreuse sa femme.

Le 1er juin 1775, François Chasteigner de la Rochepozay, frère du précédent, officier au régiment de Bretagne, et sa femme Geneviève d'Oray-de-Brie, demeurant au château de Sers, faisant pour lui et pour ses frères, résilie la ferme faite à Jean Peyraud, de leurs biens sis à Saint-Pierre. Dans un acte du 25 novembre 1778, où il afferme à Braquet sa métairie de Chez-Soulier, paroisse Saint-Vincent, ce Chasteigner, de présent à Saint-Pierre, est qualifié "chevalier, seigneur du Fayan, ancien officier au régiment de Bretagne".

Après la Révolution, une demoiselle Marie-Emilie Chasteigner, héritière des précédents, propriétaire à Saint-Pierre, avait épousé Philippe Dupuy-Boisjoly, né à Chez-Veyret le 16 septembre 1780 (fils de Joseph Dupuy-Villars, alors notaire et procureur fiscal de la baronnie du Lindois). Ce ménage eut plusieurs enfants; ils ont, au cours du XIXe siècle, vendu le logis et les domaines de Saint-Pierre. Les acquéreurs qui leur ont succédé ont complètement détruit l'ancien logis de Saint-Pierre et ont créé les quatre métairies qui constituent aujourd'hui le village de ce nom.

Source : Cherves-Châtelars, de François Jacques.

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Lettre de Godefroy Chasteigner

Monsieur mon frère, parce que ne m'est loysible vous aller veoir, obstant quelque petite malladye qui incessamment me donne ennuy mexmement toutes les nuyetz, et que pour craincte d'icelle ne me oze mettre à chemin pour y aller, qui est la chose de se monde que plus désire, je vous ay bien voulu escripre ceste présente par ce porteur pour vous prier me avoir pour excusé et ne vouloir estre, s'il vous plaist, mal content de moy, sy ainssi ne l'ay faict comme tout mon désir grandement l'appeloit; car par plusieurs foys ay heu en délibération de ce fayre, touteffoys la craincte de plus mal me trouver me en a tousjours gardé. Ausurplus, monsieur mon frère, par ce que il y a quelqu'un de par deça qui me veult donner facheryes seur l'acquisition de quelque peu de bien que j'ay faict, et sans propoz, je ay faict transport à Monsieur de Nantheulh, mon nepveu, desdictes acquisitions par moy faictes, pour plus vexer ma partie, car il le mérite, comme pourrez plus amplement sçavoir par cedict porteur du tout; par quoy vous veulx bien supplyer me faire ce bien vouloir aucthoriser mondict nepveu, comme ma partye a requis, vous asseurent queserois bien marry que mondict nepveu y feist aulcune perte, car de ce le garentyray tousjours. Pareillement vous veulx bien prier me faire ce bien, s'il vous plaist, me envoyer par ledict porteur tous les titres et enseignemens lesqueulx me avez dict que aviez concernens le faict de Lindoys et de Lestangs; car je vous promets, mon frère, que j'ay beaucoup de procès et affayres, esqueulx je ne puys donner bon ordre, et faire venir à bonne fin par faulte d'enseignemens, par quoy vous prie de rechief me en ayder. En cest endroit voys présenter mes humbles recommandations à vostre bonne grâce et à celle de Madame ma seur, ce que faict pareillement du bien bon cueur vostre seur de séans; priant Dieu, Monsieur mon frère, vous donner à tous deulx longue vie. Chez vous à Lindoix, ce XXVe octobre (1550 ?).

Vostre plus obéissant frère à jamès, G. Chasteigner.

(Société des archives historiques du Poitou, 1878)

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Nicolas Chasteigner contre Adrien de Monluc

Le baron des Etangs, Pierre Chasteigner, combat aux côtés de La Noue en 1568. Cette présence protestante au cœur de la principauté crée des tensions entre le lignage et le comte de Cramail. Une procédure est engagée par Adrien de Monluc avant 1612 contre la femme du baron des Etangs, Jacquette de Moussy, elle se poursuit avec son fils, Nicolas. Les requêtes et les sentences se succèdent après 1620, date à laquelle on perd trace du procès. En 1624, Nicolas Chasteigner est condamné par contumace avec des complices «a estre rompus vifs sur ung eschafaud qui sera dressé en la place publique dos Jacobins de ceste ville d'Angouleme, puis mis sur une rouhe haute eslevée pour y demeurer vivants, tant et si longuement qu'il plaira à Dieu les y laisser pour l'agression du seigneur de Pressac». Après cette affaire, le baron des Etangs disparaît également des archives. Loin de ces terres, Adrien de Monluc laisse le soin à ses procureurs de régler ce type d'affaires.

A.D.H.-G., 3 E 1631 f°845v°-847 (11 décembre 1615). Arrêt du conseil rendu à la requête d'Adrien de Monluc. comte de Caraman, prince de Chabanais, lieutenant du Roi au comté de Foix contre Nicolas Chasteigner, baron des Etangs, faisant défense à ce dernier de prendre le titre de baron, et de faire tenir aucunes foires ou marchés au bourg de Massignac. Ledit baron des Etangs, «en conséquence des édites de Nantes et de Loudun» avait réclamé la nullité d'une enquête du sieur de Monluc «comme estant faicte pendant les mouvements contre luy de la religion prétendue réformée». A.D. Haute-Vienne, D 374 (1619). En 1620, Monluc désigne un procureur pour plaider contre Nicolas Chasteigner. A.D.H.-G., 3 E 6064 P1 30 (25 juillet 1620).

Source : Adrien de Monluc (1571-1646), de Véronique Garrigues.

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Chasteigner, garde du corps de Louis XVI

Chasteigner (Eutrope-Alexis de).

Famille d'extraction chevaleresque du Poitou connue depuis le XIe siècle et dont la filiation est suivie depuis le siècle suivant. Elle eut deux fois les honneurs de la Cour. Cet officier appartient à la branche du Lindois.

Né le 1er août 1738 au Lindois (Charente). Fils de François-Joseph de Chasteigner de La Rocheposay et de Marie de Virouleau de Marillac. Petit-fils de Jean et d'Isabeau de La Roche-Aymond. Frère de François-Xavier, né le 28 septembre 1736, capitaine au régiment d'Auvergne, tué à Clostercamp, et de Léonard, né le 3 mai 1741, fusillé à Quiberon.

Reçu garde du corps dans la compagnie écossaise le 4 mars 1756, obtint une commission de capitaine le 30 mars 1774 et la croix de Saint-Louis en 1782. Nommé garde de la manche le 30 juin 1785, brigadier le 31 décembre 1787. Il émigra en août 1791, fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes et prit part à l'expédition de Quiberon dans le régiment de Loyal-Émigrant. Fusillé le 2 août 1795.

Source : Les gardes du corps de Louis XVI, de Gilbert Bodinier.

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L'histoire des protestants de Massignac

De l'histoire des protestants de Massignac il ne nous est parvenu que quelques rares épisodes qui appartiennent au premier tiers du XVIIe siècle. 

Comme la Sudrye, Massignac était situé en Angoumois, mais jouissait du voisinage peu envié d'un prieuré ancien qui fut uni en 1604-1605 aux Jésuites de Limoges et forma dès lors un prieuré-cure à la nomination des révérends Pères. Le seigneur du lieu était alors Nicolas Chasteigner, baron des Etangs, d'une illustre famille dont une branche restée catholique, celle des La Roche-Posay, a donné plusieurs évèques au catholicisme. Une seconde branche, celle des seigneurs de Lindois, était calviniste et apparentée aux maisons de Pierrebuffière et de Rochefort. Messire Chasteigner de Lindois, quoique de naissance noble, ne dédaigna point de s'asseoir comme simple étudiant sur les bancs de l'Académie de Nimes. La troisième branche, celle qui va nous occuper ici, avait embrassé le calvinisme sur la fin du XVIe siècle, à l'instigation de dame Jaquette de Moussy déjà protestante, et avait favorisé ses progrès déjà anciens dans la contrée. 

On conçoit que Nicolas Chasteigner ne fut point d'humeur à payer aux Jésuites les dîmes ecclésiastiques qu'ils lui réclamaient sur certains domaines de son fief, en vertu de l'article 25 de l'édit de Nantes. Il en résulta, à partir de 1607, des hostilités plus ou moins déguisées qui amenèrent un procès. Ce procès dura plus de quinze années et se termina une première fois par la condamnation du baron des Etangs, 1620. Repris quelques années plus tard par le baron, puis par ses héritiers, il se prolongea jusqu'en 1670 et peut-être même au-delà, car la sentence finale n'est point connue. 

Un autre événement mit encore les adversaires aux prises. Dlle Jaquette de Moussy, mère de Nicolas Chasteigner, décéda en son château des Etangs, le 19 novembre 1617, assistée d'un ministre protestant. Le baron prétendit la faire inhumer dans l'église catholique où se trouvaient les tombeaux de ses ancêtres. Les Jésuites s'y opposèrent, mirent l'évêque de leur côté et refusèrent de livrer les clefs de l'édifice. Appuyé par quelques gentilshommes des environs, Nicolas Chasteigner fit forcer les portes de l'église et procéder à l'inhumation de sa mère au son de la cloche paroissiale. Le curé déclara l'église profanée et fit élever un mur autour du tombeau de la baronne. Mais les gens du baron des Etangs renversèrent ce mur et parurent un instant devoir garder le dernier mot. Les Jésuites s'adressèrent alors au parlement de Paris qui, par arrêt de 1620, ordonna d'exhumer le corps de la baronne en présence de son fils, et de le transporter hors de l'église et du cimetière de Massignac, ce qui fut exécuté. 

Cette scène déplorable montre assez quels sentiments animaient les deux partis à l'égard l'un de l'autre. Elle met aussi en lumière quelques-unes des difficultés que les stipulations de l'édit de 1598 avaient laissées subsister. La prétention du baron de revendiquer la sépulture de ses ancêtres dans une église que ceux-ci avaient peut-être bâtie de leurs deniers, comme cela se voyait en maint endroit, est assez explicable. Celle du clergé à repousser de ses sanctuaires quiconque méconnaissait son autorité spirituelle ne l'est pas moins. Il y avait là une opposition de droits que l'édit était impuissant à concilier et qui devait amener fréquemment des conflits du genre de celui que nous venons de constater. 

Quelques-unes de ces petites communautés calvinistes durent décéder vers 1645-1648, lorsque la jurisprudence se fut définitivement introduite de refuser l'exercice de leur culte aux églises de fief. Les troubles de la Fronde purent aussi hâter leur disparition.

Source : Histoire de la réforme dans la Marche & le Limousin, d'Alfred Leroux.

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La famille Chasteigner, barons du Lindois

En 1645, Isaac Chasteigner, seigneur baron du Lindois, est veuf de Magdeleine de Pons, fille de Pons de Pons, seigneur de Bourg-Charente. Il se trouve à Paris depuis plusieurs mois à cause d'un grand procès concernant la terre de Bourg-Charente.

On l'y informe que son fils aîné, Pons Chasteigner, assisté de gens de mauvaise vie, vient de s'emparer par force et violence de son château du Lindois, qu'il en a chassé ses sœurs et tous les domestiques, qu'il a vidé les coffres et pris ce qu'ils contenaient de plus précieux, et qu'il a mis une garnison dans le château pour le défendre et en interdire l'accès.

De retour de Paris, le baron du Lindois apprend que son fils est parti à Aubeterre avec la moitié de sa garnison. Il saisit cette occasion. Parti de La Rochefoucauld en pleine nuit avec une dizaine d'amis qui l'accompagnent, ils escaladent les murailles du château avec des échelles, surprennent la garnison endormie et se rendent maîtres des lieux.

Le fils du baron se réfugie alors dans une maison voisine, à la Graule, qu'il fait fortifier, et il continue à terroriser le voisinage. Il vole les chevaux de son père, fait tirer des coups d'arquebuse contre sa fenêtre...

En juin 1646, le vice-sénéchal de Bellat, avec une dizaine d'archers, arrive au Lindois pour y capturer Pons Chasteigner, le fils rebelle. Accompagné aussi d'une bonne vingtaine d'hommes de la paroisse du Lindois, il se présente au château de Bellat, paroisse de Roussines, où Pons Chasteigner et ses amis se sont réfugiés. Le vice-sénéchal y est mal reçu. Le sieur de Bellat lui dit que son honneur est de conserver Pons Chasteigner puisqu'il lui a baillé retraite, et il menace le vice-sénéchal de lui «envoyer du feu» s'il ne se retire pas. Ce dernier ordonne cependant de commencer à abattre les murailles. Mais la cloche sonne à Roussines et 300 hommes armés accourent au secours du château de Bellat, ce qui contraint le vice-sénéchal de se retirer et de dresser le procès-verbal de ces événements, le même jour, sous la halle du Lindois.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1994)

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