11 février 2016

Lettres de la comtesse de Verteillac

Adepte des nouvelles idées agronomiques, la comtesse de Verteillac souhaite, pour sa part, leur application sur ses terres périgourdines (1). En 1746, elle change de mode d'exploitation, délaissant « des fermiers [qui] sont des sangsues qui énervent tout au lieu de mettre en valeur » (2), pour un régisseur qui touche un revenu fixe et lui envoie plusieurs fois par an l'argent tiré de la vente des céréales (froment, seigle, avoine et maïs) et du vin issus de la réserve ou de parcelles en métayage. Dans sa première lettre à Allafort, la comtesse suggère un plan d'amélioration du domaine comprenant le renouvellement des pieds de vigne, la création d'une pépinière avec « glands, noyers, châtaigniers, ormes, tilleuls » et des labours fréquents car, écrit-elle, « [je] suis pérsuadée que plus on remue la terre, plus elle rapporte. Si vous voulez, pour satisfaire ma curiosité, essayer sur un journal de faire labourer quatre fois avant qu'on y sème du froment, je serai bien aise de voir comment cela réussira [...] » (3). Quelques mois plus tard, elle ajoute à une lettre de son mari une notice explicative pour épierrer les jachères, avec schéma à l'appui et précise en post-scriptum : « J'aime beaucoup les expériences et vous m'obligeriez infiniment en donnant vos soins à celle qui est expliquée par le papier ci-joint [...] (4). » Son vocabulaire révèle sa passion pour ces nouveautés qu'elle voit comme un jeu : « Amusez-vous à faire au plus tôt cette expérience » écrivait-elle déjà à l'automne précédent (5). Un net partage s'opère entre les époux ; à elle les innovations, à lui la gestion des intempéries, des prix et des litiges avec le régisseur. Ainsi, lors de la crise de 1747, le comte est soucieux — « je ne doute point que la misère soit grande et madame de Verteillac et moi, consentons volontiers que vous distribuiez aux pauvres les fèves qui vous restent » (6) — et la comtesse rêve encore de nouveautés : « je juge que les métayers peuvent exécuter cela aisément avec leurs familles et que si on les aide quand ils sont dans la disette, ils doivent, sans me rançonner, se prêter à cette experience que je veux faire » (7).

Notes

1. Combet (Michel), « Agronomes et agromanes en Périgord 1750-1850. Des amateurs aux pédagogues », dans La modernisation du monde rural en Aquitaine, FSHO, 1999, p. 111-131.

2. ADD, op. cit. Lettre de la comtesse de Verteillac au curé de Saint-Martin, 19/05/1746.

3. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

4. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

5. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

6. Ibid., Lettre du comte, 10/03/1747.

7. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

Source : Les élites et la terre du XVIe siècle aux années 1930, de Caroline Le Mao.

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04 février 2016

La compagnie des gendarmes de la garde ordinaire du roi en 1738

Instituée par Henri IV, en 1590 & en 1610. Louis XIII devenu roi, conserva cette compagnie pour sa garde ordinaire.

Uniforme, habit écarlate, doublure rouge, parement coupé de velours noir, & poche sen travers, galons & brandebourgs d'or en plein, boutons, boutonnières & ceinturons galonnés d'or sur le tout, veste couleur de chamois galonnée & bordée d'or, culotte & bas rouges, chapeau bordé d'or & plumet blanc; l'équipage du cheval, de drap écarlate, galonné & bordé d'or.

Capitaine, le roy.

M. le prince de Rohan, lieutenant général, commandant, ci-devant capitaine-lieutenant, en 1704. M. le prince de Soubise, son petit-fils, capitaine-lieutenant en 1734. Rang de mestre de camp.

Premier & second capitaines sous-lieutenants.

M. le chevalier d'Apcher, maréchal de camp.
M. le marquis de Morangiers, rang de mestre de camp.

Enseignes.

M. le marquis de Wargemont, rang de mestre de camp.
M. le marquis de Fieubet de Sivry, idem.
M. le comte de Gadaigne, idem.

Guidons.

M. le Comte de Lignerac, rang de mestre de camp.
M. le marquis de la Salle, idem.
M. le marquis de Poyanne, idem.

Maréchaux des logis aides-major en chef

M. de Valendré, brigadier.
M. du Chambon, brigadier.

Maréchaux des logis.

M. de la Ziroule, rang de mestre de camp.
M. de Virmont, idem.
M. de Pompry, idem.
M. de Warel, idem.
M. des Mauguins, idem.
M. de Borthon.
M. du Mousseaux.
M. de Cossé.

Brigadiers.

M. de Rochemont.
M. de Marigny.
M. du Cousset.
M. du Cassel.
M. de Vaumor.
M. des Vigneries.
M. de Greboval.
M. de Préfontaine.

Sous-brigadiers.

M. de Boisvillard.
M. le chevalier d'Aulnay.
M. de Coulmont.
M. de la Brousse.
M. d'Houdan.
M. de Monval.
M. de Semerpon.
M. de Vallaunay.

Porte-étendarts.

M. dle chevalier de Bonneval.
M. de Plaigne, père.
M. de Maltart.
M. le Clerc des Esserts.

Cette compagnie est composée d'un commandant, d'un capitaine-leutenant, de 2 capitaines sous-lieutenants, de 3 enseignes, & de 3 guidons, faisant 10 officiers supérieurs; de 10 maréchaux des logis, dont 1 aides-major en chef; de 4 brigades, & d'un escadron; monte à 210 gendarmes de la garde, compris 8 brigadiers, 8 sous-brigadiers, 4 porte-étendarts, 4 aides-major de brigade, qui font arbitraires, & non compris 2 fouriers ordinaires & extraordinaires, plus, 10 anciens gendarmes de la garde, dispensés du service, qui jouissent des privilèges & appointements chez eux, avec 4 trompettes & un timbalier. Les 4 enseignes ou guidons, sont de soie blanche, avec des foudres qui tombent du ciel, & ces mots pour devise, Quo jubet iratus Jupiter, brodés & frangés d'or & d'argent.

M. Legrand de Beauregard, commissaire á la conduite.

M. l'Abbé Bigot, aumônier. M. Barcot, contrôleur, M. Bagieu, chirurgien major; un apothicaire , un sellier, & un maréchal ferrant.

II y a une des 4 brigades ci-dessus détachée sur le guet, composée de 50 gendarmes de la garde, compris 2 brigadiers & 2 sous-brigadiers, qui sert toujours à la garde ordinaire du roi, avec messieurs les officiers.

Quartier ordinaire, à l'hôtel de la compagnie à Versailles.

Cette compagnie est payée par les deux trésoriers généraux des troupes de la maison du roi, année pair & impair.

Source : Carte générale du militaire de France, sur terre et sur mer, depuis novembre 1737 jusqu'en décembre 1738.

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Marendat du Cousset

Marendat du Cousset, avec Généalogie Charente Périgord
D'or à une croix d'azur.

Filiation suivie

I. — Martin de Marendat, avocat en parlement et juge de Javerlhac, marié avec Marguerite de Camain, fille de François de Camain, sieur de Puymoger, et Jeanne Chambon, d'où Jacques de Marendat, qui suit.

II. — Jacques de Marendat, sieur du Cousset (Varaignes), marié d'après acte du 27 février 1650, avec Sybille Forien, fille de Étienne Forien, sieur des Salles, et Bertrande Eyriaud, d'où : 1° Étienne de Marendat, qui suit ; 2° Marie-Bertrande de Marendat, mariée avec Charles Martin, sieur des Chaufies.

III. — Étienne de Marendat, sieur de Bellevue, capitaine du château de Varaignes, marié d'après acte du 16 novembre 1676, avec Marie Eyriaud, fille de Hélie Eyriaud, sieur de Bechemore, et Sybille Dumas, d'où : 1° Jean-Baptiste de Marendat, qui suit ; 2° Marie de Marendat, née en 1684, décédée en 1764, mariée 1) d'après acte du 12 mars 1707, avec Jean de Pindray, sieur des Granges 2) d'après acte du 6 février 1710, avec Élie-François de Labrousse, brigadier des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis.

IV. — Jean-Baptiste de Marendat, né en 1679, décédé en 1759, maréchal des logis des gendarmes du roi, chevalier de Saint-Louis, marié avec Anne de Labrousse, fille de Hélie de Labrousse, bourgeois de Bussière-Badil, et Elisabeth Giraudon, d'où Jean-Joseph de Marendat, qui suit.

V. — Jean-Joseph de Marendat, né en 1711, décédé en 1776, chevalier, seigneur du Cousset, marié d'après acte du 4 mars 1763, avec Marie de Labrousse, fille de Joseph de Labrousse, officier au régiment de Bretagne, et Catherine Valleteau, d'où : 1° Joseph de Marendat, né en 1764, décédé en 1829, propriétaire, célibataire ; 2° Antoine de Marendat, né en 1774, décédé en 1855, propriétaire, célibataire ; 3° Marie-Elisabeth de Marendat, née en 1771, décédée en 1824, mariée d'après acte du 8 juillet 1801, avec Charles-Henri Guillemin de Chaumont, propriétaire. ; 4° Jeanne de Marendat, née en 1766, décédée en 1844, mariée d'après acte du 23 février 1808, avec Annet-François de Coustin, marquis du Mas-Nadaud, lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis.

Archives départementales

1714. — Vente double par Pierre Dereix, sieur du Temple, demeurant au bourg de Feuillade, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, sieur du Cousset, y demeurant, paroisse de Varaigne.

1729. — Quittance de 2,955 livres 14 sous 6 deniers, donnée par messire Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, porte-étendard de la compagnie des gendarmes de la garde du Roi, chevalier de St-Louis, demeurant au bourg de Varaignes, à messire Pierre-Hubert de Devezeau, chevalier, seigneur de Chasseneuil, Les Pins, Mestric et autres lieux, ladite somme payée du consentement de messire Armand du Lau, chevalier, seigneur de Savignac.

1754. — Le 15 août 1764. Procès-verbaux de la seigneurie du Cousset, paroisse de Varaigne, destinés à établir les comptes que doit rendre François de la Brousse, écuyer, chevalier de Saint-Louis, ancien brigadier des gendarmes de la garde, à Jean-Baptiste de Marandat, écuyer, seigneur du Cousset, chevalier de St-Louis, ancien maréchal-de-logis des gendarmes de la garde, tant pour lui que pour Jean de Marandat, écuyer, seigneur de Bellevue, son fils. Marie Des Ruaux était demeurée veuve d'Etienne de Marandat, avec deux enfants, ledit Jean-Baptiste et Marie-Bertrande ; elle se remaria, après la mort de son beau-père, Jacques de Marandat, avec Élie de la Brousse, sieur de Chaban, lui-même veuf en premières noces d'Elisabeth Giraudon, mère dudit François ; celui-ci se déclare prêt à donner des comptes depuis le second mariage de son père, le 30 novembre 1693, (contrat passé le 19 août), jusqu'à la majorité dudit seigneur du Cousset. Le môme acte nous apprend que François Giraudon, docteur en médecine, décéda en 1685, laissant 3 enfants : Joseph, archiprêtre du Vieux-Mareuil, Elisabeth, épouse de Élie de la Brousse, sieur de Chaban, Anne, qui épousa Antoine de Gorce.

Bibliothèque généalogique

• Le Bulletin héraldique de France, 1890.

1735. Lettres de noblesse en faveur de Jean-Baptiste de Marandat du Cousset, brigadier de la compagnie des gendarmes de la garde. Lequel nous y sert sans y discontinuer, depuis 1704, et que les preuves qu'il a donné de bravoure et de prudence dans toutes les expéditions de guerre où cette compagnie s'est trouvée, lui ont mérité le grade qu'il remplit actuellement et la croix de notre ordre militaire de Saint-Louis ; qu'il était aux batailles de Ramillies, d'Audenarde et de Malplaquet ; qu'à la première son cheval eût une jambe emportée d'un coup de canon et qu'il fut l'un des seize de la compagnie qui firent l'arrière-garde ; qu'il ne se signala pas moins aux sièges de Quesnoy, des Marchiennes, de Denain, de Landau et de Fribourg ; que, pendant la durée de la paix, son exactitude à remplir auprès de nous les devoirs de son état lui a tenu lieu d'actions brillantes ; mais que depuis l'ouverture de la guerre en Allemagne, il s'est trouvé au siège de Philisbourg et qu'il ne cesse de nous donner de nouvelles preuves de son zèle ; que d'ailleurs il est issu d'une famille de Périgord, connue pour avoir toujours vécu noblement. Armes réglées par d'Hozier.

• Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1909.

28 octobre 1741. — Raymond de Grandlac, écuyer, sr de Rioupeiroux, de la province du Bas-Limousin, présenté par M. de Cousset, brigadier. Adresse : à Beaulieu, en Bas-Limousin. 11 décembre 1741. — Guillaume de Loménie, de Château, de la province du Limousin, présenté par M. de Mandat, ancien brigadier de la Compagnie. Adresse : à lui-même, à Bourganeuf. 11 juin 1744. — Sébastien-Raymond Ceyrac, écuyer, sr de Bouchetel, de la province du Limousin, présenté par M. du Cousset, ancien maréchal des logis. Adresse : à Tulle en Bas-Limousin.

• Notice historique sur l'ancien Carmel d'Angoulême, 1888.

Anne-Marie-Céleste (Anne-Marie de Marandat du Cousset), née à Varaignes, en Périgord, le 3 juillet 1744, fille de Jean-Joseph de Marandat du Cousset, et de Marguerite de Mafrant (?) de la Domaise, reçue à la vêture le 15 janvier 1764, et à la profession le 18 avril 1766, à l'âge de 21 ans 9 mois 14 jours.

Liens web

- Le Cousset : un fief noble de Varaignes.

- La compagnie des gendarmes de la garde ordinaire du roi en 1738.

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28 janvier 2016

Les registres de Touvre

Les anciens actes de baptêmes, mariages et sépultures, qui remontent à l'année 1688, sont conservés en cahiers. Parmi ceux-ci, je dois signaler les suivants : Mariage de Louis Gandobert, sieur de Chenaux, avec Marie Penot (22 juillet 1693) ; — Baptême auquel figure comme parrain Jean-Joseph Gilbert, écuyer, sieur de Vassigny (9 novembre 1702); — Baptême auquel figure comme parrain Guillaume Deval, seigneur de Touvre (8 mars 1704) ; — Baptême d'Anne de Lesmerie, fille de Jean de Lesmerie, écuyer, sieur du Breuil, et de demoiselle Marie-Suzanne de Saulnière, l'enfant nommée par Jean de Saulnière, sieur de Glory, absent, représenté par Louis Du Plessis, écuyer, sieur de La Merlière, son gendre, et dame Anne de Lageard, dame de Guérin (26 mars 1709) ; — Baptême de Jacques de Lesmerie, fils des mêmes, nommé par messire Jacques de Lesmerie, chevalier, seigneur marquis d'Échoisy, lieutenant du Roi en Angoumois, et par demoiselle Henriette de Saulnière, dame de La Cadoue (9 janvier 1711); — Baptême de Jean de Lesmerie, fils des mêmes (14 juin 1716); — Mariage de Jean de Chamborant, écuyer, sieur de Puygillier, en Angoumois, avec demoiselle Anne de Lesmerie du Breuil, de la paroisse de Touvre (18 septembre 1731); — Baptême d'Agapit Deval, fils de Jean Deval, seigmeur de Touvre, et de dame Jeanne Brumauld, sa femme, l'enfant nommé par le R. P. Deval, prêtre de la Compagnie de Jésus, et madame Brumauld-Pasquet (15 septembre 1733); — Baptême de David Deval, fils des mêmes, l'enfant nommé par David Brumauld, sieur de Villeneuve, et dame Anne Brumauld) qui ont signé (30 juillet 1736); — Baptême de François et Jean Deval, frères jumeaux, fils des mêmes (23 juillet 1738); — Baptême de Louise-Jeanne Deval, fille des mêmes, l'enfant nommée par David Brumauld, sieur de Villeneuve, et dame Louise Deval, comtesse de Montbron, qui ont signé (1er mai 1740); — Baptême de Salomon Deval, fils des mêmes (25 mai 1741) ; — Baptême de Guillaume-David Deval, fils des mêmes (22 octobre 1742) ; — Mariage de Pierre Gauthier, sieur du Mas, avec demoiselle Françoise Deval (27 septembre 1745) ; — Inhumation de maître Antoine Besson, prêtre, curé de Touvre, décédé la veille, à l'âge de trente-deux ans (22 avril 1755); — Baptême de Pierre Deval, fils de Salomon Deval, sieur de Touvre, et de dame Françoise Lambert (10 novembre 1762) ; — Baptême de Pierre de Lesmerie, fils de monsieur de Lesmerie, écuyer, sieur du Breuil, et de dame Anne de Bussac (6 décembre 1767) ; — Mariage de Jean-Antoine Vallier avec Louise-Jeanne Deval, fille de feu Jean Deval, vivant seigneur de Touvre, et de Jeanne-Catherine Brumauld (22 août 1769).

Source : Rapports du préfet et procès-verbaux des séances du Conseil général de la Charente.

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18 janvier 2016

Notice sur le marquis de Verteillac (1763-1854)

François-Gabriel-Thibault de La Brousse, marquis de Verteillac, baron de La Tour-Blanche
Paris (Saint-Sulpice), 17 janvier 1763 - Vouneuil-sur-Vienne, 26 octobre 1854.

Possessionné en Poitou mais Parisien d'origine et de résidence, le marquis de Verteillac est en grande partie absent du Poitou sous l'Empire. Aussi, il apparaît tardivement parmi les notables de la Vienne : seule attestation mais conséquente, son nom figure en quatrième position sur la liste de 1813 des trente principaux contribuables du département. Sa famille, issue du Périgord, a été anoblie par lettres patentes d'octobre 1644 pour services rendus à la monarchie. À partir de cette date, ses ancêtres avaient acquis une position considérable dans l'appareil de l'État : son arrière-grand-père Pierre de La Brousse avait été intendant de La Rochelle, son grand-père Thibault de La Brousse gouverneur et grand sénéchal du Périgord, de même que son père César-Pierre de La Brousse (Périgueux, 1729-Dourdan, 1807). La famille royale avait signé son contrat de mariage le 20 mars 1759 avec Marie-Louise-Alexandrine de Saint-Quentin de Blet; il devenait ainsi le beau-frère du marquis de Simiane. François-Gabriel-Thibault s'oriente comme ses aïeux vers une carrière militaire : il entre en 1777 dans la compagnie des gendarmes de Monsieur, où son père était alors capitaine ; il est reçu au rang de capitaine au régiment de maître de camp général cavalerie le 12 juillet 1781, puis passe au régiment de Ségur-dragons ; enfin, le 1er juin 1789, il passe dans les chasseurs à cheval de Bretagne. Il mène alors une existence sans doute dissolue, puisque par sentence du lieutenant civil du Châtelet de Paris du 29 décembre 1786 son père l'a mis en interdit. Lorsque la Révolution éclate, il n'émigre pas mais fait partie des défenseurs de Louis XVI aux journées du 20 juin et du 10 août, aux côtés du marquis de La Roche du Maine, son futur beau-père, qui périt guillotiné en 1794. La période est cependant pour lui l'occasion de s'affranchir ; il obtient la levée de son interdit le 18 février 1792, alors que son père a émigré ainsi que son unique sœur, Françoise-Louise-Angélique, épouse d'Auguste-Joseph de Broglie de Revel, prince du Saint-Empire, « mestre de camp en second du régiment de la couronne infanterie ». Il se cache sous la Terreur et attend la Convention thermidorienne pour épouser l'héroïque orpheline de Charles-Gabriel-René d'Appelvoisin de La Roche du Maine, maréchal des camps et armées du roi, chevalier de Saint-Louis, et d'Adélaïde-Louise-Félicité Chaspon de Verneuil. Ce mariage, célébré à Paris le 19 germinal an III (8 avril 1795), est à l'origine de son enracinement poitevin : Charlotte-Jeanne partage le 24 floréal an VII (13 mai 1799) chez Me Gibé à Paris, avec sa sœur Aglaë-Louise, les biens échus de leurs parents, grands-parents, tante et sœurs. La jeune marquise de Verteillac obtient le château du Fou à Vouneuil-sur-Vienne et la terre de Plessis-Bosnay (Deux-Sèvres) avec vingt-deux métairies. Cette puissance foncière dont elle reste maîtresse s'ajoute à un autre héritage, immatériel celui-là: le pouvoir d'influence prêté aux siens. Son père, le marquis de La Roche du Maine (Poitiers, 1743-Paris, 1794), avait déchaîné les passions ; un des chefs de la noblesse du Poitou, partisan de l'abolition des privilèges, ses idées avancées et ses allures de grand seigneur avaient indisposé beaucoup de petits gentilshommes. Il n'avait pas réussi à être élu aux états généraux et avait dû se contenter d'être député suppléant. Dans l'opinion publique, il apparaissait comme lié à la Cour et tout-puissant : son beau-père, Eusèbe-Félix Chaspon de Verneuil, grand échanson de France, avait su y nouer de solides contacts. En juillet 1789, une rumeur prétendait que soixante gentilshommes se réunissaient dans son château du Fou pour préparer une réaction nobiliaire. La milice de Châtellerault lui confisqua, par mesure de prudence, d'antiques canons qui devaient orner son château. Cette suspicion populaire ne calma pourtant pas les ressentiments aristocratiques contre lui; il renforça les haines implacables des petits nobles en devenant le plus gros acquéreur de biens nationaux du département : 291 580 livres d'achats constitués par les biens du couvent de Lencloitre, la terre de Montgamé, les prieurés de Savigny et de Chitré. Sa participation à une coalition secrète, contre-révolutionnaire dès 1791, ne leva pas les préventions des privilégiés contre lui, mais expliqua en grande partie son exécution sous la Terreur. Verteillac et sa jeune épouse sont donc tous les deux coupés de leur milieu au moment de leur mariage. Le jeune couple profite dans un premier temps des relations nouées par la famille maternelle de Charlotte-Jeanne. Sa tante Marie-Pauline Chaspon de Verneuil, épouse de Louis-Victor-Hippolyte Luce de Montmorin, maire et gouverneur de la ville de Fontainebleau, lui apporte un atout décisif : ses liens d'amitié formés dès l'Ancien Régime avec la future impératrice Joséphine. Cette dernière assure à madame de Montmorin sa protection financière durant tout l'Empire : elle lui alloue la plus grosse des pensions de sa clientèle. L'influence de cette tante est probablement décisive pour l'engagement tardif mais réel de Verteillac sous l'Empire. Nommé membre du conseil d'arrondissement de Rambouillet (Yvelines) le 14 juillet 1812, il profite de la politique de ralliement de l'ancienne noblesse menée par l'Empereur qui le fait chambellan par décret du 29 mars 1813 puis comte d'Empire par décret, non suivi de lettres patentes. En janvier 1814, il est nommé chef de la légion de la Garde nationale du département de Seine-et-Oise. Le dernier jour de l'Empire, le 5 avril 1814, il obtient la Légion d'honneur et, présent à Fontainebleau, témoigne avec panache de son « dévouement sans bornes » à l'Empereur. Une correspondance privée, celle d'Alexandre Dauvillier, payeur de la Vienne, illustre sa réputation de bonapartiste en se faisant l'écho de rumeurs ; il écrit le 10 avril, au sujet de l'impératrice : « [...] elle est au château du Fou chez M. de Marsillac [sic], gendre de M. de La Roche du Maine, qui était son premier écuyer ». Cet engagement patent ne l'empêche pas de revenir en grâce lors de la première Restauration. Présenté en 1814 au comte d'Artois, lieutenant général du royaume, celui-ci lui déclare avec ambiguïté : « J'aimais beaucoup votre père. » Il est nommé officier de la Légion d'honneur le 17 août 1814, nette confirmation de la décision impériale si récente. Pour obtenir la croix de chevalier de l'ordre de Saint-Louis, il est recommandé en octobre 1814 par le major général comte Dessolle, l'inspecteur général de la Garde nationale à cheval, le comte de Castries, le maréchal de camp comte de Talleyrand. Il rappelle alors l'émigration de son beau-frère et les campagnes menées par ses trois neveux dans l'armée russe, morts l'un à Austerlitz, un autre à Leipzig. Le seul survivant, Alphonse-Gabriel-Octave de Broglie, prince de Revel, rentré en France en 1816, deviendra en 1826 commandant de l'école de Saint-Cyr et renouera des liens étroits avec Verteillac. Ce brillant rétablissement est rompu par les Cent-Jours. Contre toute prudence, il est élu député par l'arrondissement de Rambouillet le 12 mai 1815, avec 34 voix sur 45 votants et 86 inscrits. Son fils aîné César-Augustin, âgé de 17 ans, dans le même temps sert dans les pages de la Maison impériale. Aussi la seconde Restauration lui est-elle moins favorable. Il lui faut attendre janvier 1817 pour devenir chevalier de Saint-Louis et obtenir le grade honorifique de chef d'escadron sans appointement ni pension. Il faut dire que dans un opuscule, publié en 1818, Observations sur la note secrète, il dénonce les ultras, et récidive les deux années suivantes dans de courtes publications. Aussi la carrière militaire de ses fils est freinée, malgré ses sollicitations inlassables et vaines dans sa correspondance au ministère de la Guerre, rappelant les bravoures de ses aïeux et les martyrs familiaux de la Révolution et de l'Empire. César-Augustin de Verteillac, bien que polytechnicien et ayant fait la campagne d'Espagne en 1823, reste lieutenant jusqu'en 1830 ; il est promu capitaine au lendemain de la révolution de Juillet. Durant cette période, les séjours de Verteillac dans son château du Fou se prolongent, au point de devenir presque définitifs après 1828, lorsqu'il eut marié sa dernière fille. Seule consolation due à son rang, le sous-préfet appuie fortement et avec succès sa candidature comme maire cette même année. Là encore, il fait figure d'opposant et est révoqué par décision du ministre de l'Intérieur le 1er juillet 1830. L'arrêté est abrogé dès le 17 août et il est rétabli dans ses fonctions par le nouveau régime. Consécration tardive, il est élu en 1833 membre du conseil général de la Vienne dont il devient ainsi le doyen. Il exerce ses fonctions jusqu'en 1848. Ses soucis ne sont plus désormais que d'ordre personnel : la mésalliance de son dernier fils Victor-Gabriel avec une roturière, veuve et plus âgée. Mais surtout son impécuniosité chronique, sans doute explicable par son train de vie. Il emprunte 130000 francs à la famille Barentin de Montchal par acte du 10 juin 1833, ce qui l'oblige à hypothéquer la terre du Fou, avec toutes ses annexes situées sur les communes de Vouneuil-sur-Vienne, Moussay, Cenon, Naintré, Saint-Cyr, Dissais. Cette terre était déjà grevée d'hypothèques remontant aux années 1808, 1811, 1822, 1832 ; l'emprunt de 1833 a pour but essentiel d'éteindre les dettes précédentes, d'autant plus qu'à la même période le marquis de Verteillac et son épouse vendent leurs biens patrimoniaux. Pour elle, la terre d'Appelvoisin dans le département des Deux-Sèvres, et pour lui, le restant de la forêt de Saint-Jame en Périgord. Enfin en novembre 1833 le couple vend aux enchères une partie du domaine du Fou, commune de Saint-Cyr. En partie ruiné, Verteillac concentre ses activités sur la gestion de son domaine poitevin. Ultime geste politique du vieillard, le 15 octobre 1852, revêtu de son habit de cour, il accueille le prince-président en gare de Châtellerault et l'exhorte à rétablir le trône de son oncle. Au total, un parcours politique semblable à celui de son beau-frère Achille-Louis-Eustache-François, baron de Borne de Saint-Sernin (1761-1820), grand notable du département de l'Indre-et-Loire : même milieu militaire à l'origine, même ralliement à l'Empire caractérisé par les mêmes honneurs à la Cour, même train de vie entre Paris (Verteillac demeurait 5, rue des Saints-Pères) et la province, mêmes fluctuations en 1814 et 1815, soldées par la même amertume. Ressort commun à leurs destins, ils tiraient leur fortune des deux sœurs La Roche du Maine, épousées à quelques jours d'intervalle. Le contrat de mariage de Verteillac, signé le 18 germinal an III, 7 avril 1795, marque cependant des limites : « [...] la future épouse se marie dans tous les biens et droits qui lui appartiennent. » C'étaient les successions attendues de sa mère pour une moitié - celle de son père étant alors sous séquestre -, le quart de celle de son grand-père, le sixième de celle de sa tante ; le contrat établit la liste de ses meubles parmi lesquels la bibliothèque, de toute évidence paternelle, caractérisée par l'abondance des livres historiques et des livres de géographie. Car la famille de La Roche du Maine sans doute méfiante sur la réputation du futur marié, avait imposé la séparation des biens. Aussi, dans son château du Fou, le marquis de Verteillac n'est qu'un usufruitier ; assez symboliquement il disparaît peu de temps après le décès de son épouse, survenu à Paris le 21 janvier 1854. Les trois enfants survivants s'empressent de vendre le château l'année suivante, rompant ainsi les liens avec leurs ascendances poitevines. La déclaration fiscale faite en 1855 estime les mobiliers à 22000 francs (après inventaire fait en mars 1854 par Me Champigny, notaire à Châtellerault, non déposé) et le capital du château et du domaine encore conservé à 329 740 francs. Le marquis de Verteillac laissa de son mariage quatre enfants dont trois conclurent de prestigieuses alliances : Césarine-Fortunée-Marie-Charlotte (Paris VIIIe, 17 avril 1796-5 août 1885), mariée à Paris Xe le 8 juillet 1822 à Amédée-Jean-Antoine de Gars, vicomte de Courcelles. Leur fille Marie-Élisabeth-Antoinette épousa à Paris en 1853 Marie-Anne-Antoine Ysoré d'Hervault, marquis de Pleumartin, noble du Poitou. Angélique-Herminie (Paris, Ier, 17 juin 1797-VIIe, 31 janvier 1881), épousa en premières noces le 10 avril 1828 à Paris Marie-François-Félix Chevalier de Bourbon-Conti, maréchal des camps et armées du roi, fils reconnu de Louis de Bourbon, prince de Conti, et en secondes noces à Paris Xe le 18 août 1841 Louis-François Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville ; sans postérité de ces deux mariages, Herminie de Verteillac fut poétesse et journaliste. César-Augustin (Paris Ier, 14 décembre 1798-VIP, 10 octobre 1887), capitaine d'artillerie puis rentier, marié en premières noces à Versailles le 10 juin 1844 à Caroline-Ferdinande-Adélaïde-Louise de Montalembert d'Essé, et en secondes noces par contrat de mariage du 3 juillet 1850 chez Me Charon à Anderluen (Belgique) avec Marie-Henriette de Leuze. Sa fille unique du second lit épousa en 1872 le duc de Rohan-Chabot. Victor-Gabriel comte de Verteillac (Paris Ier, 1er juillet 1800-Naples (Italie), 18 février 1850), marié à Toul en 1828 (contre la volonté de son père) avec Marie-Josèphe Vincent, veuve de François Balland, quitta la carrière militaire à l'occasion de ce mariage. Sous la monarchie de Juillet, il fut sous-préfet de Rochechouart, La Tour-du-Pin et Saint-Omer, et enfin préfet de la Haute-Saône de 1847 à 1848. Sans postérité.

Source : Louis Bergès, Guy Chaussinand-Nogaret.

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Vente de la châtellenie de Varaignes

Des 26 avril et 16 mai 1720, devant Me Le Maignen l'aîné et son confrère, notaires au Chàtelet de Paris, et sur les poursuites des créanciers de la maison de Lavauguyon, vente, à messire Vincent Le Blanc, écuyer, conseiller du roi en ses Conseils, grand audiencier de France, pour la somme de onze cent vingt-cinq mille livres, des terres et seigneuries de La Vauguyon et de Varaignes.

Du 1er octobre 1723, pardevant les mêmes notaires, vente par ledit Vincent Le Blanc, à messire Pierre-Jacques de Laye, conseiller du roi en ses Conseils, président en sa Cour des comptes, aides et finances de Normandie, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, etc., c'est, à savoir :

« Les terres et seigneuries de La Vauguyon size en Poitou, ressort de Montmorillon, et de Varaignes, size en Périgord, Angoumois et en Limouzin, avec toutes les appartenances et dépendances des dites terres et seigneuries, tant en fief que roture, consistantes entre autres choses, savoir : Celle de La Vauguyon, en un château audit lieu, composé de quatre corps de logis flanquez de quatre grosses tours par le dehors et trois petites par le dedans, d'un donjon, galleries basses et hautes, cour au milieu, le tout entouré de fossez à fond de cuve; avant-cour, où sont les écuries, greniers au-dessus et autres édifices et bâtiments; chapelle dans ledit château, jardin et préclôtures, bois taillis et de futaye, métayries, prez, moulins, étangs, droits de péage, dixmes inféodées, cens, rentes et redevances; justice haute, moyenne et basse, mère, mixte et impaire, dans l'étendue de ladite terre et paroisse d'icelle et de celle de Rousliers (Roussines) et de St-Mathieu; vassaux, droits de ban, corvées, guet et garde, et autres droits seigneuriaux et féodaux. Et la dite terre de Varaignes consistant, entre autres choses, en un château et maison noble, situé en ladite paroisse de Varaignes, composé de deux corps d'hôtel, une grosse tour, un pavillon et une gallerie, granges, greniers, écuries, jardins, parc et préclôtures, terres labourables et non labourables, prez, bois taillis, moulins, dixmes inféodées, droits de guet et corvées, foires et marchez, banvin, péage, vignes et autres domaines, droits de justice haute moyenne et basse, dans l'étendue de ladite terre et seigneurie, et dans les paroisses de Buxière-Badil, Buxerolles, Le Moustier, Soudat et Roussine. Desquelles dites terres et seigneuries les directeurs des créanciers étaient saisis et avoient droit de disposer, au moyen de l'abandonnement et délaissement qui leur en a été fait, par dame Marie Stuard de Cossade, comtesse de La Vauguyon, lors épouse de messire André de Béthoulat, chevalier des ordres du Roy, conseiller d'Etat ordinaire, et, auparavant, veuve de messire Barthélémy de Quélin, comte de Broutay, par contrat passé devant ledit notaire, le 23 avril 1689, homologué par arrêt de la Cour du 28 juin audit an... Les dites terres et seigneuries mouvantes et relevantes en plein fief, foy et hommage de Sa Majesté, savoir : celle de La Vauguyon, à cause de son comté de Poitou, et celle de Varaignes, à cause de son comté de Périgord, ou autrement, et des autres seigneurs et dames dont elles peuvent mouvoir et relever et chargées envers eux de tels droits et devoirs seigneuriaux et féodaux qui peuvent être dus et accoutumez, franches et quittes de ce qui peut en être dû du passé jusqu'à ce jour. Et encore les dittes terres et seigneuries tenues et chargées des rentes et redevances foncières et anciennes dont elles peuvent être tenues et chargées, et notamment de la rente et redevance foncière de quarante septiers de bled froment, mesure de Buxière-Badil, douze livres tournois en argent et douze gelines par chacun an à prendre sur la terre de la Maisonnaye, comprise en la présente vente, suivant le testament de Jean-Hélie de Coulonge, du 14 septembre mil cinq cent trente, pour la fondation de quatre chapelles ou chapellenies eu l'église dudit Buxière, suivant les arrêts et transactions des iil mars mil six cent soixante-six et 20 décembre mil six cent soixante-neuf, pour raison de quoy il y a eu un abonnement verbalement fait entre lesdits sieurs directeurs et créanciers et le chapelain des dittes chapellenies, de la somme de deux cent-cinquante livres en deniers comptant, pour chacun an. Plus, de trois sepliers de bled froment et trois septiers de seigle de rente foncière ou de telle autre nature qu'elle se trovera due, à prendre sur le moulin du Trieu dit des Planches, dépendant de ladite terre de La Vauguyon, suivant le contrat du 2 septembre mil cinq cent-onze, et neuf sepliers de seigle, mesure de Saint-Sault, pour chacun an, assignez à perpétuité, sans fondalité, pour le château de Varaignes, au profit de l'abbaye de La Pérouse.... Toute ladite vente est faite moyennant le prix et somme de quatre cent mille livres, en déduction de laquelle ledit sieur Le Blanc reconnaît avoir présentement reçu dudit sieur de Laye..., celle de deux cent mille livres... Et, quant aux deux cent mille livres de surplus, ledit sieur Délaye promet et s'oblige les bailler et payer..., savoir : cent mille livres dans un an et les autres cent mille livres un an après... »

Six ans après ladite vente, et le 13 octobre 1729, à défaut, de paiement de la susdite somme de deux cent mille livres et à la requête de Me Philippe Pigné, écuyer, conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, contrôleur de bons d'Etat du Conseil, poursuivant la discussion des biens dudit feu Vincent Le Blanc, il fut procédé, au préjudice dudit Délaye et par le ministère de Jean-Louis Duflôt, huissier audiencier de la connétablie et maréchaussée de France, table de marbre du Palais, à Paris, y demeurant, à la saisie réelle à fin de décret et à la mise sous la main du roi des biens et seigneurie nobles de Varaignes, c'est-à-dire, d'après ce procès-verbal :

« Le fond, tréfond, superficie du château noble et principal manoir, seigneurie et chàtellenie de Varaignes, consistant dans ledit château, avec un jardin, grange, écurie et grenier audessus, fourg banal, le tout dans ledit bourg de Varaignes; plus, un grand pré et une grande pièce de terre, joignant ensemble, d'environ vingt journaux de vignes, situés sur la rivière de Fonteunon audessous dudit bourg de Varaignes appelé le Parc. Plus, cinq journaux, appelés Les Loubres, situés dans lad. paroisse de Varaignes; plus, un autre grand, appelé le Pré grand, susdite paroisse, sur la rivière de la Boudra (Bandiat), de vingt journaux ou environ; plus, trois autres prés, dans la paroisse de Busserolles, le premier, appelé de La Grange, à cause d'une grange qui est au milieu et une petite maison joignante; le deuxième pré, de Provignac, et le troisième appelé pré de La Borne; plus trois moulins banneaux, leurs écluses et leurs dépendances, deux desquels sont situés dans la paroisse de Varaignes, l'un appelé le moulin du Crochet, l'autre appelé de Papau, situé sur la rivière de Bandiac, et le troisième, appelé le moulin de Lamy, sur la rivière de Tardoire, dans la paroisse de Montbron, enclave de Varaignes. Plus, deux autres moulins particuliers, paroisse de Buxière, l'un appelé le moulin des Planches ou de Trieux, sur la rivière du Trieux; l'autre, le moulin de Buxière. Plus, cinq étangs et une serve, situés dans la paroisse de Busserolles, le premier, appelé l'étang Groullier; le deuxième, le Cancerreau; le troisième, Chevadeau; le quatrième, de Buisson; le cinquième, du Mesnaud, et la serve, de Las Bensaras. Plus deux méleries situées, l'une, près le bourg de Varaignes, appelée des Loges, et l'autre, dans la paroisse de Montbron, appelée de Chez-Clergeau. Plus, le péage ou passage du grand chemin de la Tricherie, et le péage ou passage du grand chemin, dans les bourgs de Varaignes, Buxières et Buxerolles, les jours de foires et de marchés. Plus, les droits honorifiques dans les églises et paroisses de Varaignes, de Meulières (Eymoutiers-Ferrier), de Soudac, de Buxières et Buxerolles; ensemble les autres cens seigneurialles, redevances directes, féodalles, foncières, dépendantes de la dite terre et châtellenie de Varaignes, de Mautrois (Eymoutiers), de Soudac, de Buxerolles, de Bussières, dans l'enclos de Saint-Maurice de Montbron, en Périgoid, et dans parlic des paroisses de Faussignac (Souffrégniac), Pluviers, Acoussières (La Coussière-Saint-Saud), de La Chapelle-Saint-Robert, et..., tenue du prix dans les paroisses de Javerliac. Plus, la justice haute, moyenne et basse dans l'étendue des susdites terres et paroisses, à l'exception du bourg et paroisse de Buxières, à l'égard de la justice moyenne et basse, ne sont point dépendantes de la châtellenie de Varaignes, mais seulement la haute justice; comme aussy les hommages dépendant de lad. châtellenie, scavoir : des fiefs et terre de La Chapelle-Saint-Robert, des fief, terres de Clousière (La Coussière), de ceux d'Ecuras, Aousside (Rouzèdes), de Langlardy, La Barrière, Rocheplatte, Lascau-Bauthison, Le Cousset; du Poullot, possédé par le sieur de Larivière; du Chambon, de Brie, de La Vacherie, du fief de Maulhison et du fief de Billac. Plus, les bois appelés La Bosche, de Varaignes, et la garenne dépendante de la dite terre et châtellenie de Varaignes et généralement tout ce qui en dépend; trois cents journaux ou environ de vignes, qui sont en roture, confrontant au grand chemin de Montbron. Et générallement toutes les circonstances et dépendances de ladite seigneurie de Varaignes et es environ dudit bourg de Varaignes. Lesdits château, terre et seigneurie confrontant du côté de l'occident, à la lerre et seigneurie de Lafeuillage (Feuillade) et Soussignac (Souffreignac); du côté du septentrion, à la terre et seigneurie de Montbron; du côté du nord, à la terre et seigneurie de La Chapelle-Saint-Robert, et du côté du midi, à la terre et seigneurie de Minsac... »

Telle était la situation, au XVIIIe siècle, de la châtellenie de Varaignes successivement démembrée, une première fois, en 1628, par donation à l'une des filles du seigneur, à l'occasion de son mariage, d'après divers mémoires conservés aux Archives de la Charente à l'appui des prétentions de Mgr l'évêque d'AngouIême revendiquant l'hommage de celte seigneurie, bien que cet hommage eût été déjà rendu au roi de France par M. de Lavauguyon et, ensuite, par M. Le Blanc.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Perigord, 1892)

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15 janvier 2016

Déclaration de la veuve Durantière

Nous publions ici la déclaration de succession de la veuve de Jean Agard-Durantière, maître de forge, commune de Feuillade, département de la Charente. Le défunt est décédé sans laisser de testament, à 36 ans. En 1823, Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, est roi de France.

• Famille en arrière-plan.

Jean Agard est né en 1786, au sein d'une dynastie de maîtres de forges, originaire de la commune de Savignac-de-Nontron, département de la Dordogne, fils de Pierre Agard et Pétronille Martinot.

Pierre Agard est propriétaire de plusieurs usines et en exploite d'autres, avec sa famille. Il est notamment le fondateur de la forge de Lavenaud, ou Laveneau, dans la vallée du Bandiat. Cet établissement occupe 120 personnes en 1811, dans un village de moins de 400 habitants y compris les femmes et les enfants. Doté d'un haut fourneau, sa spécialité est la fabrication d'ustensiles de cuisine : poêles, casserolles, marmites, grils... etc.

Le grand-père, fils de forgeron, exploite la forge de chez Baillot avant son décès survenu en 1776.

Agard-Durantière se marie en 1813 dans l'église Saint-Cybard d'Ayras, aujourd'hui commune de Blanzaguet, département de la Charente.

Son fils unique et héritier, Ernest, est né en Dordogne, deux ans plus tard. Celui-ci a supervisé pour sa mère la construction du château de Montchoix avant de devenir plus tard maire de la commune de Rougnac.

Au moment de sa disparition, Agard-Durantière est directeur-propriétaire de la fonderie de Lamothe en Charente, ancienne forge à canons.

• Généalogie simplifiée des Agard.

I. Pierre Agard, maître-forgeron, marié avec Marie Faure, d'où Pierre Agard, qui suit.

II. Pierre Agard, maître de forge chez Baillot, marié avec Suzanne Dubreuil, d'où : 1° Pierre Agard-Brousson, qui suit ; 2° Autre Pierre Agard, négociant, marié avec Jeanne Millet.

III. Pierre Agard-Brousson, maître de forge chez Lavenaud, maire de Savignac-de-Nontron, marié avec Pétronille Martinot, d'où : 1° Jean Agard-Durantière, qui suit ; 2° Jean Agard-Aumont, garde d'honneur de la Dordogne, marié avec Françoise Aucouturier ; 3° Jeanne Agard, mariée avec Louis Agard-Mazières, maître de forge ; 4° Zoé Agard, mariée avec Charles Filhoud-Lavergne, médecin.

IV. Jean Agard-Durantière, maître de forge à Lamothe, marié avec Clarisse Jacques-Lanauve, d'où Ernest Agard-Durantière, propriétaire, maire de Rougnac, marié avec Marie Bourrut-Lacouture.

• Déclaration retranscrite et éditée.

Du premier juillet 1823.

Est comparu Dame Marguerite-Clarisse Jacques-Lanauve, veuve de Monsieur Jean Agard-Durantière, demeurante au village de Lamothe commune de Feuillade, agissant en qualité de tutrice de Marie & Guillaume Agard, ses enfants mineurs.

Laquelle a déclaré que les dits mineurs sont héritiers ab intestat dudit feu Agard-Durantière, leur père, décédé audit lieu de Lamothe le trente janvier dernier & qu'il leur est échu par le dit décès les biens dont la désignation suit, savoir :

Mobilier

Suivant inventaire dressé par Maître Lajartre, notaire à Marthon, les vingt-deux, vingt-quatre & vingt-cinq février dernier, enregistré le trois mars, le mobilier de la communauté conjugale établie par le contrat de mariage passé devant Debect, notaire à Villars canton de Lavalette le sept novembre 1813 enregistré le dix-huit, s'élève à la somme de .... 87,297.63 F

Plus, suivant acte reçu même notaire le trente juin dernier portant addition audit inventaire, à la somme de .... 3295 F

Total .... 90,592.63 F

Sur quoi il y a lieu de prélever :

1° au profit de la comparante la somme de dix-neuf mille francs pour partie de la dot non entrée en communautée, ci .... 19,000 F

2° Au profit du défunt celle de trente-neuf mille francs pour ses apports & dot non entrés en communauté .... 39,000 F

Total .... 58,000 F

Reste net partageable .... 32,592.63 F

Dont moitié pour la succession est de .... 16,296.32 F

À ajouter le prélèvement ci-dessus .... 39,000 F

Total .... 55,296.32 F

Reçu cent-trente-huit francs vingt-cinq centimes, ci .... 138.25 F

Immeubles

Acquêts

1° Un petit corps de domaine situé à Lacroix commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardin, terres, vignes & bois châtaigniers, acquis de Pierre Rougier dit Léraillé & de Jeanne Nadal, sa femme, dudit lieu de Lacroix par acte du douze décembre 1817 devant Bourrinet, ledit domaine non affermé, évalué à un revenu annuel de cent-quarante-neuf francs quatre-vingt-dix centimes au capital de .... 2838 F

2° Quatorze ares de terre à Lamothe acquis de Philippe Bertrand par acte du huit mars 1818 devant Bourrinet, évalués à trois francs soixante centimes de revenu au capital de .... 24,000 F

3° La fonderie de Lamothe avec les ustensiles, les bâtiments & la maison neuve en dépendant, terre, lavoirs, jardin & terre se joignant, droit d'eau & d'écluse & un hectare un tiers de pré; le tout acquis de M. Guyot par acte du 16 juin 1818 devant Debect notaire à Villars, et évalué avec les forges à raison des constructions & augmentations faites depuis l'acquisition sus datée à douze-cent francs de revenu au capital de .... 24,000 F

4° Huit articles d'immeubles situés à Feuillade acquis de Léonard Janot par acte du 14 janvier 1823 devant Bourrinet, évalués à vingt-cinq francs de revenu au capital de .... 500 F

5° Trois lots d'immeubles situés à Lamothe commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardins, maisons, terres, vignes, bois, prés & chaume; le tout acquis de Dame Julie Fargeas Lamothe, épouse Marchadier par adjudication du dix-huit juillet 1818 devant Lajartre, non affermé, évalué à trois-cent-quatre-vingt-quinze francs vingt-cinq centimes de revenu au capital de .... 7,905 F

Total .... 35,315 F

Dont moitié pour la succession est de .... 17,657.50 F

Propres

Elles consistent en immeubles jusqu'à concurrence de vingt mille francs constitués en dot au défunt par Monsieur Pierre Agard, maître de forge, à prendre dans les domaines qui lui appartiennent au lieu des Châtres commune de Savignac.

Reçu cent-soixante-seize francs soixante centimes, ci .... 176.60 F

Affirmant la présente déclaration sincère & véritable.

Veuve Durantière.

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14 janvier 2016

Pasquet de Saint-Projet, garde du corps de Louis XVI

Pasquet de Saint-Projet (Henry).

Famille d'Angoumois anoblie par l'échevinat d'Angoulême en 1623 et à nouveau en 1702.

Né le 25 octobre 1746 à La Rochefoucauld (Charente). Fils de Pierre, sr du Bousquet et de La Garde, capitaine des grenadiers royaux, et de Suzanne Maret. Frère des officiers qui suivent, de Clair-Mathieu, né le 18 juillet 1767, lieutenant au régiment de Lyonnais, émigré, garde du corps dans la compagnie de Gramont à la Restauration ; de François, né le 22 août 1745, capitaine dans le même régiment. Marié, à Rivières, le 15 mai 1772, avec Marie-Valérie Marantin (fille de Jean-Baptiste, sgr de Saint-Denis, subdélégué de l'intendant de Limoges, et de Catherine-Thérèse Huimon Bailleul, née le 23 août 1753 à Rivières, guillotinée le 2 juin 1794 pour avoir correspondu avec son mari. Trois enfants dont Jean-Baptiste, né le 4 avril 1773 à la Rochefoucauld, sous-lieutenant dans le régiment de Lyonnais, émigra, garde du corps à la Restauration. Reçu garde du corps dans la compagnie de Villeroy le 10 juin 1764, il obtint le rang de capitaine le 10 juin 1776, fut nommé porte-étendard brigadier le 18 avril 1788. Il émigra en août 1791 et fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes. Il servit comme sous-officier au régiment de Broglie en octobre 1794, entré à l'armée de Condé le 26 novembre 1795, fut ensuite incorporé dans le 2e régiment de cavalerie noble et servit jusqu'au licenciement du 14 mars 1801. Amnistié le 8 mars 1803. Rentré dans la compagnie de Raguse comme maréchal des logis le 19 juin 1814, fut nommé sous-lieutenant porte-étendard le 1er juillet suivant et obtint une retraite de major le 1er novembre 1815. Mort en 1839 à Poitiers.

Source : Les gardes du corps de Louis XVI, de Gilbert Bodinier.

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13 janvier 2016

Le Noble, sieur des Isles

Le Noble, sieur des Isles.

Martial Le Noble, écuyer, sieur des Isles, gendarme de la compagnie du roi, obtient des lettres de vétéran en 1631. Il fut successivement parrain à Nontron de deux enfants de Geoffroy Le Noble et Marguerite de Labrousse : Martial Le Noble, d'après un acte du 7 novembre 1641, puis autre Martial Le Noble, d'après un acte du 21 octobre 1647.

Il peut être père de Jean Le Noble, sieur des Isles, sous-brigadier des chevau-légers de la garde ordinaire du roi, se disant écuyer, qui fut enterré chez les Cordeliers de Nontron en 1682, et qui avait épousé 10 février 1672 Marie de Lapeyre, dont 1° Jean, né à Nontron le 11 octobre 1678; 2° François, né le 9 octobre 1680. Ces derniers figurent au rôle de la noblesse de la sénéchaussée de Périgueux.

3217812404


Sources : Armorial de la noblesse du Périgord, base Périgen, collection Pierre Arrivetz.

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Faire-part de décès du marquis de Malet

Henri-Auguste-Olivier de Malet, dit le marquis de Malet, est né le 25 mai 1809 à Paris et décédé le 28 juillet 1882 à Angoulême (Charente).

- Fils de Charles-François de Malet (1761-1840), dit le baron de Malet, et sa femme Anne-Françoise-Laure Vatebois du Mets de Ferrières.

- Colonel d'artillerie, vice-président de l'Union des Syndicats agricoles du Périgord et du Limousin, grand propriétaire terrien.

- Deux mariages, avec Simone-Marie-Guilhemine Hurault de Vibraye, le 16 mai 1838 à Bazoches (Nièvre), sans postérité, puis avec Louise-Marie-Elisabeth de Blocquel de Croix de Wismes, le 17 juin 1847 à Chaville (Hauts-de-Seine), dont un fils unique : Guillaume-François-Victor-Jean de Malet (1848-1922), dit le marquis de Malet, élève de l'École polytechnique, colonel au 21e régiment d'artillerie à Angoulême, directeur de l'école d'artillerie de Brest.

- Conseiller général pour le canton de Bussière-Badil de 1856 jusqu'à son décès, il est notamment responsable de la construction de l'important château de Puycharnaud à Saint-Estèphe (Dordogne) dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sa seconde femme est une héritière de Claude-Louis-Gabriel de La Ramière (1728-1789), son grand-père maternel, dernier seigneur de Puycharnaud, marquis de Saint-Estèphe et baron de Nontron.

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T2eC16J

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