02 août 2020

La justice de Marthon

Marthon comprend la petite ville ou bourg de ce nom à 4 lieues d'Angoulême, où est la paroisse de Saint-Martin de Marthon, & hors la ville les paroisses de :

Grassac,
Chazelles, en partie,
St. Paul,
St. Germain,
St. Sauveur,
Mainzac,

Les justices hautes, moyennes & basses qui y ressortissent, Charras, Bouëx & Garat, en partie, Sers, en partie, Vouzan, pour la moyenne & basse, la haute appartenant immédiatement à Marthon.

Les enclaves de Feuillade & de Souffrignac plaident aussi à Marthon.

Source : Les coutumes du pais et duché d'Angoumois, de Jean Vigier.

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Un double mariage à Mainzac

Double mariage religieux dans l'église de Mainzac, entre Jean & Pierre de Fornel frères, et Jeanne & Marguerite Decescaud sœurs, les 6 & 12 octobre 1723.

CM 24/09/1723 Gignac (Marthon) : « Furent présents Jean de Fornel, écuyer, seigneur de Mainzac, demeurant dans sa maison noble du bourg de Mainzac ; Pierre de Fornel, écuyer, sieur de Coutillas, demeurant à Feuillade, tous les deux fils de feu François de Fornel, écuyer, sieur de Burignat et de feue demoiselle Marie Chaniau ; demoiselles Jeanne et Marguerite Decescaud, soeurs, filles de feus Jean Decescaud et Catherine Dereix. Lesquels Sieurs de Fornel et lesdites demoiselles Decescaud, ont promis de se prendre à femme légitime et époux, à savoir, Jean de Fornel, ladite demoiselle Jeanne Decescaud, et Pierre de Fornel, ladite demoiselle Marguerite Decescaud, devant notre Mère l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine. En faveur de ces mariages, Jean et Pierre de Fornel se constituent tous les droits en quoi qu'ils puissent consister ; les demoiselles Decescaud se sont constituées chacune la somme de 1 500 livres à elles due par l'acquéreur dénommé au contrat de vente faite par Jacques Decescaud, leur frère, le 31 mars dernier, reçu Dereix, notaire. Jean de Fornel est veuf et a des enfants de son premier mariage et doit faire inventaire de ses biens pour dissoudre la précédente communauté. Sont présents : Pierre de La Grange, curé de Mainzac ; Léonard Pradoux, dragon dans le régiment de Guébriant, demeurant à Feuillade. Une douzaine de signatures clôt cet acte, dont celle de Le Temple Dereix. »

Source : Archives départementales de la Charente, transcription Gilles Vacheyrout.

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Fornel de Mainzac

Vf. Jean de Fornel, éc, sr de Ferrand et de Las-Coux-Bostison, paroisse de Busserolles, épousa le 7 mars 1639 Marie de Villard, fille de feu Gui, éc, sgr de Minzat et de Marguerite de Conan, dont :

1. Antoine.
2. Anne, née en août 1641, dlle de la Breuille et du repaire de La Brugière, fiancée dans l'église de Busserrolles le 12 janvier 1665 à Jean de La Roumagière, éc, sr de Laubertie, demeurant à la Brégière, paroisse de Thiviers en Périgord.

D'où :

a. Françoise, née vers 1669 et baptisée à Notre-Dame de Thiviers, parrain Antoine de Fornel, sgr de Minzac. Marraine en 1672 à St-Martin de Coutures, dite dlle de Thiviers, d'Anne Reynier de Glane, fille de Gabriel de Reynier, éc, sr de Verdeney et de Gabrielle de Langlade de la Giboulie.
b. Anne de la Roumagière, baptisée à Thiviers en 1676 ou 1687 ou 1688 (il y a peut-être eu plusieurs Anne mortes jeunes).

3. François, né le 15 janvier 1647 qui a fait la branche de Coutilias et Burignac.Il passe un acte avec Antoine, son frère le 27 novembre 1677
4. Marguerite.
5. Marguerite, toutes deux mortes en bas âge et inhumées à Bussières-Badil.
6. Jacques de Fornel.
7. (?) Henri de Fornel, éc, sr de Villars, demeurant au lieu noble du Breuil-de-La-Faux à Cherves époux de Dlle Jeanne de Châteauneuf, d'où une transaction le 14 janvier 1661, rappelée en 1703 devant Rivet à Ambernac.

VIf. Antoine de Fornel, éc, sgr de Minzac et de Pacaud, Le Breuille, Lascots, habitant la maison noble de Mainzac, né le 3 février 1640 à Las-Coux-Bostison, qui épousa à Busserroles après contrat reçu Maimain le 5 septembre 1667, Dame Marie de La Boissière, dame de Minzac du village de Lacaux, fille de Pierre, sr des Farges, premier avocat du roi au présidial d'angoumois et de Marie Voirin (ou Vorrion), en 1687 à Angoulême devant Maître Guillaume Jeheu, il assiste au mariage de son beau-frère Pierre de Boissières, le 23 novembre 1676 devant Pierre Audouin à Angoulême, ils passent un bail à loyer pour deux grandes chambres pour 52 livres 10 sols avec François Barreau, sr de Grandmaison, le 24 avril 1677 dans un acte devant Pierre Audouin, il est dit fils de Jacques de Fornel, éc, sr de Lascaud, il doit 165 livres à Jean Mandron, éc, sr de Rancougne, qui lui a fait un procès, le 27 novembre 1677 devant Pierre Audouin à Angoulême, ils passent un bail à ferme pour l'hôtel noble de Mainzac pour 60 livres avec François de Fornel, éc, sr de Burignat, Couthilias, paroisse de Feuillade, leur frère et beau-frère. Dans la série G : notes donnant mention d'actes d'Antoine de Fornel et Jean de la Romagère concernant la propriété mouvant de la Breuille, les 27/5/1674, 11/1/1727, 28/6/1730.

Dont :

1. Jean.
2. Marie, née le 15 janvier 1671.
3. Anne-Marie, dlle de Las-Coux-Bostison qui épousa à Busserroles le 30 juillet 1695 et 2 août 1695 devant Maître Montazeau en Périgord, Jean François de Virouleau, chv, sgr de Marcillac, né le 2 novembre 1667, fils de Jacques Virouleau, éc, sr de Marillac-le-Franc et de Marie Lambertie. Ils demeurent à Marillac, le 28 mai 1720, devant les notaires du Châtelet de Paris, ils passent un acte rappelé le 13 novembre 1733 où Marie de Fornel est veuve, puis le 21 novembre 1742 par leurs enfants devant Caillaud, ils passent un acte le 16 juillet 1732 devant Maître Pierre Jeheu. Le 10 mars 1742, devant Caillaud à Angoulême, ils sont défunts et leurs héritiers font la vente d'une rente de 150 livres.

D'où :

a. Dlle Marie de Viroulleau de Marsillac qui devient soeur en 1733 aux Dames Hospitalières de N.D d'Angoulême, en constituant un capital devant Maître Pierre Jeheu.
b. Dlle Marie de Viroulleau de Fondon, fille majeure en 1742.
c. Marie de Viroulleau, morte avant 1732, épouse de Jacques Laisné, sr des Déffends.
d. Dlle Françoise Viroulleau de la Forêt, vivante en 1742, qui épouse le 4 septembre 1732 devant Maître Pierre Jeheu, Messire François Victurnien de la Rochefoucauld, chv, sgr de Bretonnières fils de François de la Rochefoucauld, sgr de Maumont et d'Anne Thomas.

VIIf. Jean de Fornel, éc, sgr de Mainzac, paroisse d'Angéac en Charente, mourut à 63 ans le 26 juillet 1734 donc né vers 1671, il épousa en premières noces Dame Marie des Chaseaux, elle mourut à 50 ans le 2 janvier 1721 donc née vers 1671, en 1714 devant Maître Pierre Jeheu, ils constituent une rente volante de 100 livres avec un capital de 2000 livres aux Dames religieuses Ursulines d'Angoulême. Le 4/3/1714 J de Fornel, sr de Mainzac fait hommage du fief de Mainzac devant l'évêque d'Angoulême, série G, archives de Charente.

Dont du premier lit :

1. Marie, née le 15 février 1710 mariée le 16 février 1732 à Sicaire-François Prévost, sr de La Barbinie, paroisse de Grand-Villards, diocèse de Périgueux.

Il épousa en secondes noces Jeanne de Cescaud le 6 octobre 1723, elle mourut à 70 ans le 29 décembre 1761 à la cure de Mainzac, donc née vers 1691, elle était la nièce de Jacques de Cescaud, sr de la Grande Venière qui testa en sa faveur le 21 mars 1721 d'où inventaire et partage devant Maître Guillaume Jeheu à Angoulême le 15 décembre 1739.

Dont du second lit :

2. Jacques, baptisé en 1725.

3. Guillaume, baptisé le 5 avril 172..

4. Pierre.

5. Jacques, baptisé le 11 décembre 1729.

6. Marie, baptisée le 27 septembre 1732.

7. Charles.

VIIIf. Charles de Fornel, éc, sgr de Mainzac, des Places et autres lieux, présent à l'assemblée de la noblesse de l'Angoumois le 19 mars 1789 épousa :

1° le 20 mai 1763 Marie Hastellet veuve de Pierre-Jean Chapiteau, morte en 1779.

2° Dlle Madeleine de La Roussie du lieu noble de Pouyade en 1783 à Saint-Angel, fille de Messire Charles de Laroussie, chv, sgr de La Pouyade, ancien-chevau léger, chv de l'ordre militaire de St-Louis, du lieu noble de La Pouyade, né en 1727 et mort en 1789 à St-Angel, et petite-fille de Messire Pierre de La Roussie, éc, sgr de la Pouyade et de dame Gabrielle de Nesmond.

Dont :

1. Charles, né en 1785.
2. (?) Pierre, né en 1796.

VIg. François de Fornel, éc, sgr de Burignac, à Mainzac, né le Ier janvier 1647, mort subitement à Coutilias, paroisse de Feuillade le 6 décembre 1713, il épousa Marie Chaigneau, il déclara à la convocation du ban et arrière-ban de 1689 qu'il a sept enfants vivants, l'aîné n'a que douze ans, que sa femme est enceinte, qu'il ne possède qu'un petit fief en Mainzac donnant au plus 120 livres de revenu, et le sixième de dimes inféodées de Mainzac, valant au plus 6 livres, qu'il a 41 ans et que, par conséquent, il ne peut aller au service et n'a pas de quoi s'équiper, le 25 mai 1696 devant Pierre Audouin à Angoulême, il fait une cession de rente de 160 livres à Jean Arnault, sgr de Bouex, maire d'Angoulême.

Dont :

1. Jean, né le 13 août 1674.
2. Antoine, né le 29 août 1676.
3. Pierre, né le 4 novembre 1677.
4. Marie, née le 25 novembre 1678.
5. Jacques, né le 14 mai 1680.
6. Raymond, né le 2 mai 1681.
7. Jean, né le 31 août 1682.
8. Jean, né le 31 août 1683.
9. Jean, né le 21 août 1685.
10. Marie, née le 16 décembre 1687, morte à 60 ans le 19 avril 1748.
11. Françoise, née le 24 novembre 1689.
12. Françoise, née le 2 mai 1693.
13. Marie, née le 20 mai 1694.

VIIg. Pierre de Fornel, éc, sgr de Coutilias, paroisse de Feuillade, diocèse d'Angoulême, province du Périgord, mourut à 68 ans, le 13 novembre 1759, il avait épousé Marie Cescaud dans l'église de Minsac le 12 octobre 1723, nièce de Jacques de Cescaud, sr de la Grande Venière, paroisse de Torsac, qui teste en leur faveur le 21 mars 1721, d'où inventaire et partage le 15 décembre 1739 devant Maître Guillaume Jeheu à Angoulême.

Dont :

1. Jeanne, née en 1723.
2. Pierre, né le 29 janvier 1726.
3. Marie, née le 14 mars 1727.
4. Léonard.
5. Pierre, baptisé le 18 décembre 1731, mort fort jeune.
6. Jean, né en 1733.
7 Pierre.
8. Marie, tous deux nés le 8 juin 1736.
9. Pierre, né le 7 juillet 1737.
10. Jean, né le 4 juin 1740.

II. Charles, né le 2 septembre 1744.

VIIIg. Léonard de Fornel, éc, né le 7 avril 1729, sr de Coutilias, paroisse de Feuillade épousa le 23 février 1754 Léonarde Fonti de la paroisse de Varaigne qui testa le 9 octobre suivant en faveur de son mari : "en reconnaissance de la tendre amitié qu'il a toujours eu pour elle et de la tendre jeunesse qu'il a au-dessous d'elle", demande à être inhumée dans l'église de la paroisse où elle décédera et qu'on y fasse célébrer la somme de 100 livres de messe, le 24 octobre suivant son mari fit un testament en sa faveur (devant Leblanc).

Dont :

1. Pierre, né le 24 janvier 1755.
2. Léonard marié à Marie Dereix des Garennes, dont :

a. Anne de Fornel.
b. Jeanne de Fornel.
c. Françoise de Fornel.

3 Jacques, né le 9 décembre 1758 marié à Marie Dereix du Temple. Dont :
a. Pierre de Fornel, né en 1783.

4 Jeanne, morte au berceau.

Il épousa une seconde femme dont il eut :

5 Charles.

IXg. Charles de Fornel, éc, sgr de Burignac, marié à Feuillade le 11 décembre 1776 à Marie-Françoise Dereix des Garennes, fille de Pierre Dereix, sieur des Garennes, mort en 1789 à Crognac époux d'Anne Cambois, petite-fille de Pierre Dereix, sieur du Temple, procureur de La Valette, mort en 1744 à Crognac époux de Marguerite Decescaud.

Dont :

1. Jeanne, née en 1778.
2. Pierre, né en 1782.
3. Pierre.

Source : Pierre Driout.

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Donation de l'église de Feuillade

En 1075, Adhémar, évêque d'Angoulême, donne à l'abbaye de Baignes en Saintonge l'église de Feuillade (Foliata), avec l'accord d'Itier Malet qui en était le prêtre, et de Robert Vigier, son seigneur :

De ecclesia de Foliata.
1075.

Anno Mmo LXXVmo, Iterio abbate conventum Beanie more patris quasi ex se genitum gubernante, Ademarus Engolismensis episcopus, ecclesiam sancti Nathalis nomine Foliatam, prothomartyri Stephano dedit; et eodem episcopo auctorizante, Iterius Malet cujus proprium erat, et Rotbertus Vicarius qui in fevo habebat, hoc donum concesserunt, ac in presentia memorati abbatis monacorumque suorum, hoc affirmaverunt. Hujus rei testes sunt, ipse domnus episcopus, atque Mainardus monachus, et Constantinus de Loevilla, et Willemo Andrea, et alii plures. Hoc donum auctorizavit Willelmus archidiaconus, concedente Golferio presbytero qui tenebat illo die ecclesiam.

Source : Cartulaire de l'abbaye de Baignes, de l'abbé Cholet.

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Les Lilas et les Roses d'Aragon

Un poème de Louis Aragon écrit à Javerlhac (Dordogne), après l'armistice de 1940 :

Les Lilas et les Roses

O mois des floraisons mois des métamorphoses
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans ses plis a gardés

Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et la route à ce bourdon d'abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé

Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images
Me ramène toujours au même point d'arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus

Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou

Source : Le Crève-cœur, de Louis Aragon.

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23 juillet 2020

L'abbaye de Grosbot à la fin du XVIe siècle

Parmi les événements qui atteignirent la fortune de l'abbaye de Grosbot, il faut citer les longs et ruineux procès qu'elle dut soutenir contre les seigneurs de Marthon au sujet de leurs droits respectifs, particulièrement de 1540 à 1555, contre Hubert de La Rochefoucauld. Elle sortait à peine de cette épreuve lorsqu'elle fut envahie à son tour par les huguenots. Ceux-ci y furent moins violents qu'ailleurs et s'abstinrent de renverser le monastère, mais ils en enlevèrent tout ce qu'ils purent, jusqu'aux bois des charpentes, dont l'église elle-même était encore dépourvue en 1630. Avec leur appui, l'un d'eux, Vincent de Villars, de la maison de Minzac, s'y introduit violemment en 1568, en chasse les religieux et s'y établit en maître. Ayant pour complice une intrigante du nom de Marie Guichard, il s'approprie les revenus de la communauté, vend les terres, détourne les titres et, par ses effronteries, sème l'épouvante et le scandale dans toute la région. Les moines ne purent rentrer chez eux que douze ans après. L'abbé en était encore tenu éloigné en 1587 par les ruines et les troubles que l'intrus y entretenait.

Pierre d'Alloue, régulier, paraît du 18 août 1565 au 12 décembre 1576. L'intrus Vincent de Villars le tint longtemps éloigné de son abbaye.

Philippe de Nambu, nommé en 1577, ne peut pas prendre possession.

Jean Roy résigne au suivant en 1586.

Jean Bouthinot, régulier, confirmé par le Pape le 3 décembre 1586, installé par procureur le 27 avril 1587, réside à Alloue, ne pouvant se loger dans son abbaye. Le 10 juin 1589, il finit par affermer à Vincent de Villars une partie de ses revenus.

Puymousseau (paroisse de Minzac). Cette cénobie fut en même temps l'aumônerie ouverte par l'abbaye de Grosbot aux pauvres sans asile de la région et aux pèlerins. Elle fut entièrement ruinée par l'intrus Vincent de Villars et la femme Marie Guichard, qui ne laissèrent aux légitimes rnaîtres que quelques bàtiments et des terres sans valeur.

Source : Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, de l'abbé Nanglard.

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21 juillet 2020

Le fief de La Couronne de Marthon

M. l'abbé Mondon continue la monographie de la baronnie de Marthon par une étude sur le fief de La Couronne de Marthon.

Ledit fief relevait du château de Marthon, au devoir d'une paire d'éperons dorés, appréciés vingt sols, à muance de seigneur et de vassal. Hubert de La Rochefoucault, seigneur de Marthon, de 1522 à 1566, donna permission aux seigneurs de La Couronne de surmonter leur logis de machicoulis, d'y pratiquer des canonnières et de bâtir un colombier, sans augmentation d'hommage. Durant longtemps, ce fief, agrandi peu à peu par les libéralités des seigneurs ou des varlets de Marthon, fut possédé par les moines de l'abbaye de La Couronne d'Angoulême.

Ceux-ci firent d'abord cultiver les terres par des frères résidant dans ce domaine, mais ils ne tardèrent pas à les donner en exploitation à des particuliers, à charge de payer certaines rentes annuelles, jusqu'à ce qu'enfin, le 8 mars 1449, ils donnèrent à Bertrand Farinard, varlet de Marthon et général de la ville et du château de Marthon, le logis de La Couronne avec dix journaux de terres, sous l'hommage lige, au devoir d'une obole d'or appréciée dix sols, payable à muance de seigneur et de vassal, et sous la redevance annuelle de dix sous de monnaie du cours.

Les Farinard étaient une de ces anciennes familles nobles qui peuplaient la ville de Marthon.

Ils possédaient déjà, outre des maisons à Marthon, le fief de La Farinarde, en la paroisse de Marthon. Le fief de La Couronne et celui de La Farinarde demeurèrent en leur possession jusqu'en 1564, où Louise Farinard les porta en dot à la maison de Vilhonneur, par son mariage avec Mathieu de Chambes, écuyer.

Les seigneurs successifs furent ensuite : Pierre de Chambes, écuyer, marié à demoiselle Françoise de Perry, veuve en premières noces de Robert Courandin, écuyer, seigneur de Villautrange ; François de Chambes, marié à Jeanne de La Doyerie, dont la fille Marie épousa Pierre Chaigneau, fils de Simon Chaigneau, régisseur de la baronnie de Marthon, et de Marie-Delbora de Haumont.

Pierre Chaigneau, seigneur de La Couronne, laissa un fils Charles, qualifié d'écuyer, mort sans enfants, et deux filles, Marie et Jeanne, mortes sans enfants également, et qui léguèrent leur fief à Antoine de La Roche-Aymond, seigneur de La Rouège, paroisse de Charsovines.

Pierre de La Roche-Aymond, fils d'Antoine, vendit La Couronne, en 1767, à François de Viaud, seigneur de La Charbonnière, paroisse de Chazelles, et à Jacques-Joseph de Viaud, curé de Sigognes, son frère.

(Journal La Charente, 17 août 1890)

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29 juin 2020

Deux volontaires à la bataille de Quiberon

Chapiteau (Salomon), volontaire dans Périgord, seigneur de La Jaumerie, né le 03/05/1741, à Mainzac (Charente) ; † 15 thermidor, Quiberon.

Baptisé le 15 mars 1741 dans l'église de Mainzac.
Fils de Pierre-Jean, seigneur de Rémondias, et dame Marie-Anne Hastelet.
Parrain : Salomon Hastelet, seigneur de Claix ; Marraine : dame Suzanne de Couhé.

De Chasteigner (Eutrope-Alexis), volontaire dans Loyal-Émigrant, brigadier des gardes-du-corps, né le 01/08/1738, au Lindois (Charente) ; † 15 thermidor, Quiberon.

Baptisé le 1er août 1738 dans l'église du Lindois.
Fils de Léonard, baron du Lindois, et dame Marie Viroulaud.
Parrain : Eutrope-Alexis de Chasteigner, marquis de Saint-Georges ; Marraine : dame Marie Viroulaud.

15 thermidor an III (2 août 1795).

Source : Les débris de Quiberon, d'Eugène de La Gournerie.

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Monographie des Chapiteau de Rémondias

Chapiteau de Rémondias (Angoumois)
Seigneurs de Rémondias, de Guissale, de L'Isle d'Espagnac, du Vignau, de La Jomerie, du Breuil de Fayard, des Planes, de Chevalerias et du Fauriat.

Armes : D'azur, à trois étoiles d'or en fasce, accompagnées de trois Chapiteaux de même, 2 et 1, le troisième en pointe, soutenu d'un croissant d'argent.

Cette ancienne famille originaire de l'Angoumois, où elle possède encore le fief de Rémondias, est mentionnée.dans les annales historiques de cette province à partir du XVIe siècle.

Elle établit sa généalogie ainsi qu'il suit, sur titres authentiques, existant dans les mains du chef actuel de la maison.

I. Pierre Chapiteau, seigneur de Rémondias, marié à Isabeau Lambert, fut échevin de l'hôtel de ville d'Angoulême, en l'année 1570. Elu maire la même année, à la place de Jean Géraud ; puis échevin en 1574, par acte du 2 septembre 1577, il partagea ses biens entre ses trois enfants :

1° Denis, qui suit ;

2° Antoine Chapiteau, écuyer, qui fut la tige de la branche de Guissale ;

3° Françoise. Chapiteau, morte sans postérité.

II. Denis Chapiteau, écuyer, seigneur de Rémondias et de l'Isle d'Espagnac, élu maire d'Angoulême en l'année 1586, Conseiller de 1589 à 1648, épousa en premières noces Marguerite de Lage (d'après Vigier de la Pile), sans postérité; en deuxièmes noces, par contrat du 6 juin 1599, demoiselle Favienne GUY, fille de Godefroy Guy, écuyer, seigneur de Faviers, et d'Antoinette Paulte, demeurant au fief noble du Vignau, paroisse de Champniers.

Par acte du 22 octobre 1594, passé à l'Isle d'Espagnac, Denis partagea des immeubles situés à Angoulême, avec son frère Antoine Chapiteau, écuyer, seigneur de Guissale; ce partage eut lieu après le décès de leur soeur Françoise Chapiteau, citée plus haut.

Par un autre acte du 28 octobre 1592, Denis Chapiteau, écuyer, seigneur de Rémondias, achète au sieur Jean Ravaillac et à Françoise Dubreuil sa femme (père et mère du trop célèbre Ravaillac), deux parcelles de terre, au lieu des Guillemots, paroisse de l'Isle d'Espagnac. (Archives de la Charente, minutes de Mousnier, notaire à Angoulême, Bulletin de la Société archéologique de la Charente, année 1882, page 34.)

Du second mariage sont nés :

1° Salomon, qui suit ;

2° Jeanne Chapiteau, mariée par contrat du 31 janvier 1620, passé au lieu noble de Rémondias, à Maurice Conquet, seigneur des Ménigaux et de Souffrignac,

III. Salomon Chapiteau, écuyer, seigneur de Rémondias, fut marié par contrat du 19 juin 1647, à Isabeau Chauvet, fille de Claude Chauvet, chevalier, seigneur de Frédaignes, Chassac, etc., et de dame Suzanne de Rouffignac, Salomon assista en personne à l'assemblée du ban et arrière-ban do la noblesse d'Angoumois, convoquée sur l'ordre du roi, les 1er et 2 septembre 1638, pour aller combattre en Champagne.

De son mariage vinrent :

1° Guy, qui suit ;

2° Demoiselle du Rocher Chapiteau de Rémondias, mariée par contrat du 13 juillet 1668, à Jean Lajamme, seigneur de Belleville, demeurant au bourg de Buissière, en Périgord, fils de Jean Lajamme, seigneur de la Gorce, et de dame Radégonde de Lagarde.

IV. Guy Chapiteau, écuyer, seigneur de Rémondias, a épousé, par contrat du 27 mai 1684, Charlotte Lurat, fille d'Arnaud Lurat, seigneur de Lajômerie. Ce contrat est signé par N. Chapiteau du Chillau, de la branche de Guissale.

Guy Chapiteau est dans la maintenue de noblesse établie sur l'ordre du roi par le chancelier d'Aguesseau en 1666-1667, pour la généralité de Limoges.

De son mariage sont nés :

1° Salomon, qui suit ;

2° Françoise Chapiteau de Rémondias, née le 24 septembre 1686 ;

3° Anne Chapiteau de Rémondias, née le 22 août 1688 ;

4° autre Françoise Chapiteau de Rémondias, née le 21 février 1693, novice au couvent des filles N.-D. de Saint-Junien ;

5° Charlotte Chapiteau de Rémondias, née le 1er décembre 1691, mariée à Aimeric Hastelet, escuyer, seigneur de. Puygombert, Ville de Bost, Jômelière, Chais, Beaulieu et Lombardières, habitant la paroisse de Javerliac, veuf de Marguerite de Borie. On lit dans les registres de Javerliac : « que Charlotte mourut âgée de 43 ans, le 17 avril 1738, également regrettée non seulement dans sa famille et dans sa paroisse, mais même dans tout le voisinage, où ses vertus la rendaient respectable. Sa charité et ses aumônes allaient au-delà de ce qu'on pourrait croire. »

V. Salomon Chapiteau, écuyer, seigneur de Rémondias et du Vignau, né le 28 août 1683, épousa, le 24 mars 1709, Marie-Guillemine des Farges, fille de feu Pierre des Farges, écuyer, seigneur du Chastelar, conseiller du roi en la sénéchaussée d'Angoulême. Ce mariage eut lieu avec l'autorisation de Jean Paulte, écuyer, seigneur du Riffaud, conseiller du roi, oncle et tuteur de la future.

De ce mariage vinrent :

1° Anne Chapiteau de Rémondias, née en 1710, morte peu après ;

2° Pierre-Jean, qui suit.

VI. Pierre-Jean Chapiteau, chevalier, seigneur de Rémondias, fit ses preuves, devant d'Hozier, pour être reçu page de la reine, en juin 1725. Il épousa, par contrat du 3 février 1732, Marie-Anne Hastelet, née, le 24 septembre 1743, d'Aimeric Hastelet, chevalier, seigneur de Puygombert, etc., et de Marguerite de Borie, décédée (premier mariage d'Aimeric Hastelet). Marie-Anne, étant devenue veuve, se remaria le 20 mai 1763, à Charles de Fornel, écuyer, seigneur de Mainzac. Elle avait eu précédemment de son mariage avec Pierre-Jean Chapiteau les enfants ci-après :

1° Salomon, qui suit ;

2° Catherine, demoiselle de Rémondias, baptisée le 12 novembre 1737 ;

3° autre Salomon Chapiteau, chevalier de Rémondias, né le 15 mars 1741, épousa demoiselle N. de Couhé de Lusignac, émigra à la Révolution, et fut fusillé martyr à Quiberon, le 15 thermidor, après avoir employé les derniers jours de sa vie à soigner autour de lui ses compagnons blessés et malades. Il avait eu deux enfants : 1° Agathe, 2° Prosper-Joseph, né en 1787. Ces deux derniers moururent célibataires. Prosper-Joseph, mort en 1817, était particulièrement connu sous le nom de Prosper Chapiteau de Lajomerie, et habitait sa terre de Fardinas, commune de Mainzac ;

4° autre Salomon Chapiteau de Rémondias, baptisé le 28 juin 1742 et tonsuré plus tard, selon mention aux archives du séminaire d'Angoulême ;

5° Jean Chapiteau de Rémondias, seigneur du Breuil, de Fayard, baptisé le 19 novembre 1743, mort sans postérité;

6° Anne Chapiteau, demoiselle du Vignad de Rémondias, mariée à N. de Lacroix de Puyriaud ;

7° Marie - Guillemine ;

8° autre Anne ;

9° Marguerite ;

10° Catherine ;

11° autre Salomon; (ces cinq derniers enfants morts en bas âge).

VII. Messire Salomon Chapiteau, . chevalier, seigneur de Rémondias, les Planes, Chevalerias et le Fauriat, baptisé le 20 mai 1733, épousa dans l'église de Montbron, le 2 juillet 1763, après la mort de son père, du vivant et consentement de sa mère, Marie-Anne Hastelet (remariée alors à messire Charles de Fornel), demoiselle Thérèse du Rousseau de Chabrot, fille de Jean-Gabriel du Rousseau de Chabrot, chevalier, seigneur de Chabrot, et de dame Marie-Ronaventure de la Ramière. Thérèse du Rousseau de Chabrot était soeur de Jean-Baptiste, chevalier du Rousseau de Chabrot, capitaine au régiment de Saintonge, chevalier novice des ordres de N.-D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, mort en 1815, laissant dans la province une renommée légendaire d'honneur, de talents administratifs et de bonne popularité.

Il a laissé pour fils, de ce mariage :

VIII. Messire Charles Chapiteau, chevalier, seigneur de Rémondias, né le 8 août 1764, épousa par contrat du 24 février 1786, demoiselle Marie Guyot d'Asnières, fille d'André Guyot d'Asnières, chevalier, marquis d'Asnières, seigneur de Villedon, le Cluzeau, la Forêt, Clerfeuille, etc., et de dame Charlotte de Pierre-Buffière. De ce mariage vinrent :

1° Salomon-Charles, qui suit ;

2° Caroline Chapiteau de Rémondias, mariée à Henri Lefrançois, comte des Courtis de La Valette.

IX. Messire Salomon-Charles Chapiteau, chevalier seigneur de Rémondias, né le 20 mars 1787, garde du corps du roi Louis XVIII, a épousé, le 10 juin 1819, demoiselle Jeanne-Marie Bloin, dont il a eu :

1° Charles-Marie, qui suit;

2° Marie-Modeste Chapiteau de Rémondias, née le 22 janvier 1822, mariée le 18 septembre 1813, à Jacques-Edmond Malbay de Lavigerie.

X. Charles-Marie Chapiteau de Rémondias, chevalier, chef actuel de sa maison, né le 18 septembre 1823, a épousé le 4 décembre 1860, demoiselle Marie-Félicité du Buc de Marcussy, fille de Henry-Joseph du Buc de Marcussy, et de dame Jeanne-Marie-Elisabeth de Montozon.

De ce mariage sont nés :

1° Charles-Edmond-Marie-Joseph-Gérard Chapiteau de Rémondias, né le 27 juillet 1862 ;

2° Louise-Marie-Madeleine Chapiteau de Rémondias ;

3° Georgette-Marie-Geneviève Chapiteau de Rémondias ;

4° Henriette-Marie-Clotilde Chapiteau de Rémondias.

Branche cadette des Chapiteau de Guissale

(Notes isolées)

Antoine Chapiteau, écuyer (fils de Pierre Chapiteau, maire d'Angoulême en 1570 et frère puîné de Denis Chapiteau, maire d'Angoulême en 1586), eut en partage, la seigneurie de Guissale, paroisse de Vindelle. Il se maria à Romaine de Rord.

Léonard Chapiteau, écuyer, seigneur de Guissale, marié à Gabrielle Ithier, le 22 février 1643. Il mourut le 29 novembre 1680, et fut inhumé dans l'église de Mainzac, ainsi que cela avait toujours lieu pour les membres de la branche de Rémondias.

Salomon Chapiteau, écuyer, seigneur de Guissale, baptisé le 14 mai 1644.

Pierre Chapiteau, écuyer, seigneur de Guissale ;

Antoine Chapiteau, écuyer, seigneur de Guissale, vivait vers 1720, époque à laquelle Vigier de la Pile, dans son histoire de l'Angoumois dit, que la seigneurie de Guissale appartenait à un Rémondias de la branche de Guissale.

En 1758, nous retrouvons un Chapiteau, seigneur de Guissale, figurant au ban de la noblesse de Saintonge.

Enfin aux assemblées de 1789 nous voyons encore dans l'ordre de la noblesse un Salomon Chapiteau, seigneur de Guissale. Cette branche est éteinte.

Documents à consulter :

Contrats de mariage existant dans les mains du chef actuel de la maison, des années 1599, 1620, 1625, 1647, 1668, 1684, 1709, 1732, 1763, 1786. Registres de la paroisse de Mainzac, contenant sur une feuille spéciale, une généalogie des Chapiteau de Rémondias et de Guissale. — Registres de la paroisse de Javerliac, en Périgord. — Édit de Charles V, roi de France, accordant la noblesse aux maires et échevins des villes de La Rochelle, Poitiers, Angoulême et Saint-Jean-d'Angely, XIVe siècle. — Assemblée du ban et arrière-ban de la noblesse d'Angoumois, le 1er septembre 1635, publié par M. Théophile de Brémond d'Ars. — Maintenue de noblesse par le chancelier d'Aguesseau, intendant de la généralité de Limoges en 1666-1667.— Vigierde la Pile, Histoire de l'Angoumois.— Armoriai de 1696. Registre du Limousin, pages 269, 273 et 365. — Rôle des vingtièmes imposés sur les nobles de l'élection d'Angoulême en 1780. — Quénot, liste chronologique des maires d'Angoulême.— Nobiliaire de Limoges, par l'abbé Joseph Nadaud. — De Chancel, assemblée de 1789. — Les débris de Quiberon, liste des victimes, par Eugène de la Gournerie. — Marvaud, Géographie de la Charente. — Et, enfin, les preuves de pages établies par d'Hozier en 1725, pour l'admission de Pierre-Jean Chapiteau de Rémondias dans les pages de la Reine.

(Monographie imprimée des Chapiteau de Rémondias en Angoumois, 1884)

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Louis Blanchard de Sainte-Catherine au XVIIIe siècle

Louis Blanchard, né en 1713 au village de Sainte-Catherine, dans le. Nontronnais, appartient à une famille d'officiers de justice.

Il est d'abord contrôleur des actes du bureau de Montbron et fermier des rentes du comte de Montbron. En 1738, il épouse la fille d'un petit industriel, Dereix Des Rivières, qui est en relations avec les maîtres de forges des environs. Possesseur de terres ayant un minerai abondant et d'excellente qualité, Blanchard est « vendeur de mines ».

En 1754, il vend 60 fondues de mines à Lapouge de La Francherie, maître de forge à Bonrecueil (Saint-Sulpice-de-Mareuil), à raison de 150 livres la fondue, soit 9.000 livres.

En 1755, il cède 160 fondues de mines, à 175 livres la fondue, soit 28.000 livres, au marquis de Montalembert, propriétaire des forges de Ruelle.

Au commencement de la guerre de Sept ans, l'inspecteur général de l'Artillerie royale, Maritz, vient en tournée en Périgord pour augmenter la production des canons. Il a l'occasion de rencontrer Blanchard, jeune, actif, intelligent, qu'il prend en sympathie. En 1755, le gouvernement de Louis XV s'empare des forges de Ruelle, et Maritz entre ainsi directement en relations avec Blanchard, qui se met à travailler le fer et devient maître de forge. L'état de 1766 indique qu'il est fermier de M. de Javerlhac, à la forge de La Motte (Feuillade), et du marquis de Roffignac, à la forge de La Chapelle-Saint-Robert.

La forge de La Motte est équipée par un habile contremaître, Guyon, pour permettre la fabrication des canons.

Blanchard travaille d'abord pour le compte de M. de Ruffray, maître de forge de Rancogne, sur la Tardoire, qui ne peut exécuter une commande de 152 pièces de canons de calibre 8, pesant chacune 23 quintaux et représentant un poids total de 3.496 quintaux.

Le marché est passé à raison de 11 livres le quintal « sur le pied de pièces finies », soit 38.456 livres pour les 152 canons. Les pièces sont transportées sur des charrettes jusqu'à Angoulême, et, de là, sur des gabarres, à Rochefort. La livraison est terminée en janvier 1760, et M. de Ruffray se rend à Rochefort pour en réclamer le paiement ; il revient très déçu et déclare : « Les fournisseurs ne toucheront pas de l'argent de longtemps ; jamais les finances n'ont été dans un état plus critique. »

En outre des canons cédés à M. de Ruffray, la forge de La Motte produit des marteaux à casser la mine, des étrieux, des barres de forerie, des empoises, des limples, des chaudières, des tourtières, des chaufferettes, des pots, des chenêts, des taques, etc.

En 1760, le duc de Belle-Isle, maréchal de France, secrétaire d'Etat à la Guerre, approuve la soumission signée par Maritz et Blanchard, maître de forge de la Chapelle-Saint-Robert, pour la livraison à Rochefort, avant le 31 décembre 1762, « de 130 canons de fer du calibre 24 et 30 crapeaux pour mortiers de 12 pouces, destinés à l'artillerie de terre ».

Il est spécifié que ces pièces doivent être « coulées uniquement de 3/4 des mines des Farges et 1/4 de celles de Feuillade, sans aucun mélange d'autres qualités ».

Au début, les affaires de Blanchard sont prospères ; sa fortune est constituée par des biens fonciers et des rentes féodales. En 1761, il en dresse le bilan : actif, 301.341 livres ; passif, 166.600 livres, soit une marge bénéficiaire de 134.741 livres.

En février 1762, le duc de Choiseul passe une nouvelle commande de 104 canons de 18 à raison de 18 livres le quintal. Les contrats vont alors en se succédant. Les forges subissent d'importantes transformations pour la fabrication de canons de gros calibres, et Blanchard devient l'un des plus importants fondeurs de canons du royaume.

Il fait, en outre, plusieurs ventes de canons de 8 et de fournitures : boulets, mitraille et cages pour culasses, à des armateurs de Bordeaux et de Marseille. Il cède au maître de la forge d'Etouars, qui dépend des forges de Ruelle, les mines nécessaires à la fabrication de 30.000 quintaux de canons. En 1762, après de « gros fondages », le bilan de la fortune de Blanchard s'établit ainsi : actif, 271.900 livres ; passif, 113.583 livres, soit une balance bénéficiaire de 158.317 livres.

En cinq ans, de 1760 à 1765, les forges de Blanchard ont fabriqué, pour le compte de l'Etat : 835 pièces de canons, dont 592 de gros calibres de 36, 24 et 18 pouces.

Il immobilise ses capitaux en faisant des travaux d'aménagement dans ses forges et en achetant des terres : celle des Ombraies, au ministre Henri Bertin, et celle de Roussines, sur la Tardoire, où se trouve la forge de Pontrouchaud. N'ayant plus d'argent disponible pour la marche de ses usines, il compte sur les paiements de l'Etat, dont il est créancier. La situation de Blanchard est alors rendue critique par la détresse du Trésor royal, qui est en déficit constant ; mais il espère être payé grâce à l'appui de son compatriote Henri Bertin et à la présence du duc de Choiseul, secrétaire d'Etat à la Guerre et à la Marine, qui veut développer l'artillerie en vue d'une revanche à prendre sur l'Angleterre.

En 1765, il est dû à Blanchard 85.000 livres et 119.000 livres en 1766. Il fait appel à Maritz, à Bertin, à Choiseul, au comte de Montbron, et à de hauts personnages de la Cour. Il se rend même à Paris et à Versailles pour réclamer les 85.000 livres, mais on ne lui en offre que 17.000.

Le manque de capitaux met Blanchard dans l'obligation de recourir à des emprunts onéreux. Malgré cela, il ne se décourage pas et s'intitule : « Louis Blanchard, un des premiers fondeurs de canons des provinces d'Angoumois et de Périgord pour le service des vaisseaux, côtes et forteresses de sa Majesté. »

Après leur victoire sur le ministre Bertin, qui voulait assainir les finances, les Parlements inspirent alors des mesures de banqueroute déguisée, qui retardent encore les paiements et ruinent les créanciers de l'Etat.

Blanchard lutte avec énergie contre les obstacles qui se dressent devant lui.

En 1768, il obtient de l'Espagne une commande de 200 canons de 24 et de 30 mortiers de 12 pouces avec leurs affûts, qui doivent être livrés au port de Rochefort, au prix de 16 livres le quintal pour les canons, de 20 livres le quintal pour les mortiers et de 14 livres le quintal pour les affûts. Il est à remarquer que, parmi les différents fondeurs du royaume, le choix s'est porté sur Blanchard de Sainte-Catherine.

L'affaire n'est pas avantageuse pour lui en raison des conditions de prix qui lui sont imposées, et cependant il l'accepte courageusement pour éviter le chômage. Les dernières pièces sont coulées en juin 1770. mais l'Espagne connaît les mêmes difficultés financières que la France et, pour échapper au dernier paiement, les officiers d'artillerie espagnols refusent 60 canons de 24 et les mettent au rebut. C'est une cruelle déception pour Blanchard, dont les créanciers deviennent plus pressants. Il a absolument besoin d'une nouvelle commande pour sauver sa trésorerie ; or, les intrigues du marquis de Montalembert et l'opposition de Morogues, successeur de Maritz, l'en empêchent, malgré l'intervention du duc d'Orléans et de Madame Adélaïde, fille de Louis XV. Le renvoi de Choiseul enlève enfin tout espoir de contrat.

De plus, le manque de confiance aggrave la situation du Trésor royal, et Moreau écrit à son ami Blanchard : « La disette des finances est très grande ; il n'y a pas un écu dans la circulation ; nous touchons au moment d'une guerre civile si Dieu n'y met la main. »

Blanchard connaît alors des heures de détresse ; il pense à ses forges si bien équipées qui devront cesser tout travail et aux 300 ouvriers qu'elles font vivre.

Le 2 février 1770, il obtient un concordat et parvient à s'acquitter en vendant la terre de Roussines et en empruntant par ailleurs.

Toujours courageux, malgré son état de santé, il ne se laisse pas abattre par le destin, et il décide que ses forges continueront à travailler. Il ne fabriquera plus de canons pour le royaume, mais ses forges ne cesseront pas de marcher.

Grâce à l'aide financière de quelques amis, il fait allumer un fourneau pour couler des « gueuses », et il obtient des fontes de premier choix ; il fabrique aussi de petits canons pour des armateurs de Bordeaux.

Mais son état de santé s'aggrave, et il meurt en 1772.

Ses créanciers s'empressent de poursuivre le recouvrement de leurs créances. Sa fille, Marguerite de Vaucocour, n'ayant pas accepté la succession, il faut vendre les meubles par autorité de justice, pour payer les frais d'inventaire.

Marguerite Blanchard de Sainte-Catherine avait épousé, en janvier 1759, JeanLéonard Gaillard, seigneur de Vaucocour, dont les armes étaient : « d'azur à trois fleurs de lys d'or au chef d'argent chargé de trois yeux de face ». Leur fils Louis, émigré, se maria plus tard avec demoiselle Catherine Mosnier de Planeaux.

Ainsi se termine l'histoire d'un des plus remarquables maîtres de forges du XVIIIe siècle. Il se distingue surtout par l'amour de son métier, auquel il était pourtant mal préparé. Sa conscience professionnelle, son esprit d'initiative, joints à une réelle valeur personnelle, lui ont permis d'établir deux importantes usines métallurgiques qui fournissent à l'artillerie, pendant la guerre de Sept ans, un grand nombre de bouches à feu d'excellente qualité.

Il donne un bel exemple de loyauté, de probité et de courage dans l'adversité, et il est à déplorer que la carence de l'Etat l’ait empêché d'avoir la belle fin de carrière qu'il méritait par les immenses services rendus au pays.

Source : Les anciennes forges de la région du Périgord, d'Édouard Peyronnet.

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