04 mai 2021

Déclaration de la veuve Durantière

Nous publions ici la déclaration de succession de la veuve de Jean Agard-Durantière, maître de forge, commune de Feuillade, département de la Charente. Le défunt est décédé sans laisser de testament, à 36 ans. En 1823, Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, est roi de France.

Déclaration retranscrite et éditée

Du premier juillet 1823.

Est comparu Dame Marguerite-Clarisse Jacques-Lanauve, veuve de Monsieur Jean Agard-Durantière, demeurante au village de Lamothe commune de Feuillade, agissant en qualité de tutrice de Marie & Guillaume Agard, ses enfants mineurs.

Laquelle a déclaré que les dits mineurs sont héritiers ab intestat dudit feu Agard-Durantière, leur père, décédé audit lieu de Lamothe le trente janvier dernier & qu'il leur est échu par le dit décès les biens dont la désignation suit, savoir :

Mobilier

Suivant inventaire dressé par Maître Lajartre, notaire à Marthon, les vingt-deux, vingt-quatre & vingt-cinq février dernier, enregistré le trois mars, le mobilier de la communauté conjugale établie par le contrat de mariage passé devant Debect, notaire à Villars canton de Lavalette le sept novembre 1813 enregistré le dix-huit, s'élève à la somme de .... 87,297.63 F

Plus, suivant acte reçu même notaire le trente juin dernier portant addition audit inventaire, à la somme de .... 3295 F

Total .... 90,592.63 F

Sur quoi il y a lieu de prélever :

1° au profit de la comparante la somme de dix-neuf mille francs pour partie de la dot non entrée en communautée, ci .... 19,000 F

2° Au profit du défunt celle de trente-neuf mille francs pour ses apports & dot non entrés en communauté .... 39,000 F

Total .... 58,000 F

Reste net partageable .... 32,592.63 F

Dont moitié pour la succession est de .... 16,296.32 F

À ajouter le prélèvement ci-dessus .... 39,000 F

Total .... 55,296.32 F

Reçu cent-trente-huit francs vingt-cinq centimes, ci .... 138.25 F

Immeubles

Acquêts

1° Un petit corps de domaine situé à Lacroix commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardin, terres, vignes & bois châtaigniers, acquis de Pierre Rougier dit Léraillé & de Jeanne Nadal, sa femme, dudit lieu de Lacroix par acte du douze décembre 1817 devant Bourrinet, ledit domaine non affermé, évalué à un revenu annuel de cent-quarante-neuf francs quatre-vingt-dix centimes au capital de .... 2838 F

2° Quatorze ares de terre à Lamothe acquis de Philippe Bertrand par acte du huit mars 1818 devant Bourrinet, évalués à trois francs soixante centimes de revenu au capital de .... 24,000 F

3° La fonderie de Lamothe avec les ustensiles, les bâtiments & la maison neuve en dépendant, terre, lavoirs, jardin & terre se joignant, droit d'eau & d'écluse & un hectare un tiers de pré; le tout acquis de M. Guyot par acte du 16 juin 1818 devant Debect notaire à Villars, et évalué avec les forges à raison des constructions & augmentations faites depuis l'acquisition sus datée à douze-cent francs de revenu au capital de .... 24,000 F

4° Huit articles d'immeubles situés à Feuillade acquis de Léonard Janot par acte du 14 janvier 1823 devant Bourrinet, évalués à vingt-cinq francs de revenu au capital de .... 500 F

5° Trois lots d'immeubles situés à Lamothe commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardins, maisons, terres, vignes, bois, prés & chaume; le tout acquis de Dame Julie Fargeas Lamothe, épouse Marchadier par adjudication du dix-huit juillet 1818 devant Lajartre, non affermé, évalué à trois-cent-quatre-vingt-quinze francs vingt-cinq centimes de revenu au capital de .... 7,905 F

Total .... 35,315 F

Dont moitié pour la succession est de .... 17,657.50 F

Propres

Elles consistent en immeubles jusqu'à concurrence de vingt mille francs constitués en dot au défunt par Monsieur Pierre Agard, maître de forge, à prendre dans les domaines qui lui appartiennent au lieu des Châtres commune de Savignac.

Reçu cent-soixante-seize francs soixante centimes, ci .... 176.60 F

Affirmant la présente déclaration sincère & véritable.

Veuve Durantière.

(AD 16, sous-série 3Q, déclarations de successions, bureau de Montbron)

Famille en arrière-plan

Jean Agard est né en 1786, au sein d'une dynastie de maîtres de forges, originaire de la commune de Savignac-de-Nontron, département de la Dordogne, fils de Pierre Agard et Pétronille Martinot.

Pierre Agard est propriétaire de plusieurs usines et en exploite d'autres, avec sa famille. Il est notamment le fondateur de la forge de Lavenaud, ou Laveneau, dans la vallée du Bandiat. Cet établissement occupe 120 personnes en 1811, dans un village de moins de 400 habitants y compris les femmes et les enfants. Doté d'un haut fourneau, sa spécialité est la fabrication d'ustensiles de cuisine : poêles, casserolles, marmites, grils... etc.

Le grand-père, fils de forgeron, exploite la forge de chez Baillot avant son décès survenu en 1776.

Agard-Durantière se marie en 1813 dans l'église Saint-Cybard d'Ayras, aujourd'hui commune de Blanzaguet, département de la Charente.

Son fils unique et héritier, Ernest, est né en Dordogne, deux ans plus tard. Celui-ci a supervisé pour sa mère la construction du château de Montchoix avant de devenir plus tard maire de la commune de Rougnac.

Au moment de sa disparition, Agard-Durantière est directeur-propriétaire de la fonderie de Lamothe en Charente, ancienne forge à canons.

Généalogie simplifiée des Agard

I. Pierre Agard, maître-forgeron, marié avec Marie Faure, d'où Pierre Agard, qui suit.

II. Pierre Agard, maître de forge chez Baillot, marié avec Suzanne Dubreuil, d'où : 1° Pierre Agard-Brousson, qui suit ; 2° Autre Pierre Agard, négociant, marié avec Jeanne Millet.

III. Pierre Agard-Brousson, maître de forge chez Lavenaud, maire de Savignac-de-Nontron, marié avec Pétronille Martinot, d'où : 1° Jean Agard-Durantière, qui suit ; 2° Jean Agard-Aumont, garde d'honneur de la Dordogne, marié avec Françoise Aucouturier ; 3° Jeanne Agard, mariée avec Louis Agard-Mazière, maître de forge ; 4° Zoé Agard, mariée avec Charles Filhoud-Lavergne, médecin.

IV. Jean Agard-Durantière, maître de forge à Lamothe, marié avec Clarisse Jacques-Lanauve, d'où Ernest Agard-Durantière, propriétaire, maire de Rougnac, marié avec Marie Bourrut-Lacouture.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Forges de la subdélégation de Nontron

On compte 27 forges, dont 8 qui fabriquent de la fonte ou de l'acier et 19 qui fabriquent du fer.

1. Forge de chez Manzat, sur le Bandiat, paroisse d'Augignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

2. Forge de chez Baillot, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

3. Forge-Basse, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

4. Chez Laveneau, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire : Mme la comtesse Daydie. Fait exploiter.

5. Brouliaud, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Forien de Villopret. Fait exploiter.

6. Sous-Puyrigard, sur le Bandiat, paroisse de Nontron. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : François Lapouge.

7. Lamendeau, sur le Bandiat, paroisse de Nontron. Production : 450 à 500 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : M. de Jaliot.

8. Jomelières, sur le Bandiat, paroisse de Javerlhac. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte; 800 à 900 quintaux d'acier. Propriétaire : M. Hastelet de Jomelières; exploitant : Sieur Vallade.

9. Forge-Neuve, sur le Bandiat, paroisse de Javerlhac. Propriétaire : M. le marquis de Montalembert ; régisseur : Guyon. Peu exploitée.

10. La Chapelle, sur le Bandiat, paroisse de La Chapelle-Saint-Robert. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte. Propriétaire : M. le Marquis de Roffignac; fermier : Sieur Blanchard de Sainte-Catherine.

11. La Motte, sur le Bandiat, paroisse de Feuillade. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte; 800 à 900 quintaux d'acier. Propriétaire : M. Hastelet de Jomelières; exploitant : Sieur Vallade.

13. Bonrecueil, sur un étang de la Lisonne, paroisse de Saint-Sulpice-de-Mareuil. Production : 600 à 650 quintaux de fonte. Propriétaire : M. Lafaye Du Cousset; exploitant : M. le marquis de Fayard.

14. Lambertie, sur la Dronne, paroisse de Miallet. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : M. le marquis de Chapt. Fait exploiter.

15. Lamaque, sur la Dronne, paroisse de Lacoussière-Saint-Saud. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Beynac. Fait exploiter.

16. Chapelas, sur la Dronne, paroisse de Lacoussière-Saint-Saud. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : Veuve du sieur Contussier. Fait exploiter.

17. Le Cancaux, sur la Dronne, paroisse de Saint-Front-la-Rivière. Production : 500 à 600 quintaux de fonte. Propriétaire : M. le marquis Descarts (Des Cars). Fait exploiter.

18. La Salamonie, sur le Trieux, affluent de la Tardoire, paroisse de Saint-Barthélémy. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire M. de Saint-Mathieu. Fait exploiter.

19. Forge de Champniers, sur un étang, paroisse de Champniers. Production : 250 à 260 quintaux d'acier. Propriétaire exploitant : Sieur Marsiliaud.

20. La Vallade, sur la Tardoire. paroisse de Busserolles. Production : 500 à 600 quintaux de fer. Propriétaire : M. de Vallade. Fait exploiter.

21. Chez Bigot, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 500 à 600 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Morellet. Fait exploiter.

22. Lamandeau, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Légère.

24. Busserolles, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire : M. Ducousset. Fait exploiter.

25. La Plaine, sur le Trieux, paroisse de Bussière-Badil. Production : 350 à 450 quintaux de fer. Propriétaire : M. de Labrousse. Fait exploiter.

26. Etouars, sur un étang et le ruisseau de la Doue, paroisses d'Etouars et de Bourdeix. Production : 600 à 700 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Hugon. Fait exploiter.

27 Saint-Estèphe, sur un étang et sur la Doue, paroisse de Saint-Estèphe. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : Louis Ribeirol.

Source : Les anciennes forges de la région du Périgord, de Édouard Peyronnet.

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Justice de la châtellenie de Varaignes

La juridiction de Varaignes s'étendait sur les paroisses de Varaignes, Bussière-BadiI, Busserolles, Soudat, et sur celles de Souffrignac, Eymoutier-Ferrier et les enclaves de Montbron, ces dernières détachées de la baronnie de Nontron et attribuées aujourd'hui au département de la Charente. Elle connaissait de toutes affaires, tant au criminel qu'au civil, à l'exception de la basse justice de la paroisse de Bussière, réservée au prieur, en exécution d'une transaction intervenue en 1541 entre messire Jean-Helie de Colonges, alors prieur de Bussière-Badil, Buxerii-Badili, tant pour lui que pour Martial de Colonges, co-seigneur du dit prieuré, et des Cars de Lavauguyon, seigneur de Varaignes, qui attribuait au dit prieur la basse justice et la viguerie dans le bourg, jusqu'à concurrence de soixante sols et un denier le..dit seigneur se réservant d'y tenir ses assises pour l'exercice de la haute et moyenne justice, mère, mixte et impère. Toutefois, en matière criminelle, le juge de Varaignes ne pouvait en connaître qu'avec le concours de deux assesseurs gradués.

Voici quelques noms d'officiers de justice des XVIIe et XVIIIe siècles :

1° Juges et lieutenants de juges. — 1614, Etienne de Lavaud, lieutenant; 1621, Charles Bouthinon, gradué et juge; 1635, Hélie Duport, procureur d'office; 1675, Léonard Bouthinon gradué et juge; 1677, François Eyriaud, avocat en parlement; 1680, Gautier, sieur de Chauveroche, juge, et Hélies Dayres, sieur des Rosfies, lieutenant; 1696, François de Bouthinon, sieur de Beausejour, avocat en parlement, écuyer, conseiller du roi, juge et maire perpétuel de Nontron Montazeau, lieutenant; 1705, Peyrier, juge; 1714. J. Bouthinon, avocat et juge; 1716, François Bouthiuon, sieur de Beauséjour, avocat 1761, Garay, lieutenant; 1753, Thomas Bernard, sieur de Lajarte, avocat et juge; 1763-66, Villedary, avocat en parlement et juge; Dayres, lieutenant; 1773, Joseph Bouthinon, sieur du Mas, avocat et juge; 1785, François Bouthinon, avocat et juge.

2° Procureurs d'office. — 1617, Hélies de Labrousse, 1684, Pierre Agard, notaire, substitut; 1697, Annet Peyraud; 1698, Hélies Duport; 1710, Etienne Audebert, notaire; 1768, Sicaire Eyriaud, notaire; 1777; Léonard Bernard, sieur de Lachaume, 1773; Thomas Bernard, sieur des Jartres, procureurs ordinaires, 1767; Martial Demay; Dubois.

3° Greffiers. — 1621, André Mesnard; 1655; Logier, 1680; Mondot, 1635; Dayres, 1691; Audebert, notaire, 1699; Montazeau, 1751; Depeyris; 1763; Charron.

4° Sergents. — 1599, Pichon; 1607; François Cheyrade, sergent royal.

5° Notaires. — 1597, François Coquet; Bouthinon; 1599, Morellet; 1674, Vigniaud; 1683, Mondot; 1687, Dubut; 1666, 1691, Bourinet.

Pour la juridiction du prieuré de Bussière-Badil, nous retrouvons les suivants :

1° Juges. — 1712, Jean Depeyris, sieur de la Boissière; 1753, Noël Durtelle de Saint-Sauveur; 1780, Janet-Lasfond.

2° Procureurs d'office. — 1750, Léonard Bernard; 1771, Eyriaud, notaire.

3° Greffiers. — 1569, Guillaume Durousseau; 1717, Léonard Bernard; 1723, Mondot.

4° Sergents. — 1597, Le Reclus, sergent royal; au XIXe siècle, Bouthinon, Duroulet, Lofficier.

5° Notaires. — 1530, Lajamme, notaire royal; 1607; Lajamme, id.; 1628, Peyronny; 1663-74, Agard; 1771, Eyriaud; 1780, Janet-Lasfond; au XIXe siècle, Janet-Lasfond, Champvallier, Desplaces, de Saint-Sauveur, Coussy.

La nomination des officiers de justice appartenait exclusivemènt aux seigneurs, qui avaient également le droit de nommer les notaires particuliers de la seigneurie, ayant le droit d'y exercer concurremment avec les notaires royaux, dont les offices étaient héréditaires, contrairement à ceux des premiers.

Voici donc, comme preuve partielle et provisoire, copie de deux actes anciens qui nous tombent sous la main :

Offices de justice. — « Jacques d'Estuard de Caussade, chevalier, comte de Lavauguyon, seigneur de Varaignes et de Saint-Mégrin, baron de Tonneins, Villeton, Grateloup et autres places; conseiller du roy en ses conseils d'Estat et grand séneschal de Guyenne, à tous ceux qu'il appartiendra, salut. Nous, estant à plein informé de la suffisante capacité et expérience au faict de pratique, de maistre Garrigou Gratien, notaire, et pour aultres bonnes considérations de nous mouvant, avons comme héritier, sous bénéfice d'inventaire, de dame Diane Descars, dame de Sainct-Mégrin, nostre mère, donné et octroyé, au diet Garrigou, l'estat et office de substitut de nostre procureur d'office, en nostre libre ville et comté de Lavauguyon, et d'icelluy pourvons et pourvoyons par ces présentes pour par lui, en l'abscence de nostre dict procureur et aultrement, ainsy qu'il appartiendra, jouir et exercer le dict office, pour tel temps qu'il nous plaira, aux mesmes honneurs, droits et prérogatives et préeminences dheues et accoustumées au dict office. Mandons à tous nos officiers chacun en droict soi d'admettre et installer le dict Garrigou en exercice et jouissance de la dicte charge, ayant par préalable reçu de luy le serment au cas requis, et à tous nos justiciables de ie reconnoistre, car telle est nostre intention. En foi de quoi nous avons signé ces présentes et ycelles faict contresigner, estant an bourg de Busserolles, le neufviesme du mois de janvier mil six cent trente-six. Signé : Jacques d'Estuard; par mandement de mon dict seigneur, Douhet. »

Vente d'office de notaire royal, d'après un acte reçu de Jalanihat, notaire royal à Javerlhac, le 27 mai 1725, et constatant que les héritiers Gandois vendirent et cédèrent, à perpétuité, à François Bourinet, praticien, fils de Me Pierre Bourinet, notaire :

« L'office de notaire royal de feu Me François Gandois dont il est mort nanti et en auroit esté pourveu au lieu et plasse de feu Me Jean de La Bidurie, celui-ci l'ayant acquis de la veuve et hoirs de feu Me Pierre Roussaud, par contrat du 27 octobre 1663, receu par Rougier, notaire royal. Ladite vendition a esté faite pour et moyennant le prix et somme de soixante livres et celle de cinquante sols pour les espingles, payés comptant. sur ]a remise des lettres de provision datées du onziesme novembre mil six cens vingt-quatre, signées Sallonnyou et du vingt-deuxiesme novembre mil six cens soixante-trois, signées du Chaine, juge mage Bodin, procureur du roy et, plus bas, une quittance du trésorier des revenus casuels du roy, de la somme de soixante-quinze livres, signée Dumets et dattée du vingt mars mil six cens soixante-treize, avec toustes les liasses, registres et contracts receus par le dit feu Gandois... »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1892)

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03 mai 2021

Un chat sauve un métayer d'une inondation

Limoges, 29 septembre (De notre correspondant particulier). — M. Ratinaud, métayer à la Forge de Busserolles (Dordogne), dormait d'un sommeil profond, quand il fut réveillé par les miaulements inaccoutumés de son chat. S'étant levé pour ouvrir à la bête la porte du grenier, il s'est aperçu qu'il y a avait déjà plus de dix centimètres d'eau dans sa maison et que le niveau montait rapidement.

Un instant après, sa femme et lui à peine vêtus étaient obligés de se sauver par la fenêtre et de gagner un terrain sec en traversant la cour de la ferme avec de l'eau jusqu'à la poitrine. Plusieurs des animaux ont été noyés. Cette inondation est due d'une crue subite et inexplicable du ruisseau Le Trieux qui coule près de la ferme.

chat-de-busserolles

(Journal L'Ouest-Éclair, 30 septembre 1938)

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Décès de Louis-Gabriel de La Ramière, baron de Nontron

« Le vingt sept janvier mil sept cent quatre vingt neuf est décédé au château de Nontron, haut et puissant seigneur messire Louis-Gabriel de La Ramière, chevalier comte de La Ramière, baron de Nontron et de Champniers, marquis du Bourdeix, seigneur de Piégut, Pluviers, Saint-Barthélémy, Augignac, Puycharnaud, Lascaux-Botison et autres lieux, âgé d'environ quarante-huit ans, vivant époux en secondes noces de dame Anne-Louise Pichon de La Rivoire ; et après les cérémonies d'usage faites à Nontron, le corps dudit seigneur a été transféré dans l'église de cette paroisse, ou après les cérémonies d'usage il a été inhumé le lendemain dans le caveau de sa chapelle dite de Saint-Jean, sise dans ladite église ; présents hauts et puissants seigneurs messires Jean Guillot, comte du Doussay, son beau-frère, et Jean-Gédéon du Rousseau, chevalier de Chabrot, son cousin germain, qui ont signé avec nous. Chamblet, curé de Saint-Estèphe. »

Rectifié : 21-1-1789, Laramière, Peucharnaud, Larivoire, Durousseau.

puycharnaud

(AD 24, 5 E 404/4, BMS 1737-1791)

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L'enseignement élémentaire dans le Nontronnais

Voici l'état des régents dans le Nontronnais en 1771, donné par Jean de Labrousse du Bosfrand, subdélégué pour l'intendance de la généralité de Bordeaux :

Nontron... 4 donnent l'enseignement de la grammaire; 1 médiocre; 3 apprennent à lire et à écrire.

Mareuil... 2 enseignent la grammaire; 1 médiocre.

La Rochebeaucourt... 1 enseigne à lire et à écrire; médiocre.

Saint-Pardoux... 2 enseignent à lire et à écrire; 1 mauvais.

Abjat... 1 enseigne à lire et à écrire; médiocre.

Saint-Saud... 1 enseigne à lire et à écrire.

Augignac... 1 enseigne à lire et à écrire.

Champniers... 1 enseigne à lire et à écrire; mauvais.

Bussières... 2 enseignent à lire et à écrire; passables.

Busserolles... 2 enseignent à lire et à écrire.

Miallet... 1 enseigne à lire et à écrire; 1 enseigne la grammaire.

Avec la note suivante : « Il manque beaucoup de régents pour apprendre à lire et à écrire, l'arithmétique, car dès que les enfants savent un peu lire, écrire, et les deux ou trois premières règles d'arithmétique, ce qui est appris dans autour d'une année, ils ne vont plus aux écoles, et de bons régents de cette espèce gagnaient considérablement pendant les trois ou quatre premières années, ensuite ils n'ont plus de quoi vivre. »

Source : La vie intellectuelle en Périgord (1550-1880), de Pierre Barrière.

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27 avril 2021

Souvenirs de la comtesse de Béarn

L’année 1814 s’ouvrit sous des auspices plus menaçants encore. La victoire abandonnait les drapeaux de Napoléon qu’elle avait si longtemps suivis. L’étranger avait pénétré sur notre territoire, les armées coalisées marchaient sur Paris; le sort de cette grande ville était bien incertain.

Nous quittâmes Paris; nous nous mîmes en route pour la Rochebeaucourt; nous emmenâmes nos enfants, tout notre monde, dans un lieu inhabité depuis cinquante ans, dans un château sur lequel vingt ans de révolutions avaient passé en laissant des traces de leur passage. Vous pouvez vous rappeler, mon cher fils, quel étrange établissement nous fîmes à la Rochebeaucourt. Vous rappelez-vous que, pour nous rendre dans nos chambres nous traversions les corridors un parapluie sur la tête ? Il me semble encore entendre votre oncle nous raconter qu’il a été tourmenté toute la nuit par un cauchemar horrible, et qu’il a découvert le matin que ce cauchemar avait été causé par un filet d’eau qui, filtrant à travers le plafond de sa chambre, lui était tombé goutte à goutte sur le creux de l’estomac.

Enfin, tout mal que nous fussions, nous pensions être à l’abri des dangers dont nous croyions Paris menacé. Nous attendions les événements sans pouvoir les prévoir. Cette immense fortune qui avait rempli le monde allait-elle tomber ?

Source : Souvenirs de Pauline de Tourzel, comtesse de Béarn (1789-1830).

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La chartreuse de Langlardie

Située à l'est du petit village de Soudat, la chartreuse de Langlardie, ici vue du ciel, appartenait à la famille Baynaud à la veille de la Révolution française. Le lieu noble de Langlardie, paroisse de Soudat, est mentionné dès 1594. Sur la carte de Belleyme, Langlardie est représenté sous le nom de l'Englardie. Diane des Cars et son mari donnèrent ce domaine au capitaine de leur château de Lavauguyon, noble René de Sauzet, à l'occasion de son mariage, puis il passa ensuite à la famille de La Pisse. Les héritiers de François de La Pisse, seigneur de Langlardie, décédé en 1720, vendirent plus tard le domaine de Soudat à Mathieu Baynaud, maître de forges à Ruelle. Ce dernier mourut en son château de Langlardie où il s'était retiré, le 24 novembre 1780, et fut inhumé dans l'église Saint-Julien de Soudat le lendemain. Son fils, Louis Baynaud, son successeur à la forge de Ruelle (400 ouvriers) était déjà décédé depuis six ans. Le 11 décembre 1787, son petit-fils, autre Mathieu Baynaud, acquit une charge de secrétaire du roi aux héritiers de Jacques Pétiniaud de Beaupeyrat, de la ville de Limoges, ce qui lui conféra la noblesse. Mathieu Baynaud de Langlardie mourut en 1802, agriculteur et maire de Soudat. Ses descendants se succédèrent à la mairie. Au XIXe siècle, une élégante chartreuse remplaça le château viellissant. En 1902, le lieu était habité par Jacques-Henri Thibaud et sa femme. Propriété privée, elle ne visite pas.

chartreuse

Source : Généalogie Charente Périgord.

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La seigneurie de Feuillade

Le 10 juin 1712, Henriette de Javerlhac, veuve de François de Saint-Laurent, chevalier seigneur de Feuillade, rend hommage à l'évêque de Rézé pour son fief de la Motte.

Le 19 décembre 1714, devant les notaires du Châtelet de Paris, Henriette de Javerlhac donne au marquis de Javerlhac, son frère, tous ses biens contre une pension viagère : la seigneurie de Feuillade et le château de la Motte, avec métairies, moulins, rentes, droits... etc.

« Pardevant nous les conseillers du Roy notaires, gardes-notes & gardes-scel au Châtelet de Paris, fut présente dame Henriette de Javerlhac veuve de messire François de Saint-Laurent, chevalier seigneur de Feuillade et autres lieux, demeurant de présent à Paris rue du Jardinet paroisse Saint-Cosme, laquelle voulant donner des marques certaines à monsieur le marquis de Javerlhac son frère ci-après nommé de la sincère amitié et parfaite estime qu'elle a pour lui & en même temps reconnaît les bons et agréables services qu'elle a toujours reçus de lui jusqu'à présent & par ces présentes donné cédé quitté abandonné & délaissé par donation entre vifs, pure simple & irrévocable, à messire Bernard de Javerlhac, chevalier seigneur d'Abjat, Savignac, Grospuy, Vaugrignon et autres lieux demeurant à Paris susdite rue et paroisse, acceptant pour lui et ses hoirs, la terre et seigneurie de Feuillade consistant en haute moyenne & basse justice, château de la Motte, fermes granges et autres bâtiments, prés bois vignes, rentes seigneuriales, moulins maillerie aussi les cinq métairies qui en dépendent garnies des bestiaux et semences et généralement tout ce qui peut dépendre desdites terres et seigneurie de Feuillade & château de la Motte, circonstances et dépendances généralement quelquonques sans aucune exception... ladite dame de Feuillade donne & délaisse audit sieur marquis de Javerlhac son frère, tous les meubles qui sont dans ledit château de la Motte & lieux en dépendant... ensemble les mines de fer qui peuvent appartenir à ladite dame... les baux pour fermages desdites terres métairies & moulins, arriérages de rentes seigneuriales et autres droits sans aucune exception. »

Registre des insinuations de la sénéchaussée de Périgueux (AD24-B2231) - transcription - Julien Roland, AGC 2901.

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La fonderie de canons de Ruelle

La fonderie de canons de marine à Ruelle, à 7 kilomètres d'Angoulême, est une des premières industries à en bénéficier. Elle a été créée en 1752 par un Charentais, le marquis Marc René de Montalembert, qui a abandonné la carrière militaire pour se lancer dans les affaires. Il possédait déjà à Javerlhac, en Dordogne, la forge de Forgeneuve, spécialisée dans la fabrication de canons de petit calibre ; ayant obtenu du ministre un marché pour la fourniture en quatre ans de 800 canons de marine, il doit se doter de nouveaux moyens pour la fonte des canons de gros calibre ; aussi achète-t-il une forge située sur un petit affluent de la Charente, le Bandiat, et en crée-t-il une seconde sur un autre affluent, la Touvre, à Ruelle. Il dispose ainsi d'une rivière au débit régulier et puissant, à proximité de la forêt de la Braconne, dont le bois fournira le charbon de bois pour les hauts-fourneaux, et de gisements de minerai de fer. Il installe des ateliers, une digue pour la distribution des eaux au moulin de force motrice, des parcs pour le minerai, un lavoir à minerai, deux hauts-fourneaux avec leurs soufflets, un atelier de moulage et une machine à forer ; suivant l'invention mise au point en 1734 par un fondeur suisse, Jean Maritz, « les canons ne sont plus coulés creux comme autrefois, mais forgés pleins, puis forés ». Le nouveau procédé leur donne une âme bien rectiligne, lisse et régulière, et par conséquent une meilleure portée. Mais la technique en est difficile et Montalembert s'occupe plus de la publication des onze volumes in-4° de son ouvrage de théorie militaire, La Fortification perpendiculaire, que de sa fabrique de canons. Il y défend des thèses hardies, opposées à celles de Vauban ; l'usage intensif des canons, les tracés polygonaux de murs fortifiés et les ouvrages détachés devraient remplacer, selon lui, les fronts bastionnés continus ; il fera peu d'adeptes, à part Choderlos de Laclos.

A la fonderie, les premiers résultats sont décevants : sur les 1 400 canons qu'elle devait livrer à Rochefort en 1753, elle n'en a fabriqué que 149 et plus de la moitié est allée au rebut. Sur ordre du roi, la forge de Ruelle devient alors une régie sous la direction de Maritz, qui met en place de nouveaux équipements. La production repart et, en 1760, la fonderie livre 2 388 canons à Rochefort. En 1762, Maritz cède la place à un entrepreneur indépendant nommé par Choiseul, Baynaud, et pendant les dix années suivantes la forge produit chaque année 30 000 puis 40 000 quintaux de canons, mortiers et crapauds. Turgot n'intervient dans ses activités que pour faciliter le transport des canons, d'abord par la route jusqu'à Angoulême puis par gabares jusqu'à Rochefort.

Montalembert récupère en 1772 sa fonderie mais il est ruiné ; il la cède en 1774 au comte d'Artois contre 100 000 livres comptant et une rente viagère de 20 000 livres. En 1776, le comte d'Artois l'échange à Louis XVI contre trois forêts domaniales en Champagne. Des nouvelles Fonderies et Manufactures royales de Ruelle partiront en 1779, à bord du Bonhomme Richard de John Paul Jones, cent canons destinés aux Insurgents américains.

Source : Turgot, de Jean-Pierre Poirier.

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