14 juillet 2016

La fontaine de la Cahue

L'autorisation de l'intendant était nécessaire pour « faire travailler aux fontaines », comme pour tous travaux de quelque importance engagés dans les villes. On retrouve partout le même processus : à la demande en général des habitants soucieux de ne pas manquer d'eau, les jurats, jugeant comme ceux de Blaye « la choze des plus nécessaires et l'on peut même dire indispensable », délibéraient pour décider des travaux à faire ; le subdélégué transmettait à l'intendant avec un avis généralement favorable ; l'intendant demandait le plus souvent des précisions sur le devis, sur les moyens de financement, et donnait ou non l'autorisation d'entreprendre les travaux après leur mise en adjudication. La procédure pouvait être relativement rapide, quelques mois, ou traîner beaucoup plus : le cas limite étant celui de Nontron où elle n'aboutit qu'après plus de vingt ans. Dans cette petite ville, la fontaine de la Cahue était restée totalement sans entretien, au point que cette négligence surprenait le subdélégué, pourtant averti du « peu de zèle des habitants pour le bien public ». Une première demande d'autorisation de réparations, dont le devis, approuvé par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, s'élevait à 1 631 livres, est adressée à l'intendant Tourny par le subdélégué Labrousse du Boffrand en 1754. Malgré les réponses précises de ce dernier sur la nature du terrain, entre la source et la fontaine, la construction des conduites, les matériaux utilisés, après six ans d'aller-retour du dossier, l'intendant, considérant la « difficulté des temps » refuse son accord. Les officiers municipaux renouvellent leur demande en 1765 : cette fois la mise en adjudication des travaux est autorisée, mais il ne se trouve aucun entrepreneur intéressé. Il en est de même en 1773, et il faut attendre 1777 pour qu'un nouveau devis, chiffré cette fois à 3 118 livres, trouve preneur. Les travaux peuvent commencer en 1778 : jusque-là les deux tiers de la ville qu'alimente cette fontaine avaient connu, sinon la pénurie d'eau, du moins une réelle incommodité.

Source : L'Eau et la ville, de Raymond Regrain.

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La Confrérie Notre-Dame du Saint-Rosaire

Institution de la Confrérie de Notre-Dame du St-Rosaire à Bussière-Badil, en 1675.

Aujourd'hui vingt septième octobre mil six cent septante cinq dans le bourg de Bussière en périgord diosaise de Limogés pardevant révérant père François rivière soubs prieur du couvent des fraires préscheurs de la ville de St-Junien audit diosaise de Limoges et sont presants messire martial nouaillier prêtre docteur en théologie curé dé bussière et habitant du dit lieu soûl is signé et autres lesquels entendans les grands biens fruits esperituels que la confrerye de nostre Damé de St rozaire produit où elle est érigée et lès status d'icelle exactement observés estant d'ailleurs bien assurés du pouvoir que le saint siège apostolique a donné par expécial privilège à l'ordre des fraires préscheurs d'instituer la dite confrerye es lieux qu'ils la demanderont du coasanteman et agréman des esvesques ont très-humblement suplyé le dit révérant père rivière au nom de tous les habittants de vouloir selon le pouvoir qu'il luy a esté donné .par le révérant père Dominique Sabaymé prieur dudit couvant des frères préscheurs dudit St-Junien erigier et instituer en cestè esglise dudit bussière ladite confrerye de nostre Damé du St rosaire aveq tous ses privilèges et pardons destinants les dits supliants pour les exercices d'icelles apperpetuité la chaspelle de nostre Dame qui est du côté gauche descendant du grand authel laquelle portera dorénavant le tittre de nostre Dame du rosaire et laquelle ils tiendront ornée d'un tableau représentant la sainte Vierge donant le rosaire à St Dominique et d'autres parures et ornemants requis pour y faire honorablement les exercices de la Vierge s'obligant encore d'entretenir conserver et prémunir en vitraux qu'il sera en neufs ladite confrerye et d'observer et faire observer tous les esfatuts et règles d'icelles faire chanter la messe de nostre Dame et faire la prosetion, chantant les litanyes de la sainte Vierge tous les premiers dimanches du mois après vespres et touttes les festes de la mesme Vierge à quoy inclinant le révérant père rivière après avoir aprouvé les zelles et dévotions des supliants à l'endroit de la Vierge et a institué errigé la dite confrerye aveq tous ses privilèges et pardons en ladite esglise et chaspelle aveq cette condition toutesfois que sy à l'advenir son ordre ou avait maison ou couvant en se présent lieu de bussière, ladite confréry y sera à l'instant changée et transportée aveq tous ses droits revenus et émolumans et que tous les suppliants ont accepté et promis tenir. En foy de quoy se sont tous (engagés) les soubs signés faict et passé dans ladite Esglise de bussière l'an mois et jour que dessus en présences de moy notaire royal soubsigné.

Signé : Fre françois Rivière. — Noualhier, curé de Bussière. — Pourguet. — Joyeux. — J. Roche. — françois Urtelle. — P. Nicolas, prêtre. — Descrachapts. — Lajamme. — Delavergne. — Alafort. — Collas. — Delage. — P. Nicolas. — Deluche. — Pradignat. — Daugeras. — Thomas, prêtre. — Déluge. — Agard, notaire royal.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1898)

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Lettre à Mme Texier de Nontron

De M. Adrien-Ambroise Texier, ancien gendarme de la Garde du Roi à sa mère, Mme Texier, à Nontron.

(Arch. nat., W 338, doss. 609, n° 79.)

[Coblentz. décembre 1791.]

... [On nous dit, ma chère maman], que, si nous rentrions en France, la tranquillité pourroit renaître et qu'on ramèneroit l'ordre avec l'abondance. Mais pendant plus de deux années la noblesse a souffert vainement et très inutilement des outrages. Tant que les causes de l'anarchie subsisteront, on doit attendre les mêmes effets. Ce sont les bases de la constitution qui sont essentiellement vicieuses ; il faut la refondre en entier ; il faut régénérer les principes de vie du gouvernement. Ce n'est point avec une assemblée nationale comme la nôtre qu'il faut s'attendre à composer. Ils n'ont pas d'ailleurs le pouvoir de rien changer à cette constitution, dont on leur a remis le dépôt. Il est bien démontre par les faits que cette constitution si vantée est la ruine du peuple, en même temps que l'effroi des propriétaires. Il n'est que trop vrai que nous ne sommes sortis du royaume, que nous n'avons pris les armes qu'après une continuité d'horreurs, d'anarchie, d'impunité de crimes, prolongée pendant deux années entières. La patience et la résignation individuelles sont de toute inutilité. Loin de tendre à la fin de ces troubles intestins, le germe toujours subsistant alloit toujours croissant. Avec cette constitution, il n'y avoit pour les êtres raisonnans que deux partis à prendre : celui de se faire une autre patrie, en abandonnant leurs concitoyens à leur malheureux sort, et le parti le plus courageux de repousser par la force des principes destructeurs de tout gouvernement. Cette dernière marche étoit digne de la noblesse françoise. Je ne voudroispas, pour tout au monde, ne pas lavoir adoptée. Combien je désirerois que mon frère pensât comme moi ! Ce nest pas pour son intérêt particulier, pour son avancement, pour les suites inévitables qui vont retomber sur les militaires accusés de démagogie. Ces causes sont secondaires; mais je le désire pour son honneur...

Adieu, ma chère maman, je vous désire une aussi bonne santé qu'à moi. Je vous embrasse et vous chéris bien tendrement.

P.-S. — J'oubliois, dans l'article des nouvelles politiques, de vous répéter qu'il est très certain qu'au printemps nous aurons le roi de Suède à la tête d'une armée de Russes et de Suédois. Tous les princes de l'Empire se préparent à fournir les troupes qu'ils doivent aux cercles de l'Empire. La Prusse, au moyen de son traité d'alliance avec l'Empire, ne restera pas neutre. Déjà l'Espagne et la Savoie sont déclarées. Voilà quels seront nos moyens pour ouvrir la campagne.

Le nouvel ambassadeur Sainte-Croix a déjà éprouvé bien des humiliations. En arrivant, il fut conduit chez le grand-prévôt par deux soldats, et puis son hôte l'expulsa de son logement, parce que 200 François qui mangeoient dans cette auberge avoient quitté leurs tables.

Source : La Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794.

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Mémoires de la comtesse de Vassoigne

Il avait l'imagination bouillante, exaltée, qu'il était plein de cet ancien esprit d'honneur, de bravoure chevaleresque, d'ambition et de prodigalité, j'ai goûté dans les premières années de ma vie toutes les jouissances que procure l'opulence lorsque surtout elle est jointe à la naissance, à la fortune et au talent de la répandre avec goût. Ces qualités précieuses pour le grand monde, d'autres plus estimables pour quelques-uns, un extérieur séduisant, des manières affables, distinguées et polies, un courage à toute épreuve, mille occasions où il l'avait prouvé avec évidence, des protections brillantes connues et nombreuses, tout concourait à en faire l'homme de son pays le plus recherché, le plus aimé et le plus goûté.

D'ailleurs ces avantages étaient accompagnés d'une épouse charmante, belle, bonne, sensible et ferme, vertueuse, spirituelle, réunissant à tous égards les esprits et les cœurs. Ma mère, mon aimable et tendre mère ornait un salon, faisait l'ornement d'un cercle et conduisait à bien une affaire épineuse avec la même grâce et la même facilité. Aussi sa mémoire et la reconnaissance dues à ses bienfaits seront éternelles. On ne parle de l'une et de l'autre qu'avec vénération et les regrets qu'a occasionnés sa perte précipitée se font encore sentir et seront pour sa fille un sujet perpétuel de chagrins et de douleurs qui pourra peut-être un peu s'affaiblir mais jamais s'effacer.

Tels étaient les êtres à qui je devais la vie; le reste de la famille, sans se trouver aussi bien partagé par la nature, n'avait pas à s'en plaindre. Tous jouissaient d'une extrême aisance et d'une considération, suite de leur conduite ou de leurs lumières et de leurs places. C'est dans cette situation heureuse pour les miens que je vins au monde, aînée de plusieurs enfants qui suivirent peu après. Ma naissance attendue et désirée aurait été un jour de fête, si elle n'eût failli coûter la vie à ma mère. Cet événement malheureux changea tous les projets, et peu s'en fallut que je fusse privée sans le connaître du plus grand avantage que j'ai possédé et à qui j'ai dû ensuite le petit nombre de qualités que j'ai possédées et que l'on m'a accordées. Heureusement qu'un Destin moins contraire la rendit aux vœux que l'on formait pour elle; sa santé se rétablit, mais elle perdit la faculté de marcher. Tout ce que l'on peut ordonner fut employé sans succès, elle n'en recueillit qu'un peu moins de difficulté à se mouvoir et rien de plus. Cet accident imprévu en contraignant ma mère à rester chez elle habituellement y faisait rassembler sans cesse la Société en général et surtout celle qu'elle avait su distinguer et choisir.

Sa maison était ouverte aux gens honnêtes qui savaient la préférer et sa table offerte à ceux qu'elle estimait. Attentive et indulgente sans affectation, elle se rendait chère à tous ceux qui l'entouraient. C'est à cette école, c'est avec ses exemples et sous ses yeux que je me formais. J'atteignis ainsi ma 8e année et commençais déjà à répondre à sa tendresse et à ses soins lorsqu'une affaire d'honneur et une blessure que reçut mon père à 150 lieues du pays que nous habitions nous obligea sur le champ à le quitter et à nous rendre près de lui au mois de janvier 178... Il désirait revoir sa femme et ses enfants avant de mourir. Ce désir pour ma mère devint une loi et sans consulter l'embarras d'une route semblable, avec deux de mes frères et moi, elle nous fit partir au milieu de la nuit et voyager sans nous reposer autrement que sur les bras de nos gouvernantes jusqu'à Paris où, nous voyant si harassés, elle résolut de nous laisser sans m'emmener peu d'heures après qu'elle m'eut fait mettre au lit. C'était la première fois que j'en étais séparée; aussi à mon réveil lorsqu'on vint me préparer et m'instruire de ce départ, je versai tant de larmes que les personnes de l'hôtel, émues par ces témoignages non équivoques d'un attachement sincère, s'empressèrent de me prodiguer leurs caresses. J'en étais flattée mais non consolée, et jamais il ne leur fut possible de me décider à sortir de la maison avant d'avoir reçu des nouvelles de ma mère.

Cette conduite si extraordinaire pour une enfant excita l'intérêt, on en parla aux personnes qui venaient s'informer de ma famille et qui savaient les motifs de l'absence de ma mère. Alors on voulut nous voir... Les Barons de Pla... de Lam... de Ch... les maréchaux de T... de B... de N... intéressés d'abord par les narrations de leurs valets de chambre le furent ensuite par eux-mêmes. Un d'eux surtout, comblé d'honneur, d'estime et de gloire, et n'appréciant que celle de se distinguer par ses vertus, fut encore plus que les autres touché du naturel heureux que nous montrions. Il se plaisait à voir nos petites manières naïves, douces, gaies, caressantes, à nous faire raconter mille riens dont le seul mérite était l'ingénuité et puis à jouir du plaisir que nous faisait sa présence. Chaque jour lorsque nous reconnaissions sa voiture, nous courions au devant de lui; l'un voulait lui donner la main, l'autre portait son chapeau, le plus jeune qui avait 4 ans croyait lui rendre un très grand service en soutenant la pointe de son épée.

Il riait de notre empressement et nous faisait apercevoir par tant de caresses qu'il y était sensible que nous ne pouvions jamais assez lui prodiguer les nôtres. Cette manière d'être singulière pour nous tous excita l'étonnement. Quelques-uns à l'exemple de notre ami voulurent le copier, mais inutilement; ils n'avaient point son âme et ignoraient l'art de l'attendrir. Aussi sans savoir pourquoi, malgré les bonbons dont leurs mains étaient remplies, malgré l'attrait assez puissant de leurs galons, boutons, breloques, on voyait une extrême différence dans les soins que nous rendions; nos réponses étaient plus courtes, nos révérences plus fréquentes et nous étions beaucoup plus circonspects et gênés. Dès qu'ils étaient ensemble nous allions vite nous placer à côté de notre ami ou sur ses genoux, et là nous acquérions moins de crainte et plus de liberté. Il était pour nous un refuge et un appui. Il voulut user de ces dispositions et nous amener passer des journées chez lui, il ne put y parvenir. Sa maison préférée par tout ce qu'il y avait de grand et fréquentée par eux était insipide; la morgue, la fausseté, les prétentions dont la plupart étaient remplis lui étaient insupportables et il m'a dit depuis qu'il ne le trouvait jamais autant qu'en sortant d'avec nous. D'ailleurs il aimait les enfants et n'en avait point.

Source : La Révolution française vue et vécue par une aristocrate charentaise.

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Forges de la subdélégation de Nontron

On compte 27 forges, dont 8 qui fabriquent de la fonte ou de l'acier et 19 qui fabriquent du fer.

1. Forge de chez Manzat, sur le Bandiat, paroisse d'Augignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

2. Forge de chez Baillot, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

3. Forge-Basse, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer.

4. Chez Laveneau, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire : Mme la comtesse Daydie. Fait exploiter.

5. Brouliaud, sur le Bandiat, paroisse de Savignac. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Forien de Villopret. Fait exploiter.

6. Sous-Puyrigard, sur le Bandiat, paroisse de Nontron. Production : 500 à 550 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : François Lapouge.

7. Lamendeau, sur le Bandiat, paroisse de Nontron. Production : 450 à 500 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : M. de Jaliot.

8. Jomelières, sur le Bandiat, paroisse de Javerlhac. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte; 800 à 900 quintaux d'acier. Propriétaire : M. Hastelet de Jomelières; exploitant : Sieur Vallade.

9. Forge-Neuve, sur le Bandiat, paroisse de Javerlhac. Propriétaire : M. le marquis de Montalembert ; régisseur : Guyon. Peu exploitée.

10. La Chapelle, sur le Bandiat, paroisse de La Chapelle-Saint-Robert. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte. Propriétaire : M. le Marquis de Roffignac; fermier : Sieur Blanchard de Sainte-Catherine.

11. La Motte, sur le Bandiat, paroisse de Feuillade. Production : 6.000 à 7.000 quintaux de fonte; 800 à 900 quintaux d'acier. Propriétaire : M. Hastelet de Jomelières; exploitant : Sieur Vallade.

13. Bonrecueil, sur un étang de la Lisonne, paroisse de Saint-Sulpice-de-Mareuil. Production : 600 à 650 quintaux de fonte. Propriétaire : M. Lafaye Du Cousset; exploitant : M. le marquis de Fayard.

14. Lambertie, sur la Dronne, paroisse de Miallet. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : M. le marquis de Chapt. Fait exploiter.

15. Lamaque, sur la Dronne, paroisse de Lacoussière-Saint-Saud. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Beynac. Fait exploiter.

16. Chapelas, sur la Dronne, paroisse de Lacoussière-Saint-Saud. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire : Veuve du sieur Contussier. Fait exploiter.

17. Le Cancaux, sur la Dronne, paroisse de Saint-Front-la-Rivière. Production : 500 à 600 quintaux de fonte. Propriétaire : M. le marquis Descarts (Des Cars). Fait exploiter.

18. La Salamonie, sur le Trieux, affluent de la Tardoire, paroisse de Saint-Barthélémy. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire M. de Saint-Mathieu. Fait exploiter.

19. Forge de Champniers, sur un étang, paroisse de Champniers. Production : 250 à 260 quintaux d'acier. Propriétaire exploitant : Sieur Marsiliaud.

20. La Vallade, sur la Tardoire. paroisse de Busserolles. Production : 500 à 600 quintaux de fer. Propriétaire : M. de Vallade. Fait exploiter.

21. Chez Bigot, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 500 à 600 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Morellet. Fait exploiter.

22. Lamandeau, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Légère.

24. Busserolles, sur le Trieux, paroisse de Busserolles. Production : 300 à 400 quintaux de fer. Propriétaire : M. Ducousset. Fait exploiter.

25. La Plaine, sur le Trieux, paroisse de Bussière-Badil. Production : 350 à 450 quintaux de fer. Propriétaire : M. de Labrousse. Fait exploiter.

26. Etouars, sur un étang et le ruisseau de la Doue, paroisses d'Etouars et de Bourdeix. Production : 600 à 700 quintaux de fer. Propriétaire : Sieur Hugon. Fait exploiter.

27 Saint-Estèphe, sur un étang et sur la Doue, paroisse de Saint-Estèphe. Production : 400 à 500 quintaux de fer. Propriétaire exploitant : Louis Ribeirol.

Source : Les anciennes forges de la région du Périgord.

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Justice de la châtellenie de Varaignes

La juridiction de Varaignes s'étendait sur les paroisses de Varaignes, Bussière-BadiI, Busserolles, Soudat, et sur celles de Souffrignac, Eymoutier-Ferrier et les enclaves de Montbron, ces dernières détachées de la baronnie de Nontron et attribuées aujourd'hui au département de la Charente. Elle connaissait de toutes affaires, tant au criminel qu'au civil, à l'exception de la basse justice de la paroisse de Bussière, réservée au prieur, en exécution d'une transaction intervenue en 1541 entre messire Jean-Helie de Colonges, alors prieur de Bussière-Badil, Buxerii-Badili, tant pour lui que pour Martial de Colonges, co-seigneur du dit prieuré, et des Cars de Lavauguyon, seigneur de Varaignes, qui attribuait au dit prieur la basse justice et la viguerie dans le bourg, jusqu'à concurrence de soixante sols et un denier le..dit seigneur se réservant d'y tenir ses assises pour l'exercice de la haute et moyenne justice, mère, mixte et impère. Toutefois, en matière criminelle, le juge de Varaignes ne pouvait en connaître qu'avec le concours de deux assesseurs gradués.

Voici quelques noms d'officiers de justice des XVIIe et XVIIIe siècles :

1° Juges et lieutenants de juges. — 1614, Etienne de Lavaud, lieutenant; 1621, Charles Bouthinon, gradué et juge; 1635, Hélie Duport, procureur d'office; 1675, Léonard Bouthinon gradué et juge; 1677, François Eyriaud, avocat en parlement; 1680, Gautier, sieur de Chauveroche, juge, et Hélies Dayres, sieur des Rosfies, lieutenant; 1696, François de Bouthinon, sieur de Beausejour, avocat en parlement, écuyer, conseiller du roi, juge et maire perpétuel de Nontron Montazeau, lieutenant; 1705, Peyrier, juge; 1714. J. Bouthinon, avocat et juge; 1716, François Bouthiuon, sieur de Beauséjour, avocat 1761, Garay, lieutenant; 1753, Thomas Bernard, sieur de Lajarte, avocat et juge; 1763-66, Villedary, avocat en parlement et juge; Dayres, lieutenant; 1773, Joseph Bouthinon, sieur du Mas, avocat et juge; 1785, François Bouthinon, avocat et juge.

2° Procureurs d'office. — 1617, Hélies de Labrousse, 1684, Pierre Agard, notaire, substitut; 1697, Annet Peyraud; 1698, Hélies Duport; 1710, Etienne Audebert, notaire; 1768, Sicaire Eyriaud, notaire; 1777; Léonard Bernard, sieur de Lachaume, 1773; Thomas Bernard, sieur des Jartres, procureurs ordinaires, 1767; Martial Demay; Dubois.

3° Greffiers. — 1621, André Mesnard; 1655; Logier, 1680; Mondot, 1635; Dayres, 1691; Audebert, notaire, 1699; Montazeau, 1751; Depeyris; 1763; Charron.

4° Sergents. — 1599, Pichon; 1607; François Cheyrade, sergent royal.

5° Notaires. — 1597, François Coquet; Bouthinon; 1599, Morellet; 1674, Vigniaud; 1683, Mondot; 1687, Dubut; 1666, 1691, Bourinet.

Pour la juridiction du prieuré de Bussière-Badil, nous retrouvons les suivants :

1° Juges. — 1712, Jean Depeyris, sieur de la Boissière; 1753, Noël Durtelle de Saint-Sauveur; 1780, Janet-Lasfond.

2° Procureurs d'office. — 1750, Léonard Bernard; 1771, Eyriaud, notaire.

3° Greffiers. — 1569, Guillaume Durousseau; 1717, Léonard Bernard; 1723, Mondot.

4° Sergents. — 1597, Le Reclus, sergent royal; au XIXe siècle, Bouthinon, Duroulet, Lofficier.

5° Notaires. — 1530, Lajamme, notaire royal; 1607; Lajamme, id.; 1628, Peyronny; 1663-74, Agard; 1771, Eyriaud; 1780, Janet-Lasfond; au XIXe siècle, Janet-Lasfond, Champvallier, Desplaces, de Saint-Sauveur, Coussy.

La nomination des officiers de justice appartenait exclusivemènt aux seigneurs, qui avaient également le droit de nommer les notaires particuliers de la seigneurie, ayant le droit d'y exercer concurremment avec les notaires royaux, dont les offices étaient héréditaires, contrairement à ceux des premiers.

Voici donc, comme preuve partielle et provisoire, copie de deux actes anciens qui nous tombent sous la main :

Offices de justice. — « Jacques d'Estuard de Caussade, chevalier, comte de Lavauguyon, seigneur de Varaignes et de Saint-Mégrin, baron de Tonneins, Villeton, Grateloup et autres places; conseiller du roy en ses conseils d'Estat et grand séneschal de Guyenne, à tous ceux qu'il appartiendra, salut. Nous, estant à plein informé de la suffisante capacité et expérience au faict de pratique, de maistre Garrigou Gratien, notaire, et pour aultres bonnes considérations de nous mouvant, avons comme héritier, sous bénéfice d'inventaire, de dame Diane Descars, dame de Sainct-Mégrin, nostre mère, donné et octroyé, au diet Garrigou, l'estat et office de substitut de nostre procureur d'office, en nostre libre ville et comté de Lavauguyon, et d'icelluy pourvons et pourvoyons par ces présentes pour par lui, en l'abscence de nostre dict procureur et aultrement, ainsy qu'il appartiendra, jouir et exercer le dict office, pour tel temps qu'il nous plaira, aux mesmes honneurs, droits et prérogatives et préeminences dheues et accoustumées au dict office. Mandons à tous nos officiers chacun en droict soi d'admettre et installer le dict Garrigou en exercice et jouissance de la dicte charge, ayant par préalable reçu de luy le serment au cas requis, et à tous nos justiciables de ie reconnoistre, car telle est nostre intention. En foi de quoi nous avons signé ces présentes et ycelles faict contresigner, estant an bourg de Busserolles, le neufviesme du mois de janvier mil six cent trente-six. Signé : Jacques d'Estuard; par mandement de mon dict seigneur, Douhet. »

Vente d'office de notaire royal, d'après un acte reçu de Jalanihat, notaire royal à Javerlhac, le 27 mai 1725, et constatant que les héritiers Gandois vendirent et cédèrent, à perpétuité, à François Bourinet, praticien, fils de Me Pierre Bourinet, notaire :

« L'office de notaire royal de feu Me François Gandois dont il est mort nanti et en auroit esté pourveu au lieu et plasse de feu Me Jean de La Bidurie, celui-ci l'ayant acquis de la veuve et hoirs de feu Me Pierre Roussaud, par contrat du 27 octobre 1663, receu par Rougier, notaire royal. Ladite vendition a esté faite pour et moyennant le prix et somme de soixante livres et celle de cinquante sols pour les espingles, payés comptant. sur ]a remise des lettres de provision datées du onziesme novembre mil six cens vingt-quatre, signées Sallonnyou et du vingt-deuxiesme novembre mil six cens soixante-trois, signées du Chaine, juge mage Bodin, procureur du roy et, plus bas, une quittance du trésorier des revenus casuels du roy, de la somme de soixante-quinze livres, signée Dumets et dattée du vingt mars mil six cens soixante-treize, avec toustes les liasses, registres et contracts receus par le dit feu Gandois... »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1892)

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13 juillet 2016

Mousquetaires du Roi au XVIIIe siècle

Dans la Maison militaire du Roi, les mousquetaires formaient deux compagnies, chacune de deux cents cavaliers. Ils devaient leur nom aux mousquets dont ils furent armés à l'origine et qu'ils remplacèrent plus tard par des fusils à la dragonne auxquels on ajouta la baïonnette depuis 1743. Ils avaient encore deux pistolets à l'arçon de la selle et une épée. Ils portaient habit écarlate, soubrevestes bleues et galonnées sans manches, avec deux croix de velours blanc, l'une devant, l'autre derrière. La première compagnie avait des galons d'or et des flammes rouges aux angles des croix, tandis que la deuxième avait des galons d'argent et des flammes feuille-morte. Les mousquetaires de la première avaient des chevaux gris ceux de la deuxième, des chevaux noirs. De là, leur nom de Mousquetaires gris et de Mousquetaires noirs.

Les auteurs ne s'accordent pas sur la date de fondation de la première compagnie mais la plupart font remonter à 1622 sa création par Louis XIII qui fit retirer la carabine à la compagnie de carabins de son escorte de Montpellier à Avignon, et la remplaça par le mousquet les carabins devinrent des mousquetaires. La deuxième compagnie fut créée vers 1660 ou 1665.

Les drapeaux étaient blancs. Sur celui de la première compagnie se voyait une bombe enflammée tombant sur une ville, avec la devise Quo ruit et lethum (Partout où elle s'élance, elle porte la mort), allusion à l'impétuosité des mousquetaires. Sur celui de la deuxième, il y avait un faisceau de douze uèches empennées et l'inscription Amenas Jovis altera tela (Nouvelles armes de nouveau Jupiter).

Les mousquetaires ont joué un rôle particulièrement brillant et glorieux : « Ils donnèrent, a dit Pellisson, des preuves d'une valeur extrême; on n'en vit jamais reculer un seul, et il en fut tué un grand nombre. » Leur histoire a été retracée par Le Thueux, instituteur au Corps des Cadets de Saint-Pétersbourg, dans ses Essais historiques sur les deux compagnies de Mousquetaires du Roi de France (La Haye, 1778, 2 volumes in-12), avec références aux Mémoires de Puységur, et de Villars, au journal de Bassompierre, aux Histoires de Dupleix, de Louis XIV par Quinci, et du comte de Saxe. Une trilogie célèbre d'Alexandre Dumas père (Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, Le Vicomte de Bragelonne) n'a pas peu contribué à rendre leur nom populaire et à faire de D'Artagnan, d'Athos, de Porthos et d'Aramis des héros extraordinaires aux plus étourdissantes aventures. Il serait bien superflu d'explorer un pareil terrain d'imagination et de fantaisie. Contentons-nous, dans ces recherches d'érudition, d'établir que le Périgord peut se faire gloire de personnages très authentiques.

Deux revues ou « montres conservées aux Manuscrits de la Bibliothèque nationale citent beaucoup de noms en 1665 et 1667, au temps de D'Artagnan. Notons simplement ceux de Henry et Jacques de Villebois, Charles de Vandière, Florimont de Remond, Alexandre de La Force, René du Deffais, Pierre de Rochefort, François de Cerval, Philippe de La Chapelle, Joseph de Nantiat, Pierre de Mareuil, Malet, brigadier, Du Lau, Jauvelle.

Arrêtons-nous un instant sur le marquis Pierre-Joseph Chapelle de Jumilhac, car il fut l'un des vainqueurs de Fontenoy et commanda trente années la première compagnie des Mousquetaires. A l'âge de vingt-sept ans, il avait acheté, le 28 avril 1719, moyennant le prix de 75.000 livres, une cornette dans cette compagnie et participé à la guerre d'Espagne. Premier sous-lieutenant des mousquetaires, il commanda le détachement d'Allemagne en 1734 : au siège de Philisbourg il mena, presque tous les jours, nombre de ces Messieurs à la tranchée.

En 1733, se trouvant à Compiègne avec le Roi, il demanda à Sa Majesté l'honneur de souper avec elle. Après l'examen et le rapport que le marquis avait la naissance requise, cette faveur lui fut accordée. Peu de temps après son mariage, sa femme Françoise-Armande de Menou, fut présentée à la Cour. Le Roi la salua à la joue dans son cabinet. Elle eut le traitement ordinaire chez la Reine, Monseigneur le Dauphin et Mesdames de France. Elle mangea ensuite avec la Reine et monta dans ses carrosses, à la revue des grenadiers de France, à Compiègne, en 1750. Elle en avait été avisée, le 7 juillet, par le billet suivant de la duchesse de Luynes, dame d'honneur :

« Je viens, Madame, de parler à la Reine de ce qui vous regarde, et Sa Majesté a décidé que, mangeant avec Elle, vous auriez le droit de monter dans ses carrosses. J'aurai attention de vous en faire profiter à la première occasion, etc. »

En 1736, Jumilhac succédait à Louis de Bannes, comte d'Avejan, comme capitaine-lieutenant des mousquetaires, dans la place qu'avaient médiatement occupée Maupertuis et d'Artagnan, et payait à la veuve de son prédécesseur un brevet de retenue de cent mille livres. Sa Majesté lui faisait don de 40.000 sur le prix de la charge de cornette achetée à 70.000 par le comte de Champignol, et il paya de ses deniers 60.000. Il se trouva aux batailles de Fontenoy et de Lawfeld, aux sièges de Menin, d'Ypres, de Fribourg, de Tournay et d'Anvers il commandait à Oudenarde et recevait les officiers d'otage qu'il envoya au maréchal de Saxe. Il conservait dans le trésor du château de Jumilhac sept drapeaux et sept étendards, qui lui appartenaient chaque fois que le Roi en fournissait de nouveaux à la première compagnie des Mousquetaires, lorsqu'il leur a accordé des soubrevestes et casaques neuves (années 1738, 1742, 1745, 1748, 1752, 1757 et 1763).

En 1748, il fit entrer aux Mousquetaires son fils Pierre-Marie, âgé de treize ans un jour. Celui-ci en sortit le 20 novembre 1751 et, n'ayant pas encore dix-sept ans, passa colonel aux Grenadiers de France; il fut promu lieutenant-général en 1784.

La première compagnie se trouvait logée à Paris, 15, rue du Bac, et, à partir de 1659, au marché de Boulainvilliers, halle Barbier, dans le quadrilatère formé par les rues du Bac, de Beaune, de Verneuil et Bourbon (rue de Lille actuelle).

Dans nos études sur le Périgord militaire, nous avons fait état d'un certain nombre de mousquetaires qui obtinrent par la suite les grades de maréchal de France, de lieutenant-général, de maréchal de camp et de brigadier des armées du Roi. Rappelons ici, par date d'incorporation aux deux compagnies de Mousquetaires, les noms de ces officiers généraux et de ces brigadiers :

1677. — Henry de Hautefort, comte de Bruzac, lieutenant-général en 1718.
1681. — Charles-Armand de Gontaut, duc de Biron, lieutenant-général en 1704, maréchal de France en 1734, mort en 1756.
1699. — Charles-Nicolas de Hautefort de Saint-Chamans, enseigne aux Mousquetaires noirs, sous-lieutenant en 1703, maréchal de camp en 1709, mort en 1712.
1700. — François du Mas de Paysac, brigadier d'infanterie en 1734, mort en 1741.
1702. — Jean-Nicolas de Ferrières, marquis de Sauvebœuf, brigadier d'infanterie en 1710, tué au siège de Barcelone en 1714.
1704. — Gabriel-Jacques de Fénelon, ambassadeur en 1724, lieutenant-général en 1738, tué à Raucoux.
1705. — Henry-François de Ségur, lieutenant-général en 1738, père du maréchal.
1705. — Marc-Antoine-Front de Saint-Aulaire, marquis de Lanmary, lieutenant-général en 1748.
1711. — Charles-Philippe de Pons Saint-Maurice, lieutenant-général en 1748.
1715. — René de Galard Béarn-Brassac, lieutenant-général en 1759,
1728. — Ch.-Ant. Armand de Gontaut-Bïron, lieutenant-général en 1748.
1731. — Louis Chapt de Rastignac, de Puyguilhem (Villars), brigadier de dragons en 1780.
1735. — Alexandre de Lostanges Sainte-Alvère, maréchal de camp en 1770.
1736. — Arnaud-Louis de Losanges Sainte-Alvère, maréchal de camp en 1761.
1737. — Pierre-Lucien Chapelle de Jumilhac, maréchal de camp en 1770.
1742. — François, vicomte de Foucauld, de la Renaudie, maréchal de camp en 1784.
1742. — Louis-Raphaël-Lucrèce de Fayolle, comte de Mellet de Neuvic, maréchal de camp en 1780.
1748. — Jean de Saint-Exupéry, du Fraisse, brigadier de cavalerie en 1780, maréchal de camp en 1784.
1748. — Pierre-Marie comte de Jumillhac, brigadier d'infanterie en 1762, lieutenant-général en 1784.
1749. — Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac, de Puyguilhem (Villars), maréchal de camp en 1784, lieutenant-général en 1816.
1752. — Jean-Baptiste comte du Lau, de la Côte (Biras), présenté par M. de la Coste son grand-père et M. le curé de Saint-Sulpice son oncle. Sorti des Mousquetaires le 7 juin 1753. Maréchal de camp en 1780, lieutenant-général honoraire en 1814, mort en 1818.
28 Février 1753. — Charles-Gratien de Bonneguise, de Badefol-d'Ans, brigadier d'infanterie en 1780, mort à Paris, dernier mâle de la maison de Bonneguise.
1756. — Alexandre-Guillaume de Galard-Béarn-Brassac, maréchal de camp en 1788.
1761. — Philibert marquis de Fumel, de Lisle, sorti pour une cornette aux chevau-légers de la Garde le 4 juin 1767, Maréchal de camp en 1780.
1762. — Jean-Laurent de Durfort-Civrac, de Lamothe-Montravel, né le 7 juillet 1746, admis sur présentation de son père ambassadeur près du Roi des Deux-SiciIes et exempté par Sa Majesté des quatre mois qui lui manquaient pour avoir l'âge requis. Brigadier des armées en 1781, maréchal de camp en 1788, lieutenant-général honoraire en 1814, mort en 1826.
1763. — Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac, de PuyguiIhem (Villars), sorti des Mousquetaires le 12 avril 1770. Maréchal de camp en 1791.
1763. — Joseph-Louis de Saint-Chamans, né à Pazayac en 1747, brigadier d'infanterie en 1724, mort en 1785.
1770. — Abraham-Frédéric de Hautefort, né en 1748, sorti comme capitaine de dragons. Maréchal de camp en 1788. Guillotiné à Paris avec sa femme en 1794.

Plusieurs membres de la famille de Cugnac ont servi dans les Mousquetaires. Le Nobiliaire universel de France indique en 1675 Louis-Christophe de Cugnac, marquis de Giversac, seigneur de Sermet, Saint-Pompon et Loubejac de 1676 à 1681, Antoine-François de Cugnac qui forma la branche de Peyrille en 1742, Antoine-François, IIe du nom, qui fit la campagne de 1745 et se battit à Fontenoy, épousa en 1752 Suzanne-Elisabeth de Lostanges de Sainte-AIvère et mourut au château de Sermet en 1779.

En 1712, Jean Mesmer, maréchal des logis des Mousquetaires gris, figura comme parrain dans un baptême à Saint-Martin-de-Fressengeas.

Vers 1742, nous trouvons Pierre de Teyssières, né à Sarrazac, le 23 juillet 1719, fils de Jacques, écuyer, seigneur de la Chèze, et d'Isabeau de Fayolle. Il mourut à Metz en 1744.

Tout dénombrement des Mousquetaires à ces époques lointaines se heurterait à des difficultés insurmontables. Nous ne prétendons pas épuiser le sujet.

On est mieux renseigné sur la composition de la première compagnie des Mousquetaires à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Sur les contrôles officiels que possède le Ministère de la Guerre, pour la première compagnie, de 1750 à 1775, nous avons relevé les noms suivants auxquels nous joignons quelques mentions complémentaires :

5 mai 1750
Jean, vicomte de Saint-Exupéry de Fleurac, de Périgueux, cousin du doyen de Notre-Dame.
Sorti par mauvaise santé, 13 août 1751.

15 mai 1750
Joseph Goudin de la Roussie, de Sarlat.
Sorti pour une cornette dans le régiment d'Apchon-dragons, 16 avril 1757.

25 mai 1750
Henry-Marie de Ségur, de Paris.
Sorti, 20 mars 1760.

6 juin 1750
De la Farge de Malet, page du Roi de la Grande Ecurie. Renvoyé, 15 mai 1751.

15 juin 1751
Louis-François Delpy, né à Périgueux le 24 février 1737, fils de Jacques, seigneur de Chambuliat, la Roche, conseiller au parlement de Bordeaux.
Sorti, 9 avril 1768.

1er janvier 1752
Louis-Jean-Baptiste Chapelle, comte de Saint-Jean de Jumilhac, fils du frère aîné de l'archevêque d'Arles et neveu à la mode de Bretagne du marquis de Jumilhac capitaine-lieutenant de la compagnie.
Congé, 31 août 1760.

18 août 1752
Comte de Cubjac de Jumilhac, cousin du capitaine-lieutenant de la compagnie.
N'a pas joint.

3 juillet 1753
Nicolas Chabans de Richemont, ancien page du Roi de la Petite écurie pendant trois ans.
N'a pas joint. Oté du rôle, février 1757.

12 août 1753
Marc de Brochard, de Périgueux, présenté par M. de Lambert, ancien mousquetaire.
D'après une note de M. Eugène Roux, Marc de Brochard, seigneur de la Gourdonnie, fils de Marc et de Marguerite Aublant, épousa Louise-Marguerite de Taillefer et mourut le 23 octobre 1781, à l'âge de 47 ans.

7 décembre 1753
Guillaume-Alexandre de Galard de Brassac de Nadaillac. Sorti, 25 septembre 1756. Mort aide-de-camp auprès de Monsieur son oncle.

21 juin 1754
Marquis de Lanmary, présenté par son père.

8 août 1755
Chalu Ferou, de Périgord. Lire De Chalup de Fareyrou.
N'a pas joint. Sorti en décembre 1755.

10 septembre 1755
Armand-Chartes-Emmanuet comte d'Hautefort.
Sorti, 26 janvier 1759.

15 février 1756
Joseph de Martin de Jaillac, né le 30 avril 1737, à Périgueux, paroisse de Saint-Front, fils de Michel et de dame Suzanne Pay-Tureaux, dame de JaIIaconières.
Sorti, 17 mai 1772.

21 avril 1756
Galard de Brassac.
Sorti, 6 janvier 1760.

2 juillet 1756
Pierre de Teyssières, sortant des pages de la Reine, présenté par le marquis de Jumilhac.
N'a pas joint. Rayé en mai 1758.

3 juillet 1758
De Pourquery de la Bigotie.
N'a pas joint.

4 janvier 1759
Jean de Vassal de Solvignac, né le 5 mars 1740 sur la paroisse de Vézac, près Sarlat.
N'a pas joint.

31 août 1760
Louis-Mathieu-Benoît, chevalier puis baron de Fumel de Montsegur, né à Liste le 23 mars 1744, fils de Henry, marquis de Fumel et de dame Charlotte Berlin, présenté par sa tante, comtesse de Jumilhac.
Colonel du régiment d'Artois cavalerie. Brigadier des armées du Roi. Maréchal-des-logis à l'armée de Condé. Mort en Allemagne pendant l'émigration.

14 juillet 1763
Antoine-Louis d'Abzac de Mayac, né à Tours le 22 septembre 1747.
Sorti 15 janvier 1765.

25 avril 1786
Louis de Conan, né au château de Montbrun, diocèse de Limoges, le 30 juillet 1749, fils d'Alexis et de Marie de Campniac.
Sorti, mai 1768.

6 avril 1767
Jean-Guy Grand de Bellussières, né à Berneuil en Saintonge, le 21 novembre 1745, fils de Guy et de Marie Restier. Sorti, mars 1768.
Camain.

7 juin 1768
François du Reclus de Gageac, né à Périgueux le 7 mai 1748, fils d'Elie, seigneur de Saint-Mayme de l'Espinasse, et et de Marie-Elisabeth Roche.
Mort à Paris, mars 1792.

6 juin 1769
Jean-Augustin de Cazenave, né à Saint-Pierre de Montpeyroux, le 24 août 1750.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

24 mars 1770
Pierre-Michel de Lambertye.
Sorti, 4 juillet 1772.

2 novembre 1770
Moreau de Montjulien de Villejalet.
N'a pas paru.

28 septembre 1771
François-Hilaire de Bérail, né à Mazerolles (Rouergue), fils de François-Benoit.
Commissionné capitaine en 1772 et supprimé avee la compagnie en 1775.

27 septembre 1771
Claude-François de Malet, né à Dôle (Franche-Comté), le 28 juin 1754, de Jean, chevalier de l'Ordre royal de SaintLouis, capitaine an régiment de Beauvilliers-cavalerie, et de Gabrielle Sebrie. Présenté par M. de Valdahon, sous-aide major de la compagnie.
Supprimé avec la compagnie le 15 décembre 1775. Se retira à Dôle avec le rang de lieutenant et y épousa, le 9 janvier 1788, demoiselle Denise de Balay, demeurant à Arbois.

Fit partie de la députation du Jura à la fête de la Fédération au Champ de Mars, le 14 juillet 1790. Chef des gardes nationales du Jura. Commissionné capitaine, 1er juin 1791. Aide-de-camp du général de Hesse, 1er août 1791; du général de Broglie, 9 janvier 1792. Capitaine au 50e régiment d'infanterie, 25 mars 1792. Adjoint aux adjudants généraux, 1er mai 1792. Adjudant général chef de bataillon, 20 mai 1793. Non compris dans la nouvelle organisation de l'armée, 15 juin 1795. Adjudant général chef de brigade, 10 avril 1796. Elu député du Jura, mais éliminé le 11 mai 1798. Promu général de brigade par le général en chef de l'armée des Alpes (Championnet), 13 août 1799; promotion sanctionnée par arrêté directorial du 13 septembre de la même année. Commandant du département de la Gironde, 5 octobre 1801. Employé, sur sa demande, dans la 20e division et envoyé à Périgueux, 24 avril 1802, puis à Angoulême, probablement au mois de juillet suivant passé en Vendée, juillet 1804. Affecté à l'armée d'Italie (division Séras), août 1805.

Condamné à mort, à l'unanimité, le 29 octobre 1812, par la Commission militaire de Paris pour crime contre la sûreté intérieure de l'Etat, par un attentat ayant pour but de détruire le gouvernement et l'ordre de successibilîté au trône et d'exciter les citoyens ou habitants à s'armer contre l'autorité impériale. Exécuté à la barrière de Grenelle, le même jour, et inhumé au cimetière de Clamart. Le 9 novembre 1814, sa veuve obtint une pension de 3.000 fr. avec une indemnité de même somme. Son fils Aristide, né à Besançon le 1er janvier 1798, chevau-léger de la Garde du Roi en 1815, capitaine aux Chasseurs de la Garde royale en 1823, chef d'escadrons au 9e Chasseurs en 1840, fut retraité en 1852.

9 mai 1772
Joachim de Chalup, né à Périgueux, le 6 juin 1767, fils de Pierre-Ignace, chevalier de Saint-Louis, et de Jeanne Autier du Challe.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

27 mars 1773
Marc Jammes Dumourier, né à Liorac, le 1er janvier 1754, fils d'Antoine et de Marie Vauqueane.
Sorti, 2 juin 1774.

1er février 1774.
Felets.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

6 février 774
Denis-François Aubin du Tranchard, né à Gouts, le 4 août 1756, fils de Léonard Aubin, ëcuyer, sieur de Jorias, gendarme de la Garde, et de Marguerite de Vars.
Supprimé avec la compagnie en 1775. A bien servi.

La deuxième compagnie avait des chevaux noirs d'où le nom de Mousquetaires noirs donné aux militaires de cette compagnie qui, constituée tout d'abord pour la garde particulière de Mazarin, fut donnée au Roi en 1660 ou 1665 et s'établit plus tard au faubourg Saint-Antoine, dans un quartier construit aux frais de la ville de Paris en échange des terrains de la place Vendôme.

Depuis le mois de mai 1674 jusqu'au 1er juin 1692, elle fut commandée par le capitaine Henry de Hautefaye, marquis de Jauvelle, lieutenant-général des armées de Louis XIV, dont nous avons esquissé la biographie, et qui fut le héros des sièges de Condé, Valenciennes, Cassel, Cambrai, Gand, Ypres, Mons, Namur et autres places. Mestre de camp de cavalerie, le marquis de Jauvelle avait été nommé sous-lieutenant des Mousquetaires noirs, le 6 mars 1672 il en devint le capitaine-lieutenant, le 2 mai 1674, sur la démission du comte François de Montberon, et la commanda jusqu'à sa mort.

Le contrôle de la deuxième compagnie des Mousquetaires, resté chez le commandant de la compagnie, M. de Monboissier, ne se trouve pas aux archives du Ministère de la Guerre. Ne pouvant, par suite, dresser aucune énumération suivie, nous devons nous borner à quelques noms.

C'est à cette compagnie qu'ont appartenu notamment Henri-Joseph de Ségur, né en 1661, fils d'Isaac de Ségur, lui-même mousquetaire presque dès l'enfance, blessé et trépané, et de Marie de Taillefer de Roussille. On l'appelait le beau Ségur, le beau Mousquetaire jouant du luth. Il avait été fréquemment blessé et avait subi l'amputation d'une jambe; mais à soixante-quinze ans, il était beau et bien fait encore, si l'on en croit Saint-Simon, qui a conté son aventure à Nemours avec une abbesse. Il fut le grand-père du maréchal de Ségur.

Jean-François Du Cluzel, seigneur du Biarneyx, décédé au château de la Chabrerie et dont on peut voir le tombeau dans l'église de Preyssac d'Agonac, à gauche du maître-autel, dans une chapelle où nous avons relevé l'épitaphe :

« In memoriâ æterna erit Justus. Ici repose Messire François Ducluzel de la Chabrerie du But mestre de camp, ancien officier des Mousquetaires de la Garde du Roi, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Plein de religion, rare modèle de toutes les vertus, il rendit son âme à Dieu le 11 novembre 1788, dans la 87e année de son âge. Il voulut être enterré en ce lieu au milieu des pauvres dont il avait été le père. Passant, respectez sa tombe et priez pour lui. Requiescat in pace ! »

L'acte mortuaire aux archives communales de, Château-l'Evèque enregistre que les sieurs Gomondie, archiprêtre de Valeuil, Borredon, Moutardier, chanoines réguliers de Chancelade, le R. P. Silain de l'Ordre de Saint-Dominique, et Manière, curé de Pressac, ont assisté au convoi.

Jean-François de la Cropte de Bourzac, ensuite colonel en second de la légion de Maillebois, émigré en 1791, mort en 1804.

Henri-Joseph de Bourdeille, né en 1745, mousquetaire à vingt ans, plus tard capitaine de cavalerie avec rang de mestre de camp.

Probablement Elie-Noél de Flageat, né à Périgueux, émigré en 1791.

En exécution de l'ordonnance royale du 15 décembre 1775, les deux compagnies de Mousquetaires furent licenciées le 23 du même mois.

Elles reparurent avec la Première Restauration, en 1814, commandées l'une par le comte de Nansouty et l'autre par le marquis de La Grange. Sur leurs contrôles ont été inscrits MM. de Beaumont, de Grézel, Henri-Armand de Ribeyreys (né en 1754), les comtes de Fumel et de Rastignac. Elles furent définitivement supprimées par ordonnance du 17 octobre 1815 et cessèrent de servir le 1er janvier 1816.

Source : Le Périgord militaire, de Joseph Durieux.

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12 juillet 2016

La maison du Comte de Montbron à Angoulême

Inventaire des meubles appartenant à Monsieur le Comte de Montbron en sa maison d'Angoulême
Par Albertine Cadet

Cet inventaire non daté et non signé a eu lieu après le décès, le 21 novembre 1758, de Madame de Saint-Martin, née Madeleine Husson, veuve en premières noces d'Etienne Chérade, Comte de Montbron (1) et en deuxièmes de Monsieur de Saint-Martin.

L'héritier n'est pas l'aîné de ses fils Etienne Adrien Chérade décédé en 1742, mais son petit-fils Adrien, Alexandre, Etienne né en 1731, époux de sa cousine Elisabeth Le Musnier, qui habite pour l'heure en son hôtel Cul de sac de Notre Dame des Champs, Faubourg St Germain Paris, et qui mourra émigré à Lograno (Espagne) le 7 mai 1795.

Il fait donc état de :

— Premièrement, dans la Salle une tapisserie de verdure de Flandre contenant neuf aunes et demie de court sur deux aunes et demi de haut en trois pièces ; dix fauteuils de tapisserie, les uns de point et les autres d'Aubusson, un soffa, le millieu de petit point (2), le bois à la Reine ; une glace entre les deux fenêtres avec un tableau au-dessus ; une commode de bois de noïer avec ses garnitures de cuivre ; en couleur le portrait de Monsieur ; trois tables de jeux que Monsieur a fait faire ; une thèse (3) au-dessus de la cheminée avec un cadre doré ancien, deux autres portraits, une autre thèse de satin, un parravent de papier doublé de toille en 6 feuilles, un écran de point ; le bois sculpté, deux chaises communes de paille, deux chenets et une pincette de fer.

Estimé le tout : 650 livres

— Dans la chambre de Monsieur une tapisserie d'indienne contenant quatre aunes et demi de court, dont Monsieur le Comte a fourni la doublure et payé la façon ; un lit à baldaquin (4) aussi d'indienne garnie de ses tringles grandes et petites pantes, la couchette, deux matelas, un lit de plume avec son traversin, une couverture de laine et une paillasse ; un secrétaire de bois de noïer et une table à écrire toute nue, un fauteuil et quatre chaises communes de paille, un petit miroir de toilette, une thèse de satin avec un cadre doré et ancien, une grille à feu de fer, une pincette et un soufflet.

Estimé le tout : 280 livres

— Plus, dans l'antichambre à côté, deux demi-cabinets de peuplier et un cabinet de bois de noïer à quatre battants estimés 24 livres avec deux chaises communes de paille.

Plus dans la chambre au-dessus du salon, une tapisserie verdure contenant cinq aunes trois quarts de verdure Flandre pareil à celle de la Salle et quatre autres de verdure felletin (5), un lit à impériale (6) le dedans d'étoffe à fond blanc encadré avec du satin vert et autre satin blanc avec des bouquets, les grandes et petites pentes de tapisserie de point à fond blanc et des ornements cramoisi (7) sans bonnes grâces (8) les tringles en dessus, les rideaux de cadis (9) vert, la couche composée de deux matelas, lits de plume, traversin, couverte de laine, deux couvrepié et la courte-pointe (10) pareille au dedans du lit, la paillasse, un lit à tombeau (11) dans la dite chambre, le bord garni d'une housse bleu très mauvaise, galonnée autour d'un ruban jaune, d'un matelat, lit de plume, traversin, une méchante couverte d'étoffe ; un grand miroir à chapiteau et bordure de glace avec des ornements dorés, une commode de bois de noïer au-dessous sans garniture, un confessionnal de tapisserie de point à fond rouge, quatre fauteuils aussy de point, bois à la capucine (12), deux chenets de fer garnis de cuivre, une pelle, un soufflet et une chaise commune de paille, une petite table à écrire.

Estimé le tout 600 livres

— Dans la garde robe de la dite chambre, un lit de sangle (13) garni d'un lit de plumes, traversin, couverture de laine, une table à écrire, un fauteuil et une chaise de paille, une autre table à écrire.

Estimé 36 livres

— Dans la chambre où est décédée Mme de Saint Martin, une tapisserie de verdure felletin contenant dix aunes de court, un lit à impériale d'un raz (14) de Sicile à fond brun et quelques bandes de satin rayé, les petites pantes pourvues de tapisserie et parties de satin rouge et blanc, les grandes pantes de tapisserie, la courtepointe pareil au dedans, la couchette garnie d'un matelas lit de plume, traversin, couverte de laine et paillasse ; trois fauteuils et trois chaises de tapisserie de point, une espèce de coffre, quatre chaises de paille communes, un demi-cabinet de noïer, deux chenets de fer garni de cuivre, estimé le tout : 380 livres.

— Dans la chambre des officiers de cuisine, deux lits à tombeau dont l'un garni de bazin (15) brun et l'autre de damas (16) de cauté chaqu'un un matelas lit de plumes, traversin et couverte de laine et paillasse ; un grand cabinet de peuplier et une caisse au-dessus, deux méchantes chaises, un grand coffre en bois de noïer, le tout estimé 130 livres.

— Dans le salon à manger, une tapisserie de cuir doré contenant cinq aunes environ de court sur deux aunes un tiers de haut ; un grand cabinet de bois de noïer, un bas de buffet de peuplié, une grande et une petite table à manger de peuplié avec deux tréteaux une fontaine de fayence avec sa cuvette et support de fer ; deux fauteuils et un écran de tapisserie de point, un fauteuil de paille et neuf chaises de paille communes estimé le tout : 130 livres plus un fauteuil et une chaise de paille : 30 sols.

— Dans l'office une table de bois blanc estimée 40 sols.

— Dans la chambre au bout de l'escalier, un lit de domestique garni d'un matelas lit de plume, traversin, deux méchantes-couvertes de laine, une paillasse et deux petites cassettes.

Estimé le tout 36 livres.

— Dans la cuisine, 8 casseroles et leurs couvercles tant grandes que petites, une casserolle sans queue, une tourtière, une poissonnière, un grand passoir et 2 petits écumoires, 2 marmites de cuivre, 5 couvre plats de fer blanc, 2 poêlions, un four de campagne avec son dessus ; une braisière, 4 flambeaux de cuisine, 5 autres flambeaux, un chaudron de taulle et un petit chaudron de cuivre, une marmitte de fer, un gril, une cuillère à pot de fer, une broche, 2 chenets, une pelle plus 26 plats de fayence, 6 autres plats à feu, 18 assiettes d'étain fin, 5 douzaines d'assiettes de fayence, 200 bouteilles...

Notes :

(1) Ses parents étaient marchands de soie à Angoulème où il était né en lfi63. Il était lieutenant général d'Angoumois, maire en 1693. Laborieux et actif, il acquit en peu de temps Montbron. Marthon, Blanzac, La Rochandry, Clarvaux, etc.

(2) Nom de plusieurs ouvrages de tapisserie.

(3) feuille ae papier ou de satin sur laquelle on imprimait autrefois les thèses, c'est-à-dire les propositions que l'on avance, que l'on soutient.

(4) Edifice de tapisserie ou d'architecture destiné à servir de couronnement à un lit.

(5) Tapisserie.

(6) Pas de définition dans le Larousse.

(7) Rouge foncé, vieux rose.

(II) 7

(9) Tissu de laine étroit et léger.

(10) Couverture de lit rnauée.

(11) ?

(3) feuille ae papier ou de satin sur laquelle on imprimait autrefois les thèses, c'est-à-dire les propositions que l'on avance, que l'on soutient.

(12) Surmonté d'un talon.

(13) Châssis pliant et portatif dont le fond est garni de sangles ou d'une grosse toile.

(14) Sorte d'étoffe de laine ou de soie dont le poil ne paraît point.

(15) Etoffe croisée dont la chaîne est de fil et la trame de coton.

(16) Etoile de soie à fleurs autrefois fabriquée à Damas.

Source : Archives départementales de la Charente — Série E.66 papiers de famille.

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L'érection de la terre de Montbron en comté

Enquête pour l'érection de la terre de Montbron en comté (11-14 septembre 1767).

A Monsieur le Lieutenant general d'Angoumois, suplie humblemant Adrien-Alexandre-Etienne de Cherade, chevalier, seigneur comte de Monbron, marquis de Clairvaux et autres lieux, qu'il vous plaise lui donner acte de la representation qu'il vous fait des lettres patantes du Roy données à Versailles au mois de decembre mil sept cens soixante six, signées : Louis, et plus bas : Par le Roy, Phelippaux, visa Louis, et scellées du grand sceau de sire verte en lacs de soye rouge et verte, obtenues par le supliant, par lesquelles Sa Majesté permet l'union et incorporation des terres, seigneuries et fiefs de Monbron, La Greliere, Marthon, La Forest d'Horte, La Faye, Rezervat, Peribonis, apartenances et dependances, en un seul et même corps, pour ne faire et compozer à l'avenir qu'une seulle et même terre et seigneurie, de l'erection d'icelle en titre et dignitté de comté sous la dénomination de comté de Monbron et ainsi qu'il est plus au long contenû ez dittes lettres patantes à la Chambre des Comptes du Roy adressantes et l'arrest rendu par laditte Chambre en datte du vingt neuf avril dernier, signé : Henry, qui avant de proceder à l'enregistrement desdittes lettres patantes ordonne qu'à la requeste de Monseigneur le procureur general du Roy en laditte Chambre, poursuitte et diligence de M. le procureur du Roy au present siege, et pardevant vous, Monsieur, il sera informé duemant et dilligemmant de la commoditté ou incommoditté que peut aporter l'union et incorporation desdittes terres et seigneuries de Monbron, La Greliere, Marthon, La Forest d'Horte, La Faye, Rezervat, Peribonis, leurs circonstances et dependances, en un seul et même corps pour ne faire et compozer à l'avenir qu'une seulle et même terre et seigneurie, et de l'érection du tout en comté sous le nom de Monbron, comme aussy du revenû desdittes terres et seigneuries et en quoi il consiste; ordonne en outre que lesdittes lettres seront communiquées aux officiers et procureurs fiscaux desdittes terres et seigneuries unies, aux syndics, habitants, vassaux et justissiables d'icelles, convoqués et assemblés à la maniere accoutumée, aux seigneurs limitrophes, et au receveur general des domaines et bois pour donner leurs consentements à l'enregistrement desdittes lettres, ou dire autrement, ainsy qu'ils aviseront bon estre, et generallementinformer; et laquelle information par vous faitte, Monsieur, en consequence de la commission à vous donnée par ledit arrest estre communiquée à M. le procureur du Roy, au receveur du domaine et autres officiers que verrés estre pour l'interest du Roy, pour vous donner leurs avis pour icelle information et avis ; ensemble votre avis particullier envoyé à la Chambre, communiqué à Monseigneur le procureur general du Roy, et lui ouy, estre sur le tout ordonné ce que de raison ; en concequence et sur la communiquation qui sera faitte à M. le procureur du Roy de la presente requeste, lettres patantes et arrest y enoncés, estre par lui pris telles conclusions qu'il avisera, et par vous ordonné ce qu'il apartiendra; et vous feres bien. — Signé : Teurtas.

Soient la presente requeste, les lettres patantes et arrest y enoncés communiqués au procureur du Roy. Fait à Angoulême le 11 septembre 1767. — Signé : Cazaud.

Veu la presente requeste, les lettres patantes et arrest y enoncés, je requiers pour le Roy qu'il soit informé à la requeste de Mongr le procureur general du Roy en la Chambre des Comptes et à ma poursuitte et diligence de la commoditté ou incommoditté que peuvent aporter l'union et incorporation des terres, seigneuries et fiefs dont s'agist en un seul et même corps et l'érection d'icelluy en titre et dignitté de comté sous la denomination de comté de Monbron, ensemble du revenu desdittes terres unies, ce en quoi il consiste pour, sur laditte information faitte et à moi communiquée, estre par moi donné mon avis au dezir dudit arrest et tout ce qui est ordonné par ledit arrest fait et raporté à la Chambre, estre par elle statué ce qu'il apartiendra sur l'enregistrement desdittes lettres. Fait à Angoulesme le onze 7bre 1767. — Signé : Seguinaud, substitut de Mr le procureur du Roy absent.

Acte au supliant de sa requeste et de la representation qu'il nous a faitte des lettres patantes et arrest y énoncés, soit fait comme il est requis par le substitut du procureur du Roy. Fait à Angoulême les jour et an susdits. — Signé : Cazaud.

Source : Documents historiques inédits sur l'Angoumois, de Gustave Babinet de Rencogne.

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Procès-verbal à la requête du comte de Montbron

Chérade de Montbron. — Notice sur les seigneurs de Montbron, par Marvaud. Bulletin de la Société archéologique de la Charente, t. V, années 1851-1852.

Vigier de la Pile, Coutume d'Angoumois, 1720, p. 72, 122, 188, 212.

Archives de l'Empire. Apanage. Carton O. 19,746. Cote 1,562. Titres de propriété de l'Isle-d'Espagnac.

Mémoire sur l'Angoumois, par Gervais. Société archéologique de la Charente, t. I, 1re partie, 1864, p. 270.

Montbron. — Vigier. Coutumes, p. 7, 29, 115, 179, 379, 485.

Acte passé à Angoulême, le 9 décembre 1782, par lequel Adrien-Alexandre-Etienne Chérade de Montbron, fils de feu Adrien-Etienne Chérade, comte de Montbron, lieutenant-général de la sénéchaussée d'Angoulême, qui lui-même était fils d'Etienne Chérade, comte de Montbron, aussi lieutenant-général en ladite sénéchaussée, a déclaré n'avoir absolument rien à prétendre sur 18 journaux de pré, situés en la paroisse d'Espagnac, et 3 sols de rente seigneuriale sur un autre pré au même lieu, engagés à son aïeul par le contrat du 28 mai 1705 ; que ces objets appartiennent aujourd'hui aux héritiers du sieur Mesnard, et qu'ils ont seuls le droit de prétendre au remboursement de la finance d'engagement.

Procès-verbal du 8 novembre 1783, fait par Me Jamain, notaire, à la réquisition de messire Adrien-Alexandre-Etienne Chérade, comte de Montbron, portant qu'après avoir pris communication : 1° d'un partage de la succession de M. Etienne Chérade, lieutenantgénéral de la sénéchaussée, passé le 26 décembre 1715 entre Madeleine Husson, veuve dudit sieur Chérade, épouse en secondes noces de M. Armand de Saint-Martin, tant en son nom que comme tutrice de demoiselle Madeleine Chérade de Marthon, sa plus jeune fille, d'une part, messire Etienne-Adrien Chérade, chevalier, comte de Montbron, assisté de son conseil, et autres héritiers dudit feu sieur Etienne Chérade ; 2° de l'inventaire fait le 24 novembre 1744 après le décès de M. Etienne-Adrien Chérade, chevalier, comte de Montbron, et de demoiselle Marie-Louise Duval, son épouse, à la requête de Madeleine Husson, tutrice honoraire des enfants mineurs desdits feus sieur et dame de Chérade, petits-enfants de ladite dame Husson, ledit Jamain, notaire, a certifié n'avoir trouvé dans lesdits actes aucuns titres ni renseignements relatifs à la vente faite par les commissaires du roi audit sieur Etienne Chérade, d'un pré situé en l'Isle-d'Espagnac.

Et par ledit acte, Adrien-Alexandre-Etienne Chérade a déclaré qu'il n'avait point été fait d'inventaire après le décès d'Etienne Chérade, son aïeul, et qu'après le décès d'Etienne-Adrien Chérade de Montbron, son père, arrivé en 1744, il n'avait été fait aucun partage des biens de sa succession.

15 octobre 1759. Mariage d'Adrien-Alexandre Chérade, chevalier, comte de Montbron, Marthon, etc., fils d'Etienne Chérade, comte de Montbron, lieutenant-général d'Angoumois, et de Louise Deval, tous deux lors décédés, — avec Elisabeth Le Musnier, fille de Jacques Le Musnier, baron de Reix, Blanzac, etc., lors décédé, et de Marguerite Chérade. En présence de Marguerite Chérade de La Garenne et de Pierre-Adrien Chérade de Larochandry, frère et sœur du marié. (Mairie d'Ang. rég. p. Saint-Martial.)

Source : La Charente révolutionnaire, de Victor Bujeaud.

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