03 décembre 2019

Une demoiselle de Saint-Cyr

dulau

Claudine-Césarine-Marie du Lau est née le 28 septembre 1756 au château du Chambon, paroisse du Moustier-Ferrier en Périgord, dans une famille noble d'extraction chevaleresque. Son père est officier, capitaine dans un régiment d'infanterie, et sa marraine est Claudine-Césarine de La Tour du Pin. Elle a été baptisée par l'abbé Maisondieu. Mademoiselle du Lau du Chambon est admise dans la Maison royale de Saint-Louis, le 12 septembre 1769, à l'âge de 11 ans environ. Ce pensionnat pour jeunes filles de la noblesse, appelé aussi école de Saint-Cyr, a été fondé par Madame de Maintenon en 1684. Elle en sort le 17 juillet 1776, et épouse le comte d'Elva, maréchal de camp des armées du roi, dont la famille vient d'Italie. Son contrat de mariage chez Jean-Baptiste Lefebvre, notaire à Paris, est signé de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Décédée le 9 octobre 1825 au château de Changé, près de Laval en Mayenne, elle laisse un fils unique, officier de cavalerie et maire de Changé, dont postérité.

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Statistique générale de la France

Eymouthiers, au sud-ouest et à 4 kilomètres 678 mètres de Montbron, contient 676 habitans. Cette commune est bornée au nord par la Tardouëre, qui y fait tourner un moulin à farine. Son sol, quoique sablonneux, est généralement fertile, et produit surtout beaucoup de vin assez estimé; de très-belles prairies nourrissent une grande quantité de bestiaux, qui font le principal commerce des habitans. On y compte 159 maisons, 724 hectares de terre cultivée, 160 hectares de terre inculte et six hameaux qui sont: Puisservaud, Chambon, Meaudeuil, la Tricherie, Chez-Manaud, et Marsat.

(Statistique du département de la Charente, 1818)

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Monasteriis

Eymoutiers (è Monasteriis). — Ép. moyen âge. Église de Saint-Pierre-ès-lions, du Xe siècle, détruite en 1853 : plan en carré long, avec six fenêtres plein cintre très étroites à l'extérieur et très évasées à l'intérieur; colonneltes romanes et voûtes en plein cintre en berceau lisse Longueur, 19 m. 35 c.; largeur, 8 m. 15 c. Sur l'emplacement de cette église et sur un rocher situé au-dessus d'une fontaine, où l'on vient en dévotion, on a élevé un petit monument commémoratif. Autour de l'église on a découvert un tombeau antique employé aujourd'hui dans une construction, ce qui empêche d'en lire l'inscription. Trois autres tombeaux en pierre d'un seul bloc, recouverls d'une large brique, ont été trouvés sur le sommet d'une colline voisine. Sur une autre colline, en face, vestiges de constructions antiques et fragments de tuiles à rebords qui peuvent appartenir à l'époque gallo-romaine. Cet emplacement s'appelle encore la Ville de Conan. — On voit au village de Chez-Maneau une petite chapelle en carré long. Cet édifice , qui fut primitivement une léproserie, fut en partie rebâti au XVIe siècle par un chanoine de Limoges. Celte chapelle attire de nombreux pèlerins le jour de la fêle de saint Roch. — Ép. moderne. Église paroissiale située à La Tricherie : carré long avec un sanctuaire circulaire. Longueur, 24 m. 10 c; largeur, 7 m. 85 c. Portail plein cintre avec deux colonnes latérales; fenêtres de même et petite rosace à la façade.

(Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 1863)

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Donation de l'église Saint-Pierre d'Eymouthiers

Donation de l'église de S. Pierre-du-Moutier faite par l'évêque de Limoges au monastère de S. Martial. — 1150. Orig. Sc. perdu.

Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n° prov. 9162.

Ego Geraudus, Dei gratia Lemovicensis episcopus, divina favente pietate, domno abbati Alberto fratribusque sanctissimi patris et apostoli nostri Marcialis. Speciali devotione convinctus, largitiones et helemosinas predecessorum nostrorumkaritate benignacupiens ampliare, jamdicto abbati fratribusque dono et concedo ecclesiam sancti Petri que vocatur Monasterii cum suis omnibus pertinentiis et integritate possessionum suarum, quatinus eadem ecclesia ad sancti Marcialia cenobium deinceps jure perpetuo pertineat, salvis justiciis et redditibus episcopalibus. Hujus reigratia, pia vicissitudine, domnus abbas et fratres mihi concesserunt ut post decessum meum in regula nomen meum annotetur et anniversarium ecclesiastico more persolvatur, celebrato in conventu fratrum generaliter officio et missa. Si quis autem usu temerario huic nostrae donationi coutrariusesse presumpserit, anathematis supplicio donec resipiscat dampnetur. Hec autem acta sunt anno ab incarnato Domino M° C° L°, in presentia venerabilium fratrum nostrorum canonicorum sancti Stephani Heliæ Gauterii, archipresbiteri et Petri de Luro, Willelmi monachi, prioris sancti Marcialis, Hugonis monachi. capicerii, Rotgerii monachi, helemosiaarii et aliorum multorum.

(Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, 1884)

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Le buisson d'épines

Alors, comme il arrive d'habitude aux gens qui courent un grand danger, toute sa vie passée s'évoquait en elle avec la netteté d'une image. Elle apercevait, comme en un vitrail naïf et fortement enluminé, les humbles événements de son existence d'enfant et de jeune fille. Elle se voyait petite bergère, gardant ses brebis dans les éteules, marchant devant tes bœufs, à l'automne, quand il y a des fils d'argent dans les sillons humides, filant sa quenouille à l'abri d'une haie, en hiver, quand les jours sont courts et les chemins pleins d'eau. Elle revoyait son père, mort de la picoile, l'année de la guerre : il était revêtu de ses habits du dimanche et lui souriait de son air doux et fatigué.

Et sur cette trame grise, tissée de chagrins, de pauvretés et de misères, quelques motifs heureux se dessinaient en couleurs plus vives : les frairies du village où chaque année, le seize août, elle dansait au son, d'une vielle dans te grand pré de Chez-Manot ; le mariage de quelque parent ; son mariage à elle ; jours ensoleillés, jours bénis...

Puis sa pensée se reportait vers l'au-delà. Pour elle, l'existence des trépassés n'avait point de mystère. Les uns vont en enfer, les autres en, purgatoire, les autres en paradis, et elle se faisait de ces trois séjours une idée nette et concrète.

L'Enfer, lieu d'expiation et de souffrance, où l'on demeure toujours, toujours, toujours. Les misères terrestres ont une fin ; elles s'achèvent à la mort ; mais les tourments de l'Enfer sont éternels et ils n'inspirent ni pitié ni miséricorde. Elle y avait songé souvent, le dimanche, pendant le prêche, s'efforçant de mesurer cette infinité de jours sans espoir qu'est l'existence des damnés. A une année, elle ajoutait une autre année, puis une autre, puis une autre encore ; mais, comme elle ne savait compter que jusqu'à mille, au-delà de ce nombre les idées se brouillaient. Ça ne finit jamais, jamais, jamais, pensait-elle, et sa pauvre âme simple s'abîmait dans l'épouvante de cet infini.

A la souffrance que cause une brûlure, elle mesurait l'intensité des tourments éternels.

— Comme on doit y souffrir, mes pauvres, disait-elle, puisqu'une toute petite braise vous fait tant de mal en vous touchant sur la main !

Et elle imaginait son corps nu, léché par les flammes, étendu sur un lit de charbons ardents. Le prêtre l'avait bien dit : le corps du damné brûle éternellement sans qu'il se consume. La bûche, dans le foyer, flambe, s'effrite et se réduit en cendre. L'escargot qui rôtit sur la braise, se tord dans la souffrance, chante son chant d'agonie et meurt. Mais le damné, lui, ne peut ni brûler, ni mourir.

Alors, elle priait avec ferveur que Dieu la veuille absoudre et renvoyer en Purgatoire où les souffrances n'ont qu'un temps. Elle avait peur de mourir en état de péché mortel, ne sachant pas trop ce qu'étaient de pareils péchés. Les pauvres gens qui n'ont pas appris à lire commettent parfois, sans le savoir, de très gros péchés. Il y avait dans les commandements de Dieu et de l'Eglise, des défenses qu'elle n'était pas bien sûre de toujours observer. On y parlait d'orgueil, d'avarice et de luxure, mots incompréhensibles qui ne se traduisent pas en patois et que M. le Curé expliquait au prône en paroles plus obscures encore. Ignorant la promesse du Christ : « Heureux les pauvres d'esprit... », elle se sentait abandonnée dans son ignorance et elle ne pensait pas que Dieu pût jamais pardonner une pauvre femme qui, faute de savoir lire, n'avait pu apprendre toutes les manières de pécher.

Quant au Paradis, elle s'en faisait une idée plus nette et plus précise encore, une idée à elle et qui, depuis son enfance, n'avait jamais varié. L'Enfer et le Purgatoire sont difficiles à situer. On ne sait point au juste où ils sont, ni le chemin que suivent les âmes pour s'y rendre. Mais le Paradis était là, c'est bien certain, là tout près, au-dessus de sa tête, porté par cette voûte bleue qui ne lui semblait pas très haute.

Il y a, sur le dôme en bois de l'église d'Eymouthiers, une sombre et naïve peinture qui représente, assis sur des nuages, Dieu le Père, sous les traits d'un vieillard à barbe blanche, vêtu d'une robe rouge, le regard sévère et les sourcils froncés ; Dieu le Fils montrant ses mains percées et tendant vers son père son visage douloureux et bon ; le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe rayonnante aux ailes étendues ; la Sainte Vierge, glorieuse et candide dans sa robe toute blanche, la tête surmontée d'une couronne de reine. C'est ainsi qu'elle s'imaginait le séjour des bienheureux.

Certes, elle n'espérait point qu'une pauvre créature comme elle, ignorante et mal velue, pût être admise un jour à partager la gloire de ces divines images. Mais elle avait entendu dire qu'aussitôt après la mort, l'âme comparaît devant le Tribunal de Dieu. Elle verrait donc le Ciel une fois, une seule fois sans doute. Elle verrait Dieu, le Christ et la Vierge. Elle verrait les Anges. Elle verrait les Saints. Elle entrerait elle, misérable femme, avec son casaveste de bure et son mouchoir sur la tête, dans ce lieu divin où il n'y a guère que des gens savants et riches. Et cette pensée lui donnait à la fois de la crainte et du réconfort.

Elle pensait que le Créateur, qui a voulu, dans ce monde, des pauvres et des riches, maintenait dans son royaume ces justes dictinctions, et que les morts conservaient dans l'autre monde leurs riches vêtements ou leurs pauvres habits. Aussi avait-elle bien recommandé qu'on lui mît, lors de sa dernière toilette, les hardes qu'elle prenait le dimanche et qu'elle avait préparées elle-même, afin d'être bien sûre qu'on l'en revêtirait.

Une inquiétude surtout la tourmentait. Elle ne doutait pas qu'en Paradis, en Purgatoire ou en Enfer, les défunts ne conservent leur dépouille mortelle, et elle ne parvenait point à imaginer l'âme séparée de son corps. Mais, bien que cela lui parût quelque peu contradictoire et inexplicable, elle était bien certaine aussi que le corps des défunts ne sort point du cercueil. Les morts sont immobiles ; ils ont les yeux clos, les jambes raidies et les mains en croix ; mais s'ils ne voient plus rien dans les ténèbres, ils continuent de penser, d'entendre et de sentir. Elle n'imaginait point une cessation brusque et complète de la vie. La vie doit se continuer dans la tombe, et elle pensait avec angoisse à l'obscurité du cercueil, au poids de ta terre sur son corps, à l'eau froide qui, en hiver, sumterait goutte à goutte et mouillerait son visage glacé. Elle avait recommandé qu'on lui mit un oreiller sous ta tête et qu'on dit au fossoyeur de me pas l'enterrer trop bas...

(Noël Sabord, 1921)

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L'ancien cadastre

Un cadastre de la commune d'Eymouthiers est réalisé en 1833.

Les commissaires nommés par le conseil municipal sont Léonard Labrousse, Jacques Guimbelot, Jean Lanlaud et Guillaume Mazerat.

Les parcelles sont mesurées en nouveaux arpents et nouvelles perches, c'est-à-dire en hectares et en ares. Outre leur superficie, leur type et leur revenu sont aussi disponibles.

La commune est divisée entre trois sections, respectivement dites de Marsac, de Puyservaud et de la Tricherie.

Avec les parties non imposables, comme les chemins, cours d'eau et les édifices religieux, la superficie totale est estimée à environ 869 hectares, et le revenu correspondant à 11140 francs.

Le propriétaire le plus imposé est Léonard Pradignac, demeurant à Roussines, suivi de Jean Fargeas, demeurant au Chambon, ensuite Léonard Labrousse, demeurant à Puyservaud, et enfin la famille Lanlaud, demeurant à la Tricherie.

L'opération est menée par le géomètre et destinée à la direction des contributions directes.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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La fin d'une chapelle

« On trouve aussi dans cette commune une petite église anciennement destinée aux lépreux, et qui attire de nombreux fidèles le jour de la fête de Saint-Roch », lit-on dans la « Géographie de la Charente », œuvre du Montbronnais François Marvaud, éditée en 1856.

Cette église fut bâtie au village de Chez-Manot en 1620 par M. François Guimbelot, sieur de Monplaisir et avocat à la Cour de Périgueux. Pour la bénédiction de cette chapelle fut commis M. Jean Guimbelot, sieur de Monplaisir, prêtre, chanoine de l'église-cathédrale de Saint-Etienne et Saint-Front de Périgueux.

Reconstruite

Cet édifice fut « reconstruit en 1862 aux frais et à la mémoire de M. Nicolas Guimbelot, chef de bataillon en retraite, chevalier de la Légion d'honneur ». Cette chapelle servit d'ailleurs de caveau à M. Guimbelot qui y fut inhumé l'année même de la reconstruction. Il y repose avec les corps de quatre autres défunts, dont un enfant de cinq ans.

Durant un siècle, jusqu'au début des années 1960, la chapelle faisait son plein de fidèles à l'occasion de la Saint-Roch, la fête patronale du village mise en musique au début du siècle par Louis Voisin, dans « La Balèdo », une valse qui a maintenant franchi plusieurs frontières avec des groupes folkloriques.

Mais le 16 août, jour de la Saint-Roch, n'est pas un jour férié. La « ballade » du village tomba en désuéture et la chapelle fut laissée à l'abandon par ses propriétaires qui en refusèrent tout entretien mais prirent une assurance en cas d'accident.

Délabrée et pillée

Peu après 1970, un versant de la toiture s'effondra et le vent retourna l'autre comme une crêpe, un accident étant évité de justesse en cette occasion. La chapelle devint peu à peu une ruine couverte de lierre au grand dam des habitants du village qui n'en pouvaient mais, et de la municipalité, de plus en plus irritée par les reproches immérités qu'on lui adressait. La superbe croix tréflée de 1641, gravée et taillée dans la masse, disparut, emportée sans doute par quelque amateur d'œuvres d'art. Puis ce furent la plaque commémorative, les ferrures des portes...

Entre temps, l'abbé Sardin — un prêtre natif de la commune, qui avait célébré sa première messe dans la chapelle — avait tenté une impossible restauration mais, grâce à lui, le moignon du socle avait retrouvé une croix.

Et rasée

Il y a peu, un habitant de la Nièvre reçut à son tour ce cadeau empoisonné en héritage. Le clocher était tombé dès que l'abbé Sardin — qui souhaitait dégager les murs d'une végétation envahissante — eut coupé le lierre.

Les murs cimentés à l'argile et à la chaux, devenaient de plus en plus dangereux, livrés qu'ils étaient aux intempéries. Un voisin eut alors l'heureuse idée de soustraire aux regards la cloche — que l'on sonnait les jours d'orage pour éloigner la grêle — qui avait été dégagée des décombres par deux amateurs de souvenirs fort déçus de ne rien trouver lorsqu'ils revinrent en soirée prendre possession de l'objet de leurs convoitises.

Dans l'impossibilité de faire restaurer la chapelle dont il aurait fallu reprendre les murs à la base, M. Baudry, le dernier héritier, fit, il y a quelques semaines le don des restes de l'édifice à la commune d'Eymouthiers.

Peu après la chute de la toiture, la commune en avait refusé l'achat.

Le propriétaire demandait la « modique » somme de dix mille francs. Il s'agit bien évidemment des francs actuellement en vigueur.

Ne pouvant supporter les frais d'une reconstruction, la municipalité décidait de faire raser l'édifice, ce qui fut fait quelques jours plus tard, le 1er juillet. L'emplacement, maintenant dégagé des gravats, va sans doute devenir un espace vert sur lequel continuera de se dresser la croix, ultime vestige de sa vocation passée.

Le village de Chez-Manot a perdu sa « verrue ». Mais, verrue ou pas, c'est avec une immense tristesse que ses habitants ont vu disparaître « leur chapelle ». Pour les anciens — en particulier — une page est définitivement tournée : « leur » village ne sera jamais plus le même.

Source : Albert Livert.

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Un martyr de la foi

Pierre Agard de Roumejoux est originaire d'Eymoutiers-Ferrier, paroisse de l'ancien diocèse de Limoges, réunie aujourd'hui à celui d'Angoulême. D'après M. l'abbé Denise, il serait né à Bussière-Badil, paroisse limitrophe de la précédente et qui était aussi du diocèse de Limoges.

Lorsqu'il fut prêtre, il exerça le ministère en qualité de vicaire à Ecuras, puis, le 28 janvier 1749, il fut installé curé-archiprêtre de Rouillac, diocèse d'Angoulême.

En 1789, il assistait à l'assemblée du clergé de la sénéchaussée d'Angoulême, étant aussi chargé d’y représenter le curé d’Echallat et celui de Genac.

Au moment de la Révolution, il crut pouvoir prêter le serment de la Constitution civile du clergé, ce qu’il fit le 30 janvier 1791. Mais plus tard, comprenant toutes les conséquences de cet acte de faiblesse, il le rétracta le 2 juillet 1792. Dès lors, il tombait sous le coup de la loi de déportation; comme il était sexagénaire, cette peine fut remplacée par la prison.

Il fut enfermé a Angoulême, avec les autres prêtres non assermentés sexagénaires, dans l’ancien couvent des Carmélites, où on les laissait manquer de tout. Malgré les plaintes qu'ils adressèrent à différentes reprises, et en particulier en octobre 1794, au directoire du district, ils ne recevaient rien. Cependant, le froid sévissait avec rigueur dans le couvent des Carmélites, exposé en plein au vent du Nord. Alors ces malheureux prêtres, demi-nus, accablés par la vieillesse, les infirmités, les maladies, prirent le parti de pétitionner encore en s’adressant au département. Voici le texte de leur pétition :

Des Carmélites, le 13 nivôse an III (2 janvier 1795).

Aux citoyens administrateurs du département de la Charente.

Citoyens, les détenus de la maison commune, dépouillés de tout, conséquemment dans l’impossibilité de pourvoir à leurs besoins les plus urgents, sollicitent, depuis plus de trois mois, sans aucun succès, près des autorités constituées, quelque petite provision de bois à brûler et de la lumière pour s’éclairer. Ils ont répété si souvent leurs instances prés de l’administration du district que celle-ci, fatiguée de leurs plaintes, pour réponse leur a renvoyé leur dernière pétition ci-annexée. Les pétitionnaires, à ce rebut, ont jugé que sans doute elle n’était pas chargée de cette sollicitude. Ils s’adressent donc au département pour en obtenir où leur liberté et la remise des objets dont ils ont été dépouillés, ou des secours proportionnés à leurs besoins, notamment du bois à brûler, que l'humanité ne peut leur refuser dans la rigueur continuelle du temps. Ils espèrent tout de sa justice. — Pierre Agard, curé de Rouillac; François Barbier, curé de Saint-Germain de Confolens; Jean-Baptiste Dessain, curé de Saint-Christophe de Confolens; Jean Fonréaux, curé de Saint-Clément de Nantes.

Je reproduis ici seulement la signature des quatre prêtres prisonniers qui intéressent le diocèse de Limoges. A la fin du mois de mai 1795, Pierre Agard fut mis provisoirement en liberté. En 1800, il revint à Rouillac, mais ne dut pas y continuer longtemps son ministère vu son âge avancé.

Source : Martyrs et confesseurs de la foi du diocèse de Limoges pendant la Révolution française, d'André Lecler.

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Charles François Durousseau-Lagrange, un officier napoléonien

Charles François Durousseau-Lagrange (1781-1857)

Il est né le 26 juin 1781 à Montbron. Il est le fils de Jean, sieur de Lagrange, docteur en médecine, et de Rose Thérèse Glace. Il est incorporé dans le 3e régiment d'infanterie de ligne en novembre 1801. Son avancement dans la hiérarchie est peu rapide : caporal-fourrier (1803), sergent-major (1804). Ce n'est que le 28 mars 1807 (24 ans) qu'il obtient le grade de sous-lieutenant après avoir participé aux campagnes d'Allemagne (1805), de Prusse (1806) et de Pologne (1807) à la Grande Armée. Le 10 juin, à la bataille d'Heilsberg, il est blessé d'un biscaïen au bras droit et au coté. Quatorze jours plus tard, l'Empereur le nomme lieutenant. En 1809, il fait encore partie de la Grande Armée et combat en Allemagne. Le 22 avril 1809, à la bataille d'Eckmühl, il est blessé d'une balle au bras. Il sert ensuite en Espagne où il gagne son épaulette de capitaine (17 septembre 1810). En 1813-1814, il fait partie de la garnison d'Hambourg. Il est blessé à la Göhrde, le 16 septembre 1813, par un coup de pied de cheval lorsqu'il subit une charge de cavalerie. Il reçoit alors la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Pendant les Cent-Jours, il sert de nouveau l'Empereur. Il est blessé le 16 juin 1815 à la bataille des Quatre-Bras d'une forte contusion à l'épaule droite. Au cours de cet engagement, il se distingue en s'emparant d'un obusier ennemi. Deux jours plus tard, à la bataille de Waterloo, il est blessé d'un coup de feu qui lui traverse le corps. Le préfet Creuzé de Lesser reconnaît ses talents militaires et son éducation mais doute de son attachement aux Bourbons. Il est alors admis à la retraite (600 francs) le 30 aout 1816. Cependant, soucieux de conserver un rang honorable dans la société et d'améliorer sa condition matérielle, il demande un emploi réservé. Le Roi lui accorde une perception difficile à Brossac. Mais son autorité et sa rigueur de travail contentent les autorités départementales. Le 17 juillet 1830, il demande au Roi la croix de Saint-Louis. Mais en raison de la révolution de Juillet, il ne peut l'obtenir. En 1833, il sollicite alors la croix d'officier de la Légion d'honneur en rappelant ses services à Waterloo. Le grand chancelier de la Légion d'honneur lui refuse parce qu'il n'est pas officier supérieur. En 1838, il est percepteur à Saint-Amant-de-Boixe. Célibataire, il décède le 11 décembre 1857 (76 ans) à Angoulême. Ses héritiers sont ses neveux et nièces, Jean-Baptiste Adolphe Mongin, négociant à Civray, Richard Mongin, homme de lettres à Paris, Jeanne Élisabeth Gabrielle Mongin, Thérèse Charlotte Mongin, rentières à Paris. Ils reçoivent 480 francs en mobilier et 9 800 francs en immobilier (terres et bâtiments à Montbron).

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.

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La villa Pradignac

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Léonard-Nicolas-Aristide Pradignac (1824-1898), né à Roussines, domicilié à la villa Pradignac au lieu-dit Saint-Romain, agriculteur, juge de paix du canton de Montbron, maire d'Eymouthiers au milieu du XIXe siècle, décédé à l'âge de 73 ans, le 23 juillet 1898 à Eymouthiers. Fils de Léonard-Liberté-Nicolas Pradignac, propriétaire, et Anne Cambois. Marié avec Marguerite-Rosalie-Méloé Lageon, d'où Pierre-Prosper-Xavier-Paul Pradignac, né le 31 mars 1855 à Eymouthiers, médecin à Montbron.

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