02 février 2015

L'histoire des protestants de Massignac

De l'histoire des protestants de Massignac il ne nous est parvenu que quelques rares épisodes qui appartiennent au premier tiers du XVIIe siècle.

Comme la Sudrye, Massignac était situé en Angoumois, mais jouissait du voisinage peu envié d'un prieuré ancien qui fut uni en 1604-1605 aux Jésuites de Limoges et forma dès lors un prieuré-cure à la nomination des révérends Pères. Le seigneur du lieu était alors Nicolas Chasteigner, baron des Etangs, d'une illustre famille dont une branche restée catholique, celle des La Roche-Posay, a donné plusieurs évèques au catholicisme. Une seconde branche, celle des seigneurs de Lindois, était calviniste et apparentée aux maisons de Pierrebuffière et de Rochefort. Messire Chasteigner de Lindois, quoique de naissance noble, ne dédaigna point de s'asseoir comme simple étudiant sur les bancs de l'Académie de Nimes. La troisième branche, celle qui va nous occuper ici, avait embrassé le calvinisme sur la fin du XVIe siècle, à l'instigation de dame Jaquette de Moussy déjà protestante, et avait favorisé ses progrès déjà anciens dans la contrée.

On conçoit que Nicolas Chasteigner ne fut point d'humeur à payer aux Jésuites les dîmes ecclésiastiques qu'ils lui réclamaient sur certains domaines de son fief, en vertu de l'article 25 de l'édit de Nantes. Il en résulta, à partir de 1607, des hostilités plus ou moins déguisées qui amenèrent un procès. Ce procès dura plus de quinze années et se termina une première fois par la condamnation du baron des Etangs, 1620. Repris quelques années plus tard par le baron, puis par ses héritiers, il se prolongea jusqu'en 1670 et peut-être même au-delà, car la sentence finale n'est point connue.

Un autre événement mit encore les adversaires aux prises. Dlle Jaquette de Moussy, mère de Nicolas Chasteigner, décéda en son château des Etangs, le 19 novembre 1617, assistée d'un ministre protestant. Le baron prétendit la faire inhumer dans l'église catholique où se trouvaient les tombeaux de ses ancêtres. Les Jésuites s'y opposèrent, mirent l'évêque de leur côté et refusèrent de livrer les clefs de l'édifice. Appuyé par quelques gentilshommes des environs, Nicolas Chasteigner fit forcer les portes de l'église et procéder à l'inhumation de sa mère au son de la cloche paroissiale. Le curé déclara l'église profanée et fit élever un mur autour du tombeau de la baronne. Mais les gens du baron des Etangs renversèrent ce mur et parurent un instant devoir garder le dernier mot. Les Jésuites s'adressèrent alors au parlement de Paris qui, par arrêt de 1620, ordonna d'exhumer le corps de la baronne en présence de son fils, et de le transporter hors de l'église et du cimetière de Massignac, ce qui fut exécuté.

Cette scène déplorable montre assez quels sentiments animaient les deux partis à l'égard l'un de l'autre. Elle met aussi en lumière quelques-unes des difficultés que les stipulations de l'édit de 1598 avaient laissées subsister. La prétention du baron de revendiquer la sépulture de ses ancêtres dans une église que ceux-ci avaient peut-être bâtie de leurs deniers, comme cela se voyait en maint endroit, est assez explicable. Celle du clergé à repousser de ses sanctuaires quiconque méconnaissait son autorité spirituelle ne l'est pas moins. Il y avait là une opposition de droits que l'édit était impuissant à concilier et qui devait amener fréquemment des conflits du genre de celui que nous venons de constater.

Quelques-unes de ces petites communautés calvinistes durent décéder vers 1645-1648, lorsque la jurisprudence se fut définitivement introduite de refuser l'exercice de leur culte aux églises de fief. Les troubles de la Fronde purent aussi hâter leur disparition.

Source : Histoire de la réforme dans la Marche & le Limousin, d'Alfred Leroux.

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La famille Chasteigner, barons du Lindois

En 1645, Isaac Chasteigner, seigneur baron du Lindois, est veuf de Magdeleine de Pons, fille de Pons de Pons, seigneur de Bourg-Charente. Il se trouve à Paris depuis plusieurs mois à cause d'un grand procès concernant la terre de Bourg-Charente.

On l'y informe que son fils aîné, Pons Chasteigner, assisté de gens de mauvaise vie, vient de s'emparer par force et violence de son château du Lindois, qu'il en a chassé ses sœurs et tous les domestiques, qu'il a vidé les coffres et pris ce qu'ils contenaient de plus précieux, et qu'il a mis une garnison dans le château pour le défendre et en interdire l'accès.

De retour de Paris, le baron du Lindois apprend que son fils est parti à Aubeterre avec la moitié de sa garnison. Il saisit cette occasion. Parti de La Rochefoucauld en pleine nuit avec une dizaine d'amis qui l'accompagnent, ils escaladent les murailles du château avec des échelles, surprennent la garnison endormie et se rendent maîtres des lieux.

Le fils du baron se réfugie alors dans une maison voisine, à la Graule, qu'il fait fortifier, et il continue à terroriser le voisinage. Il vole les chevaux de son père, fait tirer des coups d'arquebuse contre sa fenêtre...

En juin 1646, le vice-sénéchal de Bellat, avec une dizaine d'archers, arrive au Lindois pour y capturer Pons Chasteigner, le fils rebelle. Accompagné aussi d'une bonne vingtaine d'hommes de la paroisse du Lindois, il se présente au château de Bellat, paroisse de Roussines, où Pons Chasteigner et ses amis se sont réfugiés. Le vice-sénéchal y est mal reçu. Le sieur de Bellat lui dit que son honneur est de conserver Pons Chasteigner puisqu'il lui a baillé retraite, et il menace le vice-sénéchal de lui «envoyer du feu» s'il ne se retire pas. Ce dernier ordonne cependant de commencer à abattre les murailles. Mais la cloche sonne à Roussines et 300 hommes armés accourent au secours du château de Bellat, ce qui contraint le vice-sénéchal de se retirer et de dresser le procès-verbal de ces événements, le même jour, sous la halle du Lindois.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1994)

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29 janvier 2015

Le marquis de Charras, prévôt de la connétablie

La Laurencie de Charras et de Nevicq (François de), prévôt général. — Marquis de Charras et de Nevicq. Fils de messire Noël-Bertrand de la Laurencie, chevalier, seigneur marquis de Nevicq, Charras, etc., lieutenant des maréchaux de France en Angoumois, et de dame Marie Paulte. Né à Angoulême le 22 février 1741, baptisé à Charras (Saint-Vivien), diocèse d'Angoulême, le 11 juin suivant. Capitaine d'infanterie. Sert « environ vingt-cinq années » au régiment d'infanterie du Roi. Nommé prévôt général de la Connétablie, gendarmerie et maréchaussée de France et des camps et armées du Roi, par provisions du 24 août 1772, reçu au siège général de la Connétablie le 20 octobre ; « en cette qualité conseiller siégeant au dit siège, mestre de camp, premier colonel de la cavalerie légère, inspecteur général des maréchaussées du royaume, grand prévôt du dit siège ». Son office est saisi le 12 juin 1777 (1) et le 16 décembre 1782 (2). Mais, bien que La Laurencie eût abandonné ses fonctions à cette dernière date, la deuxième saisie, évoquée au siège, fut radiée le 27 janvier 1784, sur opposition de Joachim de Charton, survivancier et adjoint de M. de la Laurencie depuis 1778, désormais seul titulaire. Retiré en son château de Charras (3), La Laurencie obtint, le 15 septembre 1783, une pension de 5.000 livres sur le trésor royal « en considération de ses services et pour sa retraite (4) ».

1. A la requête du sieur Hedelin, receveur de la seigneurie de Bregy, faute de paiement par M. de la Laurencie d'un principal de 8.410 livres.

2. A la requête de Jean-Louis-Aynard, abbé de Clermont-Tonnerre, héritier pour un tiers du maréchal duc de Clermont-Tonnerre, à qui La Laurencie devait 13 773 livres de principal.

3. Charente, canton de Montbron.

4. Arch. de la guerre, trésor royal, dossier 4227 bis. Il avait été nommé chevalier de Saint-Louis le 13 décembre 1774 (Arch. de la guerre Ya 181).

(Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 1978)

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Un crime de séduction en 1553

« Entre Messire Louys de Sainct Gellais chevalier seigneur de Laussac au nom qu'il procède demandeur en crime de rapt, inceste, sacrilège, inductions et séductions faictes en la personne de seur Anne de la Rochechandry, religieuse professe au monastère de Xainctes, le procureur général du Roy joinct a luy d'une part, et Christofle de la Laurencye escuier seigneur de Claix, deffendeur et défailleur d'autre.

Disons lesdictz deffaultz estre bien et deheument obtenus et déclairons led. Christofle de la Laurencye vray contumax et défaillant et l'avons débouté et déboutons de toutes exceptions et defferences déclinatoires, dilatoires et péremptoires ; et déclairons led. de la Laurencye avoir excédé et délinqué et pour desd. grands et esnormes excès desquels led. de la Laurencye a esté trouvé chargé et convaincu, condamnons icelluy de la Laurencye seigneur de Claix estre mené et conduict par l'exécuteur de la haulte justice hors des prisons royalles de la ville d'AngouIesme audevant la grande porte de l'église Sainct Pierre de lad. ville d'AngouIesme, en chemise, piez et teste nus, la hart au col, tenant en ses mains ung flambeau ardant du pois de trois livres dé ciye, et là demander pardon a Dieu au Roy, a Justice et aud. de Sainct Gellays ou autre par luy commis et deputte, et dire que témérairement, follement et maulvaisement, il a séduict et diverty lad. seur Anne de la Rochechandry contre le gré et volunté de feu Messire Philippes de la Rochechandry, père de lad. seur Anne et dud. de Sainct Gellays...

Et après estre tresné sur une clie par les cantons et lieux accoustumés de lad. ville d'Angoulesme, Et de la mené au champ Sainct Martial hors lad. ville d'Angoulesme, lieu accoustumé à faire les exécutions, la estant sur ung eschaffauld avoir le poing destre coupé, la teste tranchée et les quatre membres séparés du corps, et sera lad. teste mise et afngée sur ung potheau qui sera mis sur la porte Sainct Pierre de lad. ville d'AngouIesme. Et lad. exécution ainsi, faicte sera le corps dud. de la Laurencye porté, devant le chasteau et place de la Rochechandry et la ars et brusié, et l'ung des bras mis et appousé sur ung aultre potheau qui sera affigié au lieu plus émanent du bourc de Roulhet, et l'autre au lieu plus apparent du bourc de Rouzède. L'une des jambes et cuysses mise sur ung aultre potheau au bourc de Bertry et l'autre cuisse et jambe au bourc de Vileneufve la Comtesse. Led. poing sera mis ainsi que dessus audevant le château dud. Claix. Et en oultre condamnons, icelluy de la Laurencye en vingt mil livres d'amende envers le Roy et en dix mil livres envers led. instiguent aud. nom.

Et pour ce que led. de la Laurencie ne peult estre apréhendé en sa personne, ordonnons que la présente ordonnance sera exécutée par figure en lad. villle d'Angoulesme et pour l'exemple et gravité desd. crimes ordonnons que nostre présent jugement sera leu et publié en l'auditoire de la Séneschaussée d'Angoulmoys en lad. ville d'AngouIesme a jour de plais auparavant l'exécution d'icelluy jugement.

Et pour perpétuelle mémoire sera édifiée une haulte coulomne de pierre près la halle dud. lieu de la Rochechandry ou sera insculpté et mis nostred. jugement...

Prononcé à Bourdeaulx le dix-huictiesme jour de Juillet mille cinq cens cinquante troys. »

Source : Arch. dép. de la Gironde, B 64.

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28 janvier 2015

Lettre de Voltaire au marquis d'Argence

Le 5 juin 1765.

Mon cher et aimable philosophe, M. le marquis de Charas est aussi aimable par son esprit que par sa figure; il vous dira combien la petite famille de Ferney vous est attachée.

Vous avez fait une bien bonne œuvre en faisant imprimer la lettre concernant les Calas et les Sirven. Nous venons de perdre la femme de Sirven, qui enfin est morte de chagrin, en protestant de son innocence. Nous n'entreprendrons pas moins le procès. Le factum de M. de Beaumont est déjà tout dressé; mais nous sommes enchaînés à des formalités qui sont bien longues; nous ne nous décourageons point, et Beaumont espère la même justice pour les Sirven que pour les Calas.

Voici un petit paquet qu'on m'a prié de vous envoyer. Quand vous m'écrirez, adressez votre lettre sous l'enveloppe de M. Camp, banquier à Lyon. Il y a quelquefois des curieux qu'il faut dérouter.

Mille tendres respects à monsieur votre frère comme à vous ; le tout pour ma vie.

Source : Œuvres complètes de Voltaire.

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Bertrand de La Laurencie dans l'Armorial général

Bertrand de La Laurencie, Ier du nom, écuyer, seigneur de Charras et de Séguiniac, était fils de Jean de La Laurencie et de Suzanne de La Garde. Il embrassa le parti de la reine mère, Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Cette princesse lui adressa, le 20 juillet 1620, la commission qui suit :

« Marie, par la grâce de Dieu, royne de France et de Navarre, mère du roy, au sieur de Charas, salut. La longue patience que nous avons eue, ayant endurci le cœur de ceux qui abusent du nom et de la bonté du roy, notre très honoré seigneur et fils, jusques à tel point que voulant faire servir toutes choses à leur ambition déréglée et avarice insatiable, après avoir employé en vain tous les artifices du monde dont ils se sont pu aviser, pour nous opprimer avec les princes du sang, et autres princes et grands seigneurs du royaume, ne se contentant pas de les tenir avec nous dans un mépris insupportable, ils sont si audacieux que de vouloir, a force ouverte, perdre et ruiner par les armes du roy ceux qui devraient en attendre leur protection ; pour à quoy obvier, voyant qu'au lieu d'entendre les remontrances salutaires que nous avons faites au roy, on prend ces voies périlleuses qui ne tendent qu'à la ruine de l'État et à la désolation du pauvre peuple ; protestant devant Dieu que nous n'agissons que pour en empêcher le cours et nous garder d'oppression, nous aurions, de l'avis desdits princes du sang, autres princes, ducs, pairs, officiers de la couronne et grands seigneurs du royaume, résolu de lever et mettre sus un bon nombre de gens de guerre, tant de pied que de cheval, et les faire conduire par de bons, vaillants et expérimentés capitaines, fidèles et affirmés. A ces causes, et pour l'entière confiance que nous avons en vous et en vos sens, valeur et sage conduite, nous vous avons commis et député, commettons et députons par ces présentes signées de notre main, pour lever et mettre sur pied, incontinent et le plus diligemment que faire se pourra, une compagnie de cent hommes de pied, des plus vaillants et aguerris que vous pourrez trouver et élire, lesquels vous conduirez et exploiterez sous la charge de notre cousin le duc d'Épernon, votre colonel, là, par où, et ainsi qu'il vous ordonnera pour notre défense, les faisant vivre avec telle police et discipline que nous n'en recevions aucune plainte, et nous vous ferons payer, vous et les susdits hommes, des soldes, états et appointements qui vous seront et à eux dus, selon les rôles des montres et revues qui en seront faites par les commissaires et contrôleurs des guerres à ce commis, tant et si longuement qu'ils seront sur pied. De ce faire vous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité, commission et mandement spécial. Mandons à tous ceux qu'il appartiendra, qu'à vous, en ce faisant soit obéi : en témoin de quoi, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes. Donné à Angoulême, le onzième jour de juillet 1620. »

Signé Marie, et plus bas, par la royne mère du roy, Bouthillier.

La guerre fut de peu de durée. Les troupes de la reine mère furent défaites au Pont-de-Cé, le 7 août 1620, et le 10 du même mois, Marie de Médicis signait un traité de paix.

A l'époque de la recherche de la noblesse, Bertrand de La Laurencie fut assigné devant d'Aguesseau, maître des requêtes, président au grand-conseil et commissaire départi pour l'exécution des ordres du roi dans la généralité de Limoges et les élections de Saintes et de Cognac. Il justifia sa descendance depuis François de La Laurencie, son trisaïeul, et obtint, le 22 décembre 1666, une ordonnance de maintenue de noblesse.

Il avait épousé, le 17 décembre 1619, demoiselle Léonarde Audier, fille de Bertrand Audier, écuyer, seigneur de Montchenil, dans la paroisse de Saint-Martial de la Vallette, en Périgord, et de demoiselle Antoinette de Pourtenc de La Barde. De ce mariage sortirent deux fils, Jean et Armand.

I. Jean de La Laurencie, seigneur de Charras et de Jumilhac, épousa, le 24 juin 1653, Louise des-Doussetz ; il n'en eut point d'enfants, et la terre de Charras retourna à son puîné, par une donation spéciale qu'il lui fit de cette terre et de tous ses droits.

II. Armand de La Laurencie, seigneur de Montguillard, puis de Charras, de Chadurie, des Thibaudières, de Rodas, eut ces trois dernières terres par le mariage qu'il contracta, le 10 mai 1668, avec Marie Cladier, fille de Guillaume Cladier, seigneur de Chadurie. Il eut plusieurs enfants, dont Bertrand, l'aîné, seigneur de Charras, qui suivra.

Bertrand de La Laurencie, IIe du nom, seigneur de Charras, de Névic, de Sonneville, des Seurres, en Saintonge, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant des maréchaux de France et leur subdélégué dans les bailliages de Saint-Jean-d'Angély et de Cognac, naquit le 22 septembre 1669. Il entravers la fin de 1686, ou au commencement de 1687, dans la seconde compagnie des mousquetaires, et y demeura jusqu'au 10 septembre 1688. A cette époque, M. de Jouvelle, lieutenant-général des armées du roi, capitaine-lieutenant de la seconde compagnie des mousquetaires, lui donna son congé absolu, en attestant « qu'il avait très bien servi Sa Majesté pendant un an et huit mois et demi, et qu'il ne quittait ce service que pour commander une compagnie de cavalerie ou chevau-légers que le roi lui avait accordée. »

Sa commission, datée du 20 août précédent, portait qu'il était même chargé de lever cette compagnie, avec laquelle, dès le 13 décembre suivant, il reçut l'ordre de passer dans le régiment royal de Piémont-cavalerie, pour y servir sous le marquis de Rivarol, mestre-de-camp. Il y servit pendant treize ans, et toujours avec distinction, selon les termes d'un certificat donné à Clermont, en Auvergne, le 26 juin 1702, par le vicomte de Beaune, lieutenant-général des arniées du roi, commandant dans la province d'Auvergne et pays de Combrailles.

Trois mois après sa retraite, le 22 janvier 1702, il obtint l'office de lieutenant des maréchaux de France en la sénéchaussée d'Angoulême, créé par l'édit du mois de mars 1693. Il prêta serment au tribunal le 25 du même mois. Quoiqu'il ne fût plus en activité de service, le roi Louis XV, informé de la distinction avec laquelle il avait rempli ses divers emplois militaires sous le feu roi, lui accorda la croix de Saint-Louis, le 17 juin 1722, « nonobstant que, par l'édit du mois d'avril 1719, concernant la confirmation et l'institution de l'ordre militaire de Saint-Louis, il fût expressément porté que nul ne pourrait y être admis s'il n'était encore actuellement dans les troupes en qualité d'officier, et qu'aux termes de cet édit, il ne pût espérer d'être admis dans l'ordre, ayant été obligé quelque temps auparavant de quitter l'emploi qu'il, avait dans les troupes. » Bertrand de La Laurencie obtint en même temps une pension de 1,500 liv., suivant une lettre que Le Blanc, alors secrétaire d'État et ministre de la guerre, lui écrivit le 21 juin, par ordre du régent, qui voulait ainsi lui marquer la satisfaction qu'il éprouvait de ses services. Les maréchaux de France le nommèrent, le 5 juillet 1724, leur subdélégué dans les bailliages de Saint-Jean-d'Angély et de Cognac, pour exercer les fonctions de cette charge de la même manière qu'il exerçait celle de leur lieutenant au bailliage d'Angoulême. Il se démit de cette dernière le 6 mai 1739, en faveur de son fils aîné, Noël-Bertrand.

Bertrand de La Laurencie fut marié deux fois : la première, le 12 février 1700, avec demoiselle Anne Arnauld de Méré, fille de Jean Arnaud, écuyer, seigneur de Bouex, de Méré, de Breuil, Dignac, etc., conseiller du roi, lieutenant particulier au siège présidial d'Angoumois, et de Jeanne Dexmier ; la seconde, avec dame Marie du Chazeau, veuve de Jean Paulte, seigneur des fiefs des Riffaux, de Bourclaveau, dans la paroisse de Ruelle, et des Grimardières, conseiller du roi, maître particulier des eaux et forêts d'Angoumois.

Du premier lit sortirent deux fils et une fille: 1° Noël-Bertrand de La Laurencie ; 2° François de La Laurencie de Charras, capitaine dans le régiment de Saint-Aignan-cavalerie ; 3° demoiselle Marie-Anne de La Laurencie, mariée à Charles-Henri de La Laurencie, seigneur de Villeneuve-la-Comtesse, son cousin.

Noël-Bertrand de La Laurencie de Charras, le fils aîné, naquit le 8 novembre 1707, et fut nommé le 7 mai 1739, par le maréchal duc de Biron, pour remplacer son père dans l'office de lieutenant des maréchaux de France à Angoulême. Il épousa, par contrat du 20 décembre 1731, demoiselle Marie Paulte, fille de Jean Paulte et de Marie du Chazeau.

Source : D'Hozier, Armorial général.

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20 janvier 2015

Le cartulaire du Saint-Sépulcre

Pierre et Aimery Guitard firent partie de la seconde croisade : ils étaient à Jérusalem le 11 février 1156, date du serment qu'ils prêtent au Saint-Sépulcre, conjointement avec plusieurs autres chevaliers de la Marche et du Limousin, Bernard de Périgord, Guillaume de La Fargue, Hélie de Millac, Géraud de Lambertye, Hélie de Bourdeille, etc.

Source : Historique du 21e régiment de chasseurs à cheval, 1792-1814, du comte de Brémond d'Ars.

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François de Lambertie et Hélie de Bourdeille

François de Lambertie, le pieux gentilhomme de la maison du saint archevêque, éprouva aussi, en la personne de son frère et en celle de son neveu, les effets de la protection que son bon maître continuait, d'une manière toute particulière, à ses anciens serviteurs et familiers. Un double miracle, qui offre assez d'analogie avec le triple miracle que, de son vivant, le serviteur de Dieu avait opéré en faveur des frères Chalupt, de Périgueux.

« J'étais dans Poictiers, dépose Lambertie, soignant mon frère et mon neveuf, malades d'une fièvre continüe. Mon maistre estoit mort. Après luy, je n'aimois rien tant que ces deux proches. Les médecins les avoient abbandonnés, advoüant que leur mal estoit plus puissant que leurs remèdes. J'eus la pensée de les voüer au sépulcre d'Hellies, mon bienfaiteur; ce qu'ayant fait, je les conduis presque perdus à Tours, où ils n'eurent pas à très rendre leurs prières au tombeau de ce prélat, que les voilà sur pieds, et hors d'une maladie jugée incurable. »

François de Lambertie, — qui aimait Hélie de Bourdeille plus qu'il n'aimait son propre frère, — n'est pas seul à déposer sur ce miracle instantané, si remarquable, et qui explique, pour sa part, le grand concours de prières qui, dans ce XVIe siècle surtout, illustra le tombeau du saint cardinal. Son frère Raimond, est-ce le miraculé lui-même ? curé de Mialet, la paroisse dont les Lambertie sont seigneurs, apporte un témoignage conforme à celui de François, et y ajoute l'expression de sa reconnaissance personnelle pour toutes les faveurs qu'il a reçues du serviteur de Dieu :

« Remond de Lambertie, presbtre et curé de Mialet, dans le diocèse de Périgueux, dépose la mesme chose, et ne peut se lasser de reconnoistre les bienfaits qu'il avoit receu de nostre Sainct. »

Source : Le saint cardinal Hélie de Bourdeille, de Bonaventure-Théodore Poüan.

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Bans de la noblesse du Périgord

Miallet.

Madame la Comtesse de Lembertye.

Marie d'Aydie, fille de messire Armand, sgr des Bernardières, de Montcheuil, de la Barde, de Vaugoubert, et de sa première femme, Charlotte de Belcier. Née le 15 juil. 1642, son c de m. fut signé 12 ans après le 1er oct. 1654... Elle n'eut que des filles : Marie, dame de Saint-Victurnien, Miallet, Montbrun, mariée le 21 mars 1691 à Hubert, marquis de Choiseul et de la Rivière, comte de Chevigny ; Aymerie et Marie, mortes jeunes.

Source : Rôles des bans et arrière-bans de la noblesse du Périgord de 1689 à 1692, d'Aymar de de Saint-Saud.

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La cloche des seigneurs de Lambertie

Mialet. Pour se débarrasser d'un saint qui avait construit son ermitage dans les gorges de la Dronne, non loin du château de Lambertie, le diable fit gonfler les eaux de la rivière qui atteignirent l'ermitage. Son occupant était sur le point de se noyer quand un ange, dit-on, lui tendit la main et le sauva. L'ermite reconstruisit une cabane sur un plateau, au-dessus de l'ancienne. N'ayant pas de point d'eau, il creusa un étang puis pria. Dieu le remplit en une nuit. Peu après, les paysans construisirent un oratoire dont la cloche fut apportée par un ange. Plusieurs années passèrent. Un beau jour, un capitaine brutal et grossier, à qui le seigneur de la contrée avait donné des terres sur la rive droite de la Dronne, vint visiter son nouveau domaine. Il chassa une biche qui se réfugia dans l'oratoire où l'ermite priait ; l'homme pénétra dans les lieux et tira sur l'animal. L'ermite lui reprocha vivement ce sacrilège et le capitaine ordonna la démolition de l'ermitage et de la chapelle. La cloche, dont il s'était saisi lui-même pour la jeter dans l'étang, demeura dans les airs en sonnant le glas. Le capitaine perdit connaissance et, quand il retrouva ses esprits, eut honte de sa mauvaise action et demanda pardon à l'ermite. « Ta dernière heure a sonné, lui dit le saint homme, je te pardonne et prie Dieu qu'il en fasse autant. Tes fils bâtiront et s'établiront ici, et leur mort sera toujours annoncée par le son de cette cloche. » Aussitôt, le capitaine mourut. Après cet épisode, lorsqu'un seigneur de Lambertie agonisait, la cloche sortait de l'eau et sonnait le glas, plus ou moins longtemps, selon que le mourant avait été « bon ou mauvais » (SASL, I, 254 sq.).

Source : Légendes et mystères des régions de France, d'Éloïse Mozzani.

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