27 mai 2016

Seigneurs du Repaire (Périgord) (1491-1793)

I. — Pierre, aliàs Perrin, de La Croix, écuyer, seigneur de Mitounias, deuxième fils de Pirotin de La Croix, seigneur de La Croix en Nivernais.

Il servit sous le seigneur de Mareuil, et dut, pour cette raison, se fixer à Mareuil où il testa le II mai 1514 devant Puyrénier, notaire. Dans cet acte il nomme son père, de la succession duquel, dit-il, il n'eut rien, sa femme Marguerite Pécon, damoiselle (qui vivait encore en 1530), et son fils unique, qui suit. (Arch. du Chatelard et Maintenue de 1698).

II. — Micheau de La Croix, écuyer, seigneur du Claud et de Mitounias.

Il épousa Louise Martin, damoiselle, proche parente d'Hélie Martin, écuyer, sieur de Claupère, demeurant à la Tour-Blanche, qui fut, en 1570, curateur des fils d'Arnaud de La Croix (1). Louise Martin, étant veuve, testa le 15 juillet 1530 (2) devant Martin not. et greffier, instituant son fils unique qui suit, (Original aux Arch. du Chatellard).

III. — Arnaud de La Croix, écuyer, seigneur de Mitounias et de Jovelle.

Il s'unit à Mareuil le 3 janvier 1539, par articles reçus Petit et Coustures, not., à Claire Mercier, fille de Pierre Mercier (3) et d'Honorette Rousseau, (Arch du Chatelard). Claire eut 8,000 livres de dot (jolie somme pour l'époque) et le fief de Jovelle ; elle hérita postérieurement de grands biens.

Arnaud figure au ban de la noblesse d'Angoumois en 1549 (Jouan) ; il fit un testament mutuel avec sa femme devant Grelière, not. roy., à Mareuil, le 2o septembre 1556, insinué à Périgueux le 12 novembre suivant, (Original aux Arch. du Chatellard).

Le 14 août 1570, Carrier et Geslard, not., reçurent un nouveau testament d'Arnaud « en son hostel noble de Jovelle ou du Chaslard. » (Arch. du Chatelard, où il est en triple expédition).

Ils eurent comme enfants :

1. Jean, qui suit.

2. Autre Jean, sgr de Douzac, auteur de la branche de la Jarte et de Tougnan.

3. Pierre, qui a formé la branche de Jovelle.

4. Marguerite, mariée avant 1556 avec Me Jean de la Place, qualifié seulement de juge de Montréal dans le testament de son beau-père, mais il est qualifié d'écuyer et de seigneur de Puyguérault en Saint-Cybard, dans un acte de cession du 8 juin 1571, par lequel sa femme cède à ses frères la part qui lui revient « avec droitz, actions, propriétés soyt de chasteau, chastellanyes, terres et juridictions des Combes, la Dausse, Saint-Sulpice, avec cens, rentes, devoirs seigneuriaux...» dans la succession des Mercier, (Arch. dép. de la Gironde, E, 252, n° 5, Duvilla, not.).

5. Françoise, mariée après 1556 avec Jean de Vars, écuyer, seigneur de Vauzelle, de la paroisse de Nanteuil-de-Bourzac. Elle testa le 18 septembre 160Seigneurs du Repaire (Périgord) (1491-1793)5, (Arch. déb. de la Dordogne, Insinuations). Elle mourut et fut enterrée à Bourg-des-Maisons en 1605, (Reg. par. de B.-des-Maisons).

6. Norette (Honorette). Elle passa contrat de mariage le 22 mai 1564 avec Dauphin de Maillard, écuyer, sgr de la Vocarie, fils de Jean de Maillard, écuyer, sgr de Lafaye et de la Vocarie, et de Marguerite de Roisson, (Arch. de la Combe). Elle testa le 15 décembre 1591, aliàs 1593.

7. Antoinette, ou Tonie, mariée après 1556. Peut-être est-elle l'Antoinette mariée avec François de Vaux, sgr de Tranchard et des Ecuyers. Elle aurait embrassé la Réforme, et vivait encore en 1602, date du mariage de son fils, Marc de Vaux, avec Renée Dorin, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations). Lequel Marc ou Marquis assista comme proche parent au contrat de mariage la Croix et Morel.

IV. — Jean de La Croix, écuyer, d'abord co-seigneur de Jovelle, puis, après le partage de 1573, seigneur de Mitounias, d'Eygounias et du « repaire noble de Longue-Rouchette, austrement appellé Chasteau-Rompu », qui, par la suite, fut simplement dénommé le Repaire.

En effet, le 8 juin 1573, il y eut un partage entre Jean de La Croix et ses frères, à la suite d'un long procès. Jusqu'alors Pierre, le plus jeune d'entre eux, avait joui de Mitounias, alors que ses aînés possédaient par indivis Jovelle et Douzac ; il eut en partage Jovelle et la métairie de La Croix ; Jean, le cadet, eut pour sa part la grande maison de Mareuil, plusieurs métairies, dont celle de Douzac, de Lespinasse et des Colombières, la terre et le pré nobles du Claud, puis des biens dans Saint-Priest-de-Mareuil. Jean, l'aîné, eut, outre Mitounias et Eygounias, les métairies de Ramonche, du Paul, de Naine, du Mas, des biens à l'Etang, la moitié de l'étang de SaintPardoux et une maison à Mareuil, (Arch. du Chatelard.)

En 1593, Jean de La Croix transigea avec sa sœur Norette : il acquit conjointement avec ses frères pour 1100 livres la part de sa sœur Marguerite sur les châtellenies de la Dausse, des Combes, etc., comme on l'a vu plus haut.

Il se maria deux fois : 1° avec Catherine Amblard. (Bau rein donne la date du 14 juillet 1572 au contrat, mais ce doit être une erreur puisque Florence, fille de Jean, naquit avant 1570 et que sa sœur se maria en 1577). 2° le 27 mai 1578, contrat retenu Mauge not., avec Louise Dumas, damoiselle, qui testa le 21, aliàs 24, octobre 1626, (Maintenue de 1698). Son mari était mort dès 1604, laissant du premier lit :

1. Pierre, qui continue la postérité.

2. Marguerite, mariée par contrat du 8 janvier 1577, avec Hélie de Saint-1ngel, sieur de la Bredde, avocat, fils de Jean de Saint-Angel, écuyer, sieur de la Vorie, conseiller au parlement de Bordeaux et de Jeanne de Valbrune, (Nobil. de Guyenne, I, 382).

3. Florence. Elle est nommée au testament de son père et est légataire de son aïeul pour 1,000 livres tournois. On peut l'identifier avec Florence de La Croix unie avant 1596 à Pierre Pastoureau, probablement fils de Thibault Pastoureau, sieur de la Grange, et de Marguerite de La Brousse, (Bull. Soc. archéol. du Périgord, XV, 259). Florence testa devant Lenoble, not., le 26 octobre 1607, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations).

V. — Pierre de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire de Longue-Rouchette.

Par contrat filiatif du 24 janvier 1604, reçu à la Chébaudie, paroisse de Palluau, en Angoumois, par Chabaud, not., et insinué à Périgueux le 5 mai suivant, Pierre de La Croix épousa Madeleine de Morel fille de noble Théophile de Morel, sgr de la Chébaudie et de Marie Régnault (4), (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations.) Il testa devant Defrance, not. roy., le 8, aliàs 28, septembre 1640, (Ms. Baurein, et Maintenue de 1698). Je ne lui connais comme enfant que le suivant :

VI. — Pierre de La Croix, écuyer, sieur de Boistel du vivant de son père, puis du Repaire et d'Eygounias.

Bosroyon, not., reçut le 13 août 1645 son contrat de mariage avec Anne Roux, damoiselle (Maintenue de 1698), fille de Gabriel Roux, écuyer, sieur des Combes, et de Jeanne de Talleyrand, (Nouveau d'Hozier, 294, f. 101). Assigné à Périgueux, lors de la Recherche de 1666-71 des usurpateurs de noblesse, il obtint un jugement de maintenue avec son fils Gabriel. (Voir plus loin).

Pierre de La Croix mourut au commencement de janvier 1667, le 12 de ce mois sa veuve fit procéder à l'inventaire de sa fortune, (Original aux Arch. de la Valouie) ; elle fut enterrée à Mareuil le 12 août 1684, (Reg. par. de Mareuil), laissant :

1. Gabriel, qui continue.

2. Autre Gabriel, auteur de la branche de Besne.

3. Claire, mariée par contrat du 28 février 1685, retenu Farges not., à Hélie Montet, sieur de Lambertie, (Minutes de Farges, not. à Gouts). Elle alla demeurer à Saint-Paul-Laroche.

4. Suzanne. Elle habitait Corgnac le 24 juin 1697, date d'une transaction avec son frère Gabriel l'aîné, (Minutes de Farges).

VII. — Gabriel de La Croix, écuyer, Seigneur du Repaire et d'Eygounias. Il demeurait à Bouilhaguet en 1697 ; (voir ce nom dans la liste des seigneuries).

Il épousa (bien jeune à en juger par le contrat de mariage de son père, qui put, il est vrai, le passer post nuptias, de même que lui, ante nuptias), par contrat reçu Joly not. le 7 novembre 1661, Marie de Pindray, demoiselle des Granges (5). Le contrat fut insinué à Périgueux le 8 janvier 1662, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations).

Il produisit, lors de la première Réformation, avec son père devant Montozon, subdélégué de l'Intendant à Périgueux, les 28 décembre 1666 et 1er janvier 1667. Il en obtint décharge (Jouan). Il fut également maintenu dans sa noblesse le 10 mai 1704, lors de la seconde Réformation, (Arch. dép. de la Gironde, Cour des Aides, liasse : Noblesse).

Marie de Pindray testa le 27 novembre 1687. Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. François, nommé au contrat de mariage de son frère et de sa sœur; c'est probablement celui qui, lieutenant d'une compagnie d'invalides, mourut à 38 ans le 13 juillet 1723 et fut inhumé à Dournazac.

3. Philibert, écuyer, sieur de Fayolles, et Vitrat, nommé dans les mêmes contrats. Il naquit vers 1685, étant dit âgé de 60 ans dans son acte de décès survenu le 30 mars 1745 à Vitrat (6). Il avait épousé dans l'église de Dournazac, le 17 janvier 1711, Marie de Laumonerie ou de La Monerie, du village de Lastérie; elle décéda âgée de 50 ans le 25 septembre 1748, ayant eu :

A. Jean, écuyer, sieur de Vitrat et Fayolles, né le 24 juin 1714 et mort noyé le 8 janvier 1761. Il avait épousé à Marval le 10 juin 1748 Anne-Madeleine-Françoise de Châteauneuf, fille des feus Emmanuel de Châteauneuf, écuyer, sgr du Chalard, et Aimée de David de Lastours. Madeleine de Châteauneuf décéda à Vitrat le 26 juin 1771, ayant eu :

a. Jean-Louis, né le 20 décembre 1750, vivant encore en 1786.

b. Emmanuel, baptisé le 6 décembre 1751.

c. et d. Marie et autre Marie, décédées en bas-âge.

e. Madeleine, née en décembre 1754.

f. Charles, né le 21 octobre 1757.

g. François, né le 19 avril 1759.

h. Marguerite, née posthume en avril 1761.

B. Pierre, né le 11 mai 1718.

C. Marie, née le 20 juin 1723.

4. Isabeau. Son mariage fut célébré en l'église de Gouts, le 2 août 1700, avec Jean de Monsalar, sieur de la Foucaudie, fils de François de Monsalar et de Françoise Faydi, (Reg. par. de Gouts).

5. et 6. Deux autres filles, citées, mais non prénommées, dans le contrat de mariage de leur frère Pierre. L'une d'elles pourrait très bien être Suzanne de La Croix, dame de La Brousse, qui fut, en 1718, marraine d'une fille de Pierre qui suit.

VIII. — Pierre de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire et de Bouilhaguet, capitaine au régiment de Ruffec.

Il épousa Catherine Faucher, demoiselle du Mazat, fille de feu François Faucher, écuyer, seigneur de Versac, et de Clauzurou, et de Jeanne Régnault (7). Le contrat fut passé au château de Clauzurou, paroisse de Champagne, par Farges, not., le 29 janvier 1706 ; la dot était de 7.200 livres, (Arch. dép. de la Gironde, Cour des Aides, liasse : Noblesse.) Le mariage religieux fut bénit à Gouts le 6 février suivant.

Pierre de La Croix mourut avant 1737 ayant été père de :

1. Pierre, qui suit.

2. Jean-Marius, né en septembre 1708 (8).

3. Jean-François, né et mort en 1712.

4. Louis, baptisé le 21 septembre 1713.

5. Jean, écuyer, sieur de Bouilhaguet, décédé à Gouts le 5 septembre 1760, âgé de 48 ans dit par erreur l'acte de décès : il peut être le même que Jean-Marius ci-dessus.

6. Claire-Thérèse, née le 1er juin 1714.

7. Gabriel, écuyer, co-seigneur du Repaire. Il naquit le 1er août 1715. Il habita quelques années Angoulême avec sa femme Marie-Anne de La Coufrette, (Arch. dép. de la Charente, E, minutes de 1763 de Jehan not. à Angoulême.) Je n'ai pu avoir sur lui d'autres détails; l'ancien Etat-civil d'Angoulême ne donne rien.

8. Jean, baptisé le 8 février 1717, religieux de l'ordre de Saint-François (Cordeliers).

9. Suzanne, tenue sur les fonts baptismaux le 6 avril 1718 par Philibert de La Croix de Fayolles, et Suzanne de La Croix, dame de Labrousse.

10. Marie, baptisée le 9 avril 1720.

11. Autre Marie, née en 1721.

12. Barbe, née le 1er juillet 1723. Une des filles fut religieuse à Fontaines.

IX. — Pierre-Jean de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire, de Bouilhaguet, d’Eygonias.

Par contrat du 30 décembre 1737, retenu par Pichon aîné not. roy. à Mareuil, il épousa Marie de Beaupoil de Saint-Aulaire, fille d’Etienne de Beaupoil, chevalier, sgr de Farges, et de Jeanne de Labrousse (9), (Cour des Aides, ut suprà).

M. du Repaire mourut avant 1752. Enfants :

1. Gabriel, qui suit.

2. Etienne, né en 1739 et mort en 1752, (Reg. par. de Gouts).

3. Marie-Madeleine, née le 17 mai 1741. Elle se maria avec Nicolas Roux, chevalier, seigneur de Romain, fils de Nicolas Roux, chevalier, sgr de Vigneras, et de feue Marie de Campniac, demeurant à Pombeau, à Saint-Front-la-Rivière. Le contrat fut signé en présence de Pindray, not. roy., le 4 août 1762 « au repaire noble de Devoux autrement Bouillaguet » (Carrés de d'Horier, 556, f. 178); le mariage religieux eut lieu à Gouts le 6 septembre suivant.

4. Jeanne, née le 31 mars 1743.

5. Barbe, née le 12 février 1746. Elle, ou sa tante Barbe de La Croix, fut religieuse hospitalière à l'Hôpital Saint-Louis, à Angoulême.

6. Peut-être Madeleine de La Croix du Repaire, mariée religieusement à Fontaines, le 16 juin 1770, avec messire Alexandre de La Faye, seigneur du Repaire, de la paroisse de Bourdeille, (Reg. par. de Fontaines).

X. — Gabriel de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire de Bouilhaguet, etc.

Né le 29 septembre 1744, il fut baptisé le 8 octobre suivant. Dans le contrat de mariage de sa sœur il est dit lieutenant au régiment de Chartres. Il aurait été chevalier de Saint-Louis.

Il épousa par contrat de mariage du 5 octobre 1766, Anne-Marie de Villoutreys, fille de Jean-Alexandre de Villoutreys, chevalier, seigneur de la Meynardie, Ste-Marie-de-Frugie, et de Blaise de Ribeyreix (Arch. dép. de la Gironde, B, 1596); Anne-Marie mourut avant 1780, (Ms. Baurein).

M. du Repaire vota en personne en 1789 à Périgueux pour les Etats-Généraux.

Il figure à bon droit sur la liste des émigrés de la Dordogne, car il partit d'abord pour l'étranger; mais il revint en France et prit du service dans les armées vendéennes et fut membre du conseil supérieur de l'armée royale. « M. de La Croix, dit la marquise de La Rochejaquelein dans ses Mémoires, d'abord émigré, était très brave et très bon homme, plein de zèle, sans nulle ambition. » Fait prisonnier, il dissimula son vrai nom sous celui de Nicolas Barlet, mais il fut dénoncé comme officier par des volontaires de son armée, qui espéraient obtenir leur grâce par cette lâcheté et n'en furent pas moins fusillés. Il fut condamné le 21 décembre 1793 et exécuté à Nantes, où son jugement le nomme « Lacroix Durepaire, Gabriel, né en Dordogne, ci-devant émigré et militaire. » (Mémoires..... La Rochejaquelein et La Justice révolutionnaire à Nantes, Lallié).

1. Marie, née le 17 sept. 1771, (Reg. par. de Gouts.)

2. Autre Marie, née le 2 décembre 1772, (Id.)

3. Anne-Marie, née le 2 février 1774. Avec sa sœur Anne elle fut reçue chanoinesse de Saint-Antoine-de-Viennois (Ordre de Malte), sur preuves de seize quartiers de noblesse, (Annuaire de la Noblesse, 1869, p. 371).

4. Marie-Madeleine, née le 15 août 1775.

5. Anne, née le 11 mars 1777.

Ainsi finit la branche aînée des la Croix du Périgord. M. du Repaire, figurant sur la liste des émigrés, ses biens furent vendus nationalement, ses papiers brûlés; Bouilhaguet, où il habitait, passa en diverses mains et est, de nos jours, à M. Térère. Malgré d'actives recherches mon ami X. de Monteil et moi nous n'avons pu découvrir ce que sont devenues la dernière dame du Repaire et ses cinq filles.

Notes :

(1) Ces Martin étaient de la même famille que les Martin, sgrs de la Faurie, près de la Tour-Blanche, branche des Martin de Châteauroy, qui portaient : d'ailer à deux fasces d'or.

(2) La maintenue de 1698 dit par erreur : 1550.

(3) Pierre Mercier, riche marchand, n'est qualifié dans cet acte que d'honorable homme : ce n'est qu'après sa mort, dans le partage de 1573, qu'on le décore des titres d'écuyer et de seigneur de Léguilhac. Ses fils Jean et François Mercier, frères de Claire, qualifiés d'écuyers et de seigneurs des Combes et de Lavergne, laissèrent une partie de leur fortune à leurs neveux de La Croix. Les fortunes territoriales des familles de Fayard et de Maillard, viennent en partie d'alliances contractées vers les mêmes époques avec ces Mercier.

(4) Les Morel, en Angoumois, Saintonge et Périgord portaient : d'argent, à une aigle de sable en bande, écartelé d'or à fleurs de lys de sable (Dossiers bleus). La filiation remonte à Ithier de Morel vivant en 1365. J’espère donner, dans la suite, un essai généalogique sur Cette famille qui posséda des fiefs le long de la Lizonne et de la Dronne, et que l'on dit encore représentée en Belgique.

(5) Je n'ai pu trouver la filiation de Marie de Pindray qui devait appartenir, vu le voisinage, aux Pindray, seigneurs d'Ambelle, Maraffy, etc., portant : D'argent au sautoir de gueules.

(6). Ce qui concerne Philibert et sa descendance est donné d'après le Nobiliaire du Limousin, par Nadaud, III, 19 et 413.

(7) La famille Faucher, dont le trop célèbre Magny a donné une généalogie inexacte dans son Livre d'Or, a pour auteur un avocat du Roi au présidial de Périgueux, dont le fils, Isaac, fut anobli par lettres patentes d'octobre 1594 et de juillet 1595, (Arch. dép. de la Gironde, C. 3803). Les armes de cette famille sont : d'airer à un faucheux (sauterelle) d'or.

(8) Cette date de naissance et les suivantes Proviennent des registres paroissiaux de Gouts.

(9) Cette branche des Beaupoil, très peu connue, descend des seigneurs de Théliac, issus eux-mêmes de la branche de Brie. Elle vint en Périgord à la suite de diverses alliances; Farges, paroisse de Vanxains lui arriva par un mariage avec les Joumard, en 1676, et en sortit par un autre avec les Ribeyreix en 1750. Elle était encore représentée dans la Double à la fin du siècle dernier. Armes : De gueules à 3 coufles de chiens d'argent, liés d'azur.

Source : Généalogies Périgourdines, de Aymar de Saint-Saud.

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La famille de Guy Tachard

Guy Tachard est le premier enfant de Léonard Tachard et Françoise Clergeon, que Léonard a épousée en secondes noces en 1647. Le couple est installé à Marthon même, modeste bourgade de cent vingt feux et six cents habitants. La baronnie dans son ensemble comprend plusieurs autres paroisses dans un périmètre d'une dizaine de lieues. Elle est attachée depuis ses origines à la prestigieuse famille des La Rochefoucauld, et c'est sans doute ce qu'elle a de plus remarquable. Dans ce contexte paisible et banal, Léonard Tachard, maître apothicaire, appartient de par son métier à la bourgeoisie locale. Celle- ci doit à la sénéchaussée une certaine consistance. Ici s'arrêtent déjà les certitudes. Nous ne connaissons guère en effet les activités de Léonard Tachard en dehors de son officine. Père de huit enfants dont des jumeaux, il a dû face à d'importantes responsabilités familiales. Il est probable néanmoins que nombre de ses enfants moururent en bas âge. Nous n'avons trace après leur baptême que de Guy et de sa sœur Paule. Léonard Tachard n'a pas exercé de rôle public comme en témoigne le silence des archives. Cependant le jeu des alliances laisse à penser qu'il jouissait d'une position sociale tout à fait honorable. Il avait épousé en premières noces, en 1646, Françoise Delagarde, sans doute apparentée à la grande famille locale des Delagarde, sénéchaux de père en fils avec Jean et Guy, et détenteurs immuables de la cure avec Elie, curé de Marthon de 1638 à 1684. Le second mariage de Léonard est également intéressant, puisque Françoise Clergeon pourrait être la fille de Guy Clergeon, maître apothicaire lui aussi. Léonard Tachard se serait donc contenté de prendre la succession de son beau-père. Il reprend le prénom de ce dernier — suivant une pratique courante — pour baptiser son premier fils. Ces hypothèses ancrent assez solidement Guy Tachard dans le terroir de Marthon, aux confins de l'Angoumois et du Périgord. La seule fille de Léonard Tachard que nous pouvons suivre jusqu'à son mariage confirme cette impression. Paule Tachard, quatrième enfant de la famille, se marie très honorablement à Nicolas Mesnard, avocat à Marthon. Elle y demeure jusqu'à sa mort à l'âge de cinquante-sept ans, en 1710.

Source : Un Jésuite à la Cour de Siam, de Raphaël Vongsuravatana.

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26 mai 2016

Thomas de Mahon

Le canonnier Thomas de Mahon (1756)
Première édition : 1913 - Auteur : Albert Dujarric-Descombes

Vers la fin du mois de juillet de l'année 1756, il était affiché, dans les églises de toutes les paroisses du Périgord, un placard, aux armes épiscopales, portant mandement par Mgr Jean-Chrétien Macheco de Prémeaux au clergé diocésain de chanter « le Te Deum en actions de grâces de la conquête de l'île de Minorque ».

Ce mandement, sorti des presses de Dalvy, portait en tête le texte de la lettre suivante du Roi :

« Monsieur l'évêque de Périgueux, Après avoir trop long-temps et vainement attendu la satisfaction que je m'étois promise de l'équité du Roi d'Angleterre, en réparation des excès que sa Marine a commis contre mes vaisseaux et ceux de mes sujets, au grand scandale de, toute l'Europe, je me suis trouvé forcé de recourir à la voie des armes pour venger l'honneur de ma Couronne et protéger le commerce de mes Etats. C'est par de si justes motifs que j'ai fait passer au mois d'avril dernier un corps de mes troupes dans l'isle Minorque, sous le commandement de mon cousin le maréchal de Richelieu, avec une escadre commandée par le marquis de La Galissonnière, lieutenant général de mes armées navales, pour chasser les Anglois d'un port dont ils s'étoient emparés par cet esprit de domination générale qu'ils voudroient étendre dans les deux Mondes. A la suite des travaux pénibles et dangereux d'un long siège, pendant lequel l'escadre anglaise, qui s'étoit avancée pour secourir Minorque, a été repoussée; par la mienne. Le maréchal de Richelieu, après une disposition aussi hardiment méritée que l'exécution en devoit être rapide, a donné enfin l'effort à la valeur françoise et lorsque les ennemis se fioient sur la force de leurs remparts, mes troupes ont emporté d'assaut, la nuit du 27 ou 28 du mois dernier, les ouvrages extérieurs des forts de Mahon; la terreur a fait le reste. La garnison a été contrainte de capituler, et de se retirer à Gibraltar, abandonnant plus de 200 pièces de canon et 80 mortiers. Le succès d'une entreprise si importante, où mes troupes ont eu à surmonter tous les obstacles que l'art secondé de la nature peut mettre en usage pour la défense d'une place, ne doit être attribué qu'à la faveur que le Dieu des Armées veut bien accorder à la justice de ma cause. C'est pour lui rendre un hommage public de ma reconnoissance, et pour le supplier de me continuer sa divine protection, que je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum dans l'église cathédrale et autres de votre diocèse et que vous aiez à. convier à cette cérémonie ceux qui ont accoutumé d'y assister. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur l'Evêque de Périgueux, en sa sainte garde. Ecrit à Compiègne, le 15e juillet 1756 ».

Semblable lettre était adressée en même temps au comte d'Hérouville, commandant en Guyenne, pour lui annoncer le succès de Minorque, le prier d'assister et de faire assister au Te Deum les officiers « tant de justice que de ville » et de « faire faire des feux de joye et tirer le canon. pour marques de réjouissances publiques ».

La conquête de Minorque excita l'enthousiasme de la France entière. La prise de Port-Mahon, qui forma sur mer le pendant de Fontenoy, fut, comme on l'a dit, la seule victoire demeurée populaire des guerres maritimes du temps de Louis XV.

Le nom de Mahon n'est pas seulement resté à une préparation culinaire la mayonnaise (1). Le courage, que durant les six semaines qui précédèrent la reddition dé la place, déploya un canonnier périgourdin, appelé Thomas, et l'habileté avec laquelle celui-ci préserva de la mort le duc de Richelieu, qui déploya dans cette expédition les qualités d'un chef d'armée, valurent à ce soldat, dont je veux essayer de faire revivre ici la mémoire, avec le grade d'officier, l'insigne honneur de pouvoir ajouter à son nom.celui de Mahon.

Verneilh-Puyraseau, qui avait connu ce compatriote, a, le premier, révélé l'origine et l'exploit de Thomas, dans un de ses ouvrages d'histoire (2).

« Pendant le siège de Port-Mahon, dit-il, Richelieu s'étant approché d'un des forts, avait été couché en joue et manqué par une sentinelle anglaise. Un canonnier périgourdin (de Bussière-Badil) visa à son tour la sentinelle et la renversa du premier coup. Thomas, c'est le nom du canonnier, resta trois jours attaché à sa pièce, sans vouloir qu'on le remplaçât. Le maréchal voulut connaître ce brave. Thomas vient se jeter à ses pieds et s'avoue déserteur d'un des régiments débarqués à Minorque. Richelieu lui pardonne et le fait officier. J'ai vu dans le temps ce vieux militaire, alors chevalier de St-Louis. Il avait obtenu, comme titre de gloire, d'ajouter à son nom celui de Mahon, que sa famille a conservé ».

Au commencement du XVlIIe siècle, une famille de cultivateurs du nom de Thomas était établie, à 1800 mètres du bourg de Bussiêre-Badil, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Nontron, au Trieux, sur la rive droite du ruisseau dont ce village porte le nom. On pourrait supposer que notre canonnier y est né.

M. l'abbé Liffort, curé-doyen de Bussière, que je remercie de ses recherches, m'a bien communiqué l'acte de baptême d'un Thomas, né au Trieux, dans le mois de mars 1729, des époux, Pierre Thomas et Anne Barbé. Mais cet acte ne saurait, ce me semble, concerner le héros de Mahon, qui, dans tous les contrats que mon collègue M. Roger Drouault a bien voulu relever à mon intention dans les répertoires notariaux du temps, est désigné avec le prénom de Bertrand. Dans une transaction devant Me Grolhier, du 1er décembre 1762, son père, alors décédé, figure sous le prénom de Jean, et non sous celui de Pierre. Enfin, dans son acte de décès, en 1784, il est déclaré âgé d'environ 50 ans; sa naissance ne remonterait pas ainsi aussi haut.

Bertrand Thomas avait un frère et une sœur : Elie, qui exerça la profession de taillandier au village de Montaman, paroisse de Javerlhac, et Jeanne, mariée à Pierre Charlart, tailleur. De bonne heure, l'armée l'attira. Il déserta le régiment de Nice, pour suivre le corps de troupes envoyé en Espagne. A Port-Mahon, il fut affecté au service d'une batterie. Il y occupait cet emploi, lorsque son régiment arriva avec l'escadre de la Galissonnière. De peur d'être reconnu par ses anciens compagnons d'armes, il ne voulut pas être relevé de son service de canonnier. C'est à ce moment du siège que le maréchal de Richelieu, dans une de ses visites quotidiennes aux postes avancés, le rencontra, et qu'eut lieu l'aventure, qui l'a rendu célèbre. Voici de quelle manière elle est racontée dans les Mémoires du duc de Richelieu (3).

« Une sentinelle d'un des forts s'amusait à tirer sur lui, et ce jour-là il entend siffler la balle plus près de ses oreilles, il s'approche d'un canonnier et lui demande s'il ne peut pas le défaire de ce faquin-là; qui peut être plus adroit une autre fois. Ce canonnier servait depuis trois jours sa batterie sans avoir voulu être relevé. Il se nommait Thomas, était déserteur du régiment de Nice. Son régiment venait d'arriver à Mahon, et, sachant qu'il aurait la tête cassée s'il était reconnu, il avait voulu prévenir son sort en se faisant tuer mais le destin en avait autrement décidé. Lui seul avait échappé au feu meurtrier des ennemis. Il était fort adroit, fort actif, et jamais batterie n'avait été mieux servie, quoique la plus exposée. Cet homme, noirci par la poudre, couvert de sueur et de poussière, défait et privé de nourriture depuis deux jours, se traîne vers son général et lui promet que s'il manque le soldat ennemi du premier coup de canon, il n'échappera pas au second. »

« Effectivement, il saisit le moment où ce soldat était le plus à découvert; le coup part, et l'on voit son chapeau sauter en l'air. Le maréchal, charmé dé son adresse, voulut lui demander pourquoi il le voyait trois jours de suite mais le malheureux Thomas, épuisé de fatigue et de faim, était déjà tombé sans connaissance auprès du canon qu'il avait si bien servi. »

« Le maréchal apprit alors qu'il n'avait pas voulu être relevé. Il le fit conduire à l'hôpital et chargea un officier de lui rendre compte du motif qui avait pu déterminer ce canonnier à se conduire ainsi. Thomas garde le silence et ne veut parler qu'à son général. Après être rétabli, il obtient la permission de se présenter chez lui. Thomas tombe à ses pieds, lui avoue sa faute, convient qu'il mérite la mort et qu'il a voulu la rendre utile à sa patrie en ne quittant point la batterie où tous ses camarades ont été tués. Il le supplie de lui éviter le supplice en lui donnant le poste le plus dangereux, qu'il promet de garder jusqu'à ce qu'il perde la vie en brave soldat, content de mourir s'il épargne celle d'un de ses camarades. Le maréchal, touché du repentir d'un si brave homme, l'assure qu'il peut tranquillement reprendre son service. Il se fit rendre ensuite un compte exact de sa conduite. Tous les témoignages étant en faveur du canonnier, Richelieu, quelques jours après, vint visiter la même batterie, qu'il continuait de servir avec une adresse et une intrépidité incroyables. Alors, s'avançant vers lui, il lui présenta un brevet de sous-lieutenant, en lui disant  :« Prenez, mon ami; c'est la récompense du mérite. »

« Cet homme, aussi brave officier qu'il avait été soldat, fut fait ensuite capitaine. Chaque endroit de son corps était marqué par une blessure. En 1777, il vint à Versailles demander une pension. Il avait trente-huit ans de services tant comme soldat que comme officier. On fut surpris de ce qu'il ne sollicitait pas la croix de Saint-Louis, et ce brave homme parût étonné de la mériter. Le maréchal de Richelieu, qui connaissait mieux qu'un autre le prix de ses services, obtint pour lui cette récompense militaire et reçut Chevalier ce brave Thomas, qui doutait encore qu'il fût digne de cette grâce ».

Thomas eut la satisfaction d'assister à la capitulation de Port-Mahon, plus heureux que son compatriote, le fils du seigneur de Saint-André-de-Double, Jean-Baptiste de Chabans, ancien page de la duchesse du Maine, qui avait été employé en qualité de lieutenant d'artillerie au siège du fort Saint-Philippe blessé de trois coups de feu, cet officier en mourut vingt-quatre heures après.

De retour au pays natal, Thomas songea à fonder une famille. Il se maria une première fois, à Nontron. En secondes noces, Il épousa Jeanne Lhote, veuve d'Henry Chaseau, de la même ville, fille de Thomas Lhote et de Marie Verneuil, bourgeois de Bussière-Badil (4).

Le duc de Richelieu, pair de France, avait été nommé gouverneur, lieutenant général du Roi en la province de Guyenne avant l'expédition de Minorque. Il ne fit son entrée à Bordeaux que deux ans plus tard. On a conservé le récit de la magnifique réception qui lui fut faite, ainsi que le détail des ouvrages de-peinture, trophées avec inscriptions, dressés à ce moment pour faire allusion à la conquête de l'ile espagnole. Durant son commandement, il ne cessa d'entretenir les meilleures relations avec la ville de Périgueux, dont la municipalité lui fit apprécier plus d'une fois les patés de perdrix alors si renommés.
 
Dans sa haute situation; le maréchal ne perdit jamais de vue l'humble canonnier qui lui avait sauvé la vie. Soit à Paris, soit à Bordeaux, il fit toujours à celui-ci un cordial accueil, jusqu'à l'inviter à souper.

Fleury, de la Comédie-Française, raconte daus ses mémoires, qu'il était reçu chez le duc en, même temps que des auteurs, des peintres et des hommes d'esprit, des généraux, des diplomates et des courtisans.

« J'y rencontrai, dans un souper, dit cet acteur, un officier de fortune nommé tout simplement M. Thomas, le brave Thomas, portant dignement la croix de Saint-Louis sur trente-huit blessures toutes reçues au service du Roi ».

Il résulte d'une note de M. Joseph Durieux (5) que la carrière militaire de Thomas se résumerait ainsi : quinze campagnes, quatre sièges, trois batailles, quatre expéditions, cinq blessures. On comprend que de pareils états de service méritassent une récompense.

En 1760, le maréchal lui fit accorder des postes en rapport avec ses aptitudes militaires. Il le nomma d'abord garde d'artillerie et lui confia le commandement d'une compagnie de canonniers invalides, détachée en Guyenne, au Chàteau-Trompette, paroisse Saint Rémy, à Bordeaux, et le préposa à la garde des magasins d'artillerie au fort Médoc, paroisse de Cussac. En 1774, on trouve Thomas, lieutenant de canonniers invalides à Bayonne et, quatre, ans plus tard, il était capitaine en second de canonniers invalides dans la même citadelle.

C'est en cette dernière qualité qu'il reçut, le 9 mai 1778, la croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, sous les auspices de son protecteur, qui lui donna une nouvelle et flatteuse marque de son estime, en acceptant d'être le parrain de son fils (6). Il lui obtint, en outre, l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Mahon (7).

De son mariage avec Jeanne Lhote, Thomas eut trois fils l'aîné, Lazare (30 janvier 1758) qui dut mourir jeune; Louis-François-Armand, le filleul du duc de Richelieu, et Pierre Bertrand (8 décembre 1762), tous nés au bourg de Bussière-Badil, diocèse de Limoges, élection de Périgueux, généralité de Bordeaux.

Durant son premier mariage, il avait habité la ville de Nontron dans les premières années du second, il demeura à Bussière-Badil, jusqu'au jour où il se décida à se fixer dans un petit, domaine que, suivant acte passé devant Me Grolhier, notaire à Nontron, le 19 janvier 1771, il avait acquis du sieur Félix Thibaud, dans la paroisse du Bourdeix, au village de Rapy. Le logis principal, couvert en tuiles plates, se compose d'un rez de-chaussée à deux chambres donnant sur un jardin en terrasse et d'un premier étage; il est entouré de murs formant une cour, dans laquelle on pénètre par un grand portail; en face, se dresse un corps de bâtiments à l'usage d'un colon. Cette habitation appartient aujourd'hui à M. Teyssendier de Lasserve, gendre de l'historien regretté du Nontronnais, Ribault de Laugardière. C'était, d'après ce dernier, une petite maison forte qui, suivant la tradition, aurait été habitée autrefois par les religieux d'un prieuré voisin ils s'y trouvaient en súreté au sommet d'une colline escarpée de trois côtés et dominant la gorge étroite, qui conduit au petit vallon de la Doue.

Ce fut dans cette solitude que Thomas de Mahon devait finir ses jours, entouré de sa femme, et de ses jeunes fils, mais non sans avoir été en butte à de regrettables tracasseries. Il avait été dégrevé de ses impôts, comme officier en activité de service. Une plainte fut portée au sujet de ce dégrèvement par des habitants du Bourdeix, prétendant qu'il n'acconiplissait plus de service actif en résidant dans la paroisse. L'auteur de cette cabale était le syndic fabricien, Jean Dessalis, régisseur de la terre de Jean-Charles de Lavie, seigneur marquis du Bourdeix, baron de Nontron, premier président en la première Chambre des enquêtes du Parlement de Bordeaux. Le subdélégué de Nontron Jean de Labrousse du Bosfrand vint au secours de l'ancien officier. Il remontra que ce dernier, « homme distingué par les grades militaires qu'il doit à ses services », avait pour voisin le sieur Dessalis, « qui voudroit lui faire quilter la paroisse et qui a jeté un dévolu sur le peu de bien qu'il possède et qui peut former un objet de 4.000 à 4.500 livres »; et qu' « il n'est point de procès qu'il ne lui suscite » que, pour y réussir, il s'est mis « sous la sauvegarde du seigneur ». Sur les vingt habitants, dont il avait, de concert avec le fermier du marquis du Bourdeix, produit la plainte, dix étaient métayers de celui-ci, un son procureur d'office, un autre métayer du juge de la terre, sans compter les autres « qui n'ont rien à perdre » et qu'on a sollicités pour grossir le nombre des plaignants. L'arrêt de la Cour des Aides de Bordeaux, déclarant le propriétaire de Rapy exempt de taille, dut être maintenu (8).

On voit figurer le nom de Bertrand Thomas dans de nombreux actes, conservés dans les minutiers des notaires de Nontron et des environs. Ils témoignent du soin qu'il apportait au réglement de ses affaires particulières. Il jouit d'une situation assez en vue pour qu'à maintes reprises ses concitoyens le choisissent pour les représenter dans divers procès.

Sa santé devait se ressentir des blessures reçues et des fatigues longtemps endurées à la guerre. Il s'éteignit prématurément dans sa retraite rurale, comme l'indique son acte de décès relevé dans les registres paroissiaux du Bourdeix :

« Le 19 mars 1784, est décédé Bertrand Thomas, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, capitaine, de canoniers, âgé d'environ, de 50 ans, vivant mari de dame Jeanne Lhote, du village de Rapy, présente paroisse du Bourdeix lequel a été enterré aujourd'hui 20 des susdits mois et an, én présence de sieur Jean Lhote, négotian, sieur Pierre Chazeau et autres qui ont signé ».

Parmi les signatures de cet acte, on remarque celles de Jalaigniac, prêtre, de Tamaignon, curé d'Etouars, et de Gaultier, curé de l'église St-Pierre et St-Paul du Bourdeix.

Jeanne Lhote resta curatrice de ses deux enfants survivants. En 1787, elle obtint « en considération de la distinction des services de son mari », une pension sur le Trésor royal.

« Sa Majesté, voulant donner à la demoiselle Jeanne Lhote une marque du souvenir qu'Elle conserve des services distingués du feu sieur Bertrand Thomas de Mahon, son mari, accordait la grâce d'une pension montant annuellement à 300 livres ».

Notification de celle faveur de Louis XVI lui fut faite par le maréchal de Ségur, ministre de la Guerre. Les registres d'état-civil du Bourdeix nous apprennent qu'elle mourut au village de Rapy, à l'âge de 84 ans, le 8 avril 1808.

L'aîné de ses deux fils fut le seul qui lui survécut, le plus une, Pierre-Bertrand, ayant été massacré, en 1793, à Port-au-Prince, par les nègres révoltés de Saint Domingue.

Louis-François-Armand Thomas de Mahon fut destiné à la carrière militaire, à laquelle le nom qu'il portait devait son illustration. Elève aux Gardes françaises, le filleul du maréchal de Richelieu devint fusilier au même régiment, dans la compagnie de Maleyssie (1775); puis passa au régiment de Metz artillerie. Pendant quatre ans, il fit, avec l'escadre de Vaudreuil, campagne en Amérique, à Tabago, Saint-Eustache, La Désirade, et fut atteint de deux coups de feu aux genoux et à la hanche gauche, au combat du 12 avril 1782, à bord du Triomphant. De 1789 à 1792, il figure dans la garde soldée de Paris, comme capitaine d'artillerie. Lieutenant au bataillon supplémentaire des chasseurs de montagnes, il resta, jusqu'en 1811, en Espagne, sous les ordres des généraux Avril et Thouvenot. Ou le trouve, en 1813, à Rochefort, capitaine de la garde nationale. Le 5 avril 1814, au pont retranché de Melun, il fut blessé d'une balle au bras droit; en juillet, le duc d'Angoulême lui accorde la place de commandant d'armes à Ia citadelle de Blaye, fonction qu'il ne put remplir, les réglements exigeant le grade de chef de bataillon. Il fut nommé conseiller du Roi, rapporteur du point d'honneur au tribunal des maréchaux de France. Il sollicita, en 1816, une compagnie de vétérans ou une pension de retraite. On croit qu'après 1830, il obtint un commissariat de police. On ignore sa fin. Il aurait été marié avec une demoiselle Marguerite Laduire.

Le dernier des Thomas de Mahon a laissé une assez triste réputation dans son pays où il revint souvent, et vendit les biens qu'il tenait de sa famille. C'était un insubordonné, un exalté, un batailleur. Les archives de la police correctionnelle conservent le souvenir de quelques-uns de ses méfaits. On informa contre lui, en 1786, pour avoir tiré un coup de fusil à un de ses voisins de Rapy, le sieur Jean Vignaud, qu'il accusait de lui voler du verjus. Pendant un séjour à Fixart, commune de St-Estèphe, vers 1840, il eut dispute avec les lessiveuses de ce village, qui l'assommèrent presque à coups de battoir. On alla quérir le docteur Agard-Laroche, au village des Forges, commune d'Etouars. On raconte que certaines femmes allèrent au-devant du médecin pour le prier de ne point guérir le malade que tout le monde détestait. Il est superflu d'ajouter ici certaines médisances au sujet de sa conduite privée. On suppose qu'il mourut à Fixart, laissant des filles de sa femme légitime et un fils bâtard.

Tels sont les souvenirs qu'il m'a été donné de rassembler sur le canonnier Thomas de Mahon. Rien n'est resté de lui dans son pays natal. Un tableau peint, représentant la prise de Port-Mahon avait été relégué dans un grenier de son ancien logis de Rapy. Une métayère le trouva et le mit à la lessive pour en avoir la toile (9). M. de Laugardière, qui devint propriétaire de Rapy, a consacré à ce domaine plusieurs lignes, dans sa notice sur la commune du Bourdeix il y rapporte bien l'antique tradition concernant la modeste demeure, sur une des cheminées de laquelle on voit encore les restes d'un écusson martelé, et fait une allusion aux gentilshommes campagnards qui ont pu la construire; mais il se tait au sujet du plus célèbre des anciens possesseurs de cette demeure (10).

Un acte de restitution et de réparation me paraissait légitimement dû à la mémoire de Thomas de Mahon. Son nom mérite d'être conservé à côté de ces humbles soldats, qui, partis de la glèbe, sont parvenus à la gloire, gràce à leur valeur militaire. Je l'associerais volontiers à celui de Michel Hyot, cet autre canonnier périgourdin, enrôlé volontaire de la commune de Montagnac-d'Auberoche, qui, à la bataille d'Essling, resté seul de sa batterie avec son sergent, réussit tenir, pendant trois heures, au plus chaud de l'action, les Autrichiens à distance, et mérita, par sa rare intrépidité, de Napoléon la dotation d'une rente perpétuelle de 500 francs.

Voilà deux braves soldats qui, s'ils avaient été lettrés, fussent certainement devenus des officiers d'artillerie très distingués.

Albert Dujarric-Descombes

Notes :

1. Sauce froide, faite avec de l'huile, du vinaigre, du jaune d'oeuf et du poivre, le tout battu jusqu'à consistance de pommade.

2. Mémoires historiques sur la France et la Révolution, Paris, Dupont, 1830, page 103.

3. Edition Barrière, tome Il, page 222.

4. Née à Bussière le 30 décembre 1723, elle y avait épousé, le 5 août 1749, le sieur Chaseau, dont elle eut une fille, Léonarde Chaseau.

5. Mon obligeant et laborieux collègue Durieux a bien voulu se dessaisir en ma faveur du petit dossier qu'il avait réuni sur Thomas de Mahon et sur son fils aîné.

6. Voici le baptistaire : « Le onze du mois de may mil sept cent soixante, en l'église paroissiale de Buxière, a été baptisé Louis-François-Armand Thomas, fils de Bertrand Thomas, garde d'artillerie et commandant des batteries du Médoc, et de Jeanne Lhote, sa femme, né le même jour au présent bourg. A esté parrain : Louis-François-Armand du Plessis, et a tenu à sa place Elie Lhote, maître sellier, et sa marraine Marie Lhote. Verneuil, curé ». En marge : « A été parrain le seigneur Louis-François-Armand de Richelieu, gouverneur de Guiene ».

7. Il y avait eu un précédent en Angleterre. James Stanhope, qui avait commandé les troupes anglaises en Espagne, en 1708, s'étant emparé de l'ile Minorque, avait aussi reçu pour cet exploit le titre de lord Mahon, du nom de la forteresse conquise.

8. Sur ce procès voir les pièces déposées aux Archives de la Gironde (C. 1034 Carton), et un acte signalé par M. Drouault dans les minutes du notaire Grolhier, à la date du 7 novembre 1778.

9. Communication de M. Lathière-Lavergne, ancien notaire à Nontron, maire du Bourdeix.

10. Monographie de la ville et du canton de Nontron, Périgueux, Laporte, 1889, page 324.

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Le Comité de Bussière-Badil en 1789

Nous avons le procès-verbal de la nomination du Comité de Bussière-Badil, en Nontronnais, y compris la liste des gardes nationaux enrégimentés sous son autorité : « L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le vingt-septième du mois de septembre, à l'issue de la messe paroissiale, après avoir fait sonner la cloche, comme il est d'usage, nous Citoyens du bourg de Bussière-Badil, de tous rangs et de tous états assemblés sans distinction de préséance, au devant de la principale porte de l'église dudit lieu, en conformité de la déclaration du Roy du 14 aoust dernier, de l'arrêté de l'Assemblée nationale dudit même mois et de la proclamation de Messieurs du Conseil de la Ville de Périgueux, tous quoy nous (a) été dûement annoncé et expliqué par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, délibérant sur le tout avons cru que tous les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour procurer le bien public est l'établissement d'un comité composé de dix personnes de la communauté : d'un président et quatre conseillers pris dans la classe des bourgeois, deux dans celle des artisans, deux dans celle des laboureurs, et un secrétaire, à l'élection desquels avons procédé à la pluralité des voix, les quelles recueillies et contées se sont trouvées en faveur de Messieurs Jalaniat, curé, président ; de Fuyas, vice-président ; Bernard de Lajartre, conseiller; Thomas Bernard, salpêtrier, conseiller; Léonard Duclaud; Labruinas, tailleur; Antoine Goteron, serrurier; Grenaudie, laboureur; Fargeas, laboureur; Fargeas, de Ricasson, laboureur; Gotteron, secrétaire, aux quels nous avons donné tous les pouvoirs nécessaires pour faciliter la subsistance de la classe indigente des habitants, pour maintenir bon ordre et veiller à la sûreté publique, et en un mot faire le bien de tous, ce qu'ils ont accepté, et nous ont promis, sous la foy du serment, s'en acquitter fidèlement et avec zèle, en témoignage de quoy ils ont signé avec plusieurs des électeurs qui ont su, et les autres ayant déclaré avec ledit Antoine Gotteron, conseiller, ne savoir. » — (Aux signatures des conseillers, s'ajoutent celles des officiers de la garde nationale : Lhote, chevalier de Saint-Louis, commandant de la milice ; Maffrand, capitaine ; Saint-Sauveur ; de Leinard, capitaine de la milice ; Lajamme de Belleville, puis les soldats et d'autres citoyens.)

Source : Études historiques sur la révolution en Périgord, de Georges Bussière.

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25 mai 2016

Les dégats de l'hiver de 1709

Dans les minutes de Grolhier, notaire à Nontron, a été trouvé un procès-verbal rédigé le 21 mai 1709 à la requête des habitants, pour dresser l'état des désastres causés par le fameux hiver de 1709 et obtenir par suite un dégrèvement d'impôts.

Le notaire accompagné du juge, du procureur d'office, du syndic de la communauté et d'un certain nombre de notables, se transporte autour de Nontron et constate que les grains semés avant l'hiver ont tous péri ; que les vignes sont mortcs, sauf quelques-unes qui ont poussé par le pied et qui lne produiront aucuns fruits ; que les noyers sont tous desséchés et qu'il en est de même pour presque tous les châtaigiers, cerisiers, pommiers, poiriers et pruniers.

« En la ville de Nontron et estude du notaire royal soussigné, pardevant icelui et présens les tesmoins bas nommés, ce jourd'hui 21e du mois de may 1709, avant midy, ont esté présents en leurs personnes Mr. Me Isaac Delabrousse, sr du Boffrand, advocat en parlement et juge de la dite ville, Guilhien Chaperon, sr de la Borie, procureur d'office de la présente ville, Léonard Boyer, sr de la Borderie, lieutenant de la présente ville, Estienne Forien, sr de la Borie, advocat en la cour, Pierre Dubrois, sr des Gourdoux, Isaac Delabrousse, sr du Peyrat, advocat en la cour, Annet Dureclus, sr de Lascout, aussi advocat en la cour, Jean Lenoble, sr des Granges, scindic de la communauté, Jean Lenoble, sr des Illes, Jean Phelipt, bourgeois et marchand, François Fourien, sr des Roches, Jean Forien, sr de la Grafeuilh, me chirurgien, Mathieu Arbonneau, sr du Claud bourgeois et marchand, tous habitans de la présente ville, faisant tant pour eux que pour les autres habitans de la dite Ville et paroisse.

Lesquels nous ont dit et remonstré que le grand froid qu'il a fait la présente année a entièrement détruit tous les bléds, froment, seigle et autres bléds semés avant l'hiver, tué les arbres, noyers, châtaigniers, cerisiers, pruniers, pommiers, poiriers et autres arbres portant du fruit, dans la présente paroisse de Nontron, ce qui porte un notable préjudice dans la dite paroisse et a réduit quantité de personnes à la dernière nécessité qui périssent de faim. Et comme il est important aux d. sieurs remonstrants, tant pour eux que auxd. noms, de faire apparoir un tel dommage pour servir à telles fins que de raison, ils nous ont requis de nous transporter avec eux dans les appartenances de la dite ville et paroisse pour faire procès-verbal de l'estat dud. dommage ; ce que nous leur avons accordé.

Et en effet, tant en leur compagnie que des tesmoins bas nommés, nous estans transportés premièrement rendus dans les appartenances et dépendances de la dite ville de Nontron, nous avons remarqué les bléds, froment et fèves (sic) et autres grains semés avant l'hiver presque tous péris, et qu'il ne s'y pourra recueillir la semence ordinaire, et que les vignes sont mortes, n'ayant aucunement poussé que quelques unes qui ont poussé par le pied, sans pourtant qu'il y ait apparence qu'elles produisent aucun fruit ; les noyers estant de mesme tout désséchés, et quantité de cerisiers aussi désséchés, n'ayant aucunement poussé, et ensuite nous estant rendus accompagnés comme dessus dans les villages et lieux, appendances et dépendances, qui composent lad. paroisse, avons remarqué pareillement lesd. bléds, froment et seigle et autres semences qui se sèment avant l'hiver estre tous perdus et qu'il n'y aura pas la semence ; les noyers estre tous morts et presque tous les châtaigniers, cerisiers, pommiers, poiriers et autres arbres portant fruit, et que les vignes n'ont aucunement poussé que quelques unes au bas de la souche qui n'ont apparence pourtant de pl'oduire aucun fruit.

De quoi et du tout requérant lesd. sieurs remonstrants, nous avons fait acte et le présent procès-verbal pour leur servir à telles fins que de raison.

Fait et passé sous le scel royal en présence de Pierre Delavallade, clerc, et François Rouzaud, marchand, habitans de la dite ville, temoins qui avec lesd. sieurs remonstrants, ont signé.

Delabrousse, juge, Laborie Forien, Boyer, Chaperon, procureur d'office, Delabrousse, Dureclus, Dubroys, Les Granges Dunoble, Des İlles, Phelip, Fourien, Forien, H. Arbonneau, Delavallade, Ronzaud. »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1916)

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Jean-Baptiste Devars (1753-1822)

Jean-Baptiste Devars
Lussas 30 novembre 1753 - Montbron 8 avril 1822.

Fils de Georges, et d'Anne Fistugeres. Avocat à La Rochefoucauld avant 1789, membre du premier conseil du district mis en place en juillet 1790, juge au tribunal de ce district quand il fut élu député à la Convention en septembre 1792. Il fut désigné le sixième sur neuf, avec 233 voix sur 537 votants. Il allait siéger avec la Plaine et jouer un certain rôle. Il se distingua surtout en votant avec Maulde de l'Oisellerie pour la détention du roi, alors que les sept autres conventionnels de la Charente se prononcèrent pour la mort. Voici en quels termes il motiva son vote : "Le délit dont Louis est coupable doit être puni de mort d'après les règles de justice éternelle ; je le déclare digne de mort. Cependant nous devons consulter le salut de l'Etat. Or je crois que pour le bonheur de la patrie Louis doit chassé du sein d'une nation qu'il a si lâchement trahie. En attendant qu'il puisse être banni je demande qu'il soit détenu". Après le Neuf Thermidor il joue un rôle conciliant, faisant mettre en liberté beaucoup de détenus, intervenant même en faveur d'anciens responsables révolutionnaires arrêtés à leur tour. En l'an IV, lors de la désignation des assemblées du Directoire, il est élu le premier parmi les sortants (les 2/3), et au Conseil des Anciens il siège parmi les modérés. Sortant en l'an V (mars 1797) il est réélu facilement... pour être invalidé cinq mois plus tard, du fait du coup d'Etat de Fructidor. Durant le "second Directoire" il doit ronger son frein ; la nouvelle majorité et la nouvelle politique ne lui conviennent guère et de Charente, en l'an VIII, il adresse à plusieurs ministres des lettres non exemptes de hargne pour dénoncer l'action de l'administration centrale du département, prédire l'élection d'ultra-révolutionnaires et attaquer par allusions à peine voilées en particulier Albert, de Cognac, qui préside l'administration centrale dans les derniers mois du Directoire.

Il ne peut qu'accueillir favorablement Brumaire, et en prairial an VIII il est nommé juge au tribunal civil d'Angoulême, fonction dans laquelle il sera reconduit jusque sous la Restauration. Inscrit sur la liste des soixante ; il est aussi membre du conseil d'arrondissement. Lors du passage de Napoléon à Angoulême, en 1808 (allant en Espagne), il est en tant que magistrat présenté à l'Empereur qui aurait reconnu (?) et complimenté l'ancien conventionnel : "Vous êtes un honnête homme". L'administration préfectorale, sur place, le juge ainsi en l'an XIII : "Sans talent prépondérant et sans influence". Il semble avoir adhéré à la franc-maçonnerie sous l'Empire. Frappé d'apoplexie en 1814 ou 1815, il ne paraît plus en état de remplir ses fonctions et vit à la campagne.

De son mariage à Montbron, en 1778, avec Marie-Anne Leriget, devait naître un fils qui sera l'unique héritier en 1822 : Gabriel Devars, lui-même juge au tribunal civil d'Angoulême et membre du Conseil général du département sous la Monarchie de Juillet, réélu après 1848, pour le canton de Montbron.

La fortune déclarée à Montbron en 1822 représente un total immobilier de 52 430 F, consistant pour l'essentiel en une grande propriété acquise de communauté et agrandie par achats successifs, avec une partie en Dordogne, et en plus les biens personnels de la veuve. Meubles : 2 000 F Contribution en l'an XIII : 942 F.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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Les émeutes de Javerlhac

Après les très mauvaises conditions climatiques de l'hiver 1788/1789 jusqu'à l'été 1791 : gelées, grêle, pluies diluviennes, orages puis sécheresse qui avaient ramené les récoltes de 1789 au 1/20e de la normale, celles de 1790 aux trois quarts et celle de 1791 à un tiers ; il n'y avait plus de réserves en 1792.

Par crainte du manque de nécessaire et par spéculation, beaucoup de propriétaires ne portaient pas leurs blés sur les marchés d'où rareté et flambée des prix ; le septier de froment était passé de 15 livres en 1790 à 22 livres en 1792. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 mars 1792, Guillaume Vallade, maître de forges à Jomelières, avait été averti que le nommé Léonard Julien dit Tapon, recouvreur, tireur de mines, avait annoncé que le lendemain, un nombre considérable de particuliers de Varaignes et de Javerlhac iraient chez lui pour manger et boire à discrétion, sinon ils briseraient tout.

Vallade dénonça Tapon à la municipalité de Javerlhac qui l'envoya chercher mais 150 personnes environ le firent libérer de la maison commune. Le lendemain dimanche, ces mêmes particuliers s'attroupèrent devant la porte de l'église à la sortie de la messe.

Là, Jean Aupuy dit Jacquillou, voiturier, les haranguait, disant qu'il fallait aller visiter les greniers et taxer le blé ; pendant ce temps Tapon faisait la quête. Puis tout le monde partit chez le sieur Chaperon, manger et boire à discrétion, visiter les greniers et prendre quelques montres de blé taxé à 16 livres le septier avec défense de le vendre au-dessus sous peine d'une amende de 50 livres.

Ensuite direction Jomelières chez Vallade mais là les manifestants constatèrent qu'il n'y avait dans les greniers qu'à peine ce qu'il fallait pour la maison et la forge ; ils se contentèrent de boire et de manger à discrétion. La tournée se termine à Pys chez le sieur Puymartin pour boire et manger de nouveau et demander de respecter la taxe.

Le lundi 26, Jacquillou accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un voiturier de Saint-Martin-le-Pin vint demander du blé au prix de la taxe à Chaperon ; celui-ci accepta de vendre six septiers mais à 22 livres comme au marché de Nontron.

Ce même jour, Jean Baylet dit Saint-Jean garde-chasse de M. de Javerlhac rencontra François Pastoureau et lui dit : que c'étaient les bourgeois qui trompaient les paysans et les artisans puisqu'ils occupaient toutes les places, que c'étaient même les bourgeois qui retenaient le roi en prison, qui avaient fait empoisonner l'empereur (Léopold II empereur d'Autriche, frère de Marie Antoinette) et qui faisaient sécher les princes sur pied ; que quant à la taxe, elle se ferait tous les ans pour l'achat des habitants de la paroisse, seul le surplus pourrait être amené au minage de Nontron.

Le mardi 27 mars, Jacquillou, accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un habitant de Bourdeix vint à nouveau chercher du blé chez Chaperon qui était absent et sa fille refusa de lui en fournir.

ll se rendit alors chez Pierre Soury Lafond qui lui fit le froment à 20 sous de moins que le prix du minage 22 livres. Jacquillou lui dit que s'il ne voulait pas le laisser à 16 livres ce jour, il serait forcé de le livrer le dimanche d'après à 15 livres.

Un autre incident s'était produit le 25 mars. La femme d'un cabaretier de Javerlhac, rencontrant avant la messe, le receveur de la commune, Jacques Pabot dit Chatelard lui demande le remboursement de sa patente car cinquante personnes avaient été chez elle la veille pour lui ordonner de se faire remettre son argent et que si elle n'obéissait pas à l'instant, ils la rosseraient de coups.

Chatelard accepta dès qu'elle lui eut remis le reçu qu'il lui avait délivré mais il se vit entouré d'une multitude de paysans qui lui défendirent absolument de donner ni faire prendre de patente à qui que ce fût, parce que cela faisait augmenter trop considérablement les denrées.

Les principaux meneurs et participants (treize personnes) dénoncés par le maire de Javerlhac, François Eyriaud Bechemore étaient : Jean Aupy dit Jacquillou et Bellair cordonnier habitant le bourg, Léonard Julien dit Tapon, le fils du nommé Limousin et Jeammet Bordier habitant La Cour, Jean Baylet dit Saint Jean garde-chasse de M. de Javerlhac et le fils aîné de Mathieu Bonithon dit Bernassou habitant Le Petit Gilou, le fils aîné de Marguillier, métayer de Mme Desvergnes habitant Taxat, le fils aîné de Solle, métayer de Mme Desvergnes et le fils aîné de Lois, métayer du sieur Fonreau habitant Pys, Jean Mercier dit Bonnet, maçon aux Chenauds, Gros tailleur d'habits à La Meynardie et Nicolas Doucet laboureur.

Avec l'aide des gardes nationaux, les gendarmes réussirent à en arrêter quatre : Jean Aupy, Léonard Julien, Jean Baylet et Nicolas Doucet, lesquels furent conduits à la maison d'arrêt de Nontron alors que leurs partisans s'attroupaient pour tenter de les libérer. Le directoire fit même venir de La Rochebeaucourt, deux canons et de vingt-cinq à trente hommes pour parer à toute éventualité, mais il ne se passa rien. Les quatre hommes, inculpés d'attroupements séditieux furent écroués le 16 avril à Périgueux et jugés le 15 juin par le tribunal criminel.

Jean Aupy, principal accusé, meneur des attroupements, initiateur de la taxe et qui, de plus, prétendait former dans sa troupe une municipalité, une Garde nationale et aller chercher le seigneur de Javerlhac pour le rétablir dans son château fut condamné à six ans de fers. Léonard Julien fut condamné à trois ans de détention, Baylet et Doucet furent acquittés.

Aupy et Doucet déposèrent le 17 juin un recours en cassation ; nous ne connaissons pas la suite. Les émeutes de Javerlhac avaient finalement fait plus de peur que de mal, pas d'armes et pas de violence, mais elles étaient révélatrices de causes profondes du conflit : opposition à la patente des commerçants et artisans mais surtout opposition des bourgeois propriétaires et des artisans et métayers, gens sans propriété.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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24 mai 2016

La Franc-maçonnerie à Nontron

La Loge de Nontron

A Nontron, une première Loge, l'Avenir de Nontron, avait été fondée en 1869 par treize frères parmi lesquels Antoine Debidour, le sénateur Alcide Dusolier, les frères Jean et Emile Millet-Lacombe. En sommeil depuis 1884, l'atelier fut remplacé par la Loge La Solidarité Nontronnaise dont la constitution fut accordée le 7 mars 1904 et qui eut pour Vénérables Joseph-Augustin Castaud, Commissaire de Police et Eugène Lainé, instituteur à Champs-Romain.

Les Archives du Grand Orient permettent de recenser cinquante-quatre frères ou profanes présentés à l'initiation, dont le tiers seulement résident à Nontron, quatre habitent Jumilhac-le-Grand, trois, Piégut-Pluviers et Thiviers, deux, Abjat ; il n'y a qu'un seul franc-maçon à Augignac, Beaussac, Le Bourdeix, Brantôme, Champs-Romain, La Coquille, Léguillac-de-Cercles, Lussas-et-Nontronneau, Mareuil, Miallet, Milhac-de-Nontron, Saint-Front-de-Champniers, Saint-Jory-de-Chalais, Saint-Martial-de-Valette, Saint-Martin-de-Fressengeas, Saint-Pierre-de-Côle, Saint-Saud, Teyjat et Villars. Dans ce petit atelier travaillent le député Sireyjol, Apprenti, le 5 août 1906, Maître, le 25 mai 1911, Vénérable, le 9 juillet 1919, les Inspecteurs primaires Minot, en 1904 et Chaumont en 1906, l'imprimeur du Nontronnais, Jolivet et celui de l'Indépendant de Thiviers, Fargeot, le percepteur de Nontron, le Commissaire de Police et quatorze instituteurs, près du tiers de l'effectif de la Loge. Guillaume Gustave Hermann, Sous-Préfet en 1890, était maître à l'Orient de Périgueux à la même date.

Source : La séparation de l'Église et de l'État en Périgord, de Pierre Pommarède.

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Archives départementales de la Dordogne

XVIe siècle

1534/1540. — Etienne de Labrousse est condamné à bailler, dans quinzaine, à Marion de Labrousse, sa soeur, deux cents livres tournois qui lui ont été délaissées pour « son » dot et mariage par le testament de feu Simon de Labrousse, père des parties, et cinq sols pour son institution particulière, et de plus « la tierce partie et les trois quartes parties d'une autre tierce partie dung lict, de deux robbes, deux cothes, deux chaperons requis selon lestat de lad. Brousse et autres ornemens nubeiaulx. »

1557. — Adjudication après criées à Dauphin et Louis de Labrousse, frères, enfants et héritiers de feu Jean de Labrousse, en son vivant marchand de la ville de Nontron, des biens de Me Léonard Guyot, notaire, défendeur, qui sont mentionnés et confrontés au procès-verbal de saisie pour la somme de 60 livres tournois, sauf à déduire ce que ledit demandeur aura déjà payé.

1566. — Jean Boschaud, dit Dagnier, défendeur, est condamné à payer à Me Hélies et Jean de Labrousse, frères, et François Bonyer, « affermiers » des dames religieuses de Saint-Onzin d'Angoulême et du prieuré de Nontron et Saint-Martial de Vallette, son annexe, en l'année 1565, demandeurs, le droit de dîme des fruits produits en ladite année par sa vigne, après ordonnance de trois voisins que les parties choisiront.

XVIIe siècle

1673. — Dame Antoinette de Labrousse, veuve de feu messire Biaise d'Aydie, en son vivant chevalier seigneur de Vaugoubert et autres places, présente requête aux fins de se faire émanciper, d'agir et contracter comme une personne libre et sans l'autorité de son père Jean Labrousse duquel elle demeure éloignée ; le juge-mage, après avis du procureur du Roi, la déclare émancipée.

1675. — Sur le requis de monsieur Me Jean de Lagarde, prêtre chanoine et maître éeolâtre du chapitre cathédral de Saint-Etienne-Saint-Front de Périgueux, il est procédé par le lieutenant particulier à l'ouverture du testament de feu Nicolas de Labrousse, seigneur abbé de Peyrouse et chantre dans l'église cathédrale de Périgueux ; lequel testament a été confié audit de Lagarde et est représenté « entrelassé d'un ruban violet , cacheté cire rouge de dix cachés aux armes dudit feu seigneur abbé. »

1675. — Me François Rossignol, prêtre, promoteur de l'évêché de Périgueux, expose que, contrairement à l'interdit et à l'arrêt du parlement de Bordeaux, Me Jean de Labrousse de Bosfrand, chanoine régulier de l'ordre de St-Augustin, autrefois prieur curé de la paroisse de St-Apre, n'en continue pas moins à célébrer la messe, à faire des baptêmes, mariages, sépultures et autres fonctions curiales, et cause ainsi du scandale. Le plaignant demande qu'il soit informé.

1689. — Jean Salesse, bourgeois et habitant de la ville de Périgueux, au nom et comme agent général de messire Thibaud de Labrousse, chevalier, seigneur baron d'Atis, capitaine-lieutenant des cent suisses de la garde du corps de sa majesté, porte plainte à la justice contre les nommés Jean Delugin, maître chirurgien, et Annet Sabrier, du bourg de Vanxains. Ceux-ci sans aucun droit ni permission sont allés pêcher dans un grand étang, garni de poisson, au repaire noble de la Roche qui appartient au seigneur d'Atis, dans la paroisse de Lajemaye, dont il est seigneur haut justicier.

1692. — Sentence interlocutoire rendue sur le défaut, et ordonnant qu'avant de procéder à l'interposition de décret des biens saisis à Ithier Feydy à la requête de messire Thibaud de Labrousse, chevalier, seigneur baron d'Atis, capitaine-lieutenant des centsuisses de la garde du corps de sa majesté, affiches seront mises tant à la porte du parquet et auditoire royal de la sénéchaussée qu'aux portes principales des églises paroissiales où les biens saisis sont sis et situés, pour y demeurer quarante jours, temps prescrit par l'ordonnance, aux fins des enchères.

1686/1693. — Exemption de toutes charges publiques, est accordée sur requête à Louis de Labrousse sieur de Vaubrunet dans la paroisse de Saint-Barthélemy du Cheylard, chargé de faire la quête des aumônes et charités des fidèles pour le rachat des chrétiens esclaves.

1689/1694. — Procès de Me Pierre Laulanie, procureur au siége de Périgueux, comme syndic des dames religieuses de Notre-Dame de Périgueux, demandeur le délaissement de Brognac, contre Marie de Labrousse, damoiselle, femme séparée quant aux biens de Mathieu de Labrousse, sieur Dumazet.

1693/1724. — Dépôt au greffe de la sénéchaussée, par damoiselle Madeleine-Angélique de Labrousse damoiselle de Verteillac, de trois pièces originales de 1687 concernant les droits honorifiques dus à sa famille dans l'église de Saint-Front de Champniers.

XVIIIe siècle

1700/1704. — Procès de Antoine Fanty sieur de Lescure, conseiller du Roi, commissaire aux revues et logement des troupes dans Nontron, contre Louis de Labrousse sieur de Brogniat.

1723/1728. — Sentence civile et criminelle rendue sur le vu de pièces, et condamnant François de Labrousse, écuyer, sieur des Granges, un des gens d'armes de la garde du roi, à demander pardon à l'audience, les plaids tenants, à Lazare Agard, notaire de la chatellenie de Varaigne, procureur d'office et syndic des pauvres de la juridiction de Bussière, des injures qu'il a proférées contre sa réputation.

1726/1732. —  Enregistrement des provisions de gouverneur et sénéchal de Périgord, octroyées au sieur Thibault de Labrousse comte de Verteillac.

1732. — Plainte de François de Labrousse, sieur de Laudonnie, soldat dans le régiment de Gâtinais, compagnie colonelle, contre les nommés Jean Bonniton dit Lapradelle, Madelaine Bonniton, sa femme et autres, qu'il accuse d'avoir commis des excès réels sur sa personne.

1738. — Le lieutenant particulier condamne Louis Borie, écuyer, seigneur du Repaire, à payer à Monsieur Me Jean de Labrousse la somme de 3,500 livres pour le montant de cent milliers de fonte de fer.

1744/1746. — Plainte de Marie Cholet, relicte (veuve) de sieur François de Labrousse et à présent épouse de M. Elie Eyriaud, sieur Demansy, contre Pierre Delabrousse, sieur de Fontenelle, son fils, qu'elle accuse d'injures, menaces et d'enlèvement de bois fait en la ville de Nontron et dans l'auberge d'Anne Boyer, où pend pour enseigne l'image de La Grosse Demoiselle.

1746/1747. — François-Joseph Lanquine de Laval, bourgeois de Paris, au nom et comme tuteur du seigneur marquis de Verteillac, accepte, sous bénéfice d'inventaire, l'hérédité de Suzanne-Andrée de Labrousse, demoiselle d'Atis, quant aux biens situés dans le pays de droit écrit.

1748. — Information à la requête du procureur du roi contre François de Marandat sieur de Lisle, Élie de Labrousse sieur de Belleville et autres, accusés d'excès et violences commises la nuit sur la personne du sieur Arondeau, curé de Busserolles.

1751/1756. — Eregistrement des provisions de sénéchal des juridictions de la ville et baronnie de Nontron et du marquisat du Bourdeix, octroyées à Me Pierre de Labrousse, sieur du Bosfrand, avocat en Parlement.

1772/1773. — Prestation de serment de Jean de Labrousse sieur de Lagrange, nommé à l'office de maire de la ville de Nontron créé par édit du mois de novembre 1771.

1786. — Sentence civile condamnant messires Elie-Marie et Isaac de Labroussc Duboffrand, demoiselle Anne-Thérèse de Labrousse Duboffrand et autres, frères et soeurs, à rembourser à la dame Françoise Dereix, leur mère, veuve de messire Pierre de Labrousse Duboffrand, sa dot de la somme de 40,000 livres, à leur choix, en argent ou en fonds de l'hérédité de Jean de Labrousse, leur aïeul.

1781/1787. — Dépôt du greffe pour Joseph de Labrousse sieur du Claud, bourgeois, intimé, contre Joseph de Labrousse sieur de Vaubrunet, gouverneur de la ville de La Rochefoucauld, appelant de sentence de l'ordinaire du Bourdeix.

1789. — Messire César-Pierre-Thibault de Labrousse, chevalier, marquis de Verteillac, comte de Saint-Mayme, baron de La Tour-Blanche, seigneur de Saint-Martin-le-Pin, de Saint-Front-de-Champniers, de la Bourière et autres lieux, nommé gouverneur et grand sénéchal de la province de Périgord, après la démission de son père, requiert l'enregistrement de ses provisions au greffe.

1786/1790. — Emprisonnement du sieur Brouniac de Labrousse, fils ainé, négociant et maître de forge, habitant au château de Firbeix.

Procès au siège présidial de Périgueux

1703/1718. — Catherine Barbot, veuve de Me André Tusset, avocat au Parlement de Paris, demanderesse en criées, contre messire Thibault de Labrousse, chevalier, seigneur baron d'Athis, capitaine-lieutenant des cent Suisses de la garde du corps de S. M., défendeur.

1711/1715. — Messire Thibault de Labrousse, seigneur abbé de Peyrouze, prêtre, chantre et chanoine de l'église cathédrale Saint-Etienne Saint-Front de Périgueux, contre François Pradier, marchand.

1736/1738. — Monsieur Me Jean de Labrousse sieur du Bosfrand, avocat en la cour, et messire Jean Verneuil, prêtre, curé de la paroisse de Bussière-Badil.

1727/1728. — Messire Thibault de Labrousse, comte de Verteillac, grand sénéchal et gouverneur de Périgord, demandeur, contre Joseph Boulle, sieur du Maynot, défendeur.

Comparutions au greffe royal de Périgueux

1672. — Achille de Royère, sieur du Masvieux, venu de dix lieues pour faire écrire son avocat contre Thibault de Labrousse, sieur de Lavergne.

1673. — Etienne de Labrousse, seigneur de Mirabeau, bourgeois de Bordeaux, venu de vingt lieues pour son procès contre François Eyriaud, Louis Marquet, sieur de Farges.

1686/1687. — Madeleine Gros, damoiselle, femme de Me Pierre Brouet, greffier en chef de Sarlat, venue de Nontron pour porter ses pièces contre Me Étienne de Labrousse, prêtre, prieur de Saint-Robert, et curé de Lussas.

1703/1704. — Messire Léon Chasteau de Lestang, prêtre, prieur du Chalard et son annexe N.-D. de Verteillac, venu de St-Astier pour lever le défaut contre messire Thibault de Labrousse, seigneur baron d'Atis.

1712/1714. — Messire dom Jean de La Monneraye, prêtre, prieur de l'abbaye de N.-D. de Gros-Bos en Angoumois, venu de neuf lieues pour faire juger son procès contre Me Jean de Labrousse, soi-disant curé de Souffreniac.

1714/1716. — Antoine Fantit sieur de Lescure, lieutenant de maire et commissaire pour le Roi aux revues des troupes de la ville de Nontron, venu de six lieues pour faire dresser sa requête en intervention, dans l'instance pendante en la Cour de la sénéchaussée contre damoiselle Madeleine-Angélique de Labrousse de Verteillac.

1722/1723. — Messire Antoine-Augustin Albert, prêtre, docteur en théologie, curé de la ville et paroisse de Nontron et de Saint-Martial-de-Vallette, son annexe, et Mathieu Faye, l'un de ses marguilliers et sacristains, venus de six lieues, pour rendre leur plainte en Cour criminelle contre le sieur Boyer de La Borderie, ses deux enfants aînés, et le sieur de Labrousse de Beaulieu.

1725/1727. — Lazare Agard, sieur de Roumejoux, notaire et procureur d'office de Bussière, venu de neuf lieues, pour faire appointer sa plainte en la Cour criminelle contre François de Labrousse sieur des Granges.

1734/1735. — Elie-François de Labrousse, écuyer, seigneur de Belleville, porte-étendard des gens d'armes de la garde, chevalier de l'ordre militaire de St-Louis, venu de Bussière-Badil, pour retirer du greffe la.grosse des décrets obtenus contre le sieur Sauvo des Versannes.

1764/1765. — Pierre-Guy de Lajamme, comme syndic de la confrérie des pauvres honteux de Bussière-Badil, venu de dix lieues, pour porter son exploit contre Elie de Labrousse, seigneur de Belleville.

Source : Archives départementales de la Dordogne.

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23 mai 2016

Décès de Louis-Gabriel de La Ramière, baron de Nontron

Acte : Le vingt sept janvier mil sept cent quatre vingt neuf (21-1-1789) est décédé au château de Nontron, haut et puissant seigneur messire Louis-Gabriel de La Ramière (alias Laramière), chevalier comte de La Ramière, baron de Nontron et de Champniers, marquis du Bourdeix, seigneur de Piégut, Pluviers, Saint-Barthélémy, Augignac, Puycharnaud (alias Peucharnaud), Lascaux-Botison et autres lieux, âgé d'environ quarante-huit ans, vivant époux en secondes noces de dame Anne-Louise Pichon de La Rivoire (alias Larivoire); et après les cérémonies d'usage faites à Nontron, le corps dudit seigneur a été transféré dans l'église de cette paroisse, ou après les cérémonies d'usage il a été inhumé le lendemain dans le caveau de sa chapelle dite de Saint-Jean, sise dans ladite église; présents hauts et puissants seigneurs messires Jean Guillot, comte du Doussay, son beau-frère, et Jean-Gédéon du Rousseau (alias Durousseau), chevalier de Chabrot, son cousin germain, qui ont signé avec nous. Chamblet, curé de Saint-Estèphe.

puycharnaud

Source : Archives départementales de la Dordogne.

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