20 mai 2020

Le sieur de Javelle dans la paroisse d'Édon

Certificat donné le 29 juin 1739 par les syndics, collecteurs & habitants de la paroisse d'Édon, châtellenie de la Rochebeaucourt en Angoumois, assemblés avec Charles de Voisin, curé de la même paroisse, par lequel ils attestent que Messire Jean de Salignac, écuyer, sieur de Javelle, est fils de feu Raymond de Salignac, écuyer, seigneur de Boisbelet du Deveyx & de Cornevet, et de Dame Suzanne Decescau, natifs de la dite paroisse d'Édon, que le dit sieur de Salignac fils avait employé sa jeunesse au service du feu Roy tant en qualité de Volontaire qu'en celle de Capitaine; qu'il avait été fait prisonnier de Guerre; qu'il ne possédait qu'une petite métairie située en la même paroisse d'Édon appelée de "Chez Javelle" du revenu de 150 livres ou environ, que quatre de ses enfants étaient alors au service du Roy & qu'il avait eu trois frères, l'un lieutenant de la Marine, le second lieutenant de cavalerie & le troisième lieutenant de Grenadiers.

Source : Procès-verbaux des preuves de la noblesse des élèves de l'École royale militaire, 1760.

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Liste des prieurs de Bussière-Badil

Liste des prieurs de Bussière-Badil
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1893

On trouve en :

1291 — Petrus Sulpicius (de Laugardière) aliàs Sulpitius.

1343 — Pierre de Cosnac, prieur de Bussière-Badil, mort à Toulouse, (Nobiliaire du Limousin, t. I, p. 436).

1401 — Frère Simon Guyou, prieur de Bussière.

1474 — Révérend Père André Livenne, prieur de Bussière.

1481 — Me Jean Hélie de Collonges licencié en droit protonotaire du Saint-Siège, prieur de Bussière-Badil, diocèse de Limoges, et de Montbron, diocèse d'Angoulême, fut nommé en 1482 premier premier commendataire de Dalon (1), où il fit faire un terrier. Le 25 septembre 1510, Jean, roi de Navarre, lui permit de faire bâtir une maison forte a Foilhade (2), au diocèse d'Angoulême. Il acheta le fief de Belleville dans le même bourg en 1514, et celui de Maisonnais (3), près le château de Lavauguyon. On le trouve abbé de Tourtoirac (4), en Périgord, en 1489, 1498 et 1530.

Par son testament du 4 septembre 1530, reçu La Jamme, il demande à être enterré par devant l'autel Notre-Dame et en la sépulture que nouvellement il a commencé à faire faire.

Il fit un autre testament le 6 avril 1534 où il demande également également être enterré dans la chapelle de la Sainte-Vierge, qu'il a nouvellement fait bâtir dans l'église de Bussière-BadiI. Jean Hélie de Collonges mourut en 1537 ; mais dès 1533, il est dit ancien abbé de Dalon. (Nob. du Lim., t. II, p. 503.)

Ses armes étaient d'azur, à trois tours d'argent ; ce sont les mêmes que celles des Pompadour, dont il descendait. On voit ses armes dans les églises de Saint-Estèphe (5), du Bourdeix (6) et de Bussière-Badil, églises auxquelles il fit faire de grandes réparations. Ses armes sont supportées par deux anges, et on y remarque aussi une crosse et une mitre, ce qui semble indiquer que les prieurs de Bussière-Badil étaient crossés et mitrés.

1575 — Martial Hélie de Collonges, protonotaire du Saint-Siège et prieur de Bussière-Badil de Nancler, en Angoumois, 1545 ; de Lègueles-Bois, en Poitou, 1574 ; des Salles de La Vauguyon, 1554 ; résigna la cure de Teyjac (7) en 1556 ; prévôt de Feix, paroisse de Saint-Jean de Ligoure (8), 1572.

Avait les mêmes armes que le précédent dont il était parent.

1629 — François de Monssiou, prieur commendataire du prieuré conventuel de Notre-Dame de Saint-Michel de Bussière-Badil.

1643 — De Villedon (Jacques ?), écuyer, prieur commendataire.

1651 — Me Claude de Blanpignon, prieur de Bussière-Badil et autres annexes.

1656 — Gilbert Cuissot, prieur de Bussière-Badil.

1663 — Denis Landin, prêtre, prieur commendataire du prieuré de Notre-Dame de Saint-Michel de Bussière qualifié dans une sentence de 1668 de seigneur haut justicier, direct et foncier dudit lieu.

1672 — Guillaume Duvaucel, prêtre de la congrégation de Saint-Lazare ez Paris, prieur de Notre-Dame de Saint-Michel de Bussière qualifié dans un acte de prêtre et seigneur de Bussière. Il demeurait à Saint-Cyr, près de Versailles.

Guillaume Duvaucel, en mourant, avait légué à la maison de Saint-Lazare de Paris, dont il était membre, tous les immeubles immeubles possédait à Bussière. Ils furent vendus en 1702 à demoiselle Bertrande Faurien, veuve de feu Olivier de Monsalard, docteur en médecine, par Jean Mouillard, prêtre de la congrégation de Saint-Lazare, en vertu d'une procuration délivrée par les religieux de cette maison.

Les immeubles vendus étaient :

1° Une maison située devant la grande porte de l'église, bornée à l'occident par le chemin qui va à la fontaine, au-dessus duquel est une chambre (maisons Delage, Jardry et Dubois), plus les bâtiments en face, servant d'écurie ;

2° Un pré appelé du Moulin-Banaret, contenant un journal et demi, situé dans la prairie des Rivières (c'est le pré dit de M. Rochat) ;

3° Un bâtiment servant de grange, situé à l'entrée du bourg, sur main gauche, en allant à Montbron, ladite grange appelée autrefois de la Trémouille (maison Desplaces). Cette grange avait été saisie pour défaut de paiement d'arrérages de rente et adjugée au sieur Duvaucel ;

4° Un autre pré, contenant un journal et demi, situé dans la prairie dite des Grands-Prés tenue de Montouleix, joignant le ruisseau qui va au moulin de Valette.

Ces quatre immeubles furent vendus 800 livres.

1701 — Gabriel Scavoy ou Scavy, prieur de Bussière, (le nom est effacé et presque illisible).

1701 — Messire J.-B. Le Clerc du Vallon (s'écrit également Duvallon, seigneur abbé du Vallon, était prieur lorsque fut coulée la cloche actuelle, ainsi que l'atteste son inscription :

Jesus, Maria. Je suis faite pour Saint-Michel. — De Laye, seigneur de Varagne. — Duvallon, prieur. — M. S. Poilevé, curé. — M. J. Giri, vicaire. — Elie Nicolas, parrain, bienfacteur. — Suzanne Bernard de Bussière, marrain. — L'an 1725 — Fecit Barreau.

Le clerc du Vallon habitait à Paris chez les Prémontrés.

1753 — Claude d'Anteroche, comte de Brioude (Haute-Loire), maréchal des camps et armées du roi, prêtre du diocèse de Saint-Flour, licencié en théologie de la faculté de Paris, prieur commendataire commendataire Saint-Michel de Bussière-Badil, ordre de Saint-Benoit, Saint-Benoit, de Limoges, et de Saint-Etienne de Rhomy, diocèse de Chartres, seigneur foncier et direct du tènement de Chez-Narot.

Il restait à Paris, rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain. Sa famille tirait son nom du château d'Anteroche, près Murat (Cantal), qui lui appartenait.

Ses armes relevées d'après d'anciens cachets qui scellaient ses lettres sont :

D'azur à la bande d'argent, tachetée de trois mouchetures d'hermine, ayant en chef trois ondes d'argent et de chaque côté de la bande deux flanchis d'argeut en croix, ayant aux angles quatre bezans d'argent. Ces armes sont surmontées de la couronne de comte ; elles sont supportées par deux lions couronnés, et on y remarque, comme dans celles de De Collonges, une crosse et une mitre.

1767 — Paul de Ganderaz, docteur en théologie prêtre et chanoine de Meaux, chapelain de la grande chapelle du roi, chapelain ordinaire ordinaire Madame Adelaïde de France, seigneur et prieur de Bussière, Juillet, Fontenille (9) et ses annexes demeurait ordinairement à Versailles, rue Satory, paroisse de Saint-Louis des Arts.

L'abbaye de Bussière était détruite lorsqu'il était prieur de Bussière, car on employa de son temps les pierres des ruines pour clore le cimetière. Il était encore prieur en 1783, et ce fut probablement le dernier prieur de Bussière.

Louis Sauvo-Desversannes

Notes :

1. Dalon, hameau, commune de Sainte-Trie, canton d'Excideuil (Dordogne).

2. Feuilhade, commune du canton de Montbron (Charente).

3. Maisonnais et Les Salles-Lavauguyon, communes du canton de Saint-Mathieu (Haute-Vienne).

4. Tourtoirac, commune du canton d'Hautefort (Dordogne), ancienne abbaye.

5. Saint-Estèphe, commune du canton de Nontron.

6. Le Bourdeix id.

7. Teyjac id.

8. Saint-Jean de Ligoure, commune du canton de Limoges.

9. Juillet et Fontenille se trouvent près de Mansle (Charente).

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Justice du prieuré de Bussière-Badil

Justice du prieuré de Bussière Badil
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1905

Comme préliminaire, j'ai cru utile de rappeler en quelques mots ce qu'était la justice féodale.

Dans le principe, la justice était rendue par les seigneurs eux-mêmes. Le droit de justice était, en effet, un des attributs de la souverainté ; il fut donc conféré par les rois aux chefs militaires et autres qui devinrent plus tard seigneurs des terres que leur donnèrent les rois à titre de bénéfices. Ce droit, qui était d'abord personnel, devint par la suite héréditaire, comme les bénéfices.

A l'époque de la féodalité, il y avait deux sortes de justice, la justice royale qui était rendue dans toute l'étendue du royaume et la justice seigneuriale qui était rendue par chaque seigneur dans l'étendue de ses terres. Nous ne nous occuperons que de la justice seigneuriale.

On distinguait trois degrés de justice seigneuriale qui étaient désignés sous les noms de haute, moyenne et basse justice. Le haut justicier, qui avait en mème temps haute, moyenne et basse justice, connaissait de tous les délits et crimes commis sur l'étendue de son territoire, sauf les cas appelés royaux comme les crimes de lèse-majesté et de fausse monnaie. Pour punir ces crimes, il avait le droit de glaive, c'est-à dire il pouvait condamner au fouet, à la marque, aux galères et à la mort ; pour exercer ce droit, il devait avoir des prisons et pouvait faire élever des piloris et des gibets. Cette dernière construction, établie ordinairement au bord de la grande pouge ou grand chemin était appelée Justices, nom qui a traversé les siècles et qui est resté dans plusieurs endroits. Entre Varaignes et Bussière, un bois taillis situé au bord du grand chemin et à l'embranchement des routes de Bussière, Montbron, Varaignes et Soudat est encore appelé : aux « Justices. » Plus un gibet avait de piliers, plus le seigneur était puissant ainsi le comte pouvait faire élever un gibet à six piliers, le baron avait droit à quatre, et le seigneur châtelain à trois.

Le moyen justicier, qui avait aussi la basse justice, pouvait connaître de toutes les causes civiles ; mais en matière criminelle sa compétence variait suivant les lieux et les usages ; elle était toujours minime et ne pouvait, en général, dépasser soixante sous d'amende.

Le bas justicier ne connaissait que des affaires civiles jusqu'à soixante sous parisis, et en matière criminelle il ne pouvait juger que les délits qui pouvaient entraîner jusqu'à dix sous parisis d'amende.

Plus tard, les seigneurs ne voulant plus exercer la justice eux-mêmes, nommèrent des officiers pour les remplacer et rendre la justice en leur nom. Ils en arrivèrent donc à nommer :

Un juge, un lieutenant de juge, un greffier et des sergents ou huissiers.

Ils nommaient aussi les notaires et le geôlier de la prison, qu'ils étaient tenus d'avoir dans leur château.

Quant aux sergents chargés de faire exécuter les sentences des juges, le comte pouvait en nommer douze, le baron six, le seigneur châtelain quatre, et les autres petits seigneurs deux.

Le prieur de Bussière avait moyenne et basse justice dans l'étendue de son prieuré, ces droits de juridiction sont énumérés tout au long dans l'accord suivant, que je traduis :

Nous Poncius de Salaignac (1), licencié en droit canon, abbé de Clérac, au diocèse d'Agen, archidiacre (in umatencis), et doyen do l'église de St-Yrieix (de achuno), arbitre unanimement choisi quant aux affaires ci-après énoncées, à tous ceux qui les présentes lettres verront, liront ou entendront lire, savoir faisons que pardevant nous ont été personnellement constitués honorable et savant homme Me Jean de Colonges (2), prieur du prieuré de la bienheureuse (vierge) Marie de Bussière-Badil, du diocèse de Limoges, pour lui et au nom de son dit prieuré et pour tous les siens sieurs prieurs ses successeurs à l'avenir dudit pricuré, d'une part ;

Et nobles et puissants seigneur Gauthier de Péruse (3), chevalier, seigneur des Cars et de Varaignes, et dame Andrée de Montbron, son épouse, dame des dits lieux. La dite dame Andrée avec la permission, consentement et autorité du dit seigneur son mari, lesquelles choses le seigneur des Cars a accordées et concédées à la dite dame son épouse pour faire passer et reconnaître toutes et chacune des choses ci-après écrites par les leurs et leurs héritiers et successeurs quelconques d'autre part.

Alors les parties et chacun des leurs ainsi constitués ont déclaré que naguère il était survenu une contestation entre le frère Simon Guyon, alors prieur du dit prieuré de Bussière-Badil, d'une part, et les seigneurs conjoints d'autre part, à cause et à raison de la juridiction du bourg précité de Bussière.

Que le prieur dont s'agit affirmait qu'il avait, dans ce bourg, la basse et moyenne justice, que de leur côté les seigneurs conjoints prélendaient posséder dans le même bourg de Bussière, à cause de leur château et de leur châtellenie de Varaignes, dans les limites desquels il se trouvait enclavé, la haute, moyenne et basse justice mère, mixte, impère et l'exercice d'icelle, avec jouissance de ces mêmes droits et qu'ils étaient en bonne possession et saisine de ces mêmes droits. Qu'un procès au sujet des droits contestés eut lieu en la cour de Varaignes pardevant Me Pierre Gérard, homme discret et sénéchal de cette même cour, entre le prieur déjà nommé agresseur et requérant et le procureur des seigneurs conjoints défendeur. Le procès aboutit à cette fin que le même sénéchal adjugea au même prieur le droit de basse justice jusqu'à concurrence de soixante sous et un denier, dans le bourg de Bussière et de ses dépendances comprises au dedans des limites de la châtellenie de Varaignes, ainsi que cela avait été jugé par le même sénéchal et même lieu dans les assises tenues à Varaignes, le 28 décembre de l'an du Seigneur 1401. Que les choses promises n'étant pas exécutées, la contestations recommença entre le révérand père André de Livene, prieur du dit prieuré, prédécesseur immédiat du prieur actuel, et les seigneurs époux précités, et que par une seconde décision ajoutée à la première par le même sénéchal de Varaignes, il fut établi entre les parties que le dit prieur et ceux qui viendraient après lui jouiraient comme leurs prédécesseurs perpétuellement, et dès maintenant, de la dite juridiction de Bussière-Badil, jusqu'à concurrence de 60 sous et un denier, ainsi que cela fut établi et constaté par la transaction passée par Mes Pierre de Mazia et Pierre de Borie, le 10 septembre de l'an du Seigneur 1474. Mais, comme en même temps les parties dirent et affirmèrent ouvertement et publiquement qu'elles voulaient et désiraient que cette décision fût observée de point en point, il était juste d'établir la différence qui devait exister entre les deux juridictions. D'une part, le prieur disait que puisqu'il était convenu que la juridiction de Bussière lui appartenait jusqu'à concurrence de 60 sous et un denier, lui et ses officiers (juges), pouvaient connaître dans le bourg précité de toutes les causes tant réelles que personnelles, soit en matière possessoire ou pétitoire, des actions pour injures réelles ou verbales, qu'il pourrait tenir prisons, punir les malfaiteurs, nommer des tuteurs et des curateurs, prononcer contre les débiteurs, assigner les parties, punir d'une amende, pourvu toutefois qu'elle ne dépassât pas la somme convenue de 60 sous et un denier, donner des mesures, avoir le droit de sceau et de garde (vigerie).

D'une part, les seigneurs époux disaient au contraire que comme le bourg de Bussière était enclavé dans la châtellenie de Varaignes, eux et leurs prédécesseurs avaient dès la plus haute antiquité toute juridiction sur le bourg précité, savoir : la haute, moyenne et basse justice, mère, mixte et impère ; mais que, en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, en l'honneur de laquelle le prieuré de Bussière avait été fondé, ils avaient consenti, dans la convention ou accord précité, que le prieur exercerait la basse justice jusqu'à concurrence de 60 sous et un denier, et qu'il résultait de l'examen attentif et sérieux de cette même convention que ledit prieur et ses juges ne pourraient connaître des injures verbales ou réelles, qu'ils ne pourraient donner ni tuteurs, ni curateurs, ni condamner les débiteurs, ni faire assurer la sécurité, ni tenir prison, ni incarcérer les criminels, ni donner des mesures, ni avoir le droit de sceau, ni de vigerie, enfin qu'ils ne pourraient connaître d'aucune autre cause que des plus minimes de la basse justice, et qu'en outre, les seigneurs époux pourraient faire tenir les assises de leur juridiction dans ledit bourg par leur sénéchal ou juge, ainsi que cette manière de faire et d'exercer leur juridiction a été exercée et dont ils sont en bonne possession et saisine.

Conformément à la volonté des parties, comme elles en sont convenues, après avoir remis dans nos mains la convention précitée faite avec le susdit révérend père André de Livene, ainsi que les autres documents que les parties elles-mêmes ont bien voulu nous confier ; ensemble les avis donnés par des hommes instruites sur les droits contestés, nous avons formulé notre décision arbitrale sur tous les points en litige. Mais désirant que notre décision soit observée et respectée et honorée tout comme si elle était un jugement rendu par une cour de parlement ; en l'honneur et en considération des parties, après avoir pris conseil d'hommes habiles et savants, après avoir délibéré avec eux, après avoir bien pesé tous les termes de ladite transaction, conformément à l'avis de plusieurs hommes nobles et instruits, voulant sauvegarder les droits de l'église de Bussière, et désirant auss maintenir la paix entre les parties ; après avoir entendu tous leurs dires et allégations, les mêmes parties me demandant personnellement de régler leur différend, nous avons décidé ce qui suit sur le fond de la contestation et sur le modus vivendi des parties :

Ledit prieur pourra connaître dès maintenant des causes civiles, et pétitoires ou personnelles, de quelque quantité ou qualités, qu'elles soient pour les choses ou les personnes comprises ou habitant dans le bourg de Bussière et au-dedans des limites de ses appartenances (dépendances) ; il pourra aussi connaître des injures verbales et réelles, pourvu toutefois qu'elles ne soient pas atroces et telles que la peine ou l'amende encourue ne dépasse pas la somme déjà indiquée de soixante sous et un denier. Néammoins, il pourra prononcer contre les débiteurs, faire et assureur la sécurité, pourvu que la peine ou l'amende n'excède pas ladite somme de soixante sous et un denier ; mais ledit prieur ne pourrai connaître des causes qui entraîneraient une peine ou une amende corporelle, ni des affaires dépassant la somme précitée, et il ne pourra assigner les parties adverses pour les concilier. Le même prieur ne pourra connaître des causes qui entraîneraient une peine ou une amende corporelle, ni des affaires dépassant la somme précitée, et il ne pourra assigner les parties adversespour les concilier. Le même prieur ne pourra donner ni tuteurs, ni curateurs, ni retenir des prisonniers, à moins que ce ne soit dans l'intentions de les livrer au sénéchal ou juge de la juridiction de Varaignes ; lequel juge pourra tenir la cour ou les assises de ladite châtellenie de Varaignes dans ledit bourg de Bussière-Badil et au-dedans des limites déjà mentionnées, et y connaître de toutes les causes concernant sa juridiction, tout en laissant audit prieur les cuases qui seraient de son ressort, ainsi que nous l'avons déjà réglé. Le même prieur pourra, dans le bourg et ses dépendances, donner et assigner des mesures et percevoir tout droit et denier de vigerie.

Telle est la déclaration, l'arrangement, le traité, la transaction faits par nous et que les parties tant pour elles et les leurs que pour quiconque pourrait y avoir quelque intérêt dans le présent ou dans l'avenir, ont approuvés, acceptés, ratifiés pour valoir, tenir et avoir force et solidité à toujours, elles y ont donné leur assentiment et consentement pour toutes et chacune des choses promises, s'engageant pour eux et les leurs à les tenir et observer à perpétuité, à ne rien opposer, alléguer, dire et faire qui y soit contraire en quoi que ce soit, et par eux-mêmes, ni par autrui, ni secrètement, ni ouvertement, ni tacitement, ni distinctement, à ne fournir à aucune personne ennemie, ni cause, ni moyen, ni subterfuge pour cause de vigerie, ni secours, ni conseil, ni faveur pour venir à l'encontre des présentes.

Les parties, après avoir promis toutes ces choses, les ont confirmées par leurs serments sur les saints évangiles de Dieu avec renonciation de fait et de droit et de discussion. En outre, pour la garantie et le maintien à perpétuité des choses promises, les parties ont d'ores et déjà obligé (hypothéqué) les uns à l'égard des autres pour eux et leurs héritiers et successeurs, savoir : Le dit seigneur prieur tous les biens de son prieuré. Lesdits seigneurs conjoints tous et chacun leurs biens mobiliers et immobiliers, présents et futures quel que soit le lieu qu'ils occupent et le nom qu'ils portent. Les parties consentent à être contraintes à l'exécution (observation) des présentes par tous les moyens de justice nécessaires et opportuns. En outre, pour la sûreté et l'assurance des choses promises et de chacune d'elles, cet acte a été fait en présence et d'après la volonté et consentement des parties si souvent nommées et des leurs qui s'y ont trouvés d'une part, et y ont consenti d'autre part par leurs fondés de pouvoir présents et stipulant solonnellement par Pierre de Marandi et Léonard de Chesrade, clercs à la cour du seigneur official de Limoges, commis et délégués et soussignés pour la lecture et l'exécution des actes de cette cour. Les parties ayant ensuite promis spontanément de se soumettre à ace qui va être dit ci-après comme à une sentence juridique. Alors nous official de Limoges, accordant une fois entière aux présentes conventions, telles que les actes nous en ont été remis par nos commissaires précités, qui les ont reçus et rédigés à notre place et sous notre autorité, voulons qu'il y soit ajouté une foi aussi complète que si ces mêmes actes avaient été rédigés ou reçus par nous. Nous leurs donnons notre ratification que s'ils résultaient d'un jugement prononcé par nous en notre cour provinciale, nous y avons fait opposer notre sceau de la cour de Limoges afin qu'ils accordé une foi pleine et entière à toutes les choses y contenues.

Donné et fait au château des Cars en présence de homme noble Me Antoine de Sanète, fidèle damoiseau, seigneur de la Ribière, homme religieux Jean de l'ordre de Saint Benoît, Jean de Lamarie et Jean de Rosin, clercs, tous témoins commis et appelés et présents le 24 du mois d'avril de l'an du seigneur 1481. Ainsi signé : De Chaneyde avec le jurisconsulte précité, de Marandu avec le jurisconsulte de Cheyrade.

Voici donc quels étaient les droits de juridiction du prieuré de Bussière--Badil. Ce droit fut toujours contesté par les seigneurs de Varaignes, ainsi qu'il résulte des accords survenus en 1401, 1474, 1481, 1495, 1503 et 1541 (4) ; mais les prieurs eurent toujours gain de cause, en voici quelques preuves.

En 1764, Lajamme de Belleville et delle Thomas, son épouse, assignés à la cour de Varaignes, déclarent par leur procureur Thomas Bernard, jeune, qu'ils n'ont pu être valablement assignés à Varaignes puisqu'ils résiident à Bussière-Badil, où il y a justice qui connaît de toutes causes à l'exception des affaires criminelles. Sur les conclusions du procureur d'office, Me Léonard Bernard, la cause est renvoyée pardevant le juge du prieuré de Bussière-Badil.

On trouve également à l'article 12 de l'arrêt du Grand-Conseil, en date du 12 novembre 1780, annonçant la vente des biens de défunt Me Jacques de Laye, ci-devant président en la Chambre des Comptes, Aides et Finances de Normandie, comte de La Vauguyon et seigneur de la châtellenie de Varaignes :

« La justice haute, moyenne et basse dans l'étendue des susdites paroisses à l'exception du bourg de Bussière, à l'égard de laquelle la justice moyenne et basse ne sont point dépendantes de la châtellenie de Varaignes, mais seulement la haute justice ».

En 1789 le seigneur de Varaignes, intervenant dans un procès, fit défense au prieur de Bussière l'abbé Ganderatz (5) de prendre le titre de seigneur de Bussière ; sa demande fut rejetée. Cependant nous avons cru utile de citer la requête qu'il fit à ce sujet, car dans ce document il reconnaît que le prieur de Bussière avait la moyenne et basse justice dans l'étendue de son prieuré.

« Supplie humblement Mre Nicolas-Marie Moreau de Montcheuil, conseiller au Parlement de Bordeaux, seigneur haut justicier de la châtellenie de Varaignes, des paroises de Buzière-Basil, Buxerolle, Eymoutier, Soudat Teyzac, St-Maurice de Montbron et de la baronie de St-Martial de Vallete et autres lieux, disant que les prétentions que le seigneur de Ganerat, abbé commendataire de l'abbaye royale de Buxière vient de faire éclore dans une requête en intervention qu'il a fait signifier au procès pendant en la cour entre le sieur de Jalaniac, prêtre et curé de Buxière Badil, le sieur Jeannet de Lafon, se disant syndic général des habitants de ladite paroisse, et le sr de Lesard, se disant aussi syndic général desdits habitants, forcent le suppliant d'intervenir dans la même instance pour soutenir ses droits que ledit sieur de Ganderat a attaqué, en s'attribuant la qualité de seigneur du bourg et ville de Buxière, et prétendant en cette qualité avoir la police sur une place publique de cette ville. — Fait : — En l'année 1782, quelques habitants de la ville de Buxière, exités par le zèle de leur pasteur, lors vicaire de la dite paroisse, formèrent le projet d'établir un attelier de charité pour soulager les pauvres et écarter les abus de l'oisive mendicité que la disette de cette année semblait autoriser ; en conséquence ils délibérèrent de former une bourse commune pour faire certaines réparations à une place qui est au côté de l'église joignant le cimetière. Quelques autres habitants s'opposèrent à cette entreprise, quels que soient les motifs de cette opposition, le suppliant a gardé le silence, tant que les parties contendantes n'ont pas cherché à jeter du doute sur ses droits de seigneur haut justicier, quoique le sieur Jeannet de Lafond eût donné dans sa requête au prieur la qualité de seigneur du bourg, il avait re ardé cette qualification comme une expression échappée au rédacteur de la requête et qui ne pouvait tirer à conséquence. Mais aujourd'hui le sieur abbé de Ganderat, qui n'a que la moyenne et basse justice, est intervenu dans l'instance et au lieu de se borner à soutenir les droits privés qu'il peut avoir sur cette place, en supposant qu'elle fût une dépendance de son bénéfice, il appuie encore son intervention sur l'inspection et la police qu'il a droit d'exercer sur cette place dans le cas que ce fût une place publique. C'est uniquement cette prétention qui a déterminé le suppliant à intervenir dans l'instance pour obliger le sieur abbé Ganderat à lui reconnaître la qualité de seigneur haut justicier de la ville, bourg et paroisse de Bussière, il peut d'autant moins passer sous silence cette entreprise qu'il été instruit que les officiers dudit sieur abbé de Ganderat ont cherché souvent par des actes clandestins à établir une possession contraire aux droits incontestables du suppliant ; ils sont établis sur les titres les plus autenthiques et notamment par le dénombrement de la châtellenie de Varaignes, des ides de juin 1280, fourni par Robert de Montbron, seigneur de Varaignes, par la cession de cette terre faite par François de Montbron à Gautier de Péruse, qui en prit possession publique le 20 mars 1451 — Routier, notaire royal, — par la transaction passée entre ledit seigneur et R. P. André du Lieutermes, (6), prieur de Buxière, devant Labory et Mazières, notaires royaux, le 12 septembre 1474. Sentence arbitrale rendue par Ponce de Salagna, archidiacre d'Agen, sur le différend existant entre ledit seigneur Gautier de Péruse et Jean de Coulonges (7), prieur dudit Buxière, le 24 avril 1481, par autre transaction passée entre les mêmes parties et pour même fait devant Boschaud, notaire, le 14 février 1495, pour l'enquête judiciairement faite le 19 mars 1503, devant le sieur Etienne Tricar, lieutenant-général de la sénéchaussée de Périgord, par le contrat de vente de la terre de Varaignes faite par la direction des créanciers de la maison d'Escarts et de La Vauguyon à sieur Vincent Le Blanc, le 10 mars 1720, par autre contrat de vente de la même terre fait par ledit Vincent Le Blanc à Mre Pierre-Jacques de Laye, président des Comptes, le 1er octobre 1723, prise de la possession de ce dernier du 20 mars 1724, arrêt d'adjudication par décret de la même prononcé au Grand Conseil au profit de la mère du suppliant le... 1780, et plusieurs autres actes dont ledit seigneur intervenant se réserve de faire usage en temps et lieu, et de tous lesquels actes il résulte incontestablement que dans le temps le plus reculé comme actuellement la justice de la ville, bourg et paroisse de Bussière-Badil a toujours fait partie intégrante de la châtellenie de Varaignes. C'est donc mal à propos que le sieur abbé de Ganderat a pris la qualité de seigneur du bourg, cette qualification appartient exclusivement au seigneur haut justicier ; c'est de la doctrine de tous les auteurs confirmée par plusieurs arrêts, entre autres celui du 30 mars 1627 rapporté par Lapeyre, lettre S n° 13, par lequel il fut jugé que le seigneur haut justicier prendrait le nom de la paroisse à l'exclusion du seigneur moyen et bas de la même paroisse. Ce con. N. il v. p. de vos. g. faisant droit de la présente requête, recevoir le suppliant partie intervenante au procès pendant en la cour entre le sieur abbé de Jalagnac, prêtre, curé de Buxière, le sieur Janet de Lafon, se disant syndic général des habitants de ladite paroisse, le sieur de Lessard, se disant aussi syndic général desdits habitants, ce faisant sans s'arrêter aux dits ou allégués par le sieur abbé de Ganderat, lui faire inhibition et défense de prendre la qualité de seigneur de la ville et bourg et paroisse de Buxière, n'y exercer aucun acte de justice sur ladite place publique autres que ceux qui peuvent appartenir au seigneur moyen et bas justicier, à quoi conclut avec dépenses et F. B.

Cassé le suppliant sa requête en jugement fait à Bordeaux en parlement le 18 juillet 1789 — Signé : Combre. »

Cependant le juge du prieuré de Bussière-Badil connaissait de toutes causes, excepté des affaires criminelles ainsi que nous avons pu le constater par divers jugements rendus à la cour de Bussière. En voici quelques exemples

En 1677. Jugement pour coups et blessures entre des habitants de Maudeuil, paroisse d'Eymouthiers (Charente), dépendant de la juridiction du prieuré de Bussière.

En 1715. Jugement nommant un tuteur aux enfants de feu Descrachapt sr des Essarts.

En 1718. Emancipation de Antoine-Nicolas de Lafayanne.

En 1729. Renonciation à succession devant le juge de Bussière.

En 1729. Jugement en payement de 200 livres contre Jeanne Descrachapt.

En 1736. Jugement en payement de 150 livres entre Jacques Martial Dohet, seigneur de Boyron et Sauvo Léonard, sr des Versannes.

En 1783. Jugement en payement d'arrérages de rente dus par les fils Bernard aux sœurs de Sainte-Claire de Nontron (tant pour raison de la rente instituée de cent livres que pour la pension viagère de Marguerite Bernard, religieuse professe au dit couvent).

La juridiction du prieuré de Bussière-Badil comprenait les paroisses de Bussière, Soudat, Busserolles et Eymouthiers.

Les juges et autres officiers des justices seigneuriales n'avaient point d'émoluments fixes, ils étaient payés par les parties suivant un tarif établi par la cour d'où elles ressortissaient. Voici quels étaient ces droits d'après un arrêt de la Cour de Parlement de Bordeaux, en date du 15 mai 1698 :

• Droits du juge et procureur d'office tant en matière civile que criminelle...

Pour chaque appointement (8) interlocutoire portant coup en définitive, trois sols.

Pour la signature d'un appointement de condamnation, trois sols, et s'il porte mandement, six sols.

Pour un appointement qui porte le serment des parties, six sols.

Pour la signature d'un appointement portant qu'un dommage sera veu et visité, trois sols.

Pour la signature de l'appointement de serment d'experts, trois sols pour chaque expert.

Pour le droit du rapport des dits experts, trois sols pour chacun. Pour une audition catégorique, cinq sols.

Pour la déposition de chaque témoin en enquête, trois sols.

Pour le droit de mandement de saisie sous caution, six sols.

Pour la signature d'un expédient accordé par les parties, seize sols.

Pour le droit de pareatis (9) et lettres réquisitoires, trois sols.

Pour la signature d'un appointement portant acte de la nomination d'un curateur faite par un adulte, trois sols.

Pour un appointement portant que les mineurs seront pourvus d'un tuteur, trois sols.

Pour la signature d'un appointement portant qu'un tuteur ou curateur, prêteront le serment, trois sols, et lorsqu'il lèvera la main, ou qu'il sera ordonné que le serment sera tenu pour prêté, seize sols.

Au procureur d'office, pour son droit dudit appointement de provision, seize sols.

Pour le droit de vacation du juge à la faction d'un inventaire des biens de mineurs, non pourvus, s'il en est requis suivant les séances qu'il y employera, à raison de trois livres quatre sols par séance.

Au procureur d'office, idem.

Si l'inventaire est fait ou qu'il soit ordonné qu'il sera procédé à la vérification dicelui, trois livres quatre sols par séance.

Pour le procureur d'office, idem.

Pour le transport dudit juge s'il en est requis, trente-deux sols.

Pour le procureur d'office, idem.

Pour l'émancipation, seize sols.

Pour l'appointement qui octroye acte de la prestation et affirmation d'un compte, seize sols.

Pour le droit de quittance judiciaire, seize sols.

Pour les proclamats (10) sur la délivrance (les fruits des biens saisis, des biens des mineurs ou de leurs personnes, au moins disans, pour chacun trois sols.

Pour l'appoinlement qui dispense de faire les proclamats, douze sols.

Pour la réception des enchères, trois sols pour chacune.

Pour la délivrance des susdits fruits, ou des personnes des mineurs seize soli!.

Au procureur d'office, idem.

Pour l'appointement portant permission de vendre les meubles des mineurs, seize sols.

Au procureur d'office, idem.

Pour la réception de la caution sans contestation, seize sols, et quand il y aura contestation, trente-deux sols.

Pour le droit de signature des appointements de main-levée des sommes, meubles non saisis, ou du bétail qui sera dans le parc de justice, au juge, seize sols.

Au procureur d'office, idem, s'il est ouï.

Au dit procureur d'office pour assister à le vente des meubles des mineurs en cas qu'ils ne soient pourvus de tuteur, trois livres par séance.

Pour l'appointement d'averation de promesse d'une personne vivante, au juge, trois sols. Et s'il s'agit de l'averation de l'écriture d'une personne morte, et qu'il la faille faire par comparaison de seing, suivant la déclaration de Sa Majesté, seize sols.

• Droits des procureurs au civil...

Pour chaque présentation, tant en demandant qu'en défendant, huit sols, en cas que la somme excède dix livres, et en cas de seconde présentation, ou en chose, ou en somme demandée n'excédant dix livres, cinq sols.

Pour chaque requisition en jugement, deux sols.

Pour le droit d'inventaire de production qui contiendra vingt-cinq lignes en chaque page, et quinze syllabes à chaque ligne, pour chaque feuillet, cinq sols.

Pour le droit de compte en grand papier, avec la même contenance, cinq sols par feuillet.

Pour chaque feuillet de rolle de loyaux-coûts, avec même contenance, quatre sols.

Pour assister le juge à la visite qu'il fera à quelque malade, le tiers moins de la taxe du juge.

Pour la présentation lorsqu'il y aura assignation ù voir faire le serment en conséquence d'un appointement ou sentence, huit sols.

Pour la présentation sur la main-levée du bétail, huit sols. Pour la présentation sur une délivrance de fruits des biens des mineurs, ou de leurs personnes, au moins disant, huit sols.

Pour la signature d'un expédient (11), huit sols.

Pour l'assistance à un inventaire, ou à la vente des meubles des mineurs, ou autres, en cas que le procureur soit requis par la partie d'y assister, le tiers des droits du juge, suivant la déclaration de Sa Majesté.

Pour l'assistance à une montrée, ou autrement, le tiers moins des droits du juge, suivant ladite déclaration.

Pour la production des témoins en une enquête, cinq sols.

Pour dresser une plainte par requête, seize sols.

• Droits du greffier au civil...

Pour le registement et appel de la cause pour la première fois, un sol.

Pour l'expédition d'un appointement de condamnation, trois sols.

Pour l'expédition d'un appointement portant qu'un dommage sera vu et visité, trois sols.

Pour l'expédition d'un appointement de prestation de serment des experts, six sols:

Pour le droit de rapport des experts, trois sols pour chacun expert, sans y comprendre l'expédition de l'appointement, duquel il prendra trois sols seulement.

Pour une audition cathégorique, cinq sols, sans comprendre la grosse, pour laquelle il prendra à raison de deux sols six deniers par feuillet.

Pour la déposition de chaque témoin, soit en enquête sommaire, ou autrement, trois sols, sans y comprendre la grosse..

Pour un mandement de saisie sous caution, six sols.

Pour un pareatis et lettres réquisitoires, trois sols.

Pour un appointement portant que le tuteur prêtera le serment trois sols, et lorsqu'il prêtera le serment, ou qu'il sera tenu pour prêté, seize sols, y compris l'expédilion.

Pour le droit et vacation d'un inventaire des biens des mineurs, le tiers moins au juge ou la grosse.

Pour la vérification d'un inventaire, le tiers moins qu'au juge ou le droit de grosse.

Pour une émancipation, seize sols.

Pour la répudiation d'hérédité, huit sols.

Pour le droit d'assistance il un compte des mineurs ou autre, le tiers moins qu'au juge ou le droit de grosse.

Pour chaque proclamat, trois sols, et s'il y a appointement qui dispense de faire les proclamats, douze sols.

Pour la réception de chaque enchère, trois sols.

Pour la délivrance des fruits ou personnes des mineurs, seize sols.

Pour la réception des cautions, seize sols.

Pour une quittance judiciaire, seize sols, sans y comprendre l'expédition de l'appointement, duquel il prendra trois sols.

Pour un appointement do mainlevée des sommes, meubles ou bétail qui sera dans le parc de justice, seize sols.

Pour le droit de distribution de chaque sac, trois sols.

Pour assister à la vente des meubles des mineurs non pourvus de tuteur, le tiers moins qu'au procureur d'office, ou le droit de grosse.

Pour appointement portant affirmation d'un compte, seize sols.

Pour l'averation d'une promesse, trois sols, outre l'expédition de l'appointement, dont il prendra trois sols.

Pour le droit d'affirmation, trois sols.

Pour les grosses des enquêtes, attestations, procès-verbaux de visite en matière civile, et sentences dans les tutelles le greffier sera obligé de mettre vingt-cing lignes à chaque page, et quinze sillabes à chaque ligne, il sera payé de deux sols six deniers par feuillet, avec défense de grossoyer aucunes requêtes en inhibitions, ni prendre de plus grands droits que ceux qui ont été ci-dessus taxez.

• Droits du prévôt, bayle et sergent ordinaire...

Pour chaque assignation donnée au bourg de la juridiction, et aux environs cinq sols, et hors du bourg, dix sols, sans y comprendre le papier et le controlle.

Pour les significations des appointements, requêtes et autres actes qu'ils signifieront aux procureurs, dans les domiciles qu'ils seront obligés d'élire dans le bourg ; et au cas qu'ils n'y soient pas restans, deux sols, et si la signification est faite à personne, cinq sols, attendu le controlle, et dans l'étendue de la juridiction hors le bourg, dix sols, sans comprendre le papier de controlle.

Pour le droit des simples commandements, ciml sols, dans le bourg et ès environs, hors le bourg dix sols.

Pour le droit réitératif commandement, saisie et exécution mobiliaire, trente-deux sols, et dix sols pour chaque assistant, sans comprendre le papier et le controlle.

Pour le droit de chaque emprisonnement fait dans le bourg et ès environs, trente-deux sols et dix sols pour chaque assistant, si l'emprisonnement est fait dans le bourg, et dans l'étendue de la juridiclion ; trois livres quatre sols y compris les assistants, outre le papier et controlle.

Pour chaque proclamat des fruits des biens des mineurs, ou autres biens saisis, trois sols.

S'il est présent par ordre du juge lors de la faction des inventaires, ou en cas de transport, dix sols.

Pour chaque séance qu'ils vaqueront à encans de meubles, vingt sols, et ne pourront procéder à aucune vente et encan qu'en présence du greffier, et remettront le procès-verbal au greffe pour des mineurs, procureurs d'oflice et autres y ayant intérêt.

Pour le droit de geolle d'un prisonnier, deux sols six deniers par jour.

Pour le droit d'entrée cinq sols, et pour la sortie, autres cinq sols.

Pour le bétail à corne, chevaux et jumens, pour entrée et sortie, cinq sols par pièce.

Pour le droit de nourriture, tant pour le jour que pour la nuit, six sols.

Pour le droit de garde, deux sols par jour et nuit.

Pour le menu bétail, tant pour le droit d'entrée que sortie, un sol par tête.

Pour la nourriture un sol.

Pour le droit de vente faite en conséquence d'un exécutoire ou condamnation au devant le parquet de la juridiction, quatre deniers par livre, sans y comprendre le droit du procès-verbal, à raison de deux sols six deniers par feuillet, qui contiendra vingt-cinq lignes à chaque page, et quinze sillabes à chaque ligne.

Seront tenus les prévôts, bayle et sergent ordinaire de la juridiction, de se rendre dans le parquet les jours d'audience ; et ne pourront s'absenter plus d'un jour de la juridiction, sans cause et sans permission du juge ou du procureur d'office en cas d'absence du juge. Signé, Belluye.

Pour les officiers de la juridiction de Bussière, voici les noms que nous avons trouvés jusqu'à la Révolution :

1° Juges et lieutenants de juges. — 1617, Mancy-Deyriaud. — 1672-75, Léonard Bouthinon. — 1677-87, Hélie Dayres, lieutenant de la chastellenie de Bussière et Busserolles. — 1691-96, de Basset, avocat en la cour et parlement de Bordeaux. — 1693-97, Léobon Nicolas, lieutenant. — 1696-1730, Jean de Peyris sr de Laboissière, juge sénéchal, 1730. Par suite de vacance, Mousnier, plus ancien procureur, remplit les fonctions de juge. — 1730-43, Lazare Agard sr de Roumejoux, juge de Bussière, Soudat et autres lieux, nommé le 9 septembre 1730 par J.-B. Le Clerc du Vallon des Alleux, abbé commendataire et seigneur prieur de Bussière-Badil. — 1746-56, Noël d'Urtelle sr de Saint-Sauveur. — 1757-74, Léonard Bernard, sr de Lajartre, nommé en 1757 par Claude d'Anteroche, prieur de Bussière, mourut en 1773. — 1775-90, Pierre Janet de Lasfons, demeurait à Etapeau, commune de Bussière, et s'intitulait également juge de Connezac.

2° Procureurs d'office. — 1672-93, Pierre Nicolas. — 1710-30, Lazare Agard. — 1736-57, Thomas Bernard de Lajartre. — 1758, Léonard Bernard, sr de Lajartre. — 1766, Antoine-Sicaire Eyriaud, sr de Béchemore. — 1771, Eyriaud, notaire (12).

3° Procureurs ordinaires. — 1666, Jacques Alexis. — 1675, Depeyris. — 1692, Roche Pierre, me ès-arts. — 1693-1734, André Bernard. — 1695-1743, Daugeras Pierre, sr de la Charbonnière. — 1695-1723, Giry and Montazeau Antoine. — 1710, Durtelle, sr de Labregère. — 1714, Guay. — 1722-62, François Guay. — 1730-64, Jean Daugeras. — 1732-61, de Commancas Lazare. — 1743-62, Jean Félix. — 1761-64, Mondet sr du Peyrat. — 1762-77, Thomas Bernard, jeune. — 1768, De Lachaume. — 1780-81, Henri Durtelle, sr de Labregère. — 1781-88, Raymond Janet Lasfons. — 1781-84, Poumérol, sr du Peyrat.

4° Greffiers. — 1569, Guillaume Durousseau (13). — 1672-88, Léobon Nicolas. — 1692-1742, Aupy Jean, sr Duclaud. — 1695, Bourcin. — 1714-27, Léonard Bernard, praticien. — 1710-62, Commencas. — 1713, Mondet. — 1727, Agard. — 1715-42, Hélie Aupy, sr du Mesnieux. — 1734, Depeyris. — 1758, Charron. — 1764, Cheyron, sr des Martinies. — 1765-83, Mousnier Jean.

5° Sergents royaux. — 1597, Le Reclus (14). — 1655-66, François Lacombe. — 1664, Jean Roudy. — 1668, Grand. — 1677-86, Hastelet. — 1699, Migniot.

6° Sergents ordinaires. — 1669-79, Jean Delage. — 1691-94, Jean Gaillard. — 1694-97, Vignaud Simon. — 1695-1700, Braud Jacques. — 1696, de Bonnefoy. — 1705-22, Dijou. — 1741, Petit. — 1755, Lhote. — 1773-90, Michel Chamoix.

On trouve aussi en 1710-11, Gillibert, sergent reçu et immatriculé au siège royal de Ségur. — 1713-34, Fargeas François, sergent général immatriculé au siège royal des appeaux de la ville de Ségur. — 1730-31, Verneuil, huissier, immatriculé au Palais de Périgueux. — 1767, Sicaire Puybaraud fils, huissier. — 1784, Boulestin Léonard, archer garde en la connétablie de France, reçu et immatriculé à la table de marbre du Palais à Paris et sénéchaussée d'Angoumois et Périgueux, demeurant à Bussière.

7° Notaires royaux. — 1530, Lajamme (15). — 1603-39, Lajamme. — 1676, Durousseau. — 1710-39, Lazare Agard. — 1713-61, François Guay. — 1750, Duvillard. — 1765-84, Sicaire Antoine, sr de Béchemore. — 1779-90, Raymond Janet de Lasfons.

8° Autres notaires. — 1628, Peyrouny (16). — 1642-93, André Agard. — 1642-43, Martin ou Martial Vigniaud. — 1663-56, Jacques Alexis. — 1685-96, Nicolas. — 1685-1719, Antoine de Montazeau. — 1688-92, Allafort. — 1703-67, Daugeras Jean, sr de la Charbonnière. — 1707, Payraud. — 1717, Mousnier.

Il nous a semblé, en faisant ce travail, que souvent les notaires étaient en même temps ou procureurs ou greffiers, c'est ce qui expliquerait les similitudes de noms et de dates que l'on trouve dans ces diverses charges.

Puis, vint la Révolution qui détruisit toutes ces institutions et adopta un autre système qui, malgré plusieurs modifications, subsiste encore.

Louis Sauvo-Desversannes

Notes :

1. Poncius ou Pons de Salignac était probablement de la famille des Salignac de La Mothe-Fénelon, qui était alliée aux des Cars ou d'Ecarts.

2. Jean-Hélie de Colonges (Nob. du Lim., t. II, p. 503 et Bull. de la Soc. hist. du Périgord, t. XX, p. 142.)

3. Noble et puissant seigneur Gauthier de Péruse, IIe du nom, chevalier, reçut de son père, par testament, les seigneuries des Cars, de la Coussière, de la Vauguyon, de Nontron, de Juillac, de la Tour-de-Bar, etc., et l'hôtel de Péruse. Il avait épousé en secondes noces le 17 octobre 1451, Andrée de Montbron, dame de Varaignes, fille de François, 1er du nom, vicomte d'Aunay, etc. (Nob. du Lim., t. I, p. 282).

4. Bull. de Ia Soc. hist. du Périgord, t. XIX p. 106 — de Laugardière.

5. Paul de Ganderaz ou Ganderatz entra en possession du prieuré de Bussière-Badil le 22 décembre 1766. — Etude du notaire — Bull. de la Soc. hist. du Périgord, t. XX p. 145.

6. Ce même personnage est appelé R. P. André de Livene dans la transaction citée plus haut ; il s'agit évidemment du même.

7. Jean-Hélie de Collonges.

8. Jugement.

9. Pareatis, permission qu'on obtenait en chancellerie, afin de pouvoir mettre un arrêt ou un jugement à exécution ailleurs que dans le ressort du tribunal par lequel il avait été rendu.

10. Criées ou proclamations à son de trompe.

11. Sorte de compromis préparé par les parties ou leurs procureurs et qui était communiqué au tribunal pour rendre un jugement conforme.

12. De Laugardière, Bulletin de la Soc. hist. du Périgord, t. XIX, p. 108.

13. De Laugardière.

14. Idem.

15. Idem.

16. Idem.

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10 mai 2020

Certificats pour Pierre Méhée d'Ardenne

Certificats de service dans les gendarmes, pour Pierre Méhée d'Ardenne. — 1711-1737.

Nous, Hercules Mereadec, prince de Rohan et de Maubuisson, marquis d'Annonay et de Sainte-Marie du Mont, comte de La Voulte, Tournon, Albon et Saint-Géran, baron de Préaux, Vigny, Longuesse et autres terres, capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes de la garde du Roy, lieutenant général de ses armées, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté, des provinces de Champagne et de Brie,

Certifions à tous qu'il apartiendra, que le sieur Dardenne est l'un des gendarmes de la deuxième compagnie, lequel se mettra incessamment en esquipage pour joindre la cornette d'icelle.

En foy de quoy luy avons fait expédier le présent certificat signé de notre main, scellé du cachet de nos armes, et contresigné par notre secrétaire.

Donné à l'armée de Flandres, le premier juillet mil sept cens onze.

Hercules de Rohan.
Par Son Altesse,
Joncheray.

(Cachet)

Hercules de Rohan, prince de Soubize, duc de Rohan-Rohan, pair de France, gouverneur de Champagne et Brie, commandant la compagnie dés gendarmes de la garde du Roy,

Certifions à tous qu'il appartiendra, que le sieur Méhée Dardenne sert dans la compaynie des gendarmes de la garde du roy depuis vingt sept années.

En foy de quoy nous lui avons fait expédier le présent certificat signé de notre main, scellé du cachet de nos armes, et contresigné par notre secrétaire.

Donné à Versailles, le 29 may mil sept cens trente-sept.

Hercules de Rohan.
Par Monseigneur,
Dauvillié.

(Cachet)

Provisions de chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis.

Louis, par la grâce de Dieu, etc.

Comme Nous avons une satisfaction particulière des bons et fidels services que le sieur de Méhée d'Ardenne, l'un des deux cents hommes d'armes de Nos Ordonnances, servant à la garde ordinaire de Notre personne, a rendus au feu Roy Notre très honoré seigneur et bisayeul, de glorieuse mémoire, dans les divers employs de guerre qui luy ont esté confiez, et de ceux qu'il continue de Nous rendre ; que Nous sommes dailleurs informez de ses bonnes vies et mœurs, religion catholique, apostolique et romaine, ainsy qu'il parroit par les certificats cy attachez, sous le contre-scel de ces présentes, qui justifient aussy de sesdits services; A ces causes et autres à ce Nous mouvans, Nous avons ledit sieur de Méhée d'Ardenne fait, constitué, ordonné et estably, faisons, constituons, ordonnons et establissons par ces présentes signées de Notre main, chevalier dudit Ordre militaire de St-Louis.

Donné à Versailles, le vingt-septiesme jour de juin, l'an de grâce mil sept cens trente-six, et de Notre règne le vingtuniesme.

Louis.

(Grand sceau de l'Ordre).

Certificat de chevalier de Saint-Louis.

Nous, Jooseph de Marnays de Saint-André, maréchal des camp ès armées du roy, commandeur de l'ordre militaire de Saint-Louis, gouverneur de Die et de l'hôtel royal des Invalides,

Certifions avoir connoissance que feu M. de Ganges, mon prédécesseur, en exécution des ordres du roy, à luy adressés le six juin de l'année dernière, a conféré le huit dudit mois la croix de l'ordre militaire de Saint-Louis, au sieur Methée (pour Méhée, faute du secrétaire) Dardennes, gensdarme de la garde ordinaire de Sa Majesté; en foy de quoy nous avons délivré le présent, signé de notre main et cacheté de nos armes, pour servir et valoir en tout ce que de raison.

Fait à Paris, dans l'hôtel royal des Invalides, le neuf aoust mil sept cent trente-huit.

Saint-André.

(Cachet)

Certificat de catholicisme.

Nous, aumônier des gendarmes de la garde ordinaire de Sa Majesté, certiffions à tous qu'il apartiendra, que messire Pierre Mehée, écuyer, seigneur d'Ardenne, gendarme de la dite compagnie, professe la religion catholique, apostolique et romaine. En foy de quoi nous lui avons délivré le présent, pour lui valoir et servir ce que de raison. A Paris, le premier aoust 1736.

C. Le Bigot.

Nous, vicaire général de Mgr l'archevêque de Paris, certifions que le sieur Le Bigot, qui a signé l'acte cy-dessus, est tel qu'il se qualifie, que foy doit être ajoutée à son seing où besoin sera. Donné à Paris, ce vingt-six d'aoust mil sept cens trente-huit.

L. de Romigny, vicaire général.

Par mandement,
Martin.

(Timbre de l'archevêché)

Source : Le château d'Ardenne et la seigneurie de Moulidars en Angoumois, de Gabriel Tricoire.

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Le combat du faubourg Saint-Antoine

Face à l'inconstance des Gardes du corps, le pouvoir royal peut néanmoins compter sur le soutien infaillible de la compagnie des Chevau-légers de la garde. Cette dernière est de surcroît intimement liée aux deux plus grandes figures militaires de la Fronde : Turenne et le Grand Condé. »

En 1649, la compagnie, sous le commandement de Condé pendant la guerre, est rappelée à Paris auprès du roi. Condé s'est à son tour retourné contre Mazarin, bientôt rejoint par Turenne. Ce dernier prend lui aussi parti contre la régente et son cardinal ministre. Après la « Fronde parlementaire », la « Fronde des Princes » et une nouvelle coalition des Parlementaires contraignent Mazarin et la cour à s'exiler. Les tentatives d'apaisement du ministre qui fait libérer les princes arrêtés lui permettent uniquement de rallier Turenne à sa cause. Le 7 septembre 1651, la majorité de Louis XIV est proclamée et le 12 décembre suivant, le roi rappelle Mazarin à la cour. Dans le même temps, Turenne prend le commandement de l'armée royale. Le 27 mars, la duchesse de Montpensier fait fermer les portes de Paris aux troupes royales qui doivent contourner la capitale. Les troupes de Condé en profitent pour harceler l'armée royale de Turenne. Les deux chefs se livrent alors à plusieurs escarmouches. Turenne fait assiéger Paris, tandis que Condé tente de libérer la ville. Le 2 juillet, les Chevau-légers et les Gendarmes de la garde, sous les ordres de Jacques de Stuer de Caussade, marquis de Saint-Mégrin, capitaine-lieutenant des Chevau-légers, se rendent maîtres de Saint-Denis et partent vers Paris. Ils doivent se mettre sous les ordres de Turenne, qui veut forcer, grâce aux Gardes françaises, l'entrée de la capitale par le faubourg Saint-Antoine. Saint Mégrin et ses cavaliers, en soutien du régiment des Gardes, doivent se joindre à la colonne.

La tension atteint son paroxysme lorsque la Grande Mademoiselle fait tirer sur les troupes royales depuis la Bastille. Prise au piège dans les faubourgs, la colonne de la Maison du roi et des Chevau-légers subit de lourdes pertes. Paul Mancini, l'aîné des neveux du cardinal de Mazarin, lieutenant de la compagnie, est blessé de deux coups de mousquets à la jambe dont il succombe quelques semaines plus tard. Saint-Mégrin est, quant à lui, tué en plein combat.

Ce sacrifice vaut à Jacques de Stuer de Caussade et aux Chevau-légers de la garde de grands honneurs :

« Monsieur de Saint-Mégrin a été enterré dans la grande église de Saint-Denis, tout contre le seuil de la porte qu'il avait brûlé un mois auparavant, en y attaquant les gens de M. le Prince. Les moines n'ont pas manqué de faire cette observation, et ont consenti, bien à peine, qu'il fut enterré en une église destinée pour la sépulture des rois. »

Pour les contemporains, la Fronde fut souvent associée au duel. Hervé Drévillon note que cette association est alors encouragée par la réactivation d'une culture héroïque qui valorise les coups d'éclat et le modèle de l'action. La période de la Fronde est d'ailleurs marquée par une recrudescence des duels, souvent attribués à la faiblesse du pouvoir royal et à l'instabilité politique. Mais elle exprime aussi la popularité d'un culte du héros qui associe exploit guerrier et combat singulier. Condé en fut le brillant exemple à Rocroi. Durant la Fronde, Condé incarne cette idée de retour à une utopie chevaleresque. L'expression des révoltes nobiliaires de la Fronde obéit à cette logique. Arlette Jouanna a souligné que le Grand Condé ne s'était pas rebellé contre le pouvoir de Mazarin, mais parce que celui-ci avait « blessé son honneur » en le privant brutalement des faveurs royales, voyant en lui un nouveau Concini. Inversement, la royauté, qui tend vers un renforcement de l'absolutisme avec Richelieu puis Mazarin, ne peut accepter cette valorisation du duel à travers la rébellion de Condé, puisqu'elle apparaît comme une appropriation privée du droit de justice réservée à Dieu et donc au souverain. La mort de Saint-Mégrin, capitaine-lieutenant des Chevau-légers du roi, fut érigée en sacrifice, car elle faisait de lui un défenseur de l'autorité du roi et correspondait en même temps à la figure du héros, capable de susciter l'admiration.

Devenu un symbole de sacrifice et de fidélité au pouvoir royal, la succession à la tête des Chevau-légers devient un véritable enjeu. Turenne lui-même est un temps pressenti pour en devenir le nouveau capitaine lieutenant, mais selon Abraham Van Wicquefort, c'est surtout pour « se payer de deux cents tant de mille livres qui lui sont dus par le roi ». Mancini doit récupérer la charge, mais lorsqu'il meurt de ses blessures, elle est finalement donnée au père de Saint-Mégrin, le comte de La Vauguyon, en dédommagement du sacrifice de son fils. La Vauguyon la vend à son tour au comte de Navailles, non sans que ce dernier ait été agréé par le roi, qui a bien conscience de l'enjeu que représente cette charge pour sa sécurité :

« Le sieur comte de la Vauguyon s'étant démis en nos mains de la charge de notre lieutenant en notre compagnie de deux cents chevaux légers ordinaires de notre garde, et désirant la remplacer d'une personne qui puisse nous y servir dignement, nous avons estimé que nous ne pouvions pour cet effet faire un meilleur ni plus digne choix, que vous pour les preuves signalées que vous avez rendu de notre grande valeur, expérience en la guerre, prudence, conduite, fidélité et affection inusables à notre service et des autres bonnes qualités qui sont en vous, tant dans les dites charges qu'en plusieurs emplois considérables que nous vous avons confié au commandement de nos troupes et dans nos armées, dedans et dehors notre royaume, et dont vous vous êtes acquitté à notre entière satisfaction, et voulant vous en donner des marques, et faire connaître de plus en plus l'entière confiance que nous prenons en vous, nous vous avons fait, constitué et établi, faisons, constituons et établissons par ces présentes signées de notre main, lieutenant en nôtre compagnie de deux cents chevaux légers ordinaires de notre garde. »

La lassitude, la peur des violences et surtout l'absence de motivations communes à la noblesse et aux parlementaires engendrent finalement le ralliement de la population à la monarchie et à Louis XIV, qui entre triomphalement dans Paris le 21 octobre 1652. La Fronde entraîne ainsi un renforcement de l'absolutisme qu'elle a initialement combattu. Mazarin, qui a cristallisé l'hostilité des Parisiens, doit cependant attendre le 3 février suivant pour faire son retour dans la capitale.

Source : Défendre le roi, de Rémi Masson.

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02 mai 2020

Marie de Stuer de Caussade

Il y a quelques mois que je vous appris la mort de Madame la Comtesse de la Vauguion, Princesse de Carancy, Marquise de Saint-Megrin, & Heritiere de ces trois Maisons. Son corps fut mis d'abord en dépost sous un Dais au milieu de la Chapelle du Chasteau de Saint-Megrin en Xaintonge, sur une estrade de trois marches, couverte de noir, & entourée de plusieurs flambeaux d'argent. La Chapelle estoit tenduë de drap noir depuis le haut jusqu'au bas, & le Corps, auprès duquel deux Recollets prioient jour & nuit, y estant reste jusqu'au 23. de May, ce jour-là, aprés un Service solemnel qu'on celebra dans cette Chapelle, il en fut tiré pour estre conduit dans celle du Chasteau de la Vauguion en Poitou, dans la maniere qui suit. Un Carosse drapé à six chevaux enharnachez de noir, dans lequel estoient Mr le Prieur de Buxerolles, & Mr le Curé de Saint-Megrin, marchoit le premier. On voyoit ensuite plusieurs hommes à cheval, vestus de noir avec de grands crespes à leurs chapeaux, tous Domestiques de cette Comtesse, & de Mr le Comte de la Vauguion son Fils, & portant chacun un gros flambeau de cire blanche allumé. Immediatement aprés eux marchoit le Corps de Madame de la Vauguion, dans un chariot à six chevaux, drapé de noir, sur lequel estoit une representation couverte de Velours noir, croisé de moire d'argent, bordé d'hermine, & ayant aux quatre coins les Armes de cette Comtesse, qui sont d'Escars la Vauguion, écartelées de Bourbon Carency, & sur le tout de Stuer, partie de Quelen de Broutay, qui sont les Armes de son premier Mary, couronné d'une Couronne Comtale, surmontée de Fleurs de Lis ; comme estant issue & Heritiere du Prince de Bourbon Carency, & aprés le Chariot estoient deux Gentilshommes de lamésme Dame, suivis d'un autre Gentilhomme de Mr le Comte de la Vauguion, qui avoit la charge du Convoy. Il passa le mesme jour à Angoulesme, & il y fut receu avec la plus grande affluence de peuple qu'on y ait jamais vu, par tous les Curez, & au son de toutes les Cloches de la Ville. Le lendemains deux lieuës du Chasteau de la Vauguion, il se trouva plus de deux cens Chevaux de la Terre de la Vauguion, pour faire honneur au Corps de cette Dame, & le tout marchant en tres bon ordre arriva à ce Chasteau sur le soir. Un grand nombre de Curez, conviez pour l'enterrement, allerent à cinq cens pas au devant du Corps, suivis du Capitaine du Chasteau de la Vauguion à la teste des Gardes Chasse de ce Comté, des Senechaux de la Vauguion, du Broutay, de Saint-Megrin & de Varaignes, & du Maistre d'Hostel de Mr de la Vauguion, portant une Couronne sur un carreau de velours noir, couverte d'un grand crespe. Le tout rentra dans le Chasteau de la Vauguion en l'ordre suivant. Le Clergé le premier, le Capitaine du Chasteau suivi de ses Gardes ensuite, & aprés luy les Domestiques qui estoient descendus de cheval, & qui portoient toujours leurs flambeaux de cire blanche. Ils précedoient le Maistre d'Hostel de Mr de la Vauguion, portant la Couronne, & suivi du Corps couvert du Poële, dont les quatre coins estoient portez par les quatre Senechaux cy-dessus, aprés lequel marchoient les trois Gentilshommes dont on a parlé. En rentrant dans la Basse-court du Chasteau, il se fit une décharge de trois pieces de Canon. La porte du Donjon de ce Chasteau estoit tenduë de noir, ayant un grand Ecusson de toutes les Alliances de feue Madame de la Vauguion. La court du Donjon estoit tenduë d'un lez d'etoffe noire, & la Chapelle de ce Chasteau ; qui est fort grande & fort magnifique, estoit toute tenduë de noir depuis le haut jusques au bas, avec un grand nombre de Cierges. Au milieu il y avoit une estrade de trois marches, couverte de noir, & au dessus un Dais de velours noir à frange d'argent sous lequel fut mis le Corps, & dans ce moment il y eut une seconde décharge de Canon du mesme Chasteau, qui en fit une troisième quand le Corps fut enterré. Le tout se fit par les soins de Mr le Marquis de Saint-Megrin, Fils unique de Madame de la Vauguion, & de feu Mr le Comte du Broutey, son premier Mary, lequel dés la mort de Mr de la Vauguion, a pris le nom de Comte de la Vauguion, comme en estant heritier & possesseur (Le Mercure galant - Juillet 1694).

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Saint-Mégrin, mignon du roi

Après Entraguet, Saint-Sulpice, Caylus, Saint-Luc et d’O, l'affection royale se porte sur Paul de Stuer de Caussade, sieur de Saint-Mégrin. Sa maison, qui remonte au XIVe siècle, est possessionnée près du littoral atlantique, dans la vicomté de Rohan, et en Saintonge, province où se situe la terre de Saint-Mégrin. La guerre de Cent Ans a permis aux Stuer d'entrer au service de la Couronne. Jean de Stuer est ainsi Chambellan du roi et sénéchal de Limousin en 1461, puis d'Agenais, de Quercy et de Rouergue en 1476, bailli de Mâcon, et enfin gouverneur de Perpignan et lieutenant en Roussillon. Si ces charges ne sanctionnent pas une position d'autorité locale, elles témoignent de la fidélité de ce soldat en l'instrumentalisant au service de la Couronne. Son frère cadet, Guillaume, reçoit en revanche une fonction dans sa province d'origine, puisqu'il est nommé sénéchal de Saintonge. Il épouse en 1483 Catherine de Caussade, qui lui apporte la terre du même nom et la vicomté de Calvignac, par lesquelles le lignage est recentré vers le Quercy. Leur fils, Pons, épouse en octobre 1516 la représentante de deux lignages de premier plan d'Auvergne et de Périgord, Isabeau de Montbrun, la fille de Jean de Montbrun et de Jacquette de Bourdeille.

La concentration des possessions des Stuer est définitivement réalisée par François, le fils de Pons : il est vicomte de Calvignac, baron de Tonneins au nord d'Agen, Grateloup, Villeton, Montbrun en Auvergne, Puycornet et Saint-Mégrin en Saintonge. Il se trouve donc à la tête d'une fortune foncière considérable. Après être entré au service du roi de Navarre comme Chambellan, il est reçu chevalier de l'Ordre par le futur Henri III en mars 1568, et meurt peu après avoir testé le 13 janvier 1567.

Son second fils, Paul, sieur de Saint-Mégrin et vicomte de Calvignac, né en 1554, est l'héritier de cette fortune. Entré à la cour peu après l'avènement de Henri III, il est vite réputé pour sa richesse. Il devient rapidement Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (1578), puis capitaine de gendarmes et maître de camp de la cavalerie légère. Son ascension s'explique par la double protection du duc de Guise, qui l'aurait présenté au roi, et de son beau-père, Jean d'Escars de La Vauguyon, un personnage de premier plan du sud-ouest qui lui sert de père adoptif et de mentor.

Saint-Luc, d’O et Saint-Mégrin sont les premiers parmi les mignons du roi à recevoir simultanément des charges de cour, des responsabilités officielles de gouvernement et un commandement militaire de première importante. L'association de ces éléments annonce dès 1578 la forme nouvelle de l'utilisation des favoris qui est confirmée à partir de l'année sui vante quand Anne de Joyeuse et Jean-Louis de La Valette reçoivent à leur tour des charges de cour et des commandements militaires. Mais les parcours de Saint-Sulpice ou de Saint-Mégrin nous offrent également des exemples de la stratégie d'isolement des adversaires du roi – notamment des Guise et de Monsieur – par la conquête de leurs clients.

Source : Mignons et courtisans au temps des derniers Valois, de Nicolas Le Roux.

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29 avril 2020

Testament de la marquise de Sauvebeuf

1731, 2 Octobre. — Testament de dame Anne-Thérèse de Chouly de Permangle, marquise de Sauvebeuf. (Archives du comte de Ferrières-Sauvebeuf.)

L’an mil sept cent trente-un et le second jour du mois d’octobre environ midi, au château de Brie, paroisse de Champagnac en Poitou, par devant les notaires soussignés, jurés et reçuts sous le scel du dit Champagnac et Brie, establi par madame la marquise du présent sceil, fut présente haute et puissante dame, dame Anne-Thérèse de Chouly de Permangle, dame marquise de Sauveboeuf, veuve de feu messire Joseph de Ferrières, chevalier, seigneur marquis de Sauveboeuf, habitante en son dit château de Brie, laquelle avons trouvée gisante dans son lit, malade, toutefois saine d’esprit, mémoire et entendement, ainsin qu’il nous a paru ; considérant qu’il n’y a rien au monde de plus certain que la mort, ni rien de plus incertain que le jour et l’heure d’icelle ; elle nous a dit, à nous dits notaires soussignés, nous avoir mandé exprès pour rédiger et mettre par escript son présent testament, par forme de codicille, lequel elle nous a dit et nommé sans suggestion, ni indition de personne, à la forme qui s’en suit : premièrement, la dite dame a recommandé son âme à Dieu le Père Tout-Puissant, le priant par les mérites de Jésus-Christ, son fils, de vouloir lui pardonner ses fautes et péchés, et que, lorsque son âme sera séparée de son corps, il lui plaise la recevoir en son saint-paradis. Item, la dite dame testatrice nous a dit qu’elle aurait fait son testament en la ville de Limoges, et passé par devant Masbaret, notaire royal, de la date duquel elle n’en est point mémorative ; lequel testament elle veut et entend qu’il sorte son plein et entier effet, à la réserve des legs faits en faveur de la nommée Valérie, autrefois sa fille de chambre, et de défunt le nommé Pavot, mort au service de la dite dame, estant son domestique ; lesquels legs la dite dame annulle et annulles, révocque et révocque, voulant qu’il soit de nul effet ; en outre la dite dame, pour la décharge de sa conscience, nous a déclaré avoir oublié dans son testament de faire mention qu’elle était redevable à mademoiselle Germine Pépin, demeurant à Paris, de la somme de dix mille livres employée pour payer à monsieur le président Fortia, de pareille somme qui lui était due sur la succession de feue madame de Permangles, pour la part et portion d’une rente constituée, due par monsieur et la dite dame de Permangle, de la somme de vingt mille livres tournois, laquelle dite dame de Sauvebœuf veut et entend que la dite damoiselle Germine soit payée par préférence à tous autres créanciers, de la dite somme de dix mille livres, ayant été employées à payer la première créance due par madame de Permangles, tante de la dite dame de Sauvebœuf ; de plus, a la dite dame de Sauvebœuf, pour la décharge de sa conscience, a déclaré avoir reçu les papiers qui concernent les affaires qu’elle avoit avec monsieur Cartier, dont elle les décharge ; de plus, par la présente déclaration, elle dit, veut et entend que, sur le blé qui se trouvera dans ses greniers après son décès, il en soit pris la somme de deux cent livres pour la nommée Lizette, actuellement sa fille de chambre, celle de cent livres pour le nommé la Fleur, autre cent livres pour le nommé Ribette, autres cent livres pour le nommé Jannot, muletier de la dite dame, autres cent livres pour la nommée Marsalle, blanchisseuse, autre cent livres pour le nommé Raye, autres cent livres pour le nommé Léonard Mathieu, autres cent livres pour le nommé Tempity, lesquels sont tous domestiques et servantes de la dite dame ; donne et délaisse entièrement au dit Tempity un jardin situé auprès de la maison du dit Tempity, et deux terres contenant cinq boisselées, ou en une appelée du Villard, et l’autre de las Chaumas, lequel dit jardin et terres appartenant autrefois au père du dit Tempity ; de plus la dite dame donne au curé de la dite paroisse de Champagnac, les sommes à elle dues par Pierre Laurent et Laurence du Monteil, sa femme, du bourg de Champagnac, et Jean Ruffier Faure du lieu de Chez Puimourand, en la dite paroisse de Champagnac ; en outre la dite dame donne à perpétuité au dit curé de Champagnac, la somme à elle due par Léonard et Michel Cuisinier, frères du village des Mondoux, en la susdite paroisse, aux conditions que lesdits curés, quand il seront payés des susdites sommes, seront tenus et obligés de faire à perpétuité un service tous les mois de l’année pour le repos de l’âme de la dite dame et de ses parents. Les dits curés ne pourront aliéner les dites sommes, au fond hypothéqué par elle, sans avoir auparavent trouvé un fond convenable et capable de répondre desdits legs, ou fondation dans lequel dict la dicte dame ne prétend y comprendre le fec et rente ; en outre la dite dame, pour la décharge de sa conscience, déclare avoir reçu des nommés Flactines, du village de la Bénéchie, paroisse de Cusaq, plusieurs sommes en déduction de ce qui lui estoit du, sans en avoir donné de quittance et, au cas que plus grandes sommes luy soit deue, elle les en tient quitte, sans pourtant y vouloir comprendre les rentes foncières dues ou à devoir, qu’elle reserve expressément à ses héritiers ; en outre la dite dame fait remise de ceux qui lui doivent dans la dite terre, pour autre fait que celui des rentes, de tous les intérêts à elle dus, réservant expressément les capitaux pour ses héritiers. De plus elle veut et entend employer la somme de deux mille livres d’argent monnayé qu’elle a, pour faire dire des messes pour le repos de son âme, et les distribuer dans les couvents de religieux, selon les intentions qu’elle a déclaré à monsieur l’abbé de Lamotte, qui lui a demandé par exprès qu’il voulait en retirer quittance pour la remettre aux héritiers de la dite dame marquise, qu’il veut que son dit héritier les délivre d’abord après le décès de la dite dame marquise, comme étant chose qui engagerait sa conscience. De plus, la dite dame déclare qu’elle tient quitte et décharge Antoine Authier, son receveur, de toute la recette et régie des revenus de sa terre de Brie, qu’il a fait depuis plusieurs années, attendu qu’elle a été par lui satisfaite et qu’il lui a rendu compte, veut et entend qu’il en demeure vallablement déchargé, sans que ses héritiers puissent en aucune façon l’inquiéter, ni le rechercher sous aucun prétexte, comme étant sa volonté dernière. De plus, la dite dame déclare que tous les meubles qui sont dans les deux chambres que le dit Hautier habite, lui appartiennent, et qu’elle n’a rien à y prétendre, excepté à deux chesnez et à un vieux armoire. Lecture faite à la dite dame marquise de Saulvebeuf du présent codicille, a dit estre sa dernière volonté, y a persisté et veut qu’il soit exécuté et a déclaré ne pouvoir signer à cause de sa grande faiblesse et incommodité, de ce par nous interpellé. De plus la dite dame a déclaré devoir au nommé Saint-Martin la somme de quatre-vingt-dix livres pour reste de gages, sans préjudice aux legs par elle faites par son dit testament, et attendu que la dite dame se trouve en état de signer. Signé : Anne-Thérèze de Permangle, marquise de Sauvebeuf et J. Dupuitren et L. Fourgeaud, notaires.

Source : Histoire généalogique de la maison de Ferrières-Sauvebeuf, de Paul de Chabot.

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Lettre de l'intendant de Limoges

M. Boucher d'Orsay, intendant à Limoges, au Contrôleur Général.
6 Juillet [1714].

« Les receveurs des tailles de Limoges se plaignent depuis longtemps, avec justice, de M. de Permangle, gentilhomme de cette généralité, qui ne veut point payer ses impositions. Quelques mesures d'honnêteté que j'aie prises avec lui, je n'ai pu l'engager, jusqu'à présent, à payer. Je lui fis faire, l'année dernière, des billets de ce qu'il devoit aux receveurs des tailles, qu'il me promit, parole d'honneur, de payer à l'échéance. Comme il n'a pas été plus exact à y satisfaire qu'il l'avoit été aux précédents engagements qu'il avoit contractés avec les receveurs des tailles, et qu'il a fait refus de les payer, comme vous le verrez par le procès-verbal de l'exempt et des archers que j'avois envoyés pour l'y contraindre, dont je joins ici l'original avec les copies de ces billets et les requêtes et mémoire des receveurs des tailles, je crois, si vous jugez qu'il soit nécessaire d'user de sévérité contre quelque gentilhomme pour obliger les autres à payer plus régulièrement, que cet exemple ne peut tomber sur personne qui se le soit plus attiré que M. de Permangle, puisque ce n'est point par impuissance, mais uniquement par mauvaise volonté qu'il ne paye point. Je vous observerai néanmoins que M. de Permangle a un frère de même nom qui a bien servi le Roi, qui est maréchal de camp, et qui a épousé la fille de M. Desgranges, et Mme sa sœur est veuve de M. le marquis de Sauvebœuf, dont le fils est colonel du régiment de Blaisois et brigadier des armées du Roi. »

Source : Correspondance des contrôleurs généraux des finances avec les intendants des provinces.

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28 avril 2020

Les prêtres du diocèse de Limoges en 1763

Saint-Laurent de Gorre.
M. Jean-Joseph Leynia, prêtre en 1730, curé en 1744, curé très zèlé, très régulier, mais fort avare, inquiet, processif et intéressé, mal propre dans sa maison, fort négligeant pour son église, en procès avec son seigneur.
Vicaire : M. J.-B. Lacroix, prêtre en 1752, vicaire en 1759, mince pour la capacité, fils d'un médecin de Rochechouard; l a deux autres frères vicaires, l'un à Chassenon, l'autre à Saint-Jean-de-Vayre : ils passent tous pour étre inquiets dans cette famille. Mme de Saint-Auvent s'intéresse pour eux.
Communians : 1.660.
Sénéchaussée : Limoges.
Patron : Monseigneur.
Seigneur : M. de Saint-Laurent.
Décimateurs : M. de Saint-Laurent est le principal.
Gentilshommes : M. de Saint-Laurent, M. du Soulier, M. de Ribeyreix, de la Feuillade.

Champaignac.
M. Pierre Besson, prêtre du diocèse de Clermont, prêtre en 1738, curé en 1745, bon curé; il demande à se rapprocher du côté de Bord sa patrie.
Vicaire : M. Gabriel Mandon de Forges, prêtre en 1754, vicaire en 1756, bon prêtre, talens fort médiocres.
Communians : 900.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Mme l'abbesse de la Règle.
Décimateurs : Mme l'abbesse.
Seigneur : Mmo de Vassay.
Gentilshommes : Point.

Gorre.
M. François Vignaud, prêtre en 1742, curé en 1760. Il a été curé dans le diocèse de Poitiers; bon sujet; je crois qu'il s'ennuie à Gorre quoiqu'il doive cette cure à la recommandation de la maison de Beaupoil.
Vicaire : Point.
Communians : 560.
Sénéchaussée : Limoges.
Patron : Le chapitre de Saint-Junien.
Décimateurs : M. de Saint-Martial.
Seigneur : La maison des Cars.
Gentilshommes : M. Beaupoil de Saint-Aulaire, M. de Brie de Soumaignac.

Oradour-sur-Vayres.
M. Pierre Soury, prêtre en 1744, curé en 1762; il a été cidevant curé de Champniers; très bon sujet, aimé et estimé dans son ancienne paroisse, fort désiré et demandé par la paroisse d Oradour où il n'a pas moins réussi; un maintien décent, de I'esprit et de l'éducation, du zéle et de la régularité pour ses onctions. Il est visiteur.
Vicaire : M. Laurent Brissaud, prêtre en 1761, vicaire en 1761, bon prêtre et bon caractère, talens médiocres.
Vicaire : M Jean Soury, prêtre en 1761, vicaire en 1762, frère du curé; bon prêtre, peu de talens et de capacité .
Communians : 2,000.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Seigneur : M. Dumanadaud.
Décimateurs : M. Parchiprêtre.
Gentilshommes : M. de Berny.

Cussac.
M. Jean Goursaud, prêtre en 1741, curé en 1751; il a eu une servante mal famée : bel homme, d'une belle figure; il a été autrefois garde du corps; talens médiocres.
Vicaire : M. Charles Nenert, prêtre en 1750, vicaire en 1762, bon prêtre, talens médiocres, caractère un peu simple; il a fait ses études au collège de Montaigu à Paris.
Communians : 1,000.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Seigneur : M. de Bermondet de Cromière.
Déeimateurs : M. le curé, M. de Bermondet, les dames de Boubon et Madame de Vassan.
Gentilshommes : M. de Bermondet de Cromière, M. Guilhot du Doucet.

Saint-Mathieu.
M. Martial Drouchaud, prêtre en 1755, curé en 1760, très bon sujet, fort régulier, bon théologien qui a fait de fort bonnes études; bon caractère, mais un peu inconstant.
Vicaire : Pierre Veyreton, prêtre en 1761, vicaire idem,
talens médiocres, bon prêtre, d'un caractère fort doux.
Communians : 1,300.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Seigneur : M. Guinguant de Saint-Matthieu.
Déeimateurs : M. le curé pour les 3/4, M. de Saint-Matthieu
pour 1/2 quart et M. de Mirabeau pour l'autre demi-quart.
Gentilshommes : Il n'y en a point actuellement.

Saint-Basile.
M. Pierre Jude, prêtre en 1715, curé en 1749, gros, vilain homme maussade, méprisé dans son canton de ses confreres et encore plus de ses habitans; moeurs suspectes; il a eu chez lui une servante qui est devenue grosse et qu'il a reprise après ses couches, sans qu'on ait pu le déterminer à la renvoyer; je ne scais si c'est la méme qu'il a encore, mais celle qu'il a n'est pas d'un âge compétent et je lui ai signiffié que s'il ne l'a pas renvoiée à la Saint-Jean, je ferai porter plainte par le promoteur contre lui. Il a eu des querelles très vives et des haines scandaleuses contre M. le curé de Saint-Jean de Vayres; enfin nuls talens.
Vicaire : Point.
Communians : 260.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Décimateurs : M. le curé et Madame de la Reille.
Seigneurs : M. Dumanadaud et M. de Bermondet.
Gentilshommes : Point.

Cheironnac.
M. Jean Longeau de Charbonnière, prêtre en 1743, curé en 1748, l'air un peu fou et égaré, d'une vivacité qui va jusqu'à la turbulance; esprit inquiet et brouillon qui s'est fait des querelles avec tout le monde, décrié et décréditè dans son canton; moeurs au moins équivoques et suspectes. Implacable dans sa vengeance et conservant une rancune irrémissible, il a eu un procès criminel avec M. Dupin de Chenonceau dans lequel on lui a fait les reproches les plus graves sur toutes sortes de matières. Il a été décrété de prise de corps et conduit dans les prisons de Guéret, où il a été conduit sur la revendication de l'official, par lequel il fut condamné à six mois de séminaire qu'il a fait aux Jacobins de Saint-Junien. Il a été renvoyé au surplus par le juge laïque de l'accusation du cas privilégié.
Vicaire : Point.
Communians : 650.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron: M. le prieur des Salles.
Décimateurs : Le curé, M. de Mirabeau et le chapitre de Saint-Junien.
Seigneur : M. de Mirabeau.
Gentilshommes : Point.

Les Salles.
M. Jean Dupré, prêtre en 1713, curé en 1743; il a été Carme déchaussé; il a passé un temps assés considérable à Pontichery, d'où il a rapporté de l'argent dont il s'est servi pour se faire transférer aux Salles, dont il est devenu curé. Ladite cure est très médiocre, mais il y a suppléé par les fonds qu'il y a placés en rentes constituées ou à fonds perdus. Il a de l'esprit et paroit assès considéré des curés voisins; au surplus, il lui reste toujours un petit vernis de moine dont il n'a pu se défaire.
Vicaire : Point.
Communians : 350.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : M. le prieur des Salles.
Décimateur : la.
Seigneur : Id.
Gentilshommes : M. Roux des Combes et M. des Roches de la Broussardie.

Maisonaix.
M. Jean de Lavaud, prêtre en 1745, curé en 1752, bon prêtre, bon curé, capable, mais d'un caractère un peu vif et singulier.
Vicaire : M. Louis Simon, absent, infirme, bon prêtre, talens médiocres.
Communians : 750.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Décimateurs : M. Delavogion, M. Dechateaurocher, M. le curé et le prieur clostral des Salles.
Seigneur: M. le comte de la Vogion.
Gentilshommes : M. Dulaux de Chateaurocher, M. Moussier de Saint-Etienne.

Maraval.
M. Michel Chaumette, prêtre en 1739, curé en 1747, bon prêtre, fort simple, aucun usage du monde, talens médiocres; sa vue paroit fort affectée; fort économe pour se procurer les moyens de faire des acquisitions; il en a déjà faites de considérables; il parle (mais d'une façon fort générale) de se démettre de sa cure; mais je pense que l'intérét l'y retiendra.
Vicaire : M. Joseph Teillet, prêtre en 1762, vicaire idem, bon prêtre, talens médiocres.
Communians : 700.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Seigneur : M. de Lambertie de Lachapelle.
Gentilshommes : M. de Lambertie, M. Deglerre, M. Demont-Fraboeuf, Mad. Delacroix de Fayolle, pauvre veuve qui auroit besoin d'étre aidée pour l'éducation de son fils; elle est soeur de M. le chevalier de Chateauneuf l'aveugle; le fils a 13 ans et très peu avancé.

La-Chapelle-Montbrandeix.
M. Jean Goursaud-Delimon, prêtre en 1741, curé en 1754, frère du curé de Cussac et du missionnaire , bon curé, d'un maintien décent. Je crois qu'il remplit bien ses fonctions.
Vicaire : Point.
Communians : 300.
Sénéchaussée : Limoges.
Patron : Monseigneur.
Décimateur : M. le Curé.
Seigneur : M. de Bourbon-Bussé.
Gentilshommes : Point.

Millaguet.
M. Etienne Ribière. prêtre en 1746, curé en 1754, bon prêtre, bon curé, talens et figure médiocres. La cure dépend du grand prieur d'Auvergne, mais elle est si petite qu'il a abandonné les dixmes au curé, qui n'a pas méme sa portion congrue, ce qui prouve que le pays est peu cultivé en fruits décimables.
Communians : 230.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : M. le grand prieur.
Décimateur : M. le curé.
Seigneur : M. le grand prieur.
Gentilshommes : Point.

Montbrun.
M. Pierre de Bruxelles, prêtre en 1751, curé en 1755, chicanneur de profession, l'esprit inquiet, escroc, empruntant de tout le monde et ne payant personne. Son avidité et son humeur inquiéte lui ont fait impétrer en cour de Rome la cure de Montbrun qui étoit sensée éteinte et réunie aux Jésuites depuis plus de cent ans. Le procès à ce sujet est encore pendant au grand Conseil. Quoiqu'il n'ait point encore d'arrest de récrèance en sa faveur, il s'est néanmoins mis en possession des dixmes, ce qui porte perte au prieuré d'Altavaux de plus de 800 livres,
Vicaire : Point.
Çommunians : 830.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Le prieur de Saint-Jean de Col.
Déeimateixrs : Le curé s'en est emparé.
Seigneur : M. Decagnai.
Gentilshommes : Id.

Pensol.
M. J.-B. de Labrunie, prêtre en 1752, curé en 1760, bon prêtre, bon curé, talens médiocres.
Vicaire : Point.
Communions : 300.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Monseigneur.
Décimateur : M. le curé.
Seigneur : M. Chapt de Laxion.
Gentilshommes : M. Puy du Fermigier.

Boubon.
M. Amand Fouquet, religieux de l'ordre de Fontevrault, prêtre en 1747, curé en 1762; il m'a paru fort médiocre et un sujet ordinaire. Je le crois bon garçon et assès prudent.
Vicaire . Point.
Communians : 86.
Sénéchaussée : Montmorillon.
Patron : Les religieuses de Boubon.
Décimateur : Id.
Seigneur : M. de Permangle.
Gentilshommes : Point.
Religieuses. — Communauté de l'ordre de Fontevraud d'environ 15 religieuses, y compris les soeurs converses. Elles sont presque toutes filles de condition, mais la rareté de l'argent et des vocations les obligeront de n'étre pas si difficiles sur le choix. La situation do cette maison est dans un très villain endroit. Elles ne sont ni riches ni pauvres. Je n'ai rien entendu dire contre leur régularité. Le curé est en méme temps leur aumônier et leur directeur; M. Robert, curé de Saint-Jean de Vayres, est un de leurs directeurs extraordinaires. Elles demandoient qu'on approuvat en cette qualité M. Morand, ancien curé de Javerdat, et je l'ai approuvé par provision.

Pageas.
M. Pierre Farne, prêtre en 1760, curé en 1763; il est bien jeune, mais il ne manque point de talens et a de bonnes dispositions pourvu qu'il ne se gâte pas.
Vicaire: M. François Montazaud, ci-devant Cordelier, renvoié au siècle en 1760 par un jugement de l'officialité. Il avoit joui chez ces religieux d'une bonne réputation et il l'a conservée dans l'état ecclésiastique. Il travaille bien et avec zéle dans cette paroisse; prêtre en 1751, vicaire en 1761.
Communians : 800.
Sénéchaussée : Limoges.
Patron : Monseigneur.
Décimateurs : M. le curé commandeur du Puybonnieux, les Bénédictins de Limoges et M. le curé du haut Chalus, etc.
Seigneur: M. de Bourbon-Bussé.
Gentilshommes : M. Coustin du Manadaud.

Dournazac.
M. Pierre Tarraud, prêtre en 1736, curé en 1741, bon prêtre, bon curé, talens médiocres, très dur d'oreille; il est en procès avec le prétendant à la cure de Montbrun qui jusqu'alors avoit fait partie de celle de Dournazac; et comme il n'y a rien de jugé sur ce procès, le service des deux paroisses en souffre, en ce qu'elles n'ont point de limites; les paroissiens suivant leurs intéréts, où qu'ils soient affectés, s'adressent indifféremment à l'un ou à l'autre; ce qui met une très grande confusion.
Vicaire : Point, attendu les contestations qui sont entre lui et le prétendant à la cure de Montbrun.
Communians : 700.
Sénéchaussée : Limoges.
Patron : Le prieur d'Atavault.
Décimateurs : Le prieur d'Atavault et M. de Campniac.
Seigneur : Le prieur et M. de Campniac.
Gentilshommes : M. Chouly de Permangle, M. de Campniac,
M. Dechaumont de Fouillon, M. Dejoubert de Beaufranc.

Source : Chartes, chroniques et mémoriaux pour servir à l'histoire de la Marche et du Limousin, d'Alfred Leroux.

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