06 décembre 2019

Le fief du Roc

A la fin du XVIe siècle le fief du Roc, arrière fief de celui de la Rochette était tenu par Pierre Tizon ; son logis aux murs épais, sur cave voutée date de cette époque ; il a conservé son escalier extérieur de pierre, du côté de la forêt ; ses fenêtres étroites ont été élargies au cours des temps ; ce très modeste logis servait pourtant d'habitation à une famille noble.

Mais le 20 octobre 1608, Pierre Tizon chargé de dettes, dut vendre à Gabriel de Barbarin Sieur de la Breuilhe et de Fontchauveau « sa maison et son hôtel noble du Roc, consistant en maison, granges et establerie, fuie, basse-cour, prés, vignes, préclotures, terres labourables et non-labourables, biens nobles et roturiers et tout ce qui en dépend, sans rien réserver sur les paroisses de la Rochette et d'Agris » ; il y avait en effet, une action au parlement de Paris sur les biens du Sieur du Roc, pour cause de la succession de défunt Louis Tizon son fils, 5.200 livres, sur les 5.600, prix de la vente, seront versés à divers créanciers, dont Catherine Tizon, sœur du vendeur.

Peu après, Gabriel de Barbarin épousa Louise Frotier-Tizon, sœur du seigneur de la Rochette, devenue veuve, Louise vendit à son tour le fief du Roc à Pierre de Cardillac écuyer, Sieur de Lanne, demeurant à Angoulême, le 9 août 1618 ; les biens nobles relevaient du roi, mais elle ignorait quand hommage devait lui être rendu ; la vente fut faite pour 5.600 livres.

Quelques jours plus tard, Roc Frotier-Tizon, n'acceptant pas la vente faite par sa sœur et usant de son droit de retrait lignagier, reprenait à son compte la seigneurie du Roc, avec l'accord du second mari de Louise, Pierre d'Arroux.

Le 12 juin 1622, Yolande de Barbarin, fille de Gabriel de Barbarin et de Louise Frotier-Tizon épousa François Green de St-Marsault, chevalier, Sieur de Peudry et en eut de nombreux enfants dont plusieurs naquirent à la Rochette ; leur tuteur, Jean-Louis de Verdelin, écuyer afferma le logis et hôtel noble du Roc avec toutes ses dépendances à Léonet Benoît, archer de la maréchaussée de Saintonge pour 3 ans et 300 livres l'An.

A la fin du XVIIe siècle, la maison noble du Roc était habitée par Gaspard Frotier-Tizon, ancien capitaine au régiment de la marine et chef de la branche cadette des Frotier-Tizon ; avec lui vivaient au Roc, sa femme Françoise Mouton épousée sur le tard et leurs deux fils François et Jean ; Gaspard avait acheté la maison en 1692, mais ne possédait pas le domaine ; à sa mort en 1709, Françoise Mouton pour sauvegarder ses intérêts et ceux de leurs enfants refusa la succession.

Le domaine du Roc s'étendait sur 150 journaux de terres, vignes, bois, garenne, et appartenait à la famille Cambois, riches marchands de la Rochefoucauld ; mais il n'était plus une terre noble ; les Cambois n'ayant pas acquitté les lourds droits de franc-fief.

Par alliance, le Roc, maison et domaine passa à François Poutignac, marchand à la Rochefoucauld, vers 1730.

En 1753, François Poutignac, Sieur du Roc, dut se rendre à Londres, pour y recueillir la succession de sa sœur, Anne, décédée dans cette ville, mais il ne revint pas.

Le 5 septembre 1768, le domaine du Roc et la maison furent partagés entre les 6 filles de François Poutignac et de sa femme Hypolite Coussaud.

Marie l'aînée restera célibataire et mourra à la Rochette.

Marie épousera Jean Mestreau.

Marie épousera Guy de Villemandy, Sieur de Ferrière.

Anne épousera Pierre Maulde, Sieur des Groies.

Marie-Thérèse épousera François Druette, marchand.

Enfin, la dernière, Marie épousera Jean Clerfeuille du Breuil de St-Ciers.

Les terres, les prés, les bois, la garenne et même la maison furent divisés en plusieurs lots d'égale valeur ; l'ensemble étant évalué à 6.000 livres.

Les époux Maulde et Mestreau ainsi que l'aînée des filles resteront à la Rochette.

Au début du XXe siècle, le logis du Roc était habité en partie par un Broussard dont l'épouse descendait des anciens propriétaires.

De nos jours, la maison est partagée entre deux locataires.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Les droits et les devoirs du seigneur

Soldat à l'origine, son premier devoir était de défendre les habitants de son fief ; ce qu'il fit à l'époque féodale : l'église et le logis seigneurial étaient les refuges naturels des paysans menacés ; par la suite, la maréchaussée et les soldats du roi suffisaient à assurer l'ordre intérieur.

Le seigneur devait toujours répondre à l'appel du roi ; lui-même et ses fils servaient souvent comme bas officiers, et nombres de cadets de la maison de la Rochette moururent au combat ou dans les hôpitaux : c'était l'impôt du sang.

Le seigneur de la Rochette devait aussi rendre hommage à son suzerain immédiat, le comte puis duc de la Rochefoucauld ; à chaque mutation il devait fournir le dénombrement de son fief.

Ainsi le 17 août 1606, Jehan Frotier rendit foi et hommage de son fief de la Rochette, à Angoulême.

Dans l'état du revenu des domaines du roi et duc de la Rochefoucauld, il est écrit pour l'année 1661 « La Rochette, Villars, Terrebourg et autres fiefs exploités en Braconne sont possédés par Roc Frotier Tizon seigneur de la Rochette et sont mouvants de sa majesté à hommage lige au devoir et commission de 8 sergents, et de M. le duc de la Rochefoucauld ; il plaira à la chambre de décharger le devoir ainsi qu'elle jugera à propos ; ledit hommage, adveu et devoir n'ont pas été faits depuis le 11 octobre 1476 ».

Leurs droits étaient d'abord honorifiques ; dans l'église, leur banc était au premier rang ; une litre funéraire, bande noire portant leur blason, faisait tout le tour de la nef. Ils avaient aussi un droit de sépulture dans l'église, comme nous l'avons vu. Leurs droits seigneuriaux étaient donc le cens, l'agrier ou champart et les lods et ventes ; s'y ajoutait le droit de prélation ou de retrait féodale ; le seigneur pouvait pendant cinq à dix ans racheter toute terre vendue dans sa mouvance, sous réserve d'en rembourser le prix et les « loyaux coûts  » ; en fait ce dernier droit fut vite acquis par les roturiers sous la forme de retrait familial.

Le seigneur seul possédait le droit de chasse ; son droit de pêche s'étendait depuis le gué de Villemalet jusqu'au pont de Coulgens, soit sur tout le cours de la Tardoire dans la paroisse ; au XVIIIe siècle, à la requête du seigneur de la Rochette, le maître des Eaux et Forêts d'Angoumois eut à sevir contre ceux qui pêchaient au tramail dans la rivière ; le seigneur seul pouvait posséder un colombier ; mais très vite ce droit cessa d'être exclusif.

Il ne levait pas lui-même ou par ses domestiques son droit de champart, il l'affermait.

Le 20 avril 1630, Roc Frotier Tizon affermait à Gérard Desforges, marchand, à Catherine Desbrandes sa femme et Denis Lurat leur gendre demeurant à Angoulême, tous les fruits revenus et émoluments de la seigneurie de la Rochette, Terrebourg et Villars, dans les paroisses de Saint-Ciers, Saint-Angeau, Coulgens et Villars ; ferme faite pour cinq ans et 2.200 livres par an ; le bailleur se réservait la maison seigneuriale et ses dépendances, le grand jardin, la vieille vigne, la gerenne, la fuye, le bois de chauffage dans la garenne et le moulin.

De même en 1630, il affermait à un laboureur de Saint-Angeau, les petites dîmes qu'il partageait avec le curé de Saint-Angeau dans cette paroisse ; au temps des guerres de religion en 1568, les seigneurs de la Rochette et de Saint-Amand de Bonnieure avaient usurpé la majeure partie des dîmes de Saint-Angeau, et le curé du lieu les recouvrit imparfaitement après 1630.

Le 30 mars 1631, Roc Frotier Tizon affermait sa réserve, la métairie en face du logis, à Jeanne Jonquet et à Jean Benoit son gendre ; il leur fournissait plusieurs prés pour nourrir le bétail et des bois ; le produit des vaches, des cochons, des 40 chefs de brebis et des chèvres, serait partagé par moitié ; le preneur fournait au bailleur 4 pourceaux et 6 oies ; il lui paierait chaque année 6 boisseaux de froment, 6 de baillarge, 2 de seigle ou méteil, 6 d'avoine comble, 12 chapons à la Saint-Michel, 2 douzaines de poulets, 6 douzaines d'œufs et une douzaine de fromages. Tous ces produits seraient portés au logis, ainsi que la moitié des noix bien écallées ; le preneur ferait les charroix nécessaires au bailleur, mais pourrait en faire 4 par an, limités à 4 lieues, pour ses propres besoins ; le preneur paierait ses tailles et sa portion des rentes et agriers ; il porterait le fiant sur les terres de la métairie ; il planterait des arbres, et à son départ devrait laisser 4 journaux de terre en guéret ; les preneurs logeraient dans la métairie. Ferme faite pour cinq ans, 5 cueillettes consécutives, suivant la formule habituelle.

Il s'agit donc d'un métayage à moitié des fruits ou à peu près.

En 1642, Roc Frotier Tizon affermait pour un an à Roc Boissier, garde des Eaux et Forêts une partie des rentes de sa seigneurie pour 525 livres.

Roc Frotier Tizon mort en 1657, son fils Clément appelé le seigneur de Villars lui succéda ; sa femme Antoinette Catrix épousée en 1642 lui avait apporté en dot la maison noble et seigneurie de Barqueville. Antoinette Catrix mourra en 1653, trois semaines après un accouchement, peut-être d'infection puerpérale, laissant plusieurs enfants dont un Roc qui suivra.

Après le décès de sa feme, Clément Frotier Tizon aura de Ozanne Clément, sa servante maîtresse, originaire de Sainte-Colombe, plusieurs bâtards élevés au logis ; l'un d'eux Louis, Sieur de Savignac sera doté par son père.

Parmi les serviteurs du logis de cette époque, se trouvaient les régents successifs des enfants, Thomas Pradelle, puis Jean Bouyle et Joseph Ballet ; étrangers à la paroisse, ils y avaient été appelés pour l'instruction des enfants ; Pierre la Ramée était domestique, Barthélémy Dubois jardinier, et Marie Gourineau nourrice.

A Clément Frottier Tizon, succédera un autre Roc, son fils aîné ; ce Roc, épousera en 1666 Anne-Marie Chesnel ; mais déjà la seigneur de la Rochette avait de sérieux ennuis.

En 1674, il avait fallu échanger la seigneurie de Barqueville et Flaville, paroisse de Bonneuil, héritée de la grand'mère Antoinette Catrix, pour celle de Villars, de valeur moindre ; 7.000 livres étaient dues à divers créanciers et parmi eux Thomas de Girac ; et il fallait munir d'équipages, d'armes et de chevaux, deux fils cadets prêts à partir pour le service du Roi. Roc mourra en 1693.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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La seigneurie au XVIIIe siècle et ses avatars

Roch Frotier-Tizon mourut en 1693 ; son fils aîné Clément lui succéda ; mais comme le remarquait le contemporain Vigier de la Pile, cette famille ne possédait plus qu'une partie des droits seigneuriaux de son ancien fief ; il avait été démembré, et les parties prenantes étaient nombreuses ; les fiefs du Roc et de Lagerie dont nous parlerons plus loin, possédaient des terres et des droits seigneuriaux ; le chapitre de la Rochefoucauld avait non seulement la moitié des dîmes mais aussi quelques journaux de terre et des droits seigneuriaux sur d'autres ; le prieuré de Saint-Florent avait des rentes ; les hospitaliers de la commanderie de Vouthon et Malleyrand avaient des rentes sur la prise dite de l'hôpital, près le village des Aillards.

Des terres étaient mouvantes des seigneurs voisins, parfois partagées entre deux ou trois seigneurs : le duc de la Rochefoucauld, les seigneurs de Coulgens, de Sigogne, de Saint-Mary, de Rivières ; les de Crozan rappelons-le possédaient le fief du Bois.

Des roturiers même avaient acheté des agriers ; les Fureau de Villemalet les avaient acquis des seigneurs voisins ou même du roi.

Un bon tiers de la paroisse étaient sorti de la mouvance des Frotier-Tizon.

Il restait de la seigneurie le logis et ses dépendances, la réserve faite de plusieurs journaux de terres, de prés et de bois, d'un seul tenant ou presque, des vignes ; une belle métairie à quatre bœufs en face du logis, et une borderie à deux bœufs sur la route de Coulgens ; métairie et borderie aux terres bien groupées étaient aussi les plus fertiles de la paroisse ; la seigneurie comprenait également un moulin sur la Tardoire au gué des Aillards.

Les terres restées dans la mouvance de la seigneurie, étaient sujettes au droit d'agrier au neuvième des fruits et portables, et au cens très amenuisé ; certaines terres, il s'agissait surtout des vignes, étaient dites en complant, car le tenancier devait les maintenir en culture.

A la fin du XVIe siècle, les Tizon de la Rochette avaient acheté les 2/3 de la seigneurie de Sigogne, mais elle était passée très vite en entier, aux mains d'un autre membre de la famille Tizon.

La petite seigneurie de Villars en Saint-Angeau, comprenant maison noble et terres appartenait au XVIIIe siècle aux Frotier-Tizon, ainsi que la moitié des dîmes inféodées de la paroisse.

Malgré cette relative richesse, la situation financière des Frotier-Tizon n'avait cessé de se dégrader.

En 1622, Roc Frotier-Tizon avait constitué une rente de 200 livres à Martin Constant, écuyer, intendant du Duc d'Epernon, qui avait prêté 3.200 livres.

En 1637, Roc Frotier-Tizon avait constitué pour sa femme Léonarde Laisné une rente annuelle de 70 livres à Messire Guillaume Martin, Sieur de Montgoumard, avocat au présidial d'Angoulême, qui leur avait prêté 1.400 livres.

En 1643, Roc Frotier-Tizon avait constitué à Philippe Arnaud, écuyer, conseiller du Roi à Angoulême, une rente annuelle de 440 livres pour une somme de 8.000 livres qu'il lui devait ; en clair, Roc Frotier-Tizon devait un capital de 8.000 livres et ne se libérera jamais de sa dette.

En 1651, Roc et son fils Clément avaient emprunté 3.000 livres à Louis Frotier, neveu de Roc, et devaient lui servir une rente annuelle de 150 livres.

De même, des rentes avaient été constituées au profit des héritiers Dulignon de la Rochefoucauld ; le capital emprunté, près de 2.000 livres ne sera jamais remboursé ; 1.300 livres comprenant le capital et l'arriéré des intérêts étaient dus aux administrateurs de la charité de la Rochefoucauld. 4.800 livres étaient également dues à Roc Benoit, procureur au présidial d'Angoulême.

En 1711, une grande partie des créances étaient passées entre les mains de Jean de Paris, conseiller du roi au présidial d'Angoulême. Clément Frotier-Tizon se débattait comme il pouvait, retardant l'inéluctable ; heureusement, la justice de ce temps était très, très lente.

En 1717, il prétendit que 30 journaux de terres près du logis étaient décimables à son profit, au titre de dîmes inféodées ; il chargea le curé Palissière d'attaquer les chanoines du chapitre de la Rochefoucauld qui pour lors jouissaient de ces dîmes. Mais les chanoines avaient des titres de possession bien en règle, et le seigneur de la Rochette en fut pour ses frais.

A cette époque, il prétendit même avoir des droits sur le fief du Roc. La maison noble du Roc et ses dépendances lui fut-il répondu, relèvent de sa majesté faute par le seigneur de la Rochette d'avoir pu justifier par titres qu'elles relèvent du fief de la Rochette.

Comme beaucoup de petits seigneurs terriens, les Frotier-Tizon prenaient peu soin de leurs intérêts matériels ; ils vivaient noblement sur leurs domaines, se déchargeant de leur gestion sur leurs fermiers qui évidemment tiraient avantage de leur travail ; les fils servaient à l'armée et il fallait les équiper ; il fallait aussi doter les filles, et la manne versaillaise ne tombait pas sur ces lointains hobereaux inconnus ; enfin les roturiers avaient grignoté une partie de leurs droits seigneuriaux. Les dettes s'accumulaient, et ils n'arrivaient même plus à en payer les intérêts.

La seigneurie de la Rochette fut mise en bail judiciaire et en 1719 elle était saisie réellement.

Par chance, si l'on peut dire, Clément Frotier-Tizon et Madeleine Rousselet son épouse, n'avaient pas d'enfants, et ils trouvèrent une solution honorable leur permettant de terminer leur existence selon « leur état et condition ».

Le 26 avril 1726, devant Jeheu, notaire royal à Angoulême, ils firent une donation entre vifs à Alexandre de Paris, Sieur du Couret et autres lieux et à Mélanie Nadaud sa femme, aux conditions suivantes : ils cédaient aux de Paris l'ensemble de leurs droits sur les seigneuries de la Rochette et Villars, y compris les dîmes inféodées de la paroisse de Saint-Angeau. Les de Paris leur assuraient une pension raisonnable leur vie durant ; à savoir l'usufruit de la seigneurie de la Rochette seulement, sans les dîmes inféodées de Saint-Angeau. Les de Paris se réservaient deux chambres dans le logis seigneurial, et des écuries dans l'ancien corps de logis. Anne et Marie Frotier, sœurs de Clément Frotier-Tizon jouiraient leur vie durant de leur maison du bourg et des quelques avantages accordés par leur frère ; au décès de la dernière des sœurs, leurs biens reviendraient à l'acquéreur de la seigneurie.

Les de Paris paieront aux créanciers les dettes s'élevant à 21.500 livres, et feront cesser toutes les poursuites en cours ; sur cette somme, ce qui relève de sa majesté a été licité à 9.500 livres et ce qui relève du duc de la Rochefoucauld à 12.000 livres. Et attendu que les présentes sont sujettes à contrôle, la totalité des seigneuries a été évaluée, savoir ce qui est de nature immobilière à 44.000 livres, et ce qui est de nature mobilière à 1.500 livres

Selon Vigier de la Pile, repris par d'autres auteurs, les dettes se seraient élevées à 60.000 livres, et les créanciers se seraient contentés de 40.000 livres, pris de la vente. Ces chiffres sont donc inexacts. Cette famille de Paris, d'une ancienne noblesse de robe, enrichie par les offices avait suivi la situation des Frotier-Tizon, ayant eu à en connaître au présidial d'Angoulême ; Alexandre de Paris était le fils de Jean de Paris, conseiller du roi.

Le jour même de cette donation entre vifs, Alexandre de Paris céda devant le même notaire à M. de Bourdage, seigneur de Sigogne et conseiller du roi la petite seigneurie de Villars et les dîmes inféodées de Saint-Angeau, récupérant ainsi une partie de sa dépense. Les de Paris habitaient Angoulême, paroisse de Saint-André, où ils avaient leur chapelle ; leurs armes sont encore sur le rétable de l'autel ; pour eux la seigneurie de la Rochette était un domaine comme un autre avec son logis, à la campagne. Leur blason : « Trois étoiles posées en triangle et un croissant en pointe » ; leur devise est : « Mieux vaut trésoir d'honneur que de gloire ».

Clément Frotier-Tizon débarrassé de ses créanciers mourra en paix en 1729 ; sa femme Madeleine Rousselet sera marraine lors du baptême de la cloche en 1722 et mourra en 1756 âgée de 81 ans ; la bonne dame de la Rochette comme on la nommait, voulut par humilité être enterré au cimetière des pauvres ; elle avait dans son testament, distribué une partie de ses biens aux pauvres et à une église d'Angoulême ; le reste devenant à sa parente, Justine de Briconnet.

Les de Paris rendirent hommage de leur fief au roi, le 18 août 1734, et le 30 avril 1755, sur l'ordre du président trésorier de France lui envoyèrent le dénombrement de tout ce qui constituait leur fief. Entre temps, ils avaient agrandi leur domaine par l'achat de terres à Marie Fureau, veuve de Jean Frotier-Tizon de la branche cadette, et par l'acquisition de rentes seigneuriales de René Durousseau, seigneur de Coulgens.

Les héritiers de Paris, Paul, Benoit et François vendirent le 8 octobre 1752 le fief de la Rochette, à un de leurs parents, Messire Arnaud Souc de Plancher, chevalier de la Garélie, demeurant au château de Beauvais, paroisse de Lussat en Périgord. Ce dernier épousa le 9 juin 1753 une riche héritière Marguerite Magdeleine Chérade, fille de Etienne Chérade comte de Montbron ; elle apportait à son mari le fief de Boismenu à l'Isle d'Espagnac, et la baronnie de Manteresse.

Les Planchet de la Garélie rembourseront en trois fois 14.000 livres empruntées à cette occasion à Daniel Barraud de Lagerie ; ils habitaient surtout leur château de Beauvais et affermaient leur nouveau domaine. Leur blason : « d'argent à une souche de laurier à deux branches de sinople sur une terrasse de même, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or ».

Le 16 avril 1776, haute et puissante dame Magdeleine Chérade de Montbron, veuve de Messire Arnaud Souc de Plancher de la Garélie, demeurant au château de Beauvais, affermait pour 7 ans à Barthélémy Faure, marchand et à Demoiselle Marie-Anne Debesse, son épouse, demeurant à la Rochefoucauld, le fief et seigneurie de la Rochette ; la ferme comprenait tous les bâtiments du château, métairie, borderie, domaines, moulin et huile, prés, vignes, cens, rentes seigneuriales et secondes, les agriers, la moitié des droits de lods et ventes, le bétail, les semences et le matériel aratoire.

Les preneurs paieront les rentes seigneuriales et les devoirs royaux, sauf les 10e et 20e.

La dame de la Garélie pourra occuper tous les appartements nécessaires au château, lorsqu'elle le jugera utile pour elle, pour ses amis, ses équipages et ses chevaux.

Cette ferme continuait celle faite en 1769 à Jean Faure et Anne Colas, père et mère de l'un des preneurs ; le prix de la ferme était de 3.000 livres, payable en deux fois, à Noël et à la Saint-Jean Baptiste.

A la veille de la Révolution, leur père et mère étant morts, vivaient au logis de la Rochette, Elisabeth et Madeleine Honorée Souc Plancher de la Garélie, vieilles filles d'une trentaine d'années ; elles auront à affronter la période révolutionnaire pénible pour elles.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Le petit monde du logis

Au début du XVIIe siècle, habitait au logis Roc Frotier Tizon fils aîné de Jehan Frotier et de Anne Tizon ; né en 1590, il avait reçu très jeune les ordres mineurs de l'évêque Charles de Bony ; il avait abandonné la prêtrise à la mort de son père et en 1614 avait épousé Léonarde Laisné ; avec eux, leurs premiers enfants Clément qui suivra et Gratien ; parmi les autres membres de la famille, Catherine sœur bâtarde de Roc qui épousera un notaire du bourg, Jehan Benoit. Le logis et ses dépendances hébergeaient aussi Jehan Gounin précepteur des enfants, dame Anne Aymeric femme de chambre de Mme de la Rochette, à la si belle écriture ; elle était plutôt dame de compagnie et fera un beau mariage ; il y avait aussi Jeanne Teytaud, cuisinière, Jean Méchadier, laquais, Catherine Desfarges et Françoise Barraud servantes, et la très vieille servante Marie Villière, huguenot repentie, qui méritera d'être inhumée dans l'église, en 1628, près de ses maîtres ; Martial Rossignol était garde des bois ; André Léonard sera envoyé à Angoulême chez un Maître cordonnier pour y apprendre le métier ; son Maître paiera le coût de son apprentissage.

Il existait une grande communauté de vie entre cette famille noble, riche d'ancêtres, mais vivant depuis plusieurs siècles au milieu de ses paysans. Maîtres et serviteurs partagaient les mêmes joies et les mêmes peines ; les maîtres parrainaient souvent les enfants de la paroisse ; des filles nobles épousaient des roturiers ; les bâtards et il y en eut, étaient élevés au logis avec les enfants légitimes.

Le mariage d'une des servantes Françoise Barraud, avec Guillaume de Fontroubade fut l'occasion d'une grande fête au logis.

Parmi les commensaux et amis des Frotier Tizon, se trouvaient des représentants des autres familles nobles d'Angoumois : les d'Estivalle, les Villoutreys, les Laisné, les Tizon d'Argence, François Aigron vice-sénéchal d'Angoumois, etc...

Ces relations paternalistes mais amicales entre les seigneurs et leurs paysans persistèrent jusqu'en 1726, date à laquelle les Frotier Tizon furent contraints de céder leur seigneurie.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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04 décembre 2019

Le baron de Chasteigner, un maire d'Angoulême sous la Restauration

Chasteigner (Eutrope-Alexis, baron de), maire d'Angoulême (Bunzac 1786 - id. 1867). D'une très vieille noblesse, remontant au XIIe siècle, divisée en plusieurs branches, dont celle du Lindois, qui est la sienne, il est le fils aîné d'un électeur de la noblesse de 1789, qui émigra en 1792 et servit dans l'armée des princes, avant d'être fait prisonnier et fusillé lors de l'expédition de Quiberon. La carrière militaire étant de tradition dans la famille, le jeune Chasteigner participe aux campagnes napoléoniennes entre 1806 et 1809, comme officier de cavalerie légère, puis quitte le service et se marie en 1811. Il semble avoir exercé un temps dans la magistrature ou le barreau. L'ordonnance royale du 28-12-1825 le nomme maire d'Angoulême en remplacement de Thévet. Dès son installation officielle, le 9-01-1826 par le préfet, le marquis de Guer, ses discours sont marqués d'un légitimisme fort, «... Je ne négligerai... (pour)... favoriser les sages instructions qui doivent propager an sein de votre population, ces grands, ces éternels principes de religion et de légitimité qui subordonnent les ambitions privées à l'intérêt général... Vive le roi ». Mais l'opposition libérale était forte et active à Angoulême, et la politique du nouveau maire, par son côté ultra et clérical, va alimenter et renforcer cette hostilité au régime de la Restauration. Les opposants ont leur lieu de ralliement, le café des Colonnes, et son cercle littéraire où l'on se donne rendez-vous pour comploter, lancer des mots d'ordre, manier le sarcasme et l'ironie par le pamphlet contre le pouvoir et ses représentants qui, de leur côté, par leurs imprudences, leurs maladresses et leurs excès, prêtent le flanc à la critique. En 1827, avec la mission prêchée à Angoulême, c'est l'appui trop voyant de l'autorité municipale, toutes les occasions sont bonnes pour favoriser les cérémonies religieuses en mettant la ville en état d'inactivité économique. En 1828, un point culminant est atteint lorsque le maire décide d'interdire les représentations de Tartuffe au théâtre; bien entendu les libéraux avaient suggéré le choix. Le maire impose une pièce de remplacement, mais le jour de la représentation, le maire étant présent et la salle pleine à craquer, dès le départ c'est un chahut monstre qui rend le spectable impossible et le maire décide de faire évacuer la salle. Finalement c'est le préfet qui est obligé d'intervenir, et de faire rétablir la représentation de la pièce de Molière : désaveu du maire et victoire du camp libéral. Cette tension soutenue conduira à donner à la révolution de Juillet 1830 un aspect anticlérical à Angoulême, avec de petites émeutes, il est vrai sans gravité en février 1831. Sur le plan politique, lors des élections législatives de 1827, c'est le recul des royalistes au profit des libéraux et de leurs alliés constitutionnels. À deux reprises, il a fallu voter, une première fois en juillet, dans une élection partielle pour remplacer Terrasson de Montleau qui venait de démissionner bien inopportunément, et de nouveau en novembre dans les élections générales après dissolution de la Chambre. Chaque fois le baron de Chasteigner a été le candidat malheureux du gouvernement, battu honorablement la première fois mais écrasé la seconde par le candidat libéral Gellibert des Seguins. En 1830, lors des dernières élections législatives de la Restauration, il n'était plus question de présenter la candidature du maire d'Angoulême. Sous son administration, on reconstruit la façade de l'église Saint-André, on achève la construction du palais de justice, on commence celle de l'hôpital de Beaulieu, on refait le presbytère de Saint-André, on prolonge la rue de l'Arsenal. Au total, Chasteigner aura exercé une politique plus marquée que celle de Thévet, son prédécesseur. Lors de la Révolution de 1830, il quitte, dès la chute de Charles X, la mairie sans attendre d'être destitué, pour se retirer définitivement dans son château des Deffens, à Bunzac, à l'image des légitimistes qui se retiraient sur leurs terres pour se refermer dans une sorte d'exil intérieur. Il lui restait trente-sept années à vivre, au service des exigences d'une foi chrétienne très vive.

Source : Dictionnaire biographique des Charentais et de ceux qui ont illustré les Charentes, de François Julien-Labruyère.

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Le vicomte de Chasteigner émigré

Chasteigner (François Vicomte de), seigneur du Menix (en Gondeville) : fils de François de Chasteigner de La Rochepozay, seigneur de Fontenay, et de Thérèse-Bénigne des Bordes de Gensac - né à Cherves (Châtelars), 18 fév. 1750, bapt. ce jour - s.-lieut. au régt de Bretagne, 14 août 1767 - sous-aide-major, 20 mai 1771 - lieut. en 2d à la formation du 3 fév. 1776 - abandonne, 1776 - gratification extraordinaire 300 I, 10 sept. 1769. Notes : 1771 à 1774 : intelligent, actif, beaucoup de zèle, de la plus grande espérance - 23 juin 1773 : assurance d'une pension de 300 l sur le Trésor royal, pour n'en jouir qu'après le décès du seigneur de Teillé (Jean-François des Bordes de Teillé) son oncle, retiré aide-major de la 1ere Cie de Mousquetaires - électeur à Angoulême en 1789.

Emigré - inscrit en déc. 1791 au rassemblement des gentilshommes de Saintonge, Angoumois et Aunis - arrivé à Münster-Mayenfeld, 1er fév. 1792 - campagne de 1792, armée des Princes, 4e chef de section de la 2e Cie d'inf. - domicilié à Cognac - propriétaire à St-Même, Gondeville et St-Sulpice - porté, 3 juin 1792, sur la liste générale des émigrés - campagnes de 1794 et 1795 dans le régt de Montmorency au service de Hollande.

Rentré en France - en surveillance à Paris depuis le 11 fructidor an IX - lié avec le général Guyot-Durepaire et le citoyen Lemercier, membre du Sénat conservateur, demandait le 2e jour complémentaire an IX sa radiation de la liste des émigrés, déclarant en outre avoir résidé à Orléans du 1er mai 1792 au 25 fructidor an V - breveté cap. en 1816, rang du 3 juin 1795.

Il mourut à Angoulême, 17 jan. 1820.

Il épousa à Angoulême, église St-Antonin, 24 avril 1775, Marie-Geneviève d'Auray de Brie - morte à Angoulême, 29 sept. 1822 - fille de Joseph-Hector, comte de Brie, marquis de Gavaudun, seigneur d'Artigues, et de Marie-Gabrielle de Culant de Ciré.

A. G. : class. gén. - YB 184, 295 - A. N. : F7 4988 - O3 2640, 2655 - Abbé P. Bureau.

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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Discours du baron de Chasteigner

Collège d'Angoulême, 1829.

La séance a été ouverte par M. le baron de Chasteigner, maire de la ville et président du bureau. Il a cru devoir signaler aux jeunes gens qui ont achevé leurs études les erreurs de l'époque où ils vont entrer dans le monde. L'orateur présente un sombre tableau des périls qui les menacent.

« Malheureusement, vous vous trouvez au milieu d'une société tellement agitée, que les principes les plus étranges viennent y bouleverser les principes qui jusqu'ici ont honoré les peuples les plus recommandables. L'intelligeuce de l'homme, dont l'unique but devrait être la recherche de la vérité, n'est plus absorbée que par des divagations politiques, contre lesquelles vos guides ne sauraient trop vous prévenir, et qui, ne laissant de place qu'à l'irritation des partis, changent souvent un savant en tribun du peuple, un académicien en législateur, et la société tout entière en une arène, oh, pendant qu'on discute avec aigreur sur des droits souvent imaginaires, on oublie les devoirs les plus positifs et les plus sacrés ; où enfin tout est mis en question, jusqu'au mode des hommages que nous devons à ce Dieu par lequel nous vivons et nous pensons, jusqu'au degré d'obéissance auquel nous sommes tenus envers son vicaire temporel, ce prince auguste qui, sur le trône des saints et des héros qui l'ont précédé, donne l'exemple de tant de vertus à la France, à cette France où il règne, non comme voudraient le balbutier encore quelques-uns de nos vieux monomanes politiques, par la grâce de ce ridicule souverain dont les haillons inspirent la pitié, mais par celle du puissant Dieu des armées, qui, d'un souffle de sa colère, ébranlant naguère encore notre empire sur ses vieux fondemens, en arracha violemment les fils de Louis XIV, les envoya, comme ceux de Salomon, expier leurs fautes et les nôtres sur les bords des fleuves étrangers; les remplaça par le Thamas-Koulikan de l'Europe ; se servit de ce dernier pour humilier les différens souverains du Tage et du Danube, du Pô et de la Sprée, de la Vistule et de la Newa ; brisa le conquérant lui-même pour avoir méconnu la main qui le guidait; et, pour dernière punition, lui montra, du haut d'un rocher, son trône ébranlé se raffermissant encore et s'enorgueillissant sous ses antiques maîtres. Grande et utile leçon, qui, en nous montrant la main du moteur universel, nous enseigne aussi combien la sagesse éternelle se rit souvent des vains projets des maîtres de la terre, et des folies de la prudence humaine... »

Source : Le Lycée, journal général de l'instruction.

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Baptême de Marianne Chasteigner

« Marianne Chasteigner, âgée de 10 ans, fille de Pons Chasteigner baron du Lindois & Charlotte de Nesmond dame du Lindois a esté baptisée le 8 aoust 1672 a esté son parrain messire Pierre de Tryon seigneur de Panvilliers & marraine Marianne de Nesmond lesquels ont signé avec moi. Dupeyrat, curé d'Augignac. »

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Chasteigner à Coblentz

Léonard de Chasteigner, 2e, âgé de 50 ans, présenté par M. de Chasteigner, son frère, brigadier de la Compagnie Écossoise, pour la campagne seulement dans ladite Compagnie. Arrivé à Coblentz le 2 février 1792 et inscrit le 3 du même mois.

(État de la Compagnie Écossoise des gardes du corps du roi à Coblentz)

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Les frères Chasteigner dans la Grande Armée

Eutrope-Alexis Chasteigner (1786-1867)

Né le 16 décembre 1786 à Bunzac (La Rochefoucauld), il est le fils de Léonard, baron du Lindois et seigneur des Deffants et de Marthe-Thérèse Binet de Moulinneuf. Son père, émigré, est fusillé à Quiberon en 1795. Eutrope-Alexis, dont la mère a été amnistiée en 1802, entre à l'École Spéciale militaire de Fontainebleau en janvier 1806. Il est nommé sous-lieutenant le 9 novembre (19 ans) dont le 22e régiment de chasseurs à cheval où servent déjà un grand nombre de nobles charentais pris sous la protection du général Garnier de La Boissière. Il sert en Prusse (1806) et en Pologne (1807). Peu attiré par le métier des armes, il donne sa démission en 1810. À la Restauration, il devient maire d'Angoulême en 1825. Sa conduite, ultra et cléricale, provoque fréquemment les libéraux. Par deux fois, il se présente aux élections législatives, mais il est toujours battu, la seconde candidature étant presque une humiliation tant son rival réalise un score écrasant. Après la révolution de Juillet, il s'exile alors sur ses terres à Bunzac. En 1835, il paye 1 872,35 francs de contributions, possédant des terres à Angoulême, à Pranzac, à Nérigean (Gironde) et à Agonac (Dordogne). Il décède le 4 février 1867 (80 ans) à Bunzac. Il était l'époux d'Anne de Cheyron. Légitimiste jusqu'à sa mort, il refuse la médaille de Saint-Hélène en 1857. Sa tombe existe encore au cimetière de Bunzac.

François-Casimir Chasteigner (1788-1873)

Frère du précédent, il est né le 18 avril 1788 à Bunzac (La Rochefoucauld. Il entre lui aussi à l'École Spéciale militaire de Saint-Cyr en juin 1806. Bénéficiant de la protection du général Garnier de La Boissière, il entre le même jour que son frère dans le 22e chasseur à cheval avec le grade de sous-lieutenant (18 ans). Après les campagnes de Prusse (1806) et de Pologne (1807), il sert en Espagne et au Portugal. Le 22 mars 1809, il a un cheval tué sous lui. Il est dispensé de service militaire pour cause de santé le 31 août 1812. Sous la première Restauration, il est incorporé dans les chevau-légers du roi. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 24 août 1814 puis obtient le grade de capitaine le 14 février 1815. Pendant les Cent-Jours, il ne sert pas. Sa conduite lui vaut d'être nommé en novembre  1815 dans le 2e régiment de la Garde royale puis chef d'escadron le 14 février 1819. Il se marie à Bordeaux avec Françoise-Eléonore Béchade, le 21 février 1821, fille de Vidal baron de Béchade, conseiller en la cour royale de Bordeaux, et de Catherine de Pelissier. Le contrat de mariage signale que les époux sont à la tête chacun d'une fortune de plus de 100 000 francs. Il est décoré de la croix de Saint-Louis le 23 mai 1825. En réforme le 14 février 1828, il obtient une retraite de 2 010 francs le 24 janvier 1838 qu'il touche à Bordeaux. Il décède à Bordeaux, au 20 rue de Rohan, le 23 mars 1873 (85 ans).

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.

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