10 décembre 2019

Laurent Deviau (1756-1836)

Laurent Deviau
Chazelles 22 mai 1756 - Marthon 17 août 1836.

Fils de François de Viaud, écuyer, sieur de La Charbonnière, et de Marguerite du Lau. Une famille noble, seigneurs de plusieurs lieux à l'intérieur de la baronnie de Marthon, que l'on suit sur sept générations. Aucun électeur de la noblesse en 1789 ne répond à ce nom en Angoumois. A seize ans, en 1772, Laurent de Viaud entrait comme sous-lieutenant au régiment de Bassigny. Il semblait mener une carrière lente et laborieuse puisqu'il était promu capitaine seulement en 1791. Chef de bataillon en 1793, il faisait les campagnes du Rhin, puis servait dans l'armée de l'Ouest où il était blessé grièvement à la bataille de Cholet. Successivement adjudant-général, chef de brigade à titre provisoire, puis définitif dans différentes affectations : 14e division militaire, l'armée d'Angleterre, celle de Mayence et du Danube, armée du Rhin, 9e division militaire. En l'an VIII, il est général de brigade, confirmé dans son grade par le Premier Consul. En l'an XII il est nommé dans l'ordre de la Légion d'honneur, commandeur dès l'année suivante. En 1806, à la disposition du vice-roi d'Italie, il est envoyé dans les Provinces illyriennes. Mis à la retraite sur sa demande en 1810-1811, il se retire dans sa propriété de La Couronne, sur la commune de Marthon. Il n'a rempli aucune fonction publique durant sa longue retraite.

Il figure en bonne place sur la liste des soixante-douze les plus marquants du département de 1812, et le préfet le désigne comme l'un des candidats susceptibles de présider le collège du département. Un militaire de carrière de l'Ancien Régime qui apparemment n'a pas eu de problème de conscience et a servi la République. Resté célibataire, il a légué ses biens à une petite nièce ; biens estimés à 13 180 F en mobilier et 60 000 F en immobilier.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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Pierre Dupont de l'Etang (1765-1840)

Pierre Dupont de l'Etang
Chabanais 4 juillet 1765 - Paris 7 mars 1840.

Le troisième fils de Pierre-Isaac Dupont et de Françoise-Claire Benoit. Il est rare de trouver dans une même famille une réussite sociale aussi complète que celle des quatre frères Dupont, originaires de Chabanais : trois militaires qui ont servi dans l'armée du Nord en 1792, présents tous les trois à la bataille de Jemmapes, dont deux généraux dès 1793 et le troisième sera inspecteur général de l'administration des haras. Le second de la famille se destina aux ordres et fut évêque de Coutances entre 1808 et 1835. Ils descendent d'une famille de bourgeoisie titrée, originaire de Manot, que l'on peut remonter jusqu'en 1510, et qui occupait des charges de judicature ou exerçait la médecine. Leur père, Pierre-Isaac (1724-1810), avocat au parlement, juge sénéchal sous l'Ancien Régime, a été le premier maire de Chabanais sous la Révolution, juge de paix du canton ; choisi comme administrateur du département de la Charente, en août-septembre 1795, il refusa la fonction pour raisons de santé. Les enfants ont au moins commencé leurs études au collège des Jésuites de Magnac-Laval, et les parents décédés en 1810 laissèrent une fortune considérable, pour un total de 207 000 F en immobilier dans la région de Chabanais, à quoi il faut ajouter la succession collatérale d'un oncle, Pierre-Joseph Dupont-Chaumont, ancien officier de l'armée royale, léguant aussi à ses neveux un héritage immobilier de l'ordre de 70 000 F.

Pierre Dupont de l'Etang est le plus connu des quatre frères, retenu par l'histoire non pas tant à cause de ses brillants états de service que pour la capitulation de Baylen en Espagne, dont Napoléon lui fit porter toute la responsabilité (jusqu'en 1814, où il fut le premier ministre de la Guerre et de la Restauration). De septembre 1815 à 1830 il fit une carrière politique de député de la Charente. C'est incontestablement le plus charentais des quatre frères Dupont, par ses nombreux séjours à Chabannais sous la Révolution. En 1805 il fit l'acquisition du château de Rochebrune à Etagnac, propriété jusqu'alors des Colbert, et qu'il fit restaurer et transformer.

Après Magnac-Laval, il fit des études au collège de Lisieux à Paris, et débuta dans la carrière militaire en 1784 comme sous-lieutenant d'artillerie dans la légion française de Maillebois au service de la Hollande, où il resta jusqu'en 1791. De retour en France, capitaine en 1792, aide de camp du général Dillon à l'armée du Nord, blessé dans la retraite de Tournai, il se distingua à Valmy et à Menin. Général de brigade en octobre 1793, il se retira à Chabanais pendant la Terreur, où il aurait exercé une influence apaisante. De retour à Paris, Carnot, directeur, lui confia conjointement avec la général Clarke la direction du cabinet topographique où s'élaboraient les plans de campagne. Après les préliminaires de Leoben (1797), Dupont est nommé par le Directoire à la tête du département de la Guerre. Lié à Bonaparte, mais laissé en dehors du coup d'Etat de Brumaire, il participa comme chef d'état-major de l'armée de réserve à la 2e campagne d'Italie, où il aurait par deux fois redressé les erreurs de Bonaparte. En 1802, il recevait le commandement de la 2e division militaire dans l'Est. Membre de la Légion d'honneur en 1803, mais toujours général divisionnaire.

Il fit la campagne d'octobre 1805 en Allemagne du Sud, ouvrant la route de Vienne où il entrait avec sa division le 19 novembre, mais ne participa pas à la bataille d'Austerlitz. De même, il fit la campagne de Thuringe en 1806, continuée en 1807 en Prusse Orientale, avec à son actif les victoires de Halle (octobre 1806) et de Braunsberg (février 1807). Bernadotte, blessé à Spenden le 5 juin 1807, lui confiait le commandement de son corps d'armée, choix non confirmé par l'Empereur. C'est encore Dupont qui aurait assuré la victoire de Friedland, mais Napoléon ne lui accorde pas le bâton de maréchal que, d'après ses biographes, il avait mérité plus que d'autres promus. Cependant des distinctions et des récompenses tombaient : grand-aigle de la Légion d'honneur (1807), comte d'Empire en 1808 avec un majorat en Pologne et des rentes sur le Hanovre, et une dotation de 100 000 F pour l'achat d'un hôtel. Après Tilsit, il recevait le commandement d'un corps d'armée à Bayonne, et fit un séjour à Chabanais en s'y rendant. A partir de décembre 1807 il entrait avec son armée en Espagne où il avançait jusqu'en Andalousie, et en juillet 1808 c'était l'encerclement et la capitulation de Baylen le 22 juillet. Dans un premier temps Napoléon aurait justifié la conduite de Dupont, pour ensuite lui faire porter toute la responsabilité du désastre.

Dès lors, après le rapatriement en France (septembre 1808), Dupont devait aller de détention en détention, avec la préparation d'une haute cour pour le juger, procédure abandonnée sur l'avis de Cambaceres, et finalement Dupont est autorisé à séjourner chez son beau-père le comte Bergon. Mais quand la situation s'aggrava en Espagne l'affaire fut reprise en février 1812 sous la forme d'un conseil d'enquête de 17 personnages haut placés ; Dupont et ses coaccusés réintégrèrent la prison de l'Abbaye et le général fut entendu durant quatre séances consécutives ; finalement, reprenant les propositions de ce conseil, le décret impérial du 1er mars 1812 lui retirait ses grades militaires, le rayait de la Légion d'honneur et mettait ses dotations sous séquestre. Il était transféré de prison en forteresse jusqu'au début de 1814 où, ayant écrit pour proposer ses services à l'Empereur, il était libéré.

Le gouvernement provisoire le mit en avril 1814 à la tête du ministère de la Guerre, et Louis XVIII le confirma dans ce poste où il resta jusqu'au 3 décembre 1814, critiqué à la fois par les bonapartistes ("Depuis quand cherche-t-on à se venger d'une injustice personnelle aux dépens du pays ?", lui aurait dit Bourrienne) et par une partie des royalistes. C'est lui qui dut réorganiser l'armée en la réduisant à l'effectif de 200 000 hommes, au milieu de difficultés sans nombre et de critiques. Une ordonnance royale du 17 décembre 1816 annulera le décret impérial du 1er mars 1812 et ordonnera de détruire l'énorme dossier réuni contre Dupont.

Après son passage au ministère de la Guerre, il reçut le commandement de la 22e division militaire à Tours ; de nouveau sans emploi pendant les Cent Jours, puis gouverneur de la 4e division de Nancy, il commençait en septembre 1815 une carrière politique en Charente : il présida le collège électoral du département et se fit élire député ; dans la Chambre Introuvable il siégea au centre gauche et vota avec la minorité libérale. Réélu en 1816, il prit une part active à la discussion de la loi du maréchal Gouvion Saint-Cyr sur le service militaire. Six fois il devait présider le collège électoral du département et être réélu chaque fois député jusqu'en 1830, où battu il abandonna la vie politique. La satisfaction éprouvée aux débuts de son mandat avait laissé peu à peu la place à de l'amertume accompagnée de désillusions.

De son mariage en décembre 1804 avec Jeanne-Joséphine-Grâce Bergon, fille unique d'un administrateur des Forêts, comte d'Empire, conseiller d'Etat et directeur général des Forêts en 1806, il eut un fils, Gustave (1806-1843), et une fille, Athënaïs, qui épousa le comte Eugène de Richement. La comtesse Dupont, à la fois poète et peintre, élève de David, a laissé de nombreux portraits et le général Dupont, de son côté, de nombreux écrits dont des mémoires inédits que ses biographes ont utilisés. Il fut jusqu'à la fin de sa vie l'objet d'attaques. Le maréchal Macdonald, dans une lettre à son gendre après sa mort, écrivait : "L'histoire sera plus juste que les contemporains".

La fortune du général Dupont l'Etang était considérable ; il était sous la monarchie constitutionnelle l'un des plus gros censitaires du département de la Charente, avec un chiffre de contributions de plus de 5 000 F qui se répartissaient entre le Confolentais et Paris. La déclaration de succession après son décès, en Charente seulement, indique 13 627 F en mobilier, 13 293 F en revenus immobiliers.

Le nom de Dupont l'Etang, venant de l'étang Bouchaud, était un titre distinctif de la famille.

Pierre-Antoine Dupont-Chaumont
Chabanais 27 décembre 1759 - Chaillot 16 février 1838.

L'aîné, le moins charentais des quatre frères, est paradoxalement inscrit sur la liste des soixante de l'an XIII, avec une imposition de 3 509 F qui le place au sixième rang de la liate des trente plus imposés du département de la Charente. Il figure aussi sur celle des soixante-douze citoyens les plus marquants établie en 1812. Entré dans le service en 1775 comme volontaire dans le régiment d'infanterie de La Fère. Sous-lieutenant l'année suivante et lieutenant en 1785, aide de camp du général La Fayette en 1789, ayant rang de capitaine en avril 1791, lieutenant-colonel du 24e régiment d'infanterie en octobre 1791, affecté à l'armée du Nord comme adjudant-général, il est blessé à Tournai le 9 avril 1792, ce qui lui vaut la croix de Saint-Louis décernée par l'Assemblée législative. Colonel en mai 1792, blessé à la bataille de Jemmapes, général de brigade en mai 1793, commandant de la place de Douai, il fut suspendu de ses fonctions sous la Terreur, réintégré avec son grade le 10 décembre 1794. Général de division en septembre 1795, en mission dans les départements de l'Ouest, puis inspecteur de l'infanterie, il allait être réformé en 1799, quand Bonaparte après le coup d'Etat lui confia le commandement de la région militaire de Caen, puis de nouveau le chargea d'inspection générale. En non-activité de 1801 à 1803, commandant de division à Turin entre 1803 et 1805, il fut alors nommé ministre de France à la Cour de la Haye, près le roi Louis Bonaparte. De nouveau inspecteur général en 1809, il servit en Italie en 1810. Admis à la retraite en 1812. Il reprit du service en avril 1814, comme inspecteur général de l'infanterie et gouverneur de l'Ecole de Saint-Cyr. Promu grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre de Saint-Louis par le roi Louis XVIII, qui le fit comte. Remis à la retraite pendant les Cent Jours, il reprit du service jusqu'en 1817 où il se retira définitivement avec plus de 41 ans de services. Il vécut alors dans une propriété à Chaillot, vint peu en Charente ou il ne semble pas avoir gardé de biens.

Pierre Dupont-Poursat
Chabanais 3 juin 1761 - Coutances 17 septembre 1835.

Après des études à Magnac-Laval et au collège d'Harcourt à Paris, il entra au séminaire de Paris. Au moment de la constitution civile du Clergé il se retira dans sa famille à Chabanais, sans prêter le serment, et y demeura sous la Terreur sans être inquiété. Attaché au clergé de la Charente lors de la mise en place du Concordat. En 1807 il était grand-vicaire à Angoulême, sans exercer la fonction, quand Napoléon, pour témoigner sa satisfaction au général Dupont, après la victoire de Braunsberg, le nomma à l'évêché de Trêves qu'il n'occupa jamais, mais fut transféré a Coutances qu'il administra de 1808 à 1835. Il devait y laisser une oeuvre considérable au temporel et au spirituel, manifestant une grande indépendance à l'égard des pouvoirs successifs et laissant le souvenir d'un homme de prières et d'études, de grande charité, très aimé de ses diocésains.

Après son décès en 1835, il léguait à ses frères en Charente ses biens, d'un revenu de 3 950 F. Le titre de Poursat lui venait d'une propriété de la famille.

François Dupont-Savignat
Chabanais 12 janvier 1769 - Savignat 26 juillet 1845.

Le benjamin : après des études à Magnac-Laval, comme le 3e frère il prit du service en Hollande et ne revint en France qu'en 1791. Il mène une carrière parallèle à celle de son frère : dans l'armée du Nord, retour à Chabanais pendant la Terreur, attaché au ministère de la Guerre du temps de Carnot. Colonel en 1805 et en 1806 il est nommé inspecteur général de la nouvelle administration des haras, fonction qu'il devait garder jusqu'à sa retraite en 1835. Dès lors, il partagea son temps entre Limoges, où il s'était marié, et sa propriété de Savignat, près de Chabanais.

Il eut quatre fils et une fille, Claire, qui épousa en 1836 Lazare-Hippolyte Carnot, le troisième fils du grand Carnot. De cette union sont nés le président Sadi Carnot, assassiné en 1894, et Adolphe Carnot (1839-1920), directeur de l'Ecole des Mines, conseiller général de Chabanais et président du Conseil général de la Charente. Un fils de ce dernier, né en 1881, sera député de la Charente.

Dupont-Savignat était électeur censitaire en Charente pour un montant de 1 809 F (dont 409 F en Haute-Vienne) en 1835. Fortune déclarée à Chabanais après son décès : 145 180 F d'immobilier, 2 500 F de mobilier.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie (1758-1811)

Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie
Angoulême (Charente) 3 septembre 1758 - La Couronne (Charente) 25 juin 1811.

Fils de Jean Maulde, seigneur de Marsac, L'Oisellerie et Valence, et de Marguerite Maulde des Blancheteaux. Une famille de bourgeois magistrats qui exercèrent différentes fonctions au présidial et à la sénéchaussée d'Angoulême depuis cinq générations, à l'exception de la dernière, celle de son père Jean Maulde qui, de faible santé, n'avait pas exercé d'office. Le père et son frère Pierre étaient restés longtemps dans l'indivision, après le décès de leurs parents, cumulant à eux deux plusieurs héritages. Le beau domaine de L'Oisellerie, avec son corps de logis Renaissance, à la sortie Sud d'Angoulême (à présent lycée agricole du département de la Charente) , était entré dans la famille en 1691, acheté par les arrières-grands-parents François Maulde et Thérèse Gervais. Après des études, avocat à la cour, Pierre-Jacques Maulde en 1781 avait contracté mariage avec une très riche héritière, Marie Guimberteau, dont la fortune était plus considérable que la sienne. Il avait repris, non sans difficultés de la part des officiers du siège d'Angoulême, la fonction exercée par ses ascendants, et en 1789 il était ainsi conseiller et juge magistrat en la sénéchaussée et présidial d'Angoumois. Il remplissait des fonctions municipales quand il fut Elu suppléant à la Législative le 7 septembre 1791. Il ne fut admis à y siéger que près d'un an plus tard, en août 1792, du fait de la démission du député La Faye des Rabiers. Le mois suivant, désigné comme premier suppléant à la Convention, il y entra tout de suite en remplacement de Carra, journaliste parisien qui avait opté pour le département de Saône-et-Loire. Maulde, avec Devars, vota pour la détention du roi, alors que les sept autres députés de la Charente se prononcèrent pour la mort, et dans les autres scrutins il se déclara pour l'appel au peuple et pour le sursis, motivant ainsi son vote dans le scrutin principal : "Je vois dans Capet un tyran, un factieux, un traître à la nation ; je l'ai déclaré coupable. Si aujourd'hui j'avais à émettre un voeu comme citoyen privé je voterais la mort. Mais en prononçant comme législateur je vote pour la détention perpétuelle, sauf à prendre d'autres précautions lorsque la Constitution sera présentée à l'acceptation du peuple". Maulde à la Convention faisait partie du Comité des domaines. Il est difficile de le classer politiquement par rapport aux partis et aux factions. Après le 31 mai, il aurait été emprisonné et il ne reprit sa place dans l'assemblée qu'après le Neuf Thermidor. Le choix des deux-tiers le reprit et il siégea au Conseil des Cinq Cents jusqu'en 1797. En l'an VIII, Maulde est nommé au Conseil général du département dont il sort vers 1807, par tirage au sort. Il y rentre de nouveau en mars 1811, quelques mois avant sa mort. Inscrit sur la liste des soixante ainsi que celle des trente contribuables les plus imposés du département. Au moment de son décès en 1811, il est juge au tribunal civil d'Angoulême.

Il ne faut pas le confondre avec son cousin Pierre-François Maulde des Blancheteaux (1759-1809), un autre notable charentais, maire d'Anaïs et président du collège électoral du canton de Saint-Amant-de- Boixe, après avoir été membre du conseil du département à plusieurs reprises entre 1791 et 1797.

La fortune de Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie, venue en grande partie de son père dont il était l'unique héritier, est estimée après son décès à 30 290 F (biens meubles) et 98 066 F d'immobilier, situé essentiellement à La Palud (La Couronne) et dans lequel le domaine de L'Oisellerie représente 25 200 F. Les biens propres de sa veuve, Marie Guimberteau, décédée en 1824, sont estimés à 115 674 F en mobilier, consistant presque exclusivement en une centaine de créances et 97 770 F d'immobilier dans le canton de Blanzac.

Trois héritiers : deux filles, et un fils, Jean (1787-1860), membre fondateur de la Société archéologique et historique de la Charente, après avoir été conseiller de préfecture pendant quelques années à Angoulême.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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09 décembre 2019

La Confrérie Notre-Dame du Saint-Rosaire

Institution de la Confrérie de Notre-Dame du St-Rosaire à Bussière-Badil, en 1675.

Aujourd'hui vingt septième octobre mil six cent septante cinq dans le bourg de Bussière en périgord diosaise de Limogés pardevant révérant père François rivière soubs prieur du couvent des fraires préscheurs de la ville de St-Junien audit diosaise de Limoges et sont presants messire martial nouaillier prêtre docteur en théologie curé dé bussière et habitant du dit lieu soûl is signé et autres lesquels entendans les grands biens fruits esperituels que la confrerye de nostre Damé de St rozaire produit où elle est érigée et lès status d'icelle exactement observés estant d'ailleurs bien assurés du pouvoir que le saint siège apostolique a donné par expécial privilège à l'ordre des fraires préscheurs d'instituer la dite confrerye es lieux qu'ils la demanderont du coasanteman et agréman des esvesques ont très-humblement suplyé le dit révérant père rivière au nom de tous les habittants de vouloir selon le pouvoir qu'il luy a esté donné .par le révérant père Dominique Sabaymé prieur dudit couvant des frères préscheurs dudit St-Junien erigier et instituer en cestè esglise dudit bussière ladite confrerye de nostre Damé du St rosaire aveq tous ses privilèges et pardons destinants les dits supliants pour les exercices d'icelles apperpetuité la chaspelle de nostre Dame qui est du côté gauche descendant du grand authel laquelle portera dorénavant le tittre de nostre Dame du rosaire et laquelle ils tiendront ornée d'un tableau représentant la sainte Vierge donant le rosaire à St Dominique et d'autres parures et ornemants requis pour y faire honorablement les exercices de la Vierge s'obligant encore d'entretenir conserver et prémunir en vitraux qu'il sera en neufs ladite confrerye et d'observer et faire observer tous les esfatuts et règles d'icelles faire chanter la messe de nostre Dame et faire la prosetion, chantant les litanyes de la sainte Vierge tous les premiers dimanches du mois après vespres et touttes les festes de la mesme Vierge à quoy inclinant le révérant père rivière après avoir aprouvé les zelles et dévotions des supliants à l'endroit de la Vierge et a institué errigé la dite confrerye aveq tous ses privilèges et pardons en ladite esglise et chaspelle aveq cette condition toutesfois que sy à l'advenir son ordre ou avait maison ou couvant en se présent lieu de bussière, ladite confréry y sera à l'instant changée et transportée aveq tous ses droits revenus et émolumans et que tous les suppliants ont accepté et promis tenir. En foy de quoy se sont tous (engagés) les soubs signés faict et passé dans ladite Esglise de bussière l'an mois et jour que dessus en présences de moy notaire royal soubsigné.

Signé : Fre françois Rivière. — Noualhier, curé de Bussière. — Pourguet. — Joyeux. — J. Roche. — françois Urtelle. — P. Nicolas, prêtre. — Descrachapts. — Lajamme. — Delavergne. — Alafort. — Collas. — Delage. — P. Nicolas. — Deluche. — Pradignat. — Daugeras. — Thomas, prêtre. — Déluge. — Agard, notaire royal.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1898)

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Le Comité de Bussière-Badil en 1789

Nous avons le procès-verbal de la nomination du Comité de Bussière-Badil, en Nontronnais, y compris la liste des gardes nationaux enrégimentés sous son autorité : « L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le vingt-septième du mois de septembre, à l'issue de la messe paroissiale, après avoir fait sonner la cloche, comme il est d'usage, nous Citoyens du bourg de Bussière-Badil, de tous rangs et de tous états assemblés sans distinction de préséance, au devant de la principale porte de l'église dudit lieu, en conformité de la déclaration du Roy du 14 aoust dernier, de l'arrêté de l'Assemblée nationale dudit même mois et de la proclamation de Messieurs du Conseil de la Ville de Périgueux, tous quoy nous (a) été dûement annoncé et expliqué par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, délibérant sur le tout avons cru que tous les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour procurer le bien public est l'établissement d'un comité composé de dix personnes de la communauté : d'un président et quatre conseillers pris dans la classe des bourgeois, deux dans celle des artisans, deux dans celle des laboureurs, et un secrétaire, à l'élection desquels avons procédé à la pluralité des voix, les quelles recueillies et contées se sont trouvées en faveur de Messieurs Jalaniat, curé, président ; de Fuyas, vice-président ; Bernard de Lajartre, conseiller; Thomas Bernard, salpêtrier, conseiller; Léonard Duclaud; Labruinas, tailleur; Antoine Goteron, serrurier; Grenaudie, laboureur; Fargeas, laboureur; Fargeas, de Ricasson, laboureur; Gotteron, secrétaire, aux quels nous avons donné tous les pouvoirs nécessaires pour faciliter la subsistance de la classe indigente des habitants, pour maintenir bon ordre et veiller à la sûreté publique, et en un mot faire le bien de tous, ce qu'ils ont accepté, et nous ont promis, sous la foy du serment, s'en acquitter fidèlement et avec zèle, en témoignage de quoy ils ont signé avec plusieurs des électeurs qui ont su, et les autres ayant déclaré avec ledit Antoine Gotteron, conseiller, ne savoir. » — (Aux signatures des conseillers, s'ajoutent celles des officiers de la garde nationale : Lhote, chevalier de Saint-Louis, commandant de la milice ; Maffrand, capitaine ; Saint-Sauveur ; de Leinard, capitaine de la milice ; Lajamme de Belleville, puis les soldats et d'autres citoyens.)

Source : Études historiques sur la révolution en Périgord, de Georges Bussière.

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Maires de Bussière-Badil

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

Raymond Janet-Lasfond, maire de Bussière-Badil en 1792 et 1799
Jean Lajamme de Belleville, maire provisoire en 1800
Jean-Baptiste Durtelle de Saint-Sauveur, maire en 1804 et 1810
Pierre Masfrand-Panivol, id. en 1812 et 1825
Pierre Agard de Roumejoux, id. en 1829
Bernard Janet-Lasfond, id. en 1832 et 1842
Eugène Masfrand-Panivol, id. en 1850
Thibaud Reitier-Lagrange, id. en 1860
Audebert Coquet-Desplaces, id. en 1868
Jean-Baptiste Sauvo-Desversannes, id. en 1871 et 1882
Guillaume Vidal, id. en 1886 et 1890
Louis Sauvo-Desversannes, id. en 1895 et 1900

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Un habitant de Bussière au tribunal révolutionnaire

Elie-François Labrousse de Belleville
Guillotiné le 25 juillet 1794

Avec Joseph de Vérine, le Tribunal révolutionnaire envoyait à la guillotine, le 25 juillet 1791, Elie-François Labrousse de Belleville, dont la famille honorablement connue, était originaire du Bourbonnais. Au XIIIe siècle un de ses membres vint s'établir en Limousin, et plus tard une autre branche se fixa en Périgord (1).

Huit jours avant, le 17 juillet, de la même salle de l'Egalité, où allait comparaître Elie-François, le même Tribunal avait fait conduire à la guillotine dix autres accusés, au nombre desquels était « Jean Labrousse du Boffrand aîné, ex-noble, capitaine de la troisième compagnie franche de la Dordogne » (Voir l'article qui lui est consacré). Il fut condamné à mort, pour quelques propos qu'on lui attribuait et guillotiné quelques heures après le jugement prononcé (2), Les Labrousse du Boffrand habitaient Nontron, chef-lieu de l'archiprêtré de ce nom, dans le diocèse de Limoges et de la province du Limousin, où plusieurs de ses membres en 1683 étaient juges et avocats en parlement (3).

Pour Elie-François Labrousse de Belleville, âgé de 41 ans, noble et chevau-léger, il était né à Bussière-Badil, archiprêtré de Nontron, au diocèse de Limoges, où il habitait au moment de la Révolution. Envoyé au Tribunal révolutionnaire, on le trouve détenu à la prison de Saint-Lazare. Il fut compris au nombre des dix-huit que l'ont fit comparaître devant le tribunal le 25 juillet, toujours pour une prétendue conspiration. Il faut voir, dans l'acte d'accusation dressé par Fouquier-Tinville, accusateur public près ce tribunal, ce qu'il lui reproche, et qui, assurément, ne fut attesté par aucun témoin; c'était, en particulier, parce qu'il avait regretté la suppression « de la ci-devant qualité de noble » et manifesté l'intention d'aller à Coblentz (4).

Fouquier-Tinville, dans l'acte d'accusation déjà reproduit à l'article Vérine, porte contre lui les plus violentes accusations; elles sont contredites par la municipalité, les notables, les membres de la société populaire et les volontaires engagés dans l'armée. Mais les assertions de l'accusateur public suffirent aux juges pour prononcer leur sentence contre celui qu'il dépeint dans les termes suivants : « Labrousse de Belleville, ex-noble était tellement attaché à cette caste ennemie de la liberté dont il était issu, qu'il n'a cessé de se proclamer ouvertement aristocrate, de se faire gloire d'avoir appartenu à cette caste proscrite. Il est notamment connu dans la commune pour avoir cherché à y mettre le trouble et à y diviser les citoyens, tantôt par des menaces, tantôt par des moyens de séduction. Pour parvenir à se faire un parti il attirait chez lui la jeunesse par des bals et des fêtes qu'il donnait jour et nuit; et qu'il formait des complots contre la sûreté de ceux qui s'étaient levés pour la défense de la patrie; pour empêcher les enrôlements, il menaçait les volontaires de la peur des hulans; il conseillait un jour aux commissaires aux enrôlements de cesser le recensement, parce que, disait-il, en parlant des volontaires, les recrues ne feraient que le déjeuner des hulans; qu'il avait une telle aversion pour les patriotes, qu'on l'a vu dans plusieurs circonstances chercher à les persécuter et même provoquer en duel ceux qui ne condescendaient pas à ses désirs. Ce récit n'est qu'une faible esquisse de la conspiration de Labrousse-Belleville. Il entretenait encore des intelligences et correspondances avec les ennemis extérieurs; il est prouvé qu'il engageait un jour un citoyen de sa commune à faire le voyage de la Rochelle, pour y vendre des marchandises et en faire la vente à tel prix que ce soit, pensant qu'il lui apporterait du numéraire et lui disant qu'il voulait aller à Coblentz rejoindre son corps et qu'il serait déshonoré s'il y manquait. Labrousse-Belleville a reçu différentes lettres d'émigrés, notamment d'un nommé Monguillier (?), qui dans une lettre datée de Coblentz, engageait Belleville à mettre la désunion, autant qu'il le pourrait dans le corps constitué et gagner la populace, que c'était le plan le plus sûr de parvenir; enfin, on a trouvé chez lui plusieurs écrits qui ne respirent que la contre-révolution. »

Cet amas d'accusations que Fouquier-Tinville porte contre Labrousse de Belleville sont à peu près les mêmes que celles qu'il a portées contre un grand nombre d'accusés, elles ont malgré cela presque toujours été bien reçues par les juges. On va cependant voir leur fausseté par les pièces suivantes :

Aux citoyens représentants du Comité de sûreté générale

Citoyens représentants,

Labrousse Belleville, cultivateur, vous expose qu'ayant été désigné par le Comité de Nontron pour être conduit au Tribunal révolutionnaire, avant la loi du 22 prairial, il pense qu'il est habile à profiter du décret du 21 messid'or, qui vous autorise à mettre en liberté les citoyens comme lui désignés avant ladite loi.

Sur chaque délit que l'on m'impute, j'ai les preuves morales, matérielles et testimoniales les plus fortes du contraire.

Et le témoignage que m'ont donné mes accusateurs eux-mêmes, avant que j'eusse contre eux des procès civils et criminels, et que je les eusse, moi-même, dénoncés comme contre-révolutionnaires.

J'offre de prouver qu'ils ont été bien l'éconnus tels par la justice, et qu'ils sont encore sous le glaive de la loi.

L'on m'a accusé d'avoir voulu détourner les volontaires de s'enrôler en leur faisant peur des hulans; non seulement j'ai le témoignage de tous ceux de ma commune qui dément cette calomnie, mais encore celui du municipal destitué qui me fait cette tardive imputation et qui a récemment et publiquement reconnu mon patriotisme et mon innocence. Les pièces ci-jointes, dont j'ai les originaux, mettront le Comité en même de se prononcer sur mon compte.

Belleville.

De la Conciergerie ce 2 thermidor l'an 2 de la République une et indivisible (20 juillet 1794) (5).

Nous officiers municipaux, Conseil général et Société populaire de la commune de Bussière, chef-lieu de canton, district de Nontron, département de la Dordogne, certifions qu'il n'est venu à notre connaissance aucun reproche que nous puissions faire sur la conduite du citoyen Belleville-Labrousse, détenu au district de Nontron, dans la maison d'arrêt, qu'au contraire nous le connaissons de bonnes vie et mœurs, et qu'il a dans sa maison depuis plus de 15 années un pauvre qu'il a nourri et entretenu par charité, ne pouvant lui être d'aucun secours, puisque ledit pauvre a plus de 80 ans. Ce que nous attestons sincère et véritable. En foi de quoi nous avons signé.

A Bussière, le 22 prairial l'an 2e de la République française, une et indivisible (14 juillet 1794), signé des municipaux, notables, et membres de la Société populaire.

Nous soussignés, citoyens de la commune et canton de Bussière, district de Nontron, département de la Dordogne, attestons que nous connaissons le citoyen Labrousse-Belleville depuis son enfance, qu'il n'est jamais donné à notre connaissance qu'il ait jamais donné à personne le plus léger sujet de se plaindre de lui; qu'avant et après la Révolution nous l'avons toujours vu humain et populaire, ne cherchant à se distinguer que par l'honnêteté et la bienfaisance qui lui sont bien naturelles, et qu'entre autres preuves de civisme, il nourrit dans sa maison un enfant et un vieillard de 80 ans, et qu'il garde depuis plus de 15 ans, comme il est attesté ainsi que sa bonne conduite ci-dessus, par la municipalité, Conseil général et Société populaire dudit Bussière, auxquels nous nous joignons pour attester la vérité, et qu'en conséquence nous l'avons toujours regardé comme un de nos meilleurs citoyens,
Est signé des pères des volontaires qui savent signer et qui déclarent que j'ai donné de l'argent à leurs enfants, auxquels j'ai conseillé de s'enrôler.

Dans ma dernière réclusion, dénué de toutes ressources, jusqu'à séquestrer les biens de tous les reclus du département, j'ai encore donné 36 francs à un volontaire partant pour la Vendée. J'en ai la preuve écrite (6).

Nous, soussignés, volontaires du canton de Bussière, district de Nontron, certifions que le citoyen Belleville s'est toujours comporté en bon et honnête citoyen, et qu'il a fait souvent des offres aux volontaires et les a aidé de ses moyens lors de leur départ, et lors de la dernière recrue, il a fait enrôler son domestique et son métayer. En foi de quoi nous avons signé, à Périgueux ce 27 avril 1793, l'an 2e de la République française, et signé : Commenlas La Brousse, Mesnier, Ricard et du Courtieux, pour les autres qui ne savent signer.

Il vinrent offrir cette attestation, en présence de plusieurs membres du département lorsqu'ils mesurent calomnié et en réclusion (7).

Ces attestations et quelques autres semblables prouvant la fausseté des accusations contenues dans l'acte d'accusation de Fouquier-Tinville, ne produisirent aucun effet, sur les juges du Tribunal, si toutefois ils prirent la peine de les regarder. Dans le jugement qu'ils rendirent, neuf témoins furent entendus, mais leur témoignage se rapportait aux autres prévenus, il n'y en eut aucun pour déposer pour ou contre Labrousse et de Vérine, ce tribunal savait s'en passer. Elie-François Labrousse de Belleville fut condamné à mort et exécuté aussitôt avec les autres victimes de ce tribunal. Dans notre province, on eut donc à déplorer ce jour, 7 thermidor, 25 juillet 1794, la mort de Gratien de Montalembert, Joseph de Vérine, Michel Voyeneau et Elie-François Labrousse de Belleville.

L'abbé Lecler

Notes :

1. A. de Froidefond, Armorial de la Noblesse du Périgord, t. I, p. 114.

2. Wallon, Hist. du Trib. Révol., t. V, p. 36 et 403; t. VI, p. 344. — Archives Nationales, W 176. — W 159, I. 172, p. 84 et 85. — W 156 (9 messidor). — W 26. — W 228 (24 floréal). — Archives de la Préfecture de Police XVIII, 267. — XIX, 12. — XXV, 372. Registres de Sainte-Pélagie.

3. Ribaud de Laugardière. Notes historiques sur le Nontronnais.

4. Wallon, Histoire du Tribunal Révolutionnaire, tome V, p. 116 et 417, t. VI, p. 344. — Archives Nationales, W 432, 2e partie, pièces 74 et 75. — W 152 — W 241. —W 220, — W 74, p. 75, 215.

5. Archives Nationales, W 1a, 152, (p. 1, de la liasse 163).

6. Ces dernières lignes sont écrites de la main de Labrousse de Belleville.

7. Cette dernière phrase est aussi écrite sur l'original par Labrousse de Belleville.

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06 décembre 2019

Les petits notables

Au début du XVIIe siècle, deux notaires exerçaient au bourg ; Jehan Benoit qui épousera en secondes noces Catherine Frotier sœur bâtarde du seigneur de la Rochette ; sa maison était en face du cimetière ; son père, autre Jehan Benoit, ancien notaire à la Rochefoucauld mourra au village des Gots ; nous avons du premier nommé un certain nombre de minutes de 1616 à 1632.

L'autre notaire, François Boissier habitait la grande maison à côté de l'école actuelle ; François Gounin, parfois signalé comme notaire habitait au Logis, mais il se fixera très vite à Coulgens ; Léonet Benoit, archer de de la maréchaussée de Saintonge est quelquefois signalé aussi comme notaire.

Un peu plus tard, le notaire Jean Fureau exercera à Villemalet de 1653 à 1666 ; il avait acheté son office à un héritier de Jean Benoit, l'ancien notaire du bourg ; il nous a laissé des minutes fort intéressantes.

Tous les habitants de la paroisse, même les plus humbles, avaient recours au service des notaires ; achats ou échanges de terres, mariages, testaments, donations associations, tout était sujet à un acte notarial, et le lecteur aujourd'hui est surpris de la fréquence et de la modicité des actes passés devant le notaire du village.

En voici quelques-uns :

Un contrat de mariage : le 3 novembre 1625, Marcelle Boissier, fille de François et de Louise Frougier du bourg, épouse Pierre Pineau, fils de Piere et de Marguerite Robin demeurant au moulin de la Rochette ; la future épouse recevra de ses parents : 8 livres en arget, un lit, 4 linceuls dont 2 de drap et 2 d'étoupe, 2 nappes dont une d'étoupe, 4 fourchettes, 2 écuelles, 2 assiettes, une chopine le tout en étain, 4 chefs de brebis femelles, et un coffre de bois. Le tout sera payable deux mois après la bénédiction nuptiale.

Le future époux recevra de ses parents la tierce partie de leurs biens, sans aucune précision.

Inventaire après le décès d'un notable, le notaire Jean Benoit ; le 2 novembre 1632, fut fait l'inventaire et la vente de la moitié de ses biens, l'autre moitié revenant à sa veuve : « 1 châlit de bois de noyer fait de menuiserie, un lit de plume, une couverture de laine blanche, un ciel de lit bleu aussi en laine blanche, une paire de linceuls, un coffre de noyer fermant à clef, un poilon, divers plats en étain, trois chaudrons, 18 serviettes, un linceul de chanvre, un de toile, un méchant coffre, une cassotte, deux linceuls de grosse toile, deux nappes de toile de brin, un lit de plume avec un châlit de noyer, une nappe, 12 serviettes, un buffet, une charrette, quelques chaises, un tabouret, un poêle, une grosse table, 4 fûts de barrique, une barrique de vin, 1 dail bien aiguisé, une nappe d'étoupe ».

Tous ses biens furent adjugés devant la porte de l'église à divers acquéreurs pour 119 livres ; une paire de bœufs valait à cette époque 90 à 95 livres.

Un autre acte plus modeste ; Poivert veut se servir du puits du village des Gots : il sera tenu de le faire creuser à ses frais et dépens de trois pied de profondeur ; alors il aura le même droit de puisage que les autres.

Jehan Fonteneau était Maître arpenteur au mas du Buisson.

Blaise Boissier, sieur de la Fayolle et Léonet Benoit étaient gardes des Eaux et Forêts d'Angoumois ; un peu plus tard, Jean Fureau sera garde traversier des Eaux et Forêts ; un autre Jean Fureau était praticien : nullement médecin, le praticien possédait quelques connaissances juridiques ; un peu homme d'affaires, sa signature se voit souvent au bas des contrats à côté de celle du notaire.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Le premier conseil municipal

En vertu du décret de l'assemblée nationale constituante du 14 décembre 1789 et des lettres patentes du roi, l'assemblée paroissiale est réunie par le syndic le 7 février 1790, pour procéder à l'élection des membres qui doivent former la municipalité.

Pierre Fureau de Villemalet est élu président de séance, assisté de trois anciens : Jean Dezerce, Léonard Broussard et Antoine Legras.

Léonard Dezerce est élu secrétaire par 46 suffrages contre 35.

Le président de séance et le secrétaire ont alors prêté le serment de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, et d'être fidèles à la nation à la loi et au roi.

Le 9 février 1790, l'assemblée est à nouveau réunie ; le président de séance fait l'appel nominal des 115 présents et leur fait prêter le serment civique ; sont élus scrutateurs : Pierre Fureau Sieur de Fontenelle, Philippe Saulnier Sieur de l'Isle et Jacques Montagné.

Puis il est procédé à l'élection du maire ; après ouverture et dépouillement du scrutin, Pierre Fureau de Fontenelle est élu maire au premier tour par 69 voix contre 44 ; le président de séance et les scrutateurs l'ont alors « mis dans la fauteuil ».

Chaque commune ayant 800 habitants comme la Rochette, devait avoir un conseil municipal composé de 6 officiers municipaux, le maire compris, avec en sus un procureur syndic ; elle devait aussi avoir un conseil général composé de 12 notables.

Pierre Fureau de Villemalet, Jacques Montagné, Pierre Marchadier, Bernard Mestreau et Gaspard Ferrant furent élus officiers municipaux ; Philippe Saulnier avec toutes les voix sauf une, fut élu procureur syndic.

L'élection de 12 notables eut lieu le 14 février : Antoine Lacote, Pierre Clément, Antoine Augier, Pierre Aubert, Louis Desnoyer, Antoine Nadeau, François Viollet, Louis Robin, François Fontroubade, François Jourde, J. Bourrabier et Sébastien Martonneau furent élus.

Tous « pleins de confiance aux lumières », prêtèrent le serment.

Le dimanche 14 novembre 1790, conformément à un décret de l'assemblée nationale, le maire et les officiers municipaux furent rassemblés pour procéder par tirage au sort, au renouvellement de 2 officiers municipaux et de 7 notables.

Furent « destitués » comme officiers municipaux Jacques Montagné et Gaspard Ferrant ; ce n'était pas une sanction, mais plutôt une rotation dont le but était de faire participer davantage de citoyens à la vie municipale ; Gaspard Broussard dit le Blondin et Antoine Nadaud furent « institués » officiers municipaux.

Les 7 nouveaux notables : François Laleu, Léonard Dezerce, Jean Bourrabier le jeune, Antoine Augier, François Ferrant, François Fureau, et Antoine Gobaud, remplacèrent un nombre égal de notables précédents.

Ceci fait, l'assemblée fut dissoute ; les élus prêtèrent le serment et jurèrent devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir, la constitution du royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de bien remplir leurs fonctions. Tous signèrent, avec le maire.

Pierre Fureau de Fontenelle, devra abandonner la mairie au bout de quelques mois, car élu juge de paix du canton de Jauldes, les deux fonctions ne pouvaient se cumuler. Sébastien Martonneau lui succéda jusqu'en 1792, lui-même remplacé par Bernard Mestraud.

Les assemblées municipales dûment annoncées 8 jours avant, se tenaient à la maison commune au village des Gauds ; puis elles se tinrent à la maison du maire.

Pierre Fureau de Villemalet avec une vingtaine de ses collègues eut l'honneur de représenter le district de la Rochefoucauld à la grande fête de la Fédération le 14 juillet 1790, à Paris ; peut-être put-il voir de loin, sur l'estrade, la Fayette plastronnant, l'évêque Talleyrand officiant et Louis XVI un peu contraint ; en février 95 le même Fureau, atteint de quelques infirmités dut résigner ses fonctions au district.

Voici le conseil municipal de 1792 : Bernard Mestraud maire, Pierre Fureau de Villemalet, Pierre Clément l'aîné, François Jourde, François Viollet et Sébastien Martonneau ancien maire, officiers municipaux, Antoine Augier était agent national de la commune.

Et le conseil général de la commune avec ses 12 notables : François Ferrant, Louis Robin, Pierre Guimard, Gaspard Broussard, François Fontroubade, Antoine Gobeau, Pierre Villatte, Jean Clément, Léonard Dezerce, François Benoît, Pierre Marchadier, Jean Dezerce.

Labrousse-Barussière récemment décédé avait été remplacé.

Un peu plus tard, le tableau général de la nouvelle organisation des municipalités, juge Bernard Mestraud maire et agriculteur, Léonard Dezerce, François Ferrant, Etienne Fayou, Sébastien Martonneau et Etienne Villaette, officiers municipaux « hommes probes ».

Le procureur de la commune, François Seguin, ex-curé, reçut le même satisfecit. Sur un autre tableau, les mêmes citoyens furent tous portés comme patriotes.

Les membres du conseil général de la commune : Jean Albert, François Fontroubade, Antoine Vigier, Alexandre Vigier, Alexandre Bordet, Louis Robin, François Lalut, Pierre Fureau l'aîné, Antoine Gobeau, François Lafon, Jean Nadeau, Pierre Guillot et Jean Lambert étaient « cultivateurs et hommes probes ».

Le 12 août 1792, les citoyens du canton de Jauldes, au nombre de 950 furent convoqués en assemblée pleinière pour élire 15 citoyens devant participer à la nomination des députés à la Convention ; furent élus : Roch Boissier-Descombes, président de séance, Pierre Machenaud, Charles Léchelle, commandant le bataillon de Jauldes, Maulde de Blancheteau, administrateur du département, Jean Machenaud-Duchaix, agriculteur, Jean Gobaud, boulanger, J.B. Hériard-Préfontaine, maire d'Aussac, Jean Basset, officier municipal, Pierre Fureau Fontenelle, juge de paix du canton, Jean Varache maire d'Agris, Laurent Boissier, Pierre Gervais, procureur de la commune et Pierre Prévaud, greffier de la justice de paix.

Avec les délégués des autres cantons et districts, ils élurent les députés de la Charente à la grande Convention qui à partir du 21 septembre 1792, proclamera la République et dirigera la France d'une poigne de fer.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Les bourgeois... et fiers de l'être

François Poutignac, Sieur du Roc, bourgeois, riche marchand de la Rochefoucauld, avait acheté l'ancien fief du Roc ; il était en relations commerciales avec l'Angleterre.

Jean Saulnier, Sieur de l'Isle, bourgeois, avait acheté les droits des dîmes et d'agriers de la duchesse d'Anville-la-Rochefoucauld, sur une terre possédée par Sébastien Jonquet au bourg ; le droit d'agrier avait été prélevé au neuvième des fruits selon la coutume ; mais Jean Saulnier avait prélevé le droit de dîme sur les sixième et septième sillons, au lieu du onzième ; il devra rembourser le trop perçu.

Les Bordet, bourgeois, furent gardes des eaux et forêts d'Angoumois, pendant trois générations ; ils s'enrichirent grâce aux fermes des dîmes du chapitre de la Rochefoucauld sur la Rochette et Agris ; Alexandre Bordet, le dernier des trois, possédait outre son office et sa propriété trois maisons dans la paroisse et divers bâtiments ; par son mariage avec Louise Fureau il était lié à la famille suivante.

Parmi les nombreux Fureau de la région, la branche des Fureau de Villemalet avait su s'élever dans l'échelle sociale ; ils étaient fermiers des tailles de la Rochette et de St-Mary ; ils tenaient des offices ; notaires ou gardes des eaux et forêts ; ils étaient praticiens, marchands et rassemblaient des terres à leur profit ; en 1790, Pierre Fureau l'aîné avait ainsi acheté à Pierre Desclides des vieilles Vaures, tous les biens possédés par ce dernier à la Rochette, bâtiments, terres et bois ; vente faite pour 2.324 livres, versées sur le champ. Pierre Fureau le jeune, fut homme d'affaires à St-Mary où avait vécu enfant, son épouse, Marguerite de la Faye.

Cette famille roturièe avait contracté des alliances flatteuses avec les de Crozan, les Frotier-Tizon, les Lafaye de Champlaurier.

L'arpenteur de 1749 notait « Mrs de Virmallet possèdent des rentes dans la paroisse » ; en effet en 1703, François Fureau avait acheté au roi des agriers sur la Rochette, Agris et Jauldes ainsi que le droit de chasse dans les lieux somus à l'agrier et en braconne ; ce droit de chasse vendu à un roturier devait être assez exceptionnel ; en 1776, ces droits furent retirés aux héritiers Fureau et ils furent indemnisés ; les vieilles gens du village parlent encore d'eux comme des seigneurs de Villemalet ; ils avaient même leur blason : d'argent à chevrons de gueules, accompagné de 3 canettes posées en 2 et 1 ; ne soyons pas surpris de trouver des canettes sur un blason ; elles se voient sur des chapiteaux dans l'égise, sur un modillon autour de l'église et même sur une maison du bourg. Le logis de Pierre Fureau, l'aîné, existe intact avec son porche charentais, daté de 1677 et son vieux colombier carré, à la sortie du village de Villemalet.

A la fin du XVIIIe siècle, cette famille bourgeoise était représentée par les deux cousins.

Pierre Fureau de Villemalet, dit l'aîné.

Pierre Fureau de Fontenelle, dit le jeune ; ce dernier habitait près de la route en face de son cousin.

Ils étaient bien roturiers, quoiqu'on ait dit, et étaient portés sur le rôle des tailles de 1789.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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