30 mars 2015

Une seigneurie à la belle étoile, la baronnie de Manteresse

Une seigneurie à la belle étoile, la baronnie de Manteresse
Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 1903

Avant-propos

A la suite d'une récente communication sur « la station gallo-romaine des Boissières, à trois kilomètres environ N.-E de Montbron », un membre de la Société Archéologique et historique de la Charente (1) « demandait si les Manteresses, dont les ruines sont dans le voisinage des Boissières, n'auraient point été le siège de la fameuse sénéchaussée du même nom dont il est si souvent question dans les pièces de procédure du XVIIIe siècle. Il serait utile, selon lui, de fixer à cet égard un point de notre histoire charentaise, afin que plus tard on n'en soit pas réduit à consulter la tradition populaire, toujours incertaine... »

En effet, dans sa Statistique monumentale de la Charente (2) Michon s'était borné à noter l'importance probable de cette Baronnie, et à constater que les traces en avaient presque entièrement disparu.

« La Baronnie de Manteresse appartenait dans les derniers temps aux seigneurs de Montberon. Elle est située à peu de distance, de Montberon. On ignore à quelle époque le château fut détruit. La motte sur laquelle s'élevait le château indiquerait, par les ruines qu'elle conserve encore et par son diamètre, un édifice important ». Et le savant archéologue transcrivait sans commentaire une légende suspecte, empruntée à l'auteur des Etudes historiques sur l'Angoumois : « M. Marvaud rapporte une vieille tradition d'après laquelle deux frères, seigneurs de Manteresse, opprimaient le peuple des environs et rançonnaient les passants ; le peuple indigné courut aux armes, s'empara des tours féodales et les rasa ».

Un peu plus tard, M. Marvaud, sans rejeter les fables légendaires, mais aussi faisant œuvre d'historien, enseigna que « la Baronnie des Manteresses était un des fiefs principaux de la seigneurie de Montbron : elle exerçait les droits féodaux sur une partie de la ville de Montbron et sur les paroisses de Cherves, Suaux, Chatelars, Mazerolles et Rouzède... (3) ».

Ajoutons enfin, pour ne rien omettre de ce qui a été écrit sur cette mystérieuse Baronnie, que Gauguier, dans son ouvrage : La Charente communale illustrée (4), rattachant la découverte de vestiges gallo-romains que recèle le lieu dit actuellement les Boissières, au grand nom de qui Manteresse appartient à l'histoire, a conjecturé qu'ici se trouvait « le Montbron de l'époque romaine » ?

La vérité est que l'origine de la Baronnie de Manteresse et la ruine prématurée du château qui en était le siège, se rapportent à l'établissement du régime féodal ; qu'elle constitua une terre considérable ; mais que la disparition à peu près totale de toute possession territoriale au profit des seigneurs qui en devinrent successivement les titulaires, révèle pourquoi le souvenir même en a été si vite effacé : effacé pour l'histoire, mais non pour la légende populaire.

Rien peut-être n'explique mieux la rancune héréditaire des populations rurales pour l'ancien régime que l'exemple d'une seigneurie telle que Manteresse en Angoumois. Voilà un baron qui dans cinq paroisses, Mazerolles, Rouzède, Cherves, Châtelars et Suaux, exerce la justice haute, moyenne et basse, y prélève des rentes, et qui n'a pas même un gîte sur ce qu'il appelle sa terre !

Des droits ainsi exercés ne révèlent aux esprits simples qu'usurpation, arbitraire et oppression. Comment attriuber à de tels démembrements de la Souveraineté une source légitime dans un Etat reconstitué ? Comment soupçonner même que ces impôts particuliers représentés par des profits de judicatures, par des rentes foncières, étaient justifiés à leur création, et que, constituant une propriété privée, ils se sont transmis par les modes ordinaires, succession ou bien ventes à beaux deniers comptants? Seule, l'étude désintéressée d'un passé que la monarchie commit la faute de laisser se perpétuer au lieu d'en ménager la réformation, permet de comprendre qu'ici comme en toutes choses, ce qui a vécu et duré répondait à un besoin du temps ou pour mieux dire à une nécessité sociale.

En effet, lorsque la pensée se reporte aux origines de la féodalité, on se représente sans peine le territoire dépourvu de toute organisation. Rien ne subsiste plus de l'administration toute fiscale que la conquête romaine avait établie sur notre sol ; rien de cette monarchie franque qu'avait parée d'un éclat passager le prestige de Charlemagne. Dans le chaos des races juxtaposées, que peut faire l'habitant sinon se grouper autour des plus forts, des plus braves, des plus avisés, et leur donner son bras, sa confiance, sa « foi », en échange de l'aide et de la protection qu'il en reçoit ? L'esprit de clan reparaît nécessairement et se développe sous une forme nouvelle qui, grâce à l'influence du christianisme, dépouille les allures grossière des âges primitifs et revêt le caractère chevaleresque du lien « féodal ». Un échange de services réciproques s'établit entre les individus réduits à leurs propres forces ; ceux-ci défendent ceux-là, les gardent, les protègent et conséquemment les gouvernent et règnent sur eux.

C'est pourquoi, visitant ce qui reste des demeures seigneuriales, nous reconnaissons, d'une part, à l'abri des douves profondes et des tours massives, une cour intérieure où s'exerçaient des hommes d'armes, et d'autre part, dans une vaste enceinte enveloppée de remparts, des espaces fortifiés où, sur l'alarme donnée, les laboureurs accourant avec leurs bestiaux venaient se réfugier. Tel était, par exemple, dans notre région, le château de La Rochefoucauld. Sous la garde du donjon du IXe siècle, la cour intérieure compte plus de 1.000 mètres carrés ; autour du château, un arc de cercle dont la Tardoire forme la corde, et qui ne mesure pas moins de deux hectares, est entouré de murailles et flanqué de tours : dans ce périmètre, du côté du nord, la Basse-Ville se trouve protégée, avec son église St-Pierre ; et tout le plateau sud-ouest, comprenant les trois quarts environ de l'enceinte, reste libre pour servir d'abri aux populations voisines.

Tout autres seront les châteaux de la Renaissance. On y pourra trouver encore le signe de la domination, mais non le caractère de la protection. L'élégante demeure bâtie à Montchaude par les Saint-Gelais, ne sera plus qu'un objet d'art. On s'acheminera vers les fantaisies gracieuses du XVIIIe siècle. Le maître de la maison lui-même, que sera-t-il devenu ? Souvent, un objet de parure, au lieu d'une force nationale (5).

A Manteresse, dès longtemps, on ne trouvait même plus trace d'habitation. Dans un acte du 6 avril 1773, il est dit que « l'ancien chasteau ou forteresse de Manteresse situé dans la paroisse de St-Maurice de Montberon, est entièrement ruiné et détruit » (6). Effectivement, la disparition de toute résidence en ce lieu remonte beaucoup plus haut.

Chapitre premier : ce qui reste des « tours » de Manteresse

Au nord de Montbron, entre Orgedeuil à l'ouest et Rouzède à l'est, à distance à peu près égale du hameau de Chez-Bruchier au dessous, et du village de Vergnas au-dessus, se trouve un espace de terrain formant triangle, limité à la partie supérieure par la jonction de la route de Montbron à l'Arbre et du chemin de Chez Bruchier à Vergnas. Ce lieu est dit, sur le plan cadastral de la commune de Montbron (7) « Tour de Montaressé », suivant le langage du pays adopté par les auteurs du cadastre. Parmi les 25 parcelles qui se le partagent, on en remarque 2, au nord-est, du côté de chez Bruchier, portant les nrs 327 et 328 (section B). Ces deux parcelles forment ensemble une figure presque géométrique, une sorte de polygone, sur le sol duquel s'élève une motte de terre d'un mètre cinquante seulement de hauteur, et ne mesurant pas plus de cinquante mètres de long sur quarante de large. Cette motte a été coupée et fouillée au mois de juillet 1902, par le propriétaire actuel, M. Jean Laborde, de Vergnas, qui n'y a trouvé que des débris sans caractère de pierres et de tuiles courbes.

Tel était aussi, en 1749, l'état des lieux, décrit dans un arpentement établi à cette date (8). Ce document révèle trois lieux-dits se rapportant à « la terre » qui nous occupe : 1° « Les Tours » (n° 2376 à 2395) ; 2° « Les Manteresses » (n° 2398 à 2411) ; — et 3° « Les Tours de Manteresses » (n° 2412 à 2445). Toutes les parcelles comprises sous ces droits désignations sont exclusivement constituées par des « terres », ou « châtaigniers », ou simples « chaumes » ; aucune construction n'y figure. Elles sont dites « tenantes » soit « au chemin de Rozède à Orgedeuil », soit à celui « de chez Bruchier à Vergnas », ou « à l'Arbre ». Le n° 2409 est ainsi décrit : « chirons tenant de toutes parts aux domaines de Monsieur de Montbron, appartenant à monsieur le comte de Montbron ». On sait que le mot « chiron » désigne en Angoumois un amas de pierrailles recouvertes de terreaux et de végétations. Tel est bien l'état actuel. C'était aussi tout ce qui restait, en 1749, de « la tour » ou « des tours » de Manteresse. L'espace occupé par ces chirons est porté pour 150 carreaux, soit environ 24 ares. Or, il est à remarquer que les deux parcelles appartenant à M. Labarde comprennent au total 18 ares, mais qu'il ne possède l'une d'elles que pour partie seulement.

Le rédacteur de l'arpentement a désigné le chiron comme appartenant à M. le Comte de Montbron, et tenant de toutes parts aux domaines de M. de Montbron ; ces expressions rapprochées dans une même phrase sont caractéristiques : le chiron « appartient au Comte » ; le surplus fait partie  « des domaines de M. de Montbron ». C'est qu'effectivement le numéro 2409 seul appartient en propre au titulaire de la seigneurie de Montbron, laquelle jouit sur l'ensemble du domaine supérieur. Toutes les autres pièces de terre constituant les numéros énoncés sous les noms de « les Manteresses », « les Tours », « les Tours de Manteresses », appartiennent à des particuliers, les Boutinon, les Madigou, les Plaisir. C'est précisément par suite de ce fait que l'antique emplacement des Tours de Manteresses étant seul demeuré la propriété exclusive des seigneurs du lieu, deux parcelles en seront formées qui, en en reproduisant le contour, décriront dans le cadastre actuel un polygone, conservant ainsi à l'histoire la figure plane d'un château-fort de l'époque féodale.

Chapitre II : Manteresse et Montbron

Les faibles dimensions de la motte féodale, qui constitue tout ce qui reste de la Baronnie de Manteresse, donneraient à penser qu'il n'y eut jamais là que des « tours », une forteresse, ainsi que semblerait l'établir le document le plus ancien qui soit venu jusqu'à nous.

C'est un acte du XIIIe siècle, d'où résulte, comme on va le voir, que le seigneur de Montbron étant en même temps titulaire d'autres seigneuries, avait fait donations à sa femme des « forts » de Manteresse et de Mazerolles. Mais, il faut bien remarquer que si la motte actuelle ne dépasse guère 200 mètres carrés, l'emplacement des « chirons » de 1749, aujourd'hui représentés par les parcelles cadastrées 327 et 328, est dix fois plus étendu (plus de 20 ares, au lieu de 2). Aussi bien, il ressort du même acte que Manteresse n'était point, même à l'époque féodale, un simple château-fort, un ouvrage avancé destiné à couvrir Montbron, puisque le puissant seigneur de cette haute baronnie en détache les fortalicia de Manteresse et de Mazerolles, non pour les confier à un soldat, mais pour en faire don à une femme : ce n'étaient conséquemment pas de simples ouvrages militaires, mais des chefs-lieux de seigneuries productives de revenus. Baronnie ou non, avec ou sans habitation personnelle, Manteresse apparaît dès l'origine comme constituant une véritable seigneurie.

L'acte que nous visons est un aveu fourni à l'évêque d'Angoulême par Robert de Montbron. La seigneurie de Montbron relevait de l'évêché d'Angoulême, « si ce n'est partie des paroisses de St-Pierre et de St-Maurice de la ville de Montbron, désignées par des confrontations qui n'ont pas demi-lieue d'étendue, et qui renferment la ville et le château : dans ces limites, les droits du roi etde l'évêque sont très mêlés » (9). Le Baron (plus tard Comte) de Montbron devait à l'Évêque foi et hommage de sa persnne, aveu et dénombrement de ses biens. Or, le 19 des calendes de janvier 1281, Robert de Montbron, fils d'autre Robert, donne son aveu ; il en excepte les forteresses de Manteresse et de Mazerolles : « A predicta autem avocatione exceperunt hec duntaxat que sequuntur : scilicet... fortalicia de Mentereszeas et de Mazerollis... que fuerunt in dotem assignata dicte domine Margarite a predicto domino Rotberto marito suo » (10). Ainsi, Manteresse avait été précédemment uni à Montbron ; Robert le père en fit don « in dotem seu in donationem propter nuptias » (11) à sa femme, de sorte que Robert son fils n'a plus à comprendre ces biens dans son aveu. La seigneurie n'en demeure pas moins : si le baron de Montbron la laisse de côtés, c'est qu'elle subsiste par elle-même et relève directement de l'Évêché.

A vrai dire, il y a tout lieu de croire que la séparation des deux seigneuries ne fut que momentanée et ne survécut pas à la veuve, qui sans doute la laissa par héritage à son fils. C'est pourquoi, de nouveau, en 1456, François de Montbron « donne en partage à Marguerite, sa sœur, les paroisses de Mazerolles, Rouzède, Cherves, Suaux et Chatelard, qui composent (12) la terre de Manteresse, avec droit de haute justice sous réserve de l'hommage, du ressort à Montbron, et du droit de guet qui est de 5 sols par feu, que payent encore aujourd'hui tous les habitants de la terre au château de Montbron. » Ainsi, de l'union constatée à deux reprises de la baronnie de Manteresse à celle de Montbron, il subsiste, au profit de cette dernière, deux avantages : le ressort de la justice, et un droit pécuniaire perçu au profit de ce nouveau suzerain.

La baronnie de Manteresse n'en jouit pas moins d'une véritable autonomie. Aussi, lorsque quinze ans plus tard, le 16 septembre 1471, la terre de Montbron change de mains, elle n'est pas cédée sans réserves. A cette, « la vente à Marguerite de Rohan, comtesse d'Angoulême, veuve de Jean d'Orléans (13), par François de Montbron, seigneur de Martha et de Maulévrier, vicomte d'Aulnay et Eustache de Montbron, son fils, de la ville, chatel, baronnie et seigneurie de Montbron, ses appartenances et dépendances, pour la somme de 10.000 écus ayant cours pour XXVII sous VII deniers tournois la pièce », cette vente n'est faite qu'à l'exception des domaines qui faisaient primitivement partie de ladite chatellenie, mais qui en étaient sortis par alliances et successions.

Chapitre III : à la belle étoile

Manteresse conserve, notamment, le plein exercice du droit de haute justice.

On constate seulement que dès la fin du XVe siècle la forteresse est en bien mauvais état, si même elle subsiste encore, puisquele baron de Manteresse est obligé d'emprunter la prison du château de Montbron. C'est ce qui est dit formellement dans cette curieuse sentence criminelle des officiers de la baronnie, en date du 26 juin 1498 :

« Étienne Tilhou, juge, Jourdin de la Faye, procureur, Pierre Dechièvre, prévost, et Pierre Dumas-Guygou, greffier de la terre et seigneurie de Manteresse, pour noble et puissante Dame Andrée de Nouroy, dame de St-Jannerin de La Creste de Targe et dud. Manteresse,

« A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, scavoir faisons que, l'an présent mil quatre cent quatre vingt dix juit, ont esté par nous en lad. seigneurie dud. Manteresse prins et aprehendez au corps Thomas Nardoutaud, Jehan Doulcet dit Boret et Pierre Delaige dit Gros, lesqueulx ont esté par nous condampnés, scavoir est : lesd. Nadoutaud et Doulcet à estre batuz et fustiguez par les quarettours de lad. seigneurie dud. Manteresse, et le dit Pierre Delaige dit Gros pareilhement et davantage avoir couppé et outsé l'oureilhe droicte ; et tous troys bannis de lad. seigneurie pour quatre ans. Lesqueulx furent, ainsi que dit est, exécutés en nostre présence par deulx exécuteurs de la haulte justice, et leur procès fait au chasteau de Montberon par prison empruntée. En témoignage dud. nous avons signé ces présentes de nos mains le XXVIe jour du moys de juyn, l'an mil IIIIe IIIIxx dix huyt.

« Signé : P. Duchièvre prévost ; Tilhou, juge ; Jourdin de la Faye, pr ; Dumas Guygou, greffier » (14).

En 1527, le baron de Manteresse est François de Blanchefort ; le 27 mai, il rend hommage de sa terre au connétable Anne de Montmorency, seigneur de Montbron (15).

Moins d'un an après, le 22 février 1528, M. de Montmorency achète cette terre de M. de Blanchefort et la réunit à la baronnie de Montbron. La vente est faite suivant acte de Duchièvre notaire à Montbron : il y est dit que messire de Montmorency acquiert « la juridiction, terre et seigneurie de Manteresse, avec ses appartenances et dépendances, pour la somme de 22.600 livres tournois que M. de Blanchefort a reçu comptant et manuellement dudit Montmorency en douzains et carolins » (16).

Mais ce n'est pas tout. Le droit requiert « une prise de possession ». Comment prendre possession de cette seigneurie qui n'a ni siège, ni feu, ni lieu ? Comment « tenir la Cour » ? A défaut de greffe, le greffier réside quelque part, à Cherves par exemple : on y fera remise des registres ; à Manteresse même, se trouvent encore des ruines : on y assignera la Cour, qui se tiendra à la belle étoile !

« Aujourdhui diziesme jour de may l'an mil cinq cent vingt-neuf, au bourg de Cherves, terre, juridiction et seigneurie de Manteresse, s'est présenté et comparu devant nous messire Claude de Durant, chevalier (en vertu de la procuration de messire Anne de Montmorency maréchal de France) ; et led. de Blanchefort l'a mis et met en la possession reale de ladite terre et seigneurie de Manteresse par le bail, tradition et octroi des Registres et papiers du greffe de ladite Cour de Mantheresse, en présence de Jehan de La Faye escuyer, seigneur de Menet, de Monnet de Carbonnières, escuyer, seigneur de La Greslière, de Françoys de Couraudin, escuyer, sieur de Ferrières, de maistres Marc de la Brousse et JOurdan de Cherfallot, assesseurs et procureurs dud. Mantheresse, de maistre Forgemoult, notaire et greffier dudit Mantheresse, et de plusieurs autres... Après laquelle prinse de possession, le dit Dudurant, on dit non et presence des susdits a fait assigner ladite Cour de Mantheresse à icelle tenir au jeudi vingt jour du moys de may prochain venant devant la maison noble dudit Mantheresse » (17).

Effectivement, pour exercer la haute justice sur Mazerolles, Rouzède, Cherves, Chatelard, Suaux, et en percevoir les amendes et droits de greffe, pour toucher les rentes qui grèvent ces paroisses, encore faut-il sauvegarder le principe de la « juridiction et terre » de Manteresse.

Quand le Sénéchal de Montbron, François Corlieu, rend une « ordonnance pour informer secrètement, diligemment et bien sur plusieurs larcins commis » dans Mazerolles, il a soin de la dater de ce lieu : « Donné avons un mandement au premier sergent de la baronnie de Montbron... » ; c'est le juge de Montbron qui commande ; c'est le sergent de Montbron qui marche ; mais l'ordonnance se termine ainsi : « donné à Mazerolles le vingt-septiesme jour de décembre mil cing cent trente-quatre. »

Dans les comptes de la terre de Montbron, figurent pour la seigneurie de Manteresse, en 1537, les gages de Pierre Bouyer, procureur, 5#  (ceux de Pierre Duchièvre, procureur de Montbron étant de 10#). En 1565, la recette du greffe de Manteresse s'élève à 150#, celle de la prévôté dudit lieu à 5# 10 sous. En 1637, Pierre Sauvo, procureur fiscal de Montbron, avec 17# 10 sous de gages, reçoit, en outre, comme juge de Manteresse, 25# ; enfin, 10# sont allouées à Jean Sauvo, procureur fiscal.

Chapitre IV : Loménie de Brienne et Chérade de Montbron

A cette date de 1637, la terre de Manteresse, suivant le sort de celle de Montbron, était passée de la maison de Montmorency dans celle de Loménie de Brienne.

La vente des seigneuries de Montbron, Manteresse et La Grelière avait été consentie, moyennant 210.000#, suivant acte reçu par Burthon et Turgis, notaires au Châtelet de Paris, le 4 mars 1624. Le prix en avait été payé à Marie de Luxembourg, veuve de Bernard de Béon, baron de Bouteville, lieutenant général pour le roy aux pays d'Angoumois, Saintonge, Aunis, Haut et Bas Limousin, par Henri-Auguste de Loménie, son gendre, seigneur de Laville-aux-Clercs, conseiller d'État, à l'acquit des venderesses, Marguerite, Charlotte et Luce de Luxembourg et de Ventadour (18).

Le seigneur de Manteresse, un Loménie de Brienne, est de plus en plus étranger à « sa terre ». Ce qui ne l'empêche pas de revendiquer tous ses droits, même simplement honorifiques. C'est ainsi qu'une procédure est suivie au Parlement de Paris, par Claude de Thou, tuteur de Henri-Louis de Loménie, comte de Montbron et baron de Manteresse, contre Raymond de Maignac, écuyer, seigneur de Mazerolles, qui, « se prétendant patron de l'église dudit lieu, voulait s'attribuer les droits honorifiques en ladite église, à l'encontre de la possession immémoriale des barons haut-justiciers de Manteresse » (19).

Le XVIIe siècle n'était pas achevé, que Montbron lui-même échappait aux hauts et puissants seigneurs pour faire entrer à son tour dans la haute noblesse un maire d'Angoulême. Suivant acte de Monnerat, notaire à Paris, du 15 avril 1699, était reçue la vente faire par le Comte Loménie de Brienne à Étienne Chérade, maire perpétuel de la Ville d'Angoulême, de la terre et comté de Montbron, la Chastelenie et Baronnie de Manteresse et la Seigneurie de La Grelière, moyennant 150.000# : icelles terres, Comté, Baronnie et Seigneurie mouvantes et relevantes du roy et pour la plus grande partie du seigneur-évêque d'Angoulême (20). La part du roi était d'ailleurs si faible que l'évêque d'Angoulême, Cyprien-Gabriel Bénard de Rezé, donna seul quittance du droit de lods et ventes, et se chargea d'acquitter les droits du roi : il reçut 7.000# et en paya 563 au fermier des domaines.

Voilà comment un bourgeois, simple marguillier de sa paroisse, voyait son fils devenir, d'abord noble de robe ou de cloche, et, incontinent après, haut et puissant seigneur : ce qui démontrerait une fois de plus s'il était nécessaire, que sous l'ancien régime, comme toujours et partout, une habile administration des fortunes privées conduit à la richette et par elle au pouvoir, nonobstant tous privilèges, lois et tradiitons (21). Et c'est pourquoi « le 24 octobre 1714, est enterré en l'église St-Maurice de Montbron, messire Etienne Chérade, mort dans sa maison noble du Mas, paroisse de Montbron, en son vivant chevalier, comte de Montbron, marquis de Clairvaux, baron de Marthon, Blanzac, La Rochechandry, Thué, Manteresse et autres lieux, conseiller du roy, lieutenant-général d'Angoumois ; l'enterrement fait par Emery, curé de Montbron, assisté de messieurs les curés des terres de Montbron, Marthon, Manteresse et autres » (22).

Chapitre V : Manteresse démembré

Depuis deux siècles, manteresse est réuni au comté de Montbron. Nous allons voir cette baronnie s'en détacher, pour partie cette fois, et se démember elle-même : tant le but originaire et la raison d'être de ces souverainetés privées sont oubliés, leur objet méconnu et en quelque sorte dénaturé. La Baronnie, nonobstant son droit haut-justicier, est en réalité semblable à cette « Seigneurie de La Grelière » dont un légiste nous dit qu'elle « consiste seulement dans quelques rentes d'un modique revenu confondues depuis (l'acquisition qu'en avait faite le connétable de Montmorency) avec les autres revenus de la terre» de Montbron (23). Dès lors, pourquoi ne pas la dépecer en lots, suivant la commodité des partages ?

C'est ce qui va être fait, en janvier 1760. Partage par M. de Montbron, Adrien-Alexandre-Etienne Chérade, avec ses frères et sœurs : il cède à Madame de La Galérie les paroisses de Rouzède et Mazerolles faisant partie de la terre de Manteresse, à la charge de les tenir de la terre et comté de Montbron, de la même manière qu'elles étaient anciennement relevantes et mouvantes de la terre de Montbron, et conformément aux articles XXV, XXVI, XXVII de la Coutume d'Angoumois relatifs au Parages (24). Moins que jamais, on le conçoit, le seigneur de résidera sur « sa terre ». Messire Arnault Souc du Plancher, chevalier, seigneur de La Garélie, La Rousselière et La Rochette, et coseigneur de la Baronnie de Manteresse, et dame Magdeleine Chérade son épouse, demeurent en leur château de La Rousselière, paroisse de Beaussac en Périgord. Aussi les coseigneurs de Manteresse ne tiennent guère à cette « terre » et ne soucient que d'en faire argent. Dès le 6 mai 1762, ils s'empressent d'opérer la vente de « la moitié de la baronnie de Manteresse » moyennant 50.000# et 720# de pot de vin, à Gabriel Louis de La Ramière fils, chevalier, seigneur de La Ramière, auquel Etienne Chérade ne tarde pas lui-même (novembre 1762) à consentir, à de peu brillantes condiitons, moyennant 131.500# seulement, plus 2.400# de pot de vin, la vente de la terre et comté de Montbron (25). L'acte de La Garélie à La Ramière nous apprend ce que rapportait moitié de la terre de Manteresse, en quoi consistaient ses revenus, et nous montre aussi comment on résolvait le problème d'exercer le droit de justice, non plus seulement sans logis, mais à deux ; en voici les principaux extraits :

« ... Moitié de la terre et baronnie de Manteresse relevant de toute ancienneté à hommage plain et sans devoir de la terre et comté de Montbron en Angoumois, savoir :

1° (Sur Rouzède) 151 boisseaux de froment,
160 — de seigle,
187 — d'avoine,
73# 15 sols 10 deniers d'argent, le tout de rentes seigneuriales dues sur la paroisse de Rouzède ;
le tout mesure de Montbron (26) ;

2° (Sur Mazerolles) 141 boisseaux de froment,
136 — de seigle,
117 — d'avoine,
79# 15 sols d'argent, de rentes seigneuriales dues sur la paroisse de Mazerolles ;
même mesure ;

3° Rente seconde foncière de 100# annuellement due sur la métairie de L'Arbre, en ladite paroisse de Mazerolles ;

4° Le moulin banal de Bourny (27), avec tous les droits de banalités et de contraintes sur les sujets de la dite terre de Manteresse ;

Enfin, la justice haute, moyenne et basse où elle s'étend, qui est commune avec l'autre moitié de la dite baronnie, dont la nomination du juge sera faite successivement entre les deux seigneurs et alternativement, à commencer par la nomination première à faire par le seigneur acquéreur. »

M. de La Ramière n'ayant pas, du reste, acquitté le prix de la terre de Montbron, parce que son beau-père n'avait pu lui-même réaliser en argent la dot promise à sa femme et ce « à cause d'un procès de conséquence qui dure encore », un jugement de de résiliement faute de paiement fut rendu, le 4 septembre 1765, en la sénéchaussée d'Angoulême, auquel La ramière, acquiesça grâce à une transaction rendue nécessaire « à raison de certaines acquisitions et améliorations » qu'avait faites le nouveau propriétaire, Etienne Chérade fut obligé de reprendre le comte de Montbron. Et La Ramière, « pour ne pas redevenir vassal de M. de Montbron », vendit, le 21 octobre 1765, à Mre Julien-René de La Grève, seigneur de Poensensat, contrôleur ordinaire des guerres, et à dame Marie-Anne de Chalvière son épouse, demeurant au logis de La Forge, paroisse de Rancogne, « la moitié de la terre et baronnie de Manteresse », située dans les communes de Rouzède et Mazerolles, avec tous les droits qui en dépendent » (28).

Cette « partie » même de la baronnie de Manteresse conservait encore une autonomie : le droit féodal survivait à ce point au fait économique, qu'il y avait lieu de ce chef à un hommage et à un dénombrement séparé. C'est ce qu'atteste une déclaration du comte de Montbron, écrite de sa main en 1770 : « Je déclare et promets à Mgr l'évêque d'Angoulesme que dans le cas où j'acquière la totalité des rentes vendues à Madame de La grève par contrat du 21 octobre mil sept cent soixante cinq, ou partie d'icelles, je les réunirai au corps de fief mouvant de l'évêché, pour ne former dans l'avenir qu'un seul hommage et dénombrement de la terre de Montbron. A Paris, le quinze juillet mille sept cent soixante dix ».

Signé : MONTBRON.

Chapitre VI : Les coseigneurs de Manteresse

La réunion des deux démembrements de la baronnie de Manteresse n'eut jamais lieu.

Quelques mois après la date de la déclaration que nous venons de rapporter, le 26 décembre 1770 (29), dans son contrat de mariage avec demoiselle Françoise-Elizabeth de Livron, messire Jean-Louis-Marie de Ruffray, demeurant au logis de La Forge de Rancogne, fils de feu Charles-Pierre, seigneur de Lhoumeau, et de Marie-Anne de Chalvière, mariée en secondes noces à Julien-René de La Grève, écuyer, seigneur de Porsansal en Bretagne, se qualifie « Seigneur de la baronnie de Manteresse ». On a vu plus haut qu'en 1765, M. et Mme de La Grève s'étaient rendus acquéreurs « de la moitié de la terre et baronnie de Manteresse » ; dans un acte du 21 juin 1763, Julien-René de La Grève, époux de Marie-Anne de Chalvière, est encore qualifié « Seigneur de Manteresse » en même temps que de Porzensa : (30) il est probable que c'est aux termes des « actes de réglement de partage entre madame sa mère, monsieur son frère et lui », auxquels il est fait allusion dans le contrat de mariage de 1770 comme passés antérieurement, que les époux de La Grève avaient transféré à leur beau-fils et fils Jean-Louis-Marie de Ruffray, leurs droits sur la baronnie de Manteresse, que la maison de Ruffray a toujours conservés.

Nous avons la preuve qu'en 1774, il y avait bien deux « Seigneurs de la baronnie de Manteresse ». Voici des lettres desdits seigneurs instituant un notaire et procureur « dans la dite baronnie » : elles sont datées de Baruffaud, vieux logis en la paroisse de Cherves : le procès-verbal d'installation de cet officier, dressé par le sénéchal de Montembœuf, « juge assesseur de la baronnie », porte que la cérémonie a lieu « en la chambre du conseil de la baronnie de Manteresse » ? L'acte ne nous dit pas où se trouvait cette chambre du conseil ; dans tous les cas, ce n'était point à Manteresse ! (31).

« Nous soussignés Seigneurs de la Barronnie de Mantheresses avons donné et octroyé à Maître Jacques Vincent Ducluzeau, procureur en la chatellenie de Montembœuf et Barronnie du Lindoix, demeurant aux Bourrières paroisse de Montembœuf, l'état et office de notaire et procureur dans notre dite Baronnie de Mantheresses, pour par lui en jouir aux honneurs, prérogatives et émoluments y attribués pendant le temps qu'il nous plaira, mandons aux officiers de notre dite Barronnie de le recevoir en ladite charge et office. Fait à Baruffaud ce dernier octobre mil sept cent soixante quatorze. Lareinerie. »

« Aujourd'huy dernier jour du mois d'octobre mil sept cent soixante quatorze en la chambre du Conseil de la Barronnie de Mantheresses, par devant nous Joseph Veyret, sieur des Mazollières, sénéchal de Montembœuf et autres justices, juge accesseur de la présente Barronnie, ayant avec nous notre greffier ordinaire, a comparu maître Jacques Vincent Ducluzeau, procureur en la chatellenie de Montembœuf et barronnie du Lindoix ; lequel nous a remontré que les Seigneurs de la présente cour lui ont accordé des provisions de notaire et procureur en leurdite Barronnie en datte de ce aujourd'huy signées de La Reinerie, requérant en conséquene qu'il nous plaise le recevoir à la dite charge audit état et office, aux offres qu'il fait de ce faire attester au pareil cas requis et a signé, signé Vincent.

Et à l'instant a fait comparoir maître Jacques Veyret Ducluzeau, notaire et procureur, et maître François Pelletant de Préfontaine, aussi notaire et procureur en la présente Barronnie ; après avoir fait serment en pareil cas requis nous ont déclaré que ledit maître Vincent professe la religion catholique, appostholique et romaine, qu'il est de bonne vie et mœurs, capable d'exercer la dite charge et d'âge compétent et ont signé. — Signé Pelletant, Veyret, Ducluzeau, attestant.

De tout quoi nous jugesusdit avons donné acte et ouï maître Léon Texier, procureur fiscal de la présente cour, nous avons reçu et installé ledit maître Vincent Ducluzeau audit état et office de notaire et procureur en la présente cour pour par lui en jouir conformément auxdites lettres, et avons de Lui pris et reçu le serment en pareil cas, requis et ordonné que les susdites lettres seront transcriptes au bas des présentes et signées de son seing dont il entend se servir, à la charge par ledit Vincent de n'exercer ladite charge de notaire qu'il n'ait atteint l'âge de vingt cinq ans, et a signé avec nous ledit procureur de la Cour et notre greffier. Ainsi signé J. Vincent, Veyret, Texier procureur d'office et E. Dubournais, greffier » (32).

Ainsi, la baronnie subsiste jusqu'à la dernière heure mais divisée en deux démembrements.

Elle ne consistait plus, d'ailleurs, qu'en droits de justice et en rentes; il n'existait plus de terres dans cette « terre de Manteresse ». Que l'on dépouille les dossiers des biens nationaux adjugés à la Révolution, l'on ne trouvera dans Mazerolles, Rouzède, Cherves, Chatelard ou Suaux, aucune trace des noms qui figurent dans cette étude. A Mazerolles, le « ci-devant château » est vendu sur la tête de l'ex-seigneur du lieu, Villars de Poutignac ; à Rouzède, Le Bourny est racheté par les frères de Barbot d'Auteclaire, émigrés, eux-mêmes habitants de Champniers ; à Chatelard-la-Rivière, la vente du colombier et du moulin constituent la liquidation d'un Prieuré ; à Cherves et à Suaux, on ne rencontre également que des noms étrangers à l'histoire de la baronnie de Manteresse.

Les seigneurs de notre baronnie avaient de bonne heure suivi l'heureux exemple de tant d'autres et notamment du baron de Marthon, dont les nombreuses « mises aux enchères » de ses domaines, ont été signalées au XVe siècle (33). Ainsi se constituait la petite propriété, par des aliénations à charge de rentes. C'était un bien.

Mais, d'autre part, comment s'étonner que les concessionnaires aient peu à peu oublié l'origine de leur qualité de propriétaire ? Sans doute, les seigneurs administraient la justice, mais souvent de bien loin, de leur manoir en Périgord, ou de leur hôtel à Paris. Sans doute aussi, le roi leur rappelait parfois leurs obligations. C'est ainsi qu'en 1477, Louis XI, à la suite d'une enquête prescrite par Philippe de Commynes, son conseiller chambellan et sénéchal de Poitou, signifiait « de la partie de son très cher et très amé cousin le comte d'Angoulesme », à Marie de Montbron, qu'elle était « tenue de réparer et tenir en estat les ponts et passages de la chatellenie et baronnie de Montbron », par cette raison que « le péage en a été jadis introduit pour ce faire », et ordonnait aux sénéchaux de Poitou, Saintonge et Périgord, de contraindre ladite dame de réparer lesdits ponts et passages de ladite chatellenie de Montbron (34).

Mais c'étaient là des obligations que l'organisation monarchique suppléait elle-même de plus en plus ; et les barons de Manteresse, quant à eux, n'étaient plus en réalité que les créanciers de rentes annuelles, acquises au même titre qu'une simple rente foncière, en tout ou en partie, comme on ferait aujourd'hui d'une valeur quelconque.

Ainsi s'explique la suppression brusque et totale, avec les seigneuries et baronnies elles-mêmes, de ces rentes, terrages et agriers, dont la monarchie eut l'imprévoyance de ne pas préparer l'extinction graduelle, régulière et légale, rendant ainsi inévitable l'explosion violente et fatale de la Révolution.

Daniel Touzaud

Notes :

1. M. Bastier, 14 juin 1902. Bulletin de la Soc. arch. et hist. de la Charente, 1901-1902, pp. LXXXVI-LXXXVIII.

2. Paris et Angoulême, 1844, p. 205.

3. Notice sur les seigneurs de Montbron, p. 76. Bulletin de la Soc. arch. et hist. de la Ch. 1851-1852.

4. P. 301, Angoulême, 1868.

5. Cf. A. Babeau, Le Village sous l'ancien régime, L. III, Ch. I.

6. Dans Michon, Statistiq. monument., p. 205, en note.

7. Voir cette partie du plan reproduite ci-contre.

8. Archiv. dép., C. 207.

9. Consultation et Mémoire de 1765 (Archiv. départ. E. 48, fonds des familles).

10. Livre des fiefs de l'évêché d'Angoulême, f° 82 V°.

11. Copie collationnée de 1529. Arch. dép. G. 134, fonds de l'Évêché, Montbron.

12. Consultation et mémoire, déjà cité.

13. Arch. dép. E. 45. Marguerite de Rohan rendit, en 1489, hommage-lige à Robert de Luxembourg, évêque d'Angoulême. L'hommage noble comprenait le baiser : Marguerite ne recula pas devant cette formalité vis-à-vis du noble évêque ; c'est ce qui résulte du procès-verbal officiel, où une distinction très nette est faite entre l'hommage proprement dit rendu par la princesse en personne et le devoir incombant au baron de Montbron, lors de la première entrée de l'Évêque dans sa ville épiscopale, de porter un pied de « sa chaire », lequel devoir fut rempli par son procureur : « Nous, Robert de Luxembourg, par la grâce de Dieu évesque d'Angoulesme, Savoir faisons qu'aujourduy, date de ses présentes, très haute et puissante madame Margarite, comtesse d'Angoulesme, nous a fait les hommages liges, foy, baisiers et serment de féaulté qu'elle nous est tenue de faire à cause de noustre dignité épiscopalle d'Angoulesme des chouses qu'elle tient de nous en la chastellenie et baronnie de Montberon comme ailleurs, et tout ainsi et par la forme et manière qu'elle et ses prédecesseurs ou ceulx dont elle a droict en ceste matière ont faict à noz prédecesseurs évesques d'Angoulesme accoustumé de faire ; ausquelx homages liges, foy, baisiers et serment l'avons receue par ces présentes sauf nostre droit, et l'autry; et laquelle nous a payé et rendu le devoir qu'elle nous doit à cause des chouses susdites, assavoir est qu'elle, par son procureur, nous a porté ou fait porter en nostre première entrée par le pié darnier et senestre de nostre chaire. En outre, luy avons enjoingt qu'elle nous rende ou face rendre ces denombremens par escrit dedensle tempsdela coustume, autrement dès lors comme dès à présent et dès à présent comme dès lors, avons mis et mectons par ces présentes les chouses susdites en noustre main. Fait et donné au chastel d'Angoulesme presens ad ce nobles personnes messire Françoys Bouschart, seigneur d'Aubeterre, senneschal d'Angoulmoys, Jacques de St-Gelays, escuier, seigneur de Maumont, Olivier Guy, escuier, seigneur de Fontenilles, maitres François Corlieus, lieutenant, et Jeha de Lomellet, advocat d'Angoulesme, licentié en loix, et plusieurs aultres, soubz nostre scel de chambre, le VIIe jour du mois d'octobre l'an mil IIIIeIIIIxx et neuf, POUGIER, par le comandement de mondit Seigneur. » (Archiv. dép. G. 134. Évêché. Montbron).

14. Archiv. Dép. E. 59.

15. Consultation et Mémoire de 1765, supra cit.

16. Archiv. Dép. G. 134.

17. Archiv. Dép. G. 134.

18. Archiv. Dép. E. 47.

19. Archiv. Dép. E. 59.

20. Archiv. dép. E. 47. Le père d'Etienne Chérade n'avait d'autre dignité que celle de fabricien de l'église St-André d'Angoulême. Etienne fut avocat au Parlement, puis lieutenant particulier au siège présidial ; enfin, comme il était extraordinairement pourvu d'écus grâce au négoce de ses pères « marchands de draps de soie », il acheta, moyennant 80.000 livres, de Marc-René de Paulmy marquis d'Argenson, l'office de lieutenant-général ; il acheta aussi à beaux deniers comptants Marthon, Blanzac, Larochechandry, en Angoumois, Clairvaux et Thuré, en Poitou (Beauchet-Filleau, Dict. hist. et généal. des familles du Poitou, 1895). Maire perpétuel d'Angoulême de 1697 à 1712, Etienne Chérade concurut avec l'Intendant de Bernage à faire « relever les murs de la place de Beaulieu, embellir la dite place et la faire planter en arbres » (Desbrandes, Hist. d'Ang. ms. t. II p. 1003-4). C'était des ormes qu'on plantait ; en 1758, comme « ils étaient d'une hauteur et d'une grosseur excessives et n'offraient rien d'agréable », ils furent arrachés et vendus 1.200# ; l'année suivante, on planta, à leur place, des ormes d'Orléans qui ne réussirent pas, et auxquels on substitua, en 1761, des tilleuls « qu'on voit encore en 1816, écrit Desbrandes, ayant été pour ainsi dire renouvelés par les tailles réitérées qu'on leur a fait, ce qui ne peut leur assurer une carrière de beaucoup d'années. » (Desbrandes, ibid.)

21. Le fait n'est pas une nouveauté, au XVIIe siècle ;  dès le XIIIe, on le voit déploré dans le Lai de l'Oyselet, qui nous décrit un merveilleux domaine, paré d'un si beau donjon, d'une si belle tour comme on n'en a jamais vu, mais que le gentil chevalier vendit à un vilain, car les villes et les châteaux, en changeant de maîtres, vont toujours de mal en pis. (Conteurs français, Ch. Louandre, Paris, 1873.)

22. Archiv. Dép. E. 81.

23. Consultation et Mémoire, suprà cit.

24. Ibid.

25. Archiv. Dép. E. 48.

26. Le boisseau de Montbron était de 8 mesures ou 24 litres. Le boisseau valait :

En 1537, froment, 5 et 6 sous,
seigle, 3 & 4 —
avoine, 2 & 3 —

En 1566, froment, 28 sous,
seigle, 25 —
avoine, 10 —

En 1637, froment, 26 —
seigle, 16 —
avoine, 16 —

27. Affermé 123# en 1637. Archiv. Dép. E. 53.

28. Arch. Dép. E. 48.

29. Caillaud, notaire à Angoulême. Archives dép. E. 1855.

30. Même notaire. E. 1840.

31. Nous devons ces documents à M. Raballet, juge d'instruction au Tribunal civil de Confolens, qui les a découverts au greffe de ce Tribunal, où ils avaient été déposés par M. Vincent Ducluzeau, avec deux autres commissions de notaire qu'il tenait des Seigneurs du Lindois et des Étangs, en vertu de l'art. 22 de la loi du 29 ventôse an II.

32. Sur le pli est écrit « Du 7 prairial an II ». Titres déposés au greffe par le citoyen Vincent, notaire à Montembœuf. (Suit la transcription littérale de la pièce n° 1).

33. Bulletin de la Soc. arch. et hist., séance du 9 mai 1900, (p. LXI et LXIV).

34. Archives départ. E. 45.

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28 mars 2015

Pastoureau de Nontron

D'après une tradition conservée dans cette famille, un cadet de maison noble du Poitou, fourvoyé dans l'une des bandes de Pastoureaux de 1251, fut blessé dons une rencontre et laissé à Nontron, où il se fixa en prenant et gardant le nom de Pastoureau. Si, à l'appui de cette tradition, nous consultons les documents écrits, nous y trouvons que deux Pastoureau étaient propriétaires à Nontron en 1357, d'après les titres suivants, mentionnés par Doat, vol. 241 :

« 1357... Instrument mentionnant que certaine maison assise au bourc de Nontron, entre le four d'Aixe et la maison de Jacques Peytoureau, est de la fondalité du vicomte die dominica post festum beati Marcialis anno Domini M° CCC° quinquagesimo septimo. — 1857... Acte de la rente due au vicomte sur certain solar portal et autres biens sis à Nontron et appartenant à Jehan Pestorele et Pierre Savenya. Die lune post hiemale festum beati Martini anno Domini millesimo trecemtesimo quinquagesimo septimo. »

Ce Jehan Pastoureau (Pastorelli) serait-il fils ou frère de Jacques, et celui mentionné dans le Dictionnaire de jurisprudence de Guyot, v° ministère public, en ces termes :

« Il n'y eut pas au Parlement d'avocats ou de procureurs du roi avant 1300, Jean Le Bossu et Jean Pastoureau sont cités dans toutes nos annales comme les premiers officiers qui furent appelés avocats du roi. »

Après eux, dans le cours des XIVe et XVe siècles, apparaissent Eymeric, Pierre et Jehan Pastoureau qui descendent probablement du Jacques ou du Jehan Pastoureau de 1357. Il est question des trois frères dans des titres de rente de 1430, 1438, 1439, déjà cités, de Pierre et de Jehan dans une autre du 26 mai 1472 et de Pierre, seul dans deux autres des 24 août 1474 et 3 juin 1476, dans lesquelles ledit Pierre est qualifié de : Prudente et honesto viro petro Pastourelli mercatore et burgeni ville de Nontronii.

Les descendants de Jehan et de Pierre Pastoureau formèrent deux branches : 1° Jehan, qui dut avoir pour fils Dauphin Pastoureau, marié avec sa cousine, Marion Pastourelle, qui ne lui donna que quatre filles et laissa tomber cette branche en quenouille, ainsi que nous l'avons suffisamment démontré plus haut. Jehan Pastoureau eut aussi une fille, Marguerite. 2° De Pierre Pastoureau provinrent Jehan, dit le Vieux, et une fille, Marion, unie à Dauphin. Jehan dit le Vieux se maria avec sa cousine, Marguerite Pastourelle, ainsi qu'il appert du testament dudit Dauphin et de divers titres de rente, notamment d'un acte du 15 avril 1495 consenti par lui et Marguerite Pastourelle, sa femme, Prudente viro Johannes Pastourelli senore mercatore et proba muliere Margarite Pastourelle sua uxore, et portant cession de six sous de rente sur un jardin joignant les prés de Janot, de maître Gérald et de maître Pierre Pastoureau frères, prati Janoti, magistri Geraldi et magistri Petri Pastourelli fratribus.

Ce dernier acte nous révèle l'existence dune troisième branche qui doit provenir d'Eymeric Pastoureau, de 1430, qui dut avoir aussi pour fils Daniel marchand, qui, le 6 août 1480, consentit au seigneur de Nontron une reconnaissance de rente sur une maison dans la ville vieille de Nontron. Nous trouvons encore sur cette branche les renseignements suivants :

« Le 20 avril 1486, noble Pierre de Beaulieu vendit à Jeannot et Gérald Pastoureau diverses rentes sur le tènement de Lascouts, paroisse de la Chapelle-Pommier. Par testament du 33 juin 1503, reçu Blois, notaire, maistre Gérald Pastoureau, licencié ès-lois de la ville de Nontron, fonda dans l'église du monastère de St-Pardoux-la-Riviere quatre anniversaires à célébrer après quatre festes de Noël, Toussaints, Pasques et la Pentecoste, pour un sestier froment, huit sols argent et une poule sur le mainement de Cossevigne, paroisse d'Abjat, plus quatorze boisseaux froment, quinze seigle, dix advoine et dix sols argent sur le village de Lascouts, paroisse de la Chapelle-Pommier. Avant sa mort, et le 2 octobre 1505, ledit Gérald fonda à Nontron une vicairie dite Nostre-Dame-de-Pitié, à laquelle ses descendants nommèrent le titulaire en 1514. Jeannot dut se marier avec Louise Pastoureau qui, dit Nadaud dans ses mémoires manuscrits I, p. 114, fut femme de Jean, marchand de Nontron, testa le 22 mars 1523 et veut trois cents prêtres à son enterrement, autant à la septaine et autant au bout de l'an. Ils durent avoir pour fille Jeanne, veuve de Mathurin Poisson, avocat au présidial de Périgueux, d'après deux reconnaissances de rentes à elle consenties le 9 décembre 1535 et où elle est ainsi dénommée : Nobilia Johanna Pastoureau vidua honorabili et seneschali viri magistri Pissis cum vivebat advocati in curia presidiali et seneschali petrocorensis. Quant à Pierre Pastoureau, licencié ès-lois, nous ne trouvons sur lui aucun document écrit, à moins de supposer qu'il devint le chef de la branche des Pastoureau, seigneurs d'Ordière en Poitou et à lui rattacher, ou à ses descendants, les alliances suivantes, indiquées par Nadaud : Louise Pastoureau éponsa N. Paulte, dont la fille, Antoinette, épousa François de Bousiers, écuyer, le 29 novembre 1579. Le 27 mai 1515, Françoise ou Antoinette Pastoureau épousa Martial Audier, conseiller au parlement de Bordeaux, seigneur de Montcheuil. Le 1er août 1594, Josias de Livron, écuyer, épousa Esther Pastoureau, fille de Jean Pastoureau, escuyer, seigneur d'Ordières, et de Jeanne Travers. Le 5 décembre 1512, Hélie Couradin, sr du Vignaud, épousa Anne Pastoureau. Le 14 mai 1623, Jeanne Pastoureau épousa Jean des Hoches, fils de Jonathan, sr de Douzat, et de Marguerite du Sault. Le 23 avril 1628, Pierre de Moneys, chevalier, épousa Esther Pastoureau. En 1650, Jean de Montfrebœuf, sr de La Nadalie, épousa Marie Pastoureau.

Mais revenons aux Pastoureau de Nontron et à la branche de Jehan dit le Vieux, qui, de son mariage avec Marguerite Pastourelle, eut : l° Jean, qui suit; 2° François, d'après le testament, en 1505, de son oncle Dauphin Pastoureau.

Dauphin, dit le Jeune, Prudente viro Pastourelli junior burgeni et mercator ville Nontronii, d'après des titres de rentes de 1487 et de 1508. De son mariage avec Marguerite Régis ou Roy, il eut trois enfants, ainsi qu'il appert d'une reconnaissance du 9 janvier 1514 consentie en faveur de sa veuve, honesta muliere Regina vidua Pastourelli junior, comme légitime administratrice de François, Jean et Estienne, leurs fils François, entré dans les ordres, devint abbé de Blanzac, et Etienne paraît être décédé sans postérité, car ses deux frères figurent seuls dans divers titres de rente des années 1519, 29, 30, 31, 32 et 1535 en ces termes : « Au profit de saige homme Jehan Pastoureau, marchan, fils de Jehan Pastoureau, dict Capduc, par le temps qu'il vivoit, marchand de Nontron, tant pour luy que pour vénérable personne mestre François Pastoureau, prestre, abbé de Blanzac. »

Jehan Pastoureau est aussi qualifié de Toutbon dans une reconnaissance du 4 janvier 1524, consentie au seigneur de Nontron par lui et François Pastoureau, son frère.

Jehan Pastoureau, dit Toutbon, se maria avec N..., dont il eut Thibeaud et, probablement : 1° Louise, à laquelle fut consentie le 10 janvier 1542, par Anne Goulard, veuve de maistre Jehan de Puisillon, seigneur de La Faye, une reconnaissance mentionnée dans le terrier de la famille Pastoureau. Elle se maria, d'après Nadaud, avec N... Paulte et en eut Marguerite, qui épousa, le 29 novembre 1579, François de Hougier, écuyer; 2° et Charlotte, qui se maria, vers 1564, avec noble Martial Guyot.

Thibeau Pastoureau, seigneur de La Grange, qualifié de lieutenant des Roy et Reyne de Navarre dans leur ville et baronnie de Nontron, dans divers actes de rentes de 1550, 77, 82, 84, 86, 88 et 1597. Il se maria avec Marguerite de Labrousse, de laquelle il eut : 1° Florence, mariée le 4 janvier 1617 avec Annet de Pindray, écuyer, sr de La Neulhie, dont 1° Pierre, marié le 28 août 1647 à Charlotte de Saint-Laurent, de laquelle Jacquette, mariée le 3 juin 1692 à Claude de Conan, dans les archives duquel nous avons recueilli une partie des terriers et des titres de la famille Pastoureau; 2° François de Pindray, décédé sans enfants, et 3° Isabeau, mariée à Hereuillais de Massougnes, escuyer, seigneur du lieu noble de Chamfaron, suivant contrat de mariage du 20 janvier 1649 par lequel le père de la future lui constitue :

« Tant dans la succession de deffuncte damoiselle Florence Pastoureau, sa mère, que de deffunct Pierre Pastoureau, escuyer, sr de La Grange, son oncle maternel, de demoiselle Marguerite de Labrousse, son ayeule maternelle, que de feu François de Pindray, escuyer, son frère germain, la moityé de certaine maison noble sittuée en la place appelée de La Cayo, en la ville de Nontron, commune et indivise avec Pierre de Pindray. escuyer, sr de Lacau, son frère germain, avecq la moityé de toutes les rentes aussy indivises par moityé entre sondit frère... et tout ainsi que lesdites maisons et rentes leur sera escheus par la succession dudit Pierre Pastoureau... par le contrat de transaction partage du 26 mars 1630, devant Amblard et Lenoble, notaires royaux ».

III° Ledit Pierre Pastoureau, décédé au repaire noble de La Grange, paroisse de Nontron le 27 août 1627 et sans enfants de son mariage du 25 septembre 1623 avec Jehanne Védrenne fille de Léonard Védrenne, juge des juridictions d'Augignac et Savignac.

IV° Autre Pierre Pastoureau, marié avant 1596 avec Florence de Lacroix, d'après l'acte de baptême d'Honorette, leur premier enfant, du 20 octobre 1596, et décédé avant 1603, suivant acte du 14 avril de cette année, portant vente de certains fonds à M. Pierre Maillard, seigneur de Lafaye, par Florence de Lacroix, veuve de Pierre Pastoureau. De ce mariage : 1° Honorette, baptisée en 1596, ayant pour parrain Thibeaud Pastoureau, son grand-père, se maria le 17 janvier 1617 avec François Texier, docteur en médecine; 2° et François, marié avec Marguerite de Labrousse, dont Helie, baptisé le 30 novembre 1636.

V° François Pastoureau, sr de La Serve, marié, le 29 novembre 1626, à Bertrande de Labrousse, fille d'Helie de Labrousse, sr des Chapoulies, et de Jehanne de Camain, de laquelle provinrent : 1° Helie, baptisé le 6 janvier 1628, ayant pour marraine Marguerite de Labrousse, sa grand-mère, marié à Marie Villariaud, dont François et Anne, d'après le testament de leur tante, Honorette, du 20 janvier 1697 ; ledit François marié avec Marie Pastoureau, dont Pierre qui, de son mariage, eut une fille, Françoise, mariée le 16 février 1749 à Léonard Bouthinon, sr de Beaumont ; et un fils, François, baptisé le 18 septembre 1721, ayant pour parrain François Pastoureau, son bisayeul. Ledit François, sr du Buisson, se maria avec Marie Bouthinon des Essards, dont il eut une fille, Marie, qui, suivant contrat du 8 février 1776, avec Pierre Grolhier, assistée de ses père et mère, et de Pierre Pastoureau, sr de Lasserve, son ayeul, habitant tous, y est-il dit, au fief noble du Buisson, paroisse de Javerlhac, et deux fils, Pierre, sr du Buisson, et autre Pierre, sr du Coutirand, d'après une assignation du 18 janvier 1787, à la requête de Léonard Grolhier, contre ces derniers, et Marie Bouthinon, leur mère, veuve de François Pastoureau. Ledit Pierre Pastoureau, sieur du Coutiran, se maria avec Marie Bernard, dont Martial, marié le 10 août 1831, avec Catherine Pastoureau-Lannet, représentés de nos jours par leurs quatre fils, parmi lesquels Pierre-Henri Lorenzo Pastoureau, actuellement chef de bataillon au 61e régiment de ligne et chevalier de la Légion d'honneur ; 2°  Thoynette, baptisée le 4 novembre 1629, ayant pour parrain Charles Pastoureau, frère de son père ; 3° Honorette, le 13 novembre 1633 ; 4° François, le 19 janvier 1635, marié avant 1671 à Catherine Chaperon et en 1675 avec Anne Laud, dont plusieurs enfants; 5° Antoinette, mariée en août 1653 avec Jean Dubarry ; 6° et Estienne, baptisé le 2 août 1642, et dont les descendants se divisèrent en plusieurs branches, dont deux sont encore représentées de nos jours, savoir :

Du mariage d'Etienne Pastoureau, sr du Coutiran, avec Sibille Desages, du 22 novembre 1695, provinrent trois enfants qui partagèrent leurs successions le 12 mai 1730 : François, Helie et autre François.

1° François Pastoureau, baptisé le 29 août 1699, fut avocat et juge de St-Martial et de Bernardière, et se maria avant 1734 avec Marie de Labrousse, dont il eut, de 1734 à 1754, onze enfants, parmi lesquels François, baptisé le 21 juin 1753 et marié le 19 mai 1787 avec Marguerite de Jalanihat, habitant à Javerlhac, suivant contrat où il est qualifié d'ancien sergent-major du régiment de la marine, fils de feu François Pastoureau du Coutiran et de Marie de Labrousse.

2° Helie Pastoureau, sr de La Besse, second fils d'Etienne, se maria avec Anne Reynier avant 1742. Leur premier ne, Mathurin, ayant été baptisé le 24 avril de cette année ; leur second fils, Pierre, le fut le 1er août 1750. Ce dernier fut avocat en parlement, juge d'Abjat et Savignac de 1770 à 1789, maire de Nontron, puis juge de paix de 1823 à 1830. Il eut de son mariage avec Marguerite Marcillaud du Genest deux filles, dont l'une représentée aujourd'hui par M. le marquis de La Garde, son petit-fils, et l'autre par les familles Marcillaud de Goursac, de Gandillac et de Jaurias. Il en eut aussi deux fils, l'un, lieutenant-colonel d'artillerie, officier de la Légion-d'Honneur, marié à demoiselle Lapeyre de Bellair, dont un fils, ancien officier des eaux et forêts, et deux filles entrées dans les familles de Teyssière et Baignol, enfin, Jean, fils aîné, marié à demoiselle Marguerite de Labrousse, fille de Pierre de Labrousse, sr du Bosfrand, avocat et subdélégué de l'intendance de Bordeaux, et de demoiselle Françoise de Reix. De ce mariage provinrent quatre enfants, dont celui qui représente actuellement cette branche de la famille Pastoureau, Jean-Baptiste, ingénieur en chef de la marine en retraite, officier de la Légion-d'Honneur, résidant à Bordeaux, a épousé demoiselle Henriette Perrier, fille de sir Anthony Perrier, chevalier, consul de Sa Majesté Britannique, de laquelle sont provenus trois filles et un fils, André William-Paul, capitaine, en premier, d'artillerie.

3° Autre François, sr du Coutiran, qui, de son mariage avec Marie de Labrousse, en eut François, baptisé le 6 août 1731, lequel se maria avec Marie Pourteyrou, laquelle lui apporta le fief noble de La Meynardie, paroisse de Siorac-de-Ribérac, dont il prit le nom. Le 26 mai 1757, il fut nommé contrôleur ordinaire des guerres, et décéda célibataire, après avoir légué tous ses biens au susdit Pierre Pastoureau, son cousin-germain.

VI° Le sixième enfant de Thibaud Pastoureau et de Marguerite de Labrousse fut Charles, qui fit les branches du Tallet, de La Grange et de Lannet. Le 31 décembre 1609, ledit Charles, sr du Tallet, donna à bail à rente le moulin Vicomteau, près de Nontron. Il se maria en 1615 avec Marguerite Cholet, de laquelle il eut huits enfants, parmi lesquels : Dauphin, né le 7 juin 1620, sr de La Grange et de Lannet, qualifié de « capitaine de Nontron » dans l'acte de baptême du 4 décembre 1651 d'autre Dauphin Pastoureau. Il se maria en 1642 avec Anne Dufaure, décédée en 1652, se remaria en 1655 avec Jeanne-Zélie Dohet et décéda le 11 janvier 1690 à La Grange-de-Lannet, paroisse de la Chapelle-Nontronneau, lieu de sa résidence. Il fut inhumé dans la chapelle St-Jean-des-Cordeliers, dans les tombeaux de la famille et selon les prescriptions de son testament de 1689, mentionnées dans notre chapitre des institutions religieuses. Du second mariage provint Jean Pastoureau, marié en 1695 avec Françoise Feuillade, de laquelle il eut autre Jean, marié à Jeanne Pourten, de Magnac, et dont la descendance est aujourd'hui représentée par le commandant Pastoureau, fils de Catherine Pastoureau-Lannet, mariée en 1831 avec Martial Pastoureau, de la branche Coutiran du Buisson.

Un autre des enfants de Charles fut François Pastoureau, né en 1626, lequel devint avocat, conseiller du roi, écuyer, conseiller enquêteur et examinateur en l'élection de Périgueux. De son mariage avec Marguerite Roy, il eut Pierre, qui fut aussi avocat et conseiller du roi en ladite élection. Ledit Pierre Pastoureau, sr de Goulières, se maria en 1699 avec Marguerite Eyriaud, dont il eut dix enfants, réduits à quatre d'après le partage de sa succession du 2 février 1737, suivant acte reçu Grolhier, notaire, savoir : 1° Suzanne, épouse de Michel Martin, écuyer, seigneur de Jaillac, demeurant au château des Landes, paroisse de Merlande, et dont un oncle avait été prieur de Nontron ; 2° Jean de Labrousse, sr du Bosfrand, avocat et juge du marquisat du Bourdeix et de la baronnie de Champniers, subdélégué, comme administrateur légal des enfants issus de son mariage avec demoiselle Bertrande Pastoureau ; 3° autre Bertrande Pastoureau, épouse de Jean Feuillade, sr de Laterrière ; 4° et Pierre Pastoureau, sr de La Serve, comme mari de demoiselle Marie Pastoureau. Cette branche, tombée en quenouille, est représentée, du côté des Feuillade, par les familles Ribeyrol et Roussilles Laforet, et, du côté des Labrousse, par les familles Nadaud, Devars et par M. l'ingénieur Pastoureau.

Telles ont été les principales branches de cette famille Pastoureau, dont le nom se retrouve à chacune des époques et des phases de notre histoire locale, ainsi que de la majeure partie du Nontronnais.

Ribault de Laugardière

(Société historique et archéologique du Périgord, 1888)

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Les seigneurs de L'Isle-d'Espagnac et leur logis

Les seigneurs de L'Isle-d'Espagnac et leur logis
Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 1979/80

Au cœur de ce qui fut ensuite la paroisse était une « isle » avec ses marécages aujourd’hui asséchés, sa rivière de Font-Noire, sa Petite Rivière et le ruisseau de Lunesse l’enserrant.

A. Le domaine de Spanius (1), gentilhomme gallo-romain qui lui aurait donné son nom, devait s'étendre par là ; on a trouvé assez de vestiges aux alentours (2)

Au début de la féodalité les d’Espagnac, peut-être descendants du même étaient puissants vassaux de l’évêque d’Angoulême envers lequel ils étaient tenus à hommage lige d’une paire d’éperons dorés à mutation de seigneur et vassal (3).

Cependant c’est le Chapitre cathédral (4) qui eut droit de haute, basse et moyenne justice dans la paroisse (4). Géraude d’Espagnac vivait en 1189, Guillaume en 1236 et Foulques son fils, puis Jean, damoiseau, héritier de Foucaud Blanchard en 1381, Pierre propriétaire à Angoulême, Fouguet en 1397, enfin Mathurine de 1469 a 1489. Ils avaient tous de beaux prénoms qui sonnaient clair. Leur fief d’Espagnac, au sein duquel se construisit l’église peut-être au temps de Géraude, peut-être avant, sera qualifié plus tard de « considérable » par un historien de l’Angoumois (5) mais ils avaient encore un domaine en Soyaux dit « Maine d’Espagnac », le mas de Lunesse dans Angoulême, des biens dans les châtellenies de Montignac, La Rochefoucauld et Villebois, une petite île en Nersac qui porte leur nom. Géraude possède une part de l’écluse, moulins et anguillards à Thouérat sur la Charente, Pierre un verger au faubourg Saint-Ausone, et Mathurine, en épousant Pierre de Nossay, le rend seigneur de Château-Renaud en Fontenille au XVe siècle (6).

Le 17 novembre 1610, François d’Espagnac, écuyer, sieur de Lavau, est lieutenant de M. le Vice-Sénéchal d’Angoumois au pays d’Aunis, ville et gouvernement de La Rochelle. Peut-être s’agit-il d’un descendant, mais le fief a changé de mains puisque le 7 avril 1518 il est à Jean de Reffuges, seigneur des Bordes et de L’Isle-d’Espagnac. François, son fils, vend la seigneurie maison, moulin, « fuye » et tout ce qui en dépend, le 25 janvier 1528, à Jean Arnaud qui devient seigneur de L’Isle-d’Espagnac et l’est déjà des Gouffiers. Son blason était d’azur à un croissant d’argent surmonté d’une étoile d’or. En 1547, sa veuve Marguerite Doucet, dite Dame de L’Isle-d’Espagnac, leur fils Jean Arnaud, avocat au Parlement, échangent au Chapitre cathédral la seigneurie féodale d’Entreroche qu’ils possèdent pour le village de La Font et les terres avoisinantes jouxtant celles de leur fief d’Espagnac (7). Ils seront tenus à hommage et devoir d’une paire de gants appréciés cinq sols à mutation de seigneur et vassal. La dame Doucet transporte aussi au chapitre 7 boisseaux de froment, 4 de seigle ou mesture, 4 d’avoine, 34 sols et 2 gélines de rentes féodales sur le village d’Entreroche.

Le 27 septembre 1565, noble homme, Jean Arnaud, écuyer, seigneur de L’Isle-d’Espagnac, conseiller du roi et lieutenant général d’Angoumois, rend hommage du fief de L’Isle à l’évêque pour raison de son hôtel noble, ses appartenances et dépendances en la châtellenie d’Angoulême cy devant tenu par feues Mathurine d’Espaignac et Marguerite Doucet sa mère et prédécesseurs (8), « Homme plein d’intégrité, il fut misérablement étranglé dans sa maison en 1568 pour n’avoir pas voulu suivre les factions des Calvinistes » (9). Il laissait un fils et une fille.

En 1580, François de La Vallade est sieur de L’Isle-d’Espagnac, écuyer, élu pour le roi en Angoumois. En 1581, sa veuve Marguerite Delage est Dame de ce lieu. Elle se remarie avec Denis Chapiteau, sieur de Raymondias, en 1592 (10). Après arrangement à l’amiable avec les frères de La Vallade, ils demeurent en l’hôtel noble de L’Isle-d’Espagnac non loin de l’église et du moulin. Marguerite Delage meurt sans postérité et les fiefs d’Espagnac (mouvant de l’évêque) de la Font (mouvant du chapitre) passent à sa sœur, autre Marguerite, épouse du Souchet qui hérite de ses biens, un accord ayant eu lieu entre le veuf et les frères et sœurs de la défunte.

Jacques du Souchet, d’une récente noblesse de robe (11), époux de la précédente, avocat au Présidial, écuyer, est sieur de Villars et de L’Isle-d’Espagnac après 1602. Son fils Denis, époux de Jacquette Barreau l’est en 1619. Leur blason était d’or a une souche de laurier accrochée de sinople poussant deux rejettons vifs, un de chaque côté même et surmonté de trois étoiles d’azur rangées en chef. En 1636, Jacques du Souchet, écuyer, sieur de L’Isle-d’Espagnac, y vit dans sa maison noble. De sa femme, Marie Moussier, il a au moins trois filles : Madeleine née le 29 décembre 1647 et Marie le 18 juin 1649. L’aînée épousera le 29 novembre 1667 Jean Léonard de La Forestie, écuyer, sieur des Saulaies, et Marie, Jean Ballue, écuyer, sieur de Soyaux, le 4 mars 1670 (12), la troisième se marie avec Léonard Chauveaud.

Le 13 décembre 1683, il rédige son testament par devant Me Jeheu, notaire royal, en présence de Messire Jacques de Jousset, prêtre, curé de L’Isle, et de Jean Aymard, marchand apothicaire, « étant au lit indisposé de sa personne, toutefois sain d’esprit et de jugement ».

Après s’être recommandé à Dieu et avoir imploré le secours de la Très Sainte Vierge, il s’en rapporte pour ses funérailles à la discrétion de dame Magdeleine Dussouchet, veuve du défunt sieur de La Forestye, sa fille, voulant néanmoins que son corps soit inhumé dans sa chapelle de l’église de L’Isle. Il lui donne tous les meubles et « ustenciles » de sa maison à la charge de faire les frais de son enterrement et faire prier Dieu pour le salut de son âme. Il veut que soit donné à Mathurin Guyot, dit Gaillard, qui l’a servi pendant sa maladie et le sert encore, deux de ses habits d’hiver et les arrérages de la rente seconde de 3 livres qu’il lui doit annuellement. Il ordonne que lui soient octroyées 30 livres pour Marie, sa fille aînée, afin d’aider à son établissement, ainsi qu’à Pheliveau, « mousnier » au moulin de Recoux pour la sienne ; 120 livres à Léonard Chauveau, 100 à son petit-fils, aîné de défunte Marie, épouse Ballue. Tout l’or et l’argent monnayé se trouvant dans ses coffres et armoires le jour de son décès devra aller aux pauvres. Les arrérages des rentes et le reste seront pour ladite dame de La Forestie, sa fille.

La descendance mâle des du Souchet s’éteint avec lui. Madeleine, veuve de Jean-Léonard de La Forestie, hérite de son père et porte ses fiefs dans la famille de La Forestie originaire d’un château proche de Brive en Bas-Limousin, d’une noblesse vieille de plus de deux siècles (19). Son mari étant décédé, c’est leur fils, dit Léonard Il, écuyer, sieur des Aubards, qui le devient aussi de L’Isle-d’Espagnac. Il est lieutenant au régiment de Larrey en 1689, il épouse en 1690 demoiselle Marie-Rose Aymard, fille de Jean, un des pairs de l’Hôtel-de-Ville, et de Marie de La Gravière. Ils ont un fils, Pierre-Pol, leur aîné et une kyrielle de filles : Marie-Rose, Aune, Jacquette, autre Marie-Rose née le 5 août 1705 (14). Lorsqu’en 1742 il porte plainte contre des inconnus qui ont percé le mur de sa chapelle, il demeure au logis noble de La Font, près le bourg de L’Isle (15). Cette chapelle familiale avait été récemment blanchie, le marchepied de l’autel remis à neuf. Sur cet autel se dressait une Notre-Dame tenant un enfant Jésus, « le tout doré d’une ancienne dorure ». On pouvait y voir un cordon noir, sorte de litre funéraire, en faisant le tour à environ sept pieds (16) du rez-de-chaussée sur lequel étaient plusieurs écussons dont deux au-dedans de la nef représentaient les armes de défunte Madeleine du Souchet, sa mère (17). Il meurt l’année suivante, en 1743.

Pierre-Pol de La Forestie, écuyer, prend le titre de sieur de L’Isle. Il a épousé Léonarde de Pindray en 1725. Marie-Anne est née de cette union le 1er décembre 1727, Ieanne le 25 janvier 1729, François-Léonard le 21 septembre 1730, Ieanne le 15 décembre 1731, Marie le 18 octobre 1735. Pierre-Pol meurt en 1779 et il semble que François-Léonard et la plupart des filles l’aient précédé dans la tombe. Anne, à 52 ans, épouse André de Pindray, 30 ans, fils de Jean, écuyer, seigneur de Roumilly (18), le 1er novembre 1779. Il devient seigneur de L’Isle-d’Espagnac. Sa belle-mère et tante, Léonarde de Pindray, meurt à 89 ans, en 1782.

Le Chapitre cathédral réclame du nouveau seigneur en 1786, pour la prise et métairie de Chez Prévost (maison, colombier, cour, jardin, pré et terre, soit 12 journaux, 4 boisseaux de froment, 1 d’avoine mesure d’Angoulême, 30 sols, 2 gélines, le tout de cens rente directe, seigneuriale et foncière suivant les censifs de la seigneurie de L’Isle de 1562, 1565, 1570 et 1715, pour la prise du pré de l’étang, soit 2 journaux et 78 carreaux, 40 sols et 2 chapons ; pour la pièce de terre en bois taillis au-dessus du coteau de la fontaine de Lambouchier (un journal) 6 deniers de rente, le tout dû au jour et fête de Saint-Michel à la recette du Chapitre, à Angoulême. Monseigneur l’Evêque réclame, lui, hommage pour son fief d’Espagnac.

En 1789, André de Pindray figure dans l’état de la noblesse d’Angoumois sous le nom de Pindray de L’Isle. Ses armoiries sont d’azur à trois poissons, la tête tournée à dextre surmontés d’un croissant. Sa femme meurt le 13 novembre 1791. Les anciens du bourg disent qu’il se serait caché en ce lieu dans une maison qu’on montre encore, avec deux vieux serviteurs, pendant la Révolution, sauvant avec lui de l’incendie les registres paroissiaux. Dès le 29 août 1792, il se remarie avec Marguerite Chauvin sous le nom de citoyen André Pindray. Il leur naît : Marie, le 6 juin 1793 ; André, le 29 vendémiaire au III (13 août 1794) ; François-Marie en 1797 et Louis en 1798. André de Pindray, qui a repris son titre d’écuyer et de seigneur de L’Isle-d’Espagnac, meurt en son logis, le 13 février 1803.

Sa fille aînée Marie épouse à 24 ans, le 16 juin 1817, François Tarte, lieutenant du 2e Régiment de ligne, originaire de Iavrezac. Elle sera marraine de la cloche de L’Isle-d’Espagnac en 1841. Son mari, capitaine en retraite, chevalier de Saint-Louis, meurt le 1er décembre 1844 au logis. Elle est encore vivante, mais on perd ensuite sa trace.

André de Pindray, le fils, frère de Marie, épouse Marie-Lore Turcat. Il a vingt-sept ans en 1824 et est adjoint à la mairie. Sa fille, Marguerite-Léontine, meurt à onze mois, le 7 août de cette année-là. Lui-même, lieutenant au 2e Régiment d’Infanterie de ligne, meurt le 19 novembre 1834, à l’hôpital de Soissons.

François-Marie de Pindray, désigné sous le vocable de M. le Chevalier Marie de Pindray de Roumilly (13), époux de Marie-Léocadie de Chabot de Chillou, âgé de 35 ans en 1832, déclare la naissance de sa fille Marguerite-Léocadie. Il demeure encore au logis en 1846, puis on perd sa trace à lui aussi. Louis de Pindray, né en cette commune (20), propriétaire au bourg, le 29 mai 1828, est l’époux de Marie Priolaud. François-Marie-Amédée naît de leur union. Il meurt à dix-sept ans au bourg de L’Isle, le 25 avril 1846. Le père meurt au même lieu, âgé de 64 ans, le 29 février 1864. La veuve lui survit jusqu’au 21 septembre 1873, elle a 75 ans (21). Il semble qu’indépendamment de ses habitants le logis ait été un lieu de refuge pour de nombreux de Pindray qui y viennent mourir. En l’an II, il y eut Marie de Pindray, âgée de 80 ans ; puis Messire de Pindray, curé de Verrières, et Marie de Pindray, religieuse, en 1810.

B. Le logis noble de L'Isle et de La Font, dit de Pindray

Dans la deuxième moitié du siècle dernier, Gauguié écrivait : « Petit château de Pindray datant du XVIIe siècle. » Martin Buchey le pense de cette époque et Ch. Daras écrit : « modeste logis du XVIIe presque entièrement rebâti ». Ses tours, dont l’une carrée comprenait une meurtrière, ont été remontées a une époque récente.

Une carte postale le présente comme un logis du XVe restauré au XIXe.

Dans les actes notariaux du XVIe siècle, on cite l’hôtel noble de L’Isle, au bourg dudit lieu.

S’il date vraiment du xvne, le logis a pu être construit par les du Souchet ou les de La Forestie. La seule certitude qu’on puisse avancer à son sujet, c’est qu’il existe en 1742 lorsque Pierre de La Forestie fait établir le procès-verbal des dégâts commis à sa chapelle puisque sa résidence : logis noble de La Font, près du bourg de L’Isle, est mentionnée. Il est cité encore : logis de L’Isle et de La Font lorsqu’y naissent ou y meurent des de Pindray dans la première moitié du XIXe siècle.

Cependant, le nouveau propriétaire aurait découvert des vestiges de construction du XIIe siècle et un départ de souterrain.

Il n’est connu ici que sous le nom de logis ou château de Pindray, les Pindray étant les derniers nobles qui l’habitèrent de la fin du XVIIIe au milieu du XIXe.

On montre le chemin du château ou de la messe par lequel les carrosses descendaient du château à l’église et la boucle de fer où on attachait les chevaux existait encore il y a peu de temps.

Alberte Cadet

Notes :

1. D’après J. Talbert, Origine des noms de lieux.

2. Oppidum gaulois, tombes celtiques, ruines romaines, vieux chemins.

3. Ces hommages, en latin, sont conservés aux archives, série G.

4. Après la séparation des manses de l’évêque et du chapitre en 1110 ; droit
confirmé par le comte d’Angoulême le 17 janvier 1457.

5. Vigier de La Pile, vers 1750.

6. Vigier de La Pile.

7. G 46-12, Archives départementales.

8. D’après l’hommage annexé à l’acte de vente.

9. Vigier de La Pile.

10. Fut maire d’Angoulême en 1586, puis conseiller. Son écusson était meublé
de trois petits chapiteaux.

11. Issu d’un conseiller anobli en 1569.

12. Cette dernière aura un fils puis deux jumelles et mourra en couches. Elle
sera ensevelie dans la chapelle de ses parents en l’église de L’Isle-d’Espagnac.

13. D’après Vigier de La Pile.

14. D’après les registres paroissiaux de L’Isle-d’Espagnac.

15. C’est la première fois que celui-ci est nommé expressément.

16. 2,30 m.

17. Probablement celles des du Souchet et de La Forestie. Celles des de La
Forestie ne sont pas citées par d’Hozier.

18. Fief en Courcôme où il habite.

19. Il n'oublie aucun des titres de sa famille.

20. Ainsi qu’il ressort de ses actes de décès et de naissance.

21. Les renseignements concernant l’état civil sont tirés des registres paroissiaux.

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23 mars 2015

Louis-François-Joseph-Bonaventure comte de Tryon de Montalembert (1758-1846)

Louis-François-Joseph-Bonaventure comte de Tryon de Montalembert
Paris, 18 octobre 1758 — Taverny-Saint-Leu (Val d'Oise), 17 mars 1846.

« Mardi, 20 juin 1815. J'apprends le retour de l'Empereur à l'Élysée, et je vais m'y placer spontanément de service. Je m'y trouve avec messieurs de Montalembert et de Montholon, amenés par le même sentiment. » Le comte de Tryon de Montalembert, chambellan de l'Empereur, a les honneurs des premières lignes du Mémorial de Sainte-Hélène. Il n'y paraîtra plus ensuite. Mais cette citation, qui le distingue dans l'ultime carré de fidèles, cautionne un attachement sincère et presque sans faille à la personne de Bonaparte. Filleul du prince de Conti, fils de « haut et puissant seigneur » Pierre-Claude-François, marquis de Tryon-Montalembert, chevalier seigneur d'Épanvilliers, la Touche-Bouchereau, Légurat, Champagne, la Roche-Trion, la Plaine de Nouallier, le Pré-Millaud, la Garde et autres lieux, lieutenant-colonel au régiment d'Archiac-cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et de « haute et puissante dame » Marie-Anne Thibault de Guébriant, il descend d'une ancienne famille limousine signalée dans les alentours de Rochechouart dès le début du XIVe siècle. Par l'extinction des Montalembert de Dessé en la personne de Gabriel de Montalembert, tué à la bataille de Coutras en 1587, les biens et les armes de cette branche étaient entrés dans la maison de Tryon du chef de Gabrielle de Montalembert, sœur de l'illustre capitaine d'Essé, mariée en 1516 avec Pierre de Tryon. Leurs descendants obtenaient ainsi le droit d'ajouter à leur nom celui de la prestigieuse lignée angoumoisine et, en héritant de la terre et du château d'Épanvilliers près de Brux, prenaient pied en Poitou. C'est dans ce beau logis, rebâti en 1773, que le baron de Frénilly rend visite à la marquise de Montalembert peu de temps avant la Révolution. Bien que fille naturelle (reconnue ultérieurement par sa mère Anne Lelay, veuve du marquis de Pleumartin en Poitou), Marie-Anne Thibaud de Guébriant (Poitiers, 1734-1823) avait brillé à la Cour de Louis XV et gardait « sans s'en vanter des souvenirs très distincts de madame de Châteauroux et de la bataille de Fontenoy. Il ne lui restait de ce temps qu'une beauté droite, blanche, antique et majestueuse [...] Elle avait encore deux fils. L'aîné était le comte de Tryon-Montalembert homme de bonnes manières, spirituel, avenant, prévenant, tout à tous et qui s'en trouva depuis fort bien sous Bonaparte ; l'autre faisait son désespoir, c'était le chevalier de Tryon. » Le marquis de Montalembert avait donné à son aîné le goût des armes. Louis-François-Joseph-Bonaventure choisit la cavalerie, à l'exemple de son père. Elève de l'école royale et militaire de la Flèche, il fait ses débuts en février 1775 comme sous-lieutenant au régiment de Conty, avant de gagner en 1778 les épaulettes de capitaine, d'abord dans l'infanterie attaché au régiment de Saintonge puis, en 1784, aux chasseurs à cheval du Gévaudan. Le 8 janvier 1787, Louis de Tryon épouse à Saint-Groux (Charente) Françoise-Jeanne Regnault de la Soudière, seule survivante du mariage de feu Pierre, marquis de la Soudière, seigneur de Goué, et d'Anne-Françoise-Catherine-Marie Arnaud de Boueix. Par son contrat de mariage signé deux jours auparavant, le comte de Montalembert reçoit les terres de Légurat et de Champagné, en Périgord et en Berry, tandis que sa future apporte la seigneurie de Goué, une donation hors-part de 30000 livres ainsi que tous les meubles qui se trouveront garnir la maison de sa mère à Angoulême le jour de son décès. Le couple reste en Angoumois et Tryon, titré marquis depuis la mort de son père en juillet 1787, comparaît à l'assemblée de la noblesse réunie à Angoulême en mars 1789. Il donne la même année sa démission du régiment de Gévaudan où il vient d'être promu chef d'escadron. Mais son expérience du commandement le désigne tout naturellement pour prendre en charge l'organisation de la garde nationale de la petite ville de Mansle dont il devient aussi le premier maire en 1790. En juillet de cette année, il est élu au conseil général de la Charente et entre dans le directoire du département. Représentant le courant libéral de son ordre, il est dans un premier temps favorable aux réformes. Le cataclysme qui secoue la noblesse après Varennes le pousse toutefois à prendre ses distances : il abandonne ses fonctions dans l'administration départementale en août 1791 mais, à la différence de ses semblables et au premier chef de son frère Athénaïs, il n'émigre pas. À l'écart également des intrigues de sa mère qui offre le château d'Épanvilliers en refuge aux prêtres réfractaires pourchassés, il traverse la Terreur sans encombre et se retrouve, du fait de sa modération et de sa prudence, en bonne place pour prétendre bénéficier de la redistribution des cartes après thermidor. Il est ainsi nommé maire d'Angoulême le 25 prairial an III (13 juin 1795), fauteuil qu'il conserve jusqu'au 20 brumaire an IV (11 novembre 1795). Son épouse étant morte le 5 nivôse an III (25 décembre 1794) en le laissant chargé de jeunes enfants, Tryon attend trois ans pour convoler le 29 ventôse an VI (19 mars 1798) à Champagnac-Bel-Air (Dordogne) avec Olive-Élisabeth de Brosse, veuve du marquis de Chapt de Rastignac et fille de Pierre-Michel, comte de Brosse, ancien maréchal des camps et armées du roi, et d'Angélique de Bizemont. Il se partage dès lors entre ses propriétés charentaises et son hôtel parisien jusqu'à son retour sur ses terres patrimoniales du Poitou qu'il avait sauvées en l'an IV du démembrement en rachetant la portion confisquée à son frère. Châtelain d'Épanvilliers depuis 1805, Tryon intègre très rapidement la notabilité de la Vienne. Le 24 avril 1806, il est nommé par le préfet membre du conseil municipal de sa commune de Brux ; en 1808, le canton de Civray le porte au collège électoral du département, le 2 mai 1809, enfin, le Sénat l'envoie au corps législatif dont il devient le questeur par décret du 22 juin 1811. Le prestige de sa noblesse, l'absence de toute compromission encombrante et ses bonnes dispositions à l'égard du régime lui ont mérité l'attention de Napoléon qui, le 21 décembre 1809, l'élève à la dignité de chambellan, avant de lui offrir le titre de comte de l'Empire par décret du 15 août 1810. Les services de Tryon semblent avoir été aussi discrets que constants. Sa dévotion à la « personne sacrée » de Napoléon est transmise à ses enfants. Chevalier de la Légion d'honneur, il peut le 9 juin 1810 faire admettre ses trois filles en pension dans les maisons impériales. Mais c'est surtout son fils Jules que le comte de Montalembert voue au service du prince : il présente d'abord sans succès sa candidature comme auditeur au conseil d'État puis, avec plus de bonheur, à la garde à cheval de l'Empereur Jules combat les armées d'invasion alliées et, blessé à Soissons en mars 1814, tombe aux mains de l'ennemi. La première Restauration commence donc par balayer les Tryon : le fils est emprisonné, le père est expulsé de la questure. Très vite cependant, les relations se réchauffent : le pouvoir flatte le député en lui accordant le grade d'officier de la Légion d'honneur et Tryon joue le ralliement pour solliciter une préfecture, pressé « par ses amis et la voix publique ». Le retour de l'île d'Elbe coupe court à la dérive monarchiste. Louis de Tryon fait entrer son fils Jules évadé dans l'état-major des généraux Parletti puis Mouton-Duvernet et endosse à nouveau les habits de chambellan... Cent jours plus tard, il accompagne son maître vaincu aux portes de l'exil et se replie pour de bon à Épanvilliers. Inscrit sur la liste des personnalités marquantes de la Vienne en 1813, Tryon de Montalembert est propriétaire de domaines dans d'autres départements comme la Charente, la Dordogne, l'Yonne et Paris. Avec ses rentes sur l'État, ces biensfonds lui assurent en 1808 un revenu de 27000 francs représentant environ 600000 francs de capital.  Mais le dernier tiers de sa vie est humble et silencieux. 1821 est pour lui une année doublement éprouvante : ruiné, il doit quitter le Poitou tandis que sa femme est internée pour démence. En 1825, il loge avec sa famille chez son fils aîné au château de Goué après avoir tenté de vendre sa propriété d'Épanvilliers au beau-père de celui-ci, le notable impérial de Cressac : ainsi échoue une ultime manœuvre pour mettre le château dynastique hors d'atteinte de la rapacité de ses créanciers. Cette débâcle financière explique sans doute l'impasse matrimoniale dont furent victimes ses enfants du second lit : un seul se maria du vivant de son père et eut postérité. À partir de 1840, Tryon vit modestement dans une maison qu'il loue à Taverny. Après sa mort, la vente de ses meubles ne rapporte que 1 610 francs et 25 centimes. Parmi les biens dispersés figuraient 277 volumes et un buste de Napoléon... Sa première femme, Françoise-Jeanne Regnault de la Soudière, lui avait donné deux enfants : Jules-Louis-Pierre-Fortuné, marquis de Montalembert (Angoulême, 8 décembre 1790-Mansle (16), 8 février 1858), officier de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, député de la Charente (1846-1848), conseiller général de la Charente, marié à Marnay le 3 mai 1819 avec Françoise Céline de Cressac, fille d'Eutrope-Barthélémy, vicomte de Cressac. Clémentine (Angoulême, 30 prairial an II (18 juin 1794)-Cussac (87), 29 novembre 1869), mariée à Brux le 22 octobre 1812 avec Armand-Hippolyte-Astolphe-Renaud de Bermondet, marquis de Cromières, chevalier de Saint-Louis, chef d'escadron aux gardes du corps du roi. Cinq enfants issus de son second lit lui survécurent également : Athénaïs-Marie-Laure-Herminie (24 juin 1799-après 1875), religieuse au couvent de la Visitation de Sainte-Marie de Boulogne (62). Antoinette-Elisabeth-Octavie (15 septembre 1800-après 1875), chanoinesse au chapitre de Sainte-Anne de Bavière à Paris. Françoise-Joséphine-Gabrielle-Aline (Champagnac-Bel-Air (24), 19 prairial an XI (8 juin 1803)-Bégard (22), 19 février 1900), propriétaire morte sans alliance. Elle postula en 1825 pour une place de « dame de deuxième classe » à la maison de la Légion d'honneur de Saint-Denis. Gustave-Athénaïs-Aglaé (Brux, 10 juin 1807-Lanton (33), 11 octobre 1890), propriétaire à Mansle, puis chef de bureau de préfecture, marié à Saint-Pern (35) le 9 juin 1857 avec Antoinette Marie Joséphine Dexmier. Louis-Gaston-Charles, comte de Tryon-Montalembert (vers 1814-Joigny (89), 19 mai 1860), propriétaire, maire de la Ferté-Loupière (89), époux de Valentine-Marie-Louise-Caroline-Adèle de Monnier.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Guillaume Lévêque.

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19 mars 2015

Des émigrés placés sous surveillance

Voici quelques noms d'émigrés amnistiés placés sous surveillance : en l'an IX, à Brigueuil, Philippe Hugonneau-Boyat (maire de la commune en 1812) ; en 1802, à Alloue, Philippe Pastoureaux-Labraudière ; à Saint-Maurice, Martial de La Suderie (maire de la commune en 1811) ; à Turgon, Henri Angély-Champrigaud ; en 1805, à Saint-Claud, Gabriel Lacroix et Léon-Aubin Sardin-Doirat ; en 1806, Léon Martin-La Brenanchie (maire de Saint-Claud en 1816) ; en 1807, à Massignac, Louis de La Guéronnière, « un des grands propriétaires du pays », membre du collège électoral de l'arrondissement, maire de Massignac, candidat au conseil général. Dans le cadre de la « police personnelle », le préfet rendait compte tous les trimestres de la situation du département : au 1er trimestre 1806, « les étrangers ainsi que les amnistiés se comportent bien, et il n 'est pas parvenu de plainte contre eux ; on a remarqué que certains paraissaient affligés du succès de nos armes »...

Source : La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire, de Maurice de Poitevin.

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15 mars 2015

La sécurité du commerce

Le second arrêt, d'une importance capitale pour la sécurité du commerce, déclarait les seigneurs justiciers responsables des vols dont les marchands pouvaient être victimes dans le ressort où les dits justiciers, ès-qualité, percevaient des droits de péage. Cette décision les obligeait à faire, bonne garde et à assurer dans leurs « détroits » une exacte police, dont le péage apparaissait comme la rémunération. Voici à quelle occasion cet arrêt fut rendu. Un an juste « avant le vendredi qui précéda la fête de saint Georges dernièrement passée », c'est-à-dire le 19 avril 1269, deux marchands de Nontron, Guillaume Morel et Etienne Chavard, qui revenaient des foires de Pont-Feraud, se rendaient, par Sully, à Vierzon. Vers la neuvième heure, entre les villages de Ménétréol-sur-SauIdre et du Boulay (paroisse de Nançay), des voleurs leur dérobèrent une somme de 88 livres moins 2 sous tournois, qu'ils portaient sur eux.

Les volés se plaignirent à la Cour du roi, et firent la « montrée » du lieu du vol, lieu situé, croyaient-ils, dans le péage ou près du péage de Vierzon, ou dans celui de Souesme, en la justice de Robert de Sancerre : Robert de Sancerre, fils cadet de Louis I comte de Sancerre, était en effet, depuis 1267, seigneur de Souesme. Les deux marchands demandaient naturellement qu'on leur rendît la somme dérobée. Le roi, pour savoir exactement dans quelle circonscription péagère le vol avait été commis et comment les choses s'étaient passées, fit faire une enquête par le bailli de Berry, Henri de Gaudonvilliers. L'enquête ayant démontré que les marchands avaient été volés dans les limites du péage du seigneur de Vierzon, la Cour du roi condamna ce dernier à leur rendre ce qui leur avait été pris. Le soigneur de Vierzon était alors Hervé III de Vierzon, qui venait de se croiser avec saint Louis et devait bientôt périr comme lui sur les rivages de Tunis. La Cour ne faisait d'ailleurs qu'appliquer à Hervé III une jurisprudence qu'elle avait établie au sujet du comte de Blois, dans des circonstances analogues, au parlement de la Toussaints 1264.

Source : Les Jours de Berry au Parlement de Paris de 1255 à 1328.

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Numéros relevés dans le vieil Angoulême

Avec la collaboration de notre collègue M. Bentz, le docteur Forgeaud a relevé dans le vieil Angoulême une vingtaine de numéros gravés dans la pierre. M. Bentz a photographié tous ces numéros et lorsque son travail sera terminé, il en fera part à notre société. Numéros relevés dans la vieille ville (à l'intérieur des franchises). n° 199, place des Halles, 14 rue de Genève ; grâce au registre des taxes foncières de 1791, nous savons que la maison appartenait à la veuve du sieur Caillaud, notaire bien connu du 18e siècle. n° 408, peu lisible, est au 11 rue du Petit Maure ; propriété en 1791 du sieur Vaslet, procureur. n° 336, maison à l'entrée de la rue Sainte-Marie, avec un pignon assez récent ; au-dessus de la porte, un écusson. n° 449, rue des Acacias, à côté de la maison du Guet. n° 536, 22 rue des Trois Notre-Dame ; appartenait en 1791 aux sieurs Valliers frères et à la dame Huet, marchands de draps. n° 542, n° 5 rue des Trois Fours ; en 1791 au sieur Tiphon, juge au district. n° 561 et 562, sur la même porte d'entrée rue des Trois Fours ; en 1791, le n° 561 était à la veuve Leclerc dite la Rose — c'est la maison Pesme. Le n° 562 était à la veuve Bussac née Antoinette Catin. n° 616, 17 rue du Soleil, numéro gravé sur un grand porche voûté ; en 1791 à la veuve Babetier ; sous la restauration, elle sera au Baron de Chasteignier, maire de la ville, n° 17 de la rue; en 1791 le 616 est imposé sur 130 livres. n° 617. M. de la Laurencie de Charras, propriétaire ; 1 étage, 4 chambres. Façade sur la dite rue : 56 pieds. Cette maison avait sa sortie, face l'église Saint André ; profondeur compris cour, jardin et appartement de derrière : 120 pieds ; largeur réduite : 52 pieds. Imposée sur 400 livres. En 1625, Noël Bertrand de la Laurencie épousa Marie Paulte, fille de Jean Paulte, vieille famille angoumoisine ; en 1662 Jean Paulte de la R. P. R. était maire de la ville. Le 4 avril 1792 l'inventaire fut fait de la maison de M. de la Laurencie, absent ; sa femme née de Livesne accompagnait les commissaires ; le couple passa la Révolution sans trop de dommages ; une sœur et la belle-sœur de M. de la Laurencie furent guillotinées à Paris. n° 618. MM. Dubois, propriétaires ; le Sieur Alain, musicien, locataire ; maison au bail ; 2 étages, 4 chambres. Façade de 20 pieds sur la rue, compris cour et jardin : 70 pieds ; largeur égale, réduite à 20 pieds. Imposée sur 120 livres. n° 619. MM. Dubois, propriétaires ; le Sieur Guillemeteau, procureur et secrétaire du district locataire ; maison au bail, 2 étages, 4 chambres. Façade sur la rue du Soleil : 20 pieds ; profondeur avec cour : 70 pieds ; largeur réduite : 17 pieds. Imposée sur 200 livres. n° 620. MM. Dubois, propriétaires ; Daguindeau, ci-devant, perruquier, locataire ; maison au bail ; 2 étages, 2 chambres. Façade sur la rue : 14 pieds ; profondeur avec petite cour : 70 pieds ; largeur : 14 pieds. Imposée sur 90 livres. n° 319. M. de Jambes, propriétaire ; maison de 2 étages, 4 chambres. Façade sur la dite rue : 16 pieds ; profondeur compris très petite cour. Imposée sur 150 livres ; dans une niche, une des vierges à l'enfant. n° 320 à la dlle Guimard, « modeuse », puis à Thibaud, greffier du tribunal criminel ; maison de 1 étage, 1 chambre, 1 cabinet. Façade sur la dite rue : 32 pieds ; profondeur réduite : 17 pieds ; point de cour. Imposée sur 60 livres. n° 321 aux héritiers du Sieur Fleurat, huissier ; le Sieur Chaumont, perruquier, locataire ; 1 étage, 2 chambres. Façade sur la rue du Canton des Six-Voies : 19 pieds ; profondeur : 18 pieds ; point de cour. Imposée sur 80 livres.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1987)

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Les frères de La Laurencie dans l'armée de Condé

Charles-César de La Laurencie (Comte de La Laurencie) : né au château de Charras, en Angoumois, 22 août 1745, bapt. le 22 sept. église St-Vivien de Charras - lieut. en 2d au régt du Roy inf., 24 déc. 1758 - enseigne, 11 fév. 1759 - lieut., 22 mars - s.-aide-major, 10 janv. 1762 - rang de cap., 25 avril - aide-major ord., 30 oct. 1768 - rang de major, 24 avril 1778 - aide-major du corps, 11 mars 1781 - major et com. de col., 1er janv. 1784 - cdt à son rang concurremment avec le 1er et le 2d lieut.-col., 27 avril 1788 - 1er lieut.-col., 27 oct. 1789 - maréchal de camp pour retraite, 1er mars 1791. Chev. de St- Louis, 26 fév. 1777 - campagnes d'Allemagne de 1758 à 1762 - blessé d'un coup de fusil à Philingsauzen - pension 900 l., 1er sept. 1779 - gratif. : 500 l., 12 déc. 1784 - 1.000 l., 8 juil. 1786; 28 janv. 1787; 13 janv. 1788; 3 nov. 1788; 27 oct. 1789. Emigra, 8 juin 1791 - employé à Arlon, 7 nov. - rejoint l'armée de Condé à Bingen - aide-major gén. de l'inf., 1er juin 1792 - campagnes de 1792 à 1797 - suit l'armée en Russie - confirmé maréchal de camp, 15 janv. 1793 - Com. de St-Louis, 1er juil. 1797, reçu le 20 sept. Il mourut à Dubno, en Wolhynie le 25 sept. 1798 - inhumé dans le cimetière catholique de Dubno. A. G. : class. gén. - 3501, 3533 - Com. Vte Grouvel.

Jean-Bertrand de La Laurencie (Vicomte de La Laurencie) : fils de Noël-Bertrand, Mis de Nevicq et de Charras, lieut. des maréchaux de France en Angoumois, et de Marie Paulte - né au château de Nevicq, 16 fév. 1748, bapt. le jour, église St-Martin de Nevicq - lieut. au régt du Roy inf., 12 déc. 1762 - s.-lieut. form. de 1763 - lieut., 1er août 1767 - sous- aide-major, 15 nov. 1772 - rang de cap., 16 juin 1774 - cap. cdt, 6 juil. 1778 - aide-major ord., 1er sept. 1781 - aide-major du Corps avec rang de major, 9 mai 1784 - rang de Mestre de camp, 28 fév. 1787 - chef de bat. et cap. d'une Cie, 27 avril 1788 - major, 27 oct. 1789 - maintenu en activité avec trait. de 1.500 l., 10 fév. 1791. Chev. de St-Louis, août 1781. Emigra, mars 1791 - arrivé à l'armée de Condé, 15 sept. 1791 - campagne de 1792, cdt la Cie de cav. formée des officiers du régt du Roy inf. - quitte l'armée; y revient 31 oct. 1795 - entré dans l'inf. noble 2e Cie - cdt la 16e Cie, 1er mars 1796 - passé à la 18e Cie; lieut.-col. cdt la 3e Cie - en congé, sept. 1797 - resté en Allemagne. II épousa Anne-Marie de Livenne, fille de Jean-Léon, Sgr de Montchaude, en Saintonge. A. G. : cont. Roy inf., 1776 - class. gén. - 3501, 3521, 3531, 3541 - E. Barth, Le Canton de Barbezieux, 1955.

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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Violences du seigneur de Charras

En 1646, dans le bourg de Charras, vivaient Jean de La Laurencie, seigneur de Charras, Bertrand son fils, sieur de Seguignas et Jean son petit-fils, sieur de Jumillac. Y vivait aussi Jean Autier, procureur au Présidial d'Angoulême. Le 17 juillet 1646, le sieur de Jumillac et deux de ses valets, armés d'arquebuses, entrèrent dans la cour et le jardin du procureur qu'ils finirent par rencontrer. Ce dernier, probablement en colère de voir qu'on pénétrait ainsi chez lui sans autorisation, ne salua pas le sieur de Jumillac, son seigneur, « lequel lui demanda s'il ne le connaissait pas et lui bailla un grand soufflet. Et incontinent, les deux valets mirent leurs armes en état de tirer »... Le procureur n'avait plus qu'à rentrer chez lui... Comme il s'en allait, le sieur de Jumillac lui cria « qu'il était aussi absolu dans Charras que le Roi était dans Paris ! »

Une trentaine d'années plus tard, le 13 août 1675, on se plaignit encore du sieur de Jumillac. Il avait donné des coups de bâton à Pierre Rivet, praticien, qui dut attendre plusieurs années pour obtenir réparation de cet outrage. « En effet, disait l'offensé dans sa plainte au Lieutenant-Criminel, que peut-on s'imaginer de plus injurieux et de plus outrageant que des coups de bâtons qui portent avec eux une flétrissure irréparable et l'entière perte de l'honneur, comme a remarqué un des premiers orateurs de notre temps qui, faisant à ce sujet la différence de l'épée et du bâton, dit que c'est un grand malheur de recevoir des coups de bâton, que l'épée est l'instrument de la guerre et que par conséquent il est honnête ; que le bâton est l'instrument des outrages et que par conséquent il est infâme ; que qui frappe avec une épée veut attenter à la vie, mais que qui frappe avec un bâton veut attenter à l'honneur »...

Une douzaine de jours plus tard, le sieur de Jumillac adressa de son côté une plainte au Lieutenant-Criminel. « Se promenant dans son bourg de Charras, il rencontra le Père Baruteau, religieux, accompagné de Pierre Rivet et de quelques autres personnes. Il salua le religieux en particulier, et les autres en général, lesquels aussi de leur part lui rendirent le salut qui lui était dû, à la réserve de Pierre Rivet, lequel avec une mine et une contenance fières se tint toujours couvert pendant que son seigneur avait la tête nue, ce qui l'obligea d'essayer de faire tomber le chapeau de Pierre Rivet hors de sa tête, en le poussant avec son bâton et en lui remontrant son devoir. Cependant, poursuivit le seigneur dans sa plainte, ledit Rivet qui se croyait hors la girouette de son seigneur à raison de la qualité de praticien qu'il était venu prendre à Angoulême, prétendait que ce procédé était un grand crime et une injure très outrageante. Il ne s'agissait pourtant que d'un chapeau, qu'un seigneur avait pensé pouvoir renverser au fils d'un paysan, son tenancier, pour une incivilité aussi grossière. Il n'y avait que trois jours que ledit Rivet avait quitté l'aiguillon avec lequel il piquait les bœufs de la charrue que son père conduisait tous les jours. Il était venu en cette ville d'Angoulême, il s'était mis une plume à la main et s'était acquis la qualité de praticien. Il croyait par là être autant que son seigneur et s'imaginait être en droit de lui contester jusque dans le bourg de Charras et de lui refuser le salut. Or, s'il était bien vrai que le salut entre égaux était seulement de civilité, il était de devoir et d'obligation aux Inférieurs envers les Supérieurs, comme du tenancier envers son seigneur ».

A tout cela, Pierre Rivet, répliqua « qu'il demeurait d'accord que véritablement il n'était pas né gentilhomme, mais peu s'en fallait, qu'il était d'une bonne famille et descendait de bourgeois considérables »... et il finit par obtenir 40 livres de dommages-intérêts.

Source : Emotions populaires en Angoumois, de Gabriel Delâge.

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10 mars 2015

Du Rousseau de Marendat, Ferrières & Chabrot

Chronique familiale de Junien DU ROUSSEAU de MARENDAT, FERRIÈRES & CHABROT.

L'histoire de Junien et de ses descendants a été établie sur 7 générations.

Génération.1

Junien DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Paule de BÉRANGER. Junien sera seigneur de Marendat. Il s'unit avec Marie COURAUDIN, la fille légitime de Pierre COURAUDIN et de Christine BAUDOUIN. Ce couple aura six enfants : - Christine. - François. - François. - Jacques. - Junien. - Jean. Ils se marient le 18 mai 1540 à Montbron (16).

Génération.2

1

Christine DU ROUSSEAU est la fille légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. Elle s'unit avec Pierre DU SOUCHET, avocat, juge de Montbron, le fils légitime de François DU SOUCHET et de Catherine FRIQUANT. Ce couple aura trois enfants : - Maurice. - Jacques. - Pierre. Ils se marient le 30 mars 1564 à Angoulême (16).

2

François DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. François sera seigneur de Sainte-Catherine. Il s'unit avec Jeanne de LAMBERTIE, la fille légitime de François de LAMBERTIE et de Jeanne de LA FAYE. Ce couple aura un enfant : - Jeanne. Il s'unit avec Jeanne de DEVEZEAU. Ce couple aura deux enfants : - François. - Charlotte.

3

François DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. François sera seigneur de Coulgens. Il s'unit avec Jacquette BAJOT. Ce couple aura deux enfants : - Pierre. - Jean. Ils se marient le 24 juin 1586.

4

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. Jacques sera seigneur de La Vue. Il s'unit avec Suzanne de CHASTEIGNER, la fille légitime de René de CHASTEIGNER et de Claude de SALIGNAC. Ce couple aura deux enfants : - Charles. - René. Ils se marient le 9 septembre 1600.
 
5

Junien DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. Junien sera seigneur de Ferrières. Il s'unit avec Claude AUDOUIN. Ce couple aura un enfant : - Jacques. Ils se marient le 5 février 1587.
 
6

Jean DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Marendat et de Marie COURAUDIN. Jean sera seigneur de Ferrières. Il s'unit avec Jeanne FROTIER. Ce couple aura un enfant : - Gabriel. Ils se marient le 23 janvier 1589.

Génération.3

1.1
Maurice DU SOUCHET est la fille légitime de Pierre DU SOUCHET, avocat, juge de Montbron et de Christine DU ROUSSEAU. Elle s'unit avec Jean SAUVO (-), avocat, juge de Manteresse, le fils légitime de François SAUVO. Ce couple aura quatre enfants : - Marthe née en 1612. - Anne née vers 1615. - François. - Françoise.

1.2

Jacques DU SOUCHET est le fils légitime de Pierre DU SOUCHET, avocat, juge de Montbron et de Christine DU ROUSSEAU. Jacques sera avocat au présidial d'Angoulême. Il s'unit avec Marguerite de LAGE, la fille légitime de François de LAGE et de Marguerite ARNAUD. Ce couple aura trois enfants : - Marie. - Denis. - Pierre. Ils se marient le mercredi 24 janvier 1590 à Angoulême (16).

1.3

Pierre DU SOUCHET est le fils légitime de Pierre DU SOUCHET, avocat, juge de Montbron et de Christine DU ROUSSEAU. Pierre sera avocat au présidial d'Angoulême. Il s'unit avec Françoise AVRIL. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 12 janvier 1592 à Angoulême (16).
 
2.1a

Jeanne DU ROUSSEAU est la fille légitime de François DU ROUSSEAU, seigneur de Sainte-Catherine et de Jeanne de LAMBERTIE. Elle s'unit avec Pierre MARCILLAUD, sieur du Mas. Ce couple aura un enfant : - Jacques.

2.2b

François DU ROUSSEAU est le fils légitime de François DU ROUSSEAU, seigneur de Sainte-Catherine et de Jeanne de DEVEZEAU. François sera seigneur du Mas. Il s'unit avec Jacquette de ROFFIGNAC. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 23 février 1632.

2.3b

Charlotte DU ROUSSEAU est la fille légitime de François DU ROUSSEAU, seigneur de Sainte-Catherine et de Jeanne de DEVEZEAU. Elle s'unit avec Charles de CORGNOL, seigneur de Beauregard. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 6 février 1623.

3.1

Pierre DU ROUSSEAU est le fils légitime de François DU ROUSSEAU, seigneur de Coulgens et de Jacquette BAJOT. Pierre sera seigneur de Coulgens. Il s'unit avec Charlotte REMPNOULX. Ce couple aura un enfant : - Charles.

3.2

Jean DU ROUSSEAU est le fils légitime de François DU ROUSSEAU, seigneur de Coulgens et de Jacquette BAJOT. Jean sera seigneur de Berneuil. Il s'unit avec Marguerite DU NOURRIGIER. Ce couple aura un enfant : - Jean.

4.1

Charles DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de La Vue et de Suzanne de CHASTEIGNER. Charles sera seigneur de La Vue. Il s'unit avec Catherine de BERMONDET. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 20 septembre 1633.

4.2

René DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de La Vue et de Suzanne de CHASTEIGNER. René sera seigneur de La Grange. Il s'unit avec Jeanne de MAGNAC. Ce couple aura un enfant : - Jean. Ils se marient le 14 mai 1629.

5.1

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Junien DU ROUSSEAU, seigneur de Ferrières et de Claude AUDOUIN. Jacques sera seigneur de la Forest-Marendat. Il s'unit avec Jeanne SAPINAUD, la fille légitime de Jean SAPINAUD et de Jeanne de SAINT-ASTIER. Ce couple aura un enfant : - Jacques. Ils se marient le 18 février 1634.

6.1

Gabriel DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Ferrières et de Jeanne FROTIER. Gabriel sera seigneur de Séchères. Il s'unit avec Léonarde REMPNOULX. Ce couple aura cinq enfants : - Jacques. - Marie Denise. - Jean. - Léonarde. - Marie.

Génération.4

2.1a.1

Jacques MARCILLAUD est le fils légitime de Pierre MARCILLAUD, sieur du Mas et de Jeanne DU ROUSSEAU. Jacques sera sieur du Genest. Il s'unit avec Françoise de LA COURARIE. Ce couple aura un enfant : - Jean.

3.1.1

Charles DU ROUSSEAU est le fils légitime de Pierre DU ROUSSEAU, seigneur de Coulgens et de Charlotte REMPNOULX. Charles sera seigneur de Coulgens. Il s'unit avec Marie FROTIER-TIZON, la fille légitime de Clément FROTIER-TIZON et d'Antoinette CATRIX. Ce couple aura un enfant : - Roch. Ils se marient le 17 juillet 1661 à La Rochette (16).

3.2.1

Jean DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Berneuil et de Marguerite DU NOURRIGIER. Jean sera seigneur de Berneuil. Il s'unit avec Claude de TUSTAL. Ce couple aura un enfant : - Joseph.

4.2.1

Jean DU ROUSSEAU est le fils légitime de René DU ROUSSEAU, seigneur de La Grange et de Jeanne de MAGNAC. Jean sera seigneur de Lésignac-Durand. Il s'unit avec Marie de COUHÉ. Ce couple aura un enfant : - Martial.

5.1.1

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de la Forest-Marendat et de Jeanne SAPINAUD. Jacques sera seigneur de Fayolle. Il s'unit avec Marie Renée de BROUILHAC. Ce couple aura deux enfants : - Pierre. - Louis Charles. Ils se marient le 5 février 1663.

6.1.1

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Gabriel DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Léonarde REMPNOULX. Jacques sera seigneur de Chabrot. Il s'unit avec Gabrielle de NESMOND, la fille légitime de Philippe de NESMOND et d'Isabelle de PRESSAC. Ce couple aura trois enfants : - Jean Gabriel. - Marie Elisabeth Claudine. - Eléonore. Ils se marient le 19 janvier 1670.

6.1.2

Marie Denise DU ROUSSEAU est la fille légitime de Gabriel DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Léonarde REMPNOULX. Elle s'unit avec Gabriel de BEAUPOIL de SAINT-AULAIRE, chevalier, seigneur de Gorre. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 20 septembre 1677 à Saint-Mathieu (87).

6.1.3

Jean DU ROUSSEAU est le fils légitime de Gabriel DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Léonarde REMPNOULX. Jean sera seigneur de Séchères. Il s'unit avec Gabrielle REMPNOULX. Ce couple aura un enfant : - Jacques.

6.1.4

Léonarde DU ROUSSEAU est la fille légitime de Gabriel DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Léonarde REMPNOULX. Elle s'unit avec Louis de CROIZANT, seigneur de Moulin-Paute. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

6.1.5

Marie DU ROUSSEAU est la fille légitime de Gabriel DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Léonarde REMPNOULX. Elle s'unit avec Pierre GUILLOT DU DOUSSAY, seigneur du Puy-de-Cussac. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 9 juillet 1651.

Génération.5

2.1a.1.1

Jean MARCILLAUD est le fils légitime de Jacques MARCILLAUD, sieur du Genest et de Françoise de LA COURARIE. Jean sera sieur du Genest. Il s'unit avec Léonarde de LAUMONERIE. Ce couple aura un enfant : - Christophe né vers 1651. Ils se marient le 13 juillet 1648.

3.1.1.1

Roch DU ROUSSEAU est le fils légitime de Charles DU ROUSSEAU, seigneur de Coulgens et de Marie FROTIER-TIZON. Roch sera seigneur de Coulgens. Il s'unit avec Françoise de ROCQUARD, la fille légitime de François de ROCQUARD et de Catherine CAILLOU de BEAULIEU. Ce couple aura un enfant : - Suzanne. Ils se marient le 20 janvier 1709 à Saint-Mary (16).

3.2.1.1

Joseph DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Berneuil et de Claude de TUSTAL. Joseph sera seigneur de Berneuil. Il s'unit avec Louise de BEAUPOIL de SAINT-AULAIRE. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

4.2.1.1

Martial DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Lésignac-Durand et de Marie de COUHÉ. Martial sera seigneur de Lésignac-Durand. Il s'unit avec Marie Suzanne PASQUET de ROUMAZIÈRES. Ce couple aura un enfant : - Jacques.

5.1.1.1

Pierre DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Fayolle et de Marie Renée de BROUILHAC. Pierre sera seigneur de Fayolle. Il s'unit avec Suzanne PRÉVOST de LONDIGNY, la fille légitime de Casimir PRÉVOST et de Marie de ROBILLARD. Ce couple aura deux enfants : - Charles Louis Jacques. - Renée Jeanne Simone.

5.1.1.2

Louis Charles DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Fayolle et de Marie Renée de BROUILHAC. Louis sera prêtre.

6.1.1.1

Jean Gabriel DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Chabrot et de Gabrielle de NESMOND. Jean sera chevalier, seigneur de Chabrot. Il s'unit avec Marie Anne Bonaventure de LA RAMIÈRE, la fille légitime de Jean de LA RAMIÈRE et de Marie Anne FROTIER de LA MESSELIÈRE. Ce couple aura trois enfants : - Jean Gédéon né vers 1731. - Thérèse. - Gabrielle.

6.1.1.2

Marie Elisabeth Claudine DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Chabrot et de Gabrielle de NESMOND. Elle s'unit avec Pierre REGNAULD, chevalier, seigneur de l'Age-Bertrand, le fils légitime de Louis REGNAULD et de Françoise de LA CHÉTARDIE. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le mercredi 27 mai 1716.

6.1.1.3

Eléonore DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Chabrot et de Gabrielle de NESMOND. Elle s'unit avec François REGNAULD, chevalier, seigneur de l'Age-Bertrand, le fils légitime de Louis REGNAULD et de Françoise de LA CHÉTARDIE. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 23 juin 1697.

6.1.3.1

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jean DU ROUSSEAU, seigneur de Séchères et de Gabrielle REMPNOULX. Jacques sera chevalier, seigneur de Séchères. Il s'unit avec Agnès PAULTE. Ce couple aura quatre enfants : - Suzanne. - Marie. - François. - Jacques Louis.

Génération.6

3.1.1.1.1
Suzanne DU ROUSSEAU est la fille légitime de Roch DU ROUSSEAU, seigneur de Coulgens et de Françoise de ROCQUARD. Elle s'unit avec Louis de SALIGNAC, seigneur de Leyrière. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

4.2.1.1.1

Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Martial DU ROUSSEAU, seigneur de Lésignac-Durand et de Marie Suzanne PASQUET de ROUMAZIÈRES. Jacques sera seigneur de Lésignac-Durand. Il s'unit avec Léonarde GARNIER DU POIRIER. Ce couple aura deux enfants : - Antoine né en 1771. - Jeanne.

5.1.1.1.1

Charles Louis Jacques DU ROUSSEAU est le fils légitime de Pierre DU ROUSSEAU, seigneur de Fayolle et de Suzanne PRÉVOST de LONDIGNY. Charles sera marquis du Rousseau de Fayolle. Il s'unit avec Marie Marguerite DU QUESNE-GUITTON. Ce couple aura un enfant : - André. Ils se marient le 9 février 1730.

5.1.1.1.2

Renée Jeanne Simone DU ROUSSEAU est la fille légitime de Pierre DU ROUSSEAU, seigneur de Fayolle et de Suzanne PRÉVOST de LONDIGNY. Elle s'unit avec René de RECHIGNEVOISIN, seigneur de Caunay. Ce couple aura un enfant : - Pierre Charles Gabriel. Ils se marient le 12 mars 1736 à Saint-Saviol (86).

6.1.1.1.1

Jean Gédéon DU ROUSSEAU voit le jour vers 1731. Il est le fils légitime de Jean Gabriel DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Chabrot et de Marie Anne Bonaventure de LA RAMIÈRE. Jean sera capitaine des gardes du corps du roi, maire de Montbron, chevalier de saint-Louis. Jean G. DU ROUSSEAU est décédé le 6 mai 1814, à l'âge de 83 ans environ, à Montbron (16).

6.1.1.1.2

Thérèse DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jean Gabriel DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Chabrot et de Marie Anne Bonaventure de LA RAMIÈRE. Elle s'unit avec Salomon CHAPITEAU, chevalier, seigneur de Rémondias, le fils légitime de Pierre Jean CHAPITEAU et de Marie Anne HASTELET de VILLEDEBOST. Ce couple aura un enfant : - Charles. Ils se marient le 17 juillet 1763 à Montbron (16).

6.1.1.1.3

Gabrielle DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jean Gabriel DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Chabrot et de Marie Anne Bonaventure de LA RAMIÈRE. Gabrielle sera Religieuse.

6.1.3.1.1

Suzanne DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Séchères et d'Agnès PAULTE. Elle s'unit avec Jean de FORNEL. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

6.1.3.1.2

Marie DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Séchères et d'Agnès PAULTE. Elle s'unit avec Léonard Louis GUINGUAND, chevalier, seigneur de Saint-Mathieu. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 3 mai 1740.

6.1.3.1.3

François DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Séchères et d'Agnès PAULTE. François sera seigneur d'Escossas. Il s'unit avec Marie PASQUET DU BOUSQUET. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

6.1.3.1.4

Jacques Louis DU ROUSSEAU est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Séchères et d'Agnès PAULTE. Jacques sera chevalier, seigneur de Ferrières. Il s'unit avec Marie Anne de BERMONDET. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le mercredi 31 octobre 1742. Il s'unit avec Marie Souveraine PERRY de SAINT-AUVENT, la fille légitime de François PERRY de SAINT-AUVENT et d'Anne Gabrielle FROTIER. Ce couple aura quatre enfants : - François né en 1758. - Louis Benjamin né en 1762. - Marie Anne. - Françoise Marie Souveraine. Ils se marient le 24 juillet 1753.

Génération.7

4.2.1.1.1.1

Antoine DU ROUSSEAU voit le jour en 1771. Il est le fils légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Lésignac-Durand et de Léonarde GARNIER DU POIRIER. Antoine sera Émigré. Antoine DU ROUSSEAU est décédé en 1799, à l'âge de 28 ans.

4.2.1.1.1.2

Jeanne DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques DU ROUSSEAU, seigneur de Lésignac-Durand et de Léonarde GARNIER DU POIRIER. Elle s'unit avec Louis Albert PÉRUZET, propriétaire. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple.

5.1.1.1.1.1

André DU ROUSSEAU est le fils légitime de Charles Louis Jacques DU ROUSSEAU, marquis du Rousseau de Fayolle et de Marie Marguerite DU QUESNE-GUITTON. André sera capitaine, chevalier de Saint-Louis. Il s'unit avec Marguerite Hélène de CRUGY-MARCILLAC. Ce couple aura un enfant : - Pierre Théodore. Ils se marient en 1774. André DU ROUSSEAU est décédé en 1828.

5.1.1.1.2.1

Pierre Charles Gabriel de RECHIGNEVOISIN est le fils légitime de René de RECHIGNEVOISIN, seigneur de Caunay et de Renée Jeanne Simone DU ROUSSEAU. Il s'unit avec Henriette de LA ROCHE-CÉRY. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 13 juin 1774 à Ingrandes (86).

6.1.1.1.2.1

Charles CHAPITEAU de RÉMONDIAS est le fils légitime de Salomon CHAPITEAU, chevalier, seigneur de Rémondias et de Thérèse DU ROUSSEAU. Charles sera propriétaire, maire de Montbron.

6.1.3.1.4.1b

François DU ROUSSEAU voit le jour le 4 juillet 1758 à Montbron (16). Il est le fils légitime de Jacques Louis DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Ferrières et de Marie Souveraine PERRY de SAINT-AUVENT. François sera capitaine, chevalier de Saint-Louis. Il s'unit avec Marie DES ROCHES de CHASSAY. Ce couple aura un enfant : - Eléonore.

6.1.3.1.4.2b

Louis Benjamin DU ROUSSEAU voit le jour le mercredi 29 décembre 1762 à Montbron (16). Il est le fils légitime de Jacques Louis DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Ferrières et de Marie Souveraine PERRY de SAINT-AUVENT. A sa naissance, il a un frère François (né en 1758). Louis sera Lieutenant de vaisseau, chevalier de Saint-Louis. Louis B. DU ROUSSEAU est décédé le 26 février 1843, à l'âge de 80 ans, à Montbron (16).

6.1.3.1.4.3b

Marie Anne DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques Louis DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Ferrières et de Marie Souveraine PERRY de SAINT-AUVENT. Elle s'unit avec Jean Baptiste GARNIER, chevalier, seigneur de Brieuil. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 21 janvier 1788 à Montbron (16).

6.1.3.1.4.4b

Françoise Marie Souveraine DU ROUSSEAU est la fille légitime de Jacques Louis DU ROUSSEAU, chevalier, seigneur de Ferrières et de Marie Souveraine PERRY de SAINT-AUVENT. Elle s'unit avec Alexandre Jean Baptiste de GALARD de BÉARN, comte de Nadaillac. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le 5 mars 1789 à Rougnac (16).

Chronique éditée pour Généalogie Charente Périgord.

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