17 décembre 2019

Naissance de François de La Rochefoucauld

Naissance de François VI

Premier des sept garçons et sept filles qu'eurent le comte (puis duc et pair à partir de 1622) François V de La Rochefoucauld et Gabrielle du Plessis-Liancourt, François VI naquit le 15 septembre 1613, à deux heures et demie de l'après-midi, rue des Petits Champs, près du Louvre, à Paris. « Le père est un grand féodal, orgueilleux et mécontent ; la mère est de nature tendre et effacée » (Georges Grappe).

Vingt-et-unième descendant de Foucauld Ier, seigneur de La Roche, qui vécut vers l'an 1000, au temps du roi Robert Le Pieux, le nouveau-né fut prénommé François. C'était l'usage pour tous les aînés de la famille depuis que François Ier de La Rochefoucauld, chambellan de Charles VIII et de Louis XII, avait eu l'honneur d'être choisi en 1497 comme parrain du roi François Ier. Celui-ci, par lettres d'avril 1515 enregistrées en 1528, érigea la terre, seigneurie et baronnie de La Rochefoucauld en comté. Dans ces lettres, François Ier de La Rochefoucauld est qualifié de « très cher et aimé cousin et parrain ». Ce titre de cousin sera rappelé dans les lettres par lesquelles Louis XIII érigera, en 1622, le comté en duché-pairie.

Par tradition également, François VI, comme tous les aînés des La Rochefoucauld, porta dès le berceau et jusqu'à la mort de son père, le titre de prince de Marcillac, qui était tiré du nom d'une possession d'Angoumois, où s'élevait un château acquis par Guy VIII de La Rochefoucauld au mye siècle. Saint-Simon parlera, dans ses Mémoires, de ce « vain titre » de prince de Marcillac, et Jean Lafond, dans sa préface aux Mémoires de La Rochefoucauld en 2006, de « prince de fantaisie ».

François VI fut baptisé le 4 octobre 1613 à Paris, en l'église Saint Honoré, par monseigneur Antoine de La Rochefoucauld, évêque d'Angoulême. Au-dessus des fonts baptismaux se penchaient le parrain : le cardinal François de La Rochefoucauld, évêque de Senlis, grand aumônier de France, commandeur des ordres du roi et écrivain fécond ; et la marraine, qui était en même temps la grand-mère de l'enfant : Antoinette de Pons, marquise de Guercheville, épouse de Charles du Plessis-Liancourt.

Les maisons de la famille

L'enfance du petit prince de Marcillac eut pour cadre, en partie, les maisons que sa famille possédait en Angoumois et en Poitou, et surtout le château de Verteuil, situé à une lieue et demie de Ruffec. Verteuil, qui appartenait aux La Rochefoucauld depuis le XIe siècle, était bâti, indique Jean Gervais, lieutenant criminel au présidial d'Angoulême sous Louis XV, dans son Mémoire sur l'Angoumois, sur « une baronnie composée de neuf ou dix paroisses, à la tête desquelles est la petite ville de ce nom, à sept lieues d'Angoulême, composée de cent feux. Les habitants en sont communément pauvres (...). Cette terre seule ne vaut pas plus de cinq mille livres de ferme. »

Forteresse romane à l'origine, Verteuil, ce « moult fort chasteau du Poitou, sur les marches du Limousin et de la Saintonge », selon l'expression du grand chroniqueur Froissart, fut démantelé en 1442, durant la Praguerie, sur ordre du roi Charles VII qui avait décidé de châtier un aïeul indocile de François VI. La chapelle et le donjon furent cependant épargnés, et au milieu du XVe siècle, Guillaume de La Rochefoucauld fit reconstruire la demeure, lui donna sa forme triangulaire, l'orna de trois tours à mâchicoulis et de grandes voûtes longues de soixante-cinq mètres et hautes de dix mètres.

Surplombant fièrement la Charente et ses rives ombragées, entouré de bois giboyeux, Verteuil était agrémenté de parcs dont la beauté força l'admiration des contemporains. Jean Gervais en témoigne dans son Mémoire sur l'Angoumois : Les issues de Verteuil, connues sous le nom de parc de Vauguay, ont des beautés naturelles qui surpassent peut-être tout ce qu'on peut voir en France. Le parc, d'une étendue des plus spacieuses, s'est trouvé contenir un terroir très propre à élever des arbres, et les plants de charmilles et autres espèces y ont si bien réussi, qu'il n'y en a point ailleurs d'une semblable hauteur, de si belles tiges et si bien fournies. On y entretient aussi une orangerie superbe.

Le parc de la Tremblaye, qui y est joint, est une forêt entière, brute, tout enfermée de hauts murs, dans laquelle il y a nombre de bêtes. Les arbres en sont aussi forts beaux. Elle est coupée au milieu par une grande allée dont le point de vue, qui répond par d'autres allées à la porte du château, forme une des plus belles perspectives du monde. »

Cette résidence agréable et magnifique, dotée d'une bibliothèque remarquable pour l'époque, accueillit des hôtes de marque, en particulier Charles Quint, de passage en France en 1539 et qui, de Verteuil, se rendit au château de Loches pour y rencontrer le roi François Ter. Bien que victime d'un rhume tenace depuis Hendaye, Charles Quint ne put s'empêcher d'exprimer son admiration à l'égard des endroits qu'il traversait. Il disait avoir vu cinq merveilles en France : un monde, une ville, un village, un jardin et une maison, à savoir : Paris, Orléans, Poitiers, Tours et la maison de La Rochefoucauld. À propos de celle-ci, il ajouta qu'il n'avait jamais été maison qui sentît mieux sa grande vertu, honnêteté et seigneurie que celle-là. » Il planta, dans le parc de Verteuil, un conifère qu'on voit encore aujourd'hui. Pendant les guerres de Religion, du fait que François III s'était converti au protestantisme, le château abrita le sixième synode de l'église réformée.

Les La Rochefoucauld, attirés par le charme de ces lieux, séjournaient moins dans leurs autres domaines disséminés, en majeure partie, du Périgord à la Loire. Parmi ceux-ci, la place prééminente revient à la baronnie, puis comté et enfin duché de La Rochefoucauld, berceau de la famille. Au IXe siècle, un fort destiné à défendre la contrée contre les envahisseurs normands, fut édifié sur la roche qui domine la vallée traversée par la rivière Tardoire. Ensuite, Foucauld Ier, seigneur de La Roche, fit bâtir sur l'emplacement du fort primitif, à six lieues d'Angoulême, un puissant château qui, depuis 1026, exprime avec éclat la majesté féodale. Sous Foucauld II, la bourgade, qui s'étendait au pied de la construction guerrière, commença d'être appelée La Roche Foucauld.

Le château de La Rochefoucauld, surnommé da perle de l'Angoumois », flanqué d'un donjon carré haut de trente-cinq mètres, hérissé de tours rondes, s'élève sur une rive de La Tardoire. Les initiatives architecturales, au XVIe siècle, de François II de La Rochefoucauld et de son épouse Anne de Polignac témoignent encore aujourd'hui d'un goût très sûr si l'on considère les ailes principales, les trois galeries superposées et ajourées conçues selon certains à partir de dessins de Léonard de Vinci initialement commandés pour un autre château, l'ingénieux grand escalier de cent-huit marches, les plafonds à caissons. Marguerite de Valois, auteur de l'Heptaméron, sœur du roi François Ier, séjourna dans cette demeure. Parmi les pièces qui étaient mises à sa disposition, on peut encore admirer un petit salon entièrement lambrissé.

Jean Gervais indique, dans son Mémoire sur l'Angoumois, que la terre de La Rochefoucauld comprenait vingt paroisses et rapportait dix-mille livres de rente.

Autre demeure, beaucoup plus rustique mais pourtant prisée par François VI de La Rochefoucauld, qui en fera en quelque sorte une maison des champs où il écrira notamment des lettres et deux de ses testaments : le château de la Terne, grande bâtisse sans tour allongée sur une rive de la Charente, près de Luxé. La Terne était située sur la baronnie de Montignac. Celle-ci, « à quatre lieues d'Angoulême, explique Jean Gervais, appartenant au même seigneur, contient vingt-quatre paroisses et peut valoir huit mille livres de revenu. Le chef-lieu du même nom est un petit bourg qui contient, compris Saint-Étienne joint, quelque quatre-vingt-onze feux. Il n'y a que quelques petits cabaretiers et artisans que les foires y entretiennent. Le reste est bas peuple et pauvre. Le château est presque tout en vieille masure. »

Encore à proximité d'Angoulême s'élevait le château de Marcillac, construit vers le IXe siècle. Depuis François II de La Rochefoucauld, le fils aîné de la famille, du vivant de son père, porte le titre de prince de Marcillac.

À la tête du duché de La Rochefoucauld, de la principauté de Marcillac, des baronnies de Verteuil, Marthon, Tourriers, Montignac, des chastellenies de Saint-Laurent de Céris, Saint-Claud, Cellefrouin, Aunac, Bayers, Saint-Amant-de-Bonnieure, des seigneuries de Saint-Angeau et autres fiefs, les La Rochefoucauld possédaient encore bien d'autres terres, notamment en Périgord et en Agénois. Mais d'étendue de ces domaines, observe Antoine Adam, ne doit pas faire illusion sur l'importance de leurs revenus. Les embarras d'argent que La Rochefoucauld a connus ne s'expliquent pas seulement par les dépenses qu'entraînèrent pour lui les guerres civiles. »

Éducation de François VI

Dans ces résidences solennelles, enfouies au sein de calmes paysages, François VI vécut paisiblement ses premières années. « C'est là que (François V) élève son fils, si les soins qu'il prend de son éducation méritent ce nom. Dès que l'adolescent est assez robuste, il lui fait enseigner le métier des armes. Il l'associe à ses plaisirs favoris, le cheval et la chasse. Au cours de ces randonnées communes, il ressasse à l'enfant toutes les choses de sa caste et de sa race, ses orgueils et ses rancœurs, ses héroïsmes et ses préjugés. C'est là, vraisemblablement, dans le plein des bois, dans les taillis sans espions qu'il invective contre le cardinal, destructeur des privilèges de la noblesse. C'est là qu'il nourrit son fils dans ces sentiments. On ne voit pas au-delà trace de son influence sur ce jeune caractère. » (Georges Grappe). Il reçut l'éducation d'un grand seigneur, c'est-à-dire apprit les arts nécessaires à un homme d'épée » (Marius Roustan).

Les documents sur cette période sont rares, et on suppose que l'éducation de l'enfant fut assez négligée, essentiellement tournée vers le développement de l'être physique. François VI reconnaîtra dans une lettre qu'il n'entendait pas bien le latin. « M. de La Rochefoucauld n'avait pas étudié ; mais il avait un bon sens merveilleux, et il savait parfaitement le monde », nota le poète Segrais qui le connaissait bien, et dont l'opinion est confortée par celle de Mme de Maintenon : « Il avait (...) beaucoup d'esprit, mais peu de savoir ». Selon Sainte-Beuve, « il n'avait pas étudié et ne mêlait à sa vivacité d'esprit qu'un bon sens naturel encore masqué d'une grande imagination. »

Jusqu'à l'âge de douze ans, François VI eut pourtant un précepteur : le poitevin Julien III Collardeau de la Mongie (1596-1669), homme de lettres (il publiera Larvina Satyricon en 1619 et Tableaux des victoires de Louis XIII en 1630) et juriste, procureur du roi à Fontenay-le-Comte. Celui-ci lui apprit à lire, un peu de latin, et, ajouta Edmée de La Rochefoucauld, « peut-être le goût de faire le procès des humains. » Dans un billet du 8 novembre 1626, Julien Collardeau déclare « avoir reçu de M. l'abbé de La Réau, agissant au nom de Mgr de La Rochefoucauld, la somme de soixante livres tournois, en deniers ayant cours, pour le dernier quartier de la gratification à moi allouée par ledit seigneur en récompense d'avoir enseigné les lettres à M. le prince de Marcillac, et du tout l'en tient quitte. »

François VI passa cette période d'éducation à Fontenay-le-Comte, dans la « maison du gouverneur » de cette ville, qui était son père, nommé à cette charge en 1621 par Louis XIII : à l'intérieur de la province du Poitou qui était placée sous l'autorité d'un gouverneur général, les villes de Poitiers, Loudun, Châtellerault, Niort, Melle et Fontenay étaient dotées d'un gouverneur particulier.

Le prince de Marcillac, dont une des futures maximes dira qu' « il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres », montra cependant très tôt du goût pour la littérature : régulièrement, il se plongeait dans le fameux et interminable roman des amours du berger Céladon et de la bergère Astrée, qu'Honoré d'Urfé publia de 1610 à 1625. Il garda sans doute cette habitude toute sa vie puisque Mme de Sévigné, dans une lettre de 1671, dira qu'elle partageait avec lui son goût prononcé « pour ces sottises-là ». L'Astrée, et l'Astrée seul, a été le premier éducateur de La Rochefoucauld, comme homme et comme gentilhomme. C'est dans ce livre qu'il a puisé ces leçons romanesques qui, jusqu'à sa trentième année, ont fait de lui un personnage poétique, noble entre tous, imaginant le monde à la ressemblance de la société idyllique réunie sur les bords du Lignon. C'est pour avoir cru à cette fable — de toute son âme — qu'il s'est voué au service des dames, au service de la reine Anne, de Mlle de Hautefort, de la duchesse de Chevreuse : "La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre de la raison", a-t-il écrit dans les Maximes » (G. Grappe).

Mais l'enfant accorda sans doute beaucoup plus d'importance à la chasse dans les bois de Tusson et d'Avon, ou à la pêche dans la Charente et ses affluents, qu'à l'acquisition des connaissances générales qui forment la base intellectuelle d'une vie.

Source : La Rochefoucauld le duc rebelle, d'Alain Mazère.

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Autoportrait du duc François de la Rochefoucauld

Je suis d’une taille médiocre, libre et bien proportionnée. J’ai le teint brun, mais assez uni ; le front élevé, et d’une raisonnable grandeur ; les yeux noirs, petits et enfoncés ; et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés. Je serois fort empêché de dire de quelle sorte j’ai le nez fait ; car il n’est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois : tout ce que je sais, c’est qu’il est plutôt grand que petit, et qu’il descend un peu trop bas. J’ai la bouche grande, et les lèvres assez rouges d’ordinaire, et ni bien ni mal taillées. J’ai les dents blanches et passablement bien rangées. On m’a dit autrefois que j’avois un peu trop de menton : je viens de me regarder dans le miroir pour savoir ce qui en est ; et je ne sais pas trop bien qu’en juger. Pour le tour du visage, je l’ai ou carré ou ovale ; lequel des deux, il me seroit difficile de le dire. J’ai les cheveux noirs, naturellement frisés, et avec cela assez épais et assez longs pour pouvoir prétendre en belle tête.

J’ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine : cela fait croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout. J’ai l’action fort aisée, et même un peu trop, et jusqu’à faire beaucoup de gestes en parlant. Voilà naïvement comme je pense que je suis fait au dehors ; et l’on trouvera, je crois, que ce que je pense de moi là-dessus n’est pas fort éloigné de ce qui en est. J’en userai avec la même fidélité dans ce qui me reste à faire de mon portrait ; car je me suis assez étudié pour me bien connoître, et je ne manquerai ni d’assurance pour dire librement ce que je puis avoir de bonnes qualités, ni de sincérité pour avouer franchement ce que j’ai de défauts.

Premièrement, pour parler de mon humeur, je suis mélancolique, et je le suis à un point que depuis trois ou quatre ans à peine m’a-t on vu rire trois ou quatre fois. J’aurois pourtant, ce me semble, une mélancolie assez supportable et assez douce, si je n’en avois point d’autre que celle qui me vient de mon tempérament ; mais il m’en vient tant d’ailleurs, et ce qui m’en vient me remplit de telle sorte l’imagination et m’occupe si fort l’esprit, que la plupart du temps, ou je rêve sans dire mot, ou je n’ai presque point d’attache à ce que je dis. Je suis fort resserré avec ceux que je ne connois pas, et je ne suis pas même extrêmement ouvert avec la plupart de ceux que je connois. C’est un défaut, je le sais bien, et je ne négligerai rien pour m’en corriger : mais comme un certain air sombre que j’ai dans le visage contribue à me faire paraître encore plus réservé que je ne le suis, et qu’il n’est pas en notre pouvoir de nous défaire d’un méchant air qui nous vient de la disposition naturelle des traits, je pense qu’après m’être corrigé au-dedans, il ne laissera pas de me demeurer toujours de mauvaises marques au dehors.

J’ai de l’esprit et je ne fais point difficulté de le dire car à quoi bon façonner là dessus tant biaiser et tant apporter d’adoucissement pour dire les avantages que l’on a c’est ce me semble cacher un peu de vanité sous une modestie apparente et se servir d’une manière bien adroite pour faire croire de soi beaucoup plus de bien que l’on n’en dit. Pour moi je suis content qu’on ne me croie ni plus beau que je me fais, ni de meilleur humeur que je me dépeins, ni plus spirituel et plus raisonnable que je le suis. J’ai donc de l’esprit encore une fois, mais un esprit que la mélancolie gâte ; car encore que je possède assez bien ma langue, que j’aie la mémoire heureuse, et que je ne pense pas les choses fort confusément, j’ai pourtant une si forte application à mon chagrin, que souvent j’exprime assez mal ce que je veux dire.

La conversation des honnêtes gens est un des plaisirs qui me touchent le plus. J aime qu’elle soit sérieuse, et que la morale en fasse la plus grande partie. Cependant je sais la goûter aussi lorsqu’elle est enjouée, et si je ne dis pas beaucoup de petites choses pour rire, ce n’est pas du moins que je ne connoisse pas ce que valent les bagatelles bien dites, et que je ne trouve fort divertissante cette manière de badiner, où il y a certains esprits prompts et aisés qui réussissent si bien. J’écris bien en prose, je fais bien en vers, et si j’étois sensible à la gloire qui vient de ce côté-là, je pense qu’avec peu de travail je pourrois m’acquérir assez de réputation.

J’aime la lecture en général : celle où il se trouve quelque chose qui peut façonner l’esprit et fortifier l’âme est celle que j’aime le plus. Surtout j’ai une extrême satisfaction à lire avec une personne d’esprit ; car de cette sorte on réfléchit à tout moment sur ce qu’on lit, et des réflexions que l’on fait il se forme une conversation la plus agréable du monde et la plus utile.

Je juge assez bien des ouvrages de vers et de prose que l’on me montre ; mais j’en dis peut-être mon sentiment avec un peu trop de liberté. Ce qu’il y a encore de mal en moi, c’est que j’ai quelquefois une délicatesse trop scrupuleuse et une critique trop sévère. Je ne hais pas entendre disputer, et souvent aussi je me mêle assez volontiers dans la dispute : mais je soutiens d’ordinaire mon opinion avec trop de chaleur ; et lorsqu’on défend un parti injuste contre moi, quelquefois, à force de me passionner pour la raison, je deviens moi-même fort peu raisonnable.

J’ai les sentimens vertueux, les inclinations belles, et une si forte envie d’être tout à fait honnête homme, que mes amis ne me sauroient faire un plus grand plaisir que de m’avertir sincèrement de mes défauts. Ceux qui me connoissent un peu particulièrement, et qui ont eu la bonté de me donner quelquefois des avis là-dessus, savent que je les ai toujours reçus avec toute la joie imaginable, et toute la soumission d’esprit que l’on sauroit désirer.

J’ai toutes les passions assez douces et assez réglées : on ne m’a presque jamais vu en colère, et je n’ai jamais eu de haine pour personne. Je ne suis pas pourtant incapable de me venger si l’on m avoit offensé et qu’il y allât de mon honneur à me ressentir de l’injure qu’on m’auroit faite ; au contraire je suis assuré que le devoir feroit si bien en moi l’office de la haine que je poursuivrois ma vengeance avec encore plus de vigueur qu’un autre.

L’ambition ne me travaille point. Je ne crains guère de choses et ne crains aucunement la mort. Je suis peu sensible à la pitié, et je voudrois ne l’y être point du tout. Cependant il n’est rien que je ne fisse pour le soulagement d’une personne affligée, et je crois effectivement que l’on doit tout faire, jusqu’à lui témoigner même beaucoup de compassion de son mal ; car les misérables sont si sots, que cela leur fait le plus grand bien du monde. Mais je tiens aussi qu’il faut se contenter d’en témoigner et se garder soigneusement d’en avoir : c’est une passion qui n’est bonne à rien au dedans d’une âme bien faite, qui ne sert qu’à affoiblir le cœur, et qu’on doit laisser au peuple, qui n’exécutant jamais rien par raison, a besoin de passions pour le porter à faire les choses.

J’aime mes amis et je les aime d’une façon que je ne balancerais pas un moment à sacrifier mes intérêts aux leurs. J’ai de la condescendance pour eux, je souffre patiemment leurs mauvaises humeurs : seulement je ne leur fais beaucoup de caresses, et je n’ai pas non plus de grandes inquiétudes en leur absence.

J’ai naturellement fort peu de curiosité pour la plus grande partie de ce tout qui en donne aux autres gens. Je suis fort secret, et j’ai moins de difficulté que personne à taire ce qu’on m’a dit en confidence. Je suis extrêmement régulier à ma parole ; je n’y manque jamais, de quelque conséquence que puisse être ce que j ai promis ; et je m’en suis fait toute ma vie une loi indispensable. J’ai une civilité fort exacte parmi les femmes ; et je ne crois pas jamais avoir rien dit devant elles qui leur ait pu faire de la peine. Quand elles ont l’esprit bien fait, j’aime mieux leur conversation que celle des hommes : on y trouve une certaine douceur qui ne se rencontre point parmi nous ; et il me semble, outre cela, qu’elles s’expliquent avec plus de netteté, et qu’elles donnent un tour plus agréable aux choses qu’elles disent. Pour galant, je l’ai été un peu autrefois ; présentement je ne le suis plus, quelque jeune que je sois. J’ai renoncé aux fleurettes et je m’étonne seulement de ce qu’il y a encore tant d’honnêtes gens qui s’occupent à en débiter.

J’approuve extrêmement les belles passions ; elles marquent la grandeur de l’âme ; et quoique dans les inquiétudes qu’elles donnent il y ait quelque chose de contraire à la sévère sagesse, elles s’accommodent si bien d’ailleurs avec la plus austère vertu, que je crois qu’on ne les sauroit condamner avec justice. Moi, qui connois tout ce qu’il ya de délicat et de fort dans les grands sentimens de l’amour, si jamais je viens à aimer, ce sera assurément de cette sorte : mais, de la façon dont je suis, je ne crois pas que cette connoissance que j’ai me passe jamais de l’esprit au cœur.

Source : Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe, de Joseph-François Michaud.

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Généalogie de la famille de la Rochefoucauld - 1ère partie

Rochefoucaud (de la), en Angoumois, sur la rivière de Tarduere, à cinq lieues d’Angoulême.

Petite Ville qui n’avoit que le titre de Baronnie lorsque François I l’érigea en Comté, au mois d’Avril 1528, en faveur de François, Baron de la Rochefoucaud. Ce Comté, au mois d’Avril 1622, fut érigé en Duché-Pairie, en faveur de François, Comte de la Rochefoucaud, Chevalier des Ordres du Roi, & de ses hoirs & successeurs mâles. Elle a donné son nom à la Maison de la Rochefoucaud, l’une des plus anciennes & des plus illustres du Royaume, tant dans l’Eglise que dans l’Epée, qui a produit un grand nombre de branches.

Branche principale

André du Chesne rapporte que quelques Auteurs ont écrit qu’elle tiroit son origine de celle de Lezignem, dont elle a de tout tems porté les armes brisées ; mais n’ayant pu au vrai en découvrir la jonction, il s’est contenté d’en parler d’après les Chartes, titres & Histoires. Il y a, dans le Cabinet des Ordres du Roi, une Dissertation sur l’origine de cette Maison, écrite de la main Mr l’Abbé le Laboureur, qui y justifie la tradition immémoriale qui fait descendre la Maison de la Rochefoucaud de celle de Lezignem, sans détruire l’avantage d’être sortie des anciens Ducs de Guienne. Quoi qu’il en soit de ces conjectures, nous en commençons la Généalogie, d’après André du Chesne, & l’Histoire des Grands Officiers de la Couronne, Tome IV, p. 419, à

— I. Foucaud, I. du nom, Seigneur de la Roche en Angoumois, vivant du tems de Robert, Roi de France, & de Guillaume, II. du nom, Comte d’Angouléme : il assista, en 1019, avec ses enfans, à la donation que Guillaume, Evêque d’Angouléme, fit à l’Abbaye d’Uzerche, de l’Eglise de Saint-Bibien de Nioeul. Il est qualifié Seigneur très-noble vir nobilissimus Fulcaudus, &c. dans une Charte de l’Abbaye de Saint-Cybar d’Angouléme, de l’an 1026, par laquelle, du contentement de sa femme, il rendit à cette Abbaye des biens qu’il en avoit usurpés ; &, en 1017, il fit don du lieu de Rabant à l’Abbaye de Saint-Jean d’Angely. Il est qualifié, dans cet acte, Fulcaudus generositatis maximae ditatus. Du Chesne ajoute qu’il fut en si grande réputation, que sa Maison a tenu depuis à honneur d’être surnommée de son nom. De sa femme, appellée Jarsande dans la Charte de 1026, en faveur de l’Abbaye de Saint-Cybar, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aymar, surnommé Donzel, qui fut, avec Magunce sa femme, un des principaux fondateurs du Prieuré de Saint-Nicolas de Coutures : il vivoit encore en 1060 ;
• 3. Hugues, auteur de la branche des Vicomtes de Chatelleraut, éteinte, au VIIe degré, dans Aimery de la Rochefoucaud, II. du nom, Vicomte de Chatelleraut, vivant sous Philippe-Auguste, & mort sans enfans
• 4. & Foucaud, qui souscrivit â la Charte de fondation de l’Abbaye de Saintes, faite en 1047, par Geoffroi Martel, Comte d’Anjou. Il avoit époufé Alix, Dame de Merpins, laquelle étoit veuve en 1059, ayant eu pour enfans : — Hugues de la Roche, surnommé Bardon, Chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers, puis Religieux en l’Abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur ; - & Foucaud de la Roche, Chevalier, nommé, avec sa mère, dans une Charte de l’an 1059.

— II. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, I. du nom, fonda en 1060, sous le règne de Philippe I, avec Aymar & Foucaud, ses frères, le Prieuré de Saint-Nicolas de Coutures d’Argenson, & celui de Saint-Florent, près de son Château de la Roche. Il fit aussi quelques donations à l’Abbaye de Saint-Florent de Saumur, en l’absence de Huguest son autre frère, pere de Bozom, Vicomte de Cbatelleraut. Celui-ci se plaignit dans la suite de ce que ses oncles, avoient fait une donation des biens, dont un quart lui appartenoit. Il eut de son épouse, qu’on ne connoît point :

Gui, qui suit ;
& Arnaud, lequel souscrivit, avec son frère, à la Charte du Prieuré de Saint-Florent.

— III. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, II. du nom, consentit à la fondation du Prieuré de Saint-Florent, faite par son pere, & assista, en 1081, sous le règne de Philippe I, à un accord que les Religieux de Saint-Florent de Saumur passèrent avec ceux de Saint-Martial de Limoges. De sa femme, nommée Eve, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aimery, auquel le Recueil, concernant la Ville & les Comtes d’Angouléme, donne une fille, mariée à Bozon de Jarnac ;
• 3. & Hugues, dont on ne trouve que le nom.

— IV. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, III. du nom, qui vivoit en 1096, sous Philippe I, étant au Château de Lussac, près de celui de la Roche, confirma, le 17 Octobre 1098, les donations que ses pere & mere avoient faites au Prieuré de Saint-Florent-de-la-Roche, & mourut en 1120, laissant de sa femme, dont le nom est ignoré :

Aymar, qui suit ;
& une fille, femme de Bozon, Seigneur de Jarnac.

— V. Aymar, Seigneur de la Rochefoucaud & de Vertueil, Chevalier, soutint diverses guerres contre Wlgrin, II. du nom, Comte d’Angouléme, qui furent assoupies par l’entremise de Gérard, Evêque d’Angouléme, & mourut en 1140, sous le Roi Louis le Jeune, laissant, pour fils unique :

— VI. Gui, IV. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Vertueil, Marthon, Blanzac, &c. qui eut aussi une fâcheuse guerre contre Guillaume, Comte d’Angouléme. Il assista, en 1170, avec plusieurs Seigneurs, à la Dédicace de Saint-Amand de Boësse, & eut pour enfans :

Foucaud, qui suit ;
& Aimery, qui signa la Charte du douaire que Jean, Roi d’Angleterre, assigna à Isabeau, Comtesse d’Angouléme, sa femme, la seconde année de son règne.

Le Gallia Christiana, Edit. de 1666, Tome III, p. 928, parle d’Etienne de la Rochefoucaud, Evêque de Rennes en Bretagne l’an 1156, mort le 5 Septembre 1166, & enterré dans le Cloître de l’Abbaye de Saint-Melaine.

— VII. Foucaud, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Blanzac, Marthon, &c. servit le Roi Philippe-Auguste contre les Anglois, demeura prisonnier à la bataille de Gisors en 1198, sous le même Prince, avec plusieurs autres Barons du Royaume, dit Mathieu Paris, dans la Vie de Richard, Roi d’Angleterre. Il étoit en liberté en 1200, assista au contrat de mariage de Jean, Roi d’Angleterre, avec Isabeau, Comtesse d’Angouléme, & eut de sa femme, dont le nom est ignoré :

• 1. Gui, V. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, qui fonda le Couvent des Cordeliers d’Angouléme, ou il fut enterré, & mourut sans enfans, laissant ses biens à Aimery, son frère ;
• 2. Aimery, qui suit ;
• 3. Geoffroi, Seigneur de Vertueil, qui eut procès, pour cette Terre, avec Hugues de Lezignem, dit le Brun, Comte de la Marche, qui l’occupoit ; & il fut convenu, au mois d’Octobre 1215, qu’il lui en feroit hommage & préteroit serment de fidélité, ce qu’il fit ;
• 4. & une fille, mariée, & mere de Pierre Poitevin, Chevalier, l’un des exécuteurs testamentaires d’Aimery, son oncle.

— VIII. Aimery, I. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Marthon, Blanzac, Cellefroin, Bayers, & Claiz, soutint, avec son frère, le procès contre le Comte de la Marche, au sujet de la Terre de Vertueil, & s’obligea d’en faire hommage, s’il en devenoit Seigneur. Il fit son testament en 1244, & son codicille en 1249, sous le Roi Saint-Louis. De son épouse, nommée Létice, que l’on croit fille de Hugues l’Archevêque, Seigneur de Parthenay, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aimery, Seigneur de Bayers & de Claiz, mort sans enfant ;
• 3. Almodie, rappellée, avec ses sœurs, dans le testament de leur pere ;
• 4. Mahaud, femme de Robert, Seigneur de Montberon ;
• 5. & Alix, mariée à Arnaud, Seigneur de Montauzier.

— IX. Gui, VI. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Marthon, Blanzac & Cellefroin, suivit le parti de Hugues le Brun, Comte de la Marche, contre le Roi Saint-Louis ; testa en 1295, élut sa sépulture en l’Abbaye de Grosbosc, auprès de ses pere & mère, & mourut la même année, sous le règne de Philippe le Bel. Il avoit épousé 1°. Agnès de Rochechouart, fille d’Aimery, VIII. du nom, Vicomte de Rochechouart, & de Marguerite de Limoges, & 2°. Tors de Fronsac. Du premier lit vinrent :

• 1. Gui, en faveur duquel Alphonse de France, Comte de Poitiers, frère du Roi Saint-Louis, manda, en 1269, au Sénéchal de Saintonge d’entendre ses raisons & celles de son frère contre le Seigneur de Rochechouart, touchant la succession de leur mere. Il testa en 1282, & mourut avant son pere, sans enfans ;
• 2. Aimery, qui suit ;
• 3. Geoffroi, Seigneur de Vertueil, Chanoine d’Angouléme ;
• 4. Aymar, Seigneur de Cellefroin, Doyen de l’Eglise de Bordeaux, après l’an 1300 ;
• 5. Guillaume, Seigneur de Saint-Claude & de Saint-Laurent de Ceris ;
• 6. Foucaud, Cordelier, puis Archidiacre d’Angouléme, & Evêque de la même Eglise en 1310, mort vers 1313 ;
• 7. Mahaud, mariée, par contrat de 1269, à Josselin de Châteauneuf, Chevalier ;
• 8. Marguerite, Prieure de Tusson ;

& du second lit :

• 9. Fergant ;
• 10. & Agnès, mariée à Foulques de Montauzier.

— X. Aimery, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Marthon, Blanzac, Bayers, &c testa en 1297, & ordonna sa sépulture dans l’Abbaye de Grosbosc, & mourut la même année, sous le Roi Philippe le Bel. Il avoit épousé, en 1280, Dauphine de la Tour, veuve de Renaud d’Aubusson, & fille de Bernard, Seigneur de la Tour en Auvergne, & d’Yolande, sa femme. Elle testa en 1299, & eut de son mariage :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Geoffroi, auteur de la branche des Seigneurs de Vertueil, dont nous parlerons en son rang, après les Marquis de Surgeres ;
• 3. Aimery, Seigneur de la Boissière, Chevalier, qui vivoit en 1362, marié à Charlotte de Jaunay, fille de Charles de Jaunay, Seigneur d’Ausance & de la Touche, & de Philippe de la Haye, dont Gui de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissièere, qui eut procès, le 16 Juillet 1397, avec le Seigneur de Montbazon, pour la Terre du Breuil, qu’il disoit avoir eue de Jeanne de Jaunay, sa tante, qui l’avoit fait son héritier : il mourut vers 1400, pere de — Foulques de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissière, qui reprit le procès de son pere, pour la Terre du Breuil, en 1406, & mourut sans enfans,
• 4. Marguerite, dont l’alliance est ignorée ;
• 5. &. Agnès, Dame de Bayers, de Charrat & de Claiz, qu’elle porta en mariage à Hugues de Confolant-Chabanois, à condition d’en faire foi & hommage à son frère aîné. Aimer II. du nom, eut encore, pour fille naturelle, — Letice de la Rochefoucaud.

— XI. Gui, VII. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Blanzac, de Marthon, de Cellefroin & de Bayers, servit le Roi Philippe le Long dans la guerre de Flandres, en 1318, & ensuite le Roi Philippe de Valois, en 1338, avec trois Chevaliers & sept Ecuyers ; fonda l’Eglise des Carmes de la Rochefoucaud, où il élut sa sépulture, par son testament de l’an 1344 ; & avoit épousé, en 1309, Agnès de Culant, fille de Renoul, Seigneur de Culant en Berri, & de Châteauneuf-sur-Cher, & de Catherine de Carency, dont :

• 1. Aimery, qui suit ;
• 2. Geoffroi, Seigneur de Puynaudin, Archidiacre d’Orléans, tuteur de Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, son neveu ;
• 3. & 4. Foucaud & Aymar ;
• 5. Guillaume, Evêque de Luçon en 1380, mort le 17 Janvier 1387, Evêque de Maillezais, aujourd’hui la Rochelle ;
• 6. Guyot, Abbé de Saint-Crespin-le-Grand en 1353 ;
• 7. Jean ;.
• 8. Marguerite, mariée à Guillaume le Paumier, Seigneur de Nevoy près Gien, & du Puy, veuve en 1380, lorsqu’elle testa ;
• 9. & Agnès.

— XII. Aimery, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blazac, Cellefroin & de Bayers, rendit, dès 1338, des services considérables au Roi Philippe de Valois, dans ses guerres de Gascogne, & depuis au Roi Jean, dans celles qu’il eut à soutenir contre les Anglois aux pays de Poitou & d’Angoumois, ou il fut fait Lieutenant de Charles d’Espagne, Connétable de France. Il reconnut, le 5 Septembre 1349, que Bernard, Raimond, & Jean de Maisieres, Ecuyers, lui avoient livré le Château & la Cbâtellenie de la Rochebeaucourt, au Comté d’Angouléme, pour les garder au nom du Roi. Il étoit, en 1352 par ordre du Connétable Charles d’Espagne, de la réduction du Château de Chatillon que tenoient les ennemis, & reçut, la même année, 2000 livres pour la garde de ses forteresses, qui étoient frontières de celles des Anglois. Le roi, en considération de ses services, lui donna, par Lettres du 11 Mai 1354, la troisième partie de la Terre de Saint-Germain-aux-Bois, & 300 liv. de rente à vie, à prendre sur son Trésor, lesquelles lui furent assignées avec autres 200 liv. sur les recettes de Limoges & de Poitou, le 19 Août 1355, dont il jouit toute sa vit ; eut encore, en 1356, la Terre de Boutteville en Angoumois, & 500 deniers d’or à l’écu, le 17 Octobre de la même année, que Jean de France, Duc de Berri, Comte de Poitiers, Lieutenant du Roi en Languedoc, lui procura, en le retenant dans son Conseil. Il y fut depuis le 25 Juin 135, jusqu’au 14 Avril suivant, que le Roi l’établit Capitaine de Beaucaire. Ensuite il fut fait Capitaine-Général ès parties de Languedoc, d’Agenois & de Toulouse, en l’absence du même Prince, à 10 écus d’or par jour, & servit avec 3 Chevalier & 23 Ecuyers, depuis le 3 Février 1358, jusqu’au 9 Juillet 1359, qu’il retourna à son pays. Le Roi lui fit encore don de 1000 liv. le 1 Mai 1362 : il mourut le 16 Septembre suivant, & fut enterré dans l’Eglise des Carmes de la Rochefoucaud, comme il l’avoit ordonné pas son testament de la même année. Il avoît épousé 1°. Marguerite de Barbesieux, fille de Vivien, Seigneur de Barbesieux & de Jonsac, morte sans enfans ; & 2°. Ragette de Grailly, fille de Pierre, Seigneur de Grailly, Vicomte de Benauges & de Castillon, & de Rasamburge de Périgord, sa seconde femme ; & soeur d’Archambaud de Grailly, Comte de Foix, dont sont descendus des Rois de Navarre. Du second lit sortit :
— XIII. Gui, VIII. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blanzac, Cellefroin, Bayers & Claiz, qui étoit sous la tutelle de Geoffroi, son oncle, en 1364 ; fut Confeiller & Chambellan des Rois Charles V & Charles VI, & de Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne. Charles V, en reconnoissance de ses services, & de ce qu’il avoit été l’un des premiers de la Guienne qui s’étoient mis sous son obéissance, après le traité de Bretigny, lui accorda, par Lettres du mois de Septembre 1370, que ses Terres situées dans le ressort & Comté d’Angouléme, ressortiroient à l’avenir de son Château de la Rochefoucaud ; obtint, par une attribution particulière, la connoissance de tous délits ; par d’autres Lettres du même tems, ce Prince lui donna son usage dans la forêt de Braconne ; fit, le 24 Avril 1373, hommage de la Terre de Vertueil, que le Roi lui avoit rendue ; combattit en champ-clos dans la ville de Bordeaux, en 1380, contre Guillaume de Montferrand, partisan Anglois, où il fut accompagné de 100 Gentilshommes de son lignage, dit Froissard ; servit en Flandres en 1382 ; prétendît, en 1387, au mobilier de Guillaume de la Rochefoucaud, Evêque de Luçon & de Maillezais, comme étant son neveu le plus proche héritier ; & au retour d’un voyage qu’il fit en Portugal, du consentement du Roi, il fut un des Seigneurs qui fournirent les joutes faites à Paris, en 1389, à l’entrée de la Reine Isabelle de Bavière. ; reçut plusieurs dons tant de Sa Majesté que du Duc de Bourgogne les années suivantes ; vendit, en 1395, à Monsieur, Louis, Duc d’Orléans, & à Madame Valentine, sa femme, une rente annuelle de 200 livres, ce qui fut ratifié par Marguerite de Craon, sa seconde femme, en 1396 ; continua de servir en Guienne sous le Duc d’Orléans & le Connétable d’Albret en 1403 ; fit, en 1405, acquisition de la Terre de Marsillac & des quatre-quints de celle de Chateauneuf de Guillaume de Craon ; & avoit acquis, par deux contrats passés en la ville de Tours le 3 Janvier 1398, la Terre de Montignac-Charente, moyennant 5400 livres, de Pierre, Seigneur d’Amboise, Vicomte de Thouars, Comte de Benaon, mort sans enfans en 1426 ; & la Terre de Thouriers, pour le prix de 1200 écus d’or, d’Ingelger d’Amboise, II. du nom, Seigneur de Rochecourbon. Il fit son testament en 1427, & avoit épousé 1°. Jeanne de Luxembourg, sœur du Comte de Saint-Pol, accordée par contrat de l’an 1384, le mariage accompli en 1385, morte sans enfans ; & 2°. Marguerite de Craon, fille aînée de Guillaume, Vicomte de Chateaudun, & de Jeanne, Dame de Montbazon. Elle devint Dame de Montbazon, de Sainte-Maure & de Nouastre, après la mort de ses frères, par le partage qu’elle fit avec ses sœurs le 13 Novembre 1419. De cette seconde alliance vinrent ;

• 1. Foucaud, qui suit ;
• 2. Hector, mort jeune ;
• 3. Aymar, dont nous allons parler après ;
• 4, 5 & 6. Agnès, Jeanne, & Létice, mortes sans alliance ;
• 7. Catherine, mariée à François de Chaunay, Seigneur de Chandenier ;
• 8. & Marguerite, mariée, par contrat de l’an 1399, ratifié en 1400, avec Foulques de la. Rochefoucaud, Seigneur de la Boissiere.

Aymar de la Rochefoucaud, troisieme fils de Gui, VIII. du nom, & de Marguerite de Craon, Seigneur de Montbazon, Sainte-Maure & de Nouastre, qu’il eut de la succession de sa mère, en tendit hommage le 13 Décembre 1436, servit contre les Anglois en 1441, transigea, en 1456 avec Jean, Seigneur de La Rochefoucaud, son neveu (Mentionné au XVe degré), qui lui céda la Terre de Bayers ; mais cette transaction n’eut point d’éxecution. La Terre de Bayers resta à Jean, qui, en 1461, transigea avec Marguerite de la Rochefoucaud, sa femme, & lui transporta la Seigneurie de Baycrs pour la dédommager des aliénations qu’il avoit faites de ses biens. Suivant un titre de l’an 1450, Aymar de la Rochefoucaud fut Chambellan dit Roi. Il épousa Jeanne de Martreuil, Dame de Hériçon, veuve d’Antoine de Vîvonne, Seigneur de Bourgouin, & fille de Guillaume de Martreuil, Seigneur d’Aisié. Elle survécut à son mari, & vivoit encore en 1467. Ses enfans furent :

• 1. Jean de la Rochefoucaud, Seigneur de Montbazon & de Sainte-Maure, qui étudioit à Angers le 4 Décembre 1459, lorsqu’il obtint délai de faire hommage de sa Seigneurie de Montbazon. Il mourut, sans alliance, en 1465 ;
• 2. Françoise, Dame de Montbazon, par le decès de son frere, mariée a Jean d’Estouteville, Seigneur de Torcy, & Grand-Maître des Arbalétriers de France, troisieme fils de Guillaume. D’Estouteville, Seigneur de Torcy & de Blainville, & de Jeanne, Dame d’Ondenuville. Son mari obtint permission, en 1452, de fortifier la Terre de Nouastre, qu’il avoit eue en mariage, & plaidoit, en 1470, contre Louis de Crussol, pour la Terre de Martreuil : il n’eut point d’enfans
• 3. Guillemette, mariée, en 1456, à Gui de la Rochefoucaud, son cousin, Seigneur de Montendre, Sénéchal d’Angoumois, morte sans enfans ;
• 4. & Jeanne, qui devint héritière des Terres de Montbazon, de Sainte-Maure & de Nouastre après le décès de tes sœurs. Elle étoit alors mariée à Jean du Fou, Chambellan du Roi, Grand-Echanson de France, Bailli de Touraine, dont vint — Renée du Fou, Dame de Montbazon, Sainte-Maure de de Nouastre, femme 1° de Guillaume de la Marck, Seigneur de Lumain ; & 2° de Louis de Rohan, III. du nom, Seigneur de Guemené, duquel descendent les Ducs de Montbazon, Pairs de France. Voyez Rohan.

— XIV. Foucaud, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blanzac, Bayers, Montignac, Marsillac, & Thouriers, Conseiller & Chambellan du Roi Charles VII, fut fait Chevalier devant le Château de Fronsac en 1451, avec Jean de Bourbon, Comte de Vendôme & autres ; testa en 1466, & mourut peu après. Il avoit épousé, par contrat du 16 Juillet 1427, Jeanne de Rochechouart, fille de Geoffroi, Vicomte de Rochechouart, Seigneur de Tonnay-Charente & de Marguerite Chenin, Dame de Mauzé. Ses enfans furent

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. Aymar, Seigneut de Marthon, mort sans lignée ;
• 3. & Gui, dit Foulques de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissiere, la Barde. Saint-Laurent & Châteaugaillard. Il vendit cette dernière Terre, à vil prix, a Jean Barthon, Chevalier, & eut deux garçons ; sçavoir,— Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Magné, qui fut sous la tutelle de Jean, son oncle, & plaida, pour le retrait des Terres que son pere avoit vendues, contre Jean, & Pierre Barthon, successivement Evêques de Limoses, Pierre Barthon, Chevalier, & autres ; & aussi contre François de la Rochefoucaud, son cousin, comme fils & héritier universel de Jean, son oncle. Il fut débouté de sa demande, par Arrêt de l’an 1491. — Le second fils de Gui, dit Foulques, fut Hector de la Rochefoucaud, Seigneur de Magné, qui eut aussi un différend, en 1514, pour quelques droits, contre Antoine Blanchard, Religieux Infirmier de Saint-Laurent.

— XV. Jean, Seigneur de la Rochefoucaud, Montignac, Marsillac, Blanzac, Charente, Marthon & Thouriers, Chevalier, Conseiller & Chambellan des Rois Charles VII & Louis XI, obtint, vers l’an 1445, petmission de fortifîer Marsillac, & d’y bâtir un Château ; fut nommé Gouverneur de Bayonne en 1453 ; choisi, comme le plus grand de tous les Vassaux du Comte d’Angouléme, pour être Gouverneur de Charles d’Orléans, Comte d’Angoulême, & pour avoir la conduite de sa personne & de toutes ses Seigneuries, en 1467 ; fait Capitaine de 115 lances & de 160 Brigandiniers du ban & arriere-ban des pays de Saintonge & d’Angoumois, par Lettres du 26 Mars 1468, où le Roi le qualifie son amé & féal Cousin. Il étoit alors Sénéchal du Périgord & eut encore la commission de mettre en possession du Duché de Guienne, en 1469, Charles de France, frère du Roi Louis XI ; avoit cédé à Jean d’Orléans, Comte d’Angoulême, le 3 Février 1456, les quatre-quints de la Terre de Châteauneuf, pour des redevances que ce Comte prenoit sur ses Terres de la Rochefoucaud & de Marsillac ; & avoit pris, en 1460, possession du Château de Parthenay, qu’il prétendoit lui appartenir comme héritier de Jean de Rochechouart : il s’opposa, le 11 Juin 1468, au don que le Seigneur de Betllville avoit obtenu de la Terre de Montendre. Son testament est du 2 Décembre 147l, par lequel il ordonna sa sépulture dans l’Eglise des Cordeliers de Vertueil, qu’il avoit fondée, & mourut peu après. Il avoit épousé, par contrat du 27 Février 1446, Marguerite de la Rochefoucaud, fille de Jean, Seigneur de Barbesieux, &c & de Jeanne Sanglier,. Dame de Château-Guibert. Elle hérita des Terres de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac. Il y eut un grand procès pour la validité de son mariage. Elle resta veuve, & se remaria à Hardouin, IX. du nom, Baron de Maillé, fils d’Hardouin VIII, & de Perrenelle d’Amboise. Son second mari rendit, à cause d’elle, hommage au Comte d’Angoulême en 1475. De son premier lit vint : - François, qui suit. Jean de la Rochefoucaud eut encore un fils naturel, nommé Colin de la Rochefoucaud, vivant en 1476.

— XVI. François, I. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Seigneur de Marsillac, Barbesieux, Montendre, Montguyon, Coiron, Roissac, &c. Conseiller & Chambellan des Rois Charles VIII & Louis XII, eut l’honneur de tenir sur les Fonts de batême, en 1494, le Roi François I, & de lui donner son nom. Ce Prince étant parvenu à la Couronne, le fit son Chambellan ordinaire, & érigea en sa faveur, en 1728, la Baronnie de la Rochefoucaud en Comté, en y incorporant celle de Marthon, les Châtellenies de Blanzac, Montignac, Vertueil, Saint-Laurent-de-Ceris & Cellefroin. II avoit obtenu, au mois de Mars 1480, quatre Foires par an pour sa Terre de Montignac, & rendit hommage de toutes ses Terres au Comte d’Angouléme le 9 Juin 1486. II avoit épousé, 1°. par contrat du 30 Avril 1470, Louife de Crussol, fille de Louis, Seigneur de Cruffol & de Beaudiner, Grand-Pannetier de France, Sénéchal de Poitou, & de Jeanne de Levis-Florensac ; & 2°. Barbe du Bois, fille de François, Seigneur du Bois, de Cerdes, &c. Du premier lit vinrent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Antoine, tige de la branche des Seigneurs de Barbesieux, rapportée ci-après ;
• 3. Hubert, Seigneur de Marthon, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, Ordre qu’il quitta ; fut depuis Gouverneur d’Angoumois ; testa le 11 Janvier 1566, & mourut, la même année, sans enfans de Jeanne de Chazay, qu’il avoit épousêe par contrat du 10 Mars 1559 ;
• 4. Louis, mort sans alliance ;
• 5. Jacquette, seconde femme de François, Vicomte de Rochechouart
• 6. Anne, mariée à François, Seigneur de Pompadour ;

& du second lit :

• 7. Louis, auteur de la branche des Marquis de Montendre, rapportée en son rang ;
• 8. Jean, Evêque de Mende, Abbé de Saint-Amand & de Monstier-Neuf de Poitiers, mort le 24 Septembre 1538 ;
• 9. & Catherine-Claude, femme de Joachim de Chabannes, Baron de Curton, fils de Jean, & de Françoise de Blanchefort.

— XVII. François II. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Prince de Marsillac, Seigneur & Baron de Vertueil, Montignac, Charente, Thouriers, Marthon, Blanzac & Montendre, élut, par son testament de 1533, sa sépulture dans l’Eglise de Saint-François de Vertueil, ordonna que sa Chapelle de la Rochefoucaud fût achevée, laissa la tutelle de ses enfans à sa femme, & mourut la même année. Il avoit épousé, par contrat du 5 Février 1518, Anne de Polignac, Dame de Randan, veuve de Charles de Beuil, Comte de Sancerre, fille unique & héritière de Jean de Polignac, Seigneur de Randan & de Beaumont, & de Jeanne de Chambes. Elle eut l’honneur, après la mort de son second mari, de recevoir l’Empereur Charles-Quint & les Enfans de France en son Château de Vertueil en 1539, & ce Prince en fut si content, qu’il dit n’avoir jamais entré en Maison qui sentît mieux sa grande vertu, honnêteté & Seigneurie que celle-là : Elle fit bâtir le Château d’Onzain, & achever la Chapelle magnifique de celui de la Rochefoucaud. Ses enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Jean, Abbé de Marmoutier, de Villeloin, de Cormery en 1557, Maître de la Chapelle du Roi, mort à Vertueil en 1583. Il avoit été nommé, en 1571, par Henri de Bourbon, Prince de Condé, tuteur des enfans mineurs de Charlotte de Roye, sa belle-sœur, seconde femme de François de la Rochefoucaud, son frère aîné ;
• 3. Charles, tige des Comtes de Randan, rapportés ci-après ;
• 4. Françoise, mariée, par contrat passé au Château de Vertueil le 20 Mars 1540, à Frédéric de Foix, Comte de Candale, Captal de Buch, Seigneur d’Astarac & de Benauges, fils de Gaston, III. du nom, & de Marthe, Comtesse d’Astarac ;
• 5. Louise, nommée Jeanne dans le Gallia Christiana, Abbesse de Notre-Dame de Saintes en 1544 jusqu’en 1559 ;
• 6. Françoise, dite la Jeune, Religieuse à Saint-Louis de Poissy, puis Abbesse de Notre-Dame de Saintes, après sa sœur, jusqu’en 1606 ;
• 7. & Marie, Religieuse professe à Saint-Louis de Poissy le 2 Juillet 1543, puis Prieure le 11 Juillet 1559, morte le 15 Mars 1561, âgée de 33 ans, enterrée sous un mausolée que Françoise la Jeune, sa sœur, lui fit élever à ses dépens. Ce fut pendant qu’elle étoit Prieure, que se tint le fameux Colloque de Poissy.

— XVIII. François III. du nom, Comte de la Rochefoucaud & de Roucy, Prince de Marsillac, Seigneur de Vertueil, &c. Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur & Lieutenant-Général en Champagne, se signala à la défense de la ville de Metz en 1552, ou il commandoit 100 Chevaux-Légers ; fut Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes du Duc de Lorraine, qu’il mena à la bataille de Saint-Quentin, ou il fut fait prisonnier en 1557, & paya 100 mille livres de rançon. Il embrassa depuis le parti des Huguenots, pour lesquels il combattit à la bataille de Dreux en 1562, & à celle de Saint-Denis en 1567 ; servit aussi au fiége de Chartres ; fit paroître beaucoup de courage & de bravoure aux combats de la Roche-Abeille & du Port-de-piles ; aux siéges de Nontron, Lusignan & Poitiers ; au secours de Châtelleraut, & à la bataille de Moncontour en 1569. Enfin il fut compris dans le massacre de la Saint-Barthelemi en 1572. C’étoit un Seigneur d’un esprit enjoué, doux & agréable. Il avoit épousé, 1°. en 1552, Silvie Pic-de-la-Mirandole, fille aînée de Galeas Pic, Prince de la Mirandole & de Concorde, Chevalier de l’Ordre du Roi, & â’Hippolite deGonzague ; &c, 2° ; par contrat du dernier Mai 1557, Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, fille puînée de Charles de Roye, Comte de Roucy, & de Madelene de Mailly, Dame de Conti, & soeur d’Eléonore de Roye, Princesse de Condé. Elle étoit morte le 15 Novembre 1572. Du premier lit il eut :

• 1. François, qui suit ; & du second : -
• 2. Josué, Comte de Roucy, tué au combat d’Arques le 21 Septembre 1589 ;
• 3. Henri, mort jeune, à Paris, en 1576 ;
• 4. Charles, tige de la branche des Comtes de Roye & de Roucy, rapportée ci après ;
• 5. Benjamin, Seigneur de Montignac, mort, sans alliance, en 1596 ;
• 6. Madelene, femme, par contrat du 4 Février 1583, de Just-Louis, Seigneur de Tournon, Comte de Roussillon, Bailli du Vivarais, & Sénéchal d’Auvergne ;
• 7. & Isabeau, mariée à Jean-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Randan, son cousin, dont il sera parlé à sa branche.

— XIX. François, IV. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Prince de Marsillac, Seigneur de Vertueil, &c. Conseiller du Roi en ses Conseils, Capitaine de 50 hommes d’armes de ses Ordonnances, servit dignement Henri IV, auquel il amena, à Nerac, 500 chevaux, & 800 hommes d’Infanterie ; & fut tué par les Ligueurs, devant Saint-Yrier-la-Perche, le 15 Mars 1591, aimant mieux mourir que de fuir. Il avoit épousé, le 17 Septembre 1587, Claude d’Estissac, sœur & héritière de Charles, Seigneur d’Estissac, mort sans enfans, & fille de Louis, Baron d’Estissac, Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur de la Rochelle & du pays d’Aunis, & de Louise de la Beraudiere, sa seconde femme. Elle mourut le 21 Novembre 1608, laissant de son mariage :

François, qui a continué la déscendance ci-après ;
& Benjamin Baron d’Estissac, dont nous allons parler avant la postérité de son aîné.

Benjamin de la Rochefoucaud, Baron d’Estissac, Mestre-de-Camp d’un vieux Régiment, se fit estimer par sa valeur & son zele pour la Religion & le service du Roi. Il épousa, en 1623, Anne de Villoutreys, fille de Nicolas, & d’Anne de Moulins. Ses enfans furent :

• 1. François, dont nous allons parler ;
• 2. une fille, Religieuse à Puyberland ;
• 3. & Anne-Françoise-Charlotte, mariée, en 1662, à Charles-François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, fils de François, & d’Anne de Philippier, de la ville de Cognac.

François de la Rochefoucaud, Marquis d’Estissac, épousa, en 1657, Françoise de Gelas-de-Voisins, fille d’Hector, Marquis d’Ambres & de Leberon, Vicomte de Lautrec, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant-Général en Languedoc en 1634, & de Susanne de Vignolles. De cette alliance sortirent sept enfans, dont :

deux garçons, morts jeunes ;
la première des filles, Abbesse de Puyberland ;
la seconde, Religieuse au même lieu ;
la troisieme, nommée Elisabeth de la Rochefoucaud, Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux en 1698 ;
la quatrième, Marie-Jeanne, Dame d’Estissac, mariée à Henri-Joseph de Lezay-Lezignem, dit le Comte de Lezay ;
& la cinquième, Marguerite de la Rochefoucaud, Religieuse Carmélite au fauxbourg Saint-Jacques à Paris.

— XX. François, V. du nom, premier Duc de la Rochefoucaud, Pair de France, Prince de Marsillac, &c. Chevalier des Ordres, Gouverneur du Poitou, né le 5 Septembre 1588, qui fit profession de la Religion Catholique, assista au Couronnement de la Reine Maris de Médicis, à Saint Denis, femme du Roi Henri IV. Louis XIII l’honora du Collier de ses Ordres le 3 Décembre 1619, & le créa Duc & Pair de France, par Lettres données à Niort, au mois d’Avril 1622 ; mais, par l’avènement du Cardinal de Richelieu au Ministere, il ne prêta serment au Parlement que le 24 Juillet 1637. Il se signala au combat de l’Isle de Ré, & au siége de la Rochelle en 1628, & mourut, en son Château de la Rochefoucaud, le 8 Février 1650. Il avoit épousé, par contrat passé à Paris le 1 Mars 1611, Gabrielle du Plessis- Liancourt, fille de Charles, Seigneur de Liancourt, Chevalier des Ordres du Roi, premier Ecuyer de sa petite Ecurie, Gouverneur de Paris, & d’Antoinette de Pons, Marquise de Guercheville, Dame d’honneur de la Reine Marie de Médicis. Leurs enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Louis, né, à Poitiers le 23 Décembre 1615, dit l’Abbé de Marsillac, tenu sur les Fonts de batême, à Poitiers, par le Roi Louis Xlll & la Reine, nommé Evêque de Lectoure, & Abbé de Saint-Jean-d’Angely, mort le 5 Décembre 1654 ;
3 Hilaire-Charles, né le 14 Juin 1628, Chevalier de Malte, mort en 1651, à Saint-Amand en Berrî ;
• 4. Aimery, né le 13 Mai 1633, mort jeune ;
• 5. Henri, né le 27 Juillet 1634, Abbé de Sainte-Colombe & de Notre-Dame de Celles, nommé à l’Abbaye de la Chaise-Dieu, & à celle de Fontfroide, le 15 Août 1698, après le décès d’Achille de la Rochefoucaud, son neveu. Louis XIV le nomma au Prieuré de Lanville le 16 Août 1689, & il mourut le 16 Décembre 1708, âgé de 74 ans ;
• 6. Marie-Elisabeth, née le 10 Août 1617, Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux-pendant 49 ans, morte subitement le 22 Octobre 1698, âgée de 81 ans ;
• 7. Catherine, née le 25 Octobre 1619, Abbesse de Charenton, puis du Paraclet ;
• 8. Marie-Catherine, née le 16 Février 1622, mariée, par contrat du 27 Mai 1638, à Louis-Roger Brulart, Marquis de Puyzieulx & de Sillery, morte à Liancourt le 7 Mars 1698 ;
• 9. Antoinette-Jeanne, née le 20 Mars 1623, morte en 1647 ;
• 10. Gabrielle-Marie, née le 23 Décembre 1624, Abbesse du Paraclet, puis de Notre-Dame de Soissons en 1683, morte au mois de Novembre 1693, après avoir embelli cette dernière Eglise d’un riche Autel, d’un beau Chœur, de quantité de Chapelles, & de superbes bâtimens ;
• 11. Anne-Françoise, née le 20 Avril 1626, Coadjutrice de l’Abbaye de Saint-Sauveur d’Evreux, morte en 1685 ;
• 12. & Louise, née le 19 Janvier 1630.Religieuse à la même Abbaye, & morte en 1651.

— XXI. François, VI. du nom, Duc de la Rochefoucaud, Pair de France, Prince de Marsillac, &c. né le 15 Décembre 1613, Chevalier des Ordres, Gouverneur de Poitou, dont il se démit en 1632, se fignala à la bataille d’Avein en 1635, servit dignement le Roi dans sa minorité ; mais s’étant brouillé avec le Cardinal Mazarin, il embrassa le parti des mécontens de Paris, & fut blessé, le 19 Février 1649, d’un coup de pistolet dans la gorge, en combattant pour conduire un convoi dans cette Ville ; servit aussi les Princes contre ce Ministre, & fut blessé au combat du fauxbourg Saint-Antoine en 1652. Il mourut à Paris le 17 Mars 1680, & est Auteur de deux excellents Ouvrages, le Livre des Maximes, & les Mémoires de la Régence de la Reine Anne d’Autriche. Il avoit épousé, par contrat passé à Mirebeau en Bourgogne, le 20 Janvier 1628, Andrée de Vtvonne, Dame de la Chateigneraye, fille unique & héritière d’André de Vivonne, Grand-Fauconnier de France, & de Marie-Antoinette de Loménie, dont :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Charles, né le 29 Septembre 1635. Chevalier de Malte, qui eut l’Abbaye de Molesme, sur la démission du Prince de Conti, & s’en démit en faveur d’Alexandre, son frère : il mourut le 19 Novembre 1692 ;
• 3. Henri-Achille, né le 8 Décembre 1642, Chevalier de Malte, Abbé de Fontfroide, de Beauport, & nommé à l’Abbaye de la Chaise Dieu le 20 Janvier 1687, après la mort d’Hyacinthe Serroni, premier Archevêque d’Alby : il décéda le 19 Mai 1698, & fut enterré à Saint-Germain-des-Prés ;
• 4. Jean-Batiste, dit le Chevalier de Marsillac, né le 19 Août 1646, reçu Enseigne au Régiment du Roi, Infanterie, le 29 Octobre 1666, puis Lieutenant le 8 Novembre de la même année, tué en Allemagne dans la campagne de 1672 ;
• 5. Alexandre, dit l’Abbé de Vertueil, né en Avril 1655, Abbé de Beauport & de Molesme après son frère, mort Prieur de Bonnes-Nouvelles à Rouen, le 16 Mai 1721 ;
• 6. Marie -Catherine, dite Mademoifelle de la Rochefoucaud, née le 22 Février 1637, qui légua un Annuel dans l’Eglise de Sainte-Geneviève ; fit des fondations en la ville de la Rochefoucaud pour l’instruction de la jeunesse, & pour des pauvres filles, affligées de maladies incurables. Elle est morte le 5 Octobre 1711, & a été enterrée à Sainte-Geneviève ;
• 7. Henriette, appellée Mademoifelle de Marsillac, née le 15 Juillet 1638, morte le 3 Novembre 1721, âgée de 83 ans, 3 mois & 19 jours, après avoir testé le 10 Mars 1720, & fait des legs particuliers à chacun de ses domestiques, qu’elle nomma légataires universels du surplus de ses biens à partager entr’eux chacun à proportion de leurs legs ;
8. & Françoise, appellée Mademoifelle d’Anville, née le 9 Août 1641, morte le 22 Mars 1708, aussi sans alliance.

— XXII. François, VII. du nom, Duc de la Rochefoucaud, Pair & Grand-Veneur de France, Prince de Marsillac, Marquis de Guercheville, Duc de la Roche-Guyon, Marquis de Liancourt, Baron de Vertueil, &c. Chevalier des Ordres, Grand-Maître de la Garderobe, né le 15 Juin 1634, commença ses premiers services en 1652 ; se trouva au siège de Landrecie en 1655 ; fut Mestre-de-Camp d’un Régiment Royal de Cavalerie le 17 Mai 1666 ; accompagna le Roi à la conquête de la Flandre en 1667, le suivit à celle de la Franche-Comté en 1668 ; fut fait Gouverneur de Berri le 13 Décembre 1671 ; se sîgnala au passage du Rhin en 1672, où il reçut un coup de mousquet qui lui fracassa l’épaule gauche ; se trouva aux sièges de Mastricht, de Besançon, de Limbourg, & aux prîses de Valenciennes, Cambray, Ypres & Namur ; & est mort Grand-Veneur de France, le 11 Janvier 1714, âgé de 79 ans. Il avoit épousé, le 13 Novembre 1659, Jeanne-Charlotte du Plessis-Liancourt, fille unique de Henri du Plessis, Comte de la Roche-Guyon, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi, & d’Elifabeth de Lannoy. Elle mourut le 30 Septembre 1669, âgée de 24 ans, laissant :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Henri-Roger, Marquis de Liancourt, né le 14 Juin 1665, d’abord Colonel du Régiment de la Marine le 7 Décembre 1683, qui se distingua à la bataille de Stafarde, où il fut blessé ; fut fait Lieutenant-Général des Armées du Roi le 23 Décembre 1702, & est mort le 21 Mars 1749, en son Château de Liancourt, âgé de 84 ans, sans alliance ;
• 3. &, suivant Moréri, Charlotte-Françoise-Gabrielle, morte le 17 Août 1676, âgée d’environ 15 ans.

— XXIII. François, VIII. du nom, Duc de la Rochefoucaud, en Angoumois, de la Roche-Guyon au Vexin-François, Pair de France, Prince de Marsillac, Marquis de Barbesieux, Comte de Duretal, Seigneur & Baron de Caheusac, Vertueil, Montignac, Charente, Thouriers, Montclard, Estissac, Saint-Clau, Genac, d’Anville, &c. né le 17 Août 1663, prêta serment entre les mains du Roi, pour ses charges de Grand-Veneur de France, & de Grand-Maître de la Garderobe, en survivance de son pere, le 20 Novembre 1679, obtint une nouvelle érection en Duché de la Terre de la Roche-Guyon, pour ses enfans mâles & femelles, par Lettres données à Saint-Germain-en-Laye, enregistrées au Parlement le 17 Mars 1681 ; fut fait Colonel du Régiment de Navarre le 4 Septembre 1683 ; se trouva au siège de Luxembourg en 1688 ; se signala à la bataille de Fleurus en 1690, au combat de Steinkerque en 1692, à la bataille de Nerwinde en 1693, où il eut le pied cassé, dont il resta estropié ; ensuite aux sièges de Mons & de Namur ; commanda à la prise de plusîeurs Places dans le Palatinat ; fut fait Maréchal-de-Camp le 3 Janvier 1696 ; prêta serment au Parlement, en qualité de Duc & Pair de France, le 2 Septembre 1715 ; fut reçu Chevalier des Ordres le 3 Juin 1724 ; se démit de la charge de Grand-Veneur après le décès de son pere, & mourut à Paris le 22 Avril 1728, dans la 65e année de son âge. Son corps fut porté à la Rochefoucaud, sépulture de ses ancêtres. Il avoit épousé, par contrat du 22 Octobre 1679, Madelene-Charlotte le Tellier, fille aînée de François-Michel le Tellier, Marquis de Louvois, de Courtenvaux & de Barbesieux, Ministre & Secrétaire d’Etat, Chancelier des Ordres du Roi, Surintendant des Bâtimens, & d’Anne de Souvré, Marquise de Courtenvaux, & petite-fille de Michel le Tellier, Chancelier de France. Elle est morte à Paris le 18 Novembre 1735, dans sa 71e année : ses entrailles furent déposées à Saint-Sulpice, sa Paroisse, son cœur à Vertueil, & son corps fut inhumé à la Rochefoucaud. De ce mariage font issus :

• 1. François, Prince de Marsillac, né le 17 Avril 1681, mort le 29 Juillet 1699, enterré à Sainte-Geneviève, au tombeau du Cardinal dr la Rochefoucaud ;
• 2. Charles-Maurice, né le 15 Août 1684, mort le 21 Avril 1694, enterré à Sainte-Geneviève ;
• 3. Michel-Camille, Prince de Marsillac, puis Duc de la Roche-Guyon, né le 6 Juillet 1686, Mestre-de-Camp du Régiment de Marsillac, Cavalerie, par Provisions données à Versailles le 7 Novembre 1705, & par d’autres du 26 Mars 1709, Mestre-de-Camp du Régiment d’Uzès, mort de la petite vérole à Cambray, le 5 Août 1712 ;
• 4. Roger, dit l’Abbé db la Rochefoucaud, né le 17 Juillet 1687, nommé, au mois de Décembre 1707, à l’Abbaye du Bec-Heloin, vacante par le décès de l’Archevêque de Rouen ; & à celle de Fontfroide, avec le Prieuré de Lanvîlle, le 24 Décembre 1708. Il obtint un Bref du Pape pour jouir du revenu de ses Bénéfices & prendre 1’épée ; alla servir en Hongrie dans l’armée de l’Empereur, sous le nom de Prince de Marsillac, & y mourut le 18 Juin 1717, âgé de 30 ans ;
• 5. Gui, Comte de Duretal, né à Liancourt le 19 Septembre 1688, mort en Mai 1698, & enterré à Sainte-Geneviève avec ses frères :
• 6. Alexandre, qui suit ;
• 7. Aimery, Comte d’Anville, né à Paris le 15 Décembre 1691, mort le 1 Novembre 1699, & enterré, avec ses frères, à Sainte-Geneviève ;
• 8. autre Gui, né à Paris le 8 Septembre 1698, reçu Chevalier de Malte de minorité, pourvu, en 1703, par le Grand-Maître de l’Ordre, de la Commanderie Magistrale de Pezenas, vacante par la mort du Comte de Hauteville. Il quitta l’Ordre de Malte au décès de Roger, son frère, & après avoir fait ses Caravannes, prit le titre de Comte de la Rochefoucaud ; eut, le 1 Avril 1719. Commission de Mestre-de-Camp reformé, à la fuite du Régiment de la Roche-Guyon, Cavalerie, & fut fait Mestre-de-Camp d’un Régiment de Cavalerie de son nom, par Brevet du 2 Juin 1730. Feu Louis XV le fit Duc de la Roche-Guyon, & lui donna le Régiment de Cavalerie de ce nom, vacant par la démission volontaire du Duc de la Rochefoucaud, son frère aîné. Il est mort à Paris, de la petite-vérole, le 16 Novembre 1731, & est inhumé à Sainte-Geneviève. Il devoit épouser, quelques jours avant sa mort, Marie-Louise-Nicole de la Rochefoucaud, sa nièce, & le Pape avoit accordé des dispenses pour ce mariage ;
9. Madelene-Françoise, née le 11 Septembre 1689, Religieuse aux Filles de Sainte-Marie à Saint-Denis, morte le 22 Avril 1717 ;
10. & Emilie, née le 9 Novembre 1700, dite Mademoiselle de la Rochefoucaud, mariée, le 4 Janvier 1725, à Charles-Emmanuel de Crussol, Duc d’Uzès, premier Pair de France, fils aîné de Jean-Chartes de Crussol, Duc d’Uzès, premier Pair de France, Chevalier des Ordres, & d’Anne-Marie de Bullion. Elle est morte de la petite vérole, au Château de Bonnelles, le 25 Octobre 1753.

— XXIV. Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, né le 29 Septembre 1690, Seigneur de l’ancien Duché-Pairie de Hallwin, aujourd’hui Marquisat de Maignelais, en Picardie, Prince ou Sire de Marsillac en Poitou, Marquis de Liancourt en Beauvoisis, Comte de Duretal en Anjou, Baron de Vertueil, Marthon, Estissac, Anville, & Montignac en Angoumois, Grand-Maître de la Garderobe du Roi, en survivance de son pere ; porta d’abord le nom de Comte de Montignac ; avoit été Garde-Marine en 1707, fit sa première campagne dans l’Escadre du Chevalier de Forbin ; fut fait Enseigne de Vaisseau en 1708 ; s’embarqua à Dunkerque pour passer en Ecosse ; fut Lieutenant en 1709, Capitaine en 1710 ; fervit en cette qualité en 1711 & 1712 ; eut le Régiment de son frère la même année, à la tête duquel il se trouva aux sièges de Douay, du Quesnoy & de Bouchain. Par des Lettres-Patentes données à Marly au mois de Février 1713, enregistrées le 4 Mars suivant, que son pere obtint en sa faveur, il fut créé Duc de la Roche-Guyon ; fit 1a même année la campagne d’Allemagne, où il se trouva à la prife de Landau & de Fribourg ; fut fait Brigadier des Armées du Roi en 1719, fetvit en cette qualité en Espagne, se démit, en 1727, de son Régiment, en faveur de son frère, le Duc de la Roche-Guyon, & quitta le service ; mais après le décès de son frère, le Roi lui rendit ce même Régiment de Cavalerie, & il pria Sa Majesté de vouloir bien le donner à Louis-Christophe de la Rochefoucaud-Langheac, Comte d’Urfé, son cousin, qui étoit Capitaine dans ce Régiment. Il fut reçu Chevalier des Ordres, le 16 Mai 1728, & Duc & Pair de France au Parlement le 22 Février 1729 ; suivit le Roi en Flandres & en Allemagne pendant la campagne de 1744, où il fit les fonctions de sa charge de Grand-Maître de la Garderobe. Sur la fin de la même année il fut disgracié de la Cour, & exilé à sa Terre de la Roche-Guyon ; mais quelque tems après il eut permission d’aller dans ses autres Terres, & même de venir à Paris, & d’y rester autant qu’il voudroit, en sorte que son exil fut réduit à ne pas aller à la Cour. Il est mort à Paris le 4 Mars 1762, & avoit épousé, le 30 Juillet 1715, Elisabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du-Caylar-de-Thoiras-d’Amboise, Comtesse d’Aubijoux, fille unique & héritière de Jacques-François de Bermond-du-Caylar, Marquis de Thoiras, Brigadier des Armées du Roi, & de Françoise-Louise de Berard, Dame de Bernis. Elle est morte en son Château de Liancourt le 30 Septembre 1752. De ce mariage font issus ;

• 1. François, Prince de Marsillac, né le 31 Décembre 1717, mort en Septembre 1718 ;
• 2. autre François, Prince de Marsillac, né le 21 Octobre 1720, décédé le 19 Avril 1721 ;
• 3. Marie-Louise-Nicole, dite Mademoiselle de la Rochefoucaud, née le 22 Septembre 1716, mariée, le 28 Février 1732, par difpense, à Jean-Batiste-Louis-Frédéric de la Rochefoucaud-de-Roye, son cousin, créé Duc d’Anville, &c. mentionné au XXIIIe degré de la branche des Ducs d’Anville ;
• 4. Marie, dite Mademoiselle de la Roche-Guyon, née au mois de Décembre 1718, mariée, le 18 Novembre 1737, à Louis-François-Armand de la Rochefoucaud-de-Roye, Duc d’Estissac, Gouverneur de Bapaume, son cousin, dont il sera parlé dans la branche des Ducs d’Estissac ;
• 5. & Adélaïde, dite Mademoiselle de Marsillac, née en Décembre 1721, morte à Paris, au Couvent de la Visitation de la rue Saint-Jacques, le 9 Août 1737.

Comtes de Roye & de Roucy

— XIX. Charles de la Rochefoucaud, dit de Roye, troisieme fils de François, III. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & de Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, sa seconde femme, fut Comte de Roucy après le décès de son frère Josué, tué au combat d’Arques, & mourut â Paris en 1605. Il avoit épousé, par contrat du 13 Juillet 1600, Claude de Gontaut-Biron, fille puînée d’Armand de Gontaut, Seigneur de Biron, Chevalier des Ordres, Maréchal de France, & de Jeanne, Dame d’Ornesan & de Saint-Blancard. Elle mourut en 1617, laissant :
- François, qui suit ;
- & Charlotte de la Rochefoucaud, dite de Roye, femme de Louis de Champagne, Comte de la Suze, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & morte le 6 Septembre 1637.
— XX. François de la Rochefoucaud, dit de Roye (I. du nom de sa branche), Comte de Roucy, Baron de Pierrepont, de Chef-Boutonne, de Blanzac, Nisy-le-Comte, &c. transigea, le 6 Octobre 1632, avec Just-Henri de Tournon, fille & héritière de Madelene de la Rochefoucaud, sa tante, sur les successions de leurs ayeul & ayeule, & mourut en son Château de Roucy, le 3 Janvier 1680, âgé de 77 ans. Il avoit épousé, par contrat passé à Sedan le 13 Décembre 1627, Julienne-Catherine de la Tour, fille puînée de Henri de la Tour, Duc de Bouillon, Prince de Sedan, Pair & Maréchal de France, & d’Isabelle de Nassau-Orange. De cette alliance vinrent :

• 1. Frédéric-Charles, qui suit ;
• 2. Henri, Vidame de Laon, tué au siége de Mouzon en 1652 ;
• 3. & Elisabbth-Charlotte, morte jeune.

— XXI. Fréderic-Charles de Roye-de-la-Rochefoucaud, Comte de Roye & de Roucy, Lieutenant-Général des Armées de France en 1676, fit hommage à sa Majesté, des Fiefs & Comté de Roucy, &c. le 6 Juin 1681 ; alla, avec sa permission, en Dannemarck en 1683, y commanda les Armées du Roi de Dannemarck, en qualité de Grand-Maréchal, & fut fait Chevalier de l’Ordre de l’Eléphant ; passa, en 1686, à Hambourg, où il séjourna quelque tems ; de là en Angleterre en 1688, ou le Roi Jacques II le fit Pair d’Irlande ; & mourut à Bath, où il étoit allé prendre les eaux, le 9 Juin 1690, âgé de 57 ans. I ! avoit épousé, par contrat du 3 Juin 1656, Elisabeth de Durfort, sa coufine-germaine, fille puînée de Gui-Aldonce de Durfort, Marquis de Duras & de Lorges, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & d’Elisabeth de la Tour-de-Bouillon. Elle se retira en Angleterre, pour la Religion P. R., en 1688, & mourut à Londres le 14 Janvier 1715, âgée de 82 ans. De ce mariage ils ont eu :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Gui, Vidame de Laon, tué au fiége de Luxembourg en 1684 ;
• 3. Charles, tige des Ducs d’Estissac, rapportés ci-après ;
• 4. Frédéric-Guillaume de Roye-de-la-Rochefoucaud, Comte de Champagne-Mouton, puis de Marthon, qui a suivi son pere en Dannemarck, s’est retiré ensuite en Angleterre, où il a eu un Régiment ; a été fait Comte & Pair d’Irlande, & nommé Milord Lisfort. La Reine Anne d’Angleterre l’a fait Colonel de l’un des six Régimens François, levés pour servir en Portugal, & Major-Général : il est décédé sans alliance ;
• 5. Sophy-Cbarles, mort jeune ; —
• 6. Louis, dont la postérité sera mentionnée ci-après, sous le titre de Ducs d’Anville ;
• 7. Barthelemi, Comte de Chef-Boutonne, appellé le Marquis de la Rochefoucaud, Capitaine-Lieutenant des Gendarmes de Flandres, Capitaine des Gardes de Madame la Duchesse de Berri, nommé, le 31 Mars 1720, Lieutenant-Général des Armées du Roi, mort le 3 Novembre 1714, âgé de 51 ans. Il avoit épousé, en Novembre 1715, Pauline de Prondre, fille de Paulin, Presiident en la Chambre des Comptes, & de Marguerite Petit-de-Ravannes, dont il a laissé, pour fille unique, — Marguerite-Pauline-Françoise de Roye-de-la-Rochefoucaud, née en 1716, mariée, le 10 Août 1733, à Alexandre-Maximilien-Balthasard-Dominique de Gand-Villain-de-Merode, & de Montmorency, Comte de Middelbourg, Colonel du Régiment de la Marine, Brigadier des Armées du Roi, Gouverneur de la ville de Bouchain, fait Maréchal-de-Camp le 20 Février 1734, fils de feu Jcan-Alphonse de Gand-Villain, Prince d’Isenghien, & de Marie-Thérese de Crevant-d’Humieres, dont postérité ;
• 8. Charlotte de Roye, dite de Roucy, qui s’est retirée, avec sa mere, en Angleterre en 1688, ou elle a été faite Gouvernante du Prince Guillaume & de la Princesse Marie, enfans du Roi Georgbs II, en Mars 1724 ;
• 9. Henriette, qui passa aussi en Angleterre, & y épousa Guillaume, Comte de Staffort, Chevalier de l’Ordre de la Jarretière, duquel elle étoit veuve en 1697, sans enfans, morte à Londres le 21 Novembre 1732 ;
• 10. Isabelle, Religieuse en l’Abbaye Notre-Dame de Soissons, morte, Abbesse de Saint-Pierre de Reims, en Août 1711 ;
• 11. Marie, Religieuse en la même Abbaye, puis Abbesse du Paraclet, Diocèfe de Troyes, en Août 1705 ;
• 12. & Eléonore-Christine de Roye, mariée, pat contrat du 28 Février 1697, à Jérôme Phelypeaux, Comte de Pontchartrain, Secrétaire d’Etat, Commandeur, Prévôt & Maître des Cérémonies des Ordres du Roi, fils de Louis Phelypcaux, Comte de Pontchartrain, Chancelier de France, & de Marie de Maupeou. Elle est morte, âgée de 27 ans, le 13 Juin 1708, avec une grande réputation de vertu & de piété, mere, entr’autres enfans, du Comte de Maurepas, Chef du Conseil des Finances, sous le Roi régnant, en 1776.

— XXII. François de Roye-de la-Rochefoucaud, II. du nom, Comte de Roucy & de Roye, Seigneut de Pierrepont, Mestre de Camp du Régiment des Cravates, puis Capitaine des Gendarmes Ecossois, Commandant de la Gendarmerie, Gouverneur de Bapaume, partagea avec ses frères & sœurs le 15 Février 1691 ; fut nommé Lieutenant-Général des Armées du Roi en Décembre 1702 ; servit au siége de Brisac & à la bataille de Spire en 1703, à celle d’Hochstet en 1704, & mourut à Paris le zo Novembre 1721, âgé de 61 ans. II avoit épousé à Versailles, le 8 Février 1689, Catherine-Françoise d’Arpajon, morte le 8 Décembre 1716, fille unique de Louis, Duc d’Arpajon, Chevalier des Ordres du Roi, & de Catherine-Henriette de Harcourt-Beuvron, sa troisieme femme, Dame d’honneur de feu Madame la Dauphine. De leur mariage ils ont eu :

• 1. François, qui suit ;
• 2. N....., Marquis de Roucy, mort au mois de Mai 1711 ;
• 3. Frédéric-Jérôme, né le 16 Juillet 1701, nommé Abbé de Saint-Romain de Blaye au mois de Novembre 1717, de Beauport au mois de Mai 1722 ; Prieur de Lanville, Diocèse d’Angouléme ; de Bonnes-Nouvelles, Diocèfe de Rouen ; Archevêque de Bourges le 27 Janvier 1729, sacré le 7 Août même année par l’Archevêque de Rouen, assisté des Evéques de Laon & de Beauvais ; fait Prieur de la Charité-sur-Loire au mois d’Avril 1732 ; & le 29 Septembre 1738, élu Coadjuteur du Cardinal d’Auvergne à l’Abbaye de Cluny, au Chapitre-Général tenu ledit jour ; reçu Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit le 2 Février 1742 ; un des Présidens de l’Assemblée du Clergé de France, tenue en Avril suivant, & ès années 1750 & 1755 ; Titulaire le 16 Avril 1747, par le décès du Cardinal d’Auvergne ; nommé à l’Abbaye d’Aisnay le 7 Mai, créé Cardinal du titre de Sainte-Agnès hors les murs, la même année ; Ambassadeur de France à Rome en 1748 ; nommé à l’Abbaye de Saint-Vandrille en 1755, ensuite chargé du détail des affaires concernant la nomination aux Bénéfices ; fait Grand-Aumônier de France en 1756 ; mort le 29 Avril 1757, & inhumé dans le Chœur de l’Eglise Saint Sulpice ;
• 4. Françoise-Marguerite, Religieuse à Notre Dame de Soissons, dont elle est devenue Abbesse en 1737 ;
• 5 & 6. Elisabeth-Catherine, & Charlotte-Eléonore, Religieuses dans la même Abbaye.

— XXIII. François de Roye-de la-Rochefoucaud, Comte de Roucy & de Roye, Vidame de Laon, Baron de Pierrepont, Marquis de Séverac, Mestre-de-Camp d’un Régiment de Cavalerie, par commission du 18 Novembre 1705, réformé après la paix d’Utrecht, & Brigadier des Armées du Roi le 1 Février 1719, mort le 24 Février 1725, âgé de 36 ans, & inhumé à Saint-Sulpice, avoit épousé, le 4 Septembre 1714, Marguerite-Eisabeth Huguet, morte à Paris le 4 Décembre 1735, âgée de 41 ans, fille unique d’Alphonse-Denis Huguet, Conseiller au Parlement de Paris, mort le 16 Février 1715, âgé de 80 ans, & de Marguerite de Turmenies-Nointel, laquelle, après le décès de son mari, se fit Religieuse. De ce mariage sont issus : —

• 1 & 2. deux garçons, morts au berceau ;
• 3. Elisabeth, dite Mademoiselle de Roucy, née le 13 Décembre 1720, mariée, le 4 Mars 1737, dans la Chapelle de l’Hôtel de la Rochefoucaud, à François-Joseph de Bethune, Duc d’Ancenis, Colonel d’un Régiment de Cavalerie de son nom, ensuite Capitaine d’une des Compagnies des Gardes-du-Corps du Roi, fils unique de Paul-François, Duc de Bethune, Pair de France, Chevalier des Ordres du Roi, & Lieutenant-Général de ses Armées, & de Julie-Christine-Régine Georges-d’Entraigues, Voyez Bethune ;
• 4. Françoise-Pauine appellée Mademoiselle de Roye, née le 2. Mars 1723, mariée, le 29 Février 1740, à Louis-Antoine de Gontaut, Duc de Biron, Pair & Maréchal de France, Chevalier des Ordres, Colonel du Régiment des Gardes-Françoises ;
• 5. & Isabelle-Eléonore, dite Mademoiselle de Séverac, née posthume le 23 Août 1725, morte le 20 Mai 1726.

Ducs d’Estissac, sortis des Comtes de Roye & de Roucy

— XXII. Charles de la Rochefoucaud-de Roye, Comte de Blanzac, troisieme fils de Frédéric-Charles, Comte de Roye & de Roucy, & d’Elisabeth de Durfort, fut successivement Colonel du Régiment de Guienne, Lieutenant-Général des Armées du Roi en 1704, Gouverneur de Bapaume, & est mort à Paris le 4 Septembre 1731, âgé de 67 ans. Il avoit épousé, par contrat du 3 Mai 1691, Marie-Henriette d’Aloigny-de-Rochefort, veuve de Louis-Fauste de Brichanteau, Marquis de Nangis, & fille de Henri-Louis d’Alvigny, Marquis de Rochefort, Maréchal de France, & de Madelene de Laval-Boisdauphîn. Elle est morte à Paris le 18 Octobre 1736, dans sa 73e année, ayant eu :

• 1. N......né en Septembre 1695, mort au berceau ;
• 2. Louis-François-Armand, qui suit
• 3. Gsneviève-Armande, mariée, le 30 Décembre 1708, à Philippe-Aymar de Clermont, Comte de Tonnerre, ci-devant Colonel du Régiment de Poitou, Infanterie, fils de François- Joseph, Comte de Clermont & de Tonnerre, & de Marie de Hannivel-de-Mennevillette. Elle est décédée à Paris le 24 Octobre 1745, âgée de 54 ans ;
• 4. & Marie-Louise, mariée en 1718, à Guy-Marie de Lopriac, Marquis de Coctmadeuc & d’Aserac, dit le Comte de Donges, Maréchal-de-Camp au mois de juin 1744.

— XXIII. Louis-François-Armand de la Rochefoucaud-de-Roye d’abord appellé le Comte de Marthon, puis Comte de Roucy, né le 22 Septembre 1695, Mestre-de-Camp du Régiment de Conti, Infanterie, Gouverneur de la ville de Bapaume en Septembre 1732, après le décès de son père ; Brigadier d’infanterie le 20 Février 1734 ; a été créé Duc par brevet le 24 Octobre 1737, sous le nom de Duc d’Estissac ; reçu Chevalier des Ordres du Roi le 2 Février 1749, & Grand-Maître de la Garderobe de Sa Majesté ; est devenu chef des nom & armes de sa Maison, par la mort du dernier Duc de la Rochefoucaud, son beau-pere, en 1762. Il a épousé, le 18 Novembre 1737, en la Chapelle de l’Hôtel de la Rochefoucaud, Marie de la Rochefoucaud, dite Mademoifelle de la Roche-Guyon, sa cousine, 2e fille d’Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, & d’Elisabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du Caylar, dont :

• 1. François-Alexandre-Fréderic, qui suit ;
• 2. Armand-Alexandre-Roger, appellé le Comte de Duretal, né le 19 Octobre 1748,
• 3. Emilie-Alexandrine, née le 31 Décembre 1742, mariée au Prince de Montmorency-Robecque, Grand-d’Espagne ;
• 4. & Adélaïde-Martine, née le 7 Novembre 1745, morte.

— XXIV. François-Alexandre-Frédéric de la Rochefoucaud, né le 11 Janvier 1747, Duc de Liancourt, a épousé, en Août 1764, Félicité-Sophie de Lannion, fille aînée d’Hyacinthe-Cajétan, Comte de Lannion, Chevalier des Ordres du Roi, Gouverneur de Mahon, décédé en 1762, & de Marie-Charlotte-Félicité de Clermont-Tonnerre, morte le 16 Novembre 1774. Ils vivent, en 1776, sans enfans.

Ducs d’Anville, sortis des Comtes de Roye & de Roucy

— XXII. Louis de la Rochefoucaud-de-Roye, d’abord appellé le Chevalier de Roucy, puis Marquis de Roye, sixieme fils de Frédéric-Charles, Comte de Roye & de Roucy, & d’Elisabeth de Durfort, fut fait Lieutenant-Général des Galères de France le 1 Mai 1704, Marquis de la Ferté-sous-Jouarre, mourut à Paris le 6 Mai 1751, & est inhumé à Saint-Sulpice. Il avoit épousé, en Janvier 1704, Marthe du Casse, fille de Jean du Casse ; Chef d’Escadre, puis Lieutenant-Général des Armées navales du Roi, Gouverneur de Saint-Domingue, Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, & Chevalier de la Toison d’or, décédé au mois de Juillet 1715, & de Marthe Baudry. Elle est morte le 7 Décembre 1743, âgée de 82 ans, & a laissé de son mariage :

• 1. Jean-Batiste-Louis-Frederic, qui suit ;
& Marthe-Charlotte, née le 10 Décembre 1713, nommée Abbesse de Saint-Pierre de Reims le 14 Mai 1744.

— XXIII. Jean-Batiste-Louis-Frédéric de la Rochefoucaud-de-Roye, appellé d’abord le Marquis de Roucy, né le 17 Août 1709, pourvu, en survivance de son pere, de la charge de Lieutenant-Général des Galères de France le 7 Décembre 1720, créé Duc par brevet de Sa Majesté, sous se nom de Duc d’Anville, le 15 Février 1732 ; fait Lieutenant-Général des Armées navales au mois de Janvier 1745, eut, en cette qualité, le commandement d’une Escadre de dix-huit vaisseaux de guerre, qui mit à la voile à Brest au mois de Juin 1746, & fut dans l’Amérique porter des secours & des munitions de guerre & de bouche aux Isles Françoises. Ce voyage fut malheureux par les tempetes qui dispersèrent les vaisseaux à la vue de l’Acadie, qu’on avoit dessein de prendre sur les Anglois. La maladie se mit dans les équipages & les troupes de débarquement. Il en décéda les trois quarts, & le Duc d’Anville fut du nombre des morts, le 28 Septembre 1746, âgé de 37 ans. Il avoit épousé, le 28 Février 1732, Marie-Louise-Nicole de la Rochefoucaud, fille aînée du feu Duc de la Rochefoucaud, & d’Elifabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du-Caylar, dont il a laissé :

• 1. Louis-Alexandre, qui suit.
• 2. Elisabeth-Louise, née le 17 Juin 1740, mariée, le 29 Avril 1757, à Antoine-Auguste de Rohan-Chabot, Comte de Maillé-la-Marche, dit le Comte de Chabot,
• 3. & Adélaïde-Emilie,, née le 4 Octobre 1745.

— XXIV. Louis-Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, Prince de Marsillac, né le 11 Juillet 1743, neveu à la mode de Bretagne du Duc d’Estissac, Colonel du Régiment de la Sarre en Avril 1767, a épousé, par contrat signé le 7 Décembre 1762, célébration le 13, Louise-Pauline de Gand-de-Merode-de-Montmorency, née le 7 Avril 1747, & sœur cadette de la Comtesse de Lauraguais. Elle est morte, depuis quelques années, d’une chûte de cheval.

Comtes de Randan, éteints, sortis de la branche aînée

— XVIII Charles de la Rochefoucaud, fils puîné de François, II. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & d’Anne de Polignac, Dame de Randan, .Seigneur du Luguet, Sîgone & Cellefroin, Comte de Randan, Chevalier de l’Ordre du Roi, Capitaine de 50 hommes d’armes des Ordonnances, Colonel-Général de l’Infanterie Françoise, & Ambassadeur en Angleterre sous François II, se trouva au siège de Metz ; mourut d’une blessure qu’il reçut à celui de Rouen, le 4 Novembre 1562, âgé de 37 ans, & fut inhumé derrière le Chœur de l’Eglise Métropolitaine, où se voient deux épitaphes, l’une latine, & l’autre françoise. Il avoit épousé Fulvie Pic-de-la Mirandole, Dame d’honneur de la Reine Louise de Lorraine, femme du Roi Henri III, & fille puînée de Galeas Pic, Prince de la Mirandole, dont :

• 1. Jean-Louis, qui suit :
• 2. François, Cardinal du titre de Saint-Calixte en 1607 ; fait Grand-Aumônier de France, Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, Evêque de Clermont, puis de Senlis, Conseiller d’Etat, Abbé de Tournus, de l’Aumône ou du petit Cîteaux, de Monstier-Saint-Jean, & de Sainte-Geneviève de Paris, où il mourut Sous-Doyen du Sacre-Collège, le 14 Février 1643, âgé de 88 ans, & fut inhumé sous un magnifique tombeau ;
• 4. Alexandre, Prieur de Saint-Martin—en-Vallée, Abbé de Saint-Pourçain, qui prit imprudamment le parti de Marthe Brossier, prétendue démoniaque, & en mourut de chagrin ;
• 5. & Marie-sylvie, mariée, par contrat passé à Paris le 27 Octobre 1579, à Louis de Rochechouart, Baron de Chandenier, fils de Claude, & de Jacqueline Bauldot, dite de Mailly. Après le décès de son mari, elle se rendit Carmélite au fauxbourg Saint-Jacques à Paris en 1610, & y mourut,

— XIX. Jean-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Randan, Baron du Luguet, Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur d’Auvergne, Capitaine de 100 hommes d’armes, suivit le parti de la Ligue, & fut tué le 10 Mars 1590, en voulant recouvrer Issoire, que la Noblesse du parti du Roi avoit surpris. D’Isabelle de la Rochefoucaud, sa cousine, fille de François, III. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & de Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, sa seconde femme, il laissa :

— XX. Marie-Catherine de la Rochefoucaud, en faveur de laquelle le Roi érigea le Comté de Randan en Duché-Pairie, par Lettres du mois de Mars 1661, enregistrées au Parlement le 15 Décembre 1663, & en la Chambre des Comptes le 25 Juin 1664. Ces Lettres d’érection portent que ce Duché-Pairie passera à la Comtesse de Fleix, sa fille, & à ses descendans mâles & femelles. Elle avoit épousé, le 8 Août 1607, Henri de Bauffremont, Marquis de Senecey, Chevalier des Ordres du Roi, Ambassadeur en Espagne en 1618, tué au siége de Royan en 1622, fils de Claude de Bauffremont, Marquis de Senecey, Bailly de Châlon-sur-Saone, Gouverneur d’Auxonne, & de Marie de Brichanteau. Elle fut première Dame d’honneur de la Reine Anne d’Autriche, & Gouvernante du Roi Louis XIV ; mourut le 10 Mai 1677, âgée de 89 ans, & fut inhumée dans l’Eglise Sainte-Geneviève.

Marie-Claire de Bauffremont, leur fille, épousa Jean-Batiste-Gaston de Poix, Comte de Fleix, auquel elle porta le Duché de Randan. Elle en étoit veuve en 1646. Voyez Randan.

Seigneurs de Barbezieux, & Marquis de Langheac, sortis de la première branche

— XVII. Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Barbezieux & de Ravel, second fils de François, I. du nom, Comte de la Rochefoucaud. & de Louise de Crussol, sa première femme, eut, par le partage qu’il fit avec son frère le 7 Juin 1518, les Seigneuries de Barbesieux & de Ravel. Il étoit, en 1485, l’un des 100 Gentilshommes de la Maison du Roi, Chevalier de son Ordre, & Capitaine de 50 hommes d’armes, fut fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1525 ; fut pourvu de la charge de Lieutenant-Général des Galères en 1528 ; commanda en chef dans la ville de Marseille en 1536, & mourut en 1537. Il avoit épousé Antoinette d’Amboise, veuve de Jacques d’Amboise, Seigneur de Bussy & de Ravel, & fille de Gui d’Amboise, Seigneur de Ravel, & de Frangoise Dauphine. Elle devint héritière des Terres & Seigneuries de Chaumont, Meillan. Charenton, Preuilly, &c. après la mort de Georges-d’Amboife, son cousin, & de Catherine d’Amboise, Comtesse d’Auxexre, sa tante ; prit une troisième alliance avec Louis de Luxembourg, Comte de Roucy, & mourut en 1552. Les enfans qu’elle eut de son second mari furent :

• 1. Gilbert, établi Grand-Sénéchal de Guienne le 10 Mai 1539, mort à Lyon, au retour de la bataille de Cerisoles, en 1544.
• 2. Charles de la Rochefoucaud, Seigneur de Barbesieux, Linieres, Meillan, Preuilly, Charenton, & le Blanc en Berri, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, Capitaine de 50 hommes d’armes, Gouverneur de l’Isle de France le 20 Juillet 1532, puis Gouverneur de Paris le 12 Mars 1533, Lieutenant-Général au Gouvernement de Champagne & de Brie en 1568 ; Grand-Sénéchal de Guienne après Gilbert, son frère aîné ; créé Chevalier des Ordres le 31 Décembre 1578 ; & mort le 15 Juin 1583. Il avoit épousé, par contrat du 1 Décembre 1545, Françoise Chabot, fille de Philippe, Comte de Buzancois, Amiral de France, & de Françoise de Longwy, Comtesse de Buzançois & de Cbarny, dont trois filles ; sçavoit :
Françoise de la Rochefoucaud, Dame de Barbesieux, mariée, par contrat du 21 Janvier 1578 à Claude, Marquis d’Epinay, Comte de Duretal & de Mathefelon, fils de Jean, Marquis d’Epinay, & de Marguerite de Sceptaux ;
Antoinette, Dame de Linieres, épouse d’Antoine de Brichanteau, Seigneur de Nangis, Chevalier des Ordres, fils de Nicolas, Seigneur de Beauvais-Nangis, & d’Anne d’Aguerre ;
& Charlotte de la Rochefoucaud, Dame de Vendeuvre, mariée, par contrat du 8 Novembre 1589, à François des Barres, Seigneur de Neufvy-Banegon en Bourbonnois.
• 3. Antoine, Seigneur de Chaumont, qui suit ;
• 4. François, Seigneur de Ravel, l’un des 100 Gentilshommes de la Maison du Roi en 1549, marié â Eléonore de Vienne, fille de François, Seigneur de Ruffey, & de Guillemette de Luxembourg-Brienne, de laquelle il eut trois filles.
L’aînée, Charlotte de la Rochefoucaud, femme de Louis de Comboursier, Seigneur du Terrail ;
la seconde, Gilberte, mariée, le 5 Août 1584, à Jean, Vicomte d’Estaing, Seigneur de Murol ;
& la troisieme, Pernelle de la Rochefoucaud, femme du Seigneur de Bresons & de Montréal, mort le 13 Octobre 1611.
• 5. Catherine, mariée 1°. à Charles de Chabannes, Seigneur de la Palice, fils de Jacques, II. du nom, Maréchal de France, & de Marie de Melun, sa seconde femme ; 2°. en 1559, à René du Puy-du-Fou, Seigneur de Combronde ; & 3°. à Charles Rouault, Seigneur de Landreau. Elle mourut en 1577 ;
• 6. Marguerite, mariée 1°. à Pierre du Puy, Seigneur de Vatan ; &, 2°. le 17 Mai 1554, à Claude de Bourbon, Seigneur de Busset ;
• 7. Bénédicte, Abbesse de Saint Jean d’Autun ;
• 8 & Antoinette, Religieuse.

— XVIII. Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Chaumont sur Loire, Chevalier de l’Ordre du Roi, & son Chambellan, partagea avec son frère aîné Charles, le 14 Juillet 1553, & avoit épousé, le 7 Octobre 1552, Cécile de Monmirail fille d’Etienne, Seigneur de Chambourcy, Maître des Requîtes, & de Louise de Selve, dont :

• 1. Jacques, qui suit ;
• 2. Charles-Isaac, mort jeune ;
• 3. François, Abbé de la Réau ;
• 4. Antoine, Prieur de Saint-Portien, sacré Evêque d’Angouléme le 5 Juin 1608, qui assista à l’Assemblée du Clergé à Paris en 1615 ; souscrivit au Concile de Bordeaux en 1614 ; mourut dans son Palais Episcopal le 14 Décembre 1634, & fut inhumé en sa Cathédrale devant le grand Autel ;
5. Françoise, mariée a Bertrand de Fayolles-de-Mellet, Seigneur de Neufvy & de Saint-Martial, Mestre-de-Camp d’un Régiment ;
6. Jeanne, femme, par acte du 6 Janvier 1579, de Jean-Antoine de Mauleon, en Gascogne ;
7. Marguerite, Chanoinesse de Remiremont ;
8. Charlotte, femme de Gaston de la Rochefoucaud, Seigneur des Salles, son cousin, troisième fils de Louis, Seigneur de Montendre, & de Jacquette de Mortemer ;
9. Marie, Abbesse du Paraclet-en Champagne, morte le 19 Février 1639 ;
10. & Eléonore, mariée, le 9 Janvier 1600, à Marc de Polignac, Seigneur d’Abdiac & de Lardeyrol en Velay, à cinq quarts de lieue du Puy.

— XIX. Jacques de la Rochefoucaud, Seigneur de Chaumont-sur Loire & de Langheac, par donation de sa femme du 5 Mai 1609, avoit épousé, par contrat du dernier Août 1586, Françoise de Langheac, fille & héritière de Jean, Seigneur dudit lieu, & de Marie de Chabannes, dont :

• 1. Louis-Antoine, qui suit ;
• 2. François, Baron de Monclar, allié avec Dauphine de Taillac, fille de Tristan de Taillac, Seigneur de Mergeride ;-
• 3. Jean, Seigneur de Brassac en Auvergne, qui ne laissa de Barbe du Floquet, son épouse, qu’une fille, morte jeune ;
• 4. Charles-Ignace, tige des Comtes de Lorac, Marquis de Rochebaron, rapportés ci-après ;
• 5. Jean-Jacques, Chevalier de Malte ;
• 6. Louis, Religieux de l’Ordre de Cluny en 1622 ;
• 7. Henri, tige des Comtes de Cousage, mentionnés en leur rang ;
• 8. Marie, femme de Thibaut de Lastic, Seigneur de Gabriac ;
• 9. Françoise, épouse de Balthasard, Seigneur de Chavagnac ;
• 10. Isabelle-Gabrielle, Dame en partie de Combronde, mariée 1°. à Jean du Quesnel, Seigneur de Saint-Just ; & 2°. à Louis de Saint Priest ;
• 11. Marguerite, Religieuse aux Chasses avant 1609
• 12. Anne-Marie, abbesse du Paraclet après sa tante, morte le 28 Mai 1646 ;
• 13. & Catherine.

— XX. Louis-Antoine de la Rocbefoucaud, Seigneur de Chaumont, de Langheac & de Saint-Ilpice, par donation de sa mere du 3 Décembre 1609, dit le Baron de Langheac, mourut le 16 Janvier 1652. Il avoit épousé, le 10 Mars 1611, Louise de la Guiche, fille de Jean, Seigneur de Bournoncle, & de Francoife de Lastic, dont :

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. Henri-Gaston, Marquis de Langheac, auteur des Comtes de Saint-Ilpice, rapportés après la postérité de son aîné ;
• 3. autre Jean, Seigneur de Lastic, qui eut des enfans de Jeanne de Pontault, son épouse ;
• 4. François, Comte de Langheac ;
• 5. Christophe, Seigneur de Bournoncle
• 6. une fille, mariée au Seigneur de Séverac
• 7. & Marguerite, alliée, en 1638, à PhiUbert-Christophe d’Apchier, Seigneur de la Garde.

— XXI. Jean de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, épousa Françoise-Marie d’Urfé, fille de Charles-Emmanuel Lascaris, Marquis d’Urfé, & de Marguerite d’Alegre, de laquelle il a eu :

• 1. Jean-Antoine, qui suit ;
• 2. Emmanuel, Prêtre de l’Oratoire, nommé, au mois de Novembre 1735, à l’Abbaye de Sauve-Majeure, Ordre de Saint-Benoit, Diocèse de Bordeaux ;
• 3. François, Comte de Saint-Ilpice ;
• 4, 5 & 6. trois filles : la première, Religieuse de Sainte-Claire à- Montbrison, & nommée Abbesse de Saint-Julien de Dijon au mois de Janvier 1732 ; la seconde, Religieufe Ursuline à Montbrison, nommée, au mois d’Avril 1742, à l’Abbaye de Sainte-Claire de Clermont ; & la troisieme, Religieuse à la Visitation de Montbrison.

— XXII. Jean Antoine de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, Seigneur de Saint llpice, Lastic & Rochegoude ; mort à Montpellier en Janvier 1720, avoit épousé, en 1695, Marie Thérese de Guerin de-Lugeac, fille de Gilbert de Guerin, Baron de Lugeac en Auvergne, &c & d’Anne-Francoise-Aimée des Roches, dont :

Louis Christophe, qui suit ;
& Marie-Charlotte, mariée, le 8 Février 1718, à Alexandre-Louis de Vlssec-de-la-Tude, Marquis de Ganges, fils d’Alexandre, Brigadier des Armées du Roi, & de Marguerite de Ginestous Moissac.

— XXIII. Louis Christophe de la Rochefoucaud-Lascaris, Marquis de Langheac, & Comte d’Urfé en 1724, après la mort, sans enfans, de Joseph-Marie, Comte d’Urfé, son oncle maternel, devint aussi Grand Bailli du pays de Forez, fut quelque tems Capitaine au Régiment de la Roche-Guyon, Cavavalerie, dont il fut fait Mestre-de Camp au lieu du feu Duc de la Rochefoucaud, par commission du 25 Novembre 1731 ; & est mort de la petite vérole, au Camp près de Tortone dans le Milanais, le 7 Janvier 1734, dans la 30e année de son âge. Il avoit épousé, le 11 Septembre 1724, Jeanne Camus de-Pontcarré, fille de Nicolas-Pierre, premier Président du Parlement de Rouen, & de Marie-Francoise Michelle de Bragelogne, sa seconde femme. De ce mariage il a eu :

• 1. Alexandre-François, mort le 2 Octobre 1742, à 9 ans ;
• 2. Adélaïde-Marie-Thérese, née le 6 Août 1727, mariée, le 7 Mai 1754, à Alexis-Jean, Marquis du Chastellet-Fresnieres, Seigneur de la Ferté-lès-Saint-Riquier, Gouverneur de Bray-sur Somme ;
• 3. & Agnès-Marie, née à Paris le 27 Février 1732, veuve de Paul-Edouard Colbert, Comte de Creuilly, Maréchal des Camps & Armées du Roi, qu’elle avoit épousé le 4 Avril 1754, & morte le 1 Juillet 1756, âgée dé 25 ans.

Branche des Marquis de Montendre, sortie des Comtes de la Rochefoucaud

— XVII. Louis de la Rochefoucaud, seigneur de Montendre, Montguyon, Roissac, des Salles, &c. Chevalier de l’Ordre du Roi, fils puîné de François, I. du nom, & de Barbe du Bois, sa seconde femme, partagea avec ses frères du premier lit, le 6 Juin 1519 ; rendit hommage en 1537, de ce qui lui étoit échu de la succession d’Antoine du Bois, Evêque de Beziers, son oncle maternel. Il se trouva au siège de Metz en 1559, & aux autres guerres de son tems ; & avoit épousé, par contrat du .8 Février 1534, Jacquette de Mortemer, fille de François, Seigneur d’Ozillac, & de Françoise d’Aydie-Riberac, dont :

• 1. Claude, mort sans enfans ;
• 2. François, qui suit ;
• 3. Gaston, Seigneur des Salles, marié à Charlotte de la Rochefoucaud, fille d*Antoine, Seigneur de Chaumont, & de Cécile de Montmirail. Elle fut tutrice, le 8 Septembre 1611, de Jacques, son fils, Seigneur des Salles, qui n’eut, de Marie du Fossé, son épouse, qu’une fille, nommée Charlotte dr la Rochefoucaud, Dame des Salles, mariée à Alexandre de Galard-de-Béarn, Comte de Brassac. Les autres enfans de Gaston de la Rochefoucaud, & de Charlotte, son épouse, furent cinq filles ; les trois premières, Religieuses à Saintes ; la quatrième, morte jeune ; & la cinquième, Religieuse au Paraclet,
• 4. Louis, auteur des Seigneurs de Roissac, qui n’ont formé que trois degrés, & se sont éteints dans les enfans de son petit-fils Léonor de la Rochefoucaud, Seigneur de Roissac, qui de Lidie de Lanes, sa femme, n’eut qu’un fils, mort sans enfans ; & deux filles, mariées ; l’une, dans la Maison de Saint-Gelais ; l’autre, dans celle de Pons, Comte de Roquefort.
• 5. Claude, mort sans alliance ;
• 6. Louise, alias Charlotte, morte sans avoir été mariée ;
• 7. Françoise, femme d’Alain Baudouin, Seigneur de Fleurac ;
• 8. & Louise, mariée à Jean de Montalembert, Seigneur de Vaux, tué a la bataille de Coutras le 20 Octobre 1587.

— XVIII. François de la Rochefoucaud, Seigneur de Montguyon, Baron de Montendre, & Lieutenant de Henri de Bourbon, Prince de Condé, partagea avec ses frères & sœurs le 21 Septembre 1573 ; & mourut le 12 Janvier 1600. Il avoit épousé, en 1565, Hélène Goulard, fille unique & héritière d’Edmond Goulard, Lieutenant de Roi à Niort, & de Guyonne du Puy, dont :

• 1. Isaac, qui suit ;
• 2. Henri, Seigneur de Marsay, tué au fiége d’Amiens en 1597, sans enfans ;
• 3. autre Henri, Seigneur de la Bouliniere, aussi tué au siège d’Amiens, portant l’Enseigne Colonelle du Roi
• 4. Judith, Dame de Marsay, mariée 1°. à Antoine du Châtelet ; & 2°. en 1624, à Louis de Saint-Georges, Seigneur de Loubigné ;
• 5. & Marie, femme, par contrat du 3 Novembre 1600, de Josias de Bremont, Seigneur d’Ars & du Châtellier en Touraine, du Bouchet, de Rochave & de Dampierre-sur-Charente, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & Député aux Etats Généraux par la Sénéchaussée d’Angoumois, fils de Charles de Bremont, Seigneur d’Ars, & de Louise de Valsergues,

— XIX. Isaac de la Rochefoucaud, Baron de Montendre, Seigneur de Montguyon, commença de porter les armes en 1589, servit depuis, près de la personne du Roi, dans toutes les occasions qui se présenterent, jusqu’à la paix de Vervins, en 1598 ; fut nommé Chevalier des Ordres le 2 juin 1612 & mourut, après avoir fait ses preuves de noblesse & de religion, avant d’être reçu. II avoit épousé, le 2 Août 1600, Hélène de Fonseque, fille aînée & héritière de Charles, Seigneur de Surgeres, & à’Esther Chabot de Sainte-Foy, Dame d’Agurré. Leurs enfans furent :

• 1. Charles, qui suit ;
• 2. François, tige des Marquis de Surgeres, rapportés après la postérité de son aîné ;
• 3. Marie, née le 17 Mai 1601, seconde femme de Gui Chabot, Comte de Jarnac, fils aîné de Léonor, & de Marguerite de Durfort-Duras, sa première femme ;
• 4. Lucie, Dame d’honneur de la Princesse de Condé, mariée, 1°. en 1627, à Geoffroi de Durfort-Duras, Baron de Cusaguez ; & 2° à César de Costentin, Comte de Fismes & de Tourville, premier Gentilhomme de la Chambre du Prince de Condé,
• 5. & Catherine, mariée 1° à Michel Chevery, Baron de la Réole ; & 2°. à Philippe Tolosani, Seigneur de la Sestiere, fils d’Olivier Tolosani, Doyen des Conseillers au Parlement de Toulouse,

Isaac de la Rochefoucaud eut encore deux fils naturels de Madelene Mauschal ; l’un, appellé Charles, qui fut Exempt des Gardes du Duc dEnghien ; le second, Louis, Gendarme de la Compagnie des Gardes du même Prince.

— XX. Charles de la Rochefoucaud-de-Fonseque, Marquis de Montendre, substitué aux nom & armes de Fonseque, mena une Compagnie de 100 Gentilshommes de ses voisins & de ses yassaux, au secours de l’Isle de Ré, attaquée par l’armée Angloise, commandée par le Duc de Buckingham. Il avoit épousé, le 17 Septembre 1633, Renée Thevin, fille de François, Seigneur de la Dubliere, & de Marie le Franc, dont :

• 1. Charles-Louis, qui suit ;
• 2. & trois filles, l’une desquelles mourut, sans alliance, le 11 Janvier 1725, âgée de 92 ans,

— XXI. Charles-Louis de la Rochefoucaud-de-Fonseque, Marquis de Montendre, Seigneur de Montguyon & d’Agurré, épousa Madelene-Anne Pithou, fille de Pierre, Conseiller au Parlement de Paris, & de Chrétienne Loisel. Elle est décédée le 14 Mai 1714, & a été inhumée à Saint-Sulpice, ayant eu :

• 1. Isaac-Charles, Comte de Montendre, qui commença de servir, en qualité de Lieutenant du Régiment du Maine, au bombardement de Coblentz, au siège de Mayence, à la bataille de Fleurus, au siége de Mons : fut Colonel du Régiment de Medoc le 23 Mars 1691 ; s’acquit beaucoup d’honneur à la bataille de la Marfaille & au siége de Barcelonne ; fut fait Brigadier en 1702, eut bonne part à la fameuse journée de Crémone, ou il fut blessé ; & reçut, en recompense, le Régiment Royal des Vaisseaux, à la tête duquel il fut tué, à la bataille de Luzara, le 15 Août de la même année
• 2. François, qui, après, avoir été Chanoine Régulier de l’Abbaye de Saint-Victor de Paris, passa en Angleterre, ou il épousa, à Londres, le 2 Mai 1710, N... de Spanheim, fille d’Ezéchiel, Baron de Spanheim, Ambassadeur du Roi de Prusse en Angleterre. Il a été créé Maître-Général de l’Artillerie en Irlande en 1728, Colonel d’un Régiment d’Infanterie Angloise en 1729, Lieutenant- Général des Armées du Roi d’Angleterre le 20 Janvier 1736, Gouverneur de l’Isle de Guernesay au mois d’Octobre 1737, & Général de l’Infanterie en 1739. Il est mort à Londres le 19 Août de ladite année, dans la 71e année de son âge ;
• 3. Louis, qui suit ;
• 4. Paul-Auguste-Gaston, dit le Chevalier de Montendre, puis Comte de Jarnac, qui servit d’abord sur les Galères, ensuite en Italie sous le Duc de Vendôme, obtint le Régiment de Béarn en 1704 ; se distingua à la défense des retrancbemens de Donavert en Allemagne, à la bataille d’Hochstet la même année, & en Flandres, à Waberlo, près Bruxelles, en 1705 ; & mourut à Paris le 19 Décembre 1714, à l’âge de 39 ans, sans postérité. Il avoit épousé, en Juillet 1709, Anne-Marie-Louise Chabot, Comtesse de Jarnac, fille aînée & héritière de Gui-Henri Chabot, Comte de Jarnac, & de Charlotte-Armande de Rohan-Montbazon. Ce fut en faveur de cette alliance que son mari prit le nom de Comte de Jarnac ;
• 5. & Hélène-Françoise, Religieuse Ursuline à Saint-Jean d’Angely, où elle fit profession vers la fin de l’an 1683.

— XXII. Louis de la Rochefoucaud, Marquis de Montendre, Capitaine de Vaisseau en 1704, puis Capitaine-Colonel des Suisses de la Garde de Charles de France, Duc de Berri, est mort à Paris le 11 Mai 1742, dans la 73e année de son âge, sans enfans de Susanne d’Argouges, qu’il avoit épousée le 16 Septembre 1710, fille de Florent d’Argouges, Maître des Requêtes de l’Hôtel du Roi, & de Louise du Vau.

Marquis de Surgères, sortis de la Branche précédente

— XX. François de la Rochefoucaud, Seigneur Marquis de Surgeres, second fils d’Isaac, Baron de Montendre, & d’Hélène de Fonseque, épousa Anne Philippier, de la ville de Cognac, de laquelle il eut :

Charles-François, qui suit ;
& deux filles, Religieuses.

— XXI. Charles-François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, épousa, en 1662, Anne-Françoise-Charlotte de la Rochefoucaud, fille de Benjamin, Baron d’Estissac, & d’Anne de Villoutreys. Elle mourut à Paris le 19 Juin 1710, âgée d’environ 71 ans, & fut inhumée le lendemain à Saint-Sulpice, laissant :

• 1. Charles-François, né en 1663, Marquis de Surgeres, Capitaine des Vaisseaux du Roi, mort au mois de Décembre 1714, sans enfans de Francoise Chabot-de-Jarnac, son épouse, fille de Louis, Comte de Jarnac, & de Catherine de la Rochebeaucourt ;
• 2. François, qui suit ;
• 3. & Alexandre-Benjamin, mort à Paris le 8 Avril 1671, dans sa 5e année.

— XXII. François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, né le 14 Février 1664, Chevalier de Saint-Louis en 1699, & Capitaine des Vaisseaux en 1708, acheta la Terre de Surgeres de son frère ainé, & ses autres biens, en payant ses créanciers, & moyennant une pension. Il avoit épousé, le 9 Novembre 1704, Angélique Lée, veuve de Françoit-Lucas de Demuin, Capitaine des Vaisseaux, & en a eu :

• 1. Charles-François, né le 1 Septembre 1705, mort en 1720 ;
• 2. Alexandre-Nicolas, qui suit ;
• 3. Isaac-Charles, né le 10 Mai 1712 ;
• 4. Anne-Louise, née le 13 Décembre 1706, mariée, par contrat du 10 Septembre 1714, à Chartes-Germanie le Mastin, Comte de Nuaillé & de Ferrieres, Colonel d’Infanterie, Brigadier des Armées du Roi, fils de Claude le Mastin, Marquis de Nuaillé, & de Marie-Anne Tusset ;
• 5. Susanne, née le 21 Janvier 1708, morte six mois après ;
• 6. & Auguste-Madelene, né le 22 Juillet 1710, morte en 1720.

— XXIII. Alexandre-Nicolas de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, né le 29 Janvier 1709, d’abord Mousquetaire de la Garde du Roi en 1728, puis Guidon & Enseigne de la Compagnie des Gendarmes d’Anjou, fut nommé Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la Reine le 15 Mars 1734, Mestre-de-Camp d’un Régiment de Dragons de son nom, au mois d’Avril 1742 ; se trouva, à la tête de ce Régiment, au combat donné à Sahay en Bohême, le 25 Mai de ladite année, entre les troupes du Roi, commandées par le Maréchal de Broglle, & les troupes Autrichiennes, par le Prince de Lobkowitz, qui furent battues : il y eut un cheval tué sous lui & il fut blessé. Le Roi le fit Brigadier le 20 Février 1743, Maréchal-de-Camp le 1 Mai 1745, & Lieutenant-Général de ses Armées le 10 Mai 1748. Il a épousé, le 29 juillet 1728, Jeanne-Thérese Fleuriau-de-Morville, fille de Charles-Jean-Batiste, Comte de Morville, ci-devant Ministre & Secrétaire d’Etat pour les affaires étrangères, Chevalier de l’Ordre de la Toison d’or, & de Charlotte-Elisabeth de Vienne, dont : -

• 1. N... de la Rochefoucaud, mort au berceau ;
• 2. Alexandre-Charles, né en Septembre 1731, Enseigne des Gendarmes d’Anjou, mort à Paris le 3 Novembre 1749, âgé de 18 ans ;
• 3. Jean-François, qui suit ;
• 4. & Angélique Louise, née en 1733, mariée, le 24 Mai 1751, à Jean-Alexandre Romée-de-Villeneuve, Vicomte de Vence, Colonel & Commandant le Régiment de Royal Corse, Infanterie Italienne, par Brevet du 1 Février 1749, fils d’Alexandre-Gaspard Romée de-Villeneuve, Comte de Vence, & de Madelene Sophie de Simiane, dont un fils.

— XXIV. Jean-François de la Rochefoucaud, appellé le Comte de Surgeres, né en 1734, Guidon de la Compagnie des Gendarmes de Flandres, puis Colonel du Régiment de Royal-Champagne, Cavalerie, a épousé, le 17 Avril 1752, Anne Sabine-Rosalie Chauvelin, troisieme fille de feu Germain-Louis Chauvelin, Commandeur des Ordres du Roi, Garde des Sceaux de France, & d’Anne Cahouet-de-Beauvais.

Source : Dictionnaire de la noblesse, de François-Alexandre de La Chenaye-Aubert.

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Généalogie de la famille de la Rochefoucauld - 2ème partie

Comtes de Saint-Ilpice

— XXI. Henri-Gaston de la Rochefoucaud-Langheac, Comte de Saint-Ilpice, second fils de Louis-Antoine, & de Louise de la Guiche, vivant en 1656, épousa Anne de Beauverger, dont :

— XXII. Jean-Antoine de la Rochefoucaud, Comte de Saint-Ilpice, qui épousa Marie Madelene de Michel, Dame de Lachant, de laquelle sont issus :

• 1. Jean-Joseph, qui suit ;
• 2. Dominique, sacré Archevêque d’Alby le 29 Juin 1747, Prieur de la Charité-sur-Loire, au Diocèse de Nevers, Abbé-Général de Cluny après la mort du Cardinal de la Rochefoucaud en 1757, Archevêque de Rouen depuis 1759 ; nommé, le 23 Février 1777, par Sa Majesté pour un Chapeau de Cardinal ;
• 3. Jean-Antoine, Religieux de Cîteaux, Prieur claustral de l’Abbaye d’Aubepierre en la Marche ;
• 4. Marie-Madelene, mariée à Hyacinthe de Lastic, Seigneur-Comte de Fournel en Auvergne ;
• 5. Antoinette, mariée, le 14 Août 1747, à Christophe de Châteauneuf-Randon, Comte d’Apcher, morte, en Janvier 1751, d’une suite de couches ;
• 6. & Françoise-Marie, femme de N. de Brunet-de-Pujols, Comte de Panat, Capitaine de Vaisseau.

— XXIII. Jean-Joseph de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, Seigneur-Comte de Rochegoude, Neuve-Eglise & Cussac en Auvergne, Brigadier des Armées du Roi du 1 Janvier 1748, Mestre-de-Camp de Cavalerie d’un Régiment de son nom, Maréchal-de-Camp le 10 Février 1759, aujourd’hui chef de la branche de la Rochefoucaud-Langheac, cousin issu-de-germain du feu Marquis d’Urfé, a épousé, le 2 Avril 1748, Marie-Anne Thomas-de-Pange, fille de Jean-Batiste-Benoit, Seigneur de Pange en Lorraine, Trésorier-Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, & Trésorier-Général de l’Extraordinaire des Guerres, & de Françoise de Thumery.

Comtes de Lorac, Marquis de Rochebaron

— XX. Charles-Ignace de la Rochefoucaud, Seigneur d’Omeyrac, qratrième fils de Jacques, & de Françoise, Dame de Langheac, épousa, le 1 Août 1624, Claude-Guillelmine du Cluzel, fille de Louis, & d’Alix de Rosille, Dame de Lorac, dont :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. Louis-Antoine, rapporté après la postérité de son aîné ;
• 3. Gabrielle, mariée à Claude de Fontanges, Seigneur de Velzic en Auvergne :
• 4. Marie, femme de Pierre de Cordeboeuf, Seigneur de Beauverger-Montgon ;
• 5. autre Marie, Religieuse à Sainte-Marie du Puy ;
• 6 & 7. Gabrielle & Jeanne, Religieuses à Saint-Joseph de Brioude.

— XXI. Louis de la Rochefoucaud, Comte de Lorac, épousa Catherine des Serpens, fille de Claude, Comte de Gondras, & d’Antoinette de Rochebaron, de laquelle est issu :

— XXII. Charles-Ignace de la Rochefoucaud, Marquis de Rochebaron, marié à Madelene d"Escoubleau, fille de Pierre, Seigneur de Sury en Forez, & de la Chapelle, Marquis de Sourdis, Capitaine au Régiment des Gardes-Françoises, Lieutenant de Roi en Mâconnois, & de Mane-Chrétienne de Cremeaux-d’Entragues. Elle est morte au mois de Février 1720, & a eu de son mariage, entr’autres enfans :

• 1. François de la Rochefoucaud, Marquis de Rochebaron, Commandant dans le Forez & le Lyonnois, cousin au 4e degré de l’Archevêque de Rouen. Il a épousé, en Juin 1764, Marie-Anne-Joachim de Foudras, & est mort à Lyon le 26 Décembre 1766, âgé de 89 ans ;
• 2. un autre fils, ci-devant Capitaine dans le Régiment de Sully, Cavalerie, qui épousa sa cousine-issue-de-germain, fille de Charles-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Magny, puis de Gondras, & de Marie-Claude de Reymond, dont un fils, mort de la rougeole, au Collège d’Harcourt à Paris, le 15 Septembre 1732 ;
• 3. & Bénigne-Constance, née le 12 Juin 1683, Religieuse aux Filles de la Visitation, rue du Bac à Paris, ou elle est morte le 30 Septembre 1723, âgée de 40 ans.

Comtes de Gondras

— XXI. Louis-Antoine de la Roohefoucaud, Comte de Gondras, second fils de Charles-Ignace, & de Claude-Guillelmine du Cluzel, épousa, le 6 Avril 1654, Gabrielle des Serpens, soeur de Catherine des Serpens, femme de Louis de la Rochefoucaud, Comte de Lorac, son frère aîné. Elle porta le Comté de Gondras à son mari, & en eut :

• 1. Charles-Ignace, Prieur de Saint-Hilaire d’Omeyrac, & Chanoine de Saint-Pierre de Mâcon, mort en 1706 ;
• 2. Charles-Louis, qui suit ;
• 3. Louis-Charles, reçu Chevalier de Malte au Grand-Prieuré d’Auvergne, mort Exempt des Gasdes-du-Corps du Roi ;
• 4. Jeanne-Louise, morte Religieuse Ursuline à Ambert ;
• 5. & Jacqueline, morte Religieuse à Marcigny.

— XXII. Charles-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Magny, pois de Gondras, Exempt des Gardes-du-Corps du Roi, Gouvernent du Pont de Vesle en 1703, épousa Marie-Claude de Reymond, dont deux filles : l’une mariée au Marquis de Rochebaron, Capitaine de Cavalerie au Régiment de Sully & l’autre, Religieuse a l’Abbaye de Chasses, au Diocèse de Saint-Flour.

Comtes de Cousage

— XX. Henri de la Rochefoucaud, Baron d’Arlet, septieme fils de Jacques, Baron de Chaumont-sur-Loire, & de Françoise de Langheac, épousa Claude-Françoise de Polignac, fille de François, Seigneur d’Auzon, & d’Anne de Chazeron, dont :
— XXI. François de la Rochefoucaud, Comte de Cousage, marié à Louise de Saint-Martial, fille d’Hercule, Comte de Drugeac, de laquelle sont issus :

• 1. Henri, qui suit ;
• 2. & 3. Louis & Annet ;
• 4. & N... de la Rochefoucaud-Cousage, Abbesse de l’Abbaye Royale de Montmartre en Mars 1735, où elle est morte en 1760.

— XXII. Henri de la Rochefoucaud, Comte de Cousage, né en 1659, a laissé de son mariage :

• 1. N… de la Rochefoucaud, Marquis de Cousage, marié, & sans enfans, en 1753 ;
• 2. Henri-François, Comte de Cousage, chef d’escadre en Octobre 1764 ;
• 3. & une fille, qui est Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux depuis 1743.

Branche des Seigneurs de Vertueil, Nouans & de Melleran, sortie de la première

— XI. Geoffroi de la Rochefoucaud, Seigneur de Vertueil, second fils d’Aimery, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, &c. & de Dauphine de la Tour, succéda à son oncle Geoffroi, Chanoine d’Angouléme, en la Seigneurie de Vertueil ; & épousa Alix de Mesle, qui étoit veuve de lui en 1329. Leurs enfans furent :

• 1. Geoffroi, II. du nom, Seigneur de Vertueil, qui plaidoit contre le Prieur de Marthon, le 28 Février 1331 ;
• 2. Gui, qui suit ;
• 3. & Aimery, rappellé dans le même acte.

— XII. Gui de la Rochefoucaud, Seigneur de Vertueil après son frère, fut un de ceux auquel Aimery, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, &c. recommanda la tutelle de Gui, son fils, par son testament de l’an 1362. Les inventaires des titres de la Maison de la Rochefoucaud portent qu’en 1388 il y eut une donation dudit Gui, fils de Geoffroi, à Geoffroi, qui suit, son fils, de la Terre de Vertueil.

— XIII. Geoffroi de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Vertueil, servoit en 1373, qu’il fut payé de ses gages & de ceux de ses Gendarmes, par Mandement du 17 Août, & aussi ès années 1381 & 1382, qu’il prenoit la qualité de Seigneur de Barbesieux & de Vertueil ; se trouva au siége de Bourbourg en 1383, fervit, en 1388, sous le Seigneur de Naillac, puis en Guienne en 1389 & les années suivantes, sous le Sire de Coucy, & sous le Duc d’Orléans en 1399. 11 vivoit encore en 1402, & eut probablement pour femme Agnès de Barbesieux, fille d’Ithier, Seigneur de Barbefieux, & d’Aenor de Sully. Elle devint héritière de sa Maison, & eut pour enfans :

• 1. Raimond, Seigneur de Vertueil, mort, sans postérité, le 22 Juillet 1414 ;
• 2. Jean, Sénéchal de Poitou, aussi décédé sans enfans ;
• 3. & Gui, qui suit.

— XIV. Gui de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Vertueil & de Barbesieux, fut retenu par le Duc de Bourgogne, pour le suivre au voyage qu’il faisoit en Bretagne, en 1394 ; reçut, la même année, 3000 livres, en considération de ses services, & 1000 liv. en 1395, pour la garde des Châteaux & Forteresses qu’il avoit en Guienne & en Angoumois, sur les frontières des ennemis, & vivoit encore en 1432. Il avoit épousé, 1°. en 1382, Rosine de Montault, morte en 1404, fille & héritière de Raimond, Seigneur de Mucidan, Montendre, Montguyon, Sainte-Neomoye & Blaye, & de Marguerite d’Albret ; 2°. Marie d’Usaiges, Dame de Nouans & de Courpoutrain au Maine ; & 3°. Jeanne de Rougemont, veuve de Guillaume Sanglier, Seigneur de Bizay & de Bournan.
Du premier lit il eut :

• 1. Mondon, vivant en 1414, mort avant son pere ;
• 2. Jean, Seigneur de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac, qui rendit de grands services au Roi Charles VII, dans tes guerres contre les Anglois, & particulièrement à la défense de la ville de Bourg. Il testa le 14 Août 1439, & ordonna sa sépulture dans l’Aumônerie de Vertueil. Il avoit épousé Jeanne Sanglier, Dame de Château-Guibert, &c. fille du susdit Guillaume, & de Jeanne de Rougemont. Elle se remaria, environ l’an 1445, à Jean, Seigneur de Husson, avec lequel elle vivoit en 1468. De son premier lit elle n’eut que deux fils : — l’aîné, Georges, décédé, sans enfans, le 10 Avril 1457, & enterré aux Cordelièrs de Vertueil ; —le second, François, mort jeune ; —— & une fille, nommée Marguerite de la Rochefoucaud, Dame de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac, Terres dont elle hérita. Elle fut mariée, 1°. par contrat du 27 Février 1446, à Jean, Seigneur de la Rochefoucaud, son parent (mentionné au XVe degré de la première branche), fils aîné de Foucaud, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, & de Jeanne de Rochechouart ; & 2°. à Hardouin, IX. du nom, Baron de Maillé, avec lequel elle vivoit en 1477, & elle en étoit veuve en 1487.
• 3. Françoise, femme 1°. de Gilbert d’Appelvoisin, Seigneur de la Guiroire ; & 2°. de Renaud Chabot, Seigneur de Jarnac, fils de Louis, I. du nom, Seigneur de la Grève, & de Jeanne, Dame de Montbazon, dont elle fut la première femme.

Du second lit sortirent :

• 4. Jean, Seigneur de la Boissiere, mort sans enfans ;
• 5. Guillaume, qui suit ;

& du troisième lit :

• 6. Gui, auquel son frère donna, par son testament, les Terres de la Faye & de Montendre, dont il fit hommage. Il étoit Sénéchal d’Angoumois en 1453, ayant zo hommes d’armes & 36 Archers sous lui, & mourut avant 1463, fans enfans de Guillemette de la Rochefoucaud, sa parente, qu’il avoit épousée en 1456, seconde fille d’Aymar, Seigneur de Montbazon, &c. & de Jeanne de Martreuil, comme il a été dit à la branche aînée ;
7. & Philippine, femme de Jean de Mortemer, Seigneur de Coué.

— XV. Guillaume de la Rochefoucaud, Seigneur de Nouans & de Courpoutrain, du chef de Marie d’Usaiges, sa mere, seconde femme de Gui de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Vertueil & de Barbesieux, son pere, de Melleran, de la Bergerie & du Parc-d’Archiac, à cause de sa femme, au nom de laquelle il fit hommage, le 6 Juillet 1445, de ce qu’il tenoit du Seigneur de la Rochefoucaud. Il fit son testament le 6 Septembre 1479, par lequel il fonda quatre Chapellenies dans la Chapelle de l’Aumônerie de Vertueil, ou il fut enterré, étant mort en 1487. II avoit épousé, en 1445, Marguerite de Torsay, fille unique & héritière de Guillaume, Seigneur de Melleran, la Bergerie & du Parc-d’Archiac, & de Jeanne d’Archiac. Elle mourut en 1463, ayant eu 11 enfans, sçavoir :

• 1. Philippe, qui suit ;
• 2. François, mort jeune ;
• 3. Charles, Religieux aux Cordeliers de Vertueil ;
• 4. Guillaume, auteur de la branche des Seigneurs de Bayers & de la Bergerie, rapportée ci-après ;
• 5. Philippine, mariée, par contrat du 21 janvier 1453, à Charles de Melun, Seigneur de Normanville & de Nantouillet, Grand-Maître de France ;
• 6. Guyonne, femme de Jacques du Pleffis, Seigneur de la Bourgonniere ;
• 7 & 8. Egyptienne-Françoise & Jeanne, Religieuses,
• 9. Jeanne, mariée à Louis, Seigneur du Fouilloux : elle étoit veuve en 1507, & vivoit encore en 1511 ;
• 10. Catherine, mariée 1°. à Jacques de Mathefelon, Seigneur d’Antoigné ; & 2°. à Jean de Beaumanoir, II. du nom, Seigneur de Lavardin ;
• 11. & Charlotte de la Rochefoucaud, femme de Jacques de la Rochefaton, Seigneur de Saveilles, fils de Thibaud de la Rochefaton-, & de Jeanne de Montalembert,

— XVI. Philippe de la Rochefoucaud, Seigneur de Melleran, d’Aunac, de Nouans, &c. obtint la Terre de Bayers du Seigneur de la Rochefoucaud, & mourut, du vivant de son pere, avant 1484. Il avoit épousé Renée de Beauvau, fille de Pierre, Seigneur de la Bessiere, & d’Anne de Fontenays, Dame du Rivau, dont :

• 1. Jacques, Seigneur de Melleran, d’Aunac & de Nouant, qui fit partage avec ses sœurs & ses beaux - frères en 1507, & mourut sans enfans de Blanche de Montberon, sa femme, fille d’Eustache de Montberon, Vicomte d’Aunay, & de Marguerite d’Estuert ;
• 2. Jeanne, mariée, par contrat du 14 Novembre 1491, à François de Volvire, Seigneut de Ruffec, veuf d’Anne, bâtarde de Guienne, fille naturelle de Charles de France, Duc de Guienne, & de Colette de Chambes-Montsoreau. Il étoit fils de Jean de Volvire, Seigneur de Ruffec, & de Catherine de Comborn, & sa femme mourut, sans enfans, en 1506,
• 3. Marguerite, mariée, par contrat du même jour que sa sœur aînée, à Charles de Volvire, Seigneur de Raiz, frère puîné de François, Seigneur de Ruffec, dont on vient de parler ;
• 4. & Jacquine de la Rochefoucaud, femme, par contrat du 13 Juin 1495, de Jean de la Chambre, Seigneur de Villeneuve-la-Comtesse & de Champagné-Mouson.

Branche des Seigneurs de Bayers & de la Bergerie, sortie des Seigneurs de Nouans

— XVI. Guillaume de la Rochefoucaud, quatrième fils de Guillaume, Seigneur de Nouans, & de Marguerite de Torsay, fut Seigneur de la Bergerie, auprès de Tonnay-Charente, de l’Arthusiere, du Parc-d’Archiac, par donation de son pere, du 7 Décembre 1481, & de celle de Bayers, par transaction passée à Aunac le 18 Avril 1488, ratifiée aux grandes Assises de Vertueil le 9 Septembre 1489. Il étoit Capitaine du Château de Montendre en 1492, & fit son testament le 17 Septembre 1510, par lequel il élut sa sépulture, conjointement avec sa femme, en la Chapelle de l’Aumônerie de Vertueil. Il avoit épousé, avant 1490, Francoife de la Haye, Dame de la Forêt-Sainte-Vierge, fille aînée de Nicolas, Seigneur de la Godeliniere & de la Forêt-Sainte-Vierge, & de Catherine de la Rochefaton. Elle fonda, avec son mari, deux Chapelles en l’Eglise de Bayers, & vivoit encore en 1529. Ils eurent, pour fils unique :
— XVII. René de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, de la Bergerie, du Parc-d’Archiac, de la Forêt-Sainte-Vierge & de la Rocheboureau, qui testa le 5 Décembre 1529, élut sa sépulture dans l’Eglise de Bayers, & mourut le 7 du même mois, que sa veuve fit faire son inventaire. Il avoit épousé, par contrat du 24 Juillet 1516, Marguerite de Linières-Airvault, Dame de Neuilly-le-Noble, fille de Jacques de Linieres, Baron d’Airvault, Seigneur de Neuilly-Ie-Noble & de Bergeresses, & de Renée de Caraleu. Elle étoit remariée, en 1453, à Eustache de Moussy, Seigneur du Bois-Morand. De son premier mari elle eut :

• 1. François, qui suit ;
• 2. René, auteur de la branche des Seigneurs de Neuilly-le-Noble, qui s’est éteinte, au XXIIIe degré, dans la perfonne de N... de la Rochefoucaud, Seigneur de Neuilly-le-Noble, de la Chatière & de la Bertaudiere, Gentilhomme du feu Prince de Conti, fils puîné de Paul-Louis-l’Hermite de la Rochefoucaud, Seigneur desdites Terres, & de Marie-Jeanne Gruter. Il est mort à Paris, d’une pleurésie, le 15 Février 1732, âgé de 18 ans.
Jeanne-Françoise-Antoinette de la Rochefoucaud, sa sœur, née le 5 Septembre 1712, reçue à Saint-Cyr le 2 Juillet 1720, a été ensuite élevée à l’Abbaye de Beaumont-lès-Tours, par les soins de la Princesse de Conti, troisieme Douairière, qui lui a fait épouser, le 11 Octobre 1731, au Château de Veret en Touraine, Jean-Etienne, Comte de Blanes, Chevalier d’honneur héréditaire au Conseil Supérieur de Roussillon, fils d’Etienne, Marquis de Blanes & de Millas, Seigneur de Nessiac, &c. Chevalier d’honneur perpétuel au Conseil Souverain du Roussillon, ci-devant Colonel d’Infanterie, & de Francoise d’Everard, Elle a hérité des Terres de Neuilly-le-Noble, de la Chatière & de la Bertaudiere, par le décès de son frère unique, en 1732, & elle est morte, sans enfans, le 15 Mai 1737, âgée de 25 ans ;
• 3. Jacques, Chevalier de Malte ;
• 4. & Françoise, mariée, par contrat du 5 Avril 1541, à René, Seigneur de Préaux, Echanson du Duc d’Orléans.

— XVIII. François de la Rochefoucaud, Baron d’Airvault, Seigneur de Bayers, la Bergerie & du Parc-d’Archiac, servit jeune en Italie sous le Seigneur de Montejean, ou il se battit contre le Seigneur de Sainte-Marie, au sujet de la reconnoissance de la ville de Verceil, dont il obtint rémission de l’Empereur Charles-Quint, au mois de Janvier 1539, du consentement du Roi, & elle fut entérinée au mois d’Avril 1540 ; partagea la succession de sa mere, le 23 Octobre 1547, avec René de la Rochefoucaud, son frère ; & étoit mort le 30 Avril 1571, que sa veuve s’accorda avec ses enfans pour ses conventions matrimoniales. Il avoit épousé, par contrat du 22 Avril 1543, Isabelle de Lanes, fille de Clinet, Seigneur de la Rochebaladé, dit à présent la Rochechalais, & de Cuisaguet, dont :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. Pierre, tige des Seigneurs du Parc-d’Archiac, qui subsistent en Poitou. Dudit Pierre, & de Madelene du Barry, sa troisieme femme, fille de Godefroi, Baron de la Renaudie, & de Guillemette Louvain, est sorti, pour fils aîné, Charles de la Rochefoucaud, qui a fait la branche des Seigneurs de la Renaudie & de Font-Pastour, éteinte dans la personne de Casimir de la Rochefoucaud, Seigneur de Font-Pastour, &c marié à Francoise de Mazieres, fille puînée de Daniel de Mazieres, Seigneur en partie de Voutron en Aunis, & d’Elisabeth de Sainte-Hermine, dont il n’a laissé que deux filles, sçavoir : — Marie-Françoise de la Rochefoucaud, mariée, par contrat passé à Bordeaux le 21 Septembre 1702, à Jacques, Comte de Lambertye, Seigneur de la Chapelle-Saint-Robert, de Soufreignac, de Maraval & de Fontpastour, dont postérité. Voyez Lambertye, Tome VIII ; -& Elisabeth de la Rochefoucaud, veuve d’Isaac Prevost, Seigneur de Touchimbert, Lieutenant de Vaisseau, & Capitaine d’une Compagnie Franche de la Marine au Port de Rochefort.
• 3. Jean, Seigneur du grand & petit Cluseau, & de l’Espinay, qui fit partage avec ses frères le 30 Avril 1571, & épousa Jeanne de Volvire, fille de René, Seigneur d’Aunac, & de Jeanne du Couray, dont, pour fille unique, - Isabelle de la Rochefoucaud, mariée, le 13 Octobre 1580, à Gaspard Frotier, Seigneur de la Messeliere & de Chamousseau, fils de Pierre, Seigneur de la Messeliere, & d’Yolande le Voyer ;
• 4. Marguerite, mariée, en 1571, à François Herbert, Seigneur de la Forêt ;
• 5. Françoise, aussi mariée, en 1571, à Godefroi-Gui, Seigneur du Breuil & du Puy-Robert : elle étoit morte en 1598.
• 6. Marguerite, femme 1° de Jean Jourdain, Seigneur de Trallesbosc, & 2°. de Mathieu de Brillac, Seigneur de Boistillier & de Saint-Savin ;
• 7 & 8. autre Marguerite, & Isabeau, qui étoient mortes sans alliance en 1576 ;
• 9. & Madelene, mariée, par contrat du 18 Juin 1585 à Louis Bigot, Seigneur de Brillon.

— XIX. Louis de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Vallée & de Loumée, fut Guidon de la Compagnie des Gendarmes du Seigneur de Pons en 1569, & mourut le 24 Décembre en 1608. Il avoit épousé, par contrat du 30 Novembre 1572, Angélique Gillier, fille de Bonaventure, Seigneur de Puygarreau, Baron de Marmande, & de Marie Babou de-la-Bourdaisiere. Leurs enfans furent :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. François, tige des Seigneurs d’Orbé & de Maumont, rapportés ci-après ;
• 3 & 4. Jean & Pierre, morts jeunes.
• 5. René, Seigneur de Loumée & de Baconnay, qui testa le 20 Février 1641. Il avoit épousé, par contrat du 30 Avril 1613, Catherine l’Ainé, fille d’Elie, Seigneur de Fontguyon & de Beaucbamp, & de Marguerite de la Coste. Elle testa le 30 Avril 1631, & eut trois enfans ; sçavoir : — (a) Louis de la Rochefoucaud, Seigneur de Loumée, de Baconnay & de Messemé, Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-Légers du Maréchal de la Meilleraye. Il mourut à Paris en 1648, après y avoir fait son testament le 21 Septembre, & ne laissa point d’enfans d’Angélique de la Rochefoucaud, qu’il avoit épousée en 1646, fille de Louis de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Bayers, & de Marie Bouhier ; — (b) Susanne, mariée, par contrat du 5 Mai 1640, à Gabriel Combault, Seigneur de Champfleury. Elle fut héritière de son frère ; — (c) & Catherine, Religieuse à Saintes.
• 6, 7, 8 & 9. Bonne-Madelene, Marguerite, Jeanne, & Marie de la Rochefoucaud, dont les alliances sont ignorées.

— XX. Louis de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Forêt-Sainte-Vierge, &c Chevalier de l’Ordre du Roi, Gentilhomme ordinaire de sa Chambre, testa, conjointement avec sa femme, le 17 Novembre 1621. Il avoit épousé, par contrat du 13 Décembre 1594, Susanne de Beaumont, Dame de la Motte-Fouquerem, de la Jarrie, du Bois-de-Souzay & de la Marainiere, fille de François de Beaumont, Seigneur de Dorides, Chevalier de l’Ordre du Roi, & de Nicole Chasteigner. il en eut. ;

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. René, Chevalier de Malte, mort jeune ;
• 3. Jean, décédé sans alliance.
• 4. Jacques, Seigneur du Breuil, marié, par contrat du 2 Novembre 1631, au Château de Beauvoir-sur-mer, à Francoise Rondeau, fille de Mathurin, Seigneur de Beaumanoir, & de Francoise Garnier, dont trois enfans, sçavoir : — Mathurin, Seigneur du Breuil, né le 3 Octobre 1638 ; — Jean & René de la Rochefoucaud, vivans en 1667. Ce rameau subsiste en Poitou.
• 5. François, Prieur de Cressé & du Breuil ;
• 6. Angélique, mariée, par contrat passé à la Bergerie le 12 Septembre 1611, à René Acarie, Seigneur du Bourdet & de Crazanne en Saintonge, fille de Jean Acarie, Chevalier, Seigneur du Bourdet, & de Catherine Belcier ;
• 7. Nicole, mariée, par contrat du 18 Janvier 1619, à Claude Audouin, Seigneur de Balan en Saintonge, des Brosses, &c fils de Claude, Seigneur dsdits lieux, & d’Anne de Chaumont ;
• 8 & 9. Madelene & Françoise, Religieuses ;
• 10 & 11. Gabrielle, & Susanne.

— XXI. Louis de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Bayers, de la Bergerie, la Jarrie, &c. Gentilhomme de la Chambre du Roi, Mestre-de-Camp du Régiment de Piémont, vivoit en 1651, & avoit épousé, par contrat passé à Paris le 13 Décembre 1625, Marie Bouhier, fille de Robert, Seigneur des Granges, Maître ordinaire de la Chambre des Comptes à Nantes, & de Marie Mignot, dont :

• 1. Louis-Antoine, qui suit ;
• 2. François, Chevalier de Malte, Bailli de la Morée, Commandeur de l’Isle Bouchard & du Fouilloux en 1666, puis de Mauleon en Poitou, mort vers 1717.
• 3. Jean-François, Prieur du vieil Ruffec en Angoumois, & de Salins en Poitou, mort en 1695 ;
• 4. François, Prieur de Cressé, Seigneur de la Vallée, légataire du Seigneur de Lugerac, son beau frère ;
• 5. Jacques, mort en 1670 ;
• 6. Susanne, mariée, 1°. par contrat du 26 Août 1640, à François Flament, Seigneur de Mailloux & de Lugerac ; &, 2°, avant l’an 1643, à Jacques d’Arlot, Baron de la Coussiere en Limousin ;
• 7. Angélique, mariée, 1°. par contrat du 13 Décembre 1646, à Louis de la Rochefoucaud, son cousin, Seigneur de Loumée & de Baconnay, mort en 1648, fils de René, Chevalier, Seigneur de Loumée, & de Catherine l’Aîné ; &, 2°. avant l’an 1653, à Charles de Corbon, Comte de Blenac, Sénéchal de Saintonge, Viceroi & Lieutenant-Général des Armées du Roi & au Gouvernement des Isles de l’Amérique en 1680 ;
8. & Nicole, Religieuse à Tusson en Angoumois.

— XXII. Louis-Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Jarrie, &c épousa, par contrat passé à Paris le 14 Octobre 1643, Anne Garnier, fille de Mathieu, & de Louife Bazin, de laquelle il eut :

• 1. Louis-François, Seigneur de la Bergerie, reçu Page du Roi en sa grande Ecurie en 1668 : il fut tué à la bataille de Seîntzen en 1674, étant Aide-de-Camp du Comte de Roye ;
• 2. Mathieu, qui suit ;
• 3. François, Lieutenant de Vaisseau en 1682, mort en 1691 ;
• 4. André, décédé jeune ;
• 5. autre François, Capitaine au Régiment d’Oleron ;
• 6. Marie-Anne, mariée, en Mars 1677, à Jean-Isaac-François de la Cropte, Seigneur de Saint-Abre en Périgord, de Rocbefort en Limousin, & de Rochemeaux en Poitou, Gouverneur de Salses, mort en Mars 1727 ;
• 7. & Charlotte, Religieuse à Puyberland en Poitou.

— XXIII. Mathieu de la Rochefoucaud, Marquis de Bayers, Seigneur de la Bergerie, né à Paris le 3 Juillet 1660, d’abord Enseigne de la Compagnie Colonelle du Régiment Dauphin, ensuite Capitaine dans celui de Navarre, puis, en 1692, Colonel du Régiment d’Oleron, dont il se démit, au mois de Décembre 1702, en quittant le service, mourut le 12 Juin 1721, & fut enterré à Saint-Jacques-du-haut-Pas, sa paroisse, à Paris. Il avoit épousé, le 10 Octobre 1704, Marie-Anne de Turmenies, fille de Jean, Seigneur de Nointel & de Presles, Conseiller d’Etat, & Garde du Trésor Royal, & de Marie-Anne le Bel. Elle s’est remariée, en 1722, à Gui-André de Laval, Marquis de Lezay & de Magnac, Comte de la Bigeotiere, Colonel d’un Régiment d’Infanterie, fils de Pierre de Laval, III. du nom, & de Marie-Thérese-Françoise de Salignac. De son premier lit sont issus :

• 1. Jean François, né le 8 Septembre 1706, mort en bas-âge ;
• 2. Louis, né le 29 Janvier 1708, mort le 16 Août suivant ;
• 3. Mathieu, qui suit ;
• 4. & Louise-Françoise, âgée de 7 ans & demi le 21 Juillet 1721, mariée, en 1734, au Comte de Fontenois, Gentilhomme de Lorraine.

— XXIV. Mathieu de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur-Marquis de Bayers, né à Paris le 28 Novembre 1714, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment de Conti, mort le 15 Mai 1749, avoit épousé, le 11 Avril 1742, Agnès Miotte-de-Ravannes, fille de N... Miotte-de-Ravannes, Grand-Maître des Eaux & Forêts de la Généralité d’Orléans, & Munitionnaire des vivres de mer, dont il n’a point eu d’enfans. La Marquise de Bayers s’est remariée, le 2 Juin 1753, à Charles-Anne Sigismond de Montmorency-Luxembourg, Duc d’Olonne, Maréchal-de-Camp, veuf de Marie-Etiennette de Bullion de-Fervaques ; & est morte, sans enfans, le 1 Mai 1756.

Seigneurs d’Orbé & de Maumont, sortis des Seigneurs de Bayers

— XX. François de la Rochefoucaud, second fils de Louis, Seigneur de Bayers, & d’Angélique Gillier, Seigneur d’Orbé, Chassenet, Maumont, Magnac, Barros, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, Chevalier de son Ordre, est ainsi qualifié dans des titres des années 1618 & 1622 ; & fut un des exécuteurs testamentaires du Seigneur de Bayers, son frère, en 1621. Il avoit épousé, 1°. par contrat du 10 Mai 1607, Bertrande des Aages, Dame de Maumont, de Magnac & de Rouelle, fille de François des Aages, Seigneur desdites Terres, Enseigne de la Compagnie des Gendarmes du Baron de Vaillac, & de Renée des Aages ; & 2°. N... de Reaux, fille de N... de Reaux, Avocat du Roi à Angoulême, dont i ! eut une fille. Du premier lit vinrent :

• 1. Pierre, qui suit ;
• 2. & Philippe de la Rochefoucaud.

— XXI. Pierre de la Rochefoucaud, Seigneur de Maumont, Magnac & de Barros, Chevalier de l’Ordre du Roi, épousa, le 16 Janvier 1636, Catherine de Chaumont, fille d’Aimery de Chaumont, Chevalier, Baron de Cluseau & de Bigné, & de Françoise de Grenier. Elle transigea à Cognac, le 13 Octobre 1646, avec Eléonore de Chaumont, sa sœur, pour le partage de la succession de leurs pere & mere. Leurs enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Pierre, lequel partagea avec son aîné le 4 Avril 1668, & mourut, sans enfans, le 19 Mars 1719 ;-
• 3. Jean-Batiste, mort en Flandre en 1667 ;-
• 4. Louise, Religieuse Bénédictine à Niort ;
• 5. & Angélique, morts fille en 1713.

— XXII. François de la Rochefoucaud, II. du nom de sa branche, Seigneur de Maumont, Magnac & Barros, épousa, par contrat du 8 Mars 1660, Marie-Eléonore Chesnel, fille de Jofias, Chevalier, Seigneur de Reaux, Saint-Maurice, du Château-Chesnel, Ménac & d’Escoyeux, & de Marie de Polignac d’Escoyeux, de laquelle il laissa :

• 1. François-Joseph, qui suit ;
• 2. Jean, rapporté après la postérité de son aîné ;
• 3. Louis, mort Religieux de l’Ordre de Grandmont ;
• 4. Louise ;
• 5. & Marie-Eléonore, née le 29 Avril 1675, reçue à Saint-Cyr le 5 Juin 1688, où elle est morte.

— XXIII. François-Joseph de la Rochefoucaud, Chevalier, Seigneur de Maumont, Magnac & Barros, Capitaine au Régiment de Navarre, mort au mois de Juin 1716, avoit épousé, par contrat de l’an 1685, Anne Thomas, fille de Jean Thomas, Ecuyer, Seigneur des Bretonnieres, Conseiller, Garde des Sceaux au Présidial d’Angouléme, & de Marie Grelon, dont :

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. François-Victorin, Seigneur des Bretonnieres, non marié en 1729
• 3. Marie-Anne, mariée, en 1717, à Jean de Ravard, Chevalier, Seigneur de Saint-Amand, ci-devant Capitaine au Régiment de Béarn ;
& 12 autres enfans, morts jeunes.

— XXIV. Jean de la Rochefoucaud, Seigneur de Maumont, Magnac, Barros, Chetarniac, Chaumont, & de Cursac, reçu Chevalier des Ordres Militaires de Notre-Dame du Mont-Carmel & de Saint-Lazare de Jérusalem le 6 Février 1705, a épousé, en 1722, Marie-Marguerite des Escaud, fille de Gabriel-François, Chevalier, Seigneur du Vivier, & de Charlotte de la Place, dont :

• 1. François-Jean-Charles, né le 20 Mai 1724 ;
• 2. François-Joseph, né le 7 Août 1727 ;
• 3. Marie-Rose Charlotte, née le 19 mai 1723 ;
• 4. Louise, née le 14 Mai 1725 ;
• 5. Catherine-Hippolite, née le 22 Mai 1726 ;
• 6. & Louise-Marguerite, née le 6 Octobre 1728.

— XXIII. Jean de la Rochefoucaud, fils puîné de François, II, du nom, Seigneur de Maumont, & de Marie-Eléonore Chesnel, épousa Marie-Elisabeth Menaud, fille de Clément, Ecuyer, Seigneur de Bois-Renaud, & de Francoise du Bois, de laquelle il a eu ;

• 1. Pierre-François, né en 1695, mort Moine de l’Ordre de Grandmont ;
• 2. Clément, Seigneur de Magnac, né en 1700, qui n’étoit pas marié le 28 Juin 1729 ;
• 3. Louis, mort en bas-âge ;
• 4. Marie-Angélique, née en 1698, Religieuse Hospitaliere à Angoulême ;
• 5. & Marie-Rose-Charlotte, qui n’étoit point mariée en 1729.

Le Marquis de Maumont, du nom de la Rochefoucaud, a trois frères ; le Chevalier de Maumont, Enseigne des Vaisseaux du Roi ; l’Abbé de Maumont ; & l’Abbé de la Rochefoucaud-de-Magnac, Vicaire-Général de l’Archevêché de Rouen, nommé par le Roi, le 14 Décembre 1776, à l’Abbaye de Sainte-Croix, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Bordeaux. Un d’eux, qui a été Colonel d’un Régiment de Grenadiers Royaux, appellé le Marquis de Bayers, a épousé, en 1763, N... de Fougeu, Américaine, fille d’Aignan de Fougeu, Chevalier de Saint-Louis, & ancien Capitaine de Milice en l’isle Saint-Domingue, & sœur de Marie-Rose de Fougeu, veuve d’Hubert de Constans, Maréchal de France, dont un enfant.

Source : Dictionnaire de la noblesse, de François-Alexandre de La Chenaye-Aubert.

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Un droit de vigerie

François de Maulmont avait, sur le bourg de Dournazac, un droit de vigerie, détaché de la châtellenie de Montbrun, et dont les actes suivants nous font connaître quelques-unes des prérogatives :

1° Du 1er mai 1663, par acte reçu Depuiffe, notaire royal, il « absance et afferme en qualité de seigneur viger du bourg de Dournazat tous les droiets honoraires du pendentif de la basse justice dit Dournazat soit tant pour faire jouer les quilles et lever les péages... à Jean Ratouret... pour la présente annee seulement pour le prix de sept livres dix sols, deux paires de poulets, deux melons et deux fonds d'oignons... »

2° Ledit seigneur vigier avait en outre un droit de vin sur les cabarets de Dournazac, dont il résulte d'un acte de transaction du 7 mars 1688, reçu par Marthouneau, notaire, entre ledit de Maulmont, demeurant en son château de Lasteyrie, baronnie de Montbrun, et Me Jean Fougeiron, notaire en ladite baronnie, où il exerçait en même temps le métier de cabaretier, comme soit, « y est-il dit, que ledit seigneur de Maulmont en caliste de seigneur fontier et vigier de bourg de Dournazac, soyt en droy de prendre annuellement sur tous et un chascun les cabaretiers du bourg à chascun jour et feste de Saint-Sulpice sept cuars de vin mesure de Chasluz, lequel devoir ledit Fougeyron auroit esté refuzant de païer audit seigneur l'année derniere, occazion de quoy ledit seigneur auroit rendu assigne ledit Fougeiron par devant le seneschal de Limoges pour estre condamné au païment du susdit droy, conformément à la reconnaissance avecq les habitans de Dournazac en l'année 1621... a este faict l'accord et le reglement que s'ensuit, c'est à savoir que dit Fougeyron de son bon gré et volompté une promesse comme sera tenu conformément au susdit tiltre de baillette de païer audit seigneur le susdit droy de sept voitures de vin mesure de Chaslus, une promesse pour luy que pour ses successeurs icelluy droit païer annuellement et collège qu'il fera les fonctions de cabaretier audit seigneur de Maulmont et aux siens et non autrement en la qualité de seigneur vigier dit bourg de Dournazac... »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1879)

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Hommage à la comtesse de Lambertie

Jean-François de Lambertie, comte de Lambertie etc., qui se maria le 1er octobre 1654 avec Marie d'Aydie, fille d'Armand, seigneur de Bernardière, dont il eut une fille unique, Marie, qui porta en dot les seigneuries ci-dessus au marquis de Choiseul, qu'elle épousa suivant contrat du 20 mars 1691, mais dont elle n'eut pas d'enfant. En preuve de cette dernière filiation et comme pièce historique, nous allons reproduire l'extrait d'un hommage rendu le 22 avril 1709 par ledit messire Jean de Campniac, chevalier, seigneur de Romain, comme père et légal administrateur de ses enfants et de dame Jeanne de Maulmont, sa femme, à haute et puissante dame Marie d'Aydie, comtesse de Lambertie, baronne de Montbrun, dame de Miallet, Pansol et autres places, pour elle et pour la dame de Choiseul, sa fille, ledit hommage dressé par L. Judet, notaire, en ces termes :

« Nous nous sommes transportés audevant de la principale porte et entrée du chasteau de Lambertie ou estant et parvenu dans l'appartement et chambre de lad. dame comtesse, led. seigneur de Campniac lui auroit déclaré qu'il estoit venu pour lui faire la foy et hommage qu'il est tenu de luy faire a cause du fief de Maumont relevant de lad. dame a cause de la baronnie de Montbrun, membre dudict comté de Lambertie. advenant a ses enfants par la succession de lad. deffunte Jeanne de Maumont leur mere. Et lad. dame ayant accepté ledict seigneur de Romain auroit mis un genouil en terre, nûe teste, sans epée ny espérons, il auroit juré a Dieu, aux saincts évangilles par la foy et serment de son corps le livre touché de la main, luy dit et déclare quil porte a la dicte dame comtesse de Lambertie la foy et hommage quil est tenu luy faire a cause dud. fief de Maumont... offrant de payer les droits et devoirs seigneuriaux sy aucuns sont deubs, suivant la coustume du pays et comté de Poitou. Promettant led. seigneur de Romain aud. nom, d'estre et se comporter envers la dicte dame comtesse de Lambertie en bon et loyal homme de foy lige bien et honneur délie et de Madame la marquise de Choiseul, sa fille et de messieurs ses enfants garder ne procurer par luy et par autre le contraire. A laquelle foy et hommage lad. dame la receu aux dictes conditions et attendu qu'il ny a aucun abonnement de droits pour led. fief et qu'il vient en ligne directe dud. deffunct seigneur de Maumont pourquoy il ne doit suivant la coustume que la bouche et les mains, lad. dame comtesse de Lambertie a quitte et remis aud. seigneuer de Romain tous les droits qui peuvent luy estre deubs pour cette fois seulement, sauf son droit en autres choses. »

La comtesse de Lambertie et la marquise de Choiseul étant décédées sans postérité en 1710 et en 1711, la baronnie de Montbrun fut, ainsi que nous l'avons déjà dit, dévolue aux familles de Campniac et de Conan, du chef de Françoise-Marie, de Lambertie, épouse de Maulmont, et la seigneurie de Lambertie fut attribuée à la famille d'Aydie de Ribérac.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1879)

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Maumont-Latterie

Maumont, sieur du Chadeau, paroisse de Grassat et de Latterie, paroisse de Dournazac, élection de Limoges.

I. Jourdain de Maumont.

II. Hélie de Maumont. — Compterie de Brun.

III. Jean de Maumont. — Bertrande de Cazeau.

IV. Pierre de Maumont. — Lionne de Rouffignac.

V. Geoffroy de Maumont. — Isabeau de Montfrebœuf.

VI. Jean de Maumont. — 1° Jacquette de la Porte; — 2° Renée de Périsse.

VII. Du 2e lit, Jean de Maumont. — Henriette de Lambertie.

VIII. Jean de Maumont. — Catherine des Cubes.

IX. François de Maumont, sieur de Latterie. — Marie de Lambertie.

VIII bis. Gabriel de Maumont, sieur du Chadeau. — Marguerite Thomas.

I. Hommage rendu par ledit Jourdain le jour de Saint-Michel, 1327.

II. Hommage rendu par Hélie, fils de Jourdain, le jour de Saint-Martin d'hiver, 1334.

III. Transaction entre Jean, fils d'Hélie et de la dite Brun, et Philippe de Brun, le 17 mai 1389.

IV. Hommages rendus par ledit Pierre, fils desdits Jean et Cazeaux, des 15 mai 1473 et 24 décembre 1507. — Mariage sans filiation, du 27 décembre 1504.

V. Mariage sans filiation du 20 juin 1539.

VI. Transaction entre ladite de Montfrebœuf, veuve de Geoffroy et tutrice de Jean son fils et Eymeric de Barbierres, du 5 juin 1545. — Mariage sans filiation du 30 août 1573. — Transaction pour la preuve du 2° mariage du 7 juin 1602.

VII. Mariage du 24 février 1618.

VIII. Mariage du 6 février 1634.

IX. Mariage du 4 février 1665.

VIII bis. Mariage du 26 avril 1656.

(Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, 1894)

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Un gentilhomme limousin à Grassac

Gabriel de Maumont, natif de Dournazac, ancien officier au régiment de Périgord, a été inhumé dans l'église de Grassac le 9 mars 1675, en présence de l'archiprêtre de Grassac et des curés des paroisses de Saint-Germain, Mainzac, Chazelles et Vouzan.

Le 17 novembre 1634, il a été reçu enseigne dans le régiment de Périgord.

Il a épousé, par contrat du 26 avril 1656, Marguerite Thomas, fille de Michel Thomas, bourgeois de la ville de Marthon, et Jeanne Chapiteau.

Le 8 mars 1666, il a été le parrain de Gabriel Roux dans l'église de Marthon, fils d'Antoine Roux, chirurgien, et Marguerite Desrivaux.

Il a produit ses titres lors de la vérification de la noblesse, et a été maintenu noble, le 6 décembre 1666, par d'Aguesseau, intendant de la généralité de Limoges, après avoir justifié sa filiation par titres originaux, sans interruption, depuis l'an 1327, descendant en ligne directe de Jourdain de Maumont, chevalier.

Le 4 août 1672, son fils Raymond a été baptisé dans l'église de Grassac.

Son domaine de Peyriaud, situé dans la paroisse de Grassac, a été érigé en fief noble après son décès par sa veuve avec l'accord du comte de Roye. Elle s'est ensuite remariée à Eusèbe de Masvallier, seigneur de La Valade.

Sa postérité comprend au moins cinq fils et trois filles dont Marie mariée à Jean Dumareau, bourgeois de la ville de Bellac. Deux fils (Léonard et François) ont fait souche et trois autres (Raymond, Jacques et autre François) sont morts célibataires, inhumés dans l'église de Feuillade.

De plus, il figure parmi les ancêtres de François de Maumont (1757-1830), agriculteur aux Grozilles, conseiller municipal de Feuillade en 1790, et de Martial de Lacroix (1809-1870), agriculteur à Peyriaud, maire de Grassac en 1862.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Arrêt du Conseil d'État conernant les héritiers de Maumont

Émigrés. — Indemnité. — Héritiers. — Envoi en possession.

Les héritiers des anciens propriétaires dont le décès n'est pas constaté, qui ont été envoyés en possession provisoire, ont-ils qualité pour réclamer l'indemnité ? — Rés. aff.

(10416. — 10 mai 1833. — Héritiers de Maumont.)

Il s'agissait, dans l'espèce, de l'indemnité due aux sieurs Léon et Jean de Maumont, morts en émigration, mais dont le décès n'est pas constaté. Cette indemnité est réclamée par les deux sœurs des émigrés et par un sieur Delacroix, légataire d'un autre frère, François de Maumont. La commission, vu l'absence des actes de décés, a prononcé un sursis jusqu'à l'envoi en possession des biens par les tribunaux, au profit des héritiers présomptifs. — Les réclamans ont obtenu un jugement du tribunal d'Angoulême, qui les a envoyés en possession provisoire; ensuite ils se sont présentés devant la commission pour faire liquider l'indemnité. La commission a rejeté la demande par le motif que la liquidation était de sa nature absolue et ne comportait aucune allocation provisoire ou révocable, qu'ainsi on ne pouvait admettre un simple envoi en possession provisoire.

Recours au Conseil d'État. Les réclamans ont soutenu que la commission avait méconnu ses pouvoirs, et qu'elle avait violé en même temps la chose jugée par les tribunaux; que le jugement du tribunal d'Angoulême ne pouvait être attaqué que devant la cour d'appel, et que la commission devait le respecter; que d'ailleurs l'état n'avait rien à perdre dans la liquidation, puisqu'il s'agissait, dans l'espèce, de biens d'absens, que dans le cas où ils reparaîtraient, les héritiers présomptifs qui avaient donné caution, seraient obligés de les rendre qu'ainsi la décision était mal fondée et devait être annulée.

Louis-Philippe, etc.,

Vu la loi du 27 avril 1825 et l'art. 16 de la loi du 21 avril 1812;

Considérant que par le jugement du 5 juin 1832, les exposans ont été envoyés en possession provisoire des biens du propriétaire dépossédé à la charge de donner caution, et qu'ainsi il a été satisfait à la décision interlocutoire de la commission du 26 juillet 1831; — Qu'il ne par pas que ce jugement ait été attaqué;

Art. 1er. — La décision de la commission de liquidation du 3 août 1832, est annulée.

M. Boivin , auditeur, rapp. — M. d'Haubersart, maître des requêtes, f. f. du m. p. — Me Ripault, avocat.

Source : Recueil des arrêts du Conseil, ou ordonnances royales, rendues en Conseil d'État sur toutes les matières du contentieux de l'administration, 1833.

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16 décembre 2019

Bénédiction de la cloche de la cathédrale d'Angoulême

« Aujourd'huy 23 janvier 1786, Madame, comtesse d'Artois, étant à a Versailles, voulant exécuter la promesse qu'elle a faite de nommer avec Monseigneur comte d'Artois la principale cloche de l'église cathédrale d'Angoulême, et ne pouvant la nommer en personne, Madame a nommé et nomme madame sœur Marie-Françoise de Durfort de Civerac, abbesse de l'abbaye royale de Saint-Ausone de la ville d'Angouléme, pour la suppléer et la représenter à la cérémonie du baptême, lui donnant pouvoir de nommer ladite cloche, approuvant dès à présent tout ce qui sera fait à cet égard, et pour assurance de sa volonté, Madame, comte tesse d'Artois, m'a commandé d'expédier la présente procuration, qu'elle a signée de sa main et fait contre-signer par moi, son conseiller, secrétaire de ses commandements, maison et finances.

Signé : Marie-Thérèse, et contresigné : Meulan.

Le tout ainsi signé en l'original : Sœur de Durfort de Civerac, abbesse de l'abbaye royale de Saint-Ausone d'Angoulême; — Le marquis d'Argence; — sœur de Saint-Aulaire, grande prieure; — de La Cropte de Saint-Abre d'Argence; — sœur de Brie, chapelaine; — le chevalier d'Argence; — Durfort de Civrac, marquise de Puyferrat; — la comtesse de Froger; — le comte d'Argence; - de La Faux de Chabrignac, doyen; — le comte de Montbrun-Conan; — Conan d'Hautefaye; — de Chapt de Rastignac; — le comte de Roffignac, premier chrétien du Limousin; — l'abbé de Bonnefoi, official et vicaire général; — le comte de Montbron; le comte de Montalembert; — Conan d'Ocor (ou d'Aucors), capitaine de cavalerie; — le marquis de Cherval, grand sénéchal d'Angoumois; — le marquis de La Loubière, chevau-léger de la garde du roi; — Héraud, chanoine, bayle; — Le Maistre, secrétaire du Chapitre.

Pour expédition, signé : Le Maistre, secrétaire de MM. du Chapitre. »

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1864)

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