23 mars 2021

Note sur le comte de Ribérac

En 1696, Françoise de Chabans, demoiselle, se plaint de ce que, le 21 février de cette année, « une centaine de personnes à elle inconnues, armées de pistolets, fusils, hallebardes, faulx, bâtons ferrés et autres instruments de cette nature, sont venues entourer sa maison, criant qu'elles voulaient la brûler, en tuer et massacrer tous les habitants. Tous se mirent en devoir d'exécuter leur dessein... La plaignante s'étant adressée à un certain personnage qui conduisait la troupe et lui ayant demandé pourquoi il venait à main armée assiéger et démolir sa maison, celui-ci répondit qu'il était un des domestiques du comte de Ribérac et qu'il avait ordre de faire cet attroupement, d'enfoncer les portes et d'abattre les murailles... » Ce comte de Ribérac était, du reste, un vieux féodal attardé dans son siècle, un baron des Adrets au petit pied. Son nom revient plusieurs fois. Un médecin, qui a le malheur d'habiter sous la terrasse de son château, et qui, il ne sait pourquoi, a encouru sa haine, tremble devant ses menaces de mort et demande, avec supplication, « à être mis sous la sauvegarde du roi et de la justice ». Du haut de sa terrasse, le comte lui fait journellement lancer des pierres et autres projectiles par ses domestiques. Un peu plus loin, nous voyons qu'il a pris en exécration un huissier, parce que celui-ci, dans un acte signifié, la qualifié simplement de messire. « Depuis ce temps, le comte qui avait commencer par le souffleter a donné l'ordre à ses domestiques de l'arrêter partout où ils le trouveraient et de le mener dans les prisons de son château, ce qui a obligé le plaignant de se retirer dans la paroisse de Ponteyrand pour se mettre à l'abri des violences. Dix ou douze domestiques dudit seigneur, armés d'épées et de mousquetons, l'ont cherché par les chemins pour l'enlever... » C'est la dernière convulsion de la féodalité expirante sous le salutaire despotisme du grand Roi. Mais, jusqu'à la fin, le fier ribéraquois narguera la justice royale, et, en 1714 encore, nous apprenons par une plainte d'Adrien de Beaupoil de Saint-Aulaire, marquis de Fontenille, qu'une bande de gens mal famés « lui'a enlevé un troupeau de moutons et de brebis par ordre du comte de Ribérac ». Ces enlèvements de bestiaux, accomplis hardiment; en bande, et par esprit de vengeance plutôt que de cupidité, sont l'un des exploits les plus renommés chez les peuples primitifs. Même quand le vol de troupeaux a un mobile essentiellement cupide, comme chez les brigands siciliens qui pratiquent l'abigeato, le caractère de razzia militaire qui s'y attache leur prête un certain lustre. Et de nos jours encore, dans les pays les plus civilisés, le vol d'un cheval dans une écurie, d'une paire de beufs dans une grange, a une couleur archéologique qui ne permet pas de confondre son auteur, bohémien ou bandit, avec un simple voleur d'argent, bien que le bétail, à l'époque où le cheptel est le seul capital (pecunia, pecus), ait commencé par être la seule monnaie en circulation. Or, entre le pillage effronté de tous les troupeaux d'une vallée par une tribu barbare, et les vols de poules qui se commettent encore journellement dans nos campagnes, il y a mille transitions successivement parcourues à mesure que le bétail volé diminue en taille et en nombre, et que le nombre aussi comme la qualité sociale des voleurs va s’amoindrissant. Le comte de Ribérac tenait un bon rang sur cette échelle : il était assurément plus près de Cacus, ravisseur des génisses d'Hercule, que de nos détrousseurs de poulaillers. Mais, de son temps, son action en cela n'avait rien d'exceptionnel, et, après lui, les vols de bétail, tout en se décolorant peu à peu et dérogeant de leur noblesse première, ne laissent pas de se présenter souvent sous des aspects originaux qui les distinguent des nôtres. Le bétail était donc une richesse à part, une richesse vivante et sacrée. Je lis cette phrase incidente : « le jour de saint Roch, jour de la bénédiction des bœufs... » Voler ces bœufs bénis, cela ne tenait-il pas autant du sacrilège que du vol ? Avant tout il y fallait une audace rare, digne d'un meilleur emploi.

Source : Études pénales et sociales, de Gabriel Tarde.

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Note sur le château de Ribérac

La plupart des anciens châteaux du Périgord sont restés debout malgré les guerres, les incendies et les siècles; beaucoup sont intacts; quelques-uns, à demi-ruinés, offrent à l'archéologue l'attrait d'une restitution. Très peu ont complètement disparu.

Parmi ces derniers, – je veux dire ceux dont il ne reste aucune trace, – il fault compter celui de Ribérac, le vieux château des comtes d'Aydie. Possédée de lemps immémorial par ceux de la maison de Pons (1), la seigneurie et comté de Ribérac entra chez les d'Aydie par le mariage d'Anne de Pons avec Odet d'Aydie, chambellan du roi Louis XI, chevalier de son ordre et grand sénéchal de Carcassonne. Les d'Aydie ayant joué un rôle important dans l'histoire de notre province, il était permis de penser que le château de Ribérac, où résidèrent plusieurs des chefs de cette maison, de vait être, par sa construction, son mobilier, ses moyens de défense et toute son ordonnance, en rapport avec la situation de ses possesseurs. J'avais longtemps espéré en trouver un dessin, un plan, une description, et, rapprochant ce document d'un inventaire date de 1629 que le hasard me fit découvrir, il y a quelques années, pouvoir reconstituer en partie ces choses disparues à tel point que leur emplacement est à peine indiqué par quelques terrassements, quelques ressauts de terrain, aujourd'hui recouverts de gazon, cultivés, plantés. Encore un peu de temps et ces signes eux-mêmes ne se liront plus sur le sol nivelé.

Messire Armand d'Aydie, seigneur comte de Ribérac, vicomte d'Espeluche, seigneur de Montagrier, conseiller du roi en son Conseil d'Etat, armé capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, mestre de camp de dix compagnies françaises, maréchal de camp aux armées du roi... etc., testa le 10 juillet 1628, étant revenu « malade et indisposez de son corps du camp de devant La Rochelle. » Il mourut peu de temps après, et fut, selon son désir, « son diet corps inhumé aux monumentz des seigneur's ses prédécesseurs Destant es la chapelle fondée et dobtée par lesdits prédécesseurs en l'esglise du présent lieu (2). »

Il laissait trois fils : Jacques-Louis, l'ainé, François et Antoine (3).

Sa veuve, Marguerite de Foix, fit dresser l'inventaire de janvier 1629.

Réduit à lui-même, ce document manque d'intérêt, aussi n'en donnerai-je que quelques courts extraits, évitant cette aride nomenclature commune à tous les inventaires : description de chambres « avec leurs chaslits, tables et estra teaux, coffres bahuts fermant à clef, landiers, etc. » Je dois dire, du reste, qu'à Ribérac, comme en bien d'autres châteaux de cette époque et plus peut-être qu'ailleurs, on est frappé de l'extrême pauvreté du mobilier. A part la chambre de Marguerite de Foix et quelques pièces d'argenterie, tout indique un état fort voisin de la misère. Que deviennent, en présence de ces témoins indiscutables, les légendes qui nous représentent les châteaux des anciens temps comme autant de palais luxueusement meublés, aux remparts garnis d'artillerie et aux greniers regorgeant de richesses ?

La chambre de la comtesse d'Aydie, quoique fort modeste, est la seule où tous les objets ne soient pas « fort uzés et rompuz. » Au surplus en voici la description :

« Et della avons esté conduitz dans une chambre estant au bout de la dite salle, appelée la chambre de Madame, laquelle nous avons trouvé entierement tapissée de sarge boyre de Poitou toute neufve, plus troys chayses garnyes de mème garge, ung banc de la longueur de six pieds, large ung pied et demy, couvert de mesme sarge.

Plus six escabeaux se fermant et six cuyssintz (4) couvertz de » mesme sarge, plus ung grand chaslit neuf de menuyserie, les montantz couvertz de la mesme sarge, les courtines et housses (?) de la mesme garge, et autour du lit ung tapis de gros drap sur de la natte et tresse de pays sur lesquels on marche....

Plus une petite table avec ses estrateaux sur quatre piez faitz au » tour, la dicte table de la longueur de troys grands piez et largeur de deux petitz piez sur laquelle table y a ung tapis de mesme estoffe in que dessus noyre a quatre pantz,

Plus une payre de landiers de fert pezant trante livres.

Plus une couverte de mesme sarge noyre de la longueur de deux aulnes et largeur uno aulne et deny. »

Rien de bien luxueux, il me semble, dans la chambre de la châtelaine !

Trouverons-nous au moins à Ribérac, chez les d'Aydie, toujours occupés à guerroyer pour le roi et la religion, un arsenal bien garni, une formidable artillerie ?

« Et della passant par la galerye estant sur le portail à l'entrée de la bassecour avons trouvé six fauconneaux de métailh.

Plus ung fauconneau aussi de métailh.

Della sommes allés dans la chambre estant au dessus le portaut » estant à l'entrée du présent chasteau ès laquelle a esté trouvé vingt neuf canons de mousquetz sans futz. »

Si on y ajoute les armes du feu seigneur comte :

« Une espée ayant la garde argentée, la poignée de fil d'argent et son fourreau de cuir et un grand poignard de combat avec sa coquilhe et gorde noyre, plus une longue espée la garde noyre... »

On aura le total de cet appareil de guerre peu fait pour inspirer une grande terreur à la ville assise aux pieds du château, non plus que pour la protéger de façon efficace.

Reste l'argenterie :

« Plus troys douzaines et demys d'assietes dargent pozant vingt livres et deiny.

Plus quarante cing platz dargent la plus grand partye rompuz, huict culhieres, une neufyiesme rompue aussy dargent pezant le tout n avec les loppins rompuz dedits platz pezant soixante douze livres ung cart.

Plus troys salhiores, ung petit vaz a mettre vinaigre, troys eguières (?), troys platz bassins, le tout d'argent pezunt vingt livres.

Plus six flambeaux aussy dargent pozant dix livres le tout à poix de marc.

De laquelle sus dicte vesselle dargent medicte dame a dict avoir , faict apport de Montagrier au présent chasteau pour la.... de feu Monsieur, douze platz, douze assiettes, deux flambeaux, un bassin n et une salhière et deux culhières d'argent dont et de tout ce que dessus...etc. »

Et plus bas :

« Que lors de l'exibilion et représentation de la vesselle elle (Marguerite de Foix) a obmis par mesgarde d'exiber et représenter une in couppe dargent fin doré, deux rachaux, ung coquamard à faire tizane avec son couvercle et ung plaquard, le tout dargent qu'elle a presentement exibé et représenté... »

On trouvera sans aucun doute que c'était là un maigre tré sor pour les descendants de deux grandes muisons telles que les d'Aydie et de Foix, et on se demandera si les charges de la guerre avaient épuisé leurs ressources ou si les revenus de leurs terres étaient des plus médiocres. Cette dernière hypothèse paraîtrait justifiée par l'inventaire des greniers, où, au milieu de janvier, c'est-à-dire alors qu'il reste sept longs mois avant qu'ils se regarnissent, se trouvent seule ment des récoltes insuffisantes :

« Et della avons estés conduitz au grenier du dit chasteau dans lequel a esté trouvé quarante deux charges froment, nouf charges febves, dix charges bailharge, cinq boyseaux orge, dix huit boyseaux mesture de payz. »

Comme conclusion, il est permis de dire qu'à l'époque où nous le visitons, le château de Ribérac était fort pauvrement meublé, mal défendu et mal approvisionné.

Cet état n'était pas près de cesser, car un siècle plus tard, Odet d'Aydie laissait à son héritier Gabriel Chapt de Rastignac la charge de payer « ceux qui tenoient des billets de lui, n'ayant pu les acquitter jusqu'à présent à cause de ses grands embarras et affaires. »

En bornant là celle note déjà trop longue, je voudrais si gnaler aux amateurs d'autographes le curieux et symbolique monogramme dont la comtesse d'Aydie qui, à plusieurs reprises, au cours de l'inventaire, a signé de son nom de Marguerite, signe la dernière vacation. C'est un monogrammie original et gracieux et que nul ne pourrait confondre avec les savants et compliqués paraphes des sergents ou notaires royaux.

Xavier de Monteil.

bpt6k207106w_res1 Illustration : le château de Ribérac dessiné par Léo Drouyn en 1846.

Notes :

1. Requête adressée à d'Aguesseau par François d'Aydie.

2. Ribérac.

3. Ce dernier devint bénéficiaire de l'abbaye collégiale de St-Astier.

4. Coussins.

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22 mars 2021

Mousquetaires du Roi au XVIIIe siècle

Dans la Maison militaire du Roi, les mousquetaires formaient deux compagnies, chacune de deux cents cavaliers. Ils devaient leur nom aux mousquets dont ils furent armés à l'origine et qu'ils remplacèrent plus tard par des fusils à la dragonne auxquels on ajouta la baïonnette depuis 1743. Ils avaient encore deux pistolets à l'arçon de la selle et une épée. Ils portaient habit écarlate, soubrevestes bleues et galonnées sans manches, avec deux croix de velours blanc, l'une devant, l'autre derrière. La première compagnie avait des galons d'or et des flammes rouges aux angles des croix, tandis que la deuxième avait des galons d'argent et des flammes feuille-morte. Les mousquetaires de la première avaient des chevaux gris ceux de la deuxième, des chevaux noirs. De là, leur nom de Mousquetaires gris et de Mousquetaires noirs.

Les auteurs ne s'accordent pas sur la date de fondation de la première compagnie mais la plupart font remonter à 1622 sa création par Louis XIII qui fit retirer la carabine à la compagnie de carabins de son escorte de Montpellier à Avignon, et la remplaça par le mousquet les carabins devinrent des mousquetaires. La deuxième compagnie fut créée vers 1660 ou 1665.

Les drapeaux étaient blancs. Sur celui de la première compagnie se voyait une bombe enflammée tombant sur une ville, avec la devise Quo ruit et lethum (Partout où elle s'élance, elle porte la mort), allusion à l'impétuosité des mousquetaires. Sur celui de la deuxième, il y avait un faisceau de douze uèches empennées et l'inscription Amenas Jovis altera tela (Nouvelles armes de nouveau Jupiter).

Les mousquetaires ont joué un rôle particulièrement brillant et glorieux : « Ils donnèrent, a dit Pellisson, des preuves d'une valeur extrême; on n'en vit jamais reculer un seul, et il en fut tué un grand nombre. » Leur histoire a été retracée par Le Thueux, instituteur au Corps des Cadets de Saint-Pétersbourg, dans ses Essais historiques sur les deux compagnies de Mousquetaires du Roi de France (La Haye, 1778, 2 volumes in-12), avec références aux Mémoires de Puységur, et de Villars, au journal de Bassompierre, aux Histoires de Dupleix, de Louis XIV par Quinci, et du comte de Saxe. Une trilogie célèbre d'Alexandre Dumas père (Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, Le Vicomte de Bragelonne) n'a pas peu contribué à rendre leur nom populaire et à faire de D'Artagnan, d'Athos, de Porthos et d'Aramis des héros extraordinaires aux plus étourdissantes aventures. Il serait bien superflu d'explorer un pareil terrain d'imagination et de fantaisie. Contentons-nous, dans ces recherches d'érudition, d'établir que le Périgord peut se faire gloire de personnages très authentiques.

Deux revues ou « montres conservées aux Manuscrits de la Bibliothèque nationale citent beaucoup de noms en 1665 et 1667, au temps de D'Artagnan. Notons simplement ceux de Henry et Jacques de Villebois, Charles de Vandière, Florimont de Remond, Alexandre de La Force, René du Deffais, Pierre de Rochefort, François de Cerval, Philippe de La Chapelle, Joseph de Nantiat, Pierre de Mareuil, Malet, brigadier, Du Lau, Jauvelle.

Arrêtons-nous un instant sur le marquis Pierre-Joseph Chapelle de Jumilhac, car il fut l'un des vainqueurs de Fontenoy et commanda trente années la première compagnie des Mousquetaires. A l'âge de vingt-sept ans, il avait acheté, le 28 avril 1719, moyennant le prix de 75.000 livres, une cornette dans cette compagnie et participé à la guerre d'Espagne. Premier sous-lieutenant des mousquetaires, il commanda le détachement d'Allemagne en 1734 : au siège de Philisbourg il mena, presque tous les jours, nombre de ces Messieurs à la tranchée.

En 1733, se trouvant à Compiègne avec le Roi, il demanda à Sa Majesté l'honneur de souper avec elle. Après l'examen et le rapport que le marquis avait la naissance requise, cette faveur lui fut accordée. Peu de temps après son mariage, sa femme Françoise-Armande de Menou, fut présentée à la Cour. Le Roi la salua à la joue dans son cabinet. Elle eut le traitement ordinaire chez la Reine, Monseigneur le Dauphin et Mesdames de France. Elle mangea ensuite avec la Reine et monta dans ses carrosses, à la revue des grenadiers de France, à Compiègne, en 1750. Elle en avait été avisée, le 7 juillet, par le billet suivant de la duchesse de Luynes, dame d'honneur :

« Je viens, Madame, de parler à la Reine de ce qui vous regarde, et Sa Majesté a décidé que, mangeant avec Elle, vous auriez le droit de monter dans ses carrosses. J'aurai attention de vous en faire profiter à la première occasion, etc. »

En 1736, Jumilhac succédait à Louis de Bannes, comte d'Avejan, comme capitaine-lieutenant des mousquetaires, dans la place qu'avaient médiatement occupée Maupertuis et d'Artagnan, et payait à la veuve de son prédécesseur un brevet de retenue de cent mille livres. Sa Majesté lui faisait don de 40.000 sur le prix de la charge de cornette achetée à 70.000 par le comte de Champignol, et il paya de ses deniers 60.000. Il se trouva aux batailles de Fontenoy et de Lawfeld, aux sièges de Menin, d'Ypres, de Fribourg, de Tournay et d'Anvers il commandait à Oudenarde et recevait les officiers d'otage qu'il envoya au maréchal de Saxe. Il conservait dans le trésor du château de Jumilhac sept drapeaux et sept étendards, qui lui appartenaient chaque fois que le Roi en fournissait de nouveaux à la première compagnie des Mousquetaires, lorsqu'il leur a accordé des soubrevestes et casaques neuves (années 1738, 1742, 1745, 1748, 1752, 1757 et 1763).

En 1748, il fit entrer aux Mousquetaires son fils Pierre-Marie, âgé de treize ans un jour. Celui-ci en sortit le 20 novembre 1751 et, n'ayant pas encore dix-sept ans, passa colonel aux Grenadiers de France; il fut promu lieutenant-général en 1784.

La première compagnie se trouvait logée à Paris, 15, rue du Bac, et, à partir de 1659, au marché de Boulainvilliers, halle Barbier, dans le quadrilatère formé par les rues du Bac, de Beaune, de Verneuil et Bourbon (rue de Lille actuelle).

Dans nos études sur le Périgord militaire, nous avons fait état d'un certain nombre de mousquetaires qui obtinrent par la suite les grades de maréchal de France, de lieutenant-général, de maréchal de camp et de brigadier des armées du Roi. Rappelons ici, par date d'incorporation aux deux compagnies de Mousquetaires, les noms de ces officiers généraux et de ces brigadiers :

1677. — Henry de Hautefort, comte de Bruzac, lieutenant-général en 1718.
1681. — Charles-Armand de Gontaut, duc de Biron, lieutenant-général en 1704, maréchal de France en 1734, mort en 1756.
1699. — Charles-Nicolas de Hautefort de Saint-Chamans, enseigne aux Mousquetaires noirs, sous-lieutenant en 1703, maréchal de camp en 1709, mort en 1712.
1700. — François du Mas de Paysac, brigadier d'infanterie en 1734, mort en 1741.
1702. — Jean-Nicolas de Ferrières, marquis de Sauvebœuf, brigadier d'infanterie en 1710, tué au siège de Barcelone en 1714.
1704. — Gabriel-Jacques de Fénelon, ambassadeur en 1724, lieutenant-général en 1738, tué à Raucoux.
1705. — Henry-François de Ségur, lieutenant-général en 1738, père du maréchal.
1705. — Marc-Antoine-Front de Saint-Aulaire, marquis de Lanmary, lieutenant-général en 1748.
1711. — Charles-Philippe de Pons Saint-Maurice, lieutenant-général en 1748.
1715. — René de Galard Béarn-Brassac, lieutenant-général en 1759,
1728. — Ch.-Ant. Armand de Gontaut-Bïron, lieutenant-général en 1748.
1731. — Louis Chapt de Rastignac, de Puyguilhem (Villars), brigadier de dragons en 1780.
1735. — Alexandre de Lostanges Sainte-Alvère, maréchal de camp en 1770.
1736. — Arnaud-Louis de Losanges Sainte-Alvère, maréchal de camp en 1761.
1737. — Pierre-Lucien Chapelle de Jumilhac, maréchal de camp en 1770.
1742. — François, vicomte de Foucauld, de la Renaudie, maréchal de camp en 1784.
1742. — Louis-Raphaël-Lucrèce de Fayolle, comte de Mellet de Neuvic, maréchal de camp en 1780.
1748. — Jean de Saint-Exupéry, du Fraisse, brigadier de cavalerie en 1780, maréchal de camp en 1784.
1748. — Pierre-Marie comte de Jumillhac, brigadier d'infanterie en 1762, lieutenant-général en 1784.
1749. — Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac, de Puyguilhem (Villars), maréchal de camp en 1784, lieutenant-général en 1816.
1752. — Jean-Baptiste comte du Lau, de la Côte (Biras), présenté par M. de la Coste son grand-père et M. le curé de Saint-Sulpice son oncle. Sorti des Mousquetaires le 7 juin 1753. Maréchal de camp en 1780, lieutenant-général honoraire en 1814, mort en 1818.
28 Février 1753. — Charles-Gratien de Bonneguise, de Badefol-d'Ans, brigadier d'infanterie en 1780, mort à Paris, dernier mâle de la maison de Bonneguise.
1756. — Alexandre-Guillaume de Galard-Béarn-Brassac, maréchal de camp en 1788.
1761. — Philibert marquis de Fumel, de Lisle, sorti pour une cornette aux chevau-légers de la Garde le 4 juin 1767, Maréchal de camp en 1780.
1762. — Jean-Laurent de Durfort-Civrac, de Lamothe-Montravel, né le 7 juillet 1746, admis sur présentation de son père ambassadeur près du Roi des Deux-SiciIes et exempté par Sa Majesté des quatre mois qui lui manquaient pour avoir l'âge requis. Brigadier des armées en 1781, maréchal de camp en 1788, lieutenant-général honoraire en 1814, mort en 1826.
1763. — Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac, de PuyguiIhem (Villars), sorti des Mousquetaires le 12 avril 1770. Maréchal de camp en 1791.
1763. — Joseph-Louis de Saint-Chamans, né à Pazayac en 1747, brigadier d'infanterie en 1724, mort en 1785.
1770. — Abraham-Frédéric de Hautefort, né en 1748, sorti comme capitaine de dragons. Maréchal de camp en 1788. Guillotiné à Paris avec sa femme en 1794.

Plusieurs membres de la famille de Cugnac ont servi dans les Mousquetaires. Le Nobiliaire universel de France indique en 1675 Louis-Christophe de Cugnac, marquis de Giversac, seigneur de Sermet, Saint-Pompon et Loubejac de 1676 à 1681, Antoine-François de Cugnac qui forma la branche de Peyrille en 1742, Antoine-François, IIe du nom, qui fit la campagne de 1745 et se battit à Fontenoy, épousa en 1752 Suzanne-Elisabeth de Lostanges de Sainte-AIvère et mourut au château de Sermet en 1779.

En 1712, Jean Mesmer, maréchal des logis des Mousquetaires gris, figura comme parrain dans un baptême à Saint-Martin-de-Fressengeas.

Vers 1742, nous trouvons Pierre de Teyssières, né à Sarrazac, le 23 juillet 1719, fils de Jacques, écuyer, seigneur de la Chèze, et d'Isabeau de Fayolle. Il mourut à Metz en 1744.

Tout dénombrement des Mousquetaires à ces époques lointaines se heurterait à des difficultés insurmontables. Nous ne prétendons pas épuiser le sujet.

On est mieux renseigné sur la composition de la première compagnie des Mousquetaires à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Sur les contrôles officiels que possède le Ministère de la Guerre, pour la première compagnie, de 1750 à 1775, nous avons relevé les noms suivants auxquels nous joignons quelques mentions complémentaires :

5 mai 1750
Jean, vicomte de Saint-Exupéry de Fleurac, de Périgueux, cousin du doyen de Notre-Dame.
Sorti par mauvaise santé, 13 août 1751.

15 mai 1750
Joseph Goudin de la Roussie, de Sarlat.
Sorti pour une cornette dans le régiment d'Apchon-dragons, 16 avril 1757.

25 mai 1750
Henry-Marie de Ségur, de Paris.
Sorti, 20 mars 1760.

6 juin 1750
De la Farge de Malet, page du Roi de la Grande Ecurie. Renvoyé, 15 mai 1751.

15 juin 1751
Louis-François Delpy, né à Périgueux le 24 février 1737, fils de Jacques, seigneur de Chambuliat, la Roche, conseiller au parlement de Bordeaux.
Sorti, 9 avril 1768.

1er janvier 1752
Louis-Jean-Baptiste Chapelle, comte de Saint-Jean de Jumilhac, fils du frère aîné de l'archevêque d'Arles et neveu à la mode de Bretagne du marquis de Jumilhac capitaine-lieutenant de la compagnie.
Congé, 31 août 1760.

18 août 1752
Comte de Cubjac de Jumilhac, cousin du capitaine-lieutenant de la compagnie.
N'a pas joint.

3 juillet 1753
Nicolas Chabans de Richemont, ancien page du Roi de la Petite écurie pendant trois ans.
N'a pas joint. Oté du rôle, février 1757.

12 août 1753
Marc de Brochard, de Périgueux, présenté par M. de Lambert, ancien mousquetaire.
D'après une note de M. Eugène Roux, Marc de Brochard, seigneur de la Gourdonnie, fils de Marc et de Marguerite Aublant, épousa Louise-Marguerite de Taillefer et mourut le 23 octobre 1781, à l'âge de 47 ans.

7 décembre 1753
Guillaume-Alexandre de Galard de Brassac de Nadaillac. Sorti, 25 septembre 1756. Mort aide-de-camp auprès de Monsieur son oncle.

21 juin 1754
Marquis de Lanmary, présenté par son père.

8 août 1755
Chalu Ferou, de Périgord. Lire De Chalup de Fareyrou.
N'a pas joint. Sorti en décembre 1755.

10 septembre 1755
Armand-Chartes-Emmanuet comte d'Hautefort.
Sorti, 26 janvier 1759.

15 février 1756
Joseph de Martin de Jaillac, né le 30 avril 1737, à Périgueux, paroisse de Saint-Front, fils de Michel et de dame Suzanne Pay-Tureaux, dame de JaIIaconières.
Sorti, 17 mai 1772.

21 avril 1756
Galard de Brassac.
Sorti, 6 janvier 1760.

2 juillet 1756
Pierre de Teyssières, sortant des pages de la Reine, présenté par le marquis de Jumilhac.
N'a pas joint. Rayé en mai 1758.

3 juillet 1758
De Pourquery de la Bigotie.
N'a pas joint.

4 janvier 1759
Jean de Vassal de Solvignac, né le 5 mars 1740 sur la paroisse de Vézac, près Sarlat.
N'a pas joint.

31 août 1760
Louis-Mathieu-Benoît, chevalier puis baron de Fumel de Montsegur, né à Liste le 23 mars 1744, fils de Henry, marquis de Fumel et de dame Charlotte Berlin, présenté par sa tante, comtesse de Jumilhac.
Colonel du régiment d'Artois cavalerie. Brigadier des armées du Roi. Maréchal-des-logis à l'armée de Condé. Mort en Allemagne pendant l'émigration.

14 juillet 1763
Antoine-Louis d'Abzac de Mayac, né à Tours le 22 septembre 1747.
Sorti 15 janvier 1765.

25 avril 1766
Louis de Conan, né au château de Montbrun, diocèse de Limoges, le 30 juillet 1749, fils d'Alexis et de Marie de Campniac.
Sorti, mai 1768.

6 avril 1767
Jean-Guy Grand de Bellussières, né à Berneuil en Saintonge, le 21 novembre 1745, fils de Guy et de Marie Restier. Sorti, mars 1768.
Camain.

7 juin 1768
François du Reclus de Gageac, né à Périgueux le 7 mai 1748, fils d'Elie, seigneur de Saint-Mayme de l'Espinasse, et et de Marie-Elisabeth Roche.
Mort à Paris, mars 1792.

6 juin 1769
Jean-Augustin de Cazenave, né à Saint-Pierre de Montpeyroux, le 24 août 1750.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

24 mars 1770
Pierre-Michel de Lambertye.
Sorti, 4 juillet 1772.

2 novembre 1770
Moreau de Montjulien de Villejalet.
N'a pas paru.

28 septembre 1771
François-Hilaire de Bérail, né à Mazerolles (Rouergue), fils de François-Benoit.
Commissionné capitaine en 1772 et supprimé avee la compagnie en 1775.

27 septembre 1771
Claude-François de Malet, né à Dôle (Franche-Comté), le 28 juin 1754, de Jean, chevalier de l'Ordre royal de SaintLouis, capitaine an régiment de Beauvilliers-cavalerie, et de Gabrielle Sebrie. Présenté par M. de Valdahon, sous-aide major de la compagnie.
Supprimé avec la compagnie le 15 décembre 1775. Se retira à Dôle avec le rang de lieutenant et y épousa, le 9 janvier 1788, demoiselle Denise de Balay, demeurant à Arbois.

Fit partie de la députation du Jura à la fête de la Fédération au Champ de Mars, le 14 juillet 1790. Chef des gardes nationales du Jura. Commissionné capitaine, 1er juin 1791. Aide-de-camp du général de Hesse, 1er août 1791; du général de Broglie, 9 janvier 1792. Capitaine au 50e régiment d'infanterie, 25 mars 1792. Adjoint aux adjudants généraux, 1er mai 1792. Adjudant général chef de bataillon, 20 mai 1793. Non compris dans la nouvelle organisation de l'armée, 15 juin 1795. Adjudant général chef de brigade, 10 avril 1796. Elu député du Jura, mais éliminé le 11 mai 1798. Promu général de brigade par le général en chef de l'armée des Alpes (Championnet), 13 août 1799; promotion sanctionnée par arrêté directorial du 13 septembre de la même année. Commandant du département de la Gironde, 5 octobre 1801. Employé, sur sa demande, dans la 20e division et envoyé à Périgueux, 24 avril 1802, puis à Angoulême, probablement au mois de juillet suivant passé en Vendée, juillet 1804. Affecté à l'armée d'Italie (division Séras), août 1805.

Condamné à mort, à l'unanimité, le 29 octobre 1812, par la Commission militaire de Paris pour crime contre la sûreté intérieure de l'Etat, par un attentat ayant pour but de détruire le gouvernement et l'ordre de successibilîté au trône et d'exciter les citoyens ou habitants à s'armer contre l'autorité impériale. Exécuté à la barrière de Grenelle, le même jour, et inhumé au cimetière de Clamart. Le 9 novembre 1814, sa veuve obtint une pension de 3.000 fr. avec une indemnité de même somme. Son fils Aristide, né à Besançon le 1er janvier 1798, chevau-léger de la Garde du Roi en 1815, capitaine aux Chasseurs de la Garde royale en 1823, chef d'escadrons au 9e Chasseurs en 1840, fut retraité en 1852.

9 mai 1772
Joachim de Chalup, né à Périgueux, le 6 juin 1767, fils de Pierre-Ignace, chevalier de Saint-Louis, et de Jeanne Autier du Challe.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

27 mars 1773
Marc Jammes Dumourier, né à Liorac, le 1er janvier 1754, fils d'Antoine et de Marie Vauqueane.
Sorti, 2 juin 1774.

1er février 1774.
Felets.
Supprimé avec la compagnie en 1775.

6 février 1774
Denis-François Aubin du Tranchard, né à Gouts, le 4 août 1756, fils de Léonard Aubin, ëcuyer, sieur de Jorias, gendarme de la Garde, et de Marguerite de Vars.
Supprimé avec la compagnie en 1775. A bien servi.

La deuxième compagnie avait des chevaux noirs d'où le nom de Mousquetaires noirs donné aux militaires de cette compagnie qui, constituée tout d'abord pour la garde particulière de Mazarin, fut donnée au Roi en 1660 ou 1665 et s'établit plus tard au faubourg Saint-Antoine, dans un quartier construit aux frais de la ville de Paris en échange des terrains de la place Vendôme.

Depuis le mois de mai 1674 jusqu'au 1er juin 1692, elle fut commandée par le capitaine Henry de Hautefaye, marquis de Jauvelle, lieutenant-général des armées de Louis XIV, dont nous avons esquissé la biographie, et qui fut le héros des sièges de Condé, Valenciennes, Cassel, Cambrai, Gand, Ypres, Mons, Namur et autres places. Mestre de camp de cavalerie, le marquis de Jauvelle avait été nommé sous-lieutenant des Mousquetaires noirs, le 6 mars 1672 il en devint le capitaine-lieutenant, le 2 mai 1674, sur la démission du comte François de Montberon, et la commanda jusqu'à sa mort.

Le contrôle de la deuxième compagnie des Mousquetaires, resté chez le commandant de la compagnie, M. de Monboissier, ne se trouve pas aux archives du Ministère de la Guerre. Ne pouvant, par suite, dresser aucune énumération suivie, nous devons nous borner à quelques noms.

C'est à cette compagnie qu'ont appartenu notamment Henri-Joseph de Ségur, né en 1661, fils d'Isaac de Ségur, lui-même mousquetaire presque dès l'enfance, blessé et trépané, et de Marie de Taillefer de Roussille. On l'appelait le beau Ségur, le beau Mousquetaire jouant du luth. Il avait été fréquemment blessé et avait subi l'amputation d'une jambe; mais à soixante-quinze ans, il était beau et bien fait encore, si l'on en croit Saint-Simon, qui a conté son aventure à Nemours avec une abbesse. Il fut le grand-père du maréchal de Ségur.

Jean-François Du Cluzel, seigneur du Biarneyx, décédé au château de la Chabrerie et dont on peut voir le tombeau dans l'église de Preyssac d'Agonac, à gauche du maître-autel, dans une chapelle où nous avons relevé l'épitaphe :

« In memoriâ æterna erit Justus. Ici repose Messire François Ducluzel de la Chabrerie du But mestre de camp, ancien officier des Mousquetaires de la Garde du Roi, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Plein de religion, rare modèle de toutes les vertus, il rendit son âme à Dieu le 11 novembre 1788, dans la 87e année de son âge. Il voulut être enterré en ce lieu au milieu des pauvres dont il avait été le père. Passant, respectez sa tombe et priez pour lui. Requiescat in pace ! »

L'acte mortuaire aux archives communales de, Château-l'Evèque enregistre que les sieurs Gomondie, archiprêtre de Valeuil, Borredon, Moutardier, chanoines réguliers de Chancelade, le R. P. Silain de l'Ordre de Saint-Dominique, et Manière, curé de Pressac, ont assisté au convoi.

Jean-François de la Cropte de Bourzac, ensuite colonel en second de la légion de Maillebois, émigré en 1791, mort en 1804.

Henri-Joseph de Bourdeille, né en 1745, mousquetaire à vingt ans, plus tard capitaine de cavalerie avec rang de mestre de camp.

Probablement Elie-Noél de Flageat, né à Périgueux, émigré en 1791.

En exécution de l'ordonnance royale du 15 décembre 1775, les deux compagnies de Mousquetaires furent licenciées le 23 du même mois.

Elles reparurent avec la Première Restauration, en 1814, commandées l'une par le comte de Nansouty et l'autre par le marquis de La Grange. Sur leurs contrôles ont été inscrits MM. de Beaumont, de Grézel, Henri-Armand de Ribeyreys (né en 1754), les comtes de Fumel et de Rastignac. Elles furent définitivement supprimées par ordonnance du 17 octobre 1815 et cessèrent de servir le 1er janvier 1816.

Source : Le Périgord militaire, de Joseph Durieux.

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La châtellenie de Nontron au Moyen Âge

La châtellenie de Nontron, qualifiée baronnie dès le commencement du XVe siècle, était la seigneurie la plus importante de la vicomté. Le revenu n'en était pas très-considérable, mais sa juridiction et ses priviléges étaient très étendus et comprenaient un grand nombre de paroisses et de seigneuries inférieures. Le château avait été des plus forts du pays de Limosin. D'après la dame de Montrésor, on n'en aurait pas construit un pareil pour 40 à 50,000 livres. La seigneurie devait rapporter annuellement plus de 1,500 livres. Alain d'Albret déclarait que le château n'était fort que parce que la venue en était mauvaise. L'édifice était pauvre et ruiné. Alain et Françoise de Bretagne y avaient fait faire un bâtiment qui avait coûté 300 livres. Le vicomte ne possédait dans la châtellenie d'autre domaine en propriété complète que le château. La plupart des habitants étaient francs de guet. Il n'y avait pas plus de 300 feux assujettis à cette redevance. Les tenanciers avaient le droit de chasse, moyennant une redevance au vicomte. L'infraction était punie d'une amende de 30 sols. La grande forêt de Nontron et la forêt de Ligurac (aujourd'hui Ligueux), qui en était une partie, appartenaient à divers seigneurs.

Le château avait été ruiné pendant les guerres séculaires qui avaient ravagé la vicomté. Richard Cœur-de-Lion avait juré de détruire tous les châteaux ou domaines des vicomtes de Limoges. Par lui ou ses successeurs, le serment fut rempli. En 1199, ses soldats avaient mis le siège devant Nontron et Puyagut et pillaient les environs lorsqu'ils apprirent la mort du roi blessé devant Châlus. Ils se retirèrent en déroute. En 1338, Ithier de Magnac fut nommé par la vicomtesse Jeanne gouverneur du château et de la châtellenie. Il livra, par trahison, le château aux Anglais qui s'y tinrent pendant longtemps. Charles de Blois-Chatillon, dit de Bretagne, mari de la vicomtesse, confisqua tous les biens d'Ithier de Magnac. Ils ne lui furent restitués qu'en 1367. A la fin du XVe siècle, la ville de Nontron était encore entourée de fossés sur lesquels il était expressément défendu de bâtir.

La famille de Magnac possédait de nombreux fiefs dans la châtellenie. Leur réunion constituait une importante seigneurie dépendant du repaire noble de Magnac, paroisse de Millac. Ithier de Magnac ne laissa pas d'héritier direct, et ses biens, après avoir passé sur la tête de la famille Paute, revinrent au vicomte. Trente-cinq paroisses et 18 seigneuries particulières dépendaient de Nontron. Quelques-unes de ces seigneuries, qui avaient justice plénière et ne devaient que l'hommage, étaient très-considérables et se qualifiaient de châtellenies ou même de baronnies. Nous citerons les grandes seigneuries de Condat, près Brantôme, de Bourzac, de Mareuil, de Champniers, de Varagne et La Coussière, de Javerlhac, de La Renaudie. Parmi les principaux hominagers figuraient : le prieur et curé de Nontron, l'aumônier de Nontron, les religieuses de Saint-Pardoux-la-Rivière, l'abbé de Peyrouse, les sieurs de Pompadour, du Barry, de La Valade, de Beaulieu, du Breuil, de Flamenc, de La Court, de Lavau, de Puychenin, de La Forêt, de La Mothe, de La Mourinie, de La Martonie, de Tryon de Montalembert, les bourgeois Pastoureau, de Puyzilhon, Camaing, Valhot, Raffeu, Reymonie, Jarry, habitants de Nontron. Le vicomte devait lui-même l'hommage pour la châtellenie à l'évêque d'Angoulême.

La seigneurie rapportait annuellement environ 200 livres en argent et 150 charges de froment, seigle ou avoine, compris les droits de justice et de police pour 100 livres. Antérieurement le rapport était beaucoup plus élevé. En 1367, les seuls émoluments de justice avaient produit 300 livres. Le péage et barrage de Nontron devait être assez productif. Toutes les marchandises introduites pour la vente dans la châtellenie payaient un droit de 4 deniers par livre pesant. En 1478-79, les droits de justice et police avaient donné, savoir : la prévôté, 48 livres ; le greffe, 33 livres ; le plaçage et leyde, 70 sols; les épaves, 65 sols ; le scel de la cour, 15 sols ; les amendes, 8 livres 10 sols.

La charge, mesure des grains, était composée de 3 setiers et le setier de 4 boisseaux.

La baronnie proprement dite, en dehors des terres soumises simplement à la suzeraineté, se composait des paroisses suivantes :

> La paroisse de Nontron, (chef-lieu d'arrondissement). Les habitants étaient francs de guet. Nontron était le siège d'un archiprêtré. Il y avait un couvent de Cordeliers, un hôpital et une ladrerie.

> La paroisse d'Abjat, (commune, canton de Nontron), avait parfois, avec les paroisses d'Augignac et de Saint-Pardoux-laRivière, fait partie de la châtellenie de Châlus. La forêt de Valeron, sise en cette paroisse, était contentieuse entre le vicomte de Limoges et le vicomte de Rochechouart. Au cheflieu était un repaire noble appartenant au sieur d'Abjat.

> La paroisse d'Augignac, (commune, canton de Nontron). Dans la paroisse était le repaire noble de Ligurac, qui devait l'hommage au seigneur de Magnac. Parmi les autres seigneurs fonciers figuraient les sieurs de Gastineau, de La Bauffarie, de Champniers.

> La paroisse de Bondazeau, (village, commune de Lussas). Le seigneur de Magnac possédait de nombreux fiets dans cette paroisse. Les sieurs de Bozon et de Grave y tenaient aussi des héritages en fondalité.

> La paroisse de Bourdeix, (commune, canton de Nontron). Le sieur de Bourdeix, qui possédait un repaire noble au chef-lieu, était le principal seigneur foncier. Un peu plus tard, ses possessions furent érigées en seigneurie distincte.

> La paroisse de Bourzac, (hameau, commune de Vendoire, canton de Verteillac), siège de la seigneurie de Bourzac, de laquelle dépendaient presque tous les héritages de la paroisse.

> La paroisse de Busserolles, (commune, canton de Bussière-Badil). Le sieur des Cars, à cause de sa seigneurie de Varagne, était le principal seigneur foncier.

> La paroisse de Champeaux, (commune, canton de Mareuil). L'ancienne paroisse de La Chapelle-Pomiers était réunie à celle de Champeaux. Dans cette paroisse était le repaire des Bernardières, chef de la seigneurie de ce nom, dont les possessions s'étendaient sur les paroisses de Lussas et de Saint-Sulpice. La famille d'Oradour avait aussi des fondalités dans la paroisse de Champeaux.

> La paroisse de Champniers, (commune de Reillac et Champniers, canton de Bussière-Badil), formait une seigneurie distincte appartenant au sieur de Champniers (en 1472, Jean de Laporte). Le vicomte y possédait très peu de chose. Ses officiers avaient contesté le droit de haute justice au sieur de Champniers, mais la cour de Nontron avait, en 1409, reconnu et consacré les prérogatives du vassal.

> La paroisse de La Chapelle-Montmoreau, (commune, canton de Champagnac-de-Belair). Très-petite paroisse où les fondalités étaient très divisées.

> La paroisse de Connezac, (commune, canton de Nontron). La plus grande partie de la paroisse appartenait en fondalité à la famille de Maulmont et formait une petite seigneurie. En 1464, Damoiselle Agnès de Maulmont rendit hommage au vicomte pour le lieu de Connezac, avec toute justice haute, moyenne et basse.

> La paroisse de La Fouillade, (commune, canton de Montbron), Cette paroisse avait été contentieuse entre les vicomtes de Limoges et les comtes d'Angoulême. Les sieurs Yvonnet et Jean de Saint-Laurent étaient hommagers du vicomte pour la terre et seigneurie de La Fouillade. Ils prétendaient posséder la justice haute et basse et le droit de vigerie.

> La paroisse de Javerlhac, (commune, canton de Nontron). Une partie était de la seigneurie de Magnac. Le surplus formait une petite seigneurie. Un repaire noble, dit de SaintRobert, et une chapelle du même nom étaient sis dans cette paroisse.

> La paroisse des Granges, (aujourd'hui Les Graulges, au nord de La Roche-Beaucourt). La seigneurie de Bourzac s'étendait sur cette paroisse. Le vicomte y avait peu de chose.

> La paroisse de Lussas, (commune, canton de Nontron). Une partie de la paroisse était de la seigneurie de Magnac.

> La paroisse de Marval, (commune, canton de Saint-Mathieu). La famille de La Martonie possédait des fondalités dans cette paroisse.

> La paroisse de Millac, (commune, canton de Saint-Pardoux-la-Rivière). Dans cette paroisse était anciennement le repaire de Magnac, chef de la seigneurie de ce nom. Cette importante seigneurie s'étendait principalement dans les paroisses de Millac, Bondazeau, Saint-Etienne, Nontron, Saint-Pardoux, Saint-Front, et possédait de grands priviléges et de nombreux droits d'hommage et de ressort. Le seigneur de Magnac exerçait la vigerie dans la paroisse, il percevait un droit d'acapte de deux sols à chaque mutation d'abbé du monastère de Dalon. Soumis à l'hommage envers le vicomte, il était en outre astreint à fournir chaque année le pain et le vin de la communion du jour de Pâques à Nontron. Nous avons déjà dit qu'Ithier de Magnac, dont tous les biens avaient été confisqués pour soupçon de félonie, n'avait pas laissé d'héritier direct. En 1384, Gui Paute, chevalier, réclama la succession d'Ithier, comme plus proche descendant d'Excelline de Magnac, sour germaine d'Ithier. En 1390, les biens furent attribués à titre provisoire à Mondot, Paute qui était sans doute fils de Gui. Mais le vicomte, qui avait joui pendant quelques années de cette belle seigneurie, s'arrangea pour la reprendre et désintéressa les héritiers. Tous les droits et hommages dus au seigneur de Magnac ressortirent désormais directement au vicomte. Les sieurs de Millac, de Pouzols, de Juge, de Bort, étaient les principaux vassaux du seigneur de Magnac dans la paroisse de Millac. La famille de La Martonie y possédait le repaire noble de ce nom avec des fondalités.

> La paroisse de Nontronneau, (lieu, commune de Lussas), réunie à la commune de Lussas, était en partie de la seigneurie de Magnac.

> La paroisse de Pluviers, (commune, canton de Bussière-Badil). Partie du vicomte et de la seigneurie de Magnac, partie de la châtellenie de Piégut , le repaire noble de Piégut ou Puyagut, sis dans la paroisse, servait autrefois de prison pour la châtellenie de Nontron. Au commencement du XVe siècle, Thibault de La Gourblaye, capitaine de la châtellenie, y résidait. Jean de Bretagne voulant récompenser ses services, érigea en seigneurie les terres qui dépendaient du château et s'étendaient dans les paroisses de Pluviers, Saint-Barthélemy et Saint-Etienne-Ledros, et en fit don à son capitaine. Il paraît résulter des mémoires que Jean de Bretagne n'avait attaché à la seigneurie que le droit de basse justice et s'était réservé avec l'hommage toutes les matières privilégiées, telles qu'appel, pleige, sauvegarde, excès et toutes les causes au-dessus de 60 sols et un denier. Les héritiers de Thibault de La Gourblaye étendirent leurs droits, et de son côté, Alain d'Albret, prétendant que la donation était nulle, revendiqua la pleine possession de la seigneurie. A la fin du xve siècle, le procès était pendant avec Antoine Hélie de Colonges, époux d'Isabeau de La Gourblaye.

> La paroisse de Quinsac, (commune, canton de Champagnac-deBelair), en partie de la seigneurie de Bruzac. Au bourg, un repaire noble devant l'hommage au vicomte.

> La paroisse de Reillac, (commune, canton de Bussière-Badil). Au xive siècle, il y avait une maison du Temple à Reillac. Le sieur de Magnac lui payait des redevances. La commune de Reillac et Champniers a été formée avec les deux paroisses de ce nom.

> La paroisse de Romain, (commune, canton de St-Pardoux-laRivière), était en partie de la seigneurie de La Coussière. Le sieur de Romain y tenait un repaire noble avec des héritages en fondalité.

> La paroisse de Saint-Angel, (commune, canton de Champagnac). Il y avait au bourg un repaire noble duquel dépendaient de nombreuses fondalités.

> La paroisse de Saint-Barthélemy, (commune, canton de Bussière-Badil). En partie de la seigneurie de Piégut. Le sieur de La Salamonie était seigneur foncier dans la paroisse.

> La paroisse de Saint-Étienne-le-Droux, (lieu, commune de Bourdeix). Les seigneuries de Magnac et de Piégut s'étendaient dans cette paroisse. Les dîmes étaient au seigneur de Magnac et au curé. Le prévôt des Cars, religieux de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, avait des héritages en directe dans la paroisse. La famille de Peyrat y tenait le repaire noble du Brieude, en la justice de Piégut.

> La paroisse de Saint-Front de Champniers, (commune, canton de Nontron). En partie de la seigneurie de Magnac. Les familles de Montfrabeuf et Paute possédaient des seigneuries foncières dans la paroisse. A la fin du XIVe siècle, les tenanciers du mas ou maine de Las Nouaillas, paroisse de Saint-Front, étaient encore serfs, taillables, quétables et exploitables à la volonté de leur seigneur, Guy Paute, donzel de Nontron.

> La paroisse de Saint-Front-la-Rivière, (commune, canton de Saint-Pardoux). En partie de la seigneurie de Magnac. Dans la paroisse était le siége de la petite seigneurie de La Renaudie, qui s'étendait sur la paroisse de Quinsac.

> La paroisse de Saint-Martial-de-Valette, (commune, canton de Nontron). Le seigneur de Magnac avait quelques vassaux nobles dans cette paroisse, entre autres les sieurs du Mont, du Bois et de Lobestor. Il y avait au bourg un repaire noble,

> La paroisse de Saint-Martin-le-Peint, (commune, canton de Nontron). La famille Tison, qui devait l'hommage au seigneur de Magnac, possédait de nombreux héritages en seigneurie directe dans cette paroisse et celles de Saint-Martial-de-Valette, Bondazeau et Nontronneau.

> La paroisse de Saint-Pardoux-la-Rivière, (chef-lieu de canton). La famille Seguin possédait anciennement de nombreux héritages en fondalité au bourg et dans la paroisse. Elle remontait à Ademar Seguin, écuyer, seigneur de Saint-PardouxLa-Rivière, qui fit son testament en 1303. (Arch. des B.-P. E, 608). Il y avait au bourg un couvent de religieuses de l'ordre dė Saint-Dominique.

> La paroisse de Saint-Robert, (village, commune de Teyjac), ancienne paroisse de peu d'importance, réunie plus tard à Teyjac.

> La paroisse de Saint-Saud, (commune, canton de Saint-Par. doux-La-Rivière). Une enclave était de la châtellenie de Chalus. Dans la paroisse était le siége de la seigneurie de La Coussière, ordinairement unie à celle de Varagne.

> La paroisse de Savignac, (commune, canton de Nontron). La famille Prévost possédait des héritages en directe dans la paroisse. Anciennement elle y avait des serfs. En 1261, Bernard, Guillaume et Hélie Prévost vendirent à Vierne veuve de Gui Doa, de Nontron, Pierre Faure leur homme lige, avec toutes ses terres et possessions et les servitudes auxquelles il était tenu. (Arch. des B.-P., E, 608).

> La paroisse de Teyjac, (commune, canton de Nontron). Le seigneur de Bourdeix avait de nombreuses possessions dans la paroisse.

> La paroisse de Varagne, (commune, canton de Bussière-Badil). Siège de la seigneurie de Varagne appartenant au sieur des Cars et qui, avec celle de La Coussière, s'étendait sur les paroisses de Busserolles, Soudat, Javerlhac, Saint-Saud et Saint-Robert.

Source : La vicomté de Limoges, géographie et statistique féodales, de Gustave Clément-Simon.

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Seigneurs de Lacombe (Périgord) (1607-1961)

Tout ce qui est donné sans indication de source provient des archives du château de Lacombe.

I. — Mr Me Dauphin de Maillard, éc., sgr de la Vocarie et de la Sauguie.

II fut procureur du Roi de Navarre dans la châtellenie de Nontron (Carrés, 378) après son oncle de Puyzilhon. Comme je l’ai dit, des cadets gentilshommes prirent parfois, à cette époque, des charges lucratives de petites judicatures.

Le 22 mai 1564 ou 1566, il épousa Honorette de La Croix, fille d’Arnaud, sgr de Jovelle et de Mitonnias, et de Claire Mercier. Le 20 déc. 1572, elle concourut au partage des biens de Jean et de François Mercier, qualifiés alors d’écuyers, quand leur père, riche marchand ayant plusieurs seigneuries, ne l’était que de honorable homme (Généalogies Périgourdines, I, 11).

Honorette, veuve, testa le 15 déc. 1591, alias le 13 déc. 1596 (Carrés), demandant à être inhumée à Mareuil, nommant ses enfants et désignant Louis de Labrousse, sr du Chatenet, comme son exécuteur testamentaire. — Enfants :

1. Jean, qui continue.

2. Autre Jean, sr de la Sauguie et de Nenchères. Il testa à la Combe, devant Desages, n. r., le 27 juillet 1643, instituant Jean, son neveu et filleul, et nommant ses nièces (Id.).

3. Troisième Jean, sr de la Borderie. A Chanet en Vieux-Mareuil fut signé, le 12 déc. 1602, le contrat de son mariage avec Catherine Mercier, fille de Guillon, sr de la Cipière, et de Marie Droingt.

4. Antoine, nommé au testament maternel.

5. Jacob, mort avant 1596.

6. Antoinette. Elle épousa, le 8 janv. 1634, Guillaume des Moulins. Comme colégataire de son frère, Jean, elle figure dans les procès qui furent la conséquence de son testament de 1643.

7. François, sr de la Combe. Il mourut dès 1643, s’étant allié avec Jeanne Morin, fille ou sœur de François, sgr de Peignefort, dont il eut :

A. Antoinette, baptisée à Saint-Just en 1622.
B. Raymonde, mariée le 20 nov. 1634 à Pierre de Puypeyroux.
C. Souveraine, encore en tutelle en 1647.
D. Jeanne, cohéritière en 1643. Est-ce elle qui aurait épousé un Nicolas de Lamothe ?
E. Françoise. Probablement décédée dès 1643. Pierre Jousset, sr de la Tourière, est attesté veuf d’elle en 1651.
F. Autre Antoinette, dite la jeune en 1643.

8. Françoise, attestée en 1596. Après un premier testament au 3 oct. 1625, où elle donnait quittance de dot (elle avait épousé Hélie Le Long, sr des Brousses), elle en refit un le 28 août 1632.

9. Jeanne, attestée en 1596. Serait-ce elle qui épousa Nicolas de Lamothe ?

10. Peut-être Antoinette, mariée p. c. du 19 juin 1605 à François de Morelon, sr des Ecuyers (Ar. dép. Gir., Cour des Aides), nommée dans des procès de cette époque.

II. — Jean, éc., sgr de Lacombe, de la Sauguie et cosgr des Graulges, de Beaussac (voir ci-dessous) et du Pont-de-Lisle par sa femme.

P. c. signé à la Jorie le 25 juil. 1606, Raymonde de Malet, fille de Louis, sgr de la Jorie, et d’Andrine du Pont, lui accorda sa main (Carrés). Le 22 oct. 1607, Isabeau de Beauville, comtesse des Cars, autorisa, en tant que dame de la baronnie de Mareuil, Jean de Maillard à surélever la maison noble de Lacombe avec tours, terrasses, mâchicoulis, etc., au devoir d’un éperon d’or (Id.). Voir aux indéterminés un Jean et des demoiselles de Maillard, en 1610, à ne placer qu’ici.

Le 8 janv. 1622 il acheta, conjointement avec F. Grant de Bellussière, J. de Conan d’Aucors, Annet de Pindray, sr de la Naulie, pour 14.000 liv., les paroisses, avec leur justice seigneuriale, de Beaussac et des Graulges. Leurs forges leur avaient rapporté. En 1634 Jean de Maillard fut en procès avec ledit Annet de Pindray et Hélie de Pindray, sr de Marafy, qui avaient coupé des bois, pour alimenter leurs forges, sans lui en payer la rente.

On était fort processif à ces époques, sur les bords de la Lizonne. Aussi, le 12 mars 1666, un long procès pour le droit de pêche sur cette petite rivière fut terminé par un accord intervenu entre le Jean de Maillard qui était à cette date sgr de Lacombe et François de Camain, sgr de Saint-Sulpice ; la justice et les droits sur Champeaux, acquis de la dame de Mareuil, motivèrent l’accord. Jean de Maillard ci-dessus partagea, le 12 déc. 1622 avec les dits Pindray et Grant, l’acquisition ci-dessus faite en commun. Jean eut le droit de banc dans l’église des Graulges avec celui de la litre au-dessous de celle du premier seigneur de la paroisse. Il eut la haute et moyenne justice sur la partie de la paroisse de Beaussac, comprenant les villages et mas de Puyloubaud, la Cotte, Ponson, Malus, Bretanges, avec droits de chasse et de pêche sur la Lizonne.

Mme de Maillard testa le 27 mars 1640, et son mari le 8 août 1652. On ne leur connaît comme enfants que les suivants :

1. Jean, qui suit.

2. Autre Jean, dont la destinée est inconnue.

3. Marie, mariée, le 4 juin 1644, à Hélie de Pindray, sr du Chatenet, fils de Geoffroy et de Lignotte de Chazelles.

4. Catherine, mariée p. c. p. f. du 5 fév. 1636 à Thomas de Conan, sgr d’Aucors, fils de Jacques et probablement de Marie de Linars.

III. — Jean de Maillard, chev., sgr de Lacombe, cosgr de Beaussac, etc...

Le 5 ou le 25 avr. 1634, il s’allia à Jeanne de Fayard, fille de Jean-Geoffroy, sgr des Combes, et de Marthe de Beaupoil. Il testa le 27 mai alias juillet (Carrés) 1659, ayant eu :

1. Jean, qui suit.

2. Hélie, sr de la Sauguye, qui testa le 27 mai 1659.

3. Catherine, décédée avant son père.

4. Jean, baptisé à Beaussac en 1645 (Peg. par.). D'après le jugement de maintenue obtenu en 1668 (v. p. 8), il se serait marié, sans nul doute, avec Jeanne de Maillard, fille de Jean, sgr de Lafaye (et alors le même jour que son frère?). On ne leur connaît que le suivant :

A. Joseph, sgr de Sainte-Croix et de Pronchères, marié en 1715 à Marie de Pindray, fille (unique?) de Jean, sgr d’Ambelle et de Sainte-Croix, et de Renée Giloux. Il mourut à 48 ans en 1735, et elle à Malue, le 7 juin 1772 (Reg. par. de Beaussac) . Outre six ou sept enfants, morts jeunes sans nul doute, et qu’il est inutile d’énumérer, Joseph de Maillard laissa :

a) Marthe, dont le contrat de mariage fut signé à Ambelle, le 17 fév. 1745, avec son cousin Jean-René de Pindray, chev., sgr de Thusis. Elle lui apporta le château d’Ambelle et ils sont les auteurs de la branche actuelle des Pindray marquis d’Ambelle (Dossiers P. Huet).

b) Marie, dont le mariage religieux fut bénit à Sainte-Croix de Mareuil en 1749, avec Alexis de Campniac, sgr de Malue.

5. Anne, née en 1646, mariée en 1667 à Pierre de Pindray, sgr de la Gagère. Elle mourut sans postérité avant son père.

6. Raymonde, femme de N. Dufraysse, sr de Roschaud.

7. Antoinette, bénédictine.

8. 9. François (le sr du Pinier vivant en 1677?) et Marthe, nommés au testament paternel.

IV. — Jean de Maillard, chev., sgr de Lacombe, de la Sauguye, de Nenchères.

Né à Lacombe en 1639, on croit qu’il y décéda en 1680. Sa femme était Marguerite de Lageard, fille d’Hélie, sgr de la Grange, et de Marthe de Conan. Leur contrat de mariage fut signé à Mareuil le 12 ou le 18 oct. 1668 (Carrés) . On constatera que les alliances des Maillard ne sont contractées, pendant un siècle, qu’avec des familles du voisinage. Jean obtint, comme il a été dit p. 8, un jugement de maintenue de noblesse d’extraction le 5 mai 1668. — Enfants :

1. Guy-Raymond, qui continue.

2. Pierre, né à Lacombe en 1671. Archiprêtre de Gurat en Angoumois, il y mourut le 20 août 1747.

3. François, sr du Repaire, né le 26 déc. 1677, sur qui on ne sait rien.

4. Hélie, sr de la Sauguye, officier de dragons, mort en 1700.

5. Marthe, née à Lacombe, baptisée à Beaussac le 10 août 1669. Elle épousa, le.... Charles de Galard-Béarn, sgr de Nadaillac, probablement fils de Jean et d’Henriette de Chasteigner, bien que Noulens, auteur de la Maison de Galard, le dise marié en 1693 avec Charlotte de Galard.

6. Marie, demoiselle de Nenchères, née en 1680 (?), morte à Lascaud en 1750.

V. — Guy-Raymond, chev., sgr de Lacombe. Né à Lacombe le 9 août 1670, il y signa, le 9 juin 1696, le contrat de son mariage avec Anne de Reynier, veuve de Charles de Rastignac de Laxion, fille de Jean, sgr de la Navoye, et de Marie de Malet de La Jorie.

Le 30 juillet 1696, il déclara ses armoiries pour être inscrites dans l’Armorial Général de France. Le 14 juin 1702 il fut convoqué au Ban de 1$ noblesse du Périgord et, le 12 mars 1704, il reçut de l’Intendant de Guyenne une décharge lors de la seconde Recherche de la Noblesse.

Par son testament, fait à Lacombe le 7 déc. 1739, il demanda à être inhumé en l’église des Graulges, au tombeau de ses aïeux. Il ne serait décédé qu’en 1750. — Enfants :

1. François, qui suit.

2. Pierre, dit le Chevalier de Lacombe, chev. de Saint-Louis. Reçu en 1736 aux Gardes du Corps, il y fut porte-étendard. Il se retira en 1763. II se serait marié, à 60 ans environ, le 24 nov. 1778, avec Marie-Louise-Rose Sauges, avec qui il habita le château de Dosnon, près de Mailly en Champagne, où il décéda sans hoirs en oct. 1789, faisant héritier son neveu Philibert.

3. Jeanne-Marie, demoiselle de Lacombe, où elle mourut le 15 avril 1775 et où elle était née en 1698. Or les registres paroissiaux des Graulges mentionnent en 1775 l’inhumation d’une Marie de Maillard, âgée de 60 ans. Est-ce elle, alors bien rajeunie ?

4. Marthe, née en 1707. Son contrat de mariage fut passé à Lacombe le 6 nov. 1727, avec Louis de Villars, sgr de Poutignac, fils de Claude-Joseph et de Marie des Bories, remariée avec Joseph de Conan, cousin des Maillard. — (Voir Généalogies Périgourdines, II, 167.)

VI. — François de Maillard, chev., sgr de Lacombe et de Nenchères, cosgr de Beaussac. Il fut aussi sgr de Lascaud, qu’il acheta pour 8.500 livres à Marie de Champagnac, religieuse de l’Union Chrétienne à Angoulême, le 25 août 1740.

Né en 1706, il épousa sa cousine, Marie de Conan, fille de Jacques, sgr d’Aucors, et de Madeleine de La Roumagère. Le contrat est du 27 juil. 1730 et la bénédiction nuptiale du 12 août suivant. Il testa le 9 mars 1762 et sa femme en fév. 1785. — Enfants (outre Jacques mort jeune) :

1. Pierre, qui continue.

2. Marie-Madeleine, née, dit-on, le 5 oct. 1749. Elle n’aurait ainsi eu que 13 ans quand elle épousa religieusement, le 23 août 1763, Nicolas Hastelet, sgr de Puygombert, fils de Thibault et de Louise Arbouneau. Elle décéda, veuve, à Lacombe, le 7 déc. 1789.

3. Marthe, née à Lacombe le 8 mai 1741. Elle passa c. de m. le 13 oct. 1779 avec Pierre de Maillard-Lafaye. Une fois veuve elle se retira à Lacombe.

4. Marie-Rose, demoiselle de Nenchères, née le 16 mars 1754 à la Combe, où elle mourut sans alliance.

VII. — Pierre de Maillard, chev., sgr de Lacombe, cosgr de Beaussac.

Né à Lacombe le 31 oct. 1734, il y décéda le 19 nov. 1786, y ayant testé le 20 oct. précédent. Sa femme lui survécut, car elle ne fut rappelée à Dieu qu’en 1821. Elle se nommait Madeleine-Radegonde-Henriette Moreau de Villejalet, fille de Jean-Thibault, trésorier général à Poitiers, et de Marie Marcillac d’Oradour. Leur mariage fut bénit au château de Montchenil, le 12 mars 1771.

Pierre servit comme garde du Corps d’avril 1755 à avril 1764; il eut la croix de Saint-Louis. Ayant voulu, suivant le droit de sa famille, faire peindre une litre funèbre dans l’église des Graulges, le curé J.-B. Gratereau, sgr des Graulges, représentant alors le sgr de la Neulie, voulut s’y opposer; mais, le 10 fév. 1779, Pierre de Maillard obtint gain de cause.

Le 16 nov. 1780, il fut ainsi amené à rendre hommage à Gabriel de Talleyrand, prince de Chalais, baron de Mareuil, pour son fief de Lacombe en Beaussac, anobli en 1607, sous le devoir d’un éperon doré. Semblable hommage avait été rendu le 7 nov. 1718. — Outre Thibault né et mort en 1772 et Nicolas né en déc. 1781, sur qui on ne sait rien, Pierre de Maillard fut père des suivants :

1. Thibault, qui suit.

2. Philiberte, née à Lacombe en mai 1777. Elle s’allia le 4 sept. 1798 à son cousin-germain Guillaume-Jean Goursaud de Merlis, fils de Jean-Baptiste et de Radegonde Moreau de Villejalet. Ils eurent : 1° Charles, marié en 1827 avec Thérèse-Zénaïde Lafon-Desvergnes, dont Berthe femme du baron Jules Moreau de Montcheuil ; — 2° Jean-Philippe qui, d’Ursule Laurent du Blanc, eut Joseph, époux de N. de Pichon-Cariette ; — 3° Anne de Merlis, mariée en 1832 avec Alphonse-Samson de Rogères; — 4° Alexandrine de Merlis décédée en 1883 à Constantinople, supérieure de l’hôpital français tenu par les Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

VIII. — Thibault de Maillard de Lacombe. Né à Lacombe le 25 fév. 1789, il y décéda le 28 sept. 1827 et sa femme le 28 juil. 1856. Celle-ci était sa cousine-germaine, Henriette-Radegonde Moreau de Montcheuil, fille de Nicolas, conseiller au Parlement de Bordeaux, et d’Anne-Alix Prune de Loret. De ce mariage, célébré au Taillan (Gironde) le 19 janvier 1799, naquirent :

1. Jean, qui continue.

2. Henri, auteur du Rameau C, dit de Taillefer.

3. Radegonde-Agathe-Célestine, née le 26 déc. 1805, mariée le 28 janv. 1830 à Justin Fondou du Sourhier. Leur première fille, Henriette, épousa le 23 mars 1851 Eugène Fargeot, dont Félix, marié le 15 janv. 1883 avec Marie-Louise Vigier du Gaston. Leur deuxième fille, Marie, épousa, le 7 fév. 1872, Gaston du Chazeau.

4. Marthe-Pauline. Née à Lacombe le 22 déc. 1808, elle épousa, le 15 nov. 1839, le baron Jules de Rufray — dont : 1° Alexandrine, mariée en avril 1852 à Timoléon de Béhagle; leur fille, Marie de Béhagle, épousa en 1879 Théobald Maugeis de Bourguesdon; — 2° Anatole, mariée le 30 juil. 1860 à Henriette-Anna du Pin de Saint-Cyr, et père de Roger, Ernest, Joseph, Marguerite et Jeanne.

5. Auguste, auteur du rameau de Salles.

6. Antoinette, née à la Combe en 1820. Elle épousa, en.... Auguste du Pin de Saint-Cyr. Ils habitèrent le château d Aucors, où ils moururent, lui le 8 avr. 1861, elle le 16 fév. 1859. Ils eurent : 1° Nelly, alliée le 6 nov. 1866 à Arthur de Sénailhac, dont Alice, Eveline, Amélie, Marie, Marthe ; — 2° Henry, marié le 30 déc. 1868 à Louise Bessot de La Mothe ; né en avril 1845, il décéda en 1882; — 3° Jean-Arthur, né le 24 nov. 1846, décédé en 1879, marié le 30 déc. 1872 à Marguerite Fourichon de Labardonie, dont Marie, Max, Gérard.

7. 8, 9. Edouard, né en 1816, mort en 1829; et deux autres enfants morts jeunes.

IX. — Jean de Maillard de Lacombe. Il naquit à Lacombe le 5 fév. 1800 et y décéda le 13 oct. 1860. Le 6 juillet 1816 il fut garde du Corps. Il contracta deux alliances : la première en 1837 avec Anne Marcillaud de Coursac, morte le 10 août 1838, dont un fils mort la même année; la seconde, le 13 juin 1840, avec Mathilde Arnaud de Nanclas, décédée le 6 janv. 1885; elle était fille de Pierre et d’Aimée de Plas. — Enfants :

1. Pierre-Eugène, qui suit.

2. Marie-Caroline, qui a contribué à établir cette généalogie. Elle a été rappelée à Dieu, à Bergerac, à l’âge de 64 ans, le 21 avril 1908.

3. Paul, auteur du rameau de la Sudrie.

4. Gaston.

X. — Pierre-Eugène de Maillard de Lacombe. Né à Lacombe le 1er juil. 1841, il y décéda le 17 déc. 1874. Le 1er déc. 1867, il épousa Marie-Louise de Barbarin, fille de Gustave et de Juliette Rousseau de Magnac, demeurant à Rancogne (Charente), où ils habitèrent jusque en 1870; puis ils revinrent à Lacombe. Une fois veuve, Mme de Maillard accepta le titre, de courtoisie, de comtesse. — Enfants :

1. Gustave, qui suit.

2. Guy. Né à Rancogne; peut-être est-ce lui qui a épousé, en...., Marie, aliàs Blanche, Arbellot de Vacqueur.

3. Marie-Anne-Marguerite, en famille Jeanne, née à Lacombe le 23 août 1872, mariée le 15 fév. 1898 au baron Roger de Ruffray.

4. Vicomte Jean-Marie-Henry, né à Lacombe le 23 sept. 1874, marié, à Angoulême, le 26 juillet 1900, avec Nina Maurain, fille d’Amédée. Je suis sans renseignements ultérieurs, car mes demandes sur cette branche sont restées sans réponse. On croit qu’il habitait à Cognac en 1923.

XI. — Jean-Eutrope-Alexis-Gustave comte de Maillard de Lacombe. Sur lui je n’ai pu savoir que ceci : il naquit à Rancogne le 19 oct. 1868, il épousa à Toulon, le 29 nov. 1898, Amélie Pighetti de Rivasso, fille du vicomte de ce nom, dont il eut : Jean, Hervé, Alain. — Peut-être est-ce lui qui, simplement indiqué comme marquis de Maillard, date de Lacombe le faire-part du mariage d’un fils Jehan, contracté à Saint-Nazaire, le 18 sept. 1928, avec Mlle Hélène Ofalibourg.

Source : Généalogies Périgourdines, de Aymar de Saint-Saud.

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Deux parlementaires nontronnais sous la Troisième République

Mazerat (Louis, François) (1817-1881)

L'avocat Louis François Mazerat est issu de vieilles familles de notables du Nontronnais, comptant plusieurs robins. Quand il naît dans la petite ville de Nontron, le 22 septembre 1817, il est le troisième enfant de François Marie « aîné » Mazerat (1776-1825), substitut du procureur du roi près du tribunal civil de Nontron (lui-même fils d'un avocat, juge sénéchal de Nontron, décédé en 1791) et de Thérèse Zoë Charles de Peyssard, décédée deux ans après la naissance de son fils, en 1819. Son frère aîné, François Antoine dit Hylas, né en 1809, fit aussi des études de droit et sa sœur, Marie-Antoinette épousa Jean-François Adolphe Sclafert Lagorsse, substitut du roi près du tribunal de Sarlat au moment de son mariage. La famille vit au château de Nontron où l'enfance de Louis François est assombrie par la mort de ses parents qui le fait orphelin à l'âge de huit ans.

Après l'école communale de Nontron, Mazerat fréquente le lycée de la ville puis la faculté de droit de Paris, ce qui lui permet de devenir avocat au barreau de Nontron et d'y être inscrit jusqu'à sa mort, même si cet « avocat-propriétaire » n'a, comme beaucoup de ses contemporains, pas toujours plaidé.

Le goût de la chose publique lui a certainement été transmis par son métier mais aussi par tradition familiale : ses deux oncles paternels ont exercé les fonctions de maire de Nontron, l'un en l'an II, l'autre — son tuteur, Jean-Baptiste Joseph Mazerat d'Azat — en 1827. Aussi, dès juin 1848, Louis François Mazerat exerce-t-il les fonctions de conseiller municipal de Saint-Martial-de-Valette, aux portes de Nontron. Le 30 juillet 1852, il est nommé maire de sa ville natale, et occupe ce fauteuil jusqu'a 13 juillet 1859. L'homme a donc une belle expérience locale quand il est élu sur la liste du Comité libéral représentant de la Dordogne à l'Assemblée nationale, le 8 février 1871. Il siège alors au centre-droit où il se fait remarquer par ses opinions libérales. La même année, le 8 octobre, il est élu conseiller général de Nontron. Le 11 février 1874, il est à nouveau nommé maire de la sous-préfecture du nord de la Dordogne. Mazerat atteint alors l'apogée de sa puissance politique. En 1875, il vote contre l'adoption des lois constitutionnelles. Mais l'affirmation progressive de la République met fin rapidement à la carrière de cet élu : en 1876 s'achève son mandat de parlementaire ; en 1878, il perd la mairie de Nontron et en 1880, il renonce à son dernier mandat, celui de conseiller général, abandonnant ainsi la présidence de l'assemblée départementale, officiellement pour des raisons de santé. Il est vrai que Mazerat meurt un an plus tard à Périgueux : après des obsèques religieuses, ce célibataire est alors enterré à Nontron dans le caveau familial.

Dusolier (François, Alexis, Alcide) (1836-1918)

Alcide Dusolier appartient à une famille de notables du Nontronnais dont plusieurs membres ont siégé dans une assemblée parlementaire au milieu du XIXe siècle : son père, Thomas (1799-1877) fut député de la Dordogne sous la Monarchie de Juillet, de 1839 à 1842, puis de 1846 à 1849 et enfin, sous le Second Empire, de 1852 à 1863 ; son beau-frère, Eugène Barailler, siégea à l'Assemblée constituante de 1848 à 1849 et son cousin, P. Tesnière, fut député de la Charente sous Napoléon III. Alcide est le dernier des cinq enfants de Thomas Dusolier, fils d'Antoine (1768-1838), officier de gendarmerie et de Léonarde Martin, et de Françoise Marie Ribeyrol (1798-1851), fille d'un propriétaire, maître des forges et de la fonderie de Jommelière à Javerlhac, et de Françoise Vallade. La mort prématuré de deux frères, Thomas Armand (1832-1850) et Thomas Léon (1839) réduit très vite la famille. Né à Nontron le 21 septembre 1836, il fait, après des études secondaires dans un établissement privé à Pons, son droit à Paris. Cela ne le conduit pas vers un métier juridique, tel qu'avocat, comme son père, son frère aîné Jean Louis Émile (1829-1865) ou son beau-frère, Barailler, le mari de sa sœur aînée Marie Henriette Angéla (1828-1892) ou juge de paix comme son autre beau-frère Alcide Pontou, époux de son autre sœur, Marie Henriette Clara (1835-1927), mais vers le journalisme et la littérature. Les nombreux articles de critique artistique parus dans la presse parisienne dans les années 1860 et les divers ouvrages littératires publiés à la même époque n'annoncent pas une carrière politique, même si le jeune publiciste, initié à la franc-maçonnerie en Dordogne en 1868, est connu pour ses idées républicaines.

C'est l'année 1870 qui constitue un tournant dans la vie d'Alcide Dusolier : élu conseiller municipal de Nontron en août, dans les dernières semaines de l'Empire il est nommé sous-préfet de la ville, dès la proclamation de la République, le 4 septembre et devient le secrétaire de l'homme plus en vue du nouveau régime, Gambetta, à partir du 17. Pourtant, l'entrée définitive en politique ne s'effectue que dix ansplus tard. Entre temps, Dusolier a consolidé son assise locale en devenant vénérable de la loge « L'Avenir » à Nontron en 1876, en présidant la Société de secours mutuels de Nontron à partir de 1877, en se battant trois fois en duel avec ses adversaires et se faisant nommer chevalier de la légion d'honneur... Élu conseiller général de Nontron, en 1880, puis député de Nontron en 1881, constamment réélu ensuite, Dusolier a abandonné ces mandats volontairement après trente ans dans l'assemblée départementale et trente-et-un de vie parlementaire, d'abord à la Chambre (1881-1885) puis au Sénat. Devenu un des chefs du parti républicain en Dordogne, Dusolier s'impose aussi au Parlement, dans le groupe de l'Union républicaine dont il est, à plusieurs reprises, président, à la Chambre (1881) comme au Sénat (1894). Secrétaire du Sénat de 1891 à 1894, il en devient questeur de 1897 à 1907. Mais la disparition de celle qu'il avait épousée le 26 août 1872 à Maisonnais-sur-Tardoire, Marie Marguerite Roux de Reilhac de Chateaurocher (1850-1899) puis de sa fille Claire Angèle (1880-1906) ramènent de plus en plus Alcide Dusolier vers son Périgord natal et en particulier son château de Bonrecueil, à Saint-Sulpice-de-Mareuil, où il achève sa vie le 10 mai 1918. Il laisse un fils, Maurice (1879-1943) et le souvenir d'un homme qui, s'il consacra une partie de sa vie à la politique, n'en fut pas moins un homme de plume, fin lettré, très engagé dans le mouvement du Félibrige et en particulier, dans le Bournat, l'école félibréenne du Périgord.

Source : Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République, de Bernard Lachaise.

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L'ancienne paroisse de Teyjat

La commune de Teyjat est bornée au nord, par celle de Soudat à l'est, par les communes d'Etouars et du Bourdeix; au sud et à l'ouest, par celles de Javerlhac et de Varaignes. Son terrain, granitique au nord, est en majeure partie en calcaire de première formation, avec des collines de 198, 201, 206, 217, 226 et 230 mètres d'altitude. Il contient les bourg, villages, hameaux et lieux ci-après :

« Lauterie, Le Châtelard, Laborie, Le Bouchage, Malibas, Vaubrunet, Brognac, Boueyre, Bos-Bernard, Teyjat, Beaumont, Chauffour, Le Forestier, Laronde, Laudonie, Cailleau, Le Mège, Chez-Gourjon, Boisseuil. »

La population a été successivement : En 1365, de 78 habitants pour treize feux; en 1804, pour 130 maisons, 784 habitants en 1852, de 792; 1856, de 841; 1861, de 794; 1866, de 755; 1872, de 733 ; 1876, de 776; en 1881, de 754.

Cette paroisse, dépendant de la châtellenie de Nontron, eut, dans le principe, le vicomte de Limoges pour seigneur suzerain, et elle dépendait de la justice du Bourdeix. Elle passa successivement, et à partir des premières années du XVe siècle, aux mains de la famille d'Escars et ensuite dans celles de Hélie de Pompadour, par le mariage du 1er mars 1536, de Geoffroy Hélie de Pompadour avec Suzanne d'Escars ou des Cars, fille de François, seigneur de Roussines, La Coussière, Varaignes et Teyjat; plus tard, elle fut vendue à M. de Lavie, ainsi qu'il a été constaté au chapitre de la commune du Bourdeix. Enfin et par contrat reçu Grolhier, notaire, le 25 décembre 1787, M. le comte de La Ramière, acquéreur verbal et fondé de pouvoir de M. Arnaud de Lavie, revendit la terre et seigneurie de Teyjat à dame Marie de Marcillac, veuve de M. Moreau, seigneur de Villejalet, sous la réserve de l'hommage au marquisat du Bourdeix.

Parmi les fiefs particuliers, nous relèverons les suivants :

1° Le Chatelard. — Ce fief appartenait, du XVe au XVIe siécle, à la famille de Chevreuse, qui, par actes des 11 et 23 juin 1562, consentirent à Poncet Hélie de Colonges, seigneur du Bourdeix, reconnaissances de rentes sur le mainement et moulin du Chatelard et sur le moulin de Teyjat. Suivant acte du 11 novembre 1584, reçu par le même notaire Jalanibat, partage entre le dit seigneur du Bourdeix et Annet de Chevreuse.

Par contrat du 22 août 1589., devant Fontaneau, notaire, Marthe de Chevreuse se maria avec Jean de SaintLaurent, écuyer, seigneur de Feuillade, et en eut Jean, né au Chatelard (Nadaud). Du 26 décembre 1590, reçu Masfrand, notaire, vente par Jacques de Chevreuse au seigneur du Bourdeix. Le 7 mars précédent, devant Fontaneau, cession de droits au dit seigneur par Jacques et Marthe de Chevreuse. Le 21 février 1619, par acte reçu Belliquet, notaire, revente du fief du Chatelard par le seigneur du Bourdeix, sous la réserve des cens, rentes et de l'hommage à Nicolas Gaultier, sr de Jomelières, écuyer. Du 5 juin 1660, vente par Hélie de Pompadour de Laurière, seigneur du Bourdeix, au dit Nicolas Gaultier de diverses rentes, sous la foi et hommage d'un oiseau serin des Canaries. De 1722 à 1741, le fief du Chatelard, appartenait à Annet Urtelle, et, en 1748, à Jean Pabot, sieur du Chatelard, dont les descendants le possèdent encore.

1° Vaubrunet. — Au XVIIe siècle, ce fief appartenait à une branche de la famille Labrousse de Nontron, d'après les documents suivants : Le 18 mars 1677, devant Jalanihat, procuration par Louis de Labrousse, sieur de Vaubrunet, comme exerçant les droits de Marie de Labrousse, sa femme, donataire de son père feu Etienne de Labrousse, sr de Mirebeau, à Joseph de Labrousse, sr de Brognac, son frère. Le 3 mai 1705, même notaire, cession par le même à Jean-Baptiste de Marendat, sr du Coussé, gendarme de la garde du Roi, habitant en sa maison noble du Coussé, paroisse de Varaignes. Du 2 avril 1718, partage de la succession du dit Louis entre ses deux filles et son fils Hélie de Labrousse, sr de Vaubrunet. Du 19 mars 1733, vente par le fondé de pouvoir de Mme de Pompadour de diverses rentes à Joseph de Labrousse, sr de Mirebeau, demeurant au lieu noble de Vaubrunet. Cet ancien fief appartient aujourd'hui à M. Perrot du chef de son aïeule, née de Labrousse.

3° Brognac. — A divers membres de la famille de Labrousse, parmi lesquels Jean de Labrousse. sr de Brognac, conseiller du Roi et vice-sénéchal du Périgord, parrain de Jean Ruben, d'après l'acte de baptême de celui-ci, passé à Nontron le 19 octobre 1636. — Du 13 juin 1652, inhumation de Martial de Labrousse, sieur de Brognac, vice-sénéchal du Périgord, en la chapelle de Notre-Dame de Nontron, ès-tombeaux de ses prédécesseurs. — Le 20 janvier 1688, inhumation dans la même chapelle de Joseph de Labrousse, sr de Brognac. — Le 13 juin 1711, mariage de Jean de Labrousse, sr de Brognac, avec Madeleine de Masfrand. — Le 19 juin 1787, vente de Brognac à Antoine Grellet, contrôleur de la monnaie à Limoges, par Benoît de Labrousse de Brognac et de demoiselle Françoise de Brie et par Jean de Labrousse, son fils aîné. Cette branche de la famille est encore représentée par M. de Labrousse-Brognac, propriétaire à Aurnont, commune de Savignac-de-Nontron.

4° Boisseuil. — A la même famille, suivant les actes ci-après : Du 24 mars 1708, devant Jalanihat, testament mutuel fait par Jean de Labrousse, sr de Boisseuil, et François de Labrousse, sr de Lavergne, gardes du corps du Roi, au moment de leur départ de Teyjat pour aller au service de Sa Majesté. Le 14 août 1716, ouverture de ce testament à la requête du dit Jean, en présence de dame Marguerite du Noble, leur mère, veuve d'autre François de Labrousse, sr de Boisseuil, Jean de Labrousse, sieur de Chaufour, messire Jean de Labrousse, docteur en théologie, curé de Souffreignac, Jean de Labrousse, sr de Laudonie, et Marie de Labrousse, veuve de Jean de Labrousse, sieur de Barouffières, frères et soeur. — Du 15 juillet 1735, appel d'une sentence de l'ordinaire de Nontron, à la requête de Jeanne Gaultier, demoiselle, veuve d'autre Jean de Labrousse, sr de Barouffières.

5° Laudonie. — Qualifié de repaire dans un acte de 1691 et qui appartenait en 1708 à Jean de Labrousse.

6° Le Forestier. — Dont le logis avec chapelle privée existe encore. Ce fief appartenait, au XVIe siècle, à la famille de Labrousse, de laquelle il passa à celle de Ruben, établie antérieurement dans la ville de Nontron, par suite du mariage de Jean Ruben avec Guillaumette de Labrousse, desquels provint Pierre Ruben, né et baptisé au dit Nontron, le 3 août 1597. Un autre Jean Ruben se maria avec Catherine de Labrousse, de laquelle il eut Louis, né et baptisé à Nontrou le 21 mars 1655. Plus tard et en 1684, Jean Ruben décéda au dit lieu du Forestier, après avoir, le 9 mai de cette année, devant Jalanihat, fait son testament, par lequel il déclare vouloir « Que son corps soit porté et enterré aux tombeaux de ses prédécesseurs, qui sont dans l'esglise des reverends pères cordelliers de la ville de Nontron et que ses héritiers donnent la somme de cinquante livres pour la réparation du dict couvent, à charge de quarante messes. » Enfin et le 3 juillet 1728, devant Boyer, vente d'une maison à Nontron par Joseph Ruben, habitant au Forestier, paroisse de Teyjat, à Marguerite Ruben, veuve du sieur Grolhier, ancien notaire à Nontron. Le Forestier appartient aujourd'hui à la famille Lidonne du chef des Basset-Desrivailles, dont un membre, François, figuré avec sa femme, Marie de Labrousse, dans un acte de partage, du 2 avril 1718, de la succession de Louis de Labrousse.

7° Beaumont. — A Pierre Bounython, en 1683; Pierre Cheyrade, sr de Beaumont, en 1692. Le 23 février 1748, Michel Cheyrade, sr de Beaumont, épousa Anne de Fornel. Plus tard, enfin, à la famille de Labrousse, qui se trouva ainsi, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, posséder une grande partie de la paroisse de Teyjat.

Passant du régime civil aux institutions religieuses, nous trouvons dans Nadaud :

« Teijat, cure de 810 communiants décimes, 190#; patron, saint Pierre-ès-Liens. L'évèque de Limoges y nommoit dès 1476. »

L'église romane, à deux nefs voûtées en pierre, est antérieure au testament de 1291, par lequel Bernard Ranulphi, seigneur de Javerlhac, légua une réfection de pain et de vin au chapelain de Teyjac (Teyjaco). On y remarque un autel dédié à saint Roch et devant lequel les mères de famille viennent en grande dévotion faire offrande à ce saint de leurs enfants atteints de maux d'entrailles, pour en obtenir la guérison. Une autre dévotion a lieu à une fontaine dite de Sainte-Marguerite et située sur la limite des communes e Teyjat et de Varaignes. On y de fort loin, nous a dit M. Mounier, curé actuel, pour boire de l'eau et demander à cette sainte la guérison des douleurs rhumatismales. Enfin, la fête votive a lieu le premier dimanche du mois d'août de chaque année.

Parmi les principaux curés des derniers siècles, nous relevons les suivants : En 1658, Puyarges; 1682, Etienne Bounitbon; 1688, André Pallot; 1699-1703, Etienne Jaubert; 1707, Jean de Labrousse; 1717, François-Antoine Salviat; 1730, Isaac Artiguye, licencié en Sorbonne, qui plaida en 1733-34 contre Jean Barrière, marchand de Nontron, fermier de la seigneurie du Bourdeix, en paiement d'une somme de 300# annuellement donnée par le seigneur de Pompadour, outre la moitié des fruits décimables de la paroisse, par transaction du 6 mars 1722 entre le dit seigneur et M. Salviat, alors curé. Joseph Nadaud, mort le 5 octobre 1775, fut aussi curé de Teyjat, où il écrivit la majeure partie de ses chroniques sur le Limousin, le Périgord et l'Angoumois, dont les manuscrits sont conservés au grand séminaire de Limoges.

Quant aux revenus de la cure, voici quel était, en sus du casuel, le produit annuel des dimes, d'après l'acte suivant, reçu Jalanihat, le 7 juillet 1717 :

« Aujourd'huy... au bourg de Teijat, en Périgord, et place publique du dit lieu. Pardevant nous, notaire royal. Ont estés presents Messire François-Anthoine Salviat, docteur en théologie, prestre, curé de la dite paroisse, y demeurant, lequel a affermé. les dismes du bled de la paroisse de la manière qui suit : Premièrement, le village du Cailleau a esté délivré à 35 sestiers de bled... a scavoir tiers froment, tiers bonne mesture, tiers advoine, sept boisseaux pour quatre et un boisseau bled d'Espaigne, bon et marchand et permis à M. le curé de faire vaner le dit bled audevant de sa porte, en cas qu'il ne fut marchand, aux despens des dits fermiers. Plus le village de Forestier... pour 33 sestiers dans les mesmes proportions et deux boisseaux de bled d'Espaigne aux mesmes conditions. Plus le village du Chastelard... pour 26 sestiers et deux boisseaux de bled d'Espaignes aux dites conditions. Plus Vaubrunet et Malibas... pour 25 sestiers, comme dessus. Plus Bosbernard et Larondet... pour 16 sestiers deux boisseaux, comme dessus. Beaumont... pour 25 sestiers, comme dessus. Brogniat... pour 15 sestiers et rm sestibr de bled d'Espaigne, comme dessus. Chaufour... donné a lever au boisseau les dits bleds comme dessus. Boischeuil. donné a lever au boisseau comme dessus. Boyret... pour 2.5 sestiers et deux boisseaux de bled d'Espaigne comme ci-dessus. Le dit bled livrable pour le plus tard a Nostre-Dame de septembre. »

Le 7 juillet 1717, par autre acte, afferme par le même : « Des dismes des vins, layne, chanvre et lin, moyennant le prix et somme de soixante livres par année... »

Par trois autres actes du 20 juin 1723, même notaire, afferme par le dit curé « de toutes les dismes tant de bled que de vin, chanvre, layne et toutes autres sur le village de Brogniat. pour la somme annuelle de 160#... » Des dismes du Forestier pour 300#. Et des dismes de tous les autres villages s'élevant à 239 sestiers de bled... « A partager par moitié entre le curé et le seigneur de Pompadour, sous la réserve m. de 300# que celui-ci s'est engagé à payer annuellement au premier, par transaction du 6 mars 1722, reçue Danède, notaire à Nontron, sur procès pendant en la Cour de Bordeaux et de toutes les dismes de vin adjugées, il y a longtemps, à lui et à son prédécesseur. »

Terminons maintenant ce chapitre en signalant, parmi les curiosités du sol : 1° Dans le terrain calcaire et près de l'église une grotte à cristallisation; 2° au nord de la commune, sur le terrain granitique, entre Chatelard et Vaubrunet, un demi-dolmen, désigné ainsi qu'il suit par nos savants confrères, MM. Philippe de Bosredon et A. de Roumejoux, dans le Bulletin de la Société historique du Périgord, de 1877 et 1879 :

« Commune de Teyjat — Dolmen renversé près du Chatelard. (G. de Mortillet, d'après de Gourgues.) »

« Demi-dolmen de Teyjat. Ce demi-dolmen, dit Pierre plate, est en granit du pays et placé dans une vigne appartenant à M. Féraud. Il a 1m82 de longueur, 1m55 de largeur et 6m35 de hauteur. Le cercle qui figure au centre est-il primitif ? Aux alentours, on trouve des fragments de silex travaillés. »

Source : Monographie de la ville et du canton de Bussière-Badil, de Pierre-Henri Ribault de Laugardière.

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L'affaire d'Abjat en 1640

Ces réseaux de complicités notables se retrouvent à tous les moments de l'affaire d'Abjat. La plupart des terres y appartenaient aux bourgeois de Nontron et un seul d'entre eux avait plus de bestiaux à Abjat que tous les habitants du bourg. Aussi les Vaucocour accusaient-ils nettement les bourgeois de Nontron « d'avoir donné conseil de faire rebellion ». Les officiers de Nontron refusaient en effet de poursuivre les gens d'Abjat et même de leur signifier des actes de procédure. Ils cachaient les principaux coupables et recelaient leurs biens. Les gentilshommes du voisinage, le baron de La Valade et le seigneur de Maraval, dissuadaient les sergents de s'approcher du bourg. Le plus proche hobereau, Thibaut de Camaing, écuyer, sieur de Verdoyer, soutenait ouvertement les habitants devant la justice. Il les accompagnait à Périgueux, les fournissait de procureurs et d'avocats. Il faisait menacer les sergents et aidait les coupables à s'évader ou à se cacher. Le vice-sénéchal était soupçonné d'avoir passé un traité avec les habitants. Quant au gouverneur de Périgord, Bourdeille, on ne pouvait pas non plus se fier à lui contre les villageois. L'intendant devait appeler l'affaire à lui, la juger à Nérac. Il se heurtait à toute une conspiration provinciale pour protéger les émeutiers, à une sorte d'unanimité dans la défense des droits des habitants contre l'agression des gens de guerre.

Source : Histoire des Croquants, de Yves-Marie Bercé.

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Les Cazes avant la Révolution française

Les Camain

La famille de Camain de Saint-Sulpice-de-Mareuil, du Verdoyer, de Saint-Front-de-Champniers, des Cazes, d'Oradour, de Puylambert, de Romefort, de La Coutencie, de Lestang de Lavergne et autres lieux, remonte sa filiation à 1450.

Au XVIe siècle, Charles de Camain, seigneur des Cazes, et son épouse Françoise Saunier habitent le château des Cazes. De leur union, naissent Hélie, écuyer, sieur du Repaire, marié le 26 novembre l 668 à Anne Deschamps, fille de Léonard, écuyer, sieur de La Tranchardie, et de Judith Hastelet ; et Louis dit le chevalier du Repaire, marié le 15 octobre 1673 avec Bertrande Marquet, fille de Louis, sieur des Farges, et de Valérie de Mérédieu, puis en secondes noces avec Marguerite Arbonneau.

Hélie et Louis de Camain s'illustrent à leur manière en paticipant activement à un fait-divers particulièrement sanglant. Ainsi, le 2 janvier 1677, les deux Camain, Raphaël de Lamberterie, seigneur de La Chapelle-Montmoreau, son frère cadet, après un bon dîner chez le juge de Quinsac, réunissent quelques hommes armés et se dirigent vers La Pouyade afin de règler un différend qui les oppose à la famille de La Roussie (voir La Pouyade). Guillaume de la Roussie, abbé de Beaulieu et son frère Pierre, seigneur de la Pouyade, brigadier des chevau-légers, en promenade sur le chemin de Mars, sont alors surpris. MM. de Lamberterie tirent immédiatement deux coups de pistolet qui étendent raide mort le pauvre abbé. Les assaillants déchargent ensuite leurs armes sur Pierre puis lui envoient un coup de fusil qui le blesse aux reins et, pour faire bonne mesure le lardent de coups d'épée. Pierre de la Roussie, gravement blessé, trouve tout de même assez de ressources pour saisir un fusil et tirer sur le cadet des Lamberterie qui ne survivra d'ailleurs que quelques jours à ses blessures. L'intervention de paysans met heureusement fort à propos un terme à ce véritable carnage qui ne trouvera son épilogue définitif, après une longue série de procès ayant opposé les diverses parties, qu'avec le mariage, le 25 janvier 1780, de Pierre de Lamberterie, arrière-petit-fils de Raphaël, avec Gabrielle de la Roussie, petite-nièce du malheureux abbé.

Sur la présence de la famille de Camain aux Cazes, nous savons également qu'en 1680 et 1681, lors des baptêmes de Jeanne et de François, leurs enfants, Jean de Camain, chevalier, et son épouse, née également de Camain, demeurent aux Cazes. Jeanne a pour parrain François de Camain, chevalier, seigneur de Saint-Sulpice, demeurant en son château de La Vergne, alors que François a pour marraine Angélique de Fayard, épouse de François de Camain.

Enfin, le 19 décembre 1698, suivant acte passé devant maître Boyer, notaire à Nontron, Henri de Camain, seigneur de Saint-Sulpice et de La Vergne, cède les Cazes à la famille Pastoureau.

Les Pastoureau

Pierre Pastoureau, sieur des Goulières, avocat et conseiller du roi en l'élection de Périgueux, acquéreur des Cazes, est le fils de François Pastoureau (1633-1725), avocat, conseiller du roi, écuyer, conseiller enquêteur et examinateur de l'élection de Périgueux, et de Marguerite Roy.

De son mariage avec Madeleine Eyriaud naissent dix enfants, réduits à quatre d'après le partage de sa succession du 2 février 1737 (acte reçu par maître Grolhier, notaire à Nontron) : Marie, mariée à son cousin Pierre Pastoureau, sieur de La Serve, bourgeois de la ville de Nontron, suivant contrat du 9 juillet 1721 passé devant maître Danède, notaire royal ; Suzanne, mariée en 1715 avec Michel Martin, écuyer, seigneur de Jaillac, conseiller du roi, avocat au présidial et sénéchal de la ville de Périgueux, demeurant au château des Landes, paroisse de Merlande ; Bertrande, mariée en 1725 avec Jean de Labrousse, sieur du Bosfrand, avocat en parlement et juge du marquisat du Bourdeix et de la baronnie de Champniers ; autre Bertrande, mariée avec Jean Feuillade, sieur de Laterrière, bourgeois.

Des biens paternels, Suzanne reçoit une maison à Nontron, la forge de Lamendeau, trois journeaux de bois et deux journeaux de pré joignant la forge, la métairie de Bord, le pré de chez Gourniaud, la chenevière (champ de chanvre) de Valette et la métairie d'Ars, Bertrande hérite de la métairie du Naudonnet, une pièce de vigne à La Montade, une terre et la chenevière de La Jaurias, un pré à Saint-Martial, un lopin de pré au même lieu, trois pièces de vigne à Rapevache, une terre à La Grange de La Jaurias ainsi qu'une autre terre et une vigne, une vigne à La Boissière, un lopin de terre et un pré à proximité du bourg de Saint-Martial, la métairie de Chantemerle, les vignes de La Borderie, les prés de Crachat et des Laurent. Autre Bertrande reçoit les métairie et borderage de Goulières ainsi que la métairie de Broulhiac. Enfin, Les Cazes, les cuves, le pressoir, les meubles, attachés au domaine, le pré de Las Combas, reviennent à Marie.

De l'union de Pierre et Marie, naissent notamment Jean, en 1739 et François en 1743, François Pastoureau, sieur de La Serve, bourgeois, demeurant à La Borderie, épouse Marie Boutinon. Le 18 mars 1789, il est élu député à l'assemblée des Etats généraux pour la paroisse de Saint-Martin-le-Peint.

Jean Pastoureau (1739-15 novembre 1818) hérite des Cazes où il réside.

Le 27 août 1771, il épouse Anne Filhoud, fille de Pierre Filhoud, sieur de Lacour, régisseur du château de Saint-Martin-le-Peint, et de Anne Carrier. A la mort de Jean Pastoureau, le domaine des Cazes passe à son fils Pierre (1783 Javerlhac-19 avril 1865). Pierre Pastoureau dit Lacour, époux de Marie-Henriette-Eugénie Ribeyrol, maire de Saint-Martin-le-Pin, quitte finalement les Cazes en 1844 pour Javerlhac où il meurt à l'âge de 82 ans.

t1448498136 illustration : les restes du vieux logis au XXIe siècle.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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Lettres de la comtesse de Verteillac

Adepte des nouvelles idées agronomiques, la comtesse de Verteillac souhaite, pour sa part, leur application sur ses terres périgourdines (1). En 1746, elle change de mode d'exploitation, délaissant « des fermiers [qui] sont des sangsues qui énervent tout au lieu de mettre en valeur » (2), pour un régisseur qui touche un revenu fixe et lui envoie plusieurs fois par an l'argent tiré de la vente des céréales (froment, seigle, avoine et maïs) et du vin issus de la réserve ou de parcelles en métayage. Dans sa première lettre à Allafort, la comtesse suggère un plan d'amélioration du domaine comprenant le renouvellement des pieds de vigne, la création d'une pépinière avec « glands, noyers, châtaigniers, ormes, tilleuls » et des labours fréquents car, écrit-elle, « [je] suis pérsuadée que plus on remue la terre, plus elle rapporte. Si vous voulez, pour satisfaire ma curiosité, essayer sur un journal de faire labourer quatre fois avant qu'on y sème du froment, je serai bien aise de voir comment cela réussira [...] » (3). Quelques mois plus tard, elle ajoute à une lettre de son mari une notice explicative pour épierrer les jachères, avec schéma à l'appui et précise en post-scriptum : « J'aime beaucoup les expériences et vous m'obligeriez infiniment en donnant vos soins à celle qui est expliquée par le papier ci-joint [...] (4). » Son vocabulaire révèle sa passion pour ces nouveautés qu'elle voit comme un jeu : « Amusez-vous à faire au plus tôt cette expérience » écrivait-elle déjà à l'automne précédent (5). Un net partage s'opère entre les époux ; à elle les innovations, à lui la gestion des intempéries, des prix et des litiges avec le régisseur. Ainsi, lors de la crise de 1747, le comte est soucieux — « je ne doute point que la misère soit grande et madame de Verteillac et moi, consentons volontiers que vous distribuiez aux pauvres les fèves qui vous restent » (6) — et la comtesse rêve encore de nouveautés : « je juge que les métayers peuvent exécuter cela aisément avec leurs familles et que si on les aide quand ils sont dans la disette, ils doivent, sans me rançonner, se prêter à cette experience que je veux faire » (7).

Notes

1. Combet (Michel), « Agronomes et agromanes en Périgord 1750-1850. Des amateurs aux pédagogues », dans La modernisation du monde rural en Aquitaine, FSHO, 1999, p. 111-131.

2. ADD, op. cit. Lettre de la comtesse de Verteillac au curé de Saint-Martin, 19/05/1746.

3. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

4. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

5. Ibid., Lettre de la comtesse, 22/09/1746.

6. Ibid., Lettre du comte, 10/03/1747.

7. Ibid., Lettre du comte et de la comtesse, 05/06/1747.

Source : Les élites et la terre du XVIe siècle aux années 1930, de Caroline Le Mao.

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