18 janvier 2020

Un crime de séduction en 1553

« Entre Messire Louys de Sainct Gellais chevalier seigneur de Laussac au nom qu'il procède demandeur en crime de rapt, inceste, sacrilège, inductions et séductions faictes en la personne de seur Anne de la Rochechandry, religieuse professe au monastère de Xainctes, le procureur général du Roy joinct a luy d'une part, et Christofle de la Laurencye escuier seigneur de Claix, deffendeur et défailleur d'autre.

Disons lesdictz deffaultz estre bien et deheument obtenus et déclairons led. Christofle de la Laurencye vray contumax et défaillant et l'avons débouté et déboutons de toutes exceptions et defferences déclinatoires, dilatoires et péremptoires ; et déclairons led. de la Laurencye avoir excédé et délinqué et pour desd. grands et esnormes excès desquels led. de la Laurencye a esté trouvé chargé et convaincu, condamnons icelluy de la Laurencye seigneur de Claix estre mené et conduict par l'exécuteur de la haulte justice hors des prisons royalles de la ville d'AngouIesme audevant la grande porte de l'église Sainct Pierre de lad. ville d'AngouIesme, en chemise, piez et teste nus, la hart au col, tenant en ses mains ung flambeau ardant du pois de trois livres dé ciye, et là demander pardon a Dieu au Roy, a Justice et aud. de Sainct Gellays ou autre par luy commis et deputte, et dire que témérairement, follement et maulvaisement, il a séduict et diverty lad. seur Anne de la Rochechandry contre le gré et volunté de feu Messire Philippes de la Rochechandry, père de lad. seur Anne et dud. de Sainct Gellays...

Et après estre tresné sur une clie par les cantons et lieux accoustumés de lad. ville d'Angoulesme, Et de la mené au champ Sainct Martial hors lad. ville d'Angoulesme, lieu accoustumé à faire les exécutions, la estant sur ung eschaffauld avoir le poing destre coupé, la teste tranchée et les quatre membres séparés du corps, et sera lad. teste mise et afngée sur ung potheau qui sera mis sur la porte Sainct Pierre de lad. ville d'AngouIesme. Et lad. exécution ainsi, faicte sera le corps dud. de la Laurencye porté, devant le chasteau et place de la Rochechandry et la ars et brusié, et l'ung des bras mis et appousé sur ung aultre potheau qui sera affigié au lieu plus émanent du bourc de Roulhet, et l'autre au lieu plus apparent du bourc de Rouzède. L'une des jambes et cuysses mise sur ung aultre potheau au bourc de Bertry et l'autre cuisse et jambe au bourc de Vileneufve la Comtesse. Led. poing sera mis ainsi que dessus audevant le château dud. Claix. Et en oultre condamnons, icelluy de la Laurencye en vingt mil livres d'amende envers le Roy et en dix mil livres envers led. instiguent aud. nom.

Et pour ce que led. de la Laurencie ne peult estre apréhendé en sa personne, ordonnons que la présente ordonnance sera exécutée par figure en lad. villle d'Angoulesme et pour l'exemple et gravité desd. crimes ordonnons que nostre présent jugement sera leu et publié en l'auditoire de la Séneschaussée d'Angoulmoys en lad. ville d'AngouIesme a jour de plais auparavant l'exécution d'icelluy jugement.

Et pour perpétuelle mémoire sera édifiée une haulte coulomne de pierre près la halle dud. lieu de la Rochechandry ou sera insculpté et mis nostred. jugement...

Prononcé à Bourdeaulx le dix-huictiesme jour de Juillet mille cinq cens cinquante troys. »

Source : Arch. dép. de la Gironde, B 64.

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Lettre de Voltaire au marquis d'Argence

Le 5 juin 1765.

Mon cher et aimable philosophe, M. le marquis de Charas est aussi aimable par son esprit que par sa figure; il vous dira combien la petite famille de Ferney vous est attachée.

Vous avez fait une bien bonne œuvre en faisant imprimer la lettre concernant les Calas et les Sirven. Nous venons de perdre la femme de Sirven, qui enfin est morte de chagrin, en protestant de son innocence. Nous n'entreprendrons pas moins le procès. Le factum de M. de Beaumont est déjà tout dressé; mais nous sommes enchaînés à des formalités qui sont bien longues; nous ne nous décourageons point, et Beaumont espère la même justice pour les Sirven que pour les Calas.

Voici un petit paquet qu'on m'a prié de vous envoyer. Quand vous m'écrirez, adressez votre lettre sous l'enveloppe de M. Camp, banquier à Lyon. Il y a quelquefois des curieux qu'il faut dérouter.

Mille tendres respects à monsieur votre frère comme à vous ; le tout pour ma vie.

Source : Œuvres complètes de Voltaire.

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Bertrand de La Laurencie dans l'Armorial général

Bertrand de La Laurencie, Ier du nom, écuyer, seigneur de Charras et de Séguiniac, était fils de Jean de La Laurencie et de Suzanne de La Garde. Il embrassa le parti de la reine mère, Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Cette princesse lui adressa, le 20 juillet 1620, la commission qui suit :

« Marie, par la grâce de Dieu, royne de France et de Navarre, mère du roy, au sieur de Charas, salut. La longue patience que nous avons eue, ayant endurci le cœur de ceux qui abusent du nom et de la bonté du roy, notre très honoré seigneur et fils, jusques à tel point que voulant faire servir toutes choses à leur ambition déréglée et avarice insatiable, après avoir employé en vain tous les artifices du monde dont ils se sont pu aviser, pour nous opprimer avec les princes du sang, et autres princes et grands seigneurs du royaume, ne se contentant pas de les tenir avec nous dans un mépris insupportable, ils sont si audacieux que de vouloir, a force ouverte, perdre et ruiner par les armes du roy ceux qui devraient en attendre leur protection ; pour à quoy obvier, voyant qu'au lieu d'entendre les remontrances salutaires que nous avons faites au roy, on prend ces voies périlleuses qui ne tendent qu'à la ruine de l'État et à la désolation du pauvre peuple ; protestant devant Dieu que nous n'agissons que pour en empêcher le cours et nous garder d'oppression, nous aurions, de l'avis desdits princes du sang, autres princes, ducs, pairs, officiers de la couronne et grands seigneurs du royaume, résolu de lever et mettre sus un bon nombre de gens de guerre, tant de pied que de cheval, et les faire conduire par de bons, vaillants et expérimentés capitaines, fidèles et affirmés. A ces causes, et pour l'entière confiance que nous avons en vous et en vos sens, valeur et sage conduite, nous vous avons commis et député, commettons et députons par ces présentes signées de notre main, pour lever et mettre sur pied, incontinent et le plus diligemment que faire se pourra, une compagnie de cent hommes de pied, des plus vaillants et aguerris que vous pourrez trouver et élire, lesquels vous conduirez et exploiterez sous la charge de notre cousin le duc d'Épernon, votre colonel, là, par où, et ainsi qu'il vous ordonnera pour notre défense, les faisant vivre avec telle police et discipline que nous n'en recevions aucune plainte, et nous vous ferons payer, vous et les susdits hommes, des soldes, états et appointements qui vous seront et à eux dus, selon les rôles des montres et revues qui en seront faites par les commissaires et contrôleurs des guerres à ce commis, tant et si longuement qu'ils seront sur pied. De ce faire vous avons donné et donnons plein pouvoir, autorité, commission et mandement spécial. Mandons à tous ceux qu'il appartiendra, qu'à vous, en ce faisant soit obéi : en témoin de quoi, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes. Donné à Angoulême, le onzième jour de juillet 1620. »

Signé Marie, et plus bas, par la royne mère du roy, Bouthillier.

La guerre fut de peu de durée. Les troupes de la reine mère furent défaites au Pont-de-Cé, le 7 août 1620, et le 10 du même mois, Marie de Médicis signait un traité de paix.

A l'époque de la recherche de la noblesse, Bertrand de La Laurencie fut assigné devant d'Aguesseau, maître des requêtes, président au grand-conseil et commissaire départi pour l'exécution des ordres du roi dans la généralité de Limoges et les élections de Saintes et de Cognac. Il justifia sa descendance depuis François de La Laurencie, son trisaïeul, et obtint, le 22 décembre 1666, une ordonnance de maintenue de noblesse.

Il avait épousé, le 17 décembre 1619, demoiselle Léonarde Audier, fille de Bertrand Audier, écuyer, seigneur de Montchenil, dans la paroisse de Saint-Martial de la Vallette, en Périgord, et de demoiselle Antoinette de Pourtenc de La Barde. De ce mariage sortirent deux fils, Jean et Armand.

I. Jean de La Laurencie, seigneur de Charras et de Jumilhac, épousa, le 24 juin 1653, Louise des-Doussetz ; il n'en eut point d'enfants, et la terre de Charras retourna à son puîné, par une donation spéciale qu'il lui fit de cette terre et de tous ses droits.

II. Armand de La Laurencie, seigneur de Montguillard, puis de Charras, de Chadurie, des Thibaudières, de Rodas, eut ces trois dernières terres par le mariage qu'il contracta, le 10 mai 1668, avec Marie Cladier, fille de Guillaume Cladier, seigneur de Chadurie. Il eut plusieurs enfants, dont Bertrand, l'aîné, seigneur de Charras, qui suivra.

Bertrand de La Laurencie, IIe du nom, seigneur de Charras, de Névic, de Sonneville, des Seurres, en Saintonge, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant des maréchaux de France et leur subdélégué dans les bailliages de Saint-Jean-d'Angély et de Cognac, naquit le 22 septembre 1669. Il entravers la fin de 1686, ou au commencement de 1687, dans la seconde compagnie des mousquetaires, et y demeura jusqu'au 10 septembre 1688. A cette époque, M. de Jouvelle, lieutenant-général des armées du roi, capitaine-lieutenant de la seconde compagnie des mousquetaires, lui donna son congé absolu, en attestant « qu'il avait très bien servi Sa Majesté pendant un an et huit mois et demi, et qu'il ne quittait ce service que pour commander une compagnie de cavalerie ou chevau-légers que le roi lui avait accordée. »

Sa commission, datée du 20 août précédent, portait qu'il était même chargé de lever cette compagnie, avec laquelle, dès le 13 décembre suivant, il reçut l'ordre de passer dans le régiment royal de Piémont-cavalerie, pour y servir sous le marquis de Rivarol, mestre-de-camp. Il y servit pendant treize ans, et toujours avec distinction, selon les termes d'un certificat donné à Clermont, en Auvergne, le 26 juin 1702, par le vicomte de Beaune, lieutenant-général des arniées du roi, commandant dans la province d'Auvergne et pays de Combrailles.

Trois mois après sa retraite, le 22 janvier 1702, il obtint l'office de lieutenant des maréchaux de France en la sénéchaussée d'Angoulême, créé par l'édit du mois de mars 1693. Il prêta serment au tribunal le 25 du même mois. Quoiqu'il ne fût plus en activité de service, le roi Louis XV, informé de la distinction avec laquelle il avait rempli ses divers emplois militaires sous le feu roi, lui accorda la croix de Saint-Louis, le 17 juin 1722, « nonobstant que, par l'édit du mois d'avril 1719, concernant la confirmation et l'institution de l'ordre militaire de Saint-Louis, il fût expressément porté que nul ne pourrait y être admis s'il n'était encore actuellement dans les troupes en qualité d'officier, et qu'aux termes de cet édit, il ne pût espérer d'être admis dans l'ordre, ayant été obligé quelque temps auparavant de quitter l'emploi qu'il, avait dans les troupes. » Bertrand de La Laurencie obtint en même temps une pension de 1,500 liv., suivant une lettre que Le Blanc, alors secrétaire d'État et ministre de la guerre, lui écrivit le 21 juin, par ordre du régent, qui voulait ainsi lui marquer la satisfaction qu'il éprouvait de ses services. Les maréchaux de France le nommèrent, le 5 juillet 1724, leur subdélégué dans les bailliages de Saint-Jean-d'Angély et de Cognac, pour exercer les fonctions de cette charge de la même manière qu'il exerçait celle de leur lieutenant au bailliage d'Angoulême. Il se démit de cette dernière le 6 mai 1739, en faveur de son fils aîné, Noël-Bertrand.

Bertrand de La Laurencie fut marié deux fois : la première, le 12 février 1700, avec demoiselle Anne Arnauld de Méré, fille de Jean Arnaud, écuyer, seigneur de Bouex, de Méré, de Breuil, Dignac, etc., conseiller du roi, lieutenant particulier au siège présidial d'Angoumois, et de Jeanne Dexmier ; la seconde, avec dame Marie du Chazeau, veuve de Jean Paulte, seigneur des fiefs des Riffaux, de Bourclaveau, dans la paroisse de Ruelle, et des Grimardières, conseiller du roi, maître particulier des eaux et forêts d'Angoumois.

Du premier lit sortirent deux fils et une fille: 1° Noël-Bertrand de La Laurencie ; 2° François de La Laurencie de Charras, capitaine dans le régiment de Saint-Aignan-cavalerie ; 3° demoiselle Marie-Anne de La Laurencie, mariée à Charles-Henri de La Laurencie, seigneur de Villeneuve-la-Comtesse, son cousin.

Noël-Bertrand de La Laurencie de Charras, le fils aîné, naquit le 8 novembre 1707, et fut nommé le 7 mai 1739, par le maréchal duc de Biron, pour remplacer son père dans l'office de lieutenant des maréchaux de France à Angoulême. Il épousa, par contrat du 20 décembre 1731, demoiselle Marie Paulte, fille de Jean Paulte et de Marie du Chazeau.

Source : D'Hozier, Armorial général.

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14 janvier 2020

Les tailles de la paroisse d'Agris

Taillables les plus imposés en 1788, en livres et en sols :

1) Jean Roudeau, exploitant du sieur Boissier, à La Brousse
44 l. 19 s.

2) Etienne Petit, exploitant du sieur du Mosnat, au Mosnat.
34 l. 7 s.

3) Jean Texier, laboureur, au bourg.
34 l. 3 s.

4) Marie Villatte, veuve Martonneaud, au Pont d'Agris
31 l. 2 s.

5) François Ravion le jeune, à La Grange
28 l. 4 s.

6) La veuve du sieur Vidaud, au bourg.
27 l. 10 s.

7) François Pradeau, exploitant du sieur de La Prèze, au Fouilloux.
26 l. 10 s.

8) Louis Degorce au Pont d'Agris.
24 l. 7 s.

9) André de Neuvy, exploitant du sieur de La Prèze.
22 l. 18 s.

10) Le sieur François-Xavier Gauvry, aux Vieilles Vaures.
22 l. 11 s.

11) Laurent Boissier, sieur de La Brousse.
22 l. 11 s.

12) Pierre Goyon, laboureur au bourg.
21 l. 14 s.

13) Georges Lambert, exploitant du sieur de Ribérolles, à La Moussière.
20 l. 12 s.

14) Jean Couprie-Chauvergne à La Grange.
16 l. 10 s.

15) François Riblanc, exploitant du sieur de Ribérolles à Chez Cailloix.
15 l. 8 s.

16) Mathieu Marchasson, exploitant du sieur du Mosnat, à La Coste.
13 l. 9 s.

17) Jean Baritaud, laboureur au bourg.
13 l. 3 s.

18) Le sieur Cambois, à La Brousse.
12 l. 19 s.

19) Anne Villatte, veuve Baynaud.
12 l. 16 s.

20) Jean Déclie, laboureur aux Vielles Vaures.
12 l. 10 s.

21) Jean Marginière aux Maubras.
11 l. 9 s.

Source : Jane-Marcelle Delahaye.

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Baptême de Clément Frotier Tison

Aujourd'huy dix neufième jour de juin 1620 a esté baptisé Clément Frotier Tison fils de Roch Frotier Tison escuyer sr de la Rochette & de Sigougnes & de damoiselle Léonor Laisné son espouse, a esté son parrain Clément Laisné escuyer sr de Rochecoral son ayeul maternel & sa marraine damoiselle Yolande Frotier femme de Jacques de Villoutreys escuyer lieutenant général en la sénéchaussée & siège présidial de Blois sa tante paternelle.

Source : Registre de l'église Saint-Martial d'Angoulême.

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Nouvelle jurisprudence sur le fait des chasses

Jugement portant condamnation d'amende contre des gentilshommes, pour avoir suivy leur gibier sur les terres du complaignant.

L'amende n'est que de soixante livres, parce que les accuses étaient gentilshommes, ou leurs fermiers qui les suivaient, avoient le droit de chasse par leur bail, & tous croyoient qu'il leur étoit permis. Du premier mars.

Entre messire Pierre de Curzay, chevalier, seigneur chastelain de St. Mary, Boisbretaud, & autres lieux, demandeur aux fins d'une requeste par luy presentée le 7. février dernier, à ce qu'attendu, que par les interrogatoires subis par les deffendeurs cy-aprés nommez, en execution du décret d'ajournement personel contr-eux decerné le 27. aoust aussi dernier, ils ont reconnu & avoüé tous les faits contenus en la plainte dudit sieur de St. Mary, ils soient condamnez solidairement en ses dépens & interests, pour lesquels il fe restraint à la somme de trois cens livres, en telle amende qu'il plaira à la Cour arbitrer, que defenses leur seront faites de plus user de telles voyes sur plus grandes peines, & en outre condamnez aussi solidairement en tous les dépens du procez, sauf au Procureur général à prendre telles autres conclusions qu'il avisera bon être, d'une part. Et Philippe Raymond écuyer, sieur de St. Germain, Sainte-Colombe, Isaac Odet sieur des Houllières, Gaspard Frotier-Tizon écuyer, sieur de la Rochette, Charles du Rousseau écuyer, sieur de Coulgeans & Philippe du Coux fermier dudit sieur de St. Germain, deffendeurs, d'autre part. Et entre ces mêmes accusez, demandeurs aux fins d'une requeste du 21. février, à ce qu'attendu leurs interrogatoires, & que par iceux ils ont pris droit par les charges & informations contr'eux faites, ledit sieur de St. Mary soit declaré non recevable & mal fondé en son accusation, & eux renvoyez quittes & absous d'icelles, reparation, dommages, interests & dépens, d'une part. Et ledit sieur de St. Mary deffendeur à ladite requeste, d'autre.

Aprés que Tripot avocat du demandeur & accusateur a déduit les moyens de sa demande, & conclu : Ouïy Braguet avocat dudit de St. Germain, & autres deffendeurs & demandeurs en requeste, qui y a aussi conclu : Ensemble Charton pour le Procureur general du Roy en ses conclusions; les pieces mises sur le bureau, tout veu & examiné, Nous, pour les cas resultans du procez, avons condamné & condamnons les accusez en soixante livres d'amende envers le Roy, & en vingt livres de restitution envers le complaignant solidairement, & aux dépens.

Source : La nouvelle jurisprudence sur le fait des chasses après l'ordonnance de 1669.

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13 janvier 2020

Un chirurgien militaire en Nouvelle-France

Étienne Massé (1) est un chirurgien militaire français qui arrive en Nouvelle-France avec le régiment de Béarn, en 1756. Ce régiment est envoyé dans la colonie pour tenter d'éviter la conquête par les armées britanniques. En septembre 1756, le régiment est au fort Carillon sous les ordres du chevalier de Lévis. Ce dernier semble avoir apprécié les services rendus par l'aide-major Étienne Massé, puisque, après la défaite des plaines d'Abraham et avant la capitulation de Montréal, il envoie une lettre au maréchal de Belle-Isle en faveur du sieur Massé: «Le Sieur Massé, chirurgien aide-major, à qui le Roy a conservé la place qu'il avoit à l'hôpital de Landeau, en sollicite les appointements depuis qu'il est en Canada où il a toujours rempli ses fonctions avec application; il mérite la grâce que j'ai l'honneur de vous demander pour lui (2).»

Le 20 janvier 1760, Étienne Massé est à Longueuil où il assiste au mariage d'Edmé Henri, chirurgien major du régiment Royal-Roussillon, avec Geneviève Fournier (3,4). Le chevalier de Lévis, maréchal de camp commandant les troupes du roi en ce pays, a donné à l'époux la permission de se marier. On doit se rappeler qu'en cette période de guerre les militaires et en particulier les officiers ne pouvaient se marier dans la colonie sans avoir obtenu au préalable la permission du commandant des troupes. A l'occasion de ce mariage, le témoin du marié est Jean Danglas Debarsignac, chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis et capitaine au régiment du Royal-Roussillon. Parmi les dignitaires présents, on remarque Étienne Massé qui porte maintenant le titre de chirurgien major au régiment de Béarn.

Après la capitulation de Montréal, le 8 septembre 1760, le régiment de Béarn retourne en France. Étienne Massé, le chirurgien major, suit son régiment et ne revient plus au Canada. Il est probablement allé pratiquer son art à l'Hôpital de Landau où le roi lui avait conservé la place qu'il avait avant son départ pour la colonie.

Notes :

1. Originaire de Bouëx (Charente), fils de Simon Massé, greffier. En 1780, il assiste au mariage de sa fille Marie-Jeanne avec Jacques Joubert de Praslin, procureur du roi.

2. Lettres du Chevalier de Lévis concernant la guerre du Canada (1756-60), p. 254, C. O. Beauchemin & fils, Montréal, 1889.

3. Tanguay, C., Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, vol. V, p. 559, Québec, 1871, Editions Élysée, Montréal, 1975.

4. Charbonneau, H. et J. Légaré, Répertoire des actes de baptême, mariage, sépulture et des recensements du Québec ancien, vol. 42, p. 166, Les Presses de l'Université de Montréal, 1988.

Source : La médecine en Nouvelle-France, de Marcel J. Rheault.

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Une plainte au lieutenant général d'Angoulême

Pierre Desmazeaud, sieur du Maine-Large, expose à M. le lieutenant général d'Angoulême, le 2 juin 1710 :

« Qu'il a le malheur d'avoir dans son voizinage au lieu de Rochepine Pierre Dumargue (du Mergey) écuyer, sieur du Chastellard et ses enfens lesquels font journellement insulte au supliant soit en sa personne soit aux siens et en ses biens nottamment le jour de la Pentecoste environ les huit à neuf heures du matin que le supliant estant en chemain avecq sa femme pour aller à la meissc au bourg de Sainct-Germain le supliant fit rencontre dudit sieur du Chastellard qui estoit a compaigne de ses deux enfens de laine et du cadet les deux enfens ayant chascun une espee a leur coste lesques aprocherent le supliant et laine desdits enfens luy auroit dit quil prétendoit quil le salua sur le champ et que sil ne le saluoit il luy passeroit vingt foist son espee dans le corps que sestoit un chien un bougre à tuer a coup de baston a quoy le supliant auroit respondu quil ny avoit rien de plus libre que le salut et quil ne pouvoit pas lexiger de luy ledit fils aine tira son espee aussi bien que son frer cadet la sienne et auroient lun et lautre fait effor de tuer le supliant ce quils auroient effectivement fait sans le secours de quelques personnes qui se trouvèrent présentes et a la faveur dune chutte que fit le supliant voulant se garantir de la fureur desdits enfens dudit sieur Chastelard lequel supliant setant plaint audit sieur du Chastelard bien loing de blâmer ledit mauvais dessaint lauroit aprouve en disant quils avoient raison den agir de cette manière et les uns et les autres auroient faits une infinité de menasse au supliant comme les suites dune telle action peuvent estre facheuze et quelle méritent corection le supliant a recours a vous pour en estre préserve ».

Source : Notes historiques sur la baronnie de Marthon en Angoumois, d'Adolphe Mondon.

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Preuves de la noblesse de Philippe du Lau de Lâgebâton

Preuves de la noblesse de Philippe du Lau de Lâgebâton. D'or à un lion de gueules passant au pied d'un laurier de sinople à trois branches de même; à l'orle d'argent chargée de besants d'azur sans nombre.

Extrait des registres de la paroisse de St Simphorien de Bunzac, diocèse et élection d'Angoulême, portant que Philippe du Lau fils naturel et légitime de messire Louis du Lau, chevalier, seigneur de Lâgebâton et autres lieux, major de troupes d'infanterie du roi, et de dame Françoise Garnier de la Davignère, naquit le 14 de mars 1774 et fut batisé le lendemain. Cet extrait est signé Albert curé de Bunzac et légalisé.

I. Contrat de mariage de messire Louis du Lau, seigneur de Lâgebâton, Enseigne des Vaisseaux du Roi, fils légitime de feu messire Philippe du Lau, chevalier, seigneur de Lâgebâton et autres lieux, et de feue dame Marie de Montalembert, son épouse, demeurant en la ville de Rochefort, accordé le 19 mars 1767 avec demoiselle Françoise-Jeanne Garnier de la Davignière, mineure, fille légitime de messire Jean Garnier, chevalier, seigneur de la Davignière et autres lieux, et de feue dame Suzanne Thomas de Mongoumard, demeurants au logis noble des Maisonnettes, paroisse de Brie, où ce contrat fut passé devant Juzaud, notaire royal en Angoumois.

II. Contrat de mariage de messire Philippe du Laux, chevalier, seigneur de Lâgebâton, du Fief-de-Siguret & autres places, majeur, fils aîné de haut et puissant messire Jean du Laux, chevalier, seigneur de la Brangerie, de Cellette, de Lâgebâton, de Soulignonne & autres places, et de dame Anne Pasquet, son épouse, demeurants en leur logis noble de Lâgebâton, paroisse de Saint-Projet, près de la ville de La Rochefoucauld en Angoumois, accordé le 26 janvier 1726 avec demoiselle Marie de Montalembert de Plesac, fille puînée de haut et puissant messire Pierre de Montalembert, chevalier, seigneur de Vaux, Plesac & autres lieux, et de dame Françoise-Angélique Poussard, sa femme, demeurants en leur château dudit Vaux, où ce contrat fut passé devant Comte, notaire royal en Angoumois.

III. Contrat de mariage de messire Jean du Laux, chevalier, seigneur de la Brangerie, fils aîné légitime de messire Isaac du Laux, chevalier, seigneur de Cellette, et dame Sara Salebert, son épouse, demeurant au dit lieu de la Cellette, accordé le 7 juin 1688 avec dame Anne Pasquet, veuve de Charles Odet, écuyer, seigneur de Laagebaston & des Ombrais, fille légitime de feu Henry Pasquet, écuyer, seigneur de Laagebaston, et de dame Madeleine de Morel, alors femme de Jacques de Chièvres, écuyer, seigneur de Montravail, demeurant au dit lieu noble de Laagebaston, paroisse de Saint-Projet, où ce contrat fut passé devant de Langlard, notaire royal en Angoumois.

IV. Contrat de mariage de messire Isaac du Laux, chevalier, seigneur de Cellette en Angoumois, demeurant au lien de Champniers en Périgord, accordé le 23 septembre 1659 avec demoiselle Sarra Salbert, fille naturelle et légitime de feu messire Zacharie Salbert et de dame Léa de Bessay, demeurants au logis noble du Breuil, paroisse de Villards en Saintonge; la dite future épouse agissante de l'autorité et consentement de haut et puissant messire Jean Isle, chevalier, seigneur de Beauchaisgne, le Breuil, son beau-père, et de la dite dame Léa de Bessay, sa mère, icelle dame de Bessay dûment autorisée dudit sieur de Beauchaisgne. Les dits futurs époux se prennent avec tous leurs biens et droits échus et à échoir, savoir du chef dudit futur époux les droits successifs qui lui sont échus par le décès de ses père et mère & frères et sœurs, réglés à la somme de 24.000 livres par le testament de feu messire Henry du Laux, chevalier, seigneur de Champniers, son père, du premier juin 1654 reçu par Rougier, notaire royal; laquelle somme en exécution dudit testament haut et puissant messire Armand du Laux, fils dudit Henry et frère d'icelui futur époux, ledit Armand étant héritier universel dudit feu seigneur messire Henry du Laux, leur père, a promis de payer audit futur époux dans les termes portés par la transaction passée entre eux le 19 octobre audit an 1654 reçue par ledit Rougier. Ce contrat où la dite future épouse est assistée de haut et puissant messire Louis Salbert, sieur de Soulignonne, son frère, fut passé au dit logis noble du Breuil devant Tallebet, notaire royal.

Source : Procès-verbaux des preuves de la noblesse des élèves de l'École royale militaire, 1784.

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11 janvier 2020

Une cérémonie de vêture

Aujourd'hui 24 octobre 1779 a été donné dans la communauté de l'Union chrétienne de cette ville d'Angoulême la vêture ordinaire de l'habit de notre communauté de l'institut à sœur Catherine de La Grange demeurante dans notre communauté depuis près de 9 mois, agée de 19 ans faits, fille naturelle et légitime de monsieur Nicolas Durousseau de La Grange et de dame Anne Guimbelot ses père et mère, la cérémonie et prise d'habit de la dite sœur de Lagrange a été faite entre les mains de très digne personne et honorable Monsieur Henri de Chabrignac, chanoine de la cathédrale de cette ville, et en présence de très vénérable Monsieur l'abbé Jean Civadier, aumônier de notre communauté, de vénérable Monsieur Jean Sauvo, chanoine de la même cathédrale, furent aussi présentes dame Gabrielle de Chabrot supérieure et de sieur Jean Durousseau de La Grange représentant Monsieur son père, les dits sieurs ci-dessus ont signé le présent acte de vêture le jour et an susdit sur les deux registres de la communauté avec ladite dame supérieure.

Source : Registre du couvent des dames de l'Union chrétienne d'Angoulême.

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