22 août 2015

Les maires au XIXe siècle

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

François Guimbelot, maire d'Eymouthiers de 1800 à 1815
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1815 à 1826
Nicolas Guimbelot, id. 1826 à 1830
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1830 à 1840
Jacques Guimbelot-Monplaisir, id. 1840 à 1845
Jean Fargeas-Duchambon, id. 1845 à 1854
Léonard Nicolas Pradignac, id. 1854 à 1864
Aristide Léonard Pradignac, id. 1864 à 1872
Etienne Guimbelot, id. 1872 à 1880
Annet Besson, id. 1880 à 1886
Jacques Némorin Guimbelot, id. 1886 à 1898
Léonard Brethenoux, id. 1898 à 1900

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Notes en vrac

• Françoise de Maumont, dlle du Chadaud, mariée par contrat signé Lathière avec Bureau, à Guillaume de Labrousse, sr de Lessard et de Puyservaud, paroisse du Moutier-Ferrier, fils de feu Annet. (date 29 avril 1668)

• Transaction sur procès entre messire Philippe du Lau, chevalier, seigneur du Chambon, Cellettes et autres places, demeurant à Angoulême, d'une part; messire Armand du Lau, chevalier, seigneur de Saint-Junien, demeurant au village de Meaudeuil, paroisse du Moustier-Ferrier, en Périgord, et dame Gabrielle du Lau, femme de messire Jean de Chamborant, chevalier, seigneur du Boucheron, demeurant au village de Chez-Guinot, paroisse de Lessac, d'autre part. (date 14 mai 1687)

• Commission de quêteur pour le rachat des captifs accordée à Jean Beauchaud, laboureur, dans la paroisse du Moustier-Ferrier. (date est. 1726-1732)

• Procès entre Bardoulat, marchand au Moustier-Ferrier, et François de Labrousse au sujet des rentes de Puisservaud. (date est. 1636-1769)

• Nomination de Guillaume Boyer, à la cure du Moutier-Ferrier. (date est. 1781)

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Armand-Joseph du Lau (1733-1818), un général d'Ancien Régime

Armand-Joseph du Lau, chev., sgr de Chambon, Bourzac, Sintrac et (du chef de sa femme) de Cellettes, appelé le marquis du Lau de (du) Chambon ; né et ondoyé à Eymouthiers (château du Chambon) en Périgord, le 22 juillet 1733, mort à Paris l'an 1818, à 85 ans ; capitaine au régt de Normandie, infanterie ; chev. de St-Louis en 1761 ; lieutenant-colonel du même régt en 1776, brigadier des armées le 1er mars 1780, mestre de camp du régt provincial d'État-Major de Lyon, maréchal des camps et armées du Roi en 1784 ; épousa : a) étant lieutenant au régt de Normandie, à Célettes le 4 (14) déc. 1754, Marie-Madeleine-Marguehite-Suzanne-Charlotte de Lesmerie, delle d'Eschoisy, dame de Cellettes (paroisse et actuellement commune du canton de Mansle, arrdt de Ruffec, Charente), en Angoumois, morte le 7 avril 1767 ; fille de Jean-Jacques de Lesmerie, chev., comte puis sgr marquis d'Eschoisy, sgr de Luxé, Juillé, Vandé, Fontenille, Champron, Cursan, Le Bois-Chapelan, etc., en Angoumois, lieutenant de Roy commandant la en province d'Angoumois, chev. de St-Louis, — et de Françoise-Suzanne-Louise de Vandée (mariés fin novembre 1729) ; b) l'an 1770, Augustine-Jeanne Lhoste de Beaulieu, présentée à S. M. à Versailles sous la qualification de « la marquise Dulau du Chambon » au mois de septembre 1777 (Gazette du 20) ; sœur du vicomte de Versigny (père de la marquise de Junquières), de Mmes Berthelot de Versigny et Durant de Bellenglise ; fille de Marie-Antoine-Léonor L'Hoste, éc, sgr de Beaulieu, maître des comptes à Paris le 20 mai 1756, — et de Jeanne-Marguerite Le Cointe.

Il eut : du premier lit :

1. Jean-Jacques, né le 26 août 1755, sous-lieutenant au régt de Normandie, infanterie, en 1779 ; mort sans postérité.

2. Claudine-Césarine-Marie, née à Eymoutiers-Ferrier (Charente), diocèse de Limoges, le 28 sept. 1756 ; reçue, sur preuves du 12 sept. 1769, au nombre des 250 demoiselles que S. M. fait élever en la Maison royale de St-Louis, établie à Saint-Cyr, grand parc de Versailles ; — dont elle eut billet de sortie le 16 juillet 1776, et dot le 2 juin 1778 ; présentée à L. M. le 21 août 1785 (Gazette du 26) ; — son portrait existe chez son arrière-petit-fils le comte Olivier d'Elva ; — épousa, p. c, signé de L. M. à Versailles le 2 juin 1782 (Gazette du 21) Jean-Baptiste d'Aliney, comte d'Elva (au diocèse de Saluces-Comte, en Savoie, 1620), seigneur piémontais établi en France à la suite de Marianne-Victoire, princesse de Savoie-Carignan ; ci-devant colonel à la suite du régt Royal-Italien, blessé au siège de Mahon (Gazette du 29 mai 1756), maréchal des camps et années du Roi, chev. de St-Louis, commandant à St-Domingue et à la Martinique ; dont postérité. Il était veuf, sans postérité, de Marie, comtesse des Nos de La Feuillée, veuve elle-même, en premières noces, le 27 avril 1754, de son cousin Gilles-Marie, comte des Nos de Champmeslin, capitaine des vaisseaux du Roi, chev. de St-Louis, épousé en 1742, — et en secondes noces, sans postérité, avant 1773, de Jacques-François-Alexandre Dyel du Parquet, chev., marquis de Marcilly-sur-Eure, major au régt des gardes-françaises, chev. de St-Louis, né vers 1722.

3. Jean-Joseph-Philippe-Jacques, né le 11 sept. 1757, mort jeune.

4. François-Armand, né le 20 juillet 1758, mort à Paris (St-Sulpice) le 30 déc. 1788, à 30 ans.

5. Jean-Armand-François, né le 31 août 1759, mort jeune.

6. Jean, né le 6 février 1762, mort jeune.

7. Jean-Henri-Gaston, né le 17 juillet 1764 ; fit ses preuves pour le service le 18 sept. 1871 ; officier de cavalerie.

8. Jean-Gaston-Joseph, né et mort en 1766.

Du second lit :

9. Antoine-Charles, né à Paris (St-Sulpice) le 27 mai 1771.

10. Adélaïde-Jeanne, née en 1772, chanoinesse et comtesse du chapitre noble de Coyze-en-L'Argentière, en Forez.

11. Adélaïde-Anne-Philippine, née en 1774, aussi chanoinesse de L'Argentière ; mariée en 1796 à Jean, vicomte du Lau de Célettes, rapporté plus bas.

12. Antoinette-Jeanne-Pauline, née à Paris (St-Sulpice) le 25 nov. 1776 ; — présumée la même que Mme du Lau de La Trille, chanoinesse de l'ordre de Malte en l'abbaye de St-Antoine de Viennois (1789).

13. Et Agathe-Émilie, née à Paris (St-Sulpice) le 20 déc. 1779 (1774), chanoinesse de L'Argentière (1789).

Source : Henry de Woelmont.

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20 août 2015

Procès de la marquise de Charras

Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, marquise de Lalaurencie-Charras et Marie de Lalaurencie-Charras sa belle-sœur.

Il est difficile, même après avoir lu les dossiers de jugement de ces deux dames, de dire de quelles fautes, de quel péché véniel elles pouvaient être accusées; ce qu'il y a de plus clair, c'est qu'elles étaient ci-devant nobles, comme on disait dans le temps, et qu'elles avaient pour adversaire l'infernal Fouquier-Tinville, le fabricateur d'accusation, la hache exterminatrice du parti de la Terreur.

Elles furent toutes deux dénoncées par le comité révolutionnaire de la section du Mont-Blanc comme suspectes, en vertu de la loi de Merlin de Douai. Elles habitaient la commune d'Asnières, près Paris, avec le marquis de Charras, leur époux et frère, ancien inspecteur des maréchaussées, qui eut lo bonheur ou le malheur d'être tellement malade qu'on ne put le transporter en prison. Comme il me serait impossible d'extraire des trois pièces qui composent le dossier de Mme la marquise de Charras une seule raison de condamnation, je vais en citer les passages les plus saillants; c'est le seul moyen de faire connaître les procédés de justice de cette machine de destruction que le montagnard Lecointre (de Versailles) définissait ainsi : « Qu'est-ce qu'un tribunal révolutionnaire?... C'est un tribunal arbitraire où le parti dominant envoie ses victimes. »

Dont le conventionnel Doulcet-Pontécoulant a dit : « Les tribunaux révolutionnaires n'ont trouvé partout des coupables que parce que le gouvernement de la Terreur voulait qu'on trouvât partout des coupables. »

Et Bordas (de la Haute-Vienne), autre conventionnel : « C'est une caverne d'assassins (1) ! »

Voici l'interrogatoire subi devant Deliège, juge au tribunal criminel et révolutionnaire de Paris :

« D. Les nom, âge, profession, pays et demeure?

« R. Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de Charras, ci-devant marquis (2), âgée de quarante et un ans, native de Paris, demeurant à Asnières, département de Paris, district de Franciade (Saint-Denis).

« D. Où est actuellement son mari?

« R. A Asnières, bien malade.

« D. Quelles sont ses opinions sur la Révolution?

« R. Qu'elle trouve bien fait ce qu'elle a fait.

« D. Ce qu'elle pense du jugement du tyran et de son infâme femme?

« R. Que puisqu'on les a jugés, elle pense qu'ils méritaient de l'être.

« D. Connaissez-vous la femme Billens?

« EL Oui, mes parents étaient bien liés avec les siens.

« D. Avez-vous su si l'on n'a pas tenu chez elle des conciliabules tendant à rétablir l'ancien régime?

« R. Que non.

« D. Si elle a un conseil?

« R. Qu'elle nomme le citoyen Villains.

« Lecture faite, elle persiste, etc. »

Sur cet interrogatoire Fouquier-Tinville brocha l'acte d'accusation suivant :

« Examen fait des interrogatoires, il résulte que ladite Charras était l'ennemie de la Révolution; que c'était chez elle que les contre-révolutionnaires tenaient leurs conciliabules; que l'on y tenait les discours les plus incendiaires contre la Convention nationale, contre les patriotes et contre Paris; on disait où il fallait mettre le feu afin d'en brûler toute la canaille, qui n'était bonne à conserver que du jour au lendemain; qu'elle paraît même avoir conservé des correspondances avec l'émigré Corberon.

« En conséquence, l'accusateur public requiert.... Le 7 pluviôse an II. »

Le 11 du même mois, la malheureuse dame comparaissait devant le tribunal révolutionnaire, composé de André Coffinhal, faisant fonctions de président; Pierre-Noël Subleyras et François-Joseph Denizot, juges; Gilles Liendou, substitut de l'accusateur public. Voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des intelligences et correspondances avec les ennemis dela République, tendant à favoriser par tous les moyens possibles le succès de leurs armés et leur entrée sur le territoire français, anéantir la souveraineté du peuple, dissoudre la représentation nationale, rétablir la royauté en France?

« Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de François Charras, ci-devant marquis, est-elle du nombre de ceux qui ont entretenu lesdites intelligences?

« La déclaration du juré (3) est affirmative sur toutes les questions. »

Il paraît que cette dame et son mari s'étaient toujours montrés d'une bienfaisance et d'une générosité qui le? avaient rendus la providence de la contrée, aussi la population s'émut de leur arrestation. La société populaire d'Asnières se réunit et prit plusieurs délibérations dans l'une desquelles on lit ce qui suit : « Depuis vingt mois que la citoyenne Charras et son époux résident en cette commune, ils ont tenu une conduite sans reproche; que, au contraire, la société do ladite commune ne peut que leur donner les marques d'estime que l'on doit aux bons Français, et que les membres de ladite société peuvent et croient devoir attester devant les citoyens qui composent le tribunal révolutionnaire, que la citoyenne Charras et son époux ont toujours donné les preuves de leur zèle pour la chose publique, et qu'ils se sont montrés jusqu'à ce jour les amis de l'humanité, en soulageant la classe indigente d'uu côté, et mettant les premiers la main à l'œuvre lorsqu'il s'agissait de sacrifices envers la patrie. C'est pourquoi il a été arrêté, après nuire délibération de l'assemblée, qu'il serait nommé six commissaires, pris dans son sein, pour porter et remettre le présent extrait entre les mains de qui de droit. » Un grand nombre de signatures suivent au bas de cette pièce, qui est au dossier.

Mais que pouvaient faire les efforts de toute une population reconnaissante auprès de ce tribunal de sang, dont le septembriseur Danton, qui fut son créateur et sa victime, disait : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes de l'avoir fait décréter ! »

La malheureuse femme fut condamnée à mort et exécutée le même jour.

(Archives de l'Empire, W, 316, dossier 477.)

Marie de Lalaurencie-Charras.— Il n'existe pas plus de charges contre cette victime que contre la précédente. La procédure fut identique : interrogatoire insignifiant, acte d'accusation faux et sans base, questions aux jurés inventées et étrangères au procès, condamnation capitale inique, telle est Pu raccourci la physionomie de cette nouvelle affaire. Au forai, tout cela n'était qu'une hypocrite comédie; il ne s'agissait pas de punir des coupables, mais bien d'anéantir des adversaires.

Mlle Marie de Lalaurencie était, comme son frère, native de Chatras, qu'elle avait habité toute sa vie, et elle eût mieux fait d'y rester. Depuis deux ans elle s'était rapprochée de son frère et de sa bellesœur qui habitaient Asnières, comme nous l'avons déjà dit. Son frère, très malade, avait réclamé ses soins, et elle n'avait pas hésité à braver le danger pour aider, dans cet acte pieux, sa belle-sœur, la malheureuse qui tomba sous le glaive de la loi, comme disait Fouquier-Tinville, quelques mois avant elle.

Il paraît que ce fut le même comité révolutionnaire de la section du Montblanc qui la fit arrêter comme sa belle-sœur.

Des différents interrogatoires qu'elle subit, il résulte qu'on lui reprocha :

1° De n'avoir pas excité son domestique Delveau à faire son service dans la garde nationale, ce qui la rendait suspecte. — A quoi elle répondit qu'elle ne s'était jamais informée si son domestique faisait ou ne faisait pas son service.

2° On lui demanda si elle n'avait pas porté le deuil du tyran Capet, et combien de temps? — Répond qu'elle ne l'a jamais porté.

3° Si elle n'avait pas des frères émigrés?—Répond que trois de ses frères sont absents depuis 1779, qu'elle les croit émigrés, mais qu'elle n'en a jamais eu de nouvelles.

4° Si elle n'a pas fréquenté la femme du ci-devant président Billens-Guibeville (4) et le marquis de Corberon? Et, attendu qu'ils sont connus pour aristocrates, il ne peut manquer pour elle d'en être de même. — Répond qu'elle les connaît, mais ne les a jamais fréquentés; que du reste elle n'est pas de leur avis.

Aucune autre question, aucun autre reproche ne lui fut adressé, tout se borna à ces quelques suppositions; aucune autre preuve ne fut administrée. Là-dessus Fouquier-Tinville bâtit l'acte d'accusation qu'on va lire :

« Antoine-Quentin Fouquier, accusateur public du tribunal révolutionnaire, expose que Marie Lalaurencie-Charras, âgée de quarante-deux ans, native de Charras, près d'Angoulême, demeurant à Asnières, près de Paris, a été renvoyée au tribunal révolutionnaire.

« La fille Charras est sœur (il faut lire belle-sœur) de celle que le glaive de la loi a déjà frappée; elle portait la haine contre la Révolution au dernier période; on l'a vue porter le deuil du tyran Capet; ses discours révoltaient même jusqu'aux citoyens les plus indifférents sur la Révolution, et les aristocrates eux-mêmes prétendaient que la Charras était d'une aristocratie puante.

« D'après l'exposé ci-dessus, l'accusateur public a dressé la présente accusation contre la fille Charras pour avoir conspiré contre le peuple français.

« Fait au cabinet de l'accusateur public, le 25 germinal, l'an II de la République. »

Le 29 germinal, Marie Lalaurencie-Charras parut au tribunal révolutionnaire, et après une apparence de débat, voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des conspirations contre la liberté, la sûreté du peuple, tendant à rétablir la tyrannie et à détruire le gouvernement républicain, par suite desquelles conspirations des intelligences ont été entretenues avec les ennemis intérieurs et extérieurs, des secours en hommes et en argent ont été fournis, des moyens de corruption et de trahison ont été employés pour exciter la guerre civile, affamer le peuple, détruire la fortune publique, assassiner les patriotes, avilir et dissoudre la représentation nationale?

« Marie Lalaurencie-Charras est-elle complice de ces conspirations?

« La déclaration du juré est affirmative sur toutes ces questions.

« Paris, le 29 germinal, l'an II de la République.

« Signé : Dumas, président; Ducray, commis-greffier. »

En conséquence de ce verdict, Marie Lalaurencie-Charras fut condamnée à mort pour une conspiration dont il n'y avait même pas traces dans l'affaire; elle fut exécutée le même jour. De crime, il n'y en a pas même d'apparences; mais, comme je l'ai dit, elle était noble, sœur de trois émigrés, et de plus belle-sœur d'une guillotinée. Or, il entrait dans les principes de ces messieurs de frapper les proches parents de ceux qui avaient déjà subi cette peine; car, disaient-ils, jamais les ex-nobles ou les parents des guillotinés n'aimeront la Révolution (5).

(Archives de l'Empire, W, n° 348, dossier 702.)

Notes :

1. Voir la Justice révolutionnaire à Bordeaux, par Fabre de La Benodière. Discours de rentrée de la cour impériale. 1865.

2. Ils étaient père et mère de feu le marquis de Charras, ancien député de la Charente sous la Restauration, mort il y a quelques années au château de Montchaude, près Barbezieux.

3. On sait qu'à cette époque on appelait le juré ce que nous nommons aujourd'hui le jury.

4. Celle malheureuse dame avail été jugée et décapitée avec Mme la marquise de Charras.

5. Le tribunal était composé de René Dumas, président; Gabriel Deliège et Joseph Denizol, juges; Edmond Lescot-Fleuriot, substitut de l'accusateur public; Anne Ducray, commis-greffier. Je n'ai trouvé au dossier que les noms de qualre jurés : les citoyens Trinchard, Lumière, Desboisseaux, Besnard. Le défenseur était Chauveau-Lagarde.

Source : Les victimes de la terreur du département de la Charente, de Stéphane-Claude Gigon.

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Paris de L'Espineuil

Paris de L'Espineuil, avec Généalogie Charente Périgord
D'azur à trois étoiles d'or, posées deux et une, et un croissant d'argent en pointe.

I. — Jacques de Paris, marchand de la ville d'Angoulême, marié avec Florence Seguin, d'où : 1° Jean de Paris, qui suit ; 2° Guillaume de Paris, sieur de Magnac, marié avec Marie de Lacoste, d'où Jean de Paris, maire d'Angoulême ; 3° Létice de Paris, mariée avec Philippe Faligon, échevin d'Angoulême ; 4° Anne de Paris, mariée avec Simon Moreau, échevin et maire d'Angoulême.

II. — Jean de Paris, conseiller de l'hôtel-de-ville, marié avec Jeanne Savineau, d'où : 1° Alexandre de Paris, qui suit ; 2° Simon de Paris, conseiller de l'hôtel-de-ville ; 3° Madeleine de Paris, mariée 1) avec Alexandre du Souchet, procureur au siège présidial d'Angoulême 2) avec François Le Musnier, maire d'Angoulême.

III. — Alexandre de Paris, sieur de L'Espineuil, marié d'après acte du 1er décembre 1586, avec Lucrèce Laisné, fille de Clément Laisné, avocat au présidial d'Angoulême, et Marie de Voyon, d'où : 1° François de Paris, qui suit ; 2° Marie de Paris, mariée avec Jean Benoist, sieur de Berguille ; 3° Catherine de Paris, mariée avec Hélie Houlier, échevin et maire d'Angoulême.

IV. — François de Paris, sieur de L'Espineuil, échevin d'Angoulême, marié d'après acte du 7 février 1621, avec Marguerite Thomas, fille de Jean Thomas, échevin d'Angoulême, et Marguerite Clément, d'où Paul de Paris, qui suit.

V. — Paul de Paris, né en 1631, décédé en 1714, sieur de L'Espineuil, juge-magistrat au siège présidial d'Angoumois, marié d'après acte du 19 février 1654, avec Marguerite Bousquet, fille de Daniel Bousquet, sieur de Boismorin, et Marie Béchamil, d'où : 1° Jean de Paris, qui suit ; 2° Paul de Paris, capitaine au régiment de Beauvaisis ; 3° François de Paris, lieutenant du roi à Neuf-Brisach.

VI. — Jean de Paris, sieur de L'Espineuil, marié d'après acte du 11 mai 1683, avec Madeleine Chérade, fille de Clément Chérade, marchand de la ville d'Angoulême, avec Madeleine Cladier, d'où Alexandre de Paris, qui suit.

VII. — Alexandre de Paris, sieur de L'Espineuil, né en 1684, décédé en 1755, marié d'après acte du 14 février 1722, avec Marguerite-Mélanie Nadaud, fille de Philippe Nadaud, sieur de Neuillac, et Marie-Claire du Bourg, sans postérité.

Archives départementales

1527. — Contrat de mariage entre Simon Moreau, fils de Pierre Moreau, marchand, bourgeois d'Angoulême, et de Catherine Couvidat, sa femme, d'une part; et Anne de Paris, fille de Jacques de Paris et de Florence Seguin, sa femne, ledit Jacques de Paris, neveu de sire Jean de Paris, bourgeois et sous-maire d'Angoulême, et de Jacquette Bigot, sa femme, d'autre part.

1528. — Arrentement, moyennant 12 sous 6 deniers de rente, par sire Jacques de Paris, bourgeois et marchand d'Angoulême, à Naudin Fouchier et Guillemette Martin, sa femme, d'une pièce de terre sise en la paroisse de Saint-Yrieix, contenant deux journaux et demi ou environ et tenue de l'abbaye de St-Cybard d'Angoulême.

1531. — Vente, moyennant 45 livres tournois, par Pierre Biron, « barrillier », à maître Jean de Paris et Jeanne savineau, sa femme, du consentement du sieur Jean de Paris, bourgeois, marchand de la ville d'Angoulême, oncle de l'acquéreur, de 70 sous tournois de rente dus annuellement par Nicolas Berthet, marchand dudit Angoulême, sur une maison sise en ladite ville, paroisse St-André, confrontant par le devant à la rue qui va de la traverse de la halle du Palet à la rue du Minage.

1540. — Acte d'échange entre maître Jean de Paris, avocat au siège royal d'Angoulême, et Jehanne Savineau, sa femme, demeurant à Angoulême, d'une part; et Pierre Maurice, fils d'André Maurice, demeurant en la paroisse de Lhoumeau, d'autre part.

1544. — Cession par honorable homme et sage maître Jean de Paris, maire et capitaine de la ville d'Angoulême, à Simon Moreau, aussi écuyer, demeurant en ladite ville, de 70 sous tournois de rente féodale dus annuellement audit Paris par Jeanne Boullet, veuve de Jean Lamy, Toinette Boullet et autres pour raison de leur village des Boullettes, paroisse St-Éloy, sur les murs d'Angoulême, et à cause d'un « aiguedour appelé anciennement du Pellegrin », assis en ladite paroisse, avec la fontaine et autres appartenances, maisons et vergers, tenant audit village des Boullettes.

1546. — Vente, moyennant 30 livres tournois, par Jean Marin et Marguerite Beneschat, sa femme, à honorable homme et sage maître Jean de Paris, écuyer, avocat au siège royal d'Angoulême, de plusieurs pièces de terre sises à Foulpougne, paroisse de Lhoumeau, et tenues à rente du seigneur de Maumont et de l'abbaye de St-Cybard.

1549. — Transaction entre Anne de Paris, femme de Simon Moreau, d'une part, et maitre Jean de Paris, écuyer, sieur de L'Espineuil, à présent juge de la mairie d'Angoulême, frère de ladite Anne, d'autre part, au sujet des successions de feus Jacques de Paris et Florence Seguin, père et mère des parties, ladite Seguin étant décédée femme en secondes noces d'Hélie Mallat, et aussi de feu Jean de Paris et de feu Pierre de Paris, ce dernier frère de ladite Anne, auxquelles successions ladite Anne avait renoncé, moyennant certaine somme, en faveur dudit sieur de L'Espineuil.

1566. — Vente, moyennant 100 sous, par Héliot Roy, laboureur, à maître Jean de Paris, sieur de Magnac, conseiller magistrat au présidial d'Angoumois, de sept sillons de terre assis au village du Gond, paroisse de Lhoumeau.

1598. — Contrat de mariage entre noble homme maître Jean de Paris, avocat au parlement, fils de noble homme monsieur maître Guillaume de Paris, sieur de Magnac, conseiller du Roi en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoumois, et de feue dame Marie Delacoste, d'une part; et demoiselle Françoise Lemusnier, fille de noble homme monsieur maître François Lemusnier, sieur de Lartige, aussi conseiller du Roi et premier président en l'élection d'Angoumois, et de demoiselle Charlotte Laisné, sa femme, d'autre part.

1726. — Vente, moyennant 8,500 livres, par messire Alexandre de Paris, chevalier, seigneur du Courret, Saint-Gervais et autres lieux, et dame Marguerite-Mélanie Nadaud, sa femme, à monsieur maître Jean Bourdage, seigneur de Coulgens, des dîmes inféodées de la paroisse de Saint-Angeau et du lieu noble de Villars.

1730. — Vente, moyennant 70,600 livres, par messire Jean de Paris, chevalier, seigneur du Courret et autres places, conseiller du Roi, lieutenant général, commissaire examinateur et enquêteur en la sénéchaussée et siège d'Angoumois, à messire Étienne-Adrien Chérade, chevalier, seigneur comte de Montbron, baron de Manteresse, La Rochechandry et autres places, et à dame Louise Deval, sa femme, tant de la charge de lieutenant général que de celles de commissaire examinateur et d'enquêteur dont ledit seigneur du Courret était pourvu.

1756. — Vente, moyennant 55,200 livres en principal et 600 livres de pot-de-vin, par messires Paul et Benoît de Paris, écuyers, frères, seigneurs de L'Espineuil et du Trion, demeurant ensemble au bourg de Villefagnan, en Angoumois, tant pour eux que comme ayant charge de messire François de Paris, écuyer, sieur de Boismorin, lieutenant du Roi à Neuf-Brisach, en Alsace, leur frère, tous les trois héritiers de feu messire Alexandre de Paris, vivant écuyer, seigneur du Courret, leur neveu, d'une part ;à messire Arnaud Souc de Plancher, écuyer, seigneur de La Garrelie, La Rousselière et autres lieux, demeurant en son château de La Rousselière, paroisse de Beaussac, en Périgord, tant pour lui que pour dame Madeleine Chérade, sa femme, mineure, d'une part; au profit de demoiselle Anne Dubois de Bellegarde, fille majeure, demeurant à Angoulême, d'autre part.

Bibliothèque généalogique

• François Vigier de La Pile, Histoire de l'Angoumois, 1756.

Cette famille s'est maintenue plus longtemps qu'aucune autre dans le corps de ville et dans les charges du présidial. Elle a été de la maison-de-ville pendant près de cent cinquante ans. On en trouve sept qui ont passé par les différents emplois, dont cinq maires; les autres échevins ou conseillers successivement.

Jean de Paris, conseiller en 1510, ensuite maire les années 1523 et 1544.

Jacques de Paris, conseiller en 1534.

Jean de Paris II, conseiller depuis 1574 jusqu'en 1586.

Simon de Paris, fils du précédent, reçu en sa place de conseiller, depuis 1586 jusqu'en 1606.

Jean de Paris III, maire trois fois, les années 1604, 1620 et 1629.

François de Paris, conseiller en 1626, ensuite échevin jusqu'en 1653.

Il y en a eu deux branches, celle de Maignac et celle de l'Epineuil. La première a fini par deux filles : l'une, nommée Catherine de Paris, mariée avec Hélie Houllier, dont je parlerai dans son lieu, et l'autre dans la maison de l'Etang de Sigogne.

La branche de l'Epineuil a produit plusieurs grands magistrats, entre autres Jean de Paris, quatrième du nom, mort à Villefagnan, où il s'était retiré après avoir exercé fort longtemps la charge de conseiller au présidial avec un applaudissement général. C'était un grand homme de bien; on le consultait de toutes parts dans les affaires les plus épineuses; il était le protecteur des pauvres et un sage conseil pour tout le monde.

Son fils aîné, Jean de Paris, cinquième du nom, seigneur du Couret, a tenu la charge de conseiller pendant longtemps, et, après la mort d'Etienne Chérade, son beau-frère, il prit celle de lieutenant général, qu'il a exercée avec une grande intégrité et une assiduité exemplaires jusqu'à son décès.

Alexandre de Paris, son fils, n'a pas voulu prendre le parti de la robe; il a épousé Marguerite-Madeleine Nadaud, dont il n'a point d'enfants. Il a servi quelque temps, à l'exemple de ses trois oncles, dont un a été capitaine dans Beauvoisis, sous le nom de l'Epineuil ; l'autre a imprimer ici, chez Pierre Marchand, en 1643, servi dans Anjou, sous le nom de Triou, et le troisième, nommé le sieur de Boismorant, est actuellement lieutenant colonel du même régiment.

• Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, 2005.

Au logis de l'Épineuil, on a rénové la façade au XIXe siècle, la date de 1889 en témoigne sur un linteau. Cette façade ne manque toutefois pas d'intérêt, tous les linteaux et les trumeaux étant ornés de figures géométriques. La tour d'escalier en vis, qui se trouvait à l'extérieur dans l'ancienne construction, se retrouve aujourd'hui, et c'est dommage, arasée et englobée dans la nouvelle. En retour d'équerre existe une partie de l'ancien logis surmontée d'une couverture à la Mansart datant du XVIIIe siècle. Dans le brisis, s'ouvrent deux lucarnes à frontons curvilignes entrecoupés surmontés d'acrotères. Les communs sont contemporains et de l'ancien logis et ne présentent aucun intérêt particulier. En 1568, l'Épineuil appartient à Alexandre de Paris qui en fournit le dénombrement de 5 janvier. Cette famille conserve les lieux pendant tout le XVIIe siècle et une partie du XVIIIe siècle. Le 6 avril 1756, Paul, Benoît et François de Paris, écuyers, frères, vendent l'Épineuil à Pierre Paul Le Clerc de la Verrie, écuyer, gendarme de la garde ordinaire du roi. Celui-ci, le 15 novembre 1764, rend l'hommage « au devoir d'une livre de cire à muance de vassal ou de seigneur », et fournit son dénombrement à l'abbé de Saint-Cybard à cause du fief et de la seigneurie de l'Épineuil. Le 3 juin 1765, lui et son épouse, Catherine Lhoumeau, vendent l'Épineuil à André François Benoist, sieur des Essards, changeur pour le roi. Ce dernier en fait dresser l'état par procès-verbal le 7 août suivant. Le 22 octobre 1775, Jean Pierre Guimbertaud, curé de Saint-Yrieix, achète le domaine où il décède en 1788. Ses meubles sont vendus le 23 novembre 1790. Le 6 novembre 1775, il avait fait faire l'état de son acquisition. Deux portails permettent l'accès au domaine. La fuie où l'on monte par un escalier de pierre extérieur, surmonte des latrines. D'autres latrines existent dans une petite cour. Une tour s'élève dans un coin du jardin près du portail et une seconde tour dans un autre coin. Le logis semble composé de deux parties. Une première partie en rez-de-chaussée, surmontée de greniers accessibles par un escalier extérieur en pierre, renferme le salon d'été qui a vue sur le jardin, la cuisine et une petite chambre. Le sol du salon est en petits cailloux. Depuis la cuisine, on accède dans la seconde partie, dans le salon d'hiver, le vestibule avec un sol en petits pavés, la salle où la cheminée est « boisée » et la cave. Dans le vestibule, un escalier en pierre monte à l'étage, dans trois chambres et un cabinet, et se poursuit jusqu'au second étage pour aller dans des greniers. Dans un des greniers existe une petite cloche. La couverture de cette seconde partie est faite de tuiles plates.

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Le chevalier de Méré

No XIII, p. 46, 78, 104, 213, 255 et 288. Le chevalier de Méré. — Des diverses questions posées à l'endroit du chevalier de Méré, une seule est restée sans solution : c'est celle relative au surnom de Méré, Nous croyons aujourd'hui pouvoir y répondre. Les points acquis à la discussion sont ceux-ci : 1° Benoît Gombaud, père du chevalier, habitait l'Angoumois et son fief de Méré était situé dans cette province (p. 214 et 256); 2° ce même Benoît Gombaud avait pour mère Claude de Li venue, vivant en 1606. Voici maintenant de nouveaux renseignements propres à nous éclairer : « Du 7 octobre 1563, sur le procès mu entre haute et puissante dame Catherine de Clermont, dame de Pranzac, demanderesse, pour raison des villages de Ronsac, la Pipaudie, etc., d'une part, et haut et puissant seigneur messire Hubert de La Rochefoucauld, baron de Marthon, défendeur, d'autre part, et encore ladite dame demanderesse pour raison de divertissement par elle prétendu du fleuve de Bandiat, à l'endroit du Got-Chaillat, contre ledit défendeur, lesdites parties ont promis d'en ester au dire et ordonnance des arbitres et amiables compositeurs ci-dessous nommés et élus, sçavoir est, de la part de ladite dame demanderesse, etc .. et de la part dudit seigneur de Marthon, défendeur, Jean Gombaud, écuyer, sieur de Meyré, etc... et iceux arbitres s'assembleront au lieu et bourg de Chazelles, le vendredy, douziesme jour de novembre prochain venant... En témoing de ce, lesdites parties ont signé les présentes au chastel de Pranzac, le jeudi septième jour, etc... Signé : J.-B. Dittermont ».

Or, si nous consultons la carte de Cassini, nous y constatons les distances suivantes, à partir du château de Méré, en la paroisse de Bouex : Chazelles, 4,500 mètres ; Pranzac, 6,400 mètres ; Marthon, 8,000. Il est donc évident que Jean Gombaud de Méré est appelé à cet accord, en qualité d'ami et de proche voisin des parties et que c'est bien le château de Méré en Bouex, qu'il habitait alors. En veut-on une preuve plus décisive encore ? « 26 juin 1604, monitoire de l'auditeur de la cour commune des évêque, doyen, chapitre et archidiacre d'Angouléme, publié à la requête de demoiselle Clautie de Livenne, dame de Méré et de Bouex en partie, au sqjet des vols commis à son préjudice, tant par des particuliers à elle inconnus, que par les gens de guerre en garnison dans la ville d'Angoulême ». (Archives de la Charente, inventaire, p. 215, série E. liasse 653). Nous retrouvons donc ici, dans la paroisse de Bouex, la même Claude de Livenne qui nous est déjà connue comme mère de Benoit de Gombaud de Méré, et par conséquent comme aïeule du chevalier. Tout porte à croire qu'elle était des Livenne, de Vouzan, paroisse limitrophe de celle de Bouex ; et qu'elle était veuve de Jean de Gombaud, l'amiable compositeur de l'an 1563.

Conclusion :. le Méré dont le nom a été illustré par Antoine Gombaud, est celui de la paroissse de Bouex, et nous sommes heureux de faire à la province d'Angoumois la restitution d'une gloire biographique qui lui était inconnue.

Le chevalier de Méré appartient donc au Poitou, par sa résidence et sa mort à Beaussay, terre qui lui provenait sans doute de sa mère, Elisabeth de Maillé-La-Tour-Landry ; à la Saintonge, par le berceau de sa famille et le nom de Plassac, porté avec quelque renommée par l'un de ses frères ; et enfin, à l'Angoumois par le nom qu'il a légué à la postérité. Plus tard, et nous ne savons comment le fief de Méré est passé à la famille des Arnault, de Bouex. En 1700, le 12 février, demoiselle Anne Arnault de Méré, tille de feu Jean Arnault, écuyer, seigneur de Méré et de Bouex, et de Jeanne Desmier, épouse Bertrand de La Laurencie, marquis de Charras. Elle signe au contrat : Anne Arnault de Méré. Mais que deviendra la légende de Poltrot de Méré qui, lui aussi, aurait possédé ou habité le Méré de la paroisse de Bouex ? Elle aura le sort de tant d'autres légendes démenties et disparues ; à moins d'admettre cependant que les Poltrot et les Gombaud ont pu posséder le fief de Méré en co-seigneurie, par suite d'une alliance entre eux ce qui se produisait jadis assez souvent et ce qui ne serait pas en désaccord avec la qualification prise par Claude de Livenne, dans l'acte de 1603, de « dame de Méré et de Bouex en partie ».

La question de Poltrot n'est pas, du reste, de notre ressort, et nous ne voulons point empiéter sur le domaine de nos collègues de l'Angoumois.

(Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1879)

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Le fief de Vilhonneur

Fief de Vilhonneur : M. de Labalud.

Le fief de Vilhonneur était possédé au XIIe siècle par une des plus anciennes familles de l'Angoumois, la famille de Chambes, d'origine chevaleresque.

Les de Chambes, appelés aussi de Jambes, du nom que prit au XVe siècle la branche établie en Anjou, paraissent pour la première fois dans l'histoire de l'Angoumois, vers 1051, dans la personne de Pierre de Chambes, premier du nom.

David de Chambes, fils du précédent, fut père de deux enfants, que lui donna Pétronille de Vitré : 1° Landry, chevalier, 2° Guilloto.

Landry se signala dans les premières guerres contre l'Angleterre. Guilloto fut seigneur de Vilhonneur. Il épousa N. de La Rivière, dont il eut Pierre, qui suit.

Pierre de Chambes, deuxième du nom, mourut à Vilhonneur, où il fut enterré en 1256. On y voyait encore dans ces dernières années le mausolée élevé au chevalier de Chambes, placé derrière le chevet de l'église. La pierre tumulaire sur laquelle le chevalier est représenté couché tout armé, avec le casque, l'épée et la cotte d'armes semée de fleurs de lys se trouvait exposée à toutes sortes de dégradations et avait déjà subi quelques mutilations. J'ai pu dans l'été de 1862, comme délégué de la Société archéologique et historique dela Charente, obtenir l'autorisation de la faire enlever pour être transportée au musée de la ville d'Angoulême où elle se trouve actuellement. Elle porte encore l'inscription suivante reproduite par M. l'abbé Michon dans sa Statistique monumentale de la Charente, page 331.

( Hic ) Jhambis dictas Petrus est tellure relictus
Quem si Xriste placet tibi virgo piissima placet
Praeteriensposcat Xristum quod pace quiescat
Cum sanctis anima nec inferni sciat yma. Amen.

Pierre de Chambes fut père de Geoffroy de Chambes, chevalier, qui était marié en 1295 avec Laurette de Vivonne. De ce mariage vint Pierre de Chambes, troisième du nom, qui s'allia en 1314 avec Marie de Rohan. Leur fils, Jean de Chambes, premier du nom, chevalier, seigneur de Vilhonneur, fut tué en 1356 à la bataille de Poitiers. Il avait épousé Jacquette de Craon, dont Héliot de Chambes, marié en 1395 à Marie d'Estouteville. Le fils issu de cette union, Bernard de Chambes, chevalier, décéda le 24 janvier 1435. Il avait épousé Sybille de Montenay.

La famille de Chambes se divise au onzième degré en deux branches principales. Le chef de la branche seule mentionnée par les généalogistes, Jean de Chambes, deuxième du nom, seigneur de Fauquernon, ambassadeur à Rome et en Turquie, devint par alliance avec les Chabot, baron de Montsoreau. Cette branche, dite de Chambes-Montsoreau, finit dans la dernière moitié du XVIIe siècle par deux filles, dont l'une, Marie-Geneviève, porta par mariage en 1664 le comté de Montsoreau dans la famille des Bouchet, marquis de Sourches.

La branche d'Angoumois, oubliée dans les Nobiliaires, conserva son nom primitif de Chambes, et après de nombreuses vicissitudes, cette famille qui possédait encore au commencement du XVIIIe siècle de nombreux fiefs dans la province, déchut rapidement pour finir en la personne du chevalier de Chambes qui comparut à l'assemblée de la noblesse en 1789 et mourut dans les premières années de ce siècle.

En 1546, Antoine de Chambes, écuyer, seigneur de Vilhonneur, vendit une rente à Jean de Chambes, seigneur de Boisbaudrant.

En 1598, Pierre de Sault, écuyer, est dit seigneur de Villars et de Vilhonneur. Il était marié à Christine de Chambes, fille et héritière, ainsi que Jeanne sa sœur, de Pierre de Chambes, seigneur de Vilhonneur.

Un siècle plus tard, en 1698, le fief de Vilhonneur appartenait encore à la famille de Sault. En 1789, il était possédé par M. Labatud, qui comparut à l'assemblée de la noblesse d'Angoumois.

Chambes. — D'azur, semé de fleurs de lys d'argent sans nombre, au lion de même, armé, lampassé et couronné de gueules, brochant sur le tout.

De Sault alias Dussaux.— D'argent, à trois chabots d'azur, 2 et 1.

(Revue nobiliaire héraldique et biographique, 1866)

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13 août 2015

Etienne-André Souchet (1731-1824)

Souchet (Etienne-André)
Angoulême 4 décembre 1731 - 24 novembre 1824.

L'aîné de deux frères, fils de Pierre, procureur au présidial, et de Marie Mesnard. Homme de loi et avocat sous l'Ancien Régime, après avoir prêté serment d'avocat le 19 août 1754 à Angoulême, et le 1er avril 1756 au parlement de Paris. Il est l'auteur de la "Coutume de l'Angoumois commentée et conférée avec le droit commun du royaume de France", publiée en 1780 en deux volumes, éditée à Paris et précédée en 1776 d'un traité sur l'usure. En 1789, il était colonel de la milice bourgeoise de la ville ; en juillet 1790 il est élu procureur de la commune d'Angoulême, et à plusieurs reprises il s'oppose au maire Perrier de Gurat. En mars 1791 il démissionne de sa fonction à la suite d'un discours du maire prononcé lors de l'installation des juges de paix ; mais le corps municipal ne veut pas prendre position et, quelques jours plus tard, les électeurs réélisent Souchet. En juillet 1791, c'est au directoire du département que le procureur de la commune se heurte en protestant contre la décision de fermer les chapelles des communautés pour donner satisfaction aux exigences des comités révolutionnaires. En novembre 1791, Souchet n'est plus le procureur de la commune, mais on le retrouve dans la même fonction à la fin de 1792. La situation politique est de plus en plus tendue ; en mai 1793 la municipalité et l'assemblée communale en entier trouvent que leur autorité est bafouée par les interventions quotidiennes des comités révolutionnaires, et menacent de démissionner. En juillet 1793 éclate un conflit ouvert entre la commune et le département à la suite de la mise en liberté de prisonniers politiques détenus à la tour du château, décidée par la municipalité. Le maire Resnier et le procureur Souchet sont suspendus par l'autorité départementales, puis traduits à la barre de la Convention nationale. Souchet ne retrouvera plus sa fonction, considéré comme suspect et écarté définitivement de la vie municipale. Il faut attendre sept ans pour voir réapparaître Souchet dans la vie municipale d 'Angoulême, lorsqu'il se présente, le 9 vendémiaire an IX (1er octobre 1800) et exhibe au président de la municipalité, Blandeau, chargé depuis des mois d'expédier les affaires courantes et attendant son successeur, l'arrêté du Premier Consul en date du 18 fructidor qui le nomme maire d' Angoulême. On peut s'étonner de ce choix, à la tête du chef-lieu du département, vu l'âge et le passé du promu. Il est vrai que l'on assiste à un renouvellement complet du corps municipal, avec la volonté évidente d'en écarter ceux qui ont exercé des responsabilités entre 1793 et 1795 et après 1797. La compétence juridique d'Etienne Souchet, même s'il n'exerce plus en tant qu'homme de loi, fait autorité. Sa première décision de maire est de mettre en place l'octroi municipal. Il restera à la tête de la mairie d'Angoulême jusqu'en mars 1804, où il démissionnera sans que l'on en sache les raisons ; peut-être à cause de l'opposition et des critiques du corps municipal à l'égard de sa gestion budgétaire manquant de rigueur. La mésintelligence entre le maire et le conseil est manifeste et éclate à chaque occasion. Retenons que le premier éclairage des rues avec cinq réverbères date de l'administration Souchet. Etienne Souchet disparaît alors de la vie publique ; il n'est pas inscrit sur la liste des soixante notables les plus distingués établie par le préfet Rudler en l'an XIII, c'est-à-dire après la démission du maire. Il mourra à près de 93 ans, laissant un livre de raison où il a consigné les principaux faits de sa famille.

Marié en 1760 avec Elisabeth-Andrée de La Tache, décédée en 1804, il a eu neuf enfants dont quatre moururent en bas âge. En juin 1824 il fait donation entre vifs à ses cinq héritiers, quatre fils et une fille, contre une pension annuelle de 1 000 F. Montant des biens : immobilier, 40 000 F ; mobilier, 1 526 F ; capital de rentes, 6 300 F.

L'aîné de ses fils, Pierre, (1761-1824) était avocat à Bordeaux, et le cadet, Philippe-Jean-Baptiste (1764-1852), maire de Dirac sous l'Empire, avait épousé la fille aînée de Guillaume Lambert, négociant à L'Houmeau.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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10 août 2015

Les tailles de la paroisse d'Agris

Taillables les plus imposés en 1788, en livres et en sols :

1) Jean Roudeau, exploitant du sieur Boissier, à La Brousse
44 l. 19 s.

2) Etienne Petit, exploitant du sieur du Mosnat, au Mosnat.
34 l. 7 s.

3) Jean Texier, laboureur, au bourg.
34 l. 3 s.

4) Marie Villatte, veuve Martonneaud, au Pont d'Agris
31 l. 2 s.

5) François Ravion le jeune, à La Grange
28 l. 4 s.

6) La veuve du sieur Vidaud, au bourg.
27 l. 10 s.

7) François Pradeau, exploitant du sieur de La Prèze, au Fouilloux.
26 l. 10 s.

8) Louis Degorce au Pont d'Agris.
24 l. 7 s.

9) André de Neuvy, exploitant du sieur de La Prèze.
22 l. 18 s.

10) Le sieur François-Xavier Gauvry, aux Vieilles Vaures.
22 l. 11 s.

11) Laurent Boissier, sieur de La Brousse.
22 l. 11 s.

12) Pierre Goyon, laboureur au bourg.
21 l. 14 s.

13) Georges Lambert, exploitant du sieur de Ribérolles, à La Moussière.
20 l. 12 s.

14) Jean Couprie-Chauvergne à La Grange.
16 l. 10 s.

15) François Riblanc, exploitant du sieur de Ribérolles à Chez Cailloix.
15 l. 8 s.

16) Mathieu Marchasson, exploitant du sieur du Mosnat, à La Coste.
13 l. 9 s.

17) Jean Baritaud, laboureur au bourg.
13 l. 3 s.

18) Le sieur Cambois, à La Brousse.
12 l. 19 s.

19) Anne Villatte, veuve Baynaud.
12 l. 16 s.

20) Jean Déclie, laboureur aux Vielles Vaures.
12 l. 10 s.

21) Jean Marginière aux Maubras.
11 l. 9 s.

Source : Jane-Marcelle Delahaye.

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09 août 2015

Voyage de Napoléon III en Charente

A Louis-Napoléon, sa fidèle Charente ! Vive Napoléon III ! Vive l'Empereur !

M. Gustave de Champagnac, sous-préfet de Barbezieux, l'un des jeunes administrateurs les plus distingués, était arrivé hier dans cette ville pour y organiser, de concert avec M. le maire, la brillante réception qui attendait S. A. I. Malgré le mauvais temps qui a duré toute la matinée, toutes les populations des cantons d'Aubeterre, Brossac et Chalais se sont rendues à la gare, bannières en tête, et elles se sont groupées sur les abords de la voie.

M. Rivière, préfet du département, est arrivé à huit heures pour recevoir le Prince; il était accompagné de M. Baroche, vice-président du conseil d'État; de MM. Ernest de Girardin, sénateur; des généraux Gélibert et Lemaire; de MM. Lemercier et André, députés, et de M. Tesnière, ancien député, à la tête du conseil général dont il est président.

S. A. I. est arrivée à une heure et demie. Le convoi s'est arrêté sous un élégant arc de tri'omphe, orné de deux aigles magnifiques. Quoique le Prince ne dût pas stationner à Chalais, les immenses acclamations de : Vive l'Empereur ! Vive Napoléon III ! qui l'ont accueilli l'ont profondément touché, et il a bien voulu donner une vingtaine de minutes à l'arrondissement de Barbezieux. Les principaux fonctionnaires ont été présentés à S. A. I. par M. le préfet, qui a pris place dans le wagon présidentiel avec M. Baroche. M. le maire de Chalais a prononcé quelques paroles, auxquelles le Prince a gracieusement répondu, et une députation de jeunes filles est venue lui offrir des fleurs. Le Prince a remis un bracelet à celle qui a prononcé le compliment, puis il a quitté Chalais au bruit des mêmes acclamations d'enthousiasme qui avaient accueilli son arrivée.

En prenant congé de S. A. I., le vice-président du conseil général de la Gironde, M. le marquis de la Grange, a témoigné au chef de l'Etat les vœux que le conseil général tout entier faisait pour la perpétuité de ses pouvoirs.

Le Prince a répondu :

« Je remercie le conseil général dela double démarche qu'il a faite en venant au-devant de moi et en m'accompagnant jusqu'aux limites du département. J'en garderai un profond souvenir. Je n'ai qu'un regret : c'est qu'il ne m'ait pas été permis d'avoir de plus fréquentes relations avec vous, messieurs, et de n'avoir pu, en conséquence, apprécier complétement chacun de vous en particulier. Mais quand la voie de fer sera terminée de Paris à Bordeaux, j'espère revenir dans votre belle cité et revoir des hommes qui ont toute mon estime et toute ma sympathie. »

De Chalais, le convoi s'est dirigé sur Montmoreau, où le Prince s'est arrêté quelques instants sous un arc de triomphe. Montmoreau a une physionomie brillante et pittoresque. De vertes prairies entourent de toutes parts une colline gracieuse sur laquelle de jolies maisons aux toits rouges semblent se grouper autour du château de M. Tesnière, auquel ses tourelles et ses vastes proportions donnent l'apparence d'une construction féodale. M. le maire a exprimé au prince les vives sympathies de son canton, et les jeunes filles sont venues offrir des fleurs. Le Prince a repondu avec cette grâce qui semble toujours nouvelle, et il est bientôt parti aux cris mille fois répétés de : Vive l'Empereur !

A quelques kilomètres de Montmoreau, le chemin s'enfonce dans le long souterrain de Livernan, qui franchit le faîte qui sépare la vallée de l'Isle de celle de la Charente, et ressort à travers d'immenses tranchées taillées à pic dans des roches calcaires, dans des plaines riantes qui s'étendent jusqu'à Angoulême.

Rien de charmant comme ces campagnes charentaises ! Leur aspect repose l'âme et les regards. On dirait les fantaisies harmonieuses d'un immense jardin anglais. Des ruisseaux dont les bords sont plantés de peupliers à l'étroit corsage dessinent, comme à plaisir, les courbes les plus capricieuses à travers des prairies dont la verdure fine et délicate ferait honte aux plus frais gazons de nos jardins. Si la nature a fait les principaux frais de cette décoration, le goût des propriétaires l'a encore embellie. Nulle part nous n'avons vu de plantations distribuées avec plus de coquetterie. On devine dans ces campagnes que si la Charente est un pays de culture, c'est aussi un pays de luxe et d'élégance qui tient toujours à faire quelque chose pour le plaisir des yeux.

Par intervalles, sur le bord de ces gracieux ruisseaux, on aperçoit d'importantes usines. La plupart sont des papeteries mécaniques que de puissantes chutes d'eau ont permis depuis longtemps d'établir. On sait que le génie de Turgot imprima une vive impulsion à cette industrie, qui est aujourd'hui la plus grande richesse de la Charente.

A Mouthiers, on passe au pied des ruines d'un vieux château, ruines austères et sombres qui contrastent avec l'aspect presque riant des ruines d'une église abbatiale qu'on aperçoit bientôt à la Couronne, avec leurs chapiteaux élégants que dévorent la ronce et le lierre, leurs rosaces à jour, encore conservées dans leur pureté primitive, et leurs faisceaux de colonnettes brisées par le sommet.

Enfin, sur une haute colline isolée, apparaît Angoulême avec ses maisons blanches et coquettes, et les hautes terrasses qui l'annoncent au loin. Mais on ne fait qu'entrevoir les édifices de la ville, et l'on se perd bientôt dans le sombre souterrain qui la traverse dans toute son étendue.

Les salves d'artillerie, qui, de la place Beaulieu, avaient annoncé l'arrivée du Prince, aussitôt que des hauteurs on avait aperçu la fumée des locomotives, résonnent sourdement sous les voûtes du tunnel qui, ainsi que le souterrain de Livernan, a été exécuté par M. l'ingénieur Saige.

Enfin le convoi s'arrête, à trois heures, dans la gare située au faubourg l'Houmeau.

Source : Voyage de sa Majesté Napoléon III Empereur des Français, de François Laurent.

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