29 mars 2020

Généalogie Goursaud de Merlis

Goursaud de Merlis.

Voir la généalogie complète dans le Beauchet-Filleau.

I. N. Goursaud, qui vivait vers 1650 eut deux enfants :

1. Jacques.

2. Louise mariée vers 1660 à Philippe Périgord, notre aïeule.

II. Jacques Goursaud, se maria vers 1670 et eut au moins :

III. Jacques Goursaud, sr de la Jousselenie, mort en février 1742 eut un fils, prouvé par une enquête du 17 octobre 1740 devant l'official de Limoges pour accorder des dispenses de mariage.

D'où :

1. Jean-Baptiste.

2. Jean-Baptiste-Noël Goursaud, sr de Laumont, avocat en Parlement, juge sénéchal de la vicomté de Rochechouart épouse Josiane-Françoise Charon.

D'où :

a. Jean-Baptiste Goursaud de Laumont, sr de Chandeau, avocat en parlement, juge-sénéchal de Rochechouart, qui épouse le 26 août 1760 à Oradour-sur-Vayres Marie de Lathière, fille unique de Jacques-François de Lathière, sr de Lavergne, avocat en Parlement et controleur des actes et syndic à Oradour, et de Marie Vigneron.

D'où :

A. François Goursaud, sr de Laumont, avocat, propriétaire de Mascureau en Rochechouart, épousa à Saint-Savin de Poitiers le 15 janvier 1788 Marie-Radegonde Dupuy, fille de feu François Dupuy, éc, sgr de la Jarrie, trésorier de France au bureau des finances de cette ville et de feu Marie-Radegonde Huret.

D'où :

&. Jean-Baptiste Goursaud de Laumont-Chandeau, né vers 1789, mort à Rochechouart le 27 juin 1817 qui épousa vers 1815 Marie Lathière-Laborderie, fille de Jean de Lathière, sr de la Borderie et de Marie Marcillaud du Mas.

IV. Jean-Baptiste Goursaud, sr de la Jousselenie et de Merlis, avocat en Parlement épousa d'abord Catherine de la Rapidie qui testa le Ier juin 1738, puis le 7 novembre 1740 Louise Périgord, sa cousine, fille de Jean, sr de la Guinandie, subdélégué à Rochechouart et d'Anne de Marcillac.

Il paya 17 livres pour le fief de la Jousselenie, il décéda le 27 août 1749. En 1734-1736, devant Rivet Jeune à Ambernac, il est procureur de Dlle Catherine de la Rapidie.

D'où du second lit :

1. Jean-Baptiste.

2. Anne religieuse de la Visitation.

3. Catherine mariée le 7 septembre 1783 à St-Sauveur de Rochechouart à Antoine Lacroix-Delagrange.

4. Catherine (peut-être même que 3) mariée le 7 mai 1776 à Guillaume de Londeix, éc, sgr de Puytignon, chv de St-Lazare et chevau-léger de la Garde du Roi.

V. Jean-Baptiste Goursaud de Merlis, né à Rochechouart en 1745, marié en 1773, il a neuf enfants, dont sept encore vivants en 1793, d'abord gendarme du roi, trésorier de France de 1775 à 1790, puis administrateur des domaines nationaux de la Haute-Vienne, il fut élu en 1790 et en 1791 membre du conseil général de la Haute-Vienne, fonction qu'il occupa jusqu'à la fin de 1792, il habitait avec sa famille sur la place de l'Eglise mais ses fonctions l'obligeaient à de fréquents déplacements.Il avait acheté en 1791 la propriété de Puy-Chevalier à Oradour-sur-Vayres à un M.de Croizant, émigré depuis. Craignant des ennuis du fait de l'émigration de son vendeur, de Merlis se fit confirmer sa qualité de légitime propriétaire par le district de St-Junien et par le directoire de la Haute-Vienne (juin 1792) mais en décembre 1792 le directoire qui venait d'être renouvelé revint sur sa décision et décréta le séquestre du Puy-Chevalier. Après avoir en vain essayé d'obtenir justice à Saint-Junien et à Limoges, de Merlis partit pour Paris le 15 février 1793, obtint de Rolland, ministre de l'Intérieur une lettre, adressée au directoire de la Haute-Vienne, qui le remettait dans ses droits. Mais apparemment une telle décision ne convenait pas au comité de salut public de Limoges tout récemment créé, car le 15 avril à peine rentré de Paris, il fut arrêté par la garde nationale de Rochechouart, incarcéré à la Visitation à Limoges où son fils aîné ne tarda pas à le rejoindre tandis que Madame de Merlis était mise en état d'arrestation chez elle. De Merlis ignorait tout des causes de son arrestation de même que le comité de surveillance de Rochechouart qui écrivait le 9 plûviose an II (28 janvier 1794) n'avoir "aucun fait à lui imputer, sauf celui d'avoir eu de fréquentes relations avec la veuve Pontville, ainsi que d'autres aristocrates de sa connaissance". En fait de Merlis était en but à la haine de certains de ses collègues du conseil général.Il était de plus sous le coup de deux poursuite différentes toutes deux du fait de correspondances avec des émigrés.Il avait en effet échangé des lettres pleines de sous-entendus transparents avec un de ses cousins Babaud-Lafordie de Confolens arrêté à la même époque, d'autre part avec la vicomtesse de Rochechouart et avec sa mère.

Après dix mois de détention, il fut mis en route sur Paris le 5 février 1794 avec cinq autres personnes poursuivies pour le même motif, il fut enfermé à la Conciergerie le 15. Interrogé pendant quelques minutes le 23 février, il comparut le 18 mars devant le tribunal révolutionnaire, ne put se faire entendre, fut condamné à mort ainsi que les six inculpés de la fournée et exécuté le jour même.

Madame de Merlis en réclusion à son domicile apprit par une gazette l'exécution de son mari et la confiscation de ses biens.

La question du Puy-Chevalier se trouva ainsi résolue, "moins d'un mois après l'exécution de son véritable propriétaire, on annonçait la mise en adjudication en deux lots, le 17 floréal (6 mai) le principal d'entre eux comprenant le château, fut adjugé à bon compte à Longeau-Desbrégères, membre du directoire du département, le second lot fut attribué dans la même séance à L. Mandon Forgeas qui le revendit une dizaine d'années plus tard au même Desbregères". L'Etat encaissa 19455 livres pour une propriété qui en valait cinq fois plus.

Voir les ouvrages de l'abbé Leclerc : "Le Limousin et la Marche au tribunal révolutionnaire", à Limoges, Ducourtrieux, 1912 et P. Gaumy : "Un groupe d'habitants de Rochechouart devant le tribunal révolutionnaire".

Il épousa le 24 mars 1773 dans la chapelle du château de Montcheuil en Dordogne Marie-Radegonde Moreau de Villejalet, fille de Jean-Thibault-Nicolas, baron de Montcheuil et de Marie-Philiberte de Marcillac, la touchante lettre qu'il écrivit à sa femme la veille de sa mort a été publiée plusieurs fois.

D'où :

1. Guillaume-Jean Goursaud de Merlis, baptisé à St-Sauveur de Rochechouart le 24 mars 1776, mort le 10 septembre 1810 qui avait épousé le 16 fructidor an VI (2 sept 1798) Philiberte-Marie de Maillard, d'où descendance jusqu'à nos jours.

2. Félicité-Catherine mariée le 16 vendémiaire an XI (8 oct 1802) à Robert Chabaudie du Peyrat.

3. Adrien-Sicaire-Charles Goursaud de Merlis, né le 6 et baptisé le 8 février 1781 à St-Sauveur de Rochechouart, parrain Adrien-Sicaire de Texier, sgr de Talivaud, chv de St-Louis (notre aïeul), représenté par Charles Périgord, éc, sgr de Beaulieu, marraine Dame Henri-Radegonde de Moreau épouse de Pierre de Maillard, éc, sgr de la Combe.

Il fut élève à polytechnique en 1800 (cf dictionnaire des ingénieurs), colonel du génie, officier de la Légion d'Honneur, chv de St-Louis et de Saint-Ferdinand d'Espagne, commanda la place de Sarragosse après sa prise en 1809.

Il n'eut pas d'enfants de Marie-Joséphine-Sylviane de Chastagnac de Sussac (1774-1853), qu'il avait épousé le 8 juin 1818, petite-fille de Charles Chastaignac, baron de Sussac époux d'Anne de Laumonerie.

Il mourut à Limoges le 3 juin 1859.

Ce sont peut-être eux qui ont légués à Marie-Catherine Desmier de Chenon-Grosboust, petite-fille d’une Périgord et donc parente proche les tout petits chaussons de mariée que conserve Marie-Françoise Regnault-Derche (d’après ce qui est indiqué presque effacé au crayon sur les chaussons elle serait morte après [35] 55 ans de mariage).

4. Henriette, née à Rochechouart, le 26 février 1782, mariée à Martial Descubes du Peyrat, capitaine d'infanterie, décédée le 30 avril 1878 à St-Laurent-sur-Gorre.

5. Charles-Ambroise, né le 15 novembre 1783, parrain Adrien-Ambroise de Texier, notre aïeul.

Il fut tué accidentellement le 9 fructidor an VIII (27 août 1800).

6. Ursule-Radegonde, née à Rochechouart le 17 août 1786, mariée à Jean de Gentils de St-Romain, morte à Limoges le 18 mars 1828.

7. Agathe-Radegonde, jumelle, épousa le 10 juin 1811 Pierre Patronnier de Gandilhac, décéda le 20 juin 1855.

8 et 9 enfants morts en bas-âge.

Source : Pierre Driout.

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Registre de famille d'Ambroise Périgord

Registre de famille d'Ambroise Périgord, sieur de la Guinaudie, subdélégué de l'Intendant de Poitiers à Rochechouart (13 Juillet 1751 — 19 Mars 1764)

Le Livre de raison ci-après, dont nous devons un extrait à M. Soury Lavergne, de Rochechouart, est celui d'Ambroise Périgord, sieur de la Guinaudie, avocat au parlement, subdélégué de M. l'Intendant de Poitiers, à Rochechouart II était fils de Jean Périgord, aussi avocat et subdélégué, et d'Anne de Marcillac. Il acheta en 1757 la charge de secrétaire du roi.

Dans ce registre, on trouve la mention de son mariage en 1751, celle de la naissance et de la mort d'un certain nombre de ses enfants, ainsi que du décès de son père, enterré dans l'église, de Rochechouart en 1755. Ces notes de famille ne se continuent pas audelà de 1764, quoiqu'il y ait eu des naissances au moins jusqu'en 1770. Elles nous donnent cependant de fort intéressants renseignements sur plusieurs membres de cette nombreuse famille, dont les noms se retrouvent dans l'histoire de la Révolution.

André Lecler.

**

Du treize juillet mille (sic) sept cent cinquant-un, à onze heures et demie du matin, je me suis marié avec demoiselle Anne-Antoinette de Létang, fille de feu Messire Jean de Létang, écuyer, et de dame Marie Vidaud. Notre mariage a été célébré dans l'église paroissiale du domicile de ma femme, par Messire Léonard de Marcillac, bachelier en théologie, curé de Rochechouart. mon oncle, en présence de Mr Malmanche, curé dudit Saint-Germain, et des parents et amis de part et d'autre.

Périgord.

Le vingt-trois avril mille sept cent cinquante-deux [est né] Messire Jean-Julien-Ambroise Périgord, mon fils et de damme Anne-Antoinette de Létang, mon épouse, à trois heures après midy. Mon père a été parrain ; Madame de Létang, marraine : Ma mère a porté pour elle. A été baptisé le même jour.

Périgord.

Le trois mars mille sept cent cinquante-trois, à huit heures du soir, est né Charles-Ambroise Périgord, mon fils et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse (1) ; a été baptisé le lendemain en l'église de Rochechouart par Mr de Marcillac curé du lieu. Le parrain a été M. de Létang, garde du roy, mon beau frère : Jean Goursaud de Merlis mon neveu (2) portant pour luy. Ma mère a été marraine.

Le même jour m'est né un autre fils, qui est mort après avoir reçu l'eau.

Périgord.

Le vingt-trois juin mille sept cent cinquante-quatre, à dix heures du matin, m'est né Jean-Julien Périgord, mon fils (3), et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse. A été baptisé le même jour par Mr de Marcillac, curé de Rochechouart. Le parrain a été mon père ; la marraine dame Marie-Magdelaine de Létang, ma belle-soeur, épouse de Messire Louis-Clément de Méchain, écuyer, seigneur de la Toucherolle: demoiselle Louise Périgord ma soeur portant pour elle.

Périgord.

Le dix-huit janvier mille sept cent cinquante-cinq, à deux heures du matin, est mort Me Jean Périgord, avocat en parlement, subdélégué au département de Rochechouart, mon père : A été enterré le lendemain en l'église de Rochechouart.

Périgord.

Le treize juin mille sept cent cinquante-six, m'est né Nicolas Périgord, mon fils, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisé à Rochechouart le lendemain par Mr de Marcillac, curé dudit lieu. Messire Nicolas de Marcillac, écuyer, mon oncle, a été parrain : Mr Pierre de la Rapidie, de Sainte-Marie-de-Veaux, tenant pour luy ; dame Catherine Périgord de Bellivier, ma soeur, marraine.

Périgord.

Le vingt-un novembre mille sept cent cinquante-sept, à onze heures du soir, m'est né Léonard-Louis-Xavier Périgord, mon fils, et de dame Anne-Antoinette de Létang mon épouse : A été baptisé à Rochechouart, le lendemain, par M. Aubin Buisson, curé de Saint-Auvent. Messire Léonard-Charles de Marcillac, curé de Rochechouart, mon oncle, a été parrain ; dlIe Louise Périgord, veuve de feu sr Jean Goursaud de Merlis, avocat, ma soeur, marraine.

Le sept mars mille sept cent cinquante-neuf, à dix heures du soir, m'est né Jean-Charles Périgord, mon fils et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : a été baptisé le lendemain, à Rochechouart, par Mr de Marcillac, curé dudit lieu : M. Jean Babeaud de Bellivier, procureur du roy de l'élection de Confolens, mon beau-frère, a été parrain : Charles-Ambroise Périgord mon fils tenant pour luy ; dame Françoise Périgord, ma soeur, épouse de Messire Adrien-Sicaire Texier, écuyer, gendarme de la garde du roi, a été marraine (4).

Le vingt-huit février mille sept cent soixante, à deux heures du matin, m'est née Anne-Antoinette Périgord, ma fille, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisée le même jour à Rochechouart, par Mr le curé dudit lieu : Le parrain a été Messire Adrien-Sicaire Texier, écuyer, gendarme de la garde du roy, mon beau-frère: Ambroise-Adrien Texier, son fils, tenant pour luy ; marraine, manière.

Périgord.

Le douze mars mille sept cent soixante-un, à deux heures du matin, est né Jean-Anne Périgord, mon fils (5), et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse. A été baptisé à Rochechouart, le même jour, par M. le curé du dit lieu. Le parrain a été M. Jean Babaud de la Fordie, avocat en parlement, mon neveu ; la marraine Dame Anne-Julie de Couvidou (?), épouse de Mr Jean-Charles de Létang, écuyer, garde du roy : ma mère tenant pour elle.

Périgord.

Le mille sept cent soixante un, est morte AnneAntoinette Périgord, ma fille, et a été enterrée le lendemain dans l'église paroissiale de Saint-Pierre de Vaires.

Le seize mars mille sept cent soixante-deux, à onze heures et demie du soir, m'est née Anne-Antoinette Périgord, ma fille, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisée à Rochechouart le lendemain par M. le curé du lieu. Charles-Ambroise Périgord, écuyer, mon fils, a été parrain ; dame Anne de Marcillac, ma mère, marraine.

Périgord.

Le vingt-trois avril mille sept cent soixante-trois, au matin, est né Ambroise Périgord, mon fils, et de dame AnneAntoinette de Létang, mon épouse (6) ; a été baptisé à Rochechouart le même jour par M. le curé dudit lieu. Le parrain a été Jean-Julien Périgord, mon fils, et marraine Anne de Marcillac, ma mère.

Périgord.

Le dix-neuf mars mille sept cent soixante-quatre, m'est née Catherine-Louise Périgord, ma fille, et de dame AnneAntoinette de Létang, mon épouse (7). A été baptisée le même jour à Rochechouart. Le parrain a été Nicolas Périgord, mon fils, et marraine Goursaud du Ghalenet, ma nièce (8).

Périgord.

Notes :

1. Le nom de Périgord de Beaulieu a été porté par CharlesAmbroise, l'ainé des enfants d'Ambroise Périgord. C'est lui qui épousa Anne-Françoise Bourdeaux de Lajudie et ce nom passa ensuite à son fils Hippolyte Périgord de Beaulieu, né en 1790 et mort en 1851. C'est donc sans raison que M. Maurice Ardant, dans sa Notice sur l'église paroissiale de Saint-Pierre du Queyroix, appelle « Périgord-Beaulieu », Jean-Charles Périgord.

2. Jean-Baptiste Goursaud de Merlis, trésorier de France, fils de Louise Périgord, et Jean Babaud de Lafordie, juge, fils de Catherine Périgord, tous deux neveux d'Ambroise, ont été condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, et guillotinés le 18 mars 1794, le même jour que leur tante Françoise Périgord, épouse Texier.

3. Jean-Julien prit le nom de Villechenon, qui plus tard fut porté par son frère cadet, père de M. et de Melle Périgord de Villechenon, de Confolens. Il fut curé de Marval en 1782, puis professeur de théologie au collège royal de Limoges en 1787. Il prit une part active à la lutte théologique que souleva à Limoges le discours de Foucaud, président du club. Etant allé à Paris, il y fut arrêté et enfermé aux Carmes. Il allait y être massacré, avec les autres prêtres ses codétenus, lorsqu'il fut reconnu par un homme de Rochechouart, qui le fit évader. Il se réfugia en Angleterre. Après la Révolution, il fut curé de Rochechouart jusqu'en 1813, puis vicaire général et officiai de Limoges jusqu'à sa mort, arrivée en juin 1821.

4. Jean-Charles Périgord des Borderies fut vicaire, puis curé de Marval jusqu'à la Révolution. Il passa en Espagne. A son retour, il fut d'abord curé de la Chapelle-Montbrandeix, et peu après, en 1803, curé de Châlus. Nommé en 1820 à la cure de Saint-Pierre-du-Queyroix, à Limoges, il y est mort en 1832. M. Maurice Ardant, dans sa Notice historique sur Saint-Pierre-du-Queyroix, se trompe en le nommant Jean-Baptiste Périgord-Beaulieu. Son prénom est Jean-Charles, et on remarque qu'il portait le nom de Périgord-des-Borderies et non de Beaulieu. Le même auteur est encore dans l'erreur en le disant ancien curé de Rochechouart; c'est son frère Jean-Julien qui avait été curé de cette ville. La marraine de Jean-Charles est la victime du tribunal révolutionnaire de Paris, que je signale dans une note qui précède, et son parrain est le père de R. Babaud de Lafordie, qui périt le même jour qu'elle.

5. Jean Périgord de Villechenon fut admis à l'école de génie et fut nommé chef de bataillon, sous-directeur des fortifications, le 7 brumaire an IV (29 octobre 1795). Fait prisonnier au siège de Mantoue, il rentra en France le 24 pluviôse an XII (14 février 1804); fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, se retira à Confolens, où il mourut le 20 février 1810.

6. Ambroise Périgord, dit de la Guinaudie, était Génovéfain avant la Révolution ; il est mort curé de Theuvy, au diocèse de Chartres.

7. Catherine-Louise Périgord a épousé M. Emmanuel de Villoutreix, chevalier de Saint-Louis, frère de l'évêque d'Oléron. Elle a été la principale fondatrice de l'hôpital de Rochechouart. Etant devenue veuve, elle s'est même consacrée, dans cet hôpital, au soin des pauvres malades. La Mère de Villechenon, religieuse de Saint-Dominique à Magnac-Laval, morte en 1836 ou 1837, était la soeur de Melle de Villoutreix. Elle a été la première supérieure des soeurs de son ordre, à l'hospice de Rochechouart, en 1825, à la suite de la fondation qui fut exécutée par leur frère Jean-François Périgord des Conties, curé d'Oradour-sur-Vayres.

8. Ces notes ne vont pas plus loin. Elles devraient encore mentionner : Marie-Anne, née le 14 février 1765 ; Jean-François Périgord des Conties, né le 26 février 1766, qui fut vicaire de son frère à Marval en 1790; il émigra en Espagne ; après la Révolution, il fut curé de Bieunat en 1802. puis curé d'Oradour-sur-Vayres en 1821; il est mort dans cette dernière paroisse en 1851; — Jean-Baptiste Périgord, qui mourut âgé d'environ 16 ans, au collège de Magnac-Laval, où il était élève de rhétorique, le 7 juin 1783; — Louis, né le 5 avril 1768; — Monique et Radegonde, baptisées le 5 juin 1770.

(Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, 1901)

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Un officier de la garde de Louis XIV

Yrieix Chouly de Permangle, né à Saint-Yrieix vers 1604, était fils de Paul de Chouly, sieur de Permangle et de Montchaty, et de Françoise de Gentils.

Son aïeul paternel, Yrieix Chouly, sieur de Montchaty, élu pour le roi en l'élection du Limousin, fut le premier maire de la ville de Saint-Yrieix, en 1565.

Lors de la recherche de la noblesse, en 1666, d'Aguesseau, intendant de la généralité de Limoges, avait rendu un jugement de maintenue, en faveur de cette famille, sur une preuve de six générations.

Les armoiries de cette famille étaient : d'or à une fasce d'argent surmontée de trois.fleurs de pavot de même et une feuille de châtaigner d'or en pointe.

Permangle débuta dans la vie militaire sous le règne, de Louis XIII, à l'âge de 16 ou 17 ans ; l'an 1621, il entra dans la carrière des armes, où il devait rester pendant 55 ans, c'est-à-dire jusqu'en 1676.

Au mois de mai 1621, les protestants ou religionnaires se révoltèrent contre l'autorité royale dans le Languedoc et la Haute-Guienne : ils avaient pour chefs principaux le duc de Rohan et son frère le duc de Soubise. Louis XIII entra en campagne, ayant avec lui le duc de Luynes et plusieurs seigneurs. Vers la fin de mai, il assiégea la ville de Saint-Jean-d'Angély, où commandait le duc de Soubise, et l'obligea de se rendre le 26 juin. C'est à ce siège que Permangle fit ses premières armes et signala sa valeur.

Le 18 août, Louis XIII investit Montauban, dont le siège dura trois mois sans succès. Le roi leva le siège le 18 novembre avec une perte de huit mille hommes et de plusieurs officiers de distinction. Dans ce siège, Permangle donna des preuves de bravoure qui lui méritèrent les faveurs du roi.

Quelques années plus tard, le siège de la Rochelle, un des plus célèbres dont l'histoire fasse mention, commença le 10 août 1627, et dura jusqu'au 28 octobre de l'année suivante; Permangle se distingua dans le siège de cette ville, comme il l'avait fait dans les sièges précédents.

Après avoir fait ses preuves sous le règne de Louis XIII, Permangle devait se distinguer sous la minorité de Louis XIV, pendant les guerres de la Fronde, et s'associer plus tard aux victoires de Louis-le-Grand.

Vers 1650, il fut fait maréchal des logis de la compagnie des deux cents chevau-légers de la garde ordinaire du roi ; et le cardinal Mazarin, représentant à la reine l'importance de cette charge, elle lui répondit « qu'elle n'appréhendait rien pour cette compagnie, tant que Permangle serait à sa tête ». En effet, il la commanda avec gloire pendant plus de vingt-cinq campagnes.

Louis XIV fut déclaré majeur le 7 septembre 1651. Sur la fin de ce mois, le prince de Condé prit les armes, et commença la guerre civile. Maître de tous les postes le long de la Charente jusqu'à Angoulême, il mil le siège devant Cognac ; mais le comte d'Harcourt, qui commandait l'armée du roi, vint au secours de cette place et fit lever le siège. Permangle se distingua dans cette rencontre, et à Saint-Andreas ou Saint-André de Cubzac, près de Bordeaux, il battit Balthasar et fit prisonnier le chef de l'armée ennemie.

Le 2 juillet 1652, dans la journée du faubourg Saint-Antoine, à Paris, la bravoure et l'intrépidité du prince de Condé échouèrent contre la sagesse de Turenne. Permangle se signala dans cette rencontre : à la tête de sa compagnie d'élite, il combattit vaillamment, soutenant le régiment des gardes françaises ; et, avec ce régiment, il força les barricades des Lorrains et des Espagnols, qu'il contraignit de se sauver avec désordre dans Paris.

Deux ans plus tard, Permangle fut associé aux triomphes de l'armée française. En 1672, le 6 avril, Louis XIV déclara la guerre aux Hollandais, desquels il avait reçu plusieurs sujets de mécontentement. Permangle se distingua dans cette guerre. Au passage du Rhin, le 12 juin, il fit preuve de dévouement et de courage. Malgré son âge avancé — il avait plus de soixante-dix ans — il se jeta hardiment au milieu du fleuve, méprisant et la rapidité du courant, et le nombre des ennemis, qu'il mit en déroute en arrivant sur l'autre rive du fleuve. Le roi, « que Sa Grandeur attachait au rivage », le voyant s'élancer et combattre, le proposa pour modèle aux autres officiers de son armée et résolut de le récompenser.

Louis XIV avait donné à la compagnie de Permangle son premier étendard avec la représentation du soleil, et au-dessous celte devise : Nec pluribus impar. Les Hollandais opposèrent à l'étendard et à la devise du roi un drapeau où était représenté Josué arrêtant le soleil avec cette devise : Sol, sta ! soleil, arrête-toi !

Au mois de juin 1673, Louis XIV se mit en campagne et fit le siège de Maëstricht : après 14 jours de tranchée, le 30 juin, il se rendit maître de cette place. Permangle, déployant son étendard où figurait le soleil, alla affronter la mort sous les murs de cette place. Etant à la tranchée, il reçut une blessure à la tête, et quoique il versât beaucoup de sang, il ne se retira de son poste que sur l'ordre du roi, qui le fit visiter dans sa tente par ses propres chirurgiens.

Il suivit le roi victorieux dans la conquête de la Franche-Comté (1674) et du duché de Limbourg (1675).

Après cinquante-cinq ans de services militaires sous le règne de Louis XIII et sous celui de Louis XIV, après avoir commandé la garde du roi pendant vingt-cinq campagnes, Permangle avait droit à la retraite.

Le roi, par lettres patentes datées de Saint-Germain-en-Laye, le 2 janvier 1676, donna à Permangle, pour le récompenser de ses services, le gouvernement de la ville et de la cité de Limoges. Dans la lettre que Louis XIV écrivit à ce sujet aux consuls de Limoges, il s'exprimait ainsi :

« Chers et bien amés. Les bons et agréables services que notre cher et bien amé Chouly, sieur de Permangle, a rendus au feu Roy de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, et à nous, pendant cinquante-cinq années, tant dedans que dehors notre royaume, nous ayant convié luy donner des marques publiques et honorables de l'entière satisfaction que nous en avons reçue, nous avons créé et établi en sa faveur un gouvernement dans notre ville de Limoges, et voulant qu'il jouisse de tous les droits, privilèges, prérogatives et prééminences qui sont attachés à cette dignité,

Nous vous mandons et ordonnons de reconnaître le dit sieur de Permangle en la susdite qualité de gouverneur de notre ville et cité de Limoges. »

Permangle fut installé gouverneur de la ville et cité de Limoges le 30 août 1676, dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville.

Les lettres patentes de Louis XIV commencent ainsi :

« Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et dé Navare, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Ayant jugé à propos pour le bien de nostre service et l'avantage particulier des habitans de nostre ville et cité de Limoges, d'y establir dores en avant un gouverneur, nous nous portons d'autant plus volontiers a créer et a establir ce gouvernement en faveur du sieur de Permangle, maréchal des logis de la compagnie des deux cents chevau-légers de nostre garde, que, ayant une connaissance plus particulière de son courage et de son expérience au fait des armes dont il nous a donné des preuves glorieuses en plusieurs occasions importantes, nous avons lieu d'espérer qu'il nous servira dans ce gouvernement avec la mesme satisfaction qu'il a faict jusques a présent dans les divers emplois que nous lui avons confiés dans la guerre, etc. »

Permangle ne jouit que pendant trois ans de son titre de gouverneur de Limoges ; il mourut au château de Brie, commune de Champagnac, dans les premiers jours de janvier 1676. Le père Bonaventure nous a laissé des détails édifiants sur la mort chrétienne de ce vaillant soldat, qu'il a puisés sans doute dans l'oraison funèbre du père Séraphin Avril...

« Etant malade, il prit congé de sa femme, la consola de cet accident, se prépara à la mort, qu'il accepta de bon cœur, et appela un confesseur, sans qu'on l'y exhortât, se confessa avec, des marques visibles de l'amertume de son coeur, tenait sans cesse le crucifix, et quand on voulait le lui ôter, il disait : « Laissez-moi l'image de mon Dieu, dont la mort fait toute mon espérance. » Il reçut ensuite le viatique et l'extrême-onction, avec de grands sentiments d'humilité et de respect, qui tiraient des larmes des yeux de tous les assistants. Il faisait ensuite des actes d'espérance en la miséricorde de Dieu, du mépris des choses du monde, et du désir de voir Dieu ; et parmi ces saintes affections, il expira pour aller dans le séjour de la gloire ».

Cette mort rappelle celle du grand Condé qui disait avant de rendre le dernier soupir : « Nous verrons Dieu tel qu'il est, face à face : videbimus eum sicuti est, facie ad faciem.

Le père Séraphin Avril, des Augustins de Limoges, prononça l'oraison funèbre de Permangle le 10 février 1679, dans l'église de Saint-Pierre- du-Queyroix, en présence de l'évêque de Limoges (De Lascaris-Durfé), de l'intendant de la province, de Messieurs du présidial et des Consuls.

Nous lisons dans les Registres consulaires :

« Après notre nomination au consulat, nous apprîmes au mois de janvier 1679 la mort de Monsieur de Permangle, gouverneur de cette ville, décédé en son chasteau de Brie en Poitou, ce qui nous obligea d'envoyer devers Madame sa veuve un capitaine delà maison de ville avec des lettres de nostre part pour luy témoigner nostre déplaisir, et luy marquer l'intention que nous avions de luy faire faire un service dans l'église de Sainct-Pierre, afin qu'elle nous marquât le temps que ses parens voudroient se rendre en cette ville, dont elle nous remercia par la réponse qu'elle nous fit écrire.

Dudepuis, le jour de ce service ayant été pris au dixième février, et le sieur de Montchasty, frère du défunt, s'estant rendu en cette ville, ensemble ses enfants et le sieur de Sauveboeuf, son gendre, on fit dire une messe de Requiem avec une oraison funèbre dans l'église de Sainct-Pierre, qu'on avait faict tendre de deuil avee des escussons aux armes du deffunct, et beaucoup de cierges. Monsieur l'évêque de Limoges (Louis de Lascaris d'Urfé) y assista, ensemble Mr de Bezons, nostre Intendant, Messieurs du présidial et nous. On se seroit assemblé dans l'hostel de ville, selon la coutume, pour marcher de là en cérémonie à la dite église ; mais le grand hiver qu'il fit cette année ayant causé des glaces dans toutes les rues, où il était dangereux de marcher, on s'assembla dans la maison de Mr le curé de Sainct-Pierre, qui dict la messe, et on en sortit, savoir : Monsieur de Limoges, le premier, qui se mit à la place du curé; puis le dict sieur de Monchâti ; Monsieur l'intendant, Mr le président et Mr le prévost consul, et ensuite un parent, un officier du présidial et un consul. Le père Avril, Augustin, fict l'oraison funèbre ».

Le 14 mars suivant (1679), le P. Boniface Peyron, prieur du couvent des Augustins de Limoges, prononça dans l'église de Champagnac l'oraison funèbre de Messire Yrieix Choully de Permangle, maréchal des logis de la compagnie de deux cents chevau-légers de la garde ordinaire de Sa Majesté, gouverneur de la ville et cité de Limoges, devant le marquis de Sauveboeuf, neveu par sa femme de l'illustre défunt. Le château de Brie, où mourut Permangle, est situé dans la paroisse de Champagnac.

Yrieix Chouly, sieur de Permangle, avait épousé, par contrat du 11 janvier 1639, Anne de Saint-Mathieu; il est probable qu'il n'y eut pas d'enfants de ce mariage : car nous voyons, après sa mort, son neveu Yrieix-Julien, propriétaire de toutes ses seigneuries.

Yrieix de Chouly était chevalier, seigneur de Montchaty et de Permangle de son chef, de Puymoreau par sa femme, de Brie et de Champagnac par acquisition, et outre le titre de maréchal des logis de la compagnie de deux cents chevau-légers de la garde ordinaire de Sa Majesté, il était aide des camps et armées du roi, et son conseiller et maître d'hôtel ordinaire.

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1894)

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28 mars 2020

Une aventure de la légion Mirabeau

Le 15, à Bühl, où l'on séjourne trois semaines. C’est pendant cette période d'inaction que le vicomte, fatigué de son oisiveté, s’avise d'un fâcheux coup de tête. Il passe le fleuve avec soixante hommes, vers onze heures du soir, arrive en France tout à fait à l'improviste, se porte dans un village où il existait un club de jacobins, enlève les membres du club, le maire patriote du pays, et revient avec ses prisonniers.

Il laisse pour adieu des vers royalistes dans le corps de garde.

Cette aventure ne fut pas approuvée par le prince de Condé; il la raconte ainsi au duc de Bourbon :

« 22 août 1792,

Mirabeau m’a fait une équipée pour laquelle je l'ai destitué du commandement de son poste et mis aux arrêts dont il n’est sorti qu'aujourd’hui. Imaginez-vous que, contre mes ordres, il a passé le Rhin une nuit avec les hommes, a tué deux sentinelles, ramené des prisonniers sans avoir essuyé un coup de fusil.

On ne peut s’empêcher de dire que cela est vigoureux et que cela prouve comme ces gens se gardent. Je ne l‘ai pas moins puni comme je le devais, pour manque de subordination. C’est un brave homme, mais une tête bien dangereuse. »

L’armée de Condé continuait à rester dans l’inaction, cependant un nouveau passage sur la rive gauche du Rhin se préparait, une partie de l’armée devait traverser sur le pont de Rheinfeld et le reste avec des bateaux en dessous de Lauterbourg.

Source : Le vicomte de Mirabeau, dit Mirabeau-Tonneau (1754-1792), d'Eugène Berger.

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Mirabeau-Tonneau et l’Ancien Régime

Boniface, vicomte de Mirabeau, était le frère du comte, le célèbre orateur. Alors que le comte de Mirabeau siégeait à gauche, le vicomte trônait à droite. Le comte était gros, mais le vicomte était obèse, d'où son surnom. Né en 1754, il avait été tout de suite très difficile à élever et on l'avait envoyé dans l'ordre de Malte pour s'en débarrasser. Mais au bout de quelque temps, il avait été exclu de l'ordre pour mauvaise conduite et indiscipline. Il était alors entré dans l'armée. Il avait fait la campagne d'Amérique. A son retour, après avoir vécu dans son château du Limousin, il avait été élu député de la noblesse du Haut-Limousin en mars 1789.

Comme son frère, il a le don de bien écrire et de faire de bons mots, mais c'est à peu près les seules choses qu'ils aient en commun. Le vicomte est un fanfaron, courageux sans doute, il a eu nombre de duels, mais ce n'est pas véritablement un théoricien. Il s'est fait en quelque sorte le champion de l'absolutisme d'ancien régime, sans aucune concession. C'est l'homme qui a défendu à la pointe de l'épée ou à la tribune la contre-révolution, mais la contre-révolution avec un retour à l'absolutisme tel qu'il existait en 1788.

Il a eu du succès à l'Assemblée par ses bons mots, ses plaisanteries. Un jour, il a escaladé la tribune pour en chasser son frère. Un autre jour, il y est monté avec son épée et il l'a brisée sur sa cuisse en disant que puisqu'on avait enlevé au roi son pouvoir en lui retirant le veto absolu et en obligeant les députés à prêter serment à la constitution et non au souverain, il n'avait plus que faire d'une épée. D'autres fois, on a assisté de sa part à des scènes plus pittoresques, mais moins édifiantes, car il arrivait à l'assemblée ivre.

Enfin, il s'est fait connaître par l'affaire de Perpignan. Il était en effet colonel et commandait le régiment de Touraine-Infanterie caserné à Perpignan. Au mois de juin 1790, le vicomte se rend à Perpignan pour prendre contact avec son régiment qui commençait à être gagné par les idées révolutionnaires. Il n'arrive pas à calmer une mutinerie et brusquement quitte Perpignan en emportant les cravates, c'est-à-dire les rubans qui se trouvaient au sommet des hampes des drapeaux. Or, le règlement de l'armée, sous l'ancien régime, et les traditions, stipulaient qu'un régiment ne pouvait se former en bataille s'il n'avait pas ses drapeaux ornés des cravates. Les enlever c'était en quelque sorte dissoudre le régiment.

Le lendemain du départ du colonel, on s'aperçoit de la disparition des cravates, aussitôt on se lance à sa poursuite et, finalement, il est rejoint à Castelnaudary où il est obligé de rendre les cravates, ce qui lui a valu un deuxième surnom, celui de Mirabeau-Cravates.

Mirabeau-Tonneau ou Cravates, partisan intégral de l’Ancien Régime, admettait tout au plus l'égalité fiscale ; il était hostile à toute réforme profonde.

Sa position devait très rapidement devenir intenable et il émigra dès le 3 août 1790. Il s'installa en Allemagne où il créa une légion particulière car il ne s'entendit pas mieux avec les princes qu'avec les députés. La légion Mirabeau, ou légion noire, n'eut même pas l'occasion de se battre, car au début de la guerre, le 15 septembre 1792, Mirabeau-Tonneau mourut dans des circonstances qui demeurent mystérieuses. On a parlé d'une apoplexie, d'un duel ou d'un accident de cheval. Parmi les représentants de la contre-révolution c'est un des plus pittoresques et aussi des plus attachés à l'absolutisme.

Tels étaient les chefs de la droite en 1789 et 1790. Nous avons vu leurs idées. Aucun d'eux, sauf Mirabeau-Tonneau, n'est partisan du maintien intégral de l'Ancien Régime. Ils admettent des réformes plus ou moins développées et ce sont ces réformes qui forment le programme d'une grande partie des contre-révolutionnaires français, après 1789.

Source : La Contre-Révolution (1789-1804), de Jacques Godechot.

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Un garde d'honneur de la Dordogne

matricule1813

Un soldat du 3e régiment de gardes d'honneur, de vieille noblesse d'origine militaire. Le père de Julien : Louis d'Arlot, baron de Saint-Saux et de la Coussière ; seigneur de Romain, la Meynardie, Baccouillat et Parriche, chevalier de Saint-Louis, né à Cumond, le 10 mai 1731, est entré en 1746 en qualité de lieutenant au régiment de Provence. Il est promu capitaine en 1749. Il décède à la Meynardie le 27 septembre 1806. Julien était le petit neveu du comte d'Arlot de la Roque, lieutenant général, cordon rouge et grand croix sous Louis XV et Louis XVI. Le registre de la paroisse de Saint-Georges stipule que : «... Le quinze février a été baptisé André-Julien Darlot, né la nuit précédente, fils naturel et légitime de messire Louis Darlot, baron de Saint-Saud, chevalier de Saint-Louis, et de dame Marguerite de Fayolle, baronne de Saint-Saud, conjoint, duquel ont été parrein et marreine messire André de Fayolle et dame Claire Dambois, marquise de Fayolle, oncle et tante du baptisé, à la place desquels ont tenu monsieur André Darlot, frère du baptisé et Catherine Pontoux. Le dit baptême fait par moy, Lacombe, curé de Saint-Georges, en présence de Jean Merlhes, menuisier et Jean Raset, tisserand, témoins du présent bourg, qui n'ont signé ayant déclaré ne savoir. » Julien, arrivé au corps le 23 juillet 1813, est porté déserteur le 9 avril 1814. Il ne semble pas avoir poursuivi une carrière militaire. Le 7 juillet 1819, il épouse Madeleine Papin de la Gaucherie, famille du bordelais ayant fourni de très nombreux militaires. Elle lui donnera trois enfants. En 1827, il achète le château de Nadelin. Décédé le 1er juin 1878, il est inhumé à La Vitrolle.

Source : Les gardes d'honneur de la Dordogne sous le Premier Empire, de Jean-Paul Larrivière.

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Antoine Arlot contre César de Bourbon-Busset

César de Bourbon-Busset, gouverneur de Carlat en Rouergue, était fils de Claude Ier de Bourbon et de Marguerite de La Rochefoucauld; il était né à Buxeul le 31 janvier 1565. Ces Bourbons étaient des bâtards de la maison et descendaient de l'archevêque de Liège, X. de Bourbon, qui avait eu un fils, nous confie Moreri, avant son entrée dans les ordres.

César avait dans ses veines du sang italien de la maison des Borgia, d'où son prénom. Il était déjà veuf de Marguerite de Pontac, qui mourut sans laisser d'enfants. De son mariage avec Louise de Montmorillon, il eut sept enfants, quatre garçons et trois filles : Claude, Charles, Jules-César, Jean-Louis, Anne, Marguerite, Magdeleine. César était un rude et hautain personnage. Il jouissait en Limousin et haut Périgord d'une très grande autorité, et malheur à qui se frottait à lui. Les papiers analysés nous en fournissent quelques preuves dignes d'être rapportées.

Voici une requête que le maître de forges de Firbeix, Antoine Arlot, seigneur de Firbeix, adressait au parlement de Bordeaux, en 1606 : « A nos seigneurs du Parlement. Supplie humblement Antoine Arlot, seigneur de Firbeix, disant qu'ayant, pendant 12 ou 15 ans de là, le seigneur de Busset et Chaslus, conçu inimitié mortelle contre le dict suppliant et juré sa ruine totale, avait pendant le dict temps attaqué ou fait attaquer tant le dict suppliant, ensemble Jacques Arlot, seig. de Frugie, que ses serviteurs et domestiques, tant en leurs personnes que leurs biens, et les avoir faict constituer prisonniers, tellement que, pour avoir élargissement de ces personnes, le dict suppliant devait être contraint de bailler deniers au dict sieur de Busset ou à son capitaine et soldats mis par lui en son chasteau de Chalus.

Il y a quelques mois de cela, le dict seigneur de Busset ayant trouvé un serviteur du suppliant près de la forge de Firbeix, il l'avait battu et laissé quasi pour mort. Il menace journellement le dict suppliant, ses enfants, sa famille et ses serviteurs, menaçant et exécutant toutes sortes de ruinés et dégâts aux eaux du moulin, forge, bâtiments. Pour mettre à exécution toutes ces menaces, il est venu plusieurs fois, accompagné de 15 à 20 hommes armés, a cheval, près la maison du suppliant, pour l'offenser. Le sieur de Busset a grande autorité sur le pays, dont il abuse au point que le dict suppliant et ses serviteurs ne peuvent aller en aucun lieu. Plaise mettre le suppliant, son domaine, sa femme, ses enfants et famille sous la protection et sauvegarde de la Cour sous peine de 30 mille livres à infliger au seigneur de Busset; ordonner que la signification en sera faite à son procureur du château de Chalus. Il demande l'ouverture d'une instruction ».

Ce qu'il advint, par la suite, de cette affaire, je ne sais. Une instruction fut sans doute ouverte. César de Bourbon-Busset obtint de Henri IV — qui le traite de féal et aymé cousin — une ordonnance contre Arlot.

Il serait intéressant d'étudier cette famille d'industriels — maîtres de forges — auxquels appartenait encore, il y a peu de temps, la forge d'Ans. Elle s'allia aux familles nobles du Périgord : les de Nesmond, les d'Allogny du Puy-Saint-Astier, les la Rolphie, les Roffignac, ainsi qu'en témoignent quelques pièces jointes au dossier. Le 14 avril 1671, demoiselle Nesmond, fille de Marie Arlot, faisait profession au monastère de Sainte-Claire.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Perigord, 1939)

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La table du marquis d'Arlot de la Roque

Les pratiques alimentaires du marquis d'Arlot de la Roque, lieutenant général des armées du Roi, sont représentatives de celles de cette grande noblesse d'épée. Ce seigneur « ubiquiste » se fait ainsi envoyer des pâtés de Périgueux lors de ses déplacements militaires ou lors de ses séjours à Paris ou à Versailles (1); il emploie un cuisinier et recourt très régulièrement au service d'un traiteur. Le dîner qu'il fait servir par Courtois le 22 février 1773 confirme son train de vie (2). Avec 50 plats différents, on a là l'expression du luxe de la table de ce grand seigneur : gibier à plumes et volaille, aliments emblématiques de la noblesse, y occupent une place essentielle; les préparations les plus fines sont proposées aux convives, comme des ris d'agneau en crépine, une entrée de cervelles en fricandeau ou l'inévitable dinde farcie de truffes, spécialité de Courtois. Ce dîner est le manifeste de la puissance de ce seigneur, qui réunit autour de sa table, intégrés dans ses réseaux de sociabilité, bien des petits nobles périgourdins. Ses comptes font apparaître aussi la modernité des manières de table et des goûts de ce groupe nobiliaire : dès les années 1770, il a l'habitude de consommer des sauces servies à part pour accompagner les viandes telle une pièce de boeuf sauce aux câpres; la viande de boucherie (boeuf, mouton) est également omniprésente dans ses dépenses quotidiennes, signe de sa consommation même chez les plus grands personnages. La table d'Arlot de La Roque conjugue le luxe de la cour et les goûts régionaux comme les volailles truffées; intermédiaire privilégié entre la cour et la province, ce type de noble participe, à n'en pas douter, à l'introduction et à la diffusion de nouvelles pratiques dans les modes alimentaires du reste de la noblesse et de l'ensemble des élites du Sud-Ouest aquitain.

(1) AD 24, 2 E 1835, cahiers de dépenses, 1752-1762. Jacques d'Arlot de la Roque (1715-1795) est lieutenant général des armées du Roi. Ce marquis, membre de la noblesse d'épée, est allié à la puissante famille périgourdine des Taillefer.

(2) AD D24, 2 E 1835, 22 février 1773.

Source : La table du Sud-Ouest et l'émergence des cuisines régionales, de Philippe Meyzie.

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Maintenue de noblesse de la famille d'Arlot

Arrêt de maintenue du Conseil d'État concernant la famille d'Arlot.
Archives du château de Cumond (Dordogne), au marquis de Cumond et de Frugie.
Communiqué par M. Léo Drouyn.

Arrest du Conseil qui maintient dans la callité de nobles Jacques et Hélies Darlots, escuyers, seigneurs de Freugie et de Sainte-Marye, avec leurs enfans et postérité.

Extraict des registres du Conseil d'Estat.

Veu au Conseil du Roy les arrests randus en iceluy les 22e mars et 14e octobre 1666; lettres patantes sur iceux expédiées aux sieurs commissaires généraux dud. Conseil, députés par Sa Majesté pour la recherche des usurpateurs du tiltre de noblesse, et au sieur Foucault, procureur général du Roy en lad. commission, des 4. may, 20e septambre et lie octobre aud. an 1666; et autres lettres patantes et arrels donnés pour l'exsécution des déclarations de Sa Majesté des huit febvrier 1661, 22 juin 1661 et autres précédantes; la requête présantée par Jacques Arlot, seigneur de Freugie, La Coussière, Saint-Saud, Sainte-Marie, la Valouze et autres places, et Helie Arlot de Freugie, escuyer, seigneur de Sainte-Marye, Cumond, Sallebœuf et autres places, frères, contenant entre autres choses qu'ayant esté assignés par devant le sieur de Montauzon, commissaire subdelegué dans l'eslection de Périgueux par le sieur Pelot, intendant en Guyenne, pour la représentation de leur tiltres de noblesse, ils y auroient satisfait. Et lesd. tiltres ayant esté communiqués au préposé, pour accorder et contester à la validité ou invalidité des tiltres, il auroit consanty que les supplians fussent maintenus en leur noblesse. Sur quoy led. sieur commissaire subdélégué, par son jugernant du 20e novembre 1666, auroit donné acte dud. consentemant, et ordonné que les tiltres produits par les supplians, et par luy vérifiés et paraphés, seroient randus aux supplians, et que l'inventaire d'iceux, arbre de filiation et armoiries, signés des parties et de leur procureurs, demeureroient pour estre envoyés au sieur Intendant. Néantmoins au préjudice de ce, les susd. supplians auroient encores esté assignés pour le mesme fait, par devant le sieur Bodin, commissaire subdélégué dud. sieur Intendant au lieu et place dud. sieur de Monlauzon, ce qui est une pure vexation à ces causes requerroient les supplians qu'il pleust à Sa Majesté ordonner que le jugemant du sieur de Montauzon du 20e novembre 1666 seroit exécuté, et iceux deschargés de l'assignation à eux donnée par devant le sieur Bodin, le 23e may 1667, et cle lout ce qui pouroit estre fait en conséquance; ce faysant, qu'ils seroient maintenus en leur noblesse, avec deffance à toutes personnes de les y troubler; arrest du Conseil du 7e juillet 1667 intervenu sur lad. requeste, portant renvoy d'icelle aud. sieur Pellot, intendant, pour donner advis à va Majesté sur les conclusions de lad. requeste dans deux moys, et son advis veu et l'apporté aud. Conseil, estre ordonné ce que de raison, et ce pendant, sursis à toutes poursuittes par devant led. sieur Bodin commission obtenue sur led. arrest led. jour sept juillet 1667; acte de signification faille dud. arrust aud. sieur Bodin et à maistre Nicolas Catel, préposé à la recherche desd. usurpateurs de noblesse en la province de Guyenne, du 29e dud. moys de juillet 1667 requette présantée aux sieurs commissaires généraux du Conseil par led. Catel, à ce qu'allandu que le délay de deux moys, porté par led. arrest du Conseil, estoit espiré, lesd. Arlots fussent déclarés descheux de l'effet de lad. requelle, ce faisant, ordonné que les poursuittes, contre eux failles, semient continuées, signifiée à maislre de Rupin, advocat dcsd. le premier octobre 1667 autre requette desd. Arlots signifiée à maistre Hadoul, advocat dud. Catel, le 8e dud. moys et an; ordonnance des sieurs commissaires généraux du Conseil du 12e novembre 1667, lar laquelle lesd. Arlots sont renvoyés par devant le sieur Pelot pour produire au greffe de sa commission les tiltres et pièces justificatives de leur noblesse, estre communiqué aud. Catel, et par luy fournir et contredire par devant led. sieur Pelot, et sur le lout donner son advis pour estre par luy envoyé aud. Conseil, conformémant a l'arrest du Conseil dud. jour sept juillet 1667 et fait droit aux parties ainsin que de raison, signifiée aud. Catel le 24e dud. moys de novembre 1667; requette présantée par lesd. Arlots au sieur Pelot aux fins de lad. ordonnance cy dessus, au bas de laquelle est son ordonnance du 8e janvier 1668 portant que lesd. Arlots rapporteront leurs tiltres devant le sieur de Nort, advocat du Roy au bureau des Finances de Bourdeaux, lesquels seront contredits par led. Catel, pour, ce fait et l'advis dud. sieur de Nort par devers luy l'apporté, estre ordonné ce que de raison; le procès verbal du sieur de Nort et la représentation faille devant luy par lesd. Arlots de leurs tiltres de noblesse avec son advis sur iceux du 29 febvrier 1668; l'advis du sieur Pelot du 13e may 1668 portant qu'il y a lieu de maintenir lesd. Arlots en leur noblesse; ordonnance desd. sieurs commissaires généraux du Conseil du cinq juillet dernier par laquelle est ordonné que les tiltres et pièces dèsd. Arlols concernant leur noblesse, avec le procès verbal et advis dud. sieur Pelot, seront remis au greffe de lad. commission générale pour estre communiqués au procureur général, et fait droit sur le tout aux parties ainsin que de raison, signifiée à maistre Audoul, advocal dud. Catel, le 9e dit moys de juillet dernier; l'invantaire de production des liltrea et pièces desd. Arlols par lequel et har leur généalogie ils articulent estre desç:andus cle nolJle Jan Arlot, escuyer, sieur de Freugie, leur duarl ayeul, mary de damoiselle Catherine de La Motte, desquels est issu noble Pierre Arlot, damoyseau, escuyer, sieur de Freugie, trisayeul, lequel épousa damoiselle Anne de Maulmont, dont est sorty Jean Arlot, escuyer, sieur de Freugie, bisayeul, qui a épousé damoiselle Anne du Genest, dont est sorty Jacques Arlot, aussy escuyer, sieur Je Freugie, ayeul, lequel épousat damoiselle Magdelaine de Chapelle de Jurnilhac, dont est sort y Antoyne Arlot, escuyer, sieur de Freugie, gentilhomme ordinaire de la chambre du ltoy, leur père, qui a épousé damoiselle Marie Coustain du Masnadaud, dont est issu lesd. Jacques et Helie Arlots, frères, produisans. Pour la justification de laquelle généalogie est rapporté :

Sur le premier degré dud. Jean Arlot, quart ayeul : cootract de mariage en latin, entre noble Jean Arlot, escuyer, seigneur de Freugie, d'une part, et damoiselle Catherine de Motte d'autre, en datte du 12 may 1480;

Sur le deux degré dud. Pierre Arlot, trisayeul : contract de mariage en parchemin, passé devant notaire en Périgord le 20 juillet 1519, entre noble Pierre Arlot, damoyseau, sieur de Freugie, fils de feu Jean Arlot, sieur de Freugie, d'une part, et damoyselle Anne de Maulmont d'autre; la grosse en parchemin du testamant de noble Pierre Arlot, escuyer, passé devant de Chapelles, notaire en Périgord, du 3e apvril 1549, par lequel entre autres choses led. Arlot désire d'estre enterré aux tombeaux de ses prédécesseurs et au lieu où feu noble Jean Arlot, escuyer, sieur dud. Freugie, at esté enterré, et institue son heritier universel Jean Arlot son fils naturel et legilime, et de damoiselle Anne de Maumont sa femme.

Sur le trois degré dud. Jean Arlot, bisayeul : contract de mariage en parchemin, passé devant de Chapelles, notaire en Périgord, le 15 novambre 1551, entre Jean Arlot, escuyer, fils de noble Pierre Arlot, escuyer, sieur de Freugie, et [de] damoiselle Anne de Maumont d'une part, et damoiselle Anne du Genest, fille de noble Pierre du Genest, escuyer, d'autre; deux actes en parchemin exercés devant le juge ordinaire de Courbaffin (Courbefy), le 22 juin et 13 septambre 1513, dans lesquels Jean Arlot est denommé et qualifié escuyer; autre acte en parchemin exercé devant le juge de Courbaffin du 9e janvier 1571 entre noble Raymond de La Romagère, escuyer, d'une part, et Jean Arlot, escuver, sieur de Freugie, d'autre; procès verbal fait devant le juge de Courbaffin, du 8 mars 1512, contenanl les contestations d'entre Jean de Saint-Martin, escuyer, sieur du Brueilh, et Jean Arlot, escuyer, sieur de Freugie, pour les honneurs de pain benist de l'église du bourg de Freugie; une enqueste faille par ledit juge de Courbaflïn, le 30 d'apnil 1572, à la requeste dud. Jean Arlot, escuyer, sieur de Freugie, sur les différens d'entre luy et led. de Saint-Martin, de laquelle résulte entre aulres choses que Pierre et Jean Arlots, père et ayeul dud. Jean Arlot, avoient loujiours vescu noblement comme nobles d'exlraction; deux santances dud. juge de Courbaffin randües entre led. Jean de Saint-Martin, escuyer, d'un,3 part, et Jean Arlot, escuyer, seigneur de Freugie, d'autre, des 15e octobre 1572 et 10 janvier 1573.

Sur le quatriesme degré dud. Jacques Arlot, ayeul le testamant de noble Jean Arlot, escuyer, sieur de Freugie, passé devant Saint-Pardoux, notaire royal, le onziesme décembre 1578, par lequel entre autres choses led. Arlot déclare vouloir estre ensevely dans l'église parroissiale dud. bourg de Freugie, dans les tombeaux de feu Pierre Arlot, escuyer, sieur de Freugie, son père, et institue ses heritiers Jacques et Antoine Arlots, escuyers, ses enfans, et de damoiselle Anne du Genest, sa femme; information faitte par devant led. juge de Courbaffin le deux juin 1592, à la requeste dud. Antoine Arlot, escuyer, contenant la déposition de plusieurs témoins, que les gens de guerre, en lad. année, auroient pillé le chasteau de Freugie et bruslé tous les titres et papiers d'iceluy; arrest du parlement de Bourdeaux du deux apvril 1605 randu entre Jacques Arlot, escuyer, seigneur de Freugie, d'une part, et Louys Ouzeau et ses consorts d'autre; contract passé devant Grandcoing, notaire royal, le 20 janvier 1606, par lequel les parties y dénommées reconnoissent tenir, en tout droit de fondalité et directité, les biens y mantionnés de noble Jacques Arlot, escuyer, seigneur dud. lieu de Freugie et de La Valouze le testamant de Jacques Arlot, escuyer, seigneur dud. lieu de Freugie, par lequel, entre autres choses, il institue son héritier Antoyne Arlot, escuyer, sieur de La Valouze, son fils, et de damoiselle Magdelaine de La Chapelle de Jumilhac, sa femme, passé devant Bouyer, notaire royal en Perigord, le 10 septambre 1607; le codicille dud. Jacques Arlot, escuyer, seigneur dud. lieu de La Valouze, passé devant led. Bouyer, notaire, le 17 octobre 1607; acte exercé devant le juge de Périgord le 27 aoust 1607 coppie d'arrest du Grand-Conseil du six juillet 1607, signifiée à Antoyne et Jacques Arlots, seigneurs de Freugie.

Sur le cinquiesme degré dud. Antoyne Ai-lot, père clesd. Jacques et Helie Arlots produisans le contract de mariage d'Anloine de Freugie (sic), escuyer, sieur dud. lieu de La Valouze, avec damoiselle Marie de Coustain, passé devant Garreau, notaire en Périgord, du 7e juillet 1608; certificat du sieur marquis d'Escars (des Cars), premier gentilhomme de la chambre du Roy, comme [quoi] Antoyne Arlot, sieur de Freugie, est gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, du 9e may 1617 lettres patantes des foy et hommage faits à Sa Majesté, ès mains du sieur de Marillac, garde des sceaux de France, par Antoyne Arlot de Frugie, escuyer, sieur dud. lieu, pour raison de la lerre, seigneurie et justice de La Coussière, en datte des 16 juin 1626; arrèt d'appointé du parlemant de Bourdeaux du 26 septambre 1628, randu entre maistre Pierre Merle, lieutenant de la jurisdiction de Vieslecour d'une part, et Antoyne et Jean Arlots, escuyers, d'autre; commission obtenüe sur led. arrest par lesd.Antoyne et Jean Adots, escuyers, led. jour 25 seplarubre 1628 enqueste faille en conséquence dud. arrest cy dessus par maistre Jean Vallier, lieutenant du comté de Périgord et vicomté de Lymoges, du 16 octobre 1628 de laquelle résulle par déposition des témoinjs que led. Antoyne Arlot, escuyer, sieur de Freugie, et ses prédécesseurs, ont tousjour vescu noblement, et tenus et réputés pour nobles; arrest du parlemant de Bourdeaux du 28e juin 1630, randu entre led. Pierre Merle d'une part, et lesd. Jean et Antoyne Arlots, escuyers, sieurs de Firbeix et de Freugie, d'autre; commission obtenue sur led. arrest du 6 juillet 1630 procès verbal fait en conséquence dud. arrest cy dessus par maistre Jean Vallier, lieutenant du comlé de Périgord et vicomté de Lymoge: du XI juillet 1630, par lequel il appert que dans l'église de Saint-Pierre de Freugie, proche le grand autel, il y at une colonne dans laquelle dans une pierre sont gravés ces mots : nobilis Guillelmus Alotus, fondator ecclesiae sancti Petri de Fracto Jove, 1347; arrest contradictoire de la cour des Aydes de Bourdeaux, du 13 septambre 1640, par lequel, sans avoir esgard à l'instance dud. Merle, du consantemant du Procureur général, est ordonné que les lillres dud. Antoyne Arlot, escuyer, seront enregistrés au greffe de lad. cour, pour par luy jouyr des privilèges, immunités et examptions accordées à la noblesse avec deffances aux cottisateurs dud. lieu de Freugie, pour lors en charge, de contester aud. d'Arlot la qualité de noble, à peine de BC (sic); un imprimé du réglemant sur la convocation de l'arrière-ban du 17 janvier 1639 extrait du procès verbal fait au siège de Périgueux, le 16 apvril 1639, en exsecution dud. réglemant cy dessus, par lequel messire Antoyne Arlot de Freugie, chevalier, seigneur aud. lieu, est deschargé de la contribution au ban et arrière-ban, attandu le service que randoit Elie de Freugie, escuyer, sieur de Saincte-Marye, son fils en qualité de capitaine dans le régiman du sieur de Mommege; jugemant du sieur de Suduiraud, conseiller au parlemant de Bourdeaux, et commissaire pour la confirmalion de l'examption des droils des du 18 mars 1641, intervenu sur l'assignation donnée à Antoyne Arlot de Freugie, escuyer, sieur dud. lieu, Sainte-Marye et autres lieux, pour ses tiltres de noblesse, par lequel, après la représentation par luy faitte desd. tiltres, iceluy Arlot est deschargé de lad. assignation, et en conséquance, du consentemant du procureur du Roy, déclare led. Arlot comme noble d'extraction, exampt de payer aucune somme pour les droits de confirmation de l'examption des francs-fiefs, tant et si longuemant qu'il vivroit noblement et ne fairoit acte dérogeant; arrest du Conseil d'Estat du 12 septambre 1642, par lequel, sans s'arrester à un jugemant donné par défaut à l'encontre dud. Antoyne Arlot, escuyer, led. Arlot est déclaré noble de race, conformément aud. arrest de la cour des Aydes de Bourdeaux, et jugement dud. sieur de Suduiraud; autre arrest du Conseil du X décembre 1642, par lequel led. Antoine Arlot de Freugie, escuyer, est deschargé comme noble de race, du payement des tailles et impositions généralement quelconques, faisanl deffances aux esleus de Périgueux et receveurs des tailles de lad. esleclion de faire aucunes poursuitles et conlrainles à l'encontre de luy, pour raison de ce, à peine de M. l. d'amande;

Sur le six degré desd. Jacques et Hélie Arlot, frères, produisans contract de mariage en parchemin, passé devant notaire en Angoulesme le 17e febvrier 1643, entre messire Jacques Arlot de Freugie, chevalier, seigneur baron de La Coussière, fils de messire Antoyne Arlot de Freugie, chevalier, seigneur dud. lieu, et de dame Marie Coustain d'une part, et dame Suzanne de la Rochefoucaud d'autre; l'expedition en papier du contract de mariage de messire Hélie Arlot, chevalier, seigneur de Saincte Marie, fils de messire Anloine Arlot de Freugie, chevalier, seigneur dud. lieu, avec damoiselle Françoyse de Baudet, passé devant La Rivière, notaire, le 21 juin 1654; commission de capitaine d'une compagnie dans le régimant de Mommetge en faveur du sieur de Sainte Marie du 19e may 1639 i cerlificat du sieur comte de Colligny des services randus par le sieur de Sainte Marie de Freugie, du deux octobre 1639; certificat du sieur marquis de Gesvres, capitaine des gardes du corps du Roy, comme le sieur de Freugie, fils dud. Jacques Arlot, sert actuellement dans l'une des compagnies des gardes du corps de Sa Majesté, du 43e juillet 1667; autre certificat du sieur marquis de Gesvres (disant) que led. sieur de Freugie, garde du corps de Sa Majesté, aurait été tué au siège de Lisle en Flandres, du 6 octobre 1667; autre certificat du sieur comte d'Armagnac du 1er juillet 1668, comme le sieur de Freugie at esté l'un des pages du Roy; les roolles des tailles de la paroisse de Freugie des années 1590, 1598, 1601, 1606, 1608, 1609, 1612, 1613, 1614, 1616, 1618, 1619, 1621, 1622, 1624, 1626, 1628 et 1629, dans lesquels les sieurs de Freugie sont employés comme exampts; le blazon des armes de la mayson d'Arlot de Freugie porte d'asur à....; acte fourny par led. Catel, commis à la recherche des usurpateurs de noblesse en Guyenne, par lequel il déclare se rapporter aux sieurs commissaires généraux-dud. Conseil, d'ordonner ce qu'ils adviseront bon estre sur la noblesse desd. Arlots, signifiée à maistre de Rupin, leur advocat, le sept aoust 1668; conclusions du Procureur général du Roy en lad. commission :

Ouy le rapport du sieur Marin de La Chastaigneraye, conseiller du Roy en ses Conseils, maistre; des requestes ordinaire en son hostel, commissaire et communiqué aux sieurs commissaires généraux dud. Conseil, et tout consideré,

Le Roy en son Conseil, ayant esgard à l'advis du sieur Pelot, commissaire desparty ès généralités de Guyenne, du treiziesme may mil six cent soixante-huit, a maintenu et gardé, maintient et garde lesd. Jacques Arlot sieur de Freugie, La Coussière, et Helie Arlot de Freugie sieur de Saincte Marie, frères, leurs successeurs, enfans et postérité, nais et à naistre en légitime mariage, en la qualité de nobles et d'escuyers; a ordonné et ordonne qu'ils jouyront de tous les privilèges, honneurs et examptions dont jouyssent les gentilshommes du royaume; faisant sa Majesté deffances aud. Catel et tous autres de les y troubler, tant et si longuement qu'ils vivront noblemant, et ne fairont acte dérogeant à noblesse; et pour cet effet, que lesd. Jacques, et Helie Arlots seront inscripts dans l'estat et catalogue des gentilshommes, qui sera arresté au Conseil et envoyé dans les baillages et eslections du royaume, en conséquence de l'arrest dud. Conseil du vingt-deux mars mil six cent soixante-six.

Fait au Conseil d'Estat du Roy tenu à Paris le dix-septiesme jour de novembre mil six cent soixante-huit. Collationné, (Signé) Bechameil.

Le 21 novembre mil six cent soixante-huit signifié et baillé copie à Audoul, advocat de la partie adverse, parlant à'son clerc en son domicilie, à Paris, par moy, huissier ordinaire du Roy, en ses Conseils, soussigné, (Signé) Paranjou.

Enregistré au greffe de l'Election de Périgueux le 20e décembre 1669. (Signé) Robert, greffier.

(Archives historiques du département de la Gironde, 1894)

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27 mars 2020

Pasquet au service des Condé

Pierre Pasquet, sieur de Cloulas (ou de Closlas)

D'une famille originaire d'Angoumois, Pierre Pasquet est encore arrivé au service des Condé par la médiation de Jean Hérauld de Gourville, auquel il était apparenté. Les parents de Gourville avaient signé en qualité de parents au contrat de mariage (1631) de ses père et mère Jean Pasquet et Catherine Lousmeau. Gourville l'avait associé à ses affaires de finances puisqu'il était, en 1659, le sous-fermier des droits sur les papiers et bières, pour l'élection de Saint-Quentin. Solliciteur en 1664, Pierre Pasquet arbora ensuite le titre de conseiller du prince de Condé, ce qui ne rend pas compte de sa réelle activité, qui était celle d'un homme d'argent et d'affaires. Le financier Arnaud de Saint-Amans le substitua ainsi à la recette des droits des poids de Normandie qu'il était chargé de faire pour le compte du prince. Pierre Pasquet géra aussi les intérêts de Henri-Achilles de La Rochefoucauld, qui lui confia le soin de régir en son nom les revenus temporales des abbayes de Frontfroide et de La Chaisse-Dieu. Enfin, il administrait les terres que ses cousins du Riou ou Gourville possédaient en Angoumois. Il avait épousé, en 1666, Marie de Saunières, la fille aînée de Pierre, sieur de l'Hermitage, cousin de Gourville. Le publicain avait utilisé Pierre de Saunières comme prête-nom pour ses activités financières et l'avait commis à la recette général des finances de Montauban, ce qui lui avait valu d'être arrêté au moment de la chambre de justice. Pierre Pasquet était protestant, comme plusieurs de ses parents, notamment les Garoste, une famille en laquelle Anne Hérauld, sœur de Gourville, était entrée par son mariage. La noblesse des Pasquet, contestée, fut vérifiée en 1701. Un rapport de l'intendant de Limoges, en 1698, les dénonçait encore, avec les Garoste, comme des hérétiques. Marie de Saunières lui donna trois enfants : Henri, Catherine et Renée. Ses deux filles se marièrent avec des Angoumoisins. Henri devint en 1701 lieutenant d'un régiment d'infanterie et mourut en 1750 colonel et chevalier de Saint-Louis.

Source : Les princes de Condé, de Katia Béguin.

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