15 août 2020

Le général Dupont et le château de Rochebrune

Après ses plus beaux succès, le général Dupont profite de ses moments de loisirs pour tourner sa pensée vers sa famille et vers son pays natal : « Quand il fait beau, je cours dans un jardin, car la vue des feuilles et des fleurs est toujours pour moi bien attrayante, et il me semble que je suis plus près des Ternes (1) et de Chabanais » (2).

Contrairement à ce que l'on croit dans la région, ce n'est pas en 1808, donc avec « l'or impur de Baylen », mais bien en 1805, que Dupont fit l'acquisition du château de Rochebrune, appartenant alors au marquis Gilbert de Colbert ; ses lettres écrites au cours de la campagne de Prusse nous fixent à peu près sur l'époque de l'achat. « Le château était dans un état de délabrement complet. Il fallut aussitôt faire des travaux urgents » (3). Aussi écrit-il à sa femme : « N'oublie pas les meubles qui doivent précéder notre voyage » (4).

Désormais ses lettres seront pleines de projets concernant cette acquisition ; il se passionne pour son nouveau domaine et n'a qu'un désir, vivre tranquille près des siens, dans cette patrie d'élection. Du fond de la Prusse, il envoie ses ordres, ses plans à son vieux père qui surveillera les différentes transformations... heureux de faire exécuter les idées de ce fils qui se couvre de gloire à l'armée. « C'est toujours mon père qui dirige tous les travaux ; il vient tous les jours sur sa petite bourrique ; ce goût si vif entretient et charme son activité ; nous avions bien prévu que cela prolongerait sa santé, mais nous sommes obligés maintenant de lui recommander de la modération et du repos par intervalle » (5).

Il se fait tenir au courant de tout ce qui se passe dans sa nouvelle propriété : « on m'écrit que Rochebrune a été bouleversé par l'orage, notre cher architecte (6) doit être enchanté ; cela lui donne de l'ouvrage » (7). Une autre fois, c'est le village de Poursat qui a été abîmé par la grêle. « Rochebrune a été respecté » (8). Il suit de loin les améliorations et donne ses ordres ; mais il a parfois de la peine à se faire obéir. « Je le prie bien fort de faire faire le hangar destiné au troulpeau espagnol, mais ces nouveautés ne le tentent pas beaucoup. Je compte sur les trois beliers que tu m'annonces ; je fais chercher des portières (9) pour former un beau troupeau... Tu fais déjà des élèves, dans tes belles prairies, en chevaux limousins. Je suis moins heureux et je n'ai pas encore pu faire goûter ce foin-là, on a beaucoup semé et planté ioi. Tous mes arbres d'Orléans ont réussi, le jardin est déjà fort agréable, la façade du Midi est achevée ; et la société du canton que j'avais dernierement réunie s'est récriée sur ce qu'on appelle la magnificence du château, qui reste le Saint-Cloud du pays.

« On m'annonce à l'instant qu'il y a un sanglier dans ma forêt, j'y cours » (10).

Et sans cesse sa pensée reviendra vers ce donjon, stimulant les siens pour obtenir que l'on forme un haras, essayant de faire acclimater des moutons mérinos d'un rapport supérieur à celui des moutons limousins. Cette idée lui vient de Murat qui s'occupait de la question au moment de son installation au Grand Duché de Berg.

Notes :

1. Propriété de son beau-père.
2. Lettre du général Dupont à sa femme.
3. Note manuscrite de M. de La Quintinie.
4. Lettre du général Dupont à sa femme, Düsseldorf, 27 janvier 1806.
5. Lettre à Blanchon, 8 mai 1806 ?
6. Son père.
7. Lettre du général à sa femme, Cologne, 13 août 1806.
8. Idem. 18 septembre 1806.
9. Femelles en âge de porter.
10. Lettre à Blanchon, Rochebrune, 8 mai 1806 ?

Source : Le général Dupont, de Marc Leproux.

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Le voyage d'Abraham Golnitz

Abraham Golnitz (1) est un Allemand, qui, venant de l'Angoumois, traversa le Limousin en 1630 pour se rendre en Auvergne, dans les premiers jours de juin. Il passe à Verteuil, Saint-Georges, Saint-Laurent-de-Céris, Pont-Sigoulant, Chabanais, Etagnac, Saint-Junien, La Barre, Limoges, Saint-Priest-Taurion, Sauviat, Le Compeix, Felletin, Pontcharraud, Crocq, Pontaumur.

« (2) ... Le lendemain, après une marche de trois milles, nous arrivâmes en Angoumois à Verteuil (3); nous dînâmes à la Croix Blanche. Cette ville est remarquable par le château des ducs de La Rochefoucauld et par son agréable position sur la Charente, qui la divise en trois parties. Les maisons deviennent plus rares dans ce sol sablonneux et montueux.

Après avoir fait trois milles, en traversant le pays de Saint-Georges (4) Chevalautin, Chatrian, nous arrivons au bourg de Saint-Laurent de Chaud (5) nous y avons couché chez un hôte qui était un excellent homme, mais qui cependant avait été maltraité par les soldats, comme l'attestait une'cicatrice sur la partie antérieure du visage.

A partir de ce lieu le sol est montueux jusqu'au pont Sigoulet (6) les passants trouvant en abondance les noyers, les cerisiers et les châtaigniers. La Vienne qui borde le Limousin est près de ce lieu; les campagnes et les champs, situés sur sa rive, sont couverts d'une riche végétation, nous les traversons pendant IV milles jusqu'à Chabanais. Dans cette ville, nous avons convenablement dîné chez M. Dupont, jadis à l'enseigne Saint-Jacques Cette ville est placée sur la Vienne et aux confins du Limousin. Les habitants de ce lieu n'appellent pas cette rivière la Vienne, mais la Vignane (7) sa source est située près de Tarnac (8), puis ayant grossie, elle baigne la capitale du Limousin, passant ensuite à Saint-Junien sous un pont de pierre elle coule jusqu'à Chabanais où nous nous trouvons. Le comte de Schomberg commande dans cette ville (9) et quoiqu'il ait l'autorité, il est cependant défendu aux jésuites et aux réformés d'habiter en ce lieu.

Après dîner, nous avons traversé la Vienne sur le pont qui conduit à un faubourg situé tout auprès, entouré de belles prairies qu'arrose la rivière sur la droite. Plus loin, nous trouvons des châtaigniers d'une végétation luxuriante; on se sert de leurs fruits pour engraisser les cochons.

Etagnac (10), bourg avec un château qui obéit au comte Schomberg, est entouré d'une forêt remarquable. Le pays est ensuite montueux jusqu'au village d'Immont (11), et il descend ensuite jusqu'à la Vienne. Tout en chevauchant le long de la rivière, nous arrivâmes au village de la Roche (12). Ensuite passant sur le pont des malades qui est un pont en pierres, de deux arches, construit sur la Glane, affluent de la Vienne, nous arrivâmes à Saint-Junien.

Nous avons soupe et nous nous sommes reposés dans cette ville, après avoir fait deux milles. Nous avons choisi pour hôtel le Lion d'Or (13), situé dans un faubourg et dans une position agréable. Les maisons de cette ville, qui est ronde et qui est située sur un des premiers versants du Limousin, sont d'apparence modeste et couvertes de tuiles. Sur les coteaux, les vignes ne rampent pas à terre; mais elles sont dressées et attachées à des échalas, comme on le pratique sur les bords du Rhin. Le terrain est sablonneux, mais il ne ressemble pas à celui de Cahors, parce que les habitants, continuellement assaillis par les armées, ne peuvent pas le travailler et l'améliorer. »

Notes :

1. Abraham Golnitz, ltinerarium Belgico gallicum.— Lugduni Batavorum ex officina elzeviriano ClC IC CXXXI. M. le chanoine Lecler a traduit et reproduit dans l'Almanach limousin de 1875 (p. 112 et ss.) la partie de ce voyage qui a trait au Limousin et à la Marche.

2. Le voyageur vient de Saint-Fraigne, arrondissement de Ruffec, canton d'Aigre, (Charente). Ce ne fut qu'à force de prières qu'on leur avait permis de coucher dans ce lieu, car les habitants qui les avaient pris pour des soldats, avaient fermé leurs portes. Ils avaient peur qu'ils pillassent la ville comme l'avaient fait quelques troupes de soldats peu de jours avant.

Le mille dont parle le voyageur avait 6 kilomètres (Notes de M. Lecler).

3. Verteuil, petite ville de l'Angoumois, canton et arrondissement de Ruffec (Charente), sépulture des ducs de La Rochefoucault.

4. Saint-Georges, au sud-est et dans le canton de Ruffec.

5. Saint-Laurent de Céris, canton de Saint-Claud, arr. de Confolens (Charente).

6. Pont-Sigoulant sur la Charente, près Lapéruse, canton de Chabanais (Charente).

7. Nous avons fait la même observation à Aixe près Limoges. Les habitants de la campagne la nomme aussi lo Vignano.

8. La source de la Vienne est sur le plateau de Millevaches, cant. de Sornac, arrond. d'Ussel. Tarnac est canton de Bugeat, même arrondissement (Corrèze).

9. Henri de Schomberg, comte de Nanteuil, seigneur de Nully, Saint-Front, et Ouchie-le-Cassel, lieutenant de Sa Majesté au gouvernement du Limousin, qui avait battu l'armée anglaise appelée en France par les protestants de La Rochelle.

10. Etagnac, cant. de Chabanais, arrond. de Confolens (Charente).

11. Aujourd'hui Les Monts, com. d'Etagnac, sur la route qui conduit à Saint-Junien.

12. Ce village est de la commune de Saint-Junien (Haute-Vienne); il est aussi sur la route qui vient d'Etagnac.

13. L'hôtel du Lion d'Or existe toujours et dans le même faubourg.

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1916)

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Les derniers seigneurs de Chabanais

Le 21 mars 1790, les notables de la nouvelle commune de Chabanais, composée de deux paroisses urbaines Saint-Pierre-Saint-Michel et Saint-Sébastien (la paroisse rurale de Grenord ne sera rattachée à Chabanais qu'en 1793), furent convoqués pour l'élection de la municipalité.

Sur Une population de 1266 habitants, les citoyens actifs étaient au nombre de 100, en vertu du cens établi par la Constituante.

On suppose que le vote eut lieu dans la tour Montguogier. Mais notre première mairie fut l'hôtellerie Crouzit (actuellement maison Bonnaud, sur la place Colbert) dont une chambre fut louée moyennant 30 livres par an.

Conformément à la loi, 7 officiers municipaux et 36 notables avaient été désignés.

Voici la liste des 7 officiers :

MM. Isaac Dupont, maire.
Reygondeau-Lavalette.
Vouzelaud de Selbuisson.
Vouzelaud de Sansac.
Jean Terracher.
Duval de Selbuisson.
Jean Rougier, procureur de la commune.

Après la Constitution de l'autorité, on songea à organiser la force armée, chargée de la défendre. Le 28 mars, une supplique des jeunes gens de la ville. réclama la formation d'une milice citoyenne.

L'origine de ce mouvement, généralisé dans toute la France, était la fameuse nuit du 28 au 29 juillet 1789 et la « Grande Peur » qui avait saisi les masses. Ainsi on annonçait à Chabanais que Saint-Claud était en flammes et, à Rochechouart, que Chabanais était réduit en cendres. En réalité, c'étaient les associations politiques de Paris qui avaient répandu cette panique afin de pousser les provinciaux à s'armer contre les régiments étrangers qui pouvaient être dirigés par la Cour contre l'Assemblée.

La garde nationale de Chabanais fut constituée le 11 avril 1790. Elle comptait 125 hommes et 18 officiers, et elle était commandée par M. Dupont-Chaumont, ancien capitaine, au Régiment de la Fère, chevalier de Saint-Louis.

Le serment civique de la Garde fut prêté solennellement sur la place, .

Le premier souci de la municipalité fut d'assurer l'approvisionnement de la population. Le nombre des pauvres augmentait à cause de l'hiver qui avait été rude et par suite aussi de la crise de production qu'entraînaient les mouvements populaires et les jacqueries.

La municipalité publia d'abord un arrêté réglant la police des halles et marchés, puis elle taxa le pain et la viande : la livre de pain de seigle à 3 sols, la viande de boeuf à 6 sols. Or, le prix moyen de la journée d'ouvrier à cette époque était de 18 sols. La vie du peuple était donc très difficile.

Enfin la municipalité s'entendit avec l'intendant de la marquise de Colbert et obtint une avance importante en blé qui lui permit de faire face aux besoins les plus urgents.

La fête de la Fédération fut célébrée sur la place Colbert, devant l'autel dressé contre la tour Montguogier. Le maire et le commandant de la garde nationale prêtèrent serment « à la nation, à la loi, au roi ».

Claude-Théophile Colbert, hériter de François Gilbert, en 1765, devînt sous-lieutenant de gendarmerie sous le règne de Louis XV.

A cette époque, la terre de Chabanais fut encore démembrée. Une grande partie fut vendue pour permettre aux seigneurs de ce lieu de former la grande terre d'Orsonville, près de Paris.

Claude-Théophile mourut avant la Révolution.

Le marquis de Colbert, qui lui succéda, n'émigra pas pendant la grande tourmente. Il avait adopté les idées nouvelles. C'était un girondin; aussi sa terre ne fut-elle pas vendue. Plus tard, il embrassa la cause de Napoléon qui le fit général de division et comte d'empire.

La fortune des Colbert diminue toujours. Dans les premières années du XIXe siècle, le général, marquis de Colbert, vend, au général Dupont de l'Etang, les terres de Rochebrune (Etagnac) et du Chambon (Chirac).

Vers la même époque le général de Colbert vend à la famille de la Quintinie, qui le possède encore aujourd'hui, un pré situé à l'entrée du bourg de Chabanais, entre la Vienne et la route de Chirac. Ce pré porte toujours le nom de « Pré du Seigneur ».

Les derniers membres les plus notoires de cette famille des Colbert furent :

Pierre David, comte de Colbert-Chabanais, dit Edouard, général et pair de France.

Auguste de Colbert-Chabanais, général, tué à Astorga, en Espagne, en 1809.

Jean-Baptiste, comte de Colbert-Laplace, qui avait épousé la fille du célèbre mathématicien.

Plus tard, la division naquit dans la famille des Colbert et le peu qui restait du petit fief de Chabanais fut vendu par le tribunal de Paris : entre autres, Pilacet, le château de Chabanais furent achetés par le comte Dupont, petit-fils du général de l'Empire. L'acheteur voulait, assurer au moins, en 1890, la conservation du vieux donjon. Mais il fut exproprié par la commune (M. Codet, maire), qui, en 1894, fit construire sur l'emplacement du château, un magnifique groupe scolaire, tout en doublant la superficie de la place Colbert.

Il existe encore plusieurs descendants des marquis de Chabanais, mais ils ne possèdent plus une seule parcelle de leur ancien fief si puissant jadis.

Source : Historique de la commune de Chabanais, de Pierre Bréjoux.

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Titres de la famille Sardain de La Soutière

Titres constatant les cens, rentes et autres droits seigneuriaux dus à Léon-Aubin Sardain de La Soutière, à cause des fiefs et terres de Reilhac, Chambes, Laplaud et autres : dénombrement fourni à François de Vendôme, vidame de Chartres, prince de Chabanais, par Helye Masson, écuyer, de l'ébergement des moulins de Chambes, du mas de Botereau et de plusieurs rentes assises sur diverses pièces de terre, le tout tenu de la châtellenie de Loubert (1er juillet 1539); — vente faite à Pierre de La Charlonnye, marchand de Chabanais, par Jehan de La Charlonnye, sieur de Listrat, habitant du bourg de Grenord-l'Eau, d'une rente de 3 setiers de froment, 9 sols et 3 gelines, assise sur le moulin de Cacherapt, en ladite paroisse de Grenord-l'Eau, moyennant 150 livres tournois (24 septembre 1620). — Extraits des rôles des paroisses de Chantrezac et de Laplaud, produits par Léon-Aubin Sardain de La Soutière, écuyer, seigneur de Chamferrand, Chambes et Laplaud, dans le procès soutenu par lui contre François Bastier l'aîné, bourgeois (25 avril 1782).

Source : Archives départementales de la Charente (E. 495).

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Sardain dans le nobiliaire de Nadaud

Pierre Sardain, écuyer, sieur du Repaire, paroisse de Mouton, en Angoumois, du lieu de La Soutière, paroisse de Grenord, épousa, le 5 février 1698, Marie Rempnoulx, sa cousine au quatrième degré, paroisse de Saint-Sébastien de Chabanais (Registres de Chabanais), dont : 1° Catherine, baptisée le 15 mars 1700, mariée le 12 avril 1723, à Louis Taraud, fils de feu autre Louis, sieur de l'Isle, et de Françoise Le Preou, du bourg de Beaulieu, en Angumois ; 2° François, baptiséle 6 mars 1702 ; 3° Joseph, né le 24 octobre 1704 ; 4° Françoise, née le 7 septembre 1706, mariée, le 18 février 1727, à François Reynaud, docteur en médecine, fils de Pierre, conseiller du roi, et de Marie Maublanc, de la ville de Saint-Junien ; 5° Pierre-Joseph, baptisé le 30 juin 1714 ; 6° Marguerite, mariée, le 15 janvier 1719, à François Dupont, procureur fiscal de Chabanais, fils de Pierre-Isaac, docteur en médecine, lieutenant du maire dudit Chabanais, et de Marie de La Salmonie ; 7° Françoise, née en novembre 1720 ; autre Marguerite, mariée, en 1736, à Jean de Chevreuse.

Joseph Sardain, sieur de La Soutière, paroisse de Grenord, écuyer, épousa Renée-Catherine Nolin, dont : 1° Pierre-Victor, né le 6 mars 1736 ; 2° Pierre-Joseph, ecclésiastique.

Olivier Sardain, écuyer, sieur de Saint-Michel, du bourg de Mouton, en Angoumois, épousa Marie Valeteau, dont Pierre, qui suit.

Pierre Sardain, écuyer, sieur de Beauregard, épousa, à Chabanais, le 31 janvier 1717, Françoise Rempnoulx, fille de Jean, sieur de Villepaneix, conseiller du roi, juge-sénéchal de Chabanais et maire perpétuel de la meme ville, et de Marguerite de La Quintinie, dont : 1° Olivier, né le 24 février 1718 ; 2° Marie, née le 2 aout 1719 ; 3° autre Marie, née le 2 mai 1723 ; 4° Jean, né le 24 février 1724 ; 5° Marc, né le 18 octobre 1725 ; 6° autre Jean, né le 2 novembre 1727, à La Soutière, paroisse de Grenord.

Aubin Sardain, écuyer, paroisse de Grenord, épousa, en 1767, Adelaide-Marie-Alexandrine Vignon, paroisse de Saint-Médard, diocèse de Beauvais.

Source : Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, de Joseph Nadaud.

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Les présidents de l'élection de Confolens

Le premier connu est Jean Duboys, sieur de La Borde, aussi juge-sénéchal de Confolens, cité comme président de l'élection en 1715 et 1720. Sur l'acte de baptême de son petit-fils Jean Duclos, fils de Jacques sieur de Chez Tiphonet et de Catherine Duboys (né le 30/VIII/1720), il est appelé sieur de La Borderie, de même sur son acte de sépulture le 11/8/1727, à l'âge de 73 à 74 ans. En plus de ses charges de juge-sénéchal du comté de Confolens et de président de l'élection, il était également subdélégué de l'intendant de Poitiers. Sa veuve Catherine Babaud décéda le 17/X11/1757 à 91 ans. Lui succède son fils Jean-François Duboys de La Borde, installé en 1727 ou 172833 22/VIII/1738. Réception des lettres de provision de Joseph Duboys (11 C/1551). En 1749, Catherine de Bernon, veuve Duboys, résigne la charge de son époux pendant 12 ans, en attendant la majorité de son fils, à Jérôme Sardain, seigneur de Beauregard, qui reçoit ses lettres de provision le 21/0/1749 (11 C/1555). Joseph Duboys, second du nom, a donc dû être installé en 1761. Il meurt le 9/8/1771. Le 18/XII/1769, il résigne sa charge en faveur de son fils François (11 C/1571) qui reçoit ses lettres de provision le 20/11/1770 (11 C/1573). Il a été aussi recteur des pénitents blancs de Confolens. François Duboys de La Borde restera président jusqu'à sa mort, le 27/111/1789 à 46 ans. Ses biens, à ce moment, seront estimés à la somme de 56 547 L (11 C/1582). Il épousa le 15/11/1773 Anne d'Hugonneau, fille de Philippe sieur des Chivailles et de feue Marie Duclos.

Source : L'élection de Confolens (1714-1790), de Pierre Boulanger.

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Un décès au château de Chambes

Acte de décès de Pierre-Daniel Sardain de Logerie, mort au château de Chambes le 20 mai 1839.

« L'an mil huit trente neuf et le vingt un du mois de mai à onze heures du matin pardevant nous Jean Jacques Sardain Lasoutière maire officier de létat civil de la commune de Laplaud sont comparut François Sardain Lasoutiere fils aîné âgé de trente cinq ans sans profession demeurant à Chambes commune de laplaud neveu du défunt et Aimé Marguerite Sardain fonfais âgé de vingt huit ans sans profession demeurant à Chambes commune de Laplaud neveu du défunt lesquels nous ont déclarés que le vingt du mois de mai à cinq heures du soir que Pierre Daniel Sardain de Logerie âgé de cinquante trois ans propriétaire demeurant à Chambes commune de Laplaud fils de feu monsieur Sardain de Logerie François et de feu Marie Rempenoux Masdebos né dans la commune de Cellefrouin est décédé le vingt du mois de mai à cinq heures du soir en sa maison arrondissement de Confolens et les déclarants ont signé avec nous après que lecture leur en a été faite. »

Source : Archives départementales de la Charente (3 E 190/5).

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Agris, La Rochette et Jauldes

Jean Gervais, sieur du Châtenet, et François Fureau, acquéreurs, en 1703, de la haute, moyenne et basse justice, et des droits et rentes dus au roi dans les paroisses d’Agris, La Rochette et Jauldes, se partagèrent à l'amiable, par acte du 22 septembre, les différents objets qui leur avaient été adjugés.

Jean Gervais se réserva les droits de justice, et le sieur Fureau les agriers et le droit de chasse dans tous les lieux sujets aux agriers et dans la forêt de Braconne.

Les héritiers Gervais et Fureau restèrent possesseurs de ce domaine jusqu'au 20 février 1766, à laquelle époque il fut revendu à Jean Caminade, bourgeois de Paris. Les finances d'engagement, liquidées à la somme de 2.720 livres 14 sous 10 deniers, furent acquittées par Jean-Claude-Olivier Caminade, un des fils du nouveau possesseur, entre les mains de M° Brice François Longeau Dupré, procureur au parlement, comme fondé de pouvoir 1° de Jean Gervais, seigneur de Puymerle; 2° de Pierre Fureau; 3° d'autre Pierre Fureau, tous deux habitants du village de Villemalet; 4° de Louis Gounin de La Coste.

6 septembre 1753. Sentence rendue au bureau des finances de la généralité de Limoges, portant réception de la foi et hommage rendue au roi par Jean-Baptiste Marien, bourgeois de Limoges, comme procureur de Jean Gervais, lieutenant criminel en la sénéchaussée d'Angoumois, de Pierre et autre Pierre Fureau , frères, de Louis Gounin, faisant tant pour lui que pour Marie Benoist, sa mère, tous représentants de défunt Jean Gervais et François Fureau, leur père et aïeul, pour raison des agriers qu'ils possèdent en commun par inoitié avec M. le duc de La Rochefoucauld, situés sur partie des paroisses de La Rochette et d’Agris, et aussi pour raison de rentes nobles, directes et seigneuriales, situés dans lesdites paroisses, ensemble pour la justice haute, moyenne et basse desdites paroisses et sur celle de Jauldes, sénéchaussée d'Angoumois, acquis de Sa Majesté par les feus Gervais et Fureau, leur père et aïeul , le 8 juin 1703, et relevant du roi à cause de son duché d'Angoumois.

17 juillet 1785. Acte de notoriété par lequel il appert que François Fureau, décédé, n'avait laissé pour seuls et uniques héritiers que Pierre et autre Pierre, Marie et autre Marie Fureau, ses enfants ; que Marie, aînée, épousa François Gounin de La Coste et qu'elle ne laissa qu'un seul et unique héritier, le sieur Louis Gounin de La Coste, son fils; que Marie, jeune, avait épousé Jean de La Quintinie et n'avait laissé que deux filles, Marie et autre Marie de La Quintinie; que Marie, aînée, avait épousé Louis Gounin de La Coste, son cousin germain ; que Marie, jeune, avait épousé Pierre Benoist, et n'avait laissé qu'une fille, Marie Benoist, épouse de François de Guitard.

Le retrait eut lieu le 20 mars 1786, et le trésorier général du comte d'Artois remboursa à M. Marc-Alexandre Caminade de Castres, fondé de la procuration de M. Caminade du Châtenet, la somme de 2,514 livres 15 sols, prix de l'adjudication faite en 1703.

Source : La Charente révolutionnaire, de Victor Bugeaud.

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09 août 2020

Chazelles sous l'Ancien Régime

« Chaselle est sittué à quatre lieus de la ville d'Angoulesme à Lorient. Leglise dediée à Saint Martin patronnage de M. L'Evêque d'angouleme. Le Bourg dudit Lieu et ce quy environne est dans la directe du dit Sieur trésorier. Il y a justice exercée, madame de Saint-Martain a des Rentes dans la principale partie de la paroisse et les justances portée devant son juge de Marthon. Messieurs du chapitre d'Angoulème y possèdent le fief de La Tour du Luc et ont justice en cette partie. Monsieur d'Ecars et Messieurs la Brechenie de Bouée, de Torsac et Labbé de Grobos y possèdent des Rentes. La rivière de Bandiat traverse la paroisse et y fait tourner quatre moulins. Les prés quy sont sur cette rivière y sont bons, mais ils sont sujets aux innondations quy y sont fréquentes. Les terres labourables y sont d'une mauvaise nature. Les vignes y sont médiocres. L'habitant y est pauvre et misérable et ne fait aucune sorte de commerce. La paroisse confronte du midy à Bouée et Vouzant, du Nort à Saint Paul et Pranzac, dorient a Saint Germain et Vouzant doccident à Mornat et Pranzat ». (Tourette de Flamenac arpanteur) Ces observations générales, portées in fine sur le volumineux registre à reliure parcheminée déposé aux Archives Départementales, clôturent l'arpentement effectuée de 1746 à 1749 et qui comprend 4749 articles. Elles résument assez correctement les données en vigueur sous l'Ancien Régime. On peut toutefois y apporter le complément relatif à la dîme « Les grosses menues et vertes dixmes quy se perçoivent au onsieme du fruit appartenant les trois quarts a M. le trésorier du Chapittre d'Angouleme et l'autre quart au sieur curé de la presente paroisse ». À ce propos toujours, nous avons retrouvé la grande dîmière au village de la Combe ; elle est décrite à l'article 1575 comme appartenant à la « trezorerie du chapitre ». Il nous faut ensuite évoquer La Tour-Du-Luc disparue. Elle tirait son origine d'une seigneurie établie par les « du Luc » aux XIIe et XIIIe siècles et qui passa à une date inconnue au clergé. L'édifice est sommairement décrit par l'arpenteur, le 13 juillet 1746, au numéro 3351 « Masure en forme quarre La Tour du Lucq tenant de toutes parts aux vignes des sieurs Leblanc Laquintinie et Ledoux appartenant au Chapitre de Saint-Pierre dangouleme contenant quatre carraux ». Nécessaire de même, de citer le lieu de La Faureille, habité par Jean Marginière et Catherine Boissonnet, son épouse, lieu où la porte d'entrée de la cour est placée sous le colombier. Nécessaire également, de noter la mention de la Chambaudie, en 1694, lors du mariage de Léonard Gignac, sieur de la Chambaudie, avec Louise de Bazille, de Châteauneuf. Ce lieu de la Chambaudie a dû lui convenir car elle y demeure, en 1714, avec son second mari, Jean Elie de Mergey, écuyer, sieur de Rochepine. L'émigré Robert Laviale a délaissé son domaine de Lacombe et sa demeure modeste, mais ancienne, comprenant trois niveaux et une cave voûtée. Enfin, nous ne devons pas omettre de rappeler qu'autrefois coexistaient les deux paroisses de Chazelles et de Saint Paul. Les registres paroissiaux de l'état civil de Saint-Paul remontent à l'année 1638, ceux de Chazelles débutent en 1664. Ces registres ont une existence séparée jusqu'à la fin 1845. Contrairement à ce qu'il est souvent écrit l'unification ne fut effective qu'au 1er janvier 1846 même si l'idée matura l'année précédente, alors que Louis Philippe régnait.

Les Dumas

Si on la rencontre assez fréquemment en Périgord voisin, il faut bien convenir que l'appellation « manoir » est peu usitée dans notre pays charentais. S'agissant du logis qui tire son nom de la longue lignée de ses possesseurs - les Dumas en deux mots - nous l'avons maintes fois rencontrée. Aussi l'utilisons nous à dessein, comme l'une des exceptions qui confirment la règle angoumoisine. Cette ancienne maison discrètement installée derrière l'actuelle Mairie (1908) de Chazelles fut le fief noble des Du Mas relevant d'une part de la Cure « au devoir de 5 sols, à muance de seigneur et de vassal et de 22 sols 6 deniers de rente annuelle » et d'autre part du château de Marthon « à hommage lige et 10 sols, à muance de seigneur et de vassal ». À la fin du XVe siècle, on trouve comme premier propriétaire Penot Dumas, marchand, marié à Marguerite Devigne, veuve en 1483, selon Adolphe Mondon qui nous dit que ces possesseurs n'étaient pas nobles. Par contre au début du XVIe siècle, selon un document daté du 26 mai 1512, déposé aux Archives Départementales - dont l'érudit ecclésiastique semble ne pas avoir eu connaissance car il ne l'évoque pas - hommage est rendu par « Jehan du Mas », fils de feu Pierre du Mas (il pourrait s'agir de Pierrot pour Penot ou Perrot) et de « Marguerite des Vignes », « pour ce qu'il tient en paroisse de chaselles en la châtellenie de Marthon à Jean de la Vassoignes, écuyer, sieur de la Forest ». Est-il le bâtisseur de la partie ancienne du logis ? En tout cas beaucoup d'indices architecturaux - petites ouvertures à chanfreins du grenier, grandes croisées dont les meneaux ont été supprimés, mais dont les traces sont toujours visibles, embrasures obliques pour le guet - nous font pencher pour une construction au XVIe siècle, plutôt qu'au XVIIe siècle comme l'affirment quelques historiens. L'abbé Mondon avance même la date de 1628, dont nous n'avons trouvé trace nulle part, pour l'édification de « cette sorte de manoir ». À la fin du XVIIe siècle, Marguerite du Mas se marie à Jean Rossignol, sieur de la Tour, de la ville de La Rochefoucauld. Leur fils, Jean Rossignol, vend maison et terres, en 1710, à Louis Penot procureur fiscal habitant à Touvre. On trouvera tout au long du XVIIIe siècle, la famille Penot propriétaire du lieu. L'arpentement nous donne une description, consignée le 2 Juin 1746, par Tourette de Flamenac, sommaire mais précieuse : « Maison composée d'une cuisine, un vestibulle, un sellier, une tour, une chambre haute, un cabinet, deux greniers, écurie, un coulombier, étable, grange, cour, jardin, le sinfoin tenant d'un costé au chemin de Pranzac à Marton à senextre, des autres parts aux Domaines apartenant à Gerosme Penot, Sieur des Dumas, contenant deux journaux trente sept carreaux ». Le registre d'arpentage, décidément riche en informations, nous fait connaître que le Moulin du Got (got signifiant gué) appartient « au sieur Gerosme Penot des Dumas », qu'il est « composé d'une roue noire ». Une inscription à la plume, semble-t-il postérieure, nous fait connaître que le moulin fut acquis par le sieur Callée. Pour être exhaustif, signalons un ensemble de prés, situés au « trou des Dumas » ! Les Penot possèdent toujours le logis à la Révolution et nous n'avons pas trouvé de trace de sa vente comme bien national à tel ou tel citoyen « initié ». C'est au XIXe siècle qu'il acquiert une nouvelle affectation, celle d'Hôtel ou de Relais de Poste. Les écuries, construites pour accueillir une centaine de chevaux selon la tradition orale, figurent déjà sur le plan cadastral établi vers et constituent un long bâtiment perpendiculaire au corps de logis. Elles existent encore aujourd'hui. De la poste, impériale peut-être, puisqu'elle connut un essor important sous Napoléon, il reste encore un porte-enseigne fiché sur l'arête nord-ouest. Le petit pigeonnier à section carré, couvert de tuiles plates, qui ne figure pas sur ce plan, est donc d'édification postérieure et du XIXe siècle. Le puzzle historique en grande partie reconstitué, il nous reste à dire qu'a été conservé le portail d'entrée monumental festonné de créneaux, à l'image de celui du château de Vouzan, nous dit Charles Daras. Est toujours visible la tourelle coiffée en poivrière avec de l'ardoise, surmontée d'une girouette représentant un cheval. Elle abrite un magnifique escalier tournant, en vis, aux épaisses marches de chêne que l'on pouvait aisément se procureur dans la forêt de Braconne voisine. Sont installées symétriquement, de part et d'autre de la tour-escalier, les fenêtres aux meneaux supprimés déjà évoquées. Sous cette partie ancienne existe toujours la cave voûtée enterrée, avec soupirail donnant sur pierre et une bien curieuse cheminée en noyer de style Restauration, pour clore l'évocation d'une demeure au charme désuet.

L'Echelle

Demeure fort souriante, le logis de l'Echelle est entouré de prairies verdoyantes en bordure du Bandiat. Il faut remonter cinq siècles et demi en arrière pour trouver la plus ancienne trace, signalée par l'ensemble des historiens locaux; En effet, le 30 mars 1459, l'Echelle fut arrentée par Bertrand Farinard, régisseur, procureur de Jean de La Rochefoucauld, seigneur de Marthon, à Giraud de La Chassagne. Annuellement était versée une rente de 6 boisseaux de froment, 4 d'avoine, « à la mesure de Marthon », 2 gelines et 20 sols, devant maître Lartimarche notaire à Marthon. Après une pas banale éclipse d'un siècle et demi, on reparle de l'Echelle lorsque, le 28 mai 1604, « dame Marie Guimberteau, en son vivant dame de l'Echelle » fut inhumée dans l'église de Chazelles. L'histoire ne dit pas qui a fait sculpter une pierre-linteau, réutilisée au-dessus du petit portail faisant face au Bandiat, datée de « MAY 1605 ». Berthoumé Roux, qui en 1630 possédait le logis campagnard, se fixe en qualité de médecin du bourg de Pranzac et vend l'Echelle. Il partage la recette avec sa sœur Marguerite, épouse de Jean Roi maître cordonnier. Le nouvel acquéreur est François Chauvet, sieur de Fontbelle, angoumoisin, qui épousera Anne du Puy de Brémont (Beaumont ?), le 10 février 1632. Pour la suite, Marie Chauvet, leur fille, épousa François Robin, écuyer, sieur des Ardillers de Soyaux, qui vint s'installer dans la tranquille demeure de Chazelles. Lorsque l'on sait que la gentilhommière passa à la famille Thevet à la moitié du XVIIe siècle, il est encore permis de s'interroger sur la généalogie du nouvel acquéreur. S'agit-il là aussi d'un descendant du célèbre religieux de l'Ordre de Saint-François, introducteur du tabac en France ? Passionnante recherche en perspective, pour l'instant l'usage du conditionnel est de rigueur... Toujours est-il que Marie Thevet épousa (vers 1677 ?) Jean de Villeneuve, avocat et procureur au Présidial d'Angoulême, sensiblement à la même époque a lieu un autre mariage « en famille » entre André Thevet et Marie de Villeneuve. Jean de Villeneuve, qui avait épousé Marie Mesnard avec qui il aura huit enfants, deviendra propriétaire de l'Echelle et sera inhumé à 75 ans, le 8 décembre 1736, dans l'église de Chazelles. C'est son fils, Pierre de Villeneuve, Conseiller du Roi - dont la famille de robe a été anoblie par l'acquisition de charges de justice - qui aura maille à partir avec le duelliste patenté Joseph de Viaud, sieur de Charbonnière, demeure voisine. Le magistrat, pour qui il s'agit d'une formalité habituelle, portera plainte le 3 octobre 1695. En cette fin du XVIIe siècle, cette anecdote montre combien la noblesse paysanne, quelquefois guerrière, est supplantée par la noblesse de robe qui a le vent en poupe. Deux jeunes beaux-frères du conseiller du roi habiteront la demeure : Jean Jourdain, sieur de La Prèze et Jean Poitevin. Demandé par Philippe Maulde sieur de la Clavière, « bailliste » des biens du défunt sieur de Villeneuve de l'Echelle, un procès-verbal y est établi le 16 octobre 1747. Ce document de 25 pages nous renseigne utilement sur l'architecture extérieure des bâtiments et des dépendances, sur l'agencement intérieur, sur le mobilier fixe en cette moitié du XVIIIe siècle. On comprend mieux pourquoi, peu avant 1789, Clément de Lhuillier, chanoine d'Angoulême, obtiendra la maison noble pour peu d'argent. Extrayons pour exemple la description du colombier, aujourd'hui disparu : « Coulombier rond, dans le bas dicelluy il y a un petit toit à cochon. Le plancher est pourry et hors de service, la charpente et couverture est presque hors de service... Les murs font ventre et sont fendus ». Comme un leitmotiv, est évoqué à toutes les pages le mauvais état général des « fenestres », des planchers, des murs qui, lorsqu'ils ne sont pas fendus, ont besoin « destre crepy et blanchy ». En un mot, les qualificatifs alors utilisés traduisaient le délabrement et suscitaient la désolation. L'écusson ornant le linteau de la porte d'entrée sera dégradé pendant la Révolution. À l'aube du XXIe siècle, il nous est donné d'observer au contraire une demeure chaleureuse et accueillante. De belles cheminées ont été restaurées avec goût, les ouvertures rustiques à claveaux apparents sont discrètement mises en valeur. Les grandes pièces lumineuses et les caves voûtées, la petite tour d'angle remontée sont autant d'éléments qui procurent plus de charme que d'antant !

La Charbonnière

À deux pas du bourg, en bordure du Bandiat, était implanté sous l'Ancien Régime le fief noble de la Charbonnière, qui relevait de la cure de Chazelles, dans la châtellenie de Marthon. Sur l'une des belles maisons charentaises, amoureusement restaurées, on peut apercevoir quelques petites ouvertures chanfreinées à l'étage, attestant une édification antérieure au XVIIe siècle. Les documents apportent la confirmation de l'ancienneté puisqu'en 1584, on y trouve Henri de Poivre. En 1620, Jean de Poivre est propriétaire du lieu, avant que ses biens se soient vendus judiciairement. Daniel Paulte, écuyer, seigneur des Riffauds (Ruelle), maître particulier des Eaux et Forêts, en fera l'acquisition en 1628. Son fils, Samuel Paulte, écuyer, seigneur de la Charbonnière (Cherbonnière) sera chargé en novembre 1659, par les paroissiens de Chazelles, d'intercéder en leur faveur, afin que l'indemnité de logement réclamée par le vicaire perpétuel ne leur soit pas imputable. Marié à Marguerite de Viaud, il laissera la Charbonnière à Joseph de Viaud, son neveu. Celui-ci aimait à ferrailler. Le 5 mars 1672, il tue à coup d'épée le sieur de Lussac. Blessé, emprisonné à La Rochefoucauld, il s'évade le lendemain. On retrouvera le bretteur le 6 octobre 1695, objet d'une plainte, auprès du lieutenant criminel d'Angoummois, de son voisin, sieur de l'Eschelle. Ce dernier se rend à la messe en traversant les champs appartenant au sieur de la Charbonnière qui l'insulte, le menace... En 1706, excédées par le personnage, les paroissiens de Chazelles accepteront transitoirement de « rayer et biffer de leurs rôles » le sieur de la Charbonnière, mais « sous les protestations de le faire réclamer roturier comme il l'était véritablement ». Violence héréditaire ? Tout porte à le croire puisque François de Viaud - fils de Joseph Deviau (autre écriture), tué à coup d'épée, aux environs de Saint-Germain de Montbron, en 1727, Claude Roux, juge de Pranzac, ascendant paternel de l'Abbé révolutionnaire. De cette famille belliqueuse est issu l'enfant de Chazelles le plus célèbre. Né à la Charbonnière en 1756, Laurent Deviaud s'engage au régiment d'Aunis à l'âge de 16 ans, en qualité de sous lieutenant. Courageux chef de bataille au siège de Mayence en 1793, il deviendra « adjudant général ». Transféré de l'armée du Rhin à celle de Vendée, côté républicain, il sera blessé à la bataille de Chollet. Général de brigade sous le Premier Empire (1809), il sera nommé gouverneur de la ville par le Duc de Raguse. Après les campagnes de la Révolution et les batailles d'Empire, le Général Deviau se retirera près de Marthon, dans son château de La Couronne où il mourra en 1836. Personnage haut en couleurs, il rendra ses médailles à Napoléon. Nous avons conscience que cette trop synthétique biographie ne retrace pas toutes les facettes du valeureux militaire. Elle n'a simplement que l'humble souci de combler un vide. À Chazelles de s'approprier maintenant son Général d'Empire.

(Châteaux logis et demeures anciennes de la Charente, 2005)

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Preuves de Pierre de Rocquard

Rocquard (de), Ecuyer, Seigneur de St.-Laurent, de la Cour,&c, en Angoumois. Famille qui porte pour armes : D'azur, à un pairle d'or, entrelacé d'un chevron de même.

VII. Etienne R., éc., x Marguerite Pape.

VI. Jean R., sgr de La Cour-Saint-Maurice, naturalisé en janv. 1530, sommelier du roi, x Jeanne Tison.

V. Jean de R., éc., sgr de La Cour-Saint-Maurice, x c. 7-I-1557 Catherine de Vilhac.

IV. Jean de R., éc., sr de La Cour-Saint-Maurice, cap. d'inf., x c. 31-VIII-1597 Jeanne Pastoureau.

III. François de R., éc., sgr de La Cour-Saint-Maurice, x c. 28-IX-1636 Marie Laurent.

II. François de R., chev., sgr de Saint-Laurent-de La Cour, m. n. en déc. 1666 par d'Aguesseau, int. de Limoges, x c. 28-IV-1658 Henriette Regnaud de Lage.

I. Pierre de Rocquard, né le 12-X-1665, bapt. le 6-I- 1666 à Saint-Maurice des Lions, près Confolens.

Preuves du 7-I-1683. (Fr. 32.100, fol. 82)

Source : Les pages de la Grand écurie, de François Bluche.

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