18 juin 2016

Mariage de la châtelaine de Nontron

6 février 1884. Mariage de la châtelaine de Nontron ; réception de trois jours. Mademoiselle Marie Lagorsse (Sclaffer de Lagorsse), nièce de M. de Mazerat, épouse un cousin du comte de Laugardière, le vicomte de Laparre de Saint-Sernin, sous-lieutenant instructeur à l'école de cavalerie de Saumur. Il apporte avec son panache les rayons du soleil Toulousain. Et l'imprimerie Réjou, place de l'Hôtel de ville, nous a conservé les 19 couples scintillants du vicomte Lionel de Barbot qui, après les toasts protocolaires, suscitèrent un étonnement charmé et un si délicieux cliquetis de rires, de bagues et de cristal ; « ronrons » en chœur. En voici quelques-uns :

Il était une blond' fille
Et ron ron ron petit patapon
Il était une blond' fille
Au château de Nontron, ron ron.

La belle au cheveux blonds « r'toque en rond » tous ses prétendants ! Pourtant un jour arrive :

Un jeune gentilhomme
Et ron ron ron petit patapon
Un jeune gentilhomme
Du pays des Gascons, ronron

Bien pris : fier de tournure...

Ah ! ma foi ! se dit-elle,
Et ron ron ron petit patapon
Ah ! ma foi ! se dit-elle,
Il s'ra châtelain d'Nontron, ronron

Mes amis, voilà comme
Et ron ron ron petit patapon
Mes amis, voilà comme
Au château de Nontron, ron ron

Théo, quel joli rêve,
Et ron ron ron petit patapon
Théo, quel joli rêve,
Vint mettre le menton, ron ron.

Le comte de Laparre de Saint-Sernin, père du marié, était un ancien zouave pontifical, un des héros de Castelfidardo et de Montana avant de défendre avec l'armée de l'Ouest la frontière française ; son second fils, Fernand, jeune lieutenant s'étant distingué en Tunisie, épousera à Puyraseau le 30 septembre 1886, mademoiselle Félicie de Verneilh.

(Nontron dans l'Histoire)

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Aubin de Jaurias, mousquetaire de Louis XVI

En 1794, fut décapité place du Clautre, à Périgueux, Sicaire Boutonnier, domestique de M. Aubin de Jaurias ; il l'avait suivi dans l'émigration puis avait regagné la France et sa province en 1793 ; dénoncé lâchement, il fut arrêté au cours de l'hiver et demeura interné plusieurs mois, les juges périgourdins cherchant à le faire oublier. Ils ne purent y parvenir. Les terroristes étaient encore assoifées de sang ! M. Aubin de Jaurias, d'une ancienne famille de robe, avait élever sur ses terres une belle demeure ; la considération que s'étaient attirée ses ancêtres et sa valeur personnelle l'avaient fait admettre dans la première Compagnie des mousquetaires de la Garde ordinaire du Roi ; en 1789, il revint sur le domaine dont il portait le nom, s'occupa d'agriculture, fut nommé maire de Goûts et se distingua par sa charité. En 1792, obéissant à un ordre secret de Louis XVI, il regagna Paris se joignant aux gardes du corps. Il assista aux journée du 20 juin et du 10 août, puis partit rejoindre le corps des mousquetaires qui se constituait à Coblence. Il restait dans sa correspondance le conseiller de ses enfants leur recommandant l'amour de Dieu et des pauvres, la pratique de la religion et « la pénsée constante de l'Eternité. » Amnistié, M. Aubin de Jaurias jouit peu de son retour ; il mourut le 28 fructidor, An XII. Ses trois fils avaient franchi la frontière dès qu'ils en eurent l'âge, comme leurs précédesseurs comptant en se leurrant sur une action efficace... Leur sœur dut comparaître à Nontron devant le Tribunal révolutionnaire pour justifier leur conduire. « Si j'avais porté culotte, dit-elle simplement, nous aurions été quatre à partir. » Les juges devant tante de courage, sourirent et lui rendirent la liberté.

(Nontron dans l'Histoire)

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Les religieuses de Sainte Claire

Le 3 novembre 1625, sur le consentement de Mgr Raimond de la Marthonie, évêque de Limoges et à la demande des habitants s'établissent à Nontron les religieuses de Sainte Claire, dépendant de l'ordre et de la juridiction des Frères Mineurs de St François. Elles utiliseront pour leur couvent d'anciennes constructions hâtivement réparées — emplacement Ecole supérieure, au nord de la ville et le faubourg des Oliers deviendra la rue des Religieuses ; elles entreprennent d'élever une chapelle accompagnée d'une sacristie, d'un parloir, et comptent s'agrandir sur le pré qui leur a été cédé par contrat devant Lenoble et Lapouge, notaires. Elles sont au nombre de dix-huit religieuses de chœur, deux sœurs layes et deux novices. Elles ont apporté « une doct » ; la sœur de Ratinos (Ratineau), la sœur Jane de Rios (Eyriaud), la sœur Françoise de Labrousse... Nous voyons dans les prises d'habit ou entrées au noviciat les sœurs du Boucheron, de Monsalard, de la Grange, de Bort, Vidal de Lavergne, de Védrenne, de Bermondet, Dayquem de Saint-Alexis, de Pastoureau, Vieillemard, Larret de Grand-Pré, de Fargeot, de Lubersac... Anticipons. Voici les premières lignes d'un acte notarié : « Au parloir des Dames religieuses de l'ordre de Sainte Claire de la ville de Nontron, cejourduy, quinzième Octobre 1656, avant midy, ont este présents messire François de Conan, escuyer, seigneur de Connezat, la Bouchardière et autres places, et dame Marie du Chastain, son espouse, habitant son château de Connezat, paroisse du dict lieu, es Perigort, et Marguerite de Conan, demoiselle, leur fille naturelle et légitime, laquelle Marguerite, en présence des dicts seigneur et dame de Connezat, ses père et mère, parlant à dame Lageard, abbesse ; Jeanne de Monsalars, mère vicaire ; Marguerite de Labrousse, mère antienne ; Anne de Labreuilhe, Françoise Pastoureau, Anne de la Chatardyt, et Gabrielle de Bermondet, sœurs et mères discrètes, assistées de Jehan Rastineau, sieur de Moissac, leur syndiq apostolique, leur a dit et remontre qu'elle a lintention de se rendre religieuse au dict monastère soubs le bon plaisir de ses dicts père et mère, requerant que les dictes dames la y vouloir recepvoir... etc. » Marguerite de Conan deviendra « Sœur du Sauveur ». Les religieuses tenaient un pensionnat de jeunes filles appartenant à la noblesse et à la haute bourgeoisie. Le prix de la pension était de cent livres. On recevait aussi des dames de haut lignage ; la présidente d'Aguesseau s'était retirée à Sainte-Claire, versant une pension de 145 livres. Deux métairies furent achetées : La Cote et La Bucherie.

(Nontron dans l'Histoire)

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Un Nontronnais dans l'épopée napoléonienne

Nontron, dans l'épopée napoléonienne a eu ses victoires et ses héros. Nombreux sont ceux qui tombèrent au champ d'honneur ; nous voudrions les connaître tous. Le 28 août 1813, Pierre Augustin de Mazerat fut tué lors de la déroute du 11e corps d'armée du maréchal Macdonald au combat de Lutzen en Silésie. Elève de l'Ecole polytechnique, il entra à l'école d'application de l'artillerie à Metz ; sorti lieutenant, il fut attaché au 1er régiment d'artillerie en garnison à la Fère, passa adjudant-major, puis capitaine commandant de la 2e compagnie du 5e régiment faisant partie de la Grande armée ; il débutat au combat de Wagram et fut décoré de la Légion d'honneur sur le champ de bataille. Depuis cette époque il fit toutes les campagnes de Napoléon, le suivit en Russie, reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur. Il fit ensuite la campagne d'Autriche jusqu'à l'armistice de 20 jours au bout desquels commença une succession de batailles dont les résultats furent si funestes à la France. Trois jours avant la reprise des hostilités, le vaillant officier écrivit à sa mère pour lui annoncer la nouvelle faveur dont il était l'objet : titre de baron avec majorat de 4.000 francs. Peu de jours après la lecture de cette lettre, une réception étant donnée en son château, Madame de Mazerat se leva brusquement de son fauteuil, porta la main à son cœur et s'écria : « Oh ! ce coup de canon ! J'ai entendu le coup de canon qui vient de tuer mon fils ! » Elle retomba à demi-pâmée ; tous s'empressaient autour d'elle. Et comme le mois qui s'écoula sans nouvelle parut long ! Enfin parvint une enveloppe d'une écriture étrangère. Les dates furent confrontées ; par une sorte de dédoublement, particulièrement douée et sensible, la pauvre mère avait bien entendu la salve meurtrière. Par les états de service de ses enfants, Nontron a donc sa place dans l'épopée. Le lieutenant Excousseau fut également décoré et fait baron par l'Empereur sur le champ de bataille.

(Nontron dans l'Histoire)

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Une veuve contre le maire de Nontron

A Nontron est élu maire en décembre par suffrage restreint, M. Pastoureau de Labesse, en remplacement de M. de Labrousse de Lagrange, démissionnaire. Mauvaise année agricole ; l'hiver s'annonce glacial. Les Nontronnais plaident pour extérioriser leur hargne, ou comme dérivatif. Ces mesquines querelles détourent l'attention bien à propos des catastrophes menaçantes. La lutte est générale : les Nontronnais plaident ! Un cas entre vingt. Mme veuve Forien des Places, Marthe Arbonneau, rappelle aux juges du tribunal du district, qu'elle possède « dans la grande rue, une maison acquise au sieur Vieillemard, homme de loi, par contrat devant Me Grolhier ». Cette maison était séparée de celle de Me de Laborderie par un andronne ou ruette. M. Pastoureau de LAbesse, ayant acheté ce dernier lot il y a une dizaine d'années, a fait démolir la maison ainsi qu'un toit à cochons se trouvant dans l'andronne et il se dispose à élever un nouvel appentis en le surmontant d'une petite pièce, le tout « contre le mur de la maison, des éviers et latrines de l'exposante et avec un transport d'une immensité de pierres » ; elle accuse son voisin de vouloir diminuer la valeur de sa maison en la privant de jour, car elle comptait justement élargir l'étroite fenêtre d'une chambre fort obscure ; elle lui reproche de s'agrandir aux dépens d'une pauvre veuve chargée d'enfants et presque sans fortune, alors qu'il possède, de l'avis de tous, la maison la plus vaste et la plus commode de la ville. Elle revendique à tort la propriété de la ruette, s'en prend à son vendeur qui lui a garanti une paisible jouissance et cherche à faire intervenir le maître maçon Desport qui exécute ses travaux et ceux de la partie adverse. Elle fait monter des piles imposantes pour soutenir les tuyaux de descente de ses éviers et latrines, et fait boucher trois trous préparés pour une pose de solives, profitant pour cela d'une absence du sieur Pastoureau qui le lui reproche violemment. Elle réplique « qu'elle ignorait très certainement qu'il eut été à Toulouse conduire son fils dans une pension gratuite... » Et parce qu'il paraîtrait que le Sr Pastoureau aurait dit qu'il voulait plaider et avait 10.000 Fr. à mettre dans cette affaire, l'auteur de la requeste, Me Ribadeau du Mas, neveu de l'exposante, se laisse entraîner par le lyrisme de cette curieuse époque. « Le temps heureusement où les procès s'éternisaient à la faveur de la fortune d'un adversaire puissant, n'existe plus ; nous sommes tous devenus égaux aux yeux de la loi. Elle est aussi favorable à celui qui occupe une chaumière qu'à celui qui vit somptueusement sous des lambris dorés. » Les pièces s'entassent : tout un dossier pour une si mince affaire ! Elle a débuté ainsi : « Cejourd'hui, second du mois de décembre mil sept-cent quatre-vingt onze, environ les 10 heures du matin en la ville de Nontron et dans la maison du sieur Excousseau aîné où nous tenons ordinairement notre bureau de paix et d'audiences, par devant nous, Léonard Grolhier des Virades, est comparue Dlle Marthe Arbonneau, veuve de feu sieur Forie tant en sa propre qualité qu'en celle de tutrice et curatrice de ses enfants... » Celle-ci réédite donc son éxposé ; celui du Sr Pastoureau est encore plus long. Le sieur Pierre Vieillemard et le maître maçon Desport sont convoqués. « Attendu qu'il s'agit d'une propriété et d'un droit de servitude qui sont des droits rééls », le juge de paix se déclare finalement incompétent et renvoie les parties devant le tribunal de conciliation. Plusieurs notables ont été consultés, mais la situation est délicate ; la solution sera fera longtemps espérer. Les adversaires ont les même relations, la même parenté plus ou moins proche, et les élections ont eu lieu ! M. Pastoureau de Labesse, maire, demande 100 livres de dommages-intérêts reversibles à l'Hôpital. Mme Forien des Places en demande 600 applicables à toute maison gênée ou à tous les citoyens de la ville ayant une nombreuse famille... M. Pastoureau de Labesse épousa Marguerite Marcillaud du Genest dont : un fils, lieutenant-colonel d'artillerie, marié à demoiselle Lapeyre de Bellair ; un fils, officier des Eaux et Forêts, marié à Dlle Marguerite de Labrousse du Bosfrand ; et deux filles représentées au XIXe siècle par le marquis de La Garde, les Marcillaud de Goursac, les de Grandillac et de Jaurias. La veuve Forien des Places ne parvenant pas à s'entendre avec son voisin, a pris le parti de se dessaisir de sa maison. Son acquéreur, le citoyen Fonreau — fin 1792, il n'y a plus que des citoyens — transige à l'amiable le 24 décembre : « Entre les citoyens soussignés, Pierre Pastoureau Labesse et Pierre Emeric Fonreau, tous deux habitants de la ville de Nontron, il a été arrêté et convenu ce qui suit : savoir que pour éviter toutes discussions et terminer en même temps les différents survenus entre la citoyenne Marthe Arbonneau, veuve Forien, actuellement représentée par le cit. Emeric Fonreau, comme acquéreur de la maison de la dite citoyenne veuve Forien qui avait donné lieu aux contestations entre le citoyen Pastoureau et elle relativement aux jours qu'elle prétendait éclairer les appartements de sa maison... » etc. etc. Trois pages de concessions, de mutuels engagements : « De bonne fois... L'An 1r de la République. » Les deux fils de la plaignante, Augustin et Pierre, mariés à Nontron An XI et An XII avec Elisabeth Cuttet et Louise Bignon, quitteront leur ville natale pour s'établir dans la Haute-Vienne où leur nom se déformant deviendra Faurien.

(Nontron dans l'Histoire)

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Nontron dans l'Histoire

L'auteur de cet ouvrage, édité en 1963, est la comtesse Gabrielle de Monneron (1882-1977), née Teyssandier de La Serve.

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