30 octobre 2015

Les petits notables

Au début du XVIIe siècle, deux notaires exerçaient au bourg ; Jehan Benoit qui épousera en secondes noces Catherine Frotier sœur bâtarde du seigneur de la Rochette ; sa maison était en face du cimetière ; son père, autre Jehan Benoit, ancien notaire à la Rochefoucauld mourra au village des Gots ; nous avons du premier nommé un certain nombre de minutes de 1616 à 1632.

L'autre notaire, François Boissier habitait la grande maison à côté de l'école actuelle ; François Gounin, parfois signalé comme notaire habitait au Logis, mais il se fixera très vite à Coulgens ; Léonet Benoit, archer de de la maréchaussée de Saintonge est quelquefois signalé aussi comme notaire.

Un peu plus tard, le notaire Jean Fureau exercera à Villemalet de 1653 à 1666 ; il avait acheté son office à un héritier de Jean Benoit, l'ancien notaire du bourg ; il nous a laissé des minutes fort intéressantes.

Tous les habitants de la paroisse, même les plus humbles, avaient recours au service des notaires ; achats ou échanges de terres, mariages, testaments, donations associations, tout était sujet à un acte notarial, et le lecteur aujourd'hui est surpris de la fréquence et de la modicité des actes passés devant le notaire du village.

En voici quelques-uns :

Un contrat de mariage : le 3 novembre 1625, Marcelle Boissier, fille de François et de Louise Frougier du bourg, épouse Pierre Pineau, fils de Piere et de Marguerite Robin demeurant au moulin de la Rochette ; la future épouse recevra de ses parents : 8 livres en arget, un lit, 4 linceuls dont 2 de drap et 2 d'étoupe, 2 nappes dont une d'étoupe, 4 fourchettes, 2 écuelles, 2 assiettes, une chopine le tout en étain, 4 chefs de brebis femelles, et un coffre de bois. Le tout sera payable deux mois après la bénédiction nuptiale.

Le future époux recevra de ses parents la tierce partie de leurs biens, sans aucune précision.

Inventaire après le décès d'un notable, le notaire Jean Benoit ; le 2 novembre 1632, fut fait l'inventaire et la vente de la moitié de ses biens, l'autre moitié revenant à sa veuve : « 1 châlit de bois de noyer fait de menuiserie, un lit de plume, une couverture de laine blanche, un ciel de lit bleu aussi en laine blanche, une paire de linceuls, un coffre de noyer fermant à clef, un poilon, divers plats en étain, trois chaudrons, 18 serviettes, un linceul de chanvre, un de toile, un méchant coffre, une cassotte, deux linceuls de grosse toile, deux nappes de toile de brin, un lit de plume avec un châlit de noyer, une nappe, 12 serviettes, un buffet, une charrette, quelques chaises, un tabouret, un poêle, une grosse table, 4 fûts de barrique, une barrique de vin, 1 dail bien aiguisé, une nappe d'étoupe ».

Tous ses biens furent adjugés devant la porte de l'église à divers acquéreurs pour 119 livres ; une paire de bœufs valait à cette époque 90 à 95 livres.

Un autre acte plus modeste ; Poivert veut se servir du puits du village des Gots : il sera tenu de le faire creuser à ses frais et dépens de trois pied de profondeur ; alors il aura le même droit de puisage que les autres.

Jehan Fonteneau était Maître arpenteur au mas du Buisson.

Blaise Boissier, sieur de la Fayolle et Léonet Benoit étaient gardes des Eaux et Forêts d'Angoumois ; un peu plus tard, Jean Fureau sera garde traversier des Eaux et Forêts ; un autre Jean Fureau était praticien : nullement médecin, le praticien possédait quelques connaissances juridiques ; un peu homme d'affaires, sa signature se voit souvent au bas des contrats à côté de celle du notaire.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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28 octobre 2015

Le premier conseil municipal

En vertu du décret de l'assemblée nationale constituante du 14 décembre 1789 et des lettres patentes du roi, l'assemblée paroissiale est réunie par le syndic le 7 février 1790, pour procéder à l'élection des membres qui doivent former la municipalité.

Pierre Fureau de Villemalet est élu président de séance, assisté de trois anciens : Jean Dezerce, Léonard Broussard et Antoine Legras.

Léonard Dezerce est élu secrétaire par 46 suffrages contre 35.

Le président de séance et le secrétaire ont alors prêté le serment de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, et d'être fidèles à la nation à la loi et au roi.

Le 9 février 1790, l'assemblée est à nouveau réunie ; le président de séance fait l'appel nominal des 115 présents et leur fait prêter le serment civique ; sont élus scrutateurs : Pierre Fureau Sieur de Fontenelle, Philippe Saulnier Sieur de l'Isle et Jacques Montagné.

Puis il est procédé à l'élection du maire ; après ouverture et dépouillement du scrutin, Pierre Fureau de Fontenelle est élu maire au premier tour par 69 voix contre 44 ; le président de séance et les scrutateurs l'ont alors « mis dans la fauteuil ».

Chaque commune ayant 800 habitants comme la Rochette, devait avoir un conseil municipal composé de 6 officiers municipaux, le maire compris, avec en sus un procureur syndic ; elle devait aussi avoir un conseil général composé de 12 notables.

Pierre Fureau de Villemalet, Jacques Montagné, Pierre Marchadier, Bernard Mestreau et Gaspard Ferrant furent élus officiers municipaux ; Philippe Saulnier avec toutes les voix sauf une, fut élu procureur syndic.

L'élection de 12 notables eut lieu le 14 février : Antoine Lacote, Pierre Clément, Antoine Augier, Pierre Aubert, Louis Desnoyer, Antoine Nadeau, François Viollet, Louis Robin, François Fontroubade, François Jourde, J. Bourrabier et Sébastien Martonneau furent élus.

Tous « pleins de confiance aux lumières », prêtèrent le serment.

Le dimanche 14 novembre 1790, conformément à un décret de l'assemblée nationale, le maire et les officiers municipaux furent rassemblés pour procéder par tirage au sort, au renouvellement de 2 officiers municipaux et de 7 notables.

Furent « destitués » comme officiers municipaux Jacques Montagné et Gaspard Ferrant ; ce n'était pas une sanction, mais plutôt une rotation dont le but était de faire participer davantage de citoyens à la vie municipale ; Gaspard Broussard dit le Blondin et Antoine Nadaud furent « institués » officiers municipaux.

Les 7 nouveaux notables : François Laleu, Léonard Dezerce, Jean Bourrabier le jeune, Antoine Augier, François Ferrant, François Fureau, et Antoine Gobaud, remplacèrent un nombre égal de notables précédents.

Ceci fait, l'assemblée fut dissoute ; les élus prêtèrent le serment et jurèrent devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir, la constitution du royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de bien remplir leurs fonctions. Tous signèrent, avec le maire.

Pierre Fureau de Fontenelle, devra abandonner la mairie au bout de quelques mois, car élu juge de paix du canton de Jauldes, les deux fonctions ne pouvaient se cumuler. Sébastien Martonneau lui succéda jusqu'en 1792, lui-même remplacé par Bernard Mestraud.

Les assemblées municipales dûment annoncées 8 jours avant, se tenaient à la maison commune au village des Gauds ; puis elles se tinrent à la maison du maire.

Pierre Fureau de Villemalet avec une vingtaine de ses collègues eut l'honneur de représenter le district de la Rochefoucauld à la grande fête de la Fédération le 14 juillet 1790, à Paris ; peut-être put-il voir de loin, sur l'estrade, la Fayette plastronnant, l'évêque Talleyrand officiant et Louis XVI un peu contraint ; en février 95 le même Fureau, atteint de quelques infirmités dut résigner ses fonctions au district.

Voici le conseil municipal de 1792 : Bernard Mestraud maire, Pierre Fureau de Villemalet, Pierre Clément l'aîné, François Jourde, François Viollet et Sébastien Martonneau ancien maire, officiers municipaux, Antoine Augier était agent national de la commune.

Et le conseil général de la commune avec ses 12 notables : François Ferrant, Louis Robin, Pierre Guimard, Gaspard Broussard, François Fontroubade, Antoine Gobeau, Pierre Villatte, Jean Clément, Léonard Dezerce, François Benoît, Pierre Marchadier, Jean Dezerce.

Labrousse-Barussière récemment décédé avait été remplacé.

Un peu plus tard, le tableau général de la nouvelle organisation des municipalités, juge Bernard Mestraud maire et agriculteur, Léonard Dezerce, François Ferrant, Etienne Fayou, Sébastien Martonneau et Etienne Villaette, officiers municipaux « hommes probes ».

Le procureur de la commune, François Seguin, ex-curé, reçut le même satisfecit. Sur un autre tableau, les mêmes citoyens furent tous portés comme patriotes.

Les membres du conseil général de la commune : Jean Albert, François Fontroubade, Antoine Vigier, Alexandre Vigier, Alexandre Bordet, Louis Robin, François Lalut, Pierre Fureau l'aîné, Antoine Gobeau, François Lafon, Jean Nadeau, Pierre Guillot et Jean Lambert étaient « cultivateurs et hommes probes ».

Le 12 août 1792, les citoyens du canton de Jauldes, au nombre de 950 furent convoqués en assemblée pleinière pour élire 15 citoyens devant participer à la nomination des députés à la Convention ; furent élus : Roch Boissier-Descombes, président de séance, Pierre Machenaud, Charles Léchelle, commandant le bataillon de Jauldes, Maulde de Blancheteau, administrateur du département, Jean Machenaud-Duchaix, agriculteur, Jean Gobaud, boulanger, J.B. Hériard-Préfontaine, maire d'Aussac, Jean Basset, officier municipal, Pierre Fureau Fontenelle, juge de paix du canton, Jean Varache maire d'Agris, Laurent Boissier, Pierre Gervais, procureur de la commune et Pierre Prévaud, greffier de la justice de paix.

Avec les délégués des autres cantons et districts, ils élurent les députés de la Charente à la grande Convention qui à partir du 21 septembre 1792, proclamera la République et dirigera la France d'une poigne de fer.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Les bourgeois... et fiers de l'être

François Poutignac, Sieur du Roc, bourgeois, riche marchand de la Rochefoucauld, avait acheté l'ancien fief du Roc ; il était en relations commerciales avec l'Angleterre.

Jean Saulnier, Sieur de l'Isle, bourgeois, avait acheté les droits des dîmes et d'agriers de la duchesse d'Anville-la-Rochefoucauld, sur une terre possédée par Sébastien Jonquet au bourg ; le droit d'agrier avait été prélevé au neuvième des fruits selon la coutume ; mais Jean Saulnier avait prélevé le droit de dîme sur les sixième et septième sillons, au lieu du onzième ; il devra rembourser le trop perçu.

Les Bordet, bourgeois, furent gardes des eaux et forêts d'Angoumois, pendant trois générations ; ils s'enrichirent grâce aux fermes des dîmes du chapitre de la Rochefoucauld sur la Rochette et Agris ; Alexandre Bordet, le dernier des trois, possédait outre son office et sa propriété trois maisons dans la paroisse et divers bâtiments ; par son mariage avec Louise Fureau il était lié à la famille suivante.

Parmi les nombreux Fureau de la région, la branche des Fureau de Villemalet avait su s'élever dans l'échelle sociale ; ils étaient fermiers des tailles de la Rochette et de St-Mary ; ils tenaient des offices ; notaires ou gardes des eaux et forêts ; ils étaient praticiens, marchands et rassemblaient des terres à leur profit ; en 1790, Pierre Fureau l'aîné avait ainsi acheté à Pierre Desclides des vieilles Vaures, tous les biens possédés par ce dernier à la Rochette, bâtiments, terres et bois ; vente faite pour 2.324 livres, versées sur le champ. Pierre Fureau le jeune, fut homme d'affaires à St-Mary où avait vécu enfant, son épouse, Marguerite de la Faye.

Cette famille roturièe avait contracté des alliances flatteuses avec les de Crozan, les Frotier-Tizon, les Lafaye de Champlaurier.

L'arpenteur de 1749 notait « Mrs de Virmallet possèdent des rentes dans la paroisse » ; en effet en 1703, François Fureau avait acheté au roi des agriers sur la Rochette, Agris et Jauldes ainsi que le droit de chasse dans les lieux somus à l'agrier et en braconne ; ce droit de chasse vendu à un roturier devait être assez exceptionnel ; en 1776, ces droits furent retirés aux héritiers Fureau et ils furent indemnisés ; les vieilles gens du village parlent encore d'eux comme des seigneurs de Villemalet ; ils avaient même leur blason : d'argent à chevrons de gueules, accompagné de 3 canettes posées en 2 et 1 ; ne soyons pas surpris de trouver des canettes sur un blason ; elles se voient sur des chapiteaux dans l'égise, sur un modillon autour de l'église et même sur une maison du bourg. Le logis de Pierre Fureau, l'aîné, existe intact avec son porche charentais, daté de 1677 et son vieux colombier carré, à la sortie du village de Villemalet.

A la fin du XVIIIe siècle, cette famille bourgeoise était représentée par les deux cousins.

Pierre Fureau de Villemalet, dit l'aîné.

Pierre Fureau de Fontenelle, dit le jeune ; ce dernier habitait près de la route en face de son cousin.

Ils étaient bien roturiers, quoiqu'on ait dit, et étaient portés sur le rôle des tailles de 1789.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Le fief du Roc

A la fin du XVIe siècle le fief du Roc, arrière fief de celui de la Rochette était tenu par Pierre Tizon ; son logis aux murs épais, sur cave voutée date de cette époque ; il a conservé son escalier extérieur de pierre, du côté de la forêt ; ses fenêtres étroites ont été élargies au cours des temps ; ce très modeste logis servait pourtant d'habitation à une famille noble.

Mais le 20 octobre 1608, Pierre Tizon chargé de dettes, dut vendre à Gabriel de Barbarin Sieur de la Breuilhe et de Fontchauveau « sa maison et son hôtel noble du Roc, consistant en maison, granges et establerie, fuie, basse-cour, prés, vignes, préclotures, terres labourables et non-labourables, biens nobles et roturiers et tout ce qui en dépend, sans rien réserver sur les paroisses de la Rochette et d'Agris » ; il y avait en effet, une action au parlement de Paris sur les biens du Sieur du Roc, pour cause de la succession de défunt Louis Tizon son fils, 5.200 livres, sur les 5.600, prix de la vente, seront versés à divers créanciers, dont Catherine Tizon, sœur du vendeur.

Peu après, Gabriel de Barbarin épousa Louise Frotier-Tizon, sœur du seigneur de la Rochette, devenue veuve, Louise vendit à son tour le fief du Roc à Pierre de Cardillac écuyer, Sieur de Lanne, demeurant à Angoulême, le 9 août 1618 ; les biens nobles relevaient du roi, mais elle ignorait quand hommage devait lui être rendu ; la vente fut faite pour 5.600 livres.

Quelques jours plus tard, Roc Frotier-Tizon, n'acceptant pas la vente faite par sa sœur et usant de son droit de retrait lignagier, reprenait à son compte la seigneurie du Roc, avec l'accord du second mari de Louise, Pierre d'Arroux.

Le 12 juin 1622, Yolande de Barbarin, fille de Gabriel de Barbarin et de Louise Frotier-Tizon épousa François Green de St-Marsault, chevalier, Sieur de Peudry et en eut de nombreux enfants dont plusieurs naquirent à la Rochette ; leur tuteur, Jean-Louis de Verdelin, écuyer afferma le logis et hôtel noble du Roc avec toutes ses dépendances à Léonet Benoît, archer de la maréchaussée de Saintonge pour 3 ans et 300 livres l'An.

A la fin du XVIIe siècle, la maison noble du Roc était habitée par Gaspard Frotier-Tizon, ancien capitaine au régiment de la marine et chef de la branche cadette des Frotier-Tizon ; avec lui vivaient au Roc, sa femme Françoise Mouton épousée sur le tard et leurs deux fils François et Jean ; Gaspard avait acheté la maison en 1692, mais ne possédait pas le domaine ; à sa mort en 1709, Françoise Mouton pour sauvegarder ses intérêts et ceux de leurs enfants refusa la succession.

Le domaine du Roc s'étendait sur 150 journaux de terres, vignes, bois, garenne, et appartenait à la famille Cambois, riches marchands de la Rochefoucauld ; mais il n'était plus une terre noble ; les Cambois n'ayant pas acquitté les lourds droits de franc-fief.

Par alliance, le Roc, maison et domaine passa à François Poutignac, marchand à la Rochefoucauld, vers 1730.

En 1753, François Poutignac, Sieur du Roc, dut se rendre à Londres, pour y recueillir la succession de sa sœur, Anne, décédée dans cette ville, mais il ne revint pas.

Le 5 septembre 1768, le domaine du Roc et la maison furent partagés entre les 6 filles de François Poutignac et de sa femme Hypolite Coussaud.

Marie l'aînée restera célibataire et mourra à la Rochette.

Marie épousera Jean Mestreau.

Marie épousera Guy de Villemandy, Sieur de Ferrière.

Anne épousera Pierre Maulde, Sieur des Groies.

Marie-Thérèse épousera François Druette, marchand.

Enfin, la dernière, Marie épousera Jean Clerfeuille du Breuil de St-Ciers.

Les terres, les prés, les bois, la garenne et même la maison furent divisés en plusieurs lots d'égale valeur ; l'ensemble étant évalué à 6.000 livres.

Les époux Maulde et Mestreau ainsi que l'aînée des filles resteront à la Rochette.

Au début du XXe siècle, le logis du Roc était habité en partie par un Broussard dont l'épouse descendait des anciens propriétaires.

De nos jours, la maison est partagée entre deux locataires.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Les droits et les devoirs du seigneur

Soldat à l'origine, son premier devoir était de défendre les habitants de son fief ; ce qu'il fit à l'époque féodale : l'église et le logis seigneurial étaient les refuges naturels des paysans menacés ; par la suite, la maréchaussée et les soldats du roi suffisaient à assurer l'ordre intérieur.

Le seigneur devait toujours répondre à l'appel du roi ; lui-même et ses fils servaient souvent comme bas officiers, et nombres de cadets de la maison de la Rochette moururent au combat ou dans les hôpitaux : c'était l'impôt du sang.

Le seigneur de la Rochette devait aussi rendre hommage à son suzerain immédiat, le comte puis duc de la Rochefoucauld ; à chaque mutation il devait fournir le dénombrement de son fief.

Ainsi le 17 août 1606, Jehan Frotier rendit foi et hommage de son fief de la Rochette, à Angoulême.

Dans l'état du revenu des domaines du roi et duc de la Rochefoucauld, il est écrit pour l'année 1661 « La Rochette, Villars, Terrebourg et autres fiefs exploités en Braconne sont possédés par Roc Frotier Tizon seigneur de la Rochette et sont mouvants de sa majesté à hommage lige au devoir et commission de 8 sergents, et de M. le duc de la Rochefoucauld ; il plaira à la chambre de décharger le devoir ainsi qu'elle jugera à propos ; ledit hommage, adveu et devoir n'ont pas été faits depuis le 11 octobre 1476 ».

Leurs droits étaient d'abord honorifiques ; dans l'église, leur banc était au premier rang ; une litre funéraire, bande noire portant leur blason, faisait tout le tour de la nef. Ils avaient aussi un droit de sépulture dans l'église, comme nous l'avons vu. Leurs droits seigneuriaux étaient donc le cens, l'agrier ou champart et les lods et ventes ; s'y ajoutait le droit de prélation ou de retrait féodale ; le seigneur pouvait pendant cinq à dix ans racheter toute terre vendue dans sa mouvance, sous réserve d'en rembourser le prix et les « loyaux coûts  » ; en fait ce dernier droit fut vite acquis par les roturiers sous la forme de retrait familial.

Le seigneur seul possédait le droit de chasse ; son droit de pêche s'étendait depuis le gué de Villemalet jusqu'au pont de Coulgens, soit sur tout le cours de la Tardoire dans la paroisse ; au XVIIIe siècle, à la requête du seigneur de la Rochette, le maître des Eaux et Forêts d'Angoumois eut à sevir contre ceux qui pêchaient au tramail dans la rivière ; le seigneur seul pouvait posséder un colombier ; mais très vite ce droit cessa d'être exclusif.

Il ne levait pas lui-même ou par ses domestiques son droit de champart, il l'affermait.

Le 20 avril 1630, Roc Frotier Tizon affermait à Gérard Desforges, marchand, à Catherine Desbrandes sa femme et Denis Lurat leur gendre demeurant à Angoulême, tous les fruits revenus et émoluments de la seigneurie de la Rochette, Terrebourg et Villars, dans les paroisses de Saint-Ciers, Saint-Angeau, Coulgens et Villars ; ferme faite pour cinq ans et 2.200 livres par an ; le bailleur se réservait la maison seigneuriale et ses dépendances, le grand jardin, la vieille vigne, la gerenne, la fuye, le bois de chauffage dans la garenne et le moulin.

De même en 130, il affermait à un laboureur de Saint-Angeau, les petites dîmes qu'il partageait avec le curé de Saint-Angeau dans cette paroisse ; au temps des guerres de religion en 1568, les seigneurs de la Rochette et de Saint-Amand de Bonnieure avaient usurpé la majeure partie des dîmes de Saint-Angeau, et le curé du lieu les recouvrit imparfaitement après 1630.

Le 30 mars 1631, Roc Frotier Tizon affermait sa réserve, la métairie en face du logis, à Jeanne Jonquet et à Jean Benoit son gendre ; il leur fournissait plusieurs prés pour nourrir le bétail et des bois ; le produit des vaches, des cochons, des 40 chefs de brebis et des chèvres, serait partagé par moitié ; le preneur fournait au bailleur 4 pourceaux et 6 oies ; il lui paierait chaque année 6 boisseaux de froment, 6 de baillarge, 2 de seigle ou méteil, 6 d'avoine comble, 12 chapons à la Saint-Michel, 2 douzaines de poulets, 6 douzaines d'œufs et une douzaine de fromages. Tous ces produits seraient portés au logis, ainsi que la moitié des noix bien écallées ; le preneur ferait les charroix nécessaires au bailleur, mais pourrait en faire 4 par an, limités à 4 lieues, pour ses propres besoins ; le preneur paierait ses tailles et sa portion des rentes et agriers ; il porterait le fiant sur les terres de la métairie ; il planterait des arbres, et à son départ devrait laisser 4 journaux de terre en guéret ; les preneurs logeraient dans la métairie. Ferme faite pour cinq ans, 5 cueillettes consécutives, suivant la formule habituelle.

Il s'agit donc d'un métayage à moitié des fruits ou à peu près.

En 1642, Roc Frotier Tizon affermait pour un an à Roc Boissier, garde des Eaux et Forêts une partie des rentes de sa seigneurie pour 525 livres.

Roc Frotier Tizon mort en 1657, son fils Clément appelé le seigneur de Villars lui succéda ; sa femme Antoinette Catrix épousée en 1642 lui avait apporté en dot la maison noble et seigneurie de Barqueville. Antoinette Catrix mourra en 1653, trois semaines après un accouchement, peut-être d'infection puerpérale, laissant plusieurs enfants dont un Roc qui suivra.

Après le décès de sa feme, Clément Frotier Tizon aura de Ozanne Clément, sa servante maîtresse, originaire de Sainte-Colombe, plusieurs bâtards élevés au logis ; l'un d'eux Louis, Sieur de Savignac sera doté par son père.

Parmi les serviteurs du logis de cette époque, se trouvaient les régents successifs des enfants, Thomas Pradelle, puis Jean Bouyle et Joseph Ballet ; étrangers à la paroisse, ils y avaient été appelés pour l'instruction des enfants ; Pierre la Ramée était domestique, Barthélémy Dubois jardinier, et Marie Gourineau nourrice.

A Clément Frottier Tizon, succédera un autre Roc, son fils aîné ; ce Roc, épousera en 1666 Anne-Marie Chesnel ; mais déjà la seigneur de la Rochette avait de sérieux ennuis.

En 1674, il avait fallu échanger la seigneurie de Barqueville et Flaville, paroisse de Bonneuil, héritée de la grand'mère Antoinette Catrix, pour celle de Villars, de valeur moindre ; 7.000 livres étaient dues à divers créanciers et parmi eux Thomas de Girac ; et il fallait munir d'équipages, d'armes et de chevaux, deux fils cadets prêts à partir pour le service du Roi. Roc mourra en 1693.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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La seigneurie au XVIIIe siècle et ses avatars

Roch Frotier-Tizon mourut en 1693 ; son fils aîné Clément lui succéda ; mais comme le remarquait le contemporain Vigier de la Pile, cette famille ne possédait plus qu'une partie des droits seigneuriaux de son ancien fief ; il avait été démembré, et les parties prenantes étaient nombreuses ; les fiefs du Roc et de Lagerie dont nous parlerons plus loin, possédaient des terres et des droits seigneuriaux ; le chapitre de la Rochefoucauld avait non seulement la moitié des dîmes mais aussi quelques journaux de terre et des droits seigneuriaux sur d'autres ; le prieuré de Saint-Florent avait des rentes ; les hospitaliers de la commanderie de Vouthon et Malleyrand avaient des rentes sur la prise dite de l'hôpital, près le village des Aillards.

Des terres étaient mouvantes des seigneurs voisins, parfois partagées entre deux ou trois seigneurs : le duc de la Rochefoucauld, les seigneurs de Coulgens, de Sigogne, de Saint-Mary, de Rivières ; les de Crozan rappelons-le possédaient le fief du Bois.

Des roturiers même avaient acheté des agriers ; les Fureau de Villemalet les avaient acquis des seigneurs voisins ou même du roi.

Un bon tiers de la paroisse étaient sorti de la mouvance des Frotier-Tizon.

Il restait de la seigneurie le logis et ses dépendances, la réserve faite de plusieurs journaux de terres, de prés et de bois, d'un seul tenant ou presque, des vignes ; une belle métairie à quatre bœufs en face du logis, et une borderie à deux bœufs sur la route de Coulgens ; métairie et borderie aux terres bien groupées étaient aussi les plus fertiles de la paroisse ; la seigneurie comprenait également un moulin sur la Tardoire au gué des Aillards.

Les terres restées dans la mouvance de la seigneurie, étaient sujettes au droit d'agrier au neuvième des fruits et portables, et au cens très amenuisé ; certaines terres, il s'agissait surtout des vignes, étaient dites en complant, car le tenancier devait les maintenir en culture.

A la fin du XVIe siècle, les Tizon de la Rochette avaient acheté les 2/3 de la seigneurie de Sigogne, mais elle était passée très vite en entier, aux mains d'un autre membre de la famille Tizon.

La petite seigneurie de Villars en Saint-Angeau, comprenant maison noble et terres appartenait au XVIIIe siècle aux Frotier-Tizon, ainsi que la moitié des dîmes inféodées de la paroisse.

Malgré cette relative richesse, la situation financière des Frotier-Tizon n'avait cessé de se dégrader.

En 1622, Roc Frotier-Tizon avait constitué une rente de 200 livres à Martin Constant, écuyer, intendant du Duc d'Epernon, qui avait prêté 3.200 livres.

En 1637, Roc Frotier-Tizon avait constitué pour sa femme Léonarde Laisné une rente annuelle de 70 livres à Messire Guillaume Martin, Sieur de Montgoumard, avocat au présidial d'Angoulême, qui leur avait prêté 1.400 livres.

En 1643, Roc Frotier-Tizon avait constitué à Philippe Arnaud, écuyer, conseiller du Roi à Angoulême, une rente annuelle de 440 livres pour une somme de 8.000 livres qu'il lui devait ; en clair, Roc Frotier-Tizon devait un capital de 8.000 livres et ne se libérera jamais de sa dette.

En 1651, Roc et son fils Clément avaient emprunté 3.000 livres à Louis Frotier, neveu de Roc, et devaient lui servir une rente annuelle de 150 livres.

De même, des rentes avaient été constituées au profit des héritiers Dulignon de la Rochefoucauld ; le capital emprunté, près de 2.000 livres ne sera jamais remboursé ; 1.300 livres comprenant le capital et l'arriéré des intérêts étaient dus aux administrateurs de la charité de la Rochefoucauld. 4.800 livres étaient également dues à Roc Benoit, procureur au présidial d'Angoulême.

En 1711, une grande partie des créances étaient passées entre les mains de Jean de Paris, conseiller du roi au présidial d'Angoulême. Clément Frotier-Tizon se débattait comme il pouvait, retardant l'inéluctable ; heureusement, la justice de ce temps était très, très lente.

En 1717, il prétendit que 30 journaux de terres près du logis étaient décimables à son profit, au titre de dîmes inféodées ; il chargea le curé Palissière d'attaquer les chanoines du chapitre de la Rochefoucauld qui pour lors jouissaient de ces dîmes. Mais les chanoines avaient des titres de possession bien en règle, et le seigneur de la Rochette en fut pour ses frais.

A cette époque, il prétendit même avoir des droits sur le fief du Roc. La maison noble du Roc et ses dépendances lui fut-il répondu, relèvent de sa majesté faute par le seigneur de la Rochette d'avoir pu justifier par titres qu'elles relèvent du fief de la Rochette.

Comme beaucoup de petits seigneurs terriens, les Frotier-Tizon prenaient peu soin de leurs intérêts matériels ; ils vivaient noblement sur leurs domaines, se déchargeant de leur gestion sur leurs fermiers qui évidemment tiraient avantage de leur travail ; les fils servaient à l'armée et il fallait les équiper ; il fallait aussi doter les filles, et la manne versaillaise ne tombait pas sur ces lointains hobereaux inconnus ; enfin les roturiers avaient grignoté une partie de leurs droits seigneuriaux. Les dettes s'accumulaient, et ils n'arrivaient même plus à en payer les intérêts.

La seigneurie de la Rochette fut mise en bail judiciaire et en 1719 elle était saisie réellement.

Par chance, si l'on peut dire, Clément Frotier-Tizon et Madeleine Rousselet son épouse, n'avaient pas d'enfants, et ils trouvèrent une solution honorable leur permettant de terminer leur existence selon « leur état et condition ».

Le 26 avril 1726, devant Jeheu, notaire royal à Angoulême, ils firent une donation entre vifs à Alexandre de Paris, Sieur du Couret et autres lieux et à Mélanie Nadaud sa femme, aux conditions suivantes : ils cédaient aux de Paris l'ensemble de leurs droits sur les seigneuries de la Rochette et Villars, y compris les dîmes inféodées de la paroisse de Saint-Angeau. Les de Paris leur assuraient une pension raisonnable leur vie durant ; à savoir l'usufruit de la seigneurie de la Rochette seulement, sans les dîmes inféodées de Saint-Angeau. Les de Paris se réservaient deux chambres dans le logis seigneurial, et des écuries dans l'ancien corps de logis. Anne et Marie Frotier, sœurs de Clément Frotier-Tizon jouiraient leur vie durant de leur maison du bourg et des quelques avantages accordés par leur frère ; au décès de la dernière des sœurs, leurs biens reviendraient à l'acquéreur de la seigneurie.

Les de Paris paieront aux créanciers les dettes s'élevant à 21.500 livres, et feront cesser toutes les poursuites en cours ; sur cette somme, ce qui relève de sa majesté a été licité à 9.500 livres et ce qui relève du duc de la Rochefoucauld à 12.000 livres. Et attendu que les présentes sont sujettes à contrôle, la totalité des seigneuries a été évaluée, savoir ce qui est de nature immobilière à 44.000 livres, et ce qui est de nature mobilière à 1.500 livres

Selon Vigier de la Pile, repris par d'autres auteurs, les dettes se seraient élevées à 60.000 livres, et les créanciers se seraient contentés de 40.000 livres, pris de la vente. Ces chiffres sont donc inexacts. Cette famille de Paris, d'une ancienne noblesse de robe, enrichie par les offices avait suivi la situation des Frotier-Tizon, ayant eu à en connaître au présidial d'Angoulême ; Alexandre de Paris était le fils de Jean de Paris, conseiller du roi.

Le jour même de cette donation entre vifs, Alexandre de Paris céda devant le même notaire à M. de Bourdage, seigneur de Sigogne et conseiller du roi la petite seigneurie de Villars et les dîmes inféodées de Saint-Angeau, récupérant ainsi une partie de sa dépense. Les de Paris habitaient Angoulême, paroisse de Saint-André, où ils avaient leur chapelle ; leurs armes sont encore sur le rétable de l'autel ; pour eux la seigneurie de la Rochette était un domaine comme un autre avec son logis, à la campagne. Leur blason : « Trois étoiles posées en triangle et un croissant en pointe » ; leur devise est : « Mieux vaut trésoir d'honneur que de gloire ».

Clément Frotier-Tizon débarrassé de ses créanciers mourra en paix en 1729 ; sa femme Madeleine Rousselet sera marraine lors du baptême de la cloche en 1722 et mourra en 1756 âgée de 81 ans ; la bonne dame de la Rochette comme on la nommait, voulut par humilité être enterré au cimetière des pauvres ; elle avait dans son testament, distribué une partie de ses biens aux pauvres et à une église d'Angoulême ; le reste devenant à sa parente, Justine de Briconnet.

Les de Paris rendirent hommage de leur fief au roi, le 18 août 1734, et le 30 avril 1755, sur l'ordre du président trésorier de France lui envoyèrent le dénombrement de tout ce qui constituait leur fief. Entre temps, ils avaient agrandi leur domaine par l'achat de terres à Marie Fureau, veuve de Jean Frotier-Tizon de la branche cadette, et par l'acquisition de rentes seigneuriales de René Durousseau, seigneur de Coulgens.

Les héritiers de Paris, Paul, Benoit et François vendirent le 8 octobre 1752 le fief de la Rochette, à un de leurs parents, Messire Arnaud Souc de Plancher, chevalier de la Garélie, demeurant au château de Beauvais, paroisse de Lussat en Périgord. Ce dernier épousa le 9 juin 1753 une riche héritière Marguerite Magdeleine Chérade, fille de Etienne Chérade comte de Montbron ; elle apportait à son mari le fief de Boismenu à l'Isle d'Espagnac, et la baronnie de Manteresse.

Les Planchet de la Garélie rembourseront en trois fois 14.000 livres empruntées à cette occasion à Daniel Barraud de Lagerie ; ils habitaient surtout leur château de Beauvais et affermaient leur nouveau domaine. Leur blason : « d'argent à une souche de laurier à deux branches de sinople sur une terrasse de même, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or ».

Le 16 avril 1776, haute et puissante dame Magdeleine Chérade de Montbron, veuve de Messire Arnaud Souc de Plancher de la Garélie, demeurant au château de Beauvais, affermait pour 7 ans à Barthélémy Faure, marchand et à Demoiselle Marie-Anne Debesse, son épouse, demeurant à la Rochefoucauld, le fief et seigneurie de la Rochette ; la ferme comprenait tous les bâtiments du château, métairie, borderie, domaines, moulin et huile, prés, vignes, cens, rentes seigneuriales et secondes, les agriers, la moitié des droits de lods et ventes, le bétail, les semences et le matériel aratoire.

Les preneurs paieront les rentes seigneuriales et les devoirs royaux, sauf les 10e et 20e.

La dame de la Garélie pourra occuper tous les appartements nécessaires au château, lorsqu'elle le jugera utile pour elle, pour ses amis, ses équipages et ses chevaux.

Cette ferme continuait celle faite en 1769 à Jean Faure et Anne Colas, père et mère de l'un des preneurs ; le prix de la ferme était de 3.000 livres, payable en deux fois, à Noël et à la Saint-Jean Baptiste.

A la veille de la Révolution, leur père et mère étant morts, vivaient au logis de la Rochette, Elisabeth et Madeleine Honorée Souc Plancher de la Garélie, vieilles filles d'une trentaine d'années ; elles auront à affronter la période révolutionnaire pénible pour elles.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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Le petit monde du logis

Au début du XVIIe siècle, habitait au logis Roc Frotier Tizon fils aîné de Jehan Frotier et de Anne Tizon ; né en 1590, il avait reçu très jeune les ordres mineurs de l'évêque Charles de Bony ; il avait abandonné la prêtrise à la mort de son père et en 1614 avait épousé Léonarde Laisné ; avec eux, leurs premiers enfants Clément qui suivra et Gratien ; parmi les autres membres de la famille, Catherine sœur bâtarde de Roc qui épousera un notaire du bourg, Jehan Benoit. Le logis et ses dépendances hébergeaient aussi Jehan Gounin précepteur des enfants, dame Anne Aymeric femme de chambre de Mme de la Rochette, à la si belle écriture ; elle était plutôt dame de compagnie et fera un beau mariage ; il y avait aussi Jeanne Teytaud, cuisinière, Jean Méchadier, laquais, Catherine Desfarges et Françoise Barraud servantes, et la très vieille servante Marie Villière, huguenot repentie, qui méritera d'être inhumée dans l'église, en 1628, près de ses maîtres ; Martial Rossignol était garde des bois ; André Léonard sera envoyé à Angoulême chez un Maître cordonnier pour y apprendre le métier ; son Maître paiera le coût de son apprentissage.

Il existait une grande communauté de vie entre cette famille noble, riche d'ancêtres, mais vivant depuis plusieurs siècles au milieu de ses paysans. Maîtres et serviteurs partagaient les mêmes joies et les mêmes peines ; les maîtres parrainaient souvent les enfants de la paroisse ; des filles nobles épousaient des roturiers ; les bâtards et il y en eut, étaient élevés au logis avec les enfants légitimes.

Le mariage d'une des servantes Françoise Barraud, avec Guillaume de Fontroubade fut l'occasion d'une grande fête au logis.

Parmi les commensaux et amis des Frotier Tizon, se trouvaient des représentants des autres familles nobles d'Angoumois : les d'Estivalle, les Villoutreys, les Laisné, les Tizon d'Argence, François Aigron vice-sénéchal d'Angoumois, etc...

Ces relations paternalistes mais amicales entre les seigneurs et leurs paysans persistèrent jusqu'en 1726, date à laquelle les Frotier Tizon furent contraints de céder leur seigneurie.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.

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