29 juillet 2015

La Rochefoucauld au péril des jacobins (2/2)

Les époques de crise soulignent la dimension politique de la religion. A cet égard le cheminement politique de la famille Albert est exemplaire. Cette famille, ou mieux ce clan, appartient depuis les origines connues à l'histoire de La Rochefoucauld ; son nom figure dès la fin du XVIe siècle sur les premiers registres paroissiaux et bientôt sur les "papiers de baptême" protestants.

Fort ancienne à La Rochefoucauld, la famille Albert est l'une des plus en vue de la bourgeoisie locale.

La Réforme ouvre une fracture dans la pratique religieuse. Derrière ses comtes, la bourgeoisie marchande s'enflamme pour la doctrine de Calvin ; elle lui doit une ouverture intellectuelle et économique que la pensée médiévale lui refusait, tout en gardant deux fers au feu, un pied au Temple et l'autre à la Collégiale ; les prébendes de chanoine se transmettent à l'intérieur de quelques familles ; elles échappent entièrement au pouvoir de l'évêque d'Angoulême.

La famille Albert se reproduit et s'enrichit par scissiparité. Il y a les Albert de Beauregard, les Albert Belle-Isle, les Albert-Marivaud, les Albert-Péruzet et bien d'autres encore. Jean-Isaac Albert, aïeul paternel du maire de Cognac, notaire et contrôleur des actes, ménage de belles carrières à ses enfants. L'un est archiprêtre de Jauldes, pensionnaire du Roi ; son frère François, prêtre, chanoine et syndic de la Collégiale. Léon-Joseph, sr. de Belle-Isle, est entreposeur de tabac à La Rochefoucauld et d'autre part "subdélégué de l'Intendant" ; un quatrième frère, Thomas, ingénieur sorti de la toute nouvelle et fort brillante école des Ponts et Chaussées passe pour "l'un des principaux commis de M. de Trudaine". Le dernier, Jean-Simon Albert des Granges, père d'Étienne-Pierre, recommandé et financé par les siens, fait carrière dans les Fermes royales ; après avoir épousé la fille et petite-fille d'un procureur du Roi, avocat en Parlement, etc., il se compromet dans une affaire de contrebande et s'en tire à grand'peine grâce à l'intervention de la duchesse de La Rochefoucauld d'Enville et de son ami Turgot.

Ce long détour nous ramène à l'offensive antireligieuse dans laquelle le maire de Cognac va s'engager à fond. Agé de vingt-trois ans lorsque survient la Révolution, il a repris de son père la ferme des tabacs pour l'arrondissement de Cognac et fréquente la loge maçonnique de Jarnac, "Aux amis de l'Union", aux côtés de son oncle Jacques-Charles-Damaze Dulignon, receveur particulier né à Marvejols (Lozère) ; la famille Dulignon, originaire de La Rochefoucauld, a suivi exactement le même parcours, les mêmes détours que ses alliés Albert, à la fois proches du Temple et du maître-autel de la Collégiale.

Jean-Simon Albert, le père, fut l'un des premiers à se faire initier vers 1760 à la loge dite "l'Anglaise", alors que la franc-maçonnerie commençait à se répandre. Il est hors de doute qu'elle rencontra aussitôt, à Jarnac, à Cognac, une grande faveur dans un milieu encore marqué par le protestantisme.

Capitaine de la garde nationale, maire de Cognac en 1791, le mariage d'Étienne-Pierre Albert avec Marie-Marthe Le Coq de Boisbaudran était dans l'ordre des choses. Dans cette dernière famille la foi calviniste ne s'était jamais démentie. Les deux frères Le Coq de Boisbaudran, écrit Jean Jézéquel, étaient d'ardents révolutionnaires du district, surtout l'aîné, Barthélémy, très lié avec son beau-frère Albert dont les discours dans le style de l'époque sont marqués d'une pointe antireligieuse.

Cette "pointe" - il vaudrait mieux parler d'un tranchoir - est manifeste dans l'opuscule in-folio qu'il fait imprimer à Angoulême au lendemain de la fête de la Raison dont il fut le maître d'œuvre. Rien d'orgiaque sans doute dans le Temple cognaçais, mais les "hommes en noir", les suppôts de la calotte y sont rudement malmenés.

Source :  La Rochefoucauld au péril des jacobins, d'Yvon Pierron.

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La Rochefoucauld au péril des jacobins (1/2)

Le district une fois remis au goût du jour après le passage de Bordas, Lapeyre-Bellair rend compte de sa gestion aux Comités parisiens ; il ne dissimule pas le soulagement que l'opinion éprouve après la chute des triumvirs :

"L'importance des fonctions qui me sont confiées ne m'est point inconnue, je sens combien ma tâche est difficile et en consultant mon goût, ma santé et mes moyens, j'aurais peut-être dû suivre l'exemple de mon prédécesseur, mais j'ai senti que dans ce moment ma volonté devait être subordonnée à celle du peuple et du représentant. Jaloux de répondre à la confiance de l'un et de l'autre, j'ai oublié que des raisons qui subsistent plus que jamais m'avaient obligé de quitter le Directoire de ce District où j'étais dès le principe de sa formation et où mes concitoyens m'avaient élu trois fois. Retiré dans ma campagne, maire de ma commune où malgré le malheur des temps j'avais conservé la tranquillité, occupé à préserver mes bons voisins des horreurs qui naguère couvraient la France de deuil, j'avais eu la satisfaction de voir ma commune échapper pour ainsi dire à toutes les calamités. L'heureux changement opéré par la journée du 9 thermidor me faisait jouir de cette tranquillité si désirée des vrais républicains et je ne songeais guère à reparaître encore sur la scène mais enfin (rayé) me Voici et j'apporte dans mon nouveau poste le zèle et la fermeté de l'homme probe et surtout la haine la plus implacable contre les tyrans et les terroristes et la plus ferme résolution d'employer toutes mes forces pour empêcher que leur règne revienne jamais."

Lapeyre-Bellair dit tout haut ce que la bourgeoisie pense tout bas : l'activisme révolutionnaire a fait son temps.

Jean-Baptiste Lapeyre est un brave homme, le modèle du brave homme. Né le 19 mars 1749 à Abjat, la Révolution vient le cueillir au tournant de la quarantaine alors qu'il arpente sa vigne et ses champs. Dans sa belle maison de Saint-Germain de Montbron, il mène une vie patriarcale au milieu de ses enfants.

Comme tout le monde, il prête une oreille attentive aux rumeurs qui agitent le pays. Son village est calme. Tout naturellement, on le porte à la tête de la municipalité ; il met sur pied la garde nationale.

Les administrateurs du district lui demandent de venir les rejoindre ; il acquiesce. Un représentant de passage en Charente le renvoie à ses champs, la Révolution n'a que faire de modérés ! Un autre représentant le rappelle. Ainsi vont les jours de l'homme.

Cette bourgeoisie modérée soucieuse de trouver la place qui lui revient dans la représentation politique vit dans l'attente du régime qui balaira les outrances des Jacobins ; il lui importe peu qu'il soit d'essence monarchique ou républicaine pour peu qu'il ramène l'ordre et cautionne la propriété des biens ; le bonapartisme réalisera ses vœux. Perre-Benoît Lapeyre de Belair, l'un des fils de l'agent national, maire de Saint-Germain de Montbron en 1813, par ailleurs affilié à la loge Saint-Charles d'Irlande, sera nommé Commissaire du pouvoir exécutif.

Source :  La Rochefoucauld au péril des jacobins, d'Yvon Pierron.

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15 juillet 2015

Grosdevaux « coupe-têtes »

Le révolutionnaire le plus engagé, dans le district le plus marqué par la politique terroriste en 1793-94, celui de La Rochefoucauld. Son nom apparaît dans les assemblées primaires du canton de Montembœuf dès 1790 comme électeur de Roussines, où il habite le village de Vaux. Commandant de la Garde Nationale en 1791 et maire de la commune en 1792.

En juin 1791, il a failli être élu président de l'assemblée du canton, et il a fallu battre le rappel des électeurs pour faire réélire le président d'Ecossas, plus modéré et qui présidait depuis 1790 les différentes assemblées primaires. En juillet-août 1792, il est commissaire à l'enrôlement des volontaires dans le canton de Montembœuf, fonction étendue à l'ensemble du district ensuite.

En décembre 1792, les premiers révolutionnaires plus avancés accèdent au conseil général du district avec Grosdevaux et Hériard-Préfontaines, et presque aussitôt ils entrent au directoire.

Le 14 juillet 1793, c'est Grosdevaux qui préside l'assemblée du canton de Montembœuf qui approuve à l'unanimité la nouvelle constitution de juin 1793.

En tant que président du Comité révolutionnaire et Commissaire au Comité central d'Angoulême, Grosdevaux demande, en octobre 1793, la destitution et la proscription des autorités modérées du district dénoncées comme favorables au fédéralisme ou à l'aristocratie. Marquet, délégué du représentant en mission Harmand, vient à La Rochefoucauld opérer les changements et Grosdevaux est nommé procureur syndic à la place de Boissier des Combes, précisément l'un de ceux accusés comme antirévolutionnaires. Conformément au décret du 14 frimaire an II (décembre 1793) Grosdevaux devient l'agent national du district.

Le district connaît alors des excès et des abus, sous l'effet des passions et des haines ; ce sont des dénonciations innombrables, de longues listes de suspects et l'encombrement des maisons de détention. En portent la responsabilité certaines autorités du district (pas toutes), les comités révolutionnaires et les municipalités. Sur les 39 victimes de la Terreur en Charente condamnées à mort et exécutées, le district à lui seul en compte vingt, dont dix femmes, envoyées à Paris souvent sur simple dénonciation calomnieuse, pour des motifs futiles, quelques paroles imprudentes par exemple. 80 suspects sont retenus prisonniers. Enfin sur le registre du district et celui de la Société populaire de la commune de la Rochefoucauld on relève le nom de 52 prêtres qui ont fait une déclaration d'abdication.

La première réaction contre cette terreur est à signaler lors de la venue du représentant Bordas le 18 frimaire an III (8 décembre 1794) avec plaintes et dénonciations contre Grosdevaux, Hériard et Jolly, mais Bordas se garde de les condamner « ... si on peut faire un crime à des magistrats d'avoir été sévères et même rigoureux, les circonstances critiques ont en quelque façon excusé une erreur que nous sommes portés à attribuer à un excès de zèle... considérant qu'il est juste qu'après une carrière laborieuse l'homme qui a servi utilement la chose publique obtienne un repos momentané, peut encore dans des fonctions moins pénibles être utile... qu'il en est qui après un court intervalle rapporteront des forces nouvelles... que si nous avions trouvé des coupables nous n'aurions pas manqué de les destituer... » bref tout un raisonnement un peu gêné et étiré, en fonction duquel Grosdevaux se retrouve placé au Conseil Général, sorte de retraite honorable, mais provisoire.

En effet le représentant Pénières se charge de l'épuration dans le département, et tout particulièrement dans le district de La Rochefoucauld il renouvelle toutes les autorités : conseil, district, tribunal, justice de paix. Il nomme une commission de 6 membres pour enquêter sur la conduite du comité révolutionnaire et dans laquelle il y a Léchelle. Marchais député de la Constituante devient le Président du district ; Lapeyre Bellair procureur syndic (30 prairial an III).

La commission dépose au bout de quelques jours son rapport, accablant pour Grosdevaux «il n'est pas un forfait commis par l'administration ou le comité qu'il n'ait partagé ou commandé ou influencé... organisateur d'une administration imbue de la tyrannie... » Contre Grosdevaux, une autre accusation portée dès la venue de Bordas, à savoir l'achat du domaine national du Lindois, une belle propriété de 264 journaux adjugée pour 45.000 livres alors qu'elle en valait 300.000 livres, adjudication faite de façon irrégulière sans respecter toutes les formalités prescrites par les lois sur la vente des biens nationaux et avec des enchères « bidon » pour servir les intérêts de Grosdevaux l'acquéreur. D'autres acquisitions au profit de révolutionnaires locaux étaient aussi entachées d'irrégularités, et toutes ont fait l'objet d'un rapport, distinct de celui dit de Pénières, et remis aux autorités du district le 15 brumaire an IV. En conséquence l'administration demande l'annulation de ces ventes « illégales, frauduleuses et préjudiciables au bien de la Nation » ; par contre, d'autres acquisitions de biens nationaux du même Grosdevaux au Lindois n'ont pas été remises en cause.

Grosdevaux est détenu à la maison d'arrêt de La Rochefoucauld après le passage de Pénières ; le directoire du département ayant à statuer sur son sort, décide en fructidor d'une détention à domicile, sous la garde d'un citoyen en attendant d'être jugé. Il était en compagnie d'autres terroristes, mais considéré de loin le plus coupable, « le provocateur des forfaits ».

Il faut aussi dire que les mesures prises contre les responsables de la Terreur (détention et désarmement pour d'autres) allaient provoquer une réaction de leurs partisans, au point qu'en thermidor an III les corps constitués devaient mettre leurs concitoyens en garde contre une certaine agitation.

Ce climat devait s'apaiser, puisque dès pluviose an IV (janvier 1796) Grosdevaux se trouvait juge de paix du canton de Montembœuf, et plus tard, en brumaire an VII (novembre 1798) l'agent municipal (= maire) de Roussines et le maire provisoire en attendant la nomination du définitif par le préfet en 1800. Sa carrière politique ou administrative est terminée, et il ne figure pas dans les collèges électoraux du Consultat et de l'Empire.

Léonard Grosdevaux, propriétaire, est mort au Lindois le 4 août 1816, à 62 ans, laissant sept héritiers (deux fils et cinq filles) de son mariage avec Thérèse Masfrand, sans compter d'autres enfants déjà décédés.

La déclaration de succession de 1817 dans le canton de Vitrac-Montembœuf indique un mobilier de 1.377 Frs et un domaine, avec maison de maître et 3 métairies, au Lindois, bien de communauté, estimé 48.000 Frs. La plupart des enfants Gros, à cette date, demeuraient en Haute-Vienne, un fils Michel Gros, avocat à Rochechouart, les autres à Maisonnais d'où était originaire la famille, semble-t-il, et où on devait posséder d'autres biens. L'autre fils Pierre Grosdevaux, né au Lindois en 1795 devait épouser en 1830 les idées révolutionnaires et « marcher sur les traces de son père » ; nommé capitaine de la Garde Nationale, très excité contre les nobles et les prêtres, il fut percepteur à Suris sous la Monarchie de Juillet.

Malgré leur couleur politique les Grosdevaux représentaient une bourgeoise bien assise aux confins des trois départements : Charente, Haute-Vienne et Dordogne.

Source : La Charente révolutionnaire, de Jean Jézéquel.

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14 juillet 2015

La Rochefoucauld et les Hérauld

La cité de La Rochefoucauld au XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, La Rochefoucauld était, à six lieues d'Angoulême, en bordure de la rivière Tardoire, une ville active, tant sur le plan religieux que sur les plans économique et intellectuel.

Les communautés catholique et protestante étaient parvenues à une cœxistence pacifique après les débordements des guerres de Religion commis, en particulier, par le futur Henri IV lui-même, dans la petite cité, en 1568.

Avec le retour au calme, la ville était redevenue le carrefour des produits de l'Angoumois et du Limousin : bestiaux, fourrage, grains, châtaignes, truffes, eaux-de-vie, vins, sans oublier deux spécialités rupificaldiennes : la culture du safran et la tannerie. En plus des vingt-deux foires ordinaires par an, se tenaient deux grandes foires royales de trois jours chacune, l'une à la Saint Barnabé en juin, l'autre à la Nativité de Notre-Dame en septembre. Culturellement, deux collèges, l'un protestant, l'autre catholique, attiraient la jeunesse de la région. Notaires et avocats, médecins et apothicaires florissaient au sein de la cité apaisée.

La prospérité de La Rochefoucauld accusa une régression à partir de la révocation de l'édit de Nantes. Un rupificaldien note dans son journal, à la date du 29 septembre 1685: « Il arriva dans cette ville deux compagnies de dragons rouges conduits par M. le marquis d'Argenson, lieutenant général d'Angoumois. M. l'évêque et M. l'intendant arrivèrent deux jours après, et firent convertir plus que quatre cents huguenots tant de la ville que des environs. » Cette méthode provoqua l'émigration du négoce protestant et porta un coup fatal à l'activité locale. L'élite s'étant réfugiée à l'étranger, « le reste des habitants, note Jean Gervais, conseiller au présidial d'Angoulême, dans son Mémoire sur l'Angoumois, n'est que du bas peuple, appauvri par l'excès des impositions, qui y ont continué ; au surplus, gens forts inquiets, brouillons et chicaneurs à l'excès, et se faisant naturellement une continuelle guerre. »

Les Hérauld

L'abbé Chevalier, auteur d'une étude sur la famille de Gourville, note que dès le XVe siècle vivaient, à La Rochefoucauld, des Hérauld ayant assez pignon sur rue pour donner leur nom à une des portes de la ville. Des membres de cette famille allèrent s'établir dans des villages voisins, tel Pierre Hérauld, bourgeois de Saint-Angeau, inhumé dans l'église, dont le blason, attribué par le juge d'armes d'Hozier, portait « d'or à trois heaumes d'azur, deux en chef et un en pointe, les deux de chef affrontés ».

La famille Hérauld fut appelée « de Gourville » ou « Gourville » très tôt : en 1622, la sœur aînée de Gourville est désignée par le vicaire de Notre-Dame de La Rochefoucauld, dans l'acte d'un baptême où elle était marraine, sous le nom de « Marye de Gourville ». En 1640, l'abbé de La Rochefoucauld, parrain à un baptême, est accompagné de son maître d'hôtel, lequel signe « Gourville ». En octobre 1647, leur sœur, Marguerite, à son entrée dans la confrérie du Saint-Sacrement, établie en l'église Notre-Dame de La Rochefoucauld, est dite fille de « Madame Gourville ». Et cette dernière elle-même est dite veuve de « Me Pierre Hérauld, sieur de Gourville. »

L'usage s'était donc établi de désigner cette branche de la famille Hérauld par le nom de son lieu d'origine, c'est-à-dire le village de Gourville, situé de l'autre côté d'Angoulême, entre Aigre et Rouillac, siège d'une vieille châtellenie, qui comptait alors plus de cinq cents habitants. Pierre Hérauld y vivait modestement, avec ses parents et sa femme, vers le milieu de XVIe siècle. Il y possédait une maison et quelques lopins de terre. Il eut trois fils, dont l'aîné, né vers 1585, fut prénommé Pierre comme son père.

Pierre Hérauld et Souveraine Mesturas

Ce Pierre Hérauld vint s'établir à La Rochefoucauld, au début du XVIIe siècle, pour s'y adonner au commerce du drap. À l'époque, « le paysan d'Angoumois s'habille, selon les détails donnés dans la France pittoresque, de serge ou de droguet, ordinairement de couleur grise, étoffe grossière fabriquée localement. Un gilet ou deux, suivant la saison, une veste sans parement et des culottes sans boucles ni bretelles, composent son habillement. Une même pièce d'étoffe, qu'on achète à Pâques ou à la Saint Jean, sert à vêtir toute une famille, hommes et femmes, à faire les gilets, les culottes, les brassières, les jupes, qui sont confectionnés d'après des modèles invariables et d'une antiquité immémoriale. »

Pierre Hérauld et sa femme, Souveraine Mesturas, épousée vers 1612, issue d'une famille de notables de Saint-Claud, bourgade d'Angoumois, habitaient dans la rue principale de La Rochefoucauld. Au bout de la rue, au-delà du vieux pont qui enjambe la rivière Tardoire, s'élève le château construit sur la Rupes Fucaldi ou Roche à Foucauld, masse rocheuse renfermant des grottes. Sa maison, dotée d'un étage, comprenait, au rez-de-chaussée, la boutique, l'arrière-boutique et trois chambres. La lecture du contrat de mariage de sa fille Antoinette nous apprend que Pierre Hérauld avait réussi à cumuler son activité de marchand avec l'état de receveur des taxes et droits seigneuriaux de la duché-pairie de La Rochefoucauld, situation qui donne une idée de la confusion entre commerce et finances publiques, et explique un atavisme familial pour le maniement de l'argent.

Le couple eut huit enfants : Marie, Pierre, Hélie, Antoinette, Marguerite, Jean, Anne et Marie. À la mort prématurée de son époux, âgé d'à peine cinquante ans, le 6 décembre 1634, Souveraine géra efficacement le patrimoine qu'il lui laissait, veilla à l'éducation de sa progéniture à qui elle fit apprendre à lire et à écrire ; elle dota ses filles, les maria dans le réseau de notables de la région, et fit entrer ses trois fils au service de la maison de La Rochefoucauld.

Source : Gourville le magnifique, d'Alain Mazère.

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Règlements de police faits pour la ville, faubourgs, banlieue et duché-pairie de La Rochefoucauld

I. — Il est deffandu très expressément à tous manans et habitans de cette ville, fauxbourg, banlieue et duché de La Rochefoucauld de blasphémer le saint nom de Dieu, à paine de 10 livres d’amande pour la première fois, du double pour la seconde, et pour la troiziesme des paines portées par les ordonnances royaux ; et pour les récidives continuelles et à cause de leur opiniâtreté invincible, le procès leur estre fait et parfait par recollements et confrontations de tesmoings et estre condamnés en des paines corporelles et infamantes, suivant la rigueur des ordonnances et arrests de la cour.

Deffanses aux marchands et gens de mestier de tenir leurs boutiques ouvertes les jours de dimanche et festes commandées par l’Église, à paine de 10 livres d’amande ; et sous mesme paine deffandons ausd. marchands, chapelliers, bonnetiers, cordonniers, tanneurs et autres gens faisant profession de marchandise de quelque nature et qualité qu’elle soit, de les estaller dans les rues et hors de leurs boutiques.

II — Enjoignons ausd. marchands d’avoir des poids, aulnes et mezures estallonnés à la marque de monseigneur le duc de la cour de céans, et, au cas qu’ils se trouvent saizis de poids légers, aulnes courtes et petites mesures, seront lesd. marchands condamnés en 20 livres d’amande pour la première fois et de confiscation desd. poids, aulnes et mezures, au double pour la seconde, et au triple pour la troiziesme. Et pour descouvrir les contravantions qui se feront au présent article, ordonnons que nous nous transporterons de temps à autre dans les boutiques desd. marchands tenant poids et mezures pour estre procédé à la vizite d’iceux, les saisir et déplacer, et du tout en estre dressé des proces-verbaux pour sur iceux estre ordonné ce que de raison.

III. — Il est enjoint aux maistres apotiquaires de la présente ville de renouveller de temps à autre leurs drogues et n’en point employer dans leurs remèdes qui soient altérées ou corrompues, à paine de 100 livres d’amande. Et pour éviter les accidans, seront par nous les boutiques visitées avec un médecin ou sindicq desd. maistres pour voir et visiter les drogues qui seront esd. boutiques ; et s’il s’en trouve quelques-unes de la quallité cy-dessus, elles seront jettées et les apotiquaires contraintz au payement de la susd. amande, et de plus grande paine, s’il y eschoit.

IV. — Ceux qui auront esté reçus chirurgiens et apotiquaires ne pourront exercer en la présente ville et fauxbourgs et ouvrir de boutiques sans notre ordonnance et permission préalable. Ils seront tenus de mettre au greffe du présent duché leurs lettres de provizion et réception pour l’exercice desd. arts de chirurgie et pharmacie, à paine de 10 livres d’amande contre chascun des contrevenans.

V. — Il est enjoint aux personnes menant vie scandaleuse, de quelque qualité et condition qu’elles soient, de vider la ville et fauxbourg dans huitaine après la publication des présentes, sur telles paines que de droit et d’estre honteuzement chassées de cetted. ville et fauxbourg et leurs meubles jettes dehors, ainsy que cela se pratique à Paris et dans les autres villes les mieux policées du royaume.

VI. — Deffances à touttes femmes et autres personnes de tenir dans leurs maisons aucune fille et femme grosse et mal famée, sans nous en avoir donné advis, sur paine de 60 livres d’amande et de plus grande, s’il y eschoit, contre chascun des contrevenans, et de demeurer responsables de la nourriture des enfans qui en proviendront et autres événements.

VII. — Enjoint pareillement à tous les propriétaires des maizons qui auront pour locataires des femmes et filles de la quallité cy-dessus exprimée de nous en avertir incessamment, à paine de 10 livres d’amande contre les contrevenans et de demeurer responsables de tout ce qui pourra arriver.

VIII. — Deffances ausd. propriétaires de louer des maisons ou parties d’icelles à aucunes personnes nouvellement venues en cette ville ou fauxbourg sans nostre permission, à paine de 10 livres d’amande.

IX — Enjoint à toutes filles ou femmes qui se trouveront enceintes par de mauvaizes voyes d’avertir le sieur séneschal.et maire de leurs grossesses, sur les paines portées par les ordonnances, et à toutes femmes sages qui auront cognoissance de leurs grossesses ou qui assisteront à leurs accouchements, de nous en donner advis incessamment, sur telle paine que de droit, sans pouvoir à l’avenir faire aucune fonction de matrone en la présente ville.

X. — Deffances à toutes personnes d’exposer ou faire exposer aucun enfant, à paine de punition corporelle.

XI — Deffances à tous hosteliers, cabaretiers, paticiers, cuisiniers ou autres vandant vin, de donner à boire, et à manger les jours de dimanches et festes aux habitans de la présente ville et fauxbourg pendant le service divin, savoir depuis le 1er octobre jusques au 1er avril despuis les neuf heures du matin jusques à onze heures, et despuis le 1er avril jusques au 1er octobre despuis les huit heures du matin jusques à dix heures, à paine de 10 livres d’amande, et sous mesme paine pendant les vespres, sermon et bénédiction du très-saint Sacrement.

XII. —Seront tenus lesd. hosteliers, cabaretiers, et autres de rapporter aud. sieur sesneschal et maire les nom, quallité et pais des hostes qui feront plus de trois jours de séjour dans leur maison, à paine de 10 livres.

XIII — Deffandons ausd. cabaretiers et autres de recepvoir et attirer dans leur maison aucuns enfans de famille de la ville, fauxbourg et duché de La Rochefoucauld, de leur fournir aucune choze ny faire aucuns prests, à paine de perte de leur deub et de 50 livres d’amande contre chascun des contrevenans.

XIV— Deffances aussy à tous marchands, sous mesmes paines, de faire aucun prest ausd. enfans de famille sans le consantement de leur père et mère justifié par escript.

XV. — Deffances à toutes personnes d’acheter desd. enfans de famille, serviteurs, servantes, ou gens sans adveu, habits, linge, armes, vesselle, chevaux, danrées et fruits, et généralement toute sorte de meubles de quelque nature qu’ils soient, à paine de restitution et de 50 livres d’amande et autre plus grande, s’il y eschoit.

XVI. — Deffances à tous cabaretiers, hosteliers, cuisiniers et paticiers, de donner de la viande les jours prohibés par l’Église, à paine de 30 livres d’amande solidaires tant contre ceux qui la mangeront que ceux qui l’auront donnée.

XVII — Deffances ausd. cabaretiers, cuisiniers, paticiers et autres vandant vin de donner à boire et à manger ny souffrir aucunes personnes dans leur mai¬son après huit heures du soir despuis la Toussaint jusques à Pasques, et le reste de l’année après neuf heures, si ce n’est à leurs hostes, à paine de 20 livres d’amande.

XVIII — Deffances à tous cabaretiers de ne plus à l’avenir débiter le vin en bouteilles, mais bien en pintes et autres mezures duhement estallonnées et à pris raisonnable qui sera fixé et réglé par nous, à paine de 10 livres et de confiscation desd. bouteilles.

XIX. — Deffances ausd. desnommés es précédans articles et aux revandeurs et revandeuses, regretiers et regretieres, d’aller au-devant des marchands apportant bled, poisson, fruits, volailles, truffes, perdrix et autre gibier, oeufs, fromages, et marchandise servant à la nourriture de l’homme, mais en laisser le transport et le débit libres, de façon à estre vandus au plus offrant dans les places publiques, cantons, marchés et poissonnerie. Deffances aux marchands de vandre ailleurs qu’ausd. marchés avant lesd. heures, le tout à paine de 10 livres d’amande et de confiscation desd. marchandises, applicables la moitié à celui qui les surprandra et dénoncera, et l’autre moitié ainsy qu’il sera par nous advizé.

XX. — Le poisson, soit qu’il vienne de la mer ou d’eau douce, ne pourra estre vandu ny distribué que par celuy qui l’aura mené et pour son compte, à mesme paine de 10 livres, à la pierre de la halle et lieu accoutumé.

XXI. — Deffances à tous hosteliers, paticiers et cuisiniers d’interpozer des personnes pour acheter gibier, truffes, poisson et autres danrées, ny de les faire laisser dans quelque maison des fauxbourgs, les faire apporter après lesd. heures de neuf heures du matin, sur paine de 10 livres d’amande et de confiscation ; et seront subjets aux mesmes paines ceux qui auront servi à lad. fraude.

XXII. — Il est défandu à tous regretiers et regretieres, revandeurs et revandeuses, d’exposer en vante aux marchés publicqs tous les gibiers, truffes, fruits et autres danrées qu’elles auront acheté après lesd. heures exprimées cy-dessus. Deffances d’en retenir et débiter dans leurs maisons particulières ou lieux empruntés, à paine de confiscation et de 3 livres d’amande, à laquelle seront aussi subjets ceux dont les maisons auront servi à la fraude. Enjoignons à cet effet aux commissaires de police qui seront par nous commis de faire exacte recherche et visitte esd. maisons trois fois la semaine, lesquelles à cet effet leur seront ouvertes à la première réquisition, et, en cas de refus, pourront lesd. commissaires faire procéder à la levée des serrures.

XXIII. — Deffances aux marchands de poisson de mer et d’eau douce d’estaller, vandre ny débiter leur poisson qu’en présence de nous ou d’un desd. commissaires et par nostre permission, à paine de confiscation et de 10 livres d’amande, ny autre chose apportée par les forains en cette ville, ny rien entreprendre sans nostre permission, soubz lesd. paines.

XXIV. — Enjoint à toutes personnes qui nourrissent des pigeons et des cochons dans la présente ville et fauxbourgs de s’en défaire incessament, et les cochons , deffances de les laisser vaguer dans les rues ; et, à faute de ce, permis à toutes personnes de les tuer impunément.

XXV. — Toutes personnes qui ont des aiguières sortissant dans les rues, feront fermer dans huitaine les conduits desd. aiguières avec des pierres ou tables, en sorte que les passants n’en puissent recevoir aucune incommodité, à paine de 10 livres d’amande et de plus grande, s’il y eschoit.

XXVI. — Enjoint aux propriétaires des maisons qui ont des contrevants à hauteur d’homme de les tenir renversés et l’ouverture de leurs caves du costé des rues bien fermée par de bonnes trapes doubles appuyées par le dessoubz de quelques barres de fer ou bois, à paine de 6 livres d’amande, et de demeurer responsables des dommages-intérests des particulliers qui en auront souffert préjudice.

XXVII. — Deffances à toutes personnes de faire d’ordures dans les rues ou le long des murs de la présante ville, ny souffrir en estre fait ou jette par les fenestres par leurs domestiques et enfans, à paine de 10 livres d’amande dont les chefs de famille demeureront responsables.

XXVIII. — Enjoint à tous les habitans de cette ville et fauxbourgs, de telle condition qu’ils puissent estre, de tenir les rues nettes chascun en droit soy, et de balyer ou faire balyer tous les jours avant huit heures du matin, chascun devant sa maison, par leurs valetz et servantes, et de faire amonceler lesd. boues, pour estre ensuitte portées par leursd. valetz et servantes hors de ville, en un lieu où elles ne puissent pas incommoder, le tout à paine de 10 livres d’amande contre chascun des contrevenans, au payement de laquelle les maistres des maisons seront contraintz par toutes voyes dues et raisonnables, sauf à eux à le desduire sur le salaire desd. valetz et servantes, avec deffances de mettre et jetter les flans, fumiers ny autres chozes immondes ny aucuns bois et pierres dans les rues et places publiques de lad. ville pour les y laisser plus de 24 heures, et les terres et vidanges plus de deux jours, sur les paines cy-dessus et autres, ainsi qu’il sera par nous advizé ; et dans les cantons et endroitz où il y a des puits, de les tenir, chascun en droit soy, en état et fermez.

XXIX. — Deffances aux habitans et à touttes personnes qui ne sont de la quallité requises par les ordonnances de porter ny faire porter à leurs valetz dans la ville et fauxbourg aucunes espées ny armes à feu, sur telle peine que de droit, et les maistres de demeurer responsables du fait de leursd. valetz, comme aussy à touttes sortes de personnes de porter bayonnettes, poignards et pistoletz de poche, et à tous marchans d’en exposer en vanthe, sur paine de confiscation et d’amande.

XXX. — Deffances sont faittes à touttes sortes de personnes de s’habituer en cette ville venans de la campagne ou autres villes et provinces voisines sans nous avoir fait apparoir de leur naissance, vie, moeurs et quallittés, pour en estre fait registre, et admis en lad. ville, en cas qu’ils soient cognus pour bien conditionnés, le tout sur paine d’estre mis hors de ville.

XXXI. — Deffances à touttes sortes de personnes de faire et recevoir dans leurs maisons aucunes académies et assemblées publiques pour les jeux de cartes et autres prohibés par les ordonnances royaux, à paine de 20 livres d’amande.

XXXII. — Deffances à touttes sortes de personnes de publier, vandre, débiter et afficher aucun escript et imprimé sans nostre permission, sur paine de 3 livres d’amande et de confiscation, ny autres choses, et d’en battre la caisse, rien débiter et représenter sans nostre permission.

XXXIII. — Est enjoint aux bouchiers d’observer les statuts et règlements, ce faisant, tenir leurs bancs garnis de chair et viande de la quallité, et de se servir de crochets, poids et balances de cuivre dhuement estalonnés et non d’autres, pour peser. Deffances à eux de tuer aucunes bestes qui n’aient au préalable esté visitées par le sindicq, lequel nous en randra fidèle compte incontinant après la visite, à paine de 3# d’amande et de confiscation de la viande. Ne vandront lesd. bouchiers aucune chair trop maigre, gastée ou corrompue, feront bien saigner le bestail qu’ils tueront sans retenir aucun sang dans les chairs pour les rendre plus poizantes. Se serviront lesd. bouchiers de souffietz et non de leurs bouches pour racomoder leur viande ; n’achèteront aigneaux aportés au marché que l’heure de dix heures du matin ne soit passée, et tiendront leurs écorchoirs nets et feront porter, trois heures après qu’ils auront acomodé les bestes, le sang, flanc et ordures d’icelles hors de la ville, aux endroitz esloignés des grands chemins, et le tout bien couvrir de terre, en sorte que les habitans et gens venans en la présente ville n’en puissent sentir aucune mauvaise odeur, à paine de confiscation de la chair et de 20# d’amande, et soubz mesmes paines d’expozer en vanthe leur viande les jours de dimanches et festes solempnizées par l’Églize.

XXXIV— Amèneront à nostre porte tous les bœufs et vaches qu’ils voudront tuer pour savoir s’ils sont de la qualité requize, le tout à peine de 5# d’amande. Les bouchiers ne vandront leur viande autrement qu’au poix, suivant le prix qui sera par nous réglé tous les vandredis au soir, en présance du sindicq, à paine de 3# d’amande et de confiscation, et aucuns n’entreprendront de faire le métier de bouchier qu’il n’ait fait son apprentissage, fait son épreuve et ait esté receu par nous, sur les conclusions du sieur procureur de la cour, soubz paine de 30# d’amande et d’interdiction.

XXXV— Cet article, relatif aux marchands de chandelles, est presque en entier effacé.

XXXVI— Enjoignons à tous boulangers et boulangeres de la présente ville et fauxbourgs, et à tous autres qui apporteront vandre du pain en cette ville les jours de marché, de vandre leur pain suivant le poix porté dans les articles suivants, de bien pétrir leur pain, le laisser lever et le faire bien cuire sans y mesler de vinaigre et autre liqueur pour altérer la vertu naturelle de la farine et pour randre le pain plus poizant.

Le pain blanc que feront les boulangers et panetieres de la présente ville et fauxbourgs sera du poix d’un quart de livre, ou demie-livre, une livre, ou deux livres, ou trois livres, ou quatre livres, ou cinq livres, ou vingt livres, ce qui sera pareillement observé à l’égard du pain de fromant, pain en toute sa fleur, de mesture ou pain bis, à peine de confiscation et de 3# d’amande. Le prix de la livre du pain blanc et pain en toute sa fleur, de mesture ou pain bis sera réglé tous les sabmedis, jours de marché, par nous.

XXXVII. —Défances à tous boulangers et panetiers de vandre le pain autrement que à la livre et du poix cy-dessus exprimé, et à toutes personnes d’achepter autrement, sur les peines contenues au précédent article. Enjoignons à cet effet à tous lesd. boulangers et panetière de tenir sur leurs bancs les balances et poix dhuement estalonnés à la marque de monseigneur le duc de la cour de céans, sous lesd. peines de 3# d’amande.

XXXVIII. — Défanses à tous artisans, mendians et autres personnes d’aller dans les domaines des particuliers, tant de jour que de nuit, pour y prandre et enlever des fruitz, que quelque nature qu’ils soient, ni couper aucunes sortes de bois, soit taillis, balivaux ou autres, à peine de 20# d’amande et de tous despans, dommages et interests, et seront les pères et mères sollidairement tenus responsables des délits commis par leurs enfans sur ce fait, et les maistres des délits commis par leurs domestiques.

XXXIX. — Défanses aussy à toutes sortes de personnes d’achepter des fruitz et bois ainsy pris, soubz pareille peine de 20# d’amande et de confiscation des chozes par eux achetées.

XL. — Enjoignons aux meuniers de la présente ville, fauxbourgs, banlieue et duché de tenir leur moulin au pointron et de ne prendre qu’une obole par boisseau, suivant la coutume, sur paine de 20# d’amande, et en ce cas que par nos proces-verbaux de visite ils aparoissent en contravention, protestons d’en informer soubz mesme paine.

XLI. —Enjoint aux fourniers des fours bannaux de la présente ville et fauxbourg de bien cuire les pastes des contribuables et autres et d’exiger audelà du droit réglé par lad. coustume, sur paine de 4# d’amande, tous despans, dommages et intérests.

XLII. — Le présent règlement, après sa publication, sera exécuté suivant sa forme et teneur, attendu qu’il s’agit du fait de police, nonobstant opposition ou apellation quelconques et sans préjudice d’icelles.

Fait et arresté à La Rochefoucauld, en la chambre du conseil du parquet et auditoire dud. duché et pairie dud. lieu, par nous Mathieu Fouchier, sieur de La Touche, conseiller du Roy, séneschal et maire perpétuel de lad. ville et duché, adsistant Me de Garoste, lieutenant, juge assesseur dud. duché, et sur les remonstrances et réquisitions faites par Me Pierre Sautereau, sieur de Chillac, advocat en la cour et procureur fiscal dud. duché, le 4e février 1702.

Signé : M. FOUCHIER ; GAROSTE et SAUTEREAU.

Leu, publié et enregistré au greffe du duché et pairie de La Rochefoucauld, es plaids tenans, et ensuite affiché par tous les cantons de la présente ville et fauxbourgs, le 11 mars 1702.

Signé : GUDON, greffier.

Le samedi 18e mars 1702, à une heure de midy, leu, publié et affiché le règlement cy-dessus au grand canton et carrefour de lad. ville, à ce que personne de quelque callité et condition qu’il puisse estre n’en ignore, et enjoint de le bien observer sous peyne d’amande, par moy sergent soubzsigné, les jour et an susd.

Signé : DOUDRE.

Source : Recueils et documents pour servir à l’histoire du commerce et de l’industrie en Angoumois, de Babinet de Rencogne.

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Annales de la ville de La Rochefoucauld (Charente)

Dans la monographie du Château de La Rochefoucauld publiée en 1894, je n’ai donné sur la ville, que quelques vues historiques, que je complète aujourd’hui, d’après des annales qui seraient bien plus intéressantes si des hommes ignorants n’eussent voué à la destruction une grande quantité de documents, de livres, et des manuscrits provenant du château.

Les faits relatés dans cette étude sont extraits de Mémoire de ce qui s’est passé dans la ville de La Rochefoucauld, du temps des troubles de la religion, par Jean Pillard, alors chanoine de la Collégiale de cette ville ; Livre domestique de la famille Delage de Luget ; Chronique protestante de l’Angoumois, par V. Bugeaud ; Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, et de vieux documents que je possède.

J’ai cru devoir écarter de ce travail la mention de quelques auteurs et de documents qui l’auraient surchargé bien inutilement et, pour certains détails topographiques, je prie le lecteur de se reporter au Bulletin de la Société.

Primitivement, la ville de La Rochefoucauld s’appelait La Roche ; c’est ainsi que la nomment encore les gens de la campagne.

XIème siècle

La seigneurie de La Rochefoucauld était, dans le principe, une baronnie qui fut donnée, à titre d’apanage, par Hugues 1er, comte d’Angoulême, à Esmerin, son fils, qui se qualifia baron de La Roche, et fut père de Foucaud, premier du nom, sieur de La Roche. Il vivait sous le règne du roi Robert, vers l’an 1019. Il est qualifié seigneur très noble, dans divers titres, et il s’acquit une si grande réputation que ses successeurs ont tenu à honneur de porter son nom. Celui de sa femme était Jarsande.

En 1060, Charte d’Aymar, surnommé Donzel, seigneur de La Roche, de concert avec son frère Guy, ses neveux Guy et Arnaud et les nobles du château, fondant en cette ville un prieuré en faveur des moines de Saumur, qui ont Saint-Florent pour patron.

Avant 1070, Charte de Guillaume, évêque d’Angoulême, constatant qu’après avoir autorisé Sigon, abbé de Saint-Florent, et ses religieux, à construire un monastère près du château nommé La Roche, il en a consacré les autels et le cimetière, défendant, au nom de Dieu, de saint Pierre et au sien, de rien faire contre cette fondation.

XIIIème siècle

Vers 1250, Guillaume Taillefer IV, comte d’Angoulême, étant en guerre avec Guy VI, seigneur de La Roche, entra dans son château, le brûla ou le pilla, à la réserve des munitions qu’il trouva dans le donjon et qu’il eut soin de conserver.

En 1262, a eu lieu la construction de l’église collégiale de Notre-Dame-de-La-Rochefoucauld, par un certain Petrus Calha (Pierre Caille), et au mois de mai 1266 le chapitre de cette église fut fondé par trente-deux prêtres qui firent, de leur patrimoine, un fonds pour doter la collégiale.

13 janvier 1264. Bulle d’Urbain IV, mandant à l’évêque d’Avignon et à l’archidiacre d’Aunis de faire respecter, par le chapelain de Rivières, le droit de sépulture appartenant aux prieurs et moines de Saint-Florent de La Rochefoucauld.

Au XIIIe siècle, sous Louis X, fut fondée auprès de cette ville une léproserie ou maladrerie. Elle était située au lieu appelé actuellement La Maladrerie, sur le côté gauche de la route de La Rochefoucauld à Agris. Elle était de fondation royale. De nombreux débris de tuiles et de poteries ont été découverts en cet endroit.

XIVème siècle

En 1309, Foulques, de la maison de La Rochefoucauld, était évêque d’Angoulême.

Guy VII, seigneur de La Rochefoucauld, servit, en 1317 et 1318, le roi Philippe-le-Long, contre les Flamands. Il fonda le couvent des Carmes de cette ville, et il eut d’Agnès de Culant, sa femme, Guillaume, son troisième fils, qui fut évêque de Luçon. Le roi Charles V lui accorda que ses châteaux, terres et seigneuries, situés dans le comté d’Angoulême, ressortissent dorénavant à son château de La Rochefoucauld. Il fit son testament en 1327 et voulut être enterré en l’église des Carmes, qu’il avait fondée en 1318.

En 1328, un grave différend s’étant élevé entre l’évêque d’Angoulême, Ayguelin, et Guy VII de La Rochefoucauld, qui refusait de se rendre dans cette ville pour porter, suivant l’ancien usage, l’un des pieds du fauteuil du prélat, le jour de son intronisation, l’excommunication fut lancée par l’évêque, qui obtint ainsi la soumission du seigneur de La Rochefoucauld.

Guy VIII de La Rochefoucauld, seigneur de Marcillac, etc., fut gouverneur d’Angoumois, conseiller et chambellan des rois Charles V, Charles VI et de Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne. On le comptait entre les premiers seigneurs de Guyenne qui rendirent obéissance au roi Jean, après le traité de Brétigny, en 1360.

Froissard parle de Guy VIII, qui combattit, en 1380, en champ-clos, Guillaume, sire de Montferrand, et fut conduit au champ par deux cents gentilshommes de son lignage.

XVème siècle

Foucaud III de La Rochefoucauld, seigneur de Marcillac, etc., conseiller et chambellan du roi Charles VII, fut fait chevalier en 1451, au siège de Fronsac, avec Jean de Bourbon, comte de Vendôme. Il épousa Jeanne de Rochechouart, testa en 1466 et mourut à Poitiers.

Le 17 juillet 1453, à la fin de la guerre de Cent ans, et pendant l’expulsion des Anglais de la Guyenne, le roi Charles VII se trouvait au château de La Rochefoucauld, chez son conseiller et chambellan Jean Ier duc de La Rochefoucauld, seigneur de Marthon, Montignac, Marcillac, Blanzac, etc., quand la nouvelle lui parvint, à dix heures du soir, de la victoire remportée sur les Anglais, à Castillon.

La bataille avait eu lieu le matin, et le messager porteur de la bonne nouvelle avait pu facilement franchir en dix heures la distance séparant Castillon de La Rochefoucauld.

Le prince ordonna immédiatement que, le lendemain, un Te Deum fût chanté dans la principale église de la ville pour remercier Dieu de cette victoire.

Le même messager fut envoyé au comte d’Angoulême, Jean-le-Bon, cousin-germain du roi, qui, pendant trente-deux ans, avait été prisonnier en Angleterre. Il arriva à Angoulême, à onze heures du soir.

La veille, 16 juillet, le roi, étant à La Rochefoucauld, avait écrit au chapitre et aux chanoines de Châlons-sur-Marne, pour leur recommander la nomination de Geoffroy Floreau, évêque de Nîmes, comme évêque de Châlons.

Le roi ne se contenta pas de faire chanter un Te Deum à La Rochefoucauld ; des messages furent envoyés aux principales villes de France afin de célébrer ce grand événement. C’est ainsi que nous enregistrons :

Le 22 juillet, lettre du roi aux habitants de Lyon pour leur annoncer la bonne nouvelle et leur ordonner de chanter un Te Deum ;

Vers la même époque, un chevaucheur de l’écurie du roi, Pierre de La Place, nom angoumoisin (cette famille possédait La Tourgarnier, Javerlhiac et a fourni un premier président à la cour des aides de Paris), avait été envoyé à Montpellier dans le même but ;

A la date du 9 août 1453, aux Manuscrits français 26081, nous trouvons la lettre du sire de Fimarcon ordonnant le paiement de six livres tournois à Pierre de La Place, pour avoir apporté à la ville de Montpellier la bonne nouvelle de « la desconfiture naguères faicte des Anglais devant la place de Castillon, en Périgord, où le sire de Talbot avoit été tué. »

Enfin, étant au château de La Rochefoucauld, à la date du 23 juillet, le roi ordonne de faire une enquête sur certains faits survenus après la bataille de Castillon, et qui avaient jeté dans l’armée une vive émotion.

Le vendredi, 27 juillet, le roi quitte La Rochefoucauld et se rend à Angoulême. Il réside au château, chez son cousin-germain, le bon comte Jean. De cette ville il écrit au chancelier de France, Juvénal des Ursins, et à Jean d’Estouteville, sire de Torcy, grand maître des arbalétriers.

A la date du 22 octobre 1453, le roi donne à Jean, sire de La Rochefoucauld, le gouvernement de la ville de Bayonne, qui venait de rentrer sous le pouvoir des Français ; ce dut être sa récompense pour l’hospitalité si grande et si généreuse accordée au roi pendant quinze jours, et aussi pour la part qu’il avait prise à la « recouvrance » de la Guyenne sur les Anglais.

XVIème siècle

Le 1er avril 1502, la peste et la disette sévissaient à La Rochefoucauld et dans l’Angoumois.

François, premier du nom, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, sieur de Barbezieux, Montguyon, Montendre, etc., qui fut chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, eut aussi l’honneur de tenir, en 1494, sur les fonts de baptême, le roi François 1er, qui eut toujours beaucoup de considération pour son mérite, le fit son chambellan ordinaire et érigea, en 1515, la baronnie de La Rochefoucauld en comté. On remarque même dans les lettres de cette érection, que c’était « en mémoire des grands, vertueux, très bons et très recommandables services, qu’icelui François, son très cher et aimé cousin et parrain, avait fait à ses prédécesseurs, à la couronne de France et à lui. »

Ce seigneur épousa, en premières noces, Louise de Crussol, et en secondes noces, Barbe du Bois. Parmi les enfants du premier lit, se trouvent Jean, qui fut évêque de Mende, et François II. Il mourut en 1533.

François II, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, etc., soutint la grande réputation que ses ancêtres s’étaient acquise. Il épousa, en 1518, Anne de Polignac, dame de Randan et veuve de Charles, comte de Sancerre, qui avait été tué a la bataille de Pavie, en 1525. Cette dame, que son mérite a rendu célèbre, reçut, en 1539, en son château de Verteuil, où elle s’était retirée après la mort de François II, l’empereur Charles V, avec Messieurs les enfants de France, et l’empereur témoigna tant de satisfaction qu’il dit hautement, selon le témoignage d’un de nos historiens, « n’avoir jamais entré en maison qui mieux sentit sa grande vertu, honnêteté et seigneurie que celle-là. »

C’est sous François II, et sous la direction d’Antoine Fontan, que furent construites les deux ailes principales du château. II mourut en 1533.

En 1534, Calvin, âgé de vingt-cinq ans, étant sorti de Paris pour échapper aux poursuites que l’on commençait à exercer contre lui, se retira à Angoulême, sous le nom de Heppeville, s’y fit appeler Deparçan, y professa la langue grecque et y acheva son livre de l’Institution dédié à François Ier.

Plusieurs ecclésiastiques de la ville et des environs adoptèrent sa doctrine, entr’autres Louis Dutillet, chanoine d’Angoulême et curé de Claix. Les ouailles suivaient l’exemple de leurs pasteurs, et c’est ainsi que s’établirent plusieurs Églises réformées en Angoumois.

Au XVIe siècle, existait à La Rochefoucauld, au canton ou carrefour du faubourg de la Souche, un bâtiment appelé La Chapelle Saint-Jacques, dépendant du reclusage de l’abbaye de Grosbos. Ce bâtiment fut adjugé, comme propriété nationale, le 8 prairial an III, pour la somme de 13,400 francs, à Jean Bertrand, marchand à La Rochefoucauld.

Le 23 mars 1535 (1536 n. st.), furent faites et fondues les deux grosses cloches et l’horloge, qui sont dans la grande église ; et depuis, la dite horloge a été refaite, parce qu’elle n’était pas assez grosse.

Le 2 septembre 1542, Madame la dauphine (Catherine de Médicis), passa en cette ville, allant à Perpignan, et logea chez un nommé Miguet.

Le 22 novembre de la même année, le roi François Ier, la reine (Eléonore d’Autriche), et plusieurs cardinaux arrivèrent dans cette ville, où ils demeurèrent huit jours. Sa Majesté était logée chez Miguet et la reine chez Desbordes. Il tomba, à cette époque, tant de neige, qu’elle incommodait fort dans les rues.

Le 18 janvier 1543, il fit une gelée si grande, que les deux tiers des tombes du cimetière furent fendues.

Le 1er janvier 1544, on rompit, de nuit, plusieurs images qui étaient devant quelques maisons. Jean et Elie, prêtres, Pierre Taschier et Guillaume Bouhier, fugitifs, ayant été accusés de ces excès, furent arrêtés prisonniers.

En 1544, les protestants commençaient à se compter à La Rochefoucauld ; cette ville était alors la plus importante de l’Angoumois. Dominée par le château de ses nouveaux comtes, elle était le marché central où s’assemblaient les acheteurs des provinces voisines. Les produits de ses tanneries étaient fort estimés.

C’est à La Rochefoucauld, que furent établies les Écoles protestantes d’où sortirent beaucoup d’hommes remarquables qui furent pasteurs de la Saintonge et de l’Angoumois. Amie des arts et des lettres, la famille de La Rochefoucauld exerça longtemps une influence salutaire dans cette ville, aussi bien qu’à Verteuil, à Saint-Claud, Montignac et Marcillac.

Le 28 mai 1545, jugement rendu par Jehan de Voyon, juge du prieuré de Saint-Florent, contre quatre habitants de cette paroisse, nouvellement mariés, les condamnant à payer au prieur, suivant l’usage immémorial, un pot de vin « bon et raisonnable pour être distribué, le jour de la Pentecôte, aux assistants des vêpres de la dite paroisse, à la sortie de l’église.

Le 10 juillet 1547, messieurs de Jarnac et la Châtaigneraie se battirent en duel dans le parc de Saint-Germain-en-Laye. Jarnac fut vainqueur.

Le 3 novembre 1548, on porta toutes les cloches et armes de cette ville au château, ainsi que celles de quelques paroisses des environs.

Le 20 janvier 1549, un nommé Bezot fut mailloté entre les deux ponts. C’est le premier homme que Pillard dit avoir vu gâter.

Le 3 mars 1549, les lansquenets passèrent en cette ville, venant de Bordeaux à cause de la gabelle, et firent de grands maux dans quelques maisons.

Le 3 juin 1552, toutes les cloches furent remises, et l’on donna au roi, pour celles de la grande église, qui avaient été transportées au château, soixante-dix livres dix sols.

Le 29 mars 1554, Anne de Polignac, duchesse douairière de cette ville, mourut au château de Verteuil, où elle s’était retirée après la mort de François II.

Le 23 mars 1555, on fit faire les deux cloches et celle qui sonne la messe de paroisse aujourd’hui, qui sont à la grande église de La Rochefoucauld quelque temps après, elles furent prises et emportées au château.

Le 18 novembre 1556, mourut Pierre Tessonnière, Carme-prieur de cette ville, « homme docte ».

L’an 1561, les huguenots commencèrent à rompre les images de la chapelle du grand cimetière de l’église.

Le 31 juillet de la même année, la reine de Navarre (Jeanne d’AIbret) arriva dans cette ville. Ayant voulu faire prêcher dans la grande église, elle trouva la porte fermée ce qui fit que les huguenots n’y purent entrer. On cessa, dès lors, de faire l’office dans les églises.

Le 22 avril 1562, il tomba une grande quantité de grêle pendant la nuit, qui fit beaucoup de mal, tant à La Rochefoucauld qu’aux environs.

Le 10 mai suivant, les huguenots firent montre de tous leurs gens, avec tambours, en cette ville.

Le 16 du même mois, quatre mille Gascons protestants, sous la conduite d’Antoine d’Aure, dit de Grammont, s’emparèrent de la ville d’Angoulême, le samedi, veille de la Pentecôte, et en furent maîtres jusqu’au jeudi 6 août de la même année.

Le 18, ces Gascons causèrent une telle frayeur à La Rochefoucauld, pendant la messe paroissiale, qu’il ne fut pas possible de l’achever.

Le 26, les huguenots rompirent tous les autels et images, et brûlèrent les livres qui étaient dans les églises.

Le 28, ils commencèrent à prêcher sous la Halle, étant en partie en armes, les grandes portes fermées. Le prédicateur était M. de La Fontaine, qui les baptisa en général. Depuis ce temps-là, ils y ont fait leur cène.

Le 6 septembre, quelques soldats étant allés à la grande église, où maître Guillaume Michaud, prêtre, disait la messe, ils le dépouillèrent de ses habits sacerdotaux, en lui disant qu’ils voulaient dire la messe ; puis le frappèrent à grands coups et déchirèrent quelques livres, ce qui effraya tellement le peuple qu’il sortit de l’église en toute hâte.

Le 20 du même mois, fut commencé à rebâtir le grand portail de la grande église de cette ville.

En 1562, éclata la première guerre civile. Louis de Condé avait quitté Paris, lancé son manifeste et envoyé l’ordre à tous les gouverneurs de saisir les biens des églises. François de La Rochefoucauld, le mari de Charlotte de Roye, était alors à Verteuil. Dévoué tout entier à la fortune du prince, il entama, par l’intermédiaire de Mergey, jeune gentilhomme champenois, une négociation avec Catherine de Médicis, que son irritation contre les Guises poussait à recourir aux protestants.

Après avoir conféré avec la reine-mère, Mergey sortit de Paris audacieusement, à l’aide de faux passeports, et rapporta au comte la réponse royale qui lui enjoignait de prendre les armes pour la défense du trône. La première guerre civile commençait. Arnaud Rolland, maire et capitaine de la ville de Saint-Jean-d’Angély, exécutant les ordres de Condé, préside à l’inventaire des trésors du chapitre. La Rochefoucauld, revenu de l’assemblée de Toury, convoque à Saintes, un synode, qui déclare que la guerre est juste. Les populations soulevées s’enrôlent sous la conduite de la noblesse qui, presque toute entière, prend une part active à la guerre.

Saint-Surin et Louis de La Rochefoucauld, baron de Montendre et de Montguyon, se jettent dans Angoulême, où les troupes de Grammont les rejoignent bientôt. Leur passage est signalé par la mutilation des statues des saints, le pillage des églises, par le massacre des catholiques les plus inlluents. Les ossements du comte Jean sont dispersés, toutes les reliques anéanties. Les mêmes excès se reproduisent à La Rochefoucauld, à Cognac, à Blanzac, à Barbezieux partout les moines sont chassés de leurs abbayes.

Dans cette guerre, les troupes catholiques se déshonorèrent par le pillage et l’incendie.
Le 2 janvier 1563, les deux petites cloches qui sont présentement au clocher de la grande église, furent données par les habitants catholiques de cette ville.

Le 8 mai 1563, Christophle Duplessis, sieur de la Michente, fut décapité et mis en quatre quartiers devant le Minage de cette ville.

Le 29 du dit mois, Jean Viguier, sieur des Ménardières, subit le même genre de supplice au grand carrefour, par ordre de M. de Fournaud, prévôt des marchands.

Le 11 juin, le dit sieur Fournaud fit pendre et brûler le curé de Saint-Même, à la Croix-Ferra.

Le 15, Monsieur et Madame (François III, comte de La Rochefoucauld, et Charlotte de Roye, sa seconde femme) vinrent dans cette ville, où quelques-uns de leurs gens, étant allés dans les églises, brisèrent les images, déchirèrent les livres et firent de grands maux aux maisons des doyens et chanoines. Les Carmes prirent la fuite en grande diligence, excepté Rocher. Ils emprisonnèrent M. le chantre et quelques chanoines, sans cause légitime. Les huguenots se logèrent dans le couvent des dits Carmes, où ils firent leurs prêches et la cène.

Le 7 août, fut rebâti le grand portail de l’église des Pères Carmes de cette ville.

Le 2 novembre, on commença à bâtir les murailles de la grande église.

Le 9 décembre, Charlotte de Roye, comtesse de cette ville, fit faire défense de sonner les cloches.

Le 13 août 1565, le roi Charles IX fit son entrée à Angoulême.

Le 25 du même mois, furent remis tous les prêtres et carmes dans leurs églises en cette ville, par MM. de la Casta, maître des requêtes en Bretagne, et Jean Arnaud, lieutenant général d’Angoumois, commissaires pour le roi, qui furent par tout l’Angoumois pour ce sujet.

Le 3 novembre, M. le comte défendit de sonner les cloches. Simon Piaud, assesseur, obéit à tout ce qu’on voulut.

En l’année 1566, le culte était exercé à La Rochefoucauld par le pasteur Hog ; on se réunissait dans la maison du sieur Goix.

Le 1er janvier 1568, les huguenots contraignirent les prêtres d’aller au prêche, sous peine de mort.

Le 16 avril, jour de Vendredi-Saint, les huguenots mirent le feu, pendant la nuit, dans la grande église et emportèrent tout ce qu’ils purent, et clouèrent la sainte Hostie à une potence, au grand canton ou carrefour.

Le 14 octobre, quelques calvinistes de cette ville allèrent à Confolens, sous M. de Puyvidal, où ils furent maltraités par les gens du roi, qui tuèrent les uns et dévalisèrent les autres.

Le 15 octobre, la ville d’Angoulême fut assiégée et canonnée si furieusement par les huguenots, qu’elle fut obligée de se rendre.

Le 2 novembre, passèrent par La Rochefoucauld, les princes de Navarre, de Condé, le comte de La Rochefoucauld, l’amiral de France, M. d’Andelot et plusieurs grands seigneurs capitaines. Le commun bruit fut qu’ils étaient au nombre de cent mille combattants, de quoi tout le pays souffrit beaucoup. Là où ils passaient, ils mettaient le feu à toutes les églises et mettaient à mort tous les prêtres qu’ils trouvaient, s’ils ne voulaient renoncer à l’ordre de prêtrise ; mais, y ayant renoncé, ils les laissaient aller payant rançon. Maître Jean Pillard, chanoine de l’Eglise collégiale de Notre-Dame de La Rochefoucauld, fut pris à rançon de 53 écus sols, valant chacun 56 sols la pièce ; ils ne purent jamais le faire renoncer à l’ordre de prêtrise à cause qu’il était homme de bien, ayant la crainte de Dieu en lui, et il eut aussi de bons amis qui le firent sauver.

L’hiver de 1568 à 1569 fut un des plus rigoureux du siècle.

En 1569, il y avait à La Rochefoucauld, un ministre qui prêchait le prophète Jean, qui était du pays de Languedoc, et lequel était tellement contraire aux gens d’église, aux pauvres prêtres, que c’était pitié des pauvres chanoines, leur ayant ôté tous leurs revenus et réduits à la dernière pauvreté, que c’était grand’misère.

La même année, M. le prince de Condé et plusieurs autres furent tués en bataille par les gens du roi, entre Jarnac et Châteauneuf.

Le 26 octobre, Saint-Jean-d’Angély fut assiégé par le roi.

Le 22 novembre, les prêtres étaient dans la plus grande crainte, à cause des picoriens et des chrétiens renégats, qui, sans cesse, les cherchaient tant pour les massacrer que pour leur faire payer de grosses rançons ce qui faisait que ces prêtres se tenaient renfermés dans leurs maisons, sans oser se montrer aux fenêtres et encore moins se promener dans les rues.

Le 15 août 1570, furent rompues et abattues les voûtes du temple de la grande église de La Rochefoucauld, les Carmes, Saint-Florent, la Basse-ville, laquelle perte fut estimée deux cent mille escus, qui n’est rien au regard des autres temples qui ont été démolis par toute l’Europe.
Les principaux étaient MM. de Châtillon, le prince de Condé, l’amiral de France, le comte de La Rochefoucauld et plusieurs autres seigneurs capitaines.

Mémoire à tout jamais, et à tous présents et futurs, que François et Mathurin Bouillaud furent les principaux auteurs que le grand temple et tous les autres de la dite ville furent ruinés, et mirent le feu en la grande église, le 19 suivant « Je fus présent à cette triste scène, avec la plus grande douleur, comme étant chanoine de la dite église. » (Pillard.)

Le 3 septembre, il tomba à La Rochefoucauld, une grêle plus grosse que des œufs, qui fit un grand dommage à tout le pays.

Le 3 décembre, on commença à célébrer le saint sacrifice de la messe, que l’on avait interrompu depuis longtemps, à cause des guerres civiles.

Le 6 du même mois, M. le duc d’Anjou, frère du roi de France, arriva dans cette ville de La Rochefoucauld, y demeura huit jours, ce qui fut cause d’une grande cherté et mortalité dans le pays ; la pinte de vin coûtait cinq sols, le membre de mouton dix sols.

Le 8 avril 1571, mourut au château de Verteuil, dame Charlotte de Roye, comtesse de La Rochefoucauld.

Cette même année, la veille de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les soldats jetèrent un religieux de Saint-Florent dans la rivière et le firent noyer, à cause qu’il avait reçu la prêtrise et s’était rendu huguenot ; on l’appelait maître Derays, curé de Saint-Vincent, proche Chasseneuil.

Le 3 octobre 1571, on a commencé à dire la sainte messe, laquelle on avait cessé de dire à cause de la grande persécution que faisaient les huguenots.

Le 15 avril 1572, les huguenots firent leur cène publiquement.

Le dimanche suivant, ils pillèrent et saccagèrent le couvent des Carmes. Ils allèrent ensuite à Angoulême, où ils ne voulurent pas laisser entrer M. de Marthon, qui conduisait l’armée pour le roi.

Le 24 août, les principaux huguenots furent massacrés et mis à mort par la commune, tant la nuit que le jour.

Le 30 août, les nouvelles vinrent à La Rochefoucauld, que M. le comte du dit lieu et plusieurs grands seigneurs avaient été tués à Paris. Le comte de La Rochefoucauld passa la soirée du 23 août auprès de Charles IX ; Mergey l’avait accompagné. Placé dans un appartement contigu à la chambre du roi, il entendit le monarque presser vivement le comte de passer la nuit au Louvre. « Foucaud, lui dit-il, ne t’en va pas, il est déjà tard nous balivernerons tout le reste de la nuit. - Cela ne se peut, car il faut se coucher et dormir. - Tu coucheras, répliqua le roi, avec mes valets de chambre. - Les pieds leur puent. Adieu, mon petit maitre » Et le comte rentra dans son logis. A peine venait-il de s’endormir qu’il fut réveillé par six hommes masqués et armés qui entrèrent dans sa chambre, « entre lesquels cuidant le roi être, qui vint pour le fouetter au jeu, il priait qu’on le traitât doucement, quand un de ces masques le tua. » Son cadavre fut trouvé le lendemain dans la rue. Auprès de lui gisaient deux de ses serviteurs, l’un de Saint-Front, l’autre de Verteuil, nommé Barilet.

Le roi, qui sut bientôt que le fils de La Rochefoucauld avait été sauvé du massacre, le prit sous sa protection et lui témoigna le plus vif intérêt.

En Angoumois, les massacres furent nombreux. La plupart des ministres protestants se réfugièrent, les uns à l’étranger et les autres à La Rochelle. L’un d’eux, Pacard, desservit, pendant vingt-cinq ans, l’église de La Rochefoucauld.

Le 9 mars 1574, le château fut pris par ceux de la religion, conduits par MM. de Beaumont et Puyravaud.

21 avril 1574, Extrait d’une lettre missive faisant mention de la fuite des huguenots hors du pays d’Angoulmoys, avec les prinses des places et châteaux de La Rochefoucauld, Bassac et Bourg-Charente. « Je vous ay par ma précédente faict entendre comme messieurs de La Vauguyon, de Bourdeilles et de Pompadour, ayant sçeu au vray que Monsieur de La Noüe ne vouloit ou pouvoit passer les rivières de la Dronne et de l’Isle, pour aller à Bergerac, comme ils avoyent imaginé, s’estoyent acheminez avec bien cinq cens gentilshommes du païs de Périgord, Limosin et la Marche, qui voluntairement les ont suyvis, sans attendre aultre commandement du roy que le général, pour rencontrer le dict sieur de La Noue entre les dictes rivières et celle de Charente et le contraindre à venir au combat. Pour lequel esviter, le dict sieur de La Noue avait faict passer la dicte rivière de Charente à ses troupes à l’endroit de Bassac lundy dernier, deux heures avant jour. La présente est pour vous advertir que les dicts seigneurs entendans que les dites trouppes séjournoyent ès environs du dict Bassac vindrent jeudy à Angoulesme pour y passer sur le pont de la dicte Charente, et aller droict aux ennemys. A mesme fin Monsieur de Ruffec fit approcher le dict jour de la ville les huict compaignies de gens de pied qui estoyent au siège du chasteau de La Rochefoucauld, après la reddidition d’iceluy faicte le jour précédent. Et combien qu’il fust si foible à cause de sa maladie, qu’il s’estoit encore levé du lict, conclud avec les dicts seigneurs d’aller le lendemain trouver les ennemys, lesquels en ayant comme il est vray semblable advertissement, firent retraicte si soudaine et précipitive qu’ils ne donnèrent repos à leurs chevaux qu’ils n’eurent passé la rivière de Bouthonne. Quoy voyant les dicts seigneurs, et qu’avec semblable diligence les dicts se pourroyent en une aultre semblable traitte retirer soubs la faveur des murailles de La Rochelle, marchèrent droict à Bassac pour l’assiéger et le battre si ceux qui le tenoyent faisoyent résistance, mais les tenans furent si effrayez se voyant abandonnez de ceux qui naguères se jactoyent de subjuguer toute la France, que sans vouloir attendre la fureur du canon se rendirent à la première sommation. Hyer Monsieur de La Faye, avec partie des gens de pied, alla assiéger le chasteau de Bourg-Charente que les ennemis avoyent naguères surpris, et du commencement les dicts surpreneurs firent contenance de se vouloir bien deffendre mais ce jourd’huy ils se sont rendus par composition, les vies saulves. Après l’on est venu en ce lieu de Chasteauneuf, repasser la rivière pour approcher de Bouteville, qui est la seule place que les ennemis tiennent à présent en ce pays.
« Escript à Chasteauneuf, le XXIe jour d’apvril 1574. »

Le 29 août 1575, MM. de Bourdeille et Vaillat, conduisant les reitres pour le roi, arrivèrent à La Rochefoucauld, et y commirent de grands ravages. Dans le même temps, la ville de Périgueux fut surprise par les ennemis de la religion.

Le 4 mars 1577, la ville de Montbron fut assiégée et prise par le sieur de Ruffec. Il ne périt dans cette action que Le Frezle, et Le Drolle qui l’avait prise pour ceux de la religion.

Le 12 avril, une nommée Vallerande accoucha de trois enfants, et, quelques jours après, la femme de Jean Petot accoucha aussi de deux garçons et une fille, ce qui n’était jamais arrivé dans cette ville. La femme de Jean Mayou dit Bois-Redon, en fit autant.

Le 20 septembre, on commença à bâtir la grande porte de la grande église, par la grâce de Dieu. Ce qui contribua à sa hauteur, c’est que l’on donna cinq sols aux maçons.

Le 2 janvier 1581, les deux petites cloches qui sont actuellement au clocher y furent mises de nouveau par les habitants catholiques.

Le 7 août, fut rebâtie la grande porte de l’église du couvent des Carmes.

Le 3 avril 1583, jour des Rameaux, les huguenots étant dans leur prêche, environ les huit heures du matin, ils eurent une frayeur d’autant plus grande, qu’ils pensèrent tous périr par la chute de la maison qui tomba sur eux. Dans ce moment funeste, criant miséricorde, ils se jetèrent les uns sur les autres à monceaux, par les portes et fenêtres de la maison de maître Jean Goix, sans qu’ils fussent tourmentés d’autres personnes de sorte que ceux qui étaient par la ville prirent les armes, et leur prêche fut rompu.

Quelque temps après, ils bâtirent un prêche, par la permission de M. le comte de La Rochefoucauld, à la porte de la ville, qui a vue du côté du château, ou ils ont toujours fait leurs exercices, avec un collège où il y a toujours eu beaucoup d’étrangers. Anglais, Hollandais et autres nations, qui fait que les pauvres catholiques n’osèrent dire mot. Dieu veuille par sa grâce y mettre la main.

Il y a beaucoup de choses considérables qui sont arrivées depuis l’année 1583 jusqu’à l’année que Dialot, procureur au siège de cette ville, donna un soufflet à M. Caillot, chanoine, au faubourg de Saint-Florent, et que l’on rompit la pyramide et le feu de joie que l’on avait préparés pour la naissance de notre grand monarque Louis XIV, qui règne aujourd’hui. Dieu veuille lui donner de longues années par sa sainte grâce !

En 1584, un synode provincial fut tenu à la Rochefoucauld, sous la présidence du ministre Pacard. Cinq autres synodes avaient été tenus précédemment en cette même ville en 1566, 72, 77, 78 et 81. Les Églises de Jarnac et de La Rochefoucauld étaient les plus florissantes de l’Angoumois.

En 1596, fut tenu à Saumur le quatorzième Synode national protestant, sous S. M. Henri IV ; le député de la province ecclésiastique de Saintonge, Aunis et Angoumois, fut M. Pacard, ministre de cette ville.

En 1597, le comte de La Rochefoucauld, qui s’était mis en marche pour secourir Saint-Yrieix-la-Perche, en Limousin, tomba dans une embuscade avec ses escadrons qui s’embourbèrent dans des chemins impraticables. Les ligueurs tuèrent bon nombre de gentilshommes presque sans défense. Le comte de La Rochefoucauld, désarçonné, s’empare d’un cheval et reprend le combat, s’écriant « II ne sera pas dit que j’ai fui devant ces armes dorées. » Se voyant abandonné des siens, il crie aux ennemis qui l’entourent « Je suis le comte de La Rochefoucauld, vingt mille écus sont bons. » Un nommé La Bisse répondit qu’on ne sauvait point la vie aux huguenots, et le poignarda.

Au XVIe siècle, il existait près de La Rochefoucaud, deux commanderies de Templiers, l’une à Malleyran, et l’autre à Vouthon. Elles servent actuellement d’églises.

XVIIème siècle

1600. Placés en dehors de la vie politique, et désormais paisibles malgré les vexations et les injustices qu’ils eurent à éprouver de la réaction catholique, les protestants tournèrent leur activité vers le commerce et s’appliquèrent à propager leur doctrine par la discussion et par le développement de leurs Académies. Dès l’époque de l’Édit de Nantes, chaque province avait été encouragée à créer des écoles. Le Collège de La Rochefoucauld, fondé sous les auspices de Georges Pacard, était appelé à rendre d’importants services aux Eglises d’Angoumois et de Saintonge. Grâce aux subsides annuels accordés par Henri IV, grâce aux charités des fidèles de la ville, ce ministre vigilant réussit à établir solidement l’œuvre qu’il avait méditée. Les classes ouvertes, de nombreux élèves accoururent aux enseignements du fondateur, ainsi qu’aux leçons de l’Écossais Thomas Hog. Appelé à Saint-Claud en 1608, Pacard laissa la direction des classes à son compagnon, dont le nom seul nous est connu.

L’organisation du Collège était calquée sur celle des grandes Académies protestantes. On y enseignait les littératures grecque et latine, la rhétorique, l’hébreu, la philosophie, la théologie, les mathématiques. Tous les six mois, les professeurs étaient tenus d’envoyer aux examinateurs généraux des livres, les thèses qu’ils avaient expliquées en public. Les jeunes gens, entretenus aux dépens de la province ou d’une Église, ne pouvaient fréquenter une Académie sans la permission du Synode provincial, qui leur prescrivait le lieu et le temps de leur demeure. Ils étaient obligés de se consacrer au service de l’Église ou de la province aux frais de laquelle ils avaient fait leurs études. Du reste, ils n’étaient admis dans l’école qu’après avoir fourni de bons répondants pour la restitution des sommes déboursées pour leur instruction, « dans le cas où, par leur faute, ils abandonneroient le ministère. » Un conseil ordinaire, composé des pasteurs de l’église de la ville, du régent du collège et des professeurs, s’assemblait chaque semaine. Un conseil extraordinaire, formé des pasteurs et des principaux membres de l’église de la ville, au choix des consistoires, se réunissait dans les circonstances importantes. Il avait l’administration des deniers octroyés au collège et le droit de nommer ou de suspendre les professeurs.
David Dixon a été principal du collège, de 1614 à 1620.
David Roberson a succédé à David Dixon.
Jacques Ducasse, principal en 1643, et professeur de philosophie.
Jean-Pierre Richard, premier régent du collège en 1645.
David Iver, professeur de théologie en 1640.

Les familles les plus riches à cette époque étaient les Goix, les Pasquet, les Dulignon, les Renouard, les Rouffignac, les Villemandy, les Albert et les Saulnier.

Le collège de La Rochefoucauld s’efforçait, avant tout, de faire de bons pasteurs et de combattre à outrance la réaction catholique. S’il succomba dans cette dernière tâche, frappé par les édits royaux, il eut toutefois l’honneur d’avoir formé des hommes d’un mérite incontestable, les Iver de Saint-Jean-d’Angély, les Loquet, les Villemandy, les Gommarc ; car il nous est permis de croire que ces personnages éminents, qui étaient tous enfants du pays, et dont se glorifièrent les Académies de Puylaurens, de Montauban et de Saumur, avaient commencé leurs études à La Rochefoucauld.

Antoine III, de la maison de La Rochefoucauld, était, en 1608, évêque d’Angoulême. Il lutta contre l’établissement des Jésuites dans cette ville.

En 1617, sous S. M. Louis XIII, le vingt-deuxième Synode national fut tenu à Vitré. L’Eglise de La Rochefoucauld ayant appelé près du Synode général, de la sentence du Synode provincial, qui avait ordonné de transférer son collège à Pons, en Saintonge, on fit droit à sa demande, et le collège fut maintenu à La Rochefoucauld.

Au mois d’avril 1622, par lettres données à Niort, le roi Louis XIII érigea en duché-pairie le comté de François V de La Rochefoucauld, qui était, en 1619, chevalier des ordres du roi, gouverneur et lieutenant du roi en Poitou. Il fut reçu au Parlement de Paris, le 24 juillet 1637, et mourut dans son château de La Rochefoucauld, le 8 février 1650, âgé de 62 ans. Il avait épousé, en 1611, Gabrielle du Plessis, et parmi les enfants qu’il eut d’elle, se trouvent François VI, l’auteur des Maximes, et Louis, qui fut évêque de Lectoure.

En 1623, sous Louis XIII, fut tenu à Charenton, le vingt-quatrième Synode national, où fut envoyé un commissaire royal choisi parmi les seigneurs protestants. L’un des quatre députés de l’Ouest de la France fut Théodore du Lignon, juge à La Rochefoucauld.

Le 15 juin 1634, naquit en cette ville, François VII de La Rochefoucauld, qui fut pair et grand-veneur de France, prince de Marcillac, marquis de Guercheville, duc de La Rocheguyon et de Liancourt, baron de Verteuil, chevalier des ordres du roi, grand-maître de la garde-robe. Il était fils de François VI, l’auteur des Maximes, et d’Andrée de Vivonne. Ses premiers services militaires remontent a 1652. Il se trouva au siège de Landrecies, en 1655, fut mestre-de-camp du régiment Royal-cavalerie le 27 mai 1666, accompagna le roi en Flandre en 1667, et le suivit à la conquête de la Franche-Comté, l’année suivante. Le prince de Marcillac fut nommé gouverneur du Berry, le 13 décembre 1671. Il avait épousé, le 13 décembre 1659, Jeanne Charlotte du Plessis-Liancourt, sa cousine, et il mourut le 11 janvier 1714.

En 1637, le pasteur de l’Église réformée de La Rochefoucauld était M. Clave.

En 1642, vivait au château de cette ville, un sieur Noël, qualifié sieur de La Boussardière, domestique de la maison de La Rochefoucauld, qui figure comme témoin dans deux actes de baptême de la paroisse de Saint-Cybard de cette ville, en date des 27 janvier et 8 juin 1642, et dont la signature, apposée au bas de ces deux actes, est accompagnée du dessin d’un gril et d’une broche à rôtir.

Le 3 mars 1643, marché passé devant Me Gibaud, notaire à Angoulême, entre Pierre David, sieur de Boismorand, avocat au présidial d’Angoumois, et Césard Guernot, peintre de Monseigneur de La Rochefoucauld, demeurant en cette ville, pour la confection de copies de six tableaux du dit seigneur de La Rochefoucauld « Sçavoir deulz d’iceulx de la haulteur de cinq piedz et en largeur sept piedz, ung aultre de la mesme haulteur et largeur, plus ou moins, et les trois aultres auront quatre piedz d’haulteur et de largeur cinq piedz ; sçavoir l’ung des premiers qui est de cinq piedz de hault et de sept piedz de large, une herculle et Desjanire, accompagné de figures de satires ou aultres ; le seguon, de mesme grandeur, sera ung tableau de Rubens, qui est remply de femmes nues et satires le troiziesme est la figure d’ung Promethée quy est dévoré par ung vautour ; et les trois aultres, quy sont de quatre piedz d’haulteur et cinq piedz de largeur, seront le premier ung tableau dans lequel y aura ung chien avec coqs et poulles et aultres choses ; le seguon sera une corne d’abondance avec plusieurs fruits, et une guenuche avec aultres choses ; et le troiziesme sera un lièvre avec une escrevisse en ung bassin et aultres choses ; le tout moyennant la somme de neuf vingtz livres ».

En 1651, se tint à Charenton le vingt-sixième Synode, auquel assista encore un commissaire royal. Le commissaire ecclésiastique fut le pasteur de Jarnac, Patru ; le commissaire laïque fut, pour cette province ecclésiastique, Daniel Pasquet, écuyer, seigneur de l’Age-Baston et autres lieux, noble homme, ancien de l’Église réformée d’Angoulême.

Le 11 juillet 1651, Gabrielle du Plessis-Liancourt, duchesse-douairière de La Rochefoucauld, fonda en cette ville un monastère de religieuses de la Visitation de sainte Marie. Ce monastère fut, sur la demande de la fondatrice, établi par la Révérende mère Françoise-Gabrielle de Douet, supérieure de cette communauté à Nevers, née en cette dernière ville et appartenant à une des plus grandes familles. Une dizaine d’années après, la fondatrice de ce monastère s’y retira et y vécut douze ans parmi les religieuses, dans la pratique de toutes les vertus. Son corps fut embaumé, puis demeura cinquante jours exposé, jusqu’à ce que tout fût prêt pour la conduire à Verteuil. Son cœur resta au monastère et fut placé près de celui de son époux et d’une de leurs petites filles. Un marbre noir, sur lequel se voyait une épitaphe en gros caractères d’or, recouvrait le cher dépôt, conservé dans le chœur des religieuses.

En 1657, on enleva aux protestants le droit de tenir des colloques et, deux ans après, celui de tenir des synodes nationaux. En 1666, le roi signa une déclaration portant que les précepteurs et les régents des écoles ou collèges ne pourraient à l’avenir enseigner que la lecture, l’écriture et l’arithmétique. Défense aux étrangers de professer publiquement l’hérésie en France. Le Collège de La Rochefoucauld, qui avait déjà trouvé à Angoulème ses antagonistes les plus persistants, disparut dans le naufrage général.

Benjamin Daillon, ministre de La Rochefoucauld, sa ville natale, arrêté en 1684, sous le prétexte d’avoir admis des relaps dans son église, fut traduit devant ie présidial d’Angoulême et déclaré coupable. Il fit appel au Parlement de Paris de la condamnation qui le frappait. On l’envoya prisonnier à la Conciergerie. La sentence de ses juges fut cassée. On lui rendit la liberté, mais le Parlement prononça l’interdiction de l’église de La Rochefoucauld, le 14 mai 1685, et donna le temple de la ville aux catholiques. Jean Héraud de Gourville y fonda une Charité, ou hôpital, qu’il dota généreusement. Né en cette ville, il ordonna qu’à sa mort son cœur fût porté dans la chapelle de cette Charité, à la place marquée par lui.

En butte aux persécutions du clergé, qui poursuivait sans relâche les protestants, Daillon ne songea plus qu’à sortir du royaume. Il réussit à s’évader, avec plusieurs protestants de l’Angoumois, et alla rejoindre en Angleterre son frère Jacques, né aussi à La Rochefoucauld, et qui s’était retiré depuis longtemps dans ce pays. Daillon était un esprit plein de hardiesse et de vivacité, ennemi irréconciliable du papisme. Alors qu’il exerçait les fonctions pastorales à La Rochefoucauld, il publia plusieurs ouvrages très estimés.

Le 29 septembre 1685, il arriva dans cette ville deux compagnies de dragons rouges conduits par M. le marquis d’Argenson, lieutenant-général d’Angoumois. L’évêque et l’intendant arrivèrent deux jours après, qui firent convertir plus de quatre cents huguenots, tant de la ville que des environs.

Alors les dragonnades recommencèrent plus terribles. Les dragons parcoururent l’Angoumois en tous sens, recevant les conversions par milliers et domptant les opiniâtres par les supplices. Ce fut surtout à La Rochefoucauld et dans les environs, que les missionnaires bottés commirent les plus atroces cruautés. Barraud, un mourant, fut enlevé de son lit et brouetté nu par les rues ; une demoiselle de Rouffignac eut les bras brûlés ; Suzanne Ferrand, la veuve Brousse et sa fille eurent à subir des indignités qui ne s’expriment pas. Le sieur Pasquet, un des plus considérables bourgeois du lieu, fut mis par les dragons dans un berceau, comme un enfant ; étant là, ils préparèrent de la bouillie, la lui firent avaler toute bouillante et lui en couvrirent le visage : à quoi il ne put résister sans succomber.

La brutalité des soldats n’épargna ni les Mathieu, ni les Lériget, ni les de Garoste, ni les Villemandy. Les ouvriers tanneurs voyant leurs familles et leurs maisons livrées à la licence des missionnaires abandonnèrent la ville et se réfugièrent dans le Brandebourg, la Hollande et l’Angleterre.

Louis XIV signa la révocation de l’Edit de Nantes, le 18 octobre 1685. On avait renouvelé les déclarations contre les relaps. Les nouveaux convertis qui refusaient de communier étaient condamnés, les hommes aux galères, les femmes à la réclusion perpétuelle. Ceux qui mouraient sans être munis des sacrements étaient, après leur mort, trainés sur la claie et leurs biens confisqués. Le corps de Jacques Poulignac fut déterré et donné en pâture aux chiens. Rachel de Renouard, dame de la Frainerie, Débora Mignot, Marthe Marvaud, Abraham Cambois, Albert dit Peruzet, furent traînés sur la claie dans les rues de La Rochefoucauld et jetés à la voirie.

La ville perdit ses tanneries, si renommées. A la violence le protestantisme vivace opposait l’inertie, le calme, la soumission. La foi réformée se perpétuait dans les famines ; elle vivait au fond des bois, dans les grottes, sur les montagnes inaccessibles ; elle rassemblait les fidèles, la nuit, au désert ; elle inspirait aux missionnaires proscrits la sainte folie du martyr. La loi défendait aux pasteurs de rentrer en France, sous peine de mort ; les têtes de ceux qui étaient restés dans le royaume furent mises à prix. On promit 5,500 livres à quiconque livrerait un ministre. Les galères pour les hommes, la prison pour les femmes, étaient réservées aux sujets qui donneraient asile ou assistance aux prédicants. Cependant, les pasteurs ne cessèrent de visiter les villages, de baptiser les nouveau-nés, de marier, de donner la communion, de convoquer des assemblées et d’y faire le prêche ; les fidèles, de leur fournir une retraite, de les suivre au désert, de s’opposer a leur arrestation, de protéger leur fuite.
Pendant les troubles occasionnés par les catholiques et les protestants, les habitants de cette contrée furent très souvent obligés de se réfugier dans les grottes de Rancogne, où ils trouvaient l’abri le plus sûr et qui étaient alors couvertes des ruines, encore importantes, du château de Cressiecq.

En 1685, maître Jacques Piet, curé de la grande église de La Rochefoucauld, ne donna plus de repos aux huguenots et leur fit inviolablement subir les déclarations du roi, jusqu’à l’année qu’ils conspirèrent contre lui pour l’assassiner et, ne pouvant le trouver où ils allaient, tuèrent son valet, qu’ils trouvèrent sur le pont de Saint-Florent, la nuit, « le jetèrent dans la rivière six heures après sans être corrompu, et lorsqu’il fut sorti de l’eau, il revint aussi vermeil que s’il eût eu la vie. » Ce que les dits huguenots avaient contre lui était qu’il avait été témoin contre leur ministre Dillon, qui avait souffert à son prêche un renégat nommé Miout, contre les ordonnances du roi. Cela fut cause que l’on fit le procès du dit ministre et que leur prêche fut condamné à être rasé.

Pendant la régence de la reine-mère Anne d’Autriche, le duc de La Rochefoucauld, François VI, prit part aux troubles de la Fronde ; il fut pour cela obligé de quitter la cour et de se retirer en son château de Verteuil.

Extrait d’un procès-verbal dressé par Mathieu Fouchier, sieur de la Touche, avocat en Parlement, juge sénéchal du duché de La Rochefoucauld, pairie de france, le 29 janvier 1687, où il est rappelé que le sieur Jacques Pintaud avait rendu, le 4 août 1683, son hommage pour raison des maison, basse-cour, jardin et dépendances faisant partie du fief des Bordes, situé à La Rochefoucauld, tenant d’une part à la maison, cour, jardin et puits appartenant à l’Hôtel-Dieu de la présente ville, d’autre au cimetière d’icelui, faisant d’autre partie du fief des Bordes, d’autre au ruisseau qui passe sous le pont Rousseau, suivant talus jusqu’aux douves et fossés de la dite ville, suivant les dits fossés et tournant vers le soleil levant jusqu’au jardin des Carmes de la dite ville, une muraille mitoyenne entre deux.

XVIIIème siècle

Le 9 novembre 1728, quelques jours après la mort de François VIII, duc de La Rochefoucauld, ses deux fils Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Rocheguyon, pair de France, et Guy, comte de La Rochefoucauld, de concert avec dame Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois, leur mère, veuve commune en biens du feu seigneur duc, firent faire l’inventaire des objets qui existaient alors dans les trois châteaux de La Rochefoucauld, de Verteuil et de la Terne, qui formaient, en Angoumois et en Poitou, l’hérédité du dit seigneur. Cette importante opération, commencée le 9 novembre 1728, ne fut achevée que le 24 du même mois, ayant duré douze jours, dont quatre furent employés au château de La Rochefoucauld, cinq à celui de Verteuil et trois à celui de la Terne, et elle eut pour résultat un cahier de quarante-huit feuillets, format in-f°. Cet inventaire comprend, pour les trois châteaux, 973 numéros dont 328 pour celui de La Rochefoucauld, 461 pour celui de Verteuil et 164 pour le château de La Terne. Beaucoup de ces numéros sont composés d’un certain-nombre d’objets.

Le 11 janvier 1747, naquit François-Alexandre-Frédéric duc de Liancourt, fils du duc d’Estissac. Cet homme de bien créa dans sa terre de Liancourt, une ferme modèle et une école d’arts-et-métiers à laquelle l’École de Châlons doit son origine. Il fut député aux États-généraux, commandant militaire de la Normandie, puis destitué le 10 août ; il passa en Amérique.
Rentré en France en 1799, il popularisa la vaccine, fut un des fondateurs des dispensaires organisés par la Société philanthropique et l’un des principaux promoteurs de l’enseignement mutuel. Appelé à siéger la Chambre des pairs, il se signala par son indépendance, quoique partisan des idées monarchiques. Aussi le ministère, en 1826, lui retira-t-il un grand nombre de fonctions honorifiques et gratuites qu’il remplissait.
Il mourut le 27 mars 1827, à Paris, où il avait fondé l’hospice de La Rochefoucauld, et ses funérailles donnèrent lieu à une manifestation publique de la reconnaissance du peuple.

Le 27 octobre 1752, remise a été faite à la paroisse de la Basse-ville, à La Rochefoucauld, du cœur de Madame Elisabeth-Marie-Louise-Nicole du Caylard de Toyras d’Amboise, épouse du duc de La Rochefoucauld.

Le 20 mars 1762, même remise a été faite à la dite paroisse de la Basse-ville, du cœur de Monseigneur Alexandre, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, baron de Verteuil, pair de France et grand-maître de la garde-robe.

Au mois de mars 1770, est mort, à La Rochefoucauld, Pierre Massé, curé de la paroisse de Saint-Cybard, chanoine de l’église collégiale de la dite ville et docteur en théologie. Ce prêtre, des plus respectables, eut le courage de protester, le 9 juin 1752, contre la bulle Unigenitus à laquelle avait adhéré presque tout le clergé du diocèse d’Angoulême.

Le 23 septembre 1771, remise a été faite à la paroisse de la Basse-ville, à La Rochefoucauld, du cœur de Madame Louise-Pauline Vilain de Mérode de Montmorency, princesse de Malines, épouse de Monseigneur le duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, colonel du régiment de la Farre.

Du 4 mai 1781. Arrêt de la cour de Parlement. Extrait des registres du Parlement :
« Vu par la Cour la requête présentée par le procureur général du roi, contenant qu’il a eu avis que chaque année il se tient, le jour de la Pentecôte, une assemblée, au bourg de Cellefroin, situé dans l’étendue de la justice du duché de La Rochefoucauld, qu’on appelle Bacherie, qu’on peut regarder comme une fête baladoire que les habitans assemblés, rangés autour d’une table qui est placée, à cet effet, au bout de la halle, en prennent un d’entr’eux, qu’ils nomment Baron, qu’on rend contre lui une espèce de jugement, par lequel il est condamné à être jetté dans la rivière, comme accusé d’avoir porté de l’eau avec un crible dans une plaine, pour y faire noyer les lièvres, et d’avoir fait brûler le poisson dans la rivière ; que l’homme appelé Baron est ensuite jetté dans la rivière ; qu’on lui donne trois livres ; qu’il présente ensuite des bouquets à tous les spectateurs, qui lui donnent de l’argent ; que quand ce qu’ils lui donnent n’est pas suffisant, ou s’ils refusent de lui en donner, il prend ceux qu’il peut joindre, et il les jette dans l’eau ; qu’en cas de résistance, les habitans, qu’on nomme Bacheliers, viennent à son secours et frappent sur tous ceux qu’ils rencontrent sans distinction ;

Que dans la paroisse de Genac, il se tient une assemblée le jour de Noël et les deux fêtes suivantes ; que ceux qui se sont mariés dans le courant de l’année, jettent une boule au sortir de la messe et de vêpres devant la porte de l’église ; que les jeunes gens armés de bâtons frappent la boule, et se la renvoyent de l’un à l’autre ; que si un nouveau marié ne jette pas la boule, on le saisit ; qu’on crie « A l’eau », où il est jetté, à moins qu’il ne crie « Au vin », auquel cas on le mène au cabaret, où il est forcé de payer du vin ; que ceux qui sont spectateurs, doivent avoir une houssine ou un bâton, sans quoi, ils seroient saisis et traités comme les nouveaux mariés ;

« Que dans la paroisse de Saint-Cybardeau, les nouveaux mariés sont obligés de se rendre dans un pré, et d’y porter une boule qu’ils jettent devant ceux qui sont assemblés que ceux qui veulent renvoyer la boule et jouer, ont un morceau de bois double que ceux qui ne veulent pas jouer, sont obligés d’avoir une houssine à la main, sans quoi ils seroient saisis par ceux qui jouent, et obligés de leur payer du vin, et, en cas de refus, jettés dans l’eau ;

« Que dans la paroisse de Rouillac, on présente, le jour de Pâques, à la sortie de la messe, une corne à celui des habitans qui est le dernier marié, lequel la remet et la rend aux jeunes gens avec de l’argent pour boire ; que les jeunes gens se la renvoient des uns aux autres, battent du tambour et dansent le reste de la journée et une partie de la nuit ; que dans la plupart des autres paroisses situées dans l’étendue de la justice du duché de La Rochefoucauld il y a des assemblées qu’on appelle Frairies, qui se tiennent les jours de dimanche ou de fêtes du patron, où les marchands se rendent, étalent et vendent des marchandises qu’on y danse et qu’on se rend ensuite dans les cabarets pour y boire ; et que de ces différentes assemblées, il résulte beaucoup d’excès et de désordres ; enfin que les cabaretiers et aubergistes donnent à boire les jours de dimanche et fêtes pendant le temps du Service divin, et en tout temps pendant la nuit ; et comme les fêtes baladoires et autres semblables ont été supprimées par arrêt des Grands Jours, du 14 décembre 1565, et par un autre arrêt de la Cour, du 3 septembre 1667, avec défenses à toutes personnes d’en faire aucunes, et qu’il est important de renouveler les dispositions de ces arrêts, pour prévenir et empêcher les abus qui résultent de pareilles assemblées A CES CAUSES, requéroit le procureur général du roi, qu’il plût à la Cour ordonner que les arrêts des 14 décembre 1565 et 3 septembre 1667, seront exécutés en conséquence, faire défenses à toutes personnes, de quelqu’état, qualité, condition qu’elles puissent être, de s’assembler ni de s’attrouper, sous quelque prétexte que ce puisse être, le jour de Pâques dans la paroisse de Rouillac, le jour de la Pentecôte dans la paroisse de Cellefroin, et le jour de Noël et les deux fêtes suivantes dans la paroisse de Genac et dans la paroisse de Saint-Cybardeau, pour jetter aucunes personnes dans l’eau, soit pour jouer à la boule, soit pour battre du tambour et danser, soit pour exiger aucunes sommes des personnes qu’ils peuvent rencontrer ; faire pareillement défenses, tant aux habitans des dites paroisses situées dans l’étendue de la justice du duché de La Rochefoucauld, de s’assembler les dimanches et fêtes dans les paroisses pour y danser ou boire dans les. cabarets, à peine de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenant, même d’être poursuivis extraordinairement, si le cas y échet ordonner que les pères et mères a l’égard de leurs enfans, et les maîtres et maîtresses a l’égard de leurs domestiques, seront et demeureront responsables de l’amende ; faire défenses, sous les mêmes peines, à tous marchands, d’étaler et de vendre dans les paroisses aucunes marchandises les jours de dimanche et fêtes, aux aubergistes et cabaretiers de donner à boire les jours de dimanche et fêtes, pendant le temps du Service divin, ni en tout temps après huit heures du soir en hiver, et après dix heures du soir en été, sous peine de vingt livres d’amende contre les cabaretiers et aubergistes, de cinq livres d’amende contre chacun de ceux qui seront trouvés à boire chez eux, du double en cas de récidive, même d’être poursuivis extraordinairement suivant l’exigence des cas ; enjoindre aux officiers de la justice du duché de La Rochefoucauld de tenir la main a l’exécution de l’arrêt qui interviendra ; et, en cas de contravention, de procéder contre les contrevenans par les voies de droit, ainsi qu’il appartiendra ; enjoindre pareillement aux officiers et cavaliers de maréchaussée de prêter main-forte, si besoin est, pour l’exécution du dit arrêt, lequel sera lu et publié, chaque année, à la requête du procureur général de la justice du duché de La Rochefoucauld, à l’issue des messes paroissiales, à la porte des églises situées dans l’étendue de la dite justice, imprimé et affiché partout où besoin sera, notamment dans les bourgs et paroisses situés dans l’étendue de la justice du duché de La Rochefoucauld ; la dite requête signée du procureur général du roi.
« Ouï le rapport de M" Léonard de Pahuguet d’Espagnac, conseiller ; tout considéré
« La Cour ordonne que les arrêts des 14 décembre 1565 et 3 septembre 1667 seront exécutés en conséquence, fait défenses à toutes personnes de quelqu’état et condition qu’elles puissent être, de s’assembler ni de s’attrouper, sous quelque prétexte que ce puisse être, le jour de Pâques dans la paroisse de Rouillac, le jour de la Pentecôte dans la paroisse de Cellefroin, et le jour de Noël et les deux fêtes suivantes dans la paroisse de Genac, et dans la paroisse de Saint-Cybardeau, pour jeter aucunes personnes dans l’eau, soit pour jouer à la boule, soit pour battre du tambour et danser, soit pour exiger aucunes sommes des personnes qu’ils peuvent rencontrer ; fait pareillement défenses tant aux habitans des dites paroisses de Rouillac, de Cellefroin, de Genac et de Saint-Cybardeau, qu’aux habitans des autres paroisses, situées dans l’étendue de la justice du duché de La Rochefoucauld de s’assembler les dimanches et fêtes dans les paroisses, pour y danser ou boire dans les cabarets, à peine de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenant, même d’être poursuivis extraordinairement si le cas y échet ordonne que les pères et mères à l’égard de leurs enfans, et les maîtres et maîtresses à l’égard de leurs domestiques, seront et demeureront responsables de l’amende fait défenses, sous les mêmes peines, à tous marchands, d’étaler et de vendre dans les paroisses aucunes marchandises les jours de dimanche et de fêtes, pendant le temps du Service divin, ni en tout temps après huit heures du soir en hiver, et après dix heures du soir en été, sous peine de vingt livres d’amende contre les cabaretiers et aubergistes, de cinq livres d’amende contre chacun de ceux qui seront trouvés à boire chez eux, du double en cas de récidive, même d’être poursuivis extraordinairement suivant l’exigence des cas enjoint aux officiers de la justice du duché de La Rochefoucauld ; de tenir la main a l’execution du présent arrêt, et, en cas de contravention, de procéder contre les contrevenans par les voies de droit, ainsi qu’il appartiendra ; enjoint pareillement aux officiers et cavaliers de la maréchaussée de prêter main-forte, si besoin est, pour l’exécution du présent arrêt, qui sera lu et publié chaque année, à la requête du procureur fiscal de la justice du duché de La Rochefoucauld, à l’issue des messes paroissiales, à la porte des églises situées dans l’étendue de la dite justice, imprimé et affiché partout où besoin sera, notamment dans les bourgs et paroisses situés dans l’étendue du duché de La Rochefoucauld.
« Fait en Parlement, le quatre mai mil sept cent quatre-vingt un. Collationné LUTTON. Signé Dufranc. »

Lorsque l’Assemblée constituante divisa la France par départements, La Rochefoucauld fut le chef-lieu d’un des six districts du département de la Charente ; mais le décret du 17 février 1800 supprima ce district.

Le 15 septembre 1791, par arrêté du directoire de la Charente, pris en exécution du décret relatif à la levée de 169 bataillons de volontaires, le district de La Rochefoucauld fournit 38 hommes. Le commissaire chargé du recrutement était M. de Romefort. Ces 38 hommes firent partie du 1er bataillon de la Charente, qui avait pour lieutenant-colonel en premier M. Léchelle (depuis général de division), pour capitaine de la 6e compagnie M. Lacroix (depuis général de brigade), et pour capitaine de la 8e, M. Redon.

Ce 1er bataillon partit pour la frontière le 5 décembre, et son rôle actif commence à la campagne de Belgique, où il se distingua aux premiers rangs. Les volontaires de La Rochefoucauld ont fait partie de l’armée de Sambre-et-Meuse et ont pris part à toutes les guerres de la République. On ne saurait trop louer l’admirable élan de ces soldats de 1791 et 1792.

Le 5 mai 1792, un autre décret prescrivait la levée de 45 nouveaux bataillons.

Le 11 juillet suivant, un nouveau décret, déclarant la Patrie en danger, fut proclamé à La Rochefoucauld, le 5 août. Le commissaire désigné pour le district de La Rochefoucauld, était M. Létang. Il y eut, à ce sujet, un véritable élan de patriotisme.

La totalité des bataillons de 1791 et l’immense majorité de ceux de 1792 étaient composées de véritables volontaires. A partir de 1793, l’engagement volontaire est l’exception et le recrutement forcé la règle.

Le 14 septembre 1792, fut tué à Gisors, Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, duc d’Enville, neuvième et dernier prince de Marcillac, né le 11 juillet 1743. II fut élu à l’Assemblée nationale de 1789 et fut l’un des premiers de la noblesse à brûler ses titres et à reconnaître les Droits de l’Homme.

Le 14 février 1793, par suite de la levée de 300,000 hommes, le directoire de la Charente avait pris un arrêté pour la levée d’un nouveau bataillon ; il devait être composé de 812 hommes et leur levée était confiée à des commissaires au nombre de un par canton. Les commissaires du district de La Rochefoucauld étaient Villemandy, Guionet, Descombes, Gadon-Moussac, Lassuze et Juzeaud.

Le district de La Rochetoucauld parait, d’après divers états incomplets, avoir fourni pour cette levée plus de 600 hommes, et la dépense s’est élevée à 225,283 livres.

L’alarme eut lieu en mai 1793.

En août 1793, eut lieu la levée de cavalerie et la réquisition des jeunes gens de 18 à 25 ans. Le district de La Rochefoucauld fournit 1,599 hommes.

Le 6 août 1798, on commença à loger dans le château de cette ville, des prisonniers autrichiens.

A la fin du siècle dernier, notre rivière la Tardoire mettait en mouvement, jusqu’à Rivières, vingt-neuf forges et moulins. Le Bandiat, son voisin, desservait dix-sept moulins.

XIXème siècle

Le 17 octobre 1800, remise au culte de l’église collégiale de cette ville :
« Aujourd’hui, vingt-cinq vendémiaire an IX de la République française, une et indivisible, nous, maire et adjoints de la commune de La Rochefoucauld, soussignés, en exécution des arrêtés du préfet du département de la Charente, des dix-sept prairial an VIII, et onze vendémiaire, présent mois, portant, que l’édifice national situé en cette ville et connu sous le nom d’Eglise ci-devant Collégiale, est accordé aux habitants de la dite commune de La Rochefoucauld pour l’exercice de leur culte, sous la surveillance des autorités constituées, à la charge de la prendre dans l’état où elle se trouve, de l’entretenir et réparer conformément à l’article 2 de la loi du 11 prairial an III et 7 vendémiaire an IV ; d’observer les autres dispositions des dites lois, faire enlever et transporter à leurs frais, dans le local qui sera désigné, les différents objets servant à la célébration des fêtes décadaires que l’édifice national connu sous le nom d’Église des ci-devant Carmes servira dorénavant à la célébration des têtes nationales, à la charge par les habitants de La Rochefoucauld de le réparer et entretenir, et que le maire de la dite commune est chargé de faire exécuter les dispositions des dits arrêtés.
« En conséquence de tout quoi, nous nous sommes transportés au dit édifice national situé en cette ville et connu sous le nom d’Église ci-devant Collégiale et, y étant entrés, avons trouvé :
- 1° Le portrait du premier Consul, Bonaparte, enchâssé dans un cadre en bois et attaché à un des murs, à gauche en entrant
- 2° Un autel à la Patrie, orné de huit colonnes en bois, garnies de papiers peints de différentes couleurs, au bout de chacune desquelles colonnes est attaché un morceau de drap tricolore
- 3° Deux autres colonnes en bois, sur chacune desquelles il y a un Chérubin ;
- 4° Deux tribunes en bois, en forme de galeries, étant de chaque côté du dit édifice, en avant du dit autel, de chacune 29 pieds de long sur 5 pieds et demi de hauteur
- 5° Quatre petits bancs en bois, portatifs et en bon état
- 6° Une table en bois de chêne, avec ses deux tréteaux de même bois et en bon état
- 7° Dix-sept chaises en bois, garnies de joncs, mi-usées
- 8° Une échelle double en bois, garnie, en tête, d’un crampon de fer et en état de servir.
- 9° Trois moyens canons de fonte, non montés sur affûts
- 10° Un petit canon, monté sur son affût
- 11° Un petit chariot, vulgairement appelé Diable, garni de ses deux roues ferrées
- 12° Un affût de canon, non monté sur ses roues
- 13° Enfin, cinq pyramides, dont deux en assez bon état et les trois autres hors d’état de servir, et une oriflamme aux trois couleurs, en assez bon état.
« Tous lesquels objets avons fait transférer dans le dit édifice national connu sous le nom d’Ëglise des ci-devant Carmes pour y être placés et remontés de la manière la plus convenable pour servir à la célébration des fêtes nationales.
« Qui est tout ce que nous avons trouvé et jugé nécessaire d’être employé à ces présentes.
« Fait et arrêté dans le dit édifice de la ci-devant Eglise collégiale de La Rochefoucauld, les jour, mois et an que dessus.
« Signé LARUHE, maire, et ROCHER, 1er adjoint. »

Dans la nuit du 6 au 7 février 1802, il y eut une crue considérable de la Tardoire, qui causa de grands dégâts.

Procès-verbal du massacre qui a été commis le 20 vendémiaire an XIII, à trois heures de relevée, dans la rue Porte-Marillac de cette ville, par les soldats du 2ème bataillon de la légion du Midi, qui ont tué à coups de sabres l’un des gendarmes de cette ville et grièvement blessé les quatre autres.
« Aujourd’hui, vingt vendémiaire an XIII et le premier de l’Empire français, nous, Martial Laruhe, maire de la ville de La Rochefoucauld, Blaise Rocher et Barthélemy Bricaille, nos adjoints, nous étant aperçus qu’il y avait une rumeur conséquente dans la rue Porte-Marillac de cette ville, nous sommes transportés au dit endroit, à l’effet de reconnaître quelle pouvait en être la cause. Nous avons aperçu, en nous y rendant, plusieurs soldats, grenadiers et autres du 2e bataillon de la 1ère légion du Midi, arrivés hier en cette ville, qui se dirigeaient en armes et avec précipitation du côté de la dite rue et, y étant arrivés nous-mêmes, nous avons entendu plusieurs habitants de cette ville qui criaient « On égorge les gendarmes ». Nous nous sommes portés aussitôt au devant de la maison du sieur Larocque fils, cabaretier, située en face de la maison du sieur Brun, cafetier. Là, nous avons vu plusieurs grenadiers de la dite légion, le sabre nu à la main et d’autres la bayonnette au bout du fusil, qui criaient : « Aux armes » frappaient avec violence sur plusieurs gendarmes de la brigade de cette résidence, qu’ils étaient parvenus à désarmer, à ce que nous en avons jugé par les sabres des gendarmes dont les dits soldats étaient nantis.
« Etant revêtus de notre décoration ordinaire, nous avons sommé les dits soldats, au nom de la loi, de cesser leurs cris, de remettre le sabre au fourreau et de se retirer chacun à leur logement. Quelques gendarmes, qui étaient parvenus à se retirer des mains des dits soldats et à se sauver dans l’une des chambres hautes de la maison du dit Larocque, cabaretier, ayant entendu notre voix, ont paru à la croisée donnant sur la rue, ayant la figure couverte de sang et nous ont appelés à leur secours en criant qu’on les égorgeait. Nous avons fait inutilement plusieurs efforts pour parvenir jusqu’à la dite chambre, mais nous en avons été empêchés par la grande quantité de soldats armés qui obstruaient la porte d’entrée de la dite maison, qui méconnaissaient notre caractère et avaient les sabres nus sur la tête des deux adjoints, dont l’un d’eux, le sieur Rocher, a failli être frappé et n’a évité le coup qu’en arrêtant le bras du soldat qui se dirigeait sur sa tête.
« A l’instant, est arrivé M. Othon de Mautour, chef du dit bataillon, qui, l’épée nue à la main, a parlé avec force et vigueur aux dits soldats mutinés, leur a ordonné de se retirer à leurs logements, les menaçant de les faire punir sévèrement de leur insubordination, et est parvenu, après bien des efforts et après avoir couru personnellement des dangers, à ramener le calme dans la dite maison. Il a sauvé la vie au maréchal des logis et a un des gendarmes en les couvrant de son corps, et a fait entrevoir aux deux adjoints qu’ils pouvaient être victimes de la fureur des soldats qui méconnaissaient leur caractère et son autorité et, les invitant à se mettre à couvert, qu’il ferait tous ses efforts pour faire rentrer les soldats dans l’ordre.
« Pendant ce temps, le sieur Jean Bernardon, l’un des gendarmes de cette brigade, étant accouru pour contribuer au maintien du bon ordre, a été aussitôt environné de grenadiers du dit bataillon, qui l’ont assailli et l’ont tué dans la rue à coups de sabres. Tout le corps des officiers du dit bataillon s’est réuni au commandant et, aidés des sous-officiers, sont parvenus, après bien des efforts, à faire retirer les soldats à leurs logements, frappant du plat de l’épée ceux qui résistaient et les menaçant de punitions exemplaires.
« Le commandant a fait prendre les armes à une partie de la compagnie des grenadiers et a commandé des patrouilles qui se sont faites de suite et réitérées le reste de la journée, ayant un officier à leur tête.
« En général nous devons des éloges à la conduite de tous les officiers et d’une partie des sous-officiers dans la circonstance malheureuse dont nous venons de parler. Nous étant informés des motifs de cet événement, nous avons appris que plusieurs grenadiers, ayant été boire au cabaret du dit sieur Larocque, ont présenté en payement de leur dépense une pièce de douze sols n’ayant aucune empreinte que le cabaretier, l’ayant refusée, a appelé le sieur Randon, l’un des gendarmes, pour décider si la pièce était recevable ce dernier ayant déclaré que non, voulut forcer les grenadiers à en donner une autre ; ces derniers s’y sont refusés. Le maréchal des logis et deux autres gendarmes étant arrivés et ayant appuyé la décision de leur camarade, les dits grenadiers se sont portés envers eux aux excès dont nous venons de parler.
« De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, à la mairie, où nous nous sommes retirés, le dit jour, 20 vendémiaire an XIII, et le premier de l’Empire français, à cinq heures de relevée, pour en être délivré copie au commandant, s’il le juge à propos, et avons signé.
« Signé au registre LARUHE, maire Rocher, 1er adjoint Bricaille, 2e adjoint. »

Sous le premier Empire, le Collège de La Rochefoucauld fut transporté au château. M. Delfau était le chef de cet établissement, dont la commune payait la ferme à M. le duc de La Rochefoucauld.

Le 6 mars 1814, le maire de cette ville enjoint au sieur Delage, gardien du château et représentant du propriétaire, qu’il requiert à cet effet, de recevoir et aider les ouvriers chargés de prendre les dispositions convenables et faire dans le château les réparations nécessaires, pour y recevoir, dans deux jours, 1,200 prisonniers de guerre. Il en vint 900. C’étaient des prisonniers russes.

En 1814, le sieur Albert Cojola, étranger, était employé en qualité d’interprète auprès des prisonniers russes logés au château.

Le 2 juillet 1815, le comte de Las Cases, secrétaire de Napoléon Ier, son fils et MM. de Montholon, Planat et Résigny, se rendant de Paris à Rochefort, pour accompagner l’Empereur, arrivèrent à La Rochefoucauld, où ils dinèrent et repartirent le même jour pour Jarnac, où ils arrivèrent à sept heures du soir.

En 1815, l’éclairage public fut établi à La Rochefoucauld au moyen de réverbères.

Le 2 avril 1818, le Conseil municipal de cette ville prit la résolution d’imposer l’obligation à l’école, au sujet du nouvel enseignement mutuel.

En 1825, le vieux pont du château fut reconstruit.

Dans la même année, les halles et le minage cessèrent d’appartenir à M. le duc de La Rochefoucauld, la ville en ayant fait l’acquisition. Les anciens fossés de la ville furent comblés et convertis en boulevards.

Le 10 mai 1829, jour de la foire, il y eut en cette ville une émeute causée par l’accaparement des grains. On ne vit à la tête de ce mouvement que des femmes exaspérées, qui arrêtèrent à la sortie de la ville, à la Chabanne, des charrettes chargées de blé, en jetèrent quelques sacs sur la route et les éventrèrent avec leurs couteaux.

En 1840, l’ancienne halle située dans la rue de ce nom, fut démolie pour l’assainissement et l’embellissement de cette rue.

En 1846, a été démolie l’ancienne porte de ville dite Porte de Marillac, qui faisait partie du mur d’enceinte de La Rochefoucauld.

En 1855, a été refondue, à La Rochefoucauld, la grosse cloche de l’église paroissiale de cette ville. Sur cette cloche, qui fut brisée dans les troubles de religion et refondue en 1590, l’auteur de ces annales a relevé l’inscription suivante :

Jesus Maria. Laudo Deum. Plebem voco. Congrego clerum. Defunctos ploro. Festa quoque magna decoro. Vox mea cunctorum sit terror demoniorum. Anno Domini incarnati MDcIIIIxxX. Dirupta fui mala tempestate, sed nunc restituta sum per duos decanum et canonicos hujus Ecclesiae beatae Mariae. Guillelmus Gaubert, Decanus primus.
Nomine HPMPM.

En 1859, eut lieu un grand débordement de la rivière. L’inondation couvrit le champ de foire, la place du Marché et plusieurs rues et causa l’écroulement de deux maisons, l’une rue des Halles et l’autre rue des Tanneurs.

Le 20 juillet 1860, à deux heures de l’après-midi, le corps de Mme Louise-Pauline Vilain de Gand de Mérode de Montmorency, née princesse de Malines, épouse de Louis-Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Rocheguyon, pair de France, renfermé dans un cercueil de plomb, a été exhumé de la nef de l’église paroissiale de La Rochefoucauld et a été transporté dans le mur de la chapelle de la sainte Vierge qui est en voie de construction.
En 1887, M. Léon Dumys mit à découvert dans l’église d’Anais, à l’intérieur de l’église, sur le mur de l’Ouest et sous un plâtrage épais de plusieurs millimètres, une large bande noire mesurant 62 centimètres de hauteur, sur laquelle se détachait, peint à fresque, un double écusson d’alliance, surmonté d’une couronne ducale, ornée d’une mélusine en cimier, et abrité sous les plis d’un manteau d’hermine aux revers armoriés.

Le premier écu (celui du mari) portait burelé d’argent et d’azur, de dix bandes, à trois chevrons de gueules, le premier écimé, brochant sur le tout. Le second (celui de la femme), d’hermine au chef de gueules, qui est de Vivonne.

Ces écussons, répétés six fois, constituaient la litre ou ceinture funèbre de François VI, duc de La Rochefoucauld, qui avait épousé Andrée de Vivonne et qui était seigneur haut justicier du lieu.

La ville de La Rochetoucauld a eu des hommes remarquables parmi lesquels il faut citer :
- Benjamin de Daillon, ministre de l’Église réformée
- Jean Hérault de Gourville, homme d’Etat
- Jean Léchelle, général de division
- Mathieu Lacroix, général et baron de l’Empire.

Source : Quelques Annales de la ville de La Rochefoucauld, de M. J. Fermond.

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Autoportrait du duc François de la Rochefoucauld

Je suis d’une taille médiocre, libre et bien proportionnée. J’ai le teint brun, mais assez uni ; le front élevé, et d’une raisonnable grandeur ; les yeux noirs, petits et enfoncés ; et les sourcils noirs et épais, mais bien tournés. Je serois fort empêché de dire de quelle sorte j’ai le nez fait ; car il n’est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois : tout ce que je sais, c’est qu’il est plutôt grand que petit, et qu’il descend un peu trop bas. J’ai la bouche grande, et les lèvres assez rouges d’ordinaire, et ni bien ni mal taillées. J’ai les dents blanches et passablement bien rangées. On m’a dit autrefois que j’avois un peu trop de menton : je viens de me regarder dans le miroir pour savoir ce qui en est ; et je ne sais pas trop bien qu’en juger. Pour le tour du visage, je l’ai ou carré ou ovale ; lequel des deux, il me seroit difficile de le dire. J’ai les cheveux noirs, naturellement frisés, et avec cela assez épais et assez longs pour pouvoir prétendre en belle tête.

J’ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine : cela fait croire à la plupart des gens que je suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout. J’ai l’action fort aisée, et même un peu trop, et jusqu’à faire beaucoup de gestes en parlant. Voilà naïvement comme je pense que je suis fait au dehors ; et l’on trouvera, je crois, que ce que je pense de moi là-dessus n’est pas fort éloigné de ce qui en est. J’en userai avec la même fidélité dans ce qui me reste à faire de mon portrait ; car je me suis assez étudié pour me bien connoître, et je ne manquerai ni d’assurance pour dire librement ce que je puis avoir de bonnes qualités, ni de sincérité pour avouer franchement ce que j’ai de défauts.

Premièrement, pour parler de mon humeur, je suis mélancolique, et je le suis à un point que depuis trois ou quatre ans à peine m’a-t on vu rire trois ou quatre fois. J’aurois pourtant, ce me semble, une mélancolie assez supportable et assez douce, si je n’en avois point d’autre que celle qui me vient de mon tempérament ; mais il m’en vient tant d’ailleurs, et ce qui m’en vient me remplit de telle sorte l’imagination et m’occupe si fort l’esprit, que la plupart du temps, ou je rêve sans dire mot, ou je n’ai presque point d’attache à ce que je dis. Je suis fort resserré avec ceux que je ne connois pas, et je ne suis pas même extrêmement ouvert avec la plupart de ceux que je connois. C’est un défaut, je le sais bien, et je ne négligerai rien pour m’en corriger : mais comme un certain air sombre que j’ai dans le visage contribue à me faire paraître encore plus réservé que je ne le suis, et qu’il n’est pas en notre pouvoir de nous défaire d’un méchant air qui nous vient de la disposition naturelle des traits, je pense qu’après m’être corrigé au-dedans, il ne laissera pas de me demeurer toujours de mauvaises marques au dehors.

J’ai de l’esprit et je ne fais point difficulté de le dire car à quoi bon façonner là dessus tant biaiser et tant apporter d’adoucissement pour dire les avantages que l’on a c’est ce me semble cacher un peu de vanité sous une modestie apparente et se servir d’une manière bien adroite pour faire croire de soi beaucoup plus de bien que l’on n’en dit. Pour moi je suis content qu’on ne me croie ni plus beau que je me fais, ni de meilleur humeur que je me dépeins, ni plus spirituel et plus raisonnable que je le suis. J’ai donc de l’esprit encore une fois, mais un esprit que la mélancolie gâte ; car encore que je possède assez bien ma langue, que j’aie la mémoire heureuse, et que je ne pense pas les choses fort confusément, j’ai pourtant une si forte application à mon chagrin, que souvent j’exprime assez mal ce que je veux dire.

La conversation des honnêtes gens est un des plaisirs qui me touchent le plus. J aime qu’elle soit sérieuse, et que la morale en fasse la plus grande partie. Cependant je sais la goûter aussi lorsqu’elle est enjouée, et si je ne dis pas beaucoup de petites choses pour rire, ce n’est pas du moins que je ne connoisse pas ce que valent les bagatelles bien dites, et que je ne trouve fort divertissante cette manière de badiner, où il y a certains esprits prompts et aisés qui réussissent si bien. J’écris bien en prose, je fais bien en vers, et si j’étois sensible à la gloire qui vient de ce côté-là, je pense qu’avec peu de travail je pourrois m’acquérir assez de réputation.

J’aime la lecture en général : celle où il se trouve quelque chose qui peut façonner l’esprit et fortifier l’âme est celle que j’aime le plus. Surtout j’ai une extrême satisfaction à lire avec une personne d’esprit ; car de cette sorte on réfléchit à tout moment sur ce qu’on lit, et des réflexions que l’on fait il se forme une conversation la plus agréable du monde et la plus utile.

Je juge assez bien des ouvrages de vers et de prose que l’on me montre ; mais j’en dis peut-être mon sentiment avec un peu trop de liberté. Ce qu’il y a encore de mal en moi, c’est que j’ai quelquefois une délicatesse trop scrupuleuse et une critique trop sévère. Je ne hais pas entendre disputer, et souvent aussi je me mêle assez volontiers dans la dispute : mais je soutiens d’ordinaire mon opinion avec trop de chaleur ; et lorsqu’on défend un parti injuste contre moi, quelquefois, à force de me passionner pour la raison, je deviens moi-même fort peu raisonnable.

J’ai les sentimens vertueux, les inclinations belles, et une si forte envie d’être tout à fait honnête homme, que mes amis ne me sauroient faire un plus grand plaisir que de m’avertir sincèrement de mes défauts. Ceux qui me connoissent un peu particulièrement, et qui ont eu la bonté de me donner quelquefois des avis là-dessus, savent que je les ai toujours reçus avec toute la joie imaginable, et toute la soumission d’esprit que l’on sauroit désirer.

J’ai toutes les passions assez douces et assez réglées : on ne m’a presque jamais vu en colère, et je n’ai jamais eu de haine pour personne. Je ne suis pas pourtant incapable de me venger si l’on m avoit offensé et qu’il y allât de mon honneur à me ressentir de l’injure qu’on m’auroit faite ; au contraire je suis assuré que le devoir feroit si bien en moi l’office de la haine que je poursuivrois ma vengeance avec encore plus de vigueur qu’un autre.

L’ambition ne me travaille point. Je ne crains guère de choses et ne crains aucunement la mort. Je suis peu sensible à la pitié, et je voudrois ne l’y être point du tout. Cependant il n’est rien que je ne fisse pour le soulagement d’une personne affligée, et je crois effectivement que l’on doit tout faire, jusqu’à lui témoigner même beaucoup de compassion de son mal ; car les misérables sont si sots, que cela leur fait le plus grand bien du monde. Mais je tiens aussi qu’il faut se contenter d’en témoigner et se garder soigneusement d’en avoir : c’est une passion qui n’est bonne à rien au dedans d’une âme bien faite, qui ne sert qu’à affoiblir le cœur, et qu’on doit laisser au peuple, qui n’exécutant jamais rien par raison, a besoin de passions pour le porter à faire les choses.

J’aime mes amis et je les aime d’une façon que je ne balancerais pas un moment à sacrifier mes intérêts aux leurs. J’ai de la condescendance pour eux, je souffre patiemment leurs mauvaises humeurs : seulement je ne leur fais beaucoup de caresses, et je n’ai pas non plus de grandes inquiétudes en leur absence.

J’ai naturellement fort peu de curiosité pour la plus grande partie de ce tout qui en donne aux autres gens. Je suis fort secret, et j’ai moins de difficulté que personne à taire ce qu’on m’a dit en confidence. Je suis extrêmement régulier à ma parole ; je n’y manque jamais, de quelque conséquence que puisse être ce que j ai promis ; et je m’en suis fait toute ma vie une loi indispensable. J’ai une civilité fort exacte parmi les femmes ; et je ne crois pas jamais avoir rien dit devant elles qui leur ait pu faire de la peine. Quand elles ont l’esprit bien fait, j’aime mieux leur conversation que celle des hommes : on y trouve une certaine douceur qui ne se rencontre point parmi nous ; et il me semble, outre cela, qu’elles s’expliquent avec plus de netteté, et qu’elles donnent un tour plus agréable aux choses qu’elles disent. Pour galant, je l’ai été un peu autrefois ; présentement je ne le suis plus, quelque jeune que je sois. J’ai renoncé aux fleurettes et je m’étonne seulement de ce qu’il y a encore tant d’honnêtes gens qui s’occupent à en débiter.

J’approuve extrêmement les belles passions ; elles marquent la grandeur de l’âme ; et quoique dans les inquiétudes qu’elles donnent il y ait quelque chose de contraire à la sévère sagesse, elles s’accommodent si bien d’ailleurs avec la plus austère vertu, que je crois qu’on ne les sauroit condamner avec justice. Moi, qui connois tout ce qu’il ya de délicat et de fort dans les grands sentimens de l’amour, si jamais je viens à aimer, ce sera assurément de cette sorte : mais, de la façon dont je suis, je ne crois pas que cette connoissance que j’ai me passe jamais de l’esprit au cœur.

Source : Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe, de Joseph-François Michaud.

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Généalogie de la famille de la Rochefoucauld - 2ème partie

Comtes de Saint-Ilpice

— XXI. Henri-Gaston de la Rochefoucaud-Langheac, Comte de Saint-Ilpice, second fils de Louis-Antoine, & de Louise de la Guiche, vivant en 1656, épousa Anne de Beauverger, dont :

— XXII. Jean-Antoine de la Rochefoucaud, Comte de Saint-Ilpice, qui épousa Marie Madelene de Michel, Dame de Lachant, de laquelle sont issus :

• 1. Jean-Joseph, qui suit ;
• 2. Dominique, sacré Archevêque d’Alby le 29 Juin 1747, Prieur de la Charité-sur-Loire, au Diocèse de Nevers, Abbé-Général de Cluny après la mort du Cardinal de la Rochefoucaud en 1757, Archevêque de Rouen depuis 1759 ; nommé, le 23 Février 1777, par Sa Majesté pour un Chapeau de Cardinal ;
• 3. Jean-Antoine, Religieux de Cîteaux, Prieur claustral de l’Abbaye d’Aubepierre en la Marche ;
• 4. Marie-Madelene, mariée à Hyacinthe de Lastic, Seigneur-Comte de Fournel en Auvergne ;
• 5. Antoinette, mariée, le 14 Août 1747, à Christophe de Châteauneuf-Randon, Comte d’Apcher, morte, en Janvier 1751, d’une suite de couches ;
• 6. & Françoise-Marie, femme de N. de Brunet-de-Pujols, Comte de Panat, Capitaine de Vaisseau.

— XXIII. Jean-Joseph de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, Seigneur-Comte de Rochegoude, Neuve-Eglise & Cussac en Auvergne, Brigadier des Armées du Roi du 1 Janvier 1748, Mestre-de-Camp de Cavalerie d’un Régiment de son nom, Maréchal-de-Camp le 10 Février 1759, aujourd’hui chef de la branche de la Rochefoucaud-Langheac, cousin issu-de-germain du feu Marquis d’Urfé, a épousé, le 2 Avril 1748, Marie-Anne Thomas-de-Pange, fille de Jean-Batiste-Benoit, Seigneur de Pange en Lorraine, Trésorier-Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, & Trésorier-Général de l’Extraordinaire des Guerres, & de Françoise de Thumery.

Comtes de Lorac, Marquis de Rochebaron

— XX. Charles-Ignace de la Rochefoucaud, Seigneur d’Omeyrac, qratrième fils de Jacques, & de Françoise, Dame de Langheac, épousa, le 1 Août 1624, Claude-Guillelmine du Cluzel, fille de Louis, & d’Alix de Rosille, Dame de Lorac, dont :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. Louis-Antoine, rapporté après la postérité de son aîné ;
• 3. Gabrielle, mariée à Claude de Fontanges, Seigneur de Velzic en Auvergne :
• 4. Marie, femme de Pierre de Cordeboeuf, Seigneur de Beauverger-Montgon ;
• 5. autre Marie, Religieuse à Sainte-Marie du Puy ;
• 6 & 7. Gabrielle & Jeanne, Religieuses à Saint-Joseph de Brioude.

— XXI. Louis de la Rochefoucaud, Comte de Lorac, épousa Catherine des Serpens, fille de Claude, Comte de Gondras, & d’Antoinette de Rochebaron, de laquelle est issu :

— XXII. Charles-Ignace de la Rochefoucaud, Marquis de Rochebaron, marié à Madelene d"Escoubleau, fille de Pierre, Seigneur de Sury en Forez, & de la Chapelle, Marquis de Sourdis, Capitaine au Régiment des Gardes-Françoises, Lieutenant de Roi en Mâconnois, & de Mane-Chrétienne de Cremeaux-d’Entragues. Elle est morte au mois de Février 1720, & a eu de son mariage, entr’autres enfans :

• 1. François de la Rochefoucaud, Marquis de Rochebaron, Commandant dans le Forez & le Lyonnois, cousin au 4e degré de l’Archevêque de Rouen. Il a épousé, en Juin 1764, Marie-Anne-Joachim de Foudras, & est mort à Lyon le 26 Décembre 1766, âgé de 89 ans ;
• 2. un autre fils, ci-devant Capitaine dans le Régiment de Sully, Cavalerie, qui épousa sa cousine-issue-de-germain, fille de Charles-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Magny, puis de Gondras, & de Marie-Claude de Reymond, dont un fils, mort de la rougeole, au Collège d’Harcourt à Paris, le 15 Septembre 1732 ;
• 3. & Bénigne-Constance, née le 12 Juin 1683, Religieuse aux Filles de la Visitation, rue du Bac à Paris, ou elle est morte le 30 Septembre 1723, âgée de 40 ans.

Comtes de Gondras

— XXI. Louis-Antoine de la Roohefoucaud, Comte de Gondras, second fils de Charles-Ignace, & de Claude-Guillelmine du Cluzel, épousa, le 6 Avril 1654, Gabrielle des Serpens, soeur de Catherine des Serpens, femme de Louis de la Rochefoucaud, Comte de Lorac, son frère aîné. Elle porta le Comté de Gondras à son mari, & en eut :

• 1. Charles-Ignace, Prieur de Saint-Hilaire d’Omeyrac, & Chanoine de Saint-Pierre de Mâcon, mort en 1706 ;
• 2. Charles-Louis, qui suit ;
• 3. Louis-Charles, reçu Chevalier de Malte au Grand-Prieuré d’Auvergne, mort Exempt des Gasdes-du-Corps du Roi ;
• 4. Jeanne-Louise, morte Religieuse Ursuline à Ambert ;
• 5. & Jacqueline, morte Religieuse à Marcigny.

— XXII. Charles-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Magny, pois de Gondras, Exempt des Gardes-du-Corps du Roi, Gouvernent du Pont de Vesle en 1703, épousa Marie-Claude de Reymond, dont deux filles : l’une mariée au Marquis de Rochebaron, Capitaine de Cavalerie au Régiment de Sully & l’autre, Religieuse a l’Abbaye de Chasses, au Diocèse de Saint-Flour.

Comtes de Cousage

— XX. Henri de la Rochefoucaud, Baron d’Arlet, septieme fils de Jacques, Baron de Chaumont-sur-Loire, & de Françoise de Langheac, épousa Claude-Françoise de Polignac, fille de François, Seigneur d’Auzon, & d’Anne de Chazeron, dont :
— XXI. François de la Rochefoucaud, Comte de Cousage, marié à Louise de Saint-Martial, fille d’Hercule, Comte de Drugeac, de laquelle sont issus :

• 1. Henri, qui suit ;
• 2. & 3. Louis & Annet ;
• 4. & N... de la Rochefoucaud-Cousage, Abbesse de l’Abbaye Royale de Montmartre en Mars 1735, où elle est morte en 1760.

— XXII. Henri de la Rochefoucaud, Comte de Cousage, né en 1659, a laissé de son mariage :

• 1. N… de la Rochefoucaud, Marquis de Cousage, marié, & sans enfans, en 1753 ;
• 2. Henri-François, Comte de Cousage, chef d’escadre en Octobre 1764 ;
• 3. & une fille, qui est Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux depuis 1743.

Branche des Seigneurs de Vertueil, Nouans & de Melleran, sortie de la première

— XI. Geoffroi de la Rochefoucaud, Seigneur de Vertueil, second fils d’Aimery, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, &c. & de Dauphine de la Tour, succéda à son oncle Geoffroi, Chanoine d’Angouléme, en la Seigneurie de Vertueil ; & épousa Alix de Mesle, qui étoit veuve de lui en 1329. Leurs enfans furent :

• 1. Geoffroi, II. du nom, Seigneur de Vertueil, qui plaidoit contre le Prieur de Marthon, le 28 Février 1331 ;
• 2. Gui, qui suit ;
• 3. & Aimery, rappellé dans le même acte.

— XII. Gui de la Rochefoucaud, Seigneur de Vertueil après son frère, fut un de ceux auquel Aimery, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, &c. recommanda la tutelle de Gui, son fils, par son testament de l’an 1362. Les inventaires des titres de la Maison de la Rochefoucaud portent qu’en 1388 il y eut une donation dudit Gui, fils de Geoffroi, à Geoffroi, qui suit, son fils, de la Terre de Vertueil.

— XIII. Geoffroi de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Vertueil, servoit en 1373, qu’il fut payé de ses gages & de ceux de ses Gendarmes, par Mandement du 17 Août, & aussi ès années 1381 & 1382, qu’il prenoit la qualité de Seigneur de Barbesieux & de Vertueil ; se trouva au siége de Bourbourg en 1383, fervit, en 1388, sous le Seigneur de Naillac, puis en Guienne en 1389 & les années suivantes, sous le Sire de Coucy, & sous le Duc d’Orléans en 1399. 11 vivoit encore en 1402, & eut probablement pour femme Agnès de Barbesieux, fille d’Ithier, Seigneur de Barbefieux, & d’Aenor de Sully. Elle devint héritière de sa Maison, & eut pour enfans :

• 1. Raimond, Seigneur de Vertueil, mort, sans postérité, le 22 Juillet 1414 ;
• 2. Jean, Sénéchal de Poitou, aussi décédé sans enfans ;
• 3. & Gui, qui suit.

— XIV. Gui de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Vertueil & de Barbesieux, fut retenu par le Duc de Bourgogne, pour le suivre au voyage qu’il faisoit en Bretagne, en 1394 ; reçut, la même année, 3000 livres, en considération de ses services, & 1000 liv. en 1395, pour la garde des Châteaux & Forteresses qu’il avoit en Guienne & en Angoumois, sur les frontières des ennemis, & vivoit encore en 1432. Il avoit épousé, 1°. en 1382, Rosine de Montault, morte en 1404, fille & héritière de Raimond, Seigneur de Mucidan, Montendre, Montguyon, Sainte-Neomoye & Blaye, & de Marguerite d’Albret ; 2°. Marie d’Usaiges, Dame de Nouans & de Courpoutrain au Maine ; & 3°. Jeanne de Rougemont, veuve de Guillaume Sanglier, Seigneur de Bizay & de Bournan.
Du premier lit il eut :

• 1. Mondon, vivant en 1414, mort avant son pere ;
• 2. Jean, Seigneur de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac, qui rendit de grands services au Roi Charles VII, dans tes guerres contre les Anglois, & particulièrement à la défense de la ville de Bourg. Il testa le 14 Août 1439, & ordonna sa sépulture dans l’Aumônerie de Vertueil. Il avoit épousé Jeanne Sanglier, Dame de Château-Guibert, &c. fille du susdit Guillaume, & de Jeanne de Rougemont. Elle se remaria, environ l’an 1445, à Jean, Seigneur de Husson, avec lequel elle vivoit en 1468. De son premier lit elle n’eut que deux fils : — l’aîné, Georges, décédé, sans enfans, le 10 Avril 1457, & enterré aux Cordelièrs de Vertueil ; —le second, François, mort jeune ; —— & une fille, nommée Marguerite de la Rochefoucaud, Dame de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac, Terres dont elle hérita. Elle fut mariée, 1°. par contrat du 27 Février 1446, à Jean, Seigneur de la Rochefoucaud, son parent (mentionné au XVe degré de la première branche), fils aîné de Foucaud, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, & de Jeanne de Rochechouart ; & 2°. à Hardouin, IX. du nom, Baron de Maillé, avec lequel elle vivoit en 1477, & elle en étoit veuve en 1487.
• 3. Françoise, femme 1°. de Gilbert d’Appelvoisin, Seigneur de la Guiroire ; & 2°. de Renaud Chabot, Seigneur de Jarnac, fils de Louis, I. du nom, Seigneur de la Grève, & de Jeanne, Dame de Montbazon, dont elle fut la première femme.

Du second lit sortirent :

• 4. Jean, Seigneur de la Boissiere, mort sans enfans ;
• 5. Guillaume, qui suit ;

& du troisième lit :

• 6. Gui, auquel son frère donna, par son testament, les Terres de la Faye & de Montendre, dont il fit hommage. Il étoit Sénéchal d’Angoumois en 1453, ayant zo hommes d’armes & 36 Archers sous lui, & mourut avant 1463, fans enfans de Guillemette de la Rochefoucaud, sa parente, qu’il avoit épousée en 1456, seconde fille d’Aymar, Seigneur de Montbazon, &c. & de Jeanne de Martreuil, comme il a été dit à la branche aînée ;
7. & Philippine, femme de Jean de Mortemer, Seigneur de Coué.

— XV. Guillaume de la Rochefoucaud, Seigneur de Nouans & de Courpoutrain, du chef de Marie d’Usaiges, sa mere, seconde femme de Gui de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Vertueil & de Barbesieux, son pere, de Melleran, de la Bergerie & du Parc-d’Archiac, à cause de sa femme, au nom de laquelle il fit hommage, le 6 Juillet 1445, de ce qu’il tenoit du Seigneur de la Rochefoucaud. Il fit son testament le 6 Septembre 1479, par lequel il fonda quatre Chapellenies dans la Chapelle de l’Aumônerie de Vertueil, ou il fut enterré, étant mort en 1487. II avoit épousé, en 1445, Marguerite de Torsay, fille unique & héritière de Guillaume, Seigneur de Melleran, la Bergerie & du Parc-d’Archiac, & de Jeanne d’Archiac. Elle mourut en 1463, ayant eu 11 enfans, sçavoir :

• 1. Philippe, qui suit ;
• 2. François, mort jeune ;
• 3. Charles, Religieux aux Cordeliers de Vertueil ;
• 4. Guillaume, auteur de la branche des Seigneurs de Bayers & de la Bergerie, rapportée ci-après ;
• 5. Philippine, mariée, par contrat du 21 janvier 1453, à Charles de Melun, Seigneur de Normanville & de Nantouillet, Grand-Maître de France ;
• 6. Guyonne, femme de Jacques du Pleffis, Seigneur de la Bourgonniere ;
• 7 & 8. Egyptienne-Françoise & Jeanne, Religieuses,
• 9. Jeanne, mariée à Louis, Seigneur du Fouilloux : elle étoit veuve en 1507, & vivoit encore en 1511 ;
• 10. Catherine, mariée 1°. à Jacques de Mathefelon, Seigneur d’Antoigné ; & 2°. à Jean de Beaumanoir, II. du nom, Seigneur de Lavardin ;
• 11. & Charlotte de la Rochefoucaud, femme de Jacques de la Rochefaton, Seigneur de Saveilles, fils de Thibaud de la Rochefaton-, & de Jeanne de Montalembert,

— XVI. Philippe de la Rochefoucaud, Seigneur de Melleran, d’Aunac, de Nouans, &c. obtint la Terre de Bayers du Seigneur de la Rochefoucaud, & mourut, du vivant de son pere, avant 1484. Il avoit épousé Renée de Beauvau, fille de Pierre, Seigneur de la Bessiere, & d’Anne de Fontenays, Dame du Rivau, dont :

• 1. Jacques, Seigneur de Melleran, d’Aunac & de Nouant, qui fit partage avec ses sœurs & ses beaux - frères en 1507, & mourut sans enfans de Blanche de Montberon, sa femme, fille d’Eustache de Montberon, Vicomte d’Aunay, & de Marguerite d’Estuert ;
• 2. Jeanne, mariée, par contrat du 14 Novembre 1491, à François de Volvire, Seigneut de Ruffec, veuf d’Anne, bâtarde de Guienne, fille naturelle de Charles de France, Duc de Guienne, & de Colette de Chambes-Montsoreau. Il étoit fils de Jean de Volvire, Seigneur de Ruffec, & de Catherine de Comborn, & sa femme mourut, sans enfans, en 1506,
• 3. Marguerite, mariée, par contrat du même jour que sa sœur aînée, à Charles de Volvire, Seigneur de Raiz, frère puîné de François, Seigneur de Ruffec, dont on vient de parler ;
• 4. & Jacquine de la Rochefoucaud, femme, par contrat du 13 Juin 1495, de Jean de la Chambre, Seigneur de Villeneuve-la-Comtesse & de Champagné-Mouson.

Branche des Seigneurs de Bayers & de la Bergerie, sortie des Seigneurs de Nouans

— XVI. Guillaume de la Rochefoucaud, quatrième fils de Guillaume, Seigneur de Nouans, & de Marguerite de Torsay, fut Seigneur de la Bergerie, auprès de Tonnay-Charente, de l’Arthusiere, du Parc-d’Archiac, par donation de son pere, du 7 Décembre 1481, & de celle de Bayers, par transaction passée à Aunac le 18 Avril 1488, ratifiée aux grandes Assises de Vertueil le 9 Septembre 1489. Il étoit Capitaine du Château de Montendre en 1492, & fit son testament le 17 Septembre 1510, par lequel il élut sa sépulture, conjointement avec sa femme, en la Chapelle de l’Aumônerie de Vertueil. Il avoit épousé, avant 1490, Francoife de la Haye, Dame de la Forêt-Sainte-Vierge, fille aînée de Nicolas, Seigneur de la Godeliniere & de la Forêt-Sainte-Vierge, & de Catherine de la Rochefaton. Elle fonda, avec son mari, deux Chapelles en l’Eglise de Bayers, & vivoit encore en 1529. Ils eurent, pour fils unique :
— XVII. René de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, de la Bergerie, du Parc-d’Archiac, de la Forêt-Sainte-Vierge & de la Rocheboureau, qui testa le 5 Décembre 1529, élut sa sépulture dans l’Eglise de Bayers, & mourut le 7 du même mois, que sa veuve fit faire son inventaire. Il avoit épousé, par contrat du 24 Juillet 1516, Marguerite de Linières-Airvault, Dame de Neuilly-le-Noble, fille de Jacques de Linieres, Baron d’Airvault, Seigneur de Neuilly-Ie-Noble & de Bergeresses, & de Renée de Caraleu. Elle étoit remariée, en 1453, à Eustache de Moussy, Seigneur du Bois-Morand. De son premier mari elle eut :

• 1. François, qui suit ;
• 2. René, auteur de la branche des Seigneurs de Neuilly-le-Noble, qui s’est éteinte, au XXIIIe degré, dans la perfonne de N... de la Rochefoucaud, Seigneur de Neuilly-le-Noble, de la Chatière & de la Bertaudiere, Gentilhomme du feu Prince de Conti, fils puîné de Paul-Louis-l’Hermite de la Rochefoucaud, Seigneur desdites Terres, & de Marie-Jeanne Gruter. Il est mort à Paris, d’une pleurésie, le 15 Février 1732, âgé de 18 ans.
Jeanne-Françoise-Antoinette de la Rochefoucaud, sa sœur, née le 5 Septembre 1712, reçue à Saint-Cyr le 2 Juillet 1720, a été ensuite élevée à l’Abbaye de Beaumont-lès-Tours, par les soins de la Princesse de Conti, troisieme Douairière, qui lui a fait épouser, le 11 Octobre 1731, au Château de Veret en Touraine, Jean-Etienne, Comte de Blanes, Chevalier d’honneur héréditaire au Conseil Supérieur de Roussillon, fils d’Etienne, Marquis de Blanes & de Millas, Seigneur de Nessiac, &c. Chevalier d’honneur perpétuel au Conseil Souverain du Roussillon, ci-devant Colonel d’Infanterie, & de Francoise d’Everard, Elle a hérité des Terres de Neuilly-le-Noble, de la Chatière & de la Bertaudiere, par le décès de son frère unique, en 1732, & elle est morte, sans enfans, le 15 Mai 1737, âgée de 25 ans ;
• 3. Jacques, Chevalier de Malte ;
• 4. & Françoise, mariée, par contrat du 5 Avril 1541, à René, Seigneur de Préaux, Echanson du Duc d’Orléans.

— XVIII. François de la Rochefoucaud, Baron d’Airvault, Seigneur de Bayers, la Bergerie & du Parc-d’Archiac, servit jeune en Italie sous le Seigneur de Montejean, ou il se battit contre le Seigneur de Sainte-Marie, au sujet de la reconnoissance de la ville de Verceil, dont il obtint rémission de l’Empereur Charles-Quint, au mois de Janvier 1539, du consentement du Roi, & elle fut entérinée au mois d’Avril 1540 ; partagea la succession de sa mere, le 23 Octobre 1547, avec René de la Rochefoucaud, son frère ; & étoit mort le 30 Avril 1571, que sa veuve s’accorda avec ses enfans pour ses conventions matrimoniales. Il avoit épousé, par contrat du 22 Avril 1543, Isabelle de Lanes, fille de Clinet, Seigneur de la Rochebaladé, dit à présent la Rochechalais, & de Cuisaguet, dont :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. Pierre, tige des Seigneurs du Parc-d’Archiac, qui subsistent en Poitou. Dudit Pierre, & de Madelene du Barry, sa troisieme femme, fille de Godefroi, Baron de la Renaudie, & de Guillemette Louvain, est sorti, pour fils aîné, Charles de la Rochefoucaud, qui a fait la branche des Seigneurs de la Renaudie & de Font-Pastour, éteinte dans la personne de Casimir de la Rochefoucaud, Seigneur de Font-Pastour, &c marié à Francoise de Mazieres, fille puînée de Daniel de Mazieres, Seigneur en partie de Voutron en Aunis, & d’Elisabeth de Sainte-Hermine, dont il n’a laissé que deux filles, sçavoir : — Marie-Françoise de la Rochefoucaud, mariée, par contrat passé à Bordeaux le 21 Septembre 1702, à Jacques, Comte de Lambertye, Seigneur de la Chapelle-Saint-Robert, de Soufreignac, de Maraval & de Fontpastour, dont postérité. Voyez Lambertye, Tome VIII ; -& Elisabeth de la Rochefoucaud, veuve d’Isaac Prevost, Seigneur de Touchimbert, Lieutenant de Vaisseau, & Capitaine d’une Compagnie Franche de la Marine au Port de Rochefort.
• 3. Jean, Seigneur du grand & petit Cluseau, & de l’Espinay, qui fit partage avec ses frères le 30 Avril 1571, & épousa Jeanne de Volvire, fille de René, Seigneur d’Aunac, & de Jeanne du Couray, dont, pour fille unique, - Isabelle de la Rochefoucaud, mariée, le 13 Octobre 1580, à Gaspard Frotier, Seigneur de la Messeliere & de Chamousseau, fils de Pierre, Seigneur de la Messeliere, & d’Yolande le Voyer ;
• 4. Marguerite, mariée, en 1571, à François Herbert, Seigneur de la Forêt ;
• 5. Françoise, aussi mariée, en 1571, à Godefroi-Gui, Seigneur du Breuil & du Puy-Robert : elle étoit morte en 1598.
• 6. Marguerite, femme 1° de Jean Jourdain, Seigneur de Trallesbosc, & 2°. de Mathieu de Brillac, Seigneur de Boistillier & de Saint-Savin ;
• 7 & 8. autre Marguerite, & Isabeau, qui étoient mortes sans alliance en 1576 ;
• 9. & Madelene, mariée, par contrat du 18 Juin 1585 à Louis Bigot, Seigneur de Brillon.

— XIX. Louis de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Vallée & de Loumée, fut Guidon de la Compagnie des Gendarmes du Seigneur de Pons en 1569, & mourut le 24 Décembre en 1608. Il avoit épousé, par contrat du 30 Novembre 1572, Angélique Gillier, fille de Bonaventure, Seigneur de Puygarreau, Baron de Marmande, & de Marie Babou de-la-Bourdaisiere. Leurs enfans furent :

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. François, tige des Seigneurs d’Orbé & de Maumont, rapportés ci-après ;
• 3 & 4. Jean & Pierre, morts jeunes.
• 5. René, Seigneur de Loumée & de Baconnay, qui testa le 20 Février 1641. Il avoit épousé, par contrat du 30 Avril 1613, Catherine l’Ainé, fille d’Elie, Seigneur de Fontguyon & de Beaucbamp, & de Marguerite de la Coste. Elle testa le 30 Avril 1631, & eut trois enfans ; sçavoir : — (a) Louis de la Rochefoucaud, Seigneur de Loumée, de Baconnay & de Messemé, Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-Légers du Maréchal de la Meilleraye. Il mourut à Paris en 1648, après y avoir fait son testament le 21 Septembre, & ne laissa point d’enfans d’Angélique de la Rochefoucaud, qu’il avoit épousée en 1646, fille de Louis de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Bayers, & de Marie Bouhier ; — (b) Susanne, mariée, par contrat du 5 Mai 1640, à Gabriel Combault, Seigneur de Champfleury. Elle fut héritière de son frère ; — (c) & Catherine, Religieuse à Saintes.
• 6, 7, 8 & 9. Bonne-Madelene, Marguerite, Jeanne, & Marie de la Rochefoucaud, dont les alliances sont ignorées.

— XX. Louis de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Forêt-Sainte-Vierge, &c Chevalier de l’Ordre du Roi, Gentilhomme ordinaire de sa Chambre, testa, conjointement avec sa femme, le 17 Novembre 1621. Il avoit épousé, par contrat du 13 Décembre 1594, Susanne de Beaumont, Dame de la Motte-Fouquerem, de la Jarrie, du Bois-de-Souzay & de la Marainiere, fille de François de Beaumont, Seigneur de Dorides, Chevalier de l’Ordre du Roi, & de Nicole Chasteigner. il en eut. ;

• 1. Louis, qui suit ;
• 2. René, Chevalier de Malte, mort jeune ;
• 3. Jean, décédé sans alliance.
• 4. Jacques, Seigneur du Breuil, marié, par contrat du 2 Novembre 1631, au Château de Beauvoir-sur-mer, à Francoise Rondeau, fille de Mathurin, Seigneur de Beaumanoir, & de Francoise Garnier, dont trois enfans, sçavoir : — Mathurin, Seigneur du Breuil, né le 3 Octobre 1638 ; — Jean & René de la Rochefoucaud, vivans en 1667. Ce rameau subsiste en Poitou.
• 5. François, Prieur de Cressé & du Breuil ;
• 6. Angélique, mariée, par contrat passé à la Bergerie le 12 Septembre 1611, à René Acarie, Seigneur du Bourdet & de Crazanne en Saintonge, fille de Jean Acarie, Chevalier, Seigneur du Bourdet, & de Catherine Belcier ;
• 7. Nicole, mariée, par contrat du 18 Janvier 1619, à Claude Audouin, Seigneur de Balan en Saintonge, des Brosses, &c fils de Claude, Seigneur dsdits lieux, & d’Anne de Chaumont ;
• 8 & 9. Madelene & Françoise, Religieuses ;
• 10 & 11. Gabrielle, & Susanne.

— XXI. Louis de la Rochefoucaud, III. du nom, Seigneur de Bayers, de la Bergerie, la Jarrie, &c. Gentilhomme de la Chambre du Roi, Mestre-de-Camp du Régiment de Piémont, vivoit en 1651, & avoit épousé, par contrat passé à Paris le 13 Décembre 1625, Marie Bouhier, fille de Robert, Seigneur des Granges, Maître ordinaire de la Chambre des Comptes à Nantes, & de Marie Mignot, dont :

• 1. Louis-Antoine, qui suit ;
• 2. François, Chevalier de Malte, Bailli de la Morée, Commandeur de l’Isle Bouchard & du Fouilloux en 1666, puis de Mauleon en Poitou, mort vers 1717.
• 3. Jean-François, Prieur du vieil Ruffec en Angoumois, & de Salins en Poitou, mort en 1695 ;
• 4. François, Prieur de Cressé, Seigneur de la Vallée, légataire du Seigneur de Lugerac, son beau frère ;
• 5. Jacques, mort en 1670 ;
• 6. Susanne, mariée, 1°. par contrat du 26 Août 1640, à François Flament, Seigneur de Mailloux & de Lugerac ; &, 2°, avant l’an 1643, à Jacques d’Arlot, Baron de la Coussiere en Limousin ;
• 7. Angélique, mariée, 1°. par contrat du 13 Décembre 1646, à Louis de la Rochefoucaud, son cousin, Seigneur de Loumée & de Baconnay, mort en 1648, fils de René, Chevalier, Seigneur de Loumée, & de Catherine l’Aîné ; &, 2°. avant l’an 1653, à Charles de Corbon, Comte de Blenac, Sénéchal de Saintonge, Viceroi & Lieutenant-Général des Armées du Roi & au Gouvernement des Isles de l’Amérique en 1680 ;
8. & Nicole, Religieuse à Tusson en Angoumois.

— XXII. Louis-Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Bayers, la Bergerie, la Jarrie, &c épousa, par contrat passé à Paris le 14 Octobre 1643, Anne Garnier, fille de Mathieu, & de Louife Bazin, de laquelle il eut :

• 1. Louis-François, Seigneur de la Bergerie, reçu Page du Roi en sa grande Ecurie en 1668 : il fut tué à la bataille de Seîntzen en 1674, étant Aide-de-Camp du Comte de Roye ;
• 2. Mathieu, qui suit ;
• 3. François, Lieutenant de Vaisseau en 1682, mort en 1691 ;
• 4. André, décédé jeune ;
• 5. autre François, Capitaine au Régiment d’Oleron ;
• 6. Marie-Anne, mariée, en Mars 1677, à Jean-Isaac-François de la Cropte, Seigneur de Saint-Abre en Périgord, de Rocbefort en Limousin, & de Rochemeaux en Poitou, Gouverneur de Salses, mort en Mars 1727 ;
• 7. & Charlotte, Religieuse à Puyberland en Poitou.

— XXIII. Mathieu de la Rochefoucaud, Marquis de Bayers, Seigneur de la Bergerie, né à Paris le 3 Juillet 1660, d’abord Enseigne de la Compagnie Colonelle du Régiment Dauphin, ensuite Capitaine dans celui de Navarre, puis, en 1692, Colonel du Régiment d’Oleron, dont il se démit, au mois de Décembre 1702, en quittant le service, mourut le 12 Juin 1721, & fut enterré à Saint-Jacques-du-haut-Pas, sa paroisse, à Paris. Il avoit épousé, le 10 Octobre 1704, Marie-Anne de Turmenies, fille de Jean, Seigneur de Nointel & de Presles, Conseiller d’Etat, & Garde du Trésor Royal, & de Marie-Anne le Bel. Elle s’est remariée, en 1722, à Gui-André de Laval, Marquis de Lezay & de Magnac, Comte de la Bigeotiere, Colonel d’un Régiment d’Infanterie, fils de Pierre de Laval, III. du nom, & de Marie-Thérese-Françoise de Salignac. De son premier lit sont issus :

• 1. Jean François, né le 8 Septembre 1706, mort en bas-âge ;
• 2. Louis, né le 29 Janvier 1708, mort le 16 Août suivant ;
• 3. Mathieu, qui suit ;
• 4. & Louise-Françoise, âgée de 7 ans & demi le 21 Juillet 1721, mariée, en 1734, au Comte de Fontenois, Gentilhomme de Lorraine.

— XXIV. Mathieu de la Rochefoucaud, II. du nom, Seigneur-Marquis de Bayers, né à Paris le 28 Novembre 1714, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment de Conti, mort le 15 Mai 1749, avoit épousé, le 11 Avril 1742, Agnès Miotte-de-Ravannes, fille de N... Miotte-de-Ravannes, Grand-Maître des Eaux & Forêts de la Généralité d’Orléans, & Munitionnaire des vivres de mer, dont il n’a point eu d’enfans. La Marquise de Bayers s’est remariée, le 2 Juin 1753, à Charles-Anne Sigismond de Montmorency-Luxembourg, Duc d’Olonne, Maréchal-de-Camp, veuf de Marie-Etiennette de Bullion de-Fervaques ; & est morte, sans enfans, le 1 Mai 1756.

Seigneurs d’Orbé & de Maumont, sortis des Seigneurs de Bayers

— XX. François de la Rochefoucaud, second fils de Louis, Seigneur de Bayers, & d’Angélique Gillier, Seigneur d’Orbé, Chassenet, Maumont, Magnac, Barros, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, Chevalier de son Ordre, est ainsi qualifié dans des titres des années 1618 & 1622 ; & fut un des exécuteurs testamentaires du Seigneur de Bayers, son frère, en 1621. Il avoit épousé, 1°. par contrat du 10 Mai 1607, Bertrande des Aages, Dame de Maumont, de Magnac & de Rouelle, fille de François des Aages, Seigneur desdites Terres, Enseigne de la Compagnie des Gendarmes du Baron de Vaillac, & de Renée des Aages ; & 2°. N... de Reaux, fille de N... de Reaux, Avocat du Roi à Angoulême, dont i ! eut une fille. Du premier lit vinrent :

• 1. Pierre, qui suit ;
• 2. & Philippe de la Rochefoucaud.

— XXI. Pierre de la Rochefoucaud, Seigneur de Maumont, Magnac & de Barros, Chevalier de l’Ordre du Roi, épousa, le 16 Janvier 1636, Catherine de Chaumont, fille d’Aimery de Chaumont, Chevalier, Baron de Cluseau & de Bigné, & de Françoise de Grenier. Elle transigea à Cognac, le 13 Octobre 1646, avec Eléonore de Chaumont, sa sœur, pour le partage de la succession de leurs pere & mere. Leurs enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Pierre, lequel partagea avec son aîné le 4 Avril 1668, & mourut, sans enfans, le 19 Mars 1719 ;-
• 3. Jean-Batiste, mort en Flandre en 1667 ;-
• 4. Louise, Religieuse Bénédictine à Niort ;
• 5. & Angélique, morts fille en 1713.

— XXII. François de la Rochefoucaud, II. du nom de sa branche, Seigneur de Maumont, Magnac & Barros, épousa, par contrat du 8 Mars 1660, Marie-Eléonore Chesnel, fille de Jofias, Chevalier, Seigneur de Reaux, Saint-Maurice, du Château-Chesnel, Ménac & d’Escoyeux, & de Marie de Polignac d’Escoyeux, de laquelle il laissa :

• 1. François-Joseph, qui suit ;
• 2. Jean, rapporté après la postérité de son aîné ;
• 3. Louis, mort Religieux de l’Ordre de Grandmont ;
• 4. Louise ;
• 5. & Marie-Eléonore, née le 29 Avril 1675, reçue à Saint-Cyr le 5 Juin 1688, où elle est morte.

— XXIII. François-Joseph de la Rochefoucaud, Chevalier, Seigneur de Maumont, Magnac & Barros, Capitaine au Régiment de Navarre, mort au mois de Juin 1716, avoit épousé, par contrat de l’an 1685, Anne Thomas, fille de Jean Thomas, Ecuyer, Seigneur des Bretonnieres, Conseiller, Garde des Sceaux au Présidial d’Angouléme, & de Marie Grelon, dont :

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. François-Victorin, Seigneur des Bretonnieres, non marié en 1729
• 3. Marie-Anne, mariée, en 1717, à Jean de Ravard, Chevalier, Seigneur de Saint-Amand, ci-devant Capitaine au Régiment de Béarn ;
& 12 autres enfans, morts jeunes.

— XXIV. Jean de la Rochefoucaud, Seigneur de Maumont, Magnac, Barros, Chetarniac, Chaumont, & de Cursac, reçu Chevalier des Ordres Militaires de Notre-Dame du Mont-Carmel & de Saint-Lazare de Jérusalem le 6 Février 1705, a épousé, en 1722, Marie-Marguerite des Escaud, fille de Gabriel-François, Chevalier, Seigneur du Vivier, & de Charlotte de la Place, dont :

• 1. François-Jean-Charles, né le 20 Mai 1724 ;
• 2. François-Joseph, né le 7 Août 1727 ;
• 3. Marie-Rose Charlotte, née le 19 mai 1723 ;
• 4. Louise, née le 14 Mai 1725 ;
• 5. Catherine-Hippolite, née le 22 Mai 1726 ;
• 6. & Louise-Marguerite, née le 6 Octobre 1728.

— XXIII. Jean de la Rochefoucaud, fils puîné de François, II, du nom, Seigneur de Maumont, & de Marie-Eléonore Chesnel, épousa Marie-Elisabeth Menaud, fille de Clément, Ecuyer, Seigneur de Bois-Renaud, & de Francoise du Bois, de laquelle il a eu ;

• 1. Pierre-François, né en 1695, mort Moine de l’Ordre de Grandmont ;
• 2. Clément, Seigneur de Magnac, né en 1700, qui n’étoit pas marié le 28 Juin 1729 ;
• 3. Louis, mort en bas-âge ;
• 4. Marie-Angélique, née en 1698, Religieuse Hospitaliere à Angoulême ;
• 5. & Marie-Rose-Charlotte, qui n’étoit point mariée en 1729.

Le Marquis de Maumont, du nom de la Rochefoucaud, a trois frères ; le Chevalier de Maumont, Enseigne des Vaisseaux du Roi ; l’Abbé de Maumont ; & l’Abbé de la Rochefoucaud-de-Magnac, Vicaire-Général de l’Archevêché de Rouen, nommé par le Roi, le 14 Décembre 1776, à l’Abbaye de Sainte-Croix, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Bordeaux. Un d’eux, qui a été Colonel d’un Régiment de Grenadiers Royaux, appellé le Marquis de Bayers, a épousé, en 1763, N... de Fougeu, Américaine, fille d’Aignan de Fougeu, Chevalier de Saint-Louis, & ancien Capitaine de Milice en l’isle Saint-Domingue, & sœur de Marie-Rose de Fougeu, veuve d’Hubert de Constans, Maréchal de France, dont un enfant.

Source : Dictionnaire de la noblesse, de François-Alexandre de La Chenaye-Aubert.

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Généalogie de la famille de la Rochefoucauld - 1ère partie

Rochefoucaud (de la), en Angoumois, sur la rivière de Tarduere, à cinq lieues d’Angoulême.

Petite Ville qui n’avoit que le titre de Baronnie lorsque François I l’érigea en Comté, au mois d’Avril 1528, en faveur de François, Baron de la Rochefoucaud. Ce Comté, au mois d’Avril 1622, fut érigé en Duché-Pairie, en faveur de François, Comte de la Rochefoucaud, Chevalier des Ordres du Roi, & de ses hoirs & successeurs mâles. Elle a donné son nom à la Maison de la Rochefoucaud, l’une des plus anciennes & des plus illustres du Royaume, tant dans l’Eglise que dans l’Epée, qui a produit un grand nombre de branches.

Branche principale

André du Chesne rapporte que quelques Auteurs ont écrit qu’elle tiroit son origine de celle de Lezignem, dont elle a de tout tems porté les armes brisées ; mais n’ayant pu au vrai en découvrir la jonction, il s’est contenté d’en parler d’après les Chartes, titres & Histoires. Il y a, dans le Cabinet des Ordres du Roi, une Dissertation sur l’origine de cette Maison, écrite de la main Mr l’Abbé le Laboureur, qui y justifie la tradition immémoriale qui fait descendre la Maison de la Rochefoucaud de celle de Lezignem, sans détruire l’avantage d’être sortie des anciens Ducs de Guienne. Quoi qu’il en soit de ces conjectures, nous en commençons la Généalogie, d’après André du Chesne, & l’Histoire des Grands Officiers de la Couronne, Tome IV, p. 419, à

— I. Foucaud, I. du nom, Seigneur de la Roche en Angoumois, vivant du tems de Robert, Roi de France, & de Guillaume, II. du nom, Comte d’Angouléme : il assista, en 1019, avec ses enfans, à la donation que Guillaume, Evêque d’Angouléme, fit à l’Abbaye d’Uzerche, de l’Eglise de Saint-Bibien de Nioeul. Il est qualifié Seigneur très-noble vir nobilissimus Fulcaudus, &c. dans une Charte de l’Abbaye de Saint-Cybar d’Angouléme, de l’an 1026, par laquelle, du contentement de sa femme, il rendit à cette Abbaye des biens qu’il en avoit usurpés ; &, en 1017, il fit don du lieu de Rabant à l’Abbaye de Saint-Jean d’Angely. Il est qualifié, dans cet acte, Fulcaudus generositatis maximae ditatus. Du Chesne ajoute qu’il fut en si grande réputation, que sa Maison a tenu depuis à honneur d’être surnommée de son nom. De sa femme, appellée Jarsande dans la Charte de 1026, en faveur de l’Abbaye de Saint-Cybar, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aymar, surnommé Donzel, qui fut, avec Magunce sa femme, un des principaux fondateurs du Prieuré de Saint-Nicolas de Coutures : il vivoit encore en 1060 ;
• 3. Hugues, auteur de la branche des Vicomtes de Chatelleraut, éteinte, au VIIe degré, dans Aimery de la Rochefoucaud, II. du nom, Vicomte de Chatelleraut, vivant sous Philippe-Auguste, & mort sans enfans
• 4. & Foucaud, qui souscrivit â la Charte de fondation de l’Abbaye de Saintes, faite en 1047, par Geoffroi Martel, Comte d’Anjou. Il avoit époufé Alix, Dame de Merpins, laquelle étoit veuve en 1059, ayant eu pour enfans : — Hugues de la Roche, surnommé Bardon, Chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers, puis Religieux en l’Abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur ; - & Foucaud de la Roche, Chevalier, nommé, avec sa mère, dans une Charte de l’an 1059.

— II. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, I. du nom, fonda en 1060, sous le règne de Philippe I, avec Aymar & Foucaud, ses frères, le Prieuré de Saint-Nicolas de Coutures d’Argenson, & celui de Saint-Florent, près de son Château de la Roche. Il fit aussi quelques donations à l’Abbaye de Saint-Florent de Saumur, en l’absence de Huguest son autre frère, pere de Bozom, Vicomte de Cbatelleraut. Celui-ci se plaignit dans la suite de ce que ses oncles, avoient fait une donation des biens, dont un quart lui appartenoit. Il eut de son épouse, qu’on ne connoît point :

Gui, qui suit ;
& Arnaud, lequel souscrivit, avec son frère, à la Charte du Prieuré de Saint-Florent.

— III. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, II. du nom, consentit à la fondation du Prieuré de Saint-Florent, faite par son pere, & assista, en 1081, sous le règne de Philippe I, à un accord que les Religieux de Saint-Florent de Saumur passèrent avec ceux de Saint-Martial de Limoges. De sa femme, nommée Eve, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aimery, auquel le Recueil, concernant la Ville & les Comtes d’Angouléme, donne une fille, mariée à Bozon de Jarnac ;
• 3. & Hugues, dont on ne trouve que le nom.

— IV. Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, III. du nom, qui vivoit en 1096, sous Philippe I, étant au Château de Lussac, près de celui de la Roche, confirma, le 17 Octobre 1098, les donations que ses pere & mere avoient faites au Prieuré de Saint-Florent-de-la-Roche, & mourut en 1120, laissant de sa femme, dont le nom est ignoré :

Aymar, qui suit ;
& une fille, femme de Bozon, Seigneur de Jarnac.

— V. Aymar, Seigneur de la Rochefoucaud & de Vertueil, Chevalier, soutint diverses guerres contre Wlgrin, II. du nom, Comte d’Angouléme, qui furent assoupies par l’entremise de Gérard, Evêque d’Angouléme, & mourut en 1140, sous le Roi Louis le Jeune, laissant, pour fils unique :

— VI. Gui, IV. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Vertueil, Marthon, Blanzac, &c. qui eut aussi une fâcheuse guerre contre Guillaume, Comte d’Angouléme. Il assista, en 1170, avec plusieurs Seigneurs, à la Dédicace de Saint-Amand de Boësse, & eut pour enfans :

Foucaud, qui suit ;
& Aimery, qui signa la Charte du douaire que Jean, Roi d’Angleterre, assigna à Isabeau, Comtesse d’Angouléme, sa femme, la seconde année de son règne.

Le Gallia Christiana, Edit. de 1666, Tome III, p. 928, parle d’Etienne de la Rochefoucaud, Evêque de Rennes en Bretagne l’an 1156, mort le 5 Septembre 1166, & enterré dans le Cloître de l’Abbaye de Saint-Melaine.

— VII. Foucaud, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Blanzac, Marthon, &c. servit le Roi Philippe-Auguste contre les Anglois, demeura prisonnier à la bataille de Gisors en 1198, sous le même Prince, avec plusieurs autres Barons du Royaume, dit Mathieu Paris, dans la Vie de Richard, Roi d’Angleterre. Il étoit en liberté en 1200, assista au contrat de mariage de Jean, Roi d’Angleterre, avec Isabeau, Comtesse d’Angouléme, & eut de sa femme, dont le nom est ignoré :

• 1. Gui, V. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, qui fonda le Couvent des Cordeliers d’Angouléme, ou il fut enterré, & mourut sans enfans, laissant ses biens à Aimery, son frère ;
• 2. Aimery, qui suit ;
• 3. Geoffroi, Seigneur de Vertueil, qui eut procès, pour cette Terre, avec Hugues de Lezignem, dit le Brun, Comte de la Marche, qui l’occupoit ; & il fut convenu, au mois d’Octobre 1215, qu’il lui en feroit hommage & préteroit serment de fidélité, ce qu’il fit ;
• 4. & une fille, mariée, & mere de Pierre Poitevin, Chevalier, l’un des exécuteurs testamentaires d’Aimery, son oncle.

— VIII. Aimery, I. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Marthon, Blanzac, Cellefroin, Bayers, & Claiz, soutint, avec son frère, le procès contre le Comte de la Marche, au sujet de la Terre de Vertueil, & s’obligea d’en faire hommage, s’il en devenoit Seigneur. Il fit son testament en 1244, & son codicille en 1249, sous le Roi Saint-Louis. De son épouse, nommée Létice, que l’on croit fille de Hugues l’Archevêque, Seigneur de Parthenay, il eut :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Aimery, Seigneur de Bayers & de Claiz, mort sans enfant ;
• 3. Almodie, rappellée, avec ses sœurs, dans le testament de leur pere ;
• 4. Mahaud, femme de Robert, Seigneur de Montberon ;
• 5. & Alix, mariée à Arnaud, Seigneur de Montauzier.

— IX. Gui, VI. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Vertueil, Marthon, Blanzac & Cellefroin, suivit le parti de Hugues le Brun, Comte de la Marche, contre le Roi Saint-Louis ; testa en 1295, élut sa sépulture en l’Abbaye de Grosbosc, auprès de ses pere & mère, & mourut la même année, sous le règne de Philippe le Bel. Il avoit épousé 1°. Agnès de Rochechouart, fille d’Aimery, VIII. du nom, Vicomte de Rochechouart, & de Marguerite de Limoges, & 2°. Tors de Fronsac. Du premier lit vinrent :

• 1. Gui, en faveur duquel Alphonse de France, Comte de Poitiers, frère du Roi Saint-Louis, manda, en 1269, au Sénéchal de Saintonge d’entendre ses raisons & celles de son frère contre le Seigneur de Rochechouart, touchant la succession de leur mere. Il testa en 1282, & mourut avant son pere, sans enfans ;
• 2. Aimery, qui suit ;
• 3. Geoffroi, Seigneur de Vertueil, Chanoine d’Angouléme ;
• 4. Aymar, Seigneur de Cellefroin, Doyen de l’Eglise de Bordeaux, après l’an 1300 ;
• 5. Guillaume, Seigneur de Saint-Claude & de Saint-Laurent de Ceris ;
• 6. Foucaud, Cordelier, puis Archidiacre d’Angouléme, & Evêque de la même Eglise en 1310, mort vers 1313 ;
• 7. Mahaud, mariée, par contrat de 1269, à Josselin de Châteauneuf, Chevalier ;
• 8. Marguerite, Prieure de Tusson ;

& du second lit :

• 9. Fergant ;
• 10. & Agnès, mariée à Foulques de Montauzier.

— X. Aimery, II. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Marthon, Blanzac, Bayers, &c testa en 1297, & ordonna sa sépulture dans l’Abbaye de Grosbosc, & mourut la même année, sous le Roi Philippe le Bel. Il avoit épousé, en 1280, Dauphine de la Tour, veuve de Renaud d’Aubusson, & fille de Bernard, Seigneur de la Tour en Auvergne, & d’Yolande, sa femme. Elle testa en 1299, & eut de son mariage :

• 1. Gui, qui suit ;
• 2. Geoffroi, auteur de la branche des Seigneurs de Vertueil, dont nous parlerons en son rang, après les Marquis de Surgeres ;
• 3. Aimery, Seigneur de la Boissière, Chevalier, qui vivoit en 1362, marié à Charlotte de Jaunay, fille de Charles de Jaunay, Seigneur d’Ausance & de la Touche, & de Philippe de la Haye, dont Gui de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissièere, qui eut procès, le 16 Juillet 1397, avec le Seigneur de Montbazon, pour la Terre du Breuil, qu’il disoit avoir eue de Jeanne de Jaunay, sa tante, qui l’avoit fait son héritier : il mourut vers 1400, pere de — Foulques de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissière, qui reprit le procès de son pere, pour la Terre du Breuil, en 1406, & mourut sans enfans,
• 4. Marguerite, dont l’alliance est ignorée ;
• 5. &. Agnès, Dame de Bayers, de Charrat & de Claiz, qu’elle porta en mariage à Hugues de Confolant-Chabanois, à condition d’en faire foi & hommage à son frère aîné. Aimer II. du nom, eut encore, pour fille naturelle, — Letice de la Rochefoucaud.

— XI. Gui, VII. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, de Blanzac, de Marthon, de Cellefroin & de Bayers, servit le Roi Philippe le Long dans la guerre de Flandres, en 1318, & ensuite le Roi Philippe de Valois, en 1338, avec trois Chevaliers & sept Ecuyers ; fonda l’Eglise des Carmes de la Rochefoucaud, où il élut sa sépulture, par son testament de l’an 1344 ; & avoit épousé, en 1309, Agnès de Culant, fille de Renoul, Seigneur de Culant en Berri, & de Châteauneuf-sur-Cher, & de Catherine de Carency, dont :

• 1. Aimery, qui suit ;
• 2. Geoffroi, Seigneur de Puynaudin, Archidiacre d’Orléans, tuteur de Gui, Seigneur de la Rochefoucaud, son neveu ;
• 3. & 4. Foucaud & Aymar ;
• 5. Guillaume, Evêque de Luçon en 1380, mort le 17 Janvier 1387, Evêque de Maillezais, aujourd’hui la Rochelle ;
• 6. Guyot, Abbé de Saint-Crespin-le-Grand en 1353 ;
• 7. Jean ;.
• 8. Marguerite, mariée à Guillaume le Paumier, Seigneur de Nevoy près Gien, & du Puy, veuve en 1380, lorsqu’elle testa ;
• 9. & Agnès.

— XII. Aimery, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blazac, Cellefroin & de Bayers, rendit, dès 1338, des services considérables au Roi Philippe de Valois, dans ses guerres de Gascogne, & depuis au Roi Jean, dans celles qu’il eut à soutenir contre les Anglois aux pays de Poitou & d’Angoumois, ou il fut fait Lieutenant de Charles d’Espagne, Connétable de France. Il reconnut, le 5 Septembre 1349, que Bernard, Raimond, & Jean de Maisieres, Ecuyers, lui avoient livré le Château & la Cbâtellenie de la Rochebeaucourt, au Comté d’Angouléme, pour les garder au nom du Roi. Il étoit, en 1352 par ordre du Connétable Charles d’Espagne, de la réduction du Château de Chatillon que tenoient les ennemis, & reçut, la même année, 2000 livres pour la garde de ses forteresses, qui étoient frontières de celles des Anglois. Le roi, en considération de ses services, lui donna, par Lettres du 11 Mai 1354, la troisième partie de la Terre de Saint-Germain-aux-Bois, & 300 liv. de rente à vie, à prendre sur son Trésor, lesquelles lui furent assignées avec autres 200 liv. sur les recettes de Limoges & de Poitou, le 19 Août 1355, dont il jouit toute sa vit ; eut encore, en 1356, la Terre de Boutteville en Angoumois, & 500 deniers d’or à l’écu, le 17 Octobre de la même année, que Jean de France, Duc de Berri, Comte de Poitiers, Lieutenant du Roi en Languedoc, lui procura, en le retenant dans son Conseil. Il y fut depuis le 25 Juin 135, jusqu’au 14 Avril suivant, que le Roi l’établit Capitaine de Beaucaire. Ensuite il fut fait Capitaine-Général ès parties de Languedoc, d’Agenois & de Toulouse, en l’absence du même Prince, à 10 écus d’or par jour, & servit avec 3 Chevalier & 23 Ecuyers, depuis le 3 Février 1358, jusqu’au 9 Juillet 1359, qu’il retourna à son pays. Le Roi lui fit encore don de 1000 liv. le 1 Mai 1362 : il mourut le 16 Septembre suivant, & fut enterré dans l’Eglise des Carmes de la Rochefoucaud, comme il l’avoit ordonné pas son testament de la même année. Il avoît épousé 1°. Marguerite de Barbesieux, fille de Vivien, Seigneur de Barbesieux & de Jonsac, morte sans enfans ; & 2°. Ragette de Grailly, fille de Pierre, Seigneur de Grailly, Vicomte de Benauges & de Castillon, & de Rasamburge de Périgord, sa seconde femme ; & soeur d’Archambaud de Grailly, Comte de Foix, dont sont descendus des Rois de Navarre. Du second lit sortit :
— XIII. Gui, VIII. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blanzac, Cellefroin, Bayers & Claiz, qui étoit sous la tutelle de Geoffroi, son oncle, en 1364 ; fut Confeiller & Chambellan des Rois Charles V & Charles VI, & de Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne. Charles V, en reconnoissance de ses services, & de ce qu’il avoit été l’un des premiers de la Guienne qui s’étoient mis sous son obéissance, après le traité de Bretigny, lui accorda, par Lettres du mois de Septembre 1370, que ses Terres situées dans le ressort & Comté d’Angouléme, ressortiroient à l’avenir de son Château de la Rochefoucaud ; obtint, par une attribution particulière, la connoissance de tous délits ; par d’autres Lettres du même tems, ce Prince lui donna son usage dans la forêt de Braconne ; fit, le 24 Avril 1373, hommage de la Terre de Vertueil, que le Roi lui avoit rendue ; combattit en champ-clos dans la ville de Bordeaux, en 1380, contre Guillaume de Montferrand, partisan Anglois, où il fut accompagné de 100 Gentilshommes de son lignage, dit Froissard ; servit en Flandres en 1382 ; prétendît, en 1387, au mobilier de Guillaume de la Rochefoucaud, Evêque de Luçon & de Maillezais, comme étant son neveu le plus proche héritier ; & au retour d’un voyage qu’il fit en Portugal, du consentement du Roi, il fut un des Seigneurs qui fournirent les joutes faites à Paris, en 1389, à l’entrée de la Reine Isabelle de Bavière. ; reçut plusieurs dons tant de Sa Majesté que du Duc de Bourgogne les années suivantes ; vendit, en 1395, à Monsieur, Louis, Duc d’Orléans, & à Madame Valentine, sa femme, une rente annuelle de 200 livres, ce qui fut ratifié par Marguerite de Craon, sa seconde femme, en 1396 ; continua de servir en Guienne sous le Duc d’Orléans & le Connétable d’Albret en 1403 ; fit, en 1405, acquisition de la Terre de Marsillac & des quatre-quints de celle de Chateauneuf de Guillaume de Craon ; & avoit acquis, par deux contrats passés en la ville de Tours le 3 Janvier 1398, la Terre de Montignac-Charente, moyennant 5400 livres, de Pierre, Seigneur d’Amboise, Vicomte de Thouars, Comte de Benaon, mort sans enfans en 1426 ; & la Terre de Thouriers, pour le prix de 1200 écus d’or, d’Ingelger d’Amboise, II. du nom, Seigneur de Rochecourbon. Il fit son testament en 1427, & avoit épousé 1°. Jeanne de Luxembourg, sœur du Comte de Saint-Pol, accordée par contrat de l’an 1384, le mariage accompli en 1385, morte sans enfans ; & 2°. Marguerite de Craon, fille aînée de Guillaume, Vicomte de Chateaudun, & de Jeanne, Dame de Montbazon. Elle devint Dame de Montbazon, de Sainte-Maure & de Nouastre, après la mort de ses frères, par le partage qu’elle fit avec ses sœurs le 13 Novembre 1419. De cette seconde alliance vinrent ;

• 1. Foucaud, qui suit ;
• 2. Hector, mort jeune ;
• 3. Aymar, dont nous allons parler après ;
• 4, 5 & 6. Agnès, Jeanne, & Létice, mortes sans alliance ;
• 7. Catherine, mariée à François de Chaunay, Seigneur de Chandenier ;
• 8. & Marguerite, mariée, par contrat de l’an 1399, ratifié en 1400, avec Foulques de la. Rochefoucaud, Seigneur de la Boissiere.

Aymar de la Rochefoucaud, troisieme fils de Gui, VIII. du nom, & de Marguerite de Craon, Seigneur de Montbazon, Sainte-Maure & de Nouastre, qu’il eut de la succession de sa mère, en tendit hommage le 13 Décembre 1436, servit contre les Anglois en 1441, transigea, en 1456 avec Jean, Seigneur de La Rochefoucaud, son neveu (Mentionné au XVe degré), qui lui céda la Terre de Bayers ; mais cette transaction n’eut point d’éxecution. La Terre de Bayers resta à Jean, qui, en 1461, transigea avec Marguerite de la Rochefoucaud, sa femme, & lui transporta la Seigneurie de Baycrs pour la dédommager des aliénations qu’il avoit faites de ses biens. Suivant un titre de l’an 1450, Aymar de la Rochefoucaud fut Chambellan dit Roi. Il épousa Jeanne de Martreuil, Dame de Hériçon, veuve d’Antoine de Vîvonne, Seigneur de Bourgouin, & fille de Guillaume de Martreuil, Seigneur d’Aisié. Elle survécut à son mari, & vivoit encore en 1467. Ses enfans furent :

• 1. Jean de la Rochefoucaud, Seigneur de Montbazon & de Sainte-Maure, qui étudioit à Angers le 4 Décembre 1459, lorsqu’il obtint délai de faire hommage de sa Seigneurie de Montbazon. Il mourut, sans alliance, en 1465 ;
• 2. Françoise, Dame de Montbazon, par le decès de son frere, mariée a Jean d’Estouteville, Seigneur de Torcy, & Grand-Maître des Arbalétriers de France, troisieme fils de Guillaume. D’Estouteville, Seigneur de Torcy & de Blainville, & de Jeanne, Dame d’Ondenuville. Son mari obtint permission, en 1452, de fortifier la Terre de Nouastre, qu’il avoit eue en mariage, & plaidoit, en 1470, contre Louis de Crussol, pour la Terre de Martreuil : il n’eut point d’enfans
• 3. Guillemette, mariée, en 1456, à Gui de la Rochefoucaud, son cousin, Seigneur de Montendre, Sénéchal d’Angoumois, morte sans enfans ;
• 4. & Jeanne, qui devint héritière des Terres de Montbazon, de Sainte-Maure & de Nouastre après le décès de tes sœurs. Elle étoit alors mariée à Jean du Fou, Chambellan du Roi, Grand-Echanson de France, Bailli de Touraine, dont vint — Renée du Fou, Dame de Montbazon, Sainte-Maure de de Nouastre, femme 1° de Guillaume de la Marck, Seigneur de Lumain ; & 2° de Louis de Rohan, III. du nom, Seigneur de Guemené, duquel descendent les Ducs de Montbazon, Pairs de France. Voyez Rohan.

— XIV. Foucaud, III. du nom, Seigneur de la Rochefoucaud, Marthon, Blanzac, Bayers, Montignac, Marsillac, & Thouriers, Conseiller & Chambellan du Roi Charles VII, fut fait Chevalier devant le Château de Fronsac en 1451, avec Jean de Bourbon, Comte de Vendôme & autres ; testa en 1466, & mourut peu après. Il avoit épousé, par contrat du 16 Juillet 1427, Jeanne de Rochechouart, fille de Geoffroi, Vicomte de Rochechouart, Seigneur de Tonnay-Charente & de Marguerite Chenin, Dame de Mauzé. Ses enfans furent

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. Aymar, Seigneut de Marthon, mort sans lignée ;
• 3. & Gui, dit Foulques de la Rochefoucaud, Seigneur de la Boissiere, la Barde. Saint-Laurent & Châteaugaillard. Il vendit cette dernière Terre, à vil prix, a Jean Barthon, Chevalier, & eut deux garçons ; sçavoir,— Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Magné, qui fut sous la tutelle de Jean, son oncle, & plaida, pour le retrait des Terres que son pere avoit vendues, contre Jean, & Pierre Barthon, successivement Evêques de Limoses, Pierre Barthon, Chevalier, & autres ; & aussi contre François de la Rochefoucaud, son cousin, comme fils & héritier universel de Jean, son oncle. Il fut débouté de sa demande, par Arrêt de l’an 1491. — Le second fils de Gui, dit Foulques, fut Hector de la Rochefoucaud, Seigneur de Magné, qui eut aussi un différend, en 1514, pour quelques droits, contre Antoine Blanchard, Religieux Infirmier de Saint-Laurent.

— XV. Jean, Seigneur de la Rochefoucaud, Montignac, Marsillac, Blanzac, Charente, Marthon & Thouriers, Chevalier, Conseiller & Chambellan des Rois Charles VII & Louis XI, obtint, vers l’an 1445, petmission de fortifîer Marsillac, & d’y bâtir un Château ; fut nommé Gouverneur de Bayonne en 1453 ; choisi, comme le plus grand de tous les Vassaux du Comte d’Angouléme, pour être Gouverneur de Charles d’Orléans, Comte d’Angoulême, & pour avoir la conduite de sa personne & de toutes ses Seigneuries, en 1467 ; fait Capitaine de 115 lances & de 160 Brigandiniers du ban & arriere-ban des pays de Saintonge & d’Angoumois, par Lettres du 26 Mars 1468, où le Roi le qualifie son amé & féal Cousin. Il étoit alors Sénéchal du Périgord & eut encore la commission de mettre en possession du Duché de Guienne, en 1469, Charles de France, frère du Roi Louis XI ; avoit cédé à Jean d’Orléans, Comte d’Angoulême, le 3 Février 1456, les quatre-quints de la Terre de Châteauneuf, pour des redevances que ce Comte prenoit sur ses Terres de la Rochefoucaud & de Marsillac ; & avoit pris, en 1460, possession du Château de Parthenay, qu’il prétendoit lui appartenir comme héritier de Jean de Rochechouart : il s’opposa, le 11 Juin 1468, au don que le Seigneur de Betllville avoit obtenu de la Terre de Montendre. Son testament est du 2 Décembre 147l, par lequel il ordonna sa sépulture dans l’Eglise des Cordeliers de Vertueil, qu’il avoit fondée, & mourut peu après. Il avoit épousé, par contrat du 27 Février 1446, Marguerite de la Rochefoucaud, fille de Jean, Seigneur de Barbesieux, &c & de Jeanne Sanglier,. Dame de Château-Guibert. Elle hérita des Terres de Barbesieux, Vertueil, Blenac, Mucidan, Montendre, Montguyon, Coiron & Roissac. Il y eut un grand procès pour la validité de son mariage. Elle resta veuve, & se remaria à Hardouin, IX. du nom, Baron de Maillé, fils d’Hardouin VIII, & de Perrenelle d’Amboise. Son second mari rendit, à cause d’elle, hommage au Comte d’Angoulême en 1475. De son premier lit vint : - François, qui suit. Jean de la Rochefoucaud eut encore un fils naturel, nommé Colin de la Rochefoucaud, vivant en 1476.

— XVI. François, I. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Seigneur de Marsillac, Barbesieux, Montendre, Montguyon, Coiron, Roissac, &c. Conseiller & Chambellan des Rois Charles VIII & Louis XII, eut l’honneur de tenir sur les Fonts de batême, en 1494, le Roi François I, & de lui donner son nom. Ce Prince étant parvenu à la Couronne, le fit son Chambellan ordinaire, & érigea en sa faveur, en 1728, la Baronnie de la Rochefoucaud en Comté, en y incorporant celle de Marthon, les Châtellenies de Blanzac, Montignac, Vertueil, Saint-Laurent-de-Ceris & Cellefroin. II avoit obtenu, au mois de Mars 1480, quatre Foires par an pour sa Terre de Montignac, & rendit hommage de toutes ses Terres au Comte d’Angouléme le 9 Juin 1486. II avoit épousé, 1°. par contrat du 30 Avril 1470, Louife de Crussol, fille de Louis, Seigneur de Cruffol & de Beaudiner, Grand-Pannetier de France, Sénéchal de Poitou, & de Jeanne de Levis-Florensac ; & 2°. Barbe du Bois, fille de François, Seigneur du Bois, de Cerdes, &c. Du premier lit vinrent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Antoine, tige de la branche des Seigneurs de Barbesieux, rapportée ci-après ;
• 3. Hubert, Seigneur de Marthon, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, Ordre qu’il quitta ; fut depuis Gouverneur d’Angoumois ; testa le 11 Janvier 1566, & mourut, la même année, sans enfans de Jeanne de Chazay, qu’il avoit épousêe par contrat du 10 Mars 1559 ;
• 4. Louis, mort sans alliance ;
• 5. Jacquette, seconde femme de François, Vicomte de Rochechouart
• 6. Anne, mariée à François, Seigneur de Pompadour ;

& du second lit :

• 7. Louis, auteur de la branche des Marquis de Montendre, rapportée en son rang ;
• 8. Jean, Evêque de Mende, Abbé de Saint-Amand & de Monstier-Neuf de Poitiers, mort le 24 Septembre 1538 ;
• 9. & Catherine-Claude, femme de Joachim de Chabannes, Baron de Curton, fils de Jean, & de Françoise de Blanchefort.

— XVII. François II. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Prince de Marsillac, Seigneur & Baron de Vertueil, Montignac, Charente, Thouriers, Marthon, Blanzac & Montendre, élut, par son testament de 1533, sa sépulture dans l’Eglise de Saint-François de Vertueil, ordonna que sa Chapelle de la Rochefoucaud fût achevée, laissa la tutelle de ses enfans à sa femme, & mourut la même année. Il avoit épousé, par contrat du 5 Février 1518, Anne de Polignac, Dame de Randan, veuve de Charles de Beuil, Comte de Sancerre, fille unique & héritière de Jean de Polignac, Seigneur de Randan & de Beaumont, & de Jeanne de Chambes. Elle eut l’honneur, après la mort de son second mari, de recevoir l’Empereur Charles-Quint & les Enfans de France en son Château de Vertueil en 1539, & ce Prince en fut si content, qu’il dit n’avoir jamais entré en Maison qui sentît mieux sa grande vertu, honnêteté & Seigneurie que celle-là : Elle fit bâtir le Château d’Onzain, & achever la Chapelle magnifique de celui de la Rochefoucaud. Ses enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Jean, Abbé de Marmoutier, de Villeloin, de Cormery en 1557, Maître de la Chapelle du Roi, mort à Vertueil en 1583. Il avoit été nommé, en 1571, par Henri de Bourbon, Prince de Condé, tuteur des enfans mineurs de Charlotte de Roye, sa belle-sœur, seconde femme de François de la Rochefoucaud, son frère aîné ;
• 3. Charles, tige des Comtes de Randan, rapportés ci-après ;
• 4. Françoise, mariée, par contrat passé au Château de Vertueil le 20 Mars 1540, à Frédéric de Foix, Comte de Candale, Captal de Buch, Seigneur d’Astarac & de Benauges, fils de Gaston, III. du nom, & de Marthe, Comtesse d’Astarac ;
• 5. Louise, nommée Jeanne dans le Gallia Christiana, Abbesse de Notre-Dame de Saintes en 1544 jusqu’en 1559 ;
• 6. Françoise, dite la Jeune, Religieuse à Saint-Louis de Poissy, puis Abbesse de Notre-Dame de Saintes, après sa sœur, jusqu’en 1606 ;
• 7. & Marie, Religieuse professe à Saint-Louis de Poissy le 2 Juillet 1543, puis Prieure le 11 Juillet 1559, morte le 15 Mars 1561, âgée de 33 ans, enterrée sous un mausolée que Françoise la Jeune, sa sœur, lui fit élever à ses dépens. Ce fut pendant qu’elle étoit Prieure, que se tint le fameux Colloque de Poissy.

— XVIII. François III. du nom, Comte de la Rochefoucaud & de Roucy, Prince de Marsillac, Seigneur de Vertueil, &c. Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur & Lieutenant-Général en Champagne, se signala à la défense de la ville de Metz en 1552, ou il commandoit 100 Chevaux-Légers ; fut Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes du Duc de Lorraine, qu’il mena à la bataille de Saint-Quentin, ou il fut fait prisonnier en 1557, & paya 100 mille livres de rançon. Il embrassa depuis le parti des Huguenots, pour lesquels il combattit à la bataille de Dreux en 1562, & à celle de Saint-Denis en 1567 ; servit aussi au fiége de Chartres ; fit paroître beaucoup de courage & de bravoure aux combats de la Roche-Abeille & du Port-de-piles ; aux siéges de Nontron, Lusignan & Poitiers ; au secours de Châtelleraut, & à la bataille de Moncontour en 1569. Enfin il fut compris dans le massacre de la Saint-Barthelemi en 1572. C’étoit un Seigneur d’un esprit enjoué, doux & agréable. Il avoit épousé, 1°. en 1552, Silvie Pic-de-la-Mirandole, fille aînée de Galeas Pic, Prince de la Mirandole & de Concorde, Chevalier de l’Ordre du Roi, & â’Hippolite deGonzague ; &c, 2° ; par contrat du dernier Mai 1557, Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, fille puînée de Charles de Roye, Comte de Roucy, & de Madelene de Mailly, Dame de Conti, & soeur d’Eléonore de Roye, Princesse de Condé. Elle étoit morte le 15 Novembre 1572. Du premier lit il eut :

• 1. François, qui suit ; & du second : -
• 2. Josué, Comte de Roucy, tué au combat d’Arques le 21 Septembre 1589 ;
• 3. Henri, mort jeune, à Paris, en 1576 ;
• 4. Charles, tige de la branche des Comtes de Roye & de Roucy, rapportée ci après ;
• 5. Benjamin, Seigneur de Montignac, mort, sans alliance, en 1596 ;
• 6. Madelene, femme, par contrat du 4 Février 1583, de Just-Louis, Seigneur de Tournon, Comte de Roussillon, Bailli du Vivarais, & Sénéchal d’Auvergne ;
• 7. & Isabeau, mariée à Jean-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Randan, son cousin, dont il sera parlé à sa branche.

— XIX. François, IV. du nom, Comte de la Rochefoucaud, Prince de Marsillac, Seigneur de Vertueil, &c. Conseiller du Roi en ses Conseils, Capitaine de 50 hommes d’armes de ses Ordonnances, servit dignement Henri IV, auquel il amena, à Nerac, 500 chevaux, & 800 hommes d’Infanterie ; & fut tué par les Ligueurs, devant Saint-Yrier-la-Perche, le 15 Mars 1591, aimant mieux mourir que de fuir. Il avoit épousé, le 17 Septembre 1587, Claude d’Estissac, sœur & héritière de Charles, Seigneur d’Estissac, mort sans enfans, & fille de Louis, Baron d’Estissac, Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur de la Rochelle & du pays d’Aunis, & de Louise de la Beraudiere, sa seconde femme. Elle mourut le 21 Novembre 1608, laissant de son mariage :

François, qui a continué la déscendance ci-après ;
& Benjamin Baron d’Estissac, dont nous allons parler avant la postérité de son aîné.

Benjamin de la Rochefoucaud, Baron d’Estissac, Mestre-de-Camp d’un vieux Régiment, se fit estimer par sa valeur & son zele pour la Religion & le service du Roi. Il épousa, en 1623, Anne de Villoutreys, fille de Nicolas, & d’Anne de Moulins. Ses enfans furent :

• 1. François, dont nous allons parler ;
• 2. une fille, Religieuse à Puyberland ;
• 3. & Anne-Françoise-Charlotte, mariée, en 1662, à Charles-François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, fils de François, & d’Anne de Philippier, de la ville de Cognac.

François de la Rochefoucaud, Marquis d’Estissac, épousa, en 1657, Françoise de Gelas-de-Voisins, fille d’Hector, Marquis d’Ambres & de Leberon, Vicomte de Lautrec, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant-Général en Languedoc en 1634, & de Susanne de Vignolles. De cette alliance sortirent sept enfans, dont :

deux garçons, morts jeunes ;
la première des filles, Abbesse de Puyberland ;
la seconde, Religieuse au même lieu ;
la troisieme, nommée Elisabeth de la Rochefoucaud, Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux en 1698 ;
la quatrième, Marie-Jeanne, Dame d’Estissac, mariée à Henri-Joseph de Lezay-Lezignem, dit le Comte de Lezay ;
& la cinquième, Marguerite de la Rochefoucaud, Religieuse Carmélite au fauxbourg Saint-Jacques à Paris.

— XX. François, V. du nom, premier Duc de la Rochefoucaud, Pair de France, Prince de Marsillac, &c. Chevalier des Ordres, Gouverneur du Poitou, né le 5 Septembre 1588, qui fit profession de la Religion Catholique, assista au Couronnement de la Reine Maris de Médicis, à Saint Denis, femme du Roi Henri IV. Louis XIII l’honora du Collier de ses Ordres le 3 Décembre 1619, & le créa Duc & Pair de France, par Lettres données à Niort, au mois d’Avril 1622 ; mais, par l’avènement du Cardinal de Richelieu au Ministere, il ne prêta serment au Parlement que le 24 Juillet 1637. Il se signala au combat de l’Isle de Ré, & au siége de la Rochelle en 1628, & mourut, en son Château de la Rochefoucaud, le 8 Février 1650. Il avoit épousé, par contrat passé à Paris le 1 Mars 1611, Gabrielle du Plessis- Liancourt, fille de Charles, Seigneur de Liancourt, Chevalier des Ordres du Roi, premier Ecuyer de sa petite Ecurie, Gouverneur de Paris, & d’Antoinette de Pons, Marquise de Guercheville, Dame d’honneur de la Reine Marie de Médicis. Leurs enfans furent :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Louis, né, à Poitiers le 23 Décembre 1615, dit l’Abbé de Marsillac, tenu sur les Fonts de batême, à Poitiers, par le Roi Louis Xlll & la Reine, nommé Evêque de Lectoure, & Abbé de Saint-Jean-d’Angely, mort le 5 Décembre 1654 ;
3 Hilaire-Charles, né le 14 Juin 1628, Chevalier de Malte, mort en 1651, à Saint-Amand en Berrî ;
• 4. Aimery, né le 13 Mai 1633, mort jeune ;
• 5. Henri, né le 27 Juillet 1634, Abbé de Sainte-Colombe & de Notre-Dame de Celles, nommé à l’Abbaye de la Chaise-Dieu, & à celle de Fontfroide, le 15 Août 1698, après le décès d’Achille de la Rochefoucaud, son neveu. Louis XIV le nomma au Prieuré de Lanville le 16 Août 1689, & il mourut le 16 Décembre 1708, âgé de 74 ans ;
• 6. Marie-Elisabeth, née le 10 Août 1617, Abbesse de Saint-Sauveur d’Evreux-pendant 49 ans, morte subitement le 22 Octobre 1698, âgée de 81 ans ;
• 7. Catherine, née le 25 Octobre 1619, Abbesse de Charenton, puis du Paraclet ;
• 8. Marie-Catherine, née le 16 Février 1622, mariée, par contrat du 27 Mai 1638, à Louis-Roger Brulart, Marquis de Puyzieulx & de Sillery, morte à Liancourt le 7 Mars 1698 ;
• 9. Antoinette-Jeanne, née le 20 Mars 1623, morte en 1647 ;
• 10. Gabrielle-Marie, née le 23 Décembre 1624, Abbesse du Paraclet, puis de Notre-Dame de Soissons en 1683, morte au mois de Novembre 1693, après avoir embelli cette dernière Eglise d’un riche Autel, d’un beau Chœur, de quantité de Chapelles, & de superbes bâtimens ;
• 11. Anne-Françoise, née le 20 Avril 1626, Coadjutrice de l’Abbaye de Saint-Sauveur d’Evreux, morte en 1685 ;
• 12. & Louise, née le 19 Janvier 1630.Religieuse à la même Abbaye, & morte en 1651.

— XXI. François, VI. du nom, Duc de la Rochefoucaud, Pair de France, Prince de Marsillac, &c. né le 15 Décembre 1613, Chevalier des Ordres, Gouverneur de Poitou, dont il se démit en 1632, se fignala à la bataille d’Avein en 1635, servit dignement le Roi dans sa minorité ; mais s’étant brouillé avec le Cardinal Mazarin, il embrassa le parti des mécontens de Paris, & fut blessé, le 19 Février 1649, d’un coup de pistolet dans la gorge, en combattant pour conduire un convoi dans cette Ville ; servit aussi les Princes contre ce Ministre, & fut blessé au combat du fauxbourg Saint-Antoine en 1652. Il mourut à Paris le 17 Mars 1680, & est Auteur de deux excellents Ouvrages, le Livre des Maximes, & les Mémoires de la Régence de la Reine Anne d’Autriche. Il avoit épousé, par contrat passé à Mirebeau en Bourgogne, le 20 Janvier 1628, Andrée de Vtvonne, Dame de la Chateigneraye, fille unique & héritière d’André de Vivonne, Grand-Fauconnier de France, & de Marie-Antoinette de Loménie, dont :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Charles, né le 29 Septembre 1635. Chevalier de Malte, qui eut l’Abbaye de Molesme, sur la démission du Prince de Conti, & s’en démit en faveur d’Alexandre, son frère : il mourut le 19 Novembre 1692 ;
• 3. Henri-Achille, né le 8 Décembre 1642, Chevalier de Malte, Abbé de Fontfroide, de Beauport, & nommé à l’Abbaye de la Chaise Dieu le 20 Janvier 1687, après la mort d’Hyacinthe Serroni, premier Archevêque d’Alby : il décéda le 19 Mai 1698, & fut enterré à Saint-Germain-des-Prés ;
• 4. Jean-Batiste, dit le Chevalier de Marsillac, né le 19 Août 1646, reçu Enseigne au Régiment du Roi, Infanterie, le 29 Octobre 1666, puis Lieutenant le 8 Novembre de la même année, tué en Allemagne dans la campagne de 1672 ;
• 5. Alexandre, dit l’Abbé de Vertueil, né en Avril 1655, Abbé de Beauport & de Molesme après son frère, mort Prieur de Bonnes-Nouvelles à Rouen, le 16 Mai 1721 ;
• 6. Marie -Catherine, dite Mademoifelle de la Rochefoucaud, née le 22 Février 1637, qui légua un Annuel dans l’Eglise de Sainte-Geneviève ; fit des fondations en la ville de la Rochefoucaud pour l’instruction de la jeunesse, & pour des pauvres filles, affligées de maladies incurables. Elle est morte le 5 Octobre 1711, & a été enterrée à Sainte-Geneviève ;
• 7. Henriette, appellée Mademoifelle de Marsillac, née le 15 Juillet 1638, morte le 3 Novembre 1721, âgée de 83 ans, 3 mois & 19 jours, après avoir testé le 10 Mars 1720, & fait des legs particuliers à chacun de ses domestiques, qu’elle nomma légataires universels du surplus de ses biens à partager entr’eux chacun à proportion de leurs legs ;
8. & Françoise, appellée Mademoifelle d’Anville, née le 9 Août 1641, morte le 22 Mars 1708, aussi sans alliance.

— XXII. François, VII. du nom, Duc de la Rochefoucaud, Pair & Grand-Veneur de France, Prince de Marsillac, Marquis de Guercheville, Duc de la Roche-Guyon, Marquis de Liancourt, Baron de Vertueil, &c. Chevalier des Ordres, Grand-Maître de la Garderobe, né le 15 Juin 1634, commença ses premiers services en 1652 ; se trouva au siège de Landrecie en 1655 ; fut Mestre-de-Camp d’un Régiment Royal de Cavalerie le 17 Mai 1666 ; accompagna le Roi à la conquête de la Flandre en 1667, le suivit à celle de la Franche-Comté en 1668 ; fut fait Gouverneur de Berri le 13 Décembre 1671 ; se sîgnala au passage du Rhin en 1672, où il reçut un coup de mousquet qui lui fracassa l’épaule gauche ; se trouva aux sièges de Mastricht, de Besançon, de Limbourg, & aux prîses de Valenciennes, Cambray, Ypres & Namur ; & est mort Grand-Veneur de France, le 11 Janvier 1714, âgé de 79 ans. Il avoit épousé, le 13 Novembre 1659, Jeanne-Charlotte du Plessis-Liancourt, fille unique de Henri du Plessis, Comte de la Roche-Guyon, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi, & d’Elifabeth de Lannoy. Elle mourut le 30 Septembre 1669, âgée de 24 ans, laissant :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Henri-Roger, Marquis de Liancourt, né le 14 Juin 1665, d’abord Colonel du Régiment de la Marine le 7 Décembre 1683, qui se distingua à la bataille de Stafarde, où il fut blessé ; fut fait Lieutenant-Général des Armées du Roi le 23 Décembre 1702, & est mort le 21 Mars 1749, en son Château de Liancourt, âgé de 84 ans, sans alliance ;
• 3. &, suivant Moréri, Charlotte-Françoise-Gabrielle, morte le 17 Août 1676, âgée d’environ 15 ans.

— XXIII. François, VIII. du nom, Duc de la Rochefoucaud, en Angoumois, de la Roche-Guyon au Vexin-François, Pair de France, Prince de Marsillac, Marquis de Barbesieux, Comte de Duretal, Seigneur & Baron de Caheusac, Vertueil, Montignac, Charente, Thouriers, Montclard, Estissac, Saint-Clau, Genac, d’Anville, &c. né le 17 Août 1663, prêta serment entre les mains du Roi, pour ses charges de Grand-Veneur de France, & de Grand-Maître de la Garderobe, en survivance de son pere, le 20 Novembre 1679, obtint une nouvelle érection en Duché de la Terre de la Roche-Guyon, pour ses enfans mâles & femelles, par Lettres données à Saint-Germain-en-Laye, enregistrées au Parlement le 17 Mars 1681 ; fut fait Colonel du Régiment de Navarre le 4 Septembre 1683 ; se trouva au siège de Luxembourg en 1688 ; se signala à la bataille de Fleurus en 1690, au combat de Steinkerque en 1692, à la bataille de Nerwinde en 1693, où il eut le pied cassé, dont il resta estropié ; ensuite aux sièges de Mons & de Namur ; commanda à la prise de plusîeurs Places dans le Palatinat ; fut fait Maréchal-de-Camp le 3 Janvier 1696 ; prêta serment au Parlement, en qualité de Duc & Pair de France, le 2 Septembre 1715 ; fut reçu Chevalier des Ordres le 3 Juin 1724 ; se démit de la charge de Grand-Veneur après le décès de son pere, & mourut à Paris le 22 Avril 1728, dans la 65e année de son âge. Son corps fut porté à la Rochefoucaud, sépulture de ses ancêtres. Il avoit épousé, par contrat du 22 Octobre 1679, Madelene-Charlotte le Tellier, fille aînée de François-Michel le Tellier, Marquis de Louvois, de Courtenvaux & de Barbesieux, Ministre & Secrétaire d’Etat, Chancelier des Ordres du Roi, Surintendant des Bâtimens, & d’Anne de Souvré, Marquise de Courtenvaux, & petite-fille de Michel le Tellier, Chancelier de France. Elle est morte à Paris le 18 Novembre 1735, dans sa 71e année : ses entrailles furent déposées à Saint-Sulpice, sa Paroisse, son cœur à Vertueil, & son corps fut inhumé à la Rochefoucaud. De ce mariage font issus :

• 1. François, Prince de Marsillac, né le 17 Avril 1681, mort le 29 Juillet 1699, enterré à Sainte-Geneviève, au tombeau du Cardinal dr la Rochefoucaud ;
• 2. Charles-Maurice, né le 15 Août 1684, mort le 21 Avril 1694, enterré à Sainte-Geneviève ;
• 3. Michel-Camille, Prince de Marsillac, puis Duc de la Roche-Guyon, né le 6 Juillet 1686, Mestre-de-Camp du Régiment de Marsillac, Cavalerie, par Provisions données à Versailles le 7 Novembre 1705, & par d’autres du 26 Mars 1709, Mestre-de-Camp du Régiment d’Uzès, mort de la petite vérole à Cambray, le 5 Août 1712 ;
• 4. Roger, dit l’Abbé db la Rochefoucaud, né le 17 Juillet 1687, nommé, au mois de Décembre 1707, à l’Abbaye du Bec-Heloin, vacante par le décès de l’Archevêque de Rouen ; & à celle de Fontfroide, avec le Prieuré de Lanvîlle, le 24 Décembre 1708. Il obtint un Bref du Pape pour jouir du revenu de ses Bénéfices & prendre 1’épée ; alla servir en Hongrie dans l’armée de l’Empereur, sous le nom de Prince de Marsillac, & y mourut le 18 Juin 1717, âgé de 30 ans ;
• 5. Gui, Comte de Duretal, né à Liancourt le 19 Septembre 1688, mort en Mai 1698, & enterré à Sainte-Geneviève avec ses frères :
• 6. Alexandre, qui suit ;
• 7. Aimery, Comte d’Anville, né à Paris le 15 Décembre 1691, mort le 1 Novembre 1699, & enterré, avec ses frères, à Sainte-Geneviève ;
• 8. autre Gui, né à Paris le 8 Septembre 1698, reçu Chevalier de Malte de minorité, pourvu, en 1703, par le Grand-Maître de l’Ordre, de la Commanderie Magistrale de Pezenas, vacante par la mort du Comte de Hauteville. Il quitta l’Ordre de Malte au décès de Roger, son frère, & après avoir fait ses Caravannes, prit le titre de Comte de la Rochefoucaud ; eut, le 1 Avril 1719. Commission de Mestre-de-Camp reformé, à la fuite du Régiment de la Roche-Guyon, Cavalerie, & fut fait Mestre-de-Camp d’un Régiment de Cavalerie de son nom, par Brevet du 2 Juin 1730. Feu Louis XV le fit Duc de la Roche-Guyon, & lui donna le Régiment de Cavalerie de ce nom, vacant par la démission volontaire du Duc de la Rochefoucaud, son frère aîné. Il est mort à Paris, de la petite-vérole, le 16 Novembre 1731, & est inhumé à Sainte-Geneviève. Il devoit épouser, quelques jours avant sa mort, Marie-Louise-Nicole de la Rochefoucaud, sa nièce, & le Pape avoit accordé des dispenses pour ce mariage ;
9. Madelene-Françoise, née le 11 Septembre 1689, Religieuse aux Filles de Sainte-Marie à Saint-Denis, morte le 22 Avril 1717 ;
10. & Emilie, née le 9 Novembre 1700, dite Mademoiselle de la Rochefoucaud, mariée, le 4 Janvier 1725, à Charles-Emmanuel de Crussol, Duc d’Uzès, premier Pair de France, fils aîné de Jean-Chartes de Crussol, Duc d’Uzès, premier Pair de France, Chevalier des Ordres, & d’Anne-Marie de Bullion. Elle est morte de la petite vérole, au Château de Bonnelles, le 25 Octobre 1753.

— XXIV. Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, né le 29 Septembre 1690, Seigneur de l’ancien Duché-Pairie de Hallwin, aujourd’hui Marquisat de Maignelais, en Picardie, Prince ou Sire de Marsillac en Poitou, Marquis de Liancourt en Beauvoisis, Comte de Duretal en Anjou, Baron de Vertueil, Marthon, Estissac, Anville, & Montignac en Angoumois, Grand-Maître de la Garderobe du Roi, en survivance de son pere ; porta d’abord le nom de Comte de Montignac ; avoit été Garde-Marine en 1707, fit sa première campagne dans l’Escadre du Chevalier de Forbin ; fut fait Enseigne de Vaisseau en 1708 ; s’embarqua à Dunkerque pour passer en Ecosse ; fut Lieutenant en 1709, Capitaine en 1710 ; fervit en cette qualité en 1711 & 1712 ; eut le Régiment de son frère la même année, à la tête duquel il se trouva aux sièges de Douay, du Quesnoy & de Bouchain. Par des Lettres-Patentes données à Marly au mois de Février 1713, enregistrées le 4 Mars suivant, que son pere obtint en sa faveur, il fut créé Duc de la Roche-Guyon ; fit 1a même année la campagne d’Allemagne, où il se trouva à la prife de Landau & de Fribourg ; fut fait Brigadier des Armées du Roi en 1719, fetvit en cette qualité en Espagne, se démit, en 1727, de son Régiment, en faveur de son frère, le Duc de la Roche-Guyon, & quitta le service ; mais après le décès de son frère, le Roi lui rendit ce même Régiment de Cavalerie, & il pria Sa Majesté de vouloir bien le donner à Louis-Christophe de la Rochefoucaud-Langheac, Comte d’Urfé, son cousin, qui étoit Capitaine dans ce Régiment. Il fut reçu Chevalier des Ordres, le 16 Mai 1728, & Duc & Pair de France au Parlement le 22 Février 1729 ; suivit le Roi en Flandres & en Allemagne pendant la campagne de 1744, où il fit les fonctions de sa charge de Grand-Maître de la Garderobe. Sur la fin de la même année il fut disgracié de la Cour, & exilé à sa Terre de la Roche-Guyon ; mais quelque tems après il eut permission d’aller dans ses autres Terres, & même de venir à Paris, & d’y rester autant qu’il voudroit, en sorte que son exil fut réduit à ne pas aller à la Cour. Il est mort à Paris le 4 Mars 1762, & avoit épousé, le 30 Juillet 1715, Elisabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du-Caylar-de-Thoiras-d’Amboise, Comtesse d’Aubijoux, fille unique & héritière de Jacques-François de Bermond-du-Caylar, Marquis de Thoiras, Brigadier des Armées du Roi, & de Françoise-Louise de Berard, Dame de Bernis. Elle est morte en son Château de Liancourt le 30 Septembre 1752. De ce mariage font issus ;

• 1. François, Prince de Marsillac, né le 31 Décembre 1717, mort en Septembre 1718 ;
• 2. autre François, Prince de Marsillac, né le 21 Octobre 1720, décédé le 19 Avril 1721 ;
• 3. Marie-Louise-Nicole, dite Mademoiselle de la Rochefoucaud, née le 22 Septembre 1716, mariée, le 28 Février 1732, par difpense, à Jean-Batiste-Louis-Frédéric de la Rochefoucaud-de-Roye, son cousin, créé Duc d’Anville, &c. mentionné au XXIIIe degré de la branche des Ducs d’Anville ;
• 4. Marie, dite Mademoiselle de la Roche-Guyon, née au mois de Décembre 1718, mariée, le 18 Novembre 1737, à Louis-François-Armand de la Rochefoucaud-de-Roye, Duc d’Estissac, Gouverneur de Bapaume, son cousin, dont il sera parlé dans la branche des Ducs d’Estissac ;
• 5. & Adélaïde, dite Mademoiselle de Marsillac, née en Décembre 1721, morte à Paris, au Couvent de la Visitation de la rue Saint-Jacques, le 9 Août 1737.

Comtes de Roye & de Roucy

— XIX. Charles de la Rochefoucaud, dit de Roye, troisieme fils de François, III. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & de Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, sa seconde femme, fut Comte de Roucy après le décès de son frère Josué, tué au combat d’Arques, & mourut â Paris en 1605. Il avoit épousé, par contrat du 13 Juillet 1600, Claude de Gontaut-Biron, fille puînée d’Armand de Gontaut, Seigneur de Biron, Chevalier des Ordres, Maréchal de France, & de Jeanne, Dame d’Ornesan & de Saint-Blancard. Elle mourut en 1617, laissant :
- François, qui suit ;
- & Charlotte de la Rochefoucaud, dite de Roye, femme de Louis de Champagne, Comte de la Suze, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & morte le 6 Septembre 1637.
— XX. François de la Rochefoucaud, dit de Roye (I. du nom de sa branche), Comte de Roucy, Baron de Pierrepont, de Chef-Boutonne, de Blanzac, Nisy-le-Comte, &c. transigea, le 6 Octobre 1632, avec Just-Henri de Tournon, fille & héritière de Madelene de la Rochefoucaud, sa tante, sur les successions de leurs ayeul & ayeule, & mourut en son Château de Roucy, le 3 Janvier 1680, âgé de 77 ans. Il avoit épousé, par contrat passé à Sedan le 13 Décembre 1627, Julienne-Catherine de la Tour, fille puînée de Henri de la Tour, Duc de Bouillon, Prince de Sedan, Pair & Maréchal de France, & d’Isabelle de Nassau-Orange. De cette alliance vinrent :

• 1. Frédéric-Charles, qui suit ;
• 2. Henri, Vidame de Laon, tué au siége de Mouzon en 1652 ;
• 3. & Elisabbth-Charlotte, morte jeune.

— XXI. Fréderic-Charles de Roye-de-la-Rochefoucaud, Comte de Roye & de Roucy, Lieutenant-Général des Armées de France en 1676, fit hommage à sa Majesté, des Fiefs & Comté de Roucy, &c. le 6 Juin 1681 ; alla, avec sa permission, en Dannemarck en 1683, y commanda les Armées du Roi de Dannemarck, en qualité de Grand-Maréchal, & fut fait Chevalier de l’Ordre de l’Eléphant ; passa, en 1686, à Hambourg, où il séjourna quelque tems ; de là en Angleterre en 1688, ou le Roi Jacques II le fit Pair d’Irlande ; & mourut à Bath, où il étoit allé prendre les eaux, le 9 Juin 1690, âgé de 57 ans. I ! avoit épousé, par contrat du 3 Juin 1656, Elisabeth de Durfort, sa coufine-germaine, fille puînée de Gui-Aldonce de Durfort, Marquis de Duras & de Lorges, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & d’Elisabeth de la Tour-de-Bouillon. Elle se retira en Angleterre, pour la Religion P. R., en 1688, & mourut à Londres le 14 Janvier 1715, âgée de 82 ans. De ce mariage ils ont eu :

• 1. François, qui suit ;
• 2. Gui, Vidame de Laon, tué au fiége de Luxembourg en 1684 ;
• 3. Charles, tige des Ducs d’Estissac, rapportés ci-après ;
• 4. Frédéric-Guillaume de Roye-de-la-Rochefoucaud, Comte de Champagne-Mouton, puis de Marthon, qui a suivi son pere en Dannemarck, s’est retiré ensuite en Angleterre, où il a eu un Régiment ; a été fait Comte & Pair d’Irlande, & nommé Milord Lisfort. La Reine Anne d’Angleterre l’a fait Colonel de l’un des six Régimens François, levés pour servir en Portugal, & Major-Général : il est décédé sans alliance ;
• 5. Sophy-Cbarles, mort jeune ; —
• 6. Louis, dont la postérité sera mentionnée ci-après, sous le titre de Ducs d’Anville ;
• 7. Barthelemi, Comte de Chef-Boutonne, appellé le Marquis de la Rochefoucaud, Capitaine-Lieutenant des Gendarmes de Flandres, Capitaine des Gardes de Madame la Duchesse de Berri, nommé, le 31 Mars 1720, Lieutenant-Général des Armées du Roi, mort le 3 Novembre 1714, âgé de 51 ans. Il avoit épousé, en Novembre 1715, Pauline de Prondre, fille de Paulin, Presiident en la Chambre des Comptes, & de Marguerite Petit-de-Ravannes, dont il a laissé, pour fille unique, — Marguerite-Pauline-Françoise de Roye-de-la-Rochefoucaud, née en 1716, mariée, le 10 Août 1733, à Alexandre-Maximilien-Balthasard-Dominique de Gand-Villain-de-Merode, & de Montmorency, Comte de Middelbourg, Colonel du Régiment de la Marine, Brigadier des Armées du Roi, Gouverneur de la ville de Bouchain, fait Maréchal-de-Camp le 20 Février 1734, fils de feu Jcan-Alphonse de Gand-Villain, Prince d’Isenghien, & de Marie-Thérese de Crevant-d’Humieres, dont postérité ;
• 8. Charlotte de Roye, dite de Roucy, qui s’est retirée, avec sa mere, en Angleterre en 1688, ou elle a été faite Gouvernante du Prince Guillaume & de la Princesse Marie, enfans du Roi Georgbs II, en Mars 1724 ;
• 9. Henriette, qui passa aussi en Angleterre, & y épousa Guillaume, Comte de Staffort, Chevalier de l’Ordre de la Jarretière, duquel elle étoit veuve en 1697, sans enfans, morte à Londres le 21 Novembre 1732 ;
• 10. Isabelle, Religieuse en l’Abbaye Notre-Dame de Soissons, morte, Abbesse de Saint-Pierre de Reims, en Août 1711 ;
• 11. Marie, Religieuse en la même Abbaye, puis Abbesse du Paraclet, Diocèfe de Troyes, en Août 1705 ;
• 12. & Eléonore-Christine de Roye, mariée, pat contrat du 28 Février 1697, à Jérôme Phelypeaux, Comte de Pontchartrain, Secrétaire d’Etat, Commandeur, Prévôt & Maître des Cérémonies des Ordres du Roi, fils de Louis Phelypcaux, Comte de Pontchartrain, Chancelier de France, & de Marie de Maupeou. Elle est morte, âgée de 27 ans, le 13 Juin 1708, avec une grande réputation de vertu & de piété, mere, entr’autres enfans, du Comte de Maurepas, Chef du Conseil des Finances, sous le Roi régnant, en 1776.

— XXII. François de Roye-de la-Rochefoucaud, II. du nom, Comte de Roucy & de Roye, Seigneut de Pierrepont, Mestre de Camp du Régiment des Cravates, puis Capitaine des Gendarmes Ecossois, Commandant de la Gendarmerie, Gouverneur de Bapaume, partagea avec ses frères & sœurs le 15 Février 1691 ; fut nommé Lieutenant-Général des Armées du Roi en Décembre 1702 ; servit au siége de Brisac & à la bataille de Spire en 1703, à celle d’Hochstet en 1704, & mourut à Paris le zo Novembre 1721, âgé de 61 ans. II avoit épousé à Versailles, le 8 Février 1689, Catherine-Françoise d’Arpajon, morte le 8 Décembre 1716, fille unique de Louis, Duc d’Arpajon, Chevalier des Ordres du Roi, & de Catherine-Henriette de Harcourt-Beuvron, sa troisieme femme, Dame d’honneur de feu Madame la Dauphine. De leur mariage ils ont eu :

• 1. François, qui suit ;
• 2. N....., Marquis de Roucy, mort au mois de Mai 1711 ;
• 3. Frédéric-Jérôme, né le 16 Juillet 1701, nommé Abbé de Saint-Romain de Blaye au mois de Novembre 1717, de Beauport au mois de Mai 1722 ; Prieur de Lanville, Diocèse d’Angouléme ; de Bonnes-Nouvelles, Diocèfe de Rouen ; Archevêque de Bourges le 27 Janvier 1729, sacré le 7 Août même année par l’Archevêque de Rouen, assisté des Evéques de Laon & de Beauvais ; fait Prieur de la Charité-sur-Loire au mois d’Avril 1732 ; & le 29 Septembre 1738, élu Coadjuteur du Cardinal d’Auvergne à l’Abbaye de Cluny, au Chapitre-Général tenu ledit jour ; reçu Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit le 2 Février 1742 ; un des Présidens de l’Assemblée du Clergé de France, tenue en Avril suivant, & ès années 1750 & 1755 ; Titulaire le 16 Avril 1747, par le décès du Cardinal d’Auvergne ; nommé à l’Abbaye d’Aisnay le 7 Mai, créé Cardinal du titre de Sainte-Agnès hors les murs, la même année ; Ambassadeur de France à Rome en 1748 ; nommé à l’Abbaye de Saint-Vandrille en 1755, ensuite chargé du détail des affaires concernant la nomination aux Bénéfices ; fait Grand-Aumônier de France en 1756 ; mort le 29 Avril 1757, & inhumé dans le Chœur de l’Eglise Saint Sulpice ;
• 4. Françoise-Marguerite, Religieuse à Notre Dame de Soissons, dont elle est devenue Abbesse en 1737 ;
• 5 & 6. Elisabeth-Catherine, & Charlotte-Eléonore, Religieuses dans la même Abbaye.

— XXIII. François de Roye-de la-Rochefoucaud, Comte de Roucy & de Roye, Vidame de Laon, Baron de Pierrepont, Marquis de Séverac, Mestre-de-Camp d’un Régiment de Cavalerie, par commission du 18 Novembre 1705, réformé après la paix d’Utrecht, & Brigadier des Armées du Roi le 1 Février 1719, mort le 24 Février 1725, âgé de 36 ans, & inhumé à Saint-Sulpice, avoit épousé, le 4 Septembre 1714, Marguerite-Eisabeth Huguet, morte à Paris le 4 Décembre 1735, âgée de 41 ans, fille unique d’Alphonse-Denis Huguet, Conseiller au Parlement de Paris, mort le 16 Février 1715, âgé de 80 ans, & de Marguerite de Turmenies-Nointel, laquelle, après le décès de son mari, se fit Religieuse. De ce mariage sont issus : —

• 1 & 2. deux garçons, morts au berceau ;
• 3. Elisabeth, dite Mademoiselle de Roucy, née le 13 Décembre 1720, mariée, le 4 Mars 1737, dans la Chapelle de l’Hôtel de la Rochefoucaud, à François-Joseph de Bethune, Duc d’Ancenis, Colonel d’un Régiment de Cavalerie de son nom, ensuite Capitaine d’une des Compagnies des Gardes-du-Corps du Roi, fils unique de Paul-François, Duc de Bethune, Pair de France, Chevalier des Ordres du Roi, & Lieutenant-Général de ses Armées, & de Julie-Christine-Régine Georges-d’Entraigues, Voyez Bethune ;
• 4. Françoise-Pauine appellée Mademoiselle de Roye, née le 2. Mars 1723, mariée, le 29 Février 1740, à Louis-Antoine de Gontaut, Duc de Biron, Pair & Maréchal de France, Chevalier des Ordres, Colonel du Régiment des Gardes-Françoises ;
• 5. & Isabelle-Eléonore, dite Mademoiselle de Séverac, née posthume le 23 Août 1725, morte le 20 Mai 1726.

Ducs d’Estissac, sortis des Comtes de Roye & de Roucy

— XXII. Charles de la Rochefoucaud-de Roye, Comte de Blanzac, troisieme fils de Frédéric-Charles, Comte de Roye & de Roucy, & d’Elisabeth de Durfort, fut successivement Colonel du Régiment de Guienne, Lieutenant-Général des Armées du Roi en 1704, Gouverneur de Bapaume, & est mort à Paris le 4 Septembre 1731, âgé de 67 ans. Il avoit épousé, par contrat du 3 Mai 1691, Marie-Henriette d’Aloigny-de-Rochefort, veuve de Louis-Fauste de Brichanteau, Marquis de Nangis, & fille de Henri-Louis d’Alvigny, Marquis de Rochefort, Maréchal de France, & de Madelene de Laval-Boisdauphîn. Elle est morte à Paris le 18 Octobre 1736, dans sa 73e année, ayant eu :

• 1. N......né en Septembre 1695, mort au berceau ;
• 2. Louis-François-Armand, qui suit
• 3. Gsneviève-Armande, mariée, le 30 Décembre 1708, à Philippe-Aymar de Clermont, Comte de Tonnerre, ci-devant Colonel du Régiment de Poitou, Infanterie, fils de François- Joseph, Comte de Clermont & de Tonnerre, & de Marie de Hannivel-de-Mennevillette. Elle est décédée à Paris le 24 Octobre 1745, âgée de 54 ans ;
• 4. & Marie-Louise, mariée en 1718, à Guy-Marie de Lopriac, Marquis de Coctmadeuc & d’Aserac, dit le Comte de Donges, Maréchal-de-Camp au mois de juin 1744.

— XXIII. Louis-François-Armand de la Rochefoucaud-de-Roye d’abord appellé le Comte de Marthon, puis Comte de Roucy, né le 22 Septembre 1695, Mestre-de-Camp du Régiment de Conti, Infanterie, Gouverneur de la ville de Bapaume en Septembre 1732, après le décès de son père ; Brigadier d’infanterie le 20 Février 1734 ; a été créé Duc par brevet le 24 Octobre 1737, sous le nom de Duc d’Estissac ; reçu Chevalier des Ordres du Roi le 2 Février 1749, & Grand-Maître de la Garderobe de Sa Majesté ; est devenu chef des nom & armes de sa Maison, par la mort du dernier Duc de la Rochefoucaud, son beau-pere, en 1762. Il a épousé, le 18 Novembre 1737, en la Chapelle de l’Hôtel de la Rochefoucaud, Marie de la Rochefoucaud, dite Mademoifelle de la Roche-Guyon, sa cousine, 2e fille d’Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, & d’Elisabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du Caylar, dont :

• 1. François-Alexandre-Fréderic, qui suit ;
• 2. Armand-Alexandre-Roger, appellé le Comte de Duretal, né le 19 Octobre 1748,
• 3. Emilie-Alexandrine, née le 31 Décembre 1742, mariée au Prince de Montmorency-Robecque, Grand-d’Espagne ;
• 4. & Adélaïde-Martine, née le 7 Novembre 1745, morte.

— XXIV. François-Alexandre-Frédéric de la Rochefoucaud, né le 11 Janvier 1747, Duc de Liancourt, a épousé, en Août 1764, Félicité-Sophie de Lannion, fille aînée d’Hyacinthe-Cajétan, Comte de Lannion, Chevalier des Ordres du Roi, Gouverneur de Mahon, décédé en 1762, & de Marie-Charlotte-Félicité de Clermont-Tonnerre, morte le 16 Novembre 1774. Ils vivent, en 1776, sans enfans.

Ducs d’Anville, sortis des Comtes de Roye & de Roucy

— XXII. Louis de la Rochefoucaud-de-Roye, d’abord appellé le Chevalier de Roucy, puis Marquis de Roye, sixieme fils de Frédéric-Charles, Comte de Roye & de Roucy, & d’Elisabeth de Durfort, fut fait Lieutenant-Général des Galères de France le 1 Mai 1704, Marquis de la Ferté-sous-Jouarre, mourut à Paris le 6 Mai 1751, & est inhumé à Saint-Sulpice. Il avoit épousé, en Janvier 1704, Marthe du Casse, fille de Jean du Casse ; Chef d’Escadre, puis Lieutenant-Général des Armées navales du Roi, Gouverneur de Saint-Domingue, Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, & Chevalier de la Toison d’or, décédé au mois de Juillet 1715, & de Marthe Baudry. Elle est morte le 7 Décembre 1743, âgée de 82 ans, & a laissé de son mariage :

• 1. Jean-Batiste-Louis-Frederic, qui suit ;
& Marthe-Charlotte, née le 10 Décembre 1713, nommée Abbesse de Saint-Pierre de Reims le 14 Mai 1744.

— XXIII. Jean-Batiste-Louis-Frédéric de la Rochefoucaud-de-Roye, appellé d’abord le Marquis de Roucy, né le 17 Août 1709, pourvu, en survivance de son pere, de la charge de Lieutenant-Général des Galères de France le 7 Décembre 1720, créé Duc par brevet de Sa Majesté, sous se nom de Duc d’Anville, le 15 Février 1732 ; fait Lieutenant-Général des Armées navales au mois de Janvier 1745, eut, en cette qualité, le commandement d’une Escadre de dix-huit vaisseaux de guerre, qui mit à la voile à Brest au mois de Juin 1746, & fut dans l’Amérique porter des secours & des munitions de guerre & de bouche aux Isles Françoises. Ce voyage fut malheureux par les tempetes qui dispersèrent les vaisseaux à la vue de l’Acadie, qu’on avoit dessein de prendre sur les Anglois. La maladie se mit dans les équipages & les troupes de débarquement. Il en décéda les trois quarts, & le Duc d’Anville fut du nombre des morts, le 28 Septembre 1746, âgé de 37 ans. Il avoit épousé, le 28 Février 1732, Marie-Louise-Nicole de la Rochefoucaud, fille aînée du feu Duc de la Rochefoucaud, & d’Elifabeth-Marie-Louise-Nicole de Bermond-du-Caylar, dont il a laissé :

• 1. Louis-Alexandre, qui suit.
• 2. Elisabeth-Louise, née le 17 Juin 1740, mariée, le 29 Avril 1757, à Antoine-Auguste de Rohan-Chabot, Comte de Maillé-la-Marche, dit le Comte de Chabot,
• 3. & Adélaïde-Emilie,, née le 4 Octobre 1745.

— XXIV. Louis-Alexandre, Duc de la Rochefoucaud & de la Roche-Guyon, Prince de Marsillac, né le 11 Juillet 1743, neveu à la mode de Bretagne du Duc d’Estissac, Colonel du Régiment de la Sarre en Avril 1767, a épousé, par contrat signé le 7 Décembre 1762, célébration le 13, Louise-Pauline de Gand-de-Merode-de-Montmorency, née le 7 Avril 1747, & sœur cadette de la Comtesse de Lauraguais. Elle est morte, depuis quelques années, d’une chûte de cheval.

Comtes de Randan, éteints, sortis de la branche aînée

— XVIII Charles de la Rochefoucaud, fils puîné de François, II. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & d’Anne de Polignac, Dame de Randan, .Seigneur du Luguet, Sîgone & Cellefroin, Comte de Randan, Chevalier de l’Ordre du Roi, Capitaine de 50 hommes d’armes des Ordonnances, Colonel-Général de l’Infanterie Françoise, & Ambassadeur en Angleterre sous François II, se trouva au siège de Metz ; mourut d’une blessure qu’il reçut à celui de Rouen, le 4 Novembre 1562, âgé de 37 ans, & fut inhumé derrière le Chœur de l’Eglise Métropolitaine, où se voient deux épitaphes, l’une latine, & l’autre françoise. Il avoit épousé Fulvie Pic-de-la Mirandole, Dame d’honneur de la Reine Louise de Lorraine, femme du Roi Henri III, & fille puînée de Galeas Pic, Prince de la Mirandole, dont :

• 1. Jean-Louis, qui suit :
• 2. François, Cardinal du titre de Saint-Calixte en 1607 ; fait Grand-Aumônier de France, Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, Evêque de Clermont, puis de Senlis, Conseiller d’Etat, Abbé de Tournus, de l’Aumône ou du petit Cîteaux, de Monstier-Saint-Jean, & de Sainte-Geneviève de Paris, où il mourut Sous-Doyen du Sacre-Collège, le 14 Février 1643, âgé de 88 ans, & fut inhumé sous un magnifique tombeau ;
• 4. Alexandre, Prieur de Saint-Martin—en-Vallée, Abbé de Saint-Pourçain, qui prit imprudamment le parti de Marthe Brossier, prétendue démoniaque, & en mourut de chagrin ;
• 5. & Marie-sylvie, mariée, par contrat passé à Paris le 27 Octobre 1579, à Louis de Rochechouart, Baron de Chandenier, fils de Claude, & de Jacqueline Bauldot, dite de Mailly. Après le décès de son mari, elle se rendit Carmélite au fauxbourg Saint-Jacques à Paris en 1610, & y mourut,

— XIX. Jean-Louis de la Rochefoucaud, Comte de Randan, Baron du Luguet, Chevalier de l’Ordre du Roi, Gouverneur d’Auvergne, Capitaine de 100 hommes d’armes, suivit le parti de la Ligue, & fut tué le 10 Mars 1590, en voulant recouvrer Issoire, que la Noblesse du parti du Roi avoit surpris. D’Isabelle de la Rochefoucaud, sa cousine, fille de François, III. du nom, Comte de la Rochefoucaud, & de Charlotte de Roye, Comtesse de Roucy, sa seconde femme, il laissa :

— XX. Marie-Catherine de la Rochefoucaud, en faveur de laquelle le Roi érigea le Comté de Randan en Duché-Pairie, par Lettres du mois de Mars 1661, enregistrées au Parlement le 15 Décembre 1663, & en la Chambre des Comptes le 25 Juin 1664. Ces Lettres d’érection portent que ce Duché-Pairie passera à la Comtesse de Fleix, sa fille, & à ses descendans mâles & femelles. Elle avoit épousé, le 8 Août 1607, Henri de Bauffremont, Marquis de Senecey, Chevalier des Ordres du Roi, Ambassadeur en Espagne en 1618, tué au siége de Royan en 1622, fils de Claude de Bauffremont, Marquis de Senecey, Bailly de Châlon-sur-Saone, Gouverneur d’Auxonne, & de Marie de Brichanteau. Elle fut première Dame d’honneur de la Reine Anne d’Autriche, & Gouvernante du Roi Louis XIV ; mourut le 10 Mai 1677, âgée de 89 ans, & fut inhumée dans l’Eglise Sainte-Geneviève.

Marie-Claire de Bauffremont, leur fille, épousa Jean-Batiste-Gaston de Poix, Comte de Fleix, auquel elle porta le Duché de Randan. Elle en étoit veuve en 1646. Voyez Randan.

Seigneurs de Barbezieux, & Marquis de Langheac, sortis de la première branche

— XVII. Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Barbezieux & de Ravel, second fils de François, I. du nom, Comte de la Rochefoucaud. & de Louise de Crussol, sa première femme, eut, par le partage qu’il fit avec son frère le 7 Juin 1518, les Seigneuries de Barbesieux & de Ravel. Il étoit, en 1485, l’un des 100 Gentilshommes de la Maison du Roi, Chevalier de son Ordre, & Capitaine de 50 hommes d’armes, fut fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1525 ; fut pourvu de la charge de Lieutenant-Général des Galères en 1528 ; commanda en chef dans la ville de Marseille en 1536, & mourut en 1537. Il avoit épousé Antoinette d’Amboise, veuve de Jacques d’Amboise, Seigneur de Bussy & de Ravel, & fille de Gui d’Amboise, Seigneur de Ravel, & de Frangoise Dauphine. Elle devint héritière des Terres & Seigneuries de Chaumont, Meillan. Charenton, Preuilly, &c. après la mort de Georges-d’Amboife, son cousin, & de Catherine d’Amboise, Comtesse d’Auxexre, sa tante ; prit une troisième alliance avec Louis de Luxembourg, Comte de Roucy, & mourut en 1552. Les enfans qu’elle eut de son second mari furent :

• 1. Gilbert, établi Grand-Sénéchal de Guienne le 10 Mai 1539, mort à Lyon, au retour de la bataille de Cerisoles, en 1544.
• 2. Charles de la Rochefoucaud, Seigneur de Barbesieux, Linieres, Meillan, Preuilly, Charenton, & le Blanc en Berri, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, Capitaine de 50 hommes d’armes, Gouverneur de l’Isle de France le 20 Juillet 1532, puis Gouverneur de Paris le 12 Mars 1533, Lieutenant-Général au Gouvernement de Champagne & de Brie en 1568 ; Grand-Sénéchal de Guienne après Gilbert, son frère aîné ; créé Chevalier des Ordres le 31 Décembre 1578 ; & mort le 15 Juin 1583. Il avoit épousé, par contrat du 1 Décembre 1545, Françoise Chabot, fille de Philippe, Comte de Buzancois, Amiral de France, & de Françoise de Longwy, Comtesse de Buzançois & de Cbarny, dont trois filles ; sçavoit :
Françoise de la Rochefoucaud, Dame de Barbesieux, mariée, par contrat du 21 Janvier 1578 à Claude, Marquis d’Epinay, Comte de Duretal & de Mathefelon, fils de Jean, Marquis d’Epinay, & de Marguerite de Sceptaux ;
Antoinette, Dame de Linieres, épouse d’Antoine de Brichanteau, Seigneur de Nangis, Chevalier des Ordres, fils de Nicolas, Seigneur de Beauvais-Nangis, & d’Anne d’Aguerre ;
& Charlotte de la Rochefoucaud, Dame de Vendeuvre, mariée, par contrat du 8 Novembre 1589, à François des Barres, Seigneur de Neufvy-Banegon en Bourbonnois.
• 3. Antoine, Seigneur de Chaumont, qui suit ;
• 4. François, Seigneur de Ravel, l’un des 100 Gentilshommes de la Maison du Roi en 1549, marié â Eléonore de Vienne, fille de François, Seigneur de Ruffey, & de Guillemette de Luxembourg-Brienne, de laquelle il eut trois filles.
L’aînée, Charlotte de la Rochefoucaud, femme de Louis de Comboursier, Seigneur du Terrail ;
la seconde, Gilberte, mariée, le 5 Août 1584, à Jean, Vicomte d’Estaing, Seigneur de Murol ;
& la troisieme, Pernelle de la Rochefoucaud, femme du Seigneur de Bresons & de Montréal, mort le 13 Octobre 1611.
• 5. Catherine, mariée 1°. à Charles de Chabannes, Seigneur de la Palice, fils de Jacques, II. du nom, Maréchal de France, & de Marie de Melun, sa seconde femme ; 2°. en 1559, à René du Puy-du-Fou, Seigneur de Combronde ; & 3°. à Charles Rouault, Seigneur de Landreau. Elle mourut en 1577 ;
• 6. Marguerite, mariée 1°. à Pierre du Puy, Seigneur de Vatan ; &, 2°. le 17 Mai 1554, à Claude de Bourbon, Seigneur de Busset ;
• 7. Bénédicte, Abbesse de Saint Jean d’Autun ;
• 8 & Antoinette, Religieuse.

— XVIII. Antoine de la Rochefoucaud, Seigneur de Chaumont sur Loire, Chevalier de l’Ordre du Roi, & son Chambellan, partagea avec son frère aîné Charles, le 14 Juillet 1553, & avoit épousé, le 7 Octobre 1552, Cécile de Monmirail fille d’Etienne, Seigneur de Chambourcy, Maître des Requîtes, & de Louise de Selve, dont :

• 1. Jacques, qui suit ;
• 2. Charles-Isaac, mort jeune ;
• 3. François, Abbé de la Réau ;
• 4. Antoine, Prieur de Saint-Portien, sacré Evêque d’Angouléme le 5 Juin 1608, qui assista à l’Assemblée du Clergé à Paris en 1615 ; souscrivit au Concile de Bordeaux en 1614 ; mourut dans son Palais Episcopal le 14 Décembre 1634, & fut inhumé en sa Cathédrale devant le grand Autel ;
5. Françoise, mariée a Bertrand de Fayolles-de-Mellet, Seigneur de Neufvy & de Saint-Martial, Mestre-de-Camp d’un Régiment ;
6. Jeanne, femme, par acte du 6 Janvier 1579, de Jean-Antoine de Mauleon, en Gascogne ;
7. Marguerite, Chanoinesse de Remiremont ;
8. Charlotte, femme de Gaston de la Rochefoucaud, Seigneur des Salles, son cousin, troisième fils de Louis, Seigneur de Montendre, & de Jacquette de Mortemer ;
9. Marie, Abbesse du Paraclet-en Champagne, morte le 19 Février 1639 ;
10. & Eléonore, mariée, le 9 Janvier 1600, à Marc de Polignac, Seigneur d’Abdiac & de Lardeyrol en Velay, à cinq quarts de lieue du Puy.

— XIX. Jacques de la Rochefoucaud, Seigneur de Chaumont-sur Loire & de Langheac, par donation de sa femme du 5 Mai 1609, avoit épousé, par contrat du dernier Août 1586, Françoise de Langheac, fille & héritière de Jean, Seigneur dudit lieu, & de Marie de Chabannes, dont :

• 1. Louis-Antoine, qui suit ;
• 2. François, Baron de Monclar, allié avec Dauphine de Taillac, fille de Tristan de Taillac, Seigneur de Mergeride ;-
• 3. Jean, Seigneur de Brassac en Auvergne, qui ne laissa de Barbe du Floquet, son épouse, qu’une fille, morte jeune ;
• 4. Charles-Ignace, tige des Comtes de Lorac, Marquis de Rochebaron, rapportés ci-après ;
• 5. Jean-Jacques, Chevalier de Malte ;
• 6. Louis, Religieux de l’Ordre de Cluny en 1622 ;
• 7. Henri, tige des Comtes de Cousage, mentionnés en leur rang ;
• 8. Marie, femme de Thibaut de Lastic, Seigneur de Gabriac ;
• 9. Françoise, épouse de Balthasard, Seigneur de Chavagnac ;
• 10. Isabelle-Gabrielle, Dame en partie de Combronde, mariée 1°. à Jean du Quesnel, Seigneur de Saint-Just ; & 2°. à Louis de Saint Priest ;
• 11. Marguerite, Religieuse aux Chasses avant 1609
• 12. Anne-Marie, abbesse du Paraclet après sa tante, morte le 28 Mai 1646 ;
• 13. & Catherine.

— XX. Louis-Antoine de la Rocbefoucaud, Seigneur de Chaumont, de Langheac & de Saint-Ilpice, par donation de sa mere du 3 Décembre 1609, dit le Baron de Langheac, mourut le 16 Janvier 1652. Il avoit épousé, le 10 Mars 1611, Louise de la Guiche, fille de Jean, Seigneur de Bournoncle, & de Francoife de Lastic, dont :

• 1. Jean, qui suit ;
• 2. Henri-Gaston, Marquis de Langheac, auteur des Comtes de Saint-Ilpice, rapportés après la postérité de son aîné ;
• 3. autre Jean, Seigneur de Lastic, qui eut des enfans de Jeanne de Pontault, son épouse ;
• 4. François, Comte de Langheac ;
• 5. Christophe, Seigneur de Bournoncle
• 6. une fille, mariée au Seigneur de Séverac
• 7. & Marguerite, alliée, en 1638, à PhiUbert-Christophe d’Apchier, Seigneur de la Garde.

— XXI. Jean de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, épousa Françoise-Marie d’Urfé, fille de Charles-Emmanuel Lascaris, Marquis d’Urfé, & de Marguerite d’Alegre, de laquelle il a eu :

• 1. Jean-Antoine, qui suit ;
• 2. Emmanuel, Prêtre de l’Oratoire, nommé, au mois de Novembre 1735, à l’Abbaye de Sauve-Majeure, Ordre de Saint-Benoit, Diocèse de Bordeaux ;
• 3. François, Comte de Saint-Ilpice ;
• 4, 5 & 6. trois filles : la première, Religieuse de Sainte-Claire à- Montbrison, & nommée Abbesse de Saint-Julien de Dijon au mois de Janvier 1732 ; la seconde, Religieufe Ursuline à Montbrison, nommée, au mois d’Avril 1742, à l’Abbaye de Sainte-Claire de Clermont ; & la troisieme, Religieuse à la Visitation de Montbrison.

— XXII. Jean Antoine de la Rochefoucaud, Marquis de Langheac, Seigneur de Saint llpice, Lastic & Rochegoude ; mort à Montpellier en Janvier 1720, avoit épousé, en 1695, Marie Thérese de Guerin de-Lugeac, fille de Gilbert de Guerin, Baron de Lugeac en Auvergne, &c & d’Anne-Francoise-Aimée des Roches, dont :

Louis Christophe, qui suit ;
& Marie-Charlotte, mariée, le 8 Février 1718, à Alexandre-Louis de Vlssec-de-la-Tude, Marquis de Ganges, fils d’Alexandre, Brigadier des Armées du Roi, & de Marguerite de Ginestous Moissac.

— XXIII. Louis Christophe de la Rochefoucaud-Lascaris, Marquis de Langheac, & Comte d’Urfé en 1724, après la mort, sans enfans, de Joseph-Marie, Comte d’Urfé, son oncle maternel, devint aussi Grand Bailli du pays de Forez, fut quelque tems Capitaine au Régiment de la Roche-Guyon, Cavavalerie, dont il fut fait Mestre-de Camp au lieu du feu Duc de la Rochefoucaud, par commission du 25 Novembre 1731 ; & est mort de la petite vérole, au Camp près de Tortone dans le Milanais, le 7 Janvier 1734, dans la 30e année de son âge. Il avoit épousé, le 11 Septembre 1724, Jeanne Camus de-Pontcarré, fille de Nicolas-Pierre, premier Président du Parlement de Rouen, & de Marie-Francoise Michelle de Bragelogne, sa seconde femme. De ce mariage il a eu :

• 1. Alexandre-François, mort le 2 Octobre 1742, à 9 ans ;
• 2. Adélaïde-Marie-Thérese, née le 6 Août 1727, mariée, le 7 Mai 1754, à Alexis-Jean, Marquis du Chastellet-Fresnieres, Seigneur de la Ferté-lès-Saint-Riquier, Gouverneur de Bray-sur Somme ;
• 3. & Agnès-Marie, née à Paris le 27 Février 1732, veuve de Paul-Edouard Colbert, Comte de Creuilly, Maréchal des Camps & Armées du Roi, qu’elle avoit épousé le 4 Avril 1754, & morte le 1 Juillet 1756, âgée dé 25 ans.

Branche des Marquis de Montendre, sortie des Comtes de la Rochefoucaud

— XVII. Louis de la Rochefoucaud, seigneur de Montendre, Montguyon, Roissac, des Salles, &c. Chevalier de l’Ordre du Roi, fils puîné de François, I. du nom, & de Barbe du Bois, sa seconde femme, partagea avec ses frères du premier lit, le 6 Juin 1519 ; rendit hommage en 1537, de ce qui lui étoit échu de la succession d’Antoine du Bois, Evêque de Beziers, son oncle maternel. Il se trouva au siège de Metz en 1559, & aux autres guerres de son tems ; & avoit épousé, par contrat du .8 Février 1534, Jacquette de Mortemer, fille de François, Seigneur d’Ozillac, & de Françoise d’Aydie-Riberac, dont :

• 1. Claude, mort sans enfans ;
• 2. François, qui suit ;
• 3. Gaston, Seigneur des Salles, marié à Charlotte de la Rochefoucaud, fille d*Antoine, Seigneur de Chaumont, & de Cécile de Montmirail. Elle fut tutrice, le 8 Septembre 1611, de Jacques, son fils, Seigneur des Salles, qui n’eut, de Marie du Fossé, son épouse, qu’une fille, nommée Charlotte dr la Rochefoucaud, Dame des Salles, mariée à Alexandre de Galard-de-Béarn, Comte de Brassac. Les autres enfans de Gaston de la Rochefoucaud, & de Charlotte, son épouse, furent cinq filles ; les trois premières, Religieuses à Saintes ; la quatrième, morte jeune ; & la cinquième, Religieuse au Paraclet,
• 4. Louis, auteur des Seigneurs de Roissac, qui n’ont formé que trois degrés, & se sont éteints dans les enfans de son petit-fils Léonor de la Rochefoucaud, Seigneur de Roissac, qui de Lidie de Lanes, sa femme, n’eut qu’un fils, mort sans enfans ; & deux filles, mariées ; l’une, dans la Maison de Saint-Gelais ; l’autre, dans celle de Pons, Comte de Roquefort.
• 5. Claude, mort sans alliance ;
• 6. Louise, alias Charlotte, morte sans avoir été mariée ;
• 7. Françoise, femme d’Alain Baudouin, Seigneur de Fleurac ;
• 8. & Louise, mariée à Jean de Montalembert, Seigneur de Vaux, tué a la bataille de Coutras le 20 Octobre 1587.

— XVIII. François de la Rochefoucaud, Seigneur de Montguyon, Baron de Montendre, & Lieutenant de Henri de Bourbon, Prince de Condé, partagea avec ses frères & sœurs le 21 Septembre 1573 ; & mourut le 12 Janvier 1600. Il avoit épousé, en 1565, Hélène Goulard, fille unique & héritière d’Edmond Goulard, Lieutenant de Roi à Niort, & de Guyonne du Puy, dont :

• 1. Isaac, qui suit ;
• 2. Henri, Seigneur de Marsay, tué au fiége d’Amiens en 1597, sans enfans ;
• 3. autre Henri, Seigneur de la Bouliniere, aussi tué au siège d’Amiens, portant l’Enseigne Colonelle du Roi
• 4. Judith, Dame de Marsay, mariée 1°. à Antoine du Châtelet ; & 2°. en 1624, à Louis de Saint-Georges, Seigneur de Loubigné ;
• 5. & Marie, femme, par contrat du 3 Novembre 1600, de Josias de Bremont, Seigneur d’Ars & du Châtellier en Touraine, du Bouchet, de Rochave & de Dampierre-sur-Charente, Maréchal des Camps & Armées du Roi, & Député aux Etats Généraux par la Sénéchaussée d’Angoumois, fils de Charles de Bremont, Seigneur d’Ars, & de Louise de Valsergues,

— XIX. Isaac de la Rochefoucaud, Baron de Montendre, Seigneur de Montguyon, commença de porter les armes en 1589, servit depuis, près de la personne du Roi, dans toutes les occasions qui se présenterent, jusqu’à la paix de Vervins, en 1598 ; fut nommé Chevalier des Ordres le 2 juin 1612 & mourut, après avoir fait ses preuves de noblesse & de religion, avant d’être reçu. II avoit épousé, le 2 Août 1600, Hélène de Fonseque, fille aînée & héritière de Charles, Seigneur de Surgeres, & à’Esther Chabot de Sainte-Foy, Dame d’Agurré. Leurs enfans furent :

• 1. Charles, qui suit ;
• 2. François, tige des Marquis de Surgeres, rapportés après la postérité de son aîné ;
• 3. Marie, née le 17 Mai 1601, seconde femme de Gui Chabot, Comte de Jarnac, fils aîné de Léonor, & de Marguerite de Durfort-Duras, sa première femme ;
• 4. Lucie, Dame d’honneur de la Princesse de Condé, mariée, 1°. en 1627, à Geoffroi de Durfort-Duras, Baron de Cusaguez ; & 2° à César de Costentin, Comte de Fismes & de Tourville, premier Gentilhomme de la Chambre du Prince de Condé,
• 5. & Catherine, mariée 1° à Michel Chevery, Baron de la Réole ; & 2°. à Philippe Tolosani, Seigneur de la Sestiere, fils d’Olivier Tolosani, Doyen des Conseillers au Parlement de Toulouse,

Isaac de la Rochefoucaud eut encore deux fils naturels de Madelene Mauschal ; l’un, appellé Charles, qui fut Exempt des Gardes du Duc dEnghien ; le second, Louis, Gendarme de la Compagnie des Gardes du même Prince.

— XX. Charles de la Rochefoucaud-de-Fonseque, Marquis de Montendre, substitué aux nom & armes de Fonseque, mena une Compagnie de 100 Gentilshommes de ses voisins & de ses yassaux, au secours de l’Isle de Ré, attaquée par l’armée Angloise, commandée par le Duc de Buckingham. Il avoit épousé, le 17 Septembre 1633, Renée Thevin, fille de François, Seigneur de la Dubliere, & de Marie le Franc, dont :

• 1. Charles-Louis, qui suit ;
• 2. & trois filles, l’une desquelles mourut, sans alliance, le 11 Janvier 1725, âgée de 92 ans,

— XXI. Charles-Louis de la Rochefoucaud-de-Fonseque, Marquis de Montendre, Seigneur de Montguyon & d’Agurré, épousa Madelene-Anne Pithou, fille de Pierre, Conseiller au Parlement de Paris, & de Chrétienne Loisel. Elle est décédée le 14 Mai 1714, & a été inhumée à Saint-Sulpice, ayant eu :

• 1. Isaac-Charles, Comte de Montendre, qui commença de servir, en qualité de Lieutenant du Régiment du Maine, au bombardement de Coblentz, au siège de Mayence, à la bataille de Fleurus, au siége de Mons : fut Colonel du Régiment de Medoc le 23 Mars 1691 ; s’acquit beaucoup d’honneur à la bataille de la Marfaille & au siége de Barcelonne ; fut fait Brigadier en 1702, eut bonne part à la fameuse journée de Crémone, ou il fut blessé ; & reçut, en recompense, le Régiment Royal des Vaisseaux, à la tête duquel il fut tué, à la bataille de Luzara, le 15 Août de la même année
• 2. François, qui, après, avoir été Chanoine Régulier de l’Abbaye de Saint-Victor de Paris, passa en Angleterre, ou il épousa, à Londres, le 2 Mai 1710, N... de Spanheim, fille d’Ezéchiel, Baron de Spanheim, Ambassadeur du Roi de Prusse en Angleterre. Il a été créé Maître-Général de l’Artillerie en Irlande en 1728, Colonel d’un Régiment d’Infanterie Angloise en 1729, Lieutenant- Général des Armées du Roi d’Angleterre le 20 Janvier 1736, Gouverneur de l’Isle de Guernesay au mois d’Octobre 1737, & Général de l’Infanterie en 1739. Il est mort à Londres le 19 Août de ladite année, dans la 71e année de son âge ;
• 3. Louis, qui suit ;
• 4. Paul-Auguste-Gaston, dit le Chevalier de Montendre, puis Comte de Jarnac, qui servit d’abord sur les Galères, ensuite en Italie sous le Duc de Vendôme, obtint le Régiment de Béarn en 1704 ; se distingua à la défense des retrancbemens de Donavert en Allemagne, à la bataille d’Hochstet la même année, & en Flandres, à Waberlo, près Bruxelles, en 1705 ; & mourut à Paris le 19 Décembre 1714, à l’âge de 39 ans, sans postérité. Il avoit épousé, en Juillet 1709, Anne-Marie-Louise Chabot, Comtesse de Jarnac, fille aînée & héritière de Gui-Henri Chabot, Comte de Jarnac, & de Charlotte-Armande de Rohan-Montbazon. Ce fut en faveur de cette alliance que son mari prit le nom de Comte de Jarnac ;
• 5. & Hélène-Françoise, Religieuse Ursuline à Saint-Jean d’Angely, où elle fit profession vers la fin de l’an 1683.

— XXII. Louis de la Rochefoucaud, Marquis de Montendre, Capitaine de Vaisseau en 1704, puis Capitaine-Colonel des Suisses de la Garde de Charles de France, Duc de Berri, est mort à Paris le 11 Mai 1742, dans la 73e année de son âge, sans enfans de Susanne d’Argouges, qu’il avoit épousée le 16 Septembre 1710, fille de Florent d’Argouges, Maître des Requêtes de l’Hôtel du Roi, & de Louise du Vau.

Marquis de Surgères, sortis de la Branche précédente

— XX. François de la Rochefoucaud, Seigneur Marquis de Surgeres, second fils d’Isaac, Baron de Montendre, & d’Hélène de Fonseque, épousa Anne Philippier, de la ville de Cognac, de laquelle il eut :

Charles-François, qui suit ;
& deux filles, Religieuses.

— XXI. Charles-François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, épousa, en 1662, Anne-Françoise-Charlotte de la Rochefoucaud, fille de Benjamin, Baron d’Estissac, & d’Anne de Villoutreys. Elle mourut à Paris le 19 Juin 1710, âgée d’environ 71 ans, & fut inhumée le lendemain à Saint-Sulpice, laissant :

• 1. Charles-François, né en 1663, Marquis de Surgeres, Capitaine des Vaisseaux du Roi, mort au mois de Décembre 1714, sans enfans de Francoise Chabot-de-Jarnac, son épouse, fille de Louis, Comte de Jarnac, & de Catherine de la Rochebeaucourt ;
• 2. François, qui suit ;
• 3. & Alexandre-Benjamin, mort à Paris le 8 Avril 1671, dans sa 5e année.

— XXII. François de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, né le 14 Février 1664, Chevalier de Saint-Louis en 1699, & Capitaine des Vaisseaux en 1708, acheta la Terre de Surgeres de son frère ainé, & ses autres biens, en payant ses créanciers, & moyennant une pension. Il avoit épousé, le 9 Novembre 1704, Angélique Lée, veuve de Françoit-Lucas de Demuin, Capitaine des Vaisseaux, & en a eu :

• 1. Charles-François, né le 1 Septembre 1705, mort en 1720 ;
• 2. Alexandre-Nicolas, qui suit ;
• 3. Isaac-Charles, né le 10 Mai 1712 ;
• 4. Anne-Louise, née le 13 Décembre 1706, mariée, par contrat du 10 Septembre 1714, à Chartes-Germanie le Mastin, Comte de Nuaillé & de Ferrieres, Colonel d’Infanterie, Brigadier des Armées du Roi, fils de Claude le Mastin, Marquis de Nuaillé, & de Marie-Anne Tusset ;
• 5. Susanne, née le 21 Janvier 1708, morte six mois après ;
• 6. & Auguste-Madelene, né le 22 Juillet 1710, morte en 1720.

— XXIII. Alexandre-Nicolas de la Rochefoucaud, Marquis de Surgeres, né le 29 Janvier 1709, d’abord Mousquetaire de la Garde du Roi en 1728, puis Guidon & Enseigne de la Compagnie des Gendarmes d’Anjou, fut nommé Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la Reine le 15 Mars 1734, Mestre-de-Camp d’un Régiment de Dragons de son nom, au mois d’Avril 1742 ; se trouva, à la tête de ce Régiment, au combat donné à Sahay en Bohême, le 25 Mai de ladite année, entre les troupes du Roi, commandées par le Maréchal de Broglle, & les troupes Autrichiennes, par le Prince de Lobkowitz, qui furent battues : il y eut un cheval tué sous lui & il fut blessé. Le Roi le fit Brigadier le 20 Février 1743, Maréchal-de-Camp le 1 Mai 1745, & Lieutenant-Général de ses Armées le 10 Mai 1748. Il a épousé, le 29 juillet 1728, Jeanne-Thérese Fleuriau-de-Morville, fille de Charles-Jean-Batiste, Comte de Morville, ci-devant Ministre & Secrétaire d’Etat pour les affaires étrangères, Chevalier de l’Ordre de la Toison d’or, & de Charlotte-Elisabeth de Vienne, dont : -

• 1. N... de la Rochefoucaud, mort au berceau ;
• 2. Alexandre-Charles, né en Septembre 1731, Enseigne des Gendarmes d’Anjou, mort à Paris le 3 Novembre 1749, âgé de 18 ans ;
• 3. Jean-François, qui suit ;
• 4. & Angélique Louise, née en 1733, mariée, le 24 Mai 1751, à Jean-Alexandre Romée-de-Villeneuve, Vicomte de Vence, Colonel & Commandant le Régiment de Royal Corse, Infanterie Italienne, par Brevet du 1 Février 1749, fils d’Alexandre-Gaspard Romée de-Villeneuve, Comte de Vence, & de Madelene Sophie de Simiane, dont un fils.

— XXIV. Jean-François de la Rochefoucaud, appellé le Comte de Surgeres, né en 1734, Guidon de la Compagnie des Gendarmes de Flandres, puis Colonel du Régiment de Royal-Champagne, Cavalerie, a épousé, le 17 Avril 1752, Anne Sabine-Rosalie Chauvelin, troisieme fille de feu Germain-Louis Chauvelin, Commandeur des Ordres du Roi, Garde des Sceaux de France, & d’Anne Cahouet-de-Beauvais.

Source : Dictionnaire de la noblesse, de François-Alexandre de La Chenaye-Aubert.

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25 juin 2015

Naissance de François de La Rochefoucauld

Naissance de François VI

Premier des sept garçons et sept filles qu'eurent le comte (puis duc et pair à partir de 1622) François V de La Rochefoucauld et Gabrielle du Plessis-Liancourt, François VI naquit le 15 septembre 1613, à deux heures et demie de l'après-midi, rue des Petits Champs, près du Louvre, à Paris. « Le père est un grand féodal, orgueilleux et mécontent ; la mère est de nature tendre et effacée » (Georges Grappe).

Vingt-et-unième descendant de Foucauld Ier, seigneur de La Roche, qui vécut vers l'an 1000, au temps du roi Robert Le Pieux, le nouveau-né fut prénommé François. C'était l'usage pour tous les aînés de la famille depuis que François Ier de La Rochefoucauld, chambellan de Charles VIII et de Louis XII, avait eu l'honneur d'être choisi en 1497 comme parrain du roi François Ier. Celui-ci, par lettres d'avril 1515 enregistrées en 1528, érigea la terre, seigneurie et baronnie de La Rochefoucauld en comté. Dans ces lettres, François Ier de La Rochefoucauld est qualifié de « très cher et aimé cousin et parrain ». Ce titre de cousin sera rappelé dans les lettres par lesquelles Louis XIII érigera, en 1622, le comté en duché-pairie.

Par tradition également, François VI, comme tous les aînés des La Rochefoucauld, porta dès le berceau et jusqu'à la mort de son père, le titre de prince de Marcillac, qui était tiré du nom d'une possession d'Angoumois, où s'élevait un château acquis par Guy VIII de La Rochefoucauld au mye siècle. Saint-Simon parlera, dans ses Mémoires, de ce « vain titre » de prince de Marcillac, et Jean Lafond, dans sa préface aux Mémoires de La Rochefoucauld en 2006, de « prince de fantaisie ».

François VI fut baptisé le 4 octobre 1613 à Paris, en l'église Saint Honoré, par monseigneur Antoine de La Rochefoucauld, évêque d'Angoulême. Au-dessus des fonts baptismaux se penchaient le parrain : le cardinal François de La Rochefoucauld, évêque de Senlis, grand aumônier de France, commandeur des ordres du roi et écrivain fécond ; et la marraine, qui était en même temps la grand-mère de l'enfant : Antoinette de Pons, marquise de Guercheville, épouse de Charles du Plessis-Liancourt.

Les maisons de la famille

L'enfance du petit prince de Marcillac eut pour cadre, en partie, les maisons que sa famille possédait en Angoumois et en Poitou, et surtout le château de Verteuil, situé à une lieue et demie de Ruffec. Verteuil, qui appartenait aux La Rochefoucauld depuis le XIe siècle, était bâti, indique Jean Gervais, lieutenant criminel au présidial d'Angoulême sous Louis XV, dans son Mémoire sur l'Angoumois, sur « une baronnie composée de neuf ou dix paroisses, à la tête desquelles est la petite ville de ce nom, à sept lieues d'Angoulême, composée de cent feux. Les habitants en sont communément pauvres (...). Cette terre seule ne vaut pas plus de cinq mille livres de ferme. »

Forteresse romane à l'origine, Verteuil, ce « moult fort chasteau du Poitou, sur les marches du Limousin et de la Saintonge », selon l'expression du grand chroniqueur Froissart, fut démantelé en 1442, durant la Praguerie, sur ordre du roi Charles VII qui avait décidé de châtier un aïeul indocile de François VI. La chapelle et le donjon furent cependant épargnés, et au milieu du XVe siècle, Guillaume de La Rochefoucauld fit reconstruire la demeure, lui donna sa forme triangulaire, l'orna de trois tours à mâchicoulis et de grandes voûtes longues de soixante-cinq mètres et hautes de dix mètres.

Surplombant fièrement la Charente et ses rives ombragées, entouré de bois giboyeux, Verteuil était agrémenté de parcs dont la beauté força l'admiration des contemporains. Jean Gervais en témoigne dans son Mémoire sur l'Angoumois : Les issues de Verteuil, connues sous le nom de parc de Vauguay, ont des beautés naturelles qui surpassent peut-être tout ce qu'on peut voir en France. Le parc, d'une étendue des plus spacieuses, s'est trouvé contenir un terroir très propre à élever des arbres, et les plants de charmilles et autres espèces y ont si bien réussi, qu'il n'y en a point ailleurs d'une semblable hauteur, de si belles tiges et si bien fournies. On y entretient aussi une orangerie superbe.

Le parc de la Tremblaye, qui y est joint, est une forêt entière, brute, tout enfermée de hauts murs, dans laquelle il y a nombre de bêtes. Les arbres en sont aussi forts beaux. Elle est coupée au milieu par une grande allée dont le point de vue, qui répond par d'autres allées à la porte du château, forme une des plus belles perspectives du monde. »

Cette résidence agréable et magnifique, dotée d'une bibliothèque remarquable pour l'époque, accueillit des hôtes de marque, en particulier Charles Quint, de passage en France en 1539 et qui, de Verteuil, se rendit au château de Loches pour y rencontrer le roi François Ter. Bien que victime d'un rhume tenace depuis Hendaye, Charles Quint ne put s'empêcher d'exprimer son admiration à l'égard des endroits qu'il traversait. Il disait avoir vu cinq merveilles en France : un monde, une ville, un village, un jardin et une maison, à savoir : Paris, Orléans, Poitiers, Tours et la maison de La Rochefoucauld. À propos de celle-ci, il ajouta qu'il n'avait jamais été maison qui sentît mieux sa grande vertu, honnêteté et seigneurie que celle-là. » Il planta, dans le parc de Verteuil, un conifère qu'on voit encore aujourd'hui. Pendant les guerres de Religion, du fait que François III s'était converti au protestantisme, le château abrita le sixième synode de l'église réformée.

Les La Rochefoucauld, attirés par le charme de ces lieux, séjournaient moins dans leurs autres domaines disséminés, en majeure partie, du Périgord à la Loire. Parmi ceux-ci, la place prééminente revient à la baronnie, puis comté et enfin duché de La Rochefoucauld, berceau de la famille. Au IXe siècle, un fort destiné à défendre la contrée contre les envahisseurs normands, fut édifié sur la roche qui domine la vallée traversée par la rivière Tardoire. Ensuite, Foucauld Ier, seigneur de La Roche, fit bâtir sur l'emplacement du fort primitif, à six lieues d'Angoulême, un puissant château qui, depuis 1026, exprime avec éclat la majesté féodale. Sous Foucauld II, la bourgade, qui s'étendait au pied de la construction guerrière, commença d'être appelée La Roche Foucauld.

Le château de La Rochefoucauld, surnommé da perle de l'Angoumois », flanqué d'un donjon carré haut de trente-cinq mètres, hérissé de tours rondes, s'élève sur une rive de La Tardoire. Les initiatives architecturales, au XVIe siècle, de François II de La Rochefoucauld et de son épouse Anne de Polignac témoignent encore aujourd'hui d'un goût très sûr si l'on considère les ailes principales, les trois galeries superposées et ajourées conçues selon certains à partir de dessins de Léonard de Vinci initialement commandés pour un autre château, l'ingénieux grand escalier de cent-huit marches, les plafonds à caissons. Marguerite de Valois, auteur de l'Heptaméron, sœur du roi François Ier, séjourna dans cette demeure. Parmi les pièces qui étaient mises à sa disposition, on peut encore admirer un petit salon entièrement lambrissé.

Jean Gervais indique, dans son Mémoire sur l'Angoumois, que la terre de La Rochefoucauld comprenait vingt paroisses et rapportait dix-mille livres de rente.

Autre demeure, beaucoup plus rustique mais pourtant prisée par François VI de La Rochefoucauld, qui en fera en quelque sorte une maison des champs où il écrira notamment des lettres et deux de ses testaments : le château de la Terne, grande bâtisse sans tour allongée sur une rive de la Charente, près de Luxé. La Terne était située sur la baronnie de Montignac. Celle-ci, « à quatre lieues d'Angoulême, explique Jean Gervais, appartenant au même seigneur, contient vingt-quatre paroisses et peut valoir huit mille livres de revenu. Le chef-lieu du même nom est un petit bourg qui contient, compris Saint-Étienne joint, quelque quatre-vingt-onze feux. Il n'y a que quelques petits cabaretiers et artisans que les foires y entretiennent. Le reste est bas peuple et pauvre. Le château est presque tout en vieille masure. »

Encore à proximité d'Angoulême s'élevait le château de Marcillac, construit vers le IXe siècle. Depuis François II de La Rochefoucauld, le fils aîné de la famille, du vivant de son père, porte le titre de prince de Marcillac.

À la tête du duché de La Rochefoucauld, de la principauté de Marcillac, des baronnies de Verteuil, Marthon, Tourriers, Montignac, des chastellenies de Saint-Laurent de Céris, Saint-Claud, Cellefrouin, Aunac, Bayers, Saint-Amant-de-Bonnieure, des seigneuries de Saint-Angeau et autres fiefs, les La Rochefoucauld possédaient encore bien d'autres terres, notamment en Périgord et en Agénois. Mais d'étendue de ces domaines, observe Antoine Adam, ne doit pas faire illusion sur l'importance de leurs revenus. Les embarras d'argent que La Rochefoucauld a connus ne s'expliquent pas seulement par les dépenses qu'entraînèrent pour lui les guerres civiles. »

Éducation de François VI

Dans ces résidences solennelles, enfouies au sein de calmes paysages, François VI vécut paisiblement ses premières années. « C'est là que (François V) élève son fils, si les soins qu'il prend de son éducation méritent ce nom. Dès que l'adolescent est assez robuste, il lui fait enseigner le métier des armes. Il l'associe à ses plaisirs favoris, le cheval et la chasse. Au cours de ces randonnées communes, il ressasse à l'enfant toutes les choses de sa caste et de sa race, ses orgueils et ses rancœurs, ses héroïsmes et ses préjugés. C'est là, vraisemblablement, dans le plein des bois, dans les taillis sans espions qu'il invective contre le cardinal, destructeur des privilèges de la noblesse. C'est là qu'il nourrit son fils dans ces sentiments. On ne voit pas au-delà trace de son influence sur ce jeune caractère. » (Georges Grappe). Il reçut l'éducation d'un grand seigneur, c'est-à-dire apprit les arts nécessaires à un homme d'épée » (Marius Roustan).

Les documents sur cette période sont rares, et on suppose que l'éducation de l'enfant fut assez négligée, essentiellement tournée vers le développement de l'être physique. François VI reconnaîtra dans une lettre qu'il n'entendait pas bien le latin. « M. de La Rochefoucauld n'avait pas étudié ; mais il avait un bon sens merveilleux, et il savait parfaitement le monde », nota le poète Segrais qui le connaissait bien, et dont l'opinion est confortée par celle de Mme de Maintenon : « Il avait (...) beaucoup d'esprit, mais peu de savoir ». Selon Sainte-Beuve, « il n'avait pas étudié et ne mêlait à sa vivacité d'esprit qu'un bon sens naturel encore masqué d'une grande imagination. »

Jusqu'à l'âge de douze ans, François VI eut pourtant un précepteur : le poitevin Julien III Collardeau de la Mongie (1596-1669), homme de lettres (il publiera Larvina Satyricon en 1619 et Tableaux des victoires de Louis XIII en 1630) et juriste, procureur du roi à Fontenay-le-Comte. Celui-ci lui apprit à lire, un peu de latin, et, ajouta Edmée de La Rochefoucauld, « peut-être le goût de faire le procès des humains. » Dans un billet du 8 novembre 1626, Julien Collardeau déclare « avoir reçu de M. l'abbé de La Réau, agissant au nom de Mgr de La Rochefoucauld, la somme de soixante livres tournois, en deniers ayant cours, pour le dernier quartier de la gratification à moi allouée par ledit seigneur en récompense d'avoir enseigné les lettres à M. le prince de Marcillac, et du tout l'en tient quitte. »

François VI passa cette période d'éducation à Fontenay-le-Comte, dans la « maison du gouverneur » de cette ville, qui était son père, nommé à cette charge en 1621 par Louis XIII : à l'intérieur de la province du Poitou qui était placée sous l'autorité d'un gouverneur général, les villes de Poitiers, Loudun, Châtellerault, Niort, Melle et Fontenay étaient dotées d'un gouverneur particulier.

Le prince de Marcillac, dont une des futures maximes dira qu' « il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres », montra cependant très tôt du goût pour la littérature : régulièrement, il se plongeait dans le fameux et interminable roman des amours du berger Céladon et de la bergère Astrée, qu'Honoré d'Urfé publia de 1610 à 1625. Il garda sans doute cette habitude toute sa vie puisque Mme de Sévigné, dans une lettre de 1671, dira qu'elle partageait avec lui son goût prononcé « pour ces sottises-là ». L'Astrée, et l'Astrée seul, a été le premier éducateur de La Rochefoucauld, comme homme et comme gentilhomme. C'est dans ce livre qu'il a puisé ces leçons romanesques qui, jusqu'à sa trentième année, ont fait de lui un personnage poétique, noble entre tous, imaginant le monde à la ressemblance de la société idyllique réunie sur les bords du Lignon. C'est pour avoir cru à cette fable — de toute son âme — qu'il s'est voué au service des dames, au service de la reine Anne, de Mlle de Hautefort, de la duchesse de Chevreuse : "La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre de la raison", a-t-il écrit dans les Maximes » (G. Grappe).

Mais l'enfant accorda sans doute beaucoup plus d'importance à la chasse dans les bois de Tusson et d'Avon, ou à la pêche dans la Charente et ses affluents, qu'à l'acquisition des connaissances générales qui forment la base intellectuelle d'une vie.

Source : La Rochefoucauld le duc rebelle, d'Alain Mazère.

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