20 août 2015

Procès de la marquise de Charras

Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, marquise de Lalaurencie-Charras et Marie de Lalaurencie-Charras sa belle-sœur.

Il est difficile, même après avoir lu les dossiers de jugement de ces deux dames, de dire de quelles fautes, de quel péché véniel elles pouvaient être accusées; ce qu'il y a de plus clair, c'est qu'elles étaient ci-devant nobles, comme on disait dans le temps, et qu'elles avaient pour adversaire l'infernal Fouquier-Tinville, le fabricateur d'accusation, la hache exterminatrice du parti de la Terreur.

Elles furent toutes deux dénoncées par le comité révolutionnaire de la section du Mont-Blanc comme suspectes, en vertu de la loi de Merlin de Douai. Elles habitaient la commune d'Asnières, près Paris, avec le marquis de Charras, leur époux et frère, ancien inspecteur des maréchaussées, qui eut lo bonheur ou le malheur d'être tellement malade qu'on ne put le transporter en prison. Comme il me serait impossible d'extraire des trois pièces qui composent le dossier de Mme la marquise de Charras une seule raison de condamnation, je vais en citer les passages les plus saillants; c'est le seul moyen de faire connaître les procédés de justice de cette machine de destruction que le montagnard Lecointre (de Versailles) définissait ainsi : « Qu'est-ce qu'un tribunal révolutionnaire?... C'est un tribunal arbitraire où le parti dominant envoie ses victimes. »

Dont le conventionnel Doulcet-Pontécoulant a dit : « Les tribunaux révolutionnaires n'ont trouvé partout des coupables que parce que le gouvernement de la Terreur voulait qu'on trouvât partout des coupables. »

Et Bordas (de la Haute-Vienne), autre conventionnel : « C'est une caverne d'assassins (1) ! »

Voici l'interrogatoire subi devant Deliège, juge au tribunal criminel et révolutionnaire de Paris :

« D. Les nom, âge, profession, pays et demeure?

« R. Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de Charras, ci-devant marquis (2), âgée de quarante et un ans, native de Paris, demeurant à Asnières, département de Paris, district de Franciade (Saint-Denis).

« D. Où est actuellement son mari?

« R. A Asnières, bien malade.

« D. Quelles sont ses opinions sur la Révolution?

« R. Qu'elle trouve bien fait ce qu'elle a fait.

« D. Ce qu'elle pense du jugement du tyran et de son infâme femme?

« R. Que puisqu'on les a jugés, elle pense qu'ils méritaient de l'être.

« D. Connaissez-vous la femme Billens?

« EL Oui, mes parents étaient bien liés avec les siens.

« D. Avez-vous su si l'on n'a pas tenu chez elle des conciliabules tendant à rétablir l'ancien régime?

« R. Que non.

« D. Si elle a un conseil?

« R. Qu'elle nomme le citoyen Villains.

« Lecture faite, elle persiste, etc. »

Sur cet interrogatoire Fouquier-Tinville brocha l'acte d'accusation suivant :

« Examen fait des interrogatoires, il résulte que ladite Charras était l'ennemie de la Révolution; que c'était chez elle que les contre-révolutionnaires tenaient leurs conciliabules; que l'on y tenait les discours les plus incendiaires contre la Convention nationale, contre les patriotes et contre Paris; on disait où il fallait mettre le feu afin d'en brûler toute la canaille, qui n'était bonne à conserver que du jour au lendemain; qu'elle paraît même avoir conservé des correspondances avec l'émigré Corberon.

« En conséquence, l'accusateur public requiert.... Le 7 pluviôse an II. »

Le 11 du même mois, la malheureuse dame comparaissait devant le tribunal révolutionnaire, composé de André Coffinhal, faisant fonctions de président; Pierre-Noël Subleyras et François-Joseph Denizot, juges; Gilles Liendou, substitut de l'accusateur public. Voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des intelligences et correspondances avec les ennemis dela République, tendant à favoriser par tous les moyens possibles le succès de leurs armés et leur entrée sur le territoire français, anéantir la souveraineté du peuple, dissoudre la représentation nationale, rétablir la royauté en France?

« Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de François Charras, ci-devant marquis, est-elle du nombre de ceux qui ont entretenu lesdites intelligences?

« La déclaration du juré (3) est affirmative sur toutes les questions. »

Il paraît que cette dame et son mari s'étaient toujours montrés d'une bienfaisance et d'une générosité qui le? avaient rendus la providence de la contrée, aussi la population s'émut de leur arrestation. La société populaire d'Asnières se réunit et prit plusieurs délibérations dans l'une desquelles on lit ce qui suit : « Depuis vingt mois que la citoyenne Charras et son époux résident en cette commune, ils ont tenu une conduite sans reproche; que, au contraire, la société do ladite commune ne peut que leur donner les marques d'estime que l'on doit aux bons Français, et que les membres de ladite société peuvent et croient devoir attester devant les citoyens qui composent le tribunal révolutionnaire, que la citoyenne Charras et son époux ont toujours donné les preuves de leur zèle pour la chose publique, et qu'ils se sont montrés jusqu'à ce jour les amis de l'humanité, en soulageant la classe indigente d'uu côté, et mettant les premiers la main à l'œuvre lorsqu'il s'agissait de sacrifices envers la patrie. C'est pourquoi il a été arrêté, après nuire délibération de l'assemblée, qu'il serait nommé six commissaires, pris dans son sein, pour porter et remettre le présent extrait entre les mains de qui de droit. » Un grand nombre de signatures suivent au bas de cette pièce, qui est au dossier.

Mais que pouvaient faire les efforts de toute une population reconnaissante auprès de ce tribunal de sang, dont le septembriseur Danton, qui fut son créateur et sa victime, disait : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes de l'avoir fait décréter ! »

La malheureuse femme fut condamnée à mort et exécutée le même jour.

(Archives de l'Empire, W, 316, dossier 477.)

Marie de Lalaurencie-Charras.— Il n'existe pas plus de charges contre cette victime que contre la précédente. La procédure fut identique : interrogatoire insignifiant, acte d'accusation faux et sans base, questions aux jurés inventées et étrangères au procès, condamnation capitale inique, telle est Pu raccourci la physionomie de cette nouvelle affaire. Au forai, tout cela n'était qu'une hypocrite comédie; il ne s'agissait pas de punir des coupables, mais bien d'anéantir des adversaires.

Mlle Marie de Lalaurencie était, comme son frère, native de Chatras, qu'elle avait habité toute sa vie, et elle eût mieux fait d'y rester. Depuis deux ans elle s'était rapprochée de son frère et de sa bellesœur qui habitaient Asnières, comme nous l'avons déjà dit. Son frère, très malade, avait réclamé ses soins, et elle n'avait pas hésité à braver le danger pour aider, dans cet acte pieux, sa belle-sœur, la malheureuse qui tomba sous le glaive de la loi, comme disait Fouquier-Tinville, quelques mois avant elle.

Il paraît que ce fut le même comité révolutionnaire de la section du Montblanc qui la fit arrêter comme sa belle-sœur.

Des différents interrogatoires qu'elle subit, il résulte qu'on lui reprocha :

1° De n'avoir pas excité son domestique Delveau à faire son service dans la garde nationale, ce qui la rendait suspecte. — A quoi elle répondit qu'elle ne s'était jamais informée si son domestique faisait ou ne faisait pas son service.

2° On lui demanda si elle n'avait pas porté le deuil du tyran Capet, et combien de temps? — Répond qu'elle ne l'a jamais porté.

3° Si elle n'avait pas des frères émigrés?—Répond que trois de ses frères sont absents depuis 1779, qu'elle les croit émigrés, mais qu'elle n'en a jamais eu de nouvelles.

4° Si elle n'a pas fréquenté la femme du ci-devant président Billens-Guibeville (4) et le marquis de Corberon? Et, attendu qu'ils sont connus pour aristocrates, il ne peut manquer pour elle d'en être de même. — Répond qu'elle les connaît, mais ne les a jamais fréquentés; que du reste elle n'est pas de leur avis.

Aucune autre question, aucun autre reproche ne lui fut adressé, tout se borna à ces quelques suppositions; aucune autre preuve ne fut administrée. Là-dessus Fouquier-Tinville bâtit l'acte d'accusation qu'on va lire :

« Antoine-Quentin Fouquier, accusateur public du tribunal révolutionnaire, expose que Marie Lalaurencie-Charras, âgée de quarante-deux ans, native de Charras, près d'Angoulême, demeurant à Asnières, près de Paris, a été renvoyée au tribunal révolutionnaire.

« La fille Charras est sœur (il faut lire belle-sœur) de celle que le glaive de la loi a déjà frappée; elle portait la haine contre la Révolution au dernier période; on l'a vue porter le deuil du tyran Capet; ses discours révoltaient même jusqu'aux citoyens les plus indifférents sur la Révolution, et les aristocrates eux-mêmes prétendaient que la Charras était d'une aristocratie puante.

« D'après l'exposé ci-dessus, l'accusateur public a dressé la présente accusation contre la fille Charras pour avoir conspiré contre le peuple français.

« Fait au cabinet de l'accusateur public, le 25 germinal, l'an II de la République. »

Le 29 germinal, Marie Lalaurencie-Charras parut au tribunal révolutionnaire, et après une apparence de débat, voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des conspirations contre la liberté, la sûreté du peuple, tendant à rétablir la tyrannie et à détruire le gouvernement républicain, par suite desquelles conspirations des intelligences ont été entretenues avec les ennemis intérieurs et extérieurs, des secours en hommes et en argent ont été fournis, des moyens de corruption et de trahison ont été employés pour exciter la guerre civile, affamer le peuple, détruire la fortune publique, assassiner les patriotes, avilir et dissoudre la représentation nationale?

« Marie Lalaurencie-Charras est-elle complice de ces conspirations?

« La déclaration du juré est affirmative sur toutes ces questions.

« Paris, le 29 germinal, l'an II de la République.

« Signé : Dumas, président; Ducray, commis-greffier. »

En conséquence de ce verdict, Marie Lalaurencie-Charras fut condamnée à mort pour une conspiration dont il n'y avait même pas traces dans l'affaire; elle fut exécutée le même jour. De crime, il n'y en a pas même d'apparences; mais, comme je l'ai dit, elle était noble, sœur de trois émigrés, et de plus belle-sœur d'une guillotinée. Or, il entrait dans les principes de ces messieurs de frapper les proches parents de ceux qui avaient déjà subi cette peine; car, disaient-ils, jamais les ex-nobles ou les parents des guillotinés n'aimeront la Révolution (5).

(Archives de l'Empire, W, n° 348, dossier 702.)

Notes :

1. Voir la Justice révolutionnaire à Bordeaux, par Fabre de La Benodière. Discours de rentrée de la cour impériale. 1865.

2. Ils étaient père et mère de feu le marquis de Charras, ancien député de la Charente sous la Restauration, mort il y a quelques années au château de Montchaude, près Barbezieux.

3. On sait qu'à cette époque on appelait le juré ce que nous nommons aujourd'hui le jury.

4. Celle malheureuse dame avail été jugée et décapitée avec Mme la marquise de Charras.

5. Le tribunal était composé de René Dumas, président; Gabriel Deliège et Joseph Denizol, juges; Edmond Lescot-Fleuriot, substitut de l'accusateur public; Anne Ducray, commis-greffier. Je n'ai trouvé au dossier que les noms de qualre jurés : les citoyens Trinchard, Lumière, Desboisseaux, Besnard. Le défenseur était Chauveau-Lagarde.

Source : Les victimes de la terreur du département de la Charente, de Stéphane-Claude Gigon.

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14 juillet 2015

Le seigneur d’Herpès en Courbillac

L’histoire se situe au village d’Herpès, ancien fief relevant de la châtellenie de Neuvicq. Le dernier possesseur du château était M. de La Laurencie, marquis de Charras qui avait droit de basse et moyenne justice.

Ce seigneur peu banal, qui était le père du dernier marquis possesseur du château, alimenta la chronique locale car il était réputé pour être avare et violent. Un jour, il avait requis pour faire conduire sa récolte de vin, 24 manants pour conduire 24 charrettes. Après avoir chargé au château qui se situait bien à deux kilomètres du bourg, les paysans devaient mener leur charroi jusqu’à Jarnac, situé à une douzaine de kilomètres. Or, un des habitants n’avait qu’un boeuf. Il décida donc de s’adjoindre un voisin. En groupant leurs bêtes ils pouvaient ainsi constituer l’attelage manquant.

"Pour ce voyage pénible dans des sentiers comme on en voyait dans ce bienheureux temps, ils reçurent comme rétribution 5 sols par attelage et un souper au château". Au retour de cette course de plus de 24 kilomètres, les deux Herpois affamés allèrent donc s’attabler avec les autres. Les mauvaises langues de l’époque prétendirent que le repas fut des plus médiocres si l’on s’en réfère à l’avarice du maître des lieux. C’est alors que le vieux marquis entra tout à coup.

Mais laissons place au conteur relatant l’altercation :

"Le marquis compte ses gens, les recompte...vingt-cinq ! Il y en a un de trop ! s’écrie t’il d’une voix tonnante ! Nul ne bouge. Il fait un second dénombrement, même résultat ; ils sont 25. Il veut connaître l’intrus. Il tempête, si bien que le pauvre diable se lève, se jette à ses genoux et lui explique sa présence presque justifiée par le prêt de son boeuf. La fureur du marquis ne connaît plus de bornes.

Rends-moi mon souper, coquin ! hurle t-il et ses yeux cherchent un bâton quelconque pour assommer le voleur. Notre manant comprend qu’il n’a que le temps de fuir. Il s’échappe, mais pas assez vite pour éviter le terrible marquis qu’il trouve à la porte extérieure du château décidé à étrangler le voleur qui lui emporte son souper".

Pendant la période révolutionnaire, le marquis de Charras résidait dans la région parisienne où il échappa au rasoir national eu égard à son état maladif. Mais son épouse et sa soeur, accusées de complicité à l’émigration, périrent sur l’échaufaud . La plupart des La Laurencie émigrèrent et passèrent à l’armée de Condé.

Source : La Charente au XVIIIe siècle, de Gabriel Tesseron.

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L'abbaye de Grosbost en Charras

En 1632, le nouveau prieur, voulant y habiter, fait dresser un état des lieux. Les vents s'engouffrent dans l'édifice, absolument inhabitable « même une seule heure ». Plus de toiture aux chapelles. Clocher et chœur sont découverts, la voûte de la nef effondrée. Enfin, plus de tuiles sur la charpente... Existent encore, mais souvent en fort mauvais état, réfectoire, cuisine, dépense, boulangerie, caves, greniers, grange, écuries. Quelques réparations sont effectuées par les abbés, de 1632 à 1640, en récupérant notamment des rentes que s'était appropriées le seigneur de Charras, profitant des malheurs du temps. En 1641, la métairie de l'abbaye possède deux bœufs, vingt-sept brebis, deux charrettes. L'abbé Jean VII de la Font vint résider à l'abbaye et essaya d'y mettre de l'ordre. Il s'efforça de reconquérir les domaines usurpés. Il obtient ainsi du seigneur de Mainzac la restitution d'une rente de quarante-neuf boisseaux de froment, quatre de seigle et de sept gélines. Le même abbé dit et remontre en 1641 « que son abbaïe a estée ruinée depuis longtemps et bruslée par les Huguenots, ainsi comme il ce vois par les vestiges et ce cougnois encore dans des antiens cartelages, et a esté tenue en confidence par des abbés commendataires et sans provision de Roume et mesme par Vincent de Villards de la maison de Minzat, qui se disoit abbé de ladite abbaïe et en a joui l'espace de dix à douze ans et faisoit donner quittance des recettes qu'elle recepvoit par une certaine femme nommée Marie Guichard qui faict voir que jouissant de lacdite abbaïe il s'est emparé de tous les tiltres et en ont faict faire d'aultres et arpentemens de leur authorité à leur avantage... »

Source : La Charente sous Louis XIII, de Gabriel Tesseron.

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19 février 2015

Dette du marquis

6 octobre 1778. — Mémoire des déboursés faits par J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, pour la séparation volontaire de la marquise de Charas (332 livres, 13 sols, 9 deniers).

19 juin au 4 septembre 1779. — Saisie réelle faite à la requête de Joseph-Charles Roëttiers de la Brétêche, écuyer, demeurant rue des Blancs-Manteaux, à Paris, des biens de François de la Laurancie, marquis de Charas, prévôt général de la Connétablie et inspecteur des Maréchaussées, et de Anne-Jeanne Roëttiers, son épouse, demeurant rue des Blancs-Manteaux à Paris, à cause d'une dette de 38166 livres, 11 sols, 7 deniers; ladite saisie comprenant la seigneurie de Neuvicq, les châtellenies de Macqueville et d'Herpe, les seigneuries du Verger, du Petit-Bordeaux, de Charas et de Riffaud, près d'Angoulême.

14 octobre 1779. — Reçu de J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, donné à Jean-Claude Roëttiers de la Chauvinerie, de la somme de 264 livres, 13 sols, déboursée pour l'obtention d'un pareatis du grand sceau obtenu pour parvenir à la saisie réelle des terres appartenant au marquis de Charas et pour les autres frais.

(Nouvelles archives de l'art français, 1894)

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Actes de Saintonge

1753, 16 février. — Dame Marie-Anne Thomas, veuve de Bertrand de La Lorancie, chevallier, seigneur de Chadurie et autres places, demeurant ordinairement en son château de Chadurie, reconnaît avoir reçu d'Anthoyne Charrier, conseiller du roy et son procureur au siège royal de Saint-Jean d'Angély, et de dame Théreze Thomas d'Authon, son épouse, y demeurant, la somme de 4,500 livres à elle due par dame Marie-Jeanne Guillemain, veuve de Pierre Thomas, seigneur de la baronnie d'Authon, mère commune desdites dames Chadurie et Charrier.

1771, 23 décembre. — François de La Laurancie, prestre du diocèse d'Angoulesme, curé de la paroisse de Saint-Jean de Rouffiac, diocèse d'Angoulesme, et doyen de l'église Saint-Hérie de Mastas, diocèse de Saintes, demeurant en laditte paroisse de Saint-Hérie, constitue son procureur général et spécial M. Bertrand de La Loransie, chevallier, marquis de Charras, Neuvicq et autres places, donne plein pouvoir de remettre entre les mains de l'évesque d'Angoulesme sa démission de la cure de Rouffiac et de ses dépendances, en présance de Jean Courtain, notaire et procureur du comté de Mastas, et Anthoine Courtin, chirurgien, du bourg de Saint-Hérie, qui ont signé avec moi. Bérard, notaire royal à Aujac.

(Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1886)

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03 février 2015

Le baron de La Laurencie émigré

Charles Antoine de La Laurencie, dit le baron de la Laurencie, chevalier, sgr de Chadurie, enseigne des vaisseaux du roi, lieutenant de la compagnie des apprentis canonniers, chevalier de St Louis - électeur à Angoulême en 1789 - fils de Bertrand, chevalier, sgr de Chadurie et des Thibaudières, et de Marie Anne Thomas d'Authon - né le 20-5-1742 et bapt. le même jour à Authon (Charente-Maritime) - + à St-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) le 20-4-1820 - sorti de France en septembre 1791, ayant habité les Pays-Bas, la Hollande, la Westphalie et l'Angleterre, il fit sa déclaration devant le commissaire du gouvernement à Calais, le 20 thermidor an X, et fut amnistié le 18 germinal an XI. Il avait épousé à Grandjean (Charente-Maritime) Marie Geneviève de Brilhac de Nouzières, fille de Charles Seguin et de Marie Bénigne Chitton, née à Grandjean et décédée à St-Jean-d'Angély le 13-11-1822 - dont postérité éteinte. Leur fils, Charles Joseph Nicolas de La Laurencie, décédé à Migron (Charente-Maritime) en 1860, émigra lui aussi et fut amnistié le 10 nivôse an XI - il resta sans alliance (Q XII/34 - Q XX/1 - F7/5.983 - Pin. III/56).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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Registre paroissial d'Authon

Aujourdhuy, 12e du mois de septembre 1740, après avoir obtenu dispense de deux bans et préalablement toutes les autres formalités de l'Eglise observées, ont reçu la bénédiction nuptialle messire Bertrand de La Laurantie, écuyer, chevalier, seigneur de Chadurie et autres lieux, avec mademoiselle Marie-Anne Thomas d'Authon, en présence de Louis Baudouin notaire à Taillebourg, et d'André Huteau, notaire royal et de leurs parents et amis soussignés. Bertrand de Lalaurencie de Chadurie. De Lalorancie, doyen de Saint Herie. Marie-Anne Thomas d'Authon. Thérèse Thomas. Laloransie. M. Guillemin Charras. Huteau. Baudouin. M. Thomas d'Authon. Thomas Desnoue. Lavigne, curé d'Authon.

Aujourdhuy 19e aoust 1741, a été baptisé François-Bertrand-Augustain, nai du même jour, fils légitime de messire Bertrand de La laurentie, écuyer, chevalier, seigneur de Chadurie, et de dame Marie-Anne Thomas le parrein messire François de Lalaurentie, prêtre, doyen de Saint-Herie, et la marreine Marie-Jeanne Guillemin, dame et seigneure d'Authon, en présence des soussignés. M. Guillemin. De La Lorantie, doyen de Saint-Herie. M. Thomas d'Authon. Bertrand de Lalaurentie de Chadurie. T. Thomas d'Authon. Lavigne, curé d'Authon.

(Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1913)

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Assistance aux pauvres de Chadurie en 1770

Les notables de la paroisse se réunissent le 22 mai pour confectionner « le Roole concernant l'estat des pauvres et des contribuables de la paroisse de Chadurie ».

Ce rôle porte les signatures de Pierre Decescaud-Dureclaud, notaire royal et procureur de la juridiction de Chadurie ; François Egretaud, commis du greffier ; Me Chauvignon l'aîné, procureur de la juridiction ; Messire Pierre-Jean Guimberteau, curé de Chadurie ; Mérillat et Valladon, marchands, nommés par les habitants, et Claude Arnaud, syndic.

La liste des assistés comprend quatorze familles, environ trente personnes, dont de nombreux enfants qui recevront, par jour 18 livres 3/4 de pain de méture, des contribuables résidant dans la paroisse, 77 livres 4 sols 3 deniers en argent, du 22 mai au ler août, des non résidants, ce qui représente à 3 sols la livre de pain sept livres et quart de pain par jour. Les pauvres recevront donc en tout 26 livres de pain par jour.

Chadurie comptait 58 contribuables résidants et douze non résidants. Parmi les non résidants figurent : Marie Anne Thomas d'Authon, veuve de Bertrand de La Laurencie (qui paiera 2 livres de pain par jour) ; Guimberteau, curé de Chadurie (3 livres de pain aux enfants de son bordier) ; de Reymond Ecuyer (une demi livre) ; Gabriel Bignon, maître écrivain (un quart de livre) ; Aguesseau et La Gravelle, maîtres chirurgiens (un huitième de livre chacun), etc...

Source : La Charente au XVIIIe siècle, de Gabriel Tesseron.

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Le village de Charras en Charente

C'était autrefois le siège d'un prieuré, dépendant de l'abbaye de Figeac. Dans le principe, ce prieuré était très important, mais, à la suite des guerres de religion, une grande partie de ses droits et de ses possessions furent usurpés par les seigneurs de Charras. L'église n'a de remarquable que les mâchicoulis et les meurtrières, dont son pourtour est fortifié et qui lui donnent un aspect des plus imposants. Elle comprend une nef et une abside ; la nef doit être du dixième siècle et l'abside, du douzième ; les fortifications ont dû être ajoutées probablement à l'époque de la guerre de Cent ans.

Des foires très anciennes se tiennent au bourg de Charras. A la demande de François de La Laurencie et par lettres-patentes de mars 1519, le roi François Ier autorisa la création à Charras de quatre foires par an et d'un marché par semaine ; les quatre foires se tenaient le 6 des mois de mai, juillet, août et novembre. Supprimées pendant les guerres de religion, elles furent rétablies, en 1609, par Henri IV. Aujourd'hui elles se tiennent le 9 de chaque mois.

Les premiers registres de l'état civil remontent à l'année 1699.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la seigneurie de Charras s'était formée en grande partie aux dépens du prieuré. Aussi, au quinzième siècle, cette seigneurie était-elle fort importante. Elle appartenait à Jean de Plouer, écuyer, seigneur de Claix, dont la fille, Marie de Plouer, épousa, le 25 janvier 1493, François de La Laurencie, qui devint ainsi marquis de Charras. La famille de La Laurencie, une des plus considérables de notre pays, conserva le marquisat de Charras jusqu'à la Révolution.

La plupart des membres de la famille émigrèrent alors ; le chef de la famille, marquis de Charras, retenu par la maladie, ne put suivre leur exemple. Son état maladif lui valut de ne pas être inquiété ; mais sa femme, Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, et sa sœur, Marie de La Laurencie-Charras, furent saisies comme complices de l'émigration et périrent sur l'échafaud révolutionnaire.

Le château de Charras, qui fut construit au dix-septième siècle, s'élève près de l'église. Il tombait en ruines ; mais son propriétaire actuel, M. de Saint-Alary, y a fait de grandes réparations, qui lui ont restitué son caractère primitif. C'est un logis grandiose, qui rappelle bien l'époque de sa construction.

Source : Géographie historique et communale de la Charente, de Jules Martin-Buchey.

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Rôle des vingtièmes de l’élection d’Angoulême

Charras

Le sieur Noël-Bertrand de La Laurencie, écuyer, propriétaire de château, rentes, vignes, bois, préclôtures, héritages et trois domaines dans ladite paroisse ; rentes et deux domaines dans celle de Feuillade ; le tout du revenu de 3,200 livres, payera trois cent cinquante-deux livres.

Chadurie

Le sieur de La Laurencie de Chadurie, propriétaire de maisons, rentes, trois domaines et préclôtures dans la susdite paroisse, du revenu de 3,400 livres, payera trois cent soixante-quatorze livres.

Ruelle

Le sieur abbé de Charras, chanoine à Angoulême, propriétaire de cens, rentes, agriers et un domaine dans la paroisse de Ruelle, le tout du revenu de 1,700 livres, payera cent quatre-vingt-sept livres.

Pillac

Le sieur de La Laurencie, propriétaire de rentes dans la paroisse de Pillac, du revenu de 520 livres, payera cinquante-sept livres quatre sols.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1866)

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