20 août 2015

Procès de la marquise de Charras

Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, marquise de Lalaurencie-Charras et Marie de Lalaurencie-Charras sa belle-sœur.

Il est difficile, même après avoir lu les dossiers de jugement de ces deux dames, de dire de quelles fautes, de quel péché véniel elles pouvaient être accusées; ce qu'il y a de plus clair, c'est qu'elles étaient ci-devant nobles, comme on disait dans le temps, et qu'elles avaient pour adversaire l'infernal Fouquier-Tinville, le fabricateur d'accusation, la hache exterminatrice du parti de la Terreur.

Elles furent toutes deux dénoncées par le comité révolutionnaire de la section du Mont-Blanc comme suspectes, en vertu de la loi de Merlin de Douai. Elles habitaient la commune d'Asnières, près Paris, avec le marquis de Charras, leur époux et frère, ancien inspecteur des maréchaussées, qui eut lo bonheur ou le malheur d'être tellement malade qu'on ne put le transporter en prison. Comme il me serait impossible d'extraire des trois pièces qui composent le dossier de Mme la marquise de Charras une seule raison de condamnation, je vais en citer les passages les plus saillants; c'est le seul moyen de faire connaître les procédés de justice de cette machine de destruction que le montagnard Lecointre (de Versailles) définissait ainsi : « Qu'est-ce qu'un tribunal révolutionnaire?... C'est un tribunal arbitraire où le parti dominant envoie ses victimes. »

Dont le conventionnel Doulcet-Pontécoulant a dit : « Les tribunaux révolutionnaires n'ont trouvé partout des coupables que parce que le gouvernement de la Terreur voulait qu'on trouvât partout des coupables. »

Et Bordas (de la Haute-Vienne), autre conventionnel : « C'est une caverne d'assassins (1) ! »

Voici l'interrogatoire subi devant Deliège, juge au tribunal criminel et révolutionnaire de Paris :

« D. Les nom, âge, profession, pays et demeure?

« R. Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de Charras, ci-devant marquis (2), âgée de quarante et un ans, native de Paris, demeurant à Asnières, département de Paris, district de Franciade (Saint-Denis).

« D. Où est actuellement son mari?

« R. A Asnières, bien malade.

« D. Quelles sont ses opinions sur la Révolution?

« R. Qu'elle trouve bien fait ce qu'elle a fait.

« D. Ce qu'elle pense du jugement du tyran et de son infâme femme?

« R. Que puisqu'on les a jugés, elle pense qu'ils méritaient de l'être.

« D. Connaissez-vous la femme Billens?

« EL Oui, mes parents étaient bien liés avec les siens.

« D. Avez-vous su si l'on n'a pas tenu chez elle des conciliabules tendant à rétablir l'ancien régime?

« R. Que non.

« D. Si elle a un conseil?

« R. Qu'elle nomme le citoyen Villains.

« Lecture faite, elle persiste, etc. »

Sur cet interrogatoire Fouquier-Tinville brocha l'acte d'accusation suivant :

« Examen fait des interrogatoires, il résulte que ladite Charras était l'ennemie de la Révolution; que c'était chez elle que les contre-révolutionnaires tenaient leurs conciliabules; que l'on y tenait les discours les plus incendiaires contre la Convention nationale, contre les patriotes et contre Paris; on disait où il fallait mettre le feu afin d'en brûler toute la canaille, qui n'était bonne à conserver que du jour au lendemain; qu'elle paraît même avoir conservé des correspondances avec l'émigré Corberon.

« En conséquence, l'accusateur public requiert.... Le 7 pluviôse an II. »

Le 11 du même mois, la malheureuse dame comparaissait devant le tribunal révolutionnaire, composé de André Coffinhal, faisant fonctions de président; Pierre-Noël Subleyras et François-Joseph Denizot, juges; Gilles Liendou, substitut de l'accusateur public. Voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des intelligences et correspondances avec les ennemis dela République, tendant à favoriser par tous les moyens possibles le succès de leurs armés et leur entrée sur le territoire français, anéantir la souveraineté du peuple, dissoudre la représentation nationale, rétablir la royauté en France?

« Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, femme de François Charras, ci-devant marquis, est-elle du nombre de ceux qui ont entretenu lesdites intelligences?

« La déclaration du juré (3) est affirmative sur toutes les questions. »

Il paraît que cette dame et son mari s'étaient toujours montrés d'une bienfaisance et d'une générosité qui le? avaient rendus la providence de la contrée, aussi la population s'émut de leur arrestation. La société populaire d'Asnières se réunit et prit plusieurs délibérations dans l'une desquelles on lit ce qui suit : « Depuis vingt mois que la citoyenne Charras et son époux résident en cette commune, ils ont tenu une conduite sans reproche; que, au contraire, la société do ladite commune ne peut que leur donner les marques d'estime que l'on doit aux bons Français, et que les membres de ladite société peuvent et croient devoir attester devant les citoyens qui composent le tribunal révolutionnaire, que la citoyenne Charras et son époux ont toujours donné les preuves de leur zèle pour la chose publique, et qu'ils se sont montrés jusqu'à ce jour les amis de l'humanité, en soulageant la classe indigente d'uu côté, et mettant les premiers la main à l'œuvre lorsqu'il s'agissait de sacrifices envers la patrie. C'est pourquoi il a été arrêté, après nuire délibération de l'assemblée, qu'il serait nommé six commissaires, pris dans son sein, pour porter et remettre le présent extrait entre les mains de qui de droit. » Un grand nombre de signatures suivent au bas de cette pièce, qui est au dossier.

Mais que pouvaient faire les efforts de toute une population reconnaissante auprès de ce tribunal de sang, dont le septembriseur Danton, qui fut son créateur et sa victime, disait : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes de l'avoir fait décréter ! »

La malheureuse femme fut condamnée à mort et exécutée le même jour.

(Archives de l'Empire, W, 316, dossier 477.)

Marie de Lalaurencie-Charras.— Il n'existe pas plus de charges contre cette victime que contre la précédente. La procédure fut identique : interrogatoire insignifiant, acte d'accusation faux et sans base, questions aux jurés inventées et étrangères au procès, condamnation capitale inique, telle est Pu raccourci la physionomie de cette nouvelle affaire. Au forai, tout cela n'était qu'une hypocrite comédie; il ne s'agissait pas de punir des coupables, mais bien d'anéantir des adversaires.

Mlle Marie de Lalaurencie était, comme son frère, native de Chatras, qu'elle avait habité toute sa vie, et elle eût mieux fait d'y rester. Depuis deux ans elle s'était rapprochée de son frère et de sa bellesœur qui habitaient Asnières, comme nous l'avons déjà dit. Son frère, très malade, avait réclamé ses soins, et elle n'avait pas hésité à braver le danger pour aider, dans cet acte pieux, sa belle-sœur, la malheureuse qui tomba sous le glaive de la loi, comme disait Fouquier-Tinville, quelques mois avant elle.

Il paraît que ce fut le même comité révolutionnaire de la section du Montblanc qui la fit arrêter comme sa belle-sœur.

Des différents interrogatoires qu'elle subit, il résulte qu'on lui reprocha :

1° De n'avoir pas excité son domestique Delveau à faire son service dans la garde nationale, ce qui la rendait suspecte. — A quoi elle répondit qu'elle ne s'était jamais informée si son domestique faisait ou ne faisait pas son service.

2° On lui demanda si elle n'avait pas porté le deuil du tyran Capet, et combien de temps? — Répond qu'elle ne l'a jamais porté.

3° Si elle n'avait pas des frères émigrés?—Répond que trois de ses frères sont absents depuis 1779, qu'elle les croit émigrés, mais qu'elle n'en a jamais eu de nouvelles.

4° Si elle n'a pas fréquenté la femme du ci-devant président Billens-Guibeville (4) et le marquis de Corberon? Et, attendu qu'ils sont connus pour aristocrates, il ne peut manquer pour elle d'en être de même. — Répond qu'elle les connaît, mais ne les a jamais fréquentés; que du reste elle n'est pas de leur avis.

Aucune autre question, aucun autre reproche ne lui fut adressé, tout se borna à ces quelques suppositions; aucune autre preuve ne fut administrée. Là-dessus Fouquier-Tinville bâtit l'acte d'accusation qu'on va lire :

« Antoine-Quentin Fouquier, accusateur public du tribunal révolutionnaire, expose que Marie Lalaurencie-Charras, âgée de quarante-deux ans, native de Charras, près d'Angoulême, demeurant à Asnières, près de Paris, a été renvoyée au tribunal révolutionnaire.

« La fille Charras est sœur (il faut lire belle-sœur) de celle que le glaive de la loi a déjà frappée; elle portait la haine contre la Révolution au dernier période; on l'a vue porter le deuil du tyran Capet; ses discours révoltaient même jusqu'aux citoyens les plus indifférents sur la Révolution, et les aristocrates eux-mêmes prétendaient que la Charras était d'une aristocratie puante.

« D'après l'exposé ci-dessus, l'accusateur public a dressé la présente accusation contre la fille Charras pour avoir conspiré contre le peuple français.

« Fait au cabinet de l'accusateur public, le 25 germinal, l'an II de la République. »

Le 29 germinal, Marie Lalaurencie-Charras parut au tribunal révolutionnaire, et après une apparence de débat, voici les questions posées au jury :

« Est-il constant qu'il a existé des conspirations contre la liberté, la sûreté du peuple, tendant à rétablir la tyrannie et à détruire le gouvernement républicain, par suite desquelles conspirations des intelligences ont été entretenues avec les ennemis intérieurs et extérieurs, des secours en hommes et en argent ont été fournis, des moyens de corruption et de trahison ont été employés pour exciter la guerre civile, affamer le peuple, détruire la fortune publique, assassiner les patriotes, avilir et dissoudre la représentation nationale?

« Marie Lalaurencie-Charras est-elle complice de ces conspirations?

« La déclaration du juré est affirmative sur toutes ces questions.

« Paris, le 29 germinal, l'an II de la République.

« Signé : Dumas, président; Ducray, commis-greffier. »

En conséquence de ce verdict, Marie Lalaurencie-Charras fut condamnée à mort pour une conspiration dont il n'y avait même pas traces dans l'affaire; elle fut exécutée le même jour. De crime, il n'y en a pas même d'apparences; mais, comme je l'ai dit, elle était noble, sœur de trois émigrés, et de plus belle-sœur d'une guillotinée. Or, il entrait dans les principes de ces messieurs de frapper les proches parents de ceux qui avaient déjà subi cette peine; car, disaient-ils, jamais les ex-nobles ou les parents des guillotinés n'aimeront la Révolution (5).

(Archives de l'Empire, W, n° 348, dossier 702.)

Notes :

1. Voir la Justice révolutionnaire à Bordeaux, par Fabre de La Benodière. Discours de rentrée de la cour impériale. 1865.

2. Ils étaient père et mère de feu le marquis de Charras, ancien député de la Charente sous la Restauration, mort il y a quelques années au château de Montchaude, près Barbezieux.

3. On sait qu'à cette époque on appelait le juré ce que nous nommons aujourd'hui le jury.

4. Celle malheureuse dame avail été jugée et décapitée avec Mme la marquise de Charras.

5. Le tribunal était composé de René Dumas, président; Gabriel Deliège et Joseph Denizol, juges; Edmond Lescot-Fleuriot, substitut de l'accusateur public; Anne Ducray, commis-greffier. Je n'ai trouvé au dossier que les noms de qualre jurés : les citoyens Trinchard, Lumière, Desboisseaux, Besnard. Le défenseur était Chauveau-Lagarde.

Source : Les victimes de la terreur du département de la Charente, de Stéphane-Claude Gigon.

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14 juillet 2015

Le seigneur d’Herpès en Courbillac

L’histoire se situe au village d’Herpès, ancien fief relevant de la châtellenie de Neuvicq. Le dernier possesseur du château était M. de La Laurencie, marquis de Charras qui avait droit de basse et moyenne justice.

Ce seigneur peu banal, qui était le père du dernier marquis possesseur du château, alimenta la chronique locale car il était réputé pour être avare et violent. Un jour, il avait requis pour faire conduire sa récolte de vin, 24 manants pour conduire 24 charrettes. Après avoir chargé au château qui se situait bien à deux kilomètres du bourg, les paysans devaient mener leur charroi jusqu’à Jarnac, situé à une douzaine de kilomètres. Or, un des habitants n’avait qu’un boeuf. Il décida donc de s’adjoindre un voisin. En groupant leurs bêtes ils pouvaient ainsi constituer l’attelage manquant.

"Pour ce voyage pénible dans des sentiers comme on en voyait dans ce bienheureux temps, ils reçurent comme rétribution 5 sols par attelage et un souper au château". Au retour de cette course de plus de 24 kilomètres, les deux Herpois affamés allèrent donc s’attabler avec les autres. Les mauvaises langues de l’époque prétendirent que le repas fut des plus médiocres si l’on s’en réfère à l’avarice du maître des lieux. C’est alors que le vieux marquis entra tout à coup.

Mais laissons place au conteur relatant l’altercation :

"Le marquis compte ses gens, les recompte...vingt-cinq ! Il y en a un de trop ! s’écrie t’il d’une voix tonnante ! Nul ne bouge. Il fait un second dénombrement, même résultat ; ils sont 25. Il veut connaître l’intrus. Il tempête, si bien que le pauvre diable se lève, se jette à ses genoux et lui explique sa présence presque justifiée par le prêt de son boeuf. La fureur du marquis ne connaît plus de bornes.

Rends-moi mon souper, coquin ! hurle t-il et ses yeux cherchent un bâton quelconque pour assommer le voleur. Notre manant comprend qu’il n’a que le temps de fuir. Il s’échappe, mais pas assez vite pour éviter le terrible marquis qu’il trouve à la porte extérieure du château décidé à étrangler le voleur qui lui emporte son souper".

Pendant la période révolutionnaire, le marquis de Charras résidait dans la région parisienne où il échappa au rasoir national eu égard à son état maladif. Mais son épouse et sa soeur, accusées de complicité à l’émigration, périrent sur l’échaufaud . La plupart des La Laurencie émigrèrent et passèrent à l’armée de Condé.

Source : La Charente au XVIIIe siècle, de Gabriel Tesseron.

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L'abbaye de Grosbost en Charras

En 1632, le nouveau prieur, voulant y habiter, fait dresser un état des lieux. Les vents s'engouffrent dans l'édifice, absolument inhabitable « même une seule heure ». Plus de toiture aux chapelles. Clocher et chœur sont découverts, la voûte de la nef effondrée. Enfin, plus de tuiles sur la charpente... Existent encore, mais souvent en fort mauvais état, réfectoire, cuisine, dépense, boulangerie, caves, greniers, grange, écuries. Quelques réparations sont effectuées par les abbés, de 1632 à 1640, en récupérant notamment des rentes que s'était appropriées le seigneur de Charras, profitant des malheurs du temps. En 1641, la métairie de l'abbaye possède deux bœufs, vingt-sept brebis, deux charrettes. L'abbé Jean VII de la Font vint résider à l'abbaye et essaya d'y mettre de l'ordre. Il s'efforça de reconquérir les domaines usurpés. Il obtient ainsi du seigneur de Mainzac la restitution d'une rente de quarante-neuf boisseaux de froment, quatre de seigle et de sept gélines. Le même abbé dit et remontre en 1641 « que son abbaïe a estée ruinée depuis longtemps et bruslée par les Huguenots, ainsi comme il ce vois par les vestiges et ce cougnois encore dans des antiens cartelages, et a esté tenue en confidence par des abbés commendataires et sans provision de Roume et mesme par Vincent de Villards de la maison de Minzat, qui se disoit abbé de ladite abbaïe et en a joui l'espace de dix à douze ans et faisoit donner quittance des recettes qu'elle recepvoit par une certaine femme nommée Marie Guichard qui faict voir que jouissant de lacdite abbaïe il s'est emparé de tous les tiltres et en ont faict faire d'aultres et arpentemens de leur authorité à leur avantage... »

Source : La Charente sous Louis XIII, de Gabriel Tesseron.

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15 mars 2015

Les frères de La Laurencie dans l'armée de Condé

Charles-César de La Laurencie (Comte de La Laurencie) : né au château de Charras, en Angoumois, 22 août 1745, bapt. le 22 sept. église St-Vivien de Charras - lieut. en 2d au régt du Roy inf., 24 déc. 1758 - enseigne, 11 fév. 1759 - lieut., 22 mars - s.-aide-major, 10 janv. 1762 - rang de cap., 25 avril - aide-major ord., 30 oct. 1768 - rang de major, 24 avril 1778 - aide-major du corps, 11 mars 1781 - major et com. de col., 1er janv. 1784 - cdt à son rang concurremment avec le 1er et le 2d lieut.-col., 27 avril 1788 - 1er lieut.-col., 27 oct. 1789 - maréchal de camp pour retraite, 1er mars 1791. Chev. de St- Louis, 26 fév. 1777 - campagnes d'Allemagne de 1758 à 1762 - blessé d'un coup de fusil à Philingsauzen - pension 900 l., 1er sept. 1779 - gratif. : 500 l., 12 déc. 1784 - 1.000 l., 8 juil. 1786; 28 janv. 1787; 13 janv. 1788; 3 nov. 1788; 27 oct. 1789. Emigra, 8 juin 1791 - employé à Arlon, 7 nov. - rejoint l'armée de Condé à Bingen - aide-major gén. de l'inf., 1er juin 1792 - campagnes de 1792 à 1797 - suit l'armée en Russie - confirmé maréchal de camp, 15 janv. 1793 - Com. de St-Louis, 1er juil. 1797, reçu le 20 sept. Il mourut à Dubno, en Wolhynie le 25 sept. 1798 - inhumé dans le cimetière catholique de Dubno. A. G. : class. gén. - 3501, 3533 - Com. Vte Grouvel.

Jean-Bertrand de La Laurencie (Vicomte de La Laurencie) : fils de Noël-Bertrand, Mis de Nevicq et de Charras, lieut. des maréchaux de France en Angoumois, et de Marie Paulte - né au château de Nevicq, 16 fév. 1748, bapt. le jour, église St-Martin de Nevicq - lieut. au régt du Roy inf., 12 déc. 1762 - s.-lieut. form. de 1763 - lieut., 1er août 1767 - sous- aide-major, 15 nov. 1772 - rang de cap., 16 juin 1774 - cap. cdt, 6 juil. 1778 - aide-major ord., 1er sept. 1781 - aide-major du Corps avec rang de major, 9 mai 1784 - rang de Mestre de camp, 28 fév. 1787 - chef de bat. et cap. d'une Cie, 27 avril 1788 - major, 27 oct. 1789 - maintenu en activité avec trait. de 1.500 l., 10 fév. 1791. Chev. de St-Louis, août 1781. Emigra, mars 1791 - arrivé à l'armée de Condé, 15 sept. 1791 - campagne de 1792, cdt la Cie de cav. formée des officiers du régt du Roy inf. - quitte l'armée; y revient 31 oct. 1795 - entré dans l'inf. noble 2e Cie - cdt la 16e Cie, 1er mars 1796 - passé à la 18e Cie; lieut.-col. cdt la 3e Cie - en congé, sept. 1797 - resté en Allemagne. II épousa Anne-Marie de Livenne, fille de Jean-Léon, Sgr de Montchaude, en Saintonge. A. G. : cont. Roy inf., 1776 - class. gén. - 3501, 3521, 3531, 3541 - E. Barth, Le Canton de Barbezieux, 1955.

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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Violences du seigneur de Charras

En 1646, dans le bourg de Charras, vivaient Jean de La Laurencie, seigneur de Charras, Bertrand son fils, sieur de Seguignas et Jean son petit-fils, sieur de Jumillac. Y vivait aussi Jean Autier, procureur au Présidial d'Angoulême. Le 17 juillet 1646, le sieur de Jumillac et deux de ses valets, armés d'arquebuses, entrèrent dans la cour et le jardin du procureur qu'ils finirent par rencontrer. Ce dernier, probablement en colère de voir qu'on pénétrait ainsi chez lui sans autorisation, ne salua pas le sieur de Jumillac, son seigneur, « lequel lui demanda s'il ne le connaissait pas et lui bailla un grand soufflet. Et incontinent, les deux valets mirent leurs armes en état de tirer »... Le procureur n'avait plus qu'à rentrer chez lui... Comme il s'en allait, le sieur de Jumillac lui cria « qu'il était aussi absolu dans Charras que le Roi était dans Paris ! »

Une trentaine d'années plus tard, le 13 août 1675, on se plaignit encore du sieur de Jumillac. Il avait donné des coups de bâton à Pierre Rivet, praticien, qui dut attendre plusieurs années pour obtenir réparation de cet outrage. « En effet, disait l'offensé dans sa plainte au Lieutenant-Criminel, que peut-on s'imaginer de plus injurieux et de plus outrageant que des coups de bâtons qui portent avec eux une flétrissure irréparable et l'entière perte de l'honneur, comme a remarqué un des premiers orateurs de notre temps qui, faisant à ce sujet la différence de l'épée et du bâton, dit que c'est un grand malheur de recevoir des coups de bâton, que l'épée est l'instrument de la guerre et que par conséquent il est honnête ; que le bâton est l'instrument des outrages et que par conséquent il est infâme ; que qui frappe avec une épée veut attenter à la vie, mais que qui frappe avec un bâton veut attenter à l'honneur »...

Une douzaine de jours plus tard, le sieur de Jumillac adressa de son côté une plainte au Lieutenant-Criminel. « Se promenant dans son bourg de Charras, il rencontra le Père Baruteau, religieux, accompagné de Pierre Rivet et de quelques autres personnes. Il salua le religieux en particulier, et les autres en général, lesquels aussi de leur part lui rendirent le salut qui lui était dû, à la réserve de Pierre Rivet, lequel avec une mine et une contenance fières se tint toujours couvert pendant que son seigneur avait la tête nue, ce qui l'obligea d'essayer de faire tomber le chapeau de Pierre Rivet hors de sa tête, en le poussant avec son bâton et en lui remontrant son devoir. Cependant, poursuivit le seigneur dans sa plainte, ledit Rivet qui se croyait hors la girouette de son seigneur à raison de la qualité de praticien qu'il était venu prendre à Angoulême, prétendait que ce procédé était un grand crime et une injure très outrageante. Il ne s'agissait pourtant que d'un chapeau, qu'un seigneur avait pensé pouvoir renverser au fils d'un paysan, son tenancier, pour une incivilité aussi grossière. Il n'y avait que trois jours que ledit Rivet avait quitté l'aiguillon avec lequel il piquait les bœufs de la charrue que son père conduisait tous les jours. Il était venu en cette ville d'Angoulême, il s'était mis une plume à la main et s'était acquis la qualité de praticien. Il croyait par là être autant que son seigneur et s'imaginait être en droit de lui contester jusque dans le bourg de Charras et de lui refuser le salut. Or, s'il était bien vrai que le salut entre égaux était seulement de civilité, il était de devoir et d'obligation aux Inférieurs envers les Supérieurs, comme du tenancier envers son seigneur ».

A tout cela, Pierre Rivet, répliqua « qu'il demeurait d'accord que véritablement il n'était pas né gentilhomme, mais peu s'en fallait, qu'il était d'une bonne famille et descendait de bourgeois considérables »... et il finit par obtenir 40 livres de dommages-intérêts.

Source : Emotions populaires en Angoumois, de Gabriel Delâge.

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23 février 2015

La Laurencie à la chambre des députés

Laurencie de Charras [le marquis de La] (Charente), chevalier de la Légion d'honneur, officier des gardes-du-corps, est un excellent militaire : ses principes de discipline lui ont fait connaître tout le mérite de l'obéissance passive, et il répète avec autant de fidélité les mots clôture et aux voix que les commandements à la tête de son escadron.

Source : Biographie des députés de la Chambre Septennale de 1824 à 1830, de Jean-Gabriel Dentu.

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Laurent de La Laurencie

Au mois de juin 1250, Adhémar de Gain, chevalier, emprunta dans la ville d'Acre, à des marchands italiens, tant en son nom qu'en celui de Laurent de La Laurencie et de Guillaume de Bonneval, damoiseaux, la somme de 250 livres tournois, sous la garantie d'Alphonse, comte de Poitiers, son seigneur.

Laurent de la Laurencie portait d'azur, à l'aigle éployée d'argent.

(Galeries historiques du palais de Versailles, 1844)

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19 février 2015

Dette du marquis

6 octobre 1778. — Mémoire des déboursés faits par J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, pour la séparation volontaire de la marquise de Charas (332 livres, 13 sols, 9 deniers).

19 juin au 4 septembre 1779. — Saisie réelle faite à la requête de Joseph-Charles Roëttiers de la Brétêche, écuyer, demeurant rue des Blancs-Manteaux, à Paris, des biens de François de la Laurancie, marquis de Charas, prévôt général de la Connétablie et inspecteur des Maréchaussées, et de Anne-Jeanne Roëttiers, son épouse, demeurant rue des Blancs-Manteaux à Paris, à cause d'une dette de 38166 livres, 11 sols, 7 deniers; ladite saisie comprenant la seigneurie de Neuvicq, les châtellenies de Macqueville et d'Herpe, les seigneuries du Verger, du Petit-Bordeaux, de Charas et de Riffaud, près d'Angoulême.

14 octobre 1779. — Reçu de J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, donné à Jean-Claude Roëttiers de la Chauvinerie, de la somme de 264 livres, 13 sols, déboursée pour l'obtention d'un pareatis du grand sceau obtenu pour parvenir à la saisie réelle des terres appartenant au marquis de Charas et pour les autres frais.

(Nouvelles archives de l'art français, 1894)

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Actes de Saintonge

1753, 16 février. — Dame Marie-Anne Thomas, veuve de Bertrand de La Lorancie, chevallier, seigneur de Chadurie et autres places, demeurant ordinairement en son château de Chadurie, reconnaît avoir reçu d'Anthoyne Charrier, conseiller du roy et son procureur au siège royal de Saint-Jean d'Angély, et de dame Théreze Thomas d'Authon, son épouse, y demeurant, la somme de 4,500 livres à elle due par dame Marie-Jeanne Guillemain, veuve de Pierre Thomas, seigneur de la baronnie d'Authon, mère commune desdites dames Chadurie et Charrier.

1771, 23 décembre. — François de La Laurancie, prestre du diocèse d'Angoulesme, curé de la paroisse de Saint-Jean de Rouffiac, diocèse d'Angoulesme, et doyen de l'église Saint-Hérie de Mastas, diocèse de Saintes, demeurant en laditte paroisse de Saint-Hérie, constitue son procureur général et spécial M. Bertrand de La Loransie, chevallier, marquis de Charras, Neuvicq et autres places, donne plein pouvoir de remettre entre les mains de l'évesque d'Angoulesme sa démission de la cure de Rouffiac et de ses dépendances, en présance de Jean Courtain, notaire et procureur du comté de Mastas, et Anthoine Courtin, chirurgien, du bourg de Saint-Hérie, qui ont signé avec moi. Bérard, notaire royal à Aujac.

(Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1886)

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03 février 2015

Le baron de La Laurencie émigré

Charles Antoine de La Laurencie, dit le baron de la Laurencie, chevalier, sgr de Chadurie, enseigne des vaisseaux du roi, lieutenant de la compagnie des apprentis canonniers, chevalier de St Louis - électeur à Angoulême en 1789 - fils de Bertrand, chevalier, sgr de Chadurie et des Thibaudières, et de Marie Anne Thomas d'Authon - né le 20-5-1742 et bapt. le même jour à Authon (Charente-Maritime) - + à St-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) le 20-4-1820 - sorti de France en septembre 1791, ayant habité les Pays-Bas, la Hollande, la Westphalie et l'Angleterre, il fit sa déclaration devant le commissaire du gouvernement à Calais, le 20 thermidor an X, et fut amnistié le 18 germinal an XI. Il avait épousé à Grandjean (Charente-Maritime) Marie Geneviève de Brilhac de Nouzières, fille de Charles Seguin et de Marie Bénigne Chitton, née à Grandjean et décédée à St-Jean-d'Angély le 13-11-1822 - dont postérité éteinte. Leur fils, Charles Joseph Nicolas de La Laurencie, décédé à Migron (Charente-Maritime) en 1860, émigra lui aussi et fut amnistié le 10 nivôse an XI - il resta sans alliance (Q XII/34 - Q XX/1 - F7/5.983 - Pin. III/56).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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