07 août 2015

Gabriel Gros-Montemboeuf (1769-1853)

Gabriel Gros-Montemboeuf
Maisonnais (Haute-Vienne) 3 décembre 1769 - Marillac (Charente) 23 novembre 1853.

Fils de Michel Gros et de Marie Monnerie. Trop jeune pour exercer des responsabilités au début de la Révolution, il est cependant dès 1790 officier de la Garde nationale de Montemboeuf. Dans le rapport Penières, établi à la demande du représentant en mission en prairial an III pour relever les excès et les abus commis dans le district de La Rochefoucauld en 1793-1794, le jeune Gros-Montemboeuf est cité comme enchérisseur d'une superbe propriété nationale, travaillant pour le compte de Léonard Grosdevaux, président du comité révolutionnaire de La Rochefoucauld, devenu l'agent national du district et principal responsable des excès commis dans la contrée, qui s'est fait adjuger ce bien national de façon irrégulière et à un prix très au-dessous de la valeur réelle, avec la complicité de l'administration. Grosdevaux et Gros-Montemboeuf sont parents et un peu plus tard lorsqu'il s'agira de remettre en liberté surveillée, à domicile, Grosdevaux un moment emprisonné à La Rochefoucauld, Gros-Montemboeuf se portera caution pour lui. En l'an II - an III, Gros-Montemboeuf est l'agent national de la commune de Montemboeuf. Sous le Directoire, il est le premier président de l'administration municipale du canton jusqu'en germinal V où il démissionne.

De 1800 à 1831, pendant plus de trente ans, il est le maire de ladite commune, et président du collège électoral du canton à compter de 1805. En l'an XII il est nommé au conseil d'arrondissement de Confolens, dont il sortira par tirage au sort en 1805. Sa fortune est alors estimée par l'administration à 150 000 F. En l'an XIII il est sur la liste des soixante, avec une contribution de 1 369 F. De nouveau conseiller d'arrondissement entre 1820 et 1824 ... Voilà comment un notable de canton qui semble avoir commencé dans le sillage d'un révolutionnaire très marqué, est devenu un représentant de la droite la plus traditionnelle sous la Restauration, au point de perdre tous ses mandats sous la Monarchie de Juillet, où l'administration le classe dans les opposants de droite.

A présent on l'appelle Monsieur de Montemboeuf ; déjà sous l'Empire, dans ses notices administratives, on le présente comme l'ancien seigneur de la commune. Il est vrai aussi qu'en 1789 on le pare du titre d'écuyer à un moment où, très jeune, il semble déjà affilié à la franc-maçonnerie.

En 1804 il avait épousé Françoise-Marie-Magdeleine-Eulalie Briand, elle-même née du premier mariage de Françoise-Magdeleine Baynaud qui, veuve, s'était remariée avec Michel Gros, veuf de son côté. De ce mariage étaient nés quatre enfants, mais l'aîné décédé à 17 ans, il n'y a que trois héritiers au moment où en novembre 1837, Gabriel Gros de Montemboeuf, veuf, fait une donation partage entre ses enfants. Sa fortune est considérable, provenant à la fois de ses parents, dont il est l'unique héritier, et d'une tante. L'ensemble des revenus des immeubles en Charente et en Haute-Vienne s'élève à 13 350 F, soit un capital de 267 000 F, partagé en réservant au fils la quotité disponible, "par prêciput", les deux filles recevant chacune le quart. A son décès, en 1853, il ne restera à partager que des biens mobiliers pour 15 826 F. Le fils et les deux gendres sont des électeurs, gros censitaires vivant du revenu de leurs propriétés sous la Monarchie de Juillet. Le cens de Gros-Montemboeuf père, en 1835, avant la donation, était de 1 785 F, ramenée à 388 F en 1840-1841. Mais Gros-Montemboeuf fils à son tour paie un cens de 1 707 F.

Les deux gendres sont Louis de Maret, de Saint-Adjutory, et Louis Roux de Reilhac, de Cherves-Châtelard.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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Jean Marchais-Laberge (1758-1833)

Jean Marchais-Laberge
Champmillon 4 septembre 1758 - Angoulême 19 mai 1833.

Fils de Pierre, et de Catherine Rambaud de La Rocque. Le grand- père, Jean-Baptiste, était marchand orfèvre, juge consulaire, domicilie dans le faubourg de L'Houmeau. Le père, Pierre (21 avril 1730-7 janvier 1811), avec un frère exerçait la profession de négociant, avant d'être maire et capitaine de la ville d'Angoulême de 1772 à 1790, conseiller du roi ; il en a été le dernier maire sous l'Ancien Régime, anobli à ce titre après que l'édit royal de novembre 1771 eût modifié une dernière fois la composition du corps de ville. C'est en octobre 1789 que ce maire signe pour la dernière fois le cahier de délibérations alors que, sans la Révolution, il eût dû remplir son office pendant 20 ans, jusqu'en 1792. Sans mandat ni fonction dans la décennie révolutionnaire, à partir du Consulat son état de notable fait de Marchais-Laberge père un membre du conseil d'arrondissement d'Angoulême, jusqu'à son décès en 1811.

Le fils aîné, Jean, est né du deuxième mariage de son père, veuf d'Anne de Vars, avec Catherine Rambaud de La Rocque, de Bassac, fille d'un bourgeois, fermier de Châtellenies. Il est négociant de son état. Lors de son mariage en juillet 1784 avec Catherine Brun, la fille d'un homme de loi d'Angoulême, les parents ont fait de leur fils aîné leur héritier universel dans tous leurs biens présents et futurs, sous réserve de sommes à verser aux cadets, frères et soeurs, en guise de légitimes. En prairial an II, au plus fort de la Terreur, le représentant Romme l'avait nommé à la municipalité d'Angoulême. En l'an IX, il est inscrit sur la liste des notables communaux de l'arrondissement d'Angoulême, mais en 1804-1805 il devient un notable départemental, inscrit sur la liste des soixante, membre du collège du département ; il est en tête de la liste des trente plus imposés du département, avec une contribution de 5 433 F, classé parmi les plus gros contribuables fonciers. L'administration estime alors sa fortune à 600 000 F et il est proposé pour le conseil municipal en l'an XII. Finalement il n'y entre qu'en 1809

Il ne remplit pas d'autres mandats et c'est avant tout un notable du secteur économique. Alors que le père, du fait de son office de maire, et de la mentalité alors en cours avait évolué vers l'état de noblesse, le fils, lui, reste dans le monde des affaires et abandonne la particule, à la différence de bon nombre d'anciens révolutionnaires bon teint qui retrouvent les titres portés avant 1789 dans leur famille. Il figure sur la liste des négociants et manufacturiers les plus notables du département de la Charente en 1810, avec une erreur de prénom (Pierre au lieu de Jean) : "Il pratique tous les genres de commerce, les principaux partenaires sont le Nord de l'Europe, l'Angleterre en temps de paix, l'Amérique du Nord". Aucune indication de chiffre d'affaires, mais le capital de l'entreprise sous son nom propre est estimé à 450 000 F ; l'affaire est âgée de 45 ans. "Des opérations hardies de sa part n'ont pas eu toutes le même succès et l'ont fait accuser d'un peu de témérité. En particulier il y a six ans (vers 1804) il essuya un échec dans son commerce, sa maison eut quelque défaveur, mais de nouveau son crédit s'améliore et il lui serait rendu tout entier sans le retard du commerce". Ajoutons que l'universalité de ses activités commerciales en fait encore un négociant issu de l'Ancien Régime et des traditions du port de L'Houmeau sur la Charente, alors que la spécialisation est en marche et réalisée dans les eaux-de-vie. Il y a là une source de difficultés dont les effets ne tarderont pas à se faire sentir. La conjoncture commerciale semble s'être répercutée sur l'état de la fortune ; par exemple en l'an VI, Marchais-Laberge fils aîné et sa femme font l'acquisition d'un important domaine de 150 000 F, dans la région de Ruffec, qui ne figure plus dans le patrimoine lors de la donation de vivant de 1832 faite par le père, ancien négociant, veuf depuis l'an VII. De son mariage avec Catherine Brun étaient nés huit enfants, dont six vivent en 1832 : deux filles et quatre fils, dont deux sont aussi négociants et deux propriétaires. En 1832, le capital immobilier est estimé 270 000 F mais la fortune est grevée de dettes et d'obligations importantes, au point que les donataires sont autorisés à aliéner une partie des biens jusqu'à concurrence de 100 000 F. Le total mobilier approche de 64 000 F.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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06 août 2015

Laurent Deviau (1756-1836)

Laurent Deviau
Chazelles 22 mai 1756 - Marthon 17 août 1836.

Fils de François de Viaud, écuyer, sieur de La Charbonnière, et de Marguerite du Lau. Une famille noble, seigneurs de plusieurs lieux à l'intérieur de la baronnie de Marthon, que l'on suit sur sept générations. Aucun électeur de la noblesse en 1789 ne répond à ce nom en Angoumois. A seize ans, en 1772, Laurent de Viaud entrait comme sous-lieutenant au régiment de Bassigny. Il semblait mener une carrière lente et laborieuse puisqu'il était promu capitaine seulement en 1791. Chef de bataillon en 1793, il faisait les campagnes du Rhin, puis servait dans l'armée de l'Ouest où il était blessé grièvement à la bataille de Cholet. Successivement adjudant-général, chef de brigade à titre provisoire, puis définitif dans différentes affectations : 14e division militaire, l'armée d'Angleterre, celle de Mayence et du Danube, armée du Rhin, 9e division militaire. En l'an VIII, il est général de brigade, confirmé dans son grade par le Premier Consul. En l'an XII il est nommé dans l'ordre de la Légion d'honneur, commandeur dès l'année suivante. En 1806, à la disposition du vice-roi d'Italie, il est envoyé dans les Provinces illyriennes. Mis à la retraite sur sa demande en 1810-1811, il se retire dans sa propriété de La Couronne, sur la commune de Marthon. Il n'a rempli aucune fonction publique durant sa longue retraite.

Il figure en bonne place sur la liste des soixante-douze les plus marquants du département de 1812, et le préfet le désigne comme l'un des candidats susceptibles de présider le collège du département. Un militaire de carrière de l'Ancien Régime qui apparemment n'a pas eu de problème de conscience et a servi la République. Resté célibataire, il a légué ses biens à une petite nièce ; biens estimés à 13 180 F en mobilier et 60 000 F en immobilier.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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28 juillet 2015

Pierre Dupont de l'Etang (1765-1840)

Pierre Dupont de l'Etang
Chabanais 4 juillet 1765 - Paris 7 mars 1840.

Le troisième fils de Pierre-Isaac Dupont et de Françoise-Claire Benoit. Il est rare de trouver dans une même famille une réussite sociale aussi complète que celle des quatre frères Dupont, originaires de Chabanais : trois militaires qui ont servi dans l'armée du Nord en 1792, présents tous les trois à la bataille de Jemmapes, dont deux généraux dès 1793 et le troisième sera inspecteur général de l'administration des haras. Le second de la famille se destina aux ordres et fut évêque de Coutances entre 1808 et 1835. Ils descendent d'une famille de bourgeoisie titrée, originaire de Manot, que l'on peut remonter jusqu'en 1510, et qui occupait des charges de judicature ou exerçait la médecine. Leur père, Pierre-Isaac (1724-1810), avocat au parlement, juge sénéchal sous l'Ancien Régime, a été le premier maire de Chabanais sous la Révolution, juge de paix du canton ; choisi comme administrateur du département de la Charente, en août-septembre 1795, il refusa la fonction pour raisons de santé. Les enfants ont au moins commencé leurs études au collège des Jésuites de Magnac-Laval, et les parents décédés en 1810 laissèrent une fortune considérable, pour un total de 207 000 F en immobilier dans la région de Chabanais, à quoi il faut ajouter la succession collatérale d'un oncle, Pierre-Joseph Dupont-Chaumont, ancien officier de l'armée royale, léguant aussi à ses neveux un héritage immobilier de l'ordre de 70 000 F.

Pierre Dupont de l'Etang est le plus connu des quatre frères, retenu par l'histoire non pas tant à cause de ses brillants états de service que pour la capitulation de Baylen en Espagne, dont Napoléon lui fit porter toute la responsabilité (jusqu'en 1814, où il fut le premier ministre de la Guerre et de la Restauration). De septembre 1815 à 1830 il fit une carrière politique de député de la Charente. C'est incontestablement le plus charentais des quatre frères Dupont, par ses nombreux séjours à Chabannais sous la Révolution. En 1805 il fit l'acquisition du château de Rochebrune à Etagnac, propriété jusqu'alors des Colbert, et qu'il fit restaurer et transformer.

Après Magnac-Laval, il fit des études au collège de Lisieux à Paris, et débuta dans la carrière militaire en 1784 comme sous-lieutenant d'artillerie dans la légion française de Maillebois au service de la Hollande, où il resta jusqu'en 1791. De retour en France, capitaine en 1792, aide de camp du général Dillon à l'armée du Nord, blessé dans la retraite de Tournai, il se distingua à Valmy et à Menin. Général de brigade en octobre 1793, il se retira à Chabanais pendant la Terreur, où il aurait exercé une influence apaisante. De retour à Paris, Carnot, directeur, lui confia conjointement avec la général Clarke la direction du cabinet topographique où s'élaboraient les plans de campagne. Après les préliminaires de Leoben (1797), Dupont est nommé par le Directoire à la tête du département de la Guerre. Lié à Bonaparte, mais laissé en dehors du coup d'Etat de Brumaire, il participa comme chef d'état-major de l'armée de réserve à la 2e campagne d'Italie, où il aurait par deux fois redressé les erreurs de Bonaparte. En 1802, il recevait le commandement de la 2e division militaire dans l'Est. Membre de la Légion d'honneur en 1803, mais toujours général divisionnaire.

Il fit la campagne d'octobre 1805 en Allemagne du Sud, ouvrant la route de Vienne où il entrait avec sa division le 19 novembre, mais ne participa pas à la bataille d'Austerlitz. De même, il fit la campagne de Thuringe en 1806, continuée en 1807 en Prusse Orientale, avec à son actif les victoires de Halle (octobre 1806) et de Braunsberg (février 1807). Bernadotte, blessé à Spenden le 5 juin 1807, lui confiait le commandement de son corps d'armée, choix non confirmé par l'Empereur. C'est encore Dupont qui aurait assuré la victoire de Friedland, mais Napoléon ne lui accorde pas le bâton de maréchal que, d'après ses biographes, il avait mérité plus que d'autres promus. Cependant des distinctions et des récompenses tombaient : grand-aigle de la Légion d'honneur (1807), comte d'Empire en 1808 avec un majorat en Pologne et des rentes sur le Hanovre, et une dotation de 100 000 F pour l'achat d'un hôtel. Après Tilsit, il recevait le commandement d'un corps d'armée à Bayonne, et fit un séjour à Chabanais en s'y rendant. A partir de décembre 1807 il entrait avec son armée en Espagne où il avançait jusqu'en Andalousie, et en juillet 1808 c'était l'encerclement et la capitulation de Baylen le 22 juillet. Dans un premier temps Napoléon aurait justifié la conduite de Dupont, pour ensuite lui faire porter toute la responsabilité du désastre.

Dès lors, après le rapatriement en France (septembre 1808), Dupont devait aller de détention en détention, avec la préparation d'une haute cour pour le juger, procédure abandonnée sur l'avis de Cambaceres, et finalement Dupont est autorisé à séjourner chez son beau-père le comte Bergon. Mais quand la situation s'aggrava en Espagne l'affaire fut reprise en février 1812 sous la forme d'un conseil d'enquête de 17 personnages haut placés ; Dupont et ses coaccusés réintégrèrent la prison de l'Abbaye et le général fut entendu durant quatre séances consécutives ; finalement, reprenant les propositions de ce conseil, le décret impérial du 1er mars 1812 lui retirait ses grades militaires, le rayait de la Légion d'honneur et mettait ses dotations sous séquestre. Il était transféré de prison en forteresse jusqu'au début de 1814 où, ayant écrit pour proposer ses services à l'Empereur, il était libéré.

Le gouvernement provisoire le mit en avril 1814 à la tête du ministère de la Guerre, et Louis XVIII le confirma dans ce poste où il resta jusqu'au 3 décembre 1814, critiqué à la fois par les bonapartistes ("Depuis quand cherche-t-on à se venger d'une injustice personnelle aux dépens du pays ?", lui aurait dit Bourrienne) et par une partie des royalistes. C'est lui qui dut réorganiser l'armée en la réduisant à l'effectif de 200 000 hommes, au milieu de difficultés sans nombre et de critiques. Une ordonnance royale du 17 décembre 1816 annulera le décret impérial du 1er mars 1812 et ordonnera de détruire l'énorme dossier réuni contre Dupont.

Après son passage au ministère de la Guerre, il reçut le commandement de la 22e division militaire à Tours ; de nouveau sans emploi pendant les Cent Jours, puis gouverneur de la 4e division de Nancy, il commençait en septembre 1815 une carrière politique en Charente : il présida le collège électoral du département et se fit élire député ; dans la Chambre Introuvable il siégea au centre gauche et vota avec la minorité libérale. Réélu en 1816, il prit une part active à la discussion de la loi du maréchal Gouvion Saint-Cyr sur le service militaire. Six fois il devait présider le collège électoral du département et être réélu chaque fois député jusqu'en 1830, où battu il abandonna la vie politique. La satisfaction éprouvée aux débuts de son mandat avait laissé peu à peu la place à de l'amertume accompagnée de désillusions.

De son mariage en décembre 1804 avec Jeanne-Joséphine-Grâce Bergon, fille unique d'un administrateur des Forêts, comte d'Empire, conseiller d'Etat et directeur général des Forêts en 1806, il eut un fils, Gustave (1806-1843), et une fille, Athënaïs, qui épousa le comte Eugène de Richement. La comtesse Dupont, à la fois poète et peintre, élève de David, a laissé de nombreux portraits et le général Dupont, de son côté, de nombreux écrits dont des mémoires inédits que ses biographes ont utilisés. Il fut jusqu'à la fin de sa vie l'objet d'attaques. Le maréchal Macdonald, dans une lettre à son gendre après sa mort, écrivait : "L'histoire sera plus juste que les contemporains".

La fortune du général Dupont l'Etang était considérable ; il était sous la monarchie constitutionnelle l'un des plus gros censitaires du département de la Charente, avec un chiffre de contributions de plus de 5 000 F qui se répartissaient entre le Confolentais et Paris. La déclaration de succession après son décès, en Charente seulement, indique 13 627 F en mobilier, 13 293 F en revenus immobiliers.

Le nom de Dupont l'Etang, venant de l'étang Bouchaud, était un titre distinctif de la famille.

Pierre-Antoine Dupont-Chaumont
Chabanais 27 décembre 1759 - Chaillot 16 février 1838.

L'aîné, le moins charentais des quatre frères, est paradoxalement inscrit sur la liste des soixante de l'an XIII, avec une imposition de 3 509 F qui le place au sixième rang de la liate des trente plus imposés du département de la Charente. Il figure aussi sur celle des soixante-douze citoyens les plus marquants établie en 1812. Entré dans le service en 1775 comme volontaire dans le régiment d'infanterie de La Fère. Sous-lieutenant l'année suivante et lieutenant en 1785, aide de camp du général La Fayette en 1789, ayant rang de capitaine en avril 1791, lieutenant-colonel du 24e régiment d'infanterie en octobre 1791, affecté à l'armée du Nord comme adjudant-général, il est blessé à Tournai le 9 avril 1792, ce qui lui vaut la croix de Saint-Louis décernée par l'Assemblée législative. Colonel en mai 1792, blessé à la bataille de Jemmapes, général de brigade en mai 1793, commandant de la place de Douai, il fut suspendu de ses fonctions sous la Terreur, réintégré avec son grade le 10 décembre 1794. Général de division en septembre 1795, en mission dans les départements de l'Ouest, puis inspecteur de l'infanterie, il allait être réformé en 1799, quand Bonaparte après le coup d'Etat lui confia le commandement de la région militaire de Caen, puis de nouveau le chargea d'inspection générale. En non-activité de 1801 à 1803, commandant de division à Turin entre 1803 et 1805, il fut alors nommé ministre de France à la Cour de la Haye, près le roi Louis Bonaparte. De nouveau inspecteur général en 1809, il servit en Italie en 1810. Admis à la retraite en 1812. Il reprit du service en avril 1814, comme inspecteur général de l'infanterie et gouverneur de l'Ecole de Saint-Cyr. Promu grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre de Saint-Louis par le roi Louis XVIII, qui le fit comte. Remis à la retraite pendant les Cent Jours, il reprit du service jusqu'en 1817 où il se retira définitivement avec plus de 41 ans de services. Il vécut alors dans une propriété à Chaillot, vint peu en Charente ou il ne semble pas avoir gardé de biens.

Pierre Dupont-Poursat
Chabanais 3 juin 1761 - Coutances 17 septembre 1835.

Après des études à Magnac-Laval et au collège d'Harcourt à Paris, il entra au séminaire de Paris. Au moment de la constitution civile du Clergé il se retira dans sa famille à Chabanais, sans prêter le serment, et y demeura sous la Terreur sans être inquiété. Attaché au clergé de la Charente lors de la mise en place du Concordat. En 1807 il était grand-vicaire à Angoulême, sans exercer la fonction, quand Napoléon, pour témoigner sa satisfaction au général Dupont, après la victoire de Braunsberg, le nomma à l'évêché de Trêves qu'il n'occupa jamais, mais fut transféré a Coutances qu'il administra de 1808 à 1835. Il devait y laisser une oeuvre considérable au temporel et au spirituel, manifestant une grande indépendance à l'égard des pouvoirs successifs et laissant le souvenir d'un homme de prières et d'études, de grande charité, très aimé de ses diocésains.

Après son décès en 1835, il léguait à ses frères en Charente ses biens, d'un revenu de 3 950 F. Le titre de Poursat lui venait d'une propriété de la famille.

François Dupont-Savignat
Chabanais 12 janvier 1769 - Savignat 26 juillet 1845.

Le benjamin : après des études à Magnac-Laval, comme le 3e frère il prit du service en Hollande et ne revint en France qu'en 1791. Il mène une carrière parallèle à celle de son frère : dans l'armée du Nord, retour à Chabanais pendant la Terreur, attaché au ministère de la Guerre du temps de Carnot. Colonel en 1805 et en 1806 il est nommé inspecteur général de la nouvelle administration des haras, fonction qu'il devait garder jusqu'à sa retraite en 1835. Dès lors, il partagea son temps entre Limoges, où il s'était marié, et sa propriété de Savignat, près de Chabanais.

Il eut quatre fils et une fille, Claire, qui épousa en 1836 Lazare-Hippolyte Carnot, le troisième fils du grand Carnot. De cette union sont nés le président Sadi Carnot, assassiné en 1894, et Adolphe Carnot (1839-1920), directeur de l'Ecole des Mines, conseiller général de Chabanais et président du Conseil général de la Charente. Un fils de ce dernier, né en 1881, sera député de la Charente.

Dupont-Savignat était électeur censitaire en Charente pour un montant de 1 809 F (dont 409 F en Haute-Vienne) en 1835. Fortune déclarée à Chabanais après son décès : 145 180 F d'immobilier, 2 500 F de mobilier.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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21 août 2014

Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie (1758-1811)

Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie
Angoulême (Charente) 3 septembre 1758 - La Couronne (Charente) 25 juin 1811.

Fils de Jean Maulde, seigneur de Marsac, L'Oisellerie et Valence, et de Marguerite Maulde des Blancheteaux. Une famille de bourgeois magistrats qui exercèrent différentes fonctions au présidial et à la sénéchaussée d'Angoulême depuis cinq générations, à l'exception de la dernière, celle de son père Jean Maulde qui, de faible santé, n'avait pas exercé d'office. Le père et son frère Pierre étaient restés longtemps dans l'indivision, après le décès de leurs parents, cumulant à eux deux plusieurs héritages. Le beau domaine de L'Oisellerie, avec son corps de logis Renaissance, à la sortie Sud d'Angoulême (à présent lycée agricole du département de la Charente) , était entré dans la famille en 1691, acheté par les arrières-grands-parents François Maulde et Thérèse Gervais. Après des études, avocat à la cour, Pierre-Jacques Maulde en 1781 avait contracté mariage avec une très riche héritière, Marie Guimberteau, dont la fortune était plus considérable que la sienne. Il avait repris, non sans difficultés de la part des officiers du siège d'Angoulême, la fonction exercée par ses ascendants, et en 1789 il était ainsi conseiller et juge magistrat en la sénéchaussée et présidial d'Angoumois. Il remplissait des fonctions municipales quand il fut Elu suppléant à la Législative le 7 septembre 1791. Il ne fut admis à y siéger que près d'un an plus tard, en août 1792, du fait de la démission du député La Faye des Rabiers. Le mois suivant, désigné comme premier suppléant à la Convention, il y entra tout de suite en remplacement de Carra, journaliste parisien qui avait opté pour le département de Saône-et-Loire. Maulde, avec Devars, vota pour la détention du roi, alors que les sept autres députés de la Charente se prononcèrent pour la mort, et dans les autres scrutins il se déclara pour l'appel au peuple et pour le sursis, motivant ainsi son vote dans le scrutin principal : "Je vois dans Capet un tyran, un factieux, un traître à la nation ; je l'ai déclaré coupable. Si aujourd'hui j'avais à émettre un voeu comme citoyen privé je voterais la mort. Mais en prononçant comme législateur je vote pour la détention perpétuelle, sauf à prendre d'autres précautions lorsque la Constitution sera présentée à l'acceptation du peuple". Maulde à la Convention faisait partie du Comité des domaines. Il est difficile de le classer politiquement par rapport aux partis et aux factions. Après le 31 mai, il aurait été emprisonné et il ne reprit sa place dans l'assemblée qu'après le Neuf Thermidor. Le choix des deux-tiers le reprit et il siégea au Conseil des Cinq Cents jusqu'en 1797. En l'an VIII, Maulde est nommé au Conseil général du département dont il sort vers 1807, par tirage au sort. Il y rentre de nouveau en mars 1811, quelques mois avant sa mort. Inscrit sur la liste des soixante ainsi que celle des trente contribuables les plus imposés du département. Au moment de son décès en 1811, il est juge au tribunal civil d'Angoulême.

Il ne faut pas le confondre avec son cousin Pierre-François Maulde des Blancheteaux (1759-1809), un autre notable charentais, maire d'Anaïs et président du collège électoral du canton de Saint-Amant-de- Boixe, après avoir été membre du conseil du département à plusieurs reprises entre 1791 et 1797.

La fortune de Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie, venue en grande partie de son père dont il était l'unique héritier, est estimée après son décès à 30 290 F (biens meubles) et 98 066 F d'immobilier, situé essentiellement à La Palud (La Couronne) et dans lequel le domaine de L'Oisellerie représente 25 200 F. Les biens propres de sa veuve, Marie Guimberteau, décédée en 1824, sont estimés à 115 674 F en mobilier, consistant presque exclusivement en une centaine de créances et 97 770 F d'immobilier dans le canton de Blanzac.

Trois héritiers : deux filles, et un fils, Jean (1787-1860), membre fondateur de la Société archéologique et historique de la Charente, après avoir été conseiller de préfecture pendant quelques années à Angoulême.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.

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