12 janvier 2016

Le baron de Chasteigner, un maire d'Angoulême sous la Restauration

Chasteigner (Eutrope-Alexis, baron de), maire d'Angoulême (Bunzac 1786 - id. 1867). D'une très vieille noblesse, remontant au XIIe siècle, divisée en plusieurs branches, dont celle du Lindois, qui est la sienne, il est le fils aîné d'un électeur de la noblesse de 1789, qui émigra en 1792 et servit dans l'armée des princes, avant d'être fait prisonnier et fusillé lors de l'expédition de Quiberon. La carrière militaire étant de tradition dans la famille, le jeune Chasteigner participe aux campagnes napoléoniennes entre 1806 et 1809, comme officier de cavalerie légère, puis quitte le service et se marie en 1811. Il semble avoir exercé un temps dans la magistrature ou le barreau. L'ordonnance royale du 28-12-1825 le nomme maire d'Angoulême en remplacement de Thévet. Dès son installation officielle, le 9-01-1826 par le préfet, le marquis de Guer, ses discours sont marqués d'un légitimisme fort, «... Je ne négligerai... (pour)... favoriser les sages instructions qui doivent propager an sein de votre population, ces grands, ces éternels principes de religion et de légitimité qui subordonnent les ambitions privées à l'intérêt général... Vive le roi ». Mais l'opposition libérale était forte et active à Angoulême, et la politique du nouveau maire, par son côté ultra et clérical, va alimenter et renforcer cette hostilité au régime de la Restauration. Les opposants ont leur lieu de ralliement, le café des Colonnes, et son cercle littéraire où l'on se donne rendez-vous pour comploter, lancer des mots d'ordre, manier le sarcasme et l'ironie par le pamphlet contre le pouvoir et ses représentants qui, de leur côté, par leurs imprudences, leurs maladresses et leurs excès, prêtent le flanc à la critique. En 1827, avec la mission prêchée à Angoulême, c'est l'appui trop voyant de l'autorité municipale, toutes les occasions sont bonnes pour favoriser les cérémonies religieuses en mettant la ville en état d'inactivité économique. En 1828, un point culminant est atteint lorsque le maire décide d'interdire les représentations de Tartuffe au théâtre; bien entendu les libéraux avaient suggéré le choix. Le maire impose une pièce de remplacement, mais le jour de la représentation, le maire étant présent et la salle pleine à craquer, dès le départ c'est un chahut monstre qui rend le spectable impossible et le maire décide de faire évacuer la salle. Finalement c'est le préfet qui est obligé d'intervenir, et de faire rétablir la représentation de la pièce de Molière : désaveu du maire et victoire du camp libéral. Cette tension soutenue conduira à donner à la révolution de Juillet 1830 un aspect anticlérical à Angoulême, avec de petites émeutes, il est vrai sans gravité en février 1831. Sur le plan politique, lors des élections législatives de 1827, c'est le recul des royalistes au profit des libéraux et de leurs alliés constitutionnels. À deux reprises, il a fallu voter, une première fois en juillet, dans une élection partielle pour remplacer Terrasson de Montleau qui venait de démissionner bien inopportunément, et de nouveau en novembre dans les élections générales après dissolution de la Chambre. Chaque fois le baron de Chasteigner a été le candidat malheureux du gouvernement, battu honorablement la première fois mais écrasé la seconde par le candidat libéral Gellibert des Seguins. En 1830, lors des dernières élections législatives de la Restauration, il n'était plus question de présenter la candidature du maire d'Angoulême. Sous son administration, on reconstruit la façade de l'église Saint-André, on achève la construction du palais de justice, on commence celle de l'hôpital de Beaulieu, on refait le presbytère de Saint-André, on prolonge la rue de l'Arsenal. Au total, Chasteigner aura exercé une politique plus marquée que celle de Thévet, son prédécesseur. Lors de la Révolution de 1830, il quitte, dès la chute de Charles X, la mairie sans attendre d'être destitué, pour se retirer définitivement dans son château des Deffens, à Bunzac, à l'image des légitimistes qui se retiraient sur leurs terres pour se refermer dans une sorte d'exil intérieur. Il lui restait trente-sept années à vivre, au service des exigences d'une foi chrétienne très vive.

Source : Dictionnaire biographique des Charentais et de ceux qui ont illustré les Charentes, de François Julien-Labruyère.

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12 juillet 2015

Le vicomte de Chasteigner émigré

Chasteigner (François Vicomte de), seigneur du Menix (en Gondeville) : fils de François de Chasteigner de La Rochepozay, seigneur de Fontenay, et de Thérèse-Bénigne des Bordes de Gensac - né à Cherves (Châtelars), 18 fév. 1750, bapt. ce jour - s.-lieut. au régt de Bretagne, 14 août 1767 - sous-aide-major, 20 mai 1771 - lieut. en 2d à la formation du 3 fév. 1776 - abandonne, 1776 - gratification extraordinaire 300 I, 10 sept. 1769. Notes : 1771 à 1774 : intelligent, actif, beaucoup de zèle, de la plus grande espérance - 23 juin 1773 : assurance d'une pension de 300 l sur le Trésor royal, pour n'en jouir qu'après le décès du seigneur de Teillé (Jean-François des Bordes de Teillé) son oncle, retiré aide-major de la 1ere Cie de Mousquetaires - électeur à Angoulême en 1789.

Emigré - inscrit en déc. 1791 au rassemblement des gentilshommes de Saintonge, Angoumois et Aunis - arrivé à Münster-Mayenfeld, 1er fév. 1792 - campagne de 1792, armée des Princes, 4e chef de section de la 2e Cie d'inf. - domicilié à Cognac - propriétaire à St-Même, Gondeville et St-Sulpice - porté, 3 juin 1792, sur la liste générale des émigrés - campagnes de 1794 et 1795 dans le régt de Montmorency au service de Hollande.

Rentré en France - en surveillance à Paris depuis le 11 fructidor an IX - lié avec le général Guyot-Durepaire et le citoyen Lemercier, membre du Sénat conservateur, demandait le 2e jour complémentaire an IX sa radiation de la liste des émigrés, déclarant en outre avoir résidé à Orléans du 1er mai 1792 au 25 fructidor an V - breveté cap. en 1816, rang du 3 juin 1795.

Il mourut à Angoulême, 17 jan. 1820.

Il épousa à Angoulême, église St-Antonin, 24 avril 1775, Marie-Geneviève d'Auray de Brie - morte à Angoulême, 29 sept. 1822 - fille de Joseph-Hector, comte de Brie, marquis de Gavaudun, seigneur d'Artigues, et de Marie-Gabrielle de Culant de Ciré.

A. G. : class. gén. - YB 184, 295 - A. N. : F7 4988 - O3 2640, 2655 - Abbé P. Bureau.

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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18 février 2015

Discours du baron de Chasteigner

Collège d'Angoulême, 1829.

La séance a été ouverte par M. le baron de Chasteigner, maire de la ville et président du bureau. Il a cru devoir signaler aux jeunes gens qui ont achevé leurs études les erreurs de l'époque où ils vont entrer dans le monde. L'orateur présente un sombre tableau des périls qui les menacent.

« Malheureusement, vous vous trouvez au milieu d'une société tellement agitée, que les principes les plus étranges viennent y bouleverser les principes qui jusqu'ici ont honoré les peuples les plus recommandables. L'intelligeuce de l'homme, dont l'unique but devrait être la recherche de la vérité, n'est plus absorbée que par des divagations politiques, contre lesquelles vos guides ne sauraient trop vous prévenir, et qui, ne laissant de place qu'à l'irritation des partis, changent souvent un savant en tribun du peuple, un académicien en législateur, et la société tout entière en une arène, oh, pendant qu'on discute avec aigreur sur des droits souvent imaginaires, on oublie les devoirs les plus positifs et les plus sacrés ; où enfin tout est mis en question, jusqu'au mode des hommages que nous devons à ce Dieu par lequel nous vivons et nous pensons, jusqu'au degré d'obéissance auquel nous sommes tenus envers son vicaire temporel, ce prince auguste qui, sur le trône des saints et des héros qui l'ont précédé, donne l'exemple de tant de vertus à la France, à cette France où il règne, non comme voudraient le balbutier encore quelques-uns de nos vieux monomanes politiques, par la grâce de ce ridicule souverain dont les haillons inspirent la pitié, mais par celle du puissant Dieu des armées, qui, d'un souffle de sa colère, ébranlant naguère encore notre empire sur ses vieux fondemens, en arracha violemment les fils de Louis XIV, les envoya, comme ceux de Salomon, expier leurs fautes et les nôtres sur les bords des fleuves étrangers; les remplaça par le Thamas-Koulikan de l'Europe ; se servit de ce dernier pour humilier les différens souverains du Tage et du Danube, du Pô et de la Sprée, de la Vistule et de la Newa ; brisa le conquérant lui-même pour avoir méconnu la main qui le guidait; et, pour dernière punition, lui montra, du haut d'un rocher, son trône ébranlé se raffermissant encore et s'enorgueillissant sous ses antiques maîtres. Grande et utile leçon, qui, en nous montrant la main du moteur universel, nous enseigne aussi combien la sagesse éternelle se rit souvent des vains projets des maîtres de la terre, et des folies de la prudence humaine... »

Source : Le Lycée, journal général de l'instruction.

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Baptême de Marianne Chasteigner

« Marianne Chasteigner, âgée de 10 ans, fille de Pons Chasteigner baron du Lindois & Charlotte de Nesmond dame du Lindois a esté baptisée le 8 aoust 1672 a esté son parrain messire Pierre de Tryon seigneur de Panvilliers & marraine Marianne de Nesmond lesquels ont signé avec moi. Dupeyrat, curé d'Augignac. »

Source : Généalogie Charente Périgord.

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17 février 2015

Chasteigner à Coblentz

Léonard de Chasteigner, 2e, âgé de 50 ans, présenté par M. de Chasteigner, son frère, brigadier de la Compagnie Écossoise, pour la campagne seulement dans ladite Compagnie. Arrivé à Coblentz le 2 février 1792 et inscrit le 3 du même mois.

(État de la Compagnie Écossoise des gardes du corps du roi à Coblentz)

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Les frères Chasteigner dans la Grande Armée

Eutrope-Alexis Chasteigner (1786-1867)

Né le 16 décembre 1786 à Bunzac (La Rochefoucauld), il est le fils de Léonard, baron du Lindois et seigneur des Deffants et de Marthe-Thérèse Binet de Moulinneuf. Son père, émigré, est fusillé à Quiberon en 1795. Eutrope-Alexis, dont la mère a été amnistiée en 1802, entre à l'École Spéciale militaire de Fontainebleau en janvier 1806. Il est nommé sous-lieutenant le 9 novembre (19 ans) dont le 22e régiment de chasseurs à cheval où servent déjà un grand nombre de nobles charentais pris sous la protection du général Garnier de La Boissière. Il sert en Prusse (1806) et en Pologne (1807). Peu attiré par le métier des armes, il donne sa démission en 1810. À la Restauration, il devient maire d'Angoulême en 1825. Sa conduite, ultra et cléricale, provoque fréquemment les libéraux. Par deux fois, il se présente aux élections législatives, mais il est toujours battu, la seconde candidature étant presque une humiliation tant son rival réalise un score écrasant. Après la révolution de Juillet, il s'exile alors sur ses terres à Bunzac. En 1835, il paye 1 872,35 francs de contributions, possédant des terres à Angoulême, à Pranzac, à Nérigean (Gironde) et à Agonac (Dordogne). Il décède le 4 février 1867 (80 ans) à Bunzac. Il était l'époux d'Anne de Cheyron. Légitimiste jusqu'à sa mort, il refuse la médaille de Saint-Hélène en 1857. Sa tombe existe encore au cimetière de Bunzac.

François-Casimir Chasteigner (1788-1873)

Frère du précédent, il est né le 18 avril 1788 à Bunzac (La Rochefoucauld. Il entre lui aussi à l'École Spéciale militaire de Saint-Cyr en juin 1806. Bénéficiant de la protection du général Garnier de La Boissière, il entre le même jour que son frère dans le 22e chasseur à cheval avec le grade de sous-lieutenant (18 ans). Après les campagnes de Prusse (1806) et de Pologne (1807), il sert en Espagne et au Portugal. Le 22 mars 1809, il a un cheval tué sous lui. Il est dispensé de service militaire pour cause de santé le 31 août 1812. Sous la première Restauration, il est incorporé dans les chevau-légers du roi. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 24 août 1814 puis obtient le grade de capitaine le 14 février 1815. Pendant les Cent-Jours, il ne sert pas. Sa conduite lui vaut d'être nommé en novembre  1815 dans le 2e régiment de la Garde royale puis chef d'escadron le 14 février 1819. Il se marie à Bordeaux avec Françoise-Eléonore Béchade, le 21 février 1821, fille de Vidal baron de Béchade, conseiller en la cour royale de Bordeaux, et de Catherine de Pelissier. Le contrat de mariage signale que les époux sont à la tête chacun d'une fortune de plus de 100 000 francs. Il est décoré de la croix de Saint-Louis le 23 mai 1825. En réforme le 14 février 1828, il obtient une retraite de 2 010 francs le 24 janvier 1838 qu'il touche à Bordeaux. Il décède à Bordeaux, au 20 rue de Rohan, le 23 mars 1873 (85 ans).

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.

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16 février 2015

Inhumation de François-Joseph de Chasteigner

« Le onze décembre mil sept cent quatre vingt neuf a été inhumé messire francois-joseph chasteigner chevalier seigneur baron du lindois veuf en secondes noces de dame marie de virouleau décédé le neuf de ce mois à dix heures un quart du soir âgé de quatre vingt deux ans huit mois et vingt jours l'enterrement fait en présence de messieurs les curés soussignés au chateau des deffens... latreille archiprêtre de st projet, caroy curé d'agris, de secherre d'escossas curé de st constant, seguin curé de rancogne, thevenon curé de rivières, albert curé de bunzac. »

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Léonard de Chasteigner et le régiment Loyal-Émigrant

Léonard de Chasteigner de La Rochepozay, chevalier, sgr des Deffends, fils de François-Joseph, chevalier, sgr baron du Lindois, et de Marie de Viroleau, sa seconde femme - ép. dans la chapelle de La Garenne, paroisse de Cellefrouin, le 27-11-1783, Marthe-Thérèse Binet du Moulin-Neuf, fille de Jean-Baptiste, sgr de La Garenne, et de Marguerite-Renée Bouhier. D'après Marthe Binet, sa veuve, Léonard de Chasteigner serait mort il y a environ six ans (Q X/8 - an X) - d'après l'acte de mariage de sa fille, en 1812, à Angoulême, il serait mort, croit-on, en Angleterre, en 1795 - dans le dossier concernant l'amnistie (F7-5868) de Léonard et Eutrope-Alexis de Chasteigner, frères, figure une attestation du vicomte de La Châtre, colonel du ci-devant régiment Loyal-Émigrant, datée de Londres le 25 mars 1803, qui déclare que les susdits, volontaires dans la compagnie des vétérans du régiment Loyal-Émigrant, sont morts en Angleterre, île de Wight, au mois de mai 1795 - amnistié le 7 prairial an XI (Q X/8 - Q XII/12 - Q XX/1 - F7/5868 - Pin. IV/66).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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Déclaration et hommage

Déclaration d'appel par messire Isaac Chasteigner, chevalier, seigneur, baron du Lindois, La Graule et autres places, à Pierre Virouleau, écuyer, sieur de Marillac, de présent à Angoulême, au logis où pend l'image de saint André, de l'appel que ledit sieur du Lindois veut interjeter d'une sentence rendue par les juges présidiaux d'Angoumois et donnant congé et licence audit Virouleau de faire adjuger plusieurs cens et rentes appartenant audit Chasteigner, ce qui a été exécuté.

Hommage rendu à messire François-Marie de Pérusse, marquis des Cars et de Pranzac, par messire Léonard Chasteigner, chevalier, seigneur du Lindois, Sauvagnac, Les Deffends et Béchemore, comme étant aux droits de dame Marie Laîné, sa femme, à cause du fief, terre et seigneurie des Deffends, paroisse de Bunzac, tenu de la châtellenie de Pranzac pour un tiers, et de l'évêché d'Angoulême pour les deux autres tiers.

(Archives départementales de la Charente, 1887)

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Transaction aux Deffends

16 novembre 1747. — Accord passé aux Deffends entre François-Joseph de La Rochepozay, chevalier, seigneur, baron du Lindois, etc., fondé de procuration de Léonard de Chasteigner de La Rochepozay, chevalier, seigneur de Fontchauvaud, Les Deffends et autres lieux, et Maie Lainé, son épouse, et François Gilbert, licencié en lois, et Marc de Brême, sieur du Parc, pour vente de bois bon à couper.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1901)

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