14 juillet 2016

La Confrérie Notre-Dame du Saint-Rosaire

Institution de la Confrérie de Notre-Dame du St-Rosaire à Bussière-Badil, en 1675.

Aujourd'hui vingt septième octobre mil six cent septante cinq dans le bourg de Bussière en périgord diosaise de Limogés pardevant révérant père François rivière soubs prieur du couvent des fraires préscheurs de la ville de St-Junien audit diosaise de Limoges et sont presants messire martial nouaillier prêtre docteur en théologie curé dé bussière et habitant du dit lieu soûl is signé et autres lesquels entendans les grands biens fruits esperituels que la confrerye de nostre Damé de St rozaire produit où elle est érigée et lès status d'icelle exactement observés estant d'ailleurs bien assurés du pouvoir que le saint siège apostolique a donné par expécial privilège à l'ordre des fraires préscheurs d'instituer la dite confrerye es lieux qu'ils la demanderont du coasanteman et agréman des esvesques ont très-humblement suplyé le dit révérant père rivière au nom de tous les habittants de vouloir selon le pouvoir qu'il luy a esté donné .par le révérant père Dominique Sabaymé prieur dudit couvant des frères préscheurs dudit St-Junien erigier et instituer en cestè esglise dudit bussière ladite confrerye de nostre Damé du St rosaire aveq tous ses privilèges et pardons destinants les dits supliants pour les exercices d'icelles apperpetuité la chaspelle de nostre Dame qui est du côté gauche descendant du grand authel laquelle portera dorénavant le tittre de nostre Dame du rosaire et laquelle ils tiendront ornée d'un tableau représentant la sainte Vierge donant le rosaire à St Dominique et d'autres parures et ornemants requis pour y faire honorablement les exercices de la Vierge s'obligant encore d'entretenir conserver et prémunir en vitraux qu'il sera en neufs ladite confrerye et d'observer et faire observer tous les esfatuts et règles d'icelles faire chanter la messe de nostre Dame et faire la prosetion, chantant les litanyes de la sainte Vierge tous les premiers dimanches du mois après vespres et touttes les festes de la mesme Vierge à quoy inclinant le révérant père rivière après avoir aprouvé les zelles et dévotions des supliants à l'endroit de la Vierge et a institué errigé la dite confrerye aveq tous ses privilèges et pardons en ladite esglise et chaspelle aveq cette condition toutesfois que sy à l'advenir son ordre ou avait maison ou couvant en se présent lieu de bussière, ladite confréry y sera à l'instant changée et transportée aveq tous ses droits revenus et émolumans et que tous les suppliants ont accepté et promis tenir. En foy de quoy se sont tous (engagés) les soubs signés faict et passé dans ladite Esglise de bussière l'an mois et jour que dessus en présences de moy notaire royal soubsigné.

Signé : Fre françois Rivière. — Noualhier, curé de Bussière. — Pourguet. — Joyeux. — J. Roche. — françois Urtelle. — P. Nicolas, prêtre. — Descrachapts. — Lajamme. — Delavergne. — Alafort. — Collas. — Delage. — P. Nicolas. — Deluche. — Pradignat. — Daugeras. — Thomas, prêtre. — Déluge. — Agard, notaire royal.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1898)

Posté par ID348347 à 10:25 - - Permalien [#]


26 mai 2016

Thomas de Mahon

Le canonnier Thomas de Mahon (1756)
Première édition : 1913 - Auteur : Albert Dujarric-Descombes

Vers la fin du mois de juillet de l'année 1756, il était affiché, dans les églises de toutes les paroisses du Périgord, un placard, aux armes épiscopales, portant mandement par Mgr Jean-Chrétien Macheco de Prémeaux au clergé diocésain de chanter « le Te Deum en actions de grâces de la conquête de l'île de Minorque ».

Ce mandement, sorti des presses de Dalvy, portait en tête le texte de la lettre suivante du Roi :

« Monsieur l'évêque de Périgueux, Après avoir trop long-temps et vainement attendu la satisfaction que je m'étois promise de l'équité du Roi d'Angleterre, en réparation des excès que sa Marine a commis contre mes vaisseaux et ceux de mes sujets, au grand scandale de, toute l'Europe, je me suis trouvé forcé de recourir à la voie des armes pour venger l'honneur de ma Couronne et protéger le commerce de mes Etats. C'est par de si justes motifs que j'ai fait passer au mois d'avril dernier un corps de mes troupes dans l'isle Minorque, sous le commandement de mon cousin le maréchal de Richelieu, avec une escadre commandée par le marquis de La Galissonnière, lieutenant général de mes armées navales, pour chasser les Anglois d'un port dont ils s'étoient emparés par cet esprit de domination générale qu'ils voudroient étendre dans les deux Mondes. A la suite des travaux pénibles et dangereux d'un long siège, pendant lequel l'escadre anglaise, qui s'étoit avancée pour secourir Minorque, a été repoussée; par la mienne. Le maréchal de Richelieu, après une disposition aussi hardiment méritée que l'exécution en devoit être rapide, a donné enfin l'effort à la valeur françoise et lorsque les ennemis se fioient sur la force de leurs remparts, mes troupes ont emporté d'assaut, la nuit du 27 ou 28 du mois dernier, les ouvrages extérieurs des forts de Mahon; la terreur a fait le reste. La garnison a été contrainte de capituler, et de se retirer à Gibraltar, abandonnant plus de 200 pièces de canon et 80 mortiers. Le succès d'une entreprise si importante, où mes troupes ont eu à surmonter tous les obstacles que l'art secondé de la nature peut mettre en usage pour la défense d'une place, ne doit être attribué qu'à la faveur que le Dieu des Armées veut bien accorder à la justice de ma cause. C'est pour lui rendre un hommage public de ma reconnoissance, et pour le supplier de me continuer sa divine protection, que je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum dans l'église cathédrale et autres de votre diocèse et que vous aiez à. convier à cette cérémonie ceux qui ont accoutumé d'y assister. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur l'Evêque de Périgueux, en sa sainte garde. Ecrit à Compiègne, le 15e juillet 1756 ».

Semblable lettre était adressée en même temps au comte d'Hérouville, commandant en Guyenne, pour lui annoncer le succès de Minorque, le prier d'assister et de faire assister au Te Deum les officiers « tant de justice que de ville » et de « faire faire des feux de joye et tirer le canon. pour marques de réjouissances publiques ».

La conquête de Minorque excita l'enthousiasme de la France entière. La prise de Port-Mahon, qui forma sur mer le pendant de Fontenoy, fut, comme on l'a dit, la seule victoire demeurée populaire des guerres maritimes du temps de Louis XV.

Le nom de Mahon n'est pas seulement resté à une préparation culinaire la mayonnaise (1). Le courage, que durant les six semaines qui précédèrent la reddition dé la place, déploya un canonnier périgourdin, appelé Thomas, et l'habileté avec laquelle celui-ci préserva de la mort le duc de Richelieu, qui déploya dans cette expédition les qualités d'un chef d'armée, valurent à ce soldat, dont je veux essayer de faire revivre ici la mémoire, avec le grade d'officier, l'insigne honneur de pouvoir ajouter à son nom.celui de Mahon.

Verneilh-Puyraseau, qui avait connu ce compatriote, a, le premier, révélé l'origine et l'exploit de Thomas, dans un de ses ouvrages d'histoire (2).

« Pendant le siège de Port-Mahon, dit-il, Richelieu s'étant approché d'un des forts, avait été couché en joue et manqué par une sentinelle anglaise. Un canonnier périgourdin (de Bussière-Badil) visa à son tour la sentinelle et la renversa du premier coup. Thomas, c'est le nom du canonnier, resta trois jours attaché à sa pièce, sans vouloir qu'on le remplaçât. Le maréchal voulut connaître ce brave. Thomas vient se jeter à ses pieds et s'avoue déserteur d'un des régiments débarqués à Minorque. Richelieu lui pardonne et le fait officier. J'ai vu dans le temps ce vieux militaire, alors chevalier de St-Louis. Il avait obtenu, comme titre de gloire, d'ajouter à son nom celui de Mahon, que sa famille a conservé ».

Au commencement du XVlIIe siècle, une famille de cultivateurs du nom de Thomas était établie, à 1800 mètres du bourg de Bussiêre-Badil, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Nontron, au Trieux, sur la rive droite du ruisseau dont ce village porte le nom. On pourrait supposer que notre canonnier y est né.

M. l'abbé Liffort, curé-doyen de Bussière, que je remercie de ses recherches, m'a bien communiqué l'acte de baptême d'un Thomas, né au Trieux, dans le mois de mars 1729, des époux, Pierre Thomas et Anne Barbé. Mais cet acte ne saurait, ce me semble, concerner le héros de Mahon, qui, dans tous les contrats que mon collègue M. Roger Drouault a bien voulu relever à mon intention dans les répertoires notariaux du temps, est désigné avec le prénom de Bertrand. Dans une transaction devant Me Grolhier, du 1er décembre 1762, son père, alors décédé, figure sous le prénom de Jean, et non sous celui de Pierre. Enfin, dans son acte de décès, en 1784, il est déclaré âgé d'environ 50 ans; sa naissance ne remonterait pas ainsi aussi haut.

Bertrand Thomas avait un frère et une sœur : Elie, qui exerça la profession de taillandier au village de Montaman, paroisse de Javerlhac, et Jeanne, mariée à Pierre Charlart, tailleur. De bonne heure, l'armée l'attira. Il déserta le régiment de Nice, pour suivre le corps de troupes envoyé en Espagne. A Port-Mahon, il fut affecté au service d'une batterie. Il y occupait cet emploi, lorsque son régiment arriva avec l'escadre de la Galissonnière. De peur d'être reconnu par ses anciens compagnons d'armes, il ne voulut pas être relevé de son service de canonnier. C'est à ce moment du siège que le maréchal de Richelieu, dans une de ses visites quotidiennes aux postes avancés, le rencontra, et qu'eut lieu l'aventure, qui l'a rendu célèbre. Voici de quelle manière elle est racontée dans les Mémoires du duc de Richelieu (3).

« Une sentinelle d'un des forts s'amusait à tirer sur lui, et ce jour-là il entend siffler la balle plus près de ses oreilles, il s'approche d'un canonnier et lui demande s'il ne peut pas le défaire de ce faquin-là; qui peut être plus adroit une autre fois. Ce canonnier servait depuis trois jours sa batterie sans avoir voulu être relevé. Il se nommait Thomas, était déserteur du régiment de Nice. Son régiment venait d'arriver à Mahon, et, sachant qu'il aurait la tête cassée s'il était reconnu, il avait voulu prévenir son sort en se faisant tuer mais le destin en avait autrement décidé. Lui seul avait échappé au feu meurtrier des ennemis. Il était fort adroit, fort actif, et jamais batterie n'avait été mieux servie, quoique la plus exposée. Cet homme, noirci par la poudre, couvert de sueur et de poussière, défait et privé de nourriture depuis deux jours, se traîne vers son général et lui promet que s'il manque le soldat ennemi du premier coup de canon, il n'échappera pas au second. »

« Effectivement, il saisit le moment où ce soldat était le plus à découvert; le coup part, et l'on voit son chapeau sauter en l'air. Le maréchal, charmé dé son adresse, voulut lui demander pourquoi il le voyait trois jours de suite mais le malheureux Thomas, épuisé de fatigue et de faim, était déjà tombé sans connaissance auprès du canon qu'il avait si bien servi. »

« Le maréchal apprit alors qu'il n'avait pas voulu être relevé. Il le fit conduire à l'hôpital et chargea un officier de lui rendre compte du motif qui avait pu déterminer ce canonnier à se conduire ainsi. Thomas garde le silence et ne veut parler qu'à son général. Après être rétabli, il obtient la permission de se présenter chez lui. Thomas tombe à ses pieds, lui avoue sa faute, convient qu'il mérite la mort et qu'il a voulu la rendre utile à sa patrie en ne quittant point la batterie où tous ses camarades ont été tués. Il le supplie de lui éviter le supplice en lui donnant le poste le plus dangereux, qu'il promet de garder jusqu'à ce qu'il perde la vie en brave soldat, content de mourir s'il épargne celle d'un de ses camarades. Le maréchal, touché du repentir d'un si brave homme, l'assure qu'il peut tranquillement reprendre son service. Il se fit rendre ensuite un compte exact de sa conduite. Tous les témoignages étant en faveur du canonnier, Richelieu, quelques jours après, vint visiter la même batterie, qu'il continuait de servir avec une adresse et une intrépidité incroyables. Alors, s'avançant vers lui, il lui présenta un brevet de sous-lieutenant, en lui disant  :« Prenez, mon ami; c'est la récompense du mérite. »

« Cet homme, aussi brave officier qu'il avait été soldat, fut fait ensuite capitaine. Chaque endroit de son corps était marqué par une blessure. En 1777, il vint à Versailles demander une pension. Il avait trente-huit ans de services tant comme soldat que comme officier. On fut surpris de ce qu'il ne sollicitait pas la croix de Saint-Louis, et ce brave homme parût étonné de la mériter. Le maréchal de Richelieu, qui connaissait mieux qu'un autre le prix de ses services, obtint pour lui cette récompense militaire et reçut Chevalier ce brave Thomas, qui doutait encore qu'il fût digne de cette grâce ».

Thomas eut la satisfaction d'assister à la capitulation de Port-Mahon, plus heureux que son compatriote, le fils du seigneur de Saint-André-de-Double, Jean-Baptiste de Chabans, ancien page de la duchesse du Maine, qui avait été employé en qualité de lieutenant d'artillerie au siège du fort Saint-Philippe blessé de trois coups de feu, cet officier en mourut vingt-quatre heures après.

De retour au pays natal, Thomas songea à fonder une famille. Il se maria une première fois, à Nontron. En secondes noces, Il épousa Jeanne Lhote, veuve d'Henry Chaseau, de la même ville, fille de Thomas Lhote et de Marie Verneuil, bourgeois de Bussière-Badil (4).

Le duc.de Richelieu, pair de France, avait été nommé gouverneur, lieutenant général du Roi en la province de Guyenne avant l'expédition de Minorque. Il ne fit son entrée à Bordeaux que deux ans plus tard. On a conservé le récit de la magnifique réception qui lui fut faite, ainsi que le détail des ouvrages de-peinture, trophées avec inscriptions, dressés à ce moment pour faire allusion à la conquête de l'ile espagnole. Durant son commandement, il ne cessa d'entretenir les meilleures relations avec la ville de Périgueux, dont la municipalité lui fit apprécier plus d'une fois les patés de perdrix alors si renommés.
 
Dans sa haute situation; le maréchal ne perdit jamais de vue l'humble canonnier qui lui avait sauvé la vie. Soit à Paris, soit à Bordeaux, il fit toujours à celui-ci un cordial accueil, jusqu'à l'inviter à souper.

Fleury, de la Comédie-Française, raconte daus ses mémoires, qu'il était reçu chez le duc en, même temps que des auteurs, des peintres et des hommes d'esprit, des généraux, des diplomates et des courtisans.

« J'y rencontrai, dans un souper, dit cet acteur, un officier de fortune nommé tout simplement M. Thomas, le brave Thomas, portant dignement la croix de Saint-Louis sur trente-huit blessures toutes reçues au service du Roi ».

Il résulte d'une note de M. Joseph Durieux (5) que la carrière militaire de Thomas se résumerait ainsi : quinze campagnes, quatre sièges, trois batailles, quatre expéditions, cinq blessures. On comprend que de pareils états de service méritassent une récompense.

En 1760, le maréchal lui fit accorder des postes en rapport avec ses aptitudes militaires. Il le nomma d'abord garde d'artillerie et lui confia le commandement d'une compagnie de canonniers invalides, détachée en Guyenne, au Chàteau-Trompette, paroisse Saint Rémy, à Bordeaux, et le préposa à la garde des magasins d'artillerie au fort Médoc, paroisse de Cussac. En 1774, on trouve Thomas, lieutenant de canonniers invalides à Bayonne et, quatre, ans plus tard, il était capitaine en second de canonniers invalides dans la même citadelle.

C'est en cette dernière qualité qu'il reçut, le 9 mai 1778, la croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, sous les auspices de son protecteur, qui lui donna une nouvelle et flatteuse marque de son estime, en acceptant d'être le parrain de son fils (6). Il lui obtint, en outre, l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Mahon (7).

De son mariage avec Jeanne Lhote, Thomas eut trois fils l'aîné, Lazare (30 janvier 1758) qui dut mourir jeune; Louis-François-Armand, le filleul du duc de Richelieu, et Pierre Bertrand (8 décembre 1762), tous nés au bourg de Bussière-Badil, diocèse de Limoges, élection de Périgueux, généralité de Bordeaux.

Durant son premier mariage, il avait habité la ville de Nontron dans les premières années du second, il demeura à Bussière-Badil, jusqu'au jour où il se décida à se fixer dans un petit, domaine que, suivant acte passé devant Me Grolhier, notaire à Nontron, le 19 janvier 1771, il avait acquis du sieur Félix Thibaud, dans la paroisse du Bourdeix, au village de Rapy. Le logis principal, couvert en tuiles plates, se compose d'un rez de-chaussée à deux chambres donnant sur un jardin en terrasse et d'un premier étage; il est entouré de murs formant une cour, dans laquelle on pénètre par un grand portail; en face, se dresse un corps de bâtiments à l'usage d'un colon. Cette habitation appartient aujourd'hui à M. Teyssendier de Lasserve, gendre de l'historien regretté du Nontronnais, Ribault de Laugardière. C'était, d'après ce dernier, une petite maison forte qui, suivant la tradition, aurait été habitée autrefois par les religieux d'un prieuré voisin ils s'y trouvaient en súreté au sommet d'une colline escarpée de trois côtés et dominant la gorge étroite, qui conduit au petit vallon de la Doue.

Ce fut dans cette solitude que Thomas de Mahon devait finir ses jours, entouré de sa femme, et de ses jeunes fils, mais non sans avoir été en butte à de regrettables tracasseries. Il avait été dégrevé de ses impôts, comme officier en activité de service. Une plainte fut portée au sujet de ce dégrèvement par des habitants du Bourdeix, prétendant qu'il n'acconiplissait plus de service actif en résidant dans la paroisse. L'auteur de cette cabale était le syndic fabricien, Jean Dessalis, régisseur de la terre de Jean-Charles de Lavie, seigneur marquis du Bourdeix, baron de Nontron, premier président en la première Chambre des enquêtes du Parlement de Bordeaux. Le subdélégué de Nontron Jean de Labrousse du Bosfrand vint au secours de l'ancien officier. Il remontra que ce dernier, « homme distingué par les grades militaires qu'il doit à ses services », avait pour voisin le sieur Dessalis, « qui voudroit lui faire quilter la paroisse et qui a jeté un dévolu sur le peu de bien qu'il possède et qui peut former un objet de 4.000 à 4.500 livres »; et qu' « il n'est point de procès qu'il ne lui suscite » que, pour y réussir, il s'est mis « sous la sauvegarde du seigneur ». Sur les vingt habitants, dont il avait, de concert avec le fermier du marquis du Bourdeix, produit la plainte, dix étaient métayers de celui-ci, un son procureur d'office, un autre métayer du juge de la terre, sans compter les autres « qui n'ont rien à perdre » et qu'on a sollicités pour grossir le nombre des plaignants. L'arrêt de la Cour des Aides de Bordeaux, déclarant le propriétaire de Rapy exempt de taille, dut être maintenu (8).

On voit figurer le nom de Bertrand Thomas dans de nombreux actes, conservés dans les minutiers des notaires de Nontron et des environs. Ils témoignent du soin qu'il apportait au réglement de ses affaires particulières. Il jouit d'une situation assez en vue pour qu'à maintes reprises ses concitoyens le choisissent pour les représenter dans divers procès.

Sa santé devait se ressentir des blessures reçues et des fatigues longtemps endurées à la guerre. Il s'éteignit prématurément dans sa retraite rurale, comme l'indique son acte de décès relevé dans les registres paroissiaux du Bourdeix :

« Le 19 mars 1784, est décédé Bertrand Thomas, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, capitaine, de canoniers, âgé d'environ, de 50 ans, vivant mari de dame Jeanne Lhote, du village de Rapy, présente paroisse du Bourdeix lequel a été enterré aujourd'hui 20 des susdits mois et an, én présence de sieur Jean Lhote, négotian, sieur Pierre Chazeau et autres qui ont signé ».

Parmi les signatures de cet acte, on remarque celles de Jalaigniac, prêtre, de Tamaignon, curé d'Etouars, et de Gaultier, curé de l'église St-Pierre et St-Paul du Bourdeix.

Jeanne Lhote resta curatrice de ses deux enfants survivants. En 1787, elle obtint « en considération de la distinction des services de son mari », une pension sur le Trésor royal.

« Sa Majesté, voulant donner à la demoiselle Jeanne Lhote une marque du souvenir qu'Elle conserve des services distingués du feu sieur Bertrand Thomas de Mahon, son mari, accordait la grâce d'une pension montant annuellement à 300 livres ».

Notification de celle faveur de Louis XVI lui fut faite par le maréchal de Ségur, ministre de la Guerre. Les registres d'état-civil du Bourdeix nous apprennent qu'elle mourut au village de Rapy, à l'âge de 84 ans, le 8 avril 1808.

L'aîné de ses deux fils fut le seul qui lui survécut, le plus une, Pierre-Bertrand, ayant été massacré, en 1793, à Port-au-Prince, par les nègres révoltés de Saint Domingue.

Louis-François-Armand Thomas de Mahon fut destiné à la carrière militaire, à laquelle le nom qu'il portait devait son illustration. Elève aux Gardes françaises, le filleul du maréchal de Richelieu devint fusilier au même régiment, dans la compagnie de Maleyssie (1775); puis passa au régiment de Metz artillerie. Pendant quatre ans, il fit, avec l'escadre de Vaudreuil, campagne en Amérique, à Tabago, Saint-Eustache, La Désirade, et fut atteint de deux coups de feu aux genoux et à la hanche gauche, au combat du 12 avril 1782, à bord du Triomphant. De 1789 à 1792, il figure dans la garde soldée de Paris, comme capitaine d'artillerie. Lieutenant au bataillon supplémentaire des chasseurs de montagnes, il resta, jusqu'en 1811, en Espagne, sous les ordres des généraux Avril et Thouvenot. Ou le trouve, en 1813, à Rochefort, capitaine de la garde nationale. Le 5 avril 1814, au pont retranché de Melun, il fut blessé d'une balle au bras droit; en juillet, le duc d'Angoulême lui accorde la place de commandant d'armes à Ia citadelle de Blaye, fonction qu'il ne put remplir, les réglements exigeant le grade de chef de bataillon. Il fut nommé conseiller du Roi, rapporteur du point d'honneur au tribunal des maréchaux de France. Il sollicita, en 1816, une compagnie de vétérans ou une pension de retraite. On croit qu'après 1830, il obtint un commissariat de police. On ignore sa fin. Il aurait été marié avec une demoiselle Marguerite Laduire.

Le dernier des Thomas de Mahon a laissé une assez triste réputation dans son pays où il revint souvent, et vendit les biens qu'il tenait de sa famille. C'était un insubordonné, un exalté, un batailleur. Les archives de la police correctionnelle conservent le souvenir de quelques-uns de ses méfaits. On informa contre lui, en 1786, pour avoir tiré un coup de fusil à un de ses voisins de Rapy, le sieur Jean Vignaud, qu'il accusait de lui voler du verjus. Pendant un séjour à Fixart, commune de St-Estèphe, vers 1840, il eut dispute avec les lessiveuses de ce village, qui l'assommèrent presque à coups de battoir. On alla quérir le docteur Agard-Laroche, au village des Forges, commune d'Etouars. On raconte que certaines femmes allèrent au-devant du médecin pour le prier de ne point guérir le malade que tout le monde détestait. Il est superflu d'ajouter ici certaines médisances au sujet de sa conduite privée. On suppose qu'il mourut à Fixart, laissant des filles de sa femme légitime et un fils bâtard.

Tels sont les souvenirs qu'il m'a été donné de rassembler sur le canonnier Thomas de Mahon. Rien n'est resté de lui dans son pays natal. Un tableau peint, représentant la prise de Port-Mahon avait été relégué dans un grenier de son ancien logis de Rapy. Une métayère le trouva et le mit à la lessive pour en avoir la toile (9). M. de Laugardière, qui devint propriétaire de Rapy, a consacré à ce domaine plusieurs lignes, dans sa notice sur la commune du Bourdeix il y rapporte bien l'antique tradition concernant la modeste demeure, sur une des cheminées de laquelle on voit encore les restes d'un écusson martelé, et fait une allusion aux gentilshommes campagnards qui ont pu la construire; mais il se tait au sujet du plus célèbre des anciens possesseurs de cette demeure (10).

Un acte de restitution et de réparation me paraissait légitimement dû à la mémoire de Thomas de Mahon. Son nom mérite d'être conservé à côté de ces humbles soldats, qui, partis de la glèbe, sont parvenus à la gloire, gràce à leur valeur militaire. Je l'associerais volontiers à celui de Michel Hyot, cet autre canonnier périgourdin, enrôlé volontaire de la commune de Montagnac-d'Auberoche, qui, à la bataille d'Essling, resté seul de sa batterie avec son sergent, réussit tenir, pendant trois heures, au plus chaud de l'action, les Autrichiens à distance, et mérita, par sa rare intrépidité, de Napoléon la dotation d'une rente perpétuelle de 500 francs.

Voilà deux braves soldats qui, s'ils avaient été lettrés, fussent certainement devenus des officiers d'artillerie très distingués.

Albert Dujarric-Descombes

Notes :

1. Sauce froide, faite avec de l'huile, du vinaigre, du jaune d'oeuf et du poivre, le tout battu jusqu'à consistance de pommade.

2. Mémoires historiques sur la France et la Révolution, Paris, Dupont, 1830, page 103.

3. Edition Barrière, tome Il, page 222.

4. Née à Bussière le 30 décembre 1723, elle y avait épousé, le 5 août 1749, le sieur Chaseau, dont elle eut une fille, Léonarde Chaseau.

5. Mon obligeant et laborieux collègue Durieux a bien voulu se dessaisir en ma faveur du petit dossier qu'il avait réuni sur Thomas de Mahon et sur son fils aîné.

6. Voici le baptistaire : « Le onze du mois de may mil sept cent soixante, en l'église paroissiale de Buxière, a été baptisé Louis-François-Armand Thomas, fils de Bertrand Thomas, garde d'artillerie et commandant des batteries du Médoc, et de Jeanne Lhote, sa femme, né le même jour au présent bourg. A esté parrain : Louis-François-Armand du Plessis, et a tenu à sa place Elie Lhote, maître sellier, et sa marraine Marie Lhote. Verneuil, curé ». En marge : « A été parrain le seigneur Louis-François-Armand de Richelieu, gouverneur de Guiene ».

7. Il y avait eu un précédent en Angleterre. James Stanhope, qui avait commandé les troupes anglaises en Espagne, en 1708, s'étant emparé de l'ile Minorque, avait aussi reçu pour cet exploit le titre de lord Mahon, du nom de la forteresse conquise.

8. Sur ce procès voir les pièces déposées aux Archives de la Gironde (C. 1034 Carton), et un acte signalé par M. Drouault dans les minutes du notaire Grolhier, à la date du 7 novembre 1778.

9. Communication de M. Lathière-Lavergne, ancien notaire à Nontron, maire du Bourdeix.

10. Monographie de la ville et du canton de Nontron, Périgueux, Laporte, 1889, page 324.

Posté par ID348347 à 17:19 - - Permalien [#]

Le Comité de Bussière-Badil en 1789

Nous avons le procès-verbal de la nomination du Comité de Bussière-Badil, en Nontronnais, y compris la liste des gardes nationaux enrégimentés sous son autorité : « L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le vingt-septième du mois de septembre, à l'issue de la messe paroissiale, après avoir fait sonner la cloche, comme il est d'usage, nous Citoyens du bourg de Bussière-Badil, de tous rangs et de tous états assemblés sans distinction de préséance, au devant de la principale porte de l'église dudit lieu, en conformité de la déclaration du Roy du 14 aoust dernier, de l'arrêté de l'Assemblée nationale dudit même mois et de la proclamation de Messieurs du Conseil de la Ville de Périgueux, tous quoy nous (a) été dûement annoncé et expliqué par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, délibérant sur le tout avons cru que tous les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour procurer le bien public est l'établissement d'un comité composé de dix personnes de la communauté : d'un président et quatre conseillers pris dans la classe des bourgeois, deux dans celle des artisans, deux dans celle des laboureurs, et un secrétaire, à l'élection desquels avons procédé à la pluralité des voix, les quelles recueillies et contées se sont trouvées en faveur de Messieurs Jalaniat, curé, président ; de Fuyas, vice-président ; Bernard de Lajartre, conseiller; Thomas Bernard, salpêtrier, conseiller; Léonard Duclaud; Labruinas, tailleur; Antoine Goteron, serrurier; Grenaudie, laboureur; Fargeas, laboureur; Fargeas, de Ricasson, laboureur; Gotteron, secrétaire, aux quels nous avons donné tous les pouvoirs nécessaires pour faciliter la subsistance de la classe indigente des habitants, pour maintenir bon ordre et veiller à la sûreté publique, et en un mot faire le bien de tous, ce qu'ils ont accepté, et nous ont promis, sous la foy du serment, s'en acquitter fidèlement et avec zèle, en témoignage de quoy ils ont signé avec plusieurs des électeurs qui ont su, et les autres ayant déclaré avec ledit Antoine Gotteron, conseiller, ne savoir. » — (Aux signatures des conseillers, s'ajoutent celles des officiers de la garde nationale : Lhote, chevalier de Saint-Louis, commandant de la milice ; Maffrand, capitaine ; Saint-Sauveur ; de Leinard, capitaine de la milice ; Lajamme de Belleville, puis les soldats et d'autres citoyens.)

Source : Études historiques sur la révolution en Périgord, de Georges Bussière.

Posté par ID348347 à 09:59 - - Permalien [#]

06 mai 2016

Maires de Bussière-Badil

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

Raymond Janet-Lasfond, maire de Bussière-Badil en 1792 et 1799
Jean Lajamme de Belleville, maire provisoire en 1800
Jean-Baptiste Durtelle de Saint-Sauveur, maire en 1804 et 1810
Pierre Masfrand-Panivol, id. en 1812 et 1825
Pierre Agard de Roumejoux, id. en 1829
Bernard Janet-Lasfond, id. en 1832 et 1842
Eugène Masfrand-Panivol, id. en 1850
Thibaud Reitier-Lagrange, id. en 1860
Audebert Coquet-Desplaces, id. en 1868
Jean-Baptiste Sauvo-Desversannes, id. en 1871 et 1882
Guillaume Vidal, id. en 1886 et 1890
Louis Sauvo-Desversannes, id. en 1895 et 1900

Source : Généalogie Charente Périgord.

Posté par ID348347 à 10:32 - - Permalien [#]

03 février 2016

Le chevalier de Belleville et la journée du 6 octobre 1789

Sieur Elie-François de la Brousse de Belleville, âgé de quarante ans passés, ancien chevau-léger de la garde du roi, demeurant à Versailles, rue de la paroisse Saint-Louis, pavillon Beauregard ; lequel, après serment par lui de faire dire et déposer vérité ; qu'il nous a représenté copie de l'assignation à lui donnée le jour d'hier par Fayel, huissier à verge en cette cour ; lecture à lui faite des arrêté et requisitoire du procureur du roi, susénoncés, et de l'ordonnance susdatée, a déclaré n'être parent, allié, serviteur ni domestique des parties. Dépose que peu de jours avant le 5 octobre dernier, étant dans une chambre basse dépendante du logement d'un nommé Colmon, traiteur, avenue de Sceaux, à l'hôtel des chevau-légers, il vit un particulier que Colmon lui dit être cocher de M. du Châtelet, causer avec trois soldats du régiment de Flandre, et leur tenir des propos suborneurs, tendans à leur inspirer de la désobéissance ; que le dimanche 4, lui déposant, se retirant chez lui sur les 9 à 10 heures du soir, il aperçut devant le café Parisot, un assez grand tumulte, occasionné, à ce qui lui parut, par des grenadiers nationaux, ci-devant gardes-françoises, et quelques miliciens de Paris ; que s'étant adressé à l'un de ces derniers pour savoir le sujet de ce tumulte, il lui répondit que lui et ïes compagnons étaient venus pour s'informer de ce qui se nassoit à Versailles, en dresser procès-verbal et mettre le bon ordre ; que le 5 dudit mois, vers les quatre heures et demie de l'après-diner, lui, déposant, étant monté à la place d'armes, & étant placé entre le premier rang des gardes-du-corps et la grille, fort près des barrières qui sont devant les casernes des gardes-françoises, il aperçut un maréchal-de-logis des gardes du roi, nommé M. de Mondollo, et M. de Savonnieres, lieutenant dudit corps ; que ce dernier sembloit vouloir prendre un homme qui avoit, malgré les gardes, passé à travers les rangs de cavalerie : il parut, à lui déposant, que cet homme s'étoit réfugié dans une baraque ; alors lui déposant vit un milicien de Versailles, couvert d'une redingote grisâtre, qu'on lui a depuis dit être le nommé Charpentier, accourir en venant du côté des canons, s'approchant de la barrière ; de-là il lui vit tirer son coup de fusil à M. de Savonnieres ; après ce coup il vit un officier de la garde nationale de Versailles, qu'on lui a dit être le sieur le Cointre, s'emporter en reproches violens contre les gardes-du-corps, s'adressant à ceux qui formoient la première ligne, près laquelle il se transporta ; que l'officier qui étoit alors à la tête, lui répondit avec beaucoup de modération ; que le même jour 5, dans la soirée, s'étant rendu à l'oeil-de-bœuf, il rencontra un officier de la milice de Paris du district de Saint-Roch, dont il ne se rappelle le nom ; que causant ensemble, cet officier lui dit que le trouble qui donnoit alors de l'inquiétude à Versailles provenoit de ce que la feuille intitulée : Courier de Versailles avoit annoncé que lors du dîner des gardes-du-corps, on avoit foulé la cocarde nationale aux pieds ; ce que lui déposant lui assura, comme témoin oculaire, être une pure calomnie ; que le déposant, en se retirant vers les deux heures du matin, sortit par la grille de la cour des princes, y trouva des gardes nationaux en sentinelle qui gardoient les postes : arrivé à l'hôtel des gardes-du-corps, où il logeoit alors, il le trouva gardé par la milice nationale de Paris, et fut témoin du pillage fuit dans cet hôtel, tant-par les brigands que par des gens en uniforme de la garde de Paris, et quelques dragons, et ce, le 6 octobre au matin ; que se trouvant, il y a quelques jours, avec le sieur Blaisot, libraire et membre de la municipalité de Versailles, ce dernier lui dit qu'environ douze jours avant l'événement du cinq, s'étant trouvé chez M. le comte de Mirabeau, celui-ci, après avoir fait retirer trois secrétaires et fermé la porte avec soin, lui dit : « Que par amitié pour lui il vouloit le prévenir que dans peu il verroit de grands malheurs, des horreurs, même du sang répandu à Versailles ; qu'il l'avertissoit pour dissiper toutes si s inquiétudes personnelles, parce que les bons citoyens comme lui n'avoient rien à craindre » ; que le sieur Blaisot a dit à lui déposant, qu'il avoit été d'autant plus affecté de cette prédiction, que M. de Mirabeau lui en avoit déja fait une dont il avoit pris note, et qui s'étoit vérifiée ; que le sieur Arnaud, demeurant aux écuries de Monsieur à Versailles, et attaché à ce prince, ne sait sous quelle qualité, a dit à lui déposant, que le 5 au soir, plusieurs membres de l'Assemblée nationale allant en députation vers le roi, et traversant la place d'armes où il y avoit beaucoup de peuple, quelques-uns de ces députés avoient applaudi et encouragé le peuple, qui est tout ce que le déposant a dit savoir : lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle contenir vérité, y a persisté, a requis salaire, à lui taxé dix livres, et a signé avec nous, le greffier et lesdits sieurs adjoints. Ainsi signé le chevalier de Belleville, Ollivier, Olive de la Gastine, Brion, Durmont et de Nouvillers. (Procédure criminelle, instruite au Châtelet de Paris, sur la dénonciation des faits arrivés à Versailles dans la journée du 6 octobre 1789)

NB : Élie-François de Labrousse (1753-1794), dit le chevalier de Belleville, est un gentilhomme du Périgord et écrivain royaliste. Il est baptisé le 28 août 1753, dans l'église de Bussière-Badil, fils d'un officier de cavalerie, chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Chevau-léger de la garde du roi, il épouse le 24 avril 1775, Anne de David de Vantaux, à Rilhac dans le Limousin. Elle décède en 1785, à l'âge de 27 ans. Veuf à la veille de la Révolution, il est propriétaire à Bussière-Badil du logis de Belleville et de la forge de La Plaine. Monsieur de Labrousse vit néanmoins à Paris où il est officier de la garde de Louis XVI. Il assiste à ce titre aux grands événements de 1789 et à la fin de la monarchie absolue. Sans emploi, il reste dans la capitale et se lie d'amitié avec plusieurs figures du mouvement royaliste, dont le vicomte de Mirabeau, alias Mirabeau-Tonneau. Il collabore avec lui aux Actes des Apôtres, journal politique et satirique, édité jusqu'en 1791. L'académicien Antoine-Vincent Arnault, lui dédie dans ses mémoires une tragédie en vers : Théroigne et Populus, ou le Triomphe de la démocratie. Après l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, le chevalier de Belleville rentre dans sa province et liquide une partie de ses biens. Il envisage de rejoindre les émigrés établis à Coblence en Allemagne. Dénoncé par le comité révolutionnaire de Nontron, il est arrêté. Condamné à mort, il est à son tour exécuté, le 25 juillet 1794, âgé de 41 ans. Il ne laisse aucune postérité.

Posté par ID348347 à 16:12 - - Permalien [#]