14 juillet 2016

La Confrérie Notre-Dame du Saint-Rosaire

Institution de la Confrérie de Notre-Dame du St-Rosaire à Bussière-Badil, en 1675.

Aujourd'hui vingt septième octobre mil six cent septante cinq dans le bourg de Bussière en périgord diosaise de Limogés pardevant révérant père François rivière soubs prieur du couvent des fraires préscheurs de la ville de St-Junien audit diosaise de Limoges et sont presants messire martial nouaillier prêtre docteur en théologie curé dé bussière et habitant du dit lieu soûl is signé et autres lesquels entendans les grands biens fruits esperituels que la confrerye de nostre Damé de St rozaire produit où elle est érigée et lès status d'icelle exactement observés estant d'ailleurs bien assurés du pouvoir que le saint siège apostolique a donné par expécial privilège à l'ordre des fraires préscheurs d'instituer la dite confrerye es lieux qu'ils la demanderont du coasanteman et agréman des esvesques ont très-humblement suplyé le dit révérant père rivière au nom de tous les habittants de vouloir selon le pouvoir qu'il luy a esté donné .par le révérant père Dominique Sabaymé prieur dudit couvant des frères préscheurs dudit St-Junien erigier et instituer en cestè esglise dudit bussière ladite confrerye de nostre Damé du St rosaire aveq tous ses privilèges et pardons destinants les dits supliants pour les exercices d'icelles apperpetuité la chaspelle de nostre Dame qui est du côté gauche descendant du grand authel laquelle portera dorénavant le tittre de nostre Dame du rosaire et laquelle ils tiendront ornée d'un tableau représentant la sainte Vierge donant le rosaire à St Dominique et d'autres parures et ornemants requis pour y faire honorablement les exercices de la Vierge s'obligant encore d'entretenir conserver et prémunir en vitraux qu'il sera en neufs ladite confrerye et d'observer et faire observer tous les esfatuts et règles d'icelles faire chanter la messe de nostre Dame et faire la prosetion, chantant les litanyes de la sainte Vierge tous les premiers dimanches du mois après vespres et touttes les festes de la mesme Vierge à quoy inclinant le révérant père rivière après avoir aprouvé les zelles et dévotions des supliants à l'endroit de la Vierge et a institué errigé la dite confrerye aveq tous ses privilèges et pardons en ladite esglise et chaspelle aveq cette condition toutesfois que sy à l'advenir son ordre ou avait maison ou couvant en se présent lieu de bussière, ladite confréry y sera à l'instant changée et transportée aveq tous ses droits revenus et émolumans et que tous les suppliants ont accepté et promis tenir. En foy de quoy se sont tous (engagés) les soubs signés faict et passé dans ladite Esglise de bussière l'an mois et jour que dessus en présences de moy notaire royal soubsigné.

Signé : Fre françois Rivière. — Noualhier, curé de Bussière. — Pourguet. — Joyeux. — J. Roche. — françois Urtelle. — P. Nicolas, prêtre. — Descrachapts. — Lajamme. — Delavergne. — Alafort. — Collas. — Delage. — P. Nicolas. — Deluche. — Pradignat. — Daugeras. — Thomas, prêtre. — Déluge. — Agard, notaire royal.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1898)

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26 mai 2016

Le Comité de Bussière-Badil en 1789

Nous avons le procès-verbal de la nomination du Comité de Bussière-Badil, en Nontronnais, y compris la liste des gardes nationaux enrégimentés sous son autorité : « L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le vingt-septième du mois de septembre, à l'issue de la messe paroissiale, après avoir fait sonner la cloche, comme il est d'usage, nous Citoyens du bourg de Bussière-Badil, de tous rangs et de tous états assemblés sans distinction de préséance, au devant de la principale porte de l'église dudit lieu, en conformité de la déclaration du Roy du 14 aoust dernier, de l'arrêté de l'Assemblée nationale dudit même mois et de la proclamation de Messieurs du Conseil de la Ville de Périgueux, tous quoy nous (a) été dûement annoncé et expliqué par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, délibérant sur le tout avons cru que tous les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour procurer le bien public est l'établissement d'un comité composé de dix personnes de la communauté : d'un président et quatre conseillers pris dans la classe des bourgeois, deux dans celle des artisans, deux dans celle des laboureurs, et un secrétaire, à l'élection desquels avons procédé à la pluralité des voix, les quelles recueillies et contées se sont trouvées en faveur de Messieurs Jalaniat, curé, président ; de Fuyas, vice-président ; Bernard de Lajartre, conseiller; Thomas Bernard, salpêtrier, conseiller; Léonard Duclaud; Labruinas, tailleur; Antoine Goteron, serrurier; Grenaudie, laboureur; Fargeas, laboureur; Fargeas, de Ricasson, laboureur; Gotteron, secrétaire, aux quels nous avons donné tous les pouvoirs nécessaires pour faciliter la subsistance de la classe indigente des habitants, pour maintenir bon ordre et veiller à la sûreté publique, et en un mot faire le bien de tous, ce qu'ils ont accepté, et nous ont promis, sous la foy du serment, s'en acquitter fidèlement et avec zèle, en témoignage de quoy ils ont signé avec plusieurs des électeurs qui ont su, et les autres ayant déclaré avec ledit Antoine Gotteron, conseiller, ne savoir. » — (Aux signatures des conseillers, s'ajoutent celles des officiers de la garde nationale : Lhote, chevalier de Saint-Louis, commandant de la milice ; Maffrand, capitaine ; Saint-Sauveur ; de Leinard, capitaine de la milice ; Lajamme de Belleville, puis les soldats et d'autres citoyens.)

Source : Études historiques sur la révolution en Périgord, de Georges Bussière.

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06 mai 2016

Maires de Bussière-Badil

Liste des maires de la commune au XIXe siècle :

Raymond Janet-Lasfond, maire de Bussière-Badil en 1792 et 1799
Jean Lajamme de Belleville, maire provisoire en 1800
Jean-Baptiste Durtelle de Saint-Sauveur, maire en 1804 et 1810
Pierre Masfrand-Panivol, id. en 1812 et 1825
Pierre Agard de Roumejoux, id. en 1829
Bernard Janet-Lasfond, id. en 1832 et 1842
Eugène Masfrand-Panivol, id. en 1850
Thibaud Reitier-Lagrange, id. en 1860
Audebert Coquet-Desplaces, id. en 1868
Jean-Baptiste Sauvo-Desversannes, id. en 1871 et 1882
Guillaume Vidal, id. en 1886 et 1890
Louis Sauvo-Desversannes, id. en 1895 et 1900

Source : Généalogie Charente Périgord.

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03 février 2016

Un habitant de Bussière au tribunal révolutionnaire

Elie-François Labrousse de Belleville
Guillotiné le 25 juillet 1794

Avec Joseph de Vérine, le Tribunal révolutionnaire envoyait à la guillotine, le 25 juillet 1791, Elie-François Labrousse de Belleville, dont la famille honorablement connue, était originaire du Bourbonnais. Au XIIIe siècle un de ses membres vint s'établir en Limousin, et plus tard une autre branche se fixa en Périgord (1).

Huit jours avant, le 17 juillet, de la même salle de l'Egalité, où allait comparaître Elie-François, le même Tribunal avait fait conduire à la guillotine dix autres accusés, au nombre desquels était « Jean Labrousse du Boffrand aîné, ex-noble, capitaine de la troisième compagnie franche de la Dordogne » (Voir l'article qui lui est consacré). Il fut condamné à mort, pour quelques propos qu'on lui attribuait et guillotiné quelques heures après le jugement prononcé (2), Les Labrousse du Boffrand habitaient Nontron, chef-lieu de l'archiprêtré de ce nom, dans le diocèse de Limoges et de la province du Limousin, où plusieurs de ses membres en 1683 étaient juges et avocats en parlement (3).

Pour Elie-François Labrousse de Belleville, âgé de 41 ans, noble et chevau-léger, il était né à Bussière-Badil, archiprêtré de Nontron, au diocèse de Limoges, où il habitait au moment de la Révolution. Envoyé au Tribunal révolutionnaire, on le trouve détenu à la prison de Saint-Lazare. Il fut compris au nombre des dix-huit que l'ont fit comparaître devant le tribunal le 25 juillet, toujours pour une prétendue conspiration. Il faut voir, dans l'acte d'accusation dressé par Fouquier-Tinville, accusateur public près ce tribunal, ce qu'il lui reproche, et qui, assurément, ne fut attesté par aucun témoin; c'était, en particulier, parce qu'il avait regretté la suppression « de la ci-devant qualité de noble » et manifesté l'intention d'aller à Coblentz (4).

Fouquier-Tinville, dans l'acte d'accusation déjà reproduit à l'article Vérine, porte contre lui les plus violentes accusations; elles sont contredites par la municipalité, les notables, les membres de la société populaire et les volontaires engagés dans l'armée. Mais les assertions de l'accusateur public suffirent aux juges pour prononcer leur sentence contre celui qu'il dépeint dans les termes suivants : « Labrousse de Belleville, ex-noble était tellement attaché à cette caste ennemie de la liberté dont il était issu, qu'il n'a cessé de se proclamer ouvertement aristocrate, de se faire gloire d'avoir appartenu à cette caste proscrite. Il est notamment connu dans la commune pour avoir cherché à y mettre le trouble et à y diviser les citoyens, tantôt par des menaces, tantôt par des moyens de séduction. Pour parvenir à se faire un parti il attirait chez lui la jeunesse par des bals et des fêtes qu'il donnait jour et nuit; et qu'il formait des complots contre la sûreté de ceux qui s'étaient levés pour la défense de la patrie; pour empêcher les enrôlements, il menaçait les volontaires de la peur des hulans; il conseillait un jour aux commissaires aux enrôlements de cesser le recensement, parce que, disait-il, en parlant des volontaires, les recrues ne feraient que le déjeuner des hulans; qu'il avait une telle aversion pour les patriotes, qu'on l'a vu dans plusieurs circonstances chercher à les persécuter et même provoquer en duel ceux qui ne condescendaient pas à ses désirs. Ce récit n'est qu'une faible esquisse de la conspiration de Labrousse-Belleville. Il entretenait encore des intelligences et Colorespondances avec les ennemis extérieurs; il est prouvé qu'il engageait un jour un citoyen de sa commune à faire le Voyage de la Rochelle, pour y vendre des marchandises et en faire la vente à tel prix que ce soit, pensant qu'il lui apporterait du numéraire et lui disant qu'il voulait aller à Coblentz rejoindre son corps et qu'il serait déshonoré s'il y manquait. Labrousse-Belleville a reçu différentes lettres d'émigrés, notamment d'un nommé Monguillier (?), qui dans une lettre datée de Coblentz, engageait Belleville à mettre la désunion, autant qu'il le pourrait dans le corps constitué et gagner la populace, que c'était le plan le plus sûr de parvenir; enfin, on a trouvé chez lui plusieurs écrits qui ne respirent que la contre-révolution. »

Cet amas d'accusations que Fouquier-Tinville porte contre Labrousse de Belleville sont à peu près les mêmes que celles qu'il a portées contre un grand nombre d'accusés, elles ont malgré cela presque toujours été bien reçues par les juges. On va cependant voir leur fausseté par les pièces suivantes :

Aux citoyens représentants du Comité de sûreté générale

Citoyens représentants,

Labrousse Belleville, cultivateur, vous expose qu'ayant été désigné par le Comité de Nontron pour être conduit au Tribunal révolutionnaire, avant la loi du 22 prairial, il pense qu'il est habile à profiter du décret du 21 messid'or, qui vous autorise à mettre en liberté les citoyens comme lui désignés avant ladite loi.

Sur chaque délit que l'on m'impute, j'ai les preuves morales, matérielles et testimoniales les plus fortes du contraire.

Et le témoignage que m'ont donné mes accusateurs eux-mêmes, avant que j'eusse contre eux des procès civils et criminels, et que je les eusse, moi-même, dénoncés comme contre-révolutionnaires.

J'offre de prouver qu'ils ont été bien l'éconnus tels par la justice, et qu'ils sont encore sous le glaive de la loi.

L'on m'a accusé d'avoir voulu détourner les volontaires de s'enrôler en leur faisant peur des hulans; non seulement j'ai le témoignage de tous ceux de ma commune qui dément cette calomnie, mais encore celui du municipal destitué qui me fait cette tardive imputation et qui a récemment et publiquement reconnu mon patriotisme et mon innocence. Les pièces ci-jointes, dont j'ai les originaux, mettront le Comité en même de se prononcer sur mon compte.

Belleville.

De la Conciergerie ce 2 thermidor l'an 2 de la République une et indivisible (20 juillet 1794) (5).

Nous officiers municipaux, Conseil général et Société populaire de la commune de Bussière, chef-lieu de canton, district de Nontron, département de la Dordogne, certifions qu'il n'est venu à notre connaissance aucun reproche que nous puissions faire sur la conduite du citoyen Belleville-Labrousse, détenu au district de Nontron, dans la maison d'arrêt, qu'au contraire nous le connaissons de bonnes vie et mœurs, et qu'il a dans sa maison depuis plus de 15 années un pauvre qu'il a nourri et entretenu par charité, ne pouvant lui être d'aucun secours, puisque ledit pauvre a plus de 80 ans. Ce que nous attestons sincère et véritable. En foi de quoi nous avons signé.

A Bussière, le 22 prairial l'an 2e de la République française, une et indivisible (14 juillet 1794), signé des municipaux, notables, et membres de la Société populaire.

Nous soussignés, citoyens de la commune et canton de Bussière, district de Nontron, département de la Dordogne, attestons que nous connaissons le citoyen Labrousse-Belleville depuis son enfance, qu'il n'est jamais donné à notre connaissance qu'il ait jamais donné à personne le plus léger sujet de se plaindre de lui; qu'avant et après la Révolution nous l'avons toujours vu humain et populaire, ne cherchant à se distinguer que par l'honnêteté et la bienfaisance qui lui sont bien naturelles, et qu'entre autres preuves de civisme, il nourrit dans sa maison un enfant et un vieillard de 80 ans, et qu'il garde depuis plus de 15 ans, comme il est attesté ainsi que sa bonne conduite ci-dessus, par la municipalité, Conseil général et Société populaire dudit Bussière, auxquels nous nous joignons pour attester la vérité, et qu'en conséquence nous l'avons toujours regardé comme un de nos meilleurs citoyens,
Est signé des pères des volontaires qui savent signer et qui déclarent que j'ai donné de l'argent à leurs enfants, auxquels j'ai conseillé de s'enrôler.

Dans ma dernière réclusion, dénué de toutes ressources, jusqu'à séquestrer les biens de tous les reclus du département, j'ai encore donné 36 francs à un volontaire partant pour la Vendée. J'en ai la preuve écrite (6).

Nous, soussignés, volontaires du canton de Bussière, district de Nontron, certifions que le citoyen Belleville s'est toujours comporté en bon et honnête citoyen, et qu'il a fait souvent des offres aux volontaires et les a aidé de ses moyens lors de leur départ, et lors de la dernière recrue, il a fait enrôler son domestique et son métayer. En foi de quoi nous avons signé, à Périgueux ce 27 avril 1793, l'an 2e de la République française, et signé : Commenlas La Brousse, Mesnier, Ricard et du Courtieux, pour les autres qui ne savent signer.

Il vinrent offrir cette attestation, en présence de plusieurs membres du département lorsqu'ils mesurent calomnié et en réclusion (7).

Ces attestations et quelques autres semblables prouvant la fausseté des accusations contenues dans l'acte d'accusation de Fouquier-Tinville, ne produisirent aucun effet, sur les juges du Tribunal, si toutefois ils prirent la peine de les regarder. Dans le jugement qu'ils rendirent, neuf témoins furent entendus, mais leur témoignage se rapportait aux autres prévenus, il n'y en eut aucun pour déposer pour ou contre Labrousse et de Vérine, ce tribunal savait s'en passer. Elie-François Labrousse de Belleville fut condamné à mort et exécuté aussitôt avec les autres victimes de ce tribunal. Dans notre province, on eut donc à déplorer ce jour, 7 thermidor, 25 juillet 1794, la mort de Gratien de Montalembert, Joseph de Vérine, Michel Voyeneau et Elie-François Labrousse de Belleville.

L'abbé Lecler

Notes :

1. A. de Froidefond, Armorial de la Noblesse du Périgord, t. I, p. 114.

2. Wallon, Hist. du Trib. Révol., t. V, p. 36 et 403; t. VI, p. 344. — Archives Nationales, W 176. — W 159, I. 172, p. 84 et 85. — W 156 (9 messidor). — W 26. — W 228 (24 floréal). — Archives de la Préfecture de Police XVIII, 267. — XIX, 12. — XXV, 372. Registres de Sainte-Pélagie.

3. Ribaud de Laugardière. Notes historiques sur le Nontronnais.

4. Wallon, Histoire du Tribunal Révolutionnaire, tome V, p. 116 et 417, t. VI, p. 344. — Archives Nationales, W 432, 2e partie, pièces 74 et 75. — W 152 — W 241. —W 220, — W 74, p. 75, 215.

5. Archives Nationales, W 1a, 152, (p. 1, de la liasse 163).

6. Ces dernières lignes sont écrites de la main de Labrousse de Belleville.

7. Cette dernière phrase est aussi écrite sur l'original par Labrousse de Belleville.

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