Sonnet de Gabriel de Livenne, gentilhomme angoumois, au seigneur de Launay.

Launay, dont la vertu, & doctrice féconde
Est un large présent de la troupe des dieux :
Tu nous fais tous les jours d'un art labourieux
Gouster le miel sucré de ta docte faconde :
Un chelidon traduit, un théâtre du monde,
Te publient par tout docte, & ingénieux,
Fidèle traducteur, & autheur studieux,
Tant de grâce, & bien dire, en l'un, & l'autre abonde.
Ores tu nous fais voir corrigé, & reveu,
Cest œuvre plus parfaict qu'il ne fut oncques veu,
Et ainsi es tu né pour le profit publique.
Quel genre d'escripture, amy, t'est estranger ?
Tu profites en tout ou ton esprit s'applique
Ou soit ce pour traduire, escrire, ou corriger.
Fama & fortuna.

Gabriel de Livenne fut l'élève ou le condisciple de François de Belleforest à Angoulême. En 1558, il est à Paris et signe un distique élégiaque latin dans les Varia in Joannem Stracelium Epitaphia.

Source : Marguerite de Navarre (1492-1992), de Nicole Cazauran.