Si l'on trouve peu de choses à La Rochette sur les événements survenus pendant la Révolution, les documents demeurés nous renseignent mieux au point de vue militaire. Ils nous rapportent notamment la composition de la première Garde Nationale de la paroisse, en vertu du décret de l'A. Nationale du 21-6-1791. Elle avait pour commandant Pierre Furaud Villemalet, désigné par le Dir. du département de la Charente : taille 5 pieds 5 p., lequel avait servi pendant 8 ans au Bataillon de Chasseurs des Ardennes, et s'était retiré avec la cartouche de fourrier : le tout de bonne et libre volonté, 30 ans. Les autres étaient Louis Nadaud, de la Fourlière, caporal, 27 ans; Phil. Roy, de la Fourlière, sergent, 32 ans; Jean Hymonnet, de Fougères, domestique de Jean Nadaud dit Riouze, 18 ans; Jean Vigier, de la Fourlière, 16 ans; Séb. Augier, duc Roc, 25 ans; Jean Bouchaud, du bourg, 14 ans, qui était de bonne apparence; François Métraud, fils de feu Jean et de M. Poutignat, du Roc, 32 ans; Louis Robin, des Ecures, 25 ans; Jean Mémin, de Villemalet, 18 ans, était de bonne apparence; Jean Petitaud, de Villemalet, 18 ans, était de bonne apparence; François Nadaud, de S. Angeau, domestique de Jean Nadaud, dit Riouze, à La Fourlière, 20 ans; Louis Lambert, de la Fourlière, 25 ans; Pierre Dupont, de la Fourlière, 20 ans. Tous étaient volontaires. Il n'est pas question d'officiers autres que le Capne P. Furaud. Il y en avait cependant. Le capne et les officiers, en effet, avaient fait un rapport, malheureusement disparu, sur la négligence et l'indifférence que plusieurs citoyens apportaient à leur instruction militaire. Voyant avec peine qu'ils ne cherchaient point à s'instruire des évolutions militaires pour repousser leurs ennemis s'ils venaient à être attaqués, les off. mun. se réunirent le 7-4-1793, afin de prendre des décisions propres à y remédier. Très mortifiés à la lecture du rapport, reconnaissant que cette négligence et cette indifférence étaient très blâmables, ils déclarèrent, après audition du procureur de la commune, que «tout citoyen garde-national, depuis lage de dixhuy tans jusque a cinq cinquante ans, qui ne se présenterait pas, après les ordres reçus des officiers de la Garde pour exécuter les exercices militaires ou, qui ne préviendraient pas l'officier de la Cie, du motif qui pourrait le retenir, serait regardé à la 2e fois comme traître à la patrie et comme suspect; et à la 3e, serait désarmé et chassé de la compagnie, demeurerait sans arme, la sienne devant etre remise au premier bon citoyen qui n'en serait pas muni.» (C'était tout ce que les récalcitrants demandaient probablement.) Et, anfin que personne n'ignorat la présent arreté. Les off. mun. ordonnèrent qu'il fut lu publiquement et affiché ensuite à l'issue de la messe paroissiale du dimanche. Suivent les signatures, toutes d'une meme main : Bern. Maitraud, Séb. Martonnaud, François Viollet, François Jourde, off. munaux; Auger proc. de la Commune.

Source : Histoire de La Rochette, de l'abbé Beau.