23 juillet 2020

L'abbaye de Grosbot à la fin du XVIe siècle

Parmi les événements qui atteignirent la fortune de l'abbaye de Grosbot, il faut citer les longs et ruineux procès qu'elle dut soutenir contre les seigneurs de Marthon au sujet de leurs droits respectifs, particulièrement de 1540 à 1555, contre Hubert de La Rochefoucauld. Elle sortait à peine de cette épreuve lorsqu'elle fut envahie à son tour par les huguenots. Ceux-ci y furent moins violents qu'ailleurs et s'abstinrent de renverser le monastère, mais ils en enlevèrent tout ce qu'ils purent, jusqu'aux bois des charpentes, dont l'église elle-même était encore dépourvue en 1630. Avec leur appui, l'un d'eux, Vincent de Villars, de la maison de Minzac, s'y introduit violemment en 1568, en chasse les religieux et s'y établit en maître. Ayant pour complice une intrigante du nom de Marie Guichard, il s'approprie les revenus de la communauté, vend les terres, détourne les titres et, par ses effronteries, sème l'épouvante et le scandale dans toute la région. Les moines ne purent rentrer chez eux que douze ans après. L'abbé en était encore tenu éloigné en 1587 par les ruines et les troubles que l'intrus y entretenait.

Pierre d'Alloue, régulier, paraît du 18 août 1565 au 12 décembre 1576. L'intrus Vincent de Villars le tint longtemps éloigné de son abbaye.

Philippe de Nambu, nommé en 1577, ne peut pas prendre possession.

Jean Roy résigne au suivant en 1586.

Jean Bouthinot, régulier, confirmé par le Pape le 3 décembre 1586, installé par procureur le 27 avril 1587, réside à Alloue, ne pouvant se loger dans son abbaye. Le 10 juin 1589, il finit par affermer à Vincent de Villars une partie de ses revenus.

Puymousseau (paroisse de Minzac). Cette cénobie fut en même temps l'aumônerie ouverte par l'abbaye de Grosbot aux pauvres sans asile de la région et aux pèlerins. Elle fut entièrement ruinée par l'intrus Vincent de Villars et la femme Marie Guichard, qui ne laissèrent aux légitimes rnaîtres que quelques bàtiments et des terres sans valeur.

Source : Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, de l'abbé Nanglard.

Posté par ID348347 à 06:54 - Permalien [#]


21 juillet 2020

Le fief de La Couronne de Marthon

M. l'abbé Mondon continue la monographie de la baronnie de Marthon par une étude sur le fief de La Couronne de Marthon.

Ledit fief relevait du château de Marthon, au devoir d'une paire d'éperons dorés, appréciés vingt sols, à muance de seigneur et de vassal. Hubert de La Rochefoucault, seigneur de Marthon, de 1522 à 1566, donna permission aux seigneurs de La Couronne de surmonter leur logis de machicoulis, d'y pratiquer des canonnières et de bâtir un colombier, sans augmentation d'hommage. Durant longtemps, ce fief, agrandi peu à peu par les libéralités des seigneurs ou des varlets de Marthon, fut possédé par les moines de l'abbaye de La Couronne d'Angoulême.

Ceux-ci firent d'abord cultiver les terres par des frères résidant dans ce domaine, mais ils ne tardèrent pas à les donner en exploitation à des particuliers, à charge de payer certaines rentes annuelles, jusqu'à ce qu'enfin, le 8 mars 1449, ils donnèrent à Bertrand Farinard, varlet de Marthon et général de la ville et du château de Marthon, le logis de La Couronne avec dix journaux de terres, sous l'hommage lige, au devoir d'une obole d'or appréciée dix sols, payable à muance de seigneur et de vassal, et sous la redevance annuelle de dix sous de monnaie du cours.

Les Farinard étaient une de ces anciennes familles nobles qui peuplaient la ville de Marthon.

Ils possédaient déjà, outre des maisons à Marthon, le fief de La Farinarde, en la paroisse de Marthon. Le fief de La Couronne et celui de La Farinarde demeurèrent en leur possession jusqu'en 1564, où Louise Farinard les porta en dot à la maison de Vilhonneur, par son mariage avec Mathieu de Chambes, écuyer.

Les seigneurs successifs furent ensuite : Pierre de Chambes, écuyer, marié à demoiselle Françoise de Perry, veuve en premières noces de Robert Courandin, écuyer, seigneur de Villautrange ; François de Chambes, marié à Jeanne de La Doyerie, dont la fille Marie épousa Pierre Chaigneau, fils de Simon Chaigneau, régisseur de la baronnie de Marthon, et de Marie-Delbora de Haumont.

Pierre Chaigneau, seigneur de La Couronne, laissa un fils Charles, qualifié d'écuyer, mort sans enfants, et deux filles, Marie et Jeanne, mortes sans enfants également, et qui léguèrent leur fief à Antoine de La Roche-Aymond, seigneur de La Rouège, paroisse de Charsovines.

Pierre de La Roche-Aymond, fils d'Antoine, vendit La Couronne, en 1767, à François de Viaud, seigneur de La Charbonnière, paroisse de Chazelles, et à Jacques-Joseph de Viaud, curé de Sigognes, son frère.

(Journal La Charente, 17 août 1890)

Posté par ID348347 à 19:04 - Permalien [#]