Parmi les événements qui atteignirent la fortune de l'abbaye de Grosbot, il faut citer les longs et ruineux procès qu'elle dut soutenir contre les seigneurs de Marthon au sujet de leurs droits respectifs, particulièrement de 1540 à 1555, contre Hubert de La Rochefoucauld. Elle sortait à peine de cette épreuve lorsqu'elle fut envahie à son tour par les huguenots. Ceux-ci y furent moins violents qu'ailleurs et s'abstinrent de renverser le monastère, mais ils en enlevèrent tout ce qu'ils purent, jusqu'aux bois des charpentes, dont l'église elle-même était encore dépourvue en 1630. Avec leur appui, l'un d'eux, Vincent de Villars, de la maison de Minzac, s'y introduit violemment en 1568, en chasse les religieux et s'y établit en maître. Ayant pour complice une intrigante du nom de Marie Guichard, il s'approprie les revenus de la communauté, vend les terres, détourne les titres et, par ses effronteries, sème l'épouvante et le scandale dans toute la région. Les moines ne purent rentrer chez eux que douze ans après. L'abbé en était encore tenu éloigné en 1587 par les ruines et les troubles que l'intrus y entretenait.

Pierre d'Alloue, régulier, paraît du 18 août 1565 au 12 décembre 1576. L'intrus Vincent de Villars le tint longtemps éloigné de son abbaye.

Philippe de Nambu, nommé en 1577, ne peut pas prendre possession.

Jean Roy résigne au suivant en 1586.

Jean Bouthinot, régulier, confirmé par le Pape le 3 décembre 1586, installé par procureur le 27 avril 1587, réside à Alloue, ne pouvant se loger dans son abbaye. Le 10 juin 1589, il finit par affermer à Vincent de Villars une partie de ses revenus.

Puymousseau (paroisse de Minzac). Cette cénobie fut en même temps l'aumônerie ouverte par l'abbaye de Grosbot aux pauvres sans asile de la région et aux pèlerins. Elle fut entièrement ruinée par l'intrus Vincent de Villars et la femme Marie Guichard, qui ne laissèrent aux légitimes rnaîtres que quelques bàtiments et des terres sans valeur.

Source : Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, de l'abbé Nanglard.