M. l'abbé Mondon continue la monographie de la baronnie de Marthon par une étude sur le fief de La Couronne de Marthon.

Ledit fief relevait du château de Marthon, au devoir d'une paire d'éperons dorés, appréciés vingt sols, à muance de seigneur et de vassal. Hubert de La Rochefoucault, seigneur de Marthon, de 1522 à 1566, donna permission aux seigneurs de La Couronne de surmonter leur logis de machicoulis, d'y pratiquer des canonnières et de bâtir un colombier, sans augmentation d'hommage. Durant longtemps, ce fief, agrandi peu à peu par les libéralités des seigneurs ou des varlets de Marthon, fut possédé par les moines de l'abbaye de La Couronne d'Angoulême.

Ceux-ci firent d'abord cultiver les terres par des frères résidant dans ce domaine, mais ils ne tardèrent pas à les donner en exploitation à des particuliers, à charge de payer certaines rentes annuelles, jusqu'à ce qu'enfin, le 8 mars 1449, ils donnèrent à Bertrand Farinard, varlet de Marthon et général de la ville et du château de Marthon, le logis de La Couronne avec dix journaux de terres, sous l'hommage lige, au devoir d'une obole d'or appréciée dix sols, payable à muance de seigneur et de vassal, et sous la redevance annuelle de dix sous de monnaie du cours.

Les Farinard étaient une de ces anciennes familles nobles qui peuplaient la ville de Marthon.

Ils possédaient déjà, outre des maisons à Marthon, le fief de La Farinarde, en la paroisse de Marthon. Le fief de La Couronne et celui de La Farinarde demeurèrent en leur possession jusqu'en 1564, où Louise Farinard les porta en dot à la maison de Vilhonneur, par son mariage avec Mathieu de Chambes, écuyer.

Les seigneurs successifs furent ensuite : Pierre de Chambes, écuyer, marié à demoiselle Françoise de Perry, veuve en premières noces de Robert Courandin, écuyer, seigneur de Villautrange ; François de Chambes, marié à Jeanne de La Doyerie, dont la fille Marie épousa Pierre Chaigneau, fils de Simon Chaigneau, régisseur de la baronnie de Marthon, et de Marie-Delbora de Haumont.

Pierre Chaigneau, seigneur de La Couronne, laissa un fils Charles, qualifié d'écuyer, mort sans enfants, et deux filles, Marie et Jeanne, mortes sans enfants également, et qui léguèrent leur fief à Antoine de La Roche-Aymond, seigneur de La Rouège, paroisse de Charsovines.

Pierre de La Roche-Aymond, fils d'Antoine, vendit La Couronne, en 1767, à François de Viaud, seigneur de La Charbonnière, paroisse de Chazelles, et à Jacques-Joseph de Viaud, curé de Sigognes, son frère.

(Journal La Charente, 17 août 1890)