17 juin 2020

Colonel du roi de France ou d'Espagne

Tout ce qui est possible est réel et inversement, a écrit Rémi Brague. Autrement dit : tout ce qui est arrivé a un sens. En 1783, un certain René Annibal de Roffignac, né en 1740, s'est engagé comme colonel au service du roi d'Espagne. On ignore ses motivations. Quelques soupçons, peutêtre : il était un duelliste effréné. En 1776, il avait poursuivi à travers la France un comte de Montalembert pour le faire répondre d'une rivalité sur l'usage de l'eau de la petite rivière du Bandiat, dans les Charentes, sur laquelle ils avaient tous les deux une forge. Méthode ancienne s'il en est pour résoudre un problème bien moderne. Sa famille resta en France. Il fut promu général de l'armée d'Espagne en 1792. En décembre, il proposa de se constituer prisonnier à la frontière espagnole, afin d'offrir sa tête en remplacement de celle du roi. Dans un esprit digne de Jeanne d'Arc, tel que l'a décrit Jean de Pange, il était peut-être attaché à l'idée royale autant, voire plus, qu'à l'idée de patrie. Mais sa proposition fut refusée. Il prit part aux combats contre l'armée de la République dans les Pyrénées. En juillet 1793, à la tête de dragons de la reine d'Espagne, il tomba entre les mains de ses ennemis. Soupçonné d'émigration, il n'échappa à la guillotine qu'en vertu des efforts de sa propre fille et du général en chef espagnol qui firent valoir le fait qu'il était passé au service du roi catholique dix ans plus tôt. Certes, « ces affaires d'Ancien Régime » importaient peu à « un peuple qui combat l'Europe entière, qui la vaincra ou par la force des armes ou par celle de la raison » (dixit un représentant du peuple auprès des armées des Pyrénées occidentales à la Convention nationale, document reproduit dans le Mercure de France du 21 septembre 1793), mais cela suffit tout de même à convaincre ou émouvoir les autorités républicaines. Roffignac fut libéré. Il retourna en Espagne en 1795. Hélas, l'un de ses fils, authentiquement émigré, se fit prendre sur le territoire français. Le général s'en plaignit à l'ambassadeur de France en Espagne. Esclandre. Menaces de duel ! Cahin-caha, à cheval entre les conditions nouvelles et les anciennes manières, entre les sources diverses de loyauté, de légitimité, devenu grand d'Espagne, Annibal de Roffignac s'éteignit en 1803.

(Revue des Deux Mondes, 2015)

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15 juin 2020

Souvenirs d'une amie sur la vie de Théodelinde Dubouché

Avant de parler de ma chère Théo, je dois d'abord faire connaître le milieu dans lequel elle a vécu. Son père, M. Jean-Baptiste Bourcin-Dubouché, appartenait à une famille aisée du Périgord. Son grand-père était médecin en chef de la marine royale; et c'est pendant une tournée d'inspection au Canada, qu'il épousa sa femme. Ils avaient, à quelques lieues de Périgueux, de vastes propriétés, qu'ils faisaient, je crois, valoir eux-mêmes; et la mère, née à Québec, était très pieuse et élevait sa nombreuse famille dans des sentiments profondément honnêtes et chrétiens. M. Dubouché, troisième enfant de la famille, naquit en 1773; de deux sœurs plus âgées que lui, l'aînée fut mariée à Québec à un riche colon d'origine française, M. de Chabosseau, et la seconde mourut jeune, religieuse à Limoges. Il eut encore un frère, M. Léonard Dubouché, négociant à Limoges (draps en gros) que j'ai connu, et dont le nom se trouvera plus d'une fois dans ce récit.

M. Dubouché, désirant sans doute embrasser la carrière de son père, se rendit à Paris pour y étudier la médecine avec plus de succès. Il y était lors de la journée du 10 août 1792, qui vit tomber la monarchie humiliée, et il traversait le jardin du Luxembourg, lorsqu'il fut assailli par une bande de Marseillais qui le poursuivirent en s'écriant : « A mort le muscadin ! » Il reçut même quelques coups de sabre; et dégoûté du séjour de la capitale, ensanglantée déjà par tant de crimes, il quitta Paris le soir même et revint en Périgord. Sa bourse était peu garnie; mais à vingt ans, on n'est pas embarrassé, et il fit gaiement à pied une partie du long trajet qui sépare Périgueux de Paris. Je crois qu'il se retira à la campagne, dans le domaine de la Coutissière, peu distant de Périgueux, qui lui appartenait en propre ; et il y çontinua ses études, particulièrement celle de la botanique , vers laquelle son goût l'entraîna toujours. Il herborisait sur ces montagnes agrestes et sauvages, donnait quelques soins aux pauvres malades qui l'entouraient, et je lui ai souvent entendu dire que ce temps fut l'un des plus heureux de sa vie.

Cependant la réquisition de 93 l'arracha, comme tant d'autres, à ses occupations chéries, et il se rendit à Bordeaux, muni d'une lettre de recommandation pour M. Vincent, payeur-général du nouveau département de la Gironde. (M. Vincent, étant fils du trésorier-général de la marine royale, devait être en relations avec le père de M. Dubouché, médecin en chef de cette même marine royale). Le payeur-général accueillit avec bienveillance le jeune Dubouché; et, en attendant le moment du départ, il l'employa dans ses bureaux et l'initia à la comptabilité, pour laquelle le père de Théo montra une rare aptitude qu'il n'avait pas soupçonnée jusque là. Aussi, lorsque l'ordre impérieux du départ arriva, M. Vincent, qui ne se séparait qu'avec regret de son jeune employé, le recommanda chaudement à M. de la Bouillerie, payeur en chef de l'armée d'Italie. — J'ai cherché à savoir si ce M. de la Bouillerie n'était pas le père de Mgr l'Evêque de Carcassonne, depuis coadjuteur de l'Archevêque de Bordeaux, si ardent propagateur de la dévotion au Saint-Sacrement; mais je n'ai pu avoir aucune solution à ce sujet.

Grâce à la protection de M. Vincent, le jeune Dubouché, arrivé au quartier-général, fut immédiatement détaché de son corps pour passer à la trésorerie, où ses connaissances financières le firent nommer, au bout de quelques mois, payeur-adjoint de l'armée d'Italie, et l'année suivante, payeur-général des îles Ioniennes, en résidence à Corfou. Il y resta jusqu'au traité de Campo-Formio (1797) par lequel la France abandonna le protectorat de ces îles. Il se disposait à rentrer dans sa patrie, et faisait sa quarantaine au lazaret d'Otrante, lorsqu'il fut assailli par des brigands calabrais qui lui volèrent sa caisse après avoir tenté de l'assassiner. Il reçut même quelques coups de poignard, dont il montrait encore les cicatrices à ses enfants, et son caissier fut blessé bien plus grièvement que lui. Plus tard, le gouvernement napolitain lui remboursa ses fonds. — Son premier soin, à son retour, fut d'aller remercier M. Vincent, dont la bienveillance lui avait ouvert une carrière honorable. C'est ainsi qu'il rencontra la bellefille de M. Vincent, la jeune Charlotte Marini, qu'il épousa.

M. Dubouché fut successivement nommé payeur du Lot, de Tarn-et-Garonne, de Seine-et-Marne, du Loiret, des Ardennes, et il ne prit sa retraite qu'en 1833. Dans cette longue carrière administrative, il sut constamment mériter l'estime de ses chefs, sous les divers gouvernements qu'il fut successivement appelé à servir. Sans passions politiques, mais non sans convictions, il disait que le meilleur citoyen est celui qui remplit le mieux et les devoirs de famille que lui a imposés la Providence, et les fonctions publiques que lui a confiées un pouvoir légalement reconnu de tous. Pour lui, administrateur intègre et ponctuel autant qu'habile, il remplissait sa charge de payeur avec le plus entier dévouement. Le travail ne lui coûtait pas, et c'était sa plus chère distraction avec l'étude de la botanique, à laquelle il consacrait dès lors tous ses moments de loisir. Il devint un botaniste distingué et fut nommé membre de la société des sciences naturelles fondée et présidée par Geoffroy Saint-Hilaire; avant même d'habiter Paris, il entretenait une correspondance scientifique avec ses collègues. Son herbier est encore aujourd'hui dans : le cabinet d'Histoire naturelle du Jardin des Plantes de Bordeaux ; mais sa fille, sa chère Théo avait conservé son moussier. M. Dubouché était d'ailleurs un homme instruit, lisant beaucoup et avec fruit; sa conversation était intéressante, et il se servait habilement de cette ironie fine et douce qui répand un si grand charme sur les entretiens intimes. Aussi préférait-il au tourbillon du monde, un petit cercle d'amis choisis et capables de partager ses travaux et ses goûts. D'un commerce doux et facile habituellement, il tenait cependant beaucoup à ses idées; et si l'on venait à le heurter de front, il s'exaspérait, et comme tous les gens faibles, il se jetait dans les partis extrêmes. Théo, sa fille bien-aimée, parvenait seule à le calmer; car, quoiqu'il aimât ses autres enfants, il avait une sorte de prédilection pour celle-ci, venue la dernière, qui d'ailleurs savait tout à la fois le charmer par sa grâce et son amabilité, en même temps qu'elle le dominait par l'énergie de son caractère.

Ainsi, l'on peut s'en convaincre par ce court aperçu, M. Dubouché possédait les qualités qui font l'homme de bien selon le monde ; et ses sentiments d'honneur ne pouvaient qu'avoir une bonne influence sur sa jeune famille; mais il lui manquait ce qui seul peut donner des principes solides, propres à diriger toutes les actions de la vie : au contact d'un monde impie et railleur, il avait abjuré sa foi, et avait adopté de funestes préjugés; et plus tard, Théo disait, à propos d'un mandement où Mgr Affre combattait les erreurs du Panthéisme, que son père s'était laissé entraîner à quelques idées dérivant de cette doctrine absurde. On pourrait même ajouter que M. Dubouché se montrait d'autant plus éloigné de la religion, qu'il ne pouvait effacer entièrement les impressions de son enfance. Il nous racontait quelquefois avec une sorte de regret et de tristesse, qu'à l'âge de sept à huit ans, il servait la messe de son curé, probablement à la Coutissière; mais s'il conservait encore quelques souvenirs chrétiens dans son cœur, on n'en voyait malheureusement plus guère de traces dans son esprit; et tout ce qui lui restait de ses pratiques religieuses, c'était l'habitude d'assister au Saint-Sacrifice le jour de Pâques et le jour de Noël, et de faire maigre le Vendredi-Saint. Pour lui, tout se bornait là.

Mme Dubouché n'eut pas, comme son mari, à fouler aux pieds ses sentiments religieux ; car elle semble avoir vécu sans Dieu jusqu'au jour béni où, grâce aux vertus et aux prières de sa sainte fille, son âme droite fut illuminée d'un pur rayon de l'éternelle vérité.

Son père, M. Marini, était issu d'une famille honorable de Florence, qui a donné plusieurs cardinaux à l'Eglise romaine. Attaché, en qualité de secrétaire, au prince Louis-François de Conti, arrière-petit-neveu du grand Condé, il s'était fixé à Bordeaux après la mort de son protecteur, et y avait épousé une jeune fille d'une beauté remarquable, mais qui aimait passionnément le monde. Il mourut au bout de deux années de mariage, laissant une veuve de dix-huit ans, et deux enfants en bas âge. L'aînée se nommait Thérèse et fut la marraine d'Elisa Dubouché. Elle avait épousé M. Lemoine et mourut fort âgée ; Théo en parle encore après la mort de son père (1852.) Ce fut la plus jeune des petites filles, née en 1776 et nommée Charlotte, qui devint la mère de Théodelinde.

L'année de son deuil étant écoulée, Mme Marini, qui éprouvait le besoin de trouver un protecteur, épousa en secondes noces M. Vincent, fils du trésorier-général de la marine de Bordeaux, et qui, en 1790, devint luimême payeur-général de la Gironde. Elle en eut deux enfants, dont les petits-fils sont encore en relation avec la famille Dubouché.

La mère de Charlotte se lança alors dans ce monde d'argent et de plaisirs, où elle devait rencontrer quelques années après la fille du banquier espagnol Cabarrus, la belle, la séduisante Térésa, devenue plus tard la célèbre Mme Tallien. Les hommages que tous s'empressaient de lui rendre, enivraient la jeune femme, qui, ne songeant qu'à courir de fête en fête, ne pouvait trouver le temps de s'occuper de ses filles; elles restèrent ainsi livrées à elles-mêmes, et élevées selon les principes désastreux de ce temps, dans une négation absolue de Dieu ! Mais ce Dieu que ne connaissait pas Charlotte, veillait sur elle avec amour. Il l'avait douée d'un cœur pur, d'un jugement droit, de sentiments nobles et élevés. Ces qualités naturelles furent un préservatif contre les difficultés de sa position ; et elle sut se montrer chaste et digne au milieu d'un monde qui, chaque jour, se corrompait et s'avilissait de plus en plus. Comme il arrive pour les âmes fortement trempées, l'isolement dans lequel vivait la jeune fille, bien loin de l'abattre, développa au contraire son énergie et son amour pour tout ce qui est généreux et noble; mais en même temps aussi cette nécessité de se conduire elle-même, lui donna une volonté impérieuse, devant laquelle tout devait céder; tandis que la privation des caresses maternelles imprima à son caractère quelque chose de froid, de concentré, qui l'a fait bien souvent souffrir, et a été pénible pour ceux qui ont vécu auprès d'elle.

Son beau-père, qui, comme tant d'autres de ses compatriotes, avait embrassé le parti de la Révolution, et avait été, comme je l'ai dit, nommé payeur de la Gironde, recevait souvent chez lui et allait beaucoup dans le monde. La jeune Charlotte y fut donc conduite de bonne heure, et elle en prit l'habitude et le goût. Car il ne faut pas se persuader que, dans ces temps de douloureuse mémoire, il n'y eût en France que des pleurs et du sang. Non, non ! à côté des prisons et des échafauds, s'élevaient les salles de bals et de spectacles, s'ouvraient ces salons où l'on s'occupait tout à la fois de toilette et de politique, de philanthropie et d'athéisme ; où l'on ne parlait de Dieu que pour blasphémer son Nom trois fois adorable. Charlotte y contracta , avec des habitudes de frivolité, une indifférence, un dédain profond pour la religion et ses pratiques les plus sacrées ; et, je pourrais presque dire, une haine instinctive, ou tout au moins une méfiance outrée contre les prêtres, qu'elle ne connaissait que par les scandales qu'on s'était plu à raconter devant elle.... Sans une prédilection toute particulière de Dieu, ce sont ces préventions qu'elle semblait devoir un jour communiquer à ses enfants, surtout à sa chère Théo, qui avait pour sa mère un sentiment profond d'amour et de vénération.

Charlotte Marini avait vingt-deux ans lorsque M. Dubouché revint à Bordeaux, après avoir quitté les îles Ioniennes. Il fut frappé de l'éclat de sa beauté, de l'imposante dignité de son maintien, et la demanda en mariage. M. Vincent, qui avait su apprécier les qualités du jeune homme, appuya sa demande auprès de sa belle-fille, qui, heureuse de sortir de son isolement, agréa le jeune payeur. Le mariage se fit à Périgueux, le 27 thermidor an VI (17 août 1798.) Mme Noël m'a dit avoir l'acte civil entre les mains. Quant à la solennité religieuse, je n'ai pu recueillir aucun document ; mais je sais que M. Dubouché n'aurait jamais consenti à ne pas faire bénir par l'Eglise l'union qu'il allait contracter; et je suppose bien que cela se fit dans une chambre.

Les circonstances extérieures avaient seules rapproché les deux époux, qui ne se connaissaient pas, et dont les caractères n'offraient que des dissemblances. D'après ce que j'en ai pu dire, il est facile de voir que, comme caractère, Mme Dubouché était bien supérieure à son mari, ce qui était pour elle une véritable souffrance. De plus, Mme Dubouché était violente, M. Dubouché faible, mais facile à exaspérer; de là des brouilles dans le ménage, souvent même des scènes pénibles ; et pour les enfants qui devaient venir successivement s'asseoir à leur foyer, le principe de grands écarts, ou une source de larmes amèreS. M. Dubouché, à sa rentrée en France, était resté quelque temps avec sa solde de campagne, mais sans emploi jusqu'à sa nomination à Cahors, lor vendémiaire an X. Je pense donc qu'après leur mariage, M. et Mme Dubouché demeurèrent à Périgueux où naquit, en 1801, leur fille aînée qui reçut les noms de Thérèse-Elisabeth, et qu'on appela Elisa dans la famille. Elle devint d'une beauté remarquable, tenant de son aïeule paternelle, le type créole, auquel s'unissait le maintien digne et noble de sa mère. Elle était bonne et aimante, excessivement impressionable, avec de la faiblesse dans la volonté; aussi chercha-t-elle le plus souvent, pendant le cours de sa vie, à s'appuyer sur sa sœur, qui devint par la suite son soutien dans leurs communes épreuves, et l'ange gardien qui veilla sur elle et sur son fils avec une constante sollicitude. Quoique Elisa ne ressemblât à sa mère ni au physique ni au moral, elle en fut pendant de longues années, non pas précisément la préférée, - car si Mme Dubouché avait un faible, c'était pour Théo, - mais celle qui vécut le plus rapprochée d'elle. Mme Dubouché avait élevé Elisa comme elle l'avait été elle-même, pour le monde, et lui avait inspiré les mêmes goûts, les mêmes habitudes de frivolité. D'ailleurs la volonté absolue de la mère ne trouvait pas la même résistance dans la sensibilité plus vive que profonde de sa fille aînée, que dans l'énergique nature de la seconde.

Le ler vendémiaire an X, M. Dubouché fut nommé payeur du Lot; c'est là que Mme Dubouché mit au monde un fils (mai 1802) dont la naissance fut accueillie avec des transports de joie par ses heureux parents, bien éloignés alors de prévoir toutes les larmes et les angoisses que cet enfant devait un jour leur coûter. Ce fils, nommé Louis-Léon, était beau, aimable, spirituel ; il avait tout à la fois des passions violentes et une grande faiblesse de caractère qui le livrait à toutes les influences, avec une certaine légèreté d'esprit qui l'empêchait de s'adonner à aucun travail sérieux ; de sorte que cette nature mobile, exaltée, ne trouvait en elle-même aucun frein. Elle n'en trouvait pas non plus dans l'autorité à qui Dieu a confié le soin de lui former des âmes fortes et vertueuses. Mme Dubouché le gâtait excessivement; elle, qui d'ordinaire, se montrait d'autant plus exigeante qu'elle aimait davantage, excusait tout dans son fils, le trouvait charmant, pardonnait à une caresse ce qui l'avait le plus mécontentée d'abord. — M. Dubouché, qui faisait reposer sur la tête de cet enfant ses espérances d'avenir et ses plus chères ambitions, commença aussi par le gâter, par rire de ses espiègleries, de sa paresse; puis, lorsque l'habitude en fut prise, que Léon ne sut plus comment retrouver la voie du bien, son père s'exaspéra, se montra d'une sévérité outrée, et brisa le pauvre roseau qu'il n'avait pas su préserver de l'orage.

Lorsque le nouveau département de Tarn-et-Garonne eût été formé, M. Dubouché fut transféré à Montauban (janvier 1809); c'est là que naquit, le 2 mai 1809, sa seconde fille. Elle Venait au monde sept ans après son frère, et fut accueillie avec peine par sa mère, qui ne désirait pas d'autres enfants. Et cependant, c'était elle qui devait lui apporter le plus de consolations. Son frère et sa sœur la tinrent sur les fonts baptismaux; mais je n'ai pu savoir dans quelle paroisse elle reçut le sacrement de la régénération. Elle fut nommée Elisabeth-Thérèse-Charlotte-Théodelinde; le premier et le second noms étaient ceux de sa sœur et de sa tante ; le troisième, celui de sa mère; le dernier lui fut donné en souvenir d'une femme que M. Dubouché avait connue, pendant son séjour en Italie, au milieu des descendants de ces anciens Lombards qui avaient dû leur conversion à leur reine Théodelinde, la pieuse amie du grand Pape saint Grégoire I. — On l'appelait familièrement Théo. Elle ne fut pas nourrie par sa mère, ce qu'elle regretta toujours; mais du moins, elle fut élevée sous ses yeux, ayant une nourrice dans la maison de ses parents.

On voit, par cette faible esquisse, dans quel milieu allait vivre cette enfant prédestinée, et l'on peut déjà pressentir quel devait être en elle le travail de la grâce ; puisque, si Dieu avait beaucoup fait dans l'ordre naturel, tout restait à faire dans l'ordre surnaturel.

Source : Souvenirs d'une amie sur la vie de Théodelinde Dubouché, de Jules Morel.

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11 juin 2020

Un hommage au vicomte de Limoges

Foys et hommages de la vicomté de Limoges, 1679-1701.

Terre de Varagnes.

.... François Bouthinon, escuyer, sr de Beauséjour, maire de la ville de Nontron, advocat en parlement, juge-senéchal de Varaignes, au nom et comme procureur fondé de procuration spéciale de très-haut et très-puissant seigneur Nicolas de Quelen Stuart de Caussade, prince de Carency, issu et seul héritier des princes de Bourbon-Carency, comte de Lavauguyon et du Broulay, seigneur de Varaignes, marquis de Felegrin et autres places...., pour raison de sa terre et seigneurie de Varaignes, etc.....

Fait à Lymoges, le 20e de décembre 1697.

Chevalier de la Torre.

(Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1856)

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Les chevau-légers de la Reine

Capitaines-lieutenants.

1. Marquis de Villiers (N.), 13 juin 1661.
2. Marquis de Fervaques (N.), 1671.
3. Marquis de Sebbeville (Bernardin Cadot), 7 avril 1676.
4. Marquis d’Ancezune de Caderousse (N.), juin 1692.
5. Comte de Sebbeville (Charles-Louis Cadot), 20 avril 1699.
6. Marquis d'Estréhan (N. d'Héricy), avril 1707.
7. Marquis de Buzenval (N.), 1709.
8. Comte du Fargis (N.), 1716.
9. Marquis de Surgères (Alexandre-Nicolas de La Rochefoucauld), 25 mars 1734.
10. Marquis d'Ossun (Pierre-Paul), 1er décembre 1745.
11. Marquis de Sommyèvre (Gaspard), 20 février 1761.

La reine Anne d'Autriche, devenue régente, avait ajouté à ses gendarmes, le 18 juin 1643, une compagnie de chevau-légers qui fut commandée par Jacques Stuart de Saint-Mégrin, et après lui, le 4 mai 1653, par Barthélemy de Quélen, vicomte de Broutay.

Ces chevau-légers de la Reine-mère disparurent en même temps que les gendarmes, en 1666.

La compagnie de chevau-légers de Marie-Thérèse d'Autriche a été créée le 13 juin 1661, un mois après celle des gendarmes de la Reine, avec le même effectif et les mêmes priviléges. Elle fut incorporée dans celle-ci par ordonnance du 1er mars 1763, portant suppression des compagnies de chevau-légers attachées à la gendarmerie.

Il n'y avait aucune différence dans la tenue et dans les étendards des deux compagnies de la Reine. Le rouge de la distinction était cerise, tandis que les gendarmes avaient le ponceau. Elles n'escadronnaient pas ensemble.

douai1667

Barthélémy de Quélen, mortellement blessé à la bataille de Douai en 1667. Portrait de l'école française.

Source : Histoire de la cavalerie française, de Louis Susane.

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Nontron, une baronnie en Périgord

Aveux d'Alain d'Albret, vicomte de Limoges, à l'évêque d'Angoulême, pour la châtellenie et baronnie de Nontron, en 1499 et 1501; pour Ayen, Essandon, Ans et Nontron, en 1505; pour la baronnie de Nontron en 1514.

Il existe un contrat de vente et d'aliénation du 18 août 1600, de la châtellenie et baronnie de Nontron, appartenances et dépendances, sises en Périgord, dépendant de la vicomté de Limoges, par les commissaires, députés du roi pour vendre et aliéner ledit bien, pour et au nom dudit roi et de Madame sa seur unique, au profit de messire Charles-Hélie de Coullonge de Pellegrue, chevalier de l'ordre du Roi, sieur de Bourdeix, Piégut et Soumissac, comme dernier enchérisseur.

Par acte du 4 février 1612, Antoine de La Rochefoucauld promit à M. de Coullonge, chevalier, sieur de Bourdeix, baron de Nontron, de réunir à sa baronnie les deux paroisses de SaintMartial et Saint-Pardoux-la-Rivière, comme faisant partie de ladite baronnie, laquelle en entier est mouvante et tenue en fief et hommage dudit sieur évêque à cause de son évêché.

Le 30 septembre 1614, par arrêt du grand Conseil, le sieur de Coullonge fut condamné à payer à l'évêque les droits de lods et ventes de l'acquisition par lui faite de la terre et baronnie de Nontron, et à en rendre foi et hommage.

(Revue nobiliaire héraldique et biographique, 1865)

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Testament du prieur de Bussière-Badil

Testament pour révérend Père en Dieu monseigneur de Dalon.

En nom de la Sainte trinité, le père le fils et le Saint esprit, amen. Comme soit ainsi que fragilité humaine aucunes fois empêche et trouble par la cogitation de la mort qu'on ne puisse duement pourvoir aux choses qui sont et que l'on doit faire, pour ce le souverain remaide est qu'un chacun ordonne et dispose de ses biens et effets quand le jugement de raison est à vigueur, et pour ce Jean Elie de Colonges, prêtre, prothonotaire du Saint Siège apostolique, abbé commendataire des vénérables abbayes de Dalon, ordre de Citeaux, diocèze de Limoges, de Tourtoirat, ordre de Saint Benoît, diocèze de Périgueux, Prieur des prieurés conventuels de Busière-Badil du d. ordre de Saint-Benoit, diocèze du dit Limoges, de Saint-Maurice de Montbron, ordre de Cluny, duché et diocèze d'Angoumois, et chanoine prébandé cz églises du d. Angoulèmes et Limoges, Saint (sic) et en bon propos, par la Grâce de Dieu, de corps et de pensée, et en ma bonne santé et ferme mémoire étant, pensant et entendant n'être chose plus certaine que la mort et chose plus incertaine que l'heure d'icelle, et pour ce je voulant et connaissant, ou le bon plaisir de notre sauveur rédampteur Jésus, les darz d'icelle mort inévitable par disposition testamentaire prévenir et des choses et droits que Dieu m'a donné disposer et ordonner, à cette fin qu'à l'occasion d'iceux entre mais parens, afins et autres personnes quelconques aucune matière de question, contreverse ou litige soient mus après mon décès, et à cette fin que je n'aille de cette vie à l'autre sans testament faire, présence de lez notaire public, témoins dessous écrits, à ce spécialement appellé et prié, fait, ordonne et dispose mon testament dernier nuncupatif et ma dernière volonté en la forme et manière que s'ensuit.

Et premièrement moy du signe vénérable de la Sainte Croix, signé en disant au nom du père, du fils et de Saint Esprit, amen, et comme ainsy soit que l'âme soit à préférer au corps, pour ce ma d. âme recommandée à notre souverain créateur rédempteur notre Seigneur Jésus-Christ et la très prétieuse glorieuse Vierge Marie, à Monseigneur saint Michel Arcange et aux Seigneurs saint Jean Baptiste, saint Pierre, saint Paul, saint Jacques et tous les saints et saintes de la gloire éternelle du Paradis ; après, tout corps catholique doit être donné à sépulture écclésiastique, et pour ce à mon corps, quand plairâ à Dieu que j'aille de ce monde en l'autre et mon âme de mon corps sera séparée, eslis sépulture et veux qu'il soit inhumé en l'église du dit lieu de Bussière-Badil, par devant l'autel de Notre Dame que nouvellement j'ay commencé à faire faire.

2 Item. — Je veut, commande et ordonne que le jour de la sépulture et enterrement de mon corps soit appellé, convoqué et assemblé le nombre de cinq cents prêtres, chanter messe au nom et révérance des cinq principales playes que notre sauveur et rédempteur souffrit quand fut crucifié et prit mort et passion ; lesquels prêtres ayant à prier Dieu pour le salut et remède de mon âme et de parents, amis et bienfaiteurs trépassez, et que chacun des d. prêtres soient ordonnez à payer trois sols tournois.

3 Item. — Je veut et ordonne que le jour de l'enterrement et sépulture de mon corps soit donné et distribuez pour Dieu en aumones aux pauvres de Dieu telles affluence de pain de vingt septiers de Beld, et aussy aux assistans soit donné un liard jusques à la somme de trente livres tournois en honneur des trente deniers que notre sauveur rédempteur fut vendu, et chacun cinq deniers aux pauvres là ou sera plus besoin et mettre en honneur des cinq principales playe que notre sauveur rédempteur souffrit en l'arbre de la croix, et jusques à la somme de dix livres tournois.

4 Item. — Je veut et ordonne que le jour de la quinzaine ou quarantaine après ce que mon dit corps sera en sépulture en la d. église de Bussière-Badit soint covoquez sept cent prêtres en honneur et révérance des sept joyes que la glo- rieuse vierge Marie eut quand elle eut conçut notre Rédempteur Jésus, son cher enfant, et que au d. jour soit donné et distribué pour Dieu en aumône aux pauvres de Dieu autant de blé et d'argent comme le d. jour de mon d. enterrement aux assistans le d. jour au service qui se ferat en la d. église du d. Bussière-Badit, et à chacun des d. prêtres trois sols.

5 Item. — Je veut et ordonne que à la fin et chet de l'an après que mon dit corps aura été rendu à sépulture, soient appellé et covoquez treize cents prêtres au nom et révérance des benoits saints treize apôtres de notre seigneur et à chacun des d. prêtres soit donné et payé la somme de trois sols tournoins ; et aussy soit distribué pour Dieu en aumônes aux pauvres de Dieu et aux d. affluants et assistans au service de l'église pareille quantité de bled et somme d'argent comme j'ay ordonné que soit donné et distribué le jour de l'enterrement et sépulture de mon corps, et en même et pareille façon et manière, et le pain de vingt septiers de blé, en liards jusques à la somme de trente livres, et en petit blanc dix livres tournois, à chacun des d. trois services.

6 Item. — Je veut et ordonne que à chacun des d. jours, scavoir en l'enterrement de mon d. corps, de la quinzaine ou quarantaine et de la fin et chet de l'an après ce que mon d. corps aura été en sépulture, soient faites treize torches de cire, et aussy vétus treize pauvres de drap de deuil, auxquels soient baillées les d. torches pour ycelles tenir tant comme le service de l'église durera, et veut que à chacune des d. torches soit attaché l'écu pain des armes que je dois porter, et vingt livres de cire ouvrée en chandelles à chacun des d. trois services.

7 Item. — Aussy j'ay ordonné que sur la tombe de ma sépulture soit mis un paly de drap de velours noirs, avec une croix de damas blanc, et un bénitier de métail, lequel pali je veut qu'il demeure un an entier sur ma dite tombe et sépulture et le d. an finit et achevé soit couvert le d. drap du d. paly et ouvré en chapes ou chasubles pour le service de l'église de Bussière, et le bénitier soit et demeure perpétuel sur la sépulture de mon dit corps.

8 Item. — Je veut et ordonne et commende que tous les jours durant le cours d'un an entier après que mon d. corps serat enteré en la d. église de Bussière Badit, pour le salut et redemption de mon âme et de mais feûs parens, amis et bienfacteurs trepassez, soient célébrées trois messes par trois prêtres en honneur et reverance de la sainte trinité avec le responsoire de ne rscorderis peccata mea domine, et avec une oraison en tel cas accoutumée être ditte sur ma d. sépulture après ce que les dittes messes seront dites et aussy tous les jours vigiles, lesquelles messes l'une soit dite en haute, avec diacre et sous diacre et les autres deux en secret, et tous les jours l'une des d. messes soient chantés des trépassez et les autres deux le jour du dimanche, l'une de la dominique s'il n'est fêtes, le lundy, l'une de Saint Michel, le mardy de monseigneur Saint Jean Baptiste le mécredy et samedy l'une de notre dame, le Jeudy du Saint Esprit et le vendredy l'une de Passion, et la tierce soit célébrée à la dévotion du prêtre qui la devra dire, et aussy seront tenus les d. prêtres qui diront la d. messe tous les jours, et au soir (?) aller sur la sépulture de mon corps et aller dire chacun un requies quand in passen pour le salut de mon âme ; et veut et ordonne pour ce que dit est dessus faire et accomplir, aux d. prêtres soit donné et payé la somme de cent livres tournois une fois payée de mes biens pour mon héritier universel cy dessous écrit ; Seavoir et le premier jour du dit an cinquante livres, et les autres cinquante livres, restans des d. cent livres tournois, au milieu de la d. année du d. an de la sépulture et enterrement de mon dit corps ; et aussy veut et ordonne que tous les jours du d. an soit donné pour Dieu en honneur de la Benoite Trinité trois liards, et en outre soient donnez tous les jours de vendredy du d. an aux pauvres trente deniers que Notre Seigneur fut vendu, et tous les jours des fêtes de Notre-Dame sept deniers en honneur des sept joyes que la Vierge Marie eut quand elle eut conçu son cher enfant ; et tous les jours des fêtes des trépassez apôtres de Notre Seigneur et à l'honneur d'iceux treize deniers, en ce nom (sic) compris les trois liards dessus dits que j'ay dessus ordonné tous les jours en honneur de la Sainte Trinité.

9 Item. — Plus je testateur susdit veut et ordonne qu'aux louanges de Dieu et de sa Benoite glorieuse mère la vierge Marie tous les samedi de l'an dessus dit, après que mon corps sera mis en terre, soit sonné la grosse cloche du d. Bussière par tams compétans, et après ce qu'elle cessera de sonner soit dit et chanté par les religieux ou-prêtres du d. Bussière, devant l'image de notre dame Salve regina jusques à la fin avec les suffrages et oraisons de Concede nos famulos tuos, et qu'il soit donné et payé de mes d. biens à celuy qui fera sonner ou sonnera la d. cloche par un chaqu'un des d. samedy un liard vallant trois deniers et à chacun prêtre qui chanteront au dict Salve deux deniers tournois ; et qu'il soit donné et distribué aux pauvres pour chacun de d. samedys en honneur et louange d'icelle vierge Marie et de son chapellet que l'on dit pour et en honneur d'elle, trente deniers tournois par mon d. héritier universel, et à ses futurs successeurs, qu'il fasse ou fasse faire à perpétuité le contenu du présent article et payer à ceux qui feront ce que dessus j'ay ordonné être payé, sy faire bonnement peut se en la faculté de mes d. biens les peut porter, ou sy je ne l'ai fait paravant mon décez, chose pour ce que je dis et faire et accomplir.

10 Item. — Je veut et ordonne qu'après mon décès et trépasse sy le cas était que je ne l'aye fait ma vie durant, que à perpétuité soient fondées cinq chapelles et viccairies perpétuelles, par les vicaires desquelles soient dites et célébrées toutes les semaines es autels esquels les d. viccairies seront fondées et ordonnées par le salut de mon âme et de mes parens, amys et biensfacteurs trépassez, chacun des messes ; desquelles chapelles et viccairies perpétuelles, je veut que les quatres d'icelles soient fondées en l'église de Bussière, scavoir : est l'une d'icelle en l'autel de Notre Dame, la seconde en l'autel monseigneur saint Jean Baptiste, la tierce en l'autel monsg. Saint Jacques et la quatrième en l'autel madame Sainte Catherine ; et pour la fondation desquelles je veut que soit assigné de mes biens à un chacun des d. vicaires d'icelles dix septiers de bled froment mesure de Bussière, trois livres tournois en argent et trois gelines de annuelle et perpétuelle rente ; et la cinquième chapelle dicelles je veut que soit en l'église de Pluviers, diocèse de Limoges, en l'autel pardevant lequel est enterrée madame ma feue mère ma dame Yzabeaud de la Groublée, dame de Piégu et du Bourdeix ; et pour la fondation de laquelle dès maintenans je donne au vicaire qui la servira deux pièces de pred, que j'ay acquises du feu sieur de la Grelière, l'un desquels prés est assis sous la fontaine du d. Pluviers, l'autre au-dessus là d. fontaine, et certains valons, pescheries et bois chateigner tenant et joignant et certains bois appartenans au curé du d. Pluviers, et plus trente sols de rente perpétuelle que j'ay acquis du feu sieur de Beaulieu sur des tenanciers du village de la Coulerarie, et plus de trois septiers de blé, sept sols six deniers tournois et deux gélines, le tout de rente annuelle et perpetuelle que j'ay acquise sur le village de la Goulerarie de certains tenanciers du d. village nommé communivement de Pageas, de quoy les frères du d. de Pageas me sont obligez, et tout ainsi qu'il est contenu par les lettres sur les acquisitions faites par Me Thibeau Le Reclus, notaire ; et plus deux septiers de blé froment et vingt sols tournois de rente perpétuelle sur les rentes que honnete femme Ysabeau Viroulaud a acquises de monsieur de la Chouffie en la paroisse de Pluviers, et prie la d. Viroullaud qu'elle y consente ; et veut et ordonne que toutes fois et quantes que les d. chapelles vacqueront et defaudront de viccaire, que la présentation d'icelle vienne et apartienne à mon héritie universel dessous écrit et aux siens decendans de lui, de mon nom, de mes armes, et l'institution au prieur de Bussière Badit.

11 Item. — Plus veut et ordonne et par manière de légat veut que soit donné de mes d. biens à l'église dessus d. de • Bussière Badit trois garnitures et vêtements capelle de soye, l'une desquelles chapelle et vétemens soit de couleur noire, l'autre blance et l'autre de couleur rouge, chacune d'icelles garnies de chasubles, chapes et Courtibaux et mon calice d'argent doré et deux canetes d'argent, mon michel de parchemin, ensenble une robe de soye pour l'image de Notre Dame d. Bussière de drap de soye, l'une de fleur drap d'or ou d'argent, et le tout je veut que soit fat, accompli parravant que je soit décédé.

12 Item. — Je testateur dessus dit donne, et par manière de légat délaisse au curé, viccaire perpétuel de l'église du d. Bussière-Bad. cinq sols tournois de rente perpétuelle que désaprésent j'ay assigné au d. viccaire ou curé être pris et levé sur ce que j'ay acquis des Petiots de Limoges sur certains héritages ; lesquels héritages les hoirs de feu Jean joyeux du d. bourg de Bussière tiennent et possèdent au présent, et sont assis les d. héritages au bourg du d. Bussière, et ce pour et afin que le d. curé ou viccaire soient tenus à perpétuité faire commémoration pour le salut de mon âme et de mes feu parens tous les dimanches perpétuellement en la révérance généale accoutumée être faite en l'église de Bussière Badit.

13 Item. — Je donne et par manière de légat, et veut que soit donné et payé aux couvents des frères mineurs de Montignat-le-Comte afin que les frères du d. couvent soient tenus prier Dieu pour le salut de mon âme et de mes feus parens, amis et bienfacteurs trepassez la somme de cinquante livres tournois une fois payé de mes biens par mais (sic) héritier universel dessous écrit.

14 Item. — Aux frères mineur du couvent de Nontron la somme de cent sols tournois une fois payée.

15 Item. — Aussy au couvent des frères Jacobins de Saint-Junien, des Augustins de Villebois et des Carmes de la Rochefoucat, à chacun des d. couvents la somme de cinquante sols une fois payée.

16 Item. — Je donne par manière de légat et veut que soit donné au couvent de l'église de Dalon (58) la somme de cinquante livres tournois une fois payée de mes biens, et ce pour et afin que les religieux de la d. église et monastère de Dalon soient tenus tous les jours d'un an après mon décès cite une messe en haute et avec un Libera à la fin de la messe pour le salut de mon ame et de mes di feus parens, amis et bienfacteurs trepassez.

17 Item. — Aussy aux. religieux de l'abbaye de Tourtoirac la somme de cinquante livres tournois une fois payée afin que les d. religieux soient tenus de dire et célébrer une messe tous les jours d'un an après mon décès en aute avec un Libera à la fin de la d. messe pour le salut de mon âme et de mes feus parens et amis trepassez, par mon héritier universel dessous écrit 18 Item. — Je donne et lègue aux curés ou viccaires perpétuel de l'église de Saint Maurice de Montbron, de Feuillade et de Teijat, et ce pour et afin que les d. curés ou viccaires soient tenus à perpétuité de faire tous les dimanches à l'heure des prières générales accoutumées être faites en l'église , commémoration pour le salut de mon âme et des mes d. feus parens, amis et trépassés, une absolution, et chacun d'iceux, trois sols tournois de rente perpétuelle, et aussy donne une chasuble de soye à une chacune des églises une fois payée par mon d. héritier universel, sy je ne l'ai fait avant mon décès.

19 Item. — Je donne par forme et manière de légat, et veut que soit donné et distribué de mes biens aux pauvres filles à marier et expressement des d. paroisses de Bussière, de Feuillade et de Teyjat, et à celles que à mes exécuteurs cy dessous nommés mieux en charité verront et sera connu que doit être donné et distribué, la somme de cent livres tournois une fois payée de mes d. biens par mon héritier universel dessous écrit.

20 Item. — Je veut et ordonne que de mes sus d. biens soit donné et distribué par mes d. exécuteurs dessous écrit aux pauvres ladres la somme de 5 l. tour. (nois) une fois payée.

21 Item. — Je testateur dessus d. de mes autres biens par manière de légat je donne et délaisse par droit d'institution particulière et droit héréditaire à Andrée, Jeanne et Hélie de Colonges damoiselles, mes sœurs, et aussi aux hoirs de feu Jeanne Hélie de Colonges ma sœur au tems qu'elle vivait, scavoir et à chacune d'icelle André, et Jeanne Elie de Colonges damoiselle, mes d. sœurs, la somme de cent livres tournois une fois payée de mes d. biens, et aux hoirs de la d. Jeanne Elie conjointement la somme d'autres cent livres tournois par iceux conjointement par égales portions, icelle levée et payée de mes d. biens ; en laquelle somme de mes d. biens à une chacune des mes d. sœurs dessus donnée et léguée de cent livres aux hoirs de la d. feu Jeanne Elie de Colonges, aussy par manière de légat donnée et délaissée les d. Andrée, Jeanne Elie de Colonges mes d. sœurs et les hoirs de la d. feu Jeanne Elie de Colonges, Je fait et institue un héritier particulier, voulant et ordonnant que, avec que les d. légats que à chacune d'icelles et d'iceux J'ay ordonné, elles et hoirs soient et doivent être contens de tous et chacuns mais (sic) biens, en quelle façon et manière que aucune de mes d. sœurs et hoirs de la d. feue Jeanne Hélie de Colonges en mes d. biens ne puissent autre chose demander ne percevoir par droit de légitime ni autre droit que puisse être.

22 Item. — Je donne et par manière de légat je délaisse de mes d. biens et par droit d'institution héréditaire à maitre Goulfier Elie de Colonges mon frère, cent livres tournois une fois payée; et avec la d. somme de cent livres tournois veut et ordonne le d. maitre Goulfier Elie être content de tous et un chacun mes d. biens choses et droits, en telle manière quand (68) iceux il ne puisse autre chose demander ni avoir par droit de légitime ni autre droit quelconque.

23 Item. — Je testateur dessus d. voyant et schachant noble homme Guy Elie de Colonges, mon frère, seigr. d'Etouars, ayant plusieurs grands afaires, et icelui être chargé de femme et d'anfans, par ces causes et à ce même mouvement, lui done et lègue par forme et manière de légat et institutions héréditaire, revient, quitte et délaisse aud. Guy mon frère la somme de six cent livres tournois qu'il me doit et que je lui ay prétée pour marier les sœurs de sa femme, et lesquelles six cent livres le d. Guy m'a assigné par moy être levée sur les villages de Chaufourd, de Bosbernard et des Champs, le tout en la terre et seigneurie du Bourdeix, et deux cent écus que lui envoyat par feu Me Audoyer, sieur de Moncheuil,. et la somme de trois cent livres tournois que lui envoya par feu messire Jean Vincent, prêtre, quand il maria sa fille avec Monsieur de Bourzac et outre plus, tout l'argent que j'ai payé et pour lui fourni pour le mariage de ses sœurs et des miennes ; et outre ce que dit est, je donne au d. Guy Elie de Colonges mon d. frère la somme de cent livres tournois une fois payée de mes biens, et avec les choses dessus d. en la forme que dit est, au d. Guy de Colonges mon d. frère par manière de légat délaissé, quitté et renvoyé icelui d. Gui Elie de Colonges mon d. frère je fai et institue mon et de mes biens dessus héritier particulies, et veut et ordonne que autre chose de présent ni par le tems avenir il ne puisse demander, prétendre, avoir ni percevoir de mes d. biens ne acquets par droit de légitime ni par quelque autre droit que ce soit.

24. Item — Moyennant les choses dessus d. par droit d'institution aux d. André, Jeanne, Guy et monsieur Goulfier Elie de Colonges mes d. frères et sœurs et aux hoirs de lad. feue Jeanne Helie de Colonges ma d. sœur au temps qu'elle vivait ne autres quelconques ne puissent ne doivent avoir ni demander aucune aultre choses en mes d. biens ne argent dettes et meubles, ni argent immeubles ; et s'ils faisaient le contraire, au d. cas je veut et ordonne qu'ils et chacun d'eux faisant et venant contre mon ordonnance et vouloir, soient privés et déboutés des choses à iceux baillées et par manière de légat ét institution délaissez.

25 Item. — Je testateur dessus dit donne et lègue par droit d'institution particulière, délaisse à feu Antoine de Saint Gelais, chevalier, mon feu neveu en son vivant seigr. de Maumont, la somme de cinq cent livres tournois sur ce qu'il peut me devoir et ce en outre la part que lui peut competer et apartenir de la somme que cy-dessus lui donne aussy par droit d'institution comme hérit. de la d. feue Jeanne Elie de Colonges sa mère et ma sœur ; et le surplus qui mé3 (sic) due outre les cinq cent livres, je veut qu'il soit payé et baillé à mon héritier universel cy-dessous écrit, pour aider à accomplir mon d. testament.

26 Item. — Je donne et par manière de légat, je veut que soit donné et payé chacun an à François de Colonges, bâtard d'Antoine de Colonges, chevalier, mon feu frère, en son vivant seigneur de Chabrignac, la somme de cinquante livres tournois de mes d. biens durant sa vie, pour le nourrir et entretenir aux écoles jusques à ce qu'il soit pourvu d'un bénéfice de la d. valeur et plus grande.

27 Item. — Je testateur sus d. donne, quitte et délaisse par manière de légat aux enfans mâles de Margueritte de Colonges, fille de Isabeaud Viroulaud, femme épouse de messire Pierre Dumas, enquêteur pour le Roy en Périgord tout ce que la d. Marguerite et le d. Dumas conjoints me doivent et me pourraient être tenus en quelque forme et manière de que ce soit et les en quitte, et veut et ordonne que mon hér. universel dessous écrit ne leur en puisse aucune chose demander.

28 Item. — Je testateur sus d. donne, remet, quitte et délaisse par manière de légat à Françoise de Colonges, fille de la d. Hisabeaud Viroulaud, et femme épouse de messire Guillaume le Conte, procureur général en la cour de parlement de Bordeaux pour se nourrir et entretenir pendant sa vie, tout ce que la d. Françoise et le d. Compte sond. mary me pourroient devoir et être tenus tant à cause d'argent prété pour avoir l'office de prcr général qu'autrement, et veut et ordonne que mon d. héritier ne leur en puisse aucune chose demander ; et après le décés de la d. Françoise je le donne par manière de légat des à présent aux enfans mâles d'elle décendus, et au défaut d'enfans mâles aux filles d'eux descendues.

29 Item. — Je donne et par manière de légat veut qu'il soit donné et payé à Louise de Colonges fille de la d. Viroulaud, femme de noble homme Jean de Livienne seigr du Deffant de la parR" de Fontenille, la somme de cent livres tournois que Mrs de Saint-Cibard et M" école d'Angoulème me doivent tous deux à cause de prêt ; et ce pour avoir une chaine d'or jusques à cinquante livres tournois, et une autre chaîne jusques à cinq écus ; et ce est au cas que la d. Louise de Colonges ne puisse recouvrer les d. cent livres tournois des d. seigneurs de Saint Cibard et M" Ecole, je lui donne la d. somme de cent livres tournois sur les dimes de Bouit que la d. Hisabeaud Viroulaud a acquis de messieurs du d. Bouit et je la prie qu'elle y consente, et le reste des d. cent livres tournois outre les d. chaines sera pour faire aider à faire faire le colombier du lieu du d. Deffant.

30 Item. — Je donne et par manière de légat je veut qu'il soit donné et payé à Margot de Colonges, fille de la d. Viroulaud, pour la nouriture de la d. Margot et pour icelle marier, la somme de mille écus une fois payée, et une chaîne d'ort jusques à la somme de cinq écus, et icelle abillée comme ont été les autres ces sœurs quand ce marriera ; de mes biens, par mon héritier universel dessous écrit, ou bien les lui assigner dès à présent, lever, prendre et percevoir sur la seigneurie de Monteyrollet ou sur la grange de Rufée, sy je ne l'avait fait avant mon décès.

31 Item. — Je donne et par manière de légat quitte, délaisse et transporte à Léonarde d. Narde Bayère pauvre femme veuve, pour les agréables services qu'elle m'a fait et fait de jour en jour et que j'espère qu'elle fera à l'avenir, de la preuve desquels je la relève, tant que besoin seroit et m'en contente, c'est à savoir tous et chacun les acquets et tout ce que j'ay acquis en la paroisse de Bussière et d'Ecuras, sauf et réservé les rentes des Petiots de Limoges que j'ay acquis et lesquelles j'ay données à l'église de Bussière Badil, et outre je lui donne et veut qu'il lui soit payé chacun an pour sa nourriture et entretient, tant qu'elle sera en demeure avec la d. Viroulaud sa fille, vingt septiers de blé froment et moitié seigle et dix livres tournois en argent par mon hér. de mes d. biens.

32 Item. — Je donne et par manière de l.égat je veut qu'il soit donné et payé à Hisabaud Viroulaud de mes d. biens chacun an durant sa vie par mon d. héritier la somme et quantité de cent septiers de bled froment, moitié seigle, et vingt cinq livres tournois en argent, que je lui assigne dès à présent lever et prendre sur la terre et seigneurie de Maisonneix que par cy devant j'ay acquis de François de Rochechoird et de feu demoiselle Jacquette de la Rochefoucaud, et deux tonneaux de vin que je lui assigne lever et prendre sur la dime de Pressac que j'ay acquis de Monsieur Villard ou bien sur les dimes de Saint-Robert que j'ay acquises de M. de St-Bonnet au choix de la d. Viroulaud, pour se nourrir, alimenter et entretenir, prier Dieu, se bien gouverner, et ce pour les agréables services qu'elle m'a fait en mes nécessités, de la preuve desquels je la relève par tant que besoin seroit, desquels services je me contente, et en outre je confirme, aprouve et ay agréable tous et chacun les contrats de transaction et autres contrats faits et passez enre la d. Viroulaud et moy à cause de la maison noble de Belleville et ses apartenances, scituées en la paroisse de Feuillade, que aussi des rentes que j'ay par cy devant acquis en la châtelenie de Marthon et paroisse de Feuillade, que autres contrats fait et passez entre elle et moy.

33 Item. — Je testateur sus d. lègue et par manière de légat veut qu'il soit donné et par manière de légat aux églises et bénéfices que j'ay possédez et tiens, pour faire et convertir en chapelle, chasubles et autres vétemens et ornement d'église et au service de Dieu le créateur, de la Benoite glorieuse vierge Marie sa très douce et prétieuse mère, et de tous les Benoits Saint et Sainte du paradis, après ce que je seray allé de ce monde en l'autre, toutes et chacunes mes robes et vêtemens de soye par icelles être données et distribuées aux églises et benefices sus dits par mes exécuteurs cy après nommés, à l'une des église plus, à l'autre moins, selon que plus besoin sera eu que agréé sera par mes d. exécuteurs que faire conviendra jouxtes et selon que plus sera nécessaire aux d. églises ; et aussy les chapelles et drap de soye qui sont dans mes coffres, et sy je ne les ay donné avant mon décès.

34 Item. — En outre je testateur sus d. donne et lègue par forme et manière de légat veut que soit donné par mon hér. universel cy dessous écrit de mes biens à Messieurs Martial, François, Jean et Louis de Colonges frères, scavoir et au d. Martial cent livres tournois de rente annuelle et perpétuelle : en advénement que le d. Martial eut procès au tems à venir au prieuré de Bussière Badit, je veut et ordonne qu'il soit baillé au d. Martial par mon d. héritier autres cent livres tournois chacun an, pour poursuivre le d. prieuré sy aucun y yen a, jusques à ce que les procès sera fixé ; au d. François cent livres tournois de rente perpétuelle : au d. Jean, cinq livres tournois de rente perpétuelle, ou bien l'acquit que j'ay fait de Puigoufier en Périgord, et au d. Louis autre cent livres tournois de rente perpétuelle, jusque à ce qu'il soit pourvu d'un bénéfice de cent écus, et ce pour le nourrir, ali- menter et entretenir, et en faire et disposer perpétuellement à leur plaisir et volonté ; et au deffaut de ce qu'ils deffailent l'un des d. Martial, François, Jean et Louis de Colonges frères, j'ay substitué et substitue les survivants aux survivans au décès au décès [sic] des d. Martial, François, Jean et Louis de Colonges frères susd.

35 Item. — Et en tous et chacuns mes autres biens, chose, droit, devoirs, dettes, acquets et recouvrances, "meubles, immeubles, et par eux mouvants quelconques, et en quelconques lieu de droit ou pouvoir que les d. biens, choses, droits, devoirs, devoirs, acquetts, dètes, conquet et recouvrance soient situez, et assis, de quelque nom qu'ils soient dit et nommé ou censez présent et avenir, je testateur dessus d. fait et justifie et de ma propre bouche nomme mon héritier universel et pour tout, messire Pierre Elie de Colonges, chevalier, seigneur de Colonges et Puirefant, sur lequel aussy mon d. frère et héritier j'ordonne, mande et commande être payé tous les et un chacun les légats et distributions par moy dessus fait et ordonnez aux lieux et personnes qu'il appariiendrat et seront dûs, et aussy. mes dettes et forfaits, sy aucuns après mon décès, après duement que soient dûs - ,et que je soit tenus.

[36]. — Et à cette fin que ma présente ordonnance et de mes biens, droits, devoirs, acquêts, dettes et recouvrances cy dessus disposés soient mieux, plutôt et plus parfaitement mise en exécution au salut et remède de mon âme, de cetuy mon dernier testament conservateurs nobles et puissant seigneur François d'Ecards, seigneur de Varaigne et de Lavauyon, Raimond de Bard, seigr de Puimaraix, de Cornil et de Bar, Monsieur l'abbé de Saint-Chemans, doyen de Canenas (?) ; Jean de Jean de [sic] Liverme, seigr du Deffant ; honorable homme et sage Me Guillaume le Conte, procureur général pour le roy en la cour du parlement de Bordeaux ; Pierre Dumas enquêteur pour le roy à Périgueux ; Mre André Lavoix prêtre ; et en absence du d. noble et puissant Raymond de Bar, et en son lieu messire Jean de Bard, son fils, prévôt de Saint-Roubert auxquels mes exécuteurs et à un chacun d'eux, ou deux d'iceux je testateur sus d. donne, octroye et concède puissance, licence et autorité de prendre, vendre et détruire de mes d. biens choses et droits comme il sera mérité et métier faire, et pour payer et faire satisfaire tous les légats et distributs dessus d., et iceux tous et un chacun payer et satisfaire aux lieux et personnes qu'il appartiendrat et seront dus, la licence de mon d. héritier universel, et autre personne du Conseil quelconques non demandée, requise ou obtenue, et délivrant et déchargent mes d. exécuteurs, et chacun d'eux de faction et comfaction d'inventaire et reddition de compte à mon d. héritier ne autres personnes quelconques, à iceux que pleine fois soit donnée aux papiers et livres d'iceux, et des mises qu'ils feront soient en aucune manière au tems avenir, s'ils étaient contraints de rendre conte aucun, au raison de leur exécution ; lequel cas advenant, je testateur dessus d. donne et par manière de légat cedde et delaisse à mes exécuteurs tout ce en quoy il aparaitra iceux de mes exécuteurs, pour raison de ce que d. est, demeurer et être débiteurs et tenus ; et s'il advient aucun ou anciens de mes d. exécuteurs avant moy auparavant l'exécution de mon d. testament, mourrir et aller de ce ciècle en l'autre, ce nonostant je veut et ordonne que les autres ou autres ou deux d'iceux seul pour le tout mettent et devident toutes et chacune les choses desus d. à due exécution, et supplée et requiert à tous qu'il apartiendrat qu'ils ayent à donner foy à cetuy mien présent testament nuncupatif comme et duement et légitimement nuncupatif et ma volonté et disposition dernière, laquel et lesquelles je veut mande et commande valoir par droit de dernier testament nuncupatif ; et s'il ne valoit par droit de testament, je veut qu'il vaille et tienne par droit de codiccile et aussy par droit de toute autre dernière volonté et par tout et chacun autre droit, voye, matière et forme par lesquels mieux, plus parfaitement et imparfaitement de droit d'usage ou de coutume valoir et tenir pourra et devra ; et sy autres fois j'ay fait ou ordonné testament ou testaments, codiccile, codicciles donnation ou donnations par cause de mort ou autres quelconques de dernière volonté, iceux, icelles je casse, enfrains, révoque de tout en tout et annulle, et doresnavant veut qu'il soit de nulle valeur efficace et vertu, celui cy seul mon présent dernier testament nuncupatif et cette dernière mienne volonté et disposition dernière en ses forces, fermetés, eficace et vertu toujours et perpétuellement durans et demeurans, en priant et requérant vous dessous nommés que icy êtes présents et lesquels pour les choses dessus écrite j'ay fait appeller convoquer, que des choses cy dessus d. tous et chacuns en tems et lieu quand metier sera, soyez rememorans et témoins ; prié aussy toy, Léonard Lajamme, notaire public commissaire juré et exécuteur de la cour du scel authentique établi aux contrats en la viconté de Limoges pour très haut et excellent prince monseigr le vicomte du d. viconté de Limoges, comme commune et personne puplique [sic] que toutes et chacunes des choses dessus d. à un chacun qu'il appartiendrat fassiez bailler et faire bailler puissiez et doiniez instrument et lettres efficaces que puissent être dictées, corrigés, réfectes (?) méliorées, amender en ajoutans les additions et clauses de droit nécessaires en étant et réséquant les superflues sy aucune sont, icelles produites en jugement, ou non produites et paravant ou après la contestation de la cause, une fois ou plusieurs fois et jusques à ce que un jugement et dehors obtiennent pleine force au sens ordonnance et conseil d'un ou plusieurs et droits, la substance du fait toutefois non muée ni changée en chacune chose, et prie et suplie humblement et requis à vénérable et scientifique personne monsieur le garde du scel authentique duquel on use aux contrats en la d. viconté de Limoges pour très haut et excellent prince mon d. seigneur le viconte du d. viconté, que le d. scel qu'il garde soit son plaisir de mettre et aposer en celui mon dernier testament nuncupatif ferme volonté et disposition dernière, et force, gariment (lOg) fermeté et témoignage de toutes et chacune les choses dessus d. Et nous garde du d. scel. de notre Amé Léonard La Jamme, clerc commissaire juré et exécuteur de la cour du d. scel dessous écrit, pardevant lequel toutes et chacune les choses dessus d.

ont été faites et ordonnées, et par icelui au lieu de nous receues, comme le d. Léonard La jamme notre commissaire juré nous a fait scavoir par la teneur de ses présentes lettres de sa main propre écrite et signées, en foy, témoignage, force, gariment de toutes et chacunes les choses dessud, le d. scel que nous gardons à celui présent testament ou lettres avons mis et aposé en foy et témoignages de vérité de toutes et chacune les choses dessus d.

Et moy, Léonard La Jamme, clerc, nre public commre et juré de la cour du scel sus d. sous écrit, avec noble vénérable et discrète personne frère prieur de la Sédière, prieur de Bar ; Guillaume Vigier, écuyer, sieur de La Mote prez Feuillade, diocèse d'Angoulême, Jean Périer, écuyer, sieur de la Basterie, messieurs Martial Fillon, André Bourbon, curé de Juillé, Pierre Dumare, curé de Bussière-Badil, et Jean Canyat prêtre, maître François de la Brousse, nore et praticien de Nontron, et Jean Sarlande Clerc, demeurant au lieu et bourg de Bussière-Badil et cetuy présent testament p. témoins par le d. testateur convoquez, oüis et apelé et toute et chac'unes les choses en les présentes lettres contenues par le d. testateur avec les dessus écrit témoins appelez et priez par un même contente (?) assisté présents et icelles choses ay vû et oui ainsi faites, et à la requette du dit testateur et a plus grande aparence de fermeté des d. choses, cetui présent testament de ma main propre feablement écrit de mon seing manuel en telles choses accoutumées faire et signer faites, condites, en la manière des sus d. par le d. lateur au dessus d. lieu de Bussière-Badil, en la maison du prieuré du d. lieu, et en la chambre du d. testateur, présent témoins ceux que dessus par le d. testateur appeliez et prins comme du est, le quatrième jour du mois de septembre l'an 1530, ainsi signé La jamme.

37 Item. — Et aud. Jean de Colonge aussy fils de la d. Viroulaud et légitimé par le d. seigneur, je donne et lègue la maison noble de Fretez par moy acquise deu seigr de Saint-Bonnet avec les cents, rentes, et revenus à icelle appartenans, appartenances et dépendances et dixmes de Saint-Robert ; aussi les dimes tant blé que vin, ou rentes par moy acquises de messire Jean du Buisson, seigr de Villac, en la parse de Perpezac ô Blanc et ailleurs ; aussy la maison noble de Puygoufier, assise en la paroisse de Saint-Crepinde-Mornoire, et autres biens par moy acquis de Roux Dubois, à la charge et condition que sur les d. biens au d. Jean légués je donne à Pierre et Raimond Dumas, enfans de Mre Pierre Dumas, enqueteur en Périgord, pour les entretenir aux écoles, la somme de cinquante livres tournois chacun an, laquelle somme je veut que se lève et paye sur les d. biens par le d. Jean et ses héritiers, jusques à ce que le d. Pierre et Raimond Dumas, ou l'un d'eux soient bénéficiés d'un bénéfice valant de revenu la somme de cent livres tournois ; et avec ce je fais le dit Jean mon héritier particulier et qu'il ne puisse aucune autre chose demander de mes d. biens.

Le nevième jour de juin 1651, au greffe de la sénéchaussée et siège présidial d'Angoulêmes, par moy greffier soussigné en iceluy, la copie de testament cydessus et des autres parts transcrite a été extraite, vidimée et collationnée à une grosse signée Lajamme, écrite en dix sept rolles de papier et en icelle et en vielle lettres ancienne, au bas du dernier rolle étant un peu déchirée et rompue, réquérant Me David Gautier comme procureur et ayant charge de Me Claude de Blanpignon prieur de Bussière-Badil et autres anexes ; le d. Vidimus fait par vertu de jugement rendu à l'audience par Monsieur le lieutenant général au d. siège intervenu en la cause où le d. Blanpignon est demandeur contre Antoine de Guiberry écuyer sieur de Molincourt, défendur, et pour ce voir faire Me Raimond Saulterot a été intimé au d. greffe par Jacques Plantinet commis du greffier en parlant à personne, qui a protesté d'icelui contredire en tems et lieu et à la d. grosse, représentée par le d. Gauthier, et à l'instant rendue aud. de Blanpignon, qui ont signé. Ainsi signé Gautier, Blanpignon et Dumerque, commis du greffe, et le receu est de 6 livres, 11 s. 1 d.

Note : Testament de Mgr Jean Hélie de Coulonges, protonotaire du Saint-Siège apostolique, abbé de Dalon et de Tourtoirac, prieur de Bussière-Badil et de Saint-Maurice-de-Montbron, seigneur de Belleville.

(Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1931)

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Certificat pour Pierre de Maillard de La Combe

Copie des états de service de Pierre de Maillard (1734-1786), chevalier, seigneur de La Combe, co-seigneur de Beaussac : « Charles-Juste de Beauveau, prince de l'Empire Romain, Grand d'Espagne de la première classe, Lieutenant Général des Armées du Roi, Chevalier de ses Ordres, Capitaine de ses Gardes, Gouverneur et Lieutenant Général du Pays et Comté de Provence, Marseille, Arles et terres adjacentes, marquis de Craon, baron de Lorquin, Saint-Georges, etc., etc., Gouverneur et Grand Bailli de Lunéville et Bar le Duc, etc., etc. Certifions que le sieur Pierre Maillard de La Combe reçu par le Roi Garde de son Corps, brigade de Montenay la 11 avril 1755, a servi avec honneur dans la compagnie que nous commandons, où il a fait les campagnes de 1761 et 1762, et qu'il s'est retiré suivant le congé et permission que nous lui avons accordé le 1er avril 1764, selon le pouvoir à nous donné par Sa Majesté. En foi de quoi nous lui avons fait expédier le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison. Fait à Versailles le 12 juin 1783. - Signé : le prince. »

Le 10 février 1779, il gagna son procès contre Jean-Baptiste de Gratereau, seigneur des Graulges, qui s'opposait à ce qu'il fasse peindre une litre funèbre dans l'église des Graulges.
Le 16 novembre 1780, il rendit hommage à Gabriel de Talleyrand, prince de Chalais, baron de Mareuil, pour son domaine de La Combe, paroisse de Beaussac, érigé en fief noble en 1607, sous le devoir d'un éperon doré. L'hommage précédent avait eu lieu le 7 novembre 1718.
Il épousa au château de Montcheuil (Saint-Martial-de-Valette), le 12 mars 1771, Madeleine-Radegonde-Henriette Moreau de Villejalet, fille de Jean-Thibault-Nicolas, chevalier, baron de Montcheuil, et de Marie-Philiberte de Marcillac d'Oradour.
Il mourut au château de La Combe le 19 novembre 1786.
De leur mariage naquirent :
1) Thibault, né à La Combe en 1775
Il épousa le 19 janvier 1799, sa cousine germaine Henriette-Radegonde Moreau de Montcheuil, fille de Nicolas, conseiller au Parlement de Bordeaux, et d'Anne-Alix de Loret.
2) Philiberte, née à La Combe en 1777.
Elle épousa le 4 septembre 1798, son cousin germain Guillaume-Jean-Goursaud de Merlis, fils de Jean Baptiste et de Radegonde Moreau de Villejalet.

Source : Archives du château de La Combe (Puyrenier) et Généalogies périgourdines (du comte de Saint-Saud).

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Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi

Il fallait être de noblesse de race, et le généalogiste ne devait pas donner son certificat lorsque la noblesse avait pris son principe dans l'exercice d'une charge, soit de robe, soit d'autres offices, ou dans une lettre d'anoblissement, à moins qu'elle n'ait été accordée pour services signalés rendus à l'État.

Sur chaque degré, il devait être produit trois titres, tels que : contrat de mariage, testament. Tous devaient être en originaux.

Pour être nommé à des sous-lieutenances dans les régiments, il fallait prouver, depuis l'ordonnance du 22 mai 1781, quatre degrés de noblesse. A l'effet de quoi, les parents devaient adresser au sieur Chérin, les titres originaux justificatifs.

Le généalogiste était commandeur des Ordres du roi, et, en cette qualité, il portait la croix du St Esprit suspendue par un ruban bleu sur le sein gauche.

C'est cette croix et ce ruban que nous voyons autour de l'écu sur l'ex-libris de Chérin.

Les papiers provenant des Chérin auxquels sont joints les pièces venant de Monsieur Beaujon et de Monsieur Berthier, sont réunis en 214 volumes in-folios, cotés Chérin 1 à 214 mss.fr.31.563 à 31.776, et un volume de correspondance de 142 feuillets (1778 - 1791) coté fr.33.263, qui font partie de l'ancien cabinet des titres et sont conservés au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale.

Les généalogies dressées par Bernard Chérin sont ex-trêmement bien faites, particulièrement sérieuses et documentées ; aussi rendent-elles de précieux services et sont-elles très appréciées des érudits.

Aussi, pour illustrer ce fait, je rapporte ci-dessous une généalogie qui permet d'entrer dans le travail de Bernard Chérin. Elle concerne la Famille Roumagière.

F. Roumagière (en intitulé dans la Collection Chérin)

Ref : 3586. Collection Chérin 179. FR 31741.

Vol 28 de Guyenne
Fol.0201
132.

Dressé fixe une procuration faite devant M. Perrot a sustitré par M. de Rousseffy en juin 1758.
de La Roumagière en Périgord seigneur de la Fillosie de Roncessy, Lesmoine, la Douge.

Armes : D'azur au chevron potencé et contre potencé d'or accompagné en chef de 2 losanges d'or et en pointe d'un lion de même.
N... épousa noble Blanche St Martin damoiselle dame de Roussaeillé qui ratifia le contrat de mariage de son fils Charles le 23 novembre 1509.
Noble homme Charles noble maistre de la Roumagière seigneur (messire) Jean du dit lieu de Roussalion et de Saint la Bloues en Périgord et de Molettes en Normandie épousa par partie,
passées au repaire maison noble de la Cypierre alias Filhousie paroisse de Thiviers le 19 novembre 1509 Françoise de la Fillosie. damoiselle fille mineure et héritière universelle de feu Jean de la Fillosie seigneur du repaire de la Cypierre et de marquise de Flemenche, damoiselle, sa veuve qui y autorisa par ces actes et s'engagea d'en faire ratifier les clauses par ses frères, signé Jean de Valle à la suite, la ratification des actes du 13 novembre suivant par les frères du futur époux, signé Valle, celle de la mère du futur.
Note : messire Jean de la Roumagière Botolonaire Notre Père le Pape et curé de Serces ratifia avec Guithen son frère, ces actes de mariage de Charles son autre frère le 13 novembre 1509.
(Délivré d'après les protocoles d’Aubert de Valle par Savannerie, notaire collationnaire le 25 avril 1553. Signé Savannerie).
Charles de la Romagère, écuyer, passa contrat avec Antoine Aymeriet devant Jabert, notaire, le 26 décembre 1513 et une transaction a vu Jean de Tardière devant Enaudet, notaire, le 3 février 1514, est qualifié dans cette transaction maître d'hostel du seigneur d'Albret.
Charles de la Romagière seigneur du dit lieu de la Fillosie, gouverneur du comté de Périgord pour Jean roy de Navarre, fut nommé par lettres de peines, dont il est dit aîné et conseiller daté Mévéal le 14 juillet 1314, pour assister en son nom à Mévéal des biens de damoiselle Charlotte de Bretagne sa tante, dame de Montrer, ces lettres signées Jehan et pret le reply par le roy, le conseiller chambellan, sénéchal de Limoges à côté de la Niton et Tullées.
Charles de la Romagière, seigneur du dit lieu et de la Fillosie, gouverneur des comtés de Périgord et vicomte de Limoges pour Alain sire d'Albert (père de Jean roy de Navarre) et son conseiller, fut nommé procureur de ce prince pour instituer des officiers dans plusieurs terres à lui adjuger par le parlement de Bordeaux par lettres datées Mévéal le 7 novembre suivant, signé Alain et fut le reply pour Monseigneur et feuillées Charles de la Romagière seigneur du dit lieu, aîné et conseiller du même Alain sire d'Albret Fut pour lui les offices de sa terre, ville et seigneurie de Chastus Cheviol, à lui adjuger par le parlement de Bordeaux par lettres datées Mévéal le dernier août 1518, signées et contre-signées et feuillées comme le précédent François Martin, Veuve de Charles de la Romagière, fit son testament en faveur de Pierre son fils devant Favaneau, notaire, le 14 may 1555.
Pierre de la Romagière, institué héritier de sa mère par son testament du 14 may 1555. Pierre de la Romagière et Berthoumine de Mouneires et Mouneis, sa femme, firent leurs testaments en faveur de Gaston leur fils les 3 janvier 1572 et le 17 février 1589.
Gaston de la Romagière est nommé au testament de son père le 3 janvier 1572.
Gaston de la Romagière, écuyer, seigneur de la Fillosie et chevalier de la terre et Châteleurie de Rouss... épousa par contrat passé devant François de Ponlais et Vallade, notaires royaux au Château de M. Marsaud de Vineron en Périgord le 16 juin 1577. Odette de Jussac de Marcelin, fille de Raymond de Jussac de Marcelin, écuyer, seigneur des Châtenies et juridiction du dit seigneur Martial de Bothelie d'Ambleville et de la Ferrière et de damoiselle Madeleine Jordain d'Ambleville qui lui donnèrent en dote 6000 l/tournois (expédition faite le 28 may 1599 par Jean Poullard, seigneur de Riberac et signa à lui par Guy Poullard, fils de François sur la requette de seigneur Gaston de la Romagière, écuyer et seigneur de la Fillosie et Roucessy et damoiselle Odette de Jussac sa femme. (Signé Poullard-Parech).
Damoiselle Odette de Jussac, veuve de feu Gaston de la Romagière, vivant, écuyer de Roucessy
et de la Fillosie assiste Pierre son fils par contrat.
Contrat de mariage du 18 avril 1607.
Gaston de la Romagière est nommé au testament de sa mère du 17 février 1589.
Pierre de la Romagière, écuyer seigneur de Roucessy et de la ville de la Fillosie, près et en la paroisse de St Thiviers en Périgord, épousa par contrat du 18 avril 1607, passé au repaire devant Renaud, notaire, et damoiselle Jeanne Arlot, fille de Jacques Arlot.
Écuyer, seigneur de Fiesne et de Valonge, habite au château de Fongie en la paroisse du dit lieu et de feu damoiselle Madeleine de Sumilhac, sa femme, y fut assisté de sa mère et elle de son père qui lui donna 2000 livres tournois de dote. Assisté de Sussac sa mère lui confirma la donation qu'elle lui avait faite auparavant suivant la permission à elle, donné par contrat de mariage avec son feu mary (grosse passée et signé du notaire). (Ce contrat insinu en le sénéchaussée de Périgord les 23 millièmes) soussigné du Chayne Comtit - Greffier).
Pierre de la Romagière, écuyer, seigneur de la Fillosie et de Roucessy, assista son fils René à son contrat de mariage du 19 janvier 1639, et y nomme sa femme Jéhanne de Fongie, c'est le nom du château du père de la dite Jéhanne.
Pierre de la Romagière et de Roucessy, épousa par contrat du 19 janvier 1639 passé au Château de la Roque du Pougère en Périgord, devant de Bazzy, notaire royal, Françoise de Beynac damoiselle de la Roque, fille de feu messire François de Beynac, chevalier, seigneur de la Roque, Jacques et dame Diane D'Autefort sa veuve, y fut assisté de son père, et elle de sa mère qui lui donna en dote la somme de 12.000 livres tournois. Par contre Pierre de la Romagière nomma le futur époux, son fils pour la dontion de la moitié de ses biens énoncés en son contrat de mariage, en faveur de ses enfants mâles qui en devoir naître.
Pierre de la Romagière, testa le 7 décembre 1647 en faveur de Pierre et François ses fils et de dame Jeanne Arlot.
René fit la même déposition en faveur de l'un des mâles à naître de son mariage, (grosse signée Due, notaire). Cet acte est écrit d'une encre très jaune et d'un caractère peu naturel.
François de la Romagière, Audette de Gievre, seigneur de la Pongé vînt en son Château de Constancie, paroisse de St Phesis de Boyrdeisn, note au testament de son père du 7 décembre 167, fut maintenu dans sa noblesse avec son frère en 1606 ou 1667, épousa par contrat du 20 février 1654 Madeleine Petit.
Messire René de la Romagière, chevalier, seigneur de la Fillosie et Asmonie, consentît à un contrat de mariage de Pierre son fils et de feu dame Françoise de Beynac du dernier juillet 1658.
René de la Romagière, écuyer, seigneur de Fillosie, élection de Périgeux et François de la Romagière, son frère furent assignés à la requête de Nicolas Colet pour produire leurs titres devant M. Pettot, intendant de Guyenne, en firent production le dernier novembre 1666 devant M. Montozon et de M. Pellot à Périgueux.
Elle était composée de 2 actes cy-dessus des 6 décembre 1519, 3 février 1514, 14 may 1555, 3 janvier 1572, 15 juin 1577, 17 février 1589, 18 avril 1607, 19 janvier 1637, 17 décembre 1647 et 20 février 1651. Cette production signée René de la Romagière et François de la Romagière, a costé écrit cet acte par jugement souverain, Vol. 28 de Guyenne Fol. 1201 ute paraphé par M. Pellot Vol. A, Fol. 132, René et même nommé avec Françoise de Beynac, sa femme au contrat de mariage de leur fils du 15 octobre 1705.
Messire Pierre de la Romagière, chevalier, seigneur de Roucessy, épousa par contrat du dernier juillet 1658 passé devant Chadontant et Fichon, notaires.
Comte de la Vaugugnon, damoiselle Gabrielle de Fonsebon, fille de Hausel, messire Pierre de Fonsebon, chevalier, seigneur du Puy du Buisson, Chastre en Ausnis et de dame Marie Guy, demeurant au Château du Puy, paroisse de Masson... en Poitou, y fut servie de père et elle de ses père et mère, son père lui constitue 57.000 livres/tournois en mariage, sa tante Audette lui fit donation de 1.000 livres et 16.000 livres/tournois d'or (grosse signée Fichond).
Messire Pierre de la Romagière, chevalier, seigneur de Roucessy, Fillosie, Lesmonie, la Ponge, habitant en son Château de la Fillosie, fils de défunt messire de la Romagière et Beynac Françoise, épousa 2° par contrat passé au Château de Planeau en Périgord paroisse de St Iviet devant Moes notaire royal, le 15 octobre 1705, damoiselle Françoise Mosnier, damoiselle de Planeau, fille de feu Gaston Mosnier de Planeau, chevalier et seigneur du Château et de dame Meuriette de Sosset, sa veuve, la damoiselle y fut autorisée de sa mère qui lui constitua en dot la somme de 1.000 livres/tournois, payable 500 livres/tournois à Noël de 1706 elle l'institua en tous ses biens. Le futur constitua aussi tous ses biens et fit don à sa future de 6.000 livres/tournois, 900 livres/tournois avec son logement au Château de Fillosie et fit donation de la moitié de ses biens au ler fils à naître de son mariage (grosse passée et signée Mesnu et Villon, notaires, le 2 may 1700).
Feu messire Pierre de la Romagière, chevalier, seigneur, comte de Roucessy eue nommé au contrat de mariage de Pierre François son fils du 3 février 1741, auquel dame Françoise de Mosnier de Planeau sa veuve assista par Procureur.
Dame Marie Françoise de Mosnier, comtesse de Roucessy fut marraine de son petit fils Antoine Joseph le ler avril 1742.
Messire Pierre François de la Romagière, chevalier, seigneur, comte de Roucessy, Fillosie, Lesmonie, épousa par contrat du 3 février 1741 passé dans la maison noble du Royaume, paroisse de la Libarde, devant Robert notaire royal en Guyennne, damoiselle Marie Françoise du Bourg habite dans la maison noble de Ponyjanné fille de messire Estienne François du Bourg, chevalier, seigneur, baron de Fontaine et de dame Françoise Estiennette Denos, sa femme, y fut assisté de M. François Mosnier, chevalier, seigneur, baron de Planeau, Péline de Nosge, de la procuration de sa mère, de ses père et mère donne tous ses biens qui font 4.000 livres/tournois qu'elle versera à la charge pour lui payer colégitimement au seigneur Abbé de Roucessy et à la dame de la cour de Bausse, enfants de la dite dame, la dite damoiselle, entend d'or, sa maison de Royaume avec les meubles, vaisselles, et il fit en sa rivière de Gironde une maison dans sa ville de Bordeaux (grosse et posée et signée du dit Nor).
Messire François Pierre de la Romagière, comte de Roucessy et dame Marie Françoise Elisabeth du Bourg, sa femme sont nommés dans l’extrait baptistaire d’Antoine Joseph, leurs fils du ler avril 1742.
Messire Antoine, Joseph de la Romagière, de Roucessy, fut baptisé dans l'église paroissiale de Saint Saturnin de la Libarde en Bourges, diocèse de Bordeaux le ler avril 1742 eue pour parrain, Antoine, Joseph, du Bourg, seigneur, baron de Fontaine, conseiller au parlement de Bordeaux et pour marraine, son ayeule paternelle, extrait délivré par le curé de la dite église le 16 mars 1758, signé Broses et légalisé le même jour par le juge de la ville prévosté de bourg en Guyenne signé (La Mothe). Destiné aux chevaux légers de la garde du roy.
Son certificat de Noblesse. Acte délivré en juin 1758.
(Transcription à partir de l'original)

Être accepté officiellement noble, c'est, il faut le répéter, avoir droit à des honneurs particuliers. Par exemple, être exempté d'impôt, envoyer ses enfants dans de bonnes écoles, bénéficier des droits de justice, être représenté par ses pairs aux États Généraux.

Dans l'élan pour être reconnu noble et jouir des privilèges ci-dessus, il y a beaucoup de prétendants sans aucune noblesse qui se virent malgré tout devenir nobles.

Le désir d'obtenir ces avantages a poussé les gens de l'époque vers le généalogiste. Certains aujourd'hui disent que tout le monde ment, et les généalogistes en particulier. Certains l'on peut-être fait.

Mais il y a l'antithèse du généalogiste menteur, manipulateur. Cette antithèse ne peut-être mieux choisie que Bernard Chérin.

Source : Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi, 1718-1785, de Jean-Yves Belin.

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