Il est né le 6 mars 1796 à Saint-Claud. Il est le fils de Pierre Garnier de la Boissière, comte, général de division, sénateur et chambellan de l'empereur, et de Marie Eulalie de la Boissière. Il fait partie des rares anoblis à entrer dans l'école des pages de l'empereur de 1804 à 1812. Il devient ensuite officier d'ordonnance, puis aide de camp du général Bordessoulle (16 ans). Il rejoint le 5e régiment de hussards, le 11 août 1814, après avoir combattu en Allemagne et en France. Il continue sa carrière dans le premier régiment de cuirassiers de la Garde royale. Capitaine, puis chef d'escadron, il participe à la campagne d'Espagne en 1823. Chevalier de la Légion d'honneur, il quitte l'armée avant la révolution de Juillet. Jean Frédéric Garnier de la Boissière entame alors une « carrière de notable ». Conseiller de l'arrondissement de Confolens, il s'installe à Chirac où il devient propriétaire de plusieurs forges. Plusieurs fois, Garnier de la Boissière se présente pour être député, mais il est battu en 1831 puis en 1834. Ce n'est que le 2 mars 1839 qu'il peut rejoindre la chambre des députés après avoir battu son « compagnon d'armes » Pougeard-Dulimbert. Il siège alors aux côtés des républicains. Mais en 1842 et en 1846, il est une nouvelle fois battu. À la fin de la monarchie de Juillet, il organise le parti républicain en Saintonge puis est nommé commissaire de la République en 1848 en Charente. Il est élu en avrl 1848 représentant à l'assemblée constituante et siège parmi les républicains modérés. Il vote pour le bannissement de la maison d'Orléans, pour la constitution et contre l'expédition de Rome. En 1849, il se retire sur ses terres en 1849 et ne se rallie pas à l'Empire. Il se contente d'exercer la charge de maire à Chirac sous le Second Empire et la IIIe République. On lui aurait proposé la place de sénateur mais il la réfuse par fidélité à ses opinions républicaines. Léonide Babaud-Laribière dit de lui : « il ne lui convenait pas de renier son passé et si des souvenirs de famille et l'éducation de sa jeunesse semblaient l'entraîner vers le régime impérial, son cœur et sa raison lui commandaient de rester sous le drapeau libéral. M. de la Boissière est comme ces grands seigneurs anglais qui mettent leur honneur à perséverer dans la ligne politique où ils sont entrés... un whig de la Chambre des Lords égaré parmi nous. Très riche propriétaire, grand industriel (il a une forge), il vit dans ses terres, attendant avec dignité le jour où ses idées politiques reviendront au pouvoir. » Il décède à Rochefort en Charente-Maritime au domicile de son gendre. Marié à Marie Blanchon (fille d'un très riche commissaire ordonnateur de Chabanais), il a eu deux filles dont l'une est mariée avec Saulces de Freycinet, capitaine de vaisseau. Sa fortune à sa mort est considérable. Il lègue 85 150 francs en mobilier et des biens fonciers de 269 680 francs. Sous la monarchie de Juillet, il est le contributeur censitaire le plus riche de Confolens en payant 4 155 francs d'impôts.

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.