Mots-clés : Élie-Léonard Planty (1753-1823), maire, Marthon (Charente), biens nationaux, révolution française, château, donjon.

Élie-Léonard Planty est un homme politique de la Charente révolutionnaire.

Fils de François Planty, marchand à La Grange-du-Faure, et Jeanne Légier, sa femme, il est né le 7 décembre 1753 au village de Pontsec, paroisse de Saint-Germain en Angoumois, près Marthon, et baptisé le jour suivant.

Il signe son contrat de mariage le 14 septembre 1774 avec Anne Légeron, fille de Pierre Légeron, maître-chirurgien, et Julie Sartre. Le 22 novembre, dans l'église de Charras, se déroule la cérémonie religieuse. Le mois suivant, son père meurt subitement. Il se déclare cabaretier.

Le cabaret sous l'Ancien Régime est un établissement réglementé, soumis à des contrôles périodiques, et accrédité à faire de la restauration, avec nourriture et vin.

En l'an 1789, il est élu député par les habitants de la ville de Marthon avec Étienne Gignac, maître-chirurgien. Ils sont chargés de transmettre le cahier de doléances aux États généraux de la province. Il perd sa mère avec qui il vivait depuis la mort de son père.

Il est élu maire de la commune de Marthon en mars 1790. Le 10 décembre, il est nommé juge de paix. Administrateur et homme de loi, il est encore juge de paix en 1792, tout en présidant l'assemblée du canton.

Le canton de Marthon est créé en 1790. Il est composé des communes de Marthon, Chazelles, Saint-Germain, Feuillade, Charras, Souffrignac, Grassac et Mainzac. En 1793, il est peuplé de 5000 habitants environ. En 1801, il est supprimé.

La terre et château de Marthon, qui appartiennent au comte de Montbron émigré, sont vendus comme biens nationaux. Planty le «sans-culotte» rachète en février 1794 plusieurs biens du comte à Marthon, dont un logis Renaissance, un donjon féodal, une chapelle seigneuriale et un moulin banal, le tout en mauvais état.

Ces acquisitions, pour un montant total supérieur à 10000 livres, lui permettent néanmoins de consolider un status précaire de notable sous la Première République, comme nous allons le voir plus loin.

Aux archives nationales à Paris, nous apprenons que le nouveau châtelain de Marthon est un homme de taille moyenne, 1m64, aux cheveux châtains et yeux roux, dont le visage est grêlé à cause de la petite vérole.

Lors de la Terreur initiée par Robespierre et ses alliés, il est inquiété. Sur dénonciation du comité révolutionnaire de district, il est arrêté avec le curé Peyraud, et mis en examen pour des propos qualifiés d'anti-montagnards. L'accusation est grave. Ils sont transférés puis jugés à Paris, ils sont innocentés en septembre 1794 et échappent à la guillotine.

Planty se retire de la vie politique avant 1800, pour se consacrer à la gestion de son domaine agricole et à sa nombreuse famille. Planty s'éteint le 20 janvier 1823 à Marthon, laissant plusieurs fils et une fille.

Ses héritiers, négociants, conservent le château jusqu'en 1905. Il est acquis par Maurice Raynaud, ministre de l'agriculture et député de la Charente né à Marthon. Celui-ci le restaure et lui donne son aspect actuel.

Ce texte fait partie d'une série de cinq portraits réalisés par Julien Roland.

Sources :

• Notes historiques sur la baronnie de Marthon en Angoumois, d'Adolphe Mondon.
• La Charente révolutionnaire, de Jean Jézéquel.
• Histoire des volontaires de la Charente pendant la révolution, de Prosper Boissonnade.
• Centre historique des Archives nationales, W 447, dossier 95.
• Association Généalogique de la Charente, Angoulême.

N0209518_JPEG_437_437 Illustration 1 : résidence de Planty, le Château-neuf de Marthon.

planty Illustration 2 : signature de Planty, officier public de Marthon.