Gabriel de Chouly de Permangle, mort le 27 août 1741, âgé de 78 ans.

Lieutenant au régiment Dauphin infanterie le 20 janvier 1683, il servit la même année au siège de Courtray : à l’armée qui couvrit le siège de Luxembourg en 1684, au siège & la prise de Philisbourg, de Manheim, de Frankendal & des autres places du Palatinat en 1688, à l’armée d’Allemagne en 1689 & obtint une compagnie, par commission du 20 août. Il continua de servir à l’armée d'Allemagne en 1690, au siège de Mons en 1691 au siège & à la prise des ville & châteaux de Namur, au combat de Steenkerque, au bombardement de Charleroy en 1692. à l’armée de la Moselle, puis à celle d’Allemagne en 1693, à l'armée de Flandre en 1694, à l’armée de la Meuse en 1695, il obtint, par commission du 5 décembre de cette année, un régiment d’infanterie de son nom, qu’on forma par ordre du 23, avec le bataillon de Bombelle du régiment de Champagne. Il commanda ce régiment à l’armée du Rhin en 1696 & 1697. On le réforma, par ordre du 13 novembre 1698. On mit M. de Permangle colonel réformé à la suite du régiment de Beauvoisis. Il fit avec ce régiment la campagne d'Allemagne en 1701. Passa, par ordre du 25 avril 1702, colonel réformé à la suite du régiment de Charolois, avec lequel il se trouva la même année à la défaite des Hollandois sous Nimègue : au combat d'Eckeren en 1703, il obtint, par commission du 31 octobre un régiment d'infanterie qui prit son nom. Brigadier, par brevet du 10 février 1704, il servit à l'armée de la Moselle sous le comte de Coigny la même année : sous le maréchal de Villars en 1705, à l’armée du Rhin sous le même général en 1706 & 1707. On l’employa pendant l’hiver de cette derniére année sur la Sarre, par ordre du 31 octobre.

Employé d’abord à l’armée du Rhin sous le maréchal de Berwick en 1708. il passa ensuite en Flandre sous les ordres du maréchal de Berwick, & entra dans Lille : il contribua à la défense de cette place avec la plus grande valeur. Dans plusieurs sorties qu’il commanda, il réussit à détruire les logemens des ennemis, enlever leurs outils, enclouer leur canon, raser leurs retranchemens, combler leurs travaux & leur faire des prisonniers. On le fit maréchal de camp, par brevet du 12 novembre : il concourut en cette qualité à la défense de la citadelle.

Il commanda à Ypres sous M. de Chevilly pendant la campagne de 1709, par lettres du 18 juin, il y resta pendant l'hiver. Servit à l’armée de Flandre en 1710 & fut nommé pour commander à Condé, par ordre du 31 octobre. Le 9 mai 1711, ayant appris qu’un convoi considérable des ennemis, étoit parti de Tournay pour remonter la Scarpe fous l’escorte de deux régimens commandés par le sieur Chambrier brigadier : il se mit en embuscade avec douze cents hommes de la garnison de Condé, attaqua le convoi, défit après un combat d'une heure l’escorte, tua, blessa ou prit cinq cents hommes, fit le commandant prifonnier, un lieutenant-colonel & dix-sept officiers : de cinquante-deux belandres dont étoit composé le convoi, il n’y en eut que douze qui échapèrent, le reste fut brûlé. Au mois d'octobre suivant, informé que le duc de Marlborough faisoit faire un fourage du côté de Condé, il fit fortir une partie de la garnifon qui repoussa l'escorte du fourage, & enleva quatre cents chevaux & plusieurs cavaliers.

Le roi lui donna le gouvernement du fort Louis du Rhin, par provisions du 19 mars 1712. il remit le commandement de Condé, & résida au fort Louis jusqu’à la paix. Il a conservé ce gouvernement jusqu’à sa mort.

Source : Les lieutenants généraux des armées du roi, depuis la création de cette charge en 1621, jusqu'au règne de Louis XV, de Claude Herissant.