Armand-Anne-Auguste-Antonin-Sicaire Chapt de Rastignac était clerc-bénéficier du diocèse de Périgueux lorsqu'il fut reçu maître ès-arts à Paris le 20 juillet 1748. Sous-diacre à Paris en juin et diacre en décembre 1753, il fut docteur de la Faculté et Société de Sorbonne le 19 décembre 1754. Nommé par ses deux oncles vicaire général d'Arles et prévôt du Chapitre de Tours, puis devenu abbé commendataire de Saint-Mesmin (Orléans), il refusa trois fois l'Episcopat. D'une modestie et d'une charité remarquables, il n'hésita pas un jour d'inondation à se jeter à l'eau (1788) pour porter secours à une famille réfugiée sur le toit d'un moulin. Il habitait son Abbaye de Saint-Mesmin. La confiance du Clergé orléanais, après l'avoir nommé deux fois député aux Assemblées du Clergé, l'envoya siéger aux Etats-Généraux. Les écrits qu'il publia font preuve d'une attention scrupuleuse à se tenir toujours sur le terrain de la stricte vérité : « Questions sur la propriété des biens-fonds ecclésiastiques en France. — Accord de la révélation et de la raison contre le divorce. — Lettre synodale de Nicolas, patriarche de Constantinople , à l'empereur Alexis Commène sur le pouvoir des Empereurs relativement à l'érection des Métropoles ecclésiastiques » avec des notes toutes d'actualité : tels sont les ouvrages qui, avec son refus de serment à la Contitution civile comme député, le firent à juste titre considérer comme réfractaire et interner à l'Abbaye le 26 août 1792. Le dévouement de sa nièce, la marquise de Fausse-Lendry, qui avait voulu partager sa capacité, ne put l'arracher à la fureur des assassins.

Source : Les martyrs de septembre 1792 à Paris, de Joseph Grente.