10 mars 2020

Bernardus de Jambis maire

Bernard de Jambes, en latin Bernardus de Jambis, figure comme maire d'Angoulême dans plusieurs actes de 1396 à 1398. Gentilhomme d'extraction, il avait épousé Sybille Bernard, fille d'un bourgeois de la ville. Leurs descendants comparurent à l'assembIée de la noblesse d'Angoumois en 1789. Ils ont possédé le logis de Lunesse jusqu'au XVIIe siècle avant de s'installer ailleurs. Le dernier chevalier de Jambes est décédé le 22 pluviôse an XII (12 février 1804) à son domicile d'Angoulême.

Pièces justificatives :

— Bernard de Jambes, maire d'Angoulême, reconnaît avoir reçu par les mains de Charlot de Voysins, damoiseau, capitaine du château de cette ville, sur la vente des biens de Martin Ollier, saisis et exécutés par justice, la somme de cent treize sous qui lui était due par ce dernier sur la recette du patis imposé sur les habitants de Dirac, et dont il avait tenu compte aux Anglais comme receveur dudit patis. (2 septembre 1396)

— Jeanne Barbe, veuve de Pierre Caille, bourgeois d'Angoulême, reconnaît avoir reçu de Florence Caille, sa fille, par les mains de Bernard de Jambes, maire d'Angoulême, et des échevins de ladite commune, tuteurs de ladite demoiselle, la somme de deux cents francs d'or, tant en vaisselle d'argent que joyaux, en à-compte sur la restitution de sa dot. (5 avril 1397)

— Consentement donné par Jean de L'Oume, bourgeois de Saintes et mari de Jeanne Barbe, veuve en premières noces de Pierre Caille, bourgeois d'Angoulême, à ce que les biens meubles qui lui tiennent en commun avec Florence Caille, fille du premier lit de sa femme et dudit Pierre, dans leur maison d'Angoulême, soient vendus par Bernard de Jambes, maire, et les échevins de ladite commune, comme tuteurs de ladite demoiselle, jusqu'à concurrence de la somme de cent livres, montant des reprises de sadite femme. (12 septembre 1398)

Source : Nouvelle chronologie historique des maires de la ville d'Angoulême (1215-1501), de Gustave Babinet de Rancogne.

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09 mars 2020

Les bijoux de la baronne de La Rochandry

Dans le logis de La Rochandry, chez la veuve de Messire Bernard de Forgues de Lavedan, Me Micheau, notaire, inventorie en 1680 des bagues, des diamants, des joyaux, de valeur très considérable... entre autres une montre en or, une boîte de portrait garnie de diamants, une bague d'or à neuf diamants, une petite croix garnie de diamants... Tous ces bijoux ne font-ils point rêver ?

(Société archéologique et historique de la Charente, 1970)

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Le serment du marquis d'Argence

Le 15 septembre 1710, M. le marquis d'Argence prêta serment entre les mains de Louis XIV, pour la charge de lieutenant de roi de Bourgogne, au département de l'Auxois, Autunois, & Auxerrois, vacante par le décès de M. de Creancé son beau-père.

La maison d'Argence est très ancienne. Hugues Tison d'Argence fit en 1226 un échange de la terre de Dirac, qui est encore dans cette famille, avec une duchesse de Guienne, & comtesse d'Angoumois, qui fut depuis reine d'Angleterre. Cette princesse donna la terre de Dirac en échange du château de Touvre & ses dépendances, dont les comtes d'Angoumois firent depuis leur lieu de plaisance. Pasquier dans sa recherche de la France, dit que la rivière qui prend sa source dans cette terre, & qui porte aussi le nom de Touvre, est couverte de cignes, pavée de truites, bordée d'écrevisses, & lardée d'anguilles.

Source : Le Mercure galant, de Charles Dufresny.

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Un don à la cathédrale d'Angoulême

11 décembre 1604.

Marché entre Louis de Volvire, seigneur d'Aunac, et Isaac de Rouffignac, orfèvre d'Angoulême, pour la confection d'une croix de procession dont ledit seigneur veut faire don au chapitre cathédral d'Angoulême.

« Par devant le notaire royal, tabellion et gardenote héréditaire en Angoumois et témoins bas nommez ont esté présens et personnellement establys en droict messire Loys de Voluire, chevallier, seigneur d'Aunac, du Vivier [et] du Courret, lieutenant de la compaignye de gendarmes de Monseigneur le duc d'Elbeuf, demeurant en son chastel d'Aunac, d'une part; et Izaac de Rouffignac, maistre orfebvre de ceste ville d'Angoulesme, d'autre part, lequel de Rouffignac a promis audict seigneur d'Aunac, faire une croix d'argent fin, poisant cinq marcs, de façon ronde, pour messieurs du chapitre Sainct Pierre de ceste ville d'Angoulesme, et pour servir en ladicte église, laquelle croix ledict de Rouffignac sera tenu faire de pareille fasson qu'est celle que lesdicts sieurs de chapitre portent ordinairement en procession, et laquelle il a dit bien savoir et avoir veue, sur laquelle d'ung costé icelluy de Rouffignac sera tenu faire ung cruzefis, et l'autre costé une ymage de Nostre Dame, et à chescune des extrémités de ladicte croix, des souleuz, et au dessouz dudict crusefis, emprandre les armoiries de ladicte église Sainct Pierre, et au dessouz d'icelles, celles dudict sieur d'Onac, et à chascun bras de ladicte croix, y mectre l'ymage de chascun des quatres évangelistes, le toutgarnyet accommodé comme il appartient. Sera tenu dorer lesdicts cruzefis, ymage de Nostre Dame, évangelistes, souleuz et extrémités de ladicte croix, ensemble lesdictes armoiries tant de ladicte église Sainct Pierre que dudict sieur d'Aunac, et le tout rendre faict et parfaict bien et duhement, dans la feste de Pasques prochain venant, moyennant la somme de sept vingt cinq livres, qui est vingt neuf livres pour chascung marc, de laquelle dicte somme de sept vingt cinq livres ledict sieur d'Aunac en a présentement, manuellement et comptant, baillé et payé audict de Rouffignac la somme de soixante douze livres et demye, laquelle estant en monoye blanche, du poix et du prix de l'édict, [que ledict] de Rouffignac a prinse, contée, nombrée, emportée et desplacée. Ce fut faict en la ville d'Angoulesme, en la maison de sire Pierre Boyée, marchand houstellier, après midi, le unziesme jour de décembre mil six cens quatre, presents Philippe Coppe, demeurant avec ledict sieur d'Aunac, et sire Pierre Boyée, marchand d'Angoulesme, tesmoins requis, congvenuz et appellés ». (Archives de la Charente, minutes de Gibaud, notaire royal à Angoulême.)

Source : Documents inédits pour servir à l'histoire des arts en Angoumois, de Paul de Fleury.

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Les seigneurs de Dirac

19 janvier 1683. Mariage de Francois Joumart Tison d'Argence, chevalier, seigneur d'Argence, de Dirac, de La Monnette, etc., fils de François Joumart Tison d'Argence, lors décédé, et de Marie d'Escars, avec Marguerite de Forgues de Lavedan, fille de Bernard de Forgues, baron de Larochandry, lors décédé, et de Marguerite Gandillaud. (P. Saint-Paul, mairie d'Angoul.)

De ce mariage naquirent : 1° Raymond Joumart Tison d'Argence, baptisé le 24 mars 1684; 2° Annet Joumart, tenu sur les fonds de baptême par Gabriel Tison d'Argence, à la place d'Annet Joumart, son frère, et par Marguerite Gandillaud, le 9 avril 1685; 3° François-Gabriel Joumart, dont le parrain fut Gabriel Tison, son oncle paternel, et la marraine Marie Patras de Campaignol; 4° François Joumart, qui eut pour parrain Annet Joumart Tison d'Argence, représentant François, comte d'Escars et de Saint-Bonnet, marquis d'Esne, baron de La Renaudie, seigneur de La Roche-Abeille, Saint-Cybard, Pranzac, etc., et pour marraine, Marie-Anne de Nesmond, représentant Marie Forgues de Lavedan, religieuse du tiers-ordre de Saint-Francois; 5° Marie, présentée au baptême par Louis-Victor, comte de Rochechouart, et Marie d'Escars, sa grand' mère paternelle ; 6° Henri, dont le baptême fut parachevé le 28 janvier 1700; parrain Henri de Forgues de Lavedan, baron de Larochandry, son oncle maternel ; marraine, Gabrielle Joumart Tison d'Argence, dame de Montensay, sa tante paternelle. (P. de la Payne.)

Annet Joumart Tison d'Argence, chevalier, seigneur de Dirac, né en 1685, épousa, le 26 juin 1717, Jeanne Guy de Puyrobert, fille de François Guy de Puyrobert, et de Jeanne Forestel.

Ses enfants furent : 1° Francois Joumart Tison d'Argence, né le 14 août 1719, et auquel les cérémonies du baptême furent suppléées le 21 mai 1722 ; parrain, F. Tison d'Argence de Dirac, aïeul paternel ; marraine, demoiselle Marie d'Argence, tante paternelle; témoins : Henri Joumart Tison d'Argence, prieur de Châteauneuf, Annet Joumart, père ; 2° François, né le 8 août 1720; 3° Louis-Antoine, né le 17 janvier 1722, baptisé le 26 mai; parrain, François Joumart Tison d'Argence, réprésentant Louis Joumart, son frère, chevalier, sieur de La Faye, ci-devant lieutenant-colonel au régiment de Gondrin; marraine, demoiselle Marie Joumart Tison d'Argence, représentant Anne-Antoinette de Meme, duchesse de Lorges. (Par. Saint-Paul.)

Jeanne Guy de Puyrobert, femme d'Annet-Achard Joumart Tison d'Argence, mourut subitement le 1er décembre 1746, et fut enterrée aux Cordeliers. (P. de la Payne.)

Le 1er septembre 1748, furent suppléées les cérémonies du baptême de Louise d'Argence, née le 5 juillet 1745, fille de François-Achard Joumart Tison, marquis d'Argence, et de Marie-Françoise La Cropte de Saint-Abre, marquise d'Argence; parrain, Henri-Joseph de La Cropte, marquis de Saint-Abre, de la paroisse de Charroux, en Poitou; marraine, Louise de La Cropte, marquise d'Orsay, de Rochefort, en Limousin, qui furent représentés par François-Isaac de La Cropte, comte de Boursac, et demoiselle Radegonde de La Ramière. (Id.)

Le même jour, il fut suppléé aux cérémonies de baptême de Francois-Achard Joumart Tison, comte d'Argence, né le 11 octobre 1756, à Dirac, fils du marquis d'Argence; parrain, François d'Argence, oncle de l'enfant; marraine, dame Boucher de Gramenil, demeurant à Paris, représentée par Mme Radegonde de La Ramière.

Le même jour, il fut encore suppléé aux cérémonies de baptême de François-Isaac Joumart, fils des mêmes, né le 2 décembre 1747 ; parrain, François-Isaac de La Cropte de Boursac; marraine, Gabrielle d'Escars, marquise de Saint-Projet, représentée par Marie-Achard Joumart Tison d'Argenee, dame de La Ramière; témoins : d’Argence, père, Françoise de La Cropte, marquise d'Argence, mère; le chevalier d'Argence-Boursac, d'Argence de La Monnette, de La Ramière, Radegonde de La Ramière, d'Argence, grand-père.

Le 20 octobre 1764, il est fait dans l'église de la Payne, l'office de l'enterrement de messire AnnetAchard Joumart Tison, seigneur d'Argence, Dirac et autres lieux, décédé le jour précédent, après avoir reçu les sacrements, âgé de quatre-vingts ans ou environ. Son corps a été transféré à l'église des cordeliers de cette ville. (P. de la Payne.)

Lettre de Voltaire au marquis d'Argence, 30 novembre 1764. — Je vois, mon cher philosophe, que vous avez perdu un adepte difficile à remplacer. Ce que vous me mandez de lui et le petit billet qu'il écrivit avant sa mort, me donnent bien des regrets. On dit que vous avez aussi perdu monsieur votre père, il était d'un âge à ne devoir s'attendre à vivre longtemps. Il n'aura pas sans doute écrit un billet semblable à celui de votre ami. Les choses tournent bien différemment dans la tête des hommes. Il y a l'infini entre celui qui a lu avec fruit et celui qui n'a rien lu; le premier foule à ses pieds les préjugés, le second en est victime. Songez à rétablir votre santé...

Lettre de Voltaire au même, 12 octobre 1765. — Mille respects à mademoiselle votre fille qui sera bientôt madame.

Louise-Achard Joumart Tison d'Argence Dirac, fille de Francois-Achard Joumart Tison, marquis d'Argence, Dirac, La Monnette, etc., et de Françoise de La Cropte Saint-Abre, épousa, le 24 octobre 1765, Louis-Honoré Froger, chevalier, ci-devant lieutenant du roi, commandant au port de Paix, île et côte de Saint-Domingue, fils de Michel-Joseph Froger de L'Eguille, capitaine des vaisseaux du roi, et de Catherine Sarry, tous deux alors décédés. Le mariage se fit en présence de Joseph Froger de L'Eguille, chef d'escadre des armées navales, commandant de la marine au port de Rochefort, frère du marié; et de Henri-Achard Joumart Tison, chevalier d'Argence, grand-oncle paternel de la mariée; de Francois-Achard Joumart Tison, chevalier d'Argence, brigadier des armées du roi, oncle paternel de la mariée; de Anne-François Chauveron, seigneur de Saint-Severin, Saint-Laurent, Saint-Maurice, etc., major de cavalerie; de Louis d'Argence; du marquis et de la marquise d'Argence. La bénédiction nuptiale donnée par l'abbé de Chemillart; Jean Vigneron, prêtre, desservant la paroisse de Dirac. (Reg. des baptêmes, mariages et sépult. de la paroisse de Dirac. Arch. du greffe d'Angoulême.)

12 décembre 1772, enterrement de Henri-Achard Joumart Tison, chevalier d'Argence, âgé d'environ quatre-vingt-quatre ans. Son corps est transféré à l'église des cordeliers. (P. de la Payne.)

Le 6 mars 1770, naissance de François-Achard Joumart Tison, chevalier, marquis d'Argence, fils de François-Achard Joumart, chevalier, marquis d'Argence, capitaine au régiment du roi infanterie, et de Adélaïde-Jaqueline-Marie Pineau de Lucé de Viennay, marquise d'Argence.

Le 26 mai 1779, il fut suppléé aux cérémonies du baptême de Claude-Francois Achard, né le 30 septembre 1778, fils des précédents; parrain, Claude, vicomte de La Chastre, seigneur de Mons, Suaux, Vaux, etc., etc., gouverneur de la citadelle de Châtillon-sur-Indre ; marraine, Marie-Françoise de La Cropte Saint-Abre, marquise d’Argence, représentés par François Ladeuil et Marguerite Bazinet, en service chez messieurs d'Argence. (Id.) .

27 mai 1781, François-Achard Joumart Tison, chevalier d'Argence, maréchal des camps et armées du roi, âgé de 62 ans, meurt au château de Dirac, chez le marquis d'Argence, son frère. (Reg. de la par. Saint-Martial de Dirac. )

Réunion de l'ordre de la noblesse à Angoulême, 19 mars 1789. Parmi les membres présents, nous trouvons : le chevalier d'Argence-Monceau et Louis-Antoine Joumart Tison d'Argence, seigneur de Dirac, ancien capitaine au régiment de Navarre, représentant François-Achard Joumart, marquis d'Argence, seigneur des Courrières et de La Monnette.

Chancel, p. 564 et 576.

Voir aussi le Catalogue des gentilshommes du Poitou, réunis à Poitiers en 1789. — La noblesse de Saintonge et d'Aunis, en 1789, in-8°. Paris, 1861. Desmoulins.

Dictionnaire de la noblesse du Poitou, par Beauchet-Filleau.

Corlieu. Hist. d'Angoumois, chap. XVII.

Vigier. Cout. d'Ang., 1720, p. 64, 65, 183, 195, 216, 238, 298, 312, 433, 454.

Pinard, Etat chronologiq. militaire. Essai historique sur les régiments d'infanterie et cavalerie, 1735, 9 vol. in-12. Roussel, le tome intitulé : Navarre.

Correspondance de Voltaire, 1759 à 1778, édition Beuchot.

Biographie des hommes vivants. Michaud, 1816. Galerie des notabilités de la France. Notice sur François Louis-Edgar-Achard Joumart Tison, marquis d'Argence, extrait du nécrologe universel du XIXe siècle. Paris, administration du Musée biographique, 1853, in-8°, pièce.

Vigier. Histoire d'Angoumois, au mot Tison et au mot Ruelle.

Source : La Charente révolutionnaire, de Victor Bujeaud.

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02 mars 2020

Cherves et les Chesnel

Comme toutes les autres localités dont nous venons de parler, Cherves se trouvait trop rapproché de Cognac pour n'avoir pas avec cette ville des rapports très étroits. Tous les titres les plus anciens sont afférents à l'église. L'importance seule de l'édifice religieux et de la maison curiale le démontre surabondamment. Aussi bien c'est à elle que revient la première part de suzeraineté féodale en ce lieu. Nous avons vu l'église mentionnée dans une lettre du pape Pascal II en 1115. Cet édifice est du roman le plus pur, avec coupoles byzantines. Ses arcs légèrement ogivés annoncent une restauration probablement occasionnée par des désastres. Le clocher repose sur une coupole et sa flèche se termine en cône pointu. Rien ne dépasse l'art et le fini du travail.

La situation de cette paroisse est avantageuse. De son large plateau, l'ail plonge d'un côté sur les rives de l'Antenne à l'ouest et à l'est sur le pays-bas.

Cherves a encore ceci de particulier qu'il constituait moins un domaine unique, au début, qu'une juxtaposition de droits distincts qui peu à peu se fondirent en un seul, sous la haute suzeraineté du château de Cognac. Aucun titre seigneurial ne paraît remonter au delà du XVe siècle, alors que le prestige féodal déjà décru permettait aux bourgeois d'obtenir de la royauté, moyennant finances, des avantages considérables.

Pierre de Parage et Jacques Adam sont les premiers seigneurs men tionnés pour le bourg de Cherves. Leurs droits féodaux passèrent à Jacques Chesnel, possesseur du château de ce nom — château qui n'était en réalité qu'un lieu d'hébergement. Cette dénomination seule indique une noblesse d'emprunt, un blason nouveau. Cette famille s'agrandit par ses alliances avec les seigneurs de Lagarde et de Roissac en Angoumois. Elle s'était aussi de bonne heure inféodé les domaines de Chazottes et de Mesnac.

Château-Chesnel, dit Michon dans sa Statistique monumentale, reconstruit au commencement du XVIIe siècle, est entouré d'un parapet crénelé qui lui donne un aspect imposant. Les toits plats sont masqués par ce parapet, de telle sorte que l'on pourrait croire que tout l'édifice est en terrasse.

Du reste, ce domaine considérable, bien que situé dans un pays fertile et divisé en plusieurs métairies d'un très bon rapport, avait englouti des sommes énormes, ce qui ne manquait pas de réduire sensiblement la part légitime des enfants du châtelain. Les Chesnel suivirent avec éclat la carrière des armes et déployèrent leur bravoure au siège de Cognac, en 1651. Malgré de riches et belles alliances, Josias Chesnel ne put suffire à ses charge qu'en aliénant une partie de ses propriétés, tant la vie de la cour était ruineuse à cette époque, surtout pour une noblesse de province parvenue, qui tenait à faire grande figure.

Les terres d'Ecoyeux et de Fouras passèrent aussi dans cette maison au commencement du XVIIIe siècle ; puis, la famille de Chesnel étant éteinte, une dame d'Orvilliers en hérita.

On lit dans le recueil des Archives nationales : « Château-Chesnel, appartenant à M. d'Orvilliers, chef d'escadre, a un hôtel noble édifié sur la terre de Mesnac; deux fiefs : la Roche-de-Cherves et la Bidonnière. Tous deux sont sans justice; revenu, 1,200 livres; valeur, 36,000 livres.

« Chazottes, appartenant également à M. Guillouet d'Orvilliers, seigneur de Mesnac, Chazottes, Barie, Rochéraud, à cause (de la dame Chesnel-Descoyeux, son épouse, relève du château de Cognac. Ses domaines consistent en biens-fonds, moulin banal, droit de pêche dans l'Antenne, agriers, etc., il possède aussi des droits en Crouin et Javrezac, savoir sur Chazottes et Buffe-Grelet, appartenant à M. Pelluchon des Touches, assesseur au siège de Cognac et à la dame veuve poirier de La Pommeraye, sur celui d'Anqueville appartenant à M. de Culant, etc.; revenu, 30.000 livres; valeur, 90.000 livres ».

Après la tourmente révolutionnaire, M. d'Ecoyeux revint e habiter Château-Chesnel ; mais avant de mourir, craignant un partage difficile entre ses filles, il vendit sa terre à M. Frank Otard de Cognac pour plus d'un million. Dans ces dernières années elle a encore une fois changé de maître. L'expérience démontre que les gentilshommes de notre temps ne peuvent guère conserver de pareils domaines, à cause de la main-d'æuvre de plus en plus coûteuse, de la sagacité pratique et de la constante surveillance que requiert l'exploitation d'un bien-fonds considérable. C'est ainsi que vont s'effaçant jusqu'aux derniers vestiges, non plus par les moyens violents, comme en 1793, mais par l'action simple et paisible de l'ordre, du travail et de l'économie.

Nous ne possédons qu'un seul nom des curés antérieurs au XVIIe siècle. En 1584, Guillon Bourlaix, curé de Cherves, donna procuration à Henri Lasne, procureur au siège de Cognac, et à Pierre Bourdeau, notaire royal en Angoumois, demeurant présentement à Cherves, de lui faire rentrer des redevances et de passer en son nom plusieurs contrats. C'était un personnage important qu'un curé de Cherves à cette époque.

Près de deux siècles plus tard, c'est Guillet, curé depuis vers 1730 et dont le frère était prieur de Saint-Sulpice, qui bénit en 1747 le mariage du seigneur d'Orvilliers avec sa paroissienne. Marie Anne Thérèse Chesnel. Ce d'Orvilliers était natif des environs de Rochefort. Voilà pourquoi les évêques de La Rochelle et de Saintes donnèrent les dispenses de bans. La noblesse des environs prit part à la fête, entre autres les Galard de Béarn et les Frétard de Gadeville. Leur fille épousa, en 1766, un Devie de Pongibaud, enseigne de vaisseau de Rochefort.

Dès 1756, Guillet avait joint à son titre celui d'official de Cognac, licencié en l'un et l'autre droit.

En 1771, Gautier, déjà vicaire de Cherves, en devient curé; puis, en 1791, un sieur Merceron lui succède. Les droits de foire se partageaient entre le curé et le roi; au temps du sieur Gautier ce revenu valait 250 livres.

Il y avait encore sur la paroisse de Cherves le fief du prieuré de Gan daury, ordre de Grammont, d'un revenu de 800 livres et d'une valeur de 24,000 livres. On ne sait par qui fut fondé ce prieuré dont il ne reste plus de vestiges. On montre quelques décombres de l'ancienne chapelle.

Le domaine de Fontaulière, appartenant au XVIIIe siècle à un membre de la famille Saunier, écuyer, sieur de Montlambert, n'avait aucun droit de justice.

Quant à la cure de Mesnac, agréablement située, elle consistait sim plement en prés, bois, champs et agriers, d'un revenu total de 150 livres et d'une valeur de 1.000 livres.

La terre seigneuriale de Mesnac, ayant droits d'agriers et de pêche, était régie à la fin du XVIIIe siècle par le sieur Briot et rapportait 3.200 livres. Sa valeur totale était de 110,000 livres.

En 1793, Bureau devint officier municipal. Il n'était pas dans la nature d'un tel maire de se conformer à l'appellation nouvelle an I, an II, an. III, etc. Il y fut obligé. Depuis l'an IX jusqu'à 1830 Cherves eut pour maire Babin, auquel succéda Drouinaud, et en 1838, Delalai. En 1843, nous trouvons Taschet, et en 1849 Hillairet; en 1865, M. Edouard Mar tell, alors député de Cognac, et qui se démit bientôt des fonctions de Maire. C'est que les honneurs sont des charges.

Rien de beau comme le domaine de Chanteloup, résidence ou villa de la famille Martell, durant l'été. Bordant la route de Cherves à Cognac, il s'étend sur le plateau et sur un versant incliné à l'ou poissonneuse Antenne. Pour décrire les merveilles que l'art y a réunies et le puissant essor qu'il a communiqué à la nature, il faudrait le pinceau de Virgile, le poète de Mantoue. Là se retrouve l'épais feuillage, nemora frondosa, la fraicheur impénétrable, frigus opacum, et les cascades et les étangs, vivique lacus non absunt.

Source : Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac, d'Eugène Cousin.

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Bertin et madame de Pompadour

Les deux dernières années de guerre, 1761 et 1762, se révèlent particulièrement difficiles. Elles le sont également pour la marquise, souvent souffrante, et d'autant plus déprimée par les désastres qui se succèdent. Il est vrai que les hommes de qualité, capables de faire face à l'adversité, ne sont guère nombreux, comme elle le suggère par un cri du caur au duc d'Aiguillon, pour l'inciter à tenir bon dans son commandement de Bretagne, alors qu'il réclame régulièrement une autre affectation. Au gouvernement, elle peut cependant compter sur l'énergie quelque peu envahissante de Choiseul. Elle continue a s'appuyer sur le fidele Berryer, garde des Sceaux, mais il a ete mis sur la touche après sa mauvaise gestion du département de la Marine, et meurt brutalement en août 1762. Elle a aussi découvert un nouveau talent, Henri Bertin, promu contrôleur général des Finances, pour lequel elle marque une vive inclination durant les ultimes années de son existence.

Dixième né, en 1720, des quatorze enfants de Jean Bertin, cinquième et dernier fils, il est le préféré de son père, qui résigne à son profit, le 10 février 1745, son prestigieux office de maître des requêtes de l'Hôtel du roi. Simple coïncidence, peut-être, la future marquise de Pompadour devient, vers la même époque, la maîtresse de Louis XV. Maître-espion au service du comte d'Argenson, jusqu'à sa mort en 1754, le patriarche conserve néanmoins une grande puissance. Il a fait embastiller à vie, si ce n'est pas un simulacre, son fils aîné, Louis-Mathieu, marquis de Frateaux, et assuré de belles carrières ecclésiastiques à plusieurs de ses enfants, dont Charles-Jean, évêque de Vannes, et Louis-Augustin, abbé de Brantôme, discret intrigant qui se place dans l'ombre de son cadet pour le conseiller. Financier avisé, immensément enrichi par la spéculation durant le système de Law, il a acheté de magnifiques propriétés, dont le comté de Saint-Gérand de Vaux, ancien apanage des ducs de Bourbon, et la seigneurie de Bourdeilles, à laquelle est attaché le titre de premier baron du Périgord. Ayant voulu régler en papier monnaie une partie du prix considérable de cette dernière seigneurie au comte Chapelle de Jumilhac-Cubjac, il a souffert un procès de sa part et dû acquitter la somme en bonne monnaie. Peut-être pour éteindre définitivement le contentieux, il a donné la main de sa fille Anne, née deux ans avant Henri, au comte de Jumilhac ; tous deux deviennent plus tard les geôliers, à la Bastille, de leur frère et beau-frère, le marquis de Frateaux, et défrayent la chronique de Cour, on le verra.

Henri-Léonard-Jean-Baptiste Bertin, le futur ministre, a fait des études de droit et a été reçu avocat au parlement de Bordeaux en 1741, puis pourvu d'un office au Grand Conseil du roi. Promu maître des requêtes peu avant sa vingt-cinquième année, il a déployé des talents juridiques et financiers, en siégeant notamment parmi les arbitres des contestations concernant la Compagnie des Indes puis, à partir de 1749, au bureau de vérification des droits et péages. En 1753, il est l'un des juges qui innocentent Mahé de La Bourdonnais. Nommé intendant du Roussillon par la faveur de madame de Pompadour, il obtient ensuite grâce à elle l'intendance de on, avant d'occuper le poste très sensible de lieutenant général de police de Paris, en remplacement de Berryer, preuve d'une confiance devenue inébranlable. Chargé du contrôle des Finances en 1759, au pire moment, après l'échec de ses prédécesseurs à faire rentrer suffisamment d'argent, il s'en acquitte au mieux pendant quatre ans, recourant à tous les expédients ou emprunts possibles et augmentant la ponction fiscale. En dépit du soutien constant du roi et de la marquise, il peine à la tâche, déclenchant l'opposition des parlements et des Cours des Aides. En 1760, le duc d'Aiguillon appuie même les revendications bretonnes contre ses édits, avant de changer soudainement d'attitude, en poussant les locaux à céder, à la demande de la favorite, ce qui laisse penser qu'il ne le fait pas gratuitement. Malgré des concessions gouvernementales consenties à divers groupes de pression, la situation demeure très tendue en 1761. La volonté de Bertin de prolonger pour deux ans un troisième impôt du vingtième et des suppléments de capitation aboutit à une fronde du parlement de Paris, finalement forcé à l'obéissance par un lit de justice en juillet.

Bertin fait office de pivot essentiel et d'unique recours face aux ambitions croissantes de Choiseul. Bien que celui-ci et la marquise se ménagent ouvertement, et que la seconde incite souvent « son » contrôleur général à des concessions envers le ministre de la Guerre, une sourde lutte d'influence les oppose. Choiseul rêve de se tailler une surintendance des Finances au détriment de son rival. Mais le roi et la marquise le protègent, car ils apprécient son caractère aimable et doux, peu porté aux conflits, son intelligence, sa culture. Tous les observateurs notent que Louis XV se sent en confiance avec un homme qui ne cherche pas à lui en imposer et dont le caractère se rapproche plus du sien que de celui du bouillant Choiseul. Lorsque ce dernier ubliert un remaniement ministériel, en octobre 1761, après avoir menacé de quitter son poste à la Guerre, s'il est autorisé à cumuler celui-ci avec la Marine et à transmettre les Affaires étrangères à son cousin Choiseul-Praslin, il échoue à évincer Bertin. Il lui faut deux ans de plus pour parvenir à le « culbuter ».

Tenu le 31 mai 1763, un nouveau lit de justice destiné à faire enregistrer de nouveaux impôts par le Parlement est suivi d'une dégradation des relations avec celui-ci, Choiseul ayant délibérément soufflé sur les braises. Le 12 décembre, on apprend que le janseniste Laverdy devient contrôleur général des Finances. Bertin renaît pourtant de ses cendres en obtenant un cinquième secrétariat d'État, « petit ministère » créé spécialement à son intention, où il s'occupe de nombreuses choses, dont les fonds privés du roi ainsi que les pensions versées à ses maîtresses et à ses bâtards. Madame de Pompadour n'a plus que quelques mois à vivre. Elle a passé le relais à un dernier fidèle, peut-être depuis longtemps associé aux entreprises très secrètes relatives aux amours du souverain.

Elle éprouve en effet une vive amitié pour Bertin, homme modeste et discret, à la sante delicate, comme la sienne. D'autres similitudes les rapprochent. Leurs peres respectifs n'ont-ils pas amassé une fortune de la même manière, à travers le système de Law, sans plus de scrupules l'un que l'autre, et n'ont-ils pas quitté la roture pour la noblesse grâce aux services rendus à des grands personnages et à des financiers ? Ne cumulent-ils pas tous deux de grosses prébendes issues de la même faveur royale ? Si le traitement officiel d'Henri Bertin est peu élevé, il reçoit de nombreuses autres rémunérations, pour un total d'environ 80 000 livres par an, sans compter les discrètes participations et pots-de-vins. Jouissant à Versailles d'un vaste appartement dans l'aile des ministres, il possède un hôtel à Paris, rue Neuve-des-capucines, et achète le 11 mars 1762 le domaine de Chatou, sur lequel il fait construire un château, à partir de 1770, par l'architecte Chalgrin. Célibataire, il est réputé recevoir ses invités avec une délicieuse cuisine périgourdine.

Il possède également un grand point commun avec le frère de la marquise, car il s'entoure comme lui d'hommes de confiance véreux pour le seconder dans ses tâches officielles, puis prétend tardivement, à l'instar du marquis de Marigny, qu'ils l'ont volé et sont les seuls responsables du désastre financier causé. L'un de ces requins, Edme David Le Seurre, premier commis et secrétaire de Bertin au contrôle général, puis au secrétariat d'État, chargé à la fois des finances personnelles de son patron et de la cassette du roi, se trouve accusé en 1775 de détournements s'élevant à plus de 400 000 livres. Licencié quatre ans plus tard, il reproche à son ancien chef d'avoir commis de tels actes, puis porte plainte contre lui en 1780. Le procès n'apporte aucune lumière, on s'en doute, mais la fin de la carrière ministérielle de Bertin paraît bien être liée à cet incident. Un autre roué, Parent, ancien premier commis, nommé en 1772 par Bertin intendant de la manufacture de Sèvres, qui dépend de son département, puise tellement dans les caisses qu'un déficit de près de 250 000 livres est révélé en 1778. Parent et ses complices sont alors embastillés, sans pouvoir rembourser les sommes subtilisées. Manquant décidément de jugement, Bertin nomme le fils de Parent pour le remplacer à Sèvres, avant de le licencier à la fin de 1779, à cause de sa gestion exécrable et de ses négligences, possible excuse pour expliquer la disparition de documents compromettants. Car peut-on réellement croire à tant de naïveté de la part d'un homme chargé pendant quatre ans des finances de l'État ? Le dossier mériterait d'être repris sous l'angle d'une longue habitude de détournement des fonds publics, avec des complicités qui à la fin se délitent, peu avant de devoir rendre compte de vingt ans de gestion. Les escrocs désignés n'auraient-ils pas permis de cacher l'implication du ministre concerné, ou pour le moins sa trop large tolérance face à des pratiques malhonnêtes ?

Qui se ressemble s'assemble ! La fin de la guerre de Sept Ans est gérée par un trio peu regardant sur les moyens de gonfler la fortune personnelle de chacun : le roi, la marquise et leur grand argentier. Une vingtaine de lettres de madame de Pompadour à Bertin témoigne de cette complicité, la favorite se faisant l'intermédiaire du maître pour inciter le contrôleur général à défier les parlements et, surtout, à refuser la transparence budgétaire que ceux-ci réclament. Ces plébéiens, comme elle les appelle, n’exigent-ils pas de connaître les dépenses engagées sur un simple « bon » du souverain, sans mention de la somme ? Malgré les accents qu'elle sait prendre pour la galerie en prétendant que Louis XV veut ménager les souffrances de son peuple, elle réclame sans cesse des efforts, en son nom et au sien. Bertin trouve les fonds, on ignore comment, car elle remercie et cajole tendrement celui qu'elle appelle « mon controleur » ou « contrôleur à moi », ce qui veut tout dire. L'une des missives va même bien au-delà de l'amitié...

Source : Madame de Pompadour, de Robert Muchembled.

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01 mars 2020

La Soutière émigré

Sardain de La Soutière (dit Doirat) (Léon-Aubin) : fils de Joseph, seigneur de La Soutière, Reilhac, Pont-des-Tables, Conseiller secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France, et de Catherine-Reine (alias Renée) Naulin - né à Reilhac, paroisse de Grénord-L'eau le 22 sept. 1752 - domicilié à Fonfais, paroisse de Cellefrouin.

Emigré, 6 oct. 1791 - se rendit au cantonnement de Binche en Hainaut, 1e nov. - rejoignit au cantonnement de Münster-Mayenfeld les gentilshommes de Saintonge, Angoumois et Aunis et entra, mars 1792, dans la 2e Cie d'inf. - passa en mai dans la 1re Cie - y fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes - inscrit à la liste générale des émigrés comme domicilié à La Rochefoucauld le 2 juin 1792 - passé à l'armée de Condé, 13 nov. 1794 - répondants : Guiot et Chev. Guiot de Lespars - entré dans la Cie n° 12 du régiment des chasseurs nobles - passé, 12 avril 1798, dans la 12e Cie à la formation russe - se trouvait à Stephankirchen, 28 juil. 1800 - campagnes de 1794 à 1800.

Rentré en France - muni d'un passeport délivré à Poitiers est autorisé à résider à Angoulême sous surveillance, 24 fructidor an IX - fait promesse de fidélité devant le Préfet de la Charente, 6 prairial an X - amnistié, 8 nivôse an XI - en surveillance à St-Claud, messidor an XIII - « conduite tranquille, la surveillance peut être levée ».

Une indemnité de 26.154,11 F fut partagée, en 1829, entre 19 de ses neveux et petits neveux des familles Sardain-Fonfais, Vigneron-Lavalade, Sardain de Laugerie, Goursaud de La Jousselinie et Fourtou.

A. G. : 3521, 3533, 3534, 3591, 3601 - carton 11 - A. N. : F7 49912, 5796, 5808, 6083 - O3 2633, 2640, 2655 - communication abbé P. Bureau.

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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Dassier émigré

Dassier des Brosses (Joachim-Jacques) : fils de Jean-François, seigneur des Brosses et de Tourteron, et de Geneviève Decescaud - né à Tourteron, 26 janvier 1747, baptisé le 6 juin 1750, église de Saint-Simeux - Page du Roi en la Grande Ecurie sur preuves reçues par d'Hozier, 10 juin 1761.

Emigré - arrivé en novembre 1792 à Neuwied - campagne de 1792, armée des Princes dans la 4e brigade de la 1re compagnie noble d'ordonnance - domicilié à Confolens, propriétaire à Saint-Maurice et à Confolens - inscrit sur la liste générale des émigrés les 3 et 15 juin 1792.

Il serait mort à Maestricht des suites de ses blessures.

D'après la déclaration faite à fin d'amnistie le 23 prairial an X par son fils Joseph devant le Préfet de la Charente, il serait mort, aux dires de témoins, le 15 prairial an IV à Saint-Philibert (Maine-et-Loire) où il aurait résidé depuis le 7 mai 1792 - recommandé par le général La Boissière; il fut amnistié le 7 prairial an XI.

Il épousa, 13 mai 1775, Julie-Agathe Garat, morte sur l'échafaud à Paris, 13 juillet 1794 - fille de François-Joseph, seigneur de Saint-Yrieix et de Saint-Priest-Tanrion, président des Trésoriers de France au bureau des Finances de Limoges, et de Marie-Anne Benoist de Lostende.

Une indemnité de 117.402,21 F fut attribuée en 1826 à ses enfants François-Gabriel et Agathe-Marthe, épouse de Aimé-Actot-Ferréol Sardain de Fonfais.

A. G. : 3501 - A. N. : F7 5808, 5884 - O3 2641 - Callandreau - Gigon : « Victimes de la Terreur ».

Source : L'émigration militaire, de Jean Pinasseau.

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Un bourgeois de Vouzan

Enquête pour l'érection de la terre de Montbron en comté, les 11-14 septembre 1767.

Simon Héraud, sieur du Coudour, bourgeois, agé de trente sept ans, demeurant au lieu du Coudour, parroisse de Vouzan, autre temoin assigné et produit à la mesme requeste que les precedents par exploit qu'il nous a representé en datte du douse de ce mois, signé dudit Sallée le jeune, huissier, ouy et enquis sur mesmes faits dont nous luy avons fait faire lecture, apres serment par luy fait de dire veritté, depose ne point connoistre Monseigneur le procureur général de la Chambre des Comptes à Paris, bien connoistre ledit procureur du Roy ainsy que led. sieur comte de Monbron et n'estre d'aucunne des partyes parent, allié, servitteur ny domestique, et dit que l'union proposée ne peut aporter aucunne incommodité des que les justices ne sont point reunies. La terre de Monbron releve pour partie d'icelle, le chasteau d'icelle et la ville du Roy, le surplus de l'esvesché d'Angoulême; elle a la justice sur vingt deux parroisses quy viennent par appel en ce siege; elle a droit de foires, marché, banalité, gué, bean, corvée, minage, peage, plassage, Vigerie, chasse et pesche, et environ cinquante vassaux; son revenu est d'environ six mille livres de rentes. La terre de Marthon a les mesmes droits que celle de Monbron et releve en entier du Roy; elle est composée de treize parroisses quy touchent immediatement celle de Monbron, plus de vingt homages, un beau chasteau et environ quatorze cents arpents de bois quy y touchent. La dame de Saint-Martin, ayeulle du sieurde Monbron, achepta par un seul acte en mil sept cents cinquante deux, pour la somme de quatre vingt quinze mille livres, les fiefs de La Forest d'Horte, La Faye, Reservat et Peribonnis; ils sont reunis à cette terre d'où ils relevoient auparavant. Le revenu, y compris tous les objets cy dessus reunis, est d'environ quatorze mille livres de rentes. Quy est tout ce qu'il a dit scavoir. Lecture à luy faitte de sa deposition, il a dit qu'elle contient veritté, qu'il y perciste. A signé avecq nous à chasque page et n'a requis taxe. — Signé : Héraud; Cazaud; Glaumont.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1876)

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