29 mars 2020

Nobles dans la paroisse de Maisonnais au XVIIIe siècle

Aucune déclaration ne fut faite, en 1609, pour la paroisse de Maisonnais. Les registres du bureau des finances de Poitiers ne nous fournissent non plus aucune quittance de droit de franc-fief la concernant. En revanche, l'état des biens nobles et celui des sommes imposées aux possesseurs de ces biens en 1764 pour le rachat du droit d'échange, nous donnent d'utiles indications.

Etat des biens nobles de la paroisse de Maisonnais vers 1755

1° Les terres de Maisonnais et de La Vauguyon sont saisis par les créanciers de la succession de feu M. le Président Delage.

2° Le fief du Puy, Le Gouëneix et Vieux-Chateau, consistant en château, prés, bois, étangs, huict septiers de rente, sur le village de Vieux-Chateau, quatre métairies et un moulin de Fontfroide, appartient à Pierre Mousnier, écuyer, sieur de St-Etienne (noble).

3° Le fief de Château-Rocher, consistant en château, prairie, étangs, moulin, une métairie appelée de La Rousserie et quelques rentes sur le village du Dognon, appartient à M. Armand François du Laud de Château-Rocher, écuyer (noble).

Sommes imposées aux possesseurs de biens nonbles de la paroisse de Maisonnais pour le rachat du droit d'échange en 1764

(N° 171) Les héritiers du sieur de Lage, à cause de la seigneurie de La Vauguyon, paroisse de Maisonnais, payeront 240 livres.

(N° 172) Le sieur de St-Etienne, à cause du fief du Puy, payera 60 livres.

(N° 173) Le sieur Dulau, écuyer, à cause des fiefs de Chateaurocher et du Gouëneix, payera 120 livres.

(N° 174) Le sieur d'Asnières, écuyer, à cause du fief de L'Ecanie, payera 60 livres.

(Bulletin de la Société Les Amis des sciences et arts, 1911)

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La grande peur à Rochechouart

La ville de Rochechouart fut aussi grandement troublée ; M. Duléry en a recueilli et consigné le souvenir dans le récit suivant :

Des bruits vagues, partis on ne sait d'où, se répandent dans toute la France, portent la frayeur dans toutes les têtes; dans les rues, sur les places publiques, partout on s'aborde la consternation sur le visage : on est dans la stupeur. On eût dit la terre en ébullition sur le point d'engloutir ses habitants.

La veuve du vicomte de Rochechouart, dame d'honneur delà reine, passait, depuis la mort de son mari, la première moitié de l'année à Paris et l'autre à Rochechouart. Elle était de retour au château depuis le mois de juin 1789. Pierre-I'Aveugle s'était rendu, comme d'habitude, à sa rencontre, avec l'immense majorité des habitants; il l'avait complimentée et précédée en jouant du violon, avait reçu son petit écu, une bonne pitance, il était content. Personne ne s'attendait aux événements qui allaient suivre.

Cependant, la tristesse régnait au château. La vicomtesse, loin de ses enfants, était seule dans son manoir, son coeur de mère était plein d'angoisses et d'ennuis.

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, une terreur panique se répandit à Rochechouart ; vers minuit, une lettre mystérieuse, sans signature, fut remise à M. Périgord; elle annonçait que Champagne-Mouton était à feu et à sang ; que des brigands se portaient sur Saint-Claud, et que cette nuit même ils arriveraient à Chabanais. On demandait à Rochechouart un prompt secours. A l'instant même l'alerte est donnée; le tambour bat la générale, on sonne le tocsin. La ville, réveillée en sursaut, est dans une agitation difficile à décrire. On voit sortir de toutes les maisons des hommes armés de fusils de chasse, de vieux sabres, de bâtons, de fourches en fer, de haches, de broches à rôtir; des femmes échevelées portant leurs petits entants dans les bras; tous, dans un pêle-mêle épouvantable, courent çà et là, en criant : « Les brigands ! Les brigands ! Où sont-ils ! Tombons dessus !..... » Beaucoup de vieillards, de petits enfants, de femmes peureuses furent reçus au château; la vicomtesse les employa toute la nuit et tout le jour suivant à monter des pierres sur les murs pour la défense commune. Un sieur de Létang, garde du corps, se trouvait en visite chez M. Périgord de Beaulieu son parent; on place la ville sous sa protection; il est investi du commandement supérieur.

Pendant ce temps, des courriers sont envoyés dans les paroisses circonvoisines pour demander du secours; des postes sont établis sur la rouie:de Chabanais; on entasse dans la rue de Beaumousson quelques fagots pour former une barricade derrière laquelle on pourra faire le coup de feu. Le canonnier Siméon, entouré de braves qui ont fait avec lui la guerre de Sept-Ans, est à ses pièces, canons chargés et mèches allumées; Boischevet et Beaudequin ont tiré leur épéc du fourreau; le brave de Létang se multiplie à tous les postes. Cependant, les éclaireurs, envoyés à la découverte, n'apportent aucune nouvelle.

On passe la nuit sous les armes. Au point du jour, M. Longeau des Bregères, d'Oradour-sur-Vayres, arrive par la route de Chabanais. On l'arrête, on l'interroge; il répond qu'il se sauve; qu'il vient de Champagne-Mouton, où il a vu égorger des vieillards, des femmes et des petits enfants; que c'est horrible, affreux ; que tout est à feu et à sang ; qu'il court chez lui pour meure en sûreté les gens de sa maison, « Soutenez-vous ! Soutenonsnous!..... Adieu! Adieu 1 pour la dernière fois peut-être I s Et il disparaît

au galop. Ces paroles exaltent les têtes; plus de doute, s'écrie-t-on, nous sommes tous perdus ! défendons-nous jusqu'à la dernière goutte de notre sang! A mort 1 A mort ! Tout le monde était poussé par une aveugle frayeur. De toutes parts, on demandait à se confesser ; beaucoup se prosternaient aux pieds des autels; ils imploraient l'assistance de Dieu, demandaient grâce et miséricorde; les ennemis se réconciliaient; on s'embrassait, on pleurait ! Les uns couraient dans les champs, les autres allaient se cacher dans les bois. Le tambour parcourait les rues escorté d'une troupe furieuse, qui répétait le cri : Aux armes! Le canon grondait; partout on sonnait l'alarme. La terreur était si grande, les têtes tellement troublées, que l'on fut sur le point de se charger et de tirer les uns sur les autres.

Dans la journée, des milliers de paysans, plus exaltés les uns que les autres, armés de la façon la plus bizarre, arrivèrent des communes voisines. Les habitants de Rochechouart reçurent chez eux ces nouveaux soldats et leur fournirent des vivres à profusion. Toute la journée on fut sur le qui vive; au moindre bruit, c'étaient des transes impossibles à décrire. A chaque instant, quelqu'un courait au château en criant : « Les voilà ! Les voilà ! » Et toujours des cris de mort entretenaient l'irritation générale. Plusieurs personnes étaient montées dans le clocher, d'autres dans les combles du château pour explorer au loin la campagne. Tout à coup, on signale sur le chemin de Chassenon un tourbillon de poussière : « Les voilà ! Les voilà ! » s'écrie-t-on. On se met sur la défensive, on est près à faire feu ; mais rien ne vient. Une compagnie des plus impatients est envoyée en avant ; elle rencontre, près du village de Londeix, des troupeaux de moutons qui paissaient le long du chemin. C'étaient ces animaux inoffensifs qui produisaient les tourbillons de poussière, cause de tant d'émoi. Nos bravés revinrent annoncer leur découverte à leurs camarades impatients; mais ils furent la cause involontaire de nouvelles alarmes; à leur approche, on se met à crier de plus belle : « Les voilà ! Les voilà ! » La confusion est à son comble ; on croit déjà les brigands dans la ville ; on fuit de toutes paris. Quelle journée !... Toujours l'ennemi, l'ennemi partout et point d'ennemi! Enfin, le calme revint ; puis, suivant l'habitude nationale, on rit et l'on chanta.

Il paraît que tout le monde ne riait pas à la fois ; on parla d'or et d'argent cachés, de bourses volées. M. Roudeau, apothicaire, perdit entre autres six mille francs qu'il avait enfouis dans sa cave.

Nous avons trouvé des notes écrites de la main de M. Simon, médecin, père de M. Simon-Hilaire, juge de paix du canton de Rochechouart et membre du conseil général. Dans ces notes, M. Simon rapporte que : « Dans la nuit du 28 au 29 juillet 1789, il fut répandu dans tout le pays que des brigands inondaient et ravageaient partout, passant au fil de l'épée tout ce qui s'opposait à leur course. Déjà on était venu nous annoncer que Ruffec, Saint-Claud, Champagne-Mouton étaient en cendres et que les brigands élaient prêts a fondre sur Chabanais. A ces tristes nouvelles, au milieu de la nuit, on sonna l'alarme. Tous les citoyens s'assemblent sur la place; on conduit les femmes et les enfants dans le château qui offrait une défense plus sûre en cas d'attaque et chacun s'arme en attendant l'ennemi.

« Toutes les paroisses voisines se rendent ici en armes. La nouvelle, vérifiée, se trouva, le lendemain, sans fondement ; chacun en fut quitte pour la peur, et notre ville pour la consommation du pain et de la farine qu'on pouvait avoir encore à la fin d'une année où l'on avait été à la veille de la famine. Telle fut l'époque et l'origine des gardes nationales de nos provinces; car dès ce moment, tout le monde resta armé, craignant toujours quelque ennemi caché. ».

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1902)

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La permanence de la terre

A priori, se donner pour maire un grand propriétaire traduit la permanence d'un état archaique du fait politique, marqué du sceau de la persistance des hiérarchies traditionnelles validées par le suffrage universel. La terre occupe, il est vrai, une place prépondérante parmi les valeurs de la droite conservative et la majorité de maires-propriétaires issus de cette famille politique en rend compte.

Le découpage administratif inauguré par la Révolution a pu, en outre, conforter le poids patrimonial de quelques grandes familles à l'intérieur des limites communales. Ce qu'Annie Bléton-Ruget constate dans la Bresse louhanaise s'applique aussi à quelques communes hautes-viennoises : les Des Monstiers-Mérinville à Nouic, les De L'Hermite à Augne assoient leur pouvoir municipal sur leur fortune foncière et, dans ce dernier cas, ce poid s'exerce indépendamment des choix politiques exprimés par les électeurs lors des consultations nationales. Il ne faut pourtant pas en déduire hâtivement que seules les familles aristocratiques tireraient ainsi leur épingle du jeu.

Des dynasties démocrates doivent à la terre au moins une partie de leur richesse. Ainsi le docteur Roche à Oradour-sur-Vayres possède en 1913, date de la rénovation de la matrice cadastrale, 165 hectares. Né à La Rochefoucault en 1853, il s'allie par mariage à la puissante famille Longeaud dont cinq membres figurent au nombre des onze propriétaires de plus de 50 hectares de la commune. Il succède comme médecin à son beau-père, Edouard Longeaud-Laubanie, et occupe à son tour le fauteuil de maire de 1884 à 1921 puis celui de vice-président du conseil général. La présence de ces grands propriétaires à la tête de la commune ne va nullement à l'encontre de la tradition de gauche d'Oradour-sur-Vayres : pendant la Révolution Pierre Longeaud-Desbrégères, bourgeois de robe, acquéreur en 1786 du château des Brosses, se distingue par son ultra-jacobinisme. Artisan de la fortune foncière des Longeaud-Laubanie — dont il est l'ancêtre direct —, dénué de scrupules, il met à profit la confusion qui règne alors pour accroître ses propriétés. Si ces générations d'élus contribuent à engager Oradour-sur-Vayres sur le chemin de la modernité politique incarnée par la République, c'est pourtant bien à une « fossilisation des structures sociales » fondée sur la hiérarchie de la possession de la terre qu'ils doivent de présider aux destinées locales, position grandement facilitée par l'importance de la micropropriété paysanne dans la Châtaigneraie limousine.

Source : Le département rouge, de Dominique Danthieux.

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Généalogie Goursaud de Merlis

Goursaud de Merlis.

Voir la généalogie complète dans le Beauchet-Filleau.

I. N. Goursaud, qui vivait vers 1650 eut deux enfants :

1. Jacques.

2. Louise mariée vers 1660 à Philippe Périgord, notre aïeule.

II. Jacques Goursaud, se maria vers 1670 et eut au moins :

III. Jacques Goursaud, sr de la Jousselenie, mort en février 1742 eut un fils, prouvé par une enquête du 17 octobre 1740 devant l'official de Limoges pour accorder des dispenses de mariage.

D'où :

1. Jean-Baptiste.

2. Jean-Baptiste-Noël Goursaud, sr de Laumont, avocat en Parlement, juge sénéchal de la vicomté de Rochechouart épouse Josiane-Françoise Charon.

D'où :

a. Jean-Baptiste Goursaud de Laumont, sr de Chandeau, avocat en parlement, juge-sénéchal de Rochechouart, qui épouse le 26 août 1760 à Oradour-sur-Vayres Marie de Lathière, fille unique de Jacques-François de Lathière, sr de Lavergne, avocat en Parlement et controleur des actes et syndic à Oradour, et de Marie Vigneron.

D'où :

A. François Goursaud, sr de Laumont, avocat, propriétaire de Mascureau en Rochechouart, épousa à Saint-Savin de Poitiers le 15 janvier 1788 Marie-Radegonde Dupuy, fille de feu François Dupuy, éc, sgr de la Jarrie, trésorier de France au bureau des finances de cette ville et de feu Marie-Radegonde Huret.

D'où :

&. Jean-Baptiste Goursaud de Laumont-Chandeau, né vers 1789, mort à Rochechouart le 27 juin 1817 qui épousa vers 1815 Marie Lathière-Laborderie, fille de Jean de Lathière, sr de la Borderie et de Marie Marcillaud du Mas.

IV. Jean-Baptiste Goursaud, sr de la Jousselenie et de Merlis, avocat en Parlement épousa d'abord Catherine de la Rapidie qui testa le Ier juin 1738, puis le 7 novembre 1740 Louise Périgord, sa cousine, fille de Jean, sr de la Guinandie, subdélégué à Rochechouart et d'Anne de Marcillac.

Il paya 17 livres pour le fief de la Jousselenie, il décéda le 27 août 1749. En 1734-1736, devant Rivet Jeune à Ambernac, il est procureur de Dlle Catherine de la Rapidie.

D'où du second lit :

1. Jean-Baptiste.

2. Anne religieuse de la Visitation.

3. Catherine mariée le 7 septembre 1783 à St-Sauveur de Rochechouart à Antoine Lacroix-Delagrange.

4. Catherine (peut-être même que 3) mariée le 7 mai 1776 à Guillaume de Londeix, éc, sgr de Puytignon, chv de St-Lazare et chevau-léger de la Garde du Roi.

V. Jean-Baptiste Goursaud de Merlis, né à Rochechouart en 1745, marié en 1773, il a neuf enfants, dont sept encore vivants en 1793, d'abord gendarme du roi, trésorier de France de 1775 à 1790, puis administrateur des domaines nationaux de la Haute-Vienne, il fut élu en 1790 et en 1791 membre du conseil général de la Haute-Vienne, fonction qu'il occupa jusqu'à la fin de 1792, il habitait avec sa famille sur la place de l'Eglise mais ses fonctions l'obligeaient à de fréquents déplacements.Il avait acheté en 1791 la propriété de Puy-Chevalier à Oradour-sur-Vayres à un M.de Croizant, émigré depuis. Craignant des ennuis du fait de l'émigration de son vendeur, de Merlis se fit confirmer sa qualité de légitime propriétaire par le district de St-Junien et par le directoire de la Haute-Vienne (juin 1792) mais en décembre 1792 le directoire qui venait d'être renouvelé revint sur sa décision et décréta le séquestre du Puy-Chevalier. Après avoir en vain essayé d'obtenir justice à Saint-Junien et à Limoges, de Merlis partit pour Paris le 15 février 1793, obtint de Rolland, ministre de l'Intérieur une lettre, adressée au directoire de la Haute-Vienne, qui le remettait dans ses droits. Mais apparemment une telle décision ne convenait pas au comité de salut public de Limoges tout récemment créé, car le 15 avril à peine rentré de Paris, il fut arrêté par la garde nationale de Rochechouart, incarcéré à la Visitation à Limoges où son fils aîné ne tarda pas à le rejoindre tandis que Madame de Merlis était mise en état d'arrestation chez elle. De Merlis ignorait tout des causes de son arrestation de même que le comité de surveillance de Rochechouart qui écrivait le 9 plûviose an II (28 janvier 1794) n'avoir "aucun fait à lui imputer, sauf celui d'avoir eu de fréquentes relations avec la veuve Pontville, ainsi que d'autres aristocrates de sa connaissance". En fait de Merlis était en but à la haine de certains de ses collègues du conseil général.Il était de plus sous le coup de deux poursuite différentes toutes deux du fait de correspondances avec des émigrés.Il avait en effet échangé des lettres pleines de sous-entendus transparents avec un de ses cousins Babaud-Lafordie de Confolens arrêté à la même époque, d'autre part avec la vicomtesse de Rochechouart et avec sa mère.

Après dix mois de détention, il fut mis en route sur Paris le 5 février 1794 avec cinq autres personnes poursuivies pour le même motif, il fut enfermé à la Conciergerie le 15. Interrogé pendant quelques minutes le 23 février, il comparut le 18 mars devant le tribunal révolutionnaire, ne put se faire entendre, fut condamné à mort ainsi que les six inculpés de la fournée et exécuté le jour même.

Madame de Merlis en réclusion à son domicile apprit par une gazette l'exécution de son mari et la confiscation de ses biens.

La question du Puy-Chevalier se trouva ainsi résolue, "moins d'un mois après l'exécution de son véritable propriétaire, on annonçait la mise en adjudication en deux lots, le 17 floréal (6 mai) le principal d'entre eux comprenant le château, fut adjugé à bon compte à Longeau-Desbrégères, membre du directoire du département, le second lot fut attribué dans la même séance à L. Mandon Forgeas qui le revendit une dizaine d'années plus tard au même Desbregères". L'Etat encaissa 19455 livres pour une propriété qui en valait cinq fois plus.

Voir les ouvrages de l'abbé Leclerc : "Le Limousin et la Marche au tribunal révolutionnaire", à Limoges, Ducourtrieux, 1912 et P. Gaumy : "Un groupe d'habitants de Rochechouart devant le tribunal révolutionnaire".

Il épousa le 24 mars 1773 dans la chapelle du château de Montcheuil en Dordogne Marie-Radegonde Moreau de Villejalet, fille de Jean-Thibault-Nicolas, baron de Montcheuil et de Marie-Philiberte de Marcillac, la touchante lettre qu'il écrivit à sa femme la veille de sa mort a été publiée plusieurs fois.

D'où :

1. Guillaume-Jean Goursaud de Merlis, baptisé à St-Sauveur de Rochechouart le 24 mars 1776, mort le 10 septembre 1810 qui avait épousé le 16 fructidor an VI (2 sept 1798) Philiberte-Marie de Maillard, d'où descendance jusqu'à nos jours.

2. Félicité-Catherine mariée le 16 vendémiaire an XI (8 oct 1802) à Robert Chabaudie du Peyrat.

3. Adrien-Sicaire-Charles Goursaud de Merlis, né le 6 et baptisé le 8 février 1781 à St-Sauveur de Rochechouart, parrain Adrien-Sicaire de Texier, sgr de Talivaud, chv de St-Louis (notre aïeul), représenté par Charles Périgord, éc, sgr de Beaulieu, marraine Dame Henri-Radegonde de Moreau épouse de Pierre de Maillard, éc, sgr de la Combe.

Il fut élève à polytechnique en 1800 (cf dictionnaire des ingénieurs), colonel du génie, officier de la Légion d'Honneur, chv de St-Louis et de Saint-Ferdinand d'Espagne, commanda la place de Sarragosse après sa prise en 1809.

Il n'eut pas d'enfants de Marie-Joséphine-Sylviane de Chastagnac de Sussac (1774-1853), qu'il avait épousé le 8 juin 1818, petite-fille de Charles Chastaignac, baron de Sussac époux d'Anne de Laumonerie.

Il mourut à Limoges le 3 juin 1859.

Ce sont peut-être eux qui ont légués à Marie-Catherine Desmier de Chenon-Grosboust, petite-fille d’une Périgord et donc parente proche les tout petits chaussons de mariée que conserve Marie-Françoise Regnault-Derche (d’après ce qui est indiqué presque effacé au crayon sur les chaussons elle serait morte après [35] 55 ans de mariage).

4. Henriette, née à Rochechouart, le 26 février 1782, mariée à Martial Descubes du Peyrat, capitaine d'infanterie, décédée le 30 avril 1878 à St-Laurent-sur-Gorre.

5. Charles-Ambroise, né le 15 novembre 1783, parrain Adrien-Ambroise de Texier, notre aïeul.

Il fut tué accidentellement le 9 fructidor an VIII (27 août 1800).

6. Ursule-Radegonde, née à Rochechouart le 17 août 1786, mariée à Jean de Gentils de St-Romain, morte à Limoges le 18 mars 1828.

7. Agathe-Radegonde, jumelle, épousa le 10 juin 1811 Pierre Patronnier de Gandilhac, décéda le 20 juin 1855.

8 et 9 enfants morts en bas-âge.

Source : Pierre Driout.

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Registre de famille d'Ambroise Périgord

Registre de famille d'Ambroise Périgord, sieur de la Guinaudie, subdélégué de l'Intendant de Poitiers à Rochechouart (13 Juillet 1751 — 19 Mars 1764)

Le Livre de raison ci-après, dont nous devons un extrait à M. Soury Lavergne, de Rochechouart, est celui d'Ambroise Périgord, sieur de la Guinaudie, avocat au parlement, subdélégué de M. l'Intendant de Poitiers, à Rochechouart II était fils de Jean Périgord, aussi avocat et subdélégué, et d'Anne de Marcillac. Il acheta en 1757 la charge de secrétaire du roi.

Dans ce registre, on trouve la mention de son mariage en 1751, celle de la naissance et de la mort d'un certain nombre de ses enfants, ainsi que du décès de son père, enterré dans l'église, de Rochechouart en 1755. Ces notes de famille ne se continuent pas audelà de 1764, quoiqu'il y ait eu des naissances au moins jusqu'en 1770. Elles nous donnent cependant de fort intéressants renseignements sur plusieurs membres de cette nombreuse famille, dont les noms se retrouvent dans l'histoire de la Révolution.

André Lecler.

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Du treize juillet mille (sic) sept cent cinquant-un, à onze heures et demie du matin, je me suis marié avec demoiselle Anne-Antoinette de Létang, fille de feu Messire Jean de Létang, écuyer, et de dame Marie Vidaud. Notre mariage a été célébré dans l'église paroissiale du domicile de ma femme, par Messire Léonard de Marcillac, bachelier en théologie, curé de Rochechouart. mon oncle, en présence de Mr Malmanche, curé dudit Saint-Germain, et des parents et amis de part et d'autre.

Périgord.

Le vingt-trois avril mille sept cent cinquante-deux [est né] Messire Jean-Julien-Ambroise Périgord, mon fils et de damme Anne-Antoinette de Létang, mon épouse, à trois heures après midy. Mon père a été parrain ; Madame de Létang, marraine : Ma mère a porté pour elle. A été baptisé le même jour.

Périgord.

Le trois mars mille sept cent cinquante-trois, à huit heures du soir, est né Charles-Ambroise Périgord, mon fils et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse (1) ; a été baptisé le lendemain en l'église de Rochechouart par Mr de Marcillac curé du lieu. Le parrain a été M. de Létang, garde du roy, mon beau frère : Jean Goursaud de Merlis mon neveu (2) portant pour luy. Ma mère a été marraine.

Le même jour m'est né un autre fils, qui est mort après avoir reçu l'eau.

Périgord.

Le vingt-trois juin mille sept cent cinquante-quatre, à dix heures du matin, m'est né Jean-Julien Périgord, mon fils (3), et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse. A été baptisé le même jour par Mr de Marcillac, curé de Rochechouart. Le parrain a été mon père ; la marraine dame Marie-Magdelaine de Létang, ma belle-soeur, épouse de Messire Louis-Clément de Méchain, écuyer, seigneur de la Toucherolle: demoiselle Louise Périgord ma soeur portant pour elle.

Périgord.

Le dix-huit janvier mille sept cent cinquante-cinq, à deux heures du matin, est mort Me Jean Périgord, avocat en parlement, subdélégué au département de Rochechouart, mon père : A été enterré le lendemain en l'église de Rochechouart.

Périgord.

Le treize juin mille sept cent cinquante-six, m'est né Nicolas Périgord, mon fils, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisé à Rochechouart le lendemain par Mr de Marcillac, curé dudit lieu. Messire Nicolas de Marcillac, écuyer, mon oncle, a été parrain : Mr Pierre de la Rapidie, de Sainte-Marie-de-Veaux, tenant pour luy ; dame Catherine Périgord de Bellivier, ma soeur, marraine.

Périgord.

Le vingt-un novembre mille sept cent cinquante-sept, à onze heures du soir, m'est né Léonard-Louis-Xavier Périgord, mon fils, et de dame Anne-Antoinette de Létang mon épouse : A été baptisé à Rochechouart, le lendemain, par M. Aubin Buisson, curé de Saint-Auvent. Messire Léonard-Charles de Marcillac, curé de Rochechouart, mon oncle, a été parrain ; dlIe Louise Périgord, veuve de feu sr Jean Goursaud de Merlis, avocat, ma soeur, marraine.

Le sept mars mille sept cent cinquante-neuf, à dix heures du soir, m'est né Jean-Charles Périgord, mon fils et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : a été baptisé le lendemain, à Rochechouart, par Mr de Marcillac, curé dudit lieu : M. Jean Babeaud de Bellivier, procureur du roy de l'élection de Confolens, mon beau-frère, a été parrain : Charles-Ambroise Périgord mon fils tenant pour luy ; dame Françoise Périgord, ma soeur, épouse de Messire Adrien-Sicaire Texier, écuyer, gendarme de la garde du roi, a été marraine (4).

Le vingt-huit février mille sept cent soixante, à deux heures du matin, m'est née Anne-Antoinette Périgord, ma fille, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisée le même jour à Rochechouart, par Mr le curé dudit lieu : Le parrain a été Messire Adrien-Sicaire Texier, écuyer, gendarme de la garde du roy, mon beau-frère: Ambroise-Adrien Texier, son fils, tenant pour luy ; marraine, manière.

Périgord.

Le douze mars mille sept cent soixante-un, à deux heures du matin, est né Jean-Anne Périgord, mon fils (5), et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse. A été baptisé à Rochechouart, le même jour, par M. le curé du dit lieu. Le parrain a été M. Jean Babaud de la Fordie, avocat en parlement, mon neveu ; la marraine Dame Anne-Julie de Couvidou (?), épouse de Mr Jean-Charles de Létang, écuyer, garde du roy : ma mère tenant pour elle.

Périgord.

Le mille sept cent soixante un, est morte AnneAntoinette Périgord, ma fille, et a été enterrée le lendemain dans l'église paroissiale de Saint-Pierre de Vaires.

Le seize mars mille sept cent soixante-deux, à onze heures et demie du soir, m'est née Anne-Antoinette Périgord, ma fille, et de dame Anne-Antoinette de Létang, mon épouse : A été baptisée à Rochechouart le lendemain par M. le curé du lieu. Charles-Ambroise Périgord, écuyer, mon fils, a été parrain ; dame Anne de Marcillac, ma mère, marraine.

Périgord.

Le vingt-trois avril mille sept cent soixante-trois, au matin, est né Ambroise Périgord, mon fils, et de dame AnneAntoinette de Létang, mon épouse (6) ; a été baptisé à Rochechouart le même jour par M. le curé dudit lieu. Le parrain a été Jean-Julien Périgord, mon fils, et marraine Anne de Marcillac, ma mère.

Périgord.

Le dix-neuf mars mille sept cent soixante-quatre, m'est née Catherine-Louise Périgord, ma fille, et de dame AnneAntoinette de Létang, mon épouse (7). A été baptisée le même jour à Rochechouart. Le parrain a été Nicolas Périgord, mon fils, et marraine Goursaud du Ghalenet, ma nièce (8).

Périgord.

Notes :

1. Le nom de Périgord de Beaulieu a été porté par CharlesAmbroise, l'ainé des enfants d'Ambroise Périgord. C'est lui qui épousa Anne-Françoise Bourdeaux de Lajudie et ce nom passa ensuite à son fils Hippolyte Périgord de Beaulieu, né en 1790 et mort en 1851. C'est donc sans raison que M. Maurice Ardant, dans sa Notice sur l'église paroissiale de Saint-Pierre du Queyroix, appelle « Périgord-Beaulieu », Jean-Charles Périgord.

2. Jean-Baptiste Goursaud de Merlis, trésorier de France, fils de Louise Périgord, et Jean Babaud de Lafordie, juge, fils de Catherine Périgord, tous deux neveux d'Ambroise, ont été condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, et guillotinés le 18 mars 1794, le même jour que leur tante Françoise Périgord, épouse Texier.

3. Jean-Julien prit le nom de Villechenon, qui plus tard fut porté par son frère cadet, père de M. et de Melle Périgord de Villechenon, de Confolens. Il fut curé de Marval en 1782, puis professeur de théologie au collège royal de Limoges en 1787. Il prit une part active à la lutte théologique que souleva à Limoges le discours de Foucaud, président du club. Etant allé à Paris, il y fut arrêté et enfermé aux Carmes. Il allait y être massacré, avec les autres prêtres ses codétenus, lorsqu'il fut reconnu par un homme de Rochechouart, qui le fit évader. Il se réfugia en Angleterre. Après la Révolution, il fut curé de Rochechouart jusqu'en 1813, puis vicaire général et officiai de Limoges jusqu'à sa mort, arrivée en juin 1821.

4. Jean-Charles Périgord des Borderies fut vicaire, puis curé de Marval jusqu'à la Révolution. Il passa en Espagne. A son retour, il fut d'abord curé de la Chapelle-Montbrandeix, et peu après, en 1803, curé de Châlus. Nommé en 1820 à la cure de Saint-Pierre-du-Queyroix, à Limoges, il y est mort en 1832. M. Maurice Ardant, dans sa Notice historique sur Saint-Pierre-du-Queyroix, se trompe en le nommant Jean-Baptiste Périgord-Beaulieu. Son prénom est Jean-Charles, et on remarque qu'il portait le nom de Périgord-des-Borderies et non de Beaulieu. Le même auteur est encore dans l'erreur en le disant ancien curé de Rochechouart; c'est son frère Jean-Julien qui avait été curé de cette ville. La marraine de Jean-Charles est la victime du tribunal révolutionnaire de Paris, que je signale dans une note qui précède, et son parrain est le père de R. Babaud de Lafordie, qui périt le même jour qu'elle.

5. Jean Périgord de Villechenon fut admis à l'école de génie et fut nommé chef de bataillon, sous-directeur des fortifications, le 7 brumaire an IV (29 octobre 1795). Fait prisonnier au siège de Mantoue, il rentra en France le 24 pluviôse an XII (14 février 1804); fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, se retira à Confolens, où il mourut le 20 février 1810.

6. Ambroise Périgord, dit de la Guinaudie, était Génovéfain avant la Révolution ; il est mort curé de Theuvy, au diocèse de Chartres.

7. Catherine-Louise Périgord a épousé M. Emmanuel de Villoutreix, chevalier de Saint-Louis, frère de l'évêque d'Oléron. Elle a été la principale fondatrice de l'hôpital de Rochechouart. Etant devenue veuve, elle s'est même consacrée, dans cet hôpital, au soin des pauvres malades. La Mère de Villechenon, religieuse de Saint-Dominique à Magnac-Laval, morte en 1836 ou 1837, était la soeur de Melle de Villoutreix. Elle a été la première supérieure des soeurs de son ordre, à l'hospice de Rochechouart, en 1825, à la suite de la fondation qui fut exécutée par leur frère Jean-François Périgord des Conties, curé d'Oradour-sur-Vayres.

8. Ces notes ne vont pas plus loin. Elles devraient encore mentionner : Marie-Anne, née le 14 février 1765 ; Jean-François Périgord des Conties, né le 26 février 1766, qui fut vicaire de son frère à Marval en 1790; il émigra en Espagne ; après la Révolution, il fut curé de Bieunat en 1802. puis curé d'Oradour-sur-Vayres en 1821; il est mort dans cette dernière paroisse en 1851; — Jean-Baptiste Périgord, qui mourut âgé d'environ 16 ans, au collège de Magnac-Laval, où il était élève de rhétorique, le 7 juin 1783; — Louis, né le 5 avril 1768; — Monique et Radegonde, baptisées le 5 juin 1770.

(Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, 1901)

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Un officier de la garde de Louis XIV

Yrieix Chouly de Permangle, né à Saint-Yrieix vers 1604, était fils de Paul de Chouly, sieur de Permangle et de Montchaty, et de Françoise de Gentils.

Son aïeul paternel, Yrieix Chouly, sieur de Montchaty, élu pour le roi en l'élection du Limousin, fut le premier maire de la ville de Saint-Yrieix, en 1565.

Lors de la recherche de la noblesse, en 1666, d'Aguesseau, intendant de la généralité de Limoges, avait rendu un jugement de maintenue, en faveur de cette famille, sur une preuve de six générations.

Les armoiries de cette famille étaient : d'or à une fasce d'argent surmontée de trois.fleurs de pavot de même et une feuille de châtaigner d'or en pointe.

Permangle débuta dans la vie militaire sous le règne, de Louis XIII, à l'âge de 16 ou 17 ans ; l'an 1621, il entra dans la carrière des armes, où il devait rester pendant 55 ans, c'est-à-dire jusqu'en 1676.

Au mois de mai 1621, les protestants ou religionnaires se révoltèrent contre l'autorité royale dans le Languedoc et la Haute-Guienne : ils avaient pour chefs principaux le duc de Rohan et son frère le duc de Soubise. Louis XIII entra en campagne, ayant avec lui le duc de Luynes et plusieurs seigneurs. Vers la fin de mai, il assiégea la ville de Saint-Jean-d'Angély, où commandait le duc de Soubise, et l'obligea de se rendre le 26 juin. C'est à ce siège que Permangle fit ses premières armes et signala sa valeur.

Le 18 août, Louis XIII investit Montauban, dont le siège dura trois mois sans succès. Le roi leva le siège le 18 novembre avec une perte de huit mille hommes et de plusieurs officiers de distinction. Dans ce siège, Permangle donna des preuves de bravoure qui lui méritèrent les faveurs du roi.

Quelques années plus tard, le siège de la Rochelle, un des plus célèbres dont l'histoire fasse mention, commença le 10 août 1627, et dura jusqu'au 28 octobre de l'année suivante; Permangle se distingua dans le siège de cette ville, comme il l'avait fait dans les sièges précédents.

Après avoir fait ses preuves sous le règne de Louis XIII, Permangle devait se distinguer sous la minorité de Louis XIV, pendant les guerres de la Fronde, et s'associer plus tard aux victoires de Louis-le-Grand.

Vers 1650, il fut fait maréchal des logis de la compagnie des deux cents chevau-légers de la garde ordinaire du roi ; et le cardinal Mazarin, représentant à la reine l'importance de cette charge, elle lui répondit « qu'elle n'appréhendait rien pour cette compagnie, tant que Permangle serait à sa tête ». En effet, il la commanda avec gloire pendant plus de vingt-cinq campagnes.

Louis XIV fut déclaré majeur le 7 septembre 1651. Sur la fin de ce mois, le prince de Condé prit les armes, et commença la guerre civile. Maître de tous les postes le long de la Charente jusqu'à Angoulême, il mil le siège devant Cognac ; mais le comte d'Harcourt, qui commandait l'armée du roi, vint au secours de cette place et fit lever le siège. Permangle se distingua dans cette rencontre, et à Saint-Andreas ou Saint-André de Cubzac, près de Bordeaux, il battit Balthasar et fit prisonnier le chef de l'armée ennemie.

Le 2 juillet 1652, dans la journée du faubourg Saint-Antoine, à Paris, la bravoure et l'intrépidité du prince de Condé échouèrent contre la sagesse de Turenne. Permangle se signala dans cette rencontre : à la tête de sa compagnie d'élite, il combattit vaillamment, soutenant le régiment des gardes françaises ; et, avec ce régiment, il força les barricades des Lorrains et des Espagnols, qu'il contraignit de se sauver avec désordre dans Paris.

Deux ans plus tard, Permangle fut associé aux triomphes de l'armée française. En 1672, le 6 avril, Louis XIV déclara la guerre aux Hollandais, desquels il avait reçu plusieurs sujets de mécontentement. Permangle se distingua dans cette guerre. Au passage du Rhin, le 12 juin, il fit preuve de dévouement et de courage. Malgré son âge avancé — il avait plus de soixante-dix ans — il se jeta hardiment au milieu du fleuve, méprisant et la rapidité du courant, et le nombre des ennemis, qu'il mit en déroute en arrivant sur l'autre rive du fleuve. Le roi, « que Sa Grandeur attachait au rivage », le voyant s'élancer et combattre, le proposa pour modèle aux autres officiers de son armée et résolut de le récompenser.

Louis XIV avait donné à la compagnie de Permangle son premier étendard avec la représentation du soleil, et au-dessous celte devise : Nec pluribus impar. Les Hollandais opposèrent à l'étendard et à la devise du roi un drapeau où était représenté Josué arrêtant le soleil avec cette devise : Sol, sta ! soleil, arrête-toi !

Au mois de juin 1673, Louis XIV se mit en campagne et fit le siège de Maëstricht : après 14 jours de tranchée, le 30 juin, il se rendit maître de cette place. Permangle, déployant son étendard où figurait le soleil, alla affronter la mort sous les murs de cette place. Etant à la tranchée, il reçut une blessure à la tête, et quoique il versât beaucoup de sang, il ne se retira de son poste que sur l'ordre du roi, qui le fit visiter dans sa tente par ses propres chirurgiens.

Il suivit le roi victorieux dans la conquête de la Franche-Comté (1674) et du duché de Limbourg (1675).

Après cinquante-cinq ans de services militaires sous le règne de Louis XIII et sous celui de Louis XIV, après avoir commandé la garde du roi pendant vingt-cinq campagnes, Permangle avait droit à la retraite.

Le roi, par lettres patentes datées de Saint-Germain-en-Laye, le 2 janvier 1676, donna à Permangle, pour le récompenser de ses services, le gouvernement de la ville et de la cité de Limoges. Dans la lettre que Louis XIV écrivit à ce sujet aux consuls de Limoges, il s'exprimait ainsi :

« Chers et bien amés. Les bons et agréables services que notre cher et bien amé Chouly, sieur de Permangle, a rendus au feu Roy de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, et à nous, pendant cinquante-cinq années, tant dedans que dehors notre royaume, nous ayant convié luy donner des marques publiques et honorables de l'entière satisfaction que nous en avons reçue, nous avons créé et établi en sa faveur un gouvernement dans notre ville de Limoges, et voulant qu'il jouisse de tous les droits, privilèges, prérogatives et prééminences qui sont attachés à cette dignité,

Nous vous mandons et ordonnons de reconnaître le dit sieur de Permangle en la susdite qualité de gouverneur de notre ville et cité de Limoges. »

Permangle fut installé gouverneur de la ville et cité de Limoges le 30 août 1676, dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville.

Les lettres patentes de Louis XIV commencent ainsi :

« Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et dé Navare, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Ayant jugé à propos pour le bien de nostre service et l'avantage particulier des habitans de nostre ville et cité de Limoges, d'y establir dores en avant un gouverneur, nous nous portons d'autant plus volontiers a créer et a establir ce gouvernement en faveur du sieur de Permangle, maréchal des logis de la compagnie des deux cents chevau-légers de nostre garde, que, ayant une connaissance plus particulière de son courage et de son expérience au fait des armes dont il nous a donné des preuves glorieuses en plusieurs occasions importantes, nous avons lieu d'espérer qu'il nous servira dans ce gouvernement avec la mesme satisfaction qu'il a faict jusques a présent dans les divers emplois que nous lui avons confiés dans la guerre, etc. »

Permangle ne jouit que pendant trois ans de son titre de gouverneur de Limoges ; il mourut au château de Brie, commune de Champagnac, dans les premiers jours de janvier 1676. Le père Bonaventure nous a laissé des détails édifiants sur la mort chrétienne de ce vaillant soldat, qu'il a puisés sans doute dans l'oraison funèbre du père Séraphin Avril...

« Etant malade, il prit congé de sa femme, la consola de cet accident, se prépara à la mort, qu'il accepta de bon cœur, et appela un confesseur, sans qu'on l'y exhortât, se confessa avec, des marques visibles de l'amertume de son coeur, tenait sans cesse le crucifix, et quand on voulait le lui ôter, il disait : « Laissez-moi l'image de mon Dieu, dont la mort fait toute mon espérance. » Il reçut ensuite le viatique et l'extrême-onction, avec de grands sentiments d'humilité et de respect, qui tiraient des larmes des yeux de tous les assistants. Il faisait ensuite des actes d'espérance en la miséricorde de Dieu, du mépris des choses du monde, et du désir de voir Dieu ; et parmi ces saintes affections, il expira pour aller dans le séjour de la gloire ».

Cette mort rappelle celle du grand Condé qui disait avant de rendre le dernier soupir : « Nous verrons Dieu tel qu'il est, face à face : videbimus eum sicuti est, facie ad faciem.

Le père Séraphin Avril, des Augustins de Limoges, prononça l'oraison funèbre de Permangle le 10 février 1679, dans l'église de Saint-Pierre- du-Queyroix, en présence de l'évêque de Limoges (De Lascaris-Durfé), de l'intendant de la province, de Messieurs du présidial et des Consuls.

Nous lisons dans les Registres consulaires :

« Après notre nomination au consulat, nous apprîmes au mois de janvier 1679 la mort de Monsieur de Permangle, gouverneur de cette ville, décédé en son chasteau de Brie en Poitou, ce qui nous obligea d'envoyer devers Madame sa veuve un capitaine delà maison de ville avec des lettres de nostre part pour luy témoigner nostre déplaisir, et luy marquer l'intention que nous avions de luy faire faire un service dans l'église de Sainct-Pierre, afin qu'elle nous marquât le temps que ses parens voudroient se rendre en cette ville, dont elle nous remercia par la réponse qu'elle nous fit écrire.

Dudepuis, le jour de ce service ayant été pris au dixième février, et le sieur de Montchasty, frère du défunt, s'estant rendu en cette ville, ensemble ses enfants et le sieur de Sauveboeuf, son gendre, on fit dire une messe de Requiem avec une oraison funèbre dans l'église de Sainct-Pierre, qu'on avait faict tendre de deuil avee des escussons aux armes du deffunct, et beaucoup de cierges. Monsieur l'évêque de Limoges (Louis de Lascaris d'Urfé) y assista, ensemble Mr de Bezons, nostre Intendant, Messieurs du présidial et nous. On se seroit assemblé dans l'hostel de ville, selon la coutume, pour marcher de là en cérémonie à la dite église ; mais le grand hiver qu'il fit cette année ayant causé des glaces dans toutes les rues, où il était dangereux de marcher, on s'assembla dans la maison de Mr le curé de Sainct-Pierre, qui dict la messe, et on en sortit, savoir : Monsieur de Limoges, le premier, qui se mit à la place du curé; puis le dict sieur de Monchâti ; Monsieur l'intendant, Mr le président et Mr le prévost consul, et ensuite un parent, un officier du présidial et un consul. Le père Avril, Augustin, fict l'oraison funèbre ».

Le 14 mars suivant (1679), le P. Boniface Peyron, prieur du couvent des Augustins de Limoges, prononça dans l'église de Champagnac l'oraison funèbre de Messire Yrieix Choully de Permangle, maréchal des logis de la compagnie de deux cents chevau-légers de la garde ordinaire de Sa Majesté, gouverneur de la ville et cité de Limoges, devant le marquis de Sauveboeuf, neveu par sa femme de l'illustre défunt. Le château de Brie, où mourut Permangle, est situé dans la paroisse de Champagnac.

Yrieix Chouly, sieur de Permangle, avait épousé, par contrat du 11 janvier 1639, Anne de Saint-Mathieu; il est probable qu'il n'y eut pas d'enfants de ce mariage : car nous voyons, après sa mort, son neveu Yrieix-Julien, propriétaire de toutes ses seigneuries.

Yrieix de Chouly était chevalier, seigneur de Montchaty et de Permangle de son chef, de Puymoreau par sa femme, de Brie et de Champagnac par acquisition, et outre le titre de maréchal des logis de la compagnie de deux cents chevau-légers de la garde ordinaire de Sa Majesté, il était aide des camps et armées du roi, et son conseiller et maître d'hôtel ordinaire.

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1894)

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28 mars 2020

Une aventure de la légion Mirabeau

Le 15, à Bühl, où l'on séjourne trois semaines. C’est pendant cette période d'inaction que le vicomte, fatigué de son oisiveté, s’avise d'un fâcheux coup de tête. Il passe le fleuve avec soixante hommes, vers onze heures du soir, arrive en France tout à fait à l'improviste, se porte dans un village où il existait un club de jacobins, enlève les membres du club, le maire patriote du pays, et revient avec ses prisonniers.

Il laisse pour adieu des vers royalistes dans le corps de garde.

Cette aventure ne fut pas approuvée par le prince de Condé; il la raconte ainsi au duc de Bourbon :

« 22 août 1792,

Mirabeau m’a fait une équipée pour laquelle je l'ai destitué du commandement de son poste et mis aux arrêts dont il n’est sorti qu'aujourd’hui. Imaginez-vous que, contre mes ordres, il a passé le Rhin une nuit avec les hommes, a tué deux sentinelles, ramené des prisonniers sans avoir essuyé un coup de fusil.

On ne peut s’empêcher de dire que cela est vigoureux et que cela prouve comme ces gens se gardent. Je ne l‘ai pas moins puni comme je le devais, pour manque de subordination. C’est un brave homme, mais une tête bien dangereuse. »

L’armée de Condé continuait à rester dans l’inaction, cependant un nouveau passage sur la rive gauche du Rhin se préparait, une partie de l’armée devait traverser sur le pont de Rheinfeld et le reste avec des bateaux en dessous de Lauterbourg.

Source : Le vicomte de Mirabeau, dit Mirabeau-Tonneau (1754-1792), d'Eugène Berger.

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Mirabeau-Tonneau et l’Ancien Régime

Boniface, vicomte de Mirabeau, était le frère du comte, le célèbre orateur. Alors que le comte de Mirabeau siégeait à gauche, le vicomte trônait à droite. Le comte était gros, mais le vicomte était obèse, d'où son surnom. Né en 1754, il avait été tout de suite très difficile à élever et on l'avait envoyé dans l'ordre de Malte pour s'en débarrasser. Mais au bout de quelque temps, il avait été exclu de l'ordre pour mauvaise conduite et indiscipline. Il était alors entré dans l'armée. Il avait fait la campagne d'Amérique. A son retour, après avoir vécu dans son château du Limousin, il avait été élu député de la noblesse du Haut-Limousin en mars 1789.

Comme son frère, il a le don de bien écrire et de faire de bons mots, mais c'est à peu près les seules choses qu'ils aient en commun. Le vicomte est un fanfaron, courageux sans doute, il a eu nombre de duels, mais ce n'est pas véritablement un théoricien. Il s'est fait en quelque sorte le champion de l'absolutisme d'ancien régime, sans aucune concession. C'est l'homme qui a défendu à la pointe de l'épée ou à la tribune la contre-révolution, mais la contre-révolution avec un retour à l'absolutisme tel qu'il existait en 1788.

Il a eu du succès à l'Assemblée par ses bons mots, ses plaisanteries. Un jour, il a escaladé la tribune pour en chasser son frère. Un autre jour, il y est monté avec son épée et il l'a brisée sur sa cuisse en disant que puisqu'on avait enlevé au roi son pouvoir en lui retirant le veto absolu et en obligeant les députés à prêter serment à la constitution et non au souverain, il n'avait plus que faire d'une épée. D'autres fois, on a assisté de sa part à des scènes plus pittoresques, mais moins édifiantes, car il arrivait à l'assemblée ivre.

Enfin, il s'est fait connaître par l'affaire de Perpignan. Il était en effet colonel et commandait le régiment de Touraine-Infanterie caserné à Perpignan. Au mois de juin 1790, le vicomte se rend à Perpignan pour prendre contact avec son régiment qui commençait à être gagné par les idées révolutionnaires. Il n'arrive pas à calmer une mutinerie et brusquement quitte Perpignan en emportant les cravates, c'est-à-dire les rubans qui se trouvaient au sommet des hampes des drapeaux. Or, le règlement de l'armée, sous l'ancien régime, et les traditions, stipulaient qu'un régiment ne pouvait se former en bataille s'il n'avait pas ses drapeaux ornés des cravates. Les enlever c'était en quelque sorte dissoudre le régiment.

Le lendemain du départ du colonel, on s'aperçoit de la disparition des cravates, aussitôt on se lance à sa poursuite et, finalement, il est rejoint à Castelnaudary où il est obligé de rendre les cravates, ce qui lui a valu un deuxième surnom, celui de Mirabeau-Cravates.

Mirabeau-Tonneau ou Cravates, partisan intégral de l’Ancien Régime, admettait tout au plus l'égalité fiscale ; il était hostile à toute réforme profonde.

Sa position devait très rapidement devenir intenable et il émigra dès le 3 août 1790. Il s'installa en Allemagne où il créa une légion particulière car il ne s'entendit pas mieux avec les princes qu'avec les députés. La légion Mirabeau, ou légion noire, n'eut même pas l'occasion de se battre, car au début de la guerre, le 15 septembre 1792, Mirabeau-Tonneau mourut dans des circonstances qui demeurent mystérieuses. On a parlé d'une apoplexie, d'un duel ou d'un accident de cheval. Parmi les représentants de la contre-révolution c'est un des plus pittoresques et aussi des plus attachés à l'absolutisme.

Tels étaient les chefs de la droite en 1789 et 1790. Nous avons vu leurs idées. Aucun d'eux, sauf Mirabeau-Tonneau, n'est partisan du maintien intégral de l'Ancien Régime. Ils admettent des réformes plus ou moins développées et ce sont ces réformes qui forment le programme d'une grande partie des contre-révolutionnaires français, après 1789.

Source : La Contre-Révolution (1789-1804), de Jacques Godechot.

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Un garde d'honneur de la Dordogne

matricule1813

Un soldat du 3e régiment de gardes d'honneur, de vieille noblesse d'origine militaire. Le père de Julien : Louis d'Arlot, baron de Saint-Saux et de la Coussière ; seigneur de Romain, la Meynardie, Baccouillat et Parriche, chevalier de Saint-Louis, né à Cumond, le 10 mai 1731, est entré en 1746 en qualité de lieutenant au régiment de Provence. Il est promu capitaine en 1749. Il décède à la Meynardie le 27 septembre 1806. Julien était le petit neveu du comte d'Arlot de la Roque, lieutenant général, cordon rouge et grand croix sous Louis XV et Louis XVI. Le registre de la paroisse de Saint-Georges stipule que : «... Le quinze février a été baptisé André-Julien Darlot, né la nuit précédente, fils naturel et légitime de messire Louis Darlot, baron de Saint-Saud, chevalier de Saint-Louis, et de dame Marguerite de Fayolle, baronne de Saint-Saud, conjoint, duquel ont été parrein et marreine messire André de Fayolle et dame Claire Dambois, marquise de Fayolle, oncle et tante du baptisé, à la place desquels ont tenu monsieur André Darlot, frère du baptisé et Catherine Pontoux. Le dit baptême fait par moy, Lacombe, curé de Saint-Georges, en présence de Jean Merlhes, menuisier et Jean Raset, tisserand, témoins du présent bourg, qui n'ont signé ayant déclaré ne savoir. » Julien, arrivé au corps le 23 juillet 1813, est porté déserteur le 9 avril 1814. Il ne semble pas avoir poursuivi une carrière militaire. Le 7 juillet 1819, il épouse Madeleine Papin de la Gaucherie, famille du bordelais ayant fourni de très nombreux militaires. Elle lui donnera trois enfants. En 1827, il achète le château de Nadelin. Décédé le 1er juin 1878, il est inhumé à La Vitrolle.

Source : Les gardes d'honneur de la Dordogne sous le Premier Empire, de Jean-Paul Larrivière.

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Antoine Arlot contre César de Bourbon-Busset

César de Bourbon-Busset, gouverneur de Carlat en Rouergue, était fils de Claude Ier de Bourbon et de Marguerite de La Rochefoucauld; il était né à Buxeul le 31 janvier 1565. Ces Bourbons étaient des bâtards de la maison et descendaient de l'archevêque de Liège, X. de Bourbon, qui avait eu un fils, nous confie Moreri, avant son entrée dans les ordres.

César avait dans ses veines du sang italien de la maison des Borgia, d'où son prénom. Il était déjà veuf de Marguerite de Pontac, qui mourut sans laisser d'enfants. De son mariage avec Louise de Montmorillon, il eut sept enfants, quatre garçons et trois filles : Claude, Charles, Jules-César, Jean-Louis, Anne, Marguerite, Magdeleine. César était un rude et hautain personnage. Il jouissait en Limousin et haut Périgord d'une très grande autorité, et malheur à qui se frottait à lui. Les papiers analysés nous en fournissent quelques preuves dignes d'être rapportées.

Voici une requête que le maître de forges de Firbeix, Antoine Arlot, seigneur de Firbeix, adressait au parlement de Bordeaux, en 1606 : « A nos seigneurs du Parlement. Supplie humblement Antoine Arlot, seigneur de Firbeix, disant qu'ayant, pendant 12 ou 15 ans de là, le seigneur de Busset et Chaslus, conçu inimitié mortelle contre le dict suppliant et juré sa ruine totale, avait pendant le dict temps attaqué ou fait attaquer tant le dict suppliant, ensemble Jacques Arlot, seig. de Frugie, que ses serviteurs et domestiques, tant en leurs personnes que leurs biens, et les avoir faict constituer prisonniers, tellement que, pour avoir élargissement de ces personnes, le dict suppliant devait être contraint de bailler deniers au dict sieur de Busset ou à son capitaine et soldats mis par lui en son chasteau de Chalus.

Il y a quelques mois de cela, le dict seigneur de Busset ayant trouvé un serviteur du suppliant près de la forge de Firbeix, il l'avait battu et laissé quasi pour mort. Il menace journellement le dict suppliant, ses enfants, sa famille et ses serviteurs, menaçant et exécutant toutes sortes de ruinés et dégâts aux eaux du moulin, forge, bâtiments. Pour mettre à exécution toutes ces menaces, il est venu plusieurs fois, accompagné de 15 à 20 hommes armés, a cheval, près la maison du suppliant, pour l'offenser. Le sieur de Busset a grande autorité sur le pays, dont il abuse au point que le dict suppliant et ses serviteurs ne peuvent aller en aucun lieu. Plaise mettre le suppliant, son domaine, sa femme, ses enfants et famille sous la protection et sauvegarde de la Cour sous peine de 30 mille livres à infliger au seigneur de Busset; ordonner que la signification en sera faite à son procureur du château de Chalus. Il demande l'ouverture d'une instruction ».

Ce qu'il advint, par la suite, de cette affaire, je ne sais. Une instruction fut sans doute ouverte. César de Bourbon-Busset obtint de Henri IV — qui le traite de féal et aymé cousin — une ordonnance contre Arlot.

Il serait intéressant d'étudier cette famille d'industriels — maîtres de forges — auxquels appartenait encore, il y a peu de temps, la forge d'Ans. Elle s'allia aux familles nobles du Périgord : les de Nesmond, les d'Allogny du Puy-Saint-Astier, les la Rolphie, les Roffignac, ainsi qu'en témoignent quelques pièces jointes au dossier. Le 14 avril 1671, demoiselle Nesmond, fille de Marie Arlot, faisait profession au monastère de Sainte-Claire.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Perigord, 1939)

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