Les Bâtiments, paroisse de Biennat, qualifiés parfois « lieu noble », n'avaient jamais figuré avant 1603 sur la liste des fiefs des vicomtes de Rochechouart. ll y eut là, sans doute, à l'origine, un simple rendez-vous de chasse à la lisière sud de la forêt de Rochechouart, comme l'était Villeneuve, à la lisière nord. Au Moyen Age on y ajouta une chapelle, ce qui fait supposer que les seigneurs avaient pris l'habitude d'y faire des séjours prolongés pendant la saison des chasses. Dans les années qui suivirent l'érection en baronnie, l'ensemble fut incorporé à une vaste construction qui devint un important manoir, dont il ne reste actuellement que des ruines informes. Les seuls renseignements valables nous sont fournis par l'inventaire qui fut dressé en 1747 après le décès de Mlle Marie de Rochechouart, dernière occupante des lieux. Mais, si ce document nous indique le nombre de pièces de logement et leur ameublement il ne nous permet d'en reconstituer ni la disposition intérieure, ni l'aspect extérieur. ll énumère huit pièces principales au rez de chaussée, sans compter la chapelle et la cuisine et douze chambres à l'étage, avec un très riche ameublement estimé 20.000 livres (au moins 400.000 de nos francs). Délaissé par les vicomtes dès le milieu du XVllle siècle, déchu au rang d'exploitation agricole, le manoir ne tarde pas à tomber en ruines et la révolution y aida. En 1960, on voyait encore sur la façade nord une baie géminée de style gothique rayonnant, à fenestrage grossier, et au dessous, une porte à linteau plat, pratiquée secondairement, pour permettre l'accès direct de la chapelle aux gens du voisinage. Sur la même façade, à l'étage, s'ouvraient deux larges fenêtres à meneaux dont les moulures, identiques à celles de la porte de la chapelle, pouvaient dater de la construction du XVlle siècle. ll n'en reste plus rien actuellement. La baronnie des Bâtiments avait été dotée d'un domaine personnel qui comptait la plus grande partie de la forêt de Rochechouart (environ 250 hectares) et six métairies, l'une d'elles à côté du manoir, dite de la porte, celles de la Ribière (paroisse de Saint-Jean de Vayres), de la Mothe, de Villeneuve, de Boischenu (paroisse de Biennac), de l'Age, paroisse de Saint-Auvent. En outre, le baron donnait à ferme les moulins de la Guinandie (Vayres), de Chez-Combard, de Puyjoyeux, du Pont de Gorre (Rochechouart), du Moulin-Brûlé (Saint-Auvent). ll percevait les dîmes de Montazeaud et de la Pouge (Rochechouart) et de Nouaillas (Vayres). ll bénéficiait encore des droits féodaux sur les baronnies de Chaillac et de Saint-Cyr. Ses revenus étaient estimés 3.000 livres (60.000 F.). Ce chiffre paraît très inférieur à la réalité. L'inventaire de 1747 mentionne, dans les communs, la prison, car les barons des Bâtiments avaient leur justice particulière et leur sénéchal.

Source : Histoire de Rochechouart, d'Adrien Grézillier.