François de Lambertie, le pieux gentilhomme de la maison du saint archevêque, éprouva aussi, en la personne de son frère et en celle de son neveu, les effets de la protection que son bon maître continuait, d'une manière toute particulière, à ses anciens serviteurs et familiers. Un double miracle, qui offre assez d'analogie avec le triple miracle que, de son vivant, le serviteur de Dieu avait opéré en faveur des frères Chalupt, de Périgueux.

« J'étais dans Poictiers, dépose Lambertie, soignant mon frère et mon neveuf, malades d'une fièvre continüe. Mon maistre estoit mort. Après luy, je n'aimois rien tant que ces deux proches. Les médecins les avoient abbandonnés, advoüant que leur mal estoit plus puissant que leurs remèdes. J'eus la pensée de les voüer au sépulcre d'Hellies, mon bienfaiteur; ce qu'ayant fait, je les conduis presque perdus à Tours, où ils n'eurent pas à très rendre leurs prières au tombeau de ce prélat, que les voilà sur pieds, et hors d'une maladie jugée incurable. »

François de Lambertie, — qui aimait Hélie de Bourdeille plus qu'il n'aimait son propre frère, — n'est pas seul à déposer sur ce miracle instantané, si remarquable, et qui explique, pour sa part, le grand concours de prières qui, dans ce XVIe siècle surtout, illustra le tombeau du saint cardinal. Son frère Raimond, est-ce le miraculé lui-même ? curé de Mialet, la paroisse dont les Lambertie sont seigneurs, apporte un témoignage conforme à celui de François, et y ajoute l'expression de sa reconnaissance personnelle pour toutes les faveurs qu'il a reçues du serviteur de Dieu :

« Remond de Lambertie, presbtre et curé de Mialet, dans le diocèse de Périgueux, dépose la mesme chose, et ne peut se lasser de reconnoistre les bienfaits qu'il avoit receu de nostre Sainct. »

Source : Le saint cardinal Hélie de Bourdeille, de Bonaventure-Théodore Poüan.