En 1788, l'évêque d'Angoulême manda au seigneur de Thors, le vicomte du Puy-Montbrun, qu'il eût à lui rendre ses foi et hommage, aveux et dénombrements. M. du Puy-Montbrun répondit par la lettre suivante :

« Paris, hôtel de l'Empereur, rue Tournon, ce 13 juin 1788.

La lettre, monsieur, que vous avez pris la peinne de m'écrire le 1er de may, vient de m'être renvoyée ici, après avoir couru une partie du royaume, et avoir été présentée à plusieurs de mes parents portant le même nom que moy. Vous me dites dans cette lettre, monsieur, que M. l'évêque d'Augoulême désire que je luy rende mes foy, hommage, avœux et dénombrements pour mon fief de Thors; j'ai tout lieux de croire, d'après les termes de cette demande, que vous n'avez surement pas bien examiné les titres relatifs à cet objet, attendu que je n'aye point de fief de Thors relevant de l'évêché d'Angoulême ni d'ailleurs ; je ne possède en Saintonge, que la baronie de Thors et la chatelainie de Prignac. Je scais que le chateau et baronie de Thors avec certaines dépendances, relèvent de l'évêché d'Angoulême ; mais cet objet n'est point un fief, c'est au contraire une terre titrée, avec haute, moyenne et basse justice et tous les droits possibles que les terres peuvent avoir dans la coutume de Saint-Jean d'Angély.

Segondement si vous aves parcouru les titres de cette mouvence, vous aves deu y voire, que le seigneur de Thors, ne peut et ne doit rendre son hommage au seigneur évêque d'Angoulême, que sur le bord des premiers fossés du château de la baronie de Thors, ou le seigneur eveque est tenu de venir le recevoir en personne , vous voyés donc par la, que je ne peut être en retard vis à vis de M. l'eveque, à qui je ne peut rien fournir, qu'au preallable il ne soit venu recevoir son hommage sur les lieux même, comme le porte et l'exige les titres. Comme je suis pas dans cette terre, que le service du roy ne me permet pas de sçavoir au juste le moment ou j'aurés la faculté de my rendre pour estre a porté d'y recevoir M. l'eveque, et de luy servir son hommage, je vous prie de lui faire part de ce que je vous mande icy et de luy adjouter que j'aurés l'honneur de le voire lorsque je serés en Saintonge, pour conférer avec luy sur cet objet, et qu'enfin je me ferés toujours un vraye plaisir de luy rendre tout ce que je pourés luy devoir à cet égard comme à tous autres, autent que les sirconstences pouront le permettre, sans compromettre nos droits respectifs ; voilla tout ce que je peut repondre dans le moment présent, en vous assurent des sentiments avec lesquels

J'ai l'honneur d'etre, monsieur, votre très-humble et obeissant serviteur,

Le Vicomte du Puy-Montbrun.

Si vous désirés que vos lettres me parviennent promptement, il faut, monsieur, en souscrire l'adresse : A Mr le Vte du Puy-Montbrun, colonel d'infanterie.

(Suscription) : A Monsieur Monsieur de Sain, avocat en parlement, au palais épiscopal d'Angoulème, à Angoulème. »

Source : Terres et fiefs relevant de l'évêque d'Angoulême au ler janvier 1789, de Edmond Sénemaud.