Montembœuf, 30 août 1830.

Monsieur le sous-préfet,

M. de Landrevie, auquel je suis attaché par les liens de la plus sincère amitié, ayant donné sa démission de sous-préfet, je m'empresse de vous féliciter et de vous dire combien le choix que sa majesté vient de faire de votre personne, pour le remplacer, m'est agréable, ainsi que de tout l'intérêt que je mettrai à cultiver votre connaissance, soit comme administrateur, soit comme simple individu.

Toutefois, monsieur le sous-préfet, je crois devoir vous faire ici ma profession de foi, qui toujours a été depuis le commencement de la Révolution la même. Je me rattache de cœur et d'âme au gouvernement de Philippe 1er, comme je me suis rattaché dans le temps à la République, au Consulat, à l'Empire, à la régence de Marie-Louise, à Louis XVIII, aux Cent-jours, encore à Louis XVIII et à Charles X. Je veux un gouvernement. Sous quelque forme qu'il soit, je l'accepte ; il ne m'appartient pas, simple individu, de décider lequel serait le meilleur. Il me suffit d'en avoir un pour que je désire ardemment qu'il se maintienne, parce quejeneveux pasl'anarchie ; je la déteste, je l'abhorre ! Voilà ma profession de foi la plus sincère; je veux l'ordre, et sans gouvernement il n'y en a pas. Agréez, etc...

Gros-Montemboeuf (*).

* Gabriel Gros de Montemboeuf (1769-1853) : maire de Montembœuf, conseiller d'arrondissement de Confolens.

Source : Études historiques et administratives, de Léonide Babaud-Laribière.