Si à Saint-Pardoux l'élément noble fait presque défaut, en revanche on y rencontre un grand nombre de membres de cette petite bourgeoisis que les habitants des villes traitaient dédaigneusement de « bourgeois de campagne » : petits propriétaires, officiers de justice, offlciers ministériels, chirurgiens, marchands, etc.

Presque tous pour se distinguer, — les familles étaient alors nombreuses et souvent aussi pour imiter la noblesse, — prennent le mon d'une de leurs propriétés, d'une Inaison, voire d'une simple pièce de terre, qu'ils font précéder des mots sieur de, et, dans le langage coulant, autant par politesse que par habitude, ils ne sont désignés que sous ce nom d'emprunt qu'ils affectent de seul signer. Un Fourichon, propriétaire de la maison où était installée la poste, s'intitulait sieur de la Poste et signait seulement : la Poste.

Ce travers très marqué à Saint-Pardoux était général, et il n'a point échappó au grand railleur du temps, Molière, qui critique « cet abus de quitter le vrai nom de ses pères :

Je sais un paysan qu'on appeloit Gros-Pierre,
Qui n'ayant pour tout bien qu'un seul quartier de terre,
Y fit tout à l'entour faire un fossé bourbeux,
Et de Monsieur de l'Isle en prit le nom pompeux. »

D'autres ne se contentent pas de s'affubler d’un nom de terre, ils prennent encore les titres de noble homme et d'écuyer dans les actes publics, bientôt s'appuyant sur ces qualités dont ils se sont ainsi emparés, ils parviennent à se faire attribuer les privilèges de la noblesse : exemption de taille, d'impôts, prééminences dans l'église, etc. Mais l'autorité veille, et de temps à autre, ordonne à ces pseudo-nobles de produire leurs parchemins : il faut s'avouer roturier, aveu doublement pénible, pour l'amour-propre et pour la bourse, l'usurpation de noblesse étant punie d'une forte amende. En 1640, plusieurs habitants de Saint-Pardoux sont condamnés comme usurpateurs de noblesse : François Pourten, juge, à 800 l. d'amende; Pierre Darpes, avocat, et Son frère, Jean, sieur du Chatenet, à 320 l.; Jean Fourichon, maître de poste, et sa nièce, à 220 l., Jean de La Peyronnie, notaire, à 200 l.

Disons tout de suite, à la décharge de cette accusation de vanité, que nos bourgeois ne se laissèrent pas entraîner par le délire armorial qui passa sur la France vers 1696 : les caisses de l'État étant à sec, tous les impôts créés et poussés à leur extrême limite, il ne restait plus qu'à imposer la vanité; c'est ce que fit Louis XIV par son édit de novembre 1696, qui institua l'Armorial Général de France : tous ceux qui désiraient des armoiries n'avaient qu'à les faire enregistrer au bureau établi au siège de chaque bailliage, en payant un certain droit; pour rendre cette mesure plus efficace, défense fut faile sous peine d'amende de se servir d'armoiries non enregistrées. Malgré la misère du temps, le nombre de ceux qui se précipitèrent vers les bureaux fut immense et ce nouvel impôt produisit une Somme considérable. La table générale de cet armorial ne renferme pas de noms appartenant à la bourgeoisie de Saint-Pardoux.

Par contre, les commis de d'Hozier imposèrent d'office au bourg de St-Pardoux ces armes parlantes : d'azur au pont d'or sur une rivière ondée d'argent, surmonté d'un lion léopardé d'or.

La plupart de ces bourgeois étaient de petits propriétaires possédant quelques métairies cultivées, comme aujourd'hui, par des colons partiaires; ils augmentaient leurs faibles revenus en exerçant des offices ou des charges : nous avons dit qu'il y avait eu jusqu'à douze officiers de justice à St-Pardoux, plusieurs notaires et sergents, un contrôleur, des praticiens clargés d'alimenter la chicane, sans compter les agents du couvent.

Si l'on en juge par leurs prix de cession, ces charges devaient être d'un bien petit produit : une étude de notaire à St-Pardoux se vend 374 l. en 1761; celle de Saint-Front 30 l. en 1737; en 1785, la même est cédée pour 300 l. Le greffe de la baronnie de la Renaudie s'acquiert 540 l. en 1733. Nous n'avons rencontré qu'un petit nombre d'actes de cette nature, car autrefois ces chârges ne sorlaient guère des familles qui les possédaient : ainsi les Lapeyronnie ont été notaires de 1686 à l'an XII.

Ceux dont l'instruction n'était pas suffisante pour occuper ces postes, affermaient les dîmes et les seigneuries des grands et des couvents qui trouvaient plus commode de toucher une redevance fixe que d'administrer eux-mêmes. Ceux-là généralement désignés sous le nom de marchand-fermier, étaient de véritables traitants exploitant à la fois le bailleur et le paysan; ce dernier surtout qui était en butte à leurs exactions et les voyait s'enrichir à ses dépens, les détestait vivement : c'étaient, — si parva licet... —, de petits fermiers généraux.

A cette époque, la fortune mobilière n'existait pas; les lois, du reste, prohibaient le prêt à intérêt comme entaché d'usure. On éludait bien cette défense en coInstituant des rentes au profit du prêteur, l'emprunteur devenant ainsi un vendeur de rente, mais la part de celles-ci était très faible dans la fortune publique de notre bourg. Plus grandes étaient celles formées par les rentes foncières créées en aliénant un immeuble.

Si les revenus étaient faibles, les besoins n'étaient pas grands : les objets de consommation, ne pouvant s'exporter par la difficulté des chemins, se vendaient à vil prix, le luxe, même le simple confortable, était inconnu; les anciens inventaires sont là pour nous en donner une preuve palpable. Parmi les nombreuses pièces de cette nature que nous avons rencontrées, nous retiendrons comme type celui qui fut dressé en 1750 au décès du juge Jean Beausoleil; il montrera ce qu'était l'intérieur d'un bourgeois aisé.

Dans la cuisine, la principale pièce où se tient la famille, il y a un chalit de noyer sur lequel le juge est mort. Ce lit est recouvert d'étoffe jaune avec une couverture de Catalogne blanche; un autre lit semblable; deux coffres à l'antique; une table ronde; une armoire de cerisier à deux portes; cinq flambeaux de cuivre jaune; un fauteuil à deux bras couvert d'étoffe jaune; six grandes et six petites chaises en noyer; deux naies à apprêter le pain. Dans la grande chambre, il y a deux cabinets où se trouvent 4 flambeaux, 7 plats, 6 douzaines d'assiettes d'étain et une assiette plate percée pour servir les gobelets et verres à table, le tout d'étain; 38 cuillers et fourchettes de fer; 4 cuillers et 2 fourchettes de cuivre jaune; 6 bassins de même métal; une pinte, une tereière, une chopine et un quart d'étain; deux balances; une paire de fers à gauffres; deux lizavoirs à passer le linge. Dans cette chambre existent encore trois lits garnis d'étoffe jaune bordée d'un ruban bleu; un cabinet de noyer, deux tables, 9 chaises, 4 escabeaux; un fauteuil à quatre anneaux de fer pour le рогter; un miroir avec cadre en noyer.

Une petite chambre est plus luxueusement meublée; au milieu une table ronde couverte d'un tapis vert bordé de jaune; 7 chaises de jonc tressé; un fauteuil, deux lits garnis d'étoffe verte; deux cabinets, l'un contenant les papiers de famille, l'autre la mince bibliothèque du juge : l'ordonnance de 1667; Stile de M. Goret sur l'ordonnance civile; deux dictionnaires latins et les offices en latin. Les murs sont ornés d'un crucifix et d'images pieuses dans des cadres de bois. Une dernière chambre contient 3 lits à l'ancienne mode. Dans le cellier une pièce de vin vieux « que nous avons fait percer, dit le notaire, et l'avons trouvé bon D et quatre pièces de vin pour les domestiques, « icelui gouté, l'avons trouvé bien aigre. »

Les cabinets regorgent de linge : l'inceuils de toile de brin, de toile barradis, nappes de brin ouvrées, de toile étouppe, serviettes de toile de brin plénières, etc. La garde robe du défunt est plutôt modeste : un habit complet d'étamine de maison de couleur marron; un autre habit d'été de même couleur et un manteau de barracan de maison doublé de cadis. N'oublions pas les armes, une carabine de trois pieds de long; une paire de pistolets montés en érable de la façon de la Brande, maître armurier du Maine, avec la calotte et les garnitures de fer; une épée à poignée de cuivre jaune.

L'intérieur de Pierre Planchas, sieur de la Valette, décrit vers la même époque, nous révèle quelques objets plus précieux : deux montres, l'une jaune, gravée en dedans H. Filloeul, à Benille, sous cristal, et l'autre garnie de chagrin avec des clous jaunes; deux tableaux représentant des figures de dame; un autre représentant la Vierge, l'Enfant, un religieux et une religieuse. Pour terminer, donnons la garderobe de la maîtresse de la maison, certainement une élégante du temps : une robe rayée en soie; une robe et jupe de damas, couleur citron; une jupe de damas bleu; deux robes de gros de Tours, l'une unie, l'autre rayée.

Après avoir fait connaître ce qu'étaient ces bourgeois et leur genre de vie, oitons les nons des plus marquants d'entre eux.

En tête viennent les Pourtent, dont nous avons déjà parlé et qui voyaient leur noblesse contestée : leur origine bourgeoise était certainement fort ancienne, aussi antique que celle des Darpes : Jean Darpes dit de Pontouron avait épousé vers 1590 Jacquette Vidal; il était fort proche parent de Jean Darpes, avocat en parlement; celui ci était le grand père de Pierre Darpes, curé de Coutures et docteur en théologie, et d'autre Pierre Darpes (1672-1753) sieur du Chastenet, chevalier de Saint-Louis, lieutenant de cavalerie, qui, à la suite de blessures reçues au service, fut, par brevet du 17 août 1714, signé Louis, affecté à une compagnie d'invalides au château de Niort; son cachet, empreint Sur son testament portait d'azur à un chevron d'or accompagné de deux étoiles ou molettes d'éperon en chef et en pointe de trois fers de lance.

Andrieu Beausoleil (1585-1660), notaire, juge de Vaugoubert et lieutenant de Saint-Pardoux, eut des descendants qui conservèrent cette dernière charge : Jean Beausoleil (1682-1750), tint la charge de juge qu'il laissa à son petit-fils, Antoine Beausoleil; celui-ci fut le premier maire de Saint-Pardoux à la Révolution; il devait être lettré, car il était à Saint-Pardoux le correspondant de la Gazette de France.

C'est à coup sûr lui qui fît peindre sur sa demeure, — un antique et massif logis flanqué d'une tourelle dans laquelle s'inscrivait un escalier de pierre aboutissant à de vastes Salles hautement lambrissées, — cette devise hospitalière :

A beau Soleil Bon Logis
SINE SOLE NIHIL
Bourdeaux.

La première ligne était tracée sur une banderole; la troisième indiquait säns doute la direction de Bordeaux.

Les Bonamour sont cités dès le XVIe siècle : l'un d'eux, qui était notaire, eut pour flls Pierre Bonamour, sieur des Combes, conseiller du roi, qui fut pourvu de la charge de maire créée en 1691. Il épousa le 7 octobre 1693 Marie de Champagnac. Les Quilhac étaient représentés en 1599 par Jean qui était notaire. Vincent Quilhac, sieur de Poneyraud, fut lieutenant du bourg; il laissa de Marguerite Saulnier, Jean, né en 1649, docteur en théologie et curé de Saint-Front-la-Rivière. Jean Quilhac, sieur des Roches, marié en 1658 à Jeanne Pourtent du Breuil, eut François (1660-1738), sieur de la Plassade, d'où descend la famille Quilhac-Laplassade, encore existante.

Une famille nombreuse et ancienne était celle des Delarret ou Larret, primitivement de Las Rectz : Jean (1582-1647), notaire, époux de Jeanne Fourichon, est père d'Antoine, sieur du Maine, d'où sortirent les Delarret ou Larret du Maine, de Bosredon, des Fougères, de Chabannas, de Beausoleil, de Lafond, de Bonombre; cet Antoine eut encore Jean Delarret, sieur de la Dorie (1659-1729), dont la postérité est actuellement représentée par les branches Delarret ou Larret-Ladorie, Larret-Grandpré, Larret-Lagrange et Larret-Lagrèze. A cette famille se rattachaient encore les Larret-Lamalinie et Larret-Lamazaurie. C'était assurément la famille de Saint-Pardoux qui possédait le plus de ramifications et chaque branche, pour se distinguer, avait pris le nom d'une propriété.

La charge de maître de poste a été de tout temps possédée par la famille des Fourichon : Jean, « chevaulcheur pour le roy et maistre de poste », vivait au début du XVIIe siècle; cette charge faisait de celui qui la tenait un personnage important, si l'on en juge sur ce fait, que son fils Jean était en 1640 poursuivi pour usurpation de noblesse; celui-ci avait du reste marié sa fille Marie à François de Champagnac, sieur de la Béraudie; Martial Fourichon, son fils, aussi naître de poste, eut de nombreux petits-fils : Jean Fourichon, sieur de la Combe, gendarme du roi, puis commandant de la garde nationale du bourg; Jean, sieur de la Coste, lieutenant de grenadiers royaux; Jean, sieur de Larret, curé de Quinsac; Jean, sieur de la Poste, d'abord maître de poste à Saint-Pardoux, puis à Thiviers, grand-père de Fourichon-Maumont, explorateur, et arrière grand-père de l'amiral Fourichon, ministre de la marine; c'est aussi de lui que descendent les branches de cette famille encore existantes.

Dès 1620, une autre branche de Fourichon, parents des précédents, avait quitté Saint-Pardoux pour se fixer dans la paroisse de Saint-Martin-de-Fressengeas, où elle à donné naissance aux Fourichon des Merles et de la BardOn nie.

Le nombre des Desport était aussi fort grand : Citons Pierre Desport, sieur de la Chapoulie, chirurgien, décédé en 1688; Léonard Desport, sieur de Rieugeobert, actuellement Rigeobert (1659-1731); Jean. sieur de la Grange, Inotaire et juge; les Desport de Puydarnat, des Nauves, etc.

Toutes ces familles étaient, autant qu'on peut croire, autochtones; d'autres, au contraire, étaient venues s'implanter au cours des deux derniers siècles. Tels étaient les Planchas originaires de Bessines: Jean, sieur de la Valette, se fixa à Saint-Pardoux vers 1676 comme receveur et lieutenant du couvent; il épousa le 24 février 1677 Henriette Mijon, de moiselle servante de la prieure; Jacques Planchas, sieur de la Valette (1681-1748) était son fils; il eut de Anne Darpes : Anne-Marie-Renée, femme d'Aubin de Forges, sieur du Chazaud, et Jean (1704-1755), sieur de la Valette, garde du corps du roi, époux d'Antoinette Pecon, d'où Jean, sieur de la Valette, avocat en parlement, et Pierre, sieur de la Garelie, marié le 8 septembre 1753 à Catherine Delarret de la Dorie, dont la descendance s'est continuée jusqu'à nos jours.

Comme pour les Planchas, c'est une charge à remplir au couvent qui amena dans notre bourg la famille Chartroule qui paraît être originaire d'Agonac et protestante, mais qui, depuis la fin du XVIIe siècle, possédait la charge de juge de Vaugoubert; Jean Chartroule, sieur des Moulières, était en 1769 greffier et receveur du couvent. Les descendants de son frère Jean, qui s'intitulait sieur de la Serve, existent encore.

De même les Dubut, actuellement représentés par le romancier, M. Louis Dubut de Laforest, né à Saint-Pardoux, étaient d'établissement récent.

Les Pastoureau, qui remontent à une époque fort reculée, ont eu quelques branches représentées dans le bourg : Pastoureau-Lannet, la Brousse, la Grange, Magnac.

Les chirurgiens formaient la transition entre les bourgeois et les ouvriers; ce n'est que depuis le commencement de ce siècle que nous trouvons des médecilas à Saint-Pardoux; jusque là les malades recevaient les soins des chirurgiens qui étaient assez nobmreux; nous en avons compté cinq exerçant en même temps.

Les chirurgiens se divisaient autrefois en chirurgiens de robe longue et chirurgiens barbiers : les premiers avaient étudié la médecine dans une université, tandis que les autres, simples praticiens, n'avaient fait qu'un apprentissage sous la direction d'un chirurgien. Ceux de Saint-Pardoux, au moins pour le plus grand nombre, semblent devoir se ranger dans cette dernière catégorie, car nous avons rencontré, dans les anciennes minutes de notaires, plusieurs contrats d'apprentissage par lesquels les chirurgiens s'engageaient à montrer leur art à des jeunes gens. Le maître qui devait nourrir son élève recevait de lui une somme de 100 l. pour le prix de cet apprentissage qui durait de deux à trois ans : durée largement suffisante pour connaître un métier qui tenait tout entier dans la formule si connue : purgaro, saignare at clysterium donate.

Cette profession était héréditaire et le père formait le fils; ainsi les Mathieu sont chirurgiens de 1596 à 1737; les Desport de 1645 à 1790; les Montet de Laurière de 1650 à 1761; les Bonamour de 1686 à 1790.

Les apothicaires ont souvent fait défaut dans notre bourg et les chirurgiens donnaient eux-mêmes les drogues qu'ils prescrivaient à leurs malades.

Les quelques registres de chirurgiens que nous avons retrouvés fournissent d'intéressants d'êtails sur la médication du temps et le prix des remèdes.

En 1667, un lavement coûte 15 sols, une médecine purgative, 45 s.; une prise de pilules céphaliques et purgatives, 30 s.; cinq prises de cristal de tartre pour mettre dans du bouillon 32 s. En 1780, une purge revient à 3 l.; pour ouvrir un abcès à une jambe, un chirurgien prend 10 s., plus pareille Somme à chaque pansement, de telle sorte que le traitement total revient à 11 l.

Vers 1770, pour une saignée faite à domicile, on paie 10 s., et Inoitié chez le chirurgien; il prend 15 s, pour avoir donné un lavement purgatif, 10 s. pour un lavement émollient; 15 s, pour administrer une émétique; pour traiter un aposthème sur le bras, il y pose « une masse de cataplasme émolient et matural » et réclame 21. 10 s.; l'aposthème entrant en suppuration, il le panse pendant 4 jours, deux fois par jour, et prend 8 l. pour son salaire.

Comme médicaments, il se cantonne dans les sirops de guimauve, de coquelicot, de capillaire; le quinquina, le cristal minéral, l'ipeca, le tartre stibié; quelquefois leur composition est plus compliquée : il fait payer deux livres une tisane de limure de fer, de tartre et d'une poignée d'aunée; en 1671, pour empêcher quelqu'un de défaillir, on lui baille une noix confite dans la bouche.

Quant aux visites, il fait payer 10 s. pour aller voir un malade dans le bourg, ou à une distance d'une demi-lieue; 15 s. pour une course d'une lieue et 1 l. pour une lieue et demie; hâtons-nous d'ajouter, à l'éloge de leur désintéressement, que ce tarif n'était pas absolu et variait quelque peu suivant la condition des personnes.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, nous voyons apparaître des sages-femmes; elles étaient la plupart du temps élues par les femmes de la paroisse qui se réunissaient chez le curé pour faire cette nomination : celui-ci doit s'informer « si elle ne fait rien de superstitieux, si elle sait baptiser, si elle est de bonnes mœurs, adroite, secrète et fldèle. » Le curé lui faisait prêter serment et flxait les honoraires qu'elle devait toucher.

Source : Recherches sur le monastère et le bourg de Saint-Pardoux-La-Rivière, de Roger Drouault.